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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 12:19

Pikoudei (1994)

 

Pikoudei (1994) 550 02

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/pekoude/cours_1

Face B

 

La différence de mentalité entre Erev Rav et Israël à travers ces différences de Derekh Erets, c’est la capacité d’accepter la Torah à cause de la clause de la Teshouvah.

Ce qui caractérise le Erev Rav dans ce contexte c’est son incapacité à comprendre que la Teshouvah est possible. Alors il ne peut pas accepter la Torah comme les Juifs l’acceptent, c’est-à-dire les Mistvot à pratiquer. Et ils ont une approche païenne de la Torah. D’une façon générale, pratiquer la Torah en esprit, cela c’est le paganisme.

 

Cette fameuse expression « Âm Q’sheh Oref » (עַם־קְשֵׁה־ערֶף) est dite la 1ère fois pour le Erev Rav.

Et « Am Qesheh Oref « veut dire dans le sens traditionnel du terme : « le peuple à la comprehénsion difficile ». Oref, c’est le même mot en arabe : connaître en arabe = âraf.

Oref a aussi ce sens de compréhension en hébreu aussi.

 

Verset de Devarim - Haazinou 32.2:

יַעֲרֹף כַּמָּטָר לִקְחִי

Ya'arof kamatar liq’hi..

« Que ma leçon soit reçue comme on reçoit la pluie,

Que mon enseignement s'épande comme la pluie »

Et on reçoit la pluie sur la nuque...

 

Lorsque Dieu s’adresse à Moïse et dit : « J’ai vu ce peuple et voici Âm Qesheh Oref, Je vais le détruire ». Il s’agit du Erev Rav. On sait par ailleurs qu’aucune faute ne résiste au repentir. Pourquoi donc cette précipitation de sanction à détruire ce peuple sans lui donner l’occasion de se repentir ? 

C’est ce que dit le verset : « Je les sais incapables du repentir, donc Je vais les détruire... »

C’est cela l’expression « Am Qsheh Oref »

 

KiTissa 32.9:

וַיֹּאמֶר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  רָאִיתִי אֶת-הָעָם הַזֶּה, וְהִנֵּה עַם-קְשֵׁה-עֹרֶף הוּא

Vayomer Adonay el-Moshe ra'iti et-ha'am hazeh vehineh am-qsheh-oref hou.

L'Éternel dit à Moïse: "J’ai vu ce peuple et voici c’est un peuple à la nuque raide.

 

Rashi sur Âm Qsheh Oref explique : lorsqu’on leur fait de la morale, ils tournent leur nuque à celui qui leur parle de telle sorte qu’il n’y a aucun espoir qu’ils fassent Téshouvah.

 

Un ami, grand Rabbin d’une ville de France, qui le soir de Kipour devait s’expliquer avec le président de sa communauté. Il fit son sermon, rpépétant plusieurs fois  : « ... et ne croyez pas que je parle à quelqu’un d’autre, c’est à vous que je parle... » Le président est venu le voir après son sermon pour le féliciter : « qu’est-ce que vous leur avez mis... !»

 

Am Q’sheh Oref : Rashi explique: quand on leur fait la morale, ils se retournent pour voir à qui on parle... Ils tournent la nuque.

 

Et lorsque Dieu a exaucé la prière de Moïse de suspendre la sanction de la destruction du Erev Rav, le Erev Rav est introduit en Israël et Dieu prévient Israël : attention car maintenant que le Erev Rav est entré chez vous, vous êtes vous devenus un peuple à la nuque raide...

 

Et c’est ce qu’on dit dans les prières du jour de Kipour, on demande le pardon et on demande à Dieu de se souvenir « Am Qasheh Oref Anakhnou ki ka’h hi midatenou »

C’est notre manière d’être que d’être Qsheh Oref et lorsqu’on se réfère au récit de la Torah dans le livre de Shemot on s’aperçoit que c’est depuis que le Erev Rav est entré en Israël.

 

La grande différence c’est cela : cette idée d’entêtement qu’il y a dans Qsheh Oraf.

Cela s’appelle en hébreu la Meshouvah, le contraire de la Teshouvah   

C’est la même racine : Shouv qui veut dire revenir.

 

Teshouvah = revenir sur un mal commis pour le réparer.

Meshouvah = revenir sur un mal commis pour le refaire.

 

Meshouvah c’est l’entêtement, c’est le substantif du mot Shovav = rebelle. Turbulent en hébreu moderne.

 

Le verset est (Jérémie 3 :14) : « שׁוּבוּ בָנִים שׁוֹבָבִים  Shouvou Banim Shovavim » : Revenez enfants rebelles ». Faites Teshouvah !

 

On s’aperçoit que la grande différence entre le judaïsme et le christianisme est que le judaïsme accepte la Torah pour la pratiquer parce qu’il sait que la Teshouvah est possible, alors que le christianisme a une panique devant la loi. Si on accepte la loi on est perdu...

Si on interroge leur théologie au sujet de la clause du repentir ils ne comprennent pas. On a la clause du repentir pour les fautes vénielles mêmes pour les péchés mortels, mais le salut rien à voir…

C’est vraiment une religion du Erev Rav qui se prétend Israël.

 

Q :

R : une des fonctions d’Israël est d’aller sauver le Erev Rav. Si le Erev Rav est détruit, Israël doit revenir en exil, alors pour sauver Israël il faut pardonner le Erev Rav mais cela handicape Israël. En prenant avec lui Erev Rav Israël prend sur lui les défauts du monde entier. Ne vous trompez pas. Le Erev Rav ne sont pas les convertis d’aujourd’hui. Le Erev Rav se sont introduit à Israël sans la préparation de Guyiour KaHalakhah. La formule employée par les commentateurs c’est que Moïse les a converti mais sans passer par le Beit Din. Il y a une précipitation, on n’a pas eu le temps de les former mais il fallait les prendre. C’est pourquoi le Midrash explique que la sanction de la faute du Erev Rav va être distribuée jusqu’à la fin des temps...

 

Je reviens à mon verset d’Isaïe : Chaque fois qu’Israël paie pour une faute, il paie pour la faute et pour la faute du Erev Rav. Moïse sait que le plan de Dieu est de prendre le Erev Rav. Mais il faut le prendre KaHalakha. Dieu interdit. Mais Moïse n’a pas eu le temps, les prend quand même, et se porte garant que cela réussira un jour...  

 

Moïse ne rentrera en Erets Israël que lorsqu’il aura ramené cette génération-là. Il se dévoilera. Moïse s’est donné comme garant de les intégrer. Il se dévoilera quand on aura fini de les éduquer.

 

Q : Pourquoi faut-il les intégrer absolument ?

R : Parce qu’il y a en dehors d’Israël une partie de l’âme d’Israël qui s’est perdu  à la périphérie et à l’extérieur. Il faut les réintégrer à l’intérieur pour qu’Israël soit Shalem. Le monde ne peut pas fonctionner avec un coeur atrophié, donc il faut réparer le coeur au moyen du Erev Rav. Vous apprendrez si vous étudiez ces questions que le Erev Rav ramène un niveau de Torah qu’Israël n’aurait pas sans lui. Les convertis amènent en Israël une partie du Nefesh d’Israël, une partie de la terre d’Israël, une partie de la Torah d’Israël, qu’on aurait pas sans eux. 

 

Exemple : Une Halakhah sur laquelle le Maharal insiste beaucoup et qui est très peu pratiquée parce qu’on ne la comprend pas : on doit s’adresser à un Guer en l’appelant Rabbi même s’il n’est pas Rabbin, surtout s’il n’est pas Rabbin. La réponse d’un de mes maîtres : Parce que le Guer pour venir en Israël est soit fou soit sage. Alors on fait un pari : on lui dit « Rabbi » ! 

 

Q : Ceux qui se manifestent en tant que Erev Rav nous causent pas mal d’ennui et risquent de nous emmener à

R : il faut pas identifier les filiations. Qui est par exemple Amaleq aujourd’hui ? Ce ne sont pas les descendants d’Amaleq, mais des sociétés qui ont la fonction de Amaleq. Alors il y a des Juifs authentiquement juifs (né de mères juives ou convertis au judaïsme) qui ne sont pas Erev Rav. Quoiqu’il en soit il y a à l’intérieur d’Israël la tendance au Erev Rav. On aurait des surprises si on interrogeait nos sources pour savoir qui sont le Erev Rav, pas toujours ceux qu’on croit, c’est parfois l’inverse...

 

Q : Dieu a-t’il  voulu compenser la servitude des Hébreux par les cadeaux donnés par les Égyptiens ?

R : ça c’est l’événement. Pour savoir la signification de l’événement il faut se reporter à la source qui parle d’Abraham. A ce moment-là Dieu dit à Moïse : demande aux hçHébreux qu’ils s’adressent aux Egyptiens pour avoir tous ces cadeaux dont J’ai parlé, et Moïse ne s’occupe que d’aller chercher les ossements de Joseph. Moïse ne pouvait quitter l’Egypte que s’il ramenait avec lui les ossements de Joseph. Sinon cela disqualifiait l’initiative et l’histoire de Joseph qui avait fondé cette diaspora d’Egypte. Et alors un relai est pris, et Moïse a réussi à retrouver le sarcophage de Joseph pour l’emmener avec lui.

“Aleh Shor – monte taureau” Shor c’est le totem de Joseph. En français on disait « Allez sort ! »

Midrash : Dieu dit à Moïse : « qu’on ne dise pas que Je n’ai pas accompli la promesse que J’ai faite à Abraham quand J’ai dit : Lekh Lekha 15.14:

וְגַם אֶת-הַגּוֹי אֲשֶׁר יַעֲבֹדוּ, דָּן אָנֹכִי; וְאַחֲרֵי-כֵן יֵצְאוּ, בִּרְכֻשׁ גָּדוֹל

 ve'a’harey-khen yets'ou birekhoush gadol

…et après ils sortiront avec un grand butin.

 

L’événement superficiel serait une sorte de dédommagement avec intérêt.

Mais c’est plus important que cela : pour qu’Israël ait le feu vert de quitter l’Egypte, il faut que cela se réalise ce pour quoi il était en Egypte : ramener ces valeurs-là !

 

****

38.21:

אֵלֶּה פְקוּדֵי הַמִּשְׁכָּן מִשְׁכַּן הָעֵדֻת, אֲשֶׁר פֻּקַּד עַל-פִּי מֹשֶׁה:  עֲבֹדַת, הַלְוִיִּם, בְּיַד אִיתָמָר, בֶּן-אַהֲרֹן הַכֹּהֵן

 

La notion de Pekoudim est difficile : il n’y a pas d’équivalent précis en français.  La racine Pakod a énormément de sens. Par rapport au contexte cela signifie le bilan des matériaux utilisés pour la construction du Mishkane et à travers lesquels nous est racontée la mise sur pied de ce Mishkane.

 

Une indication importante dans toutes ces Parashiot concernant le Mishkane est la notion de Miqshah (mem qouf shin hé) il fallait qu’il y ait une unité et que toutes les pièces soient solidaires. Une unité totale de l’ensemble dans chacun des Kélim et dans le Mishkane en lui-même. C’est une notion extrêmement importante de tout l’enseignement de la Torah : chaque partie n’a sa valeur que s’il fait partie d’un tout un.  Chaque partie est unique mais fait partie d’un ensemble un.

 

אֵלֶּה פְקוּדֵי הַמִּשְׁכָּן מִשְׁכַּן הָעֵדֻת, אֲשֶׁר פֻּקַּד עַל-פִּי מֹשֶׁה:  עֲבֹדַת, הַלְוִיִּם, בְּיַד אִיתָמָר, בֶּן-אַהֲרֹן הַכֹּהֵן

Eleh fekoudey haMishkan

Voici les comptes du tabernacle

Mishkan ha'edout

tabernacle du témoignage

 asher poukad al-pi Moshe

qui a été ‘mis en compte’ par Moïse

 avodat haLevi'im

c’est l’oeuvre des Leviim

beyad Itamar ben-Aharon hakohen.

Par l’entremise de Itamar fis d’Aaron le prêtre.

 

On va étudier l’expression : haMishkan Mishkan

Quelle est la raison du redoublement du terme ?

Mishkan ha'edout

Quelle est la nuance de sens de ce qualificatif de Mishkane HaEdout ?

 

Rashi sur Eleh Pekoudei:

 

אלה פקודי:

בְּפָרָשָׁה זוֹ נִמְנוּ כָּל מִשְׁקְּלֵי נִדְבַת הַמִּשְׁכָּן לַכֶּסֶף וְלַזָּהָב וְלַנְּחֹשֶׁת וְנִמְנוּ כָּל כֵּלָיו לְכָל עֲבוֹדָתוֹ

Dans cette Parashah ont été compté toutes les quantités de l’offrande qui a permis la construction du Mishkane en argent en or et en cuivre, ont été décomptés tous ces ustensiles pour toutes les fonctions de chacun d’entre eux pour le Mishkane.

 

Rashu sur haMishkan Mishkan :

המשכן משכן:

שְׁנֵי פְּעָמִים רֶמֶז לַמִּקְדָּשׁ שֶׁנִּתְמַשְׁכֵּן בִּשְׁנֵי חוּרְבָּנִין עַל עֲוֹנוֹתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל

Il y a par deux fois une allusion au sanctuaire (Miqdash) et à sa prise en gage (mashkan), lors des deux destructions à cause des fautes d’Israël.

 

Je vous rappelle la différence entre Mishkane et Miqdash. C’est dans le verset de Teroumah 25.8:

וְעָשׂוּ לִי, מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי, בְּתוֹכָם

Veassou li Miqdash veshalhanti  betokham

Ils Me feront un sanctuaire et je résiderai parmi eux.

 

Or le mot de Mishkane est construit sur la racine de Véshakhanti. C’est-à-dire que Mishkane est le lieu de la résidence de la présence dévoilée de Dieu dans Son monde qu’on appelle la Shekhinah. Le Miqdash c’est le sanctuaire lui-même. Or, le Miqdash ne sera vraiment Beit Hamiqdash que à Jérusalem. Le Mishkane est une sorte de préfiguration pendant les 40 ans du désert de ce que sera le Beit Hamiqdash à Jérusalem. Beaucoup de sources dans le Midrash en particulier sur ce problème de savoir qu’il y a eu un exercice à l’avance de la construction du temple en dehors d’Israël pour se préparer à la construction du Temple en Israël. Cela aussi est une des fonctions de l’exil. Israël est la seule société qui reçoit sa constitution avant que son histoire ne commence. Dans toutes les autres sociétés, il y a d’abord une histoire qui induit en fin de compte une constitution et les instruments de cette constitution. Alors qu’Israël a une sorte de préhistoire où se prépare son histoire. Malheureusement, les temps de cette préhistoire ont été beaucoup plus long que le temps lui-même. Ce qui fait que beaucoup de Juifs ont fini par être persuadés que leur identité naturelle était une identité de préparation et non pas une identité de réalisation. Cette identité de réalisation apparaissant comme une sorte de traitrise à la fidélité à l’identité de préparation.

 

C’est d’ailleurs un grand débat dans le monde religieux juif : ceux qui s’en tiennent au temps de l’espérance et ceux qui sont au-delà de l’espérance, c’est-à-dire déjà au temps de la réalisation. Les pères et les fils.

 

C’est un thème de Pessa’h : le temps des pères (temps de la promesse) et le temps des fils (temps de la réalisation). Et je crois que le grand débat entre Israël et la diaspora c’est que la diaspora est à l’indice du temps des pères, et que Israël est à l’indice du temps des fils. Or, la Tora a été donnée non pas aux pères d’Israël mais aux fils d’Israël : Daber el Bnei Israël...

 

La révélation a traversé les pères comme une promesse et concerne les fils.

J’ai l’habitude ici de citer un verset de Jérémie [31:16] qui est extrêmement important :

וְשָׁבוּ בָנִים, לִגְבוּלָם

Véshavou Banim légoulam.

Et tes fils rentreront dans leur domaine.

 

Et les pères ?

Il y a un judaïsme de la fidelité à la promesse, c’est le judaïsme de diaspora, et le judaïsme de la réalisation de la promesse, c’est le judaïsme israélien. C’est le grand conflit de la génération contemporaine. Or, il  y a des des israéliens en diaspora. Des Juifs qui se préparent. Et en Israël beaucoup de Juifs qui vivent encore la dimension de la promesse. Vous les trouverez surtout à Bnei Braq.

 

[Le soir du Séder on en parle d’ailleurs.

Une anecdocte du Seder à Bnei Brak : qu’est-ce que c’est que ces élèves qui disent à leur maitres avec ‘Houtspah le temps est venu de dire le Qriat Shéma shéShaarit ? De quoi je me mèle ? Les plus grands maîtres d’Israël étaient en train de discuter de leur propre sortie d’Egypte. C’était l’état major de la résistance contre les Romains. Ils étaient donc cachés dans une caverne et leurs élèves faisaient le guet et puis les élèves ont vu à l’horizon pointer Qriat Shéma shéShaarit et sont venus dire à leurs maitres : c’est déjà le temps du Qriat Shéma du matin… ! Eza ‘houtspah ?

La réponse est très simple : il ne faut pas s’étonner ce sont des élèves de Bnei Braq !]

 

Ce sont là les Juifs dans l’état d’Israël. Il y a aussi beaucoup d’israélien en puissance chez les Juifs de diaspora. Je répète pour que ce soit clair : il y a ceux qui se préparent en vue de faire et il y a ceux qui se préparent tout court. Ceux-là sont les pères. Et puis il y a les fils. Les fils c’est :

וְשָׁבוּ בָנִים, לִגְבוּלָם

Véshavou Banim légoulam

C’est tellement important que c’est le problème de Eliyahou Hanavi : réconcilier les pères et les fils.

Mais attention à l’ordre : [Malakhi 3:24]

וְהֵשִׁיב לֵב-אָבוֹת עַל-בָּנִים, וְלֵב בָּנִים עַל-אֲבוֹתָם

Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères

Il faut que les pères se réconcilient avec les fils alors les fils de réconcilieront avec les pères. Mais actuellement il y a rupture. Je ne sais pas si voyez les implications sociopolitiques de tout cela dans les problèmes contemporains.

 

Rashi sur Hamishqane mishqane :

המשכן משכן: שני פעמים, רמז למקדש שנתמשכן בשני חורבנין על עונותיהן של ישראל:

Il y a deux allusions au Miqdash (le sanctuaire lui-même le temple de Jérusalem) qui sera reconstitué deux fois après 2 destructions bishnei ‘hourbanim à cause des fautes d’Israël.  [Les temples ont été pris comme collateraux des fautes d’Israël. Quand Israël se repentira complétement, le 3ème Temple sera construit. -[Midrash Tanchuma 2, Exod. Rabbah 51:3]

 

’Hourban en hébreu signifie une destruction que l’on peut reconstruire. Alors que Shoah est une destruction que l’on ne peut pas reconstruire.  

Après la guerre il y a une hésitation pour désigner cette catastrophe qu’on découvrait : certains ont commencé par l’appeller du terme de ‘Hourban mais rapidement les rabbins nous ont dit qu’ils fallaient employer le terme de Shoah. C’est une différence de fond. ’Hourban est cette notion de ruine sur laquelle on peut reconstruire : il y a ’Hourban Beit Hamiqdash. Le 1er temple, le 2nd temple a été détruit et sera reconstruit… Shoah on ne peut pas reconstruire. Dans les ghettos de diasporas on joue à faire semblant de refaire ce qui avait été détruit à la Shoah. C’est un jeu. Tout se passe comme si.. Mais c’est du comme si… On joue à refaire la Roumanie la Pologne l’Allemagne d’avant la Shoah…   

 

La répétition du terme fait allusion aux deux temples, deux Miqdashim, qui ont été détruits à cause de leur faute d’Israël.

 

On va surtout approfondir le Rashi suivant.

 

Rashi sur Mishkan haEdout :

Pourquoi l’appelle-t’on le Mishqane ?

C’est-à-dire le fait qu’avant qu’il y ait un Miqdash à Jérusalem il y a quand même eu un Mishkane dans le désert pour cette génération qui finalement ne devait pas entrer dans Israël et ne devait pas connaître le Miqdash, malgré tout on lui a donné un Mishkane. Alors pourquoi ce Mishkane s’appelle-t’il Mishkane haEdout ? Témoignage de quoi ?

 

Rashi sur Mishkan haEdout :

 

משכן העדת:

עֵדוּת לְיִשְׂרָאֵל שֶׁוִּתֵּר לָהֶם הַקָּבָּ"ה עַל מַעֲשֶׂה הָעֵגֶל שֶׁהֲרֵי הִשְׁרָה שְׁכִינָתוֹ בֵּינֵיהֶם

C’est un témoignage pour Israël que Dieu leur a pardonné la faute du veau d’or, puisqu’Il a fait résider sa Présence Shékhinah parmi eux (dans le Mishkane). [Midrash Tan’humah 2]

 

Bien que disqualifiés par rapport au Miqdash, ils ont eu quand même un Mishkane pour témoigner qu’ils ne sont pas abandonnés et qu’ils sont dignes de la présence de Dieu quand même mais dans ce provisoire du désert. 

 

Q : D’où vient le mot de Shoah ? dans quel propos ?

R : De Ezéchiel, à propos du risque de destruction dans la mesure où Israël n’est plus fidèle à son identité. C’est un terme biblique et c’est surtout Ezéchiel qui l’emploie. [Iyyov 38:27 –Mishlei Proverbs 1:27, and Yekhezqel, ou Ezekiel 38:9]. Si vous voulez vraiment écouter les implications des prophètes sur la responsabilité d’Israël face aux malheurs qui lui arrivent il faut lire Ezéchiel. Et là Dieu parle en clair. Nous sommes les derniers rescapés de cette génération, après nous on en parlera comme d’une préhistoire. Il y a un grand malaise dans le judaïsme de diaspora surtout, et aussi dans le judaïsme israélien imprégné de la mentalité de la culture européenne par rapport à la Shoah. Il y a quelques années on a étudié cela un peu au fond, et puis ensuite j’y ai renoncé parce que on est trop contemporain et c’est un peu indécent d’en parler parce que trop contemporains.

 

Une image qui me frappe souvent : finalement c’est un problème trianguaire qui met en jeu, les Allemands, les Juifs et Dieu. On n’ose pas prendre au sérieux la culpabilité des Allemands qu’on dénonce parce que la prendre au sérieux c’est mettre en question la civilisation européenne occidentale et on n’ose pas la mettre en question. La Shoah est à l’évidence l’échec de la civilisation occidentale ! On n’ose pas mettre cela en question et on pardonne à l’Allemagne et on se réconcilie avec l’Allemagne et on négocie les réparations… Les Allemands profitent du fait que les Juifs n’osent pas prendre au sérieux leur responsabilité parce que cela risquerait de mettre en question la civilisation européenne gréco-romaine toute entière. Et on a peur de toucher à cela, alors les Allemands réssucitent.

 

Il reste donc Dieu et les Juifs. N’osant pas parler de la culpabilité des Juifs, on culpabilise Dieu lui-même. Voilà le problème. C’est extrêmement délicat comme sujet.

 

Je vais vous dire quelle est la Halakhah à ce sujet.

Il est évident que tous ceux qui sont morts de la Shoah de près ou de loin, il y a encore des conséquences aujourd’hui avec des gens victimes de la Shoah encore aujourd’hui, on les définit comme des Qédoshim : ils sont morts léKidoush Hashem.

Ce ne sont pas les Juifs qui sont responsables mais ceux qui ont trompés les Juifs et les ont fait prendre dans un piège. C’est à ce niveau-là qu’il faut penser les choses. Or, déjà au temps des Hébreux les  prophètes craignaient ces pièges qui se referment : 6 millions ne sont pas sauvés de ce piège. Le piège s’est refermé.

 

C’est à ce propos que le terme de Shoah est employé par Ezéchiel. C’est un grave problème parce que cela continue : les mêmes responsablités qui consistent à enfermer dans les pièges les mêmes Juifs irresponsables. Cela continue.

 

Aujourd’hui c’est le 50ème anniversaire de la fondation du CRIF. C’est l’organisme central du judaïsme français qui s’est fondé pendant la résistance. J’ai entendu le bilan du président du Crif à la radio ce matin:  un des fleuron de son bilan c’est de s’occuper des déshérités européens avec bien sur cette solidarité vis-à-vis d’Israël ! Cette espèce d’irresponsabilité. Le président du Crif est un grand juif pour lequel j’ai personnellement énormèment de considération. Il ne s’agit pas de cela mais de ce qu’induit sa fonction. Et alors donc cela continue et cela recommence. Et pendant ce temps on a des problèmes israéliens...

 

< fin >

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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