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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 12:32

Nitsavim 1985 – Suite & fin
 par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi

Commentaire Nitsavim (1984) 2ème. partie (qualité sonore moyenne).


Le Maharal explique ceci :

Il y a un comportement qui mène à toute faute que ce soit. Et les différentes écoles de moralistes le définissent de différentes manières. Pour le Maharal c’est l’orgueil qui mène à quelque faute que ce soit. Donc,  « les mains de la faute », quelque faute que ce soit, c’est l’orgueil.

 

A rattacher à notre analyse : Pourquoi l’aveu est le plus difficile ? Parce que toute faute étant une faute d’orgueil, l’aveu est difficile.

 

On pourrait également citer d’autres écoles de moralistes qui désignent les vertus un peu différentes ou parallèle. Mais le Maharal a consacré un chapitre entier à l’analyse de cette question : la tendance à l’orgueil comme commencement de toute faute.

 

Le Malbim a étudié le même thème sur un des Psaumes que l’on lit le vendredi soir : « Hashem malakh geout lareish » Hashem seul  peut s’enorgueillir... »

Le manque d’humilité c’est la faute par excellence pour toute créature.

Seulement d’Hashem on peut dire « lorsque Dieu rêgne il s’habille d’orgueil ».

Un commentaire attribué au Malbim : « Seul les humbles ont le droit d’être orgueilleux ». 

 

C’est la même idée :

Toute faute est un manque de mérite, un manque de niveau d’être. C’est le signe qu’on n’est pas encore le Tsadik accompli, c’est-à-dire la créature réussie. Se prendre pour la créature réussie avant de l’être, c’est cela l’orgueil. C’est donc bien l’orgueil qui est la racine de toute faute.

 

Une autre école a mis en évidence l’idée que la faute c’est l’ingratitude. Si on étudie bien la portée du récit biblique dans l’ordre de l’échec de la créature jusqu’au moment de la Guéoulah, on s’aperçoit que tous les récits montrent que la faille vient de l’ingratitude. A lire attentivement dans le Moussaf de Kipour. Quel a été l’échec du 1er homme ? L’ingratitude ! Rappelez-vous l’image précédente : il n’est pas revenu, ayant appris à marcher il est aller ailleurs. C’est l’ingratitude. Et idem dans tous les récits.

 

Je ne peux dire que c’est la même explication car elle est différente du point de vue de l’expérience. Du point de vue intellectuel cela revient au même. Mais finalement, on va viser les comportements moraux dans l’expérience existentiel suivant la sensibilité propre à chaque école de Moussar et c’est très problablement - tout cela qui est vrai à la fois – mais par rapport à l’aspect de la mode culturel du temps considéré. Il y a des temps de culture où il fait bien d’être orgueilleux, d’autre temps où il fait bien d’être ingrat, ...etc. 

 

Retour au problème :

Quand le verset dit :

 

30:11

כִּי הַמִּצְוָה הַזֹּאת, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם--לֹא-נִפְלֵאת הִוא מִמְּךָ, וְלֹא רְחֹקָה הִוא

Ki hamitsvah hazot asher anochi metsavecha hayom

Car cette Mitsvah que je te prescrit aujourd’hui...

 

C’est évidemment un des commandements de la Torah  apparemment, de quoi parle-t’il ?

De la Teshouvah d’après le contexte ? ou parle-t’il d’autre chose ?

 

Je m’appuie ici sur l’étude faite par l’avant-dernier Grand Rabbin Bnei Ashkénazi le Rav Jolti qui est un très grand Darshan, un des plus grand orateurs de l’enseignement de la Torah de notre temps. Dans son texte il cite la Mishnah que nous allons étudier ensemble.

Chapitre 7 Halakhah 5 des Hil’hot Teshouvah de Maïmonide :

 

5. Tous les prophètes ont prescrit [au peuple] la Teshouvah. C’est seulement par la Teshouvah que le peuple juif sera racheté. La Torah a déjà promis que les juifs se repentiront à la fin de leur exil, et seront immédiatement délivrés, comme il est dit : «Or, quand te seront survenus tous ces évènements… tu retourneras à l’Eternel ton D.ieu…l’Eternel mettra un terme à ton exil et aura pitié de toi, et Il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels Il t’aura dispersé ».

 

Cela ressemble à une Mitsvah. Et ici Rambam entre dans une discussion importante de la Guemara Sanhédrin : est-ce que la Guéoulah n’est possible que si Israël fait Teshouvah ou bien même sans Teshouvah la Guéoulah viendra ?

 

Cela semble contradictoire. En realité le Rambam ne se contredit pas :

 

Tous les prophètes (sans exception)ont ordonné la Teshouvah. Et Israël ne sera sauvé que par la Torah. Et déjà la Torah a promis qu’en fin de compte Israël fera Teshouvah, à la fin de leur exil, et immédiatement ils seront délivrés.

 

Cela veut dire qu’à la fin des temps d’exil, Israël fera Teshouvah et sera donc délivré .

 

Je reprends la difficulté : Rambam commence par dire que tous les Néviim ont institué le commandement de la Teshouvah. Et d’autre part nous dit Maïmonide que nous savons par le Talmud qu’Israël sera délivré que s’il fait Teshouvah. Or, quel est le problème ? Ou bien Israël fait Tshouvah et n’est délivré que s’il fait Teshouvah. Ou bien il fait Teshouvah et ne sera pas délivré mais la Guéoulah la délivrance est nécessaire. Cela semble contradictoire ?

 

La solution est particulière à Maïmonide. C’est une promesse que l’on retrouvera dans notre texte :

Dieu fera qu’à la fin de l’exil - si pendant tout le temps de l’exil, Israël n’a pas obéi au commandement de faire Teshouvah - à la fin de l’exil, Israël fera Teshouvah et ils seront délivrés.

 

C’est ainsi que Maïmonide résoud la difficulté.

 

La Teshouvah est une conduite autonome qui répond  à une obligation. Mais d’autre part c’est une promesse. Et cela se rattache à la discussion de savoir si la Teshouvah est nécessaire pour que la délivrance ait lieu ou bien, si même si la Teshouvah ne marche pas la délivrance aura lieu ?

 

Dans le Talmud la discussion s’arrête sur l’opinion de celui qui dit que même sans Teshouvah la délivrance aura lieu. Maïmonide semble choisir l’autre opinion, mais il résoud la difficulté ainsi : il y aura Teshouvah mais parce que Dieu nous obligera à faire Teshouvah à la fin des temps, et nous serons délivrés. Nous serons délivrés par la Teshouvah même sans avoir fait Teshouvah

 

Ce n’est pas la peine d’analyser plus profondément.

Vous retrouvez-là l’analyse du Rav Aviner.

 

C’est ce qui s’est passé de notre temps. On a été obligé de faire Teshouvah alors on a été délivré.

Cela ne peut se passer comme le dit Maïmonide qu’à la fin du temps de l’exil. Besof Galoutam. Qu’à la fin du temps prévu pour l’exil. Si nous avions obéi au commandement de Teshouvah avant, par l’initiative humaine, l’exil aurait fini bien avant si nous étions revenus par conduite autonome de Teshouvah.  Mais puisqu’on n’est pas revenu par conduite autonome de Teshouvah et qu’on n’a pas mérité suffisamment à l’échelle individuelle, le retour collectif n’a pas pu se faire, alors nous avons été obligés par les événements. Et puisque obligés par les événements nous sommes revenus, alors nous avons été délivrés. La fin de l’exil a eu lieu pour la partie du peuple qui est revenu sur la terre d’Israël.

 

Voilà le verset que Maïmonide cite à l’appui : Nitsavim 30:1-4 :

 

Or, quand te seront survenus tous ces évènements… tu retourneras à l’Eternel ton D.ieu…l’Eternel mettra un terme à ton exil et aura pitié de toi, et Il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels Il t’aura dispersé ».

 

Le Rambam n’a pas cité le contexte de la Guémara. Déjà dans la Guemara de Sanhédrin, cette solution est indiquée. Peut-être nous entrons-là dans les soucis pédagogiques de Maïmonide qui souhaitait que la Guéoulah  ait déjà lieu de son temps. C’est pourquoi il y a écrit Mishneh Torah : pour que les Talmidei ‘Hakhamim disposent d’un code maniable pour une société qui en a besoin tous les jours et qu’ils n’aient pas à passer des heures dans le Talmud pour savoir comment faire. Il a écrit Yad Ha’hazaqah pour qu’un état d’Israël éventuel dispose de la constitution. Vous voyez à quel point il nous manque aujourd’hui. 

 

Il est possible qu’il y ait aujourd’hui un homme de l’envergure de Maïmonide pour nous donner cette constitution, mais tant qu’on ne la mérite pas, il se cache. Cela veut dire que tant que n’est pas venu le moment où elle peut être reçue elle n’est pas donnée...

 

Il y a là une situation contemporaine d’éclatement de diasporas intérieures que nous vivons tous les jours qui est l’indice que cela ne peut pas être pire et donc qu’on va être sauvé. Enfin, il y a encore quelques années...

 

Mais je reviens à notre sujet : la Guémarah nous dit comment cela va se passer : soit ils font Teshouvah et c’est très bien, soit ils ne font pas Teshouvah et je leur enverrais un roi plus méchant que Haman et ils feront Teshouvah...

 

Cela Maïmonide ne l’a pas cité.

Or, c’est comme cela que c’est arrivé : pourquoi Israël est revenu ?

En fin de compte parce que les grands pogroms ont commencé. Et avant même Hitler il s’agissait de faire Teshouvah.

 

Il est évident qu’il est très paradoxal de découvrir cela : quand les Juifs qui ne se basent pas sur la Torah disent pourquoi ils sont revenus : « à cause des persécutions », c’est précisément ce que la Torah dit. Il faut leur dévoiler qu’ils sont en ordre béseder. Il aurait fallu éviter cela, mais c’est ce que la Torah a dit. En venant en Erets Israël même comme terre d’asile on commence à accomplir le programme de la Torah.

 

Par conséquent, des deux côtés, ou il n’y a pas du tout à récuser l’authenticité du retour de ceux qui sont revenus comme cela, avec leur argumentation, sans aveu.  Et il n’y a pas non plus à mépriser ce comportement. Il y a bien au contraire à l’éclairer en dévoilant à ceux qui sont dans ce cas qu’ils sont plus Tsadikim qu’ils le pensaient, en tout cas bien plus Tsadikim que ceux qui ne reviennent pas tout en étant des hommes de la Torah.

 

Rambam nous pose clairement cette difficulté. 

=>  D’une part c’est une Mitsvah que tous les Néviim ont prescrit comme Mitsvah,

=>  D’autre part c’est une promesse que cela arrivera.

 

Il souhaitait que ce soit le cas de son temps. Il s’est bien aperçu que les Juifs étaient occupés ailleurs pendant que lui aurait voulu avec d’autres Rabbins la Guéoulah de ce temps-là. Pendant ce temps-là les Juifs s’occupaient de fonder Amsterdam et la Nouvelle Amsterdam, d’amener la bénédiction dans les Balkans, de préparer les villas au Maroc et ailleurs... jusque dans les confins de partout. Devant ce diagnostic il ne dit pas ce qui arrivera, il a laissé cela dans le mystère. Comment Dieu va s’y prendre pour que les Juifs reviennent quand même ? Cela la Guémara le dit : ils y reviendrons dans la difficulté mais c’est la Guéoulah.

 

***

 

Q : Si Rambam explique que Israël à la fin des temps sera obligé de faire Teshouvah cela veut-il dire qu’il adopte comme opinion que même sans Teshouvah il puisse y avoir une Guéoulah puisque c’est une Teshouvah obligée ?

R : Pas du tout. Parce que tout le monde a été obligé, mais seuls ceux qui ont fait une Teshouvah obligée l’ont faite. Dans cette obligation de faire Teshouvah de tout le monde, une partie d’Israël a fait Teshouvah. Par conséquent, il y a quand même un Zkhout.

Encore un point : la Guémarah (Sanhédrin 97b 98a) est très claire : la discussion est entre Rabi Yoshouah et Rabi Eliezer. Selon le premier il faut Teshouvah et il cite des versets à l’appui.  Selon le 2nd sans Teshouvah, et il cite des versets. A la fin au dernier verset cité par Rabi Eliezer, Rabi Yehoshouah se tait et ne cite pas de verset. Beaucoup de commentateurs anti-messianiques diront : il n’en pensait pas moins. On n’en conclut qu’il est d’accord avec lui car il n’a pas cité de verset.  

 

La réponse dans la même page de Sanhedrin : s’ils méritent la Guéoulah est avancée et c’est là qu’il faut faire Teshouvah. S’ils ne le méritent pas elle viendra en son temps et là il n’y aurait pas besoin de Teshouvah, c’est le temps qui fera la Teshouvah.

 

Le Rav a fait ici un ‘Hidoush : quand le temps arrivera on fera quand même Teshouvah mais une Teshouvah obligée.

 

Le peuple juif a vécu l’événement qui l’obligea à faire Teshouvah, mais c’est une partie du peuple seulement qui a fait teshouvah, mais il y a mérite quand même. 

 

En ce qui concerne la sortie d’Egypte :

Cf. début de Shémot Parshat Vaéra :

6 :4

וְגַם הֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתָּם, לָתֵת לָהֶם אֶת-אֶרֶץ כְּנָעַן--אֵת אֶרֶץ מְגֻרֵיהֶם, אֲשֶׁר-גָּרוּ בָהּ.

Vegam hakimoti et-briti itam latet lahem et-erets Kena'an et erets megureyhem asher garu vah.

Et aussi j'avais établi mon alliance avec eux en leur faisant don du pays de Canaan, cette terre de leurs pérégrinations où ils vécurent étrangers

 

וְגַם הֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתָּם

Vegam hakimoti et-briti itam…

La sortie d’Egypte s’est faite Be’Hessed Elyon sans mérite parce qu’une promesse devait être accomplie. Il y avait quand même, un peu à la manière de ce que je viens de dire, quelque chose de l’ordre du mérite puisque seuls ceux qui ont mérité sont sortis et les autres ne sont pas sortis !

Mais le Midrash intervient et décrit un mérite qui aujourd’hui nous ferait sourire parce qu’on ne comprend pas à quel point c’est important : « ils n’ont pas changé leur noms, leur langues, leur vêtement, et ont conservé leur pureté familiale... » C’est cela le mérite de la Teshouvah.

 

Comparé avec la situation d’aujourd’hui, et toute comparaison doit être faite à un niveau d’analogie x, c’est bien ce qui est arrivé : seuls ceux qui voulaient se retrouver Juifs en Hébreux sont revenus : c’est-à-dire ne pas changer leur nom, leur langue, leur vêtement : le Talit ou le drapeau (bleu et blanc, c’est la même chose à ce niveau-là), il ne s’agit pas du Kartan des Séfardim ou de la capote des nationalistes qui sont des vêtements adoptés, sacralisés. Ce ne sont pas des vêtements hébreux mais juifs. Ils sont des vêtements adoptés, ils ne sont pas d’Israël.

 

Il y a eu au 2nd degré cette fidélité-là qui explique le comportement des sociétés ‘Harediot : c’est à un certain moment de leur histoire qu’ils ont décidé de ne plus changer, mais elles sont habillées ainsi parce qu’elles ont changé avant... Il y a là un réaménagement de sensibilité à faire : bien sûr que c’est juif, mais ce n’est pas juif d’Israël, mais juifs de Galout ! C’est un événement important d’être habillé à la manière des ancêtres. Mais quels ancêtres ? Ceux du passage contingent et arbitraire de cet âge ou ceux des ancêtres sémites hébreux ?

 

Avec ces tentations ratées dans les erreurs de tirs du retour aux sources d’aller chercher le modèle chez les arabes...

 

En réalité, on ne sait plus comment est ce vêtement ? Ce n’est pas grave car Israël va le réinventer et ce sera le vêtement hébreu, c’est ce la qu’il faut comprendre, et non pas la fidélité au vêtement de Galout.

 

Une anecdocte que le Rav Tsvi Yehoudah Kook m’a raconté : il y a très longtemps son père a été invité à célébrer le mariage de tout nouveaux  juifs palestiniens d’avant l’état d’Israël. Il s’agissait d’un Kiboutsi qui était en uniforme de Kiboutsi sous la ‘Houpah avec une casquette de Shomer. Marié à une fille ‘Harédi. Il y a eu une émeute : comment le Rav pouvait-il bénir un tel mariage sous la ‘Houpah kadosh avec cette casquette  ? Il leur a répondu : la casquette du Shomer est dans la Torah : « Shoftim véshoterim titen lekha » c’est un verset clair. Tandis que le reste n’y est pas...

 

Il faut arriver à ce stade, il faut un effort de vision aigüe pour savoir que ce qui est hébreu est Qadosh en tant que c’est hébreu, et qu’il y a une Qedushah à laquelle on s’est déshabitué pendant 2000 ans. On a une Qedoushah transfigurée qu’on reconnait même dans des véhicules qu’on a sacralisé mais qui n’était pas les véhicules normaux, naturels de Am Israël. Aujourd’hui je crois que la société juive où qu’elle soit, et surtout en Israël, sans ses habits traditionnels (Kaftans et autres) ne serait pas ce qu’elle doit être. On ne pourra plus s’en passer.

 

Le Midrash qui nous parle des mérites grâce auxquels les hébreux sont sortis d’Egypte nous diagnostique avant la lettre ce qui s’est passé de notre temps. Cela veut dire que dans notre langage moderne contemporain qui est très partiel, ce sont des critères d’ordre nationaux de fidélité nationale et non pas du tout des critères de niveau religieux dans le sens théologique. C’est bien évident.

 

Les artistes israéliens de la génération montante, dans la mesure où ils ne se coupent pas de leur origine juive retrouveront de quoi il s’agit. Ils nous donneront les comportements hébreux parce qu’ils seront redevenus hébreux. A quoi cela ressemble-t’il ? Le Rav Kook a un chapitre là-dessus : il faut être Tsavar - né de la terre d’Israël pour être prophète. Il n’y aura que les Tsavarim qui seront prophètes. C’est un peu cela : tout comme il n’y aura que les artistes hébreux israéliens qui seront juifs. Jusqu’à présent il n’y a pas d’artiste. Il y a un art Goy « enjuivé ». Comme les ‘Hanoukiot. Un jour on aura une ‘hanoukia israélienne. L’art des juifs a toujours été un art goy sur lequel on a mis un accent de sainteté.

 

***

 

Je termine l’analyse :

La solution c’est qu’on ne parlait pas de la même Guéoulah dans la discussion du Talmud. Quand Rabi Yehoshouah dit qu’il faut le mérite, il parlait de la Guéoulah bimei rabe yaménou  il parle de Géoulah le plus vite possible. Quand rabi Eliezer dit qu’on n’a pas besoin du mérite il parle de la Geoulah ultime de la fin des temps.   

 

Il y a là une ligne de lecture depuis le temps des prophètes, surement depuis le temps de la Torah,  que les deux lignes étaient possibles. Et que de plus en plus les sages d’Israël, et premièrement les prophètes, ont vu qu’Israël avait finalement choisi la ligne de l’attente jusqu’au dernier rendez-vous. C’est pourquoi avec le temps les sources qui parlent de l’éventualité catastrophique (Teshouvah obligée forcée) sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus détaillée. 

 

Je reprends le texte du Rav avant de conclure :

Dans les Hil’hot Teshouvah il est bien clair que Rambam résoud la contradiction en penchant pour  la Teshouvah – en tant que promesse qu’Israël fera Teshouvah - et non pas en tant que commandement.

Le Rav explique de la manière suivante :

Pour le Rambam la Teshouvah est un comportement naturel du Tsadik et donc on ne peut pas légiférer sur un comportement naturel puisque c’est une tendance pour laquelle il n’y a pas de liberté. Où est donc l’aspect de la Mitsvah ? C’est que lorsque ce comportement arrivera en fin de compte avec la promesse qu’il arrivera il faut l’authentifier. Le commandement est donc l’aveu du Vidouï.

 

Comment va-t’il expliquer alors notre verset où l’on parle de la Mitsvah ? En nous disant que la Mitsvah dont parle ici la Torah n’est pas la Teshouvah mais l’étude de la Torah !

Parce que c’est l’étude de la Torah qui fera qu’en fin de compte on fera Teshouvah.

 

Quand notre texte dit :

30:11

כִּי הַמִּצְוָה הַזֹּאת, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם--לֹא-נִפְלֵאת הִוא מִמְּךָ, וְלֹא רְחֹקָה הִוא

Ki hamitsvah hazot asher anochi metsavecha hayom

lo-niflet hi mimecha

velo-rechokah hi

Car cette mitsvah-là que Je te prescrit aujourd’hui

Elle n’est pas trop merveilleuse pour toi

Elle n’est pas trop loin de toi...

 

Il ne s’agit pas tellement de la Mitsvah de la Teshouvah mais de celle de l’étude de la Torah. 

 

Nous sommes en présence d’une problématique : le Rambam parle au plus au niveau d’authenticité de l’homme : si l’homme est véritablement sensible aux valeurs, il n’y a pas à lui commander le retour à la vertu quand il l’a perdu, c’est sa propre nature qui l’obligera à le faire. Et c’est vrai pour la Teshouvah individuelle et c’est vrai pour l’histoire d’Israël. Si Israël est vraiment le peuple d’Israël, il n’y a pas à lui commander de revenir de l’exil, il y reviendra de lui-même, avec la nuance du point de vue de la juridiction que cela ne peut être authentique qu’avec l’aveu.

Si on est réfractaires à l’aveu alors on arrive au verset 6 : Dieu intervient :

 

30:6

וּמָל יְהוָה אֱלֹהֶיךָ אֶת-לְבָבְךָ, וְאֶת-לְבַב זַרְעֶךָ:  לְאַהֲבָה אֶת-יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, בְּכָל-לְבָבְךָ וּבְכָל-נַפְשְׁךָ--לְמַעַן חַיֶּיךָ

Umal Adonay Eloheycha et-levavecha ve'et-levav zar'echa le'ahavah et-Adonay Eloheycha bechol-levavcha uvechol-nafshecha lema'an chayeycha.

Dieu circonciras ton coeur de telle sorte que tu puisses savoir parler... (avouer)

 

Na’hmanide :

Alors que le Ramban va établir l’aspect de commandement de la Teshouvah parce qu’il prend le problème au niveau de la réalité qui se trouve pendant tout le temps qui va jusqu’à la fin des temps. L’histoire ayant donné finalement raison à Maïmonide. Si Israël est revenu c’est qu’il ne pouvait pas faire autrement que de revenir. Pas parce qu’il y avait un commandement de revenir.

  

Quand est-ce que Dieu a donné le feu vert pour que la possibilité de revenir en fin de compte, dans toutes les difficultés que nous connaissons depuis 100 ans dans notre histoire, 38 ans après l’état où nous trouvons ? C’est quand le peuple juif a décidé de fonder un mouvement qui s’appelait le mouvement du retour. Le seul messianisme cachère au yeux de Dieu a été le mouvement sioniste. Pourquoi ? Parce qu’il s’agissait d’une décision du peuple juif de revenir en tant que nation !

Alors cela a réussi. Dans les difficultés que nous connaissons, mais c’est arrivé en 1948. Quelque chose de tellement énorme qu’on ne se rend plus compte que c’est arrivé.

Pendant 2000 ans, c’est impossible, nékoudah ! A partir de de 1948 c’est possible, nekoudah !

Tous ceux qui sont nés après sont défavorisés par qu’ils ne sauront jamais ce qui s’est passé. Sauf intellectuellement. En même temps ils sont privilégiés : ils entrent dans un monde où il y a déjà Israël ! Je vois cela avec mes propres enfants : ils sont nés après l’état d’Israël. J’ai connu le monde où il n’y avait pas Israël mais des juifs dispersés. Et voilà que subitement il y a Israël ! Ce n’est plus le même monde. Cela n’a rien à voir. Pas seulement pour les juifs mais pour le monde entier.

 

D’où cela est-il venu ? D’un surcroit de piété ? Il n’y avait pas de Baal Teshouvah à l’époque !

Le seul mouvement fut celui du sionisme, purement et simplement. C’est-à-dire la décision de la nation juive comme telle de se définir comme nation du retour en Erets Israël pour fonder la nation. Ce fut un mouvement national qui a montré à Dieu que Israël avait compris et qui a mené à la déclaration Balfour. Avec toutes les difficultés qu’il y a eu, et qui continuent. Mais c’est cela qui s’est passé.

 

Tout ceux qui font Teshouvah aujourd’hui dans un sens premièrement religieux, le font dans des conditions privilégiées, et quand ils sont ici, ils ne le sont que grâce à ce qu’il s’est passé de façon irréversible en 1948. Tout a changé. Il est bien évident que cette 2ème étape qui s’annonce déjà - pas seulement « Teshouvah ad » mais « Teshouvah el » - pas seulement en Israël mais avec la Torah – n’aurait jamais été possible s’il n’y avait pas eu la première étape.   

 

Et je crois qu’il est important de le dire aux 2 parties : ceux qui font Teshouvah à la Torah et s’enferment là où ils s’enferment le doivent à ceux qui sont revenus sans dire de quoi il s’agissait. Et qu’inversément, ceux qui sont revenus sans dire de quoi il s’agissait, sachent la grande chose qu’ils ont faite, et que c’est dans la Torah ! Peut être cela aidera un jour à dévier ce dialogue impossible entre les uns et les autres et réciproquement.

 

Q : inaudible. [Israël a voulu rester en Galout ?]

R : Evidemment. C’est comme dira le Midrash un père mécontent de son fils et qui l’envoie et ajoute « et reviens vite ! ». Mais pourquoi attendre la fin des temps. Le Midrash sur Tisha BéAv le dit de façon claire : le jour de la destruction du Temple, le Messie est né. Mais on n’en a pas voulu. Si on avait voulu, on serait revenu tout de suite... Concrétement c’est un pére qui dit à ton fils :  « méchant va t’en, reviens ! ». Et le fils n’entends que le « va-t’en ! »

Mais il y a avait un temps de rendez vous : Ou bien vous me laissez vous faire revenir et vous revenez tout de suite, ou bien vous ne me laissez par vous faire revenir et vous reviendrez quand même. Et alors on a attendu de revenir quand même.

 

C’est ce que le rav Aviner vous aurait dit à sa manière :

Au fond que faisons nous ? C’est quelque chose d’assez inouï qui fait partie du caractère ubuesque de l’histoire juve contemporaine. Cela consiste à enfoncer des portes ouvertes avec des tanks. Inouï de voir refuser l’évidence qui nous justifierait. C’est incompréhensible de voir à quel point on s’est denaturé pendant l’exil.

 

Il y a une explication de l’exil qui est que Israël est tombé malade, au temps du 1er du 2ème temple. alors Dieu l’a envoyé en convalescence se soigner et se guérir. Dieu lui dit « tu es guéri, reviens ! » Israël répond que non : en partant il avait pris une valise de médicaments qu’il n’a pas encore fini... Il reste encore des médicaments...

 Reviens tu es guéris !

C’est ce qu’on a à leur dire aujourd’hui. Ce sont les Mistvot en Galout.

Jette tes médicaments et reviens ! 

Ce sont des évidences élémentaires.

 

C’est ce qui commence avec notre ancêtre Abraham. Relisez bien les chapitres 14-15-16 de Bereshit.

Dieu dit à Abraham : « tu sais c’est toi ! ». Abraham: « t’es sûr ? ». Maharal en citant le Talmud y voit la cause de l’exil.

Si tu n’es pas sûr, va te rassurer là-bas... et tu reviendras en étant sûr...

C’est ce qui se passe actuellement après 2000 ans d’exil épouvantables, Dieu leur dit que c’est fini.

Mais le peuple juif a encore des médicaments...

 

******

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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