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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 17:45

Morale et Cataclysme Naturel

(Péri Tsadik Voyant de Lublin sur Genèse) 1981

Cours 7

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/morale_et_cataclysme_naturel/cours_7

Durée : 45,1 minutes - Face B - 154 02

 

La question du Erev Rav.

Bnei Israël et Erev Rav sortant d’Egypte forment deux ensembles d’hommes très différents mais qui ont vécu ensembles l’expérience de la sortie d’Egypte et le passage de la mer rouge.

Erev Rav littéralement « le grand mélange », il s’agit d’une foule d’homme qui a accompagné les tribus d’Israël au moment de la sortie d’Egypte.

Cette population du Erev Rav a l’expérience en Egypte très formellement parallèle à celle d’Israël. On apprend par d’autres sources que la civilisation égyptienne n’avait pas seulement asservi les hébreux mais pratiquement tous les peuples de ces temps-là étaient asservis à cette civilisation égyptienne. L’Égypte est appelée dans la Torah "Beit Avadim: la maison des esclaves". C’est le stade où cette civilisation parvient à devenir totalitaire. On peut se référer à des civilisations contemporaines totalitaires pour nous aider à comprendre cette situation d’une civilisation dominante à la tête d’un empire en asservissant tous les autres peuples de cet empire.

Les hébreux étaient ainsi asservis à l’identité égyptienne mais il y avait aussi des hommes provenant de tous les pays possibles qui étaient sous la coupe de l’empire égyptien.

Ces hommes qui se sont adjoints aux Bnei Israël au moment de leur libération d’Egypte, et nous verrons le rôle important de l’initiative prise par Moïse dans cette sortie du Erev Rav avec les Bnei Israël, ont une expérience très analogue. Ils ont vécu la situation d’exil et de l’oppression et de l’asservissement et ils sont candidats à la libération et à la sortie d’Egypte. Bien qu’originellement ils ne fassent pas partie de l’identité d’Israël, ils ont une expérience existentielle extrêmement parallèle et formellement très analogue. Et donc ils vont s’insérer dans la destinée d’Israël sortant d’Egypte. Ils vont s’y insérer avec leurs identités propres, avec toutes les implications que nous étudierons dans le texte de l’épisode de la faute du veau d’or.

Ce ne sont pas n’importe quels étrangers à l’identité d’Israël car ce sont des étrangers qui ont une expérience très analogue. Tout se passe comme si la sortie d’Egypte des hébreux les concerne également. Il y a quelque chose qui se relie profondément à cela dès le début du cérémonial du rite du Séder de Pessa’h qui commence par une première mishna qui formule un appel d’invitation envers quiconque veut venir fêter Pessa’h.

Par rapport à notre sujet cela voudrait dire que les membres du peuple juif qui commémorent la sortie d’Egypte par le Séder de Pessa’h qui seraient pauvres au point de ne pas pouvoir le faire par eux-mêmes sont ainsi invités dans ces familles d’Israël : « que tout celui qui a faim vienne et mange !», c’est pour les pauvres. Et la deuxième phrase concerne les autres : « Que celui qui ressent la nécessité de faire ce passage avec nous, vienne ! »

L’étymologie du mot Pessa’h : passer d’un monde à un autre.

Avraham Ha-ivri : le monde entier d’un côté et Avraham est passé de l’autre côté.

Laavor signifie effectivement traverser le fleuve.

Ces hommes étaient dans ce cas-là, ils se sont adjoints aux hébreux pendant leur passage.

On pourrait à la limite définir la signification de l’histoire hébraïque comme un examen de passage, et ce serait la définition de Pessa’h : celui qui est capable de passer d’une étape à l’autre, d’un monde à l’autre fait le passage de Pessa’h.

 

Le verbe employé pour la sortie d’Egypte des hébreux est le verbe Yatso : Yetsiat Mitzrayim – la sortie de l’Egypte. Alors que le verbe employé pour parler du même événement pour le Erev Rav est le verbe Alo, la montée de l’Egypte. Vous le vérifierez très exactement dans le texte.

C’est le verbe qui est employé aujourd’hui pour dire la montée en Eretz Israël, la Aliah. Par conséquent, cela nous renvoie au niveau du Erev Rav ! Rappelez-moi ce problème plus tard, qui est facile à élucider.

Le midrash souligne cet emploi systématique du verbe Alo pour le Erev Rav dans le sens d’une élévation de degré, une ascension. 

 

Chapitre 32 :

Résumé de la situation : 40 jours avant Moïse était monté au Sinaï pour y recevoir les tables de la loi. C'est-à-dire le 6 Sivan, jour que nous commémorons par la fête de Shavouot. Après la promulgation des dix paroles le 6 Sivan, Moïse est monté sur la montagne pour 40 jours et va redescendre avec les tables sur lesquelles sont inscrites les dix paroles, en date du 17 Tamouz, jour de la faute du veau d’or.

Il y a dans le calendrier une relation à établir : cette date du 17 Tamouz apparait comme une catastrophe au niveau de la génération de la sortie d’Egypte, et par la suite de l’histoire cette date du 17 Tamouz représente le jour de la destruction de Jérusalem la deuxième fois, par la civilisation romaine (la première fois le 10 Tévet par la civilisation babylonienne).

Lorsque Moïse redescend il assiste à la scène du veau d’or.

Il va donc briser les tables de la loi. 17 Tamouz

Il remonte 40 jours pour obtenir la suspension de la punition. 1er Eloul.

Et 40 jours encore pour obtenir les deuxièmes tables de la loi. 10 Tishri. Le jour de YK.

 

Tout l’épisode est introduit par une expression importante :

 

32.1

וַיַּרְא הָעָם, כִּי-בֹשֵׁשׁ מֹשֶׁה לָרֶדֶת מִן-הָהָר; וַיִּקָּהֵל הָעָם עַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו קוּם עֲשֵׂה-לָנוּ אֱלֹהִים אֲשֶׁר יֵלְכוּ לְפָנֵינוּ--כִּי-זֶה מֹשֶׁה הָאִישׁ אֲשֶׁר הֶעֱלָנוּ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, לֹא יָדַעְנוּ מֶה-הָיָה לוֹ

Et le peuple vit que Moïse tardait à redescendre de la montagne, et il s'attroupa sur Aaron et lui dit: "Allons! Fais-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons pas ce qu'il est devenu."

 

וַיַּרְא הָעָם, כִּי-בֹשֵׁשׁ מֹשֶׁה לָרֶדֶת מִן-הָהָר

 Vayar ha'am ki-voshesh Moshe laredet min-hahar

Et le peuple vit que Moïse tardait à redescendre de la montagne…

 

D’après le midrash ce retard porte 6 heures. Il y a un sens précis à ce nombre, mais ce n’est pas notre étude. C’est un autre niveau d’étude, un problème d’ordre astronomique.

Pourquoi ce simple retard de 6 heures provoque-t-il cette faute si grave ?

Comme si on prenait acte que Moïse ne reviendrait pas ! Et que le peuple resterait sans Moïse !? C’est ici qu’on comprend qu’il s’agissait de faire une idole non pas pour remplacer Hashem mais pour remplacer Moïse. Il se dévoile ici une définition de la faute elle-même : on a divinisé Moïse, un peu sous la forme du médiateur divinisé. Nous retrouvons le problème habituel.

Comment ce simple retard a-t-il pu déclencher une telle catastrophe ?

Il faut comprendre qui est ce personnage de Moïse aux yeux du Erev Rav, un personnage tel que s’il monte au ciel le Erev Rav suppose qu’il ne reviendra… Ce n’est pas du tout la vision des Bnei Israël qui se relie à Moïse comme on se relie au maitre dans les formes classiques de la tradition juive. Alors que le Erev Rav se relie à Moïse comme on se relie à un maitre divinisé, un personnage mystérieux qui semble être plus chez lui dans le ciel que sur terre où il fit un bref passage… et cela déclenche cette panique que l’on sent dans l’atmosphère du récit.

 

 

32.1

וַיַּרְא הָעָם, כִּי-בֹשֵׁשׁ מֹשֶׁה לָרֶדֶת מִן-הָהָר; וַיִּקָּהֵל הָעָם עַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו קוּם עֲשֵׂה-לָנוּ אֱלֹהִים אֲשֶׁר יֵלְכוּ לְפָנֵינוּ--כִּי-זֶה מֹשֶׁה הָאִישׁ אֲשֶׁר הֶעֱלָנוּ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, לֹא יָדַעְנוּ מֶה-הָיָה לוֹ

Et le peuple vit que Moïse tardait à redescendre de la montagne, et le peuple s'attroupa sur Aaron et lui dit: "Allons! Fais-nous des dieux qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons pas ce qu'il est devenu."

 

Nous ne savons pas encore que Aharon sera grand-prêtre, mais d’une certaine manière il y est déjà destiné en étant le fils aîné de la famille des Leviim.

 

Dés le début du récit on s’aperçoit que cette réclamation vient d’un ensemble de peuples qui n’a rien à voir avec l’identité hébraïque. Cependant, ils restent candidats à l’identité hébraïque. Au fond on pourrait intituler ce récit : « de l’impossibilité de la conversion à l’identité d’Israël ». D’après la Halakha ce n’est pas vrai : il est possible de se convertir à l’identité d’Israël. Mais le récit nous décrit la difficulté et ce qu’elle risque d’impliquer.

Il y a une très grande différence entre l’intégration d’une identité étrangère à Israël mais qui est déjà en marche vers… qui a déjà expérimenté formellement une histoire parallèle galout-géoula, comme l’a fait le Erev Rav, qui est une intégration à l’échelle collective et l’intégration à l’échelle individuelle.

 

La Halakha dit, de manière un peu futuriste, en parlant des temps messianiques : on n’acceptera plus de conversion. Nous avons d’ailleurs une référence : du temps du roi Shlomoh on n’acceptait pas les conversions. De même aux temps messianiques, l’humanité réclamera la conversion en masse, alors on ne pourra pas l’accepter. Jusqu’aux temps messianiques, à l’échelle individuelle, une identité dirigée vers l’être Israël peut être intégrée.

 

Deuxième raison : cela ne sera plus nécessaire ! Les membres des nations pourront être sauvés directement dans leur identité de goyim, pour autant qu’ils répudient l’idolâtrie.

 

Cette différence des niveaux que nous avons aujourd’hui au sein d’Israël lui-même entre Léviim (dont les Kohanim) et Israëlim sera la différence entre Israël et l’humanité toute entière, puisque c’était le projet originel de la Providence pour l’histoire humaine dès la sortie d’Egypte qu’Israël soit Mamlekhet Kohanim peuple de prêtres pour l’humanité. Mais il y a eu l’empêchement d’Israël qui a dû intégrer le Erev Rav et s’est retrouvé confronté à la nécessité d’intégrer cette différence entre Léviim et Israélim, et d’avoir besoin de prêtres elle-même. Et l’empêchement des nations qui ont refusé. Et tout cela a été renvoyé dans l’espérance de la fin des temps.

  

De façon intériorisée, la différence entre Israël et les nations, nous la trouvons à l’intérieur d’Israël avec Israël et les Kohanim, avec le niveau intermédiaire qui est celui de l’identité des Léviim. Les Léviim n’ont pas participé à la faute du veau d’or. C’est la raison pour laquelle c’est cette tribu qui est chargée de la prêtrise par la suite. C’est la tribu de Lévi qui est vraiment Israël déjà, les autres tribus d’Israël ne sont Israël que dans le principe, mais pas encore au niveau de Mamlekhet Kohanim. Dans la réalité historique cela est renvoyé à la fin des temps.

 

Ce n’est pas la disparition des goyim mais la disparition de cette situation de diaspora de l’unité humaine en autant de visages défigurés de l’unité humaine et qu’on appelle les nations. Ce qui disparaitra c’est la forme spécifique qui fait que chaque goy est ce qu’il est et non pas la forme qui fait qu’il est homme. A la fin des temps la disparition des goyim est la disparition de la spécification de chaque nation comme tel, qui fait écran entre l’identité humaine et cette manière humaine qui est une défigure de la figure humaine unique.

Dans le Zohar se trouve une image, qui est plus qu’une image d’ailleurs, qui rend compte de la destruction de l’unité de l’homme, dont l’histoire d’Israël est la restauration (tiqoun) : tout se passe comme si Dieu en créant le premier homme s’est regardé dans un miroir, et le 1er homme est apparu. Le miroir fut jeté par terre et s’est brisé. Résultat : des éclats du miroir et l’image est défigurée. Le miroir brisé ce sont les nations. Et par conséquent, il faut restituer l’unité du miroir…

C’est cette brisure qui sera finalement évacuée dans les temps messianiques, et c’est ce que signifie cette phrase traditionnelle de la disparition des nations aux temps messianiques. Non pas la disparition des hommes mais de leur manière d’être homme qui est cause du mal dans l’histoire.

 

Il y a actuellement le mérite de ceux qui se convertissent devant l’évidence qui pour eux est dévoilée. Aux temps messianiques cela ne sera plus nécessaire de se convertir, aussi parce que ce sera trop tard. Parce qu’il fallait le faire avant. Les goyim se rangeront alors au niveau actuel où se trouve Israël qui lui passera tout entier au niveau des kohanim.

C’est encore un autre problème qu’on ne peut pas comprendre sans comprendre le principe du gilgoul. A la dernière génération de l’histoire serait candidat à l’identité d’Israël tous ceux qui à travers l’histoire n’ont pas décidé de l’être. Alors c’est trop tard…

 

Q : inaudible

R : c’est encore un autre problème, deux choses qui disparaitront : le yetser harâ et les goyim. La guémara dit qu’on prendra le deuil à cause de la disparition du yetser harâ. C’est un mystère ce misped gadol. Et troisième chose, le MBY disparaitra également à ce moment-là. Et les Sfardim prient pour que le MBY ne disparaisse pas. Alors, quel est le rapport entre MBY et le yetser harâ ?

 

Q : inaudible

R : parce que MBY doit sortir des Ashkénazim.

Et je crois d’ailleurs que la prière des Sfardim pour la survie du MBY a réussi !

Dans un sidour séfarade avec les kavanot provenant de l’enseignement de la kabalah, dans la brakha concernant la venue du Messie :

תִּשְׁכּון בְּתוךְ יְרוּשָׁלַיִם עִירְךָ כַּאֲשֶׁר דִּבַּרְתָּ

Tu résideras  au milieu de Jérusalem ta ville comme tu l’as dit.

וְכִסֵּא דָוִד עַבְדְּךָ מְהֵרָה בְתוכָהּ תָּכִין

Et le trône de David ton serviteur, vite, en son sein prepare-le.

 

Dans les sidourim séfardim se trouve à cet endroit une phrase entre parenthèses :

« Il faut qu’il ait l’intention de prier Al Mashia’h ben Yossef, qu’il ne soit pas tué par Armilous le méchant. »

Dans certains sidourim cela a été un peu atténué: “ shé’hi’hyeh velo mavout : qu’il vive et ne meure pas!” C’est une manière d’évacuer la dimension militaire de l’événement. Comme si le Mashia’h ben Yossef était un grand malade et que nous prions pour qu’il ne meure pas ! Alors que ce n’est pas ce dont il est question dans les Midrashim.

Armilous harashâ est d’après le midrash le chef des armées dans la guerre de Gog ouMagog contre Israël. C’est très facile d’entendre l’identité cachée derrière le nom Armilous c’est précisément Romulus.

Ceux qui ont vécu la génération de la guerre savent que l’axe italo-allemand avait un corps militaire africain qui devait conquérir Jérusalem. Il y a eu 5 ou 6 batailles. Il est certain que le yishouv aurait immédiatement écrasé si cette armée de l’axe passait la frontière séparant l’Egypte de la Palestine. Nous étions très inquiets car cela aurait la destruction du yishouv et cela aurait tué dans l’œuf MBY ! C’est là d’ailleurs que s’est constitué l’état major de Tsahal, dans la brigade juive qui était sous drapeau britannique à l’époque, et il y eut la fameuse rencontre avec le corps expéditionnaire français à Bir el kahin… etc. C’est là que le général Koenig a hissé le drapeau juif, parce que les Anglais ne voulaient pas le hisser, alors les Français l’ont hissé…

Le général en chef de l’Afrika Korps s’appelait comme par hasard Rommel ! Pourquoi un allemand s’appelle-t-il Rommel comme Romulus !? Cela signifie que finalement Armilaous Harshâ n’a pas pu tuer MBY ! Voyez la force de la prière des Sfardim !!!

Nous savons par tradition que le MBY vient du monde achkénaze et effectivement le sionisme politique est venu du monde achkénaze. Et le MBD viendra du monde séfarade.

Nous avons des textes précis indiquant que MBD vient de Yits’haq alors que MBY vient de Yaaqov. La situation de relation à l’exil pour les Sefardim c’est Yits’haq chez Yishmaël, et pour les Ashkénazim est Yaaqov chez Essav. Par conséquent, il y a là deux identités des deux dimensions de l’exil qui correspondent pour la géoula aux deux étapes messianiques. MBY et MBD.

Il n’y a pas de doute que de Yaaqov est sorti Yossef et donc MBY. Des sources montrent que c’est de Yits’haq qui vient David et donc MBD.

 

Ceci dit retour à notre problème :

C’est donc la relation à Moïse comme on la retrouve par la suite dans l’histoire des religions, lorsqu’elles sont des religions du salut attendant le salut d’un sauveur qui est homme-Dieu, Dieu-homme. C’est ainsi que le Erev Rav a vu Moïse. Et il n’y a pas de doute que lorsque les nations ont rencontré la figure d’Israël, ils s’y sont reliés exactement comme le Erev Rav s’était relié à Moïse.

 

C’est indiqué en filigrane dans notre étude, il y a derrière l’histoire du veau d’or un mythe astrologique comme il y a eu à la fondation du christianisme. C’est assez parallèle : la sortie du signe du bélier pour le taureau, et la sortie du signe de la vierge… D’où le sauveur né du signe de la vierge…

 

Au fond si nous nous posions la question au niveau historique, comment se fait-il qu’un mythe comme le christianisme ait pu sortir d’un milieu juif ? La réponse se trouve ici : ce n’est pas plus sorti du milieu juif que le veau d’or n’est sorti des hébreux ! C’est quelque chose de projeté sur, de greffé sur. La greffe d’une identité païenne sur une identité juive. Ce mythe de l’identité d’Israël déifiée est ici ce qui se produit avec Moïse pour le Erev Rav. La personne de Moïse vue comme un Dieu des religions à sauveur par le Erev Rav, alors que pour Israël il est le maitre et l’enseignant, celui qui porte la loi.

Parce que si Dieu se révèle pour parler à sa créature ce n’est pas pour lui raconter des mystères religieux. C’est pour lui révéler la loi morale, c'est-à-dire la règle du jeu. Et cette loi morale pour être reçue doit impliquer une préface de l’explication de l’histoire de l’identité de celui à qui cette loi va être donnée. C’est cela la réponse hébraïque juive : Si Dieu se révèle ce n’est pas pour faire de la religion. C’est pour révéler la Torah.

Ce qui nous gêne avec les Évangiles c’est qu’ils parlent d’un Dieu fondateur de religion. Ce n’est pa sérieux. Le Dieu de la Bible est Créateur du monde, et s’Il se révèle c’est pour expliquer parce que cela devient nécessaire la règle du jeu du monde qu’Il a créé.

 

Il y a énormément de parallèles dans la forme entre les Évangiles et la Torah.    

Dans l’annonce faite à Sarah stérile par un ange qui vient lui annoncer un enfant, cela provoque son rire. Elle rit. « Dieu m’a fait une farce ! »

Le midrash dit qu’il y a 7 dimensions différentes dans le rire. Dieu lui-même rit…

Parce que c’est la bonne santé morale.

Dans l’annonce faite à Marie... Elle croit. Ce n’est pas sérieux ! Dans un cas la réalité de l’histoire sous le regard du Dieu créateur du monde, dans l’autre on est en plein paganisme de l’enfant par les voies de l’immaculée conception et le Saint-Esprit… etc.

 

Ces juifs à l’origine de la rédaction de ce mythe chrétien sont pleins de clins d’œil.

Dans la Torah l’ange c’est Mikhael.

Dans les Évangiles on nous dit que c’est Gabriel. Il y a des clefs. Elles seront décryptées par les Juifs qui ne le feront que lorsque l’idolâtrie et l’antisémitisme seront résorbés…

 

Q : comment savons nous à partir du texte que le veau est à l’initiative du Erev Rav ?

R :

32.1

וַיַּרְא הָעָם, כִּי-בֹשֵׁשׁ מֹשֶׁה לָרֶדֶת מִן-הָהָר; וַיִּקָּהֵל הָעָם עַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו קוּם עֲשֵׂה-לָנוּ אֱלֹהִים אֲשֶׁר יֵלְכוּ לְפָנֵינוּ--כִּי-זֶה מֹשֶׁה הָאִישׁ אֲשֶׁר הֶעֱלָנוּ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, לֹא יָדַעְנוּ מֶה-הָיָה לוֹ

Et le peuple vit que Moïse tardait à redescendre de la montagne, et le peuple s'attroupa sur Aaron et lui dit: "Allons! Fais-nous des dieux qui marcheront à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons pas ce qu'il est devenu."

 

C’est l’appellation « Ha-âm le peuple » qui nous le révèle.

Souvenez-vous des cours sur les versets du début de Beshala’h c’est la partie du peuple qui n’est pas tellement Israël, raison pour laquelle on l’appelle peuple. Cela nous renvoyait à l’analyse des 5 parties du peuple dont 3 s’appellent « Ha-Am » et les 2 supérieures s’appellent « Bnei Israël ».

 

Lève-toi, fais-nous des dieux qui marcheront devant nous

Aharon dans le rôle de Tera’h, père d’Avraham et fabriquant d’idoles…

Le verbe est au pluriel et donc la lecture de Elohim doit être prononcée comme il s’écrit et être traduit par « les dieux », et non pas prononcé Eloqim, car c’est ‘hol et non pas qodesh.

Ki zeh mosheh ha-ish car ce Mosheh l’homme qui nous a fait monté du pays d’Egypte nous ne savons pas ce qu’il est devenu…

Le peuple est affolé car Moïse ne redescend pas, et déjà dans ce verset se dévoile le fait que la faute était la divinisation de Moïse. C’est ici Moïse que l’on veut remplacer.

Dans toute l’histoire d’Israël il n’y a jamais eu divinisation du maitre ! C’est tout de suite évacué. On voit pourquoi le mythe chrétien ne pouvait pas être d’origine juive, c’est une projection du même type que celle du Erev Rav sur le maitre.  …/…  

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Published by Phil O'Semith - dans PENSÉE JUIVE
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commentaires

Sananes 05/05/2014 13:55

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