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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 13:17

KiTissa 1 (1980)

KiTissa 1 (1980) 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/ki_tissa_serie_1980/cours_1

Face B

…/…

… il s’agit de la sortie de l’Egypte : « Letsiah de Mitsraïm ». Cela s’appellera de façon dérivée par la suite « Aliah ». Mais on ne parlera de « Aliah » que pour ceux qui sont tombés et qui sont remontés. L’expression à étudier est maintenant Amkha. Que signifie l’expression « Amekha » ?

 

Prenez le verset 32:11 à comparer en détail au verset 32.7.

Lorsque Dieu dit à Moïse « Ton peuple a fauté je vais les détruire… » Alors Moïse prie et intercède pour le peuple.

 

32:11

וַיְחַל מֹשֶׁה, אֶת-פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהָיו; וַיֹּאמֶר, לָמָה יְהוָה יֶחֱרֶה אַפְּךָ בְּעַמֶּךָ, אֲשֶׁר הוֹצֵאתָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, בְּכֹחַ גָּדוֹל וּבְיָד חֲזָקָה

Vaye’hal Moshe et-peney Adonay Elohav vayomer lamah Adonay ye’hereh apkha  be'amekha

asher hotseta me'erets Mitsrayimbekhoa’h gadol ouveyad ‘hazakah ?

Et Moïse pria à la face de Hashem son Dieu (ici il y a un cas particulier seul occurrence de l’expression « Adonaï Elohav Hashem son Dieu ») et il dit : Pourquoi Dieu ta colère s’enflammerait-elle contre Ton peuple que Tu as fait sortir du pays d’Egypte. (Il s’agit d’Israël)

Avec une grande force et une main forte ?

 

On voit qu’il ne s’agit pas du même peuple.

Lorsque Dieu s’adresse à moïse : Ton peuple que tu as fait monter asher he'eleyta me'erets Mitsrayim a fauté. Et Moïse lui répond en lui parlant de Son peuple à lui : Pourquoi Dieu ta colère s’enflammerait-elle contre Ton peuple que Tu as fait sortir du pays d’Egypte. (Il s’agit d’Israël) ?

Lamah Adonay ye’hereh apkha be'amekha asher hotseta me'erets Mitsrayim ?

 

De plus le mot de Amkha n’est pas écrit de la même manière dans les deux versets. Lorsqu’il s’agit du peuple de Moïse au verset 7 : וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  לֶךְ-רֵד--כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ  il est écrit עַמְּךָ Amekha avec un Shéva. On dit Amékhah en Séfardi puisqu’il y a un Daguesh. La prononciation israélienne et Ashkénaze donne Amkha. Tandis que dans le verset 11 לָמָה יְהוָה יֶחֱרֶה אַפְּךָ בְּעַמֶּךָ on trouve עַמֶּךָ Amékha avec un Ségol ! Je ne peux pas vous expliquer cela c’est de la Kaballah mais simplement pour vous expliquer que rien n’est dû au hasard... Et comme on trouve le même accent on ne peut pas dire que c’est à cause de l’accentuation. (Le Taam avec deux point en haut : zakef katan )

 

Rashi sur 32 :7 :

כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ ki shi’het amekha car ton peuple a fauté 

Lorsque c’est Dieu qui parle à Moïse.

 

שִׁחֵת עַמְּךָ

שִׁחֵת הָעָם לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא עַמְּךָ עֵרֶב רַב שֶׁקִּבַּלְתָּ מֵעַצְמְךָ וְגִיַּרְתָּם וְלֹא נִמְלַכְתָּ בִּי וְאָמַרְתָּ טוֹב שֶׁיִּדְבְּקוּ גֵּרִים בַּשְּׁכִינָה הֵם שִׁחֲתוּ וְהִשְׁחִיתוּ

S’est corrompu ton peuple… Il n’est pas écrit : « S’est corrompu le peuple », mais : « “ton” peuple ». Il s’agit du « ramassis » que tu as accueilli de ta propre initiative et que tu as converti sans me consulter, en disant : « Il est bon que des Guérim des convertis s’attachent à la Shekhina ! » Ce sont ces gens-là qui ont fauté et ont fait fauté ! » Shémot Raba 42 :6

.../... (Pause)

 

La racine « ârov » en hébreu a énormément de sens, en particulier « ârov » signifie mélangé.

Par exemple le mot de « Êrev » pour le soir, c’est le moment où les formes se mélangent.

« Ârev » est un adjectif qui signifie doux. Le mot français « séduisant » : la douceur qui vient du mélange... « Aarev » doux avec cette idée de mélange lorsqu’on a atténué les contraste alors cette douceur apparait...

 

Au moment de la sortie d’Egypte, il n’y a pas seulement les tribus d’Israël qui sont sorties d’Egypte mais tout un mélange d’hommes et de femmes d’autres peuples qui étaient asservies en Egypte en mëme temps que les Hébreux et qui sont sortis d’Egypte sur la décision de Moïse en même temps que les Hébreux. Au moment de la sortie d’Egypte, on a donc les enfants d’Israël et tout un peuple qui s’est adjoint à eux et qui s’est intégré en fin de compte chez es enfants d’Israël. Et donc le peuple hébreu qui descend de la sortie d’Egypte a une double origine : les descendants des tribus plus les descendants de toute cette grande peuplade qui a profité de la sortie d’Egypte pour s’intégrer à Israël.

 

Et donc nous avons deux choses à expliquer :

Pourquoi Moïse les a-t’il accepté ? Quel en est le sens ?

 

En principe, le récit nous raconte qu’une promesse va s’accomplir pour les descendants des Patriarches, les tribus, les Shvatim. Et voilà qu’à la sortie d’Egypte, ce qui est confirmé dans les versets, pas seulement les descendants des tribus, les Hébreux, les Bnei-Israël à proprement parler, sortent d’Egypte, mais les accompagne toute une foule de gens qui avait eu la même expérience d’asservissement et qui vont avoir la même Guéoula. Et c’est Moïse qui prend l’initiative de les intégrer à Israël. Et c’est de ce peuple là qu’est sortie la faute du veau d‘or. Dès la lecture de ce Rashi 1000 questions surgissent...

 

Nosu avons donc 2 catégories d’individus :

 

ð  Les descendants des patriarches qui avaient déjà l’éducation hébraïque de ces 6 générations depuis Abraham jusqu’à Moïse et qui étaient donc préparés par leur identité propre (que Judah Halévi va appeler le « Hiniane HaElohi ») à recevoir la Torah comme elle est.

 

ð  Et puis ce sont adjoints à eux les hommes et femmes d’origines païennes qui n’avaient pas cette préparation préalable et qui rencontrent Moïse dans des catégories païennes. C’est pourquoi Moïse prend un risque en les acceptant.

 

Il semble y avoir une différence d’opinion entre Dieu et Moïse à ce sujet. Il faut donc comprendre pourquoi Dieu fait ce « reproche » à Moïse et pourquoi Moïse avait raison de se mettre dans ce cas.

 

La première notion est que la Guéoula doit être universelle et pour Israël et pour ceux qui s’adjoignent à Israël. Le Messie que nous attendons viendra pour Israël et pour l’humanité entière.

 

D’une certaine manière, toute proportions gardées, c’est un peu ce qui se passe à la sortie d’Egypte.

On comprend donc que Moïse sait ce qu’il fait, mais la difficulté c’est que Moïse n’a pas eu le temps de leur donner la préparation qui était nécessaire pour que leur conversion soit KaHalakhah.

Tous ces événements se passent dans une précipitation telle que Moïse a pris le risque de les convertir en bloc rapidement de telle sorte que la sortie d’Egypte se fasse. Moïse a des raisons de comprendre que s’il ne prend pas avec lui ce Erev Rav, la sortie d’Egypte  ne peut pas se faire pour Israël.

 

En schématisant :

Lorsque la faute du veau d’or se fait, Dieu dit à Moïse « ton peuple a fauté Je vais les détruire... »

Et pour qui Moïse prie-t’il ? Pour Israël ! En disant : « Ton peuple à toi... » Sous-entendu : « Si Tu détruis le Erev Rav, Ton peuple est perdu... » Vous voyez comme le plaidoyer de Moïse semble décalé.

 

32:7

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  לֶךְ-רֵד--כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ, אֲשֶׁר הֶעֱלֵיתָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Vayedaber Adonay el-Moshe lekh-red ki shi’het amekha asher he'eleyta me'erets Mitsrayim.

Et Hashem parla à Moïse : va descend ! car TON peuple s’est mal conduit.

Quel peuple ?

Celui que tu as fait monté du pays d’Egypte.

L’ensemble de Goyim convertis en bloc, sans préparation.

Il leur manque la préparation de Abraham, Isaac, Jacob, Lévi, Qehat, Amram, jusqu’à la 7ème génération de Moïse. C’est toute une fabrication d’identité qu’ils n’ont pas eu.

 

32:8

סָרוּ מַהֵר, מִן-הַדֶּרֶךְ אֲשֶׁר צִוִּיתִם--עָשׂוּ לָהֶם, עֵגֶל מַסֵּכָה; וַיִּשְׁתַּחֲווּ-לוֹ, וַיִּזְבְּחוּ-לוֹ, וַיֹּאמְרוּ, אֵלֶּה אֱלֹהֶיךָ יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר הֶעֱלוּךָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Sarou maher min-haderekh asher tsivitim assou lahem egel masekhah vayishtachavu-lo

vayizbe’hou-lo vayomerou eleh eloheykha Yisra'el asher he'elucha me'erets Mitsrayim.

Il se sont vite détournés du chemin que je leur avais enseigné, et ils se sont fait un dieu en statue

et se sont prosternés devant lui, ils ont sacrifié pour lui et il dirent : « voici tes dieux Israël qui t’ont fait monter du pays d’Egypte ».

 

Cela veut dire : « Voilà le symbole qui va remplacer Moïse qui t’as fait monté d’Egypte ». C’est dire qu’ils n’ont rien compris de ce qui s’est passé à la manière dont un hébreu peut le comprendre.

 

32:9

וַיֹּאמֶר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  רָאִיתִי אֶת-הָעָם הַזֶּה, וְהִנֵּה עַם-קְשֵׁה-עֹרֶף הוּא

Vayomer Adonay el-Moshe ra'iti et-ha'am hazeh vehineh am-qasheh-oref hou.

Et Hashem dit vers Mosheh : J’ai vu ce peuple et voici un peuple à la nuque raide lui.

 

Il s’agit du Erev Rav. C’est un autre sujet qui apparait. On s’aperçoit que la définition d’Israël comme « עַם-קְשֵׁה-עֹרֶף  peuple à la nuque raide » est une calomnie. En fin de compte, Dieu va pardonner, et en fin de compte tout ce peuple va s’intégrer à Israël. Et c’est avec ce peuple que s’introduira en Israël la tendance à la nuque raide – c’est-à-dire rebelle.

 

32 :10

וְעַתָּה הַנִּיחָה לִּי, וְיִחַר-אַפִּי בָהֶם וַאֲכַלֵּם; וְאֶעֱשֶׂה אוֹתְךָ, לְגוֹי גָּדוֹל

Ve'atah hani’hah li veyikhar-api vahem va'achalem  ve'e'esseh otkha legoy gadol.

Et maintenant laisse-Moi (ne prie pas, la prière ne pourra rien)

Ma colère éclatera contre eux, Je les détruirais et Je ferai de toi une grande nation.

 

C’est là qu’on arrive à la prière de Moïse

 

32:11

וַיְחַל מֹשֶׁה, אֶת-פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהָיו; וַיֹּאמֶר, לָמָה יְהוָה יֶחֱרֶה אַפְּךָ בְּעַמֶּךָ, אֲשֶׁר הוֹצֵאתָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, בְּכֹחַ גָּדוֹל וּבְיָד חֲזָקָה

Vaye’hal Moshe et-peney Adonay Elohav vayomer lamah Adonay ye’hereh apkha be'amekha

asher hotseta me'erets Mitsrayim bekhoa’h gadol ouveyad ‘hazakah ?

Et Moïse pria à la face de Hashem son Dieu et il dit : Pourquoi Dieu ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple que Tu as fait sortir du pays d’Egypte (Il s’agit d’Israël) avec une grande force et une main forte ?

 

Dieu dit à Moïse : « ton peuple (Erev Rav) a fauté je vais les détruire et Moïse dit à Dieu : pardonne leur pour sauver Ton peuple à Toi (Israël).

 

32:12

לָמָּה יֹאמְרוּ מִצְרַיִם לֵאמֹר, בְּרָעָה הוֹצִיאָם לַהֲרֹג אֹתָם בֶּהָרִים, וּלְכַלֹּתָם, מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה; שׁוּב מֵחֲרוֹן אַפֶּךָ, וְהִנָּחֵם עַל-הָרָעָה לְעַמֶּךָ

Lamah yomerou Mitsrayim lemor bera'ah hotsi'am laharog otam beharim oulechalotam me'al peney ha'adamah shouv mecharon apekcha vehina’hem al-hara'ah le'amekha.

Pourquoi l’Egypte dirait pour dire : Il les a fait sortir sous un signe maléfique pour les détruire dans les montagnes (les montagnes du Sinaï) Et pour les détruire de dessus la face de la terre. Reviens de Ta colère et reprend Ta décision de mal en faveur de Ton peuple.

 

La traduction française rend : « Repend-toi du mal que tu veux faire à ton peuple » !

(וְהִנָּחֵם  Vehina’hem c’est plus l’idée de regret que de repentir).

Cette traduction est fausse d’après les Taamim

Sous vehina’hem al-hara'ah il y a un Taam, une accentuation qui est disjonctive : « vehina’hem al-hara'ah et reviens de Ta décision de les punir Leameakha en faveur de Ton peuple ». Et non pas « reviens sur Ta décision de punir Ton peuple ». La traduction est fausse dans tous les cas.

 

32:13

זְכֹר לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיִשְׂרָאֵל עֲבָדֶיךָ, אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתָּ לָהֶם בָּךְ, וַתְּדַבֵּר אֲלֵהֶם, אַרְבֶּה אֶת-זַרְעֲכֶם כְּכוֹכְבֵי הַשָּׁמָיִם; וְכָל-הָאָרֶץ הַזֹּאת אֲשֶׁר אָמַרְתִּי, אֶתֵּן לְזַרְעֲכֶם, וְנָחֲלוּ, לְעֹלָם

Zekhor le-Avraham le-Yitschak oule-Yisra'el avadeykha asher nishbata lahem bakh vatedaber alehem arbeh et-zar'achem kechochvey hashamayim vechol-ha'arets hazot asher amarti eten lezar'achem venachalu le'olam.

Souviens-toi d’Abraham, de Isaac et de Israël tes serviteurs auxquels Tu as juré au nom de Toi-même et Tu leur a parlé en leur disant : Je multiplierai votre postérité comme les étoiles du ciel et toute cette terre que J’ai dit Je donnerais à votre postérité et ils l’hériteront à jamais.

 

Dieu dit à Moïse : Ton peuple a fauté, Je vais les détruire.., et on s’attendrait à ce que Moïse plaide pour son peuple, mais il plaide pour Israël, disant à Dieu : « pourquoi vas-tu détruire Israël ? ».

 

Israël ne peut mettre fin à l’exil, la Guéoula ne peut venir pour Israël, que si elle est aussi pour tous les autres hommes qui ont vécu la même histoire qu’Israël. Une des raisons de la descente en exil est de ramener avec nous ceux qui avaient la même vertu.

 

Mais on voit qu’il y a un décalage : ces hommes qui ont suivi Moïse et que Moïse a pris avec lui on eu cette expérience Galout-Guéoula comme les Hébreux. Et s’ils ont rejoint les Hébreux c’est qu’il y a quelque chose qui est commun. Donc Moïse a raison de les intégrer. Mais la catastrophe qui est arrivée dévoile que leur préparation n’était pas suffisante. Ils y ont droit en principe mais pas en fait. Ce n’est pas n’importe quels hommes : ils ont eu l’expérience de l’asservissement, ils ont eu l’expérience de la libération, ils se sont adjoints aux Hébreux, disant d’une certaine manière « ton Dieu c’est mon Dieu... », mais voilà qu’il y avait un malentendu de vocabulaire théologique : ils le disaient de manière païenne…

 

En principe, ils seront avec Israël mais en fait pas encore. Et c’est l’événement qui fait éclater cette disproportion. Moïse court le risque et il a raison mais voilà que le risque éclate.

Dieu formule le jugement absolu : suite à l’échec, c’est la sanction d’annulation. Mais Moïse intercède en faisant deux prières. La 1ère est celle de ces versets précédents, la 2ème est celle qu’il va faire pour le peuple en question lorsqu’il sera intégré. Il devient comme Israël, il est soumis à la loi d’Israël et il faut donc prier pour lui. Et c’est la 2ème prière que nous verrons dans la lecture. 

 

Le raisonnement de Moïse est le suivant :

Si Dieu Tu détruis le Erev Rav alors Ton peuple est perdu ! Il sera encore obligé de redescendre en exil parce que cela a échoué et il faut qu’il recommence. Alors, pour sauver Ton peuple Israël il faut sauver et intégrer le Erev Rav ! Finalement, Dieu va accepter et va intégrer ce Erev Rav qui est Am Qasheh Oref, à Israël. C’est pourquoi cette Middah de Qasheh Oref va entre en Israël, mais c’est à postériori, elle ne lui appartient pas à priori. C’est-à-dire que Israël prend sur lui la difficulé d’être de l’humanité entière pour la sauver. Les défauts d’Israël nous viennent du Erev Rav. Israël peut se sauver tout seul, c’est facil : Abraham, Isaac, Jacob, et tout le reste de l’humanité est disqualifié !

Ici se passe une chose énorme : Israël à la sortie d’Egypte sur la décision de Moïse prend sur lui l’identité de l’humanité hors d’Israël pour la sauver. C’est pourquoi s’introduisent en Israël les capacités de faute des Goyim par le biais du Erev rav. 

 

Un exemple pour illustrer :

Nous allons voir que ce n’est pas Israël qui est Am Qasheh Oref mais les autres peuples. Mais Moïse décide que cette sortie d’Egypte doit réussir, donc il faut avec rapidité et sans précaution les faire passer et on verra bien après...

 

Il y a toute une dialectique entre Dieu et Moïse, et finalement Dieu va accepter parce que c’est ce qu’il fallait faire. Et puis l’épuration de cette faute va se faire à travers tout le temps de l’histoire. Jusqu’à la fin des temps nous avons à évacuer cette scorie qui vient des non-préparés à la manière des Hébreux. Dans le peuple d’Israël d’aujourd’hui à travers les siècles, disons le peuple juif, il y a les descendants des Hébreux qui sont les Tsadikim et il y a les Juifs. Et les Juifs descendent du Erev Rav. Et personne ne peut dire, sauf ceux qui savent mais qui ne le disent pas, de qui on descend vraiment...

 

Quelle est la différence ?

Moïse n’a pas le temps de leur donner la préparation qui a fait qu’Abraham devient Moïse.

Et donc, il les prend d’emblée et il suffit qu’ils aient dit « on est avec vous » pour qu’ils entrent ! Exactement comment commence le Seder de Pessa’h. On ouvre la porte et on proclame que tout celui qui veut faire Pessa’h avec nous vienne ! On fait Pessa’h, le passage, la sortie et que tout ceux qui veulent passer passent. Et Moïse prend l’inititiative sans précaution ni préparation. Alors éclate la catastrophe… 

 

D’où la dialectique entre Dieu et Moïse. Dieu n’en veut pas mais Moïse argumente : si Tu ne les prend pas Ton peuple est perdu. Pour sauver ceux-là, sauve ceux-ci...

 

Ce n’est pas que Moïse ait eu tort d’accepter des convertis mais c’est rien que pour cela qu’il fallait passer en exil. Pour ramener les âmes, les Neshamot, compatibles avec Israël et qui sont au dehors. Seulement, il fallait une préparation mais il n’a pas eu le temps. Voilà ce qui se passe.

Aujourd’hui les catégories sont claires : c’est Guiyour KaHalakhah (c’est cachère) ou Guiyour pas Kahalakha. (Ce n’est pas cachère et c’est le Erev Rav). C’est pourquoi le problème est grave. C’est pourquoi les tribunaux rabbiniques sont tellement méticuleux.

 

Q : Pourquoi Israël ne pouvais pas exister sans le Erev rav ?

R : Je n’ai pas dis qu’il ne pouvait pas exister, j’ai dit que l’objectif de la sortie d’Egypte est de faire sortir avec Israël ceux des autres créatures du même Bon Dieu qui sont de la même sorte d’Israël perdus chez les Goyim. A la sortie d’Egypte, ils se sont dévoilés en suivant la messianité d’Israël. Et Moïse les a accepté. On ne peut comprendre l’enseignement de la Torah que de l’intérieur d’un monothéisme absolu. Le Dieu d’Israël est le Dieu de l’humanité entière. Tant qu’on n’arrive pas à ce  niveau on ne comprend pas ce que la Torah nous explique. Cela veut dire : Il y a chez les autres peuples des individus qui sont de la même sorte qu’Israël, mais camouflés et perdus. Quand les Patriarches ont constitué l’âme d’Israël des étincelles sont restées dehors. Une des raisons de l’exil est de les ramener. Alors la dialectique de Moïse est très claire. Pour que la Guéoula d’Israël soit possible, il faut que j’accepte le Erev Rav ! Bien sûr il a fauté, mais si ils sont détruits alors la Guéoula est un coup pour rien. Et il faudra qu’Israël retourne en exil pour ramener ces âmes-là. Pour bien comprendre l’enseignement de la Torah, il faut comprendre le monothéisme qui n’est pas cette idée qu’Israël aurait un Dieu pour lui tout seul et les autres d’autres dieux. C’est le même qui dirige l’histoire de l’humanité entière. C’est dans l’économie à l’intérieur du monothéisme total qu’on comprend ces problèmes. Ici, la difficulté qui apparait c’est que Moïse veut vraiment sauver Israël. Alors pour cela, il faut sauver le Erev Rav. S’il avait attendu les 190 ans restant... mais il y a urgence ! En 190 ans il avait le temps de préparer ces Neshamot-là. Alors on va mettre 1900 ans a postériori pour les arranger.

 

Q : Moïse ne peut pas sauver Israël d’une seconde Guéoula ?

R : C’est ce qu’il a essayé de faire.

Q : Mais la 1ère ne s’est faite qu’en Egypte, pourquoi ramener seulement des gens d’Egypte ?

R : Nous sommes dans un temps de civilisation. Et celle-ci arrive à être totalitaire : l’Egypte des Pharaons. Et puis à ce moment-là cette civilisation va éclater et la sortie d’Egypte se fait. Si cela avait réussi c’était le temps messianique. C’est ce que Moïse veut faire : il veut le réussir absolument. Il a fait tout ce qu’il a pu mais en fin de compte cela finit par échouer et donc on recommence avec un autre empire. Mais Moïse vise le plus haute possible, et c’est pourquoi ce récit nous est raconté : c’est le récit d’une histoire qui est la nôtre et qui a échouée une fois. Et elle nous est donnée comme modèle. Il n’y a que 3 tentatives et la dernière ne peut que réussir. Et nous y sommes !

 

Q : Pourquoi Aharon n’a pas essayé de les dissuader ?

R : Je ne vous ai pas traduit ces versets-là. D’une certaine manière parce que lui aussi espérait que cela allait s’arranger. Il a pensé : Si c’est moi qui le fait je le ferais cachère mais eux ne le feront pas cachère.

 

Q : On parle du compte différent mais est-ce que les Hébreux ne comptait pas comme Moïse ?

R : On arrive là à un autre probléme mais je n’ai plus le temps : c’est un peuple qui a deux parties : les Hébreux Mamash qui n’auraient jamais fait cette faute-là et qui attendaient Moïse sachant qu’il n’est pas une divinité païenne – et le Erev Rav avec sa propre familiarité de l’idolâtrie habituelle de ces peuples-là mais du dedans de cette population païenne sont sortis ces hommes qui ont pressenti cela : le Messie des Hébreux est là et on sort avec lui...

Au moment de la faute du veau d’or, relisez bien attentivement le récit, l’ensemble des gens sortis d’Egypte, les Hébreux et le Erev Rav se sont divisés en deux camps. Les Hébreux qui ont essayé d’empêcher cette faute et ceux qui ont voulu la faire. Et il y a eu conflit mais on apprend que ni l’un ni l’autre camp n’arrivait à l’emporter. La faute des Hébreux n’est pas d’avoir fait cette faute mais de ne pas avoir pu l’empêcher.

 

Remarquez bien que depuis ce temps-là le peuple Israël se divise toujours grosso modo en deux, 51 et 49%, dans tous les problèmes. Les Tsadikim n’arrivent pas à être plus forts que les Reshayim et vice et versa. C’est la raison pour laquelle le Talmud enseigne qu’il suffit d’un Juif juste pour faire pencher la balance, et ce Juif peut être toi. Parce qu’on est toujours dans le même problème d’indécision, moitié-moitié. Cf. ce qui se passe à la Knesset à propos de chaque problème : tout de suite cela se divise en deux.

 

On a des surprise quand on étudie ce problème car le Erev Rav n’est pas forcément là où l’on croit qu’il est ! La plupart du temps ils se trouvent Davka c’est ceux qui se prennent pour des Tsadikim. Ils étaient très pieux ce Erev Rav qui voulaient se faire un culte : ils l’ont fait en or !

  

Lorsque Moïse descend de la montagne, c’est ce que Josué va dire :

Moïse : J’entends un bruit, qu’est-ce qui se passe ?

Josué : Ni un bruit de victoire ni un bruit de défaite

C’est-à-dire : le camp est divisé en deux. On ne sait pas quel camp va gagner. C’est pourquoi la Guémara dit : il suffit d’un pour faire pencher la balance. Je vous ajoute cela parce que c’est important à comprendre Même à l’échelle individuelle nous avons tout cela en nous : la moitié hébreu la moitié Erev Rav. Une seule Mitsvah suffit pour faire pencher de l’un à l’autre... 

 

Q : Lu dans le Piroush de Ibn Ezra et de Judah Halévi sur le 1er verset : les 40 jours de Moïse parti sans manger à quel niveau cela se situe ?

R : c’est au niveau astrologique, je ne veux pas entrer là-dedans.

 

Il a suffit d’un retard, sans rentrer dans les détails que l’on apprend dans la Kabbalah, selon le compte de leur calendrier à eux pour qu’ils se sentent perdu. Alors se déclenche le culte de Moïse à la manière dont eux étaient habitués. La tribu de Lévi prend l’initiative mais n’a pas réussi. C’est notre problème jusqu’à la fin des temps. Nous sommes mélangés entre Hébreux et Erev Rav, et il s’agit de savoir lequel des deux va être plus fort que l’autre.    

 

J’en arrive simplement à cette explication : Quel est le ’Hidoush que Moïse apporte lors de la Guéoula ? La loi morale à la place de la religion païenne !

 

La religion païenne c’est l’idolâtrie des influences naturelles sur la vie humaine qui consistait en un culte avec les représentaiton des signes du zodiaque. Ce veau-là est le Taureau du zodiaque. On était sorti d’un signe du zodiaque où gouvernait le bélier et on va rentrer dans le signe suivant et d’après les lois astrologiques très compliquées, on prend comme divinité le signe précédent le signe ancien. Oubliez les détails, je ne suis pas chargé de vous enseigner l’astrologie. Ils ont voulu représenter sous leur manière idolâtre à laquelle ils étaient familiers, l’événement qui s’était passé.

Je vous dis une chose précise que vous oublierez juste pour signaler qu’il y a toute une ‘Hokhmah derrière : Le jour de la sortie d’Egypte, on est sorti du signe du Bélier pour rentrer dans le signe suivant. De la même manière qu’à l’époque précise de la proclamation de l’état d’Israël, on est sorti du signe des poissons pour rentrer dans le signe du Verseau. De la même manière que lorsqu’on est sorti du signe de la Vierge pour rentrer dans celui des Poissons, les Chrétiens ont dit : le sauveur est né de la Vierge ! Mais on voit que cela se passe au niveau astrologique. Ils ont déclaré que cette vierge s’appellent Marie, femme juive, soeur de Moïse... etc. Il y a là une idolâtrie de religion de mythes astrologiques. Alors dans leur calcul de la sortie du zodiaque, il y avait 6 heures de décalage.

 

Je referme cette parenthèse ouverte pour que vous entendiez que c’est beaucoup plus sérieux que ce que l’on croit.

 

Effectivement, l’humanité est en train de sortir du signe des Poissons cela prend une centaine d’année mais il y a un point précis de passage, et on entre dans le temps du Verseau. L’Eglise des poissons – la chrétienté - c’est fini. Et puis on rentre dans le temps du Verseau. A ce moment-là Israël sort d’Egypte. Cette Egypte s’appelle Rome. Fait remarquable : Il y a quelques années l’Eglise catholique a changer un rite trés important de sa liturgie : manger du poisson le vendredi. (C’est devenu caduc)

  

Le ‘Hidoush apporté par Moïse c’est qu’on va sortir des rythmes astrologiques pour découvrir la Providence qui dirige le monde par la loi morale. Tant que Moïse est là avec sa loi, ils le suivent, tout en le voyant comme une espèce de sauveur des religions à sauveur à la manière païenne. C’est là la catastrophe. Et quand Moïse n’est plus là, ils sont perdus et reviennent à leur idolâtrie ancienne. C’est cette gravité de la faute d’introduire la mentalité païenne en Israël. Et il nous faut jusqu’à la fin des temps pour l’évacuer, mais ce sont ces hommes là qu’il faut sauver parce que ce sont eux qui ont compris Galout-Gueoulah. Seulement ils leur manquaient les 6 générations des enfants d’Israël et cela il faudra le leur donner à postériori.

 

***

Suite de la Parashah Ki-tissa :

 

Chapitre 32 : 2 choses :

-          La différence entre les 2 parties du peuple dans ce problème : verset 32.7.

Je vous rappelle les versets sur lesquels vous appuirez cette référence.

Tout d’abord le verset 32-7. Pour bien comprendre le problème, il faut reprendre le récit de ces chapitres plusieurs fois de sorte d’en avoir les détails bien en tête mais je veux surtout vous donner les points d’articulation qui vous permettront de comprendre ce qui s’est passé là.

 

Ce qui se dévoile à partir du verset 7 c’est qu’une partie du peuple Israël sorti d’Egypte n’était pas originellement du peuple d’Israël et qu’on appelle en hébreu le Erev Rav.

Il y a aussi d’autres termes dans le texte, en particulier celui de אסף סוף Assaf Souf (Bamidbar Nombres 11:4 : וְהָאסַפְסֻף אֲשֶׁר בְּקִרְבּוֹ Or, le ramas d'étrangers qui était parmi eux…) que je ne veux pas expliquer aujourd’hui. (2 opinions : Assaf Souf = Erev Rav / Assaf Souf = Ketzinim)

  

Pendant que se passe cette scène du veau d’or :

 

32:7

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  לֶךְ-רֵד--כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ, אֲשֶׁר הֶעֱלֵיתָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Vayedaber Adonay el-Moshe lekh-red ki shi’het amekha…

Et Hashem dis à Moïse :va descend, car ton peuple a fauté…

il faut dire Amkhah en prononciation moderne mais il y a un daguesh dans le Mem. Bien qu’il y ait un Shéva sous le Mem, en prononciation ahskénaze on dit Amkha, mais à cause du Daguesh on devrait dire Amékha avec un Shevah Dégoushah qui ne se prononce pas comme le Ségol mais en ‘é’ quand même. Cela s’est perdu mais les Séfardim disent Amékha quand même. Il y a une différence avec le Amékha avec un Ségol de la première prière de Moïse et qui se trouve au verset 11.

 

32:11

וַיְחַל מֹשֶׁה, אֶת-פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהָיו; וַיֹּאמֶר, לָמָה יְהוָה יֶחֱרֶה אַפְּךָ בְּעַמֶּךָ

Vaye’hal Moshe et-peney Adonay Elohav vayomer lamah Adonay ye’hereh apkha be'amekha?

Et Moïse pria à la face de Hashem son Dieu et il dit : Pourquoi Dieu ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple ?

 

Amékha avec un Ségol. Je ne prendrais pas le temps de l’expliquer ce matin. Simplement, il y a une différence dans le sens du mot. Dans tous les cas Amékha cela veut dire ton peuple, mais lorsque cela se décline avec un Shéva ou avec un Ségol, il y a une petite nuance.

 

Il apparait quand même qu’il y a un peuple qui s’est adjoint au peuple hébreu lors de la sortie d’Egypte et qu’on appelle le Erev Rav - le grand mélange. Un grand mélange d’individus.

 

32:7

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  לֶךְ-רֵד--כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ, אֲשֶׁר הֶעֱלֵיתָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Vayedaber Adonay el-Moshe lekh-red Ki shi’het amekha asher he'eleyta me'erets Mitsrayim.

Et Hashem dis à Moïse : va descend ! car TON peuple s’est mal conduit Celui que tu as fait monté du pays d’Egypte

 

Cette racine Shi’het vient du verbe Lésha’het dont le sens étymologique signifie « détruire », mais ici le sens est lesha’het et darko : a détruit son chemin, mal se conduire. Sous entendu le mot de Derekh : une route, un chemin, une voie, dans le sens aussi comme en français la conduite la manière de se conduire.

 

Comme s’il y avait écrit ki shi’het amekha (et darko).

Je vous donne cette réfèrence vous l’avez aussi dans…

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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