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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 19:33

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Je crois que cela suffit comme indication. Je voudrais un peu analyser certains points de l’enseignement du Zohar.

 

Il y a 2 périodes dans l’histoire des 40 ans de l’état d’Israël contemporain. Il y a jusqu’en 1967 et á partir de 1967. Vous l’avez senti ? Jusqu’à la guerre des 6 jours, l’opinion publique était pour Israël, l’opinion juive y compris d’ailleurs. Et à partir de 1967 tout s’inverse. Et nous sommes encore dans cette période à partir de 67. Or, de 48 à 67 quel a été l’objectif de la guerre de libération des Juifs ? C’est de lutter contre les Anglais. En 1948 on a réussit comme voulait Jeanne d’Arc à bouter les Anglais hors du territoire de la patrie.

 

[A ce moment-là nous avions reçu à Orsay les scouts catholiques bretons qui étaient venus contracter alliance avec les éclaireurs israélites à Paris. Ils nous ont dit : nous avons le même ennemi et ils nous ont chanté la Hatikvah au son de la cornemuse ! C’était au temps de Gérard Alexandre.]

 

Et à partir de 1967 tout change ! Or, jusqu’en 1967 nous étions aux prises avec les fils d’Esaü. Et ils n’ont pas de droit sur la terre d’après ce texte puisqu’ils ne sont pas circoncis. Cela c’est la prétention d’Esaü contre Jacob. Et là l’histoire, le monde entier, a pris acte que les Juifs revenaient et que ce n’est évidemment pas les Chrétiens qui les empêcheraient. Entretemps il y a eu la Shoah et donc Rome s’est tue.

 

A partir de 1967 on avait affaire avec les Arabes et non plus les Anglais. Tout a changé d’un coup. Et corollairement le sionisme jusqu’en 1967 n’avait pas tellement besoin de se baser sur la Torah. C’est-à-dire le mérite des Mitsvot. Effectivement, c’est le mérite du parti travailliste qui était au pouvoir jusqu’en 1967. Et puis Goush Emounim est apparu en 67, c’est-à-dire un sionisme au nom de la Torah parce que là on avait affaire avec Ishmaël, alors il fallait le Zekhout de la Torah. Et nous sommes en plein dans cette phase décrite par le Zohar.

 

Un enseignement du rav Kook donné il y a très longtemps. Il parlait de 1948 la déclaration d’indépendance. En 1917 il y a eu la déclaration Balfour. Après la victoire des alliés en 1918, il y a eu un moment d’inquiétude chez les Kabalistes pour savoir qui aurait le mandat sur la Palestine ?  C’était la commission Picot qui devait décider si c’était les Français où les Anglais parce qu’il s’agissait de la province sud de la Syrie et de l’empire turc. Finalement c’est passé aux Anglais et on a dit « Ouf ! » Pourquoi ? Parce que jusqu’en 1917, c’était les Turcs qui étaient dans le pays. Pas des Arabes, mais des musulmans quand même. Or, arracher Erets Israël aux musulmans c’est dur ! A cause de  la circoncision ! Alors les Chrétiens se sont mis à leur place. Et on a dit « Ouf ! ». Miracle dans le miracle : les Anglais et pas les Français !  Pourquoi ? Parce que les Français sont catholiques et pour eux les lieux saints sont sacrés ! Les protestants se fichent éperdument des lieux saints. Et en plus ils lisent la Bible alors que les catholiques ne lisent pas la Bible. La déclaration Balfour n’a été possible que parce que Balfour était anglais. Si Balfour avait été français jamais il n’y aurait eu de déclaration ! Parce que Balfour savait que d’après la Bible Israël c’est la terre des Juifs.

 

Jusqu’en 1967 on a eu affaire dans l’opinion publique entre Jérusalem et Rome. Mais à partir de 1967 dans l’opinion juive c’est Jérusalem juive et Jérusalem arabe. Et alors c’est la raison pour laquelle depuis 67 le mérite à mobiliser pour Israël doit être un mérite des Mitsvot beaucoup plus qu’avant 1967, parce qu’avant 67 il suffisait du sionisme de Ben Gourion. Tandis qu’à partir de 67 il fallait le sionisme du Rav Kook. Vous voyez comment c’est arrivé ! Allez expliquer cela aux Juifs !

 

On sait où on va mais on ne sait pas à quel prix !

 

***

 

Q : Problème du nombre de Juifs en Erets Israël ? Aliah de masse ?

R : Pour moi c’est une évidence, une certitude. La Aliah de masse je n’y crois pas. Parce que cela n’a jamais été déclenché que par des catastrophes. Alors il vaut mieux s’en passer ! Il n’y a de Aliah que un par un. On me demande très souvent s’il y aura de la place en Israël pour tout les Juifs ? C’est un alibi colossal. C’est un faux problème. La Aliah se fait un par un. Il y a des versets pour cela. La Aliah c’est un par un. L’expérience que nous avons c’est que la Aliah de masse c’est toujours après des catastrophes. On ne veut pas de catastrophe pour les Juifs.

Q : les arrivées successives en Erets Israël fera que l’Aliah se fera d’elle-même, dans le même ordre d’idée quand on est arrivé à la mer rouge, c’est quand au fur et à mesure qu’on a avancé jusqu’au out que les eaux se sont déplacées… et donc au fur et à mesure qu’on arrive la place se fera d’elle-même de manière inattendue… c’est pourquoi on peut peut-être envisager une Aliah de masse calculée sur les fondements de la logique qui pourra se faire sans drame ?

R : oui je veux bien mais comme disait je ne sais plus qui : « il est minuit docteur Schweitzer ! ». Il ne faut pas rater le dernier autobus ! On est en plein monde ubuesque ! C’est ce que dit le Zohar très clairement : qui peuplera cette terre ? Soit un juif soit un arabe ! Pour chaque juif qui n’est pas là il y a deux arabes en plus.

Nous ne savons pas du tout comment cela fonctionne. Les prophètes et les Kabalistes n’ont pas dit  comment cela fonctionne, ils ont juste dit le déroulement des événements.   

Je vous donne un exemple qui m’a beaucoup frappé. Jusqu’avant 1967, le jour de Pessa’h on a une prière que l’on doit dire au Kotel qui est entre les mains des Jordaniens. Alors on montait sur le toit de la plus grande maison  pour voir au loin le Kotel avec des jumelles et dire la prière en question.

On voyait les autobus jordaniens de cette autre planète, et on était encore dans le rêve de Jérusalem pendant 2000 ans. Subitement à la guerre des 6 jours, le roi Hussein est devenu fou et nous a fait cadeau de Jérusalem. D’ailleurs il y a quelque temps il nous a fait cadeau de la Cisjordanie ! 

Subitement on ne sait pas du tout comment ce rêve utopique sur la légende de Jérusalem s’est réalisé ! On en sait pas, mais quand cela arrive cela arrive ! Maintenant plus de 20 ans après les Juifs et le monde entier sont habitués à une situation de fait. Mais imaginez ces 2000 ans ! Ce qui est arrivé entretemps, et je crois que Hussein est un homme providentiel : chaque fois qu’il y a une gaffe à ne pas faire il la fait ! 

 

Le problème n’est pas tellement de savoir pourquoi il y a autant d’Arabes en Israël mais de savoir pourquoi il n’y a pas assez de Juifs !

 

Je vous raconte une histoire : au moment de la guerre des 6 jours, le grand Mufti de Jérusalem a fait dire à Mosheh Dayan le lendemain de la libération de Jérusalem : nous savons que vous êtes venus pour reconstruire le temple, permettez nous de démonter la mosquée et de la remonter ailleurs. Mosheh Dayan de quoi parles-tu ? Jamais de la vie ! Vous êtes chez vous ! Nous sommes de frères !

 

Cela fait 2000 ans que l’histoire des Juifs dure comme cela. Ils étaient pris de panique.

Le Mufti de ‘Hévron était persuadé qu’on allait passer tous les habitant de ‘Hévron au fil de l’épée après ce qu’ils ont fait dans les années 20. Mosheh leur a dit : on a fait la paix ! Restez chez vous, vous aurez un maire arabe… Surtout considérez vous comme chez vous !

Je ne critique pas du tout Mosheh Dayan. C’est la réaction des Juifs : une utopie optimiste colossale !

 

La stupéfaction que 2000 ans après Rome on est revenu sur la montagne du temple n’aurait pas peser lourd pendant 24h. le temps qu’il fallait pour démonter la mosquée. Après ils auraient crié, mais trop tard !

 

Q: comment expliquer cette apathie du peuple juif après 2000 ans de leçons d’histoire ?

R: Il n’y a que Dieu qui peut juger. Nous avons un grand principe : tout juif est juif même un juif pieux ! Alors c’est comme ça !

Remarquez que vous posez la question de paris et je vous réponds depuis Jérusalem. C’est cela l’humour juif !  Normalement ce serait à moi de vous poser la question et à vous de répondre !

 

La Bible a raconté l’histoire du peuple d’Israël. Et nous sommes le peuple d’Israël. Or, ce texte-là nous montre cette attitude d’Abraham vis-à-vis d’Ishmaël alors que le sort d’Isaac est en jeu. On a appris dans ce séminaire que nous en sommes pas Abraham, ni Isaac, mais Israël fils d’Isaac fils d’Abraham et notre engagement dans la vie doit être celui d’Israël, et non pas la vertu d’Abraham qui est la charité absolue Et donc il est normal qu’Abraham soit charitable avec Ishmaël. Et pendant qu’il est occupé à être charitable pour Ishmaël il ne pense pas à Isaac. Il y a des tendances dans la société juive qui sont d’Abraham ou d’Isaac et qui rende la tâche d’Israël difficile.

 

Je me trouvais il y a quelques années à Paris dans un club juif. On parlait d’un enseignement de Torah et alors inévitablement un juif pieux s’est levé pour m’interpeller sur Israël : je voudrais avoir des garanties que je peux être religieux en Israël ! Je le regarde stupéfait et je lui ait répondu spontanément ceci : Si tu as besoin de garanties pour retourner chez ta mère, c’est que peut-être ce n’est pas ta mère ! Silence dans la salle… Ce n’était pas un juif ! 

 

Q : Cette générosité aveugle n’est-elle pas une sorte de masochisme hérité à la suite de 2000 ans, une habitude de pensée et d’acte imprimée dans les cellules du Juif qui est comme drogué au point qu’inconsciemment il la reproduit ? Et dans ce besoin inconscient de souffrance il y a ce débordement de générosité ?

R :  Votre explication existe, nous l’entendons souvent, elle est cohérente d’ailleurs, mais elle ne peut pas répondre à la question. Parce que de la même cellule, de la même hérédité, de la même expérience, une partie a construit Israël et une partie est celle que vous décrivez. Donc cela ne suffit pas à rendre compte, il y a un mystère : pourquoi d’une même famille avec la même hérédité, l’un est ainsi et l’autre comme cela ? C’est qu’il y a autre chose ! Cela ne suffit pas à expliquer le problème.

 

Q :

R : C’est le problème du nombre de Juifs en Erets Israël : La Shékhinah revient mais elle revient au prorata du nombre de Juifs ! On a une petite Shékhinah !

 

Il y a eu en Israël il y a quelques années l’affaire Shalit.

C’était une femme scandinave qui avait épousé un israélien, et qui ne s’était pas convertie au judaïsme et tenait absolument à ce que sa carte d’identité comporte non pas la mention « juive » mais « israélienne». Elle ne voulait qu’on lui impose d’être juive pour être israélienne. La mairie avait demandé de mettre chrétienne tout simplement. Non elle voulait israélienne mais pas juive. Et à ce moment a commencé le débat de savoir qui est juif. Il y a des remouds surtout en université. J’ai assisté à l’une de ces assemblées où la majorité était des juifs non religieux de la gauche israélienne universitaire. C’est le Rav Neiria, chef des réseaux des Bnei Akiva, qui devait faire sa conférence sur ce problème. Il commence par dire : « tous les jours on verse dans ce pays du sang juif innocent et vous ne réagissez pas ? » Silence dans la salle… « On circoncis vos enfants et vous ne réagissez pas ? » Il s’agissait en majorité de non-croyants ! Silence opaque… L’un d’entre eux se lève : « Tu nous a pris pour des bâtards ou quoi ? »

C’est le mystère ! 

Imaginez des gauchistes anti-religieux qui se sont sentis insultés. Ils ont d’ailleurs très bien compris la leçon. La conférence s’est arrêtée là. La circoncision est un mystère, c’est la garantie qu’Israël est bien Israël ! C’est une Mitsvah que tous les Juifs en Israël pratiquent à part quelques marginaux dont Shalit. En fin de compte cette famille a quitté le pays et vit en Scandinavie.  

Il y a quelques chose d’inexplicable : Israël sait inconsciemment que la circoncision le protège. Toute la gauche israélienne qui n’a rien à voir avec la Torah mais qui a à l’origine construit le pays en grande partie, et qui garantit son identité – ce qu’a enseigné le Zohar - avec la circoncision des petits de HaShomer Hatsaïr ! C’est un mystère ! 

 

< fin >

 

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 19:32

Abraham L'hébreu ou l’espérance de fraternité (1988) 4c

 

Abraham L'hébreu 88

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/engendrements/abraham_l_hebreu_serie_1988/cours_4

Durée : 41,1 minutes
Face B

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Seulement c’est quand il y a hémophilie alors on ne fait pas la circoncision. S’il y a maladie on la fait un autre jour. S’il y a eu empêchement par la nature alors le mérite de la relation à la communauté fait que la valeur de cette circoncision a la valeur de la circoncision à 8 jours. Et ce n’est pas symbolique. Le fait que la circoncision ait lieu a 8 jours fabrique l’identité hébraïque ou plutôt lui donne le sceau hébreu. Ce n’est pas la circoncision qui fait qu’un juif est juif. Un juif est juif par la naissance, circoncis ou pas. Mais un juif incirconcis c’est grave. Et la circoncision qui ne se fait pas à 8 jours n’est pas cachère. Je vous dis cela parce que je sais que dans les temps contemporains les rabbins ont des problèmes avec leurs juifs à cause du dimanche, parce que les Juifs attendent le dimanche pour inviter leurs amis à la circoncision… C’est très grave de repousser le jour de la circoncision. Même quand c’est Shabat on fait la circoncision le Shabat et à la synagogue, le 8èmejour. Problème si l’enfant est né le vendredi soir entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles le vendredi soir, le rabbin doit décider si la circoncision a lieu le dimanche ou le vendredi d’après mais par le Shabat. Mais tout cela il y a des raisons pour. Je ne veux pas entrer dans le sujet mais ce 8ème  jour c’est très important.  

 

Il est possible de formuler le thème ainsi : la spécificité de l’identité juive reste un mystère. On est obligé de prendre acte qu’il y a une spécificité de l’identité juive. Admettons que c’est lié d’abord à la circoncision à 8 jours. Beaucoup d’études ont été faites là-dessus.    

 

Voilà ce que répond Dieu à l’ange d’Ishmaël :

Tu as raison il est circoncis ! Mais pas à 8 jour !

 

Et pas seulement cela, que les uns sont attachés à moi comme il faut à 8 jours, alors que les autres sont loin de moi jusqu’à tant de jours.

 

Ici il ne s’agit plus de la durée dans le calendrier mais c’est un problème de Séfirot.

 

Amar lé… Il (le Sar) lui a répondu : bien qu’il en soit ainsi puisqu’il est circoncis n’aurait-il pas un bon salaire pour cela ?

 

Et effectivement, parmi tous les Goyim il y a quand même le cas de Ishmaël qui est circoncis. Indépendamment du fait qu’étant circoncis son monothéisme est compatible au monothéisme d’Israël. C’est donc qu’il y a un rapport entre la circoncision et la manière de penser le Dieu Un ? Vous voyez là que l’on rentre dans un domaine de recomposition de l’ordre du monde comme disait  Armand Abécassis hier soir qui désoriente la pensée occidentale, mais on ne peut pas ne  pas prendre acte de la réalité. Nous occidentaux sommes incapables de voir le lien entre ces deux réalités parallèles, mais parallèles elles sont. L’homme de tradition comprend tout de suite cela. L’homme de pensée occidentale ne peut pas ne pas se rebeller, il craint le vertige du délire. Commencer à entrer dans un monde de signification pareille c’est la déréliction absolue. Donc ne rentrer jamais là-dedans mais sachez que cela existe.

 

Q : sur l’animisme…

R : Vous avez raisons, il y a énormément de nations, sans doute que leur relation aurait été spirituelle à leur manière et d’une nature hermétique à l’occidental qui lui n’est pas circoncis. L’occidental qui découvre l’âme africaine ou asiatique est complètement pris de vertige. C’est un autre univers, d’ailleurs fascinant pour l’occidental. Je connais un peu l’Afrique, et le témoignage des Européens envoûtés par l’Afrique car ils découvrent un monde dans lequel ils savent qu’ils sont étrangers mais qui les fascine. Il y a des catégories d’évidence de l’âme africaine pour lesquelles l’occidental reste à la porte. Et pourtant il est fasciné. Et ce n’est pas une différence de degré mais une différence de nature. Y-a-t’il un lien entre les rites et la pénétration dans l’âme ? L’occidental posera la question et la repoussera en disant que cela n’entre pas dans les catégories de la pensée grecque philosophique.

 

Le Zohar ne se gène pas : il nous dit que le cas particulier d’Israël c’est la circoncision à 8 jours. Alors l’ange d’Ishmaël objecte : N’y aurait-il pas un cas particulier Ishmaël puisqu’il est quand même circoncis ?

 

N’a-t-il pas le droit à un bon salaire pour cela ?

Et il ajoute : malheur à ce temps où Ishmaël est né et a été circoncis !

Qu’a fait HaQadosh-Baroukh-Hou ? Il a écarté les fils d’Ishmaël de l’attachement d’en-haut et leur a donné une part en-bas sur la terre sainte.

A cause de la Milah qu’il y a en eux. Et les fils d’Ishmaël sont destinés de dominer sur la terre sainte lorsqu’elle sera vide un long temps. Reka kol Vide de tout (c’est-à-dire vide d’Israël, c’est-à-dire vide de Jacob)

 

L’idée est claire dans le Zohar : lorsqu’Israël n’est pas sur la terre d’Israël elle appartient à Ishmaël. Vous voyez les implications concernant notre histoire.

Le Zohar a été mis par écrit il y a très long temps. Je ne veux pas entrer dans une querelle d’historiens, mais c’est avant que l’islam n’existe et avant que les Arabes ou les Turcs n’aient occupé chacun 400 ans chacun la terre : il y a 400 ans de domination arabe et 400 ans de domination turque avant la fin de la dernière guerre mondiale où les Anglais ont installé le mandat et qu’en 1948 les Juifs sont revenus pour devenir souverains de la terre.

 

Donc on pourrait se poser la question : comment ces rabbins du Zohar savaient-ils cela ? La réponse est très simple : Ce sont les rabbins du Zohar ! 

 

Donc le Zohar a dit :

 

Et c’est pourquoi les enfants d’Ishmaël domineront sur la terre sainte lorsqu’elle est vide un long temps. De même que leur circoncision est vide de plénitude (sans perfection).

 

C’est dire que de même que leur circoncision est imparfaite, de même leur domination sur la terre est imparfaite. En hébreu cela se dit autrement : de même que leur circoncision est vide de plénitude, de même leur domination sur la terre est quand elle est vide de plénitude (c’est-à-dire quand la terre est vide d’Israël). J’indiquerais un élément de plus tout á l’heure.

 

Et c’est eux qui empêcheront les enfants d’Israël de revenir chez eux. Jusqu’à ce que s’achève ce mérite des enfants d’Ishmaël.

 

Quel mérite ? Le mérite de la circoncision !

Ishmaël et son génie de civilisation a acquis un mérite sur la terre sainte que les historiens et les politiciens considèrent avec plus de sérieux que lorsque les croisés réclamaient leur terre sainte.  Lorsque l’histoire a parlé de la prétention du monde chrétien sur la terre sainte, l’histoire a refermé la parenthèse. Le royaume des croisés est une blague de l’histoire. Sauf pour le consul de France à Jérusalem qui est le gardien des lieux saints chrétiens de Jérusalem. Il doit bien sûr être chrétien.

Alors que lorsque c’est les Bnei Ishmaël qui parlent de leur droit sur ce qu’ils appellent la Palestine, le monde prend cela au sérieux, et il ne sait pas pourquoi, mais le Zohar le sait :

 

Et lorsque les enfants d’Israël reviendront qui les empêchera ? les Arabes !

 

C’est Pashout.

A cause de quoi ? A cause du fait qu’Ishmaël est né avant Isaac. Mais plus encore, à cause du fait qu’Ishmaël né avant Isaac a été circoncis, parce que lorsque Dieu a demandé à Abraham de circoncire son fils, Abraham voyait Ishmaël.

    

Et les Bnei Ishmaël ont pour avenir de provoquer de grandes guerres dans le monde. Et les fils de Edom se rassembleront contre eux et se feront la guerre. Une sur la mer, une sur la terre et une près de Jérusalem. Et ils domineront l’un sur l’autre.

 

Il y a certainement une allusion à ce qui s’est passé entre les Chrétiens et les Musulmans pendant les croisades d’ailleurs.

 

Et la terre sainte ne sera pas livré aux descendants de Edom. En ce temps-là se lèvera un peuple du fin fond du monde contre Rome la méchante et lui fera la guerre pendant 3 mois. Et là-bas se rassembleront les peuples il tombera entre leurs mains.  Jusqu’à ce que tous les fils d’Esaü de toutes les extrémités de la terre se rassemblent contre eux.

 

C’est hermétique. Est-ce déjà arrivé ou non ? Je n’en sais rien. Mais ce n’était pas cela que je voulais vous lire. Je voulais vous lire le passage jusqu’à la fin.

 

Et alors HaQadosh Baroukh Hou se lèvera contre eux. Comme il écrit : il y aura un sacrifice pour Hashem à Bosra (Bassora). Et après cela qu’est-il écrit ? Et Il retranchera les enfants d’Ishmaël de la terre sainte. Et tous leurs princes célestes seront déchus. Il ne restera plus de princes célestes pour les nations du monde. Mais seulement le prince céleste d’Israël seul. Et sur ce temps il a été écrit : Car alors Je déverserai sur les peuples une langue épurée, pour invoquer tous le nom de Hashem et pour le service d’une seule épaule. Il est écrit : « en ce jour-là sera Hashem Un et Son nom Un ».

 

C’est la fin que je voulais vous lire pour vous rassurer. Tout finit bien ! A quel prix ? Personne ne le sait. Mais ce qu’il faut indiquer c’est l’intention de cet enseignement : c’est une histoire qui commence entre Avraham et Ishmaël, et qui finalement se réalise historiquement lorsque les fils d’Israël voudront rentrer chez eux et que les fils d’Ishmaël les en empêcheront. C’est ce que je voulais mettre en évidence. Il en résultera des bouleversements jusqu’à ce que…

 

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 19:30

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Zohar :

La colonne écrite en écriture Rashi c’est la colonne du Zohar en araméen. La colonne écrite en carré c’est le texte en hébreu que l’on va lire directement parce que vous être moins familiers au texte araméen je suppose.  On prend à partir de notre verset :

 

Vayomer Abraham El HaElohim Lou Ishmaël Yi’hyeh Lefanekha

A propos de ce verset « Et Abraham dit à Dieu Puisse Ishmaël vivre devant Toi. »

Rabbi ‘Hiyyah a gémi et pleuré en lisant ce verset : il a ouvert et a dit : Vatéhi Saraï Hakarah Eïn lah Valad - Et Saraï était empêchée d’enfanter, elle n’avait pas d’enfantement » Malheur à cela Vaï – malheur à ce temps où Agar a enfanté Ishmaël.

Rabbi Yossei lui dit : Et pourquoi voici que Sarah a enfanté après et eut un fils de la postérité sainte.

 

L’argumentation de Rabbi Yossei à la plainte de Rabbi ‘Hiyyah est très simple : puisqu’en fin de compte Sarah a enfanté, ce malheur - qu’elle était infertile et qu’à cause de cela Agar a enfanté Ishmaël -  a disparu. Il ne faut pas avoir Aïn Harâ l’œil mauvais. Ishmaël est né et Sarah a enfanté. Il faut se réjouir du fait qu’Abraham ait eu un enfant de Sarah et un enfant de Agar.

 

Rabbi ‘Hiyyah lui répond : tu vois une chose et moi je vois une autre (ce n’est pas contradictoire). Et c’est ainsi que j’ai entendu de la bouche de Rabbi Shimon (Bar Yo’haï). Et c’est pourquoi je parle : Malheur à ce temps à cause du fait que Sarah ait été empêchée d’enfanter. Il est écrit : Sarah dit à Abraham prends ma servante…etc.

Et à cause de cela, l’heure a souri à Agar de déposséder Sarah sa maitresse. Et elle a eu une fils d’Abraham. (Et puisque cet enfant est né) Abraham dit : « Fasse que Ishmaël vive devant toi ». Et bien que Dieu ait été en train de lui promettre pour Isaac, Abraham était préoccupé pour Ishmaël. Et Abraham s’est attaché à Ishmaël.

 

C’est ce que je vous ai dit plusieurs fois et ce n’est pas qu’une manière de parler :

De notre temps Abraham serait Shalom Akhshav.

Sarah c’est Goush Emounim.

Et la Torah a tranché : c’est par Sarah que cela passe.

 

Jusqu’à ce que Dieu lui ai répondu : En ce qui concerne Ishmaël je t’ai entendu.

 

Cela signifie que les bénédictions qui sont d’Ishmaël c’est Abraham qui lui a arraché. Si l’humanité savait cela elle nous en voudrait à cause des patriarches.

 

Q. il semble qu’il y a ait un parallèle là : Abraham semble préférer Ishmaël de la même manière que Its’haq va préférer Esaü. 

R : Très bien ! Il s’agit de l’histoire des engendrements. Et pour cela il faut un père et une mère. Mais à propos de cette histoire on apprend que c’est la mère qui comprend les engendrements plus que le père qui est aveugle dans ces engendrements. Et vous verrez que c’est la mère qui à chaque génération a décidé contre l’avis du père. Cela ne passe pas par celui-là mais par celui-ci : elle connait les enfants qu’elle a porté en son sein si j’ose dire. C’est très clair avec Rivqah pour Jacob et Esaü. Mais c’est clair dans l’histoire de Sarah Abraham et Hagar. Agar n’a été femme d’Abraham que parce que Sarah en a fait la femme d’Abraham. Et lorsqu’elle a propose Hagar à Abraham, elle a dit clairement : « j’adopterais cet enfant et peut-être je me construirais à travers lui ». Cela veut dire : Sarah a envisagé d’adopter Ishmaël et de créer Israël à travers Ishmaël. L’empêchement vient de Hagar. Mishna des Pirqey Avot : Ezeh hou ‘hakham ? De qui peut-on dite qu’il est sage ? La réponse c’est : HaRoé et ha-nolad – celui qui prévoit les conséquences. Or lisez comme c’est écrit : HaRoé et ha-nolad = celui qui voit ce qui est en train de naître. Qui est-ce ? C’est la sage-femme qui est  la femme sage. Et c’est à propos de cela que la Guémara va établir que Sarah était plus grande en prophétie qu’Abraham. Et de là le Talmud tire un principe énorme : c’est que lorsqu’une femme est prophète elle l’est plus qu’un homme ! 

Il faut comprendre ce qu’est la prophétie : c’est la compréhension de ce qui se passe dans les engendrements de l’homme. Or, qui comprend les engendrements de l’homme ? C’est la matrice ! Vous voyez pourquoi nous sommes fils de la mère dans le judaïsme ! A la marine  aussi on est fils de la mer…

 

Q: Au niveau de Jacob vis-à-vis de Joseph il y a quand même une différence parce que

R: Jacob a préféré Joseph parce qu’il était fils de Rachel et qu’il aimait Rachel. N’oubliez pas qu’au niveau de Jacob il y a 2 identités : Jacob et Israël. Le fils d’Israël c’est Yéhoudah de Léah. Le fils de Jacob c’est Joseph de Rachel.

Petite parenthèse sur hier soir :

Les formules de Mashia’h ben Yossef et Mashia’h ben David ont été employés hier par Armand Abécassis mais il me semble à un niveau décalé. Il a expliqué à mon sens Joseph et Judah et non pas Mashia’h Ben Yossef et Mashia’h ben David. Joseph c’est Israël de l’exil. Judah c’est Israël d’Israël. Le Mashia’h ben Yossef ce n’est pas Yossef. Yossef Ha-Tsadik c’est Yossef Ha-Tsadik. C’est l’Israël de l’exil fils de Jacob. Mais Mashia’h ben Yossef c’est le Mashia’h du retour des exilés. Lorsque Joseph revient en Israël. C’est Mashia’h Ben Yossef. C’est différent comme niveau.   

Donc la préférence de Jacob pour Joseph c’est autre chose. C’est parce que Jacob voit en Joseph ce que lui Jacob voudrait être comme Jacob. Mais il est Israël.

Nous venons de finir de vivre 2000 ans comme Jacob, alors on est habitué à croire que Israël c’est Jacob. Bien sûr Israël c’est Jacob, mais à l’indice Jacob, Jacob n’est pas Israël. Il faut être familier avec tous ces textes. Pendant 2000 ans, on les a lu ce n’est pas pour rien. Et au moment où il faut le vivre on ne sait plus les lire. Ces textes sont très précis : chaque fois que un verset emploie le mot de Jacob c’est Jacob qu’il veut dire et chaque : chaque fois que un verset emploie le mot de Israël c’est Israël qu’il veut dire. Et dans le même verset des fois se trouvent les deux noms.

Vayigash 46:2 :

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים לְיִשְׂרָאֵל בְּמַרְאֹת הַלַּיְלָה, וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב יַעֲקֹב; וַיֹּאמֶר, הִנֵּנִי

Hashem parla à Israël dans les visions de la nuit, disant: "Jacob! Jacob!" Il répondit: "Me voici.

Contexte du verset : C’est quand Jacob va descendre en Egypte rejoindre Joseph. Il s’arrête à Beer-Shéva. Il y a une révélation parce que Isaac à la génération précédente devant l’échec d’Esaü a cru que l’histoire de l’exil devait recommencer, s’est dirigé vers l’Egypte, mais a été arrêté à Beer-Shéva par une révélation lui interdisant de quitter le pays. Lorsque Jacob descendant en Egypte arrive à Beer-Shéva il se rappelle de cela et se demande si lui aussi n’a pas le droit de quitter le pays.  Alors Dieu se révèle à lui pour lui dire : « Toi tu peux descendre mais Je te ramènerais… »

Le statut de Isaac et le statut de Jacob dans le rapport à l’exil est très différent. Pour Isaac c’est interdit. C’est d’ailleurs grâce au mérite d’Isaac qu’on a des droits sur Erets Israël. Parce qu’il est le seul patriarche qui toute sa vie a vécu en Erets Israël.

Abraham commence son histoire dans l’exil et l’achève en Israël. Jacob commence son histoire en Israël et l’achève en exil. Isaac n’est jamais sorti du pays et n’a qu’une seule femme. C’est lié mais c’est un autre sujet.

 

Au moment où Dieu se révèle à Israël pour l’appeler Jacob c’est la nuit, et c’est la descente en exil. Cela veut dire qu’en exil Israël s’appelle Jacob. Revenu d’exil en Israël Jacob s’appelle Israël. Ce sont 2 niveaux d’identité. Yeshouroun est un projection au temps de Moïse. Au temps de Moïse Israël reçoit le nom de Yeshouroun. Vayhi Bishouroun Melekh.

 

Simplement pour vous dire que quand le verset emploie le mot de Jacob ou le mot d’Israël et parfois dans le même verset c’est intentionnel.

 

Autre exemple dans la Parashah de Vayé’hi 47:28:

 וַיְחִי יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, שְׁבַע עֶשְׂרֵה שָׁנָה; וַיְהִי יְמֵי-יַעֲקֹב, שְׁנֵי חַיָּיו--שֶׁבַע שָׁנִים, וְאַרְבָּעִים וּמְאַת שָׁנָה

Jacob vécut dans le pays d'Égypte dix sept ans; est les jours de la vie de Jacob furent de cent quarante-sept ans.

Verset 29:

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי-יִשְׂרָאֵל, לָמוּת

Et les jours d’Israël s’approchèrent de la mort.

 

Au verset précédent il s’appelle Jacob. Le verset suivant il s’appelle Israël. Cela veut dire que Jacob s’installe au pays d’Egypte, alors les jours d’Israël s’achèvent. L’exil commence. Ici un point important. Ce n’est pas Israël qui meurt mais les jours d’Israël : Yemei Israël.

Vayikrevu yemey Yisra'el lamout

Je parlerais de cela à la fin du séminaire en citant un enseignement de Monsieur Néher à ce sujet.

וַיִּקְרָא לִבְנוֹ לְיוֹסֵף

vayikra liveno le-Yosef.

 

Je vous citerais un enseignement au nom du Shlah à ce sujet : en citant d’autres commentaires il pose la question : Comment le verset peut-il dire que Jacob vécut au pays d’Egypte ? Est-ce qu’on peut vivre en Egypte quand on est Jacob ? Et le texte aurait pu employer un tout autre terme pour dire que le temps qu’il a passé en Egypte était de 17 ans, mais il dit qu’il a vécu 17 ans. Vous entendez en hébreu :

וַיְחִי יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, שְׁבַע עֶשְׂרֵה שָׁנָה

 

Peut-il y avoir une vie en Egypte pour Jacob ?

Alors il répond c’est 17 ans et le verset suivant explique : parce que Jacob n’a vécu vraiment que lorsqu’il était avec Joseph !

 

C’est lorsque Jacob est avec Joseph que Jacob est vivant. Joseph c’est la force de Jacob. Alors il était 17 ans au pays de Canaan au commencement de l’histoire de Joseph. Joseph était âgé de 17 ans lorsqu’il est descendu en Egypte. Et 17 ans en Egypte font 34. Valeur numérique de Vayé’hi.

…/…

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 19:19
Abraham L'hébreu ou l’espérance de fraternité (1988) 4a
 
Durée : 45,2 minutes
Face A
W00300-01_wma
 
Je vais vous dire quelques phrases d’introduction à ce texte pour relier à notre sujet général. Un des thèmes principaux que nous avions étudié c’était le changement de nom d’Abram en Abraham et de Saraï en Sarah.
 
Et la signification d’après l’enseignement du Talmud c’est le passage de cette identité araméenne à l’universel, et en cela l’identité hébraïque d’origine se retrouve déployée.
 
Vous vous rappeler de toutes les implications de ce sujet.
 
Or, je voudrais rattacher à ce thème le fait que tant que ce passage à l’universel n’est pas réalisé – et nous verrons tout-à-l’heure à travers un texte du Zohar que c’est relié à l’alliance de la circoncision – la naissance de l’enfant promis à Abraham et Sarah est empêché. Vous voyez comment cela se raccroche à tout ce que nous avons étudié jusqu’à présent sur ces thèmes d’identité.
Nous allons voir à partir du verset 15 du chapitre 17 dans la Genèse.
  
וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, אֶל-אַבְרָהָם, שָׂרַי אִשְׁתְּךָ, לֹא-תִקְרָא אֶת-שְׁמָהּ שָׂרָי כִּי שָׂרָה, שְׁמָהּ
Et Dieu dit à Abraham Saraï ta femme tu ne nommeras pas son nom Saraï car son nom est/sera Sarah.
 
A ce sujet la Guémara enseigne, je vous rappelle la référence que nous avions étudié à propos du changement de nom d’Abraham – c’est le Talmud Brakhot 13a.
 
Celui qui nomme Sarah du nom de Saraï…
 
C'est-à-dire une fois que le changement de nom a été opéré et qui revient en arrière et la nomme de nouveau Saraï – la différence vous vous en souvenez Saraï signifie « ma princesse » spécificité très précise de la relation entre Sarah qui sera la matrice de l’engendrement d’Israël par rapport à Abraham lui même seul « Saraï : ma princesse », alors que Sarah c’est « la princesse » à l’échelle de l’universel.
 
Celui qui nomme Sarah du nom de Saraï ne transgresse pas un commandement.
 
Vous vous souvenez que celui qui reprend en régression le nom d’Abram pour Abraham transgresse un commandement positif et un commandement négatif. Il y a une différence pour Sarah.
 
                      Pour quelle raison : parce qu’il est écrit « Toi tu ne l’appelera plus Saraï… »  
 
Par conséquent ce verset indique une interdiction pour Abraham et pour Abraham seul. Alors que la formule du changement de nom d’Abraham était universelle.
 
 
 
Cela signifie que cette exhortation est pour lui (Abraham) seul mais pas pour le reste du monde
 
 
 
Cela signifie donc que l’identification de Sarah qui est passée à l’échelle de l’universel dans la spécificité de la relation à Abraham – c’est quand même Sarah d’Israël – doit être gardée pour l’universel humain. C’est Israël qui ne doit pas empêcher ce passage à l’universel.
 
 
 
Nous arrivons à notre sujet, le verset suivant dit :
 
 
 
17.16:
 
וּבֵרַכְתִּי אֹתָהּ, וְגַם נָתַתִּי מִמֶּנָּה לְךָ בֵּן; וּבֵרַכְתִּיהָ וְהָיְתָה לְגוֹיִם, מַלְכֵי עַמִּים מִמֶּנָּה יִהְיוּ
 
Et Je la bénirai, et même Je te donnerais à toi d’elle, un fils; Et Je la bénirai (rendrai féconde), et elle sera le principe d’un ensemble de nations et les rois des peuples seront d'elle."
 
 
 
A ce sujet, la Guémara enseigne que ce changement de nom changeant l’identité a rendu possible cette fécondité de l’enfantement qui était attendu. Il y avait là un lien entre deux points importants que nous avons étudiés : d’une part le principe du passage de l’identité spécifique araménenne à l’universel pour retrouver l’identité hébraïque, et le fait que tant que ce passage à l’universel n’est pas amorcé, la fécondité promise est empêchée. De telle sorte d’empêcher que cette identité de fécondité et de bénédiction promise à Abraham pour la bénédiction de toutes les familles de la terre ne risque pas d’être une approximation. L’approximation serait quelque part entre la spécificité absolue de l’identité d’exil araméenne et l’universel. Un peu ce que nous avons dénommé en français à la suite de vos questions « l’identité cosmopolite ».
 
 
 
Voilà donc les deux versets qui indiquent qu’enfin est arrivée l’heure de l’annonce de la possibilité de la naissance d’Isaac, parce que Saraï est devenue Sarah et parce que Abram est devenu Abraham. Nous verrons par la suite du texte le lien avec l’importance de l’alliance de la circoncision qui va permettre la naissance d’Isaac.
 
 
 
Je continue le texte, c’est là que nous arrivons à notre sujet :
 
17.17:
 
וַיִּפֹּל אַבְרָהָם עַל-פָּנָיו, וַיִּצְחָק; וַיֹּאמֶר בְּלִבּוֹ, הַלְּבֶן מֵאָה-שָׁנָה יִוָּלֵד, וְאִם-שָׂרָה, הֲבַת-תִּשְׁעִים שָׁנָה תֵּלֵד.
 
Et Abraham tomba sur sa face et il rit ; et il dit en son cœur : "Est-ce qu’il est possible qu’un  centenaire soit capable d’engendrer ? et que Sarah âgée de quatre-vingt-dix ans puisse enfanter ?
 
 
 
Nous avons déjà fait allusion à ce verset dans les études précédentes, c’est la réaction d’Abraham devant le caractère d’irréalité de la promesse promise, si j’ose dire. Que par définition la foi va être définie en Abraham comme étant la foi qu’il est possible qu’Isaac naisse. Vé-émin Bashem. La 1ére fois que le texte emploie le terme  de foi dans le récit par rapport à Abraham, c’est lorsqu’Abraham a cru a fait confiance à cette promesse que alors qu’il se connaissait comme une fin d’histoire dans la stérilité de l’hébreu devenu araméen définitivement… en risque, c’est in extremis que la famille d’Abraham redeviendra hébreu dans le processus d’engendrement qui mènera à Jacob, se connaissant d’après le tifkoud ha-olam, le fonctionnement des réalités du monde comme étant arrivé à une fin d’histoire, il n’arrive pas à entendre les promesses de fécondité pour l’avenir.
 
Et ce n’est que lorsqu’il opère en lui ce passage de l’identité araméenne à l’identité hébraïque que je vous ai dénommé le passage à l’identité de l’universel, qui est celle d’Israël comme en parle la Bible, différente du cosmopolitisme pour raccorder à notre vocabulaire. Alors que simultanément, il est capable d’entendre cette promesse et d’y adhérer, et d’autre part corollairement de la réaliser.
 
 
 
Il y a là deux termes à mettre en évidence :
 
D’une part le terme Vayits’haq : ce thème du rire qui accompagne la naissance d’Its’haq doit être étudié pour lui-même. Il y a différentes dimensions du rire, parce qu’il y a différents personnages qui vont rire à cette occasion, si j’ose dire. Its’haq lui n’aura droit de rire qu’à la fin des temps. Son nom est le verbe rire au futur : Its’haq - il rira.
 
 
 
Mais un rire éclatera à certaines étapes de cette naissance. En fin de compte, la grande espérance annoncée à Abraham commence à se réaliser avec la naissance d’Its’haq. Et donc le rire et la joie, qui sont très reliés sémantiquement dans ce terme, commencent à se réintroduire dans l’histoire du monde.
 
 
 
Vous vous souvenez d’ailleurs ceux qui ont étudié ce thème que la séparation entre Ishmaël et Its’haq a été décidée par Sarah lorsqu’elle s’est aperçu que le rire du fils d’Abraham en Ishmaël est un rire au présent, alors que ce qui est annoncé c’est le rire au futur.
 
 
 
Et puis le deuxième élément c’est la formulation de ce caractère irréaliste de la foi en cette promesse par rapport à la réalité du monde. Lorsqu’Abraham dit : est-il possible qu’un homme de 100 ans engendre et qu’une femme de 90 ans enfante ?
 
 
 
Je crois qu’il faut confronter cela avec la relation qu’il y a entre la foi d’Israël en général et quelque soit le point sur lequel elle porte, et la réalité qui semble opposer une impossibilité d’un point de vue réaliste. Nous vivons notre temps il est bien évident que c’est une des situations auxquelles le peuple juif tout entier, Israël tout entier est confronté aujourd’hui.   
 
 
 
Je formulerais cela de façon très précise : il semblerait que l’existence d’Israël se heurte à une irréalité numérique. On nous donne des chiffres de démographie, de nombres de journalistes pour  lesquels c’est impossible qu’Israël existe dans les conditions dans lesquelles il existe… tout cela est déjà dans ce verset. C’est dans l’exclamation d’Abraham : c’est numériquement impossible !
 
Et c’est pourtant de cela qu’il s’agit. C’est clair que c’est la même situation. Ce à quoi a fait plusieurs fois allusion Armand Abécassis à la conférence d’hier soir : on oppose à la prétention de légitimité de l’état d’Israël, l’impossibilité par rapport aux réalités. On voit donc qu’à la racine de notre histoire c’est le même problème qui se pose. Lorsqu’Abraham s’entend dire : « Je te donnerais un enfant de Sarah », la réaction qu’il a est de dire : « c’est impossible vu la réalité ! » C’est ce lien que je voulais indiquer. Il faut y réfléchir par vous-mêmes. C’est en dépit de l’irréalité apparente qu’Israël existe depuis 4000 ans. Au fond il n’y a rien de changé.
 
 
 
On continue et c’est là que nous arrivons au verset 17:18 sur lequel nous allons étudier un passage du Zohar.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
וַיֹּאמֶר אַבְרָהָם, אֶל-הָאֱלֹהִים לוּ יִשְׁמָעֵאל, יִחְיֶה לְפָנֶיךָ.
 
 « Abraham dit à Elohim: "Puisse Ismaël vivre devant Toi ! » 
 
Lou c’est un souhait optatif. Abraham est convaincu qu’Its’haq l’enfant de Sarah va naître et tout de suite il pense à Ishmaël. Ishmaël était déjà né des circonstances que nous avons déjà analysé. LE fléchissement de la foi et de la patience chez Sarah et Abraham, entretemps Ishmaël est né.
 
Et voilà qu’en fin de compte Abraham est convaincu qu’Isaac naîtra. Alors il y a un problème avec Ishmaël. Et c’est Abraham qui dit ainsi :
 
לוּ יִשְׁמָעֵאל, יִחְיֶה לְפָנֶיךָ.
 
« Puisse Ismaël vivre devant Toi ! » 
 
 
 
וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, אֲבָל שָׂרָה אִשְׁתְּךָ יֹלֶדֶת לְךָ בֵּן, וְקָרָאתָ אֶת-שְׁמוֹ, יִצְחָק; וַהֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתּוֹ לִבְרִית עוֹלָם, לְזַרְעוֹ אַחֲרָיו
 
Et Dieu lui dit sous-entendu n’oublie pas) : Sarah ta femme t’enfante à toi un fils. (C’est au présent)
 
Et tu nommeras son nom Isaac. Et Je ferais exister-réaliser Mon alliance (l’alliance est déjà contractée avec Abraham) avec lui. En alliance éternelle à sa postérité après lui.
 
 
 
17:20:
 
וּלְיִשְׁמָעֵאל, שְׁמַעְתִּיךָ--הִנֵּה בֵּרַכְתִּי אֹתוֹ וְהִפְרֵיתִי אֹתוֹ וְהִרְבֵּיתִי אֹתוֹ, בִּמְאֹד מְאֹד שְׁנֵים-עָשָׂר נְשִׂיאִם יוֹלִיד, וּנְתַתִּיו לְגוֹי גָּדוֹל
 
Et quant à Ismaël, je t'ai entendu [Notez le lien sémantique c’est le même mot Yishma'el shmatikha] Voici, Je l'ai béni; Je l’ai multiplié, extrêmement, il engendra douze princes, et J’en ferai une grande nation.
 
וְאֶת-בְּרִיתִי, אָקִים אֶת-יִצְחָק, אֲשֶׁר תֵּלֵד לְךָ שָׂרָה לַמּוֹעֵד הַזֶּה, בַּשָּׁנָה הָאַחֶרֶת
 
Et mon alliance, Je la maintiendrais avec Isaac, que Sara t'enfantera à pareille époque, l’année suivante.
 
 
 
Il y a donc une différence entre la bénédiction qui est l’héritage  d’Ishmaël et l’alliance d’Abraham qui continue avec Isaac.
 
 
 
Je retiens donc : il y a un souhait d’Abraham par rapport à Ishmaël et cela est confirmé par Dieu, et d’autre part il y a ce rappel que Ishmaël a ses propres bénédictions. Je vous donne une autre référence, c’est le verset qui formule la bénédiction propre à Ishmaël et qui se trouve au chapitre 16 verset 12 lorsque l’ange se révèle à Agar pour lui annoncer qu’elle aura un fils, après que Sarah ait obtenu d’Abraham qu’il renvoie Agar, lorsque elle s’est révoltée contre Sarah.
 
 
 
Je vous signale là un point qui est peut-être peut connu dans le déroulement du récit lorsque Sarah a proposé à Abraham de prendre Agar puisqu’elle pensait définitivement qu’elle ne pourrait pas enfanter, alors Abraham a accepté d’épouser Agar qui fut enceinte. Lorsqu’Agar a vu qu’elle était enceinte elle s’est révolté contre Sarah, et Sarah a obtenu d’Abraham qu’il la renvoie. Elle a avorté. Un ange se révèle à elle pour lui dire qu’elle aura un fils. Et c’est le deuxième fils de Agar qui est Ishmaël. Vérifiez bien dans le chapitre 16. 
 
Le verset 11 dit ceci :
 
 
 
16:11-12:
 
וַיֹּאמֶר לָהּ מַלְאַךְ יְהוָה, הִנָּךְ הָרָה וְיֹלַדְתְּ בֵּן, וְקָרָאת שְׁמוֹ יִשְׁמָעֵאל, כִּי-שָׁמַע יְהוָה אֶל-עָנְיֵךְ
 
Et l’ange de Dieu lui dit: "Voici tu seras enceinte, et tu enfanteras un fils; et tu nommeras son nom Ishmaël, car Hashem a entendu ta misère.
 
 
 
Et voici le verset qui définit la bénédiction propre à Ishmaël.
 
 
 
וְהוּא יִהְיֶה, פֶּרֶא אָדָם--יָדוֹ בַכֹּל, וְיַד כֹּל בּוֹ; וְעַל-פְּנֵי כָל-אֶחָיו, יִשְׁכֹּן
 
Et il sera un onagre, sa main sera sur tous, et la main de tous sur lui; mais il se maintiendra à la face de tous ses frères.
 
 
 
פֶּרֶא    Pereh seul signifie un onagre c’est-à-dire une âne sauvage. Et פֶּרֶא אָדָם  Pereh Adam signifie un homme qui est comme un animal sauvage…
 
 
 
sa main sera sur tous, et la main de tous sur lui;
 
C’est une formule apparemment sibylline que le Midrash et le Zohar a étudié à fond de telle sorte de savoir quel sera le développement du génie d’identité d’Israël.
 
Il y a une tendance d’expansion qui s’impose au monde entier. On ne peut pas ne pas se rendre compte c’est le cas. C’est la deuxième fois dans l’histoire du monde, puisque la première fois dans l’expansion de l’islam on voit quelque chose d’inhabituelle dans l’histoire des nations : une petite nation partie d’Arabie qui pratiquement couvre aujourd’hui des continents.
 
Nous sommes habitués à une phénomène de présence mais sa présence même pose problème mystérieux : comment se fait-il que parmi toutes les multitudes des nations du monde, une en particulier ait cette capacité d’expansion, de domination, et d’impérialisme si j’ose dire en élargissant le sens de ce mot. C’était arrivé jusqu’à Poitiers, mais de notre temps c’est avec une toute autre stratégie et d’une toute autre ampleur, quelque chose de beaucoup plus fort semble-t-il. 
 
Il faut se demander pourquoi la tradition nous a demandé depuis des millénaires de lire ces textes chaque année toutes les semaines le Shabat à la Torah : c’est au fond pour savoir qui nous sommes et dans quelle histoire nous vivons. Et pas seulement pour avoir des souvenirs folkloriques de nos ancêtres.  Je crois que vous êtes familier à ce principe : Maasei Avot Siman Labanim. Si on nous demande de connaître par cœur ce texte des récits bibliques de l’histoire des Hébreux c’est parce que c’est notre carte d’identité et que c’est cette histoire que nous vivons. C’est pourquoi il y a un très grand danger à fermer les yeux sur ce que la Bible dit de ce qu’elle dit. A force de ne pas vouloir voir, on ne voit plus. C’est peut-être un des sens du verset : « ils ont des yeux et ils ne voient pas… »  
 
 
 
Il y a deux parties dans cette bénédiction : יָדוֹ בַכֹּל   yado vakol les mots sont très précis et très forts : sa main sera sur tout -  וְיַד כֹּל בּוֹ vé yad kol bo et la main de tout sera sur lui. Jusque-là c’est très sibyllin. J’ai commencé à vous indiqué que cela a un sens très précis pour ceux qui étudient les Midrashim. Nous savons depuis l’origine qu’il y a dans le génie Ishmaël une capacité d’expansion universelle qui en fait de compte a donné l’islam et ce que cela représente comme volonté d’hégémonie. Dans les temps contemporains, il y a l’exemple massif de l’Iran et du khomeynisme si vous voulez. Mais la mémoire juive est habituée à cela depuis toujours.
 
 
 
Q: n’est-ce pas le sable qui était promis à Abraham ?
 
R: c’est pour la descendance par Isaac : « elle sera nombreuse comme le sable de la mer et nombreuse comme les étoiles du ciel ». Mais là les termes de multiplication et fructification sont employés pour Ishmaël. Il y a sur Ishmaël la bénédiction du nombre. Et le verset que nous sommes en train d’étudier va beaucoup plus loin : la mainmise littéralement : יָדוֹ בַכֹּל   yado vakol . Sa main sur tout.
 
De quoi faut-il le plus s’étonner : de ce que le texte nous explique clairement ce qui se passe, ou de ce que les événements s’entêtent aussi clairement à rendre compte du texte ?
 
Il y a dans l’identité d’Ishmaël un postulat qui va de soi :la mainmise lui appartient, sur tout. Cela c’est encore en dehors des conflits avec Isaac et donc Israël. Ce qui m’étonne c’est la facilité avec laquelle tout en rechignant le monde entier accepte comme si cela allait de soi. Après tout c’est écrit et il faut bien que le monde l’accepte, il faut bien que cela se réalise .
 
 
 
Q : J’ai besoin d’éclaircissements à propos du verset 17:18: וַיֹּאמֶר אַבְרָהָם, אֶל-הָאֱלֹהִים Vayomer Abraham El Ha-Elohim, Est-ce le même que celui vu hier soir « Vé HaElohim » ?
 
R : c’est un peu différent mais cela va dans le même sens. C’est l’ensemble du tribunal céleste.
 
 
 
Q : cela ressemblait à la bénédiction que Jacob fait pour Gad. 49 :19
 
גָּד, גְּדוּד יְגוּדֶנּוּ; וְהוּא, יָגֻד עָקֵב
 
Gad sera assailli d'ennemis, mais il les assaillira à son tour
 
R : La correspondance est formelle. Ici dans le contenu de la bénédiction il s’agit vraiment d’une mainmise sur tout. D’une prise de possession et ensuite d’une dépossession totale.
 
Je vous donne l’explication du Zohar à ce sujet.
 
Nous avons déjà appris cela que les trois patriarches ont été bénis par la même formule de Kol mais dans des indices différents : Avraham – Bakol, Its’haq – Mikol, Yaaqov – Kol. Et alors l’assurance d’Ishmaël c’est le fait qu’il s’accroche à Avraham. Yado Bakol= sa main est sur Abraham. Mais la main de Jacob sera sur lui : Vé Yad Kol Bo. Et vous voyez comment cela se développe dans l’histoire. Ce n’est pas la peine d’analyser plus. Et je crois qu’on est arrivé à la fin du verset.
 
C’est á dire que le fait qu’Ishmaël est enraciné en Abraham lui donne la possibilité de mainmise sur tout. Mais lorsque Jacob apparait c’est Jacob qui met fin à cela :
 
יָדוֹ בַכֹּל וְיַד כֹּל בּוֹ
 
Yado Bakol Vé Yad Kol Bo.
 
Jacob et pas Isaac. Il faut toujours lire ce qui est écrit, pas plus, mais pas moins.

 
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 19:16

 

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Vayehi A’harei Hamidbar

Il avait contourné les pâturages privés pour ne pas risquer d’y faire paître ses troupeaux sur un pâturage qui ne lui appartenait pas. C’est la même chose ici nous dit le Midrash. Les bergers d’Abraham querellaient les bergers de Loth parce qu’ils faisaient paitre leur troupeaux sur des pâturages qui ne leur appartenaient pas encore, puisque dit le verset [13.17]: 

וְהַכְּנַעֲנִי, וְהַפְּרִזִּי, אָז, יֹשֵׁב בָּאָרֶץ

« Le Cananéen et le Périzéen étaient encore sur le pays ».

Ils tenaient compte du fait que les pâturages n’appartenaient pas encore à la descendance d’Abraham. L’argumentation des bergers de Loth étaient de dire : cette a été promise à Abraham. Or, ce qui appartient à Abraham appartient à Loth. Et par conséquent, cela nous appartient ! Les bergers d’Abraham s’y opposent en disant que la Torah l’interdit. C’est une thème extrêmement important à découvrir. Capacité analogue d’être frère, l’un dans la moralité et l’autre en évacuant la moralité. Loth va s’installer dans la fonction d’Abraham à Sodome et Gomorrhe. Là-bas il est chez lui. Et il joue le rôle d’Abraham. Cf. tout le chapitre racontant la destruction de Sodome et Gomorrhe et qui dévoile quelle y était la position de Loth. Et lorsque les habitants de Sodome et Gomorrhe ont querellé Loth faisant trop de moralité, il y a un verset extraordinaire :

19:9

הָאֶחָד בָּא-לָגוּר וַיִּשְׁפֹּט שָׁפוֹט

 « Un homme qui vient s’installer et qui juge la justice »

Loth est grand rabbin de Pompéi. La fonction de Loth y est comme celle d’Abraham à Pompéi !

Dans la littérature française il y a cette espèce d’allusion à ce qu’on appelait les abbayes de cour. 

C’est un peu cela Loth. La vocation Abraham mais pas à Jérusalem, à Pompéi !

 

Alors finalement, il y a la problématique du Midrash qui est importante à comprendre : est-ce que Loth est un héros capable d’être Abraham à Pompéi alors qu’Abraham n’est capable de l’être qu’à Jérusalem ? Peut-être est-il un héros de la vertu ! Peut-être au contraire que c’est parce que c’est Sodome et Gomorrhe qu’il aime et non pas Jérusalem !

Voyez toutes les implications de cela, nous vivons ces choses-là.

 

Le Midrash de la Kabalah met cela en évidence : les gens de Sodome et Gomorrhe au fond c’est de Dieu qu’ils parlent avec Loth représentant du Dieu des Hébreux chez Sodome et Gomorrhe. Et ils formulent-là toute leur philosophie de la relation à Dieu. A cause du mot אֶחָד   E’had dans le verset.

הָאֶחָד בָּא-לָגוּר וַיִּשְׁפֹּט שָׁפוֹט

L’être-Un est venu séjourner chez nous les hommes et en plus il fait la loi !

 

Vous voyez toute la philosophie qu’il y a derrière. On reconnait la souveraineté transcendante de Dieu dans le ciel comme dirait Prévert mais en plus Il veut venir faire la loi en bas !

C’est toute une philosophie. C’est dans cette civilisation-là que Loth s’installe, avec la part de son mérite : ce courage de dire qu’il y a une mission d’être Abraham dans la civilisation impure. Abraham dans la ville sainte c’est facile. Mais Abraham à Brooklin c’est difficile.

Ce discours est dit de très bonne foi.

 

Je crois que là est effectivement le critère de séparation entre Loth et Abraham. C’est la même identité à l’origine mais qui à travers Loth va devenir cette caricature de la capacité de la fraternité des bergers dans l’immoralité. Alors que Abraham choisit la voie droite, donnant à Loth rendez vous à la fin des temps, au bout de la route, en français Ruth. Effectivement la sainteté de Rout revient, jusque-là elle était cachée, on appelait cela la cache-route… (rires)

     .../...

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 18:58

Abraham L'hébreu ou l’espérance de fraternité (1988) 3b

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/engendrements/abraham_l_hebreu_serie_1988/cours_3    

Durée : 40,9 minutes
Face B

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…/…

 

C’est parce que nous ne savons pas encore que Loth s’est disqualifié. Jusque-là il est cachère, jusque-là il est Tsadik, jusque là il aurait pu être un Abraham dont l’identité aurait été la même que celle d’Abraham. A un certain moment du texte, je vous donnerais la référence, Abraham dit à Loth : Nous sommes des frères -  Anashim A’him Anakhnou – alors qu’ils n’étaient pas des frères mais oncle et neveu. Et le Midrash explique qu’ils étaient sosies. Les 2 étaient capables d’être frères. C’est un autre thème mais relié. Il s avaient la même identité de capacité de fraternité. Et en plus ils étaient sosies : quand on voyait Abraham on croyait voir Loth et quand on voyait Loth on croyait voir Abraham… C’est pourquoi il a fallu qu’il se sépare. La motivation d’Abraham que je paraphrase : maintenant que nous avons que l’identité profonde n’est pas la même, étant donnée que l’apparence seule est la même, alors séparons-nous, que l’on sache qu’Abraham n’est pas Loth et que Loth n’est pas Abraham.  Cela va jusque-là. Cela veut dire qu’un point de départ ils ont une identité zéa.  L’identité en hébreu se dit Zéou. Mais Zéout a aussi le sens de identique, même. Zéé, même, identique. Ils avaient une identité identique. On peut le dire e français qui traduit ici l’hébreu assez bien. Donc on ne sait pas encore que Loth va être un déviant. Dit sous forme de blague : Abraham sera l’ancêtre du juif errant et Loth l’ancêtre du juif aberrant.

 

Je me souviens d’avoir entendu il y a très longtemps Monsieur Lévinas parler de ces thèmes-là entre Abraham et Loth, il disait : « Si Abraham est le juif, Loth est le sale juif. » Je n’aime pas cette expression mais elle est très suggestive. Cela veut dire que Loth est une caricature d’Abraham à un certain moment. A la racine, au début de leur cheminement c’est un grand personnage qui a le courage avec la famille d’Abraham de sortir d’Our-Kasdim en marche vers la recherche de l’identité hébraïque. Les causes profondes de la séparation : Loth va effectivement partager l’aventure d’Abraham. Cela va nous être dit en clair aux versets 4-5 :

 

 

 

וַיֵּלֶךְ אַבְרָם, כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר אֵלָיו יְהוָה, וַיֵּלֶךְ אִתּוֹ, לוֹט; וְאַבְרָם, בֶּן-חָמֵשׁ שָׁנִים וְשִׁבְעִים שָׁנָה, בְּצֵאתוֹ, מֵחָרָן.

Abram partit comme le lui avait dit l'Éternel, et parti avec lui Loth… Abram était âgé de soixante-quinze ans lorsqu'il sortit de Harân.

 

Ces indications de détail apparemment superflues prennent maintenant une force nécessaire. La Torah veut mettre en évidence que Loth partage l’aventure d’Abraham à l’origine au point de départ.

 

      

וַיִּקַּח אַבְרָם אֶת-שָׂרַי אִשְׁתּוֹ וְאֶת-לוֹט בֶּן-אָחִיו, וְאֶת-כָּל-רְכוּשָׁם אֲשֶׁר רָכָשׁוּ, וְאֶת-הַנֶּפֶשׁ, אֲשֶׁר-עָשׂוּ בְחָרָן; וַיֵּצְאוּ, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן, וַיָּבֹאוּ, אַרְצָה כְּנָעַן

Abram prit Saraï son épouse, et Loth fils de son frère, et toutes leurs possessions et toutes les personnes qu'ils avaient faits à Harân… Ils partirent pour se rendre dans le pays de Canaan, et ils arrivèrent dans ce pays.

 

Petite parenthèse c’est là un thème très important : à ‘Haran il y a eu élaboration d’une civilisation pré-hébraïque par Abraham. La famille d’Abraham à Our-Kasdim ce sont des araméens camouflés en prêtre de l’idolâtrie babylonienne. Un peu à la manière dont les prêtres chrétiens disent qu’ils sont Israël, chez les Goyim. Et comme les rabbins qui vivent chez les Goyim disent dangereusement des choses analogues, avec une espèce de perspective très profonde. Imaginez un observateur de la planète Sirius. Il aurait son télescope sur le 9ème arrondissement à Paris. Cela y pullule d’églises et de synagogues, on y entend « Amen » dans des prononciations différentes, « Allélouiah » dans des prononciations différentes…  Il y a même des soutanes analogues… Bref, il vaut mieux revenir au verset.  

 

asher-assou veCharan qu'ils avaient faits à Harân

 

Il y a eu effectivement une communauté « d’abramides » si j’ose dire. Quelles sont ces Nefesh ?

 

Le mot est au singulier mais c’est un mot pluriel générique Nefashot dont le terme collectif est Nefesh. Ce sont les convertis qu’Abraham et Sarah faisaient à leur vocation renouvelée d’hébreu. Les Guérim, les convertis, que Abraham et Sarah faisaient. Le Midrash le dit très clairement : Abraham s’occupait des hommes et Saraï des femmes. Il y avait la Yeshivah et le Beit Yaaqov de Abram et de Saraï. Ils y fabriquaient des personnes littéralement. C’est un thème très important : c’est tout ce peuple-là, cette tribu des « abrahamisants » si j’ose dire, qui rentre dans le pays de Canaan. Avec leur Rékhoush, toutes leurs possessions.  

 

La Guémara pose la question : qui sont les descendants des abramides de l’époque ? Il y a un thème très important, que je suis désolé de ne pas pouvoir traiter ce soir, on le retrouvera, c’est le fait que les patriarches, les Avot, sont les pères des fils d’Israël.  Ce sont les engendreurs. Leurs élèves on ne sait pas où ils sont. Ils en ont eu mais ce n’est pas des élèves dont parle la Torah. Elle parle du peuple de leurs descendants et de ceux qui s’adjoignent à l’identité nationale de ce peuple. Abraham, Isaac, Jacob ne sont pas des fondateurs d’églises. Il y avait des disciples d’Abraham. On y fait allusion dans un verset en clair. Où sont-ils ? Qui sont-ils ?

 

Alors la tradition va donner une réponse : chaque fois qu’il y a un converti à Israël, c’est la Neshamah d’un de ces disciples d’Abraham et de Sarah qui revient à Israël. Mais elle ne revient pas par la porte de la synagogue, mais par la porte de la nation. Cela veut dire qu’un disciple d’Abraham qui ne serait que judaïsant en tant que religion ce n’est pas un membre d’Israël. Un disciple d’Abraham devient membre d’Israël s’il devient membre de la nation d’Israël. Voilà la première indication, cela c’est pour les patriarches. Vous avez compris l’importance de ce thème-là. Pour les théologiens non-juifs c’est très difficile de faire rentrer les catégories du Guiyour, de ce qu’on appelle en français la conversion dans leurs catégories sociologiques. Parce qu’il ne s’agit pas en fait d’une conversion dans le sens théologique chrétien pour lequel on change de catéchisme.

 

C’est une naturalisation au peuple juif, sa religion y compris. Donc c’est un acte qui est simultanément légal religieux et légal national. C’est pourquoi le rav A.I. Kook avait en son temps cité un psak qu’à partir du moment où Israël redevenait une nation, il était interdit de faire des guérim en ‘Houts Laarets. Sinon il y a une contradiction dans les termes. Ce serait un goï qui voudrait devenir Israël mais à l’étranger ! Je referme cette parenthèse. C’est une des réponses que donne la tradition à cette question de savoir qui sont ces Nefashot-là.    

 

Corollairement, dans un texte corollaire, c’est que les Neshamot de ces Nefashot-là étaient au Sinaï et ont entendu la Torah en même temps que les Hébreux au pied du Sinaï. Ce qui fait que lorsqu’ils veulent entrer en Israël, une fois régularisée leur nationalité et religion, ils ont le même titre de noblesse que les Juifs d’origine, et un peu plus. Parce qu’il est vraiment d’origine, alors que nous ne sommes que juifs d’origine par descendance, alors que lui est d’origine mamash d’origine.

 

12.5    

וַיֵּצְאוּ, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן, וַיָּבֹאוּ, אַרְצָה כְּנָעַן    

Ils sont sortis (d’Our-Kasdim) pour aller en direction du pays de Canaan, et ils arrivèrent dans le pays de Canaan.  

 

Il y a encore plusieurs thèmes qui nous sont indiqués. Mais j’arrive au problème de la séparation entre Loth et Abraham. En tout cas on apprend entretemps que Loth a accompagné Abraham dans un voyage très important qu’Abraham et Sarah font en Egypte. Apparait un thème très important que nous étudierons  peut-être dans la Parashah de la semaine prochaine : c’est quand Abraham dit de Sarah qu’elle est sa sœur et non seulement sa femme. Loth accompagne Abraham. Après cette épreuve dont je parlerais plus en détail la prochaine fois où l’on voit que l’identité d’Abraham monte considérablement au niveau de la visée hébraïque de la moralité : il a été capable de dire de sa femme qu’elle est sa sœur – ce qui pour le moment est mystérieux nous le verrons la semaine prochaine – et ensuite Loth et Abraham font se séparer. Il y a un progrès dans l’identité Abraham chez Abraham, et Loth reste Loth et fait du surplace. Il y a une séparation dans l’ordre de la moralité. Leur ontologie métaphysique, leur identité métaphysique est hébraïque : capable d’être frère. Mais il y a un critère qui les différencie radicalement c’est qu’Abraham est frère dans la moralité alors que Loth est un peu de l’ordre du « faux-frère ». Il y a les frères et les faux-frères comme il y a les bergers et les mauvais bergers. Cf. tous ces mouvements spiritualistes, philosophiques, idéalistes, politique où l’on s’appelle « frère ». Nous trouvons à la racine le même idéal, la même exigence de retrouver la fraternité. C’est cette recherche là que nous allons redécouvrir avec Abraham et Sarah.

 

13.5

וְגַם-לְלוֹט--הַהֹלֵךְ, אֶת-אַבְרָם הָיָה צֹאן-וּבָקָר, וְאֹהָלִים.

Et à Loth aussi qui marchait en compagnie d’Abraham, il y avait troupeaux et petit troupeaux et les tentes (un peuple avec lui).

 

וְלֹא-נָשָׂא אֹתָם הָאָרֶץ, לָשֶׁבֶת יַחְדָּו כִּי-הָיָה רְכוּשָׁם רָב, וְלֹא יָכְלוּ לָשֶׁבֶת יַחְדָּו

Et la terre ne les a pas porté de résider ensemble.

 

C’est un verset extrêmement important :la terre toute entière n’était pas assez grande pour qu’ils vivent ensemble, et cohabitent. Il s’agit de deux hommes, deux valeurs humaines, très analogues à l’origine qui auraient pu être la même si l’histoire avait été autre, et la Torah nous en dit : la terre n’était pas assez grande pour qu’ils puissent cohabiter. Coexistence impossible, fraternité impossible. Deux frères capables d’être frères mais pas entre eux !

 

Je crois qu’il y a là une dimension importante. Cela ressemble beaucoup à l’état des sociétés humaines, où il y a des bergers dont l’essentiel de leur message est de transmettre à leurs troupeaux qu’il faut vivre ensemble, mais les bergers n’arrivent pas à vivre ensemble. Ils sont tous des Tsadikim mais ne se supportent pas, alors chacun à son coin à lui quelque part…  Chez les Mitnaguim entre eux et chez les ‘Hassidim entre eux… Bon, on en fait pas de Lashon Harâ, puisqu’on parle des Hébreux on en parle pas des Juifs.

 

Cela rappelle l’histoire de Caïn et Abel. Deux hommes au monde et puis la terre entière n’était pas assez grande pour qu’il puissent coexister et l’un a supprimé l’autre. Cette même équation qu’on retrouve ici entre Abraham et Loth est en progrès : l’un ne tuera pas l’autre. Mais ils se séparent.

 

Caïn a été assassin, Loth a préféré Sodome et Gomorrhe.

 

Cette même équation va être reprise à la génération suivante entre Ishmaël et Isaac. Et elle sera reprise entre Jacob et Esaü et se dénouera entre Joseph et ses frères.

 

וְלֹא-נָשָׂא אֹתָם הָאָרֶץ, לָשֶׁבֶת יַחְדָּו כִּי-הָיָה רְכוּשָׁם רָב, וְלֹא יָכְלוּ לָשֶׁבֶת יַחְדָּו

 Et la terre ne pouvait pas les porter de résider ensemble, car leur possession étaient nombreuses

et ils ne pouvaient pas résider ensemble.   

 

13.7 :  

וַיְהִי-רִיב, בֵּין רֹעֵי מִקְנֵה-אַבְרָם, וּבֵין, רֹעֵי מִקְנֵה-לוֹט; וְהַכְּנַעֲנִי, וְהַפְּרִזִּי, אָז, יֹשֵׁב בָּאָרֶץ

 

Il y a eu une querelle entre les bergers des troupeaux d’Abraham et les bergers des troupeaux de Loth et le Cananéen et le Périzéen habitaient alors dans le pays.

Comme d’habitude et je vous le répéterais souvent chaque mot et chaque nuance de mot est étudié au fond par le Midrash, mais chaque fois cela nous ferait prendre des tangentes dans d’autres sujets, je vais essayer de suivre la même ligne de lecture sur ce qui se passe entre Abraham et Loth. 

 13.8:  

וַיֹּאמֶר אַבְרָם אֶל-לוֹט, אַל-נָא תְהִי מְרִיבָה בֵּינִי וּבֵינֶךָ, וּבֵין רֹעַי, וּבֵין רֹעֶיךָ כִּי-אֲנָשִׁים אַחִים, אֲנָחְנוּ  

Et Abraham dit à Loth : Qu'il n'y ait pas de querelles entre moi et toi, entre mes bergers et tes bergers; car nous sommes des hommes frères.

 

L’initiative de la querelle a été prise par les bergers d’Abraham, c’est donc que les bergers d’Abraham avaient en tant que bergers quelque chose à reprocher aux les bergers de Loth. Et nous verrons de quoi il s’agit quand le Midrash met cela en évidence. Mais le mot employé par la Torah pour dire la querelle des bergers est le mot de רִיב   Riv. Et le mot qui va être employé dans le verset 8 lorsque Abraham dit Qu'il n'y ait pas de querelles entre moi et toi, il ne s’agit plus des bergers de Abraham et des bergers de Loth, mais de Abraham et Loth. Et c’est le mot de מְרִיבָה Mérivah. Il y a une différence רִיב   Riv c’est la querelle physique et מְרִיבָה    Mérivah c’est la querelle spirituelle, idéologique. Entendez-le en hébreu Riv-Mérivah c’est la même racine. Mérivah c’est plus que la Ma’hloquet, c’est sans solution.

 

Qu'il n'y ait pas de querelles entre moi et toi, et entre mes bergers et les tiens; car nous sommes des hommes frères.

 

13.9:  

הֲלֹא כָל-הָאָרֶץ לְפָנֶיךָ, הִפָּרֶד נָא מֵעָלָי אִם-הַשְּׂמֹאל וְאֵימִנָה, וְאִם-הַיָּמִין וְאַשְׂמְאִילָה

N’est-ce pas que toute la terre est devant toi, sépare-toi de moi, si tu vas à gauche j’irais à droite, si tu vas à droite, j’irais à gauche.

 

On reviendra sur les causes profondes de cette séparation d’après Abraham

 

13.10:   

וַיִּשָּׂא-לוֹט אֶת-עֵינָיו, וַיַּרְא אֶת-כָּל-כִּכַּר הַיַּרְדֵּן, כִּי כֻלָּהּ, מַשְׁקֶה--לִפְנֵי שַׁחֵת יְהוָה, אֶת-סְדֹם וְאֶת-עֲמֹרָה, כְּגַן-יְהוָה כְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, בֹּאֲכָה צֹעַר

 

Et Loth leva les yeux et vit toute la plaine du Jourdain, car elle était tout entière arrosée, avant que l'Éternel eût détruit Sodome et Gomorrhe; comme un jardin d Dieu, comme le pays d'Egypte, en direction de Çoar.

 

Tso’ar est une ville qui va jouer un très grand rôle dans l’histoire de la vie de Loth, elle est entre l’Egypte et Sodome et Gomorrhe.

 

13.11:

 וַיִּבְחַר-לוֹ לוֹט, אֵת כָּל-כִּכַּר הַיַּרְדֵּן, וַיִּסַּע לוֹט, מִקֶּדֶם; וַיִּפָּרְדוּ, אִישׁ מֵעַל אָחִיו

 Et Loth choisit pour lui toute la plaine du Jourdain, et Lot décampa-voyagea vers l’orient ; et ils se séparèrent chacun de dessus son frère.

 

On a eu de la chance : Loth a choisi Sodome et Gomorrhe et Abraham a choisi Jérusalem. Et si Loth avait choisi Jérusalem ? Puisqu’ici il lui donne le choix !

 

Déjà dans l’expression « Si tu vas à gauche j’irais à droite, si tu vas à droite, j’irais à gauche » il y a déjà un pléonasme. Rashi nous donne l’explication suivante qui va nous dévoiler qui est Abraham. On pourrait croire à une séparation définitive et irréversible. Pas du tout ! Rashi nous dit en citant le Midrash que Abraham lui dit : Rassure-toi  Je ne serais jamais loin de toi et si tu as besoin de moi, je serais là pour te protéger. Effectivement par la suite on voit que dès que Loth sera fait prisonnier dans la guerre des rois, Abraham, l’homme de la paix, décide de faire la guerre ! 

 

Il n’y a pas d’implication avec les problèmes contemporains, mais il n’y a que ça.

 

Rashi nous dit ceci : Si tu va à droite je serais à la gauche de ta droite, si tu vas à gauche je serais à la droite de ta gauche. Cela veut dire que je ne serais jamais loin de toi, je te protège. C’est la grande différence de la séparation entre Caïn et Abel : Caïn tue Abel, c’est définitif et irrémédiable, c’est la haine. Abraham dit à Loth : on se ressemble trop pour être vraiment la même chose, alors éparons-nous. Mais rassure-toi, je t’aime bien, alors je suis là si tu as besoin de moi…

 

Effectivement, il aura besoin de lui ; on va voir un chapitre entier où Abraham va prendre l’initiative de faire la guerre. La Guémara va s’interroger : Abraham faire la guerre ? C’est dans la massekhet Gitim qui étudie les causes profondes de la Galout telle qu’elles sont rattachées à Abraham.

 

 

Abraham c’est l’homme de ‘Hessed, de la charité absolue et il se dévoile comme partisan de la guerre pour sauver Loth !

 

Vus voyez qu’il faut suivre le texte attentivement pour se rendre compte de l’articulation de l’émergence de l’identité d’Israël et nous n’en sommes qu’aux premières étapes : Abraham l’homme de la vertu de charité est capable d’être l’homme de la vertu de la rigueur absolue lorsqu’il le faut.

 

Dans le sujet concernant Ishmaël nous verrons plus en détail qu’Abraham a une complaisance pour Ishmaël extraordinaire que la Torah condamne. Sarah demande à Abraham de chasser le fils de l’étrangère. Et la Torah nous raconte que Abraham obéit à Sarah mais qu’il en a eu du mal pour son fils Ishmaël. De là le Talmud apprend que lorsque les femmes sont prophètes elles sont plus grandes que les hommes : Dieu a dit à Abraham : écoute la voix de Sarah. On en déduit que Sarah était plus grand prophète qu’Abraham. On verra cela plus en détail. Abraham obéit et va expulser Ishmaël et l’envoyer dans le désert avec Hagar mais le texte dit que c’est contre sa nature parce qu’il est l’homme du ‘Hessed.  Il n’y a pas plus ‘Hessed naturel si j’ose dire que l’amour d’un père pour son fils. Et même si c’est le fils de l’étrangère, c’est son fils. Je vous citerais la prochaine fois  ce le Zohar dit à ce sujet.

 

Vous voyez à quel point nous vivons cela de manière tragique. Ce mot de tragédie ne fait pas partie du vocabulaire juif. Il faudrait dire dramatique. C’est intentionnellement que j’utilise le mot tragique, c’est un drame sans solution. Il n’y a pas de drame sans solution dans le regard de la Bible sur l’histoire : il y a toujours une solution. C’est un grand enseignement du professeur Néher. La grande différence entre la conscience grecque et ce qu’elle a fini par devenir dans l’histoire des cultures, et la conscience hébraïque, c’est que la conscience grecque est tragique. C’est le drame sans solution. La conscience grecque mène à cet espèce d’univers que seuls les psychanalystes ont le courage d’explorer. La fatalité fait inconscient, ce n’est pas pour rien qu’ils ont pris pour semen Œdipe.  C’est un autre problème mais très important. Monsieur Néher a mis cela en évidence que tous les récits de la Bible sont dramatiques mais il y a une issue. Finalement, Ruth revient.

 

Un grand auteur juif français sociologue d’origine marxiste nommé Goldmann a fait sa thèse de doctorat sur le Dieu caché de Pascal. En appendice de sa thèse de doctorat, il a fait une étude extrêmement enrichissante sur la différence entre le théâtre de Racine et le théâtre de Corneille. Le théâtre de Racine est un théâtre tragique. Racine finalement finira janséniste tragique. Tandis que le théâtre de Corneille est un théâtre dramatique. Je me rappelle à l’école française que je préférais Corneille à Racine. Corneille cela fait juif : c’est dramatique mais il y a une issue. Tandis que Racine cela aboutit au tragique absolu. Pas d’issue, à chaque génération le même drame avec simplement des pauses dans les coulisses.

 

Sachant qu’ils ne sont que dramatiques ces problèmes de la relation entre Abraham et Ishmaël, je crois que c’est très rassurant que seuls les Juifs sont capables de cela.  

 

 

Quelle est la raison de cette séparation ?

 

Voilà comment le Midrash l’explique : c’était une querelle de bergers. De quoi peuvent se quereller les bergers qui ont pour objectif de rendre concret au niveau existentiel, l’idéal des Hébreux qui va se formuler finalement dans la révélation de la Torah ? Parce qu’il s’agit de la préparation d’une identité humaine – l’identité hébraïque - qui fera que la révélation de la Torah sera possible. Quelle est cette querelle des bergers en tant que berger à propos d’un problème de Torah ?

 

Le Midrash va directement à un exemple prestigieux : pourquoi Moïse a-t’il été choisi Moïse grâce á qui la Torah sera révélée ?

Sur un verset qui se trouve dans l’histoire de Moïse alors qu’il était chez Jéthro dans le désert du Sinaï chez Jéthro. C’est la préface au moment de la révélation du buisson ardent : Pourquoi Dieu a-t’Il choisi Moïse ? C’est parce qu’il était un bon berger ! Et comment le texte l’indique-t-il ? Il faisait paître ses troupeaux dans des pâturages qui n’appartenaient pas à des propriétaires étrangers.

 

 

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Published by Phil O'Semith - dans ENGENDREMENTS
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 17:41

Abraham L'hébreu ou l’espérance de fraternité 1988

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/engendrements/abraham_l_hebreu_serie_1988/cours_3

Durée : 46,1 minutes

Face A

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Ce soir nous commençons à lire les textes qui concernent l’histoire des patriarches qui commence avec l’histoire d’Abraham. Plus exactement, avec l’arrivée d’Abraham dans le pays de Canaan, et vous savez d’après les textes précédents que c’est en ce temps-là des patriarches le nom donné à la terre qui s’appellera la terre d’Erets Israël, parce que les Kenaanim l’occupaient en ce temps-là. Il y a déjà d’ailleurs dans la Parashah de cette semaine un verset qui l’indique :

[Lekh Lekha - Gn. 15:6] :

 וְהַכְּנַעֲנִי, אָז בָּאָרֶץ

Et le Cananéen se trouvait en ce temps-là dans le pays.

Le Midrash établit de façon très claire que cela implique que le Canaanéen était envahisseur dans ce pays qui faisait partie de l’héritage de la descendance de Shem. Vous vous rappelez ceux qui étaient là à la soirée de Hoshaana Raba qu’effectivement Abraham est un des descendants de Shem par son ancêtre Ever. D’où le nom de Avraham Ha-Ivri, Abraham l’hébreu. Je ne veux pas revenir sur l’identité d’Avraham en tant qu’hébreu, peut-être aurons-nous l’occasion d’y revenir par la suite. Je veux simplement rappeler un point qui me semble important : il y a deux périodes dans l’histoire d’Abraham :

Dans la première période de sa vie il se nomme Abram, et c’est encore le nom qu’il a dans les textes que nous allons aborder aujourd’hui. Cela se réfère à un thème très important : c’est l’identité de l’hébreu en exil au temps précédent dans les différentes générations qui vont de Ever l’ancêtre d’Abraham jusqu’au temps d’Abraham dan la civilisation babylonienne de ce temps-là surtout connue sous le nom de la civilisation d’Our-Kasdim capitale des Chaldéens, qui à l’époque était la dynastie dominante de ce que nous appelons en général sous le nom de Babel dans l’histoire des Malkhouyiot, ces grands empires que l’histoire d’Israël a traversé. Babel est le premier des empires de l’antiquité biblique en tout cas dans l’ordre de la cohérence du récit biblique.    

Je vous rappelle qu’Israël a traversé l’histoire de quatre grands empires : nous sommes d’après cette typologie historiosophique à la fin de l’histoire du quatrième empire qui est l’empire de Rome.

Il y a d’abord l’empire de Babel, ensuite l’empire de Perse, ensuite l’empire de Grèce et l’empire de Rome. Et nous avons traversé ces 4 empires avec 4 sorties d’exil qui en fait sont 3 puisque la Grèce et Rome font partie de la même période historique du point de vue de ce problème. Etant donné que l’exil du peuple d’Israël au temps de l’empire grec était un exil sur sa terre.

Je vous le rappelle très brièvement :

1-      Nous sommes sortis de ce Babel d’Our-Kasdim avec Abraham. Et il y avait en ce temps-là une annexe - les historiens vont dresser l’oreille mais il me faudrait plus de temps pour nuancer – une annexe de la civilisation babylonienne qui était la civilisation égyptienne. Et nous finissons de sortir de ce temps de Babel avec la sortie d’Egypte au temps de Moïse en tant que peuple. Mais nous sortons de Our-Kasdim avec Abraham à la racine première de notre identité dont nous allons suivre la carte d’identité avec la Parashah de Lekh Lekhah de cette semaine.

 

2-      Nous sortons de l’empire de Perse avec Ezra et Néhémie. Tsivat Tsion. C’est au temps des événements que raconte le livre d’Esther. 

3-      Nous sortons de la domination grecque avec les Makabi.

4-      Et nous sortons de l’empire romain de notre temps avec l’état d’Israël contemporain.

 

Je reviens au début de l’histoire. L’identité de l’hébreu dans la civilisation de Babel est Aram. D’où le nom araméen en français. Je vous avais cité un certains nombres de références dans la bible et le talmud à ce sujet, il sera sans doute nécessaire d’y revenir.

 

A partir de maintenant je dirais Abraham suivant la loi de la Halakhah : à partir du moment où Abram a changé de nom pour devenir Abraham, il est interdit de le nommer de nouveau Abram sinon pour rappeler qu’il s’appelle en réalité Abraham – c’est d’ailleurs un thème pour lui-même : pourquoi la Guémara interdit-elle d’appeler Abraham Abram, si nous avons le temps rappelez-le moi en fin de cours.

Cette petite d’Abraham famille d’Abraham rescapée des Hébreux de cette civilisation d’Our-Kasdim de ce qu’il faudrait appeler du temps de l’énorme Shoah de Babel. Il y a une énorme Shoah à Babel, une famille d’Hébreux est rescapée. Il y a une Shoah à la sortie d’Egypte : c’est un cinquième du peuple hébreu qui sort d’Egypte sous la direction de Moïse. Je ne continue pas la suite qui est très longue et se poursuit jusqu’à nous comme vous le savez.

Abraham est accompagné par un certain nombre de personnages qui ont la même racine d’identité et avec lesquels il va se trouver aux prises dans cette histoire de ré-émergence de l’identité hébraïque, de sa coquille araméenne, en hébreu nous disons la Qlipah, son écorce araméenne qui est très difficile à finir d’évacuer jusqu’à ce que Jacob le petit fils d’Abraham reçoive le nom d’Israël, ce qui donne l’authenticité de cette identité araméenne en Abraham revenue hébraïque. Pour le nom de Jacob devenant Israël il faudra trois générations de sélection d’identité.

Entretemps vont apparaître des lignées divergentes dans la même racine de cet Abraham qui était alors araméen : l’hébreu de l’exil.

C’est un thème extrêmement important que nous allons essayer de suivre le plus possible en coup de projecteur mais il faudrait effectivement reprendre toute l’histoire du livre de Bereshit en détail, ce qui prendrait des années, avec un cours par semaine. il faudrait voir ce que la Torah Shébéal peh nous a dit de tout cela. Les sources sont très nombreuses. Je vous indique l’auteur principal qui a donné le plus grand contenu à cette étude, c’est le Shlah qui a donné toutes les nuances de ces thèmes d’identité. Cela commence évidemment dans les Midrashim, ceux du Zohar, le Kouzari de Judah Halévi, le Maharal. Cela explose dans le Shlah et corollairement dans le Peri Tsadik aussi. 

Et nous arrivons donc à l’identité hébraïque retrouvée avec Jacob lorsqu’il reçoit le nom Israël. Nous avons là un programme d’étude, dont nous aborderons certaines dimensions, parce que c’est cette histoire que nous vivons de nouveau sus une autre forme de notre temps, où nous revenons d’une identité d’exil et avec le projet de retrouver l’identité hébraïque à l’échelle d’une société toute entière.

Et les problèmes qui explosent dans cette expérience, non de résurrection comme  on peut le trouver dans un vocabulaire sioniste israélien mal traduit, mais disons de restauration de la nation hébraïque. On ne peut pas parler de résurrection car on ne ressuscite que des cadavres, et grâce à Dieu le peuple juif n’a jamais été jusque-là bien qu’il ait eu des tribulations assez analogues, vous avec compris.

 

Loth :

Il y a un personnage que je voudrais mettre en évidence dans la première partie de l’étude de ce soir qui est Loth, le neveu d’Abraham qui sort d’Our-Kasdim avec Abraham. Et dans notre parashah nous voyons comment il font un long chemin ensemble. Et finalement ils se séparent. Loth va fonder une toute autre lignée, une double lignée d’ailleurs, celle de Amon et de Moav qui vont installer des rivalités terribles avec Israël, les premières rivalités à Israël, et qui ont accompagné l’histoire d’Israël pendant tout le temps dont parle la Bible jusqu’au moment où Ruth revient de chez Moav, et devient l’ancêtre du roi David.

Ruth ne vient pas de n’importe où. Elle revient d’une lignée qui s’était écartée de la souche originelle : la famille d’Abraham. Puisque son ancêtre c’est Loth qui aurait pu être un Abraham. Mais c’est un Abraham disons déviant. En terme un peu vulgaire qui me vient à l’esprit : un raté de l’histoire. Mais ces ratés font souches. Ce sont des identités d’impasse mais qui se reproduisent. Il y a une sorte de génie de la machine à polycopier les erreurs qui fait qu’elles sont dans le monde et qu’il faut se mesurer à elles. Voilà donc un moment de l’étude que nous aurons à découvrir : les rapports d’Abraham à Loth.

Et puis dans cette Parashah nous voyons qu’Abraham est relié à un autre personnage de cette famille qui est son propre fils par Agar l’égyptienne alors qu’Abraham se nomme encore Abram avant la mutation d’identité qui fait que Abram redevient Abraham l’ancêtre de Jacob. Abram n’est pas l’ancêtre d’Isaac il est l’ancêtre d’Ishmaël. C’est quand Abraham est déjà Abraham que Isaac va naître, c’est après la circoncision d’Abraham que Isaac va naître. Et donc d’une certaine manière, de cette souche originelle, à part Loth qui était d’origine très proche d’Abraham, Ishmaël fils de Agar va procéder de cette souche originelle. Et vous savez les dimensions de la rivalité qui s’installeront à travers Ishmaël par rapport à Israël. C’est sans doute le problème de gros plan auquel nous allons nous mesurer depuis le retour contemporain en Erets Israël. Pour ceux d’entre vous qui ont encore souvenir de ce qu’avait été Galout Arav - la diaspora des communautés juives en pays d’islam, c’est une longue histoire des rapport entre le peuple d’Israël les Juifs de l’exil avec l’islam en Golah. 

Mais dès qu’Israël revient sur sa terre alors les dimensions de ce problème changent de niveau c’est de nouveau le conflit tel qu’il est raconté par la Bible qui est mis en évidence : le conflit entre Ishmaël et Isaac, c’est à qui échoit la promesse de la terre d’Abraham. Et vous savez à quel point ce sera l’enjeu des élections prochaines.

J’essaierais de prendre un peu de temps à la fin du cours pour étudier ou au moins lire un passage du Zohar qui parle de la relation entre Abraham et Ishmaël. C’est un verset du chapitre 17 que nous verrons tout à l’heure. Et je vous dirais une petite préface à partir d’une interview qui est paru dans Haarets. Le journaliste a très bien fait son travail de journaliste puisqu’il m’a fait dire des choses que.. bref. Alors cela servira de mise au point.  Je dois vous dire qu’il a vraiment bien fait son travail : le contenu de l’article cela passe. Ce n’est pas moi qui l’ai écrit et je ne l’aurais jamais écrit comme ça, mais cela passe à la rigueur. Je pense que la direction du journal lui a imposé un titre accrocheur pour les lecteurs et alors cela a été lu dans tout le pays et on n’a fait de moi quelqu’un que je ne suis pas. C’est pourquoi je dis que le journaliste a très bien fait son travail : en prenant une phrase sortie de son contexte et en lui donnant un portée politique qui n’a rien à voir avec ce qu’elle veut dire… On en parlera un peu tout à l’heure. J’ai décidé quand même de faire une mise au point, vous aurez la surprise de la lire lorsqu’elle paraitra. J’en parlerais tout à l’heure.

Je vous incite quand même à lire l’article.

Déjà le premier verset que nous allons lire où il est question de la famille d’Abraham c’est à la fin de la Parashah de Noa’h. Chapitre 11 verset 27 : c’est la fin de la généalogie de Shem après nous avoir donné l’ascendance de Abraham - dont le nom éclate à partir de ce moment-là en gros plan dans le récit biblique sur l’histoire de l’humanité - à travers Shem et Ever on nous parle de ce qui se passe dans la famille de Tera’h qui est le père d’Abram devenu Abraham. Et le verset dit :

11:27:

וְאֵלֶּה, תּוֹלְדֹת תֶּרַח--תֶּרַח הוֹלִיד אֶת-אַבְרָם, אֶת-נָחוֹר וְאֶת-הָרָן; וְהָרָן, הוֹלִיד אֶת-לוֹט

Voici les générations de Tera’h: Téra’h engendra Avram, Na’hor et Harân; et Harân engendra Loth.

Donc Loth est le fils de Haran frère d’Abram. Encore au temps du niveau de l’identité Aram des Hébreux. L’identité araméenne des Hébreux en exil en Our-Kasdim. On apprend que Haran meurt à Our-Kasdim.

וַיָּמָת הָרָן, עַל-פְּנֵי תֶּרַח אָבִיו, בְּאֶרֶץ מוֹלַדְתּוֹ, בְּאוּר כַּשְׂדִּים

Harân mourut al penei en présence de Tharé son père, en son pays natal, à Our-Kasdim.

Al penei Tera’h en présence de Tharé son père il y a ici une indication qu’il faudrait étudier mais je ferme la parenthèse.

En hébreu le mot de Moledet se traduit en français par « la patrie ». Mais le sens strict étymologique de Moledet c’est le pays natal : le pays où l’on est né.

Vous voyez qu’il y a énormément de vocabulaire qui gène la prise de conscience d’identité dans lesquels les Juifs sont interpellés de notre temps. Je vous donnerais un exemple. Si on me demande quel est ma patrie, que répondre ? Je suis né en Algérie, je ne peux pas dire que c’est l’Algérie ma patrie ! Et pourtant c’était ma terre natale… Vous voyez la différence.

On arrive au verset 11:31 où l’on apprend comment se fait cette sortie d’exil dans la famille de Téra’h père d’Abraham. Le mot de cette Aliah si j’ose dire c’était Abraham. Les Midrashim sont très clairs : c’est Abraham qui convertit Tera’h à l’hébraïsme si j’ose dire. Et Tera’h est le chef de famille. Un des Midrashim indique que pour ne pas porter atteinte à l’honneur de Téra’h – commandement qu’Abraham doit respecter -  Abraham doit respecter l’honneur de son père même si son père resistait à la prise de conscience d’Abraham, la Torah aussi respecte l’honneur du père d’Abraham verset 11.31:

וַיִּקַּח תֶּרַח אֶת-אַבְרָם בְּנוֹ, וְאֶת-לוֹט בֶּן-הָרָן בֶּן-בְּנוֹ, וְאֵת שָׂרַי כַּלָּתוֹ, אֵשֶׁת אַבְרָם בְּנוֹ; וַיֵּצְאוּ אִתָּם מֵאוּר כַּשְׂדִּים, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן, וַיָּבֹאוּ עַד-חָרָן, וַיֵּשְׁבוּ שָׁם. 

Tera’h prit Abram son fils…

Alors qu’on s’attendrait ce qui dans la réalité existentielle - cela nous arrive comme c’est arrivé à Abraham - ce sont les fils qui trainent les pères dans ce pays, vous avez remarqué?

On s’attendrait à ce que le verset dise l’inverse.

Tera’h prit Abram son fils et Loth fils de Haran son petit-fils et Saraï sa brue femme de Abram son fils. Ils sortirent tous de Our-Kasdim pour aller en direction du pays de Canaan. 

C’est la première fois que la Torah nous raconte cette décision de mettre fin à l’exil des Hébreux en Our-Kasdim. Rappelez-vous le Midrash qui explique ce qui se passe à Our-Kasdim. C’était un gigantesque four crématoire. La fournaise d Our-Kasdim. Le Hitler de l’époque s’appelait Nimrod. Personnage paradigme très important dans l’histoire d’Abraham. Un personnage modèle : le tyran au temps d’Abraham. Et à chaque époque il y a un Nimrod. Il s’est appelé une fois Torquémada, Haman, Hitler… Aujourd’hui il a énormément de sosies. Mais quoiqu’il en soit c’est la première fois qu’on nous dit qu’il y a une décision prise par les rescapés de rescapés de rescapés des Hébreux. C’est très impressionnant, sur tout un peuple, une seule famille rescapés des fours crématoires de Our-Kasdim ! Et ils y vont spontanément : vous remarquez qu’il n’y a aucune révélation à Tera’h ou à Abraham encore dans le texte pour dire que c’est le temps ? C’est une prise de conscience de la famille d’Abraham sur motivation d’Avraham qui a pris d’elle-même l’initiative qui va être confirmée  quelques versets après au début de la Parashah de Lekh Lekha.

Il y a une controverse chez les Méfarshim : cette confirmation de Lekh Lekha donnée à Abraham est-elle donnée déjà à Our-Kasdim ou à ‘Haran ? Ce n’est pas un point de détail, c’est un autre sujet. Quoiqu’il en soit, que la confirmation ait été donné à Our-Kasdim ou à ‘Haran, on ne peut pas ne pas se rendre compte que l’initiative est d’abord venue de la famille d’Abraham. Après, Dieu confirme. Nous retrouvons le même thème à la sortie d’Egypte. L’initiative vient d’abord de Moïse qui se heurte à la résistance des Hébreux et des Égyptiens. C’est 40 ans après que Moïse ait pris l’initiative et qu’il s’est trouvé en but avec le refus des Hébreux en Egypte et des Egyptiens bien sûr, que Dieu lui confirme son initiative dans la révélation du buisson ardent.

Nous voyons ici un thème très parallèle. Dans l’ordre du récit, ils décident d’aller au pays de Canaan. D’après la manière classique de lire ce texte, ils ne savaient pas où ils devaient aller !  La thèse classique c’est qu’il s’agit de Mésopotamiens que Dieu par décret de Sa Volonté a décidé de transformer en hébreux… J’ai critiqué précédemment cette thèse classique. J’ai toujours été étonné de voir comment les commentateurs et les historiens, Na’hmanide excepté, ne mettent pas en évidence cela qu’il ne s’agit pas de mésopotamiens !      

Si c’était des mésopotamiens on aurait des droits sur Bagdad ! On a déjà droit sur Damas grâce à Eliezer serviteur d’Abraham. C’est encore une autre histoire.

S’il s’agissait de Mésopotamiens, par quelle magie se seraient-ils transformés en Hébreux, et par quel magie Dieu les enverrait-il en Kenaan sans leur dire où c’est ?

On voit dans le premier verset du chapitre 12 dans le message de Dieu à Abraham que c’est en Erets Kenaan qu’il faut aller. Dans le verset précédent que nos sommes en train de lire 11:31:

לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן   lalechet artsah Kena'an : ils savent où ils vont parce qu’ils rentrent chez eux tout simplement !

A partir du moment où il y a prise de conscience du danger de disparition totale dans l’exil de Our-Kasdim, il y a un « sionisme » avant la lettre qui prend Abraham et il décide de rentrer chez lui.

Regardez à quel point le texte est clair. Et je me demande encore pourquoi on ne le lit pas comme il est écrit !  Voilà le premier point.

Fin du verset 31 :

וַיָּבֹאוּ עַד-חָרָן, וַיֵּשְׁבוּ שָׁם

Ils arrivèrent jusqu’à ‘Haran et ils s’intallèrent là-bas.

‘Haran est sur la frontière entre le pas d’Our-Kasdim et Erets Israël qui ce temps s’appelle le pays de Kenaan, pour les raisons indiquées précédemment.

On appelle cette contrée, cette marche entre la grande Babel des Casdéens à l’époque, plus tard on l’appelera l’Assyrie qui s’appelle dans la tradition juive : Aram Naarayim, Aram Tsovah. Expressions que l’on peut retrouver en histoire ou géographie, c’est finalement la frontière entre Erets Israël et Babel. Aram Naarayim, Aram Tsovah cela implique une partie de la Syrie et du Liban.

Dans ces derniers versets, nous avons une typologie extrêmement éclairante de ce qui se passe dans le peuple d’Israël. Ici nous avons le modèle dans la famille d’Abraham de ce qui se passe dans le peuple d’Israël lorsque cette décision de retour est prise. Encore une fois, vous remarquez qu’elle a été provoquée par la Shoah du temps. Je pense que si le texte de la Torah ne donne pas directement comme cause de la Aliah d’Abraham la Shoah, c’est dire que même sans Shoah, Abraham aurait pris cette décision. C’est le Midrash qui indique qu’il est rescapé des fours crématoires d’Our-Kasdim – « la fournaise de Kasdim ». Le Midrash explique qu’on y jetait les Hébreux dans le feu.

C’est effarant à quel point on n’a pu passer des milliers d’années sans se rendre compte que cette éventualité-là était réelle. C’est le Midrash qui met tout cela en évidence, comme si l’essentiel c’est le mouvement historique qui fait que les Hébreux étaient dans la civilisation du temps. Si on se pose la question de savoir ce qu’il y faisaient : il y faisaient ce que tous les fils d’Israël font dans la civilisation du temps, à travers le temps, que ce soit Babel, Paras, Yavan ou Romi… etc.

C’est un autre sujet : c’est le mystérieux problème de la relation de ce peuple d’Israël à l’universel humain à travers les grands empires des civilisations humaines.

Et puis, c’est ce mouvement là que la Torah met en évidence. Ils étaient là-bas et à un certain moment Abraham revient. C’est le moment où le tyran de l’empire en question est Nimrod, modèle de tous les tyrans, personnage modèle du tyran au moment de la nécessité du retour de ces exils sempiternels. D’après la typologie traditionnelle, grâce à Dieu nous avons eu que trois patriarches. Donc il n’y a que 3 exils et pas 4. Vous voyez la chance que nous avons par rapport à nos ancêtres.     

Invité dans un aréopage de non-juifs, on me demandait de parler de Pessah. Alors j’ai raconté la situation des Hébreux juste après la sortie d’Egypte quand il y avait la mer rouge devant et l’armée égyptienne derrière. J’ai dit alors : nos ancêtres ont eu de la chance, ils n’ont eu que l’armée égyptienne…

Ceci dit toute cette histoire est en train de finir puisque nous sommes à la fin de la troisième sortie d’exil et qu’il n’y en n’a pas 4. 

***

Q: Les gens accompagnant Abraham étaient-ils monothéistes ou étaient-ils idolâtres ?

R:  Le Miqra n’en parle pas, non pas parce que cela ne l’intéresse pas mais parce que ce n’est pas son propos. Le Midrash en parle beaucoup. Prenons le cas de Tera’h le propre père d’Abraham. Lorsque nous avons une typologie il faut bien comprendre ce qu’est une analogie : les choses ne se répètent jamais de la même manière. Mais il un a un éclairage du thème dans sa globalité. Et par conséquent, je sens bien que nous sommes préoccupés de la comparaison entre ce qui s’est passé pour les Hébreux du temps d’Abraham et ce qui s’est passé pour nous à la fin de la génération précédente avec la Shoah. Mais ce n’est pas du tout la méthode de la tradition juive de faire des correspondances de détail. Car cela fait basculer dans le délire. Et les prophètes n’ont jamais prophétiser des détails. Cela ne veut pas dire qu’ils ne les connaissaient pas, mais cela ne fait pas partie du propos de la Torah. Elle ne s’occupe pas de cela. Elle s’occupe des grandes directions des Toladot, c’est-à-dire des mutations d’identité qui font que nous aboutirons Bimhéra Biyaménou (rapidement de nos jours) à Jérusalem et pas ailleurs, aux temps messianiques. Mais comme le croient d’ailleurs ceux qui sont ailleurs, dans leur prières en tout cas…

Et par conséquent, la question est très importante : certainement y avait-il en fidélité marrane anachronique l’identité hébraïque enfouie dans l’identité araméenne. C’est en Abraham qu’elle a ré-émergé. Et nous verrons le cas de personnages qui accompagnent Abraham, en particulier Loth. Et elle n’arrive pas à émerger jusqu’à Ruth, lorsque revient Ruth. Et ce n’est pas n’importe qui : elle a pour vocation de permettre la naissance du roi David. Tant que ces étincelles de saintetés qui s’étaient perdues ne reviennent pas, il n’y a pas encore d’occurrences messianiques concrètes. Avec Ruth on espère que David va naître…

Le Midrash sur Tera’h nous raconte comment Abraham enfant a eu sa vocation monothéiste. Il faudrait reprendre ce Midrash  en détail mais cela prendrait trop de temps. Mais j’ai la tentation de le reprendre en cours de pédagogie pour Talmoudei Torah ou même pour Gan Yéladim. Parce que dès qu’on commence à paraphraser sur des formules précises du Midrash on dit des bêtises. Je vais vous lire le Midrash en paraphrase mais sans bêtise !

Le Midrash nous dit que Abraham enfant a eu sa vocation monothéiste. Il décide de donner une leçon à son père Téra’h qui était fabricant d’idoles dans ce qui pourrait être le quartier de ces fabricants de statuettes. Il y a une certaine  noblesse dans ce genre de sensibilité religieuse mais elle n’est pas la nôtre. Et comme il était respectueux de ses parents, et qu’il ne voulait pas accuser son père d’idolâtrie, il a pris une hache et détruit toutes les idoles et mis la hache dans les bras de la plus grandes des idoles. Quand Tera’h est venu demandant ce qui s’était passé, Abraham lui a raconté une histoire : un croyant est venu apporter une obole de farine devant son idole et toutes les idoles se sont disputer pour savoir à qui irait l’offrande, et c’est la plus grande qui a gagné en détruisant toutes les autres…

Et Tera’h à son fils : C’est impossible, à moi tu veux faire croire cela ?

Et alors Abraham a dit à Tera’h le premier proverbe juif. C’est une phrase de la Guémara :

Hashma le'oznecha ma she'ata motzi mipicha

fait entendre à tes oreilles ce que tu dis avec ta bouche.

Et c’est là que Téra’h s’est converti – ou plutôt reconverti si vous voulez -  à la vocation d’Abraham. Téra’h père d’Abraham, hébreu araméen, ce n’est pas n’importe qui ! Alors derrière ce Midrash qu’est-ce qu’un fabricant d’idoles ?

C’était le grand-prêtre de la religion du temps à Our-Kasdim. Il jouait le rôle d’Israël dans les civilisation du monde : Mamlekhet Kohanim véGoï Qadosh. C’est le discours des rabbins en Golah : nous sommes le peuple des prêtres. Les prêtres de qui ? Des Goyim chez lesquels ils vivent ! C’est un thème pour lui-même. Ce qui se passe à Paris est grotesque à ce sujet puisque l’archevêque est qui vous savez. Mais les Juifs ont oublié ce que c’est que l’humour français.

Qu’est-ce qu’une idole chez les idolâtres ? C’est un symbole matérialisé de leur idéal. Qu’est-ce qu’un fabricant d’idoles ? C’est un marchand d’idéal, c’est  le grand prêtre de la civilisation idolâtre du temps. Cela ne veut pas dire que l’idolâtre païen ne sait pas devant quel idéal il se trouve lorsqu’il est devant sa statue. Ce sont nous les monothéistes iconoclastes qui avons détruits les statues, qui risquons de croire que c’est la statue qu’ils adorent. Il y a aussi des superstitieux chez eux. Mais en vérité l’idolâtre n’adore pas la statue mais ce qu’elle représente.

Si certains d’entre vous on un peu étudier la civilisation chrétienne il est bien évident que ces hommes et ces femmes qui s’agenouillent devant un morceaux de bois, ce n’est pas devant un morceau de bois qu’ils s’agenouillent, mais devant ce que cela représente. C’est pourquoi cette idole est dangereuse à cause de ce qu’elle représente. Mais il est bien évident que la ferveur du païen ne va pas au véhicule matérielle de son idéal.

De la même manière quand vous voyez à la synagogue Shabat matin les Juifs pieux adorer le Sefer Torah, croyez-vous qu’ils adorent le Sefer Torah ? Evidemment, non. Mais ils adorent ce qui est écrit dedans, ce que cela représente, la ‘Hokhmah qui est dedans. Il y a aussi des superstitieux chez les idolâtres qui pourraient être persuadés que les Juifs adorent un rouleau de parchemin.

Des Juifs déjudaïsés peuvent s’étonner de la pratique d’embrasser la Mézouza : comme le dit la Guémara : kol hapossel bemoumo possel (Kidouchin 70a) « celui qui disqualifie c’est son propre défaut qu’il disqualifie ». 

C’est une projection : Celui qui accuse quelqu’un d’autre de superstition, cela veut dire qu’à sa place il serait superstitieux lui l’accusateur.

Alors ne me fais pas dire que seuls les sionistes sont de vrais Juifs. Il y a ceux aussi qui le deviendront… !

Sur la famille d’Abraham : il y a différents personnages qui vivent différemment la sortie de Our Kasdim d’Abraham. Il a un frère Haran qui est resté à Our Kasdim : « il est mort devant son père ».

Et les mots ont un sens précis dans le Midrash. C’est qu’ils n’arrivent pas à sortir. Ils sont enterrés là-bas. Et puis il y a Tera’h qui sort avec Abraham en compagnie de Loth. Mais Tera’h s’arrête à la frontière et fonde là-bas la fédération sioniste de ce temps-là. Il en est le président. C’est impressionnant de voir à quel point cette typologie est éclairante : c’est le même effort mais qui n’arrive pas au même aboutissement. Haran ne peut pas. Tera’h peut, mais pas suffisamment. Loth accompagne Abraham, mais dans le pays de Canaan il va se perdre et arriver au pays de Sodome et Gomorrhe. Vous voyez les différents niveaux. Il y en a un de la famille Na’hor qui reste là-bas. 

Et c’est chez lui qu’on va aller chercher femme pour les enfants des patriarches. Les marieurs savent maintenant à quoi sert la diaspora !

Je reviens donc à ce schéma qui me semble extrêmement important, simplement en réénumérant les différentes effectuations de cette sortie d’Our-Kasdim :

=> Haran ne peut pas.

=>Tera’h sort d’Our-Kasdim mais reste à la frontière.

=> Loth accompagne Abraham mais n’arrive pas à se débarrasser de son identité araméenne. Elle devient moabite et ammonite.

=> Na’hor lui reste à Our-Kasdim, et c’est chez Na’hor qu’on va trouver Rivqah pour Yits’haq, Rachel et Léa, Zilpa et Bilha pour Jacob.

C’est donc une mise en réserve d’une partie de cette identité de la famille d’Abraham, et nous verrons plus tard pourquoi nous avons besoin de cette identité mise en réserve pour que les engendrements, les Toladot, puissent continuer jusqu’à ce qu’on arrive à l’identité d’Israël. Entretemps interdiction absolue pour les enfants des patriarches – on l’apprendra surtout avec Isaac – de revenir d’où Abraham est parti - la Yéridah est dangereuse – et de ne pas prendre femme dans le pays de Canaan. Ce serait le mélange absolu. Mais lorsque Jacob devient Israël, l’identité Israël est engendrée alors le problème des mariages exogamiques devient un tout autre problème.

Pendant le temps d’Abraham c’est l’interdiction absolue. Donc on avait besoin d’une matrice de la famille d’Abraham qui était là-bas. Après tout, si Na’hor avait accompagné Abraham notre histoire aurait été peut-être plus facile, plus heureuse. La matrice d’où est venue Rivqah, Léa et Rachel aurait été déjà là de façon beaucoup plus épurée sans doute. Mais on ne refait pas l’histoire à l’envers, on n’invente pas les Midrashim, ce que je viens de faire et je vous répète chaque fois que c’est interdit, mais vous voyez à peu près dans quelle perspective cela va. Après tout il n’y a pas de fatalité que Na’hor reste là-bas ! Rappelez-vous la Hagadah de Pessa’h lorsque l’on fait allusion à Téra’h d’après un verset, on l’appelle toujours Téra’h Avi Avraham Avi Na’hor. Il n’est pas simplement le père d’Abraham, il est aussi le père de Na’hor. C’est-à-dire le père du père des mères d’Israël. Tera’h est le père des pères d’Israël par Abraham et le père des mères d’Israël par Na’hor.

Mais il n’y a aucune nécessité que Na’hor reste là-bas. Je renferme la parenthèse.

La séparation de Loth et Abraham :

On va s’occuper dans la première partie du cours des raisons de la séparation entre Loth et Abraham. Avant d’y arriver, un principe de méthode de lecture que je répète souvent. Puisqu’on connait la suite, et qu’il y a une telle cohérence lorsque commence à se dévoiler cette cohérence du récit, on a l’impression que la suite c’est fatalement qu’elle arrive comme cela. Et plus le texte est cohérent et plus il semble que ce qu’il raconte est fatal. Il faut donc faire effort pour pouvoir suivre le dévoilement du texte, la révélation du texte. C’est difficile car on en peut pas oublier ce qu’on sait, on a lu la suite.  Il faut faire effort de virginité de lecture pour ne lire que ce qu’on est en train de lire. On ne sait pas ce qu’il y a après. Si on s’en sert ce sera pour des échafaudages de consolidation. Mais on ne sait que ce qui est dit maintenant. Ce qui est dit après arrive après. Entre ce maintenant et après il y a toute la liberté possible. Même si cela se passe autrement, même si au fur et à mesure que les événements se développent, il y a le conditionnement de cause à effet qui fait que cette part de liberté s’amoindrit. Mais elle existe et elle est toujours là. Jusqu’au bout cela pouvait être autrement !

Je prends l’exemple précédent : nous savons qu’il y a cette cohérence là qu’Abraham sort et que Nahor reste en réserve. Ce n’est pas fatal, cela aurait pu être autrement. Et certainement, si cette histoire avait commencé avec Abraham et Na’hor sortis complètement d’Our-Kasdim et entrant dans le pays, elle aurait eu une autre allure d’une autre aisance.

On aura toujours une tendance mystique ou « apikorsique » disant : « si cela s’est passé comme ça c’est que c’est ainsi que cela devait se passer… » Mais personne ne peut le savoir, puisque cela ne s’est passé que comme ça !

Je crois qu’il faut se déprendre de cette tentation qui est dans le fond d’une religiosité authentique d’une sorte de fatalité de la vérité. La vie en tout cas est au pluriel. Quand on dit Divrei Elokim ‘Hayim le mot ‘Hayim est au pluriel parce que la vie est au pluriel et qu’il n’y a pas de fatalité univoque.

Nous avons une très belle Guémara là-dessus sur les troupeaux: Pourquoi le terme les troupeaux est au pluriel ?  Adarim adarim (Sanhédrin 97). Chaque troupeau ayant son berger. Mais il y a un seul berger. Un vrai berger c’est un berger. Tous les bergers c’est un berger, il y a un seul berger, mais c’est des bergers… C’est dans Sanhédrin 97 : « Au temps du Mashia’h la vérité éclatera en morceaux ». Et on nous cite un verset avec des troupeaux.

Haémet neederet la vérité manquera, sera cachée (néadar). Et c’est la même racine que Adarim Adarim les troupeaux. Mais alors faites bien attention : ce n’est pas n’importe quoi qui est un troupeau. Il  n’y a qu’un troupeau qui soit un troupeau. Par exemple nous avons 27 troupeaux à la Knesset. Cela veut dire que 27 c’est

 

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Published by Phil O'Semith - dans ENGENDREMENTS
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 17:38

Abraham L'hébreu 88 – 2ème Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/abraham_l_hebreu_serie_1992/cours_1

Durée : 24,0 minutes
Face B

W00298-02

 

Deuxième génération : Isaac.

 

Dans la première série ceux qui sont les adversaires, l’ennemi se nomme Abimelekh. Abimelekh est le nom des dynasties de rois de la Philistée du temps. Il s’agit du territoire de Gaza. Les Romains ont pris ce nom de Philistée pour en faire le nom de Palestine des usurpateurs contemporains, et puis il veut couper Isaac de sa terre. C’est un nom de dynastie : Il y a déjà un Abimelekh au temps d’Abraham qui déjà propose une alliance à Abraham dans les termes suivants :

« וַיֹּאמֶר אֲבִימֶלֶךְ, הִנֵּה אַרְצִי לְפָנֶיךָ   Hineh Artsi lefanekha - Voici ma terre devant toi» dit Abimelekh à cet Abraham dont Dieu dit et redit : c’est ta terre ! Abimelekh dit : ma terre. Installe-toi dans le ghetto que tu voudras...

 

Et Abraham dans sa générosité du Tsadik de la Midat Ha’hessed débordant de charité signe une alliance avec Avimelekh, juste avant le sacrifice d’Isaac. Comme pour dire « cet enfant pour qui je t’ai promis cette terre, rend-le Moi puisque tu ne veux pas de cette terre, et puisque tu as entendu dire d’Abimelekh le Philistin « ma terre » et que tu signes... !

Vous voyez que le récit biblique est impitoyable et qu’on ne peut pas ne pas le lire. Je pense souvent à cette question qui nous, les rabbins sionistes, nous préoccupe beaucoup : comment se fait-il qu’il y ait tellement de gens qui étudient la Bible et qui ne voient pas ce qu’il y a d’écrit ?

Cela ressemble au verset : « ils ont des yeux… ».

 

Voilà Avimelekh, dans la lignée de Nimrod. Nimrod veut détruire le peuple dans sa racine, Avimelekh veut le couper de sa terre.

 

Dans l’autre série c’est Ishmaël. L’identité approximative qui s’instaure en rivalité et qui réclame l’héritage d’Abraham l’hébreu. C’est tellement facile à diagnostiquer car nous vivons cette histoire.  

 

Troisième génération : Jacob.

 

Jacob est aux prises avec l’homme de la lignée la plus proche d’Israël. Celle qui vient du frère d’Abraham mais qui lui a refusé de redevenir hébreu. Il veut rester araméen, il veut rester galoutique comme on dit aujourd’hui. L’hébreu en Galout de Babel était Aram. Et voilà qu’une branche de cette famille redevient hébreu, c’est Abraham ; et son frère Na’hor veut rester araméen.

Il fait souche, c’est Bethouel et Lavan. Lavan fils de Bétouel fils de Na’hor. Et le texte le nomme avec une accumulation d’adjectifs : Lavan arami.

 

Et vous savez ce que dit la Hagadah de Pessa’h :

VéLavan Bikesh Laakor Et Hakol…

Et Lavan a cherché à écraser tout…

 

Pire que le Pharaon qui voulait tuer les mâles pour s’approprier les matrices et pour engendrer les valeurs hébraïques pour l’Egypte, mais Lavan lui voulait tuer tout. Qui est donc ce Laban ? Il nous faut le diagnostiquer. C’est du sein même de la famille d’Abraham qu’un rival voulant annuler l’émergence de l’identité d’Israël apparait. Je les caractériserais très formellement : ce sont ces Juifs anti-Juifs et anti-Israël qui au nom de l’ancestralité galoutique s’opposent au projet d’Abraham.

 

De l’autre côté dans l’autre tableau c’est Esaü le frère de Jacob et qui prétend être Israël. Je vous l’ai diagnostiqué comme étant la chrétienté, le précédent c’était l’islam. Il y a cet étonnement énorme que ce récit simple où la sélection de l’identité d’Abraham à Jacob qui mènera à Israël suscite…

 

.../...

 

sur mesure biblique.

 

Encore une fois c’est tellement énorme que cela manque d’humour de leur part. Et voilà qu’un 7ème personnage apparait à des époques caractéristiques et qui est Amaleq.

 

Amaleq est un personnage que se définit de deux manières : d’abord il apparait toujours dans les périodes de fin d’exil lorsque sortant de son exil l’identité d’Abraham redevient hébraïque, alors Amaleq survient. Et deuxièmement il récapitule les deux prétentions : détruire et remplacer.

 

Effectivement, on voit Amaleq apparaître à la sortie d’Egypte : « Vayabo Amaleq… » dans Parashat Beshala’h du livre de Shémot. Dès que Israël sort d’Egypte, le peuple redevient hébreu sort de son exil et va retrouver sa terre Amaleq se jette sur lui.

 

A la fin du 2ème exil, le livre d’Esther tout entier c’est le récit du conflit entre les Amalécites et les Judéens. Et le livre d’Esther ne parle que de cela. Cela veut dire que dès que l’identité judéenne du premier exil du royaume de Juda décide de décrocher du 2èmeempire qui était la civilisation perse après la civilisation babylonienne – l’Egypte étant une annexe de la civilisation de Babel – surgit Amaleq. Et grâce aux miracles de la reine Esther il ne s’est pas produit cette catastrophe qui aurait pu se produire si Amaleq avait fini par persuader Assuérus.

 

Et de notre temps, l’état d’Israël contemporain est bien évidemment apparu à la fin catastrophique d’un temps d’exil, et a surgi en ce temps-là un Amaleq contemporain, et qui a pour définition d’identité un programme bien précis et il ne s’en cache pas de le dire : détruire et remplacer. Hitler l’avait écrit dans Meïn Kampf et lisez aujourd’hui la charte palestinienne. C’est ce qu’il y a d’écrit en clair. Les Juifs sont tellement juifs qu’ils ne veulent pas entendre ce dont on les menace. Je me souviens du temps de Hitler qui a écrit Meïn Kampf avec un cynisme inouï y disant ce qu’il voulait faire et on la laisser faire. Heureusement qu’on ne l’a pas laissé aller jusqu’au bout. Vous êtes contemporains de la charte palestinienne qui écrit en clair cela.

 

C’est bien cette histoire que nous vivons. D’un côté les rivaux qui veulent détruire, de l’autre les approximations d’identité qui veulent remplacer, et ce personnage fatidique, le 7ème qui récapitule tout, et qui apparait en fin d’exil. Dès qu’Israël sort d’exil, Amaleq surgit. C’est à cela que nous sommes occupés dans les péripéties de l’histoire contemporaine : le peuple juif et Israël d’un côté et le reste du monde de l’autre. Exactement comme l’avait raconté la Bible à partir de l’histoire d’Abraham.

 

L’amour fraternelle :

 

Je voudrais terminer cette analyse par le 2èmevolet de l’équation de fraternité. Ainsi l’être hébreu apparait et comme le raconte l’histoire son problème c’est l’amour des frères.    

 

Petite parenthèse sur un principe de l’enseignement talmudique : l’homme désigne comme idéal la vertu qui lui manque. C’est un peu le contraire de ce qu’on pourrait croire en culture occidentale. Dis-moi en quoi tu crois et je te dirais qui tu es. En fait le Talmud nous dirait :  Dis-moi en quoi tu crois et je te dirais celui que tu n’es pas encore, parce que si tu y crois c’est que tu ne l’es pas déjà.

 

On désigne comme idéal la vertu qui nous manque. Ainsi le Romain désigne comme idéal la charité, mais les Romains si vous connaissez l’histoire de Rome c’est Ish Damim. Ce sont eux qui ont porté l’art de la guerre jusqu’où il est arrivé. Ce sont des martiens. Qu’ont-ils comme religion ? La charité ! De la même manière chez Ishmaël : lorsqu’Ishmaël a voulu retrouver le Dieu d’Abraham, il a cherché comme idéal la vertu de rigueur qui lui manquait : il avait reçu la charité par héritage de l’identité d’Abraham. L’hospitalité d’Ishmaël est connue : elle procède du ‘Hessed. Mais il manquait le Din. Lorsque l’islam s’est fondée elle a appelé la religion d’un mot hébreu Din. En arabe El Din.

 

Qu’en est-il pour Israël de ce principe ? L’idéal d’Israël c’est l’unité et nous désignons par là la vertu qui nous manque. Depuis le temps d’Abraham nous sommes à la recherche d’un principe d’unité. Voyez que je désigne quelque chose qui est tabou en société juive. Nous sommes la religion de l’unité et nous savons qu’il n’y a pas une société au monde aussi divisée que la société juive ! Dès qu’il y a trois juifs, il y a 4 parties et 25 présidents. Les Juifs savent cela mais n’osent pas se l’avouer.

Consolation : Si effectivement on  nous a désigné l’unité comme idéal c’est qu’on savait qu’en fin de compte nous serons les seuls à pouvoir le réaliser. Seule une conscience qui perçoit ce qui lui manque y est sensible, mais encore en tension d’idéal.

 

Cette équation de fraternité, le patriarche va la rechercher encore beaucoup plus profondément que la relation entre le frère et le frère qui est le point de départ. Mais c’est quelque chose de beaucoup plus profond qui se cherche dans l’histoire des patriarches, et c’est ceci : Au niveau du premier homme il y a un progrès énorme par rapport à l’animalité. L’animalité est désignée en termes de sexes : mâle et femelle - Zakhar ouNouqvah. Alors que dès que l’homme apparait la Torah parle d’époux et d’épouse. Il y a un niveau de reconnaissance d’autrui à l’intérieur de l’identité humaine, lorsqu’elle fait couple, qui est l’homme un qui se cherche dans notre histoire et notre récit. La première chose qu’Abraham a à faire quand il recommence l’histoire de l’homme, c’est résoudre ce problème que ce n’est pas suffisant.

 

Et voilà que la Torah nous raconte qu’il avait 100 ans et qu’elle avait 90 ans et qu’ils voyagent en Egypte la civilisation du temps. Arrivés à la frontière de l’Egypte au poste de douane la Torah nous dit qu’il s’aperçoit qu’elle est belle ! Comment ? Il aurait mis 100 ans pour s’en apercevoir et elle a 90 ans ? On voit que le récit porte ailleurs ! Cela veut dire qu’il s’est aperçu qu’elle avait cette beauté de celle dont on peut dire alors qu’elle est femme qu’elle est sœur. Et c’est cela qu’il avait à déclarer dans la civilisation du temps. Je vais essayer d’imager cela :

 

Arrivant à la douane en Egypte on Lui demande s’il a quelque chose à déclarer ? Il dit : « oui ma femme c’est ma sœur ! » Et ils n’ont rien compris du tout : « Si elle est ta sœur alors on peut te la prendre pour le Pharaon puisqu’elle est belle... » Voyez ce qui se passe en réalité : cela a été ce voyage vulnérable d’Israël dans l’histoire de l’humanité : il avait des messages à porter. Des messages qui lorsqu’ils en sont pas compris risquent d’être suicidaires.

 

Je me base là sur un enseignement du ‘Hafets ‘Hayim qui pose la question suivante dans ses Drashot: les sacrifices ne sont permis par la Torah que dans le temple. Comment se fait-il que le sacrifice de la fondation de notre histoire soit faite non seulement en dehors du temple mais dans la terre de la plus grande impureté en Egypte ? C’était le Pessa’h de Mitsraïm, le sacrifice pascal de la sortie d’Egypte s’est fait en Egypte. Il donne un enseignement très important. Il dit en fait il y a deux sainteté. Nous sommes habitués à la sainteté dévoilée. Mais il y a une sainteté profonde qui est cachée dans le profane. La sainteté cachée dans l’impur est une sainteté presque plus importante, parce qu’il faut la dévoiler, la sainteté est dévoilée parce qu’il faut la délivrer. Il y a la sainteté dans la maison, dans le temple. Il y a la sainteté de l’en-dehors qu’il faut faire émerger. C’est un thème extrêmement important qui pourrait faire l’objet d’une étude pour elle-même.

Et il nous donne l’enseignement suivant s’appuyant sur des versets : Il y a aussi deux sagesses. La sagesse dévoilée et la sagesse cachée. Alors de la même manière il dit qu’il y a deux amours: l’amour permis dehors et interdit dedans : c’est l’amour du frère et de la sœur. Il y a l’amour permis dedans et interdit dehors, c’est l’amour de l’époux et de l’épouse. Il y a deux comportements de l’amour. Et le premier homme était déjà arrivé au premier : époux-épouse. Le patriarche reprend ce problème là où le premier homme l’avait laissé et construit la 2ème dimension de la relation d’autrui à autrui dans le comportement d’amour. Vous avez du remarqué d’ailleurs qu’un couple réussi c’est lorsque on a réussi à être mari et femme, et frère et sœur. Si on n’est que mari et femme cela risque de basculer dans les scènes de ménages. Mais si on est mari-femme et frère-sœur, tout va bien et on finit d’ailleurs par se ressembler.

 

Vous voyez de quoi s’occupent les récits bibliques alors que trop souvent on en parle comme s’il s’agissait d’anecdotes. Il s’agit de notre histoire et à un niveau considérable.

 

Je terminerais par cette image concernant le peuple juif : c’est la relation entre le Juif et la Torah. La Torah en tant que sagesse a également deux aspect : l’aspect dévoilé c’est l’aspect sœur qui vaut pour l’universel, et l’aspect caché, l’aspect secret, c’est l’aspect épouse.

Et alors voilà que le peuple juif se balade dans l’histoire en disant de la Torah : voyez comme ma femme est belle, c’est ma sœur !

 

Je parle en clair :

La dimension du Niglé, de la Torah dévoilée, est à la disposition de l’universel humain. La dimension du Nistar, la Torah cachée, c’est l’épouse dans la maison, et cela ne concerne personne d’autre. Mais c’est la même Torah.

 

Alors on lui demande : c’est ta femme ou c’est ta sœur ? Il répond la vérité : c’est ma femme et c’est ma sœur. Si c’est ta sœur on va te tuer pour la prendre ! C’est exactement l’histoire d’Abraham.

 

Voyez comment Israël a vécu cette histoire. Nous vivons en tant que société en tant que peuple, l’histoire des Patriarches. Et pour savoir nous situer il faut étudier la Torah. Pas comme des anecdotes mais au niveau où elle enseigne et pour cela notre doigt de lecture c’est bien sûr le Midrash et le Talmud pris au sérieux, et pas seulement comme des lectures pieuses du samedi après-midi pour faire de la morale de vieillard à des intelligences d’enfants.

 

***

 

Q: Question sur l’amour d’Abraham pour Ishmaël et la promesse qu’il sera un grand peuple comme Israël ?

R:  J’ai tenté de vous faire découvrir qu’il y a une cohérence dans l’histoire que nous vivons telle qu’elle est éclairée par la Torah et donc c’est plein de problèmes. Je vous répondrais brièvement par manque de temps mais toutes les questions sont importantes et nécessitent de grands développements, en vous renvoyant aux références que je vous ai donné pour que vous les étudiez. Je vous remercie de votre question mais rassurez- vous il y a une réponse. C’est que nous sommes au point de départ de l’histoire d’Israël et Abraham a fondé la première vertu qui sera la conscience d’Israël. La conscience d’Israël pour se constituer se constitue à travers trois vertus différentes : d’abord la vertu de charité, ensuite la vertu de justice et après la vertu de l’unité des valeurs qui est la vertu de vérité morale. Abraham est tout entier charité et ce n’est pas encore Israël. Notre Torah c’est la Torah donnée à Jacob. Si on se conduit comme Abraham, et que cela, c’est la catastrophe. Par exemple Ishmaël. Relisez ce texte et vous verrez qu’Abraham protège Ishmaël par charité et puis c’est son fils. Et de la même manière la prière d’Abraham pour Sodome et Gomorrhe. Il prie pour les pires Reshayim de l’humanité. Dieu les déclare Reshayim et Abraham prie. Je voudrais avoir le temps de vous dire que c’est son devoir : lorsque la charité prie c’est pour les pires criminels qu’elle doit prier. Sarah avait favorisé la naissance d’Ishmaël par générosité car se croyant stérile et par fléchissement de sa conscience elle voulait que ce qui était Abraham puisse se perpétuer dans l’histoire des hommes fut-ce à travers une matrice égyptienne – cela donne Ishmaël. Alors puisqu’il existe déjà il existe. Et c’est Abraham qui plaide pour Ishmaël et Dieu entend la prière d’Abraham [17 :20] :

 

    וּלְיִשְׁמָעֵאל, שְׁמַעְתִּיךָ   

« En ce qui concerne Ishmaël Je t’ai entendu ».

 

Alors qu’Il ne lui parlait que d’Isaac fils de Sarah, [17:18] Abraham dit au Seigneur: "Puisse Ismaël, à tes yeux, mériter de vivre!" Bon et bien puisque tu dis Ishmaël... et cela nous a coûté cher ! Je vais vous dire une chose que je vous demandrais de comprendre très simplement : si Ishmaël était notre contemporain, il ferait partie de Shalom Akhshav. Cela vous explique l’erreur de Shalom Akhshav : se prendre pour Abraham et que ça ! Alors que nous sommes Israël.

Mais lisez ce que Sarah a dit [21:10]  :

 

וַתֹּאמֶר, לְאַבְרָהָם, גָּרֵשׁ הָאָמָה הַזֹּאת, וְאֶת-בְּנָהּ כִּי לֹא יִירַשׁ בֶּן-הָאָמָה הַזֹּאת, עִם-בְּנִי עִם-יִצְחָק

Vatomer léAbraham

Garesh haamah hazot ve-et Benah

Ki Lo Yirash Ben Haamah Hazot im Béni Im Yits’haq

Elle a dit à Abraham renvoie cette mère avec son enfant,

car il n’héritera pas le fils de cette mère avec mon fils avec Isaac.

 

Si j’avais le temps je vous indiquerais pourquoi ils sont différents Ishmaël et Its’haq.

Elle a vu que Ishmaël riait – metsa’heq au présent - alors il ne peut pas hériter avec celui qui rira au futur – Yits’haq. Ce thème-là me prendrait trop de temps, je vous l’indique, mais ne croyez par qu’il s’agit d’anecdotes. Ce sont deux religiosités radicalement différentes, mais toutes deux issues de la foi d’Abraham qui reconnait qu’il y a un Créateur, alors il y a rire. Mais rire au présent et rire au futur ce n’est pas la même chose.       

 

Abraham serait à Shalom Akhshav. Mais Sarah dans quel parti politique serait-elle ?

On est arrivé au stade où il faut dire les choses en clair, vous comprenez puisque vous avez posé la question. Les conflits actuels en Israël ce n’est pas un peuple qui se révolte pour avoir des droits. Il ne s’agit pas de cela. Ce sont deux peuples qui luttent pour la même terre. Et il se dévoile qu’il en est ainsi. Alors c’est où l’un où l’autre. Il faut en prendre acte, surtout lorsqu’on entend ce que les autres disent. Cela prendra les péripéties que cela prendra, et nous ne sommes pas les Européens en Amérique ou en Afrique, ou les Américains ailleurs. Nous sommes Israël nous avons une Loi et il faut la vivre, c’est pour cela que nous supportons ce que nous supportons. Il faut avoir les yeux ouverts. Et alors Dieu intervient : écoute la voix de Sarah [21:12], cela veut dire que Dieu a pris parti. Si vous posez la question du dedans du texte lisez la réponse qu’il y a dans le texte. 

 

…/…

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Published by Phil O'Semith - dans ENGENDREMENTS
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 17:35

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/abraham_l_hebreu_serie_1992/cours_1

Durée : 46,1 minutes
Face A

W00298-01

Je vais aborder dans un premier point un rappel très succinct de ce que nous avions vu l’année dernière au sujet de l’identité de Abraham l’hébreu qui est à l’origine de l’histoire d’Israël. Nous avions vu que contrairement à un cliché très répandu chez les historiens, et parfois chez les historiens connu comme compétents, Abraham est un hébreu qui se trouvait dans la civilisation de la région de Mésopotamie de son temps, et dans la ville connue sous le nom de Our-Kasdim.

Si vous consultez des cartes anciennes pour les confronter aux cartes actuelles, vous aurez la surprise de découvrir que Our-Kasdim se trouve dans la région de la frontière entre l’Irak et le Koweït. A côté d’une ville à laquelle les textes prophétiques font allusion, sous le nom de Basra ou Bosra en hébreu et qui s’appelle Bassora dans la géopolitique contemporaine. Comme pour nous dire que nous sommes en un temps où certaines boucles tendent à se reboucler, et là où cela a commencé, il se passera ce qu’il se passera...

Notre histoire a commencé avec un homme que la Bible nomme Abraham l’hébreu et cette identité hébraïque nous avons essayé l’année dernière de la situer à la fois historiquement et géographiquement. Et en relation avec le pays d’Israël qui à l’époque se nommait le pays de Canaan parce qu’il avait été envahi par les Cananéens – différents peuples regroupés sous l’identité Canaan dans le texte de la Bible – mais que la Bible nomme le pays des Hébreux.

Ceci pour indiquer que dans la contestation pratiquement universelle contemporaine sur la question du lien entre le peuple d’Israël et la terre d’Israël, il est nécessaire en tout cas que les Juifs, qui sont des héritiers des Hébreux, retrouvent cette mémoire de leur origine et ait la conscience de leur légitimité absolue en tant que un peuple relié à sa terre.

Je n’entre pas dans les détails mais vous percevez les implications de tout ordre qu’il y a autour  de ce problème. Nous avons expérience de doutes, de perplexités, de Juifs qui parfois devrait être au courant de leur propre source parce que c’est la Bible notre carte d’identité, et qui malgré cela ayant été imprégnés de ces clichés «d’ antisémitismes » subtils, venant parfois d’autorités universitaires, craignent de porter atteinte à la légitimité d’un autre peuple qui est en rivalité et en contestation et en interpellation avec Israël. C’est une histoire qui ne commence pas de notre temps, c’est une histoire qui nous est racontée par la Bible déjà au temps du commencement il y a près de 4000 ans au temps de Abraham l’hébreu. C’était si je me souviens bien l’essentiel de l’analyse de la dernière fois.

 Je voudrais aborder la suite de cette analyse : je vous indique d’ailleurs que ce sujet comporte une étude qui pourrait durer très longtemps, c’est-à-dire que ce n’est pas en une fois que nous pouvons épuiser les dimensions et la problématique de cette manière d’être homme que la Bible nomme Israël et qui prend sa source dans l’identité hébraïque.

Petite parenthèse en passant : Nous, Juifs, nous nous sommes connus comme juifs dans la diaspora – les Juifs cela veut dire les judéens –  et nous étions d’origine hébraïque  mais avec le long temps de la diaspora nous avons fini par perdre de vue l’identité essentielle de l’hébreu qu’il y a en nous, Juifs. Pour formuler cela de façon schématique : les Juifs sont d’origine hébraïque. Ils ont risqué d’oublier leur origine, il y a eu le risque d’une identité seconde, une identité de diaspora se connaissant comme sui generis et découvrant avec étonnement, dans la contemporanéité que nous vivons, qu’une partie du peuple juif redevenue hébreu leur pose un problème d’identité, c’est-à-dire l’Israël des israéliens. Les israéliens sont des Juifs redevenus hébreux, et sont des Hébreux d’origine juive. Ce n’est pas du tout une boutade, il y a là deux problèmes qui ne sont pas forcément exactement les mêmes : les Juifs dans leur quête d’identité doivent retrouver leur origine hébraïque, et les israéliens en tant qu’ils assument leur identité, ne doivent pas oublier leurs origines juives.

Je voudrais dire très brièvement que l’humanité entière a été traversée par cette identité hébraïque. Je le dirais schématiquement de la manière suivante : en Occident il y a un monde culturel, spirituel, religieux, considérable qui est la chrétienté qui à travers 2000 ans a touché un nombre incommensurable de consciences, lesquelles dans leur équation personnelle propre, disons dans leur bonne foi propre, se sont pris pour Israël, se réclament des patriarches et des prophètes hébreux, d’une certaine manière de la terre des Hébreux qu’ils considèrent comme leur terre sainte.

Et finalement vous savez à quel point le monde de la chrétienté quelque soit les remises au point par rapport aux Juifs et au judaïsme que la Shoah leur impose que l’état d’Israël leur impose, est encore en rivalité d’identité avec l’Israël des Juifs. Et avec un problème qui est encore en suspend par ce qu’ils découvrent dans un traumatisme considérable, 2000 après, que peut-être ce sont les Juifs qui sont Israël et alors qui sont-ils ? Cela c’est d’un côté du monde.

De l’autre côté du monde c’est la rivalité de l’islam. Et là encore, tout un pan de l’humanité considérablement ample du point de vue du nombre et de sa quantité, et de son poids politique actuel, et de la menace qu’il représente, non seulement pour Israël, et qui eux aussi à leur manière se réclament des patriarches et des prophètes et des rois d’Israël et de la terre d’Israël qu’il considèrent non seulement comme une terre sainte mais comme un terre arabe. 

Et par conséquent, nous, petit peuple juif, sommes peut-être les moins bien placés en tant qu’héritiers des Hébreux – peut-être par réaction de modestie d’ailleurs - pour percevoir l’impact considérable que l’identité hébraïque a eu dans l’histoire de l’humanité, au point où nous nous trouvons 4000 après en but aux interpellations que la Bible raconte lorsqu’elle raconte l’histoire de la famille d’Abraham, à partir du moment où Abraham décide de décrocher de la civilisation mésopotamienne et de rentrer au pays des Hébreux.

Ce sont des choses très analogues que les générations actuelles du peuple juif par rapport à Israël vivent. Cela nous est raconté dans la Bible à l’échelle de l’histoire des patriarches. Nous sommes ce peuple privilégié qui peut lire son histoire dans les journaux et qui lit les journaux en lisant la Bible.     

Pour revenir à notre sujet : il est nécessaire de comprendre quelle est la clef de cet impact de l’identité hébraïque dans l’histoire de l’humanité. Au point que le monde entier, quelque soit ses problèmes, réclame Jérusalem comme étant sa capitale, à la condition qu’elle ne soit pas celle des Juifs. C’est tellement énorme qu’ on a l’impression que l’humanité contemporaine n’a même pas le sens d’humour minimum qu’il faudrait pour remettre les choses à leurs proportions. Un tout petit peuple et des problèmes aussi énormes autour.

Vous percevez les dimensions et l’envergure du problème posé à l’histoire des hommes dès qu’Abraham sortant d’Our-Kasdim se dirige vers les montagnes de Moriah. « Lekh lekha » c’est dit en sortant d’Our-Kasdim, mais c’est dit pour la montagne de Moriah, et l’histoire d’Israël va commencer en ce temps.

Le Midrash s’interroge sur la raison pour laquelle le texte de la Bible tient à dénommer Abraham « Abraham l’hébreu » alors que nous connaissons déjà les généalogies qui ont engendré Abraham, et que nous savons qu’Abraham est descendant de Shem – un des trois fils de Noa’h qui a été le  fondateur de la civilisation des Sémites -  à travers un des patriarches de l’antiquité qui se nomme Ever. Le mot « hébreu » en hébreu – Ivri - signifie descendant de Ever.

Par conséquent, puisque nous savons déjà cela par les textes précédents en fin de Parashat Noa’h, nous savons que Abram fils de Tera’h est descendant de Ever. Pourquoi le texte de la Torah en nous racontant un épisode de la vie d’Abraham lorsqu’il doit intervenir dans une guerre qui oppose 4 rois à 5 rois pour délivrer son neveu Loth fait prisonnier, nous dit (Genèse chapitre 14:13) :

    וַיָּבֹא, הַפָּלִיט, וַיַּגֵּד, לְאַבְרָם הָעִבְרִי   

Les fuyards vinrent en apporter la nouvelle à Abram l'Hébreu.

 

On est venu annoncer à « Abraham l’hébreu » que Loth était fait prisonnier. Le Midrash s’interroge parce qu’au niveau du Pshat, c’est-à-dire du sens direct, nous savons que cela veut dire un hébreu, un descendant de Ever – Eber. Alors le Midrash donne un certain nombres d’harmoniques de sens et nous renvoie en particulier au verset qui va définir celui qui est Ever. Quelle est cette identité qui prend son nom de l’ancêtre Ever et pourquoi cette identité a-t-elle une telle importance dans l’histoire des hommes ?

Voilà la première question que je voudrais aborder.

Everest le descendant de Shem de la génération immédiatement antérieure à la grande diaspora des nations qui est le résultat de ce qui nous est raconté dans l’épisode de la tour de Babel. Nous apprenons du récit de la Bible que avant l’époque  de la tour de Babel que nous appelons dans la tradition Dor Hapélagah « la génération de la dispersion » – j’en profiterais pour vous parler ultérieurement, et je vous l’indique pour ne pas l’oublier, qu’il faut réfléchir sur la notion de diaspora, cliché des sociologues plus que des historiens : et alors que la conscience juive est  habituée à l’idée que le fait de diaspora s’attache à l’identité juive et qu’un juif se définit par le fait de dispersion et d’exil, le récit de la Torah nous dit exactement l’inverse : la diaspora c’est la diaspora des nations. A partir de l’unité de l’identité humaine, l’identité humaine éclate en différentes nations qu’on appelle les Goyim, mot qui étymologiquement signifie « les nations ». Avant le temps des nations, il y a eu le temps de l’humanité une. Et c’est à partir de Babel que l’universel humain a éclaté en nations. 

Or, précisément Ever c’est le descendant de la lignée de Shem avant la Pélagah, avant la grande dispersion. Ce qu’il faut retenir c’est que lorsque la Torah énumère les 70 nations qui sont le résultat de l’éclatement de cette unité de l’universel humain, il n’y a pas Israël. Il y a les descendants de Ever. Il n’y a pas encore Israël. Israël apparaitra plus tard à partir d’Abraham et après une sélection d’identité de cette recherche de l’identité hébraïque épurée après le temps de son propre exil au temps de Jacob, petit fils d’Abraham, qui prend le nom d’Israël. D’une certaine manière c’est en Jacob qu’Abraham devient Israël.  

Et lorsque plus tard, pour des raisons propres à la vocation d’identité de ce peuple d’Israël arrive le conditionnement des péripéties de la diaspora d’Israël à proprement parler, alors cette dispersion d’Israël est seconde et vient se greffer sur la dispersion humaine avec une finalité messianique que les prophètes d’Israël expliquent. Ce qui est encore un autre sujet.

Mais ce qu’il faut retenir c’est que le fait de la diaspora pour l’identité humaine c’est le propre des Goyim, ce n’est pas le propre d’Israël. L’identité de diaspora du peuple d’Israël est dérivée, elle est seconde et provisoire, même si elle dure dans le temps. C’est lorsque l’identité d’Israël vient se greffer sur la diaspora humaine en vue de la réunifier dans le retour au pays des Hébreux.   

Et là, comme vous le savez nous sommes en conflit avec d’autres courants religieux, en particulier la manière dont la chrétienté définit l’exil des Juifs comme une malédiction, une punition sans fin. Et l’islam de manière assez analogue mais différente d’ailleurs, comme une disqualification de la vocation d’Israël. Et puis aussi certains courants juifs, religieux ou non, qui s’instaurent dans cette identité provisoire qu’ils voudraient voir comme sui generis et définitive, tombant dans le piège que les rivalités chrétiennes ou islamiques leur ouvrent.

Voici ce que dit le verset de la Bible concernant Ever. Il s’agit du verset 25 du chapitre 10 de la Genèse :

וּלְעֵבֶר יֻלַּד, שְׁנֵי בָנִים

OulaÊver Youlad Shnei Banim

Et à Ever fut enfanté 2 fils,

שֵׁם הָאֶחָד פֶּלֶג

 Shem Haé’had Peleg

le nom du premier Peleg,

כִּי בְיָמָיו נִפְלְגָה הָאָרֶץ

 

Ki Biyamav Nifléga haarets.

Car en son temps la terre s’est dispersée.

 

Et suit dans le chapitre 11 la description de cette dispersion des 70 nations de base, et c’est là qu’apparait pour la première fois cette catégorie : cette dispersion s’est faite chez les familles humaines selon leur pays, selon leur nations (aux Goyim), selon leur langues.

Donc l’identité hébraïque n’est pas une parmi les identités humaines formellement analogues. C’est l’identité de l’homme avant la dispersion humaine, avant la Pélagah. C’est l’identité de l’homme un. C’est une identité qui garde en elle-même ce qu’est l’homme authentique tel que Dieu l’avait créé. Lorsque par exemple la Guémara (Yevamot 61) dira en s’adressant à Israël : « Atem krouyim Adam vé eïn oumot haolam kerouyim Adam », il y a une allusion à ce que nous dit ce verset. Ever n’est pas n’importe qui, le verset le dit très clairement, il est le père de Péleg, et c’est avec Péleg que la Pélagah, la diaspora, la dispersion de l’identité humaine a commencé.

Et donc, il devient compréhensible que lorsque les nations du monde - qui chacune d’entre elles ont recueilli un aspect partiel du génie humain - génial à leur manière mais de manière partielle – rencontrent l’identité hébraïque alors elles rencontrent l’espérance de l’homme un, l’espérance de l’universel.

A chaque étape de la civilisation humaine cette espérance se formule dans des indices d’espoirs messianiques différents, mais il est bien évident que dans la rencontre de l’hébreu alors il y a la rencontre de l’espérance messianique fondamentale : reconstituer l’universel humain, l’unité humaine tel qu’elle se trouvait avant que ne commence le temps des empires. Les empires, c’est-à-dire chaque nation éclatée à tour de rôle qui tente de prendre en charge ce rêve de la reconstitution de l’universel humain, mais qui échoue comme par fatalité parce que le véhicule existentiel n’est pas adapté à l’idéal. Alors que l’idéal est authentique, l’homme universel, l’homme un, le véhicule sociologique, est trop partiel pour réussir. Ce qui fait que toute l’histoire de ces rêves de l’universel chez les Goyim, chez les nations, ont toujours échoué dans des impérialismes. C’est-à-dire une manière d’être homme en particulier qui tend à s’imposer aux autres. Alors que le rêve, le but, l’objectif, était idéalement authentique : refaire l’universel humain.

Je vous donnerais un exemple parmi d’autres - mais il n’y a pas d’exception - auquel nous sommes familiers : la révolution française.

Le rêve de l’universel des fondateurs idéologiques de la révolution française est authentique. Lorsqu’on lit les textes - surtout les philosophes qui ont précédé cela, surtout chez les Encyclopédistes, - de l’idéal de la révolution française, on rencontre un idéal authentique de l’universel humain. Quelques années après la première république c’est l’empire français. Et ce n’est pas qu’une ironie de l’histoire c’est une fatalité. Après la constituante, c’est l’empereur. Avec le symbolisme exactement calqué sur les empires de l’antiquité. Il n’y a aucune exception.

Nous vivons un temps exceptionnel avec l’effondrement de l’empire soviétique. Lorsque la révolution d’octobre a repris à la russe le rêve de l’universel humain, elle a voulu fonder l’universel humain et a fondé un empire qui s’est finalement écroulé sous nos yeux de notre temps.

Il y a donc dans l’identité Ever quelque chose de particulier. Dès l’origine, dans le principe c’est une identité à part des autres identité humaines. Voilà l’indication très directe de ce verset cité au chapitre 10 verset 25 de la Genèse.

C’est un verset particulier parce qu’il s’agit d’une généalogie à partir  de Shem où la Torah se borne à énumérer les noms des hommes à chaque génération. Elle ne donne une explication du nom qu’à propos de Ever ! Pour dire qu’il est le dernier à être l’homme un. Après lui Péleg ! Nous avons en hébreu moderne le nom de Miflagah qui veut dire un parti : cela éclate en différentes dimensions qui gardent la nostalgie du tout de l’un mais qui ne peuvent réaliser que le caractère partielle de ce qu’elles sont au niveau de l’histoire des sociétés.

Et voilà l’histoire dans laquelle nous sommes plongé depuis l’histoire de la tour de Babel, il y a un rêve messianique qui passe par les Hébreux, et il y a l’histoire des empires qui est l’histoire des nations, l’histoire des Goyim.

Tout se passe comme si nous sommes arrivés au temps historique du bilan de ces histoires avec le retour des Juifs sur la terre des Hébreux de notre temps, après le temps du 4ème empire selon la chronologie biblique qui est l’empire de Rome, et il ne faut pas oublier d’indiquer que la fondation de l’empire soviétique et la déclaration Balfour ont eu lieu la même année. Il ne faut pas trop réfléchir aux « coïncidences » qui donnent le vertige et donne des cauchemars. Il faut donc les laisser de côté, d’autant plus qu’elles sont plus que des coïncidences… Je reviens au sujet.

Nous avons là une identité qui est celle de Ever qui entrée dans un exil. Que faisaient les Hébreux en Mépotamie ? Mais au fond la question n’est pas plus mystérieuse que de se demander aujourd’hui ce que font les Hébreux en Australie ? ou à Trifouillis-les-Oies ?   

C’est un fait que l’identité hébraïque est entrée dans une phase récessive, elle est devenue araméenne au temps des Chaldéens, un peu de la même manière qu’elle est juive au temps des Romains, et puis Abraham prend l’initiative de mettre fin à cet exil échoué d’Our-Kasdim.

Le Midrash nous raconte que cela s’est terminé par une Shoah épouvantable à la manière même des Shoah que les Goyim nous impose par le feu, les bûchers de l’inquisition et de l’Allemagne nazie. Et le Midrash raconte qu’Our-Kasdim signifie la fournaise dans laquelle les Hébreux étaient jetés lorsque le temps de la sortie d’exil est arrivé. Une famille de rescapés : la famille d’Abraham.

L’être-frère :

Une des dimensions de cette identité hébraïque que je voudrais suivre avec vous ce soir c’est l’identité-frère. On remarque que dans le récit biblique après le meurtre de Abel par Caïn dès l’origine, le terme de « frère » disparait du récit.

Tout se passe comme si cette vision apparemment pessimiste mais très réaliste nous explique que le fait de société est fondamentalement une rivalité des personnes entre elles qu’il faut évacuer de telle sorte de fonder la cité. Et la cité est fondée sur le meurtre du frère par le frère.

Je prendrais l’analogie avec le mythe romain de la fondation de Rome. Là-bas aussi il s’agit de deux frères et l’un assassine l’autre et c’est sur le meurtre du frère par le frère que Rome est fondée et Rome s’en félicite. Le droit qui fonde la cité a pour mythe originel dans la tradition romaine le meurtre du frère par le frère.

Le récit biblique décrit ce problème de la rivalité des sujets dès que deux sujets sont en présence. Et c’est le problème insoluble du fait social à qui il faut imposer un ordre pour que la coexistence soit possible, mais là la Torah condamne le meurtrier. C’est la différence de mentalité.

Or, dans le récit de la naissance de ces deux frères qui fondent la société, Caïn c’est le fils attendu, mais Abel est nommé le frère. Et il a la charge du frère, la vocation du frère. Il deviendra berger, celui qui s’occupe d’autrui, et le berger c’est ce que le récit biblique cherche. Qui peut être berger de telle sorte que l’alliance soit contractée avec lui ? On cherche qui seront les bergers, car ils seront les prêtres. Le peuple des bergers c’est le peuple de Mamlekhet Kohanim VéGoy Qadosh – le peuple sacerdotal. En français nous sommes aidé par le terme de « pasteur ». Un berger c’est un pasteur.

Effectivement, nous voyons ces récits parallèles qui montrent que le souci de Dieu dans sa recherche providentielle de l’interlocuteur de l’alliance et de chercher les bergers. Il y a l’épreuve des bergers. Les patriarches sont tous bergers. Moïse est berger. Et Moïse comme Joseph est celui qui recherche ses frères. Chaque mot du texte est important. David plus tard remplace Saül parce que David est le berger. Dans les Evangiles on cherche les pêcheurs qui savent pêcher les âmes. Alors que dans la Torah on cherche les frères. Ce sont deux visions religieuses radicalement différentes.  

Effectivement, nous verrons que le mot de « frère » revient dans le récit avec Abraham, et non seulement le mot de frère mais le mot de « sœur » : c’est lorsque le patriarche, deux fois dans l’histoire d’Abraham et une fois dans l’histoire d’Isaac, dit de sa femme qu’elle est sa sœur.

Alors je voudrais très brièvement aborder ces deux points : quel est l’identité frère dans l’identité hébraïque ? Pourquoi tant de rivalités qui interpelle le frère ? Que signifie le fait que le patriarche dit de sa femme qu’elle est sa sœur ?

C’est comme je vous l’ai indiqué l’une des dimensions de cette identité hébraïque, il y en a d’autres, c’est une des lignes de lecture. Je voudrais commencer par une ligne de lecture de la recherche du frère qui aime le frère, à travers le récit du mariage des parents. Depuis l’origine de l’histoire de l’humanité en flash dans les récits bibliques.

Je me base sur un enseignement du Rav Lévi Na’hmani de Jérusalem et aussi sur une formulation de Madame Amado Lévi Valensi de Jérusalem. Je n’aurais pas le temps de dire ce qui revient à l’un ou à l’autre, ce qui vient directement des sources du Midrash ou du Shlah, c’est une analyse formelle mais je tenais à les citer parce que chacun d’entre eux, le Rav Na’hmani un grand kabbaliste de Jérusalem, et Madame Amado Lévi-Valensi, grand professeur de philosophie à Jérusalem, ont vu chacun à leur manière ce qui nous est indiqué par les textes prophétiques à ce sujet.

Si c’est nécessaire vous me le rappellerez, je vous lirais le début d’une Haftarah qui dit essentiellement cela. Je vous le dis rapidement vous me direz si c’est suffisamment clair. On prend l’histoire du premier homme. Quelques indications de base de ce qui nous frappe dans le récit de l’histoire du premier homme. Le 1er homme et la 1ère femme ne se parle pas. C’est étrange ! Sauf pour des consignes de cacheroute. C’est l’humour biblique. Et en plus, Rashi cite un Midrash qui dit que Adam Harishone était Makhmir, il avait rajouté à l’interdiction et le serpent en a profité... Ils ne se parlent pas. Et puis la Torah ne dit pas qu’ils s’aiment. Ils se sont certainement aimés mais la Torah ne le dit pas. Elle va le dire d’autres. C’est donc qu’ils se sont aimés mais pas à un niveau où la Torah le dit, et en parle. Et puis on ne voit pas que Adam ait travaillé dans le sens hébreu de Avodah – pour obtenir par une oeuvre, par un ouvrage, par un effort, par un mérite, sa femme. Alors que l’on verra plus tard que cela apparaitra. Et alors il en résulte que les enfants qui naissent ne s’aiment pas. Quel est le lien ? Mais c’est cela que la Torah va nous indiquer et on le verra dans les étapes suivantes. On cherche une identité humaine capable d’être frère et on va apprendre que cette identité humaine ne peut être qu’engendrée du dedans de l’amour. Et lequel ?  

Et l’humanité se développe jusqu’à cet échec épouvantable du déluge. Echec de la civilisation humaine et de la première tentative des hommes, dans cette catastrophe du déluge où l’humanité entière est effacée. Il faut garder cela en mémoire, le texte de la Bible est d’une lucidité impitoyable. Lorsque la relation de fraternité n’arrive pas à s’installer alors tout se passe comme si l’existence ayant perdu son sens, Dieu décide d’annuler. Ce n’est pas complètement détruit, puisqu’un rescapé, Noé, va sauver avec lui une sorte de résumé de ce qui existe, mais c’est effacé. La forme qu’avait pris l’identité humaine est inapte et elle est effacée. La matière - ’Homer - de l’identité humaine est préservée mais elle est remise en jeu dans l’histoire qui commence à Noé.

Comme je l’ai indiqué tout à l’heure il est frappant de voir que l’humanité semble être sanctionnée  parce qu’elle est incapable de la fraternité des frères. Et c’est ce qu’indique le texte en faisant disparaitre le mot de « A’h - frère » à partir du moment où Caïn a tué Abel. C’est étrange.

Apparait Abraham. Dans d’autres dimensions de cette identité humaine tout se passe comme si, avec Abraham, il y avait un recommencement de l’histoire. Et les sources sont nombreuses qui nomment Abraham le nouvel Adam. Adam Gadol Ba’Anakim . Il y a un renaissance de l’identité humaine, il est important d’entendre qu’elle est accompagnée de la ré-émergence du mot « frère-sœur ». Cela inonde le récit à partir d’Abraham.

Nous sommes donc dans tous les cas à un 2ème niveau et je voudrais formuler le progrès : Abraham et Sarah entrent mariés dans le texte. Tout se passe comme si la Torah a préféré maintenir dans la préhistoire non dite la manière dont Abraham a obtenu Sarah. Un peu comme Adam. Et puis la Torah ne nous dit pas que Abraham a aimé Sarah. Ils se sont certainement aimés, mais, encore une fois, la Torah n’a pas jugé bon de le dire. Et puis, il y a quand même une différence : l’époux et l’épouse se parlent, et ils se parlent pour se dire des choses importantes. Le mari dit à sa femme qu’elle est sa sœur, et la femme reconnait que son mari est son frère. Là, il y a un dialogue. Il y a un dialogue qui porte sur la fraternité. Ce sera donc le 2ème point de l’analyse de tout à l’heure mais retenez déjà cette indication. 

Le point de départ est très analogue à Adam et ‘Havah. Ce qui a eu pour résultat Caïn et Abel, des frères qui ne s’aiment pas. Mais là il y a un progrès : Abraham et Sarah se parlent. Et ils se parlent pour se dire l’essentiel. L’essentiel de la relation de fraternité entre l’époux et l’épouse. Le résultat est deux fils d’Abraham. Ils ne s’aiment pas, et nous portons ce problème encore jusqu’à présent : Ishmaël d’un côté et Isaac de l’autre. Mais l’un n’arrive pas à tuer l’autre. Ainsi à l’échelle individuelle, il y a des assassinats. Le Midrash est plein de cette plainte que Dieu se fait à lui-même, il y a des passages lucides dans le Talmud et un certain nombre de choses que Dieu a regretté d’avoir créé. Qu’est-ce que cela signifie que Dieu regrette ? L’une de ces choses s’appelle Ishmaël. Je n’y peux rien c’est écrit. Mais puisqu’il existe, il existe. En tout cas Ishmaël n’arrive pas à tuer Isaac jusqu’à présent. Il y a des assassinats à l’échelle individuelle. C’est faux de dire que tous les Arabes sont des assassins de Juifs. Mais c’est vrai de dire que dans le temps que nous vivons les assassins de Juifs sont des Arabes. C’est ce problème. Mais en fin de compte Ishmaël n’arrive pas à assassiner Isaac, mais ils ne se parlent pas. Tout le monde parle dans la Torah, même le Satan parle, Ishmaël ne dit pas un mot. Et vous remarquerez que maintenant encore il ne veut pas nous parler ! Cela arrivera un jour.

C’est un problème en soi. Mais vous voyez qu’il y a quand même un progrès : le point de départ des parents est assez ressemblant mais avec un changement radical : il y a dialogue entre Abraham et Sarah. Et puis il y a donc deux fils : ils ne se tuent pas mais ils ne parlent pas. Il y a progrès malgré tout, mais le problème n’est pas résolu.

On passe plus loin avec Isaac et Rébecca. Il y a quelque chose de nouveau qui apparait. Ils se parlent pour se dire, ma sœur, mon frère. Et c’est là que cela réussi. C’est le 3ème épisode que j’analyserais assez rapidement tout à l’heure. Mais le texte dit qu’Isaac a aimé Rébecca. Seulement le verset ajoute : Et il se consola de sa mère. Cela veut dire que ce n’est pas encore total. S’il y a des psychologues parmi vous ils comprendront de quoi il s’agit.

Mais il en résulte deux fils, Esaü et Jacob, qui se parlent au niveau de la rivalité pour savoir qui est le véritable hébreu, qui est le véritable Israël. Et dans la typologie traditionnelle talmudique et midrashique, la civilisation qui a réalisé le génie de l’identité d’Esaü-Essav, c’est la chrétienté. Il faut mettre en évidence le fait que de la même manière dans le récit biblique celui qui n’est pas Jacob mais qui prétend être Israël c’est Esaü, dans l’histoire celui qui n’est pas le peuple juif mais se prétend être Israël c’est bien l’Eglise et Rome. Et nous vivons cette problématique d’identité à travers l’histoire jusqu’à notre temps où elle est en train de se résoudre. C’est un autre sujet.

Là encore il y a un progrès : les frères se parlent mais ils se séparent – avec rendez-vous à la fin des temps. C’est un passage de Malakhi qui décrit qu’à la fin des temps d’exil Esaü sera jugé par Israël sur la montagne de Sion et on saura qui a été Esaü. Le procès Eishmann est un exemple de ce dont parle Malakhi. A Jérusalem on a jugé ce qui a été issu de la civilisation de Rome dans sa réclamation d’identité d’Israël. Si je me permettais un affreux jeu de mot : Tout le monde a su qui était « Eikh Man » : Comment cet homme peut-il être un homme ? La prononciation allemande : « Eish man » qui veut dire l’homme du feu. Ce sont des coïncidences ne cherchez pas à comprendre.

En tout cas il y a eu un flash de notre temps, de ce que disait Malkahi : rendez-vous à la fin des temps ! 

La 3ème génération c’est Jacob et Rachel. Or, avec eux deux quelque chose réussit : le verset dit [29:18]: וַיֶּאֱהַב יַעֲקֹב, אֶת-רָחֵל   Vayééhav Yaaqov et Ra’hel – « Et Jacob aima Rachel ». Alors est né Joseph !

Joseph est précisément le frère aîné qui aime ses frères. Et cette catastrophe qui avait commencé avec Caïn et Abel trouve ici sa rédemption avec Joseph et ses frères. C’est là que s’achève le récit de l’histoire de la Genèse et que commence l’histoire d’Israël.  Et c’est là que l’humanité embraye sur le message messianique et prophétique de la fraternité et de la recherche de la paix à la manière de la descendance d’Abraham.

Je résume-là assez rapidement une histoire extrêmement dense, telle qu’elle nous est racontée par la Bible et éclairée par le Midrash, simplement pour vous indiquer la cohérence de cette histoire. L’identité hébraïque est porteuse de la capacité d’être frère. Il faut arriver à l’engendrer d’Abraham à Joseph par des efforts successifs mais qui vont laisser comme une sédimentation de rivalités par les approximations de rivalité qui sont les faux-frères dans cette famille d’Abraham.

Les faux-frères :

Ils sont très nombreux. Je vais essayer de vous les décrire autour d’Abraham et nous allons essayer de les identifier autour de nous, avec le postulat suivant : si nous sommes Israël dont parle la Bible alors les personnages qui nous entourent et qui nous interpellent de rivalité dans notre histoire sont bien les personnages dont la Bible parle.

Si vraiment nous sommes Israël dont parle la Bible alors Ishmaël est aussi Ishmaël dont parle la Bible. Et pour comprendre nos problème entre Israël et Ishmaël ce n’est pas chez des idéologues fussent-ils des théologues qu’il faut aller chercher mais dans la Bible qui nous raconte notre histoire. Je suis toujours étonné négativement par tous ces hommes qui prétendent avoir foi dans le récit biblique au point qu’ils en pratiquent la loi mais qui chaque fois qu’ils sont interpellés par des problèmes historiques concernant l’histoire de notre peuple et d’Israël referme la Bible et ont des convictions personnelles. Cela donne la multiplicité des parties politiques. D’ailleurs c’est très étonnant que nous ayons une tradition, une loi, qui donne des réponses précises sur des questions doctrinales et de pratique religieuse très précises jusqu’au détail le plus infime, et qui pour les grands problèmes – l’histoire d’Israël et son sens, et l’histoire de la rivalité avec ces interpellations de rivalités – n’aurait aucun message alors qu’elle la raconte et qu’il faut aller chercher des convictions dans des opinions personnelles.

Je reviens au sujet : Nous allons reprendre l’histoire dans une deuxième relecture à partir d’Abraham. Je vais essayer de schématiser cela et vous me direz si c’est suffisamment clair.

Nous allons voir que le personnage principal de cette histoire d’engendrement depuis Abraham  jusqu’à Joseph, en passant par Isaac et Jacob, est entouré d’autres personnages dans le récit biblique. Je vais essayer de schématiser cela comme ça :

ð  D’un côté les rivaux qui sont ennemis et dont l’objectif est d’annuler cette identité hébraïque qui cherche à réémerger dans l’histoire humaine.

 

ð  De l’autre côté les rivaux qui veulent remplacer Israël. Les « faux-frères ».

 

Première génération : Abraham vs. Nimrod et Loth :

 

On commence à la première génération avec Abraham. L’histoire d’Abraham est accompagnée de deux personnages parmi d’autres d’ailleurs : l’un est Nimrod qui est le chef, le tyran, le Hitler si j’ose dire, de la civilisation d’Our-Kasdim. Celui qui jetait les Hébreux dans (le feux d’après le Midrash.)

(Ceux qui ont pour objectif de détruire l’identité) hébraïque en réémergence. Pas de calcul. Israël renait ? Annulé ! Il faut penser déjà à ce qui se passe de notre temps : Israël de notre temps renait et un Hitler est apparu, avec exactement cet objectif, et il n’est qu’un des Nimrod contemporains de ceux qui ont comme objectif d’annuler Israël parce qu’Israël redevient hébreu.

 

Et puis dans l’autre série, il y a un personnage qui accompagne Abraham et qui lui ressemble beaucoup au point que la Bible dit qu’ils se ressemblent comme des frères. Les deux ont la capacité d’être frère, alors qu’il s’agit de Loth qui n’est pas son frère d’état civil mais son neveu. Mais le texte dit qu’ils se ressemblent comme des frères mais vont se séparer. Et puis Loth va fonder deux lignées issues de la même identité dont sort Abraham, l’identité Aram nous dit le Talmud, l’identité de la famille de Tera’h père d’Abraham, et père de Nahor père de Loth. C’est la même identité que celle d’Abraham sortant d’exil : ils font un bout de chemin ensemble, ensuite ils se séparent parce que la capacité d’être frère est fondée sur la moralité chez Abraham et sur l’immoralité chez Loth le faux-frère qui va fonder deux lignées de rivalité messianique contre Israël : Amon et Moav. La parcelle de sainteté qui était enfouie dans l’identité de Loth revient avec Ruth plus tard et rejoint l’identité messianique qui engendrera le roi David.

Voilà pour la première génération : d’un côté Nimrod, de l’autre côté Loth. 

 

…/…

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Published by Phil O'Semith - dans ENGENDREMENTS
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