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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 12:04

CHEMOT (1994) – 2ème Partie.


http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/chemot_serie_1994/cours_1

Face B

 

  .../...

Rappelez-vous quand Jacob reçoit le nom Israël : Jacob reçoit le nom d’Israël à son retour d’exil de chez Laban. Contraint et forcé par ses femmes Léah et Ra’hel qui l’ont obligé à décrocher de l’exil chez Laban. Arrivé en pays de Kenaan, il reçoit le nom Israël. De nouveau en exil en Egypte il reprend son nom de Jacob.

Effectivement, je vais illustrer cela dans le temps contemporain :

Jacob est la vocation spirituelle et que cela.

Israël est la vocation spirituelle qui est capable de la vocation matérielle comme Tsadik, parce que Esaü représente la vocation matérielle comme Rashâ.

 

On l’apprend en particulier du vœu que Jacob va faire lorsque, s’enfuyant du pays de Canaan à cause de la haine d’Esaü, il va aller chez Laban, alors il part de Beer Sheva (Parsashat Vayétsé) où la famille d’Isaac habitait et va remonter dans la région du Liban et de la Syrie actuels, là où se trouvait l’autre branche de la famille de Abraham qui était restée dans l’exil de Aram, là où se trouvait Laban fils de Bétouel fils de Na’hor frère d’Abraham.

Il est arrêté à Beth-El par une vision qui est la vision de l’échelle de Jacob. Lorsqu’il se réveille de la nuit, il faut un vœu « וַיִּדַּר יַעֲקֹב, נֶדֶר לֵאמֹר Vayidor Yaaqov neder lemor » et dans ce vœu il dit :

« Si tu me donnes du pain pour manger et un vêtement pour m’habiller tu seras mon Dieu »

 

וַיִּדַּר יַעֲקֹב, נֶדֶר לֵאמֹר:  אִם-יִהְיֶה אֱלֹהִים עִמָּדִי, וּשְׁמָרַנִי בַּדֶּרֶךְ הַזֶּה אֲשֶׁר אָנֹכִי הוֹלֵךְ, וְנָתַן-לִי לֶחֶם לֶאֱכֹל, וּבֶגֶד לִלְבֹּשׁ

Vayidar Ya'akov neder lemor

Et Jacob fit un voeu en disant

im-yihyeh Elohim imadi

Si Dieu est avec moi

oushmarani baderech hazeh asher anochi holech

Et qu’il me préserve sur ce chemin où je vais

venatan-li le’hem le'e’hol ouveged lilbosh.

Qu’il me donne du pain pour manger et un vêtement pour m’habiller.

 

Il ne s’agit pas comme dans la prière des païens d’un marchandage donnant-donnant (comme dans la formule latine do ut des - je te donne afin que tu me donnes), c’est un vœu ! Il veut se priver de la bénédiction matérielle devant aller à Esaü et que Rivqah lui a imposé. Jacob est un type d’homme qui ne supporte pas la vocation matérielle. Or, Rivqah la lui impose aussi car si c’est Esaü qui l’obtient c’est perdu. Mais Jacob ne supporte pas cela.

 

Nous avons d’ailleurs un Midrash à propos du verset [Gn. 28:10] :

וַיֵּצֵא יַעֲקֹב, מִבְּאֵר שָׁבַע; וַיֵּלֶךְ, חָרָנָה

Vayétsé Yaakov mibéer Chava, vayélèkh 'Haranah

« Et Jacob sorti de Beer-Sheva et il alla à ‘Haranah »

Tous ces éléments étant connus des informations des textes précédents le Midrash dit :

Ma zeh ‘haranah? ’Haron hapo shel Olam! L’endroit de la colère du monde.

C’est un thème très important qu’on étudiera un jour : L’endroit où étaient les bergers de la famille d’Abraham qui sont restés araméens, et que Jacob rencontre près du puits.

Il leur demande d’où êtes-vous ? Ils répondent : « Nous sommes de ’Haran ».

Le Midrash explique : le pays de la colère du monde. C’est le thème du péché originel des païens : A l’origine de l’histoire du monde, il y a une colère, et il faut apaiser la colère.

Réponse de Jacob : Non ! « Me-aïn atem Vous êtres créés du néant !» : il faut mériter l’être !

Ce sont deux théologies qui s’affrontent : la théologie de Jacob comme bergers et celles des bergers de Laban...

 

Quoiqu’il en soit, ce Midrash cité précédemment nous apprend que Jacob est parti en colère de Beer-Sheva parce qu’il apprend qu’il doit se marier. Alors que lui sa vocation c’est l’étude. Il ne veut pas fonder une famille. Vous remarquerez que dans la vocation spirituelle, et que cela, on transmet la charge de la famille à la femme. Et lui aura 4 femmes, le pauvre ! Alors il était en colère. C’est une sorte de quadrature du cercle familial. Jacob n’aime pas la vocation matérielle, alors il dit à Dieu : « si tu me donnes du pain pour manger et un vêtement pour m’habiller, tu seras mon Dieu » c’est tout ce que je demande !

 

Commentaire ’Hassidique :

Que signifie du pain pour manger et un vêtement pour m’habiller ? Le pain est pour manger et le vêtement pour s’habiller ! Cela signifie donc : « Je ne veux pas du pain que je devrais vendre pour acheter un vêtement, ni un vêtement que je doive vendre pour pouvoir m’acheter de quoi manger... » C’est le refus du commerce ! Jacob est un vrai Barour Yeshivah et que cela. Mais ce n’est pas encore Israël, mais une vocation spirituelle monastique et ascétique... Des Juifs sont comme ça : ‘Hassid ascétique ! (Rires)

Cette vocation est une dimension présente dans les sociétés humaines en général et juive en particulier. Mais c’est un échec parce que ce qu’on attend c’est Israël et non pas Jacob.

Donc, ce n’est pas un marchandage mais un refus de la vocation matérielle. Nous en avons confirmation lors du retour de Jacob de chez Laban et qu’il rencontre Esaü, il y a un verset extraordinaire que commente Rashi : il envoie une délégation à Esaü pour dire :

 

Vayishla’h 32:5-6

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר, כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו:  כֹּה אָמַר, עַבְדְּךָ יַעֲקֹב, עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

Vayetsav otam lemor koh tomrun ladoni le-Esav koh amar avdecha Ya'akov im-Lavan garti va'echar ad-atah.

Il leur avait donné cet ordre: "Vous parlerez ainsi à mon seigneur, à Ésaü: ‘Ainsi parle ton serviteur Jacob : « Avec Laban j’ai séjourné et j‘ai tardé jusqu’à maintenant »

 

וַיְהִי-לִי שׁוֹר וַחֲמוֹר, צֹאן וְעֶבֶד וְשִׁפְחָה; וָאֶשְׁלְחָה לְהַגִּיד לַאדֹנִי, לִמְצֹא-חֵן בְּעֵינֶיךָ

Vayehi-li shor vachamor tson ve'eved veshifchah va'eshlechah lehagid ladoni limtso-chen be'eyneycha

J'ai acquis boeufs et ânes, menu bétail, esclaves mâles et femelles; je l'envoie annoncer à mon seigneur, pour obtenir faveur à ses yeux.’ "

 

im-Lavan garti va'echar ad-atah... et je t’ai envoyé léhagid ladoni… tout cela Dieu me l’a donné !

 

Rashi : au lieu de lui envoyer une délégation pour faire la paix il excite sa colère avec le résultat de la bénédiction volée à Esaü ? Alors Rashi explique : Tout cela Vayehi-li shor va’hamor tson ve'eved veshif’hah cela ne me vient pas des bénédictions de Isaac, c’est mon travail. Donc tu n’as pas à me haïr…

 

Effectivement, la bénédiction matérielle que Esaü devait recevoir et que Jacob a prise pour qu’il y ait unité des vocations et pour qu’il puisse devenir Israël (Israël = Jacob + Esaü, les deux étant kasher) On retrouve dans la descendance de Jacob un Esaü kasher qui est Joseph que la Guémara définit comme Sitno Shel Essav, le Satan d’Esaü, l’antagoniste d’Esaü. Il fait la preuve que l’on peut être homme de la vocation matérielle et rester Tsadik. Lorsqu’il a ces deux forces, Jacob devient Israël.

 

Nous vivons ce problème : pendant 2000 ans, la vocation juive consistait en Jacob et que cela. La vocation matérielle était laissée aux Goyim. En fait, on s’en occupait mais à l’abri des Goyim : la cité était Goy, mais la synagogue était juive. C’est Jacob chez les Nations. Au bout de 2000 ans Jacob devient Israël. L’homme de la vocation spirituelle prend la vocation matérielle, et il fonde des Kiboutsim, des universités, des hôpitaux, des villes... etc. Et Jacob est contre, les gens des Yeshivot sont contre les ’Haloutsim. Chaque fois que l’on parle de ce problème on oublie qu’indépendamment des 'Hilonim et des ‘Harédim, il y a les Juifs normaux. Ceux qui sont et l’un et l’autre, on les oublie, et ils toujours les victimes. Israël c’est ceux qui sont et l’un et l’autre. Et puis il y a les deux extrêmes :  ceux qui ceux ou l’un ou l’autre. Mais pourquoi parle-t’on toujours de ces extrêmes et jamais des Juifs normaux ? Il y a une incompréhension totale. Remarquez que ces deux extrêmes sont les ennemis des Juifs normaux. Les deux ! Ils sont alliés contre les Juifs normaux. Dans le gouvernement actuel, les ‘Harédim et les ‘Hilonim ont fait une alliance contre-nature contre les sionistes religieux ! Tout cela on l’oublie.

Mais la majorité du peuple n’est ni ‘Harédim, ni ‘Hilonim. Ce sont des Juifs !  Je n’ai pas dit que les autre ne sont pas Juifs. Ce que j’aurais tendance à dire c’est qu’ils sont d’origine juive. (Rires) Ce sont des Juifs originaux… (Rires). C’est cela le fond du problème. Cela est arrivé souvent dans notre histoire que la branche ’Hilonite ait abandonné Israël et s’est perdue. Elle est allée fonder le marxisme, l’existentialisme... et tout ce que vous voudrez, et la branche religieuse exclusive nous a quitté pour aller fonder le christianisme, l’islam...etc.

Mais c’est ce qui nous attend. On voit en microcosme dans la société israélienne comment sont nés ces courants antijuifs sortis du judaïsme, soit ‘hilonim soit religieux. Il faut avoir le courage de voir la réalité en face. Cette histoire nous est racontée dans la Torah. Très souvent on me pose en ’Houts Laarets la question faussement naïve : vaut-il mieux être religieux à Aix-les Bains ou athée en Erets Israël ? Je réponds : ne peut-on être normal ? C’est une fausse question ! Pourquoi devrait-on choisir entre la peste ou du choléra ? Et pourtant il y a une grande différence. Il vaut mieux être dans la maison que dehors !

Je suis souvent invité à Hashomer hatsaïr. Et je ne peux pas manger (Ndlr : Pour cause de cacheroute) mais je m’y sens chez moi ! Alors qu’invité dans la communauté orthodoxe à Anvers -  c’est le monde à l’envers ! - je peux manger, mais je ne m’y sens pas chez moi !

 

C’est là le drame Jacob-Israël. Effectivement, il faut bien le comprendre, il n’y a que Jacob qui peut être Israël ! Mais ce n’est que lorsque que Jacob est Israël qu’il est Israël ! Or, c’est Israël que l’on attend dans ces histoires et non pas Jacob ! Et pourtant c’est ce qu’on dit, mais il faut lire la Torah comme c’est écrit : c’est Yaaqov Avinou, mais c’est Israël. Alors, il y a une différence d’envergure, de stature, mais nous sommes dans la société israélienne dans ce problème : Jacob est en train de devenir Israël alors surgissent toutes les scories : un Jacob qui ne veut pas devenir Israël, un Esaü qui n’est qu’Esaü et qui se prend pour Jacob... alors ce qu’il faut c’est un Jacob qui devienne Israël. 

 

Q2 : Pourquoi les Bnei Israël ne sont-ils pas partis tout de suite ?

R : Vous pouvez maintenant conclure par vous-mêmes : Tant qu’ils ont l’identité de Jacob en tant que Jacob ils sont pris…

Q : Le fait qu’on peut attendre d’être Jacob en exil avant que Dieu nous donne le signe ?

R : C’est cela, ce sont des alibis !

Je vous donne un exemple : j’ai été élevé dans la tradition séfarade pour laquelle quelqu’un qui se balance dans la synagogue pendant la prière on le fait passer par la fenêtre ! Il n’y a que les vieux pieux mystiques que l’on permet de se balancer noblement. Parce qu’avant il y avait une technique mystique des balancements dans la prière. C’est toute une science ! Mais lorsque l’on voit les jeunes se balançant dans la frénésie - les psychologues savent de quoi il s’agit – cela n’a rien à voir avec la mystique c’est de la névrose sexuelle. Il fut s’en méfier.

C’est toute une science. La frontière entre la sexualité et la mystique authentique est très ténue.

Je me rappelle mon professeur de français Monsieur Moniot qui disait une chose très jolie: Quand on écrit des vers à 17 ans c’est parce qu’on a 17 ans. Si on écrit des vers à 70 ans c’est qu’on est peut-être poète. C’est la même chose pour la mystique. Quand on est mystique à 17 ans c’est qu’on a 17 ans. Si on est mystique à 70 ans c’est qu’on est peut-être mystique. Il faut être sérieux.

Ce balancement est l’illusion de la marche mais c’est un surplace. C’est cela l’histoire : 2000 ans !

 

Un Midrash dit ceci dans la vision de Jacob de l’échelle des anges : Pourquoi des anges qui montent et descendent ? Une des explications : Ils voient les génies des grandes civilisations monter et descendre : l’apogée et le déclin. L’ange de Babel qui monte et qui tombe, l’ange de Paras qui montent et qui tombent…, et il voit l’ange d’Essav qui monte et reste en haut et il prend peur. Il demande à Dieu pourquoi ne descend-il pas ? Et Dieu lui répond : « Toi, montes le faire descendre ! ». Alors il se prépare.

Je vais le dire en bonne part : la 3ème chance est toujours la chance critique. Il y a toujours un rythme de trois. Quand c’est la dernière chance, il ne faut pas échouer.

Israël a traversé les civilisations de l’antiquité qui ont disparu, et Israël est resté. Et voilà cet exil qui a duré 2000 ans ! Il a fallu 2000 ans pour avoir le courage d’affronter Rome ! Et ce n’est que cette semaine qu’on va signer pour en revenir à l’actualité.

 

Il y a une espèce de crainte de l’engagement qui risque parfois de se masquer derrière un alibi de la vocation : j’attends ! Et la vertu c’est d’attendre. Si je n’attends plus je n’ai plus de vertu. Je me suis habitué pendant 2000 ans à ce que la vertu c’est l’attente, lorsqu’arrive le temps de l’impatience on devient traitre à la vertu de l’attente...  Il vaut mieux se marier avec la cousine que d’être traite à la tante !

Imaginez l’inertie de 2000 ans et Israël dans l’attente projetée dans un avenir éternel. L’année prochaine à Jérusalem… Subitement l’événement attendu arrive et je continue d’attendre…

 

C’est ce qui est arrivé en Egypte: l’occasion de terminer l’exil au moment où il fallait le terminer et on s’est installé ! C’est la fin de la Parashah Vayé’hi. Les Hébreux s’installent en Egypte.

Alors black-out de la révélation : la révélation se tait depuis le dernier verset de Bereshit où les Hébreux s’installent en Egypte, jusqu’au verset qu’on va lire où ils sortent d’Egypte. Il ne se passe plus rien. Black-out! L’attente. Une éclipse ! Nous sommes la génération de la fin de cette période de 2000 ans où la vertu était l’attente.

 

C’est le grand conflit que nous avons avec les Juifs de diaspora qui accusent les israéliens d’être traitres à la vertu de l’attente. Ils attendent.

 

Il y a un conflit très grave. Pour un israélien les Juifs de diaspora sont dans une préhistoire de l’attente. Ils sont dans « l’être-père » qui a la promesse que « le fils » viendra. Alors que l’israélien est au niveau du fils déjà venu. C’est un verset du prophète Jérémie. « וְשָׁבוּ בָנִים, לִגְבוּלָם VeShavou banim legvoulam - et les fils reviendront à leur frontières »  Et les pères ?

Ce n’est pas une question d’état-civil. Chez les israéliens il y a aussi des péres, et chez les Juifs il y a aussi des fils. Il y a de pères et des fils partout. Mais il s’agit ici de l’indice de l’identité d’Israël.

L’indice père c’est la promesse. Et la vertu consiste en l’attente que la promesse s’accomplisse et de croire que la promesse s’accomplira. Mais le temps va vite de notre temps. On est en plein jour et il y en a toujours qui disent : bientôt l’aube, l’aurore ! Alors qu’on est en plein jour. Et je connais énormément de Juifs de diaspora qui sont sincérement convaincus que nous sommes traitres à l’espérance juive : Cela viendra! Sans s’apercevoir qu’en Israël c’est déjà arrivé ! C’est un drame.

 

Jacob comme Jacob s’installe en Egypte, alors qu’Israël c’est Jacob remonté d’Egypte.

 

Pendant 2000 ans il y avait des Hébreux parmi les Juifs mais ils n’ont rien pu faire.

Au moment de Yéhoudah Halévi, un des plus grands de nos maîtres a dit : c’est le temps, on quitte la Galout l’Espagne et on rentre à Jérusalem. Na’hmanide... Personne ne les a suivi.

De la même manière que le Rav Ashlag dans les années 20 qui fut rabbin à Varsovie a clamé que le temps était arrivé de décrocher et de rentrer. Tous les rabbins de Varsovie ont voulu l’excommunier. Il s’est enfui et les autres sont restés. Il a mis plusieurs mois pour arriver en Palestine à l’époque. Il a gagné sa vie comme Mashgia’h d’une Yeshivah où il faisait répéter la Mishnah aux enfants alors qu’il était un grand kabaliste.

Il y en a eu beaucoup comme cela.

Jabotinski lui-même a annoncé la Shoah. Il a fait des randomnnées en Amérique en particulier avec un Sefer Torah sur le bras en demandant de sauver les Juifs du monde. Personne ne l’a écouté, on voulait le brûler aussi. C’est la même chose.  

C’est Judah Halévi, Na’hmanide, le Gaon de Vilna aussi quand il a dit : le temps est arrivé !Les Juifs en l’ont pas suivi. C’est cette inertie de type Jacob.

 

Q : Pourquoi ont-ils suivi Shabataï Tsvi ?...

R : C’était les faux-messies. C’est une question importante, j’ouvre une parenthèse. Chaque fois qu’un individu s’est pris pour le messie et a dit : « C’est moi, suivez-moi ! » cela a échoué. La première fois où c’est le peuple juif qui l’a dit : « on décroche ! », cela a réussi. Le seul messianisme vrai c’est le sionisme. Parce que c’est le peuple juif qui a dit que c’est le temps et non pas un mystique. Chaque fois cela a échoué.

C’est pourquoi la Guémara (Brakhot 12a sur un verset des prophètes) parle de Yémot HaMashia’h – et le signe de Yémot HaMashia’h c’est quand les Juifs reviennent du monde entier. Au bout de 2000 ans car Dieu était fâché contre nous. Subitement Il donne le feu vert et on revient de partout et le monde entier est contre nous : c’est le signe ! Qui a déclenchez cela ? Herzl ! Un analphabète de la Torah ! Il ne savait pas Alef-Bet ! Et quand il s’est adressé aux Juifs pour leur annoncé que c’était le temps on lui a dit comme on avait dit à Moïse en Egypte : tu bégailles !

 

C’est cela la vocation de Jacob qui ne veut qu’être Jacob et qui s’installe en Egypte. Et on est pris au piège ! Si je parle tellemment de choses aussi simples à comprendre c’est parce qu’il y a 2000 ans d’inertie pour arriver à comprendre.

Ce slogan « l’année prochaine à Jérusalem » a été prononcé sincèrement, avec une ferveur totale pendant 2000 ans. Subitement le temps arrive où l’on peut être à Jérusalem mais on continue de dire cette formule ! Alors de quoi s’agit-il ? Et la ferveur reste la même !

Invité à un séminaire à Montréal dans une communauté essentiellement constitué de Juifs marocains, ils ont chanté la Hatikvah et m’ont obligé de me mettre au garde à vous parce que c’est le chant national et ensuite «La-shana ha-baa biroushalayim l’année prochaine à Jérusalem » avec une ferveur incroyable ! Je me suis demandé : « Ribono Shel Olam quest-ce qui se passe ? »

« L’année prochaine à Jérusalem » c’est sérieux ! Mais est-ce que cela signifie le tour de la planète : 1ère étape Casablanca-Montréal ?

La vocation Israël c’est La-shana ha-baa biroushalayim mais c’est Jacob qui le dit à Montréal !

Et on ne peut pas dire qu’ils ne sont pas de bons Juifs : Téfilin, cacheroute… C’est la vie juive authentique : Jacob installé dans le ghetto. Et pendant ce temps-là Israël est aux prises avec son histoire ! Et avec beaucoup de ferveur on dit « La-shana ha-baa biroushalayim l’année prochaine à Jérusalem ».  C’est cela la question : Jacob s’est installé... Mais il s’agit d’Israël à Jérusalem !

 

Rappelez-vous ce qu’enseigne Rashi sur le début de Vayé’hi 47.28:

וַיְחִי יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם

Parashat fermés des plus fermées.

La Parashah est Stoumah et Rashi explique que Jacob a voulu révélé et ha qets la fin de l’exil, mais la prophétie l’a quitté. Parce que Jacob ne voit pas la fin de l’exil. C’est Israël qui voit la fin de l’exil.

 

Et ceci dit c’est Jacob qui est Israël mais quand il est Israël. Effectivement les israéliens sont d’origine juive. Ce n’est pas une blague. Quand les Juifs oublient qu’ils sont d’origine juive ils deviennent Esaü. Mais nous sommes d’origine juive. Je peux vous le dire, je suis né dans une famille de rabbins, que je vis ce problème. Mes petits-enfants deviennent hébreux d’origine juive. Vous le voyez avec vos enfants et petits-enfants déjà.

 

Comme cela nous est arrivé au bout de 2000 ans on est stupéfait, suffoqué ! Que nous arrive-t’il ? Il nous arrive cela : la sortie d’Egypte ! La partie d’Israël qui reste en Egypte c’est Jacob et la partie d’Israël qui remonte d’Egypte, c’est Jacob qui redevient Israël. Voilá le problème !

 

Shemot 1 :1:

 

וְאֵלֶּה, שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, הַבָּאִים, מִצְרָיְמָה:  אֵת יַעֲקֹב, אִישׁ וּבֵיתוֹ בָּאוּ

Ve'eleh shemot beneyYisra'el haba'im Mitsraymah et Ya'akov ish ouveyto ba'ou.

Et voici les noms des enfants d’Israël venus en Egypte avec Jacob

 

Voilà Pashout, vous avez compris déjà. Chacun est venu avec sa famille, avec sa maison.

Du seul fait qu’on les appelle les enfants d’Israël venus en Egypte avec Jacob, on sait qu’il y aura la sortie d’Egypte. Parce que ce sont des enfants d’Israël qui sont nés avec Jacob en Egypte… 

On énumère ensuite les noms:  

 

1:2

רְאוּבֵן שִׁמְעוֹן, לֵוִי וִיהוּדָה

Reouven Shimon Levi viYehoudah,

יִשָּׂשכָר זְבוּלֻן, וּבִנְיָמִן

Issakhar Zvouloun ouVinyamin

דָּן וְנַפְתָּלִי, גָּד וְאָשֵׁר

Dan veNaftali Gad ve'Asher

 

1:3

וַיְהִי, כָּל-נֶפֶשׁ יֹצְאֵי יֶרֶךְ-יַעֲקֹב--שִׁבְעִים נָפֶשׁ; וְיוֹסֵף, הָיָה בְמִצְרָיִם

Vayehi kol-nefesh yots'ey yerekh-Ya'akov shiv'im nafesh.

Et ce fut le nom des personnes sorties de la hanche de Jacob, 70 personnes.

 veYosef hayah veMitsrayim

Et Joseph était en Egypte.

 

Les commentateurs expliquent de la manière suivante :

D’après le 1er verset, les enfants d’Israël venus en Egypte avec Jacob étaient en direction de l’Egypte – Mitsraïmah. Seul Joseph était capable d’être en Egypte וְיוֹסֵף, הָיָה בְמִצְרָיִם et de rester Israël.

 

C’est comme cela que ça se passe dans l’histoire: quand la famille de Jacob va dans un exil, les enfants d’Israël tout de suite sont dans un ghetto quelque part. Mais il y a toujours un Joseph dans le palais du Pharaon. Il n’y a que Joseph qui est capable d’être dans le palais et de rester Israël. En France : les Juifs de la rue pavée et les israélites du 16ème arrondissement un Juif à l’Elysée...

 

Vous voyez que l’histoire se répète toujours de la même manière. Le judaïsme français dont nous avons fait partie – et je ne méprise rien, je suis resté au service du judaïsme français depuis ma Aliah rabbin français algérien – je ne coris pas qu’on c’est une identité juif-français á l’aquelle il faut renoncer mais il faut qu’elle soit authentique - le judaïsme français est une communauté qui s’est perpétuellement assimilée, sans arrêt, et qui a chaque fois été ressuscité par l’apport d’immigrés venus d’ailleurs. Après la 2nde guerre mondiale, les rescapés des Juifs d’Europe centrale, les rescapés des Juifs d’Afrique du Nord d’Egypte et du Levant qui ont fait un judaïsme français... Mais il n’y a pas un judaïsme français, il y a des Juifs en France. Devenant israélites c’est le chemin vers la disparition. Il y a des résistants partout. J’ai connu des descendants de familles de juifs français qui étaient français d’avant le temps de Vercingétorix. C’est vraiment une communauté dont l’histoire est celle d’une assimilation perpétuelle. Actuellemet il y a une revivance artificielle de la culture juive en France parque l’état d’israël existe. C’est une communauté qui s’assimile.

 

Une page de Guémara fait allusion au jugement dernier et Dieu fait l’appel famille par famille. 

En début de Massekhet Avodah Zarah page 2 – un Midrash dit qu’à la fin des temps Dieu va convoquer toutes les nations aux jugements derniers pour leur demander d’arriver famille par famille, et finalement elles arrivent toutes en désordre – le cosmopolitisme international. Et Dieu leur demande de s’affilier pour pouvoir les juger.

 

Il n’y a que deux familles humaines qui arrivent à s’affilier : Rome et la Perse.

C’est dire du point de vue du décodage typologique  religieux c’est la chrétienté et l’islam.

 

[De cette page de Guémara que le Maharal va d’ailleurs utiliser, on apprend que l’Islam c’est la Perse. Il a fallu notre temps pour savoir que le fondamentalisme religieux musulman c’est bien l’Iran plus que l’Arabie.]

 

Le Midrash nous dit que chaque nation doit s’affilier pour pouvoir être jugée, et puis Dieu leur dit la Torah ! Alors chacun va plaider pour son histoire, mais Dieu répond qu’ils n’ont pas compris la Torah : tout ce que vous dites que vous avez accomplis, c’est Moi qui l’ai fait pas vous ! Le commerce, les guerres, les civilisations, ...etc. Le monde que J’ai créé fonctionne parce que je le fais fonctionner…

Les Nations disent alors : on ne savait pas que la Torah c’était si sérieux ! Donne-la-nous comme tu l’as donné à Israël et tu verras que cela ira... « Tu ne nous a pas obligé à avoir la Torah » parce que  Dieu a obligé Israël au Sinaï…

Dieu : je vous donne une seule Mitsvah : la Soukah, et on verra ce qui se passe. Fondez le club méditerrané et on verra ce qui se passe.... (C’est un juif qui leur a fait cela)

Ils font la Soukah et Dieu sort le soleil de sa gaine et ils sortent de la Soukah en claquant la porte.

Dieu : vous voyez bien que vous n’êtes pas capables de pratiquer une Mitsvah de ce genre !

 

La Guémara demande: ce n’est pas juste que Dieu soit obligée de faire brûler le soleil de telle sorte qu’ils quittent la Soukah ?

Réponse extraordinaire: la Halakhah autorise la sortie s’il fait trop chaud, si c’est insupportable, mais pas en claquant la porte !

 

C’est cela la grande différence. Le juif est malheureux de ne pas pouvoir pratiquer la Mitsvah ! Tandis que les Goyim se frottent les mains !

 

Le Midrash s’arrête là : les Goyim sont disqualifiés, incapables de pratiquer la Soukah. Et la Soukah c’est la fête où l’on prie pour les Goyim et les 70 nations.

 

J’ai ajouté une suite à ce Midrash :

Au moment où Dieu va juger l’humanité, les anges qui préparaient le jugement ont contesté que seul Israël ait accepté la Torah. Dieu répond : et bien on va juger Israël d’après la Torah ! 

Et à ce moment-là toutes les nations en tant que témoins se lèvent et disent : nous avons fait tout ce que nous avons pu pour empêcher les Juifs de pratiquer la Torah. Dieu dit alors à Israël : vous l’avez échappé belle !

 

Dans le sens de ce Midrash, on ne peut pas juger les nations parce qu’elles n’ont pas accepté la Torah, car on ne peut juger que d’après la loi.

Comment va-t’on juger les Nations ? D’après leurs Juifs !

 

Quand les Juifs allemands arriveront au jugement dernier ils témoigneront pour l’Allemagne :

Dieu leur demandera : Ai-je bien fait de faire l’Allemagne ? On verra bien ce qu’ils vont répondre. Et nous nous avons le sort de la France entre leurs mains !

Dieu va nous demander : La France qu’est-ce que tu en penses ?  

- Je n’en pense pas moins !

 

Alors à ce moment-là on fera l’appel. On entendra une voix qui dira:

-Judaïsme français ?

La réponse ?

-mort pour la France ! 

 

C’est ce que je voulais dire :c’est un judaïsme qui s’assimile perpétuellement. Mais on a exactement le même schéma: Les enfants de Jacob c’est Israël, mais en ghetto, car ils ne peuvent pas supporter la vie dans le monde extérieur. Joseph seul en est capable. Mais il y avait un seul Joseph qui était Tsadik. Pour les autres on voit ce qui est arrivé avec le christianisme qui est une messianité issue d’un fils de Joseph. Cela va dans le même sens. 

On a quand même appris un verset. On se revoit la semaine prochaine.

 

< fin >

 

***

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Published by Rav Léon Askénazy - dans PARASHAT HASHAVOUA
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