Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 19:20

Mikets (1986) – 2èmepartie.

535 02

Parasha - Mikets 1986

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/mikets_serie_1986/cours_1

Durée : 35,7 minutes
Face B

 

…/…

Et dans le rêve de l’hébreu c’est Dieu qui domine. C’est la différence même de nature dans la relation à l’expérience même du rêve en tant que tel.

Nous l’avons à la fin du 1er verset du chapitre :

« Et lorsque Pharaon rêve, il se tient au dessus du fleuve » qui est sa divinité.

Alors que dans le rêve de Yaaqov c’est l’inverse.

 

Nous étudierons un thème de la fin de la parashah.

 

Q : Que penser du problème économique en Israël ?

R : Peut-être c’est parce qu’on ne sait pas encore bien rêver ! Le problème économique d’Israël, qui est aussi celui de ces dernières semaines, n’est qu’un exemple des problèmes de la société israélienne. C’est une société qui se cherche entre une polarité de culture purement occidentale, et une polarité de mentalité de Torah. Je schématise, le véritable problème de la société israélienne c’est cette espèce de bipolarité de deux manières d’être sioniste, de deux manières de devenir israélien pour les juifs. La première manière c’est celle des juifs qui ont voulu devenir israélien pour ne plus être juifs, et la deuxième manière est celle des juifs qui ont voulu devenir israéliens pour pouvoir être juif. Il y a là le conflit de deux courants. Il est évident que si la société israélienne adoptait le code de la Torah de la vie économique il n’y aurait plus tous ces problèmes-là. Seulement personne n’a le courage d’essayer. Le véritable problème est celui de l’éducation des principes de Torah et en particulier ceux concernant les problèmes économiques.

Nous sommes encore au stade où la conception de la Torah pour le fonctionnement de l’état n’est encore étudiée que de manière acadamique. Le Talmud étudie comment une société doit fonctionner d’après les lois de la Torah.  Mais pour le moment cela reste au stade académique, on l’étudie dans les écoles talmudiques. L’idée d’adopter ces principes n’est pas encore une évidence pour la société israélienne. Ce n’est pas du tout un jeu de forces politiques qui la lui fera adopter à mon sens. C’est d’abord une révolution éducative qu’on attend encore…

 

Q : Est-il possible de vivre dans une société israélienne en conformité avec les lois de la Torah avant que le temple ne soit reconstruit ?

R : Cela n’a aucun rapport. Chaque mitzvah est une mitzvah pour elle.même, portant sur un domaine particulier. Je pense même que c’est l’inverse : s’il y a des tendances dans la société israélienne de concevoir son économie selon les lois de la Torah, et cela veut dire d’abord au niveau des principes qu’il ne faut pas d’opposition entre les principes de la vie économiques et les principes de la vie morale, l’économie ne doit pas être basée sur la recherche du profit en tant que volonté de puissance, alors à ce moment-là la possibilité de reconstruire le temple viendra d’autant plus vite. Il y a une mise entre parenthèse des principes de la moralité dans les tractations de la vie économique de la société israélienne qui vient de l’imprégnation de la civilisation occidentale. On ne cherche pas ce qui est juste mais ce qui légalement peut mener à un profit plus grand. C’est une toute autre conception du problème de la gestion économique.

Alors il en résulte « Vayhi Raav Baaretz » chaque fois qu’il y a immoralité, le résultat c’est la crise économique.

 

Ce sont par exemple, les lois comme celles de la shemtiah, celle du yovel, et surtout l’adoption de cette exigence de la moralité dans ce domaine là. La science économique est quant à elle empruntée à des principes complétement étrangers.

Le taux de l’inflation est suffisament éloquent. Beaucoup de gens étaent inquiets. J’ai eu une réaction différente. Le Talmud donne une description de la situation économique du pays au temps précédant immédiatement l’ère messianique. On est encore très loin du niveau évoqué dans ces pages du Talmud. Il faut donc être non seulement patients mais rassurés. Parce que si cela arrive, c’est que cela arrive…

Il y a une description de toute une série de tendances au désordre qui viennent précisément de cet affrontement de deux mentalités. Il y a un choc culturel soujacent, empêché par la guerre aux frontières, la guerre à l’extérieur, et on n’a jamais encore eu le temps de l’élucider. Chaque fois qu’elle rencontre un problème, la société israélienne se ocupe en deux, comme par hasard. Ces deux tendances s’affrontent. C’est un problème d’éducation.

 

Au niveau de la vie communautaire en exil, dans les ghettos les juifs étaient de statut mosaïque. J’ai connu enfant cette époque-là. Avant la guerre mondiale, le tribunal rabbinique jugeait des affaires commerciales entre juifs, avec l’appui séculier de la police du pasha. Et lorsque le rabbin avait donné sa décision elle était exécutoire par la police du pacha. Un juif ne voulait pas donner le divorce avec kétouvah à sa femme malgré la décision du tribunal. L’ordre fut donné à la police de suivre cet homme et de lui infliger 39 coups de bâton à la moindre pécadille, jusqu’à ce qu’il donne le divorce à sa femme. C’était exécutable immédiatement. Dans la société israélienne, les droits syndicaux et les principes humanistes et socialistes sont tels qu’il est impossible d’appliquer une coercition pareille, parce que le principe n’est pas d’appliquer la vérité morale.

 

Exemple : j’ai fait partie pendant plusieurs années de la commission nationale des programmes de radio pour l’étranger. Nous avions sans arrêt les grêves des techniciens de la radio qui discutaient avec le ministère des heures supplémentaires à partir de minuit. Et on avait besoin de ces techniciens pour les émissions pour la Russie. Pendant 3 ans, la propagande israélienne en Russie était paralysée par le droit syndical des syndiqués techniciens. Naïvement, j’avais proposé qu’on les mobilise et qu’en tant que soldat ils soient affectés à ce travail relevant de la sécurité nationale puisque la aliah des juifs de Russie dépend des émissions de radio. Le président de la commission m’a regardé avec des yeux effarés : comment porter atteinte aux droits syndicaux ?

J’ai alors répondu : pourquoi perdre notre temps pendant 3 ans s’il n’y a pas de solution ?

Et j’ai quitté la commission…

Il y a des évidences qui viennent d’autres principes et qui ne sont pas adaptables à l’exigence du fonctionnement d’une société juive.

Ne pas trouver une solution à un tel conflit pendant 3 ans est le signe d’un manque de moralité quelque part, d’un côté ou de l’autre

Par exemple, le conflit à propos des médecins qui a mené à cet effondrement de l’économie israélienne est également le signe d’une immoralité d’un côté ou de l’autre. Je pense un peu des deux d’ailleurs. C’est parce que les évidences sont ailleurs.

 

C’est tout d’abord un problème de ‘hinoukh. Avec des hommes politiques qui auront compris la signification des lois de la Torah cela pourra fonctionner. Mais si c’est un jeu de force, c’est l’échec assuré. Par exemple, Agoudat Israel qui veut imposer le shabat, alors jamais le shabat ne sera intégré dans la société israélienne.

En principe, il n’y a pas de solution. Cela nous rassure : cela veut dire que le messie doit intervenir!

A vue immédiate, il est évident qu’il n’y a pas de solution. On aura probablement des palliatifs quie ne font que repousser le problème. Il faut attendre l’apparition d’une autre génération qui aura des évidences d’un autre ordre. 

 

Autre exemple : j’ai fait partie d’une commission de l’éducation nationale qui étudiait le problème de la délinquence juvénile. Plus de 100 fois j’ai fait des exposés pour leur démontrer schématiquement que la délinquence juvénile était dans les milieux non éduqués par la Torah. C’est un fait : là où il y a plus de torah il y a moins de délinquence et inversément. Ils n’ont jamais compris cela, croyant que je voulais imposer la Torah. Ils fonctionnent de manière orthodoxe, c’est-à-dire la mentalité égyptienne.

 

Q : Il y a statisquement autant de divorce du côté religieux que du côté non-religieux !

R : C’est un autre problème, le divorce n’est pas forcément lié à un problème moral.

Pour ce dont j’ai parlé la différence au niveau statistique est impressionnante.  

La délinquence juvénile était très répandue pour les enfants issus des milieux juifs séfarades placés en écoles ashkénazes. Et les responsables de la commission, tous ashkénazim, ne comprenaient pas la dimension du problème. 

 

Il est évident que si on essayait une fois les lois économiques de la Torah cela s’arrangerait. Seulement, il faut une bonne volonté au départ qui ne peut pas être imposée de force.

 

Le problème éducatif est réservé à Elie le prophète qui doit intervenir avant l’intervention du messie, or de quoi tout explose. Le Talmud enseigne que Elie ne vient pas pour dire ce qui est interdit ou ce qui est permis, mais pour réconcilier les uns et les autres.

Le verset dit : « Je vous enverrai Elie le prophète de peur que Je ne frappe la terre d’interdit. »

Or, nous sommes déjà dans une situation d’impasse où cela devrait exploser. Normallement cela ne devrait pas fonctionner, or cela marche. C’est très rassurant.

 

On étudiera à partir du verset 44.16.

En fin de compte, Joseph a suivi son propre rêve : être au service de la civilisation extérieure et de la transfigurer au nom des principes de l’enseignement des patriarches. Nous trouvons énormément d’indications dans les commentaires d’après la forme des versets que Joseph avait vraiment tenté d’hébraïser la société égyptienne. Non pas de la convertir à être hébreue mais de l’imprégner des valeurs hébraïques. En particulier, le midrash explique, d’après la formes de versets très précis, qu’il y avait institué la circoncision et qu’il les menait à devenir ce pays goy qui fonctionnerait de façon compatible á l’idéal des valeurs juives. C’est finalement le rêve du juif de diaspora. Et Joseph est bien le modèle de ce type juif de diaspora, dans cette première partie de son histoire.  Et cela n’aurait pas été possible sans une sorte de prédisposition chez cet être égyptien symbolisé ici par le Pharaon, mais un empire n’a pas n’importe quel Pharaon. Il y a presque une sorte de mutation d’identité culturelle dans cette civilisation de l’Égypte de ce temps-là de Joseph, rendant possible le désir de Joseph. Il voulait d’une certaine manière hébraïser l’Egypte. Cela va mener à un échec. Il va y avoir une révolution au début du livre de l’Exode, une nouvelle dynastie oublie complétement ce que Jospeh avait fait. Mais là c’est un temps de parenthèse où cela est pensable et possible.

 

Voyant que son rêve a réussi, il comprend que la stratégie messianique telle qu’il l’a pensé était à l’œuvre, et il tient à ce que toute sa famille, tous les hébreux, viennent collaborer avec lui à ce projet.

Les événements lui donnent raison par le fait de la famine en dehors du pays. Personne ne savait ce qu’il était devenu. Ces frères descendent alors en Egypte contraints par la famine comme tous les autres pays du monde, l’Egypte étant devenu le grenier économique du monde de ce temps-là, un peu comme l’est l’Amérique d’aujourd’hui pour le monde contemporain.

 

Ils se rencontrent sans que les frèrent le reconnaissent, et par une stratégie décrite dans le récit biblique, il arrive à attirer son frère Benjamin en Egypte avec ses frères.

Jacob n’avait autorisé la descente en Egypte que si Benjamin restait avec lui. Or. Joseph s’arrange pour faire descendre Benjamin. Il faut étudier l’identité particulière de Benjamin, pourquoi il va faire l’objet de cette rivalité entre Joseph et Juda. Là où Benjamin se trouve l’avenir d’Israël passe. 

Ce n’est pas par hasard qu’il est le « benjamin » dans le sens français du terme. Il est la dernière chance d’Israël. Si Benjamin n’est pas avec Joseph, la tentative de Joseph n’a pas toutes ses chances. Joseph tient à ce qu’il soit avec lui. Alors que Juda discute avec Jospeh pour que Benjamin reste dans le pays de Kenaan. 

Par la suite, lors du schisme entre les deux parties d’Israël qui se sont séparées : les dix tribus du nord sous la direction des descendants de Joseph avec Ephraïm et la tribu du sud sous la direction de Juda, Benjamin se trouvait avec Juda, et l’avenir d’Israël est passé par le royaume de Judée et non par le royaume du nord de la maison de Joseph.  

 

Nous verrons que dans le temps contemporain, dans ce grand conflit de tensions entre la messianité selon Joseph, c'est-à-dire la diaspora, et la messianité selon Juda c'est-à-dire le sionisme, Benjamin se trouve du côté d’Israël. Petite indication puisque que nous en sommes à ‘Hanoukah: tous les mouvements de jeunesse de quelque commmunauté qu’ils soient sont tous « bleu et blanc », c'est-à-dire Makkabi. Il n’y a pas d’autre folklore de mouvement de jeunesse que spontanément du folklore israélien. Même ceux qui n’ont strictement rien à voir avec l’engagement sionisme : pour faire juif il faut le chandelier et le « bleu et blanc ». Cela veut dire que Benjamin est du côté de Juda et non pas du côté de Joseph.   

 

Nous allons voir la panique de Juda après qu’il se trouva contraint d’amener Benjamin qui sera ensuite prisonnier de l’Egypte par décision de Joseph, comment retouner chez Yaaqov ?

C’est à ce moment-là que Joseph va se faire reconnaitre de ses frères.

 

Pourquoi Joseph n’a-t-il jamais donné signe de vie à son père depuis son exil en Egypte ?

C’est compréhensible pendant son emprisonnement, mais dès qu’il devient tout puissant en Egypte pourquoi ne se fait-il pas connaitre de Jacob ?

 

Dans ses rêves, il se voit le sauveur de la civilisation extérieure et que ses frères admettront sa préséance. Les gerbes qui se courbent vers la sienne et le soleil, la lune et les étoiles. Il voit que sa tendance à lui triomphera. Ce qui sera le cas dans la première partie de cette histoire.

 

37.11

יא וַיְקַנְאוּ-בוֹ, אֶחָיו; וְאָבִיו, שָׁמַר אֶת-הַדָּבָר.

11 Et ses frères le jalousèrent; et son père garda la chose.

 

Rashi :

Attendit (chamar) l’événement Il a l’attendu en espérant qu’il se réaliserait, comme dans « qui garde (chomér) la fidélité » [c’est-à-dire : qui garde espoir en l’accomplissement de la promesse »] (Yecha’ya 26, 2 et Rachi ibid.), « n’attends pas (lo thichmor) mon péché » (Iyov 14, 16), c’est-à-dire : « N’y compte pas ! ».

 

Shamar et hadavar :

Littéralement a gardé la chose, cela ne vient rien dire, il a observé comment cette chose allait se passer. Jacob est très conscient de ce qui se passe.

 

37.12

יב וַיֵּלְכוּ, אֶחָיו, לִרְעוֹת אֶת-צֹאן אֲבִיהֶם, בִּשְׁכֶם.

12 Et ses frères étaient allés faire paitre les troupeaux de leur père à Sichem.

יג וַיֹּאמֶר יִשְׂרָאֵל אֶל-יוֹסֵף, הֲלוֹא אַחֶיךָ רֹעִים בִּשְׁכֶם--לְכָה, וְאֶשְׁלָחֲךָ אֲלֵיהֶם; וַיֹּאמֶר לוֹ, הִנֵּנִי

13 Et Israël dit à Joseph: "Tes frères font paître les troupeaux à Sichem. Va et je t'enverrai vers eux." II lui répondit: "me voici."

 

On dit ici Israël et non Jacob, le récit prend une dimension á l’échelle collective de l’être Israël, le récit concerne l’histoire d’Israël à travers les individus particuliers présents là dans ce récit.

 

Que fait Jacob ici ?

Du verset précédent on sait cette jalousie des frères de Jospeh. Et voila qu’il envoie Joseph dans la gueule du loup et Joseph anonce qu’il est prêt dans une sorte de mise à l’épreuve.

 

 יד וַיֹּאמֶר לוֹ, לֶךְ-נָא רְאֵה אֶת-שְׁלוֹם אַחֶיךָ וְאֶת-שְׁלוֹם הַצֹּאן, וַהֲשִׁבֵנִי, דָּבָר; וַיִּשְׁלָחֵהוּ מֵעֵמֶק חֶבְרוֹן, וַיָּבֹא שְׁכֶמָה.

14 Il lui dit: "Va voir, je te prie, comment se portent tes frères, comment se porte le bétail et rapporte moi un mot. II l'envoya ainsi de la vallée d'Hébron et Joseph se rendit à Sichem.

 

Tant que Joseph ne peut pas ramener une réponse positive à son père il ne peut lui envoyer aucun message. Jospeh est envoyé en mission pour voir quel est l’état de la paix entre les frères et doit lui ramener un mot. On verra qu’il s’agit du mot Shalom.   

 

Nous avons déjà le commencement de l’explication du problème. Joseph a pour mission particulière, entre autre mission de son exil, de ne revenir chez Jacob que lorsqu’il pourra lui dire Sahlom qu’il y a la paix entre les frères.

 

Entretemps Joseph a triomphé et a attiré ses frères chez lui pour y attirer Benjamin, tout en sachant que cela fera descendre Jacob en Egypte pour rejoindre Joseph. Il cherche à ce que toute sa famille Israël vienne participer à sa tentative à lui. C’est pourquoi lorsqu’il interroge ses frères  qui ne l’ont pas encore reconnu il leur demande s’il ne manque pas quelqu'un de leur famille, les obligeant à avouer qu’ils ont encore un vieux père et un enfant, le passé, l’avenir. Et il leur dit que tant qu’ils ne lui amène pas, il ne leur donnera rien à manger. C’est la condition.

 

Il utilise un stratagème qui a un sens symoblique extrêmement important. Je le cite très briévement. Il fait mettre sa coupe, j’allais dire son verre de kidoush, dans le sac de Benjamin pour l’accuser du vol et le garder avec lui.   

 

44.16-17

טז וַיֹּאמֶר יְהוּדָה, מַה-נֹּאמַר לַאדֹנִי, מַה-נְּדַבֵּר, וּמַה-נִּצְטַדָּק; הָאֱלֹהִים, מָצָא אֶת-עֲו‍ֹן עֲבָדֶיךָ--הִנֶּנּוּ עֲבָדִים לַאדֹנִי, גַּם-אֲנַחְנוּ גַּם אֲשֶׁר-נִמְצָא הַגָּבִיעַ בְּיָדוֹ.

16 Juda répondit: "Que dirons-nous à mon seigneur? Comment parler et comment nous justifier? HaElohim a trouvé la faute de tes serviteurs. Nous sommes tous serviteurs de mon seigneur et nous et celui aux mains duquel s'est trouvée la coupe."

יז וַיֹּאמֶר--חָלִילָה לִּי, מֵעֲשׂוֹת זֹאת; הָאִישׁ אֲשֶׁר נִמְצָא הַגָּבִיעַ בְּיָדוֹ, הוּא יִהְיֶה-לִּי עָבֶד, וְאַתֶּם, עֲלוּ לְשָׁלוֹם אֶל-אֲבִיכֶם.

17 II dit: "Blasphème pour moi de faire ainsi! L'homme aux mains duquel la coupe s'est trouvée, lui sera mon serviteur, et vous, retournez en paix auprès de votre père."

 

Imaginez la panique absolue des frères entendant cela. Benjamin pris au piège et cet égyptien bizarre leur dit de rentrer en paix chez leur père !?

Cela veut dire que Juda entend le mot de paix dans la bouche de Jospeh.

 

44.18

יח וַיִּגַּשׁ אֵלָיו יְהוּדָה, וַיֹּאמֶר בִּי אֲדֹנִי, יְדַבֶּר-נָא עַבְדְּךָ דָבָר בְּאָזְנֵי אֲדֹנִי, וְאַל-יִחַר אַפְּךָ בְּעַבְדֶּךָ: כִּי כָמוֹךָ, כְּפַרְעֹה

18 Alors Juda s'avança vers lui, en disant: "De grâce, seigneur! que ton serviteur dise une parole DAVAR aux oreilles de mon seigneur et que ta colère n'éclate pas contre ton serviteur! Car tu es l'égal de Pharaon.


C’est à travers ce mot que va se dévoiler la reconnaissance des deux frères, par ce mot de Davar qui est le mot de Shalom. Lorsque Juda va entendre le mot de Shalom dans la bouche de Jospeh, Juda comprend qu’il s’agit de Joseph.  Alors il va lui donner ce mot de davar, et Joseoh est contraint de se dévoiler et va pouvoir enfin envoyer un message à Jacob pour signaler la fin de sa mission concernant la paix des frères.

 

Je complète par un enseignement de Rabbi Na’hman de Braslav qui explique à partir d’un verset des Psaumes qu’il n’y a de mot authentique que le mot de paix Shalom.

Lorsque Jacob avait gardé la chose Shamar et HaDavar, il a pris acte de l’absence de paix entre ses enfants. Et lorsqu’il demande à Joseph de lui ramener Davar le mot, il s’agit du mot Davar que Juda va dire à Joseph. Il n’y a qu’un seul mot important c’est Shalom  

A partir du verset des Psaumes 120.7 :

ז אֲנִי-שָׁלוֹם, וְכִי אֲדַבֵּר; הֵמָּה, לַמִּלְחָמָה

Je suis la paix mais dès que je parle ils sont pour la guerre.

 

C'est-à-dire que la véritable parole est la parole de paix, parce que c’est la parole qui est le lien dans la société et qui est le fait social fondamental, et la parole authentique est la parole de paix.

Cela nous explique pourquoi ce mot de Shalom va prendre une telle importance dans la tradition hébraïque. La parole est pour pouvoir faire la paix, donc il n’y a de parole que celle de la paix.

 

  ז אֲנִי-שָׁלוֹם, וְכִי אֲדַבֵּר; הֵמָּה, לַמִּלְחָמָה

Je suis la paix mais dès que je parle de paix ils sont pour la guerre.

 

C’est au fond ce qui se passe entre nous est nos ennemis contemporains. Israël a systématiquement tendance à naïvement offrir la paix à n’importe quelle condition. Et remarquez qu’il n’y a encore eu aucune autre réponse que la guerre! On en est encore à ce stade là.

 

Pour l’intérieur de la famille de Jacob, ce n’est que lorsqu’il lui envoie le mot de paix qu’il peut se dévoiler et se faire connaitre.

 

< fin >

*****

Repost 0
Published by Phil O'Semith - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 19:13

Mikets (1986)

Mikets (1986) – 1ère partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/mikets_serie_1986/cours_1

535 01

Durée : 43,1 minutes
Face A

   

Nous sommes au chapitre 41.

Je vous rappelle très rapidement le moment du récit où nous nous trouvons. Dans la parashah précédente, dès le retour de Jacob dans le pays de Canaan, vont se mettre en place deux stratégies différentes pour la suite de l’histoire d’Israël, en particulier la suite des Toladot – c’est-à-dire les engendrements qui doivent mener aux temps messianiques. Ces deux stratégies messianiques passent l’une à travers Joseph et l’autre à travers Juda.

En particulier, la Torah va développer plus abondamment le récit de l’histoire de Joseph en Egypte. En fin de Parashat Vayeshev nous arrivons à la fin de la première étape de la vie de Joseph, celle qui donne une sorte de préfiguration de l’exil dans sa dimension la plus pénible de persécutions, de déportations. On voit que toute cette histoire de Joseph qui commence par devenir très important dans la maison de Poutifar, un des princes principaux de l’empire d’Egypte, et après l’épisode de la déception de la femme de Poutifar, alors Joseph est jeté en prison, avec deux des personnages importants du royaume qui avaient été déchus. Il y rencontre justement deux des princes déchus de leurs prérogatives.  Nous allons commencer l’étude par le récit des rêves de Pharaon.

Je vais lire quelques versets, et nous allons étudier un premier thème : comment comprendre ce revirement brusque dans la destinée de Joseph ? Comment va-t-il être appelé à devenir lui-même par la suite, non seulement un personnage important en Egypte dans la maison de Poutifar comme dans le récit précédent, mais le vice-roi d’Egypte à la tête du pays ?

41.1

וַיְהִי, מִקֵּץ שְׁנָתַיִם יָמִים; וּפַרְעֹה חֹלֵם, וְהִנֵּה עֹמֵד עַל-הַיְאֹר

Et il arriva à la fin de deux années pleines, et Pharaon se mit à rêver, où il se voyait debout au bord du fleuve.

Expression typiquement biblique : שְׁנָתַיִם יָמִים    Shénatayim Yamim signifie que l’année est pleine de tous ses jours.

1erthème d’étude : nous avons un Pharaon qui rêve !

Nous avons vu dans les cours précédents l’importance de la capacité de rêver, en particulier en relation avec le rêve de Jacob.

Dans toute cette partie du récit du livre de Bereshit, il y a le rêve de Jacob, les rêves de Joseph, les rêves des ministres égyptiens et les rêves du Pharaon lui-même.

Nous verrons qu’il y a ici une indication très importante.

וְהִנֵּה עֹמֵד עַל-הַיְאֹר

Et voici, il se trouvait debout près du fleuve.

Ce fleuve, yéor, c’est le Nil.

Je rappelle déjà en passant, que le Nil représente une des divinités de l’Egypte. C’est un élément important que nous verrons tout à l’heure.

Nous verrons la différence de nature entre le contenu de l’expérience de rêve du Pharaon et d’autre part le contenu de l’expérience de rêve de Jacob, et des partiarches hébreux qui mènent à la prophétie des prophètes.

41.2

וְהִנֵּה מִן-הַיְאֹר, עֹלֹת שֶׁבַע פָּרוֹת, יְפוֹת מַרְאֶה, וּבְרִיאֹת בָּשָׂר; וַתִּרְעֶינָה, בָּאָחוּ

Et voici que du fleuve sortaient sept vaches belles d’apparence et saine de chair, et elles paissaient dans le paturage.

41.3

וְהִנֵּה שֶׁבַע פָּרוֹת אֲחֵרוֹת, עֹלוֹת אַחֲרֵיהֶן מִן-הַיְאֹר, רָעוֹת מַרְאֶה, וְדַקּוֹת בָּשָׂר; וַתַּעֲמֹדְנָה אֵצֶל הַפָּרוֹת, עַל-שְׂפַת הַיְאֹר

Sept autres vaches sont montées après elles du fleuve, mauvaises d’apparence et maigres et elles se tinrent sur la rive à côtés des autres vaches;

41.4

וַתֹּאכַלְנָה הַפָּרוֹת, רָעוֹת הַמַּרְאֶה וְדַקֹּת הַבָּשָׂר, אֵת שֶׁבַע הַפָּרוֹת, יְפֹת הַמַּרְאֶה וְהַבְּרִיאֹת; וַיִּיקַץ, פַּרְעֹה

Et les vaches mauvaises d’apparence et maigres ont dévoré les 7 vaches belles et saines et le Pharaon s’est réveillé.

41.5

וַיִּישָׁן, וַיַּחֲלֹם שֵׁנִית; וְהִנֵּה שֶׁבַע שִׁבֳּלִים, עֹלוֹת בְּקָנֶה אֶחָד--בְּרִיאוֹת וְטֹבוֹת

Il s’est endormi et a rêvé une 2èmefois. Et voici 7 épis s'élevaient sur une tige unique sains et bons.

41.6

וַתִּבְלַעְנָה, הַשִּׁבֳּלִים הַדַּקּוֹת, אֵת שֶׁבַע הַשִּׁבֳּלִים, הַבְּרִיאוֹת וְהַמְּלֵאוֹת; וַיִּיקַץ פַּרְעֹה, וְהִנֵּה חֲלוֹם

Puis sept épis maigres et flétris par le vent d'est, s'élevèrent après eux

41.7

וַתִּבְלַעְנָה, הַשִּׁבֳּלִים הַדַּקּוֹת, אֵת שֶׁבַע הַשִּׁבֳּלִים, הַבְּרִיאוֹת וְהַמְּלֵאוֹת; וַיִּיקַץ פַּרְעֹה, וְהִנֵּה חֲלוֹם.

Et ces épis maigres ont avalé les sept épis sains et pleins. Et Pharaon s'éveilla et voici c’était un rêve.

41.8

וַיְהִי בַבֹּקֶר, וַתִּפָּעֶם רוּחוֹ, וַיִּשְׁלַח וַיִּקְרָא אֶת-כָּל-חַרְטֻמֵּי מִצְרַיִם, וְאֶת-כָּל-חֲכָמֶיהָ; וַיְסַפֵּר פַּרְעֹה לָהֶם אֶת-חֲלֹמוֹ, וְאֵין-פּוֹתֵר אוֹתָם לְפַרְעֹה

Et il arriva au matin son esprit sonnait comme un cloche (il est obsédé par une idée fixe de ce rêve)  

Le contenu du rêve est très analogue et se répète deux fois en deux formes différentes. Pendant la nuit et même au matin son esprit n’était pas tranquille de ce qu’il avait perçu de façon plus ou moins confuse ou inconsciente dans ce rêve, et nous allons voir pourquoi.

41.8

וַיְהִי בַבֹּקֶר, וַתִּפָּעֶם רוּחוֹ, וַיִּשְׁלַח וַיִּקְרָא אֶת-כָּל-חַרְטֻמֵּי מִצְרַיִם, וְאֶת-כָּל-חֲכָמֶיהָ; וַיְסַפֵּר פַּרְעֹה לָהֶם אֶת-חֲלֹמוֹ, וְאֵין-פּוֹתֵר אוֹתָם לְפַרְעֹה

Et il arriva au matin son esprit sonnait comme un cloche, il envoya chercher tous les ‘Hartoumei de

Mitsraïm…

Il y a une ville qui s’appelle ‘Hartoum sinistrement connue pour nous puisque c’est là que ce qu’on appelle le Tiers-monde a décidé ce qu’il a décidé contre Israël. Effectivement, c’est une ville qui était connue depuis la plus haute antiquité pour être une ville d’écoles de sages et de devins de prêtres de la religion égyptienne antique. Et la tradition en est restée, cette ville a gardé ce nom-là.

C’est le même mot.

Et tous les sages, et Pharaon leur raconta son rêve, il n’y avait personne capable de les expliquer au Pharaon.

Je vais partir de cette expression précise. Le Midrash explique que bien entendu, les sages et les mages de l’Egypte ont apporté leurs explications. Et il faut se souvenir qu’il s’est agi d’une très grande culture – la définition de l’idolâtrie nous est toujours donnée dans une perspective négative parce qu’effectivemment par rapport à la Torah l’idolâtrie est une déviation et dégénerescence de la piété – mais il ne faut pa soublier que l’idolâtre est premièrement pieux et c’est pourquoi il est idolâtre ; seulement, l’objet de sa piété est dévié. Il y a eu des cultures idolâtres de très hauts niveaux culturels. Et les modernes ont fini par les découvrir de plus en plus.

On rencontre souvent du mépris pour ce qui semble être un contenu infantile dans ces cultures de l’antiquité perçues comme primitives dans le sens négatif, mais de plus en plus en découvre qu’il y a pu avoir des niveaux culturels extrêmement riches, présisément dans cette expérience de la ferveur idolâtre. A rattacher à la définition de l’hérétique : ne pas oublier qu’il s’agit de l’autre croyant. De la même manière l’idolâtre c’est le pieux dont la piété est déviée mais qui peut avoir un contenu culturel de très grande richesse. Les modernes sont très inaptes à comprendre ce qu’a pu être la richesse culturelle des mythes de l’antiquité. Et au fond, c’est une mentalité assez analogue comme nous le verrons tout à l’heure, que nous retrouvons dans le matérialisme contemporain, mais privé de toute cette richesse et de cette coloration que pouvait avoir la vie culturelle de ces grands paganismes. J’ai un peu plaidé pour le diable, mais c’est pour vous restituer le niveau du récit et à quel niveau cela se place.

Ces sages étaient donc des sages, leur sagesse était impure mais c’était une sagesse. Ces mages étaient des mages authentiques, bien que du côté du mal. C’était quand même d’un très haut niveau culturel. Ils disposaient d’explications possibles des rêves du Pharaon.

Nous allons voir pourquoi il est important que la Torah nous raconte que le Pharaon rêve. Comme si il s’approchait d’une certaine frontière de dévoilement de vérité, frontière qui serait commune à l’expérience de dévoilement de vérité de ce qu’ont été l’expérience des partiarches hébreux et par la suite des prophètes d’Israël. Vous connaissez peut-être cet enseignement du Talmud que le rêve est le soixantième de la prophétie. Bien entendu, pas n’importe quel rêve. Il y a un dévoilement de connaissance très occultée et cachée, un pressentiment de vérité qui n’arrive pas à se faire jour de façon claire, qui se traduit à travers les images qu’il faut décoder et décrypter et qu’il faut comprendre ; mais le fait d’être capable de rêver dans ce sens-là c’est déjà l’indication d’une capacité d’être lié au dévoilement de la vérité cachée. C’est pourquoi le Talmud dira du vrai rêve qu’il est un 60ème de la prophétie.

Et voilà qu’on nous parle d’un roi idolâtre qui rêve !

Il faut savoir qu’à ce moment-là de la culture égyptienne, se produit une possibilité de transfiguration de cette culture. Cela est indiqué en particulier par là qu’immédiatemment après avoir caractérisé l’identité des patriarches Yaaqov et Yossef au niveau du rêve, voilà que les Goyim, Pharaon et ses deux ministres, rêvent aussi ! Par familiarité au récit, on ne prend pas garde à cette étonnante indication qui nous est donnée ici : une sorte d’analogie entre la capacité spirituelle des patriarches capables de rêver, dans le sens profond du terme, et celle du Pharaon et de ses ministres en Egypte.

 

Il y a cependant une différence qui apparait : le rêveur d’Israël est capable d’expliquer le rêve des autres rêveurs qui sont dans l’incapacité d’expliquer leurs propres rêves.

Les sages en question de l’Egypte étaient capables de donner des systèmes d’explications, mais ces derniers n’arrivaient pas à satisfaire Pharaon lui-même. Ce qui est une indication du niveau de proximité à la capacité de prophétie hébraïque auquel était arrivé par ses propres forces Pharaon. On n’est donc pas étonné que lorsque ce Pharaon va comprendre que Joseph sait expliquer les rêves il le choisisse pour être son premier ministre. Sinon le récit pourrait paraitre étonnant, comme un récit miraculeux de légende. Le prisonnier qui est miraculeusement choisi par le roi pour être le bon minsitre à la place des mauvais ministres…

Alors qu’en réalité les personnages sont définis de manière telle que la cohérence prend une vraisemblance d’ordre biblique : ce Pharaon n’est plus comme les autres Pharaons idolâtres. Il est encore idolâtre, mais il rêve… ! Puisqu’il rêve, la Torah nous fait comprendre pourquoi il va tout de suite être sensible à ce que représente comme sagesse authentique cet hébreu capable d’expliquer les rêves.

Je donne cet enseignement des ‘Hassidim donné par le Rav Tsvi Y. Kook za’l que je cite toujours par rapport à ce sujet : un jour un maître des ‘Hassidim a demandé à l’un de ses fidèles :

-de quoi vis-tu ?

- je suis patissier et vends des gâteaux !

- oui, mais de quoi vis-tu ?

- je te l’ai dit, je suis patissier, j’achête de la farine, je fais des gâteaux que je vends, j’achête de la farine pour faire des gâteaux…

- je ne te demande pas à quoi tu perds ton temps, je te demande ce qui te fait vivre !?

L’élève ne comprend toujours pas. Alors le maître lui demande :

- A quoi rêves-tu ?

Et il a compris…

Il s’agit du rêve qui donne un sens à la vie qui se perd dans le temps qu’il faut pour la gagner !

Donc il y a un Pharaon qui rêve. Et les explications des sges, que l’on pourrait nommer de notre temps, l’intelligentsia de cette culture là ne le satisfont pas. Il est capable de rêver et il ressent le manque de dévoilement dans l’explication intellectuelle qu’on va lui donner.

Je vous cite un des midrashim qui explique comment ces sages ont tenté d’expliquer les rêves :

- Tu vas gagner 7 guerres et ensuite tu vas les perdre !

Dans la structure du rêve, il y a d’abord abondance, expansion, et ensuite famine, recession. Dans les branches de l’activité agricole d’abord les paturages et ensuite l’agriculture à proprement parler.

Le caractère formel du développement du rêve est expliqué par eux dans d’autres situations de la politique de la société.

- Tu vas conquérir 7 provinces et tu vas les perdre !

Ils n’arriveront pas à sortir du fonctionnement conditionné de l’existence dans laquelle ils son insérés. Nous allons le voir dans le texte lui-même.

41.8

וְאֵין-פּוֹתֵר אוֹתָם לְפַרְעֹה

Mais nul ne put en expliquer le sens à Paroh.

Ils étaient capables de donner des explications mais celles-ci n’arrivaient pas à satisfaire le Pharaon. Nous allons essayer de comprendre ce que pressent le Pharaon et pourquoi lorsqu’on lui signale la présence de cet hébreu en prison capable de déchiffrer les rêves en tant qu’hébreu, il le fait venir ?

Il faut d’abord comprendre quelle était la nature de la conception du monde propre à ces grandes idolâtries et cultures païennes donc l’Égype dont parle la Bible peut être le modèle, l’exemple, ou l’illustration puisqu’elle en est la plus connue finalement. On connait bien sûr aussi ce qu’a été la mentalité païenne de culture grecque, mais finalement du point de vue du midrash ce qui nous est le plus sensible c’est quand même la mentalité de la culture égyptienne par rapport à ce problème.  

Même si, apparemment, les expressions que j’ai employées peuvent paraitre anachroniques c’est très exactement une culture dominée par le principe du déterminisme absolu. La notion de déterminisme est une notion de la philosophie matérialiste contemporaine, mais tout se passe comme si cette notion du déterminisme de la culture contemporaine n’est que la laïcisation du principe de base de la conception et de la compréhension du monde d’après ces idolâtries païennes.

Je vous caractérise d’abord en un premier point quel était le principe de base des religions de ce type. Les historiens des religions nomment cette mentalité religieuse l’astrobiologie. Dans cette  conception du monde on pensait que la vie des être humains est conditionnée par des lois naturelles de la même manière que tous les phénomènes sont conditionnés par des lois naturelles. Par conséquent, on avait pensé une relation, un parallèle, entre les lois qui gouvernent les mouvements des astres, et les événements qui affectent les être vivants. Par définition, l’homme n’y fait pas exception. Par conséquent, les divinités de ce type de religion étaient des divinités astro-biologiques. Par exemple, lorsque les Égyptiens adoraient le taureau, il est bien évident que ce n’est pas l’espèce animale qu’ils adoraient. Ce taureau était pour eux le symbole ou l’exemple au niveau biologique de ce qu’était le signe céleste zodiacal du taureau. De la même manière, un chrétien n’adore pas un morceau de bois en forme de croix mais ce qu’il représente. Le morceau de bois n’est que le véhicule symbolique de la réalité qu’il est censé adorer. Bien entendu, il y a toujours un niveau de superstition où vous trouverez que l’on dit par exemple que les Indiens adorent les vaches. En réalité, les Indiens adorent les principes divins qui sont selon eux incarnés et représentés dans la vache elle-même. Mais ils n’adorent pas la vache elle-même. Mais il peut y avoir un niveau de religion superstitieuse. De même pour le juif embrassant le Sefer Torah. Il respecte ce que représente le Sefer Torah c’est-à-dire ce qu’il y a écrit dans le Sefer Torah… etc.

Il peut y avoir tous les niveaux extérieurs de cette ferveur et de cette piété. Mais pour retrouver l’importance de cette culture représentée par cette mentalité à laquelle la Torah va nous confronter, je dirais que la grandeur de cette civilisation égyptienne vient du fait que c’est elle qui a été choisie pour que nous nous mesurions avec elle. Il y avait quelque chose à combattre dans cette culture avec un certain niveau de sagesse.

La vie humaine y est non seulement conditionnée mais déterminée par des règles fixes, immuables et absolues. Le midrash donne en exemple les crus du Nil qui étaient la matrice nourricière de l’Egypte. Puisque c’était grâce à la crue du Nil que le limon pouvait donner finalement les labours et les paturâges. Et l’idée qu’il puisse y avoir un bouleversement de l’ordre dans l’histoire des dieux (ici les crus du Nil) est une idée à priori extérieure à la mentalité orthodoxe de cette religion. On ne saurait voir dans les rêves de Pharaon l’hypothèse d’un déréglement de l’économie égyptienne. C’est une idée hérétique. En système soviétique, le « sorcier » juif osant expliquer le déréglement du plan économique se serait retrouvé en asile psychiatrique. L’idée que les crus du Nils puissent se dérégler est l’héresie absolue. C’est le type d’explication qui ne peut que contredire la mentalité orthodoxe de la religion astrobiologique : tout est fixé au niveau des astres. Et ces païens-là avaient une capacité esthétique de diagnostic dans la phénoménologie que les modernes ont perdu.

Les modernes s’y relient par un biais poétique, esthétique et dévitalisé, et secondarisé.

Pour préparer une émission télévisée sur Pessa’h, j’ai accepté l’hérésie du Rabbi Josy Eisenberg qui avait choisi comme lieu de tournage la salle égyptienne au musée du Louvre. Il fallait traverser les salles grecques. En bon rabbin orthodoxe, je n’étais jamais rentré dans une église ou un musée qui comportent des statues, mais à la limite c’est la même chose. 

Mais pour la mitzvah, je me suis finalement décidé. Quand je suis entré dans les salles grecques j’ai été impressionné par la beauté de la statuaire grecque, très jolie. Mais entrant ensuite dans les salles égyptiennes, les salles grecques c’étaient finalement rien du tout ! L’esthétique grecque est très harmonieuse mais tout y est mort ! Surtout comparée en contraste avec cette énorme vie qui est figée dans la pierre des statues égyptiennes. Il y a ici une expérience spirituelle colossale qui a été fixée par les artistes égyptiens. Et comparativement, la beauté de la statue grecque est une beauté sophistiquée, artificielle, et morte. Les Grecs ont laissé intentionnellement les yeux vides, morts, Alors que les formes de la vie hybrides dans la statuaire égyptienne font pressentir une expérience spirituelle colossale de ce type de paganisme. Ce qui d’ailleurs grandit d’autant le mérite des Hébreux de l’époque d’avoir pu traverser de telles civilisations sans s’y assimiler ! Les tentations étaient très grandes. Probablement, la tentation de l’Egypte a du être beaucoup plus grande que la tentation de la civilisation grecque elle-même. D’une certaine manière ‘Hanoukah et Pessa’h se ressemble un peu de ce point de vue-là. Arriver à rester soi-même malgré la traversée de ce type de sollicitation culturelle aussi colossal et important ; et au fond, peut-être l’expérience que nous avons eu des dangers de l’assimilation est peu de chose à côté de ce qu’a pu être cette histoire dans les grandes civilisations de l’antiquité. Parce que, comparativement, les civilisations contemporaines apparaissent dévitalisées par rapport à ce qu’a pu être la vie spirituelle au temps des grands paganismes. Peut-être que les seuls siècles de grande vie spirituelle en Occident ont été le Moyen-Âge et non comme on pourrait le croire ce qui est venu après.

Dans ce type de rêve, le Pharaon rêve comme un hébreu. C’est un rêve que l’égyptien orthodoxe ne peut pas avoir : ce pressentiment que peut-être les lois qui régissent l’économie humaine peuvent se dérégler. Vous voyez à quel point cela ressemble à la matérialité orthodoxe du matérialisme contemporain. Cela peut nous faire comprendre beaucoup ce qui se passe dans les pays soviétiques et qui reste incompréhensible pour les européens d’Occident : étant données les lois scientifiques sociologiques pour l’économie et le plan quiquennal et septennal de l’économie, l’idée qu’un facteur de liberté puisse venir détraquer, tout cela remet en question la conception du monde de la vérité de la dialectique matérialiste marxiste, et apparait comme l’hérésie et le blasphème absolu et impensable. Celui qui pense ainsi est sans doute possible fou, donc il faut le soigner…

Il y a beaucoup d’études qui sont faites à propos de ce qu’on appelle l’esprit d’orthodoxie. Les religions idolâtres astrobiologiques sont des religions basées sur l’esprit d’orthodoxie. Une quelconque hypothèse qui soit autrement remet en question tout le système ! Or, la perception du facteur de liberté dans l’histoire c’est quasiment l’hébreu qui la possède.

41.8

וְאֵין-פּוֹתֵר אוֹתָם לְפַרְעֹה

Mais nul ne put en expliquer le sens à Parôh.

Et le Pharaon n’a pas trouvé dans sa propre société de sages qui soient capables de lui expliquer de façon à satisfaire son esprit.     

Les explications données peuvent être satisfaisantes d’un point de vue purement intellectuel, compatibles et homogènes à la doctrine officielle, mais elles ne pouvaient pas satisfaire son propre pressentiment, sa propre intuition.

C’est précisément le Sar Hamashkim, qui avait été dans la fosse avec Yossef et auquel Yossef avait expliqué le rêve, qui raconte au Pharaon une expérience de cet ordre. Comme une intimité de pressentiment entre le ministre de Pharaon passé par l’expérience du rêve et le Pharaon. Il lui parle de Joseph un homme capable de dévoiler le sens du rêve à la manière hébraïque. Le Pharaon en profitera par la suite pour lui confier la gestion des affaires.

Certains historiens de cette époque ont noté qu’effectivement, il y a une parenthèse dans l’histoire de la culture égyptienne : il y a une dynastie monothéiste. Tout se passe comme si on pourrait faire le parallèle entre le récit biblique et cette indication des historiens. Ce n’est pas pour dire que nous ayons besoin des hypothèses des historiens pour comprendre ce qui se passe dans le récit biblique, c’est à un autre niveau que cela se passe. Mais il y a eu semble-t-il cette parenthèse où l’Egypte a connu un temps de théologie monothéiste à travers son expérience spirituelle païenne telle qu’elle la connaissait.

Voilà le 1er thème que je voulais voir aujourd’hui. Si vous avez des questions on approfondira tel ou tel point ou on en choisira un autre ?

***

Je vais un peu enrichir cette analyse par un midrash. Je vais d’abord commencer par expliquer la différence entre les deux mentalités. La mentalité hébraïque que nous décrit la Torah et selon laquelle le monde est dirigé par une volonté libre, et la mentalité du paganisme selon laquelle l’histoire du monde est le résultat d’un jeu de forces impersonnelles qui ont été divinisées et qui sont le conditionnement des phénomènes (comme on le connait dans la mentalité scientifique moderne) mais aussi des faits eux-mêmes, des événements eux-mêmes. 

Ce que nous découvrons de façon vraiment positive à travers la mentalité scientifique, c’est que les phénomènes sont régis par des lois stables. Cette définition-là du principe du déterminisme est compatible avec le monothéisme hébreu. Une volonté libre a créé le monde et a fixé les lois par lesquelles les phénomènes du monde fonctionnent.

Et cette stabilisation des lois de la nature c’est le fondement et la condition même de la liberté humaine. Pour que la liberté humaine soit possible il faut que le fonctionnement du monde dans lequel l’homme est inséré soit garanti des lois stables.

Je peux citer des quantités de versets à ce sujet. Finalement l’ordre de la nature, le véritable ordre des lois qui régissent les phénomènes c’est la volonté du Créateur qui les a installé avec comme principe qu’une loi ne peut pas avoir d’exception. L’exception qu’on appelera le miracle, c’est un cas particulier exceptionnel. Mais il y a une confiance en Dieu Créateur qui passe par cette certitude que les phénomènes obéissent toujours aux mêmes lois. C’est la mentalité scientifique que nous connaissons dans la mentalité moderne et qui est compatible avec le monothéisme hébreu.

Il y a une différence d’approche de ce problème à travers le judaïsme et d’autres mentalités religieuses, en ce sens que chez les Goyim en général, l’évidence serait que l’ordre des lois de la nature échappent à la volonté de Dieu et que la volonté de Dieu ne passe qu’à travers les miracles, alors que le monothéisme hébreu commence d’abord par affirmer que ce Dieu auquel nous croyons est le Créateur de la nature, et par conséquent, il ne peut pas y avoir d’opposition irrémédiable entre la loi morale révélée par Dieu dans l’expérience spirituelle, et d’autre part la loi physique, la loi de la nature qu’il a installé Lui en tant que Créateur.

A la limite, cette notion dualiste selon laquelle les lois de la nature seraient l’œuvre du diable et les lois morales seraient l’œuvre de Dieu est étrangère au monothéisme hébreu. C’est celui qui a créé la nature et ses lois qui nous a donné les lois de la morale.

Par conséquent, à la racine et dans le principe, les deux ordres, celui de la nature et celui de la morale, ont une racine commune. C’est au-delà de la raison, mais c’est le fondement même de la foi hébraïque. C’est bien clair : Hashem Hou HaElohim. Celui qui nous a révélé la Torah c’est Celui-là même qui a créé le monde. C’est pourquoi d’ailleurs nous avons confiance que cette Torah correspond à ce monde.

Mais l’expérience nous montre que c’est très difficile de tenir compte d’une telle évidence dans la culture contemporaine qui est dualiste : l’ordre de la nature et l’ordre de la vie spirituelle sont incompatibles et irrémédiables. C’est pourquoi d’ailleurs la conscience contemporaine tente de plus en plus à devenir une conscience tragique, parce que c’est une conscience dualiste dans le fond.

Dans la mentalité païenne de la religion astrobiologique, ce n’est pas ce principe de déterminisme là qui est en question. Nous trouvons là un principe selon lequel les faits et non seulement les phénomènes sont prédéterminés par le fonctionnement des lois  cosmiques. C’est une toute autre mentalité.

Je prends par exemple le phénomène de la pluie. Il y a différence radicale entre les mentalités. Lorsqu’il pleut c’est comme ça que cela fonctionne l’évaporation des eaux de la mer et la condensation dans les nuages, et les précipitations… et il y a des lois qui régissent tout cela, et la mentalité scientifique positive nous dira que lorsqu’il y a pluie c’est ainsi que cela fonctionne. Tandis que la mentalité astrobiologique dira « tel jour à telle heure il y aura pluie ! » Il y a une prédétermination des phénomènes. Ceci a été critiqué bien entendu par les sages d’Israël : bien évidemment le phénomène humain est  conditionné, il y a des tendances mais il n’y a pas de fatalité des événements. Il y a un conditionnement des phénomènes,  donc des tendances au niveau de l’identité humaine, mais non pas fatalité du destin, du Goral.

…/…

 

Repost 0
Published by Phil O'Semith - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 14:48
Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 19:03

Le tsadiq  une définition

par le Rav Léon Askénazi

 

www.breslev.co.il/articles/bnei_noah/le_tsadiq___une_définition.aspx?id=8559&language=french

 

 

S'il y avait un seul homme sur terre, l'histoire serait autre. Mais dès qu'il y en a deux, le problème de la paix et de la guerre se pose. Telle est effectivement l'équation fondamentale de la prophétie hébraïque : prévoir un monde où cette question sera résolue, un monde de paix...

 

Le premier chapitre de la Genèse laisse apparaître l'idée d'un projet qui doit être réalisé tout au long de l'histoire humaine, avec notamment deux notions directrices sous-jacentes : la bénédiction et la sainteté. Il est suivi par le récit condensé des dix premières générations qui va se conclure par un échec, celui du déluge. Ainsi cette première tentative s'achève par une sanction, non pas la destruction de l'humanité mais par son “effacement” selon les termes mêmes de la Tora. Plus précisément – selon l'enseignement du Maharal – la “forme” qu'a prise l'identité humaine se trouve annulée. Tel est le sens du fait que le déluge est un déluge d'eau et non de feu.

 

Un point doit nous frapper dans l'étude de ce récit : il ne s'agit pas encore de ce que l'on appellera plus tard le problème “religieux” (parlant français, c'est ainsi que je dois m'exprimer) ; il s'agit du problème moral. L'humanité est condamnée car “la terre était emplie de violence”. Le problème que la société humaine avait à résoudre est celui des rapports entre sujets humains, la question fondamentale (n'ayant toujours pas trouvé de solution réelle) de leur coexistence et qui se pose dès qu'il y a deux frères.

 

S'il y avait un seul homme sur terre, l'histoire serait autre. Mais dès qu'il y en a deux, le problème de la paix et de la guerre se pose. Telle est effectivement l'équation fondamentale de la prophétie hébraïque : prévoir un monde où cette question sera résolue, un monde de paix que les prophètes de la Bible appellent les temps messianiques. En termes traditionnels, on dira que le problème que l'humanité avait à résoudre est celui des “rapports des hommes entre eux”. Cependant, en filigrane, sous-tendant ce problème, transparaît également le problème des “rapports entre l'homme et D-ieu”, lequel est véritablement le problème religieux. Il est écrit dans la Tora (Genèse 6:11) : “La terre s'est corrompue devant D-ieu et s'est remplie de violence.”

 

On ne saurait donc affirmer que le problème qui apparaîtra de façon plus fondamentale dans la lignée d'Israël à partir d'Abraham – le problème des rapports entre l'homme et son Créateur – n'est pas déjà posé dans cette première partie de l'histoire humaine. Il n'en reste pas moins que c'est d'abord le problème moral qui constitue le gros plan du récit.

 

Avant d'aboutir à la sanction ultime, tous les sursis possibles sont donnés à l'humanité pour se reprendre et résoudre le problème. En vertu de la patience du créateur, “Il y a dix générations d'Adam jusqu'à Noé” indique le Pirqé Avoth (ch, 5). Cependant, tous les sursis étant épuisés, finalement la sanction arrive.

 

Il y a toutefois un rescapé – ou plutôt une famille rescapée – celle de Noé, c'est-à-dire une manière d'être homme qui porte en elle une possibilité de reprise de l'histoire humaine. Le Midrach et les commentateurs vont donc s'interroger sur la raison et le mérite qui ont permis ce salut. Pourquoi “l'identité Noé” a-t-elle été sauvée ? Pour échapper à un désastre aussi massif, à une telle “Choa”, si j'ose dire, il faut une raison exceptionnelle. Tel est le sujet des lignes qui suivent.

 

Revenons à l'annonce du déluge (Genèse 6:7) : “Et l'Eternel dit : 'L'homme que J'ai créé, Je l'effacerai de dessus la face de la terre, depuis l'homme jusqu'à la bête, jusqu'aux reptiles, et jusqu'à l'oiseau du ciel."” On trouve ici l'énumération des êtres vivants créés au sixième jour : l'homme et son environnement, autrement dit tout ce qui est donné à l'histoire du “septième jour”, c'est-à-dire à l'histoire de l'homme jusqu'aux temps messianiques, jusqu'à l'heure où l'identité humaine aura résolu ses contradictions. L'homme et son environnement vont être effacés, “car J'ai regretté de les avoir faits.

 

On notera que ce verset n'exclut pas Noé de l'effacement général. C'est précisément ce qu'enseigne le traité Sanhédrin 108a, selon lequel Noé était compris dans le jugement, dans la décision d'effacer cette manière d'être homme des dix premières générations. Voici cet enseignement : “On a enseigné à la maison de Rabbi Ichmaël : la sanction avait été prononcée également sur Noé ; cependant, il a trouvé grâce aux yeux de D-ieu comme il est dit (verset 7) : “Car J'ai regretté de les avoir fait” et “Noé a trouvé grâce aux yeux de l'Eternel (verset 8).”

 

Autrement dit, si l'on se place dans la perspective d'un jugement strict, même cette manière d'être homme nommée Noé et à partir de laquelle va recommencer l'histoire humaine pour aboutir – via Abraham – à l'identité d'Israël, même cette identité là n'avait pas mérité par elle-même d'être épargnée par la sanction du déluge. “Noé a trouvé grâce”, c'est vraiment gratuit, c'est véritablement une grâce.

 

Précisons. Que Noé ait trouvé grâce, nous l'apprenons directement du verset. Mais nous aurions encore pu penser que cette grâce se justifiait par un mérite particulier. L'enseignement de Rabbi Ichmaël vient affirmer qu'il n'en est rien. Nous avons donc là une notion à éclaircir, cette notion de “grâce” qui est exprimée en hébreu par le mot “'hen”. Que signifie cette gratuité, cet au-delà de tout mérite qui explique le salut de Noé ? Lisons le verset suivant : “Voici les engendrements de Noé ; Noé était un homme Juste, intègre dans ses générations ; Noé se conduisait avec D-ieu.”

 

D'emblée, la succession des deux versets soulève une difficulté évidente. Le verset 8 énonce que Noé a trouvé grâce et Rabbi Ichmaël souligne le caractère gratuit de cette grâce. Et voilà que le verset 9 définit Noé comme un Juste, un tsadiq. À moins de se trouver dans une contradiction, cela ne peut venir expliquer pourquoi Noé a trouvé grâce. Il faut donc approfondir notre thème, ce que nous allons faire à l'aide du commentaire de Rachi. Mais auparavant, je voudrais élargir la perspective et montrer les dimensions du sujet qui se pose à nous.

 

En fait, il existe deux possibilités pour analyser cette difficulté. L'une se trouve dans la lecture juive du texte et l'autre dans ce que j'appellerai l'atmosphère de la conscience chrétienne lorsqu'elle lit la Bible. Dès les premiers chapitres de la Bible, ce problème sépare ces deux mondes, le judaïsme d'un côté, le christianisme de l'autre. C'est l'une des catégories les plus importantes de nos différends.

 

Dans l'ambiance chrétienne de la lecture de la Bible qu'appelle-t-on un Juste, un tsadiq ? C'est quelqu'un qui a trouvé grâce. Perspective de lecture que l'on va évidemment évacuer et qui montre à quel point ce sujet fait problème. Il nous faut résoudre cette contradiction entre ces deux notions, ces deux informations que la Tora nous donne, d'une part que Noé a trouvé grâce, d'autre part qu'il était un Juste.

 

En revanche, en univers juif, être tsadiq, cela veut dire avoir un mérite suffisant qui vient de la concordance entre les actes et la loi. Le tsadiq est celui dont les actes sont conformes à la loi, celui qui agit justement, c'est-à-dire de façon juste par rapport à une norme, par rapport à une loi. C'est cela qui fait acquérir le mérite. D'un autre côté, trouver grâce, cela veut dire pour Noé obtenir son salut de façon gratuite, sans référence à un quelconque mérite. Définir un Juste comme celui qui a trouvé grâce est une inversion complète des catégories hébraïques. Ne cherchons donc pas dans sa définition comme tsadiq l'explication de la raison pour laquelle Noé a trouvé grâce, parce que trouver grâce, c'est trouver grâce. C'est gratuit. Mais pourquoi la Tora nous a-t-elle dit qu'il était tsadiqRachi commente :

 

“Puisque le texte a mentionné le nom de Noé, il a raconté sa louange comme il est dit (Proverbes 10:7) : 'La mention du Juste est en vue de la bénédiction'”.

 

Il faut bien mettre en évidence le sens de ce commentaire. Pourquoi la Tora nous dit-elle que Noé était tsadiq ? Réponse : non pas pour nous expliquer la raison pour laquelle il a trouvé grâce mais parce que lorsque l'on mentionne quelqu'un qui est un Juste, il faut rappeler qu'il l'est. Pour comprendre la grâce, il faudra donc faire appel à un tout autre principe.

 

Avant d'y arriver, précisons encore cette notion de Juste, de tsadiq. Suspendons d'abord son sens moral – le Juste avec une majuscule – et comprenons la notion au sens étymologique qui en est le fondement, celui que l'on trouve dans l'expression “tomber juste, la justesse. De même en hébreu, pour dire “tu as raison”, on dit “ata tsodeq”. Cela veut dire “c'est  exact”. Si l'on se réfère maintenant à la loi morale, “Juste” signifie donc être en exactitude par rapport à la loi.

 

La Tora – par sa préface historique – veut nous faire connaître qui est cet Israël qui recevra cette Tora, selon l'expression “qui nous a choisi d'entre tous les peuples et nous a donné sa Tora”. Nous saurons ainsi qui nous sommes pour avoir reçu cette Tora.

 

Mais cela veut-il dire que seul Israël pourrait être appelé Juste ? Que cette notion du Juste – du tsadiq – ne serait pas donnée à l'échelle universelle ? Qu'il y aurait une sorte d'injustice qui ferait qu'a priori, celui qui n'est pas né d'Israël n'aurait aucune chance d'être tsadiq ? Si être tsadiq implique un jugement d'identité par rapport à une loi déterminée – la Tora – celui qui ne serait pas dans le cas de connaître cette Tora n'aurait a priori aucune chance d'arriver à être tsadiq.

 

Le fait que la Tora mette en avant le personnage de Noé est très important. Elle nous indique par là qu'un homme qui n'est pas d'Israël mais appartient seulement à la préhistoire d'Israël, un homme ayant l'identité Noé, est appelé tsadiq.

 

Cela signifie donc qu'il y a au minimum deux niveaux de définition de ce terme, de cette catégorie. Le premier, propre d'ailleurs à la tradition du Midrach, définit le tsadiq dans l'ordre de l'attitude de la volonté à l'échelle universelle. Le tsadiq est celui dont la volonté préfère systématiquement, en général, le bien au mal. Inversement celui dont la volonté préfère en général le mal au bien est appelé “méchant” (rach'a”). Quelle que soit la loi à laquelle il se mesure, par éducation, par tradition, c'est-à-dire par sa propre éducation, par sa propre tradition, l'homme est d'abord jugé dans l'ordre de l'attitude de sa volonté. Sous réserve – il faut l'ajouter immédiatement – d'un minimum de connaissances, de bonne foi et de sincérité, ce minimum étant défini par les sept lois des "Enfants de Noé" (“les Bnei Noah). Cela définit le tsadiq à l'échelle universelle, ce qui nous est indiqué par le verset lui-même: “Noé était un homme juste”. Pourtant la Tora n'est pas encore révélée. Cela signifie donc qu'il y a une définition du Juste dans l'ordre de l'attitude de la volonté. Est tsadiq l'homme porté par sa propre volonté à préférer le bien tel qu'il le connaît au mal tel qu'il le connaît.

 

Voilà ce qui définit le tsadiq selon l'identité Noé et l'alliance des “Enfants de Noé” (“les Bnei Noah).

 

 

Noé et Abraham : histoire de contrastes

par le Rav Léon Askénazi

 

Il ne suffisait pas à Noé d'être tsadiq pour être sauvé. Si parmi tous les tsadiqim possibles de son temps c'est Noé qui est choisi, c'est parce qu'il porte en lui la possibilité d'Abraham.

 

À partir d'Abraham, va se constituer l'identité d'Israël à qui la Tora sera donnée, c'est-à-dire l'identité qui recevra la révélation de la loi absolue de ce qu'est le bien et le mal selon D-ieu, ce qui définit le tsadiq de l'alliance d'Abraham. Non plus le tsadiq dans l'ordre de la bonne volonté mais par rapport à la loi absolue, la loi de vérité révélée à Israël.

 

On peut préciser cela avec la définition traditionnelle des différents niveaux de l'ordre de la vertu structurés par les initiales du nom d'Isaac (Yits'aq), soit iod-tsadé-het-kof. Il y a d'abord le yachar, l'homme de rectitude, celui qui veut se conduire d'après le chemin droit et cela avant toute norme, avant toute loi. Puis vient le tsadiq avec les deux niveaux décrits précdédemment, le niveau universel dans l'ordre de la bonne volonté relativement à sa propre loi (mais néanmoins conforme à la charte des sept lois de´s Bnei Noa'h), et le niveau absolu relatif à la loi révélée. Au-dessus du tsadiq, il y a le 'hassid : le tsadiq obéit à ce que la loi demande, tandis que le 'hassid veut “par lui-même” ce que la loi demande.

 

Maïmonide approfondit cette différence dans son ouvrage “Chemona peraqim” (“Les huit chapitres”). Il y a des hommes dont leurs tendances profondes les mènent au mal, mais qui ont malgré tout des raisons de savoir que c'est le bien qu'il faut faire, et ils le font. On appelle une telle personne un “Juste malheureux de l'être” (“Tsadiq ver'a lo”). Il agit justement par rapport à la loi, il lui obéit – éventuellement à contrecœur – mais il obéit. Maïmonide enseigne que celui qui obéit tout en étant malheureux d'obéir a peut-être plus de mérite que celui qui obéit de lui-même. En revanche le 'hassid est celui qui, par lui-même, veut ce que la loi veut. À la limite, même si la loi ne le lui demandait pas, il le voudrait. C'est donc un niveau très élevé. Le 'hassid a une connaissance profonde – par le cœur si j'ose dire – de ce que la loi veut lorsqu'elle demande ce qu'elle demande. C'est pourquoi il peut arriver que dans sa conduite, il se conduise de façon apparemment un peu différente de ce que la loi dit, parce qu'il fait ce que la loi veut. Il agit “par delà la mesure de la loi”. Un 'hassid peut faire ou moins ou plus parce qu'il est 'hassid, parce qu'il sait ce que la loi demanderait dans ce cas particulier, parce qu'il sait ce qu'elle veut et pas simplement ce qu'elle commande dans ce qui est écrit dans le code.

 

Enfin, au delà du 'hassid, se trouve le qadoch, l'homme de sainteté, celui qui à la fois comprend et veut ce que D-ieu veut lorsqu'il donne la Tora. Il se situe à un niveau qui peut nous dépasser.

 

Cette hiérarchie iachar, tsadiq, 'hassid, qadoch est rassemblée dans les initiales du nom d'Yits'haq et apparaît dans la prière du matin du Chabath des jours de fête.

 

Revenons à Noé. C'est un tsadiq mais ce n'est pas pour cette raison qu'il a été sauvé. On peut le comprendre de la manière suivante : probablement il y avait d'autres tsadiqim de ce genre, mais c'est lui qui a été sauvé de façon gratuite. Toutefois, gratuit ne veut pas dire arbitraire, sans raison, et c'est cela que je vais essayer d'expliquer.

 

Nous savons qu'il y avait en ce temps-là, dans ces générations-là, au moins un tsadiq par génération, celui dont le nom est cité dans les généalogies du récit de la Tora. Notamment – selon le Midrach Mathusalem (Metouchela'h), était un très grand tsadiq, même supérieur à Noé. Il y avait donc d'autres tsadiqim à l'échelle universelle et c'est pourtant Noé qui a été choisi.

 

Par ailleurs, le Midrach met en regard deux versets relatifs à Noé d'un côté et à Abraham de l'autre :

 

“Noé était un homme Juste et intègre dans ses générations. Noé marchait avec D-ieu (Genèse 2:9)

 

“[D-ieu dit à Abraham :] Marche devant moi et soit intègre” (Genèse 17:1)

 

Noé et Abraham sont caractérisés par des termes voisins mais néanmoins repris de manière distincte. Noé est “avec D-ieu”, là où D-ieu se trouve. En revanche, à Abraham il est prescrit : “Marche devant moi”. Donc le programme de justice ou de sainteté déjà amorcé dans le fait d'être tsadiq est différent au niveau des identités respectives de Noé et d'Abraham. De même Rachi commentant l'expression “dans ses générations” met en regard Noé et Abraham :

 

“Certains de nos maîtres ont expliqué cette expression dans l'ordre de la louange : à plus forte raison s'il se trouvait dans une génération de Justes, il serait encore plus Juste. Mais d'autres ont expliqué ces termes de façon péjorative : selon sa génération il était Juste, mais s'il était dans la génération d'Abraham, il n'aurait même pas été mentionné.”

 

Noé et Abraham sont tous deux des Justes, mais de nature différente. Noé est certes un très grand tsadiq, c'est grâce à lui que l'humanité a été sauvée, mais c'est un tsadiq d'une certaine nature. La différence avec Abraham apparaît dans l'épisode où D-ieu fait savoir à Abraham qu'il va juger Sodome et Gomorrhe et les détruire, parce qu'il y avait encore là-bas, de la même manière, saturation de violence. Abraham intervient immédiatement et plaide. Alors que Noé entend dire qu'une sanction de destruction va s'abattre sur l'humanité et la Tora ne nous dit pas qu'il a intercédé. Même s'il a intercédé,  la Tora n'a pas jugé que ce fût d'une manière telle que cela méritait d'être signalé.

 

Un texte du Midrach est très suggestif à cet égard. Le verset 8 dit : “Et Noé a trouvé grâce aux yeux de D-ieu.” Le Midrach commente :

 

“Et dans les yeux de Noé, D-ieu n'a rien trouvé, même pas une larme.”

 

Noé est un Juste qui ne fait pas le mal, mais c'est un Juste qui, entendant annoncer une telle sanction – la destruction de l'humanité entière – est capable de ne pas intercéder. Comme le dit le Midrach, il ne pleure pas. Alors qu'entendant le même jugement, la même sanction annoncée contre Sodome et Gomorrhe – dont la Tora nous dit que leurs habitants étaient les plus grands méchants (rech'aïm) – Abraham plaide, discute pied à pied avec D-ieu lui-même pour essayer de les sauver. Voilà l'une des différences entre Noé et Abraham.

 

De manière un peu schématique, Noé est un Juste défini de façon essentiellement négative. Il ne fait pas le mal, mais il n'y a pas d'indication qu'il soit Juste au sens positif, qu'il soit capable de faire le bien et pas seulement de ne pas faire le mal. La tradition connaît deux catégories de Justes : le “Juste sans plus” (le “tsadiq”) et le “Juste bon” (le “tsadiq tov”). Tsadiq seul, sans adjectif, caractérise la relation entre l'homme et D-ieu ; tsadiq tov, ajoute une détermination relative à la relation entre l'homme et son prochain. Cela ne nous autorise pas, nous, à porter un jugement sur Noé ; seulement d'admette que la stature, le profil de l'identité d'Abraham en tant que tsadiq dépasse infiniment celui de Noé.

 

Le texte nous donne une autre indication : “Noé a trouvé grâce aux yeux d'Hachem ” alors que lorsqu'il est dit que Noé est tsadiq, le texte porte “avec Eloqim marchait Noé.” Noé est tsadiq par rapport à Eloqim, mais trouve grâce aux yeux d'Hachem. Cela signifie que Noé est tsadiq par rapport à l'ordre d'une vérité morale d'après les lois de la création (“Eloqim” est le nom de D-ieu comme créateur du monde). En revanche, relativement au projet de D-ieu pour l'histoire humaine (c'est dans l'histoire humaine que le nom Hachem se révèle), Noé a trouvé grâce. “Noé marche avec D-ieu”, il est conforme à la révélation déjà acquise, alors que “Abraham marche devant D-ieu”, il est une sorte d'éclaireur qui ouvre la route par où la révélation pourra passer. Il y a entre eux une différence d'envergure radicale.

 

Un texte semble contredire cette donnée. Après que Noé ait construit l'arche, la Tora dit :

 

“Hachem dit à Noé : 'Viens toi et toute ta maison à l'arche car c'est toi que J'ai vu comme tsadiq dans cette génération.'”

 

Ce verset (où apparaît le nom “Hachem”) semble contredire la mise en regard que le Midrach faisait entre Noé d'un côté et Abraham de l'autre ! Mais en réalité il a une forme particulière qui donne la solution de cette difficulté. En hébreu, “je t'ai vu” se dit “reïtikha”, alors que le texte est “otkha raïti ” (“toi que J'ai vu”). Mais ce toi-là en hébreu signifie ce qui est avec toi ou encore “ton signe”. Le sens du texte est donc : “ce qui est avec toi” (ou encore “ton signe”), je l'ai vu tsadiq devant moi. Ce qui est avec Noé – ce signe – c'est Abraham que Noé porte en lui.

 

Il n'y a donc pas de contradiction. Si Noé a été sauvé, c'est parce qu'il portait en lui la possibilité d'Abraham. C'est ce qu'annonce notre premier verset : “Voici l'histoire des engendrements de Noé...”, ce qui aboutira à Abraham. De tous les tsadiqim possibles à la manière de Noé, c'est Noé qui est sauvé gratuitement. Mais ce n'est pas arbitraire. Il y a une raison à son salut, ce n'est pas son mérite, c'est sa descendance. La gratuité au-delà du mérite individuel est bien une gratuité mais n'est pas arbitraire. Les contemporains de Noé ne peuvent pas comprendre pourquoi c'est lui qui est sauvé plutôt qu'un autre, D-ieu seul le sait. D-ieu seul sait que Noé porte en lui la possibilité d'Abraham. En réalité, c'est Abraham qui a sauvé Noé.

 

Revenons au commentaire de Rachi que j'ai cité précédemment. Rachi avait dit : “Puisque le texte a mentionné le nom de Noé, il a raconté sa louange car le souvenir du Juste est pour une bénédiction.” La louange de Noé – sa mention en tant que tsadiq – ne vient pas expliquer pourquoi il est sauvé, mais elle est faite parce que le souvenir d'un tsadiq est une bénédiction. Cependant, il ne suffisait pas à Noé d'être tsadiq pour être sauvé. Si parmi tous les tsadiqim possibles de son temps c'est Noé qui est choisi, c'est parce qu'il porte en lui la possibilité d'Abraham.

 

Je terminerai par ce qu'on appelle un 'hidouch (c'est-à-dire un commentaire innovateur) relatif au verset lu selon le commentaire de Rachi. À la fin de la paracha de Noé, Abraham apparaît sur la scène de l'histoire. Voici ce que D-ieu dit à Abraham : (Genèse 12:2) :

 

“Je ferai de toi une grande nation et Je te bénirai, J'agrandirai ton nom et tu seras bénédiction.”

 

L'émergence de la bénédiction dans l'histoire d'Abraham est un tournant. La bénédiction avait disparu dès la faute du premier homme et elle revient avec Abraham. À partir d'Abraham, il s'agira de savoir par qui passe la bénédiction, car c'est chez celui par qui passe la bénédiction que doit se révéler la loi de sainteté. Cela nous est annoncé par le verset lu selon le commentaire de Rachi : la mention du tsadiq qu'est Noé est faite en vue de la bénédiction, c'est-à-dire en vue d'Abraham qui est “bénédiction”.

 

***

Repost 0
Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 08:55

Korah (1984)

 

 

Parasha - Korah (1984) 3ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1984/cours_1

Face C

 

…/…

Bereshit 2 :17

וּמֵעֵץ, הַדַּעַת טוֹב וָרָע--לֹא תֹאכַל, מִמֶּנּוּ: כִּי, בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ--מוֹת תָּמוּת

Mais de l’arbre de la connaissance du bien et mal tu ne mangeras pas

Car du jour où tu en mangeras mourir tu mourras.

 

Il manque un événement qui nous restitue le fait que si c’est le Ets ‘hayim d’abord on peut aussi mange de tous les arbres, arbre de la connaissance du bien et mal compris. Mais s’il mange de l’arbre de la connaissance du bien et mal en premier, alors il faut l’empêcher d’accéder à l’arbre de vie tant qu’il est dans cet état...

 

Lorsqu’on a donné d’abord Shass et Poskim et ensuite la Qaballah c’est l’ordre pour l’élève. Mais pour celui qui enseigne le Shass et les Poskim  l’ordre c’est Qaballah d’abord et Shass ensuite...

 

Pour que l’approche de la connaissance du monde ambigü puisse être positive et pas négative il faut ici approcher avec les critères de la vie. C’est d’abord Shass et Poskim sous la direction de quelqu’un, ensuite Qaballah et après Shass et Poskim après l’accès à la Qaballah. Shass et Poskim d’après la Qaballah n’ont plus rien à voir avec Shass et Poskim d’avant. C’est la différence entre la connaissance de l’élève et la connaissance du maître.

 

La connaissance de l’élève c’est qu’il étudie pour savoir ce qu’il faut faire. Le maître étudie pour savoir comment il est ce qu’il faut faire. Un maître n’est pas quelqu’un qui a des élèves. C’est quelqu’un qui a eu un maître. Ce n’est pas grave s’il a des éléves, ce serait plus grave s’il n’a pas eu de maître. Je referme la parenthèse du serpent.

 

Ce que Qora’h dit ici c’est vrai, mais la démagogie c’est qu’il se sert de la formule qui désigne l’idéal à atteindre, pour réclamer ce qu’il réclame pour lui dans une situation qui n’est pas encore celle de cet idéal.

 

La Torah nous a donné à l’avance ce que doit devenir Israël : Mamlekhet Kohanim végoï qadosh.

Mais cet argument qui consiste à contester la nécessité d’une hiérarchie est démagogique :

 

16.3 :

וַיִּקָּהֲלוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֲלֵהֶם רַב-לָכֶם--כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה; וּמַדּוּעַ תִּתְנַשְּׂאוּ, עַל-קְהַל יְהוָה

 

Il est arrivé entre temps que la réalité d’Israël n’est pas encore, au début de son histoire, au niveau d’identité que la Torah a comme projet pour lui, au niveau de son identité ultime, idéale. Entre-temps il y a eu la faute du veau d’or, il a fallu installer une hiérarchie en Israël Alors qu’Israël aurait du être la société anarchique des hiérarchies pour les autres peuples. Tout cela est renvoyé à la fin des temps.

 

Un des Midrashim employé dans la Guémara à propos de Qora’h va dans ce sens-là et nous enseigne ceci :

Qora’h a eu un rêve et a vu un de ses descendants qui est Samuel – Shmouel dont un verset des Psaumes nous dit qu’il est équivalent à Mosheh et Aharon à la fois.   

Psaume 99.6 :

מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן, בְּכֹהֲנָיו,    וּשְׁמוּאֵל, בְּקֹרְאֵי שְׁמוֹ

 « Moïse et Aharon au nom de ses prêtres (les prêtres de Dieu), et Samuel est l’un de ceux qui invoque Son nom »

 

Alors le Midrash fait la comparaison du poids de chaque partie du verset : d‘un côté Moïse et Aharon – békohanav – et d’une autre côté Shmouel tout seul.

 

Qora’h a pensé : si mon descendant Samuel est important comme Moïse et Aharon, à plus forte raison moi-même ! C’est vrai que Qora’h aurait pu être l’égal de Moïse et de Aharon, mais pas dans cette génération, dans celle de Samuel. Il y eu a là des raisons historiques qui ont fait que Samuel à lui tout seul a récapitulé le pouvoir, la compétence, l’importance de Moïse et Aharon ensemble.

 

Q: Comment comprendre que se joignent à Qora’h 250 personalités ?

R: A partir du moment où une grande personnalité ouvre une faille dans ce respect de consentement qu’une société a pour son chef, alors tous peuvent s’engouffrer dans cette faille-là. Au Sinaï l’événement principal n’était pas tellement que Dieu parle à Israël mais que Moïse soit habilité comme roi-prophète pour Israël. Il faut le voir littéralement dans le texte. Moïse se trouve dans la position la plus difficile : il réussi quand il est complétement transparent, à un point tel que tout se passe comme s’il s’est effacé. Il est chargé par Dieu d’être intermédiaire pour faire comprendre au peuple qu’il n’y a pas d’intermédiaire ! Il a réussi sa mission quand le peuple comprend qu’il n’y a pas d’intermédiaire. C’est la position la plus difficile, qui n’est tenable que s’il y a un consentement de la part du peuple qui est de l’ordre de la vertu de générosité absolue.

N’importe qui pourrait dire à Moise : prouve-nous que c’est Dieu qui t’a parlé !  Même quand une fois l’événement a eu lieu au Sinaï.    

 

C’est un peu ce que nous apprenons au sujet de la pédagogie traditionnelle. L’éducation a réussi lorsqu’on peut se passer de l’éducateur. Le problème de l’ingratitude c’est qu’au moment où l’éducation a réussi on oublie qu’il y avait un éducateur.

 

Qora’h utilise démagogiquement ce principe pour mettre en question Moïse et Aharon.

 

Midrash : Dans la Parashah précédente on apprend que le Talet doit être sanctifié par un fil bleu et aussi la Mitsvah de la Mézouzah. Question de Qora’h à Moïse : Si tout le Talet est bleu doit-il comporter un fil bleu ? Réponse de Moïse : Oui ! L’argumentation de Qora’h est la suivante : Si déjà un fil bleu rend Kasher un Talet blanc à fortiori un Talet tout bleu est cachère. Tu as falsifié la Torah de Dieu... ! 2ème question de Qora’h à Moïse : la Mézouzah.

Une chambre remplie de Sifrei Torah - de parchemins de Torah - doit-elle avoir une Mézouzah ?

Réponse de Moïse : Oui ! Non, tu n’as pas pu entendre un chose pareille : si déjà deux parashiot rendent cachère la chambre, tout plein de Sifrei Torah a fortiori...

 

Je vous donne l’explication du Maharal qui me semble la plus fondamentale:

C’est la même chose que :

כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה

si tous sont saints, pourquoi l’un au-dessus de l’autre ?

 

Il y a deux argumentations : l’une pour Moïse et l’autre pour Aharon. La Mezouzah pour Moïse et le Talit pour Aharon.

 

Le Maharal explique quelle était l’argumentation : le klal étant saint il n’a pas besoin d’un médiateur entre Dieu et lui. La réponse du Maharal est très forte : un klal qui n’aurait pas à sa tête quelqu’un qui ferait le lien avec le Dieu unique, en réalité nierait la révélation du Dieu unique au Klal. On en revient au problème de la difficulté de Moïse. Un certain nombres de cas très particuliers où Moïse parle de « son Dieu » : en général Moïse parle aux enfants d’Israël, non pas de « son Dieu » mais de leur Dieu. « Daber el benei Israël... il est le porte-parole de Dieu pour les Bnei Israël.

 

C’est précisément tant que les enfants d’Israël ne sont pas à ce niveau qu’ont prévu les prophètes, essentiellement Jérémie et Isaïe : il arrivera un temps où personne ne dira à l’autre « apprend-moi », parce que chacun verra avec la même évidence de quoi il s’agit... » Verset présent tant dans Isaïe que dans Jéremie.

 

En attendant ce temps-là , il faut précisément qu’il y ait un Moïse pour que la révélation arrive jusqu’à Israël. Et c’est ce qui s’est passé au Sinaï. Les Hébreux avaient besoin d’une habilitation de Moïse en tant que celui qui est le porte-parole pour les enfants d’Israël.

Dès que l’événement a eu lieu, immédiatement, ils interviennent en demandant à Moïse de servir d’intermédiaire pour entendre Dieu et leur dire, parce qu’ils ne sont pas capables encore d’entendre directement la voix divine sans mourir.

 

.../... (inaudible)

 

L’argumentation de Qora’h contre Moïse repose sur une contradiction apprente :

כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים

Donc la hiérarchie « imposée » par Moise et Aharon va à l’encontre de cet enseignement de Moïse lui-même.

 

Au Sinaï Dieu se révèle pour habiliter Moïse.

 

16:4

וַיִּשְׁמַע מֹשֶׁה, וַיִּפֹּל עַל-פָּנָיו

Et Moïse entendit et tomba sur sa face

 

Rashi sur Vayipol el panav:

 

Pourquoi Moïse est-il tombé sur sa face ? A cause de la controverse. C’est déjà la 4ème fois qu’il le mette en question. Ils ont fauté au veau d’or (Shemot chapitre 32)  et Moïse a prié. Lorsqu’ils ont demandé de la viande et se sont révoltés (Bemidbar 11) et Moïse a prié. Avec les Meraglim (Bamidbar chapitre 14) et Moïse a dit à Dieu : « Mais les Egyptiens entendront... ». Mais là dans la controverse de Qora’h, ses mains se sont affaiblies. Mashal: cela ressemble à un prince qui a fauté vis à vis de son père, un ami de son père  est intervenu pour plaider pour le fils, 1 fois, 2 fois, 3 fois..

Lorsqu’il s’est mal conduit la 4ème fois, les mains de l’ami se sont affaiblies et l’ami c’est dit : « jusqu’à quand vais-je fatiguer le Roi ? peut-être ne m’acceptera-t’il pas ? » [Midrash Tan’houma 4, Shemot Rabbah 18: 6]

 

C’est pourquoi il est dit Vayishma Mosheh vayipol el panav Et Moïse entendit et tomba sur sa face…

Impuissant à intervenir. Parce que cette fois cela le concernait personnellement, il ne pouvait pas plaider. Ensuite dans le texte, Moïse demande le jugement de Dieu. Il veut que Dieu intervienne lui-même pour que l’assemblée voit qui a raison. Il ne peut pas lui-même plaider, étant partie prenante, ce serait un plaidoyer pour lui-même. 

 

C’est un passage important qui nous donne une grande leçon, que l’on peut comprendre au niveau de la morale individuelle : la mauvaise foi.

 

Au niveau de la vie de société et au niveau des événements historiques, il est très important de comprendre cette démagogie qui plaide en se servant d’arguments vrais et de valeurs vraies ses intérêts personnels.

 

Après la Maguéfa de Qora’h :

 

Lorsque Dieu est intervenu et que le peuple a vu que c’est Moïse qui avait raison, puisque Qora’h et toute son assemblée ont été engloutis vivant dans un tremblement de terre, alors le peuple dit :

« Nous allons tous mourir ». Cf. Qora’h 17.6 et suivantes

Ils accusent Moïse semble-t’il d’être la cause de leur propre mort. Il semble qu’ils aient de la mauvaise foi. Ils ont vu eux-mêmes que Dieu est intervenu pour juger, et que Qora’h et son assemblée ont été frappés et que c’est Moïse et Aharon qui sont habilités.

 

Pourquoi cette réaction contre Moïse ?

 

La réponse simple est importante : s’il arrive une compétition qui réclame le jugement de Dieu entre Moïse et quiconque d’Israël, c’est Israël qui est disqualifié. Moïse par sa seule valeur condamne les autres. C’est une des raisons de cette jalousie et contestation du peuple contre Moïse. Le seul fait que Moïse est Moïse déclenche cela. 

 

En sociologie, le phénoméne de l’antisémitisme lui-même pourrait être compris un peu mieux de cette manière : la haine du Juif uniquement parce qu’il est Juif. Le fait qu’Israël soit Israël suffit pour déclencher la haine antisémite. Dès que la confrontation de jugement apparait, il y a disqualification à l’avance. Il y a une espèce de frustration à priori.

 

Celui qui a plus de valeur par le seul fait de son existence condamne par disqualification. Ceci explique la réaction du peuple envers Moïse. Ils ne veulent pas de cette différence parce qu’ils seraient condamnés automatiquement..

 

Un exemple dans l’histoire des patriarches.

Parashat Vayera : le jugement et la condamnation de Sodome et Gomorrhe, la séparation d’Ishmaël de Isaac, parce que dès qu’Abraham est circoncis, les événements s’accélèrent dans le récit. Et on voit un accomplissement accéléré d’une espèce de jugement de comparaison qui disqualifie qui n’est pas Abraham, Tant qu’Abraham est encore à l’intérieur de l’anonymat, non encore mis en évidence par le jugement, par la différence de la personnalité d’Abraham d’avec le reste, alors il y a un sursis pour les autres. Dès qu’Abraham s’élève en niveau de valeur, ce sursis s’arrête.

 

Tant qu’Abraham n’est pas dévoilé par Abraham tous sont à l’abri d’un sursis. Mais dès qu’Abraham devient ce qu’il doit être Sodome et Gomhorre est comdamné. Ils pourraient reprocher à Abraham d’être comdamnés à cause de lui. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles Abraham se croit obligé de plaider pour eux…  

 

Thème de Parshat Pin’has

 

Un thème qui va compléter ce que l’on a vu.

Chapitre 26 : c’est le dernier dénombrement du livre de la Torah.

C’est pour dénombrer les familles d’Israël au moment du partage de la terre d’Israël avant d’entrer. 

La Torah récapitule les dénombrements en citant les noms des principales familles d’Israël. Parce que ce dénombrrement s’effectue en vue du partage de la terre, les 12 tribus sont dénombrées à part, et la tribu de Lévi à part.

 

26 :35

   אֵלֶּה בְנֵי-אֶפְרַיִם, לְמִשְׁפְּחֹתָם--לְשׁוּתֶלַח מִשְׁפַּחַת הַשֻּׁתַלְחִי, לְבֶכֶר מִשְׁפַּחַת הַבַּכְרִי; לְתַחַן, מִשְׁפַּחַת הַתַּחֲנִי

Ceux-ci sont les fils d'Ephraïm, selon leurs familles: de Choutélah, la famille des Choutalhites; de Béker, la famille des Bakrites; de Tahân, la famille des Tahanites.

 

26:36

וְאֵלֶּה, בְּנֵי שׁוּתָלַח--לְעֵרָן, מִשְׁפַּחַת הָעֵרָנִי

Et ceux-ci sont les descendants de Choutélah: Erân, d'où la famille des Eranites

 

Rashi sur 26:36 :

 

Les descendants des autres fils de Shoutela’h ont été appelés d’après Shoutela’h. Une grande famille est issue de Eran, de sorte qu'ils ont été appelés d’après lui. Ainsi, les descendants de Shoutela’h ont été considérés comme deux familles. Compte le chiffre et tu verras 57  familles [qui sont énumérées] dans ce chapitre, ainsi que les 8 fils de Lévi, pour un total de 65. Tel est le sens de ce qui est dit, "Car vous êtes le moins nombreux (hame‘at) de tous les peuples "( Devarim - Deutéronome 7:7). [Le mot הַמְעַט   désigne «5» (ה  ) "en moins" (מְעַט  ) La lettre hé de hame‘at a une valeur numérique de cinq] Vous êtes 5 familles de moins que les familles de toutes les nations, car ils sont soixante dix [et vous êtes soixante-cinq]. Cela aussi, je l’ai touvé exposé des écrits de R. Moshé Hadarshan [le prédicateur], mais j'ai dû supprimer quelques-unes de ses paroles et en ajouter. -- [Mid. Aggadah.]

 

 

Il va récapituler le dénombrement et il dit ceci : compte et tu trouveras dans cette parashah 57 familles dans les 12 tribus et 8 familles dans la tribu de Lévi. 57+8= 65 familles d’après un verset qui se trouve dans le chapitre 7 de Devarim.

Dans ce contexte de Devarim Dieu dit à Israël : ce n’est pas parce que vous êtes un peuple nombreux mais c’est parce vous descendez des patriarches.

Vaet’hanane 7.7:

לֹא מֵרֻבְּכֶם מִכָּל-הָעַמִּים, חָשַׁק יְהוָה בָּכֶם--וַיִּבְחַר בָּכֶם: כִּי-אַתֶּם הַמְעַט, מִכָּל-הָעַמִּים

Ce n’est pas parce que vous êtes un peuple nombreux que Hashem vous préféré et vous a choisi

car vous êtes le plus petit de tous  les peuples.

 

כִּי-אַתֶּם הַמְעַט, מִכָּל-הָעַמִּים

ki-atem hame'at mikol-ha'amim.

Car vous êtes le plus petit de tous les peuples

 

Rashi lit un Remez dans le verset :

ki-atem Hé me'at mikol-ha'amim.

Car vous être 5 de moins que tous les peuples (70).

 

Donc, ne croyez pas que c’est par votre mérite que vous êtes Israël indexé aux 70 nations parce qu’il vous manque 5 dimensions.

 

Lors de la descente en Egypte, il y avait les 70 noms. A la sortie d’Egypte en fin de compte et après toutes les épreuves et le dernier dénombrement, il s’avère qu’il n’en reste que 65.

 

C’est-à-dire que le résultat de la mise à l’épreuve est une faille dans l’identité d’Israël.

 

Rashi :

Vous êtes 5 de moins que les nations qui sont 70. Cela aussi je l’ai compris de l’enseignement de Rabbi Mosheh HaDarshan MiNarboni (Il était de Narbonne. Tous les Narboni sont de cette famille – il a écrit en particulier des Midrashim assez extraordinaires sur Mashia’h BenYossef qui étaient en manuscrits dans les monastères de la région, qui ont été édités par un ordre chrétien avec des commentaire chrétiens. Grand Talmid ‘Hakham de Narbonne).

 

A la suite de ce dénombrement dont l’intention est de savoir s’il y a suffisament de visages en Israël, c’est le nom des familles à travers les tribus, pour que de cette unité d’Israël il y ait suffisamment de lien avec la multiplicité des nations pour qu’Israël soit Israël. Il s’avère que ce n’est pas le cas. 

 

Que s’est-il passé entretemps ? C’est la seul fois lors d’un dénombrement où la Torah raconte les noms qui ont disparus.

 

Je vais vous les donner d’après les réfèrences : la 1ère fois au verset 26:9  

 

Pin’has 26.9 :

וּבְנֵי אֱלִיאָב, נְמוּאֵל וְדָתָן וַאֲבִירָם: הוּא-דָתָן וַאֲבִירָם קרואי (קְרִיאֵי) הָעֵדָה, אֲשֶׁר הִצּוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן בַּעֲדַת-קֹרַח, בְּהַצֹּתָם, עַל-יְהוָה

et les enfants de Nemouel et Datan et Datan et Aviram Aviram

eux Datan et Aviram les nobles de l’assemblée

Qui ont excités contre Moïse et Aaron dans l’affaire de Qora’h

Lorsqu’ils se sont révoltés contre Hashem.

 

26.10 :

   וַתִּפְתַּח הָאָרֶץ אֶת-פִּיהָ, וַתִּבְלַע אֹתָם וְאֶת-קֹרַח--בְּמוֹת הָעֵדָה: בַּאֲכֹל הָאֵשׁ, אֵת חֲמִשִּׁים וּמָאתַיִם אִישׁ, וַיִּהְיוּ, לְנֵס

Et la terre a ouvert sa bouche et les a avalé ainsi que Qora’h dans la mort de cette assemblée

Lorsque le feu a dévoré les 250 notables, ils ont été un étandard-témoignage.

 

26.11:

וּבְנֵי-קֹרַח, לֹא-מֵתוּ

Et les fils de Qora’h ne sont pas morts.

 

Cela veut dire que c’est la première fois dans un dénombrement que l’énumération s’interrompt pour nous raconter quelque chose. On nous explique que ces 2 noms de Datan et Aviram ont disparu et en même temps on parle de la disparition du nom de Qora’h.

 

La disparition du 4ème nom est évoquée au verset 26:33.

26.33 :

וּצְלָפְחָד בֶּן-חֵפֶר, לֹא-הָיוּ לוֹ בָּנִים--כִּי אִם-בָּנוֹת: וְשֵׁם, בְּנוֹת צְלָפְחָד--מַחְלָה וְנֹעָה, חָגְלָה מִלְכָּה וְתִרְצָה

Et Tselof’had fils de ‘Hefer n’avait pas pour lui de fils mais des filles et les noms de filles de Tselof’had étaient...

 

Sa faute est d’avoir violé le Shabat.

Datan et Aviram c’est la contestation des princes, la faute du pouvoir civil.

Qora’h c’est la contestation contre Moïse la faute du Talmid’Hakham.

 

La Guémara nous dit que personne n’a le droit de parler de Qora’h avant de dire qu’il était Talmid ’Hakham. Il était le plus grand d’Israël juste après Moïse. Le seul à pouvoir contester Moïse. C’est pourquoi c’est une très grave faute. Comme il était le seul qui le pouvait, il était celui qui ne devait pas... 

 

Ensuite nous avons Tselof’had qui est la faute du simple juif qui viole le Shabat.

 

Ensuite le 5ème dans le dénombrement de la tribu de Lévi au chapitre 26 verset 61.

 

26.61 :

וַיָּמָת נָדָב, וַאֲבִיהוּא, בְּהַקְרִיבָם אֵשׁ-זָרָה, לִפְנֵי יְהוָה

Et Nadab et Abihou moururent, pour avoir apporté un feu profane devant le Seigneur.

 

Là encore on nous donne un récit. La mort des enfants d’Aharon, Nadav et Avihou.

La faute des prêtres.

 

Dans l’ordre des fautes de contestations:

ð   La faute de la tribu de Réouven : la faute des rois, du pouvoir civil.

ð   La faute de Qora’h, la contestation contre Moïse.

ð   La faute de Tselof’had la faute du simple Ben Israël.

ð   La faute des 2 prêtres.

 

En tout 6 noms qui vont disparaître.

Datan et Aviram, Qora’h, Tselof’had, Nadav et Avihou.

 

Retour au verset 26:33

 

26.33:

וּצְלָפְחָד בֶּן-חֵפֶר, לֹא-הָיוּ לוֹ בָּנִים--כִּי אִם-בָּנוֹת: וְשֵׁם, בְּנוֹת צְלָפְחָד--מַחְלָה וְנֹעָה, חָגְלָה מִלְכָּה וְתִרְצָה

Et Tselof’had fils de ‘Hefer n’avait pas pour lui de fils mais des filles et les noms de filles de Tselof’had étaient Machlah veNo'ah Choglah Milkah veTirtsah.

 

On apprend du Midrash qu’elles étaient toutes de grandes Tsadeqot.

 

27.1 :

וַתִּקְרַבְנָה בְּנוֹת צְלָפְחָד, בֶּן-חֵפֶר בֶּן-גִּלְעָד בֶּן-מָכִיר בֶּן-מְנַשֶּׁה, לְמִשְׁפְּחֹת, מְנַשֶּׁה בֶן-יוֹסֵף; וְאֵלֶּה, שְׁמוֹת בְּנֹתָיו--מַחְלָה נֹעָה, וְחָגְלָה וּמִלְכָּה וְתִרְצָה

S’approchèrent les filles de tselof’had fils de ‘Hefer fils de Guilad fils de ...

Et voici leur noms Machlah veNo'ah Choglah Milkah veTirtsah.

 

27 :2

וַתַּעֲמֹדְנָה לִפְנֵי מֹשֶׁה, וְלִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן, וְלִפְנֵי הַנְּשִׂיאִם, וְכָל-הָעֵדָה--פֶּתַח אֹהֶל-מוֹעֵד, לֵאמֹר

Se tinrent devant Moïse et devant Eleazar le prêtre et devant les princes et toute l’assemblée

devant la tente d’assignation pour dire…

27.3

אָבִינוּ, מֵת בַּמִּדְבָּר, וְהוּא לֹא-הָיָה בְּתוֹךְ הָעֵדָה הַנּוֹעָדִים עַל-יְהוָה, בַּעֲדַת-קֹרַח: כִּי-בְחֶטְאוֹ מֵת, וּבָנִים לֹא-הָיוּ לוֹ.

Notre père est mort dans le désert et lui ne se trouvait pas dans l’assemblée qui se sont révoltés contre Dieu dans l’assemblée de Qora’h car il est mort pour sa faute et il n’avait pas de fils

 

Pourquoi son héritage passerait-il etc....

 

Et on apprend dans cette Parashah que lorsque quelqu’un est mort sans fils l’héritage passe aux filles. En réalité, les filles héritent. C’est pour des problèmes de différenciation de tribus que seuls les fils héritent mais en principe les filles héritent.

 

L’argumentation des filles de Tselof’had est importante pour la suite. Elles disent dans le texte que Tselof’had n’était pas dans l’assemblée de Qora’h, raison pour laquelle elles demandent que son nom ne disparaisse pas.

 

Nous avions 6 noms qui avaient disparu.

Les 5 filles de Tselof’had ont restitués 5 noms sur les 6 manquant. C’est-à-dire qu’elles ont statut de chefs de familles en Israël. Elles restituent 5 noms.  Il en manque un seul. C’est Qora’h.

Il fallait être 71.

Et s’il y avait eu 65 + 6 = 71.

Or, il y a que 65 + 5 = 70.

Donc il en manque un pour qu’il y ait 71.

 

Cela signifie qu’il y a toujours une faille, c’est le Hé A’haron du Shem pour ceux qui savent de quoi je parle. Il y a une faille dans l’identité d’Israël à cause de ce qui s’est passé dans ces épreuves. Et il en résulte que le mot de Adonaï qui définit la souverainté de Dieu sur l’assemblée d’Israël, c’est la Sefirah de Malkhout, n’est pas écrit Alef-Dalet-Vav-Noun-Youd mais il est écrit sans le Vav. S’il était écrit avec le Vav, la valeur de ce nom serait 71. Sans le Vav c’est 65. Et grâce aux filles de Tselof’had, c’est quand même 70.

 

A la fin de toutes les épreuves de la génération du désert, Israël avait failli être disqualifié, à travers les épreuves des fautes fondamentales de son identité. La faute du pouvoir civil, la faute du pouvoir religieux, la faute des simples juifs, et la faute de la contestation envers Moïse, la faute du Talmid ‘Hakham. Toutes les autres fautes sont récupérées par les 5 filles de Tselof’had qui complètent 5 des 6 qui manquent. C’est là le mérite des femmes d’Israël de faire que même s’il y a faute c’est comme s’il n’y avait pas de faute… Seulement, un problème n’est pas encore résolu, c’est celui de Qora’h.

 

C’est-à-dire que la contestation la plus grave contre la Torah c’est celle du Talmid ‘Hakham démagogue ! Vous comprenez toutes les implications qu’il peut y avoir derrière tout cela.

 

26.11:

וּבְנֵי-קֹרַח, לֹא-מֵתוּ

Et les fils de Qora’h ne sont pas morts.

 

La Pshat signifie que les fils de Qora’h n’ont pas participé à la faute de Qora’h, alors la Torah nous indique que ses enfants ne sont pas morts. Et il va y avoir un Tiqoun de la faute de Qora’h qui sera fait par les Bnei Qora’h.

 

On utilise dans le folklore de la tradition hébraïque cette expression avec un autre sens.

Lorsque l’on dit Ouvney-Kora’h lo-metou cela signifie que la Ma’hloqet est toujours présente en Israël. On dit le contraire du verset.

 

‘Hidoush :

On apprend dans la source du Midrash que la Ma’hloqet est apparue au 2ème jour du commencement. C’est le terme même du Midrash.  Cf. l’absence de l’expression « Et Dieu dit que c’était bien » parce qu’il y a séparation entre les eaux d’en-haut et les eaux d’en-bas. Il y a Ma’hloqet. Maharal dans Derekh Ha‘Hayim : c’est une Ma’hloqet leshem shamayim ! Mais c’est quand même Ma’hloqet, alors il n’y a pas écrit « Ki Tov ». Pourqu’il y ait la différence entre le ciel et la terre il a fallu que les eaux d’en-haut et les eaux d’en-bas se séparent. Donc c’est bien leshem shmayim, c’est pour qu’il y ait un ciel. Mais c’est Ma’hloqet.

 

Chaque jour de la semaine à la fin de la Tefilah on dit un Psaume, que les Léviim chantaient chaque jour de la semaine au Temple, et le 2ème jour on dit:

לַמְנַצֵּחַ לִבְנֵי-קֹרַח  

Lamnatsea’h livney Qora’h mizmor. 

Cela veut dire que ce sont les Bnei Qora’h qui sont chargés de faire le Tiqoun de la Ma’hloqet qui a commencé avec leur père. C’est relié au verset 26.11:

 וּבְנֵי-קֹרַח, לֹא-מֵתוּ

Et les fils de Qora’h ne sont pas morts.

Qui sont les Bnei Qora’h ? Ce sont les Léviim par excellence.

Ce sont les Leviim qui précisèment doivent arranger la Ma’hloqet.

 

< fin >

 

****

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 08:53

Korah (1984)

 

 

Parashah Korah 1984 2ème partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1984/cours_1

Face B

 

…/…

Lorsque nous avons étudié le plan du ‘Houmash, la définition qui nous est apparu du livre de Bemidbar c’est que c’est le livre qui raconte les épreuves de la génération  du peuple d’Israël qui est sortie d’Egypte.

 

De la même manière que l’identité d’Israël s’est préparée à travers l’histoire des Patriarches qui ont à faire la preuve qu’ils étaient capables à l’échelle individuelle d’être des tsadikim chacun par rapport à la vertu qui lui était propre, de la même maniére le peuple de la descendance des Patriarches en tant que société a été mise à l’épreuve pendant tout ce temps de la constitution de l’identité d’Israël au niveau de la généation de la sortie d’Egypte. Dans le textes précédents, la Torah nous a donné le récit de ces mises à l’épreuve

 

La Parashah de Qora’h commence par une épreuve particulière qui est celle de la Ma’hloqet, de la controverse, la querelle. Les conflits entre personnes qui incarnent pour chacunes d’entre elles une valeur. Il s’agit d’une société où chaque individu est candidat à être une personne. C’est le propre de ce genre de société de faire apparaitre un conflit entre personnes surtout lorsqu’il y a une proximitié d’identité. Ce qui est le cas dans le récit qui nous est donné : la révolte de Qora’h contre Moïse et Aharon.

 

16:1

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי; וְדָתָן וַאֲבִירָם בְּנֵי אֱלִיאָב, וְאוֹן בֶּן-פֶּלֶת--בְּנֵי רְאוּבֵן

 

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי

Vayikar Qora’h ben Izhar Ben Qehat ben Lévi…

Et pris Qora’h fils de Izhar fils de de Lévi

 

Qora’h est un descendant de la lignée qui le rattache aux enfants de Lévi fils de Jacob.

 

Ainsi que Datam et Aviram et On benPelet princes de la tribu de Reouben...

 

16:1

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי; וְדָתָן וַאֲבִירָם בְּנֵי אֱלִיאָב, וְאוֹן בֶּן-פֶּלֶת--בְּנֵי רְאוּבֵן

Vayika’h Kora’h ben-Yitshar ben-Kehat ben-Levi

veDatan va'Aviram beney Eli'av ve'On ben-Pelet beney Reouven

Et Qora’h pris...Datam et Aviram ainsi que On ben tsedek ...de la tribu de Reouben

 

Ce verset est difficile car il manque un complément d’objet au verbe.

On nous indique une coalition de Qora’h avec Datan et Aviram qui sont d’aprés le Midrah ces 2 Hébreux qui se querellaient au moment où Moïse intervient  pour la 1ère fois avant la sortie d’Egypte.

 

Et Prit Qora’h ?

Le sens donné par les commentateur c’est qu’il se mît à part, il a pris partie.

 

Rashi :

Et Qora’h prit :  il s‘est pris lui-même (il a fondé un partie à part) afin d’être en Mal’hoquet en conflit avec une partie du dedans de l’assemblée, pour fomenter une contestation contre la Kehounah.

 

Contre le fait que Mosheh dise au nom de Dieu que Aharon sera le grand-prêtre. Il a des raisons de penser que si Moïse fils de Amram est institué chef politique, la kehounah lui revient à lui Qora’h.

 

Il accuse Moïse et Aharon de népotisme => de favoriser les membres de sa propre famille au détriment des autres...  

 

Onkelos : Vayikar Qora’h est traduit par Vehitpaleg Qora’h

 

C’est un mot qui va entrer dans l’hébreu moderne. Un parti en hébreu ouflagah

Péleg : une cassure une brisure d’unité.

 

Qora’h s’est séparé pour fomenter une controverse...

C’est le sens pshat du verset lui-même ce qui est évident avec les signes de cantilations.

 

וַיִּקַּח קֹרַח

Vayikar Qora’h

Et Qora’h prit…

Il prit le fils de Izhar le fils de Qehat le fils de Levi

(Il se prend pour qui ? Pour le fils de... de Lévi )

 

Cela veut dire le fait de se prendre soi-même à part pour faire partie.

La Torah condamne cela comme étant une brisure de l’unité d’Israël.

 

Un thème de réflexion à ce sujet :

Il y a une différenciation naturelle des différentes manières d’être Israël à l’intérieur de la même société  à travers les tribus (nous dirions aujourd’hui à travers les différentes communautés), mais le fait de superposer à cela une division artificielle qui en réalité a un objectif de querelle intéressée, c’est un aspect négatif.

 

La division en tribu est une division naturelle qui lorsqu’elle est dans la perspective de l’unité de l’ensemble est un enrichissement.

 

Mais la division en parties risque d’être une brisure de l’unité et les termes employés par le texte indiquent qu’il y a là un prétexte pour vider une querelle personnelle. C’est intéressé et non pas une différenciation naturelle.

 

Nous allons voir comment dans le discours de Qora’h à Moïse révéle les éléments de cette contestation démagogique.

 

16:1

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי

Vayika’h Kora’h ben-Yitshar ben-Kehat ben-Levi

Et Qora’h prit le fils de Izhar le fils de Qehat le fils de Lévi

 

C’est à dire il prit ses droits à une certaine dignité, l’énoncé de sa dénomination est l’énoncé de sa valeur. Son nom déployé en lui-même indique simple et dans sa dénomination la dignité dont il va se prévaloir.

 

En réalité le Pshat n’a pas de traduction.

 

וַיָּקֻמוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה, וַאֲנָשִׁים מִבְּנֵי-יִשְׂרָאֵל חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם, נְשִׂיאֵי עֵדָה קְרִאֵי מוֹעֵד, אַנְשֵׁי-שֵׁם

« Et ils de dressérent contre Moïse et avec eux il y avait des personalités du dedans des enfants d’Israël, 250 » 

 

Midrash : 250 rashei sanedraot - chef de tribunaux

 

Qora’h avait comme alliés Datan et Aviram et On ben Pelet  et a réussi à rassembler 250 grands notables d’Israël, des Talmidei ‘Hakhamim, des chefs de tribunaux. C’est une révolte importante. 

 

La querelle de Qora’h est la contestation des notables de Lévi contre le fait que Aharon ait été désigné comme grand-prêtre. Il y a d’autre part la contestation de la tribu de Réouven qui était la contestation du 1er né qui réclamait la royauté contre Moïse.

 

Il y a du dedans de la société d’Israël, considérée comme société naturelle qui se doterait elle-même de ses propres institutions, une querelle contre la royauté et la prêtrise désignées par la Torah elle-même.

 

Ces deux contestations vont être exprimées par le verset que nous allons étudier avec un argument d’apparence objective, ce que l’on appelle auourd’hui la démagogie (Se servir d’arguments objectifs pour des intérêts personnels).

 

Nous allons voir qu’il y a là une cassure dans l’unité d’Israël  qui selon le Midrash va durer jusqu’à la fin de l’histoire d’Israël, jusqu’aux temps messianiques où l’unité d’Israël sera véritablement reconstruite.

 

Midrash Raba :

Pourquoi pas « ben Yaaqov » ?

Yaaqov a prié pour que son nom ne soit pas mentionné dans cette querelle car cette généalogie va à l’encontre de la valeur principal d’Israël : le principe d’unité. Il ne veut pas participer à unrécit où l’on parle de Mal’hoquet, de conflit.

 

16.2

וַיָּקֻמוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה, וַאֲנָשִׁים מִבְּנֵי-יִשְׂרָאֵל חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם, נְשִׂיאֵי עֵדָה קְרִאֵי מוֹעֵד, אַנְשֵׁי-שֵׁם

 « Et ils de dressérent contre Moïse et avec eux il y avait des personalités du dedans des enfants d’Israël, 250 princes d’assemblée» 

« Ceux qui étaient chargé de proclamer l’assemblée, des gens de renom »

 

16:3

וַיִּקָּהֲלוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֲלֵהֶם רַב-לָכֶם--כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה; וּמַדּוּעַ תִּתְנַשְּׂאוּ, עַל-קְהַל יְהוָה

« ils s’assemblèrent contre Moïse et Aharon et leur dirent : trop pour vous, car toute l’assemblée anashim kedoshim, et Hashem est en eux ! Pourquoi vous érigez vous comme chefs au-dessus de l’assemblée de Hashem ? »

 

L’argument est ici très simple : Qora’h et ses alliés dans la controverse contre Moïse se réfère à ce qu’a été l’enseignement de la Torah elle-même, donnée pas Moïse dès l’origine pour dire le projet de constitution de l’assemblée d’Israël. 

כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה    ki kol haédah koulam kedoshim, oubetokham Hashem :

Car toute l’assemblée anashim kedoshim, et Hashem est en eux !

Si tous sont saints et Hashem réside pami eux, pourquoi y aurait-il des chefs qui s’imposent à elle ?

 

Il y a donc contestation contre Moïse, laissant entendre qu’il a usurpé le pouvoir en disant que Dieu l’a décidé ainsi...

 

On se réfère au verset de la Torah du livre de Shemot qui indique quel est le projet de la Torah elle-même pour le peuple d’israël.

 

Shemot 19.6 :

וְאַתֶּם תִּהְיוּ-לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ: אֵלֶּה, הַדְּבָרִים, אֲשֶׁר תְּדַבֵּר, אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Ve'atem tiheyou-li mamlekhet kohanim vegoy kadosh

eleh hadevarim asher tedaber el-beney Yisra'el.

Et quant à vous vous serez pour moi un royaume de prêtres (tous rois et tous prêtres)  et un nation sainte...

 

 Israël y est définit comme « mamlekhet kohanim vegoy kadosh » pour Dieu. Tous sont rois et tous sont prêtres ! C’est exactement ce que dit Qora’h !

 

Tout Israël est défini ainsi et c’est l’argument qui est repris ici par Qora’h pour contester l’installation de la hiérarchie que Moïse met en place dans la société d’Israël. Cela veut dire que d’une certaine manière Qora’h utilise une discours vrai à des fins personnelles et des motifs intéressés.

 

La réponse à la controverse est simple : c’est effectivement le projet de la Torah pour Israël mais il s’agit du projet idéal, le projet du temps messianique. Dès que nous avançons dans l’histoire, il s’avère que cette société d’Israël est vouée à cet idéal tel que le voulait Qora’h. Lorsque Qora’h veut mentir, il dit la vérité. Tout ce que dit le Miqra est vrai même lorsque c’est dans la bouche d’un menteur.

 

Le 1er exemple c’est le Na’hash. Lorsqu’il dit au 1er homme :

Bereshit 3.5 :

וִהְיִיתֶם, כֵּאלֹהִים, יֹדְעֵי, טוֹב וָרָע

viheyitem ke'Elohim yod'ey tov vara.

« et vous serez comme Dieu connaissant le bien et le mal ».

Il dit la vérité. Le projet pour l’homme c’est de venir comme Dieu dans l’ordre de la connaissance du bien et du mal. Il emploie cet argument de façon démagogique en inventant une jalousie de Dieu.

C’est l’idéal du Talmid ‘Hakham : connaître la différence entre le bien et le mal, à la manière dont Dieu la connait.

 

L’interdiction porte sur l’arbre de la connaissance du bien et mal « ets hadaat tov hara », et non sur « l’arbre de la connaissance du bien et du mal « ets hadaat hatov vehara ». Il y a un ordre de connaissance mélangé, ambigu, ambivalent, où le bien et le mal sont mélangés. C’est cette connaissance-là qu’il est interdit de manger  avant d’avoir goûté de l’arbre de vie. L’erreur porte sur l’ordre. D’abord avoir la connaissance de la vie, après on a la connaissance intellectuelle qui sera éclairée et éclaircie par la certitude de connaissance de la vie : c’est bien, c’est mal...

Le problème n’est pas la connaissance  mais la connaissance ambigue, ambivalente.

 

Tout l’objectif de la Torah à travers la Mishna et Guémara c’est précisément de faire le Birour, la distinction entre le bien et le mal lorsque le bien et le mal sont mélangés. L’objectif du Talmid ‘Hakham c’est d’étudier ce mélange, cette ambiguité des connaissances, qui est en tant qu’expérience le but : distinguer dans le doute et la mise en doute, ce qui est bien ou mal, permis ou interdit, saint ou profane, pur ou impur...

 

Cet appétit de connaissance qui se fait avant d’avoir les critères de la vérité, qui sont appelés « l’arbre de vie » et qui permettent d’aborder cette connaissance où le bien et mal sont mélangés, conduit alors a un empoisonnement de l’être. 

 

Le Midrash s’applique sur ce 1er exemple, lorsque le serpent a dit ce qu’il a dit, il a dit la vérité.

L’ordre c’est d’abord d’accéder au « Ets ha’hayim » et ensuite l’arbre de la connaissance du bien et mal.

 

Dans l’éducation on voit la différence de système scolaire : l’éducation traditonnelle avec le Talmud Torah qui donne les contenus réels de la culture et de la tradition juive jusqu’à la Bar Mitsvah, rend plus facile l’apprentissage de culture générale. Sans la culture juive de base on passe du temps, des années à apprendre des choses que l’on arrive pas à unifier du point de vue de la tradition juive...

 

A partir du moment où l’on a accés à LA connaissance toutes les connaissances peuvent être remise à leur place. La Qabalah s’appelle Ets ha’hayim et la Mishnah s’appelle Ets hadaat tov vara.

 

Le livre de base de l’enseignement du Ari s’appelle Ets ha’hayim.

Cela veut dire que la Mishna nous donne la loi pour la réalité. La réalité est ambigue, elle est Tov vaRâ. Si on a déjà la connaissance de la Qabalah qui est Ets ‘Hayim alors on peut avec assurance et certitude faire ce travail de l’étude qui consiste à séparer le bien du mal, et savoir où est le bien et le mal dans la réalité ambivalente du Tov vaRâ, la réalité du monde extérieur.

 

Par conséquent, l’ordre donné pose un problème difficile, car on sait qu’en principe l’ordre de l’étude c’est Tanakh – Mishnah - Guémara et après Qabalah !

 

D’abord on se remplit de Shass (Talmud) et Poskim (commentaires) et après on arrive au Zohar et à la Qabalah. Mais d’après ce que je viens de citer c’est l’inverse ! Il faut d’abord accéder à l’arbre de vie et après seulement l’arbre de la connaissance est permis ?

 

Maintenant que l’homme a pris de l’arbre de connaissance du bien et mal on va l’empêcher d’accéder à l’arbre de vie parce qu’il va devenir éternel avec cette identité intoxiquée par le mélange du bien et mal. Il faut qu’il passe alors par le choc des désintoxications de la mort pour pouvoir ensuite arriver à la vie éternelle... Vous voyez comment la mort est entrée dans le monde d’après ce récit. On va l’empêcher  d’accéder à l’arbre de vie tant qu’il est dans l’état dans lequel il est : bien et mal mélangés.

 

Au niveau intellectuel chacun d’entre nous a cette expérience à sa manière.

 

Contaminé comme dans une maladie par l’ambiguité de la pensée c’est une maladie dont on ne peut pas se guérir. Il faut un choc de désintoxication qui permette de surmonter cela. Cette maladie-là s’appelle dans le langage... le doute. Quand on commence l’accès à la connaissance par le doute, on ne sort jamais du doute. On est dans une pensée secondarisée qui se secondarise à l’infini et empêche le bonheur de la conscience.

 

Selon le texte de la Torah et selon le présent de la vie, il n’y a que le choc de la mort qui permet de se déconnecter de cela.

 

On a donné l’exemple de la façon dont on purifie quelque chose qui devient impur. Cela qui peut passer par le feu est rendu pur par le feu. Cela qui peut passer par l’eau est rendu pur par l’eau. Mais un vase brisé, il faut le refondre pour le refaire.

 

Si c’était l’ordre normal : l’arbre de vie d’abord, l’arbre de la connaissance ambigüe ; et après l’arbre de vie je resterai éternellement dans cet état.

 

Je reprends la chose dans le texte

 

Bereshit 2:16

וַיְצַו יְהוָה אֱלֹהִים, עַל-הָאָדָם לֵאמֹר: מִכֹּל עֵץ-הַגָּן, אָכֹל תֹּאכֵל

Vayetsav Adonay Elohim al-ha'adam lemor

mikol ets-hagan akhol tokhel.

De tout arbre du jardin manger tu mangeras

 

C’est clair que c’est y compris les 2 arbres dont on parle après...

…/…

lire la suite

 

******

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 08:52

Korah (1984)

 

Korah (1984) (mauvaise qualité sonore)

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1984/cours_1

Face A

 

Essayez de comprendre ce que signifie l’exil de Shekhinah.

.../... partie inaudible

 

Lors de l’exil d’Israël de sa terre c’est la descendance d’Ishmaël qui a le droit d’y être.

Une partie des Goyim ressentent que lorsqu’Israël est en exil la Shekhinah est en exil et par conséquent il faut aider les Juifs à revenir en Israël.

 

.../... partie inaudible

 

Pendant 2000 ans les Goyim ont accusé les Juifs d’un crime déicide aberrant. Puis subitement, 2000 ans après, ils ont commencé à réfléchir, l’après Shoah…etc. Mais cela ne s’efface pas de la conscience des Chrétiens, une passion pareille reste. De notre temps, après la Shoah, cela fait retour arrière.

 

A un colloque un pasteur explique : affirmé qu’Israël est déicide n’est pas à prendre à la lettre. Les Juifs tuent Dieu c’est à comprendre qu’il tue l’idée de Dieu et rendent le monde athée....

Affirmation d’autant plus grave qu’elle n’est pas fausse… !

 

Pendant ce temps, du côté juif le langage est celui-ci : lorsqu’Israël est en exil , la Shekhinah est en exil et le monde est donc privé de Shekhinah. La convergence c’est que les Chrétiens changent de discours au moment même où les Juifs reviennent en Israël.

 

Il suffit de réfléchir à cette question : Que signifie un monde sans Shekhinah ? En d’autes termes que signifie un monde sans évidence de la présence de Dieu ? C’est le corollaire du fait que Israël n’est pas dans son endroit et que la Shekhinah n’est pas dans son endroit.

 

Dans le langage du Midrash c’est que Dieu a juré de rentrer dans la Jérusalem d’en-haut lorsque Israël reviendra dans la Jérusalem d’en-bas. Tant que ce n’est pas le cas, le monde est dans l’état où il est.

 

Talmud de Babylone - traité Taanit 5a

Rav Na’hman demanda à Rabbi Its’haq : que signifie "Je suis le Saint au milieu de toi ; Je ne viendrai pas dans la ville" (Osée, 11 ; 9) ? Faut-il comprendre: parce que le Saint est au milieu de toi, je ne viendrai pas dans la ville ? Rabbi Its’haq répond : selon Rabbi Yohanan, le Saint béni soit-Il a voulu dire : Je ne viendrai dans la Jérusalem céleste, que lorsque Je rentrerai dans la Jérusalem terrestre. Et y a-t-il une Jérusalem céleste ? Oui car il est écrit "Jérusalem qui est bâtie comme une ville liée avec elle" (Psaumes, 122, 3).

Rashi

Jérusalem qui est bâtie comme une ville liée avec elle: la Jérusalem d’en bas est construite comme une ville qui est liée à une autre. Donc il y a bien une autre Jérusalem ; et où serait-elle si ce n’est dans le ciel ?

 

Nous avons une Shekhinah qui commence un peu à se dévoiler au prorata des statistiques de la Aliah. Ce n’est pas plus compliqué que cela.

 

Vous avez remarqué l’importance des dénombrements dans les récits de la fin d’exil de la sortie d’Egypte : Il faut savoir combien on est !

 

Il y a une perplexité d’identité de la génération de la sortie d’Egypte. Je ne vous ai parlé que de l’aspect négatif. Cela se traduit par une formule biblique très connue « Tsirapatah » « les pôts de viandes » : En Egypte on avait des postes faciles, le tiercé… les intérêts, les allocations familiales en Egypte »...etc.

C’est la bible qui raconte cette histoire ! C’est l’aspect négatif. Si la Bible nous dit que ce qui a empêché les Bnei Israël d’entrer en Israël c’est les pots de viandes c’est à prendre au sérieux. Ce n’est pas plus compliqué que cela !

 

Ils ont dit pour motiver leur réclamation de viandes : « nous nous rappellons du poisson et des concombres et des pastéques... »  

 

Le Midrash pose la question : ils demandent de la viande et ils parlent de poisson ?

Le Baal Shem Tov explique : Ils ne mangeaient que la manne qui prennait le goût de ce qu’on voulait mais la manne ne pouvait pas prendre le goût de viande car ils n’avaient encore jamais mangé de viande Kasher. Alors la manne ne pouvait donner que le goût des choses cachères que l’on pouvait manger avant même le don de la Torah, c’est-à-dire des concombre des pastèques et des poissons…

 

…/…

lire la suite

*****

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:42

Korah (1995)

Korah (1995) 2ème Partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1995/cours_1

Face B

 

…/…

… extérieur et intérieur de l’histoire du peuple juif n’était pas apte à l’apparition de l’état d’Israël.

Si cela était apparu avant, cela aurait avorté. C’est déjà très difficile comme cela.

 

Quoiqu’il en soit Dieu empêche les mères d’Israël d’enfanter tant que les conditions pour obtenir ce fils véritable de la messianité ne sont pas remplies. Sinon il y aurait une approximation d’identité qui est néfaste.

 

L’illustration de cela nous est donnée dans la différence entre Ishmaël et Isaac.

Avec Hagar, Abraham obtient un enfant de suite, qui rit au présent. Avec Sarah c’est  très difficile d’enfanter l’enfant, Yitshaq, celui qui rira au futur. On a étudié ce thème dans la Parashah de la naissance de Yitshaq. Si on n’attend pas que Sarah soit capable d’enfanter Isaac, alors elle risque d’enfanter un Ishmaël. Un Ishmaël né en dehors d’Israël vous savez à quel point il faut le supportez alors imaginez un Ishmaël né d’Israël ! D’une manière générale c’est la hantise que Amaleq naisse d’ISraël !

 

‘Hanah est la femme d’Elkanah dans le récit de la Torah et Elkanah a 2 femmes. Sa femme préférée ‘Hanah est « stérile » et elle prie pour obtenir des enfants. On apprend d’ailleurs de sa prière les régles de la liturgie de la prière juive. Elle prie et l’enfant nait : c’est Shmouel.

Le Talmud va décrire une scène de la vie de Shmouël enfant qui va nous aider à comprendre qui était Qora’h.

 

Midrash : Qora’h a eu un rêve dans lequel de son nombril apparaissait un arbre au pied duquel Shmouel enseignait. Shmouel dans le verset des  Psaumes est comparé à Moïse et Aaron réunis.

Qora’h par conséquent raisonne de la manière suivante : Si de ma descendance doit apparaitre quelqu’un du niveau de Moïse et Aharon réunis, alors moi-même j’ai ce niveau !

 

Que signifie dans le Midrash cette manière d’expliquer les motivations de Qora’h ?

 

Dans la prière de ‘Hanah, pour que l’enfant qui est empêché de naître puisse naitre : c’est une identité telle que l’ordre des engendrements l’empêche d’apparaitre. On apprend cela surtout de l’identité de David qui ne pouvait pas naître. Il faut forcer l’impossibilité de sa naissance. 

Le Midrash explique que David a pu naître parce que Adam harishone a prévu de lui donner 70 ans de sa propre vie. Ce que cela signifie on l’étudiera en son temps.

 

Dans la prière de ‘Hanah :

« Prends pitié de moi et tu donneras à ta servante une semence et une postérité d’homme zera’h anashim ». 

 

Le Talmud veut expliquer cette expression de Zera’h Anashim.

Mah zera’h anashim ? Et il y a différentes explications. Une d’entres elles, c’est celle de Rabi Yo’hanan qui dit : « une postérité qui est équivalente à deux grandes personnalités. Lesquelles ? Mosheh et Aharon ! » D’après le verset Psaume 99 « Mosheh veAharon bekohanav ouShmouel Beqoré Shémo : Mosheh et Aharon à travers leurs prêtres et Shmouel à travers ceux qui invoque son nom. »

 

Cela veut dire que dans ce verset Shmouel est mis sur un pied d’égalité avec les deux ensemble.

 

Le Talmud a diagnostiqué dans la personnalité de Shmouel cette capacité de l’homme qui soit à la fois le roi et le prêtre. C’est cela que Qora’h prend comme contestation contre Moïse.

Cette identité de roi-prêtre, cumulant les pouvoirs, est interdite par la Torah.

Les prérogatives du roi et celles du prêtre ne peuvent pas être confondues. Le roi doit mener les hommes dans la vie de ce monde-ci, alors que le prêtre est celui qui doit mener l’homme pour la vie du monde-à-venir. On ne peut pas mêler et identifier les critères de ces deux directions.

 

En d’autres termes, la théocratie est absolument interdite par la Torah. Le roi n’a pas le droit d’être prêtre et le prêtre n’a pas le droit d’être roi. Alors que le roi et le prêtre peuvent être prophète ou juge. C’est pourquoi toutes ces accusations de théocratie contre le judaïsme sont fausses. Le judaïsme est une théonomie et non pas une théocratie. Ce n’est pas le pouvoir des prêtres, c’est le pouvoir de la Torah.

 

Il y a ce risque qui a été celui du temps du 2ème Temple, qui a mené finalement aux Saduccéens.

Je referme la parenthèse. Tout cela fut étudié à propos de ‘Hanoukah où une famille de prêtres a pris le pouvoir. Cela est correct au moment où c’était le temps de la rebellion contre les Grecs, mais dès qu’ils installent une dynastie royale de prêtres, cela devient hérétique, cela devient saducéen.

 

Dans la civilisation européenne se trouvent les 2 profils de la théocratie, dans l’empire chrétien d’orient et dans l’empire chrétien d’occident.

Dans l’empire chrétien d’Orient (Constantinople) c’est le roi qui est le prêtre

Dans l’empire chrétien d’Occident (Rome) c’est le prêtre qui est le roi.

Le cas de l’Angleterre est spécial.

 

Ces 2 cas sont 2 figures différentes de la théocratie. On n’a pas du tout l’enseignement de la Torah qui distingue le pouvoir du roi et le pouvoir du Kohen.

 

La Talmud met en évidence que dans sa prière ’Hanah demande à ce que Shmouël naisse quand même bien que sa naissance fait apparaitre une personnalité en Israël qui risque de mener à ce danger qui a été déjà raconté par la Torah dans l’épisode de Qora’h.

 

On apprend que l’enfant va naître, et il va être confié au grand-prêtre de ce temps-là pour son éducation. Ce grand-prêtre était Êli (Ayin-lamed-youd). Il se produit un épisode qui est raconté dans le livre de Shmouel et qui est reprise dans l’explication du Talmud.

 

Dans ce texte de Shmouel, ‘Hanah déclare : « c’est pour cette enfant-là que j’ai prié !»

A quel propos intervient-elle ?

Rabbi Eleazar enseigne : Shmouël a été « moreh halakhah lifnei rabo » « enseignant la halakhah devant son maitre ». Il était donc ‘hayav mitah passible de mort et c’est pourquoi ‘Hanah intervient par cette déclaration : « c’est pour cette enfant-là que j’ai prié !»

 

De quoi sagit-t’il ?

 

« Êli était un grand-prêtre et en son temps, la règle était que seuls les prêtres effectuaient les sacrifices. Mais à propos d’un sacrifice, ils sacrifièrent le taureau et firent venir l’enfant auprès de Êli »

 

La Guémara demande : « Quel rapport entre les 2 parties du versets ? » (le sacrifice du taureau et cet enfant auprès d’Êli) Une famille a apporté une sacrifice devant Êli. Êli demande à ce qu’on cherche un prêtre qui puisse faire la shé’hitah. Et Shmouël s’est rendu compte que l’on cherchait un Kohen pour faire la She’hitah, et il leur a dit : « pourquoi cherchez vous un Kohen pour la She’hitah, la She’hitah par un étranger un zar à la Kehounah est licite ! »

Alors on a amené cet enfant apprenti-prêtre chez Êli pour ce qui semblait être une hérésie colossale à ce moment-là. (En ce temps-là, les prêtres avaient intauré la régle que seuls les prêtres pouvaient faire la She’hitah. Selon la Halakhah la She’hitah est autorisée par un non-Kohen).

 

Il n’est pas nécessaire d’être Kohen pour faire la She’hitah. A quoi cela se rattache-t’il ? Il y a des moments où dans une société donnée, les prêtres instituent une sorte de dictature cléricale si j’ose dire, et qui est parfois justifiée par l’histoire de la société en question. Cela ne signifie pas forcément que ce soit la vérité de la Loi écrite.

 

Et voilà que Shmouel porte en lui déjà l’annonce d’un temps de reforme de cette habitude exclusive des Kohanim.

 

Au temps de Shmouël qui était Tsadik, il fait le bien pour Israël : revenir à la Halakhah primitive. Alors qu’au temps de Qora’h cette attitude était démagogique. Mais Qora’h se méprend en voyant dans son rêve que l’attitude de Shmouël va être habilitée. Shmouël a raison mais Qora’h a tord !

 

« On l’a emmené à Êli, (grand-prêtre pas forcément aussi grand Talmid ‘Hakham que Shmouël) qui lui a dit : D’où le sais-tu ? Shmouël lui répond par un verset : « le verset ne dit pas « le Kohen fera le sacrifice » mais « et les Kohanim s’approcheront » ! Le rôle du Kohen c‘est de faire la Smikhah sur le sacrifice, l’imposition des mains sur la bête qui va être sacrifiée bien que c’est bien si le Kohen le fait. Sinon un Zar à la Kéhounah peut le faire.

 

C’est important dans les régles de sociologie religieuse pour Israël comme ce qui se passe dans les synagogues. Bien qu’il y ait une fonction particulière du ‘Hazan et du rabbin, en leur absence, n’importe quel juif qui sait le faire se lève pour faire la prière pour la communauté.

 

Il y a des communautés où les administrateurs ont édicté des régles telles qu’ils interdisent la substitution au ‘Hazan. Alors que la Torah l’autorise.

 

Alors Êli lui a dit : « tu as dis une chose juste, une belle chose. Mais qui te permet d’enseigner la Halakha à la place de ton maître ? » C’est ‘Hayav Mitah !

 

Alors c’est là qu’intervient ‘Hanah et se plaint en disant : « c’était moi la femme qui était venu pour avoir cet enfant... » Et elle dit : « c’est pour cet enfant que j’ai prié !»

 

Cette histoire est reprise par le Talmud dans tous les détails pour montrer les périodes de mutations où ce que Qora’h voulait doit être fait mais c’est au temps de Shmouel ! Et ce que Shmouel a fait ne doit pas être fait au temps de Qora’h ! On comprend ce qui en bonne part a mené Qora’h à se tromper.

 

Cela nous explique pourquoi à la fin des temps la position de Qora’h sera réhabilitée. Elle l’est d’une certaine manière  par Shmouël.

 

Pour voir les autres dimensions du problème, les autres sources vont mettre en évidence les pulsions venant du mauvais instinct du Yetser Hara, des intérêts individuels, en fait l’orgueil qui mène à cette démagogie qui va être reprochée à Qora’h.

 

C’est une des situations où Moïse est occupé dans l’histoire d’Israël à restaurer la relation d’autrui à autrui qui a été brisée entre Qayin et Hével.

 

Il y a 5 qui situations correspondent aux 5 niveaux de la personne humaine.

La Neshamah, l’âme de chacun possède 5 niveaux de réalité et cela ne correspond pas du tout à la façon occidentale de distinguer corps-âme-esprit.

 

En hébreu, lorsque la Neshamah à travers le Gouf - le corps - est reliée  au monde extérieur, le niveau de la Neshamah qui est en relation avec le monde extérieur c’est le Nefesh. Le niveau de la Neshamah qui est en relation avec le monde intérieur de la personne c’est le Roua’h

 

Notre personne a un être de relation au monde extérieur alors à ce niveau-là, la Neshamah s’appelle le Nefesh. Voyez l’importance qu’ont les comportments biologiques animés par la Neshamah, c’est au niveau instinctif de la vie biologique. Alors la Neshamah  animant la vie biologique du corps, c’est le Nefesh. C’est pourquoi les animaux à ce niveau-là ont un Nefesh. Mais il y a plus, il y a Roua’h. Roua’h c’est « le jardin secret de chacun » pour employer une expression poétique, « son monde intérieur ».  Dans la vie de relation on communique plus de Nefesh à Nefesh.

 

Quand je dis « bleu » vos oreilles de Nefesh comprennent ce que ma bouche de Nefesh a dit en diant « bleu ». Il y a convergence car il y a une même  expérience dans la relation au monde extérieur. Tandis qu’il faut quelque chose de l’ordre de l’inspiration prophétique de comprendre ce que le Roua’h exprime en disant « bleu ».

 

Tous les individus possédent ces deux niveau de Nefesh et de Roua’h

Tous les individus ont ces deux niveaux.

 

Il y a un troisième niveau qui est celui de la Neshamah. On les appelle les Ye’hidim.

Chacun possède une étincelle de la Neshamah qui la rattache au monde de sa propre Neshamah.

Sauf les grands êtres qui possédent à eux tout seul une Neshamah. Les Yé’hidim.

Vous avez eu les tableaux où l’on montre les saints avec les auréoles. Ces deux niveaux de Roua’h et Nefesh sont incarnés dans le corps.

 

C’est difficile à expliquer dans le langage occidentale comment cette Neshamah s’insére dans l’espace et le temps pour être Nefesh au niveau spatio-temporel de la relation avec le monde extérieur, et pour être Roua’h au niveau transcendant de l’intériorité.

 

Tous, chacun à son niveau, possède les premiers niveau. Le Nefesh et le Roua’h sont plus ou moins en bonne santé. Nefesh + Roua’h s’appelle NeR. Et puis nous participons à une Neshamah et chacun en général s’accroche à une Neshamah. Il faut parfois être plusieurs pour qu’une Neshamah soit présente, c’est le secret du Minyane. Quans un Minyane est réuni une Neshamah est présente. Très rares sont les individus incarnant une Neshamah.

 

‘Hayah et Ye’hidah sont les 2 autres niveaux auquels l’auréole entourant le corps humain fait allusion.

 

Le corps humain est entouré par des lumières que le corps n’arrive pas à intégrer. Chaque individu dans l’humanité est à un niveau très différent de cette échelle d’envergure de personalité.

Tous intégrent un Nefesh, tous intégrent un Roua’h, tous intégrent une Nitsots étincelle de la Neshamah, mais les Ye’hidim incarnent les autres niveaux.

 

Tous se côtoient avec des envergures de personnalités complétement différentes dans le même monde. Nous sommes sur le même plan mais en réalité ce sont des niveaux très différents d’envergure qui sont projetés sur le même plan.

 

Je vous parlerais de ces 3 niveaux inférieurs de la Neshamah à propos de la relation d’altérité de Caïn et Abel. Dans l’histoire, il y a 3 niveaux où cela se réalise à propos d’un verset lorsque Dieu a donné un sursis à Caïn où le verset dit :

Bereshit 4.24 :

כִּי שִׁבְעָתַיִם, יֻקַּם-קָיִן; וְלֶמֶךְ, שִׁבְעִים וְשִׁבְעָה

Ki shiv'atayim youqam-Kayin...

« shiva tayim youkam Caïn » Caïn est protégé par un sursis.

Dans ce verset « Youqam Qayin : survivra Caïn », le mot Youqam : la Kaballah y a vu 3 des situations des relations d’autrui à autrui que Moïse a résolu. 

 

Youqam en hébreu Youd-Qouf-Mem:  

ð   Mem pour Mitsri : la relation avec l’Égyptien, le Mitsri, que Moïse a tué pour sauver Israël est au niveau du Nefesh. C’est la relation de Qayin et Hével au niveau du Nefesh. 

ð   Qouf pour Qora’h : le Roua’h. C’est Qora’h. Moïse et Qora’h sont au niveau du Roua’h. 

ð   Youd pour Yitro : niveau de Neshamah.

 

Moïse a eu à résoudre cette relation d’altérité à ces 3 niveaux de Nefesh-Roua’h-Neshamah.

Yitro donne sa fille Tsiporah à Moïse en réparation de la querelle pour la 2ème jumelle de Abel.

Moïse prend la 2ème jumelle qui était en question entre les deux frères Abel et Caïn.

Dans la relation d’autrui à autrui, au niveau du Nefesh, c’est radical, c’est la mort, mais au niveau du Roua’h il faut aménager jusqu’à ce que effectivement il faut qu’il y ait reconnaissance réciproque. C’est l’histoire de Qora’h

 

Pour Jéthro c’est allé beaucoup plus vite. Il y a une relation d’altérité beaucoup plus pure.

Entre ‘Hayah et Yé’hidah je le fais de façon allusive.

‘Hayah c’est la relation avec Aharon.

Ye’hidah c’est la relation entre Moïse et Joseph.

 

La relation des frères entre eux. Dans le cas de Moïse et Aharon c’est déjà une tout autre envergure exceptionnelle. C’est Aharon l’ainé qui reconnait cependant la prééminence de Moïse : c’est la bonne partie de Caïn qui reconnait l’aînesse de Abel. La partie bonne de Caïn s’annonce déjà du niveau du Roua’h.

 

C’est simplement pour ce récit de l’histoire de Qora’h se rattache à une situation de l’identité humaine très importante : la relation d’autrui à autrui au niveau des Roua’h. C’est la controverse des Talmidei ‘Hakhamim entre eux.

 

La force des ces enseignements de la Qabalah c’est de nous faire diagnostiquer comment dans la réalité du monde tel qu’il est, l’enseignement de la Torah retrouve la même cohérence. C’est assez vertigineux. C’est la même histoire Caïn et Abel, mais lue au niveau Roua’h, c’est l’histoire de Moïse et Qora’h, lue au niveau Neshamah, c’est Moïse et Jéthro… etc.  

 

< fin >

 

*****

Repost 0
Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:41

Korah (1995)

 

 

Korah (1995) 1ère Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1995/cours_1

Face A

 

La controverse entre Qora’h, un des principaux chef de la tribu de Lévi, et Moïse.

 

Qora’h avait déclenché une conspiration contre Moïse en faisant alliance avec une autre controverse qui venait des chefs de la tribu de Réouben cités au début de la Parashah, et ceux-ci contestaient Moïse sur le pouvoir politique, suivant le principe suivant que, par droit d’héritage, le pouvoir politique devrait appartenir à la tribu de l’ainé de la famille de Jacob : Réouven étant le 1er né.

 

Qora’h lui va cristalliser ses propres motivations de controverse derrière cette accusation de népotisme envers Moïse : favoriser sa famille pour le pouvoir : cela s’appelle du népotisme.

 

Nous avons là quelque chose qui ressemble beaucoup à ce qui se passe dans les sociétés au moment des prises de pouvoir. Il y a ce risque de népotisme avec tout chef du pouvoir politique.

 

Effectivement, c’est cette contestation, cette accusation que Qora’h va formuler en faisant alliance avec cette Ma’hloquet des chefs politiques potentiels.

 

La tribu de Lévi elle représente le pouvoir sacerdotal. Par conséquent, Qora’h lui-même membre des Léviim va focaliser sa controverse contre Aharon, le frère de Moïse, désigné par Moïse comme grand-prêtre.  

 

16.1

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי

”Vayikar Qora’h ben Is’har … ben Lévi”

A pris Qora’h fils de Ishar... fils de Lévi

 

L’identité de Qora’h est reliée à celle de Lévi. 

 

Réouben étant l’aîné, réclame le pouvoir politique, le pouvoir du roi, alors qu’à Lévi appartient le pouvoir sacerdotal. C’est à l’aîné qu’est confié le pouvoir politique. C’est au 3ème fils que sera confié le pouvoir sacerdotal. C’est un sujet qui mérite d’être étudié nous le prendrons comme postulat. Que fait Shimon entre les 2 ? Une sorte de scotomisation, lorsqu’on cache quelque chose, on refoule comme si cela n’existait pas.

 

Dans le verset même concernant l’identité de Qora’h, rattachée très explcitiement à Lévi, on veut nous rappeler que la force de sa prétention vient que c’est un héritier de Lévi de manière essentielle. Nous savons d’autre part par beaucoup d’indications que c’est un des grands de la tribu de Lévi. Après Moïse, Qora’h aurait eu la stature adéquate pour être le Moïse.

 

Nous verrons pourquoi la généalogie de Qora’h dans le verset remonte jusqu’à Lévi mais pas jusqu’à Jacob. Dans Divrei Hayamim un verset fait remonter la généalogie de Qora’h jusqu’à Jacob nommé Israël.

 

Rashi cite un Midrash selon lequel Jacob aurait prié pour que son nom ne soit pas associé au complot de Qora’h. Il va s’agir de la faute la plus grave d’Israël. Celle qui mène à la brisure de l’unité du peuple, et qui correspond au niveau spirituel, à porter atteinte à l’unité du Nom de Dieu.

 

Parmi toutes les fautes possibles dans la société d’Israël, ce que représente la faute de Qora’h, la faute du contestataire de Moïse est la plus grave : c’est la faute du Talmid ‘Hakham qui conteste la tradition.

 

Dans la Talmud il y a l’expression de « Zaqen Mamrei ».

Le terme Zaqen désigne un sage – un ‘Hakham – quelqu’un qui pourrait être Dayan, à la tête de l’autorité du tribunal rabbinique qui doit interprêter la Torah de Moïse. Mamrei signifie rebelle à l’autorité de la Torah de Moïse elle-même. C’est ce que nous verrons dans les sources talmudiques qui expliquent la gravité du problème de Qora’h.

 

Rashi cite le 1er Midrash :

 

Fils de Yitshar fils de Qehath fils de Léwi : Sans qu’il soit ajouté : « fils de Ya‘aqov », car celui-ci avait prié pour que son nom ne soit pas mentionné à l’occasion de leur querelle, comme il est écrit : « Dans leur assemblée que ne se joigne pas mon honneur » (Beréchith 49, 6). Et où est-il fait mention de son nom en même temps que de celui de Qora‘h ? Dans Divrei Hayamim, lorsque sera énumérée leur généalogie, comme il est écrit : « Fils de Aviassaf, fils de Qora‘h, fils de Yitshar, fils de Qehath, fils de Léwi, fils d’Israël » (I Divrei Hayamim 6, 23) (Midrach Tan‘houma).

 

Jacob a prié pour que son nom ne soit pas relié à la Ma’hloquet de Qora’h contre Moïse.

 

Qora’h est en réalité un très grand de la Torah, issu de la tribu de Lévi. Qora’h aurait pu être du niveau de Moïse en l’absence de celui-ci. D’où la gravité de sa faute. Si quelqu’un de petit fait semblant de s’opposer à un grand c’est ridicule, mais si quelqu’un d’un peu moins grand que le grand s’oppose au grand c’est grave. Le seul qui n’avait pas le droit d’entrer dans l’ombre d’une controverse avec Moïse, c’était précisément Qora’h qui aurait été un Moïse possible.

 

Question :

Pourquoi la Torah explicite-t’elle de manière si détaillée cette situation dans la société d’Israël:  l’antagonisme à Moïse ? et comment est-ce possible qu’un grand du niveau presque équivalent à celui de Moïse tombe dans une telle faute ?

 

Voilà le cadre du sujet.

 

Je citerais une des sources talmudiques mettant en évidence les attendus de la possibilité de ce type de controverse et ce qu’elle signifie.

 

Il faut bien avoir à l’esprit qu’il ne s’agit pas simplement, dans l’histoire d’Israël, de cas isolé et spectaculaire comme par exemple Qora’h mais que c’est un problème permanent dans le développement de l’histoire d’Israël.

 

A partir du moment où une révélation est confiée par quelqu’un, grâce à quelqu’un - sans Moise la Torah n’aurait pas été révélée - elle appartient au peuple, et par conséquent s’attache le risque que dans le peuple des compétences analogues à celles de Moïse (puisqu’il s’agit du peuple d’Israël) se dévoilent et survient alors le risque de compétition entre un disciple du grand maitre et le grand maitre lui-même.

 

La Ma’hloqet entre Qora’h et Moïse vient des conditions mêmes des attendus de la Torah révélée par Moïse. Moïse a réussi lorsque l’on peut se passer de lui. Et par conséquent, il y a ce risque, puisque sa fonction c’est d’élever Israël à sa hauteur, c’est que Israël s’élevant à sa hauteur, Qora’h arrivant le plus haut, profite de cela pour entrer en compétition avec Moïse.

 

Cela s’appelle dans la littérature talmudique la faute du Talmid ‘Hakham :  Zaqen Mamréi  - cela s’appelle être « Moré halakhah lifneh rabo » « enseigner la halakhah devant son maitre »

Son maître étant présent cela dépasse le manque de politesse.

Dans la civilité, on ne parle pas devant son père, ni devant son maitre sans autorisation, mais il y a encore une limite beaucoup plus grande, c’est quand un problème de compréhension de la Torah se pose, qu’un élève se permette de donner son avis en présence de son maître. Cela s’appelle « Moré halakhah lifneh rabo » et selon le Talmud la peine est ‘Hayav Mitah, passible de mort.

 

C’est un niveau extrême de la morale talmudique et on se rend compte à quel point on est éloigné de ce niveau de dignité.

 

C’est ainsi parce que ce qui est en question dans ce problème de la contestation du Talmid ‘Hakham c’est la révélation elle-même. Cela veut dire que si on contredit celui par qui la révélation passe, on contredit la révélation elle-même. On nie la révélation elle-même. C’est la grande difficulté de ce problème : Qorah ne sait-il pas que lorsque Moïse enseigne c’est Dieu qui lui transmet ? Comment se permet-il de contester Moïse ?

 

Le Zaqen Mamré est celui qui pourrait être le Moïse du temps, mais qui est en controverse avec l’autorité de la tradition, et il est ‘Hayav Mitah parce que cela équivaut au fait qu’il nie le fait que la Torah soit révélée.

 

Je vous citerais un texte du talmud qui explique comment comprendre ce qui arrive à Qora’h.

 

La difficulté c’est que dès les début du récit  on se demande ce qui pousse Qorah à se révolter alors qu’il sait que ce que Moïse enseigne c’est la Shekhinah elle-même qui lui enseigne ?

 

Le Midrash donne comme exemple les contestations de Qorah contre Moïse.

Cela se réfère au passage immédiatement précédent dans la Parashah de Shelah Lekha que l’on lit dans le Qriat Shémâ, c’est la Parashah des Tsitsit.

 

Immédiatement après les commandements des Tsitsit, la Torah nous parle de cette contestation de Qora’h. En fait, c’est un des exemples que je cite du Midrash, il y en a d’autres, qui se relie toujours au même principe.

 

C’est le livre du Maharal - Beer Hagolah Le puit de l’exil - qui donne bien l’explication sur ce Midrash. Moïse transmet la Mitsvah des Tsitsit avec la présence du fil bleu dans le Talet blanc.

Qora’h pose la question suivante ainsi : « si le Talet entier est bleu lui faut-il aussi un fil bleu ? »

 

[La couleur bleue telle qu’elle était connue au temps du Bayit Shéni a été perdue. Certaines autorités contemporaines, surtout chez les ‘Hassidim pensent l’avoir retrouvé. Certains ‘Hassidim portent déjà les Talet avec le fil bleu. C’est un ‘Hilazon un escargot d’eau qui donne cette couleur bleu.]

 

Quel est le sens de cette contestation de Qora’h ?

Si Dieu a demandé que dans le Talet blanc il faut un fil bleu et le Talmud explique ce fil bleu dans le Talet blanc, pourquoi Qora’h conteste-t’il Moïse ?

 

Dans la formule du verset au début du récit, il y a une contestation de Qora’h qui s’allie aux chefs de la tribu de Réouven, Datan et Aviram...

 

16:1

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי; וְדָתָן וַאֲבִירָם בְּנֵי אֱלִיאָב, וְאוֹן בֶּן-פֶּלֶת--בְּנֵי רְאוּבֵן

Vayika’h Kora’h ben-Yitshar ben-Kehat ben-Levi

veDatan va'Aviram beney Eli'av ve'On ben-Pelet beney Reouven

Qora’h, fils de Yitshar, fils de Qehat, fils de Lévi, forma un parti avec Datan et Avirâm, fils d'Eliav, et On, fils de Pélet, descendants de Réouven

וַיָּקֻמוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה, וַאֲנָשִׁים מִבְּנֵי-יִשְׂרָאֵל חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם, נְשִׂיאֵי עֵדָה קְרִאֵי מוֹעֵד, אַנְשֵׁי-שֵׁם

16:2

Vayakumu lifney Moshe

va'anashim mibeney-Yisra'el

‘hamishim umatayim

nessi'ey edah

kri'ey mo'ed

anshey-shem.

« et ils se dressèrent contre Moïse

accompagnés de personalités -anashim-

250 chefs du parti de la rebellion de Lévi,

des princes de l’assemblée

ceux que l’on convoquent lorsque l’assemblée est appelée

des gens de renom »

 

Tout de suite la Torah nous averti que c’est à un très haut niveau que cela se passe.

 

16:3

וַיִּקָּהֲלוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֲלֵהֶם רַב-לָכֶם--כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה; וּמַדּוּעַ תִּתְנַשְּׂאוּ, עַל-קְהַל יְהוָה

Vayikahalu al-Moshe ve'al-Aharon

vayomeru alehem

rav-laKhem

ki chol-ha'edah kulam kedoshim

uvetoKham Adonay

umadua titnasse'u al-kehal Adonay.

« Et ils se groupérent contre Moïse et Aharon

et leur dirent :

rav lakhem ! trop pour vous  !

car toute l’assemblée est sainte

ki kol haedah koulah qedoshim,

et en leur saint, il y a HM,

et pourquoi vous érigez vous en prince...

 

Toute l’assemblée est sainte ! Si tout le talet est bleu, pourquoi faudrait-il ajouter un fil bleu, toi Moïse ? Voilà l’explication du Maharal.

 

Le 2ème exemple rattaché à la même Parashah des Tsitsit :

Dans une maison emplie de Sifrei torah faut-il poser une Mézouzah ?

 

Même idée : si toute la collectivité possède cette sainteté propre à Israël, pourquoi Moïse et Aharon s’installent-ils comme chefs ?

 

La démagogie qui apparait est très claire. En réalité, vont se dévoiler les motifs personnels de cette contestation contre Moïse mais elle se masque d’une argumentation collective, dans une revendication collective. C’est apparemment le bien de la collectivité qui est réclamée mais en réalité c’est son intérêt personnel.

 

On en trouve souvent l’expérience dans la société : c’est exactement la définition du démagogue qui prétend représenter les intérêts du peuple pour détrôner le roi mais, une fois en place, il fait pire que le roi accusé une fois à sa place.

 

Le Talmud va tout de même tenter de faire comprendre la vraisemblance d’une telle querelle.

Quels pourraient être les arguments de Qora’h en bonne part ?

 

Malgré tout, à la fin des temps, le nom de Qora’h sera rattaché au nom de Jacob par le nom d’Israël : Finalement cette querelle prendra fin et Qora’h sera réhabilité.

 

Tant que la querelle subsiste, c’est la faute la plus grande, mais ce n’est pas la faute de n’importe qui. Lorsque l’on comprendra comment cette faute pourra être restaurée, alors la personalité de Qora’h reprendra sa filiation jusqu’à Jacob-Israël.

 

On va le lire dans Rashi avant de commencer l’étude avec une 1ère source dans le Talmud et je vous donnerais ensuite une 2nde source dans le Zohar, la Qabalah, pour rattacher ce problème de cette situation de conflit de tension entre Moïse et l’autre que Moïse à la situation générale d’autrui à autrui qui commence avec Qaïn et Hévél.

 

Dans quel cas particulier de la relation d’autrui à autrui on se trouve dans cette relation de Mosheh et Qora’h : je vous donnerais une introduction sur les différents niveaux de la personnalité humaine d’après la Kabalah.

 

Rashi sur le 1er verset :

Qora’h Ben Izhar Ben Qehat ben Lévi 

et il n’a pas mentionné « fils de Jacob », car Jacob a prié pour sa propre personne en demandant que son nom ne soit pas mentionné sur la controverse (d’aprés un Midrash sur le verset de Bereshit  chapitre 49, concernant les bénédictions que Jacob donne à ses enfants lorsqu’il parle de Shmouel et Lévi il dit : ) « que dans leur complot secret mon âme ne soit pas engagée et que dans leur ligue mon honneur ne réside pas » (Gen. 49:6) (Le Midrash dit : Il s’agit de la controverse de Qora’h.)

Et où est mentionné le nom de Qora’h en relation avec le sien ? Chron. (6:22, 23)

Lorsque leur généalogie est tracée pour le service sur la plateforme du temple comme il est dit : “fils de Korah, fils de Izhar, fils Kohath, fils de Levi, fils de Israel.” - [Midrash Tan’houma Qora’h 4, Shemot Rabbah 18:5]

 

C’est-à-dire qu’il y a déjà une indication que nous donne Rashi qu’à la fin des temps - Divrei Hayamim c’est la fin de la bible - Qora’h sera réhabilité et rattaché à Israël.

 

On passe à la source Talmudique : où l’on trouvera les expressions de « Zaquen Mamré » et de « Moreh halakhah lifnei rabo ».

 

Si l’on comprend bien l’intention de la Torah, le projet initial pour la société d’Israël, d’après le verset qui définit le projet historique d’Israël dans l’humanité qui est :

Exode 19.6

 «וְאַתֶּם תִּהְיוּ-לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ  

Véatem tihyou li mamlekhet kohanim vegoy kadosh : et vous serez pour Moi un royaume de prêtres et une nation sainte…», il s’agit d’une société sans hiérarchie, c’est une société d’individus qui doivent être capables d’être chacun d’entre eux les prêtres des nations.

 

« Mamlekhet kohanim »

S’il s’agit d’un « royaume de prêtres », pourquoi a-t’il besoin de prêtres lui même ? C’est là la racine de cette contestation de Qora’h dans sa démagogie même.

 

« Ve goï kadosh »

« Une nation sainte » : et voilà que Moïse institue un pouvoir civil, une royauté ?

 

Depuis la génération de la sortie d’Egypte, c’est Moïse lui-même qui a le pouvoir royal et il donne à Aharon, son frère, le pouvoir sacerdotal !

 

Qora’h se base sur l’enseignement de Moïse lui-même pour motiver sa querelle démagogique. On voit la racine du problème : en se basant sur l’enseignement de Moïse, Qora’h trouve la force de son argumentation. Cela veut dire que cet argument est imparable car ce qu’il dit est vrai.

 

Exode 25.8

וְעָשׂוּ לִי, מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי, בְּתוֹכָם  

« Véassou li miqdash vashakhanti betokham »

« ils me ferons un sanctuaire et je résiderais parmi eux ».

C’est ce que dit notre verset cité tout à l’heure dans l’argumentation de Qora’h : « ki kol ha édah koulam qedoshim ».

 

Qora’h démontre verset à l’appui que Israël est ce sanctuaire. Toute la Edah est sainte !

C’est imparrable ! La force de l’enseignement formel de Qora’h vient de Mosheh lui-même !

 

Une enseignement du ‘Hafets ‘Hayim qui montre bien que c’est la société d’Israël qui est ce Miqdash. Parce que le verset dit « Veassou li miqdash vashakhanti betokham » et non Betokho « en lui » mais « en eux ». C’est dans la société d’Israël que la Shekhinah réside.

 

Le Hafets ‘Hayim enseigne sur le mot MiShKaN  les Rashei Tévot des différentes fonctions de souveraineté en Israël:

ð   Mem => Melekh => le roi et le pouvoir royal.

ð   Shin => Shofet => le juge et le pourvoir législatif.

ð   Kaf => Kohen => le prêtre et le pouvoir sacerdotal.

ð   Noun => Navi => le prophète et le pouvoir prophétique.

 

Le Mishkane, la résidence de la Shekhinah c’est la société d’Israël.

La Shekhinah résidait en Israël pendant tout le temps biblique et lorsque le Miqdash a été détruit la Shekhinah n’avait plus de lieu de résidence. Mais sa résidence c’est la société d’Israël.

 

Le Rav Kouk dans la suite de cet enseignement nous a donné les éléments de compréhension : la restauration de ce Mishkane se fait dans l’ordre de Mem-Shin-Kaf-Noun. D’abord, la société qui est restaurée dans la souveraineté du pouvoir de l’autorité politique : la Medinah. Ensuite le Sanhédrin, c’est le pouvoir juridique au nom de la Torah. Ensuite le Miqdash avec le Kohen et ensuite la Nevouah est rendu à tout Israël. C’est dans cet ordre là, nous en sommes au 1er stade, celui de la Médina avec le pouvoir du Melekh qui se constitue.

 

C’est plein de problèmes comme vous le savez. Les autres pouvoirs sont en germe dans ce 1er stade. Par exemple, aucun rapport de dignité ou de dimension de grandeur entre ce que peut représenter la rabbanout larashit et le Sanhédrin. Idem pour les autres pouvoirs.

 

Il nous enseignait que toutes les forces d’Israël doivent être concentrées sur ce Mem et quand ce Mem est établi, alors on s’occupera du Shin et on verra apparaitre le Sanhédrin. Ce qui est tout à fait autre chose que la rabbanout larashit actuelle qui est un Misrad de la Medinah.

C’est très rassurant car cela signifie qu’il y a un ordre de restauration du Mishkan qui a été détruit.

 

***

Qora’h => c’est la Torah elle-même qui enseigne qu’il ne doit pas y avoir de hiérarchie en Israël.

Tous sont saints, et voilà que Moïse institue des rois et des prêtres ? La contestation de Qora’h en vient à démontrer que Moïse a falsifié la Torah elle-même. Il ne met pas en question que Dieu a révélé la Torah mais met en question la façon dont Moïse l’institue.

 

Il faut comprendre qu’il y a un projet à priori et la réalité de l’histoire difficile qui doit mener à la réalisation de cet idéal.

 

Effectivement, l’idéal est une société anarchique dans le sens étymologique a-narkia sans hiérarchie : une société d’hommes libres qui n’ont pas à avoir pour eux-mêmes de hiérarchie puisqu’ils sont censés êtres des rois et des prêtres pour les nations. Mais c’est le projet apriori.

 

Je crois qu’il reste chez les Juifs une trace de cela très profonde, il y a une tendance qui les mène à s’assigner comme idéal cet idéal de la société anarchique.

 

Voir historiquement en Europe cette forte participation des Juifs, dès leur sortie des ghettos, à ces mouvements de type anarchiste. La fascination marxiste les pousse en général à être trotskistes plutôt que marxiste orthodoxe... Cela fait partie très profondément de la nature humaine mais il y a une manière spécifiquement juive de vivre cela.

 

La force de Qora’h c’est de ne pas tenir compte que ce n’est qu’un projet idéal et que ce n’est pas encore le cas. Entre temps, pour atteindre précisément ce niveau il faut qu’il y ait en Israël même, une hiérarchie et politique et sacerdotale.

 

Il y a eu deux empêchements à ce projet d’emblée de  « mamlekhet kohanim vegoy kadosh »

 

ð   Un empêchement intérieur à Israël : Israël n’en est pas encore capable comme le prouve la catastrophe de la faute du veau d‘or. Immédiatement après le Sinaï cette catastrophe. Dès ce moment-là il est décrêté que ce projet est repoussé à la fin des temps. Israël n’est pas capable du niveau de « mamlekhet kohanim ve goy kadosh ». Il y a un handicap dans l’histoire d’Israël dès le début, c’est l’introduction du Erev Rav qui est cependant nécessaire au projet d’histoire d’Israël. Dès l’origine et normalement, l’histoire d’Israël part avec cet handicap qui l’empêche d’emblée d’être « mamlekhet kohanim ve goy kadosh ».

 

ð   Un empêchement extérieur, c’est le refus des nations. C’est pourquoi les prophètes vont reprendre ce projet de la sortie d’Egypte comme l’idéal pour la fin des temps. En attendant nous sommes en situation provisoire d’une société qui a besoin elle-même d’avoir sa propre hiérarchie en attendant de rejoindre le niveau idéal prévu

 

C’est là la démagogie de Qora’h : dans le projet il a raison, c’est ce que Moïse a dit, mais dans la réalité il a tort, car il feint d’ignorer ce qui s’est passé et qu’il faut pour Israël une hiérarchie. Avec ce qui se cache derrière : s’il faut une hiérarchie pourquoi pas moi ?

 

Nous allons voir comment le Talmud en parle. Il va l’enseigner à propos de la naissance de Samuel. Samuel est un descendant de Qora’h. Or, la naissance de Shmouel est difficile.

 

Cela se rattache à la difficulté des engendrements de la lignée messianique, à partir de Sarah déjà.

 

C’est un thème que je ne peux pas développer ce soir mais il faut découvrir cela. Il y a quelque chose à expliquer dans l’histoire des mères d’Israël. Car les mères d’Israël sont provisoirement stériles. Il n’y a pas de substantif pour décrire cet état en français. Le Talmud étudie cela, il y a un mot qui indique le cas particulier d’une stérilité réelle définitive, impossibilité à enfanter. Et pour Sarah il y a eu un miracle. Sarah, Rivqah, Ra’hel, ‘Hanah mère de Shmouel sont successivement dans ce cas...

 

Tant qu’il n’est pas évident que l’enfant attendu, est vraiment l’enfant  qui va naître, c’est Dieu qui empêche l’enfantement. Cela veut dire que c’est la lignée par laquelle passe l’engendrement messianique où l’enfantement est difficile.

 

Lorsque Ishmaël nait, tout de suite la Torah nous dit la constitution de la nation d’Ishmaël en 12 tribus. Lorsque Essav nait, tout de suite, la Torah nous dit la constitution de la nation de Essav en 11 tribus.

 

Et pour la constitution de la nation d’Israël à partir de Jacob, c’est là que le texte se fait beaucoup plus fouillé : c’est très difficile ! Ce n’est que en fin de compte l’enfant nait. Cela commence avec Isaac et Rivqah.

 

Je crois que toute notre histoire, du peuple juif en tant qu’héritier des Hébreux est ainsi. L’avénement d’un événement d’ordre messianique arrive toujours en fin de compte. Car si jamais il y a anticipation, il y a échec. Et on ferait mettre au monde une approximation d’identité qui serait catastrophique et monstrueuse.

 

J’ai compris cela dans le Talmud qui indique que le Mashia’h s’appelle « Bar Nafli » « le fils des avortés » (nefel c’est un avorton) ; c’est-à-dire qu’il y a à travers le temps énormément d’avortements, d’identités messianiquement non réussies, et en fin de compte quand le Mashia’h nait, il est le résultat de tous ces efforts qui ont avorté.

 

Cela veut dire qu’il ne faut pas s’étonner d’avoir vécu pendant les 2000 ans de l’exil depuis la destruction du 2nd Temple. 2000 ans c’est effroyablement long, de patience et d’espérance de restauration de l’identité d’Israël. Et on a traversé ces 2000 ans d’espérance dans une invraisemblance totale que cela allait arrivé.

…/…

lire la suite

 

*******

Repost 0
Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article
8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 16:36

Korah (1994)

Korah (1994) 2ème Partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1994/cours_1

Face B

 

…/…

… on s’instaure dans une caste qui a des privilèges par décrêt qu’on se donne soi-même. A la veille de l’élection du grand rabbinat en France, cela dévoile énormément de choses analogues...

 

La Guémara raconte cela lorsqu’elle parle de la naissance de Shmouel : Kora’h avait des raisons objectives dont il s’est servi de manière démagogique et des raisons objectives se croyant équivalent à Moïse et Aharon. Sans eux, il aurait été le candidat légitime.  

 

Les Kabalistes mettent en garde sur l’erreur qui consiste à considérer Qora’h comme un vulgaire factieux. C’est un très grand et il faut comprendre pourquoi il s’est trompé, au sens strict qu’il s’est trompé lui-même. Mais les rabbins enseignent que la seule personne qu’on ne peut jamais tromper c’est soi-même. Il faut se méfier de celui qui « se » trompe. Vous savez qui est le trompeur en chef, il a 7 noms, cela commence par le serpent et finit par le diable !

 

[Parenthèse sur le doute : cela fait bien d’être en doute, d’être perplexe. L’aristocratie de la pensée : la mise en doute. Ches les ‘Hassidim c’est la moitié d’un doute : la ‘Hassidout ! Mais il y a une différence entre le doute et la perplexité. Il y a des choses pour lesquelles il vaut mieux être sorti du doute. Je crois que je crois...]

 

Il y avait dans l’identité de Qora’h matière à tomber dans ce piège. Mais c’est un piège et nous allons voir lequel.

 

Il faut comprendre où est sa démagogie, ce qu’il dit c’est vrai dans l’idéal : le projet de la société d’Israël est un projet anarchique. Et il y a d’ailleurs dans tout juif normal une tendance à l’anarchie. A tous les niveaux. C’est normal. Dieu a créé toutes ses créatures, devant Dieu toutes sont des créatures de Dieu et ont toutes la dignité de créatures. Je ne dis pas « égales ». 

Tous sont créatures du Bon Dieu, y compris les araignées et les S.S. et bien d’autres choses... 

Par conséquent, si on arrive au niveau d’Israël, tout Israël Kol Israël....vous connaissez la suite.

 

L’idéal c’est cela, ce qu’indique un des verset d’Isaïe : « il arrivera un temps où personne ne dira plus l’un à l’autre : « apprends-moi » parce que la connaissance de Dieu emplira le monde comme l’eau empli le fond des mers ».  

 

Le commentaire du Talmud sur ce verset: pourquoi faut-il dire "Kamayim l'yam michasim comme l’eau recouvre le fond de la mer, parce que plus le fond est bas, plus il y a d’eau ! C’est-à-dire plus le ‘Hakham est humble et plus il a de sagesse. C’est un enseignement très important. Il faut apprendre pourquoi la Torah a félicité Moïse d’être humble ? C’est parce qu’il était le plus humble des hommes qu’il a pu recevoir la Torah. La Torah et l’orgueil ne vont pas ensemble. Cela se relie à l’histoire de Qora’h d’ailleurs. 

 

 

16:4

וַיִּשְׁמַע מֹשֶׁה, וַיִּפֹּל עַל-פָּנָיו

Vayishma Mosheh vayipol el panav

Et Moïse entendit et tomba sur sa face

 

Nous allons commencer par étudier ce que Rashi dit sur le 1er verset. Le sens immédiat c’est que la postion de Moïse et Aharon est très difficile devant une telle explosion de démagogie et devant le peuple. Tout se passe comme si ils étaient paralysés, impuissants :

Et Moïse entendit et tomba sur sa face.

 

Rashi va nous dire : «  il ne peut plus intervenir c’est pourquoi il va falloir le jugement de Dieu. Il y aura l’épreuve du jugement de Dieu : vous allez remplir vos encensoirs et Aharon va remplir son encensoir. Si le feu du ciel tombe sur celui d’Aharon c’est donc que c’est lui que Dieu a choisi...

 

Pourquoi à ce niveau ? C’est lorsque la justice humaine ne peut plus juger. On est bloqué, c’est l’impasse. Alors il faut le jugement de Dieu ! Au moyen-âge très souvent les tribunaux arrivaient à cette conclusion du jugement impossible et en arrivaient au jugement de Dieu.

 

Rashi sur Vayipol el panav, va citer le Midrash Tan’houmah et le Midrash rabba :

 

Pourquoi Moïse est-il tombé sur sa face ? A cause de la controverse. C’est déjà la 4ème fois qu’il le mette en question. Ils ont fauté au veau d’or (Shemot chapitre 32)  et Moïse a prié. Lorsqu’ils ont demandé de la viande et se sont révoltés (Bemidbar 11) et Moïse a prié. Avec les Meraglim (Bemidbar chapitre 14) et Moïse a dit à Dieu : « Mais les Egyptiens entendront... » et cela fera un ‘Hiloul Hashem... ». Mais là dans la controverse de Qora’h, ses mains se sont affaiblies. Mashal: cela ressemble à un prince qui a fauté vis-à-vis de son père, un ami de son père  est intervenu pour plaider pour le fils, 1 fois, 2 fois, 3 fois… Lorsqu’il s’est mal conduit la 4ème fois, les mains de l’ami se sont affaiblies et l’ami s’est dit : « jusqu’à quand vais-je fatiguer le Roi ? peut-être ne m’acceptera-t’il pas ? » [Midrash Tan’houma 4, Shemot Rabbah 18: 6]

 

Cela veut dire que c’est une situation d’impasse, et même Moïse ne peut intervenir pour prier pour eux. 

 

Rashi met en évidence le caractère gravissime de l’épisode : Moïse ne peut pas intervenir.  C’est Moïse qui est en question.

 

Il y a un autre épisode, mais je manque de temps, celui où Dieu a demandé à Moïse et Aharon de parler au rocher pour que l’eau sorte...  épisode très mystérieux d’ailleurs, et c’est là que Moïse a frappé et c’est là la sanction que Moïse ne peut plus être chef de ce peuple... et donc Moïse et Aharon restent dans le désert et le relai est passé à Josué pour entrer en Erets Israël...

 

Ce sujet est une énigme : savoir pour quelle raison Moïse n’est pas entré en Erets Israël ?

On l’explique entre autres par le fait qu’il a frappé le rocher au lieu de lui parler... De quoi s’agit-il ? De faire sortir de l’eau du rocher ! Qui peut comprendre comment de l’eau peut sortir d’un rocher selon que l’on parle ou que l’on frappe le rocher ?

 

Personne n’y comprend rien et enseigne de manière docte que c’est à cause de cet événement qu’il n’est pas rentré en Israël !!! 

 

Il y a un humour colossal dans la Torah. tellement énorme qu’on ne le voit pas. 

 

Deux exemples avec Abraham et Moïse :

ð   Abraham : Cette terre Je la confirmerais à ta descendance. Pourquoi cette confirmation si cette terre est bien celle des Hébreux ? Parce que ce n’est pas n’importe quelle descendance mais celle qui passe par Isaac puis par Jacob... Effectivement, l’histoire montre que cette terre jusqu’à y compris Jérusalem nous est contestée par les autres descendances ! Dieu parle à Abraham, et il le sait, et que dit Abraham à Dieu ? Donne moi un signe ! Comment saurais-je... C’est la même conduite que les Juifs contemporains : tout le monde est sûr qu’Israël est la terre d’Israël sauf les Juifs ! Alors puisque les Juifs ne sont pas sûrs, les Arabes en profitent. C’est comme cela depuis 4000 ans!

 

ð   Moïse : Quand Dieu se révèle à Moïse, la première chose que Moïse dit à Dieu qui se révèle à Moïse : « rappellez moi votre nom ? » !!!

 

Guémara : quand 2 Talmidei ‘Hakhamim se rencontrent s’ils ne rient pas il faut les fusiller du regard parce qu’ils se prennent au sérieux et c’est très grave. Quelqu’un qui se prend au sérieux cela signifie que les valeurs ne le prennnent pas au sérieux, c’est lui qui se prend au sérieux.

Cela s’appelle dans la Guémarah « Miley de bdiroutah », ils se racontent des histoires juives...

 

Enseignement de la Guémara qui va expliquer le début du verset :

Vayishma Mosheh

Et Moïse entendit...

Il est bien évident que cette information semble inutile. La Guémara va comprendre que Moïse a compris quelque chose dans ce qu’il a entendu qui fait qu’il sait qu’il sera impuissant à intervenir...

 

Sanhedrin 110a :

 Vayishmah Mosheh : et Moïse compris...

« Qu’a-t’il compris de ce qu’il a entendu ? Il a compris qu’on le soupçonnait d’adultère ».

Et la Guémara de par Rabbi Yonathan va préciser « adultère avec toutes les femmes mariée d’Israël ». Comment l’append-on ? D’après un verset des Psaumes 106 : « Et on jalousa Moïse dans le camp. »

 

(Comment Rabi Yonathan tire-t’il cela du verset ? Cela nous apprend que chacun jalousait sa femme à cause de Moïse.)

 

D’après un verset de la Parashah de Ki-Tissa : « Et Moïse prit la tente et la planta pour lui hors du camp. » Cela veut dire que tant que sa tente était au sein du camp on le jalousait d’adultère pour toutes les femmes et quand Moïse l’a vu, il a pris la tente pour la planter hors du camp. De quelle tente s’agit-il ? Pas de sa tente personnelle, mais du Ohel Moed. C’est après la faute des Meragelim lorsque Moïse décide de quitter cette génération d’Israël, c’est Josué qui prend le relai.

 

Moïse s’est occupé d’Israël pendant 2,5 ans et ensuite il les a quitté et Josué a pris le relai, il était à l’écart, et ce n’est qu’à la fin des 40 ans qu’il a repris les enfants à qui il a donné le Sefer Devarim.

Pourquoi 2 ans et demi ? cela s’étudie. Mais en fait Moïse s’aperçoit qu’il a un niveau trop haut pour s’occuper du peuple qui est à un niveau trop bas, alors Dieu lui annonce qu’il ne les conduira pas en Erets Israël et lui fait passer le relai à Josué. Moïse est le chef d’Israël pour une genération exceptionnelle.

En fait, vous pouvez en étudier l’explication du Torat Tmimah sur cette Guémara, mais le Midrash des Kabalistes a une explicaiton beaucoup plus simple : le terme de Ohel la tente désigne toujours la tente de la femme. On l’apprend des Patriarches. La tente d’Abraham c’est Sarah, la tente de Isaac, c’est Rivqah. La Guémara explique que la maison c’est la maison de la femme pas du mari. C’est connu dans la tradition juive : « Beito zeh ishto » « sa maison c’est sa femme »   

Le Baal Habayit on ne lui demande pas « comment va ta femme? » mais par pudeur on demande « comment va ta maison ? » Chez les Arabes aussi.

 

L’explication du Maharal : Ici il y a allusion au fait que chacun jalousait Moïse pour la révélation, pour sa Torah, et par conséquent, le fait que Moïse éclipsait tous les autres par son envergure de Torah mettait en état d’infériorité chacun vis-à-vis de sa femme.

 

Et effectivemeent, ce n’est pas pour rien que la Guémara met cela en évidence.

 

En fin de Parashat Behaalotekha, Myriam et Aharon querelle Moïse au sujet de sa femme.

 

Behaalotekha 12 :1 :

וַתְּדַבֵּר מִרְיָם וְאַהֲרֹן בְּמֹשֶׁה, עַל-אֹדוֹת הָאִשָּׁה הַכֻּשִׁית אֲשֶׁר לָקָח: כִּי-אִשָּׁה כֻשִׁית, לָקָח

Vatedaber Miryam ve'Aharon beMoshe al-odot ha'ishah haKoushit asher laqa’h ki-ishah Khoushit laqa’h

 

Un verset un peu difficile à traduire. C’est grâce à ce verset par mon intermédiaire que Israël et le Cameroun ont signé des accords d’alliance. Koushi en hébreu biblique signifie beau et cela signifie noire.

Les traductions disent que la femme de Moïse était belle mais en fait il y a écrit qu’elle était noire.

J’ai expliqué cela au représentant du Cameroun parce que les noirs ont un complexe au sujet de la Bible qui ne s’occupe que des blancs...

Maharal explique que Aharon et Myriam ont querellé Moïse à cause de sa révélation.

Ici, il  y a un mystère : sa relation avec sa femme c’est la relation avec la Torah.

Ils l’ont accusé de s’abreuver à une source de révélation étrangère puisqu’effectivement il s’agit de la fille de Jéthro. Or, d’après la tradition la fille de Jéthro était noire, soudanaise d’aillleurs.

 

Les civilisations noires en ce temps étaient très fortes en Afrique et en Egypte en particulier, il y avait des grandes dynasties qui étaient noires. Il en reste des traces dans les familles royales très aristocratiques d’ailleurs. Il y a eu une sagesse noire colossale. Les mages, les sages d’Egypte sont appelés les ‘Hartoumim, parce que leur université était Kartoum, la capitale du Soudan.  

 

Il y a ici un thème de Kaballah qui est très important, dont je vous donne la clef pour économiser du temps avec les références sur ce problème de la Ma’hloqet et le rôle de la femme dans la Ma’hloqet.

(Et j’aurai dû commencer par cela) : Ce thème indique que la relation entre l’homme et Dieu passe par sa femme, et la relation entre une femme et Dieu passe par son mari ; et cela d’une manière de médiation radicalement différente. Les hommes ont oublié cela et les femmes d’autant plus.

Mais c’est pourquoi des tas de Maamarim prennent leur sens profond là : lorsqu’un mariage est réussi, le Youd de Ish et le Hé de Ishah c’est le nom de Yah. Le relai de la relation à Dieu pour le mari passe par sa femme et pour une femme passe par son mari. Par conséquent, pour le Prophète, la femme est le véhicule de la Shekhinah.

 

On a querellé Moïse pour avoir pris sa source d’inspiration dans une source étrangère à la famille des Hébreux puisqu’il l’a prise chez Jéthro. C’est pourquoi, ils ont querellé Moïse à propos de Tsiporah, non parce que Moïse a pris une étrangère, elle était hébreux convertie, mais en fait ils l’ont accusé de s’abreuver à une inspiration étrangère, extérieure.

 

Alors c’est la même chose ici dans ce que cite la Guémara : on redescend de plusieurs degrés, cela veut dire que chaque mari jalousait Moïse parce que finalement toutes les femmes savaient que la Torah venait de Moïse : comme si c’était Moïse qui était le Baal de toutes les femmes de tous les maris.

 

C’est ce que la Guémara indique lorsqu’elle dit que la querelle se réalisait au niveau de comportements humains de micro-sociologie, au niveau d’une jalousie plus ou moins consciente envers Moïse à cause de leur femme.

 

***

 

On revient à la première Ma’hloqet de l’histoire, c’est celle de Caïn et Abel.

Le Midrash avait indiqué que l’objet profond de la Ma’hloqet c’était que Caïn avait une jumelle et Abel en avait deux.

 

Bereshit 4:1-2

וְהָאָדָם, יָדַע אֶת-חַוָּה אִשְׁתּוֹ; וַתַּהַר, וַתֵּלֶד אֶת-קַיִן, וַתֹּאמֶר, קָנִיתִי אִישׁ אֶת-יְהוָה. ב וַתֹּסֶף לָלֶדֶת, אֶת-אָחִיו אֶת-הָבֶל

Veha'Adam yada et-‘Havah ishto vatahar vateled et-Kayin vatomer kaniti ish et-Adonay.

Vatossef laledet et-a’hiv et-Havel

 

Le mot de ”et” est employé 2 fois pour Abel et une fois pour Kaïn. Il y a un « plus être » chez Abel.

Le mot de « et » en hébreu signifie « ce qui va avec », il a le sens de « im ». Ce qui va avec Kaïn c’est sa jumelle, ce qui va avec Abel sont ses deux jumelles : deux fois le terme « et ».

 

Avec qui se sont mariés Kaïn et Abel ?

C’est une question importante. Comme Adam est né avec sa jumelle, Caïn et Abel sont nés avec leur jumelles mais il y a un plus être chez Abel. L’objet de la querelle c’est ce plus être chez Abel.

 

Et en fin de compte, la Qaballah enseigne que cette querelle entre Caïn et Abel jusqu’à la fin des temps, c’est la Ma’hloqet dans l’histoire humaine. A un certain moment cela se réalise entre Moïse et ses adversaires. C’est Moïse qui va être dans l’histoire humaine Abel vainqueur de Caïn.

Alors Moïse est en relation avec 5 niveaux différents de Caïn.

 

L’enseignement provient des éleves du Ari. Je me base surtout sur la formulation du Shla’h :

C’est lorsque Dieu donne à Caïn le sursis jusqu’à la fin des temps : il faudra savoir si Caïn a vraiment été assassin ou s’il était justicier. Caïn a supprimé Abel, mais quand le bourreau tue un criminel, le bourreau devient un justicier. On n’a pas le temps de développer.

L’histoire c’est que Caïn tue Abel.... Moïse survient et sera plus fort que Caïn.

 

Le sursis donné à Caïn est formulé de la manière suivante dans la bouche de Lemekh:

 

Bereshit 4.24 :

כִּי שִׁבְעָתַיִם, יֻקַּם-קָיִן; וְלֶמֶךְ, שִׁבְעִים וְשִׁבְעָה

Ki shiv'atayim youqam-Kayin...

Car 7 fois se perpetuera Caïn (on lit le verset 70 fois mais il s’agit de 7 fois = 7 générations)

Le mot de Youqam – Youd-Qouf-Mem est lu comme Rashei Tevot pour Yitro-Qora’h-Mitsri.

 

La Neshamah a 5 niveau.

Au niveau du Nefesh Moïse-Abel s’est mesuré avec l’Egyptien le Mem de Mitsri. Moïse a tué l’Egyptien c’est le Nefesh de Qaïn. 

Au niveau du Roua’h c’est avec Qora’h que Moïse Abel est en querelle.

Au niveau de la Neshamah c’est avec Yitro et cela se dénoue au niveau de la Neshamah avec Yitro.

La rivalité entre ce que représente Moïse et ce que rteprésente Yitro se dénoue et ils sont amis.

 Il y a deux autres niveaux et même un troisième mais je ne veux pas trop compliquer.

 

L’identité de Moïse va être aux prises avec le Nefesh de Qaïn par l’intermédiaire du Mitsri : il faut l’annuler.

Le Roua’h c’est la querelle intellectuelle spirituelle 

La querelle spirituelle c’est avec Yitro : laquelle des deux théologie est la plus vraie... etc.

 

On s’aperçoit qu’à chaque fois il y a une femme en jeu.

Le Mitrsi est celui qui envoyait aux travaux forcés les maris des femmes qu’il convoitait : c’est celui-ci que Moïse a tué.

Avec Qora’h - cherchez la femme – c’est sa femme qui l’incitait à la querelle.  La Guémara s’étonne de son oppsoition à Moïse : les conseils de sa femme. On l’apprend de l’histoire de On Ben Pelet un de ses alliés dont la femme l’a sauvé en lui déconseillant de faire comme Qora’h...

 

Avec Yitro, l’objet de la querelle entre Qaïn et Abel, la 2ème jumelle, c’est Tsiporah que Moïse est allé chercher chez Jéthro pour la ramener en Israël...

 

< fin >

*****

 

 

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche