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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:15

Morale et Cataclysme Naturel

(Peri Tsadik Voyant de Lublin sur Genèse) 1981

 

COURS 3

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/morale_et_cataclysme_naturel/cours_3

Durée : 43,8 minutes - Face A – 150-01

 

…./…

 

… ceux qui définiraient l’entité Israël comme celle des membres d’une congrégation religieuse de la Torah du Sinaï. Et ceux qui définissent l’identité d’Israël comme une nation à partir d’Abraham. Nous avons beau avoir les mêmes textes, leur lecture est radicalement différente. Et cela ne peut être deux lectures simultanément authentiques, puisqu’elles sont exclusives l’une de l’autre. Pourquoi la lecture de ces mêmes textes est-elle différente ? Cela vient de l’identité profonde du lecteur. C’est pourquoi il y a de quoi être inquiet du risque d’une cassure analogue à celle du temps de la sortie d’Egypte.

Je m’étonne de cette incapacité de lire la Bible en hébreux de la nation hébraïque. On y projette une espèce de lecture confessionnelle, religieuse dans le sens occidental, qui la fausse complètement. Cela devient un hébreu de cuisine, celui de la cacherout, qui d’ailleurs nous cache la route…

 

« Vayhi Beshala’h Paro Et Haâm »

Et il arriva lorsque Pharaon renvoya le peuple

 

Non pas laisser partir mais renvoyer ce peuple qu’il ne voulait pas laisser sortir et qui est devenu une malédiction !

Dans la première phase, Pharaon est conscient que les Hébreux en Egypte sont porteurs de bénédiction. Il ne peut pas les laisser partir. Chaque fois que le temps de sortir d’une civilisation arrive, alors apparait ce paradoxe de la civilisation qui ne supporte pas cet embryon devenu parasite (parasite à une certaine hauteur, comme l’embryon est parasite dans le sein de sa mère) mais qui refuse l’accouchement et ne peut envisager sa sortie, et alors l’embryon devient vraiment parasite. L’embryon empoisonne sa mère qui empoisonne l’embryon… et il arrive toutes les catastrophes que nous connaissons. Quand les Juifs empoisonnent les Goyim qui empoisonnent leurs Juifs… Cela continue.

 

Pendant la première phase le Pharaon ne veut pas laisser sortir le peuple. C’est très analogue avec ce qui se passe chaque fois que le temps est venu de sortir d’Egypte. Je pense à la Russie qui ne veut pas laisser sortir ses Juifs. Quelque soit les arguments donnés cela revient à ceux du Pharaon qui ne veut pas perdre son âme ! L’avenir de l’Egypte dépend de l’identité hébraïque. Comme l’attitude de la marâtre qui ne veut pas accoucher du fils par peur de mourir en couche. C’est ce qui se passe à chaque péripétie dont le modèle se trouve dans ce récit.

Finalement, le Pharaon, affolé des plaies, est pris de panique et il expulse le peuple.

Puisque c’est arrivé ainsi dit la Torah que « Vayhi Beshala’h Paro Et HaAm » que c’est Pharaon qui a du expulsé le peuple, alors c’est le signe que le peuple n’était pas prêt à sortir de lui-même et qu’il doit passer par un stage d’apprentissage au Sinaï.

 

Le midrash nous a dévoilé la structure du texte. Pas tout le peuple mais une partie. A partir de cela on sait qu’il y a cinq parties de cinq niveaux différents. 

 

13.17

וַיְהִי, בְּשַׁלַּח פַּרְעֹה אֶת-הָעָם, וְלֹא-נָחָם אֱלֹהִים דֶּרֶךְ אֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים, כִּי קָרוֹב הוּא:  כִּי אָמַר אֱלֹהִים, פֶּן-יִנָּחֵם הָעָם בִּרְאֹתָם מִלְחָמָה--וְשָׁבוּ מִצְרָיְמָה

Et il arriva lorsque Pharaon renvoya le peuple, Elohim ne les a pas conduit par le chemin de la terre des Philistins car il était proche car Elohim a dit : de peur que le peuple ne regrette en voyant la guerre et ne retourne en direction de l’Egypte.

 

Par conséquent il faut les mettre à l’abri pendant 40 ans.

 

13.18

וַיַּסֵּב אֱלֹהִים אֶת-הָעָם דֶּרֶךְ הַמִּדְבָּר, יַם-סוּף; וַחֲמֻשִׁים עָלוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Et Dieu fit contourner le peuple par le chemin du désert Yam Souf

Et c’est armés en guerre que les Bnei Israël sont montés d’Egypte

 

C’est ici que le midrash intervient.

Quelle fut la raison du passage par la mer rouge ?

Selon le principe général précédent : à priori ce passage n’était pas nécessaire. A postériori, il se dévoile que c’était très important. Que s’est-il passé entretemps ? Entretemps il s’est dévoilé que l’immense majorité du peuple n’est pas prête au voyage. La première partie du voyage lui a été imposée et le peuple risque de renoncer devant les difficultés de la deuxième partie du voyage.

Cette structure des quatre qui sont cinq apparait toujours.

La motivation de la sortie d’Egypte est donnée de façon très claire dans le chapitre 6 de Vaéra. Pour accomplir la promesse faite aux ancêtres de quitter l’exil et de revenir au pays de la promesse. On voit là la structure des quatre termes de la délivrance plus le cinquième qui correspondent dans la Hagada de Pessa’h aux quatre verres de vin plus le cinquième qui a été institué il y a quelques années en Israël, et dont je vous parlerais pas la suite.

 

13.17

וַיְהִי, בְּשַׁלַּח פַּרְעֹה אֶת-הָעָם, וְלֹא-נָחָם אֱלֹהִים דֶּרֶךְ אֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים, כִּי קָרוֹב הוּא:  כִּי אָמַר אֱלֹהִים, פֶּן-יִנָּחֵם הָעָם בִּרְאֹתָם מִלְחָמָה--וְשָׁבוּ מִצְרָיְמָה

Et il arriva lorsque Pharaon renvoya le peuple, Elohim ne les a pas conduit par le chemin de la terre des Philistins car il était proche car Elohim a dit : de peur que le peuple ne regrette en voyant la guerre et ne retourne en direction de l’Egypte.

13.18

וַיַּסֵּב אֱלֹהִים אֶת-הָעָם דֶּרֶךְ הַמִּדְבָּר, יַם-סוּף; וַחֲמֻשִׁים עָלוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Et Dieu fit contourner le peuple par le chemin du désert Yam Souf

Et c’est armés en guerre que les Bnei Israël sont montés d’Egypte

 

Et ce sont ces trois termes derekh - hamidbar - yam souf que le midrash va étudier.

Derekh le chemin. Hamidbar le désert. Yam Souf la mer rouge (la mer des joncs).

 

Première opinion de la Mekhilta :

Rabi Eliezer dit :

Derekh le chemin pour les fatiguer.

Psaumes 102.24 :

 כד עִנָּה בַדֶּרֶךְ כחו (כֹּחִי)  

Ina badérekh ko’hi : il a amoindri ma force par le chemin » (les voyages fatiguent).

Hamidbar pour les affiner-épurer (letsaref).  Comme il est dit :

 טו הַמּוֹלִיכְךָ בַּמִּדְבָּר הַגָּדֹל וְהַנּוֹרָא

« (Dieu) Qui t’a dirigé dans ce désert grand et redoutable (afin de t’éprouver). »

Yam Souf - la mer rouge, pour les purifier. Comme il est dit (Psaumes 106.7):

וַיַּמְרוּ עַל-יָם בְּיַם-סוּף

« Et ils se révoltèrent sur la mer à Yam Souf ».

(Dans les quatre manières de révoltes que nous avons vues).

Le système de Rabi Eliezer comporte trois niveaux, en correspondance aux trois mots derekh – hamidbar - yam souf..

 

Rabi Yehoshoua dit :

Derekh pour leur donner la Torah. Comme il est dit (Devarim 5.29):

כט בְּכָל-הַדֶּרֶךְ, אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה

« Dans toute la voie que Hashem vous a ordonné… »

 

Derekh est ici synonyme de Torah comme la voie à suivre. C’est un système d’explication totalement différent.

 

Hamidbar pour leur donner la manne. Comme il est dit :

Devarim 8.16

הַמַּאֲכִלְךָ מָן בַּמִּדְבָּר

« (Dieu) qui t’a nourri de la manne dans le désert ».

Yam Souf pour leur faire des miracles : Comme il est dit (Psaumes 106.9):

ט וַיִּגְעַר בְּיַם-סוּף, וַיֶּחֱרָב

« Il décréta contre la mer des joncs et elle se dessécha ».

 

Deux systèmes parallèles très différents apparemment.

 

Celui de Rabi Eliezer qui est un système péjoratif pour Israël : le chemin pour les fatiguer, le désert pour les épurer, et la mer pour les éprouver.

 

L’explication de Rabi Yéhoshoua est laudative : le chemin pour recevoir la Torah, le désert pour être dans cette situation exceptionnelle de l’abri du problème économique, le niveau de l’homme vraiment homme qui peut se consacrer aux taches humaines et non plus aux taches de survies biologiques. La manne est reliée au Shabat : le problème économique est supprimé de telle sorte que nous puissions être homme, alors que le reste de la semaine nous descendons au niveau de l’animal qui doit se nourrir. Pendant Shabat nous sortons de ce problème et la capacité spirituelle de l’homme est délivrée…

La mer rouge pour leur faire des miracles et non pour les éprouver. Les hébraïsants remarquent que c’est le même mot en hébreu. Lénasot. Mettre à l’épreuve et faire des miracles (nissim).

 

Nous sommes aidés par l’analyse précédente : l’un donne l’explication à priori et l’autre donne l’explication à postériori de rabbi Eliezer qui est à un tout autre niveau de valeurs, qui représente un apprentissage dur, mais dont l’objectif est de restituer à Israël ce niveau d’identité qu’il n’a pas encore.

 

Deuxième manière d’expliquer : l’explication de Rabi Eliezer va pour la partie du peuple qui en avait besoin, et l’explication de Rabi Yehoshoua va pour la partie du peuple qui n’en n’avait pas besoin.

 

Enseignement du Maharal :

 

« L’explication de cela est que l’homme a d’abord des tendances corporelles (des instincts au niveau du nefesh) et des tendances psychiques (au niveau du roua’h) et des tendances intellectuelles (au niveau de la capacité de connaitre). Et Hashem Itbarakh a décidé de les fatiguer dans le désert pour les améliorer dans leurs corps. (Une sorte d’ascèse physique du corps pour qu’ils soient plus aptes à être Israël.)

 

Maharal reviendra là-dessus dans plusieurs enseignements : pour pouvoir donner la possibilité à la capacité spirituelle de l’homme de se développer il faut fatiguer, restreindre les tendances corporelles. Cette partie du peuple est encore trop centrée au niveau matériel. Pour les rendre aptes à la vie spirituelle, il faut les faire passer par le chemin du désert. Ils y apprendront que l’essentiel est la vie de l’esprit et non la vie du corps… On le voit chez les bédouins du désert qui ont une vie matérielle très frugale et une capacité spirituelle plus grande… Le contact avec la civilisation occidentale, dont Israël d’ailleurs, est en train de les dénaturer. J’espère qu’il y aura une réaction de retour aux sources chez eux, parce qu’un monde sans les bédouins, ce serait dommage. Ils ne sont pas d’origine arabe. Ce sont des européens, en particulier de Roumanie, il y a trois siècles à peu près, qui sont venus par foi chrétienne s’installer dans les déserts du Sinaï et qui ont été islamisés par la suite.

C’est cette nécessité de passer par cette expérience de la vie de voyage et d’amoindrir les exigences du corps pour devenir plus disponibles aux valeurs qui sont grosso-modo difficilement accessibles pour les sédentaires.

 

Maharal le dit en clair :

 

Et Hashem Itbarakh coulait les fatiguer en chemin pour amoindrir la force agressive de leurs exigences corporelles (à laquelle ils s’étaient habituer en Egypte). Parce que ce qui fatigue le corps c’est le mouvement, et Hashem itbarakh a voulu affaiblir le corps en chemin pour le soumettre. Et lorsque le corps est soumis les tendances à la jouissance se vident du corps. (Le voyage dans le but d’une ascèse corporelle) Ce voyage se fait dans le désert pour épurer les forces psychiques qui elles sont sensibles à la peu et à la crainte (le voyage pour améliorer le corps et la vie dans le désert pour épurer le nefesh par l’inquiétude et le rendre capable de résister à l‘angoisse). Et c’est ainsi que la force psychique est épurée. Les tendances psychiques s’adoucissent.    

 

Ce sont des yissourim, avec le caractère pénible de l’épreuve, mais qui sont nécessaires à trois niveaux selon le midrash dans l’explication du Maharal, parce que l’homme est un faisceau de tendances corporelles matérielles et biologiques, psychiques et émotives et spirituelles, intellectuelles et de l’ordre de la connaissance. A ces trois niveaux il y avait la nécessité de passer par ce creuset.

 

Et sur la mer rouge pour mettre à l‘épreuve leur force intellectuelle (la capacité de connaissance, la conception du monde) pour savoir s’ils avaient la capacité de foi en Hashem itbarakh capable de sauver l’homme de ses ennemis.

 

Cela se rattache au problème de la louange de Dieu. Il y a beaucoup de sources dans la guémara. Comment l’homme peut-il dire la louange de Dieu ? Est-ce une entreprise possible pour l’homme ?

Maïmonide a beaucoup étudié ce problème dans le chapitre du Moreh Nevoukhin sur le chapitre des « attributs négatifs ». Dire que Dieu est grand, est-ce que cela veut dire qu’il soit possible qu’il ne le soit pas ? On voit bien l’impossibilité de cette entreprise de dire la louange de Dieu ! Avoir foi, cela signifie avoir confiance qu’une promesse de Dieu peut s’accomplir. Dieu en particulier fait la promesse qu’Israël serait sauvé de ses ennemis. Mais où est le mérite d’une telle foi après la promesse divine ?

 

Par exemple la foi d’Abraham fut la confiance que la promesse qu’il aurait une enfant s’accomplirait. Toute la foi d’Israël est basée sur cet épisode de la foi d’Abraham ! Où est le mérite d’une telle foi ?

Il y a un verset qui est mal lu lorsque l’ange se révèle à Abraham. Dieu demande à Abraham pourquoi elle a ri. Et il dit :

18.14

יד הֲיִפָּלֵא מֵיְהוָה, דָּבָר; לַמּוֹעֵד אָשׁוּב אֵלֶיךָ, כָּעֵת חַיָּה--וּלְשָׂרָה בֵן.

14 Est-il une chose trop merveilleuse pour Hashem ? Au temps fixé, à pareille époque, je te visiterai et Sara sera mère".

Le midrash nous fait lire le verset tout à fait autrement dans une mentalité hébraïque :

Il n’y a rien d’impossible pour Dieu cela va de soi ! Sinon de quel Dieu parle-t-on !

En vérité il faut lire : est-ce que Dieu a besoin de te faire un miracle pour te donner un enfant ?

Attends-tu un miracle alors que je t’ai promis !

Crois-tu que j’ai besoin d’un miracle pour accomplir ma promesse ?

Alors où est le mérite de la foi d’Avraham ?

Nus revenons à la mutation religieuse au temps d’Avraham. Nous sommes dans un monothéisme total, absolu et cohérent. Le Dieu d’Israël est le même que le Dieu des ennemis d’Israël. Il n’y en a pas deux. C’est pour cela que c’est difficile. Dieu qui agit pour Israël doit agir contre Lui-même lorsqu’il est le Dieu des ennemis d’Israël. On n’est pas dans la situation simpliste du pluralisme de divinités, chacune s’occupant de son peuple. Ce serait le plus fort qui l’emporterait. Mais dans le monothéisme c’est le même Dieu qui est providence de tous les peuples, et c’est là que réside la difficulté.

Pour en revenir à la louange divine :

Dire de Dieu qu’il est grand ou fort cela veut dire qu’Il est le seul capable d’être plus grand ou fort que Lui-même. C’est une véritable louange.

 

Le mérite d’Israël de cette foi en Dieu capable de les sauver de leurs ennemis les Egyptiens au moment du passage de la mer rouge acculés entre la mer et l’armée égyptienne : c’est la même difficulté du même Dieu qui dirige l’histoire d’Egypte et l’histoire d’Israël. Pour avoir une telle option de foi il faut avoir fait le pari de la foi absolue. La foi en ce Dieu capable de sauver ses enfants hébreux contre ses enfants égyptiens. Et cela dépasse toutes les stratégies envisageables. Et Dieu leur dit qu’ils n’ont qu’à avancer…

 

On étudie ce problème en particulier dans la lutte entre Jacob et l’ange. Jacob en conflit avec Esaü est en conflit avec Dieu pour Esaü.

 

A Pessa’h on ne dit pas le Hallel complet pendant les six derniers jours à cause de la mort des égyptiens. Comme si on prenait le deuil pour la mort des premiers-nés égyptiens. C’est une liturgie typiquement juive. On ne trouverait pas une telle mentalité dans une liturgie des goyim !

 

Après le passage de la mer rouge, après avoir été sauvé miraculeusement, avec le prix à payer de la mort des égyptiens (cela aurait pu se passer autrement, mais leur mort est pour une affaire qui les concerne personnellement), le problème pour Israël est d’être sauvé de l’Egypte et non pas que l’Egypte soit perdue. Mais l’Egypte étant perdue on prend le deuil de ses ennemis… cela fait partie de l’esprit juif.

 

Le midrash raconte que lorsque les Hébreux ont été sauvés au passage de la mer rouge, ils ont chanté. La fameuse Shirat HaYam : « Az yashir Mosheh… »: le chant de gloire du salut de ce temps-là de la menace de disparition.

La civilisation égyptienne a disparu et Israël en a été sauvé. L’accouchement a eu lieu et la marâtre est morte en couche, c’est son problème. Mais le midrash précise que les anges à ce moment-là ont également voulu chanter, et Dieu leur a interdit : « Mes créatures sont englouties dans la mer et vous voudriez chanter !? Taisez-vous ! »

Rav Kook interroge le midrash: et pourquoi ne pas faire taire les Hébreux en bas ?

Réponse : à la racine de l’identité égyptienne en tant que créature du Dieu unique en haut c’est qadosh, mais descendue en bas dans la réalité cette identité est devenue mauvaise. Les anges n’ont donc pas le droit de chanter quand l’Egypte en bas est détruite.

 

Ce qui est demandé ici ce n’est pas la destruction de l’Egypte mais le salut d’Israël.

La destruction de l’Egypte survient en raison des problèmes des Égyptiens avec le Dieu unique. C’est l’enjeu de la foi : croire que Dieu puisse s’engager contre Lui-même. C’est cela la gdoulah. Etre plus grand que soi-même.

 

Dans le shoresh de l’identité égyptienne c’est une des créatures du Dieu unique. En haut on ne peut pas y toucher, c’est l’Egypte comme elle aurait du être. Mais en bas on l’annule. En haut on ne peut pas y porter atteinte.  

Rav Kook a ajouté à propos du verset énigmatique concernant Amaleq :

« Tu effaceras le souvenir d’Amaleq, mita’hat hashamayim, de dessous les cieux ».

Cette expression indique peut-être ce même enseignement à propos d’Amaleq : sous le ciel on peut effacer, mais pas dans le ciel, même pour Amaleq?

 

Ce qu’il faut mettre en évidence – ce qui est admirable de la part de l’âme juive qui se traduit dans ce midrash – c’est cette relation avec autrui lorsqu’il est l’ennemi irréductible. Dans une espèce de générosité vraie qu’on ne trouve pas ailleurs. Ces midrashim sont uniques et exceptionnels en ce sens.

 

Il faut faire attention que c’est au niveau de la vie spirituelle, mais au niveau de la vie réelle c’est dangereux. Ce qu’on appelle le ‘hassid shoteh. Celui qui conclurait de ces prémisses à partir de cette donnée spirituelle pour le niveau de la vie politique se mettrait en danger par générosité excessive. L’ami en haut est l’ennemi en bas. C’est là qu’est le piège qui mène au suicide.

 

Cf. le dialogue d’Avraham avec Hashem pour sauver les pires méchants de l’histoire.

Il reçoit une leçon de la part de Dieu : c’est bien ainsi qu’il faut croire mais ce n’est pas ainsi qu’il faut faire.

La ‘hassidout d’Abraham sans la vertu de justice pour la compléter est dévastatrice car Abraham protège les criminels. C’est la définition de la ‘hassidout, la charité, qui consiste à protéger les criminels. Mais cette vertu est dangereuse si on la laisse seule et qu’on lui donne le pouvoir politique. C’est une vertu authentique au niveau spirituel. Mais il ne faut pas leur donner le pouvoir.

 

L’amour d’autrui doit pouvoir s’étendre aux ennemis, mais en cas de conflit et de guerre, ce sont d’autres vertus et d’autres forces d’Israël qui doivent être employées, et non pas celles de la ‘hassidout. Ce serait un suicide… .../... 

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Published by Phil O'Semith - dans PENSÉE JUIVE
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