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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 19:00

Kaballe Droite et cercle  immanence et transcendance

Paris, mars 1996

La droite et le cercle (1996) cours 2

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/la_droite_et_le_cercle/cours_2

587 02

Durée : 7,1 minutes
Face B

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Nous sommes en un temps juif exceptionnel de réhébraïsation. Et cela commence par la langue. La seule chose de commune qu’ont les Juifs entre eux parce que nous reflétons la diversité du monde...

 

C’est encore une blague juive : nous sommes la religion de l’unité et c’est la société la plus divisée ! Mais notre idéal c’est l’unité ! Et Dieu nous a confié cet idéal parce que nous sommes les seuls à percevoir quand cela manque ! Alors, Il peut nous faire confiance qu’on y arrivera un jour.

 

La seule chose de commun entre tous les Juifs c’est qu’ils sont d’origine hébraïque. Et par conséquent, le ciment de toutes les manières d’être juives - et Dieu sait si elles sont nombreuses et toutes géniales – c’est l’hébreu.

 

Je vous donne un exemple. Quand je me suis occupé du centre Rashi, on a mis sur pied des ateliers de langues juives : judéo-arabe, yiddish et judéo-espagnol. J’ai mis une condition : qu’il y ait aussi un Oulpan en hébreu. Parce que si l’hébreu est là tout le reste est un enrichissement, mais si l’hébreu manque alors le yiddish c’est de l’allemand, le judéo-arabe c’est de l’arabe, et le judéo-espagnol c’est de l’espagnol ! Mais quand l’hébreu est là alors tout cela s’unifie.

Pour vous dire que une fois intégré tout cela s’est unifié.

 

Alors je dois vous dire, cela vous mettra à l’aise que ce soit un rabbin qui vous parle, assez de courir derrière cette illusion de croire que c’est la religion qui va unifier les Juifs. Ce qui va unifier les Juifs c’est l’hébreu. Et alors c’est la clef de tout.

 

Je vous raconte une histoire tragique du début du sionisme.

Au début du sionisme, il y avait un conflit terrible de sensibilité entre les Juifs qui venaient en Israël pour être juifs, et les Juifs qui venaient en Israël pour être hébreux. Imaginez un shabbat un juif intégriste comme on dit en français, un juif ‘harédi, qui traverse une rue du kiboutz pendant qu’un des kiboutsim sort à cheval avec sa pipe à la bouche…

Il lui vocifère : « Shabbès ! Shabbès ! »

Et l’autre lui répond : « Daber Ivrit Goï ! »

 

J’explique le drame de ce choc de deux fidélités qui se rencontrent. Ma question n’est pas de savoir qui a raison de Israël ou la diaspora. L’autre jour notre ami m’a traité de sioniste. Mais c’était un compliment. Le drame n’est pas de savoir qui a raison d’Israël des sionistes ou de la diaspora. C’est de savoir dans quelle époque nous vivons. Si nous vivons dans l’époque de Juda avec le retour à la maison d’Israël, alors c’est Israël qui a raison. Si nous vivons dans l’époque de Joseph de l’Egypte (les économistes Attali ou Stoléru) alors c’est Joseph qui a raison. C’est ce que la femme de Poutifar a dit à Jospeh : « Atah Li - Tu m’appartiens !» Le problème est de savoir à quelle époque nous vivons. Nous vivons à une époque où le juif redevient hébreu. Et cela fait du bruit ! Et cela va vite ! Je me rappelle quand j’étais enfant l’hébreu pour moi c’était la clandestinité du peuple juif. On parlait hébreu à la maison. Et subitement, les Juif s’hébraïsent. Nous sommes dans le temps de la réhébraïsation. Il faut en tirer les implications et les conséquences. Il faut multiplier les Oulpanim, alors les synagogues reprendront un sens d’Israël. Je crains que dans beaucoup de synagogues il n’y ait du para-christianisme. Nous devons redevenir ceux que Dieu a choisi comme peuple. Les Juifs ce ne sont pas tellement ceux qui croient en Dieu mais ce sont ceux en qui Dieu a cru, en hébreu, c’est le témoignage de la Bible.

 

< fin >

 

***

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Published by Rav Léon Askénazi - dans KABALAH
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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 18:58

Kaballe Droite et cercle  immanence et transcendance (1996)

Paris, mars 1996

La droite et le cercle (1996) cours 2

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/la_droite_et_le_cercle/cours_2

Durée : 30,5 minutes
Face A

 

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Alors on se demande ce que les sages du moyen-âge obscurantistes se cassent les méninges à savoir si le cercle est plus parfait que la droite. Le problème qu’il y a derrière c’est de savoir si la perfection de l’impersonnel est plus parfait que la perfection de la personne. Le vrai drame de ce monde-là c’est qu’il a besoin d’une demeure pour constituer son être. La nature est la demeure de l’homme, mais l’être du monde c’est l’homme. La Torah est d’emblée d’option anthropocentrique. Dieu a voulu créé un homme, et pour qu’il soit situé quelque part il lui a fait une maison, le monde, la nature. Tandis que pour les philosophes de l’impersonnel, Dieu a créé un monde et personne n’arrive à expliquer comment l’homme est sorti du monde. Une moisissure qui est devenue l’homme ? La vision de l’homme comme animal perfectionné… Des amibes perfectionnés dissertant sur le sort du monde…

Cette folie vient du fait que la philosophie n’arrive pas à trancher quel est l’être du monde : l’impersonnel de la nature – les cercles -  ou la personne de l’homme – la droite. En réalité les deux. Mais le monde est la demeure de l’homme.

 

Il y a un grand chapitre dans Rabbi Na’hman de Braslav qui parle de cela : ce que Dieu a voulu créer c’est l’homme. Mais pour qu’il ait une maison, il lui a créé le monde d’abord.

Tant qu’il ne s’agit que du monde, c’est la perfection sphérique de l’impersonnel.

C’est la grande force du ‘hassidisme : dans cet être de l’impersonnel est enfouie l’âme des choses comme diraient les poétes. Il y a quelqu’un dans le « ça » du monde.

Il faut d’abord voir cela : on rencontre la perfection dans l’impersonnel.

Rabbi Na’hman de Braslav :

Si l’essentiel du monde c’était l’être impersonnel alors ce n’est pas un monde c’est un enfer !

Vous voyez comment va se profiler le mystère de l’amour qui va remettre les choses au point.

Rabbi Na’hman de Braslav :

La question est la suivante : on parle de Olam Hazeh et de Olam Haba. On comprend ce qu’est le Olam Haba, un vrai monde. Mais Olam Hazeh où est-ce ? Parce qu’ici c’est l’enfer !

C’est cette perception du ‘Hassidisme : si on n’est que dans le monde de la nature, le monde du Dieu impersonnel, le monde de la civilisation occidentale, alors on est dans l’enfer. Parce que le quelqu’un de l’être du monde, l’homme, est mis entre parenthèses. Il est, comme le dirait les Chrétiens, en croix, crucifié. Ce n’est pas cela qu’il faut adorer !

 

Première définition : le cercle est la perfection de l’impersonnel de la nature, et derrière cette notion kabaliste se profile la notion philosophique de la transcendance.

 

J’en arrive tout de suite à la 2ème notion : lorsque le rayon le Kav est rentré dans le ‘Halal et qu’il a rencontré les niveaux de vie, les 3 Séfirot supérieures ont supporté la lumière qui leur était offerte par ce rayon, mais les 7 Séfirot inférieures ne l’ont pas supporté et ont éclaté. C’est ce qu’on appelle Shévirat HaKélim, la brisure des vases.

 

Pourquoi le monde est-il en état de chaos, bien que l’on devine derrière le chaos du monde l’harmonie des 10 Séfirot ?

Les Kabalistes ont donné plusieurs explications pour cela.

Les 3 Séfirot supérieures - Keter ‘Hokhmah Binah - sont tellement proches de la lumière matrice que le véhicule de la Séfirah est suffisamment Zakh transparent qu’elle peut laisser le rayon traverser. Or, à chaque Séfirah, ce sont les 10 lumières des 10 Séfirot qui sont proposées au Kéli au véhicule de chaque Séfirah. Chaque Séfirah en principe ne retient que sa lumière et repousse les autres lumières.

Ces 10 Séfirot sont ces 10 niveaux de valeurs du monde. Et puis chaque existant reçoit la valeur qui le concerne mais refuse les autres. Comme la lumière à la 1ère Séfirah ce sont les 10 rayons à la fois qui sont proposés au Kéli de Kéter, le Kéli de Kéter est suffisamment Zakh transparent. Il retient sa lumière de Kéter et laisse passer plus bas les 9 autres lumières. Idem avec ‘Hokhma et Binah. Tandis que lorsque l’on arrive à ‘Hessed, ‘Hessed ne retient que ‘Hessed et le Kéli éclate à cause des autres lumières qui lui sont proposées également. Et la lumière remonte parce qu’elle n’a pas de Kéli.

Donc l’état du monde à l’origine ce sont les 3 Séfirot supérieures parce qu’elles ne dépendent pas des actions des hommes. Elles ne dépendent pas du mérite de la créature, elles sont intactes.

 

Par exemple dans Binah, il y a la mathématique. Que je sois bon ou mauvais mon théorème reste vrai s’il est vrai. 2 + 2 = 4 de dépend pas de la valeur morale. Cette valeur-là intellectuelle elle est dans les Séfirot qui ne dépendent pas de ma valeur morale, et donc qui ne sont pas suceptibles de Shévirat HeKélim.

 

Tout cela est vécu dans l’histoire d’Israël à travers des siècles et des années dans un folklore extraordinaire pour préserver ce qui se passe et qui est de sens cosmique.

 

Les notions simples du texte de la Bible mais incompréhensibles commencent alors à prendre une cohérence et un sens clair.

 

Cette lumière qui n’avait pas de véhicule est remontée. Et donc on a un monde en chaos parce que les brisures des vases sont tombées au centre : « et la terre était chaos ». C’est ce chaos des Shévirat HaKélim des cieux qui se sont écrasés sur la terre.

 

Les 3 Séfirot supérieures s’appellent « Shmei Hashamayim les cieux des cieux ».

Les 6 Séfirot de Yessod à ‘Hessed s’appellent « Shamayim les cieux » - Tiféret.

Et Malkhout s’appelle la terre.

 

Alors les cieux sont tombés sur la terre parce que leurs lumières n’avaient plus de véhicule de réception.

 

Cette lumière qui était la lumière sphérique impersonnelle, c’est-à-dire le résultat de ce que la lumière du Ein-Sof avait retiré du rayon dans ce Tzimtzoum de Hitmaatout התמעטות   - Dieu a retiré la lumière personnelle et n’a laissé que la lumière impersonnelle : la sphère est apparue.

 

Alors maintenant le rayon va revenir en lumière personnelle, privée de la lumière impersonnelle qui est celle du monde, mais où il y a le corps de l’homme. Et cette droite c’est la présence de l’homme, en hébreu le Kav HaYosher, alors que la lumière sphérique s’appelle Séfirot Ha-Igoulim. Cette lumière droite va revenir et va restituer les Kélim qui ont été brisés. Et elle va les restituer dans une synthèse avec la lumière sphérique, et apparait le visage humain. Le visage humain est le compromis entre le cercle et la droite.

Tout ce dont Lévinas parle selon le Rav ‘Hayim de Volozine de la trace du Créateur dans le visage humain, c’est ce Partzouf dont parlent les Kabalistes et qui est le résultat de la lumière personnelle traversant les mondes de la lumière impersonnelle : le visage humain apparait, compromis entre la droite et le cercle. C’est le mystère du nombre Pi.

 

Ce n’est pas par hasard qu’on va pouvoir à ce niveau rejoindre les Grecs. Ils ont perçu l’aspect esthétique de cette histoire, alors que les Hébreux ont perçu la finalité morale de cette histoire. Et je ne crois pas qu’en l’état des choses on puisse espérer une synthèse entre les deux, parce que la religion de la sensibilité grecque c’est le christianisme, et la religion de la sensibilité hébraïque c’est le judaïsme ! Et c’est incompatible. Le mystère des fondateurs du christianisme c’est cette génération des fondateurs. Depuis pour la Halakha juive, les Chrétiens ne sont pas responsables de l’hérésie de leurs fondateurs, et par conséquent tout ce qui leur est demandé c’est d’être des Chrétiens authentiques et autant que possible pas anti-juifs. Mais le problème de la rivalité d’identité avec Israël est avec les fondateurs et pas du tout avec les Chrétiens contemporains. Comme l’a dit Birman, un chrétien c’est quan même pas un païen, il n’est pas un juif, mais il n’est quand même pas un païen. Le conflit est avec les fondateurs, les évangélistes, surtout saint Paul. Il y a là deux perceptions du monde qui en dominante sont incompatibles. Ou bien le monde c’est l’impersonnel, et il y a le mystère de l’homme, et l’homme est crucifié. Ou bien le monde c’est l’homme et sa demeure c’est le monde. Et alors il faut que sa demeure soit belle. Et puis c’est l’homme qui existe : cela c’est le judaïsme. De l’autre côté, l’angoisse gréco-romaine greffée sur l’espérance juive. Peut-être que le temps est arrivé où on finira par s’expliquer entre Juifs et Chrétiens. Mais je crois qu’il faudra inverser les données du dialogue qu’il y a eu pendant 2000 ans. Pendant 2000 ans les Chrétiens ont voulu nous aider à lire « l’ancien testament ». Je crois que le moment est venu que les Juifs aident les Chrétiens à lire le nouveau testament. Effectivement, le nouveau testament a été pensé par des Juifs, et il faut la culture juive traditionnelle pour savoir lire ce qui reste incompréhensible pour les lecteurs chrétiens des Évangiles. Derrière les Évangiles il y aun judaïsme qui a décidé d’opter pour un monde à la grecque.

Quand je lis saint Paul je me demande ce qu’il dit quand il parle de Dieu le père créateur, son monde est un enfer. C’est le diable qui a fait le monde pour le grec.

Alors évidemment si on met l’homme en croix, le monde est un enfer…

 

Voilà donc très rapidement ces deux notions du cercle et de la droite, mais vous comprenez ce qu’il y a derrière, transcendance et immanence. Si la médiation entre Dieu et moi c’est la nature, il y a une transcendance infinie. Au point que Spinoza dira « Dieu c’est-à-dire la nature ». Et énormément de Juifs ne voient plsu qu’il y a un Créateur de la nature parce qu’ils ne voient que la nature. Ils ne voient que les Séfirot Ha-Igoulim. C’est la faute du veau d’or : ‘Het Ha-Egel. Voir les Igoulim et être aveugle à la droite. Un monde sans cœur. Il y a Spinoza derrière.

Et puis surtout cette apparition du visage de l’homme qui est le compromis entre la droite et le cercle. C’est le Kav HaYosher le rayon droit qui reprend en charge cette Shévirat HaKélim pour lui donner forme humaine. Tant qu’on est dans le monde de l’impersonnel, cela va de chaos en chaos. Il faut que l’identité humaine sauve le monde en l’humanisant. Ça c’est la Torah.

 

Je terminerais pas un ‘Hidoush.

Je vais prendre un verset du 1er chapitre.

 

D’après la tradition kabaliste, Avraham a restitué le Kéli de ‘Hessed, alors la lumière de ‘Hessed est redescendue, et le monde entier sait que ‘Hessed c’est Avraham, la valeur de la vertu de charité, le ‘Hessed. Avant avraham la charité n’existait pas que sous forme d’étincelles, de brisures, d’éclats. Et à partir d’Avraham on sait ce qu’est être charitable, le monde entier le sait.

 

Alors la Séfirah de ‘Hessed a pour patron Avraham. Issac c’est celle de Gvourah, Jacob celle de Tiferet. Moïse celle de Netsa’h, Aaron celle de Hod, Joseph celle de Yessod, et David celle de Malkhout. Ce sont les 7 piliers de l’humanité qui ont restitué les Séfirot brisées. Le problème des tribus d’Israël c’est d’unifier toutes les Séfirot. Et maintenant le Zkhout Avot, le mérite des pères, c’est que nous avons hérité d’eux des valeurs, notre problème c’est de les unifier. Shémâ IsSraël Hashem Elokeinou Hashem E’had… Il faut faire l’unité de ces valeurs là. Parce que ‘Hessed n’a rien à voir avec Gvourah. Netsa’h n’a rien à voir avec Hod… Le génie du peuple hébreu c’est d’arriver à faire l’unité de ces 7 valeurs. Le chandelier à 7 branches.

 

Gn.1:3-4-5

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר

וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-הָאוֹר, כִּי-טוֹב; וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ.

וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם אֶחָד

Elohim dit: "Que la lumière soit!" Et la lumière fut.

Elohim vit la lumière car bonne, et il sépara entre la lumière et la ténèbre.

Elohim appela la lumière jour, et la ténèbre, il l’appela nuit. Il fut soir, il fut matin, jour un.

 

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר

Vayomer Elohim : Yéhi Or - Elohim dit que soit lumière => Or de ’Hessed.

   וַיְהִי-אוֹר

Vayéhi Or – et fut lumière => Or de Gvourah.

כִּי-טוֹב

Ki-Tov – car bonne => Or de Tiferet.

וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר

Vayavdel Elohim bein Ha-Or - Il sépara Elohim entre la lumière => Netsa’h.

וּבֵין הַחֹשֶׁךְ

Ouvein Ha’hoshekh - Et entre la ténèbre =>Hod.

וַיְהִי-עֶרֶב

Vayéhi Êrev - Et fut soir => Yessod.

וַיְהִי-בֹקֶר

Vayehi Boqer - Et fut matin => Malkhout.

 

Et tout cela c’est יוֹם אֶחָד   Yom E’had - Jour un.

 

Et le problème d’Israël c’est d’en faire le Yom E’had.

On n’a pas à réinventer les valeurs, il faut les unifier.

La seule phrase clef du judaïsme c’est l’unité des valeurs.

Quand on est que ‘Hessed, il manque Gvourah. Quand on est que Gvourah, il manque ‘Hessed.

Remarquez que lorsque les Juifs s’accrochent à une doctrine non-juive, ils sont toujours les marginaux de la doctrine en question. Un marxiste juif ne peut pas être stalinien, il sera trotskiste. Parce qu’il manque quelque chose dans la rigueur marxiste, il faut ramener un peu de charité. De la même manière quand un juif est chrétien, il ne peut pas être normal, il faut qu’il soit cardinal…

Les Juifs en monde chrétien insistent sur la justice. Les Juifs en monde marxiste insistent sur la charité. C’est toujours la complémentarité de l’unité des valeurs.

 

***

 

Q : précisions au moment de la Shévirat Hakélim et l’apparition du visage humain ?

R : Lorsqu’il y a eu Shévirat Hakélim, les 7 Séfirot inférieures ont éclaté et leur lumière est remontée. Et puis les débris sont tombés au centre sur Malkhout, sur la terre. Alors la lumière est revenue dans la perspective du Kav HaYosher – droite – pour reprendre en charge les sphères et en faire le visage de l’homme qui s’appelle dans le langage des Kabalistes : Partsouf.

Cela vient du grec et veut dire la silhouette. En hébreu moderne, la gueule…

 

Q : vousavex parlé de la perfection de la droite et de la perfection du cercle pour introduire la notion d’immanence et de trancendance, l’utilisation du mot perfection ne vous semble-t’elle pas dangereuse ?  

R : Très bien, je vous remercie de la quesiton. Ce n’est pas un mot juif mais grec. Le parfait c’est le complétement fait, c’est-à-dire le mort. La statue grecque est parfaite, elle est morte. Je ne sais pas si vous avez perçu cela. Beaucoup de textes, en particulier le Maharal, disent que là où est la perfection dans ce sens, le Satan s’installe. Il ne faut pas exagérer, on utilise cela pour rendre compte du Balagan des Juifs dans les synagogues. Alors dans l’église c’est hiératique, c’est parfait. Il ne faut pas exagérer.

Vous savez le Balagan c’est un mort turc, mais cela résume en une phrase le commencement de l’histoire de l’humanité, je vous le dis en hébreu : Késhé Adam Bah Lagan Hit’hil Ha-balagan. C’est intraduisible : Lorsque l’homme est entré dans le jardin, le désorde a commencé.

Dans tout jardin il y a un serpent. C’est un secret de la Torah.  Un jardin est un jardin et un serpent est un serpent.

Pour revenir à votre question : est-ce que l’idée générale qui est circulaire est plus parfaite que l’existant particulier ? est-ce que l’idée de cheval est plus parfaite que le cheval de la réalité ?

Le cheval de la réalité est de l’ordre de la droite, l’idée de cheval est de l’ordre du cercle. C’est ainsi que les sages du moyen-âge discutaient. Bien évidemment, vous voyez que, j’en reviens à mon dada, la Bible c’est un univers dans lequel on ne peut pas pénétrer si c’est en grec. Il faut y pénétrer en hébreu. Pour la Kaballah en plus, il faut l’araméen, il y a 7 dialectes araméens.

 

Un étudiant un jour m’a demandé :

-comment va-t’on faire pour étudier tout cela ?

Je lui ai répondu :

-Avant de savoir moi je ne savais pas.

J’ai rappelé l’histoire de Rabi Akiva qui a commencé à l’âge de 40 ans et est devenu un des plus grands maîtres d’Israël.

Il m’a dit :

- Mais je ne suis pas Rabi Akiva !

Je lui ai répondu :

- Qu’est-ce que tu en sais ? Essaie !

 

Q : Sur ta recommandation d’étudier ou réétudier le nouveau testament et d’en comprendre la dimension hébraïque. Cela se fait en France, par exemple Claude Tresmontant.

R : Cela me rappelle ma jeunesse.

Q : J’ai essayé comme tout le monde de le lire, je me suis rendu compte qu’en réalité que le tort des Juifs n’est pas du tout d’être trop rigoureux mais c’est le contraire : d’être trop généreux par rapport au christianisme qui est apparu lui comme très rigoureux. On parlait de 67 tout à l’heure. Mais si 67 marque une date pour nous c’est que nous avons fait preuve de rigueur en attaquant en 67 !

R : On a été attaqué ! C’est un secret israélien !

Q : Tout le monde juif a ressenti cela et a pensé : « enfin ! ». et là cela me fait problème par rapport à ce que j’ai entendu.

R : Il faut reprendre cela et avoir le temps. Mais vous comprenez que ce dialogue se fera. C’est notr eproblème de l’avenir. Il ne s’agit pas du tout comme le fait Claude Tresmontant de s’approprier les catégories hébraïques pour les helléniser et les christianiser. Il s’agit que des prêtres chrétiens et des rabbins kabalistes étudient ensemble. Et pour cela il faut au moins 6 langues. Il faut l’hébreu, l’araméen, le grec, le latin, l’arabe parce que l’islam est présent. Et une langue pour parler, pourquoi pas le français. Mais si on ne maitrise pas ces 6 langues à la fois on ne peut pas se parler étant donné l’objet de l’étude !  Cela fait des dizaines d’années que je répète cela à chaque congrès de l’union modiale des étudiants juifs, qu’il faudrait que quelque part se dégage un budget pour permettre à un dizaine de savants moitié chrétiens (catholiques, protestants et orthodoxes) et moitié juifs pour les enfermer dans une université, 10 ans, 20 ans, 30 ans, pour qu’ils étudient ensemble pour savoir de quoi ils parlent. Pour cela il faut les langues.

Moi enfant au lycée d’Oran, je me demandais pourquoi mon père qui était grand rabbin m’obligeait à apprendre le grec et le latin. Finalement j’ai compris. Pour pouvoir lire les Èvangiles en grec et en latin. Alors quand je discute avec des prêtres et qu’on me cite un verset qui n’est pas exact, je leur dit de lire de suite en grec et en latin. S’ils me citent un verset de l’ancien testament qui n’est pas exact je leur dit qu’il faut le lire en hébreu… et alors là il n’y a plus personne !  

On ne peut pas se comprendre au niveau de la littérature, où l’on ne peut qu’admirer les textes. Il faut se comprendre au niveau de l’exégèse. Mais pour cela il faut maitriser les langues.

Qu’était donc l’étude pour la génération du Sinaï ? Traduite le texte de la Bible ? ils parlaient tous hébreu ! C’est à partir du moment où l’on sait ce que le texte veut dire qu’on commence à étudier ! Or, en diaspora qu’est-ce que l’étude ? Arriver à établir la traduction ! Et on ne se rend même pas compte qu’on ne comprend rien…

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 18:55

Kaballe Droite et cercle  immanence et transcendance

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/la_droite_et_le_cercle/cours_1

Durée : 30,3 minutes
Face B

 

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Du point de vue philologique, la notion de création en hébreu c’est Baro (Beit-Resh-Vav). Ce même mot existe en araméen. Et en araméen cela veut dire « mettre en dehors » – « faire fils ». Alors qu’en hébrau cela veut dire « créer à partir du néant ». Si la Torah était donnée en araméen, la théologie serait différente. Ce serait une théologie du pére et du fils. Mais il s’agit de la théologie du créateur et de la créature et non pas de Dieu le père et Dieu le fils. Mais du Créateur comme père, c’est le 1er mot de l’alphabet hébraïque Alef-Beit qui fait Av et puis du monde comme Béré De Kudsha Brikh Hou comme dit l’araméen : la créature comme fils du Créateur.

Effectivemment, on a en araméen cette connotation de la racine Baro qui signifie « mettre en dehors », « faire exister ». En latin, ek-sistere.

Le chant du vendredi soir :

חיוות ברא ועופי שמיא

Heivat bara ve ofei shemaya

C’est en araméen, je vous le dis en hébreu : ‘Hayot HaSadeh Vé Of Hashamayim

Les bêtes du champ : le champ Bara en araméen ce qui est en dehors de la ville.

C’est cette notion de faire fils. Bar en araméen.

 

La relation entre le Créateur et la créature c’est la relation de la filialité dans les engendrements. C’est la mentalité magique païenne grecque qui a inversé tout cela et a parlé de Dieu le père et Dieu le fils. J’ai même entendu une fois un kabaliste chrétien : Bara Rashei Tévot Ben Roua’h Av…

 

Il y a évidemment cette notion où nous allons voir l’Être de Dieu donner l’être au monde, dans une relaiton de filialité.  Nous étudierons que le problèmedu récit historique de l’humanité pour la Torah c’est la recherche de la fraternité. Et puis, la relation de fraternité a été impossible à réussir : Qayin ayant tué Hével, Dieu a suscité la relation du père au fils qui est plus accessible à une solution. La rivalité entre les frères est incontournable, la fraternité n’a pas encore réussi, le problème n’a pas encore trouvé de solution. Nous attendons le fils de David qui s’appelle Shlomo l’homme de la paix. Tout le récit biblique est une série de récits de tentatives de résolution de fraternité entre frères ou demi-frères. Et ce la échoue. Alors que dans la relation père-fils, si l’autre c’est le fils vis-à-vis du pére, la relation au fils n’est pas dangereuse. Chez les Grecs elle l’est. Cf Œdipe. Mais si l’autre c’est le fils, alors peut-être qu’à travers la relation au fils on va sauver la relation au frère.

Cela touche aux mystères chrétiens : Pour arriver  à l’amour du prochain il faut passer par l’amour du fils. Mais c’est dans les catégories étrangères à la mentalité biblique.

 

L’espace du monde a existé et il y a dans la Kaballah toute une série d’étude sur ce point de l’être de l’origine qui a été néantisé pour que le monde puisse exister.

Voilá que le vide est apparu. Ce vide, beaucoup plus tard, sera appelé Maqom l’endroit. Et c’est la lumière qui entoure le vide qui est en réalité le Maqom de ce Maqom, cela vous fait comprendre pourquoi en se référant à Dieu on l’appelle le Maqom du monde. Parce que c’est au sein de Dieu que le monde est en gestation. D’où d’ailleurs cette figure de l’embryon dont je vous parlais tout á l’heure. 

Première définition d’une catégorie de la Kaballah qui est le Tzimtzoum, c’est l’évidement pour laisser place au monde. Et là c’est un sens particulier du verbe Letzamtzem – contracter. C’est le sens talmudique du mot Tzimtzóum. Par exemple, la Shekhinah qui se contracte pour résider entre les Kerouvim. Mais dans le Tzimtzoum de la Kaballah il s’agit de l’inverse. C’est un mouvement qui va du centre à la périphérie. Un mouvement d’évidement.

A partir d’un point de l’absolu - ce n’est pas un point du Eïn-Sof mais du Or Eïn-Sof – de la lumière infinie, et peut importe où parce qu’en fin de compte à partir de ce point à travers une infinité de mondes, c’est le cœur de chaque homme, et donc peu importe où ce point est apparu parce que chaque homme est le centre du monde.

Il y a cette force d’évidement qui va rejeter la lumière qui était dans ce point primmordiale, que les Kabalistes appellent Hanéqoudah Haemtzaït et elle va le rejeter à l’exterieur. Mais c’est impossible parce que la lumière extérieure est une substance simple, comme disent les phislosophes, et la substance simple ne supporte pas la complexité. Et par conséquent, elle rejette dans ce ‘Halal immédiatement la lumiére retirée. Donc le monde ne peut pas exister. Il faut que soit suscitée une force qui empêche la lumière de revenir dans le ‘Hallal. Cette force s’appelle en hébreu Shadaï. Et c’est ce qu’on traduit par Tout-Puissant. La Gevourah, la vaillance du Créateur qui se retient de laisser sa lumière envahir l’espace du monde.

En français on pourrait dire poétiquement que le premier nom de Dieu c’est le Dieu des limites. La limite entre Sa divinité et le monde. C’est une force gigantesque qui est là et qui est l’abri du monde. Si cette force ne joue pas le monde est détruit, envahi par Dieu, l’Être absolu. 

 

Je crois que dans notre existence, le geste que cela représente est de se retenir d’avaler l’autre. C’est le danger de l’amour non contrôlé par la sagesse… C’est païen. Je t’aime tant que je ferais de toi mon repas sacré…

 

C’est cette force que lø’on appelle la Gvourah, la vaillance de Dieu : avoir mis une limite entre sa divinité et son monde. Cette force joue à la périphérie de ce vide et s’appelle Shadaï. C’est uen Gvourah. Une vaillance qui consiste à être plus fort que soi pour qu’il y ait place pour le fils, c’est-à-dire le monde.

 

Le Midrash donne 3 explications du mot Shadaï.

Celle qui nous concerne : Shéamar léolamo Daï vé el Elakouto Daï : Celui qui a dit jusque là à Son monde et jusque là à Sa divinité. Il y a une limite.

 

Parenthèse folklorique : Chez les nord-africains ou les séfardes, lorsqu’un danger survient, un malheur risque d’arriver la grand-mères dit tout de suite : « Shadaï ! » Elle fait appel à cette force qui met une barrière entre l’absolu et l’être relatif du monde pour que cette force joue. Et elle joue !

Certains font appel à Rabbi Shimon Bar Yo’haï, d’autres à Rabbi Méïr. Et puis le danger est écarté.

C’est un folklore qui risque de disparaître.

 

Les Grecs ont pressenti l’existence de ce mystère à l’abri duquel le monde existe.

C’est le nombre Pi. Le mystère du nombre Pi, la relation entre la droite et le cercle.

Effectivement, le nombre Pi exprime cette chose inexprimable la relation entre le rayon et la circonférence. On sait que cette relation est réelle et existe, qu’elle est le secret des formes du monde, mais on ne peut pas la chiffrer, c’est un inommable. Or, la valeur numérique de Shadaï est 314. Shin 300 Dalet 4 et Youd 10. Shadaï c’est le nombre Pi !

Il y a une allusion dans le texte biblique avec l’ange à l’épée tournoyante qui trace la circonférence avec un rayon, et qui protège le paradis perdu du monde de l’existence.

C’est cette barrière qui est le nombre Pi. J’y reviendrais d’ailleurs plus en détail quand je parlerais du cercle et de la droite.

 

Pour que le ‘Hallal ne soit pas détruit, c’est la 1ère fois qu’on emploie ce terme de ‘Horban - détruire l’espace du monde. Pour empêcher l’absolu de faire irruption dans le monde, il faut qu’il y ait une force qui est la vaillance de Dieu qui retienne l’absolu de revenir dans le ‘Hallal.

Cette expression dans le Talmud qu’on a entendu la Torah Mi Pih HaGvourah, cela s’éclaire maintenant. La racine de cette Torah qui nous est révélée, c’est Gvourah, cette vaillance qui fait que pour Dieu le monde peut exister, cette Torah-là nous a été donné à nous, à chacun il faut faire une place pour l’autre. Là on va rejoindre Lévinas.

Vous voyez comment les expressions traditionnelles ont un sens simple. La Torah est révélée de la bouche de la vaillance. Mi Pih HaGvourah. La Torah concerne notre monde, et réclame d’abord comme vertu d’être Guibor, d’être plus fort que soi pour créer l’autre. L’acte moral par excellence c’est s’occuper d’autrui. Plus absolu que cela c’est faire exister autrui.

Quand Dieu créé le monde c’est un acte moral et non un acte métaphysique.

 

Les Grecs vont disserter sur l’impossibilité de cet acte métaphysique et vont donner congé à Dieu parce qu’ils ne lui trouve pas de place dans le monde. Mais le vrai problème c’est la place du monde dans Dieu, c’est-à-dire l’inverse. Voyez pourquoi il faut recommencer à penser hébreu.

 

Les Juifs étaient d’origine hébraïque, l’assimilation c’est quand on est plus d’origine hébraïque. Le problème des Israéliens c’est qu’ils sont d’origines juives et qu’ils risquent d’oublier leurs origines juives. Vous voyez le drame de ce peuple pas possible. Quand il est juif, il oubli qu’il est hébreu, et quand il est hébreu il oubli qu’il est juif…

 

Voilà que l’espace du monde est désert.

Et le souffle de Dieu voletait à la surface des eaux, et l’obscurité à la face de l’abîme.

C’est le Pshat de la Torah. 

Alors il y a u cri qui apparait « que la lumière soit ! ».

Qui est-ce qui crie ?

C’est ce vide qui crie !

Imaginez le cri qui procède de ce ‘Hallal et qui dit : Yéhi Or !

Alors, la lumière revient… Mais elle ne revient pas comme elle était partie parce que si c’était le cas, elle détruirait le ‘Hallal. Alors il y a un 2ème Tsimtsoum qui se fait dans le rayon de lumière qui va pénétrer dans le ‘Hallal, pour en fin de compte construire le monde.

Et ce Tsimtsoum il n’est pas comme le 1er Tsimtsoum itroknout évidement, c’est un Tsimtsoum de Hitmaatout התמעטות  amoindrissement.

Parce que si la lumière revenait dans sa plénitude, dans son Tokef comme on dit en hébreu, elle détruit le ‘Hallal. Alors elle revient mais atténuée à l’infini. Un rayon.

Et ce rayon va pénétrer dans le ‘Hallal.

 

Voilà comment l’impossibilité de l’existence du monde a été résolue par le Créateur.

La lumière est retirée d’un point de l’absolu : l’espace du monde apparait. Elle revient avec une histoire de constitution d’un monde qui en fin de compte sera l’autre que Dieu. Pour le moment nous sommes au stade embryonnaire de la constitution de cet autre que Dieu qui est notre monde en cours d’histoire. Et cela il faut bien le percevoir pour la pensée kabaliste le monde n’est pas encore. Il existe en constitution d’être. En hébreu pour dire l’histoire on dit les engendrements. Quelque chose est en train de s’engendrer. Et alors nous sommes en cours de cet engendrement. Les Kabalistes savent à quel stade.

 

On est dans l’année 5756, c’est très proche de 6000. Et après 6000 c’est 7000. A la fin des 6 jours il y a le 7ème.

 

Si vous n’avez pas compris laissez vous traverser.

Un jour à l’un de mes maîtres, j’ai dit : je n’ai pas compris !

Il m’a répondu : Ce n’est pas grave, ton âme a compris. Elle va t’expliquer…

Et alors la nuit, votre âme vous expliquera…

Mais vous avez compris, vous faites Shabat…

Un peu avant la nuit, donc faites la proportion, vous verrez qu’on est déjà dans Erev Shabat.

Erev 70-200-2.

Enlevez 272 de 6000 cela fait : 5728 !

C’est l’année d’après la guerre des 6 jours !

En hébreu c’est l’année Ha-TashKa’h.

Il y a un verset dans le prophète (Isaiah 49:15) :

HaTishka’h Isha Oulah…

 

הֲתִשְׁכַּח אִשָּׁה עוּלָהּ, מֵרַחֵם בֶּן-בִּטְנָהּ; גַּם-אֵלֶּה תִשְׁכַּחְנָה, וְאָנֹכִי לֹא אֶשְׁכָּחֵךְ.

Est-ce qu'une femme peut oublier son nourrisson, ne plus aimer le fruit de ses entrailles? Fût-elle capable d'oublier, moi je ne t'oublie point!

 

Etudiez bien ce prophète et vous verrez qu’on ne nous a pas oublié cette année-là… !

 

Il y a un engendrement qui est en train de se faire : l’histoire du monde comme l’autre que Dieu que Dieu engendre dans ce ‘Hallal. Et on est tout au début du commencement de ce processus dans cette description.

 

***

 

Q : La Gvourah divine qui doit surmonter sa force pour faire place à l’autre : n’y-a-t’il pas une autre gvourah car celui qui laisse une place à l’autre, il le fait souffir aussi ?

R :  Si vous saviez à quel point un embryon souffre !

Q : Ce que je veux dire c’est que le paradoxe du paradoxe c’est que quand on donne à quelqu’un il arrive que le don que l’on fait bizarrement le fait souffir ?

R : Exact. Là vous êtes en plein dans le sujet. Plus loin dans le discours kabaliste cette question là est la vraie question. Nous naissons d’Egypte, l’Egypte nous a mis au monde, et c’est un accouchement au forceps. Mais imaginez cette difficulté d’être de l’être en train d’être engendré. C’est Mitsraïm de la racine Metsar : du dedans de la matrice resserrée. On est dans ce processus. Effectivement, la première question que nous posons à nos maîtres c’est cet acte d’amour qui est le don de l’être de la part du Créateur, nous le recevons dans un enfer ! Est-ce que c’est vraiment un don d’amour de nous faire exister dans la vie des hommes ? Il n’y a qu’à lire la littérature humaine toute entière, cette grande plainte de l’existence humaine. Est-ce ta question ?

Q : C’est presque cela : n’y-at’il pas une souffrance dans el fait de recevoir ? Y-a-t’il un Tikoun à apporter à cela ?

R : La question est la suivante : Recevoir tant qu’on n’a pas mérité c’est l’enfer ! Le verset dit : Tsadik Soneh Matanot: le juste haït les cadeaux. Chez les nations au contraire ce don de l’être est une grâce reçue. Mais le fait d’avoir reçue sans l’avoir mérité c’est l’enfer ! Et alors on refuse. Cela s’apelle Zivoug deAka’h une union de répulsion. Celui qui reçoit renvoie et refuse. Jusqu’à ce que le va et vient de la lumière Or Yashar et Or ‘Hozer fait que le véhicule de réception suffisamment affiné pour être capable de recevoir.

Je vous dis au niveau du Talmud comment ceci est enseigné : celui qui reçoit donne plus à celui qui donne.

Par exemple : je vous parle. Je suis sujet vous êtees objet. Il faut qu’il se passe quelque chose de réciproque, la restauration de la dignité d’autrui comme dirait Kant. Vous devez recevoir d’une certaine maniére qui restitue ma dignité de donneur, mais je dois donner d’une manière qui restitue votre dignité de receveur. Sinon il y a refus. C’est pour cela que de temps en temps je vous fais rire… 

 

C’est Ratson Lehashpiâ רצון להשפיע  et Ratson Leqabel רצון לקבל  . 

 

Et il y a les 4 niveaux :

Ratson leqabel al menat leqabel : recevoir pour recevoir.

Ratson leashpiâ al menat leqabel : donner pour recevoir.

Ratson leashpiâ al menat lehaspiâ : donner pour donner.

Ratson leqabel al menat lehashpiâ: recevoir pour donner.

 

***

 

Voilà que la lumière revenue dans ce ‘Hallal va rencontrer des niveaux de vide. Parce que ce vide n’est pas complétement vide. Lorsque la lumière s’est retirée, elle s’est retirée en laissant un trace qui s’appelle Réshimou. Elle a laissé une trace des étapes du vide. Entre le centre et la périphérie, on est plus ou moins loin de la lumière. Et donc, les étapes du vide ne sont pas neutres. Le vide n’est pas homogène et n’est pas complétement vide. Il y a des niveaux du vide. Lorsque le rayon repénètre il va s’irradier en sphères dans ces niveaux de vide, et c’est là qu’apparaissent les sphères qu’on appelle en hébreu les Séfirot. (Je crois que c’est une coïncidence, je ne sais pas si sphère et Séfirah sont de même racine.)

 

Apparaissent donc des sphères de cette lumière diminuée qui vont constituer la 1ère structure du monde qu’on appelle Séfirot. Plus ou moins la sphère est éloignée de la périphérie de lumière, et plus ou moins elle est noble. Alors cette hiérarchie des 10 Séfirot c’est la hiérarchie de proximité avec la lumière de l’absolu. Je ne vous parlerais pas des Séfirot sinon vous dire que ces Séfirot sphériques sont la racine du monde de la nature, l’être impersonnel du monde. Cela ne veut pas dire que l’être personnel n’est pas enfoui dans cette lumière impersonnelle, mais c’est le côté impersonnel de la lumière qui est dans les Séfirot circulaires.

Nous avons donc une première structure du monde : le cercle.

La perfection du cercle c’est la perfection de l’être impersonnel. La nature est circulaire. Nous verrons que la droite c’est l’être de l’homme. Tout le problème c’est la relation entre l’homme et la nature, c’est-à-dire la droite et le cercle, le mystère du nombre Pi.

 

Dans l’existence de ce que seront les mondes, s’il y a polarisation sur le cercle, c’estle pôle féminin. S’il y a polarisation sur la droite c’est le pôle masculin. Je ne pousse pas le symbolisme plus loin mais il est clair. Il y a donc une relation à différents niveaux entre la droite et le cercle qui est la dialectique de l’existence de ce monde qui va apparaitre. C’est le mystère du nombre Pi.

 

La forme de la vie est toujours un compromis entre le cercle et la droite. Le mystère du nombre Pi est toujours le mystère de la vie. C’est El Shaddaï qui est d’ailleurs le nom de la Séfirah Yessod pour ceux qui savent les correspondances. C’est ce compromis entre le cercle et la droite, qui est inchiffrable et innommable, qui est le vivant, lorsque l’homme et la nature ont résolu leur incompatibilité, parce qu’il a là l’incompatibilité entre le monde de l’impersonnel et le monde de la personne. Tout le problème de la philosophie juive c’est de savoir si Dieu se perçoit à travers les cercles ou à travers la droite. S’il se perçoit à travers les cercles, c’est le Dieu de la nature et l’homme est perdu dans cette nature. S’il se perçoit à travers la droite, c’est le Dieu d’Israël, c’est le Dieu de l’homme, c’est le Dieu de Judah Halévi, le Dieu de Abraham de Isaac et Jacob.

Tout ce conflit du moyen-âge c’est le conflit entre la droite et le cercle.

Les Goyim ont connu ce problème :

Qui est le plus parfait des deux, le cercle ou la droite ?

 

…/…

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*****

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans KABALAH
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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 18:51

Kaballe Droite et cercle  immanence et transcendance

Paris, mars 1996

La droite et le cercle (1996) cours 1

 

Dernière apparition publique de Manitou

La création dans la cabale (98 mn)  Sur Akadem.org

http://www.akadem.org/sommaire/themes/philosophie/1/6/module_2981.php

 Sur toumanitou.org:

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/la_droite_et_le_cercle/cours_1

Durée : 30,5 minutes
Face A

 

Je vous dis en une phrase et demi à quel point nous allons nous engager dans une aventure très périlleuse : en principe on aborde les études de Kaballe qu’après 40 ans d’études scripturaires biblique et talmudiques, mais je vous rassure de suite il s’agit d’un âge mental. On peut avoir 40 ans de sagesse même plus jeune.

Ce qu’il y a de difficile c’est de parler des contenus de la Kabalah à des débutants en étude juive. Je prends donc comme postulat simultanément que vous savez tout et que vous ne savez rien, puisque je ne sais pas ce que vous savez. Je dois donc faire l’effort, en français en plus de parler compte tenu de ce que rien ne va de soi.

Alors j’ai choisi un certain nombre de catégories du vocabulaire de la Kabalah, je ne voudrais pas dire des concepts c’est plus que des concepts , que je vais essayer d’élucider avec le moins de temps possible, je vous demanderais surtout de suivre l’articulation du plan. 

Chacun va structurer les notions qui seront organisées dans ce discours, et s’il y a des notions qui vous apparaissent comme incompréhensibles, laissez-vous traversez, n’y faites pas attention et apprenez la suite. S’il y a des questions je réserverais du temps à la fin. Il ne faut pas s’interrompre pour des parenthèses induites par des questions qui se poseront dès les premiers mots.

 

J’aurais voulu prendre un peu de temps avant de commencer pour revenir sur un certain nombres de points évoqués sur la journée d’hier qui a été extrêmement riche, trop peut-être car on n’avait pas le temps de faire les mises au point nécessaires, et en particulier sur la dernière partie du Rav Abitbol. Je dois vous dire que la première partie m’est très familière, nous avons les mêmes sources si j’ose dire. La deuxième partie, j’ai été indigné, je suis radicalement popposé à tout ce qui a été dit dans la 2ème partie du Rav Abitbol, ce sont des énormités. Ce sera mis au point dans les textes écrits qui seront publiés. Je dois vous dire que le Rav Abitbol que j’aime beaucoup pour tout un faisceau de raisons, c’est un de mes anciens EEI du Maroc, et puis c’est un des premiers de la Yéshivah d’Aix-les-Bains qui est venu à Orsay. On l’appelait « l’exorcisé » ! Par la suite, avec beaucoup de courage il a donné sa vie à l’entreprise de la Yéshiva des étudiants. Et malgré tout, vous avez eu là quand même un témoignage du courant intrégriste du judaïsme traditionnel auquel je ne participe pas du tout bien que je sois né dans une famille de rabbins orthodoxes. Cela n’a rien à voir l’orthodoxie de Torah im Derekh Erets et l’intégrisme lithuanien de ce type de Yéshivot. C’est un autre problème, je tenais simplement à le signaler pour entrer dans le sujet.

 

Vous avez dû voir en lisant l’intitulé de l’exposé d’aujourd’hui que j’ai employé des termes incompréhensibles. Le cercle la droite, transcendance et immanence.

Trancendance et immanence sont des catégories philosophiques. Le cercle et la droite ce sont les arts plastiques. Quel rapport avec la Kaballe ?

 

Entrons dans le sujet immédiatemment avec deux problèmes que je voudrais vraiment patiemment expliquer parce que nous avons assisté à des renversements d’habitudes mentales, d’habitudes mêmes spirituelles. Je vais commencer par une analyse critique de la notion de création ex-nihilo, qui est la notion classique de la définition du concept de création pris au sérieux : la création créée à partir du néant. En hébreu cela se dit Yesh MéAyin. Il y a à partir de il n’y a pas.

 

Or, c’est un concept rebelle à la pensée rebelle à la raison. Nous allons voir immédiatement pourquoi, c’est un conept incompréhensible et qui est reçu comme un objet de foi. C’est parce que la Bible nous a dit que le monde est créé. La notion de création ex-nihilo c’est la notion classique de toute théologie, et même de toute philosophie même non-religieuse qui se sert de ce concept. La notion de création prise au sérieux c’est la création ex-nihilo, mais c’est un concept inintelligible qui est rebelle à la raison.

 

On est tellement familier à ce qu’est censé être la vérité de ce concept qu’on ne se rend pas compte que la familiarité ne peut pas tenir lieu de vraisemblance. Il y a premiérement dans ce concept une contradiction absolue avec le principe d’identité. Et les philosophes ont répondu en latin: ex-nihilo nihil ! Du rien il ne vient rien !

 

Comment se fait-il qu’on ne s’apperçoive pas de cette difficulté ? Cela vient finalement de ce que la loi d’inertie de l’habitude de pensée fait que l’on prend un objet de foi pour un objet de raison parce qu’il parait évident. Mais de quelle nature est cette évidence ? Elle n’est pas du tout une évidence d’ordre rationnelle, c’est une notion impensable pour la pensée humaine et nous pourrons la retenir pour la première partie de l’analyse comme un objet de foi.

Nous croyons que le monde a été créé à partir du néant mais nous sommes incapables de comprendre ce que cela veut dire.

D’abord d’un point de vue formel, cela contrdit le principe d’identité. Ex nihilo nihil !

Et d’autre part, la raison n’est à l’aise que dans les concepts qui renvoie à ce qu’on peut expérimenter. C’est-à-dire à une réalité qui se répète. Toute la pensée scientifique est une réflexion sur des expériences qui se répètent pour en dégager en déduire et en induire la loi.  

Or, par définition le fait de création c’est un harpax si j’ose dire ontologique, c’est une fois pour toute que le monde à partir du néant apparait. J’espère avoir suffisamment dit à quel point c’est de la pensée magique en première perception, et par conséquent, ce n’est pas une notion familière ni à la pensée scientifique ni à la pensée rationnelle, pour les deux raisons que je viens d’évoquer brièvement. 

 

C’est pourquoi nous allons voir que les kabalistes vont inverser radicalement la notion en se posant la question comment expliquer l’existence du monde.

 

Nous trouvons là une deuxième introduction : la perplexité de la Torah ne porte pas du tout sur l’homme ou sur Dieu. La perplexité de la Torah porte sur l’existence du monde : comment se fait-il que le monde existe ? C’est comme cela que la Torah commence par parler.

 

Je vous cite maintenant les traductions habituelles de ces versets car mon propos n’est pas du tout de faire de l’exégèse mais de faire appel à des notions qui vous sont familières :

Au commencement Dieu créa les cieux et la terre.

L’objet de ce récit est d’expliquer l’existence du monde que le texte biblique appelle les cieux et la terre. Il n’y a pas de notion « le monde » en hébreu biblique.  Le mot de Olam, au pluriel masculin Olamim, c’est le temps d’un monde. La notion de Olam, au pluriel féminin Olamot, c’est bien plus tardif et emprunté d’ailleurs à la conceptualisation grecque : les mondes dans le sens spatial et dans le sens culturel. Ce terme de Olam dans le sens de cosmos ne fait pas partie du vocabulaire hébreu de la Bible. C’est une projection du grec.

Il y a trois notions qui sont apparues dans cette première approche Dieu, l’homme, le monde. Or, la conscience biblique n’a aucune perplexité sur l’homme et sur Dieu. Elle est perplexe de la possibilité de l’existence du monde, et c’est là que s’accroche le discours de la Kaballah.

 

Au commencement Dieu créa les cieux et la terre…

La Torah nous parle tranquillement de Dieu alors que personne ne comprend de quoi il s’agit. Une des données immédiates de cette conscience hébraïque, c’est que Dieu cela va de soi et que l’homme cela va de soi. Alors je vais vous situer le problème de la Kaballah dans le discours biblique de la maniére suivante : la philosophie c’est le discours de perplexité portant sur l’homme. Le problème de la philosophie est de savoir à quelle condition l’homme existe. Je me réfère ici à Wladimir Jankélévitch : l’homme est une réalité contradictoire, c’est « une impossible nécessaire ».

Je vous dis très rapidement en me référant cette fois à la La Guémara sans la citer à quel point l’identité humaine c’est quelque chose d’impossible et pourtant cela existe nécessairement. Et alors toute philosophie a pour but d’élucider ce mystère: comment se fait-il que l’homme existe ? Et chaque fois qu’une question est rencontrée dans la science, dans la philosophie, dans la culture, ramenée à la question de l’homme cela devient de la philosophie classique.

Un hébreu n’est pas inquiet de cela : l’homme existe ! Et c’est cohérent, nomral. Et il n’est pas inquiet de Dieu. Si l’homme existe à plus forte raison Dieu. Tout cela ne constitue pas de problème pour la conscience biblique. Le problème de la conscience biblique est de savoir comment se fait-il que le monde existe ? A quelles conditions ?

 

La philosophie c’est le problème de l’homme. La théologie c’est le problème de Dieu. A quelle condition Dieu existe….etc. La Torah ne s’occupe pas de cela. Elle s’occupe de la cosmogonie : comment se fait-il et comment est-il possible que le monde existe ?

 

La Kaballah se pose la question de la manière suivante :

Si Dieu existe…

Je ne voudrais pas prendre trop de temps pour faire une analyse corollaire : Si l’homme existe, ce qui serait une analyse en philosophie idéaliste : si l’homme existe il est tout, et le monde n’est qu’une représentation de la pensée de l’homme. Et il n’y a pas de place pour le monde puisque l’homme c’est le tout de l’être. Et il y a dans la philosophie contemporaine beaucoup de tentations envers ce sollipsisme de la philosophie idéaliste.

 

Si Deu existe, et que c’est sérieux, il n’y a pas de place pour le monde. Si Dieu est l’être absolu, il n’y a pas de place,d e Maqom en hébreu, pour le monde. Alors, comment comprendre qu’il y ait un monde qui soit distinct de Dieu ? Distinct de Dieu, c’est-à-dire existant tout court, parce que exister signifie exister comme distinct de Dieu. Puisque Dieu est nommé, défini, par ce récit de la Bible comme le Créateur, où est la place du monde si Dieu est ?

Cette question est incontournable.

Les Kabalistes vont introduire un renversement de la problèmatique théologique et philosophique en disant que ce n’est pas le néant qui a précédé l’être, parce qu’on ne comprendra jamais comment l’être procède du néant, c’est l’inverse : il y a d’abord l’être absolu. Et à la création Yesh Mé-Ayin a précédé une « création » Ayin Mé-Yesh. Il y a d’abord une néantisation d’un point de l’être absolu qui fait exister la place du monde. Et c’est dans ce néant apparu à l’origine – il y avait l’être antérieur – que le monde est émané, créé, façonné, fait.

C’est un renversement de la problématique qui est très simple.

Effectivement, nous n’avons pas expérience de quelque chose qui nait du néant.

Rappellez-vous Pasteur et de sa critique de la génération spontanée, ce n’est pas au même niveau mais cela ressemble.

Nous n’avons pas expérience de quelque chose qui nait du néant. Nous verrons que oui. Mais pour le moment pas postulat nous n’avons pas expérience de cela.

Par contre, nous avons expérience d’un être qui se néantise. Et donc cette notion de création Ayin Mé-Yesh peut être familière à la raison humaine par expérience : c’est la mort. Un être a disparu. On ne s’en rend pas compte, mais au moment de la naissance aussi, un être est apparu. Et comme nous sommes dans un univers très matérialiste, dans le sens noble du terme, matérialisme grec, on ne se rend pas compte. On croit que l’enfant est enfant du père et de la mère entièrement. Il n’y a que le corps de l’enfant qui est issu du père et de la mère. Mais cet enfant, sa présence, son être, n’a rien à voir avec celui de ses parents. Ceux qui ont eu des enfants savent cela. C’est un monde entier qui apparait là qui n’a rien á voir, ni avec celui du père, ni avec celui de la mère. Sinon, le véhicule organique corporel, le corps lui, est en hérédité très étroite et très précise, psychisme y compris, avec le corps du père et de la mère. Mais sa présence, son être, son monde, est radicalement nouveau, il vient du néant. En tout cas, il vient du néant de notre monde.

Se référer à cette expérience de la naissance pour expliquer la création du monde. Et la manière dont la Torah en parle. Une naissance, une présence à partir du néant.

 

La pensée humaine sera beaucoup plus familière à la notion kabalistique du Tsimtsoum, la néantisation d’un point de l’être, que la notion théologique de création ex-nihilo.

 

Du point de vue de la méthode de la pensée, cela a été notre découverte, nous étudiants de la Kaballah, que lorsque les Kabalistes enseignent c’est toujours très simple, alors que lorsque les philosophes enseignent c’est très compliqué.

 

Pour en revenir à notre propos, je voudrais tout de suite d’emblée, et là je voudrais rendre hommage à Trigano parce que j’ai trouvé dans un de ses anciens écrits, je crois un article de l’Arche, il y a au moins 15 ans, une allusion à ce que je vais dire : ce qui caractérise et différencie la pensée juive de la pensée grecque, c’est qu’elle a le souci de la moralité des concepts. La Kaballah ne se préoccupe pas du sens métaphysique de la notion du créé. Elle l’expliquera, la rendra rationelle et intelligible, crédible, mais elle fait cela en passant puisque ce n’est pas vraiment sa perplexité. C’est le sens moral.

 

Je vous donne un exemple dans la Guémara Sota :

Pourquoi le petit doigt est-il plus petit que les autres ?

La réponse grecque sera d’emblée une réponse au niveau de l’esthétique. Une main aux doigts trops égaux serait trop simiesque…

Mais la Guémara répond que c’est pour pouvoir se boucher les oreilles quand quelqu’un dit une calomnie ! D’emblée le souci moral. C’est ici la même chose.

 

Nous allons analyser une Mishnah du Pirqey Avot qui va nous faire comprendre cette question qui préoccupe tellement les théologiens : que signifie la Toute-Puissance de Dieu ?

 

Il y a une grande discussion chez les maîtres du moyen-âge : est-ce que les attributs de Dieu sont positifs ou négatifs ? Vous connaissez la thèse qui veut faire dire à Maïmonide qu’il n’y a que des attributs négatifs. Serait-ce vraiment une louange de dire que Dieu est fort, tout-puissant ? Par rapport à Dieu Kol Yakhol que signifie que Dieu est fort ? Est-ce que cela implique qu’il pourrait en être autrement alors ce serait une louange de dire qu’Il est fort ?

Maïmonide aurait suivant ces commentaterurs universitaires indiqué la réponse : en disant que Dieu est fort on veut dire qu’il n’est pas le contraire. Cela s’appelle les atrributs négatifs. 

Mais la Torah dit qu Dieu est fort, et cela veut dire fort en hébreu : Guibor.

 

Mishna Avot 4:1:

איזה הוא גיבור--הכובש את יצרו, שנאמר (משלי טז,לב).

טוֹב אֶרֶךְ אַפַּיִם, מִגִּבּוֹר;    וּמֹשֵׁל בְּרוּחוֹ, מִלֹּכֵד עִיר

Ezeh Hou Gibor ? De qui peut-on dire qu’il est vaillant ?

Hakovesh et Yitzro ! Celui qui domine son instinct !

C’est donc quelqu’un qui est plus fort que lui-même.

Sinon c’est qu’il est plus fort que quelqu’un d’autre qui est plus faible.

Etre plus fort que soi-même c’est cela la vraie force.

Ezeh Hou Gibor ? Hakovesh et Yitzro !

De qui peut-on dire qu’il est vaillant ?Celui qui domine son instinct !

Proverbe 16:32 : Meilleur est l’homme patient que le vaillant, et celui qui domine ses tendances qu’un conquérant de ville.

 

Qu’est-ce qu’être vaillant ? C’est être plus fort que soi-même !

Qu’en est-il avec notre problème ?

 

Cela vous éclairera une notion qu’on emploie beaucoup dans les études juives : effectivement, il faut que Dieu arrive à surmonter son Yetzer, c’est-à-dire la tendance de l’absolu à occuper tout l’être, pour laisser une place pour le monde. C’est cela le Tzimtzoum des Kabalistes. Il y a une force qui fait qu’un point de l’absolu se vide, et apparait la place du monde. Donc l’être a précédé le néant, et l’être a néantisé un point d’être pour que la place du monde apparaisse. Et dans cette place du monde que l’on va de suite appeller le ‘Hallal  le vide (on apprendra déjà pourquoi la configuration du monde est sphérique) sera émané – nous allons voir comment – la lumière retirée va revenir et comment – pour construire les mondes à l’intérieur de cette place du monde qui apparait au niveau de la création : néant à partir de l’être.

 

Et apparait là une notion d’ordre moral. La création est un acte moral. Alors que pour les philosophes la création est un processus métaphysique impersonnel. Impersonnel, c’est le mot contre lequel les penseurs juifs ont toujours à lutter. Dépister l’impersonnel comme étant la monstruosité. Voyez par exemple dans la philosophie de Platon : L’esprit mécaniquement devient matière, alors le monde apparait. L’impersonnel cela se fait comme ça. Il y a une involution de l’esprit qui fait que la matière apparait. Et on n’est pas du tout dans l’atmosphère du récit de la Bible. Un quelqu’un que les Kabalistes appelleront le Eïn-Sof l’infini. Et cet infini du Eïn-Sof des Kabalistes n’a rien à voir avec l’infini de Descartes, ni celui de Lévinas. Faites attention à ne pas mélanger avec la notion d’infini des philosophes et des métaphysiciens. Il s’agit d’une volonté qui veut faire place dans son être pour que l’autre que soi puisse exister. Cela veut dire que l’acte de création a une motivation d’ordre moral. Et c’est ce que disent les théologiens sans souvent le comprendre : c’est par un acte d’amour que Dieu a créé le monde.

Et les biologistes retrouveront cela s’ils étudient la Kabalah : il ne faut pas s’étonner de ce que les chemins primordiaux de l’apparition du monde à l’être sont les schémas primordiaux de la vie embryonnaire. Comme s’il s’agissait effectivemment du fait d’engendrer le monde comme « fils de Dieu ». La grande erreur de la pensée magique du christianisme c’est d’inverser l’hébreu en grec et de parler de « Dieu le fils ». L’expression « fils de Dieu » est une expression authentiquement biblique. C’est la créature le fils de Dieu. Et la créature réussie est appelé le fils aîné.

Faire de cela « Dieu le fils » c’est déjà la pensée païenne. Il faut refermer cette parenthèse. Tout le grand malentendu entre Juifs et Chrétiens vient du fait que les Chrétiens projettent la paganité grecque sur la révélation hébraïque. En voilà un exemple.

Je vous en donne un autre : le Roua’h haQodesh l’esprit de sainteté – et le saint-esprit. Cela na rien à voir. L’esprit de sainteté fait des livres, le saint-esprit fait des enfants ! C’est très différent comme monde religieux.

 

Cela nous explique pouquoi dans le monde ashklénaze on a occulté la Kaballah beaucoup plus que dans le monde séfarade : parce que dans lemonde séfarade l’autre croyant avec lequel on est en rivalité c’est le musulman. Il ne prétend en rien être Israël. C’est le chrétien qui dispute à Israël son identité. C’est pourquoi le séfarade a une vie intérieure de timbre différent de l’ashkénaze qui est angoissé. Cela se traduit dans son chant. Alors que la vie intérieure du séfarade est nostalgique, et cela se traduit dans son chant. Cela vient de ce que l’autre du séfarade est musulman, alors que l’autre de l’ashkénaze est chrétien. J’ai une fois formulé ce conflit de la manière suivante et on le vit comme si l’Occident avait dit au peuple juif – son interlocuteur c’est le juif ashkénaze qui a constitué son identité dans le monde de l’empire chrétien : « ton Dieu mais pas toi, ta ville mais pas toi, ton livre mais pas toi, et d’ailleurs toi tais-toi parce que toi c’est moi ! » C’est ce genre de problème dans lequel la conscience ashkénaze a été prise. Alors quand on entend le chant yiddish on comprend qu’à l’ombre des cathédrales on ne pouvait chanter que comme cela. Alors qu’à l’ombre des mosquées le chant est otut à fait différent. Et cela n’a rien à voir avec l’influence orientale ou occidentale de la musique parce que les spécialistes savent que la cantilation de la Torah et de la Haftarah c’est les mêmes mélodies, en majeur chez les Ashkénazes, en mineur chez les Séfarades mais ce sont les même mélodies….

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 19:03

Le tsadiq  une définition

par le Rav Léon Askénazi

 

www.breslev.co.il/articles/bnei_noah/le_tsadiq___une_définition.aspx?id=8559&language=french

 

 

S'il y avait un seul homme sur terre, l'histoire serait autre. Mais dès qu'il y en a deux, le problème de la paix et de la guerre se pose. Telle est effectivement l'équation fondamentale de la prophétie hébraïque : prévoir un monde où cette question sera résolue, un monde de paix...

 

Le premier chapitre de la Genèse laisse apparaître l'idée d'un projet qui doit être réalisé tout au long de l'histoire humaine, avec notamment deux notions directrices sous-jacentes : la bénédiction et la sainteté. Il est suivi par le récit condensé des dix premières générations qui va se conclure par un échec, celui du déluge. Ainsi cette première tentative s'achève par une sanction, non pas la destruction de l'humanité mais par son “effacement” selon les termes mêmes de la Tora. Plus précisément – selon l'enseignement du Maharal – la “forme” qu'a prise l'identité humaine se trouve annulée. Tel est le sens du fait que le déluge est un déluge d'eau et non de feu.

 

Un point doit nous frapper dans l'étude de ce récit : il ne s'agit pas encore de ce que l'on appellera plus tard le problème “religieux” (parlant français, c'est ainsi que je dois m'exprimer) ; il s'agit du problème moral. L'humanité est condamnée car “la terre était emplie de violence”. Le problème que la société humaine avait à résoudre est celui des rapports entre sujets humains, la question fondamentale (n'ayant toujours pas trouvé de solution réelle) de leur coexistence et qui se pose dès qu'il y a deux frères.

 

S'il y avait un seul homme sur terre, l'histoire serait autre. Mais dès qu'il y en a deux, le problème de la paix et de la guerre se pose. Telle est effectivement l'équation fondamentale de la prophétie hébraïque : prévoir un monde où cette question sera résolue, un monde de paix que les prophètes de la Bible appellent les temps messianiques. En termes traditionnels, on dira que le problème que l'humanité avait à résoudre est celui des “rapports des hommes entre eux”. Cependant, en filigrane, sous-tendant ce problème, transparaît également le problème des “rapports entre l'homme et D-ieu”, lequel est véritablement le problème religieux. Il est écrit dans la Tora (Genèse 6:11) : “La terre s'est corrompue devant D-ieu et s'est remplie de violence.”

 

On ne saurait donc affirmer que le problème qui apparaîtra de façon plus fondamentale dans la lignée d'Israël à partir d'Abraham – le problème des rapports entre l'homme et son Créateur – n'est pas déjà posé dans cette première partie de l'histoire humaine. Il n'en reste pas moins que c'est d'abord le problème moral qui constitue le gros plan du récit.

 

Avant d'aboutir à la sanction ultime, tous les sursis possibles sont donnés à l'humanité pour se reprendre et résoudre le problème. En vertu de la patience du créateur, “Il y a dix générations d'Adam jusqu'à Noé” indique le Pirqé Avoth (ch, 5). Cependant, tous les sursis étant épuisés, finalement la sanction arrive.

 

Il y a toutefois un rescapé – ou plutôt une famille rescapée – celle de Noé, c'est-à-dire une manière d'être homme qui porte en elle une possibilité de reprise de l'histoire humaine. Le Midrach et les commentateurs vont donc s'interroger sur la raison et le mérite qui ont permis ce salut. Pourquoi “l'identité Noé” a-t-elle été sauvée ? Pour échapper à un désastre aussi massif, à une telle “Choa”, si j'ose dire, il faut une raison exceptionnelle. Tel est le sujet des lignes qui suivent.

 

Revenons à l'annonce du déluge (Genèse 6:7) : “Et l'Eternel dit : 'L'homme que J'ai créé, Je l'effacerai de dessus la face de la terre, depuis l'homme jusqu'à la bête, jusqu'aux reptiles, et jusqu'à l'oiseau du ciel."” On trouve ici l'énumération des êtres vivants créés au sixième jour : l'homme et son environnement, autrement dit tout ce qui est donné à l'histoire du “septième jour”, c'est-à-dire à l'histoire de l'homme jusqu'aux temps messianiques, jusqu'à l'heure où l'identité humaine aura résolu ses contradictions. L'homme et son environnement vont être effacés, “car J'ai regretté de les avoir faits.

 

On notera que ce verset n'exclut pas Noé de l'effacement général. C'est précisément ce qu'enseigne le traité Sanhédrin 108a, selon lequel Noé était compris dans le jugement, dans la décision d'effacer cette manière d'être homme des dix premières générations. Voici cet enseignement : “On a enseigné à la maison de Rabbi Ichmaël : la sanction avait été prononcée également sur Noé ; cependant, il a trouvé grâce aux yeux de D-ieu comme il est dit (verset 7) : “Car J'ai regretté de les avoir fait” et “Noé a trouvé grâce aux yeux de l'Eternel (verset 8).”

 

Autrement dit, si l'on se place dans la perspective d'un jugement strict, même cette manière d'être homme nommée Noé et à partir de laquelle va recommencer l'histoire humaine pour aboutir – via Abraham – à l'identité d'Israël, même cette identité là n'avait pas mérité par elle-même d'être épargnée par la sanction du déluge. “Noé a trouvé grâce”, c'est vraiment gratuit, c'est véritablement une grâce.

 

Précisons. Que Noé ait trouvé grâce, nous l'apprenons directement du verset. Mais nous aurions encore pu penser que cette grâce se justifiait par un mérite particulier. L'enseignement de Rabbi Ichmaël vient affirmer qu'il n'en est rien. Nous avons donc là une notion à éclaircir, cette notion de “grâce” qui est exprimée en hébreu par le mot “'hen”. Que signifie cette gratuité, cet au-delà de tout mérite qui explique le salut de Noé ? Lisons le verset suivant : “Voici les engendrements de Noé ; Noé était un homme Juste, intègre dans ses générations ; Noé se conduisait avec D-ieu.”

 

D'emblée, la succession des deux versets soulève une difficulté évidente. Le verset 8 énonce que Noé a trouvé grâce et Rabbi Ichmaël souligne le caractère gratuit de cette grâce. Et voilà que le verset 9 définit Noé comme un Juste, un tsadiq. À moins de se trouver dans une contradiction, cela ne peut venir expliquer pourquoi Noé a trouvé grâce. Il faut donc approfondir notre thème, ce que nous allons faire à l'aide du commentaire de Rachi. Mais auparavant, je voudrais élargir la perspective et montrer les dimensions du sujet qui se pose à nous.

 

En fait, il existe deux possibilités pour analyser cette difficulté. L'une se trouve dans la lecture juive du texte et l'autre dans ce que j'appellerai l'atmosphère de la conscience chrétienne lorsqu'elle lit la Bible. Dès les premiers chapitres de la Bible, ce problème sépare ces deux mondes, le judaïsme d'un côté, le christianisme de l'autre. C'est l'une des catégories les plus importantes de nos différends.

 

Dans l'ambiance chrétienne de la lecture de la Bible qu'appelle-t-on un Juste, un tsadiq ? C'est quelqu'un qui a trouvé grâce. Perspective de lecture que l'on va évidemment évacuer et qui montre à quel point ce sujet fait problème. Il nous faut résoudre cette contradiction entre ces deux notions, ces deux informations que la Tora nous donne, d'une part que Noé a trouvé grâce, d'autre part qu'il était un Juste.

 

En revanche, en univers juif, être tsadiq, cela veut dire avoir un mérite suffisant qui vient de la concordance entre les actes et la loi. Le tsadiq est celui dont les actes sont conformes à la loi, celui qui agit justement, c'est-à-dire de façon juste par rapport à une norme, par rapport à une loi. C'est cela qui fait acquérir le mérite. D'un autre côté, trouver grâce, cela veut dire pour Noé obtenir son salut de façon gratuite, sans référence à un quelconque mérite. Définir un Juste comme celui qui a trouvé grâce est une inversion complète des catégories hébraïques. Ne cherchons donc pas dans sa définition comme tsadiq l'explication de la raison pour laquelle Noé a trouvé grâce, parce que trouver grâce, c'est trouver grâce. C'est gratuit. Mais pourquoi la Tora nous a-t-elle dit qu'il était tsadiqRachi commente :

 

“Puisque le texte a mentionné le nom de Noé, il a raconté sa louange comme il est dit (Proverbes 10:7) : 'La mention du Juste est en vue de la bénédiction'”.

 

Il faut bien mettre en évidence le sens de ce commentaire. Pourquoi la Tora nous dit-elle que Noé était tsadiq ? Réponse : non pas pour nous expliquer la raison pour laquelle il a trouvé grâce mais parce que lorsque l'on mentionne quelqu'un qui est un Juste, il faut rappeler qu'il l'est. Pour comprendre la grâce, il faudra donc faire appel à un tout autre principe.

 

Avant d'y arriver, précisons encore cette notion de Juste, de tsadiq. Suspendons d'abord son sens moral – le Juste avec une majuscule – et comprenons la notion au sens étymologique qui en est le fondement, celui que l'on trouve dans l'expression “tomber juste, la justesse. De même en hébreu, pour dire “tu as raison”, on dit “ata tsodeq”. Cela veut dire “c'est  exact”. Si l'on se réfère maintenant à la loi morale, “Juste” signifie donc être en exactitude par rapport à la loi.

 

La Tora – par sa préface historique – veut nous faire connaître qui est cet Israël qui recevra cette Tora, selon l'expression “qui nous a choisi d'entre tous les peuples et nous a donné sa Tora”. Nous saurons ainsi qui nous sommes pour avoir reçu cette Tora.

 

Mais cela veut-il dire que seul Israël pourrait être appelé Juste ? Que cette notion du Juste – du tsadiq – ne serait pas donnée à l'échelle universelle ? Qu'il y aurait une sorte d'injustice qui ferait qu'a priori, celui qui n'est pas né d'Israël n'aurait aucune chance d'être tsadiq ? Si être tsadiq implique un jugement d'identité par rapport à une loi déterminée – la Tora – celui qui ne serait pas dans le cas de connaître cette Tora n'aurait a priori aucune chance d'arriver à être tsadiq.

 

Le fait que la Tora mette en avant le personnage de Noé est très important. Elle nous indique par là qu'un homme qui n'est pas d'Israël mais appartient seulement à la préhistoire d'Israël, un homme ayant l'identité Noé, est appelé tsadiq.

 

Cela signifie donc qu'il y a au minimum deux niveaux de définition de ce terme, de cette catégorie. Le premier, propre d'ailleurs à la tradition du Midrach, définit le tsadiq dans l'ordre de l'attitude de la volonté à l'échelle universelle. Le tsadiq est celui dont la volonté préfère systématiquement, en général, le bien au mal. Inversement celui dont la volonté préfère en général le mal au bien est appelé “méchant” (rach'a”). Quelle que soit la loi à laquelle il se mesure, par éducation, par tradition, c'est-à-dire par sa propre éducation, par sa propre tradition, l'homme est d'abord jugé dans l'ordre de l'attitude de sa volonté. Sous réserve – il faut l'ajouter immédiatement – d'un minimum de connaissances, de bonne foi et de sincérité, ce minimum étant défini par les sept lois des "Enfants de Noé" (“les Bnei Noah). Cela définit le tsadiq à l'échelle universelle, ce qui nous est indiqué par le verset lui-même: “Noé était un homme juste”. Pourtant la Tora n'est pas encore révélée. Cela signifie donc qu'il y a une définition du Juste dans l'ordre de l'attitude de la volonté. Est tsadiq l'homme porté par sa propre volonté à préférer le bien tel qu'il le connaît au mal tel qu'il le connaît.

 

Voilà ce qui définit le tsadiq selon l'identité Noé et l'alliance des “Enfants de Noé” (“les Bnei Noah).

 

 

Noé et Abraham : histoire de contrastes

par le Rav Léon Askénazi

 

Il ne suffisait pas à Noé d'être tsadiq pour être sauvé. Si parmi tous les tsadiqim possibles de son temps c'est Noé qui est choisi, c'est parce qu'il porte en lui la possibilité d'Abraham.

 

À partir d'Abraham, va se constituer l'identité d'Israël à qui la Tora sera donnée, c'est-à-dire l'identité qui recevra la révélation de la loi absolue de ce qu'est le bien et le mal selon D-ieu, ce qui définit le tsadiq de l'alliance d'Abraham. Non plus le tsadiq dans l'ordre de la bonne volonté mais par rapport à la loi absolue, la loi de vérité révélée à Israël.

 

On peut préciser cela avec la définition traditionnelle des différents niveaux de l'ordre de la vertu structurés par les initiales du nom d'Isaac (Yits'aq), soit iod-tsadé-het-kof. Il y a d'abord le yachar, l'homme de rectitude, celui qui veut se conduire d'après le chemin droit et cela avant toute norme, avant toute loi. Puis vient le tsadiq avec les deux niveaux décrits précdédemment, le niveau universel dans l'ordre de la bonne volonté relativement à sa propre loi (mais néanmoins conforme à la charte des sept lois de´s Bnei Noa'h), et le niveau absolu relatif à la loi révélée. Au-dessus du tsadiq, il y a le 'hassid : le tsadiq obéit à ce que la loi demande, tandis que le 'hassid veut “par lui-même” ce que la loi demande.

 

Maïmonide approfondit cette différence dans son ouvrage “Chemona peraqim” (“Les huit chapitres”). Il y a des hommes dont leurs tendances profondes les mènent au mal, mais qui ont malgré tout des raisons de savoir que c'est le bien qu'il faut faire, et ils le font. On appelle une telle personne un “Juste malheureux de l'être” (“Tsadiq ver'a lo”). Il agit justement par rapport à la loi, il lui obéit – éventuellement à contrecœur – mais il obéit. Maïmonide enseigne que celui qui obéit tout en étant malheureux d'obéir a peut-être plus de mérite que celui qui obéit de lui-même. En revanche le 'hassid est celui qui, par lui-même, veut ce que la loi veut. À la limite, même si la loi ne le lui demandait pas, il le voudrait. C'est donc un niveau très élevé. Le 'hassid a une connaissance profonde – par le cœur si j'ose dire – de ce que la loi veut lorsqu'elle demande ce qu'elle demande. C'est pourquoi il peut arriver que dans sa conduite, il se conduise de façon apparemment un peu différente de ce que la loi dit, parce qu'il fait ce que la loi veut. Il agit “par delà la mesure de la loi”. Un 'hassid peut faire ou moins ou plus parce qu'il est 'hassid, parce qu'il sait ce que la loi demanderait dans ce cas particulier, parce qu'il sait ce qu'elle veut et pas simplement ce qu'elle commande dans ce qui est écrit dans le code.

 

Enfin, au delà du 'hassid, se trouve le qadoch, l'homme de sainteté, celui qui à la fois comprend et veut ce que D-ieu veut lorsqu'il donne la Tora. Il se situe à un niveau qui peut nous dépasser.

 

Cette hiérarchie iachar, tsadiq, 'hassid, qadoch est rassemblée dans les initiales du nom d'Yits'haq et apparaît dans la prière du matin du Chabath des jours de fête.

 

Revenons à Noé. C'est un tsadiq mais ce n'est pas pour cette raison qu'il a été sauvé. On peut le comprendre de la manière suivante : probablement il y avait d'autres tsadiqim de ce genre, mais c'est lui qui a été sauvé de façon gratuite. Toutefois, gratuit ne veut pas dire arbitraire, sans raison, et c'est cela que je vais essayer d'expliquer.

 

Nous savons qu'il y avait en ce temps-là, dans ces générations-là, au moins un tsadiq par génération, celui dont le nom est cité dans les généalogies du récit de la Tora. Notamment – selon le Midrach Mathusalem (Metouchela'h), était un très grand tsadiq, même supérieur à Noé. Il y avait donc d'autres tsadiqim à l'échelle universelle et c'est pourtant Noé qui a été choisi.

 

Par ailleurs, le Midrach met en regard deux versets relatifs à Noé d'un côté et à Abraham de l'autre :

 

“Noé était un homme Juste et intègre dans ses générations. Noé marchait avec D-ieu (Genèse 2:9)

 

“[D-ieu dit à Abraham :] Marche devant moi et soit intègre” (Genèse 17:1)

 

Noé et Abraham sont caractérisés par des termes voisins mais néanmoins repris de manière distincte. Noé est “avec D-ieu”, là où D-ieu se trouve. En revanche, à Abraham il est prescrit : “Marche devant moi”. Donc le programme de justice ou de sainteté déjà amorcé dans le fait d'être tsadiq est différent au niveau des identités respectives de Noé et d'Abraham. De même Rachi commentant l'expression “dans ses générations” met en regard Noé et Abraham :

 

“Certains de nos maîtres ont expliqué cette expression dans l'ordre de la louange : à plus forte raison s'il se trouvait dans une génération de Justes, il serait encore plus Juste. Mais d'autres ont expliqué ces termes de façon péjorative : selon sa génération il était Juste, mais s'il était dans la génération d'Abraham, il n'aurait même pas été mentionné.”

 

Noé et Abraham sont tous deux des Justes, mais de nature différente. Noé est certes un très grand tsadiq, c'est grâce à lui que l'humanité a été sauvée, mais c'est un tsadiq d'une certaine nature. La différence avec Abraham apparaît dans l'épisode où D-ieu fait savoir à Abraham qu'il va juger Sodome et Gomorrhe et les détruire, parce qu'il y avait encore là-bas, de la même manière, saturation de violence. Abraham intervient immédiatement et plaide. Alors que Noé entend dire qu'une sanction de destruction va s'abattre sur l'humanité et la Tora ne nous dit pas qu'il a intercédé. Même s'il a intercédé,  la Tora n'a pas jugé que ce fût d'une manière telle que cela méritait d'être signalé.

 

Un texte du Midrach est très suggestif à cet égard. Le verset 8 dit : “Et Noé a trouvé grâce aux yeux de D-ieu.” Le Midrach commente :

 

“Et dans les yeux de Noé, D-ieu n'a rien trouvé, même pas une larme.”

 

Noé est un Juste qui ne fait pas le mal, mais c'est un Juste qui, entendant annoncer une telle sanction – la destruction de l'humanité entière – est capable de ne pas intercéder. Comme le dit le Midrach, il ne pleure pas. Alors qu'entendant le même jugement, la même sanction annoncée contre Sodome et Gomorrhe – dont la Tora nous dit que leurs habitants étaient les plus grands méchants (rech'aïm) – Abraham plaide, discute pied à pied avec D-ieu lui-même pour essayer de les sauver. Voilà l'une des différences entre Noé et Abraham.

 

De manière un peu schématique, Noé est un Juste défini de façon essentiellement négative. Il ne fait pas le mal, mais il n'y a pas d'indication qu'il soit Juste au sens positif, qu'il soit capable de faire le bien et pas seulement de ne pas faire le mal. La tradition connaît deux catégories de Justes : le “Juste sans plus” (le “tsadiq”) et le “Juste bon” (le “tsadiq tov”). Tsadiq seul, sans adjectif, caractérise la relation entre l'homme et D-ieu ; tsadiq tov, ajoute une détermination relative à la relation entre l'homme et son prochain. Cela ne nous autorise pas, nous, à porter un jugement sur Noé ; seulement d'admette que la stature, le profil de l'identité d'Abraham en tant que tsadiq dépasse infiniment celui de Noé.

 

Le texte nous donne une autre indication : “Noé a trouvé grâce aux yeux d'Hachem ” alors que lorsqu'il est dit que Noé est tsadiq, le texte porte “avec Eloqim marchait Noé.” Noé est tsadiq par rapport à Eloqim, mais trouve grâce aux yeux d'Hachem. Cela signifie que Noé est tsadiq par rapport à l'ordre d'une vérité morale d'après les lois de la création (“Eloqim” est le nom de D-ieu comme créateur du monde). En revanche, relativement au projet de D-ieu pour l'histoire humaine (c'est dans l'histoire humaine que le nom Hachem se révèle), Noé a trouvé grâce. “Noé marche avec D-ieu”, il est conforme à la révélation déjà acquise, alors que “Abraham marche devant D-ieu”, il est une sorte d'éclaireur qui ouvre la route par où la révélation pourra passer. Il y a entre eux une différence d'envergure radicale.

 

Un texte semble contredire cette donnée. Après que Noé ait construit l'arche, la Tora dit :

 

“Hachem dit à Noé : 'Viens toi et toute ta maison à l'arche car c'est toi que J'ai vu comme tsadiq dans cette génération.'”

 

Ce verset (où apparaît le nom “Hachem”) semble contredire la mise en regard que le Midrach faisait entre Noé d'un côté et Abraham de l'autre ! Mais en réalité il a une forme particulière qui donne la solution de cette difficulté. En hébreu, “je t'ai vu” se dit “reïtikha”, alors que le texte est “otkha raïti ” (“toi que J'ai vu”). Mais ce toi-là en hébreu signifie ce qui est avec toi ou encore “ton signe”. Le sens du texte est donc : “ce qui est avec toi” (ou encore “ton signe”), je l'ai vu tsadiq devant moi. Ce qui est avec Noé – ce signe – c'est Abraham que Noé porte en lui.

 

Il n'y a donc pas de contradiction. Si Noé a été sauvé, c'est parce qu'il portait en lui la possibilité d'Abraham. C'est ce qu'annonce notre premier verset : “Voici l'histoire des engendrements de Noé...”, ce qui aboutira à Abraham. De tous les tsadiqim possibles à la manière de Noé, c'est Noé qui est sauvé gratuitement. Mais ce n'est pas arbitraire. Il y a une raison à son salut, ce n'est pas son mérite, c'est sa descendance. La gratuité au-delà du mérite individuel est bien une gratuité mais n'est pas arbitraire. Les contemporains de Noé ne peuvent pas comprendre pourquoi c'est lui qui est sauvé plutôt qu'un autre, D-ieu seul le sait. D-ieu seul sait que Noé porte en lui la possibilité d'Abraham. En réalité, c'est Abraham qui a sauvé Noé.

 

Revenons au commentaire de Rachi que j'ai cité précédemment. Rachi avait dit : “Puisque le texte a mentionné le nom de Noé, il a raconté sa louange car le souvenir du Juste est pour une bénédiction.” La louange de Noé – sa mention en tant que tsadiq – ne vient pas expliquer pourquoi il est sauvé, mais elle est faite parce que le souvenir d'un tsadiq est une bénédiction. Cependant, il ne suffisait pas à Noé d'être tsadiq pour être sauvé. Si parmi tous les tsadiqim possibles de son temps c'est Noé qui est choisi, c'est parce qu'il porte en lui la possibilité d'Abraham.

 

Je terminerai par ce qu'on appelle un 'hidouch (c'est-à-dire un commentaire innovateur) relatif au verset lu selon le commentaire de Rachi. À la fin de la paracha de Noé, Abraham apparaît sur la scène de l'histoire. Voici ce que D-ieu dit à Abraham : (Genèse 12:2) :

 

“Je ferai de toi une grande nation et Je te bénirai, J'agrandirai ton nom et tu seras bénédiction.”

 

L'émergence de la bénédiction dans l'histoire d'Abraham est un tournant. La bénédiction avait disparu dès la faute du premier homme et elle revient avec Abraham. À partir d'Abraham, il s'agira de savoir par qui passe la bénédiction, car c'est chez celui par qui passe la bénédiction que doit se révéler la loi de sainteté. Cela nous est annoncé par le verset lu selon le commentaire de Rachi : la mention du tsadiq qu'est Noé est faite en vue de la bénédiction, c'est-à-dire en vue d'Abraham qui est “bénédiction”.

 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 14:52

Les Conflits des Fins des Temps (1991) - 3ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/messianisme/les_conflicts_de_la_fin_des_temps_a_la_lumiere_talmud_et_du_midrash/cours_1

Face C - Durée : 21,1 minutes

 

 

…/…

Ce n’est pas de la mystique magico-superstitieuse comme dans certains milieux on risque de le citer. Ce qu’a dit le Rabbi de Loubavitch est vrai, le royaume messianique est proche, l’affrontement d’Ismaël et de Edom est amorcé. Israël sera protégé. C’est ce que nous savons depuis 2000 ans du message des prophètes hébreux. Et puis, ceci dit, à l’échelle individuelle, encore une fois, personne ne sait comment se dérouleront les événements.

 

Je lis la dernière citation du « Netsa’h Israël » et après la conclusion.

 

« Le fils de David viendra lorsque l’empire de l’Occident sera sur toute la terre pendant 9 mois. Et le sens de cela c’est que Israël sera considéré comme s’il vient de naître. »

 

Effectivement, nous sommes en convalescence de renaissance dans la société israélienne. C’est un verset de Tehilim :

 

« Et on racontera au peuple enfanté sa justice, sa justification, de ce qu’Il a fait » Et aussi il est écrit : « Est-ce qu’un pays naît en un seul jour ?» (Cf. Yom Haatsmaout). « Est-ce qu’une nation peut apparaître d’un coup ? »

 

Et c’est notre histoire : pendant 2000 ans nous étions un peuple dispersé et subitement une nation apparaît ! C’était déjà dans les versets. Il faut le temps de la gestation, il faut le temps de 9 mois.

 

Ceci sera écrit pour la dernière génération de l’exil : « et le peuple créé recréé restauré, la nation restaurée louera le Seigneur ». (C’est le Hallel du jour de Yom Haatsmaout). Et il s’agit de la génération du Messie. Ils seront considérés comme s’ils étaient nés de nouveau. Et parce que le fait de passer à l’acte ce qui était en potentiel, supérieur, intérieur, c’est cela le temps messianique.

 

On n’a pas compris mais c’était intentionnel.

                     

Et avant cela, cet empire des Gentils s’étendra pendant 9 mois sur le monde entier.

(9 mois c’est le temps de la gestation de la nation d’Israël d’après ce texte). Et pendant ce temps naîtra Israël puisque c’est Israël qui est appelé Adam dans ce verset. Ces 9 mois-là où Israël passera du potentiel à l’acte, pendant ce temps-là le 4ème empire dominera le monde.

 

C’est donc l’Amérique qui est censé gagner cet affrontement par rapport à l’islam. C’est ce qu’a dit le rabbi de Loubavitch.

 

                      Et c’est de cet empire-là (Edom le 4ème) que le roi Messie recevra la souveraineté.

 

Probablement lorsque Rome consentira à appeller Israël « Israël ». On attend ces jours-là !

 

« les Ishmaëlim, les Romésim ne reçoivent pas la souveraineté universelle des deux empires précédents prédécesseurs, d’un seul. C’est le 4ème empire Edom qui est candidat à cela. (Passer le relai au royaume messianique. Et c’est pourquoi d’abord tombera l’empire de Perse, qui est le deuxième, par la main de l’empire 4ème, (Rome) et c’est de cet empire-là (Edom le 4ème) que le roi Messie recevra la souveraineté.

 

Comment cela va-t’il se passer ? Personne n’en sait rien. De la même maniére que personne ne savait il y a 2000 ans comment nous aurions un état juif, et comment personne savait avant la guerre des 6 jours comment nous aurions Jérusalem. Et comment personne ne sait encore comment cela se passera. Mais ce n’est pas un fait nouveau que l’on ne sache pas à l’avance et que subitement cela arrive. Et quand cela arrive on dit : Ah ce n’était que ça ?

 

Talmud :

Je vais me borner à vous lire quelques phrases du dernier texte du Rav Kook qui comme dit précédemment, avec une espèce de prémonition inqualifiable a expliqué cet éclatement de l’identité d’Israël en trois secteurs que nous allons identifier.

 

Mais par rapport à notre problème il est bien évident que deux d’entre eux sont interpellés dans une interpellation de sincérité : c’est d’une part le secteur ‘Harédi et d’autre part les sionistes, qui espéraient partager Israël avec Ishmaël. Ce sont deux expériences de déception différentes. Mais nous sommes peut-être soumis à ce devoir de pouvoir les aider.

 

Nous sommes dans le mois d’Eloul et des Seli’hot. On va bientôt arriver à la fin de l’année Tashan 5750 où il s’est passé tabt de choses de cet ordre-là. Nous allons arriver à Rosh hashana et ensuite il y aura Teshouvah et ensuite il y aura Kipour. C’est le temps de l’aveu. Je sais bien qu’il s’agit là d’un aveu qu’on ne peut pas demander. On ne peur pas interpeller quelqu’un sur ce sujet. La stratégie talumidque du repentir c’est qu’on ne peut parler à quelqu’un qui avait tort que si on est capable de lui expliquer pourquoi il avait raison d’avoir tort. A ce moment-là il reconnait qu’il avait tort de croire qu’il avait raison.

Dans tous les cas nous devons avoir une relation de fraternité et puis comme dit le Talmud depuis le temps des grands Tanaïm  qui est capable d’obtenir un aveu dans cette fraternité du « confesseur ».

Nous avons une expression dans la leangage rabbinique : moudin derabanan.

 Dans e Shmoneh Essreh il y a un des passages de la prière qui est une louange qui est à la fois Nodayah et Vidouï.  Nous somme reconnaissants et nous reconnaissons que… c’est à la fois l’action de grâce et l’aveu que nous avonsd été gratifiés de quelque chose.

Et alors pendant la Azarah il y a ce texte qui change de formulation on l’appelle le Modim – nous reconnaissons - que les rabbins ont rédigés après la Knesset Hagdolah. Modim derabanan c’est donc techniquement le passage de Modim dans la Hazarah, la répétition du Shmone Essreh.

Mais dans le langage des rabbins, cela veut dire que lorsqu’un rabbi a un aveu à faire, cela s’appelle Modim DeRabanan : l’aveu des rabbins. Mais c’est la gloire des rabbins d’avouer ce qu’ils ont à avouer quand ils avouent.

 

Et je crois que c’est cet honneur qu’il faut leur restituer : les aider à avouer qu’ils avaient quelque chose à avouer, lorsqu’ils se sont trompés au temps de la Shoah, et lorsqu’ils se sont trompés au temps de l’état d’Israël. Et maintenant, puisque le temps est arrivé de se référer à ces textes traditionnels qui sont la preuve que c’est bien l’état d’Israël qui est celui dont parle les textes, essayons d’espérer cet aveu-là avant ce Kipour.

 

 Voilà comment le rav Kook parlait de ces 3 secteurs :

 

Les 3 catégories les plus officielles de la nation sont la secte orthodoxe

 

(orthodoxia celui qui veut suivre la voie droite. L’histoire a fait qu’on désigne les antisionistes par ce terme d’orthodoxes et pour faire bon poids souvent on les appelle les ultra-orthodoxes. Le rav dit :

 

comme on a l’habitude de les appeler, qui porte le drapeau de la sainteté. Cette partie se prétend avec impétuosité et avec extrémisme pour la Torah et les Mitsvot et la foi pour tout ce qu’il y a de saint en Israël.

 

Cette 1ère partie s’appelle dans son vocabulaire : les orthodoxes.

 

La 2ème catégorie : le nouveau nationalisme (sionisme) qui lutte pour tout objectif que la tendance de restauration nationale a comme exigence. Très forts dans beaucoup de sectes

 

C’est la référence à la Haskalah : les ‘Harédim, les sionistes et d’autre part les humanistes. Ce que le Rav demande c’est dêtre les 3 à la fois.

 

Mais voilà le drame chacun trouve ses propres compétences plus spécifiques que l’une  des autres trois parties. Avec une amitié souhaitable de reconnaitre avec un bon œil chacun la fonction positive de l’autre.

 

L’issu c’est que ces trois valeurs qui jadis ont éclaté en trois dimensions qui se sont spécialisés, il faut que chacun puisse reconnaitre ce qu’il y a de positif dans l’autre.

 

C’est une sorte de reconnaissance triangulaire. Et il est clair que ce qui fait la force de sainteté de chacune de ces trois forces c’est au-delà et pour que cette force unique apparaisse, chacun de ces trois groupes doit se restreindre parfois pour laisser place à l’autre.

 

Vous lirez cela en détail. Je termine en disant que lorsque cela arrive alors se réalise ce verset :

« A tout objectif j’ai vu une fin, ta mitsvah est infiniment large ». 

Cela veut dire que le fait d’être Israël selon le plan qui nous est enseigné par la Torah dépasse ces trois sectarismes. Lorsque l’orthodoxie n’est que cela c’est déjà plus Israël. Lorsque le nationalisme n’est que cela ce n’est déjà plus Israël. Lorsque l’humanisme n’est que cela ce n’est déjà plus Israël. Chacun d’entre nous a l’expérience concrète, précise, existentielle, de toutes les caricature de ces idéaux. Voilà ce que dit le verset : « A chacun de ces objectifs pris tout seul il y a une fin. Mais la Mitsvah qui anime tout cela est sans frontière, sans limite ». Et il termine en disant : « C’est du resserrement que j’invoquais Dieu, il m’a répondu dans la largesse » (Un verset des Psaumes du Hallel)

 

Il me semble que la conclusion nécessaire de ce que la Guémara nous a enseigné : tous les Juifs quelqu’ils soient sont pris dans cette histoire. Mais voilà qu’il y a deux partie du peuple : ceux qui ont refusé Israël au nom de la Torah et ceux qui mettent en danger Israël au nom de leur propre sionisme qui sont plus profondément atteints que les autres peut-être par ce trauma des événements qui nous assaillent - le fait que se soit dévoilé que c’est bien Israël qui est Israël avec l’éclairage de notre tradition, et que l’ennemi c’est bien Ishmaël.

 

< fin >

 

*******

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans MESSIANISME
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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 14:49

Les Conflits des Fins des Temps (1991) - Talmud et Midrash – 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/messianisme/les_conflicts_de_la_fin_des_temps_a_la_lumiere_talmud_et_du_midrash/cours_1

Face B - Durée : 46,2 minutes

 

 

La communauté française est déchirée et tiraillée par les problèmes dont je viens de parler : d’une part la dimension des ’Haredim antisionistes et la dimension des juifs sionistes pro-palestiniens.

 

En conclusion, je vous lirais un texte extraordinairement prémonitoire – je n’ai pas dit prophétique mais je le pense – du rav Kouk qui parle de ces trois tendances qui lorsqu’elles éclatent nous mettent en danger et que lorsque le temps vient d’en faire l’unité alors c’est un temps messianique.

 

***

 

1ère référence du Yalkout Shimoni :

 

 

Un texte qui se réfère à ce qui s’est passé déjà depuis une dizaine d’années dans l’affrontement entre l’Irak et l’Iran. J’ajoute, à titre personnel, qu’il y a à craindre une alliance entre l’Irak et l’Iran, parce que nos textes parlent de Paras et non pas de l’Irak bien que des commentateurs en parlent.

 

 

"C'est un sacrifice pour D. à Batsra, un grand massacre en terre d'Edom "...."Jour de vengeance pour D., année de représailles pour la cause de Sion. Les torrents d'Edom se transforment en poix et la poussière en souffre. Sa terre sera embrasée de poix. Jour et nuit, elle ne s'éteindra, sa fumée, montera pour toujours. De génération à génération, elle restera en ruines et plus jamais nul n'y passera".

 

"Rabbi Its'hak a dit: l'année (le temps) où le Roi Messie se dévoile, tous les rois du monde se provoquent, l'un l'autre; Le roi de Perse est en conflit avec le roi d'Arabie, qui va chercher conseil avec Edom auprès des Nations, et le roi de Perse revient (ou change d'avis) sur sa décision de mettre le monde entier en danger de destruction (‘Hourban). Et toutes les nations du monde crient et s’effraient et tombent sur leur face. Et ils sont pris de douleurs comme des contractions de grossesse. Et Israël crie, s'affole et dit: où irons-nous (pour nous réfugier) ?

 

(Voyez à quel point la réalité a été plus optimiste que cette crainte. Il n’y a pas eu tellement de Yeridah à cause de ces guerres entre l’Irak et l’Iran.)

 

 Et Il dit: mes fils n’ayez pas peur; tout ce que J'ai fait, Je ne l'ai fait que pour vous. Que craignez-vous ? N’ayez pas peur, est arrivé le temps de votre délivrance. Non pas comme la première délivrance mais comme la délivrance ultime. Car la première délivrance (d’Egypte) vous a provoqué de la tristesse et vous a soumis à la domination des Nations. Mais la dernière délivrance ne vous provoquera aucune crainte de nouvel exil /et vous n’aurez pas de tristesse et vous ne serez pas soumis à quiconque."

 

J’ouvre une parenthèse sur cette notion extrêmement importante : beaucoup de Juifs contemporains sont dans la crainte - Dieu préserve - d’une destruction de l’état d’Israël et que l’exil recommence. Je citerais une des sources qui établit un parallèle entre l’histoire des 3 grands exil que nous avons connu et l’histoire des 3 patriarches. Je dirais de suite : Grâce à Dieu nous n’avons eu que 3 patriarches ! Il n’y aura pas de 4ème exil. 

 

Effectivement dans ce parallèle, l’histoire d’Abraham est le modèle de l’exil d’Egypte. L’histoire de l’exil d’Egypte a pour modèle l’histoire d’Abraham. Le 2ème exil, celui de Babel, a pour modèle l’histoire d’Isaac. Et l’histoire de l’exil de Rome a pour modèle l’histoire de Jacob. A la fin de la nuit, Jacob reçoit le nom d’Israël. Je ne crois pas outrepasser la lecture directe en disant que c’est ce que nous sommes en train de vivre dans nos générations.

 

Au bout de 2000 ans, le peuple juif sort de la nuit comme Jacob, et reçoit le nom d’Israël. Il n’y a que le Vatican qui n’ose pas prononcer ce nom. J’en parlerais tout à l’heure. Effectivement, la tradition nous enseigne que en tant que collectivité nous vivons, nous revivons et rejouons dans le sens noble de ce terme, nous effectuons à l’échelle d’une collectivité ce qu’a été l’épreuve de la vie des patriarches à l’échelle des personnes individuelles.

 

Nous avons à faire la preuve, premièrement de la vertu d’Abraham. Nous avons eu une histoire pour cela. Et lorsque cette preuve a été faite notre exil a pris fin. Nous avons à faire la preuve, en tant que collectivité, que nous sommes les héritiers d’Isaac.. Nous avons vécu cette histoire. Et lorsque cette preuve a été faite, ce fut la fin de l’exil de Babel. Nous avons à faire la preuve que nous sommes la descendance de Jacob. Nous avons fait cette histoire, nous nous sommes affrontés à la civilisation d’Esaü, je la définirais tout à l’haure, il s’agit de Rome. Et cette preuve ayant été faite dans les catastrophes que vous savez, nous avons quitté la civilisation de Rome et nous avons achevé l’histoire des 3 patriarches à la fin de laquelle Jacob reçoit le nom d’Israël. Nous sommes Israël.   

 

Il y a là une indication importante que nous avons dans le Yalkout Shimoni. Ce n’est tellement qu’il faille croire. Si nous sommes dans la cohérence de notre tradition, il faut savoir qu’il n’y a pas de ‘Hourban du Bayit Shlishi, il n’y a pas de destruction de la 3ème maison d’Israël. Il a eu la destruction de la 1ère maison d’Israël - ce que nous appelons le Bayit Rishon – qui a été faite par les Babyloniens. Il y a eu la destruction du Bayit Shéni par les Romains. Il n’y a aucune trace dans toute la littérature rabbinique, qui est énorme, aucune allusion à un 4ème exil, c’est-à-dire à la destruction de la troisième maison d’Israël.

 

Un souvenir me revient du temps de la guerre de Kipour. Vous vous souvenez à quel point les dirigeants d’Israël ont été surpris par l’attaque de la guerre de Kipour. Moshé Dayan craignait qu’on aille vers la destruction du Bayit Shlishi.

 

2ème référence : Avodah Zara

Il me faudrait trop de temps pour vous expliquer le sujet halakhique du dedans duquel cet enseignement va nous être donné, mais il commence au bas de la première page cela vous a été souligné. Voilà de quoi il s’agit :

 

Enseignement de Rabbi ’Hanina Bar Papa et certains disent au nom de rabbi Shemlaï. Dans l’avenir, Dieu prendra un Sefer Torah.

 

(c’est-à-dire le livre où est écrite la chartre de l’identité humaine selon Dieu, confiée à Israël, et qui est en même sa carte d’identité. Le Sefer Torah est le  livre qui rend compte du code – dans les deux sens du terme - de notre histoire.

 

Le prend sur son sein et Il dit : « Que celui qui s’est occupé de cela (le sens de l’histoire) vienne et reçoive son salaire ! » Alors arrivent tout de suite les idolâtres en foules mélangées.

 

Il y a là une indication pour un temps de la fin des temps de l’histoire où on ne saura plus identifier les manières d’être homme. Dans notre temps contemporain, cela commence à prendre fin avec le grand siècle le 17ème siècle où les identités nationales étaient clairement identifiées. Et à partir de ce temps-là il y a un mélange dit le texte. (A la sortie d’Egypte aussi il est question du Erev rav). On entre dans une espèce d’identité humaine cosmopolite, où on n’arrive plus à identifier les identités nationales. Bien sur de fortes identités nationales restent, mais l’humanité en général, avec une visée de prétention universaliste devient cosmopolite. Alors les nations viennent en grand mélange    

 

D’après un verset qui dit : « toutes les nations se sont rassemblées ensemble en mélange ». Alors Dieu leur dit : « Ne vous présentez pas devant moi en mélange cosmopolite, mais que chaque scribe des nations se présente devant moi (ceux qui rédigent finalement la carte d’identité qui sera présentée au jugement), « les peuples, les nations s’assembleront », et il y a une nation qui a une souveraineté nationale, ainsi qu’il est dit :

 

Ici la Guémara cite un verset en rapport avec les patriarches en rapport avec Esaü. Lorsque Rivqah attendait Israël - il y a eu Abraham, le 2ème niveau d’identité, le Tsadik est Its’haq, après qui on attend Israël. Et voilà que cette 3ème étape est très difficile à  engendrer – Rivqah femme d’Its’haq devait engendrer Israël et voilà qu’il y a difficulté en son sein. Alors elle va consulter les prophètes de son temps et leur réponse est qu’elle porte deux identités humaines différentes en son sein. « Il y a deux génies humains en ton sein, mais l’un triomphera de l’autre ». Il ne peut y avoir de coexistence parallèle. Il ne peut y avoir que la situation où l’un triomphe de l’autre. Ce que dit le Midrash en s’appuyant sur la forme hébraïque est important à étudier. Ce n’est pas ce niveau-là dans lequel je veux entrer, mais je veux lire cette intention de la Gémara, pour vous dire que Rome c’est une identité nationale se connaissant dans sa souveraineté propre, c’est référé à Jacob et Esaü. 

 

Je vous citerais quand même un enseignement important : Le Talmud dit : « Ne lis pas Rome et Jérusalem sont construites ensemble ». [En fait dans le Midrash c’est Césarée, la ville que les romains ont construit en Israël lorsqu’ils ont détruits Jérusalem.] Ne dis pas que Rome et Jérusalem sont détruites ensemble. Tu ne peux dire que 2 choses : soit Rome est détruite et Jérusalem est construite, soit Jérusalem est détruite alors Rome est détruite ».

Objection : Rome n’est pas détruite et pourtant Jérusalem est construite ?

Réponse à la manière de la Gémara et du Midrash : le temps de la chrétienté a pris fin mais la chrétienté ne le sait pas encore. D’une certaine manière Rome est détruite mais ne le sais pas encore.

 

Petite échappée d’histoire contemporaine avec Vatican 2:

L’impérialisme romain s’arrête à Vatican II. Et à partir de Vatican 2 il y a une recherche dans l’église catholique de la restauration de la souveraineté des églises nationales et la référence à Rome n’est plus que symbolique. Cette première étape est déjà largement dépassée. J’ai eu le privilège den faire l’expérience directe en Afrique. Les églises catholiques africaine bien que symboliquement d’obédience romaine ne sont plus  d’obédience romaine. Vatican 2 est une date importante dansla fin de la souveraineté de la chrétienté. Je schématise mais our vous indiquer que la cohérence des textes talmudiques est parallèle à la cohérence des événements mais qu’il faut relier ces cohérences entre elles. Il s’est produit un bouleversement, un trauma fondamental de la conscience chrétienne après la 2nde guerre mondiale sur deux perspectives, deux dimensions qui nous concernent nous juifs.

D’une part la Shoah : la conscience chrétienne a été traumatisée par la découverte de sa responsabilité « indirecte »  à la Shoah. La conscience chrétienne de bonne foi a été épouvantée de voir ce qu’a été le résultat de l’antisémitisme lorsque ce ne sont pas eux qui sont les bourreaux et allument les bûchers. On les compte sur les doigts de la main ces consciences chrétiennes qui sont sincéres á ce niveau, mais cela suffit pour que cela ait commencé.  

D’autre part, l’existence de l’état d’Israël, le 2nd trauma. La conscience chrétienne est obligée de se mesurer à l’interrogation suivante : conscient dans sa bonne foi propre d’être membre de cette civilisation qui commence à Rome il y a 2000 ans et se perçoit comme étant Israël, se demander corollairement à cette culpabilité énorme par rapport à la Shoah : peut-être que les juifs sont vraiment Israël ? Imaginez le drame de la conscience chrétienne contemporaine. C’est Vatican 2 qui en est le verrou. Il faut prendre cela en bonne part, que nous aurons bientôt un devoir de charité chrétienne envers les chrétiens : les aider à s’en sortir ! On ne peut pas laisser l’humanité avec un problème pareil. Il y a là un volcan souterrain et il ne faut pas croire que c’est anodin.

 

Le texte de la Gémara, pour identifier la première civilisation qui est appelée Malkhout qui va prétendre au moment du jugement réclamer sa récompense d’avoir réussi l’histoire au nom de la volonté de Dieu (ce qui est écrit dans le Sefer Torah, et vous savez que c’est la prétention de la chrétienté d’être l’agent messianique de réussite de l’histoire selon la révélation biblique), va désigner Esaü.   

 

A ce moment-là, lorsque les nations ont compris que seuls ceux qui peuvent se réclamer d’une carte d’identité généalogique de nation souveraine dans son identité propre de manière d’être homme avec son roi, qui commence à prétendre être le héros messianique de l’histoire ? Rome !

 

Dieu leur dit : vous prétendez que vous vous êtes occupés de l’histoire du monde d’après la Torah ? A quoi étiez vous occupé ? Alors Rome dit devant Dieu « nous avons installé beaucoup de marchés » (l’organisation de l’économie mondiale)

 

Il faut effectivement reconnaître cela, bien que les juifs aient une certaine compétence, cela reste malgré tout le génie occidental qui a donné l’économie au niveau technique et scientifique où il se trouve dans cette civilisation.

 

« Nous avons installés beaucoup de saunas - bains chauds, nous avons multiplié bcp de réserves monétaires. Tout cela nous ne l’avons fait que pour Israël pour qu’il puisse étudier la Torah. »  

 

Regardez l’humour du Talmud jusqu’au bout.

 

Alors Dieu leur dit : « Shotim shel laolam, tout ce que vous avez fait c’est pour votre propre intérêt que vous l’avez fait. »

 

Voilà le bilan du jugement. Alors les nations qui ont fait la civilisation vont dire avoir accompli le projet de Dieu tel qu’il est écrit dans la Torah pour l’histoire des hommes: construire la civilisation pour qu’Israël puisse étudier la Torah.

C’est une formulation très précise. Lorsque le temps de la contestation apparaitra et que Dieu se dévoilant demandera des comptes aux nations unies et à Israël, les premiers ne pourront pas dire avoir étudié la Torah, alors ils diront avoir fait la civilisation pour que le monde soit civilisé et qu’Israël puisse étudier la Torah. Dieu leur répond qu’ils l’ont fait pour eux-mêmes…

 Ils sont alors disqualifiés.  Malkhout Romi sort de la scène. Et alors c’est la civilisation de Perse qui vient à sa place pour réclamer l’héritage messianique.

 

Alors Dieu leur dit : « De quoi vous êtes-vous occupés ? ». Ils disent devant Lui : Ribbono Shel Olam, nous avons installés beaucoup de ponts, avons conquis beaucoup de province, faits beaucoup de guerre. Et tout cela nous l’avons faits pour Israël pour qu’il s’occupe de Torah ». Dieu leur répond :

 

Je vous invite vraiment à étudier ces textes dans le détail. Et au fond la manière dont les rabbins du Talmud mettent en forme cette espèce de dialogue de la fin des temps de l’histoire, contemporain de l’exil d’Israël où il faudra faire le bilan des civilisations par rapport au plan de Dieu pour l’histoire de Son monde.

 

Nous avons du dedans de ce cosmopolitisme des nations mélangées, et nous avons vécu, nous juifs, ce cosmopolitisme, en sachant que par rapport à notre identité humaine c’était anormal. On ne peut pas ne pas découvrir aujourd’hui que l’humanité tend vers cette identité mélangée qui est de partout parce que de nulle part. La patrie des cosmopolites c’est les aéroports. Effectivement, il y a une espèce de supranationalité des voyageurs.

 

Je reviens donc à ce point de l’analyse. Alors, il y aura un bilan de la situation : Il apparaîtra que la civilisation n’avait pas d’idéal mais qu’elle avait un intérêt.

 

Quelque soit la civilisation concernée, celle de l’Occident qui s’appelle Edom ou la civilisation de l’Orient qui s’appelle Paras dans ce texte, le prétexte de l’idéal apportée à l’universel humain était un alibi des intérêts. Voilà ce que Dieu répond à ce plaidoyer.

 

Petite parenthèse selon l’histoire biblique, en essayant d’indiquer très rapidement la différence qu’il y a entre l’idéal de l’universel et la réalité de l’impérialisme.

 

Je me réfère très brièvement au récit de l’histoire de l’antiquité avant l’éclatement de l’unité humaine en nations, les Goyim ; que la Torah nous raconte au moment de l’épisode de la tour de Babel. Jusqu’à ce moment-là, la Torah nous dit de façon précise :

1er verset du chapitre 11 de Bereshit : l’humanité était une, et cette unité s’est perdue, elle a été brisée. Et tout être humain normal a gardé dans sa mémoire la nostalgie de cette unité perdue. Et tous les élans de civilisation ont cherché essentiellement et avant tout à reconstituer cet universel humain. C’est là que commence l’histoire des guerres terribles. Et c’est le commencement de l’histoire de la dispersion des nations. Les juifs s’étaient habitués à ce cliché que leur manière naturelle d’être était celle de la diaspora ou de l’exil. Ce n’est pas le récit biblique. D’après le récit biblique c’est la manière  des nations d’être en diaspora de l’unité humaine. Et la diaspora d’Israël n’a jamais été qu’une diaspora seconde, greffée sur la diaspora humaine en vue de la réunification messianique de l’humanité entière à travers ces juifs.

 

C’est ce que nous vivons dans la municipalité israélienne qui rassemble toutes les manières d’être homme à travers la juive.

 

Lorsqu’une nation, pour une raison historique que les historiens établissent, est en tête de prou de l’évolution de civilisation, elle prend en charge ce rêve de l’universel.

 

Nous avons assisté à différentes tentatives.

La révolution française nous en est l’exemple le plus familier : lorsque l’être français, la manière française d’être homme, a été la figure de prou de la civilisation européenne, le rêve de l’universel était français. Ce rêve était sincère et authentique. En lisant les idéologues fondateurs de ce qu’a été la révolution française, on ne peut pas nier ni manquer de percevoir leur sincérité profonde. Leur rêve de l’universel est bien un rêve réel, authentique et sincère. Et voilà que quelques années après ce rêve bascule dans l’horreur de l’impérialisme français. Quelques années après la révolution française c’est l’empire français. Ce modèle de l’universel à la française devient son contraire à travers l’impérialisme français qui n’a d’ailleurs pas cessé mais qui a changé de forme. Ce n’est plus l’empire colonial. Beaucoup de consciences à l’échelle individuelle essayent de rechercher le véritable universel et qui essayent de se déprendre de l’impérialisme mais c’est toujours un impérialisme à la française sous une autre forme.

 

Comme il y a un impérialisme à la manière d’être homme des civilisations qui ont été une fois les figures de prou des civilisations européennes par exemple.

 

Si l’on se demande d’où cela vient-il que le rêve de l’universel vécu par les ’Hassidout Oumot haolam les vrais justes des Nations échouent  systématiquement ?

La réponse nous est donnée par la bible : c’est que le rêve est authentique mais  le véhicule social et existentiel de réalisation n‘est que partiel et donc par là inadapté. Voulant réaliser et présenter l’universel, la France a imposé l’être français.

 

Dans d’autres continents, l’enseignement imposait à l’école « nos ancêtres les gaulois... ». Ce temps une fois passé cela semble être un folklore risible mais je peux vous garantir qu’en ces temps-là c’était sérieux. Le français républicain universaliste aurait été choqué qu’on mette en doute que l’identité humaine universelle soit autre chose que le français typique.

 

Voilà donc le drame des nations : le rêve de l’universel est authentique mais le véhicule d’application est inadapté parce qu’il est partiel. 

C’est l’éclatement de l’unité humaine dans la partialité géniale, mais partielle et donc partiale, partiale et donc partielle, des Goyim.

 

Une seule nation a donné la preuve dans l’histoire du monde qu’elle portait en elle le véhicule du rêve de l’universel : c’est Israël.

 

En quel sens ?

Je crois que très paradoxalement c’est dans l’exil que nous allons trouver la preuve de ceci. Les juifs dans leurs exils ont fait la preuve qu’un membre du peuple d’Israël peut-être n’importe quelle manière d’être homme. Alors que chaque manière d’être homme n’est qu’elle-même, les juifs peuvent être n’importe qui. Les juifs sont alors français en France, ils sont allemands en Allemagne, britanniques en Angleterre...etc.

 

Essayons de découvrir cela à l’échelle universel, nous avons été tous les Goyim à la fois.

Ce n’est pas un Drash sur le Midrash, mais je crois que cette expression « KéKhol HaGoyim » peut avoir ce sens-là. Lorsque la nation d’Israël voudrait être « KéKhol HaGoyim » dans le sens  biblique cela veut dire « KéKhol HaGoyim - Comme tous les Goyim ensemble ». Et je crois que nous en avons fait la preuve existentielle. Qu’il y a un mystère peut-être dans l’identité  d’Israël : c’est que c’est une manière d’être homme qui porte en elle la possibilité d’être le véhicule de n’importe quel génie humain. Et les Goyim savent cela et ils sont en présence d’un mystère.

Quand un juif est français il est français et les Français le savent. 

Quand un juif est allemand il est allemand et les Allemands le savent. 

Mais un français, un allemand ne sont pas un juif.

Mais un juif peut être l’un ou l’autre.

 

C’est un peu une manière de comprendre ce que veut dire notre tradition en disant que dans l’histoire des civilisations des Goyim le rêve de l’universel était authentique mais il a systématiquement basculé dans son contraire, l’impérialisme, parce que le véhicule existentiel est inadapté. Et qu’il y a une société, une manière d’être homme, qui a fait la preuve, je ne dirais pas qu’elle en est capable ce serait du triomphalisme, mais qu’elle est concerné par cela, c’est le peuple juif. Le peuple juif a fait la preuve qu’il peut être universel. Son danger c’est d’être cosmopolite.

 

Je reviens donc au sujet.

 

Il est important de voir que de ce mélange unanime des nations surgissent toutes ces identités qui peuvent se prétendre être rivaux d’Israël, c’est EDOM d’un côté et PARAS de l’autre.

 

Texte du Maharal

 

Je vais immédiatement passer par une citation tirée de Ner Mitsvah du Maharal, mais d’abord éclairer cela :

 

L’histoire qui nous est racontée de la famille d’Abraham montre bien que l’identité d’Israël a deux rivaux potentiels. C’est Ishmaël par rapport à Isaac et Esaü par rapport à Jacob. Or, cette histoire racontée au temps de la famille des patriarches nous l’avons vécu dans l’histoire universelle. Israël a eu deux rivaux de l’identité messianique. D’un côté la chrétienté qui a hérité du génie humain d’Esaü-Edom, de l’autre côté l’Islam qui a hérité du génie humain d’Ishmaël. Au niveau des versets bibliques c’est Ishmaël et Edom. La Gémara parle ici de Paras et de Edom. L’´quaiton que va mettre en évidence le Maharal c’est que Paras égal Ishmaël.

 

En son temps, ce n’était pas du tout visible dans la réalité historique, le Maharal grâce à cette Gémarah l’établit dans 2 textes de son œuvre. 

Le premier dans Ner Mitsvah p.18 et je vous en lis quelques lignes. On a parlé des 4 empires qui sont Babel-Paras-Yavan-Edom. Alors le Maharal dit ceci :

 

« Il y a des hommes qui s’interrogent : où est l’allusion au royaume d’Ishmaël qui est un empire nombreux et fort ? La réponse à cette question que nos sources ne font pas mentions de l’empire d’Ishmaël en parlant des 4 empires des civilisations, car le texte ne mentionne que les empires qui ont ravi à Israël la souveraineté. »

 

Effectivement, la Babylonie prend sa souveraineté d’Israël et des hébreux du temps des Casdéens.

Paras prend sa souveraineté d’Israël. Rappelez-vous que la reine Esther a fait passer les engendrements d’Israël chez les Perses. Cela a été le prix à payer pour la non-Shoah au temps d’Esther. (C’est un sujet pour lui-même).

 

En fait, la rivalité de ces 4 empires vient du fait que c’est la souveraineté d’Israël qu’elles prétendent ravir. Le Maharal poursuit :   

 

                      « Mais la souveraineté d’Ishmaël n’est pas prise de celle d’Israël ».

 

Ishmaël est un fils d’Abraham qui a sa propre histoire et sa propre destinée. Il est en rivalité sur l’héritage d’Abraham avec Isaac devenu Israël mais il a sa propre souveraineté.

 

Il a donc 4 empires Babel-Paras-Yavan-Edom et il y a d’autre part Ishmaël. Mais ajoute le Maharal :

 

                      « Et il apparait plus clair que Ishmaël c’est l’empire de la Perse »

 

Voilà la citation de transition que je voulais vous donner. On arrive donc à l’avant-dernière citation du Talmud que l’on va prendre à la Massekhet Yoma 10a, texte auquel se référait M. Levinas, qui nous dit qu’à la fin des temps deux de ces quatre empires resteront en présence : la Perse et Rome.

 

Rabbi Yo’hanan a dit au nom de... Rome est destinée à tomber entre les mains de la Perse.

 

Il y a tout un raisonnement qui se base sur le fait suivant : le premier temple a été construit par les hébreux après la sortie d’Egypte. Il a été détruit par les babyloniens. Or, les babyloniens ont été conquis par les perses, qui ont donnés aux hébreux l’autorisation de construire le 2ème temple. Mais ce 2ème temple rendu permis par les Perses, plus forts que les Babyloniens, a été détruits par les romains. Le raisonnement du 1er enseignement c’est que les Romains seront détruit par les Perses puisqu’ils ont été eux ceux qui ont détruits le temple permis par les Perses.

 

Ce n’est pas cet enseignement qui va être retenu, l’enseignement est inverse avec le raisonnement suivant: les Babyloniens ont détruit le temple construit par les hébreux, les Perses ont conquis les Babyloniens et ont permis la construction du 2nd temple. Mais les Romains l’ont détruit, donc les Romains sont plus forts que les Perses. Et c’est finalement cette dernière thèse qui est retenue par le Talmud. Confrontés aux événements que nous vivons, la réponse est claire : lorsqu’il y aura affrontement entre Paras c’est-à-dire Ishmaël et Rome, il y a la problématique de savoir qui sera victorieux, Paras-Ishmaël ou Rome ? Les deux hypothèses sont envisagées et la Gémara décrëte que Rome triomphera de Paras c’est-à-dire Ishmaël.

 

***

 

Voilà où je voulais arriver pour indiquer pourquoi à sa manière le Rabbi de Loubavitch a eu une message tellement rassurant. J’enchaine presque sur la conclusion. En ce sens que à l’échelle globale, à l’échelle de la prévision-prédiction des prophètes, qui n’est pas une prédiction divinatoire. On apprend que lorsque cet affrontement aura lieu et on n’en parle pas tant qu’il ne s’est pas dévoilé dans la réalité historique. Or, dans la réalité historique cela s’est dévoilé pour la première fois de l’histoire de ces 2000 ans : les deux coalitions en présence, à l’échelle universelle.   Et elles se cristallisent effectivement avec d’un côté le drapeau et le glaive de l’islam et de l’autre côté le drapeau et le glaive de l’occident, c’est-à-dire Rome.

Avec cette chose extraordinaire : tous ces textes nous ont décrits tout cela et pendant ce temps Israël est de côté. Et Dieu juge est c’est triangulaire, il y a Israël et d’autre part Ishmaël et la chrétienté.

Voilà la simplicité de ce que nous a transmis la tradition dans ces textes évoqués.  

 

La suite évoque ce qu’il y aura après :

 

« Rav enseigne: le fils de David ne viendra que lorsque l’empire de Rome s’établira pendant 9 mois sur le monde entier. »

 

Que signifient 9 mois ? La Gémara explique en citant un verset : c’est le temps de la gestation d’un enfant.

 

                      « Cela se passera le temps qu’il faut pour faire un enfant qui s’appelle Israël ».

 

Voilà  où nous en sommes, et à partir de là, on ne sait rien de l’avenir. Ceci s’est mis en place et voilà le programme qui nous a été révélé et dévoilé et qui est extrêmement rassurant a niveau global. A l’échelle individuelle personne ne sait ce que peut être le sort de chacun. Cela dépend du mérite et le mérite n’est pas entre nos mains. Le destin d’Israël nous est dit de façon très rassurante. Et puis il nous est raconté et conté. A l’échelle individuelle, personne ne sait, parce que personne n’a entre les mains les clefs du mystère du mérite de l’individu.

 

Et donc voilà : affrontement entre ces deux empires, triomphe de l’Occident, et triomphe total pendant 9 mois temps d’une gestation. Maharal : le temps qu’Israël se constitue, comme un membre se constitue pour l’être.

 

.../…

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans MESSIANISME
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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 14:46

Les Conflits des Fins des Temps (1991) - Talmud et Midrash

 

Catégorie : Messianisme

Les conflits de la fin des temps à la lumière du Talmud – 1ère partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/messianisme/les_conflicts_de_la_fin_des_temps_a_la_lumiere_talmud_et_du_midrash/cours_1

Face A - Durée : 46,3 minutes

 

Présentation par Richard Darmon :

 

Un texte de E.Lévinas datant de l’automne 1980 au colloque des intellectuels juifs.

Dans le contexte de la crise entre l’Iran du khoménisme et des Ayatolas avec les Etats-Unis á l’occasion de la prise en otage du personnel d’ambassade américaine à Téhéran.

 

Titre du texte de Lévinas : « Qui joue le dernier ? » qui commente en 20 pages un extrait de la Guémara Yoma 10a :

 

« Dans le cours extrait du traité Yoma 10a que je me propose de commenter il est question de la Perse et de Rome. Il est question de la guerre éventuelle qui devrait terminer l’histoire et qui se jouerait, si les guerres se jouent, entre ces deux empires. Quelque soit les réflexions de l’actualité peut provoquer dans vos esprit en contrepoint de mon exposé, je vous pris de croire que ce n’est pas à cette actualité que je pensais. Mon texte a été choisi il y a quelques mois bien avant le conflit actuel qui emplit les journaux et les bulletins d’information à la radio, j’ai pensé que tout cela n’était pas une raison suffisante pour changer de sujet, ni pour refaire dans un autre esprit un exposé déjà esquissé. »

 

Levinas, 20 pages après, conclut cette étude en disant ceci :

« Rome c’est le grand ordre antisémite qui a régné dans la Méditerranée et qui s’est fait Occident. Occident politique sur lequel aucune illusion n’est certes permise. Mais la venue du fils de David demande peut-être qu’au préalable l’union se fasse, l’union occidentale, on pas d’emblée selon la loi d’amour inspiré de l’autre homme, mais déjà à titre préparatoire selon la loi où le mal se sera donner les allures du bien. Monde organisé déjà tout autour de la loi, laquelle aura politiquement prise sur lui. »

 

Et cette phrase pour conclure :

« Nécessité d’un occident planétaire pour la venue du messie ».    

 

Je crois que les événements que nous vivons sont encore d’une plus grande gravité encore que ceux d’il y a 10 ans. Ne serait-ce que parce qu’entretemps il y a eu la guerre Iran-Irak. La politique mercantile de l’Europe et notamment de la France qui a vendu les armes que vous savez à l’Irak. Mais aussi et surtout parce que Israël peut être touché directement. Et parce qu’aussi il s’agit d’un affrontement entre l’Occident et une partie du monde arabe avec justement de part et d’autre des capacités de destruction formidable voire apocalyptique.

Chacun par ailleurs a pu prendre note  de l’action rassurante du Rabbi de Loubavitch qui expliquait qu’en cette fameuse année 5750 les habitants d’Israël n’avait aucun risque et n’avait pas à s’inquiéter d’une situation qui justement hâterait selon lui la venue du Mashia’h. il y a eu d’autres réactions notamment en sens contraire, celle du ministre de l’intérieur qui voit les choses de manière plus sombre, mais je crois que Manitou va ce soir nous parler au-delà des réactions qlq peu médiatiques des textes mêmes qui évoquent soient allusivement soit de manière très évidente la situation que nous vivons aujourd’hui.  

 

Manitou :

 

Nous avons un sujet à a fois facile à présenter et difficile à expliquer puisqu’il s’agit de confronter des textes très anciens – en particulier des textes talmudiques – bien que de façon directe les principales sources sont dans le Zohar. Mais malgré tout nous sommes de façon générale beaucoup plus familier à l’étude talmudique, c’est pourquoi je me baserais surtout sur l’exégèse talmudique.

Et d’autre part la réalité.

 

Bien entendu, il ne nous appartient pas de formuler un diagnostic politique, un diagnostic autorisé que seuls les experts, et ils sont parfois en perplexité, pourraient définir. Surtout par le fait que nous vivons des événements qui s’accélèrent et personne ne peut savoir comment la réalité dans l’existence qui nous entoure et à laquelle nous participons - et au centre du cyclone à Jérusalem nous sommes bien plus calme que ce qui se passe à la périphérie – se déroulera et nous n’avons pas le droit de parler dans une sorte de pastiche prophétique comme aiment à le faire parfois les journalistes lorsqu’ils citent parfois les autorités rabbiniques d’autre part les plus contestables. Avant d’exposer le plan de l’analyse, je voudrais vous dire quelles ont été les raisons immédiates qui m’ont poussé à choisir ce sujet ce soir. L’atmosphère générale depuis quelques années depuis peut-être l’existence d’Israël entrouvre ce problème en partie historique de la signification de ce qui se passe pour nous le peuple juif : après 2000 ans d’un exil, d’une dispersion dont nous sommes les rescapés de rescapés et cette épaisseur de durée, ce temps de 2000 ans est tellement massif que parfois on néglige le fait qu’un tel événement comme celui de la restauration de la nation hébraïque en Erets Israël ait pu avoir lieu.

Nous avons le privilège d’en être les contemporains, les témoins et parfois les acteurs, après 2000 ans d’une dispersion où parfois les juifs ont tendance à oublier ce que cela représente ne peut pas être un phénomène fortuit.

 

Ce qu’a lancé ces textes qui ont été étudié pendant 2000 ans et leurs sources sont beaucoup plus anciennes puisque versets de la prophétie hébraïque, soit d’une certaine manière vécu, ne doit pas nous mener. C’est un risque duquel nous devons nous méfier. Tomber dans une sorte de superstition  d’interprétation des signes et choses beaucoup plus graves de déviations spirituelles religieuses de s’instaurer comme une sorte d’oracle qui désignerait la signification ultime d’événement qui en fin de compte existentiellement sont changeants.

 

Je dirais à ce propos le principe de l’exégèse traditionnelle rabbinique, en particulier talmudique, concernant les prophéties de la fin des temps. Et pour cela, pour ne pas risquer de l’oublier, je voudrais avant tout, avant même d’indiquer les raisons immédiates du choix de ce sujet maintenant que nous sommes en pleines attente de ce qui va se passer de jour en jour, que l’expression « la fin des temps », en hébreu « a’harit hayamin » une expression des prophètes qui ne signifie pas « la fin du monde ».  L’expression de  « a’harit hayamin » signifie toujours chez les prophètes qui l’emploient et chez les rabbins qui l’expliquent, la fin des temps d’exils.

 

Dans la mesure où nous nous définissons en tant qu’israéliens dans la mouvance, et la perspective du mouvement sioniste qui a abouti à la restauration de la nation hébraïque, en d’autres termes plus simple mais plus sujet à controverse, à l’existence de l’état d’Israël en Erets Israël, il est bien évident que pour nous c’est un point de départ d’évidence plus qu’une donnée immédiate de la conscience, plus qu’un postulat, que nous vivons la fin des temps de l’exil de ce troisième grand exil qui a commencé il y a 2000 ans lorsque Rome a détruit la Judée, le 2ème royaume de Juda, et bien que déjà encore dans le peuple juif, surtout en diaspora mais aussi surtout chaque fois dans certains ghettos d’Israël, il y a une mise en question de cette évidence que nous vivons la fin des temps d’exil de la fin, et bien malgré cette perplexité à l’intérieur du peuple juif, malgré la négation de cela à l’extérieur du peuple juif, en particulier dans ces deux mondes dont nous allons beaucoup parler ce soir : d’un côté l’islam et de l’autre côté la chrétienté qui se rattache de milles manières aux sources de la prophéties hébraïques à leur manière. Et cette inquiétude qui au fond souvent lorsque nous pensons à une sorte d’alliance contre nature objective entre les juifs perplexes et les nations qi nient l’évenement alors que nous le vivons, et bien malgré tout je crois qu’il était nécessaire de dire en clair que nous savons pour notre part que nous vivons ce temps « A’harit hayamin »  

 

Or, nous avons d’autre part pendant 2000 ans étudié ces textes, en particulier du Talmud, qui parlent des événements « A’harit hayamin » ; et il est donc nécessaire d’arriver à penser ensemble ces deux mondes et ces deux discours : le discours prophétique interprété par la tradition (le Talmud centralement) et d’autre part le discours qui rend compte de la réalité.   

Ce discours qui rend compte de la réalité, finalement nous sommes obligés de le lire à travers ce que disent les médias d’une façon générale.

 

Or, je citerais que deux parmi ces événements médiatiques, Richard Darmon qui a introduit cette scéance y a fait allusion :

D’une part la déclaration du rabbi de Loubavitch pour lequel je crois Isra¨le doit avoir énormément de reconnaissance et d’estime parce qu’il représente une des autorités orthodoxes ‘harédim qui se relie positivement à l’existence de Médinat Israël et qui n’hésite pas à parler de Médinat Israël lorsqu’il parle d’Israël, et ne se borne pas comme d’autre le fond avec les arrières pensées qui leur sont propre, de parler d’Erets Israël comme si Médinat Israël n’existait pas.

 

En particulier nous savons quels ont été les décisions d’intervention dans la vie politique israélienne cette année. Mais récemment, le vendredi 17 août, a été reproduite une de ces déclaration rassurante pour Israël tout en étant conscient de façon extrêmement lucide que nous vivons une époque (et en cela nous partageons la situation de l’humanité toute entière) où il risque effectivement de se déclencher peut-être à Dieu ne plaise que non, une 3ème guerre mondiale qui risque d’être apocalyptique. Nous avons bien cela non pas dans l’inconscient mais dans la conscience très lucide que c’est  sur l’écran de ce danger que nous devrons réfléchir. C’est ce que nous allons tenter de faire : un langage de trait d’union entre les discours des textes et le discours de la réalité.

 

L’utilisation de ce type de déclaration risque d’être dévoyée et employée à des fins de religiosité superstitieuses, c’est ce qui me frappe ces temps-ci où il semble qu’il y ait un grand danger de conduites superstitieuses qui guettent la piété juive contemporaine dans beaucoup de secteurs.

Et donc je demanderais très clairement qu’on distingue radicalement ce que le rabbi de Loubavitch dit en citant des textes qui existent, qu’il connait et qu’il maîtrise et d’autre part l’utilisation de la piété populaire.

 

Et il y a eu une 2ème citation qui est celle du ministre de l’intérieur qui elle semblait un peu plus pessimiste dans Maariv le mercredi 22 août et qui parle d’un danger effectif de guerre et nous savons que s’il y a un tel danger cela risque d’atteindre Israël : le titre cite un verset de Jérémie au chapitre 51. C’est par là que je commencerais.

 

Citation par Arié Déri du Yalkout Shimoni qui avait été rendue public déjà au début de la guerre entre l’Irak et l’Iran, il y a une dizaine d’années et qui avait fait sensation. On ne peut pas citer n’importe quoi à propos de n’importe quoi.

 

Ce 1er texte du Yalkout Shimoni parle d’un conflit entre le roi de Perse et un roi arabe – Melekh Paras oumelekh Aaravi. Dans la réalité il est bien évident que ces dernières années nous avons été témoins d’un conflit qui a inquiété le monde entier entre l’Iran et l’Irak. (Lorsque les textes traditionnels disent Melekh cela signifie littéralement un roi mais cela signifie un souverain).  

 

Entretemps, j’ai eu beaucoup de questions et de demandes de renseignements au sujet de savoir s’il fallait prendre au sérieux ces références et la manière dont les rabbins les citent, pour savoir si nous sommes dans ce temps qui concerne les prophéties de la bible.

 

Je rappelle que nous sommes évidemment dans le temps de la fin de l’exil. L’existence de la restauration de la nation hébraïque dans l’état d’Israël n’est pas un incident de l’histoire, parce que deux milles ans c’est massif.

 

En tout cas, dans l’économie de la cohérence de la mentalité de croyants, il est bien évident qu’on ne peut pas jouer avec ces concepts. On ne peut pas jouer à la fois sur des postulats de croyants que ce que dit la bible est vrai et que l’histoire du monde est dirigée par une providence qui est celle du créateur lui-même qui a exprimé sa propre conception de notre histoire à travers la parole des prophètes hébreux d’une part, et d’autre part ne pas tenir compte de la réalité  dans ce même monde où l’on existe et duquel on parle lorsque l’on parle de Dieu créateur de notre monde.

 

Je ne sais pas quelles sont les causes profondes de cette espèce de schizophrénie spirituelle qui peut exister dans certains milieux – je sais que cela peut s’étudier et s’expliquer. Je le dirais très globalement, très schématiquement. Il est indéniable que 2000 ans de cette histoire anormale de notre exil ont abouti à détraquer les nerfs du peuple juif et que toutes les aberrations intellectuelles et spirituelles – auxquelles malheureusement l’habitude nous rend familier – risquent d’apparaitre.

 

Je veux simplement indiquer, je ne veux même pas dire dénoncer, qu’on en prenne acte et conscience comme contradiction de fond dans certains milieux qui citent ces textes qui y croient et qui en vivent concernant la réalité.

 

En particulier, un coup de téléphone d’un journal français, le Figaro, par le biais de son correspondant à Jérusalem, qui m’a demandé de donner quelques enseignement sur ces sources de tel sorte de pouvoir éclairer le lecteur français parce que ces citations de talmud de midrash commencent à imprégner la mentalité du public universel à travers le phénomène des mass-média.

 

Voilà un faisceau des raisons immédiates de notre soirée.

 

***

 

D’après ce que j’ai pu comprendre de ces textes que nous étudions depuis le Talmud Torah depuis 2000 ans, et nous allons voir un très grand guide, le Maharal de Prague, ce soir dans la lecture de cette exégèse et la citation de Mr. Levinas par Richard Darmon montre que ces textes sont vraiment étudiés dans l’universel juif.

 

Ces textes sont rassurants.

A quel niveau ?

Je vais formuler une règle claire : les prophètes n’ont jamais été des devins.

Ils n’ont jamais prédit l’avenir, ils ont expliqué l’histoire et ses règles, et toujours sous forme d’alternative, parce que la réalité dépend à postériori de la conduite humaine. Elle dépend à priori du plan de Dieu pour l’histoire, et les prophètes le connaissent. C’est leur définition d’être : ils sont ceux à qui Dieu a révélé ses secrets.

 

Il nous suffira de dire qu’au bout de 4000 ans il y a un tel consensus universel de cette parole de la Bible qui a été formulée par les prophètes d’Israël a eu un tel impact dans l’humanité entière que nous avons un problème avec le monde extérieur. D’un côté l’énormité de la civilisation chrétienne énorme au point de vue quantitatif et de son poids qualitatif, culturel religieux et historique et de l’autre côté l’islam, chacun à sa manière. Ne serait-ce que ce consensus extérieur montre que ce n’est pas un principe abstrait que de dire lorsque nous, juifs, reparlons hébreu, réétudions la bible en hébreu nous nous référons à la parole des prophètes hébreux ces hommes à qui Dieu a révélé ce que Lui sait de l’histoire de ce monde, cela est pour nous un principe de base de toute analyse cohérente de ce qu’on pourrait appeler la pensée juive, et de ce que la pensée juive nous dirait surtout de notre temps d’elle-même.

Jamais les prophètes n’ont parlé comme des devins. Ils ont expliqué les grandes alternatives et les grandes avenues d’éventualités de développement historique, compte tenu d’un plan du Créateur pour son histoire. Et les grands sages d’Israël à travers les siècles nous pont fait la grâce de nous communiquer à un niveau intellectuel, l’intelligibilité des paroles des prophètes.

 

Nous nous situons nous dans le temps d’après la prophétie, et par conséquent ce serait d’une outrecuidance de prétendre que l’on pourrait lire directement les versets de la prophétie hébraïques dans leur formulation originelle, en entendant l’hébreu des prophètes à la manière dont les prophètes le comprenait.        

 

Nous sommes obligés de passer par la médiation de la traduction de la tradition. Et dans ce cas de la tradition talmudique.  

 

Il faudra inévitablement parler dans ces textes que nous avons à étudier de la venue du messie. Ce n’est pas le problème que je me propose d’aborder ce soir. Mais simplement une citation à ce sujet pour illustrer mon propos :

                                                                      

Il y a dans la Guémara de Sanhédrin l’enseignement suivant : de toutes les façons les prophètes ont annoncé la fin de l’exil pour l’histoire d’Israël et la fin des tribulations de ce monde-ci pour l’histoire de l’humanité.

 

Ce n’est pas par hasard que le message de Dieu à Israël commence par le panorama de l’histoire universel à partir du premier homme. L’humanité toute entière vit un temps anormal de l’histoire du monde qui doit s’achever au temps messianique. Ce temps anormal est le temps d’une histoire invivable (je schématise) parce que la coexistence des personnes se heurte à toutes les difficultés que vous savez. Que ce soit les relations personnelles, que ce soit les relations des groupes humains des familles entre elles, que ce soit les relations des nations entre elles, depuis que l’homme est homme, l’histoire est celle des guerres. Et les prophètes hébreux nous ont confirmé leur sentiment humain profond qu’il s’agit là d’un monde anormal. Ce ne peut pas être un hasard que le slogan fondamental de la parole hébraïque soit le mot de Shalom.

 

עֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו, הוּא יַעֲשֶׂה שָׁלוֹם עָלֵינוּ

Ossé Shalom BimRomav, Hou iaasse shalom aleinu

Celui qui fait la paix dans ses hauteurs, Il fera la paix sur nous

 

Le Shalom n’est naturel qu’en-haut. Sur terre c’est non naturel. Et il faut bien se rendre compte que c’est là le diagnostic et le message précis parfois impitoyable du récit biblique.

 

Le récit biblique nous explique l’histoire d’un monde où l’exigence fondamentale pour qu’il soit vivable soit que ce soit un monde de paix et il nous raconte, en nous confirmant qu’il en est bien ainsi dans la réalité qu’il s’agit de l’histoire des guerres.

 

Nous attendons le temps messianique. Or, le temps messianique est contemporain du temps de la fin de l’exil. C’est encore un autre sujet, mais je crois que le lien de ces deux notions nous est suffisamment familier.

 

Dans tous les cas nous aborderons à la fin des temps de l’histoire du Olam hazéh de la Galout, le temps de la Geoulah et de Yemot haMashia’h.

 

Il y a deux voies pour y arriver. Que nous y arrivons c’est la décision du Créateur parce que c’est le programme de son projet de l’histoire pour le monde que nous vivons. Mais comment nous y arrivons cela dépend du mérite qui découle de la liberté, de l’autonomie, de la responsabilité des hommes faisant leur propre histoire.

 

Guémara de Sanhédrin 90 :

Soit il n’y pas de mérite suffisant et les règles et critères de l’évaluation mérite ne sont plus aux mains de personne, soit il y a mérite suffisant alors dés que c’est mérité ce sera obtenu. S’il y a mérite suffisant le temps sera anticipé. C’est le désir du Créateur que Son monde soit normal et donc le plus vite possible. Mais s’il n’y a pas mérite suffisant alors Béitav en son temps. Et en son temps à travers le fonctionnement des lois qui régissent le monde et non pas à travers des miracles dévoilés.  

Et donc semble-t’il au bout de ces 6000 ans de l’histoire (moins quelques dizaines d’années) selon le calendrier hébraïque nous sommes arrivés à un moment historique où confluent dans un faisceau de réalités historiques la fin de notre exil et le passage à l’échelle universelle et planétaire des problèmes des nations.

 

Et nous vivons ces semaines-là les dernières de l’année TaShaN (5750)  dont nous ne pourrons jamais finir de faire le bilan :

L’effondrement de l’empire marxiste soviétique, le déclenchement et le défoulement de l’antisémitisme européen, les deuxièmes retrouvailles avec le judaïsme d’Europe de l’Est et de l’Ethiopie et d’Amérique du Sud…etc.

Ce sont des événements massifs avec en plus depuis qlq jours ce risque de conflit  entre deux partie du monde, d’un côté surtout l’islam et de l’autre côté surtout la chrétienté. Avec certains alliés des puissances chrétiennes du côté de l’islam et certains alliés des puissances islamiques du côté de la chrétienté. Et voilà qu’effectivement existent des textes à ce sujet. En particulier d’ailleurs le texte de Yoma 11 qui a été cité en introduction au nom de Lévinas.

 

Je vous propose de lire qlq phrases de ces références en vous conseillant d’étudier ces textes chacun dans son milieu.

 

Le Yalkout Shimoni est un peu anachronique pour nous maintenant puisqu’il concernait effectivement la guerre entre l’Irak et l’Iran. 

 

Les textes parlent d’un affrontement entre Paras (la Perse l’Iran) et Edom, Nous verrons un texte important du Maharal pour qui l’islam c’est beaucoup plus la Perse que les Arabes.

Nous nous demanderons tout à l’heure comment le Maharal savait-il cela ? Parce que cela n’apparait et n’est évident que de notre temps que le fanatisme de l’islam c’est la Perse beaucoup plus que les Arabes, que ce soit l’Irak, la Lybie ou les autres. D’ailleurs, chacune de ces nations arabes pouvant être à son tour la figure de prou du fanatisme de l’islam.

Nous commencerons par étudier ce texte, et ensuite nous étudierons le texte central de la Massekhet Avodah Zara qui décrit de façon précise cet affrontement de la fin des temps d’exil du temps planétaire, des problèmes de l’humanité entre Ishmaël et Edom. Et Ishmaël est appelé Paras et Edom est appelé Edom.

Aujourd’hui il y a le problème éventuel d’une alliance entre l’Iran et l’Irak, c’est la première fois que vous entendez ce type de formulation mais je cite les textes.

Edom c’est Rome et selon la situation évoquée par ce texte de Levinas, c’est effectivement le génie romain qui a donné sa marque matricielle à ce qu’est la civilisation occidentale, quelque soit son visage.

 

Ensuite nous étudierons brièvement l’issu de ce conflit tel que cela a été indiqué par une page de la Massekhet Yoma 11a, celle qui a été citée. Et je terminerias par un texte de Netsa’h Israël qui est le livre où le Maharal traite de cette histoire de 4 empires – Arab malkhouyiot – que l’histoire d’Israël a traversé, et les postulats de cette étude est qu’à la vérité nous sommes à la fin de cette traversée des 4 grands empires.

 

Le 1er était Babel de l’antiquité.

Le 2ème a été Paras ouMadaï, les Perses et les Mèdes, mais c’est le même empire, le même génie de civilisation, bien qu’il s’agissait de deux manières d’être homme différentes, elles sont de même profil.

Le 3ème Yavan la Grèce.

Le 4ème Edom – Rome.  

 

Avant d’aller plus loin je voudrais éclairer ce point que je vais vous citer parce que c’est une des clefs de notre étude et de notre réflexion : Selon la vision de l’histoire propre à la Torah et à l’enseignement de notre tradition, il y a quatre grandes civilisations qui se succéderont depuis l’origine de l’histoire de l’humanité. Historiquement, Israël a traversé ces 4 grandes civilisations. Et je voudrais décrire nos sorties d’exil de ces 4 empires.

 

1/

Le 1er empire c’est celui de Babel. Babel c’était la grande civilisation ancienne de la Mésopotamie de Chaldée – Our-Qasdim  - d’où est sortie la famille d’Abraham. Et nous sommes sortis de cet exil de Babel pendant toute la période qui va depuis Abraham jusqu’à Moïse, la génération des pères, les Avot. Les 3 Avot - Abraham Yits’haq et Yaaqov – et puis, à travers la tribu de Lévi : Lévi, Amram Mosheh.

 

C’est une période de gestation d’une partie d’Israël au niveau de l‘indice d’identité « père ». Nous sommes quant à nous á partir de la sortie d’Egypte, les « fils d’Israël ».

 

La civilisation égyptienne du point de vue de cette typologie ou « historiosophie » est une annexe de la civilisation de la Babel de l’antiquité. Un peu comme la civilisation américaine d’aujourd’hui est une annexe de la civilisation européenne. Parce que finalement, l’Europe et l’Amérique c’est Rome. L’Amérique est une filiale de l’Europe. De la même manière pour Mitsraïm qui bien qu’étant autre chose que Babel est quand même une filiale de Babel.

 

Nous sommes sortis de ces temps-là sous la direction de Moïse.

 

2/

Et puis il y a eu un 2ème temps de civilisation que nous avons traversé. C’est la Perse qui s’est imposée à la civilisation babylonienne sur son propre territoire. Et là nous sommes dans la Mésopotamie – le Mashrek des géographes – et l’Irak, l’Iran, tout cela fait partie de Babel.

Lorsque c’est la dominante Perse alors c’est Paras. Lorsque c’est la dominante arabe alors c’est Arav. Mais comme nous allons le voir, lorsque l’Islam apparaît, tout cela c’est l’islam. Et c’est le Maharal qui avec un génie qui étonne les exégètes de son temps a eu l’idée que l’islam éclaterait surtout en Iran dans son affrontement contre l’Occident.

Mais nous verrons que la source est précisément dans cette Gemara de Avoda Zara.

 

De l’empire Perse nous sommes sortis sous la direction d’Ezra et Néhémie aux temps qui suivent immédiatement l’histoire de Mardochée et de la reine Esther. La Mégilat Ester est la fin du canon biblique, du temps de la prophétie hébraïque. Et de cet exil de la civilisation de Perse, nous sommes sortis avec la Shivat Tsion. Yetsiat Mitsraïm c’est au temps de Moïse, Shivat Tsion c’est au temps de Ezra et Néhémie, la fondation du 2ème royaume de Juda.

 

3/

Ensuite nous avons vécu une relation d’exil intérieure avec la civilisation grecque, lorsque l’empire grec a occupé la Judée, nous étions en exil intérieur dans la civilisation grec. Et nous sommes sortis de cet exil de la civilisation grecque - Yavan – avec les Makabi.

 

4/ Et puis a commencé le long temps de l’exil de 2000 avec la civilisation romaine. Et nous sommes les générations qui sortent de l’exil de Rome avec le sionisme.   

 

Voilà donc le schéma de ces 4 grands empires, de ces grandes civilisations que l’histoire d’Israël a traversé et qui a, selon les textes que nous allons lire, comme chute, comme finalité, comme objectif, l’avènement de la 5ème souveraineté qui est la souveraineté messianique. Malkhout HaMashia’h.

 

J’annonce déjà dans ma conclusion j’aborderais un problème qui me semble devenir urgent: il y a eu un éclatement de l’espérance juive au moment où elle se réalisait. Il y a en particulier en tout cas deux milieux contemporains. J’en parlerais surtout dans l’indice israélien, mais ces 2 niveaux existent aussi dans le peuple juif en général et nous avons la correspondance  en diaspora extérieure à Israël. C’est le milieu des ‘Harédim qui ne reconnaissent pas l’état d’Israël. Or, ce milieu ne peut pas ne pas être interpellé par le fait qu’il est obligé lui-même de se référer aux textes auxquels ils croient comme foi fondamentale mais qui désignent des réalités qui concernent l’état d’Israël.

Il y a là un paradoxe, une sorte de schizophrénie intellectuelle et spirituelle de dire que ces événements dont parlent les prophéties nous concernent mais que cela ne nous concerne pas et que nous n’existons pas en tant que Médinat Israël.

Nous avons le devoir de provoquer un dialogue avec eux pour les aider et à nous aider à les aider à faire la paix, si j’ose dire. J’en parlerais en conclusion. 

Puis il y a un 2ème milieu qui vient d’être très profondément interpellé par le fait qu’il y a une alliance qui s’est dévoilée entre les palestiniens, Arafat à leur tête d’une part, et d’autre part, l’Irak et Sadam Hussein à sa tête. Et quelque soit le maquillage qu’on fera de ce dévoilement il reste irréversible. Il s’agit des milieux sionistes, et parfois religieux sionistes d’ailleurs, qui ont joué la carte pro-palestinienne. Et il y a un trauma très profond, et je crois qu’il y a aussi ce devoir de déjouer cette impasse et ce blocage. C’est dans les moments de crise les plus paroxystiques que les réconciliations peuvent se faire.

Cela doit être un projet d’essayer de refaire l’unité de la communauté. A l’échelle nationale, il est inévitable que les leaders se lèvent pour tenter de refaire l’unité de cette communauté israélienne étant donné l’interpellation dans laquelle nous nous trouvons. Nous sommes en plein dans l’œil du cyclone sans savoir comment cela tournera. Mais pour notre modeste part au niveau de la communauté francophone surtout à Jérusalem…

…/…

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***

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans MESSIANISME
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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 11:00

Le 3ème Bayit - la 3ème maison (1988)

 

Le 3ème Bayit - la 3ème maison (1988) - 2ème partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/messianisme/la_troisieme_maison/cours_1

Face B - Durée : 47,06 minutes

 

…/…

 

… et puis cet effort de faire émerger en lui cette identité hébraïque qui était récessive qui était enfouie par son exil à Our-Kasdim, et lorsqu’il y arrive il se nomme Avraham. Et d’autre part, ce parallèle, quelqu’en soit le caractère aigü, entre les Juifs et les Israéliens: tout se passe comme si les Juifs étaient à l’indice Avram, et que les Israéliens tentent de trouver, ou retrouver, l’indice Avraham, passer d’araméen à hébreu. Au fond c’est ce qui nous arrive. Et c’est plein de problèmes !

Premier problème, que je signale, de la 3ème maison d’Israël : nous revenons d’exil avec une identité « Aram ». Elle s’appelle « juive » de notre temps. Et nous avons à retrouver notre identité hébraïque. Celle qui s’appelle Avraham.

 

Ce n’est pas par hasard, je, pense que ce qui a émergé avec l’émergence du sionisme israélien, c’est l’hébreu comme 1ère restauration d’identité, la langue hébraïque comme restitution de l’identité hébreux. Vous êtes de votre temps, dans votre génération, familiers avec cette présence de l’hébreu. Nous étions, nous, dans notre génération d’un temps de mise en clandestination totale de l’hébreu dans la culture universelle. Chez les Juifs y compris qui ne parlaient pas hébreu. Ils avaient des langues juives, « l’araméen », mais ils ne parlaient pas hébreu.

Et puis le monde de la culture universelle avait évacué l’hébreu et toute référence à l’hébreu de la culture contemporaine.

 

Voilà ce qui se passe dans la 3ème maison d’Israël. C’est Avram qui redevient Avraham. Et ce n’est que lorsqu’il redevient Avraham qu’il arrive à entendre les promesses que Dieu faisaient à Avraham alors qu’il n’était qu’Avram.

 

Deuxième référence :

Lorsque Joseph a été jeté dans la fosse-prison en Egypte et qu’on l’y découvre comme capable  d’interprêter les rêves, on lui demande qui il est – je ne fais aucune allusion à Freud mais enfin vous voyez qu’il y a un problème d’identité malgré tout – alors il répond :

Gn. 40:15:

כִּי-גֻנֹּב גֻּנַּבְתִּי, מֵאֶרֶץ הָעִבְרִים

« car volé j’ai été volé du pays des Hébreux ».

 

Or, combien d’hébreux y avait-il au pays de Canaan ? La famille de Jacob et de ses enfants ! Mais on connait cette terre comme la terre des Hébreux.

 

Effectivement, le Sar Hamashkim, le ministre de Pharaon à qui Joseph parle, comprend de quoi il s’agit ! On ne l’appelle pas encore « la terre d’Israël », ni « la terre des Juifs », on l’appelle « la terre des Hébreux ». C’est dire qu’elle est originellement la terre d’une nation, la nation des Hébreux, lesquels étaient en exil. Abraham est revenu de cet exil et a refondé et restauré ce qui sera la première maison d’Israël.

 

Autre référence comme exemple :

Lorsque Moïse est chargé d’avertir Pharaon que la fin de l’exil est arrivée, Dieu lui dit de dire :

Ex. 3:18 :

אֵלָיו יְהוָה אֱלֹהֵי הָעִבְרִיִּים נִקְרָה עָלֵינוּ

 « Elohei Adonai Elohei Ha-ivrim Niqerah Alénou

L'Éternel, le Dieu des Hébreux, s'est manifesté à nous ».

Rashi :

נִקְרָה עָלֵינוּ

לָשׁוֹן מִקְרֶה וְכֵן וַיִּקֶר אֱלֹהִים. וְאָנֹכִי אִקָּרֶה כֹה. אֱהֵא נִקְרָה מֵאִתּוֹ הַלּוֹם  :

S’est révélé-manifesté (niqra) à nous : Lashon miqra : Par une rencontre fortuite soudaine [et non par une présence permanente], comme dans : « Hachem rencontra (wayiqar) Bil’am » (Bamidbar 23, 4) ; « et moi, j’y serai rencontré (iqarè) par Lui là-bas » (Bamidbar 23, 15).

Eloqei Ha-Ivrim -  le Dieu des Hébreux s’est révélé à nous ». Et le terme pour dire « révélé » dans ce verset, Rashi le souligne, signifie : « a fait iruption sur nous ».

Un peu comme cela est arrivé de notre temps : subitement, Dieu se jette sur nous comme Dieu des Hébreux. Et il est appelé ainsi. On pourrait multiplier les références sur ce point. Mais je crois que cela suffit pour restaurer restaurer l’identité hébraïque originelle.

 

Dans la dernière partie de cet exposé, je voudrais dire très rapidement que tous les problèmes extérieurs de la société d’ISraël sont les problèmes extérieurs de la famille des patriarches, quand l’identité hébraïque apparait elle les déclenche.

Vous remarquez que dans les récits bibliques, chacun des patriarches est accompagné par au minimum 2 personnages. L’un qui est l’antagonsiste absolu qui veut détruire ce qui est en germe.

Au temps d’Abraham : l’antagoniste c’est Nimrod - le tyran des empires. Et l’autre qui est une espèce d’approximation d’identité qui s’installe en rivalité. Au temps d’Abraham c’est Loth. De Loth procède deux peuples de prétention messianiques - Moav et Amon  - qui se séparent d’Israël. A la fin des temps, il y a l’espérance  que ce qu’il y avait de sainteté dans cette approximation d’identité  revienne, mais l’adresse c’est Israël et plus Loth, Amon et Moav.

 

Pour les érudits de la Bible vous voyez comment cela traverse les récits de la Bible toute entière.

Nimrod veut détruire complétement Avraham qui émerge comme hébreu.

Lot veut le remplacer.

 

A la 2ème génération c’est Isaac.

Nous avons un certain Avimelekh roi de Phillistée. On appelle cela aujourd’hui la Palestine. C’est le même mot. Il dispute à Isaac sa terre. C’est l’antagoniste d’Isaac.

L’approximation d’identité qui veut le remplacer c’est Ishmaël.  

 

3ème génération :

Yaakov avec son antagoniste Lavan et son rival-approximation Esaü. Lavan un étranger qui ressemble comme un frère mais là un frère qui ressemble comme un étranger, c’est Esaü.

 

Toutes ces rivalités, toutes ces prétentions d’annulation, nous les avons autour de nous : chacun d’entre nous peut faire le diagnostic à sa manière : où est Nimrod ? où est Loth ? où est Abimelek ? où est Lavan ? et où est Esaü ?  C’est clair ! 

Lorsque nous sommes plongés dans ces textes c’est clair ! C’est de l’hébreu pour les autres…

 

Et un 7ème personnage apparait à des moments caractéristique de notre histoire.

Les exils qui correspondent aux trois patriarches. L’exil d’Egypte correspond à l’histoire d’Avraham dit le Midrash, la vertu qu’Avraham a réussi à faire émerger à l’échelle individuelle son peuple sa descendance à l’échelle collective devra en faire la preuve dans cette expérience de l’exil d’Egypte. Et il en sort avec la vertu d’Avraham. L’exil de Babel, c’est Isaac. Et l’exil de Rome dont nous sortons c’est Jacob maintenant. C’est quand il sort de l’exil de chez Esaü qu’il reçoit le nom d’Israël. Ce que nous vivons. Tout cela est très amples, avec de multiples implications, mais je vous le dis très rapidement. Or, à chaque fin d’exil apparait un 7ème personnage à ces moments caractéristiques de notre histoire, qui récapitule et synthétise à chaque fin d’exil ces deux prétentions des ennemis-antagonistes d’Israël: Celles de Nimrod Abimelkh et Lavan qui est d’annuler au niveau de la terre du peuple et de l’âme. Et celle de Loth-Ishmaël-Essav qui est de remplacer. C’est Amalekh qui veut à la fois annuler et remplacer. Il est inutile de diagnostiquer c’est clair.

 

Effectivement, on s’aperçoit qu’Amalek apparait à chaque fin d’exil et chaque fois que l’exil prend fin et qu’Israël se restaure comme maison, apparait Amalek qui récapitule en lui les dossiers des antagonistes et des rivaux. Six plus un, et le septième qui les récapitule.

 

A la fin de la sortie d’Egypte, on nous parle la 1ère fois de l’irruption d’Amalekh sur les faiblards, les trainards de la sortie d’Egypte.

A la fin du 2ème exil, c’est toute l’histoire d’Amalek qui est reprise dans l’histoire d’Esther. Il ne s’agit que de cela… Dès qu’Israël se prépare à rentrer chez lui, Amalek se dévoile.

Et de notre temps, à la fin du 3ème exil, lisez les journaux…

 

Les problèmes intérieurs

 

Problème grave : c’est cette séparation entre les Juifs qui se définissent par le peuple et que ça, et les Juifs  qui se définissent par la Torah et que ça. C’est le problème grave de notre temps. Je crois que la Torah nous l’a déjà raconté dans la figure de Moïse.

 

Nous apprenons les problèmes extérieurs d’Avraham et de la famille des patriarches. Tous les problème intérieurs nous les apprenons de Moïse. Il faut savoir que le peuple d’Israël a connu Moïse sous un double visage. Et les références que nous avons à ce sujet sont très amples. D’abord le visage d’un chef politique à l’unique programme que nous appelons aujourd’hui « sionisme » : c’est-à-dire mettre fin à l’exil et rentrer au pays des ancêtres pour construire la maison d’Israël. Effectivement, en Egypte, quand Moïse apparait pour la 1ère fois il n’y a aucune allusion à aucune Torah encore, mais Moïse leur apparait comme un chef politique qui appelle à la révolte contre l’aliénation de l’exil : mettre fin á l’exil et se constituer en nation hébraïque.

Ex. 3 :18 :

אֱלֹהֵי הָעִבְרִיִּים נִקְרָה עָלֵינוּ

 Le Dieu des Hébreux a fait irruption sur nous.

Au Sinaï, après la sortie d’Egypte avec ce que Moïse avait réussi à faire sortir d’Egypte - 1/5ème du peuple dit le Midrash - Moïse se dévoile dans un tout autre visage, le prophète révélant la Torah.

 

Il y a une tension d’identité dans cette perception du même peuple de son chef à deux visages. Cela n’a rien à voir avec ce que dit Freud dans son livre au sujet des deux Moïse. Ce sont des fantasmes.

Mais il y a quand même deux Moïse : le chef politique et son programme : pour lui la foi d’Israël c’est le sionisme il n’y en a pas d’autre. La promesse qui été faite que l’exil tant anormal prendrait fin et qu’on rentrerait construire la maison d’Israël en tant qu’Hébreux va s’accomplir. C’est cela le sionisme.

 

Et le deuxième visage de Moïse avec une Torah à la clef si j’ose dire.

 

Imaginez ce peuple en tension absolue entre deux manière de se définir. C’est ce que nous vivons, d’une certaine manière, dans la société israélienne. Cette éclatement en 4 parties que je vais essayer de vous décrire, dans une schématisation inévitable :

 

1- Ceux qui reconnaissent le Moïse chef politique et non le Moïse prophète. Ce sont les Juifs militants rejetant la religion juive. 

2- Ceux qui  reconnaissent le Moïse de la Torah du Sinaï et pas le Moïse de la sortie d’Egypte. Ce sont ceux qu’on appelle aujourd’hui les Juifs religieux anti-sionistes.

3- Ceux qui ne reconnaissent ni l’un, ni l’autre. On les appelle les assimilés.

 4- Ceux qui, grâce à Dieu, reconnaissent les deux Moïse, celui de la sortie d’Egypte et celui de la Torah.

 

C’est l’état de la société israélienne contemporaine, c’est l’état du peuple juif en général. Mais c’est dans la société israélienne que sont des problèmes d’identité au niveau de l’existence. 

Pour paraphraser une phrase célèbre je dirais qu’ « il y a plusieurs chambre dans la maison de mon peuple », vous comprenez de quoi je ne parle pas – il y en a 4 au minimum -  Moïse de la sortie d’Egypte - Moïse de la Torah – Moïse de rien du tout, ni Moïse de l’un, ni Moïse l’autre – et Moïse des deux. Cette dernière représente l’identité hébraïque qui tend à faire l’unité entre ce qui nous vient des patriarches – l’appartenance nationale à la nation des Hébreux, et ce qui nous vient de Moïse, la révélation de la Torah est l’indice de l’universelle que l’âme juive a pris en tant qu’hébraïque. Elle est à l’indice de l’universel humain. 

 

Je crois que c’est ainsi que l’israélien peut vous parler de la manière dont il vit cette construction de la 3ème maison d’Israël. Je le dirais en deux phrases : C’est irréversible, c’est définitif, c’est ultime et c’est une question de foi.

 

Mais cela implique une grande érudition et une énorme capacité d’éclairage. C’est plein de problèmes, des problèmes extérieurs énormes, car nous avons autour de nous tous ces personnages qui ont entourés les patriarches. Et c’est plein de problèmes intérieurs. Nous ressucitons les problèmes des Hébreux dans notre relation à Moïse. Je parle de la diaspora.

 

C’est un autre sujet parce que - point d’orgue de cette analyse -  le problème de la diaspora c’est celui-ci. Seulement, c’est dilué au niveau des identités juives qui sont mixtes. Le caractère société juive n’existe pas en diaspora. Il y a la communauté juive. Il faut je crois reprendre le vocabulaire de ces mots dans le vocabulaire dans le cadre du vocabulaire de la sociologie française:

 

- La société, c’est le groupement des hommes autour des intérêts ; et il s’agit des intérêts à la vie, les intérêts de vie, les moyens d’existence.

- La communauté, c’est le groupement des hommes autour des idéaux.

 

Or, Israël est une société qui peut se permettre d’avoir des communautés différentes. Toutes juives mais différentes.

 

Alors que la comunauté en diaspora a un problème insoluble : comment être une communauté unie alors que l’on n’est plus une société et qu’il y a tellement de facettes qui se contredisent…

Ce sont les problèmes intérieurs de l’identité juive. Je crois, et ce sera ma parole d’espérance, que les problèmes de diaspora sont au 2nd degré.

 

Ils deviennent des problèmes réels, avec perspective de solution à travers la durée, si la diaspora se considère comme elle est censée l’être, la diaspora de l’état d’Israël contemporain.

 

Je terminerais là-dessus : je crois qu’il y a une ambiguité de ce problème : l’état d’Israël que représente-t’il pour les Juifs de la diapora à ce niveau ?

 

Ma génération : j’ai encore vécu, dans la première partie de ma vie, avant l’état d’Israël, ce temps-là qui était la diaspora de la deuxième maison d’Israël. Nous avons été l’exil du 2ème temple. Subitement, la 3ème maison d’Israël apparait. Or, nous continuons à être la plupart du temps la diaspora du 2ème Bayit contemporain du troisième Bayit !

Le problème c’est de régulariser : que la diaspora devienne la diaspora de l’état d’Israël contemporain. Et non plus cette nostalgie, cette mémoire, qui nous a gardé dans l’histoire, mais dont nous sortons comme d’une préhistoire, et qui a été l’exil du 2ème royaume de Juda détruit par Rome il y a 2000 ans. C’est fini depuis 1948, il ne s’agit plus de cela. Nous avons passé à un autre monde...

 

Et donc il suffira que la diaspora se connaisse comme la diaspora de l’état d’Israël pour que ces problémes deviennent suceptibles de solution.

 

Je crois encore une fois pour résumer que le problème le plus sérieux c’est ce risque, avant qu’il ne soit trop tard, de désunion entre ces deux maniéres de se savoir Israël : les descendants des patriarches ou bien les disciples de Moïse.

Or, la Torah de Moïse et ce que les prophètes et les sages d’Israël en ont dit par la suite lorsqu’ils parlent de l’histoire des descendants des patriarches, prophétisent et promettent une unité totale, irréversible et ultime et définitive ! Je crois que cela passe par la capacité de courage de ce qu’ont les hommes d’Israël qui sont simultanément les tenants de Moïse chef politique de la sortie d’Egypte et les tenants de Moïse prophète qui a révélé la Torah.

 

***

 

Questions :

Q : …le peuple nombreux comme les étoiles dans le ciel et cette promesse est renforcée je crois par la lecture de la Haftara. Si je me souviens bien le texte est d’Isaïe où l’on compare Cyrus à Avraham. On le compare pourquoi comme prophète ? parce que Cyrus est celui qui ramenera les exilés de l’exil de Babel. Tout ceci est aussi enthousiasmant que ce que tu viens de nous dire ou presque il a fallu 1 millénaires et un peu plus depuis la desctruction du 1er temple, est-ce que l’on peut prophétiser sans donner de date, ou bien il est actuellement dans les possibilité d’appréhender oun de créer les conditions pour que cette espérance se réalise ? Quel est ton sentiment à la lecture de la Sidra de la semaine qui comme tu nous l’as indiqué a remplacé la lecture des journaux de la semaine ?

 

R : Si j’ai compris la question je me référerais cette fois au thème de l’identité de Jacob qui a reçu le nom d’Israël : les promesse concernent l’identité Israël et elles sont données à Jacob. Question : pourquoi sont-elles si difficiles à se réaliser ? Il suffit et il faut que Jacob devienne Israël pour que les promesses se réalisent. Nous naissons Jacob et nous devons faire de nous-même Israël.

Je citerais une analyse du Ben Ish ‘Haï, grand kabaliste de Bagdad du siècle dernier, en parlant de la Sidra où Jacob reçoit le nom Israël : la différence entre le nom Jacob et le nom Israël renvoie à 2 autre noms c’est Moïse et David. Jacob c’est le peuple, Moïse c’est la Torah, et David c’est la terre d’Israël, le royaume d’Israël. Et pour que Jacob devienne Israël, il faut qu’il ait avec lui Moïse et David. Si vous calculez les valeurs numériques : Yaaqov + Mosheh + David = Yisraël.

C’est une coïncidence colossale! A prendre comme coincidence pour éviter les cauchemards…

Et effectivement, c’est cela notre problème: Il faut que Jacob ait l’âme de Moïse et la terre de David pour que il soit Israël. Réflechissons à cela, et cela suffit.

 

C’est encore tout le problème de la prière: pourquoi ai-je à demander ce que Dieu voudrait me donner ? Parce qu’il faut que je sois celui qui le mérite. Et la prière est un jugement. Je me mets devant le tribunal et je demande si je mérite ce que je demande. Il dévoile alors si je mérite ou pas. 

Il suffit que je sois celui qui mérite pour que cela s’accomplisse.

Il suffit pareillement que Israël soit Israël pour que les promesses faites à Israël s’accomplissent.

Nous sommes en train de devenir Israël... C’est un moment intense dans notre histoire.

Nous vivons cela : une histoire qui a commencé à Avraham trouve son temps de réalisation dans notre temps ! La 3ème maison d’Israël !

 

C’est pleins de questions, certains diront avoir des textes, d’autres diront avoir des raisonnements, mais c’est dans la Guémara Brakhot 4b : cela ne se tranche ni par le texte, ni par le raisonnement, il y a une Halakha. Et c’est une question d’option de foi. 

Comment Rabi Yohanane a-t’il exprimé cela : Ezeh hou Ben Olam HaBa ? Qui a droit au monde à venir ? Celui qui s’engage déjà dès le soir. C’est la référence que je vous ai donnée.

Il n’a pas dit du tout « le verset / le raisonnement me démontre que… » le soir du lendemain qui chante comme disent les autres…

Je me rappelle ce très beau vers d’Edmond Fleg : « Car la nuit la plus noire est une aube qui vient »

Il y a une référence de la prière du matin : on cite le fait qu’en pleine nuite, à minuit, le coq a l’intelligence de savoir que le soleil va se lever.

 Hanoten lasekhvi binah lehavin bein yom ubein laila

Qui donne au coq l’intelligence de distinguer entre le jour et la nuit.

Quand ?

En présentiment que c’est pleine nuit !

C’est cela l’intelligence. C’est pour cela que le coq représente la force, que nous avons une rencontre entre la France et Israël, et que je crois que le coq est en train de voir le jour pointer dans la nuit…

C’est une question d’option de foi. Nous le vivons à ce niveau très intensèment, nous avons une mémoire énorme de l’hébreu qui a été juif qui redevient hébreu, et c’est la vie municipale, c’est la vie de société. C’est cela la troisième maison d’Israël.

 

Q :

1- Définition des différences entre hébreu-juif-israélien puis assimilés...

2- Après le 1er exil de Babylone une petite minorité qui retourne en Erets Israël. Aujourd’hui, une minorité qui est retournée en Erets Israël et la majorité continue de vivre en exil.

Personnellement, ce qui m’inquiète dans cette situation c’est que la majorité ne se considère même pas en exil. Il y a une grande différence entre un juif de la diaspora française et un français de confession mosaïque.

3- 40ème anniversaire de la mort de notre maitre Jacob Gordin za’l qui avait cité un enseignement selon lequel un retour provisoire en Israël pour reprendre des forces serait envisageable.

4- La différence fondamentale de position par rapport à la délivrance: soir ou matin. Il y a une confusion entre le fait d’être en situation d’exil et en fin d’exil. J. Gordin enseignait que Galout et Guéoula sont indissociables et qu’on ne peut parler d’exil sans parler de délivrance.

5- Il y a une occultation totale dans ton discours de ce que signifiait l’exil. L’exil a existé depuis l’origine en fait comme donnée fondamentale de l’économie de l’histoire sainte. On pourrait dire comem l’a écrit l’élève de monsieur Gordin : « l’exil est une situation ontologiquement anormale mais historiquement, existentiellement, normale ».

 

R.: … Pour quelqu’un qui pendant 4000 ans le juif d’aujourd’hui israélien qui a cru et a vécu son histoire d’Israël sous le regard de Dieu il est évident que l’événement est irréversible, ou alors on avoue qu’on ne croyait pas à ce qu’on croyait. Or, comme on y croit… on y croit, néqoudah !

 

Q : Vous avez parlez de Binah à propos du coq, je pense que c’est le rôle de la femme dans cette division entre religieux et non religieux…

R : Je pense que nous sommes dans un temps où il y a l’émergence de l’identité féminine qui est salvatrice. C’est le thème des Nashim Tsadkaniot qui accompagnent les fins d’exil. Par exemple, si Israël a pu traverser le désert c’est grâce au mérite des femmes en Egypte. Je pense que peut-être c’est cette capacité de l’énergie matricielle, puisque l’engendrement vient de la matrice et nous sommes dans un temps d’engendrement, qui permettrait la concilisation et réconciliation entre l’identité masculine « diasporique » ou « cananénne ». Je crois en tout cas que l’aspect du problème que j’ai voulu traité est très précis. Quelque soit les options individuelles, et encore fois, elles sont légitimes dans leurs options propres, il y a eu un événement. J’ai essayé de décrire sa nature. Ce n’est pas un option de foi que de dire que l’israélien est un juif qui redevient hébreu. C’est un fait. Une réalité. Nous vivons cela. Et redevenant la société hébraïque, nous retrouvons tout ce que la Bible a raconté du peuple des Hébreux. Pour tous les problèmes. Pour l’israélien c’est normal de vivre cela. Une société peut se permettre d’avoir des communautés différentes de la même identité. En diaspora c’est un problème insoluble !

Par exemple, un penseur israélien a récemment dit : « Le problème du peuple juif c’est la pratique des Mitsvoth. Qui ne pratique pas les Mitsvot n’est plus juif ! » En Israël c’est inaudible parce que cela consiste à définir les Bnei Israël comme uniquement disciples de Moïse. alors qu’ils sont les descendants des patriarches. Au niveau hébreu ce problème éclate. C’est autrement que cela se récapitule. Et au niveau juif de diaspora c’est un problème insoluble.

 

Peut-être suffirait-il de reformuler cela ainsi : Ces problèmes d’options de foi lorsque le temps fait  apparaitre des problèmes de mutations d’identités ne dépendent ni de l’érudition ni du raisonnement ou de l’idéologie : c’est une option de foi !

 

Q : Je suis admiratif parce que cela nous donne beaucoup d’espoir en tant que Juifs des nations. Je vous voyait en vous écoutant comme une sentinelle. Celle des paroles du prophète Isaïe : « Sentinelle où en est la nuit ? Le matin vient et la nuit aussi ! » C’est véritablement que je vous sentais comme cette sentinelle dans la nuit qui annonçait cette lumière, Israël comme lumière des nations. Et pour nous qui sommes des nations cela nous donne de l’espoir. Il y a par ailleurs ce texte de Zakhariah 8:23: « En ce temps là, dix hommes de toutes langues de toutes nations, saisiront le pan du manteau d'un seul Juif (Yéhoudi) et lui diront : Nous voulons aller avec vous, car nous avons entendu dire que Dieu est avec vous ! » Nous irons avec vous, avec toi, parce que nous savons que Dieu est avec vous, avec toi, et nous suivrons non pas quelques Juifs de la diaspora, mais nous suivrons un hébreu sioniste avec la Torah à la main et dans son cœur.

R : Merci !

 

Q : J’ajouterais une question concernant le 3ème temple…

R : Je devine la question, vous ne l’avez pas dite…

Je vous cite un enseignement si mes souvenirs sont exacts au nom du ‘Hafets Haïm : 4 formes de pouvoir dans la société biblique.

-           Le pouvoir politique du roi – Melekh.

-           Le pouvoir législatif du juge – Shofet.

-           Le pouvoir sacerdotale du prêtre – Kohen.

-           Le pouvoir prophétique du prophète – Navi.

Dont les Rashei Tévot forment le mot de MiShKaN le sanctuaire.

Il y a des étapes. D’abord le Mem de Mishkane qui est Malkhout. La société civile avec son pouvoir politique. Nous n’avons pas un roi, nous avons un petit roi, un président. Mais on a les rois qu’on a et d’ailleurs les rois ont les Juifs qu’ils ont…

Et la 2ème étape c’est Shofet, le Sanhédrin. Aujourd’hui, nous avons un grand rabbinat d’Israël actuel qui est petit appendice de l’état, c’est encore de la Malkhout. Le Sanhédrine n’est pas encore là. Cela viendra. Après il y a le Kohen, c’est le temple le Beit Hamiqdash. Et après, selon la prophétie de Moïse, « qui fera que nous soyons tous des prophètes ? » Et bien nous sommes en train de vivre la 1ère étape. Nous sommes en restauration du Mishkane. Et c’est le Mem qui apparait d’abord. Alors toutes les forces sont pour Malkhout. De Malkhout procédera le Shin. Shofet du Sanhédrine. Après viendra le Beit Hamiqdash. Et après « la connaissance de Dieu qui remplira le monde comme l’eau le fond des mers... » selon le verset du prophète.

 

Ce sont des étapes graduelles, il ne faut pas perdre de vue la dimension de la durée de l’engendrement.

 

Nous ressentons cela. Si cet ensemble a déjà commencé par sa première étape tout a déjà commencé. Effectivement, tout est en travail. L’état pour le pouvoir politique, et déjà la législation du Sanhédrine se prépare dans les Yéshivot dans lesquelles ont est en train de penser une Torah pour un état, chose abstraite pendant 2000 ans.  On pensait une Torah pour des communautés. A indexer avec la différence entre juif et hébreu que j’ai essayé de décrire tout à l’heure. Il y a une Torah de vie privée et de congrégation confessionnelle à la limite. Il nous faut une Torah pour un état, et c’est une mutation radicale. Cela se prépare… 

Pendant ce temps, dans certaines Yéshivot on prépare déjà les habits du grand-prêtre. On étudie comment faire les sacrifices. On a d’ailleurs les pierres pour construire le temple et on a les plans. Ce sont des secrets publics comme tous les secrets israéliens. Et les 4 étapes sont déjà en route, mais le gros plan c’est la question de l’existence parce qu’il y a des frontières qui sont des non-frontières comme vous le savez et parce qu’il y a les risques de chocs culturels intérieurs. Si vous suivez ce qui se passe à Jérusalem entre Datim et ‘Hilonim, c’est arrivé à un niveau très grave des 2 côtés. Une radicalisation qui est assez inquiétante. Il faut avoir le courage de résoudre le problème. Ceux qui ne sont que l’un ou l’autre sont marginaux. Il faut arriver à aider ceux qui sont et l’un et l’autre parce que c’est par là que l’unité passe. Même si c’est une minorité de minorité.

 

En parlant de minorité, il y a un Midrash qui explique Avraham Ha-Ivri Abraham l’hébreu de cette manière. Rashi cite un des trois Midrashim. Parce qu’il parle l’hébreu, la langue de Ever. A Moscou ou ailleurs. Il était lui à Our-Kasdim sortant de la fournaise et cela ressemble beaucoup à notre histoire et à ses rescapés. Un 2ème Midrash dit qu’il y a le monde entier d’un côté et Avraham tout seul de l’autre. Avraham était tout seul. Le 3ème Midrash dit qu’il venait de l’au-delà du fleuve. C’est dire qu’il revenait de l’exil. Il était ailleurs que en lui-même.

Et cela c’était la dimension légitime en son temps de la relation à l’universel humain. Que faisait la famille de Téra’h le père d’Avraham et les Hébreux en civilisation chaldéenne ? C’est le grand mystère de l’invraisemblance de l’anormal prit pour le normal. Qu’est-ce que font les Juifs partout ailleurs que chez eux ? Lorsqu’il y a cette relation à l’universel cela apparait comme de l’universalisme. Mais lorsqu’il y a le rassemblement national, il est à se demander si cette relation à l’universel n’est pas souvent un alibi de cosmopolitisme ! Et que c’est tout à fait autre chose. Et cela éclate de notre temps. Et ce sont là nos problèmes.

Je résumerais cela en disant : la question n’est pas de savoir ou comme ça ou comme ça.

Un verset des Chroniques Divrei HaYamim repris par la Guémara: « Avram hou Avraham : Abram c’est Abraham ». Vous avez compris l’implication de cela. Et la Guémara explique: Quand il était Avram, il était Av Mei Aram l’identité hébraïque enfouie sous l’écorce araméenne et dont il faut se débarrasser pour devenir Abraham. Et puis lorsqu’il est Abraham c’est à l’indice de l’universel.

17:5

וְלֹא-יִקָּרֵא עוֹד אֶת-שִׁמְךָ, אַבְרָם; וְהָיָה שִׁמְךָ אַבְרָהָם, כִּי אַב-הֲמוֹן גּוֹיִם נְתַתִּיךָ

«…Ki Av Amon Goyim Nétatikha : car Je te destine à être le principe d’une multitude de nation »

Et cela aussi il faut étudier ce que cela veut dire.

 

C’est ce passage à l’universel que nous sommes en train de vivre. C’est en tant que nation que nous sommes reliés à l’universel. En tant qu’individu nous sommes cosmopolites, c’est tout à fait autre chose. Et cela se dévoile de notre temps. La question est de savoir dans quel temps nous vivons. Or, la Bible nous a déjà raconté tout cela : à la sortie d’Egypte, le livre d’Esther, et nous lisons cela dans  les journaux de notre temps.

J’ajoute, et je m’arrêterais là, que les références auxquelles je me suis relié indiquent que lorsque cela arrive c’est irréversible, définitif et ultime.

 

 

< fin >

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans MESSIANISME
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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 10:29

Le 3e Bayit par Manitou

  

 

Le 3ème Bayit - la 3ème maison (1988) - 1ère partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/messianisme/la_troisieme_maison/cours_1

Face A - Durée : 42,16 minutes

 

Le thème concerne le 3ème Bayit : le 3ème temple et la période qui l’entoure.

 

Je ne vous cache pas que bien que n’étant pas complétement étranger à cette maison c’est quand même pour ce soir avec quelques émotions que je vais prendre la parole sur le sujet qui a été choisi, d’une part parce qu’il s’agit d’une de nos premières manifestation au centre Rashi, en ce qui concerne le 40ème anniversaire de l’état d’Israël, et 40 ans c’est long. Ceux d’entre nous qui étions déjà conscients de l’importance de cet événement considérable dont je vais essayer de parler ce soir à cette époque, ne peuvent pas ne pas avoir en tête les souvenirs de ce temps-là lorsque nous avons appris que plus de 2000 ans après la grande dispersion du peuple juif, la nation d’Israël se restaurait, dans les difficultés que vous savez, extérieures et intérieures, auxquelles il faudra faire allusion immédiatement et tout à l’heure ; et je crois que la massivité de l’événement que nous commémorons, bien que les contemporains n’aient pas toujours le recul suffisant ou nécessaire pour apprécier le privilège de vivre l’époque qu’ils vivent, ne peut que déclencher et produire l’émotion dont je vous parle.

 

Et à titre personnel, cela se colore du fait que cette soirée se passe à Rashi bien entendu. Et du fait que j’ai ce privilège d’être à la fois membre de la communauté où nous nous trouvons en France et citoyen israélien. 

 

Comme vous le savez on ne peut pas parler de tout à la fois, mais on ne peut pas éviter le fait que les sujets que nous allons traiter, ou en tout cas les remarques ou analyses que je voudrais vous proposer,  impliquent des passions.

 

Lorsque nous vivons un événement de changement d’identité, ce que j’ai l’habitude d’appeler de mutation d’identité, bien que logiquement ces deux termes sont en collision de concept, il y a inévitablement un monde de passions tel que chacun les vit à sa manière ; et puisque notre vie s’insère  dans la durée cela change parois le long de la durée, cela se nuance le long du temps de chacun, mais je vais essayer de me tenir au niveau le plus abstrait possible dans le sens étymologique, c’est-à-dire un peu en recul des passions de l’immédiateté que nous avons en mémoire et à l’esprit de telle sorte de pouvoir me relier aux enseignements de la tradition qui est très longue et  ancienne concernant ce moment que nous vivons d’avoir le privilège de vivre un 40ème anniversaire de l’apparition de la société israélienne comme nation hébraïque après 2000 ans et plus de temps juif.  

 

Je voudrais consacrer une partie des premières analyses à la confrontation si j’ose dire de ces trois termes qui vont revenir dans nos propos ce soir : hébreu, juif, israélien. Nous avons tous conscience qu’il y a premièrement synonymie à beaucoup de niveaux, qu’il s’agit de la même identité, mais que, cependant, à travers l’histoire et à travers les grands événements de passage d’époque à époque de notre histoire si longue, il s’agit quand même de trois indices d’identité différents de la même identité.

 

Les choses ne sont pas simples, mais rien de ce qui concerne Israël et les Juifs n’est simple comme vous le savez. Il faut nous relier à la réalité comme nous la connaissons, comme nous la vivons, comme l’histoire nous la propose ou nous l’impose même parfois. C’est à ce niveau que j’essaierais d’une part de m’en tenir aux contenus de messages, d’informations, de connaissances que certains textes auxquels je vais me référer nous transmettent au sujet de l’événement dont nous parlons, le début de la troisième maison d’Israël – et je préciserais très rapidement dans quel sens j’ai pris ce terme - et d’autre part, de ne jamais oublier que pour nous Juifs, il ne peut s’agir que d’idées seulement, d’idée abstraites seulement. Nous sommes insérés dans une question qui par rapport à notre longue histoire est une question d’existence. Je ne tomberais pas dans le pathos de dire "question de vie ou de mort" parce que la vie d’un peuple qui a une dimension d’éternité ne se définit pas à ce niveau-là, mais en tout cas d’existence et de conditions d’existence.

 

Et j’y ferais allusion que cela sera nécessaire que nous avons à rencontrer des problèmes graves et qui parfois déclenchent des options passionelles qu’on ne peut nier, mais que nous essaierons de laisser en marge de l’analyse de connaissances proprement dite de l’analyse de ce sujet.

 

Première remarque sur le sens de l’expression « la troisième maison d’Israël ».

Evidemment, il y a une ambiguïté. S’agit-il du Beit Hamiqdash ? 

Le temple qui se dit dans l’hébreu traditionnel « la maison de la sainteté ».

 

Il y a eu le Bayit Rishone le premier temple, la première maison.

Il y a eu le Bayit Shéni le deuxième temple, la deuxième maison.

Y-a-t’il déjà les signes plus qu’annonciateurs puisqu’il s’agit de l’existence d’un rassemblement qui ne s’était pas fait depuis 2000 ans, un Bayit Shlishi, une troisième maison ?

 

Ce n’est pas d’abord dans ce premier sens du temple - Beit Hamiqdash - que j’ai pris ce terme, puisque je parle de la réalité. La réalité de l’expression de "maison d’Israël" c’est "Beit Israël". C’est le fait que après un long temps d’exil, l’identité Israël se reconstitue, se restaure. Et de même qu’il y a Beit Israël la première fois au temps du premier temple, Beit Israël la deuxième fois au temps du deuxième temple et du royaume de Juda, il y a déjà Beit Israël, la maison d’Israël, avant même que l’on ne parle de la question du temple à proprement parler.

 

Parmi toutes les sources très nombreuses qui parlent du 3ème retour et de la 3ème construction de la maison d’Israël qui implique à un certain niveau du programme messianique le Beit Hamiqdash  le temple à proprement parler, et dès que quoique ce soit de ce programme a commencé, c’est que tout a commencé, en particulier l’événement massif que pendant 2000 ans le rassemblement des exilés ne pouvait se faire et qu’il s’est fait : c’est l’événement qui est son propre signe à ce niveau. Et pour une tradition qui commence par affirmer que l’histoire qu’elle vit est sous le regard du Créateur et de la Providence, de la Shékhinah la Présence de cette Providence, même si elle est cachée - et c’est le postulat premier et profond de toutes traditions juives de quelques nuances qu’elles soient - et bien des événements d’une telle massivité ne peuvent pas ne pas avoir leur sens traditionnel.

 

Les modernes ont certaines réticences vis-à-vis des événements et de leur « historiosophie » selon le terme de Jacob Gourdin za’l. Réticences parce qu’on leur a proposé tellement de modèles d’explication de l’histoire qui ont abouti à des catastrophes, des systèmes idéologiques qui ont basculé dans des positions politiques qui évacuaient la morale de l’histoire. Et nous devons prendre acte que c’est avec beaucoup  de précautions, de méfiance et de prudence, que nous devons manier cette catégorie de l’historiosophie – la signification au niveau de l’histoire de la destinée des événements que nous vivons.

Mais il faut savoir que la conscience du Talmid ‘Hakham dans l’atmosphère de son étude baigne dans cette évidence du lien profond entre la vérité et la réalité.

 

Nous sommes des monothéistes. Il n’y a pas de dychotomie entre la réalité et la vérité. Et lorsque la vérité parle de la réalité, c’est de la réalité vécue qu’elle parle. Je sais encore une fois que pour le moderne une telle catégorie ou postulat d’évidence est non pas seulement étrangère mais également suspecte. En atmosphère de culture occidental, cela peut paraître « mythique » à force d’être « mystique ».

Je vous propose une définition de la mystique: on dit de queulqu’un qu’il est mystique lorsque tout simplement il croit vraiment à ce en quoi il croit. Or, je parle de la tradition juive et de ce qu’elle dit et croit d’elle-même.

 

Or, précisément, parmi toutes les références des sources très nombreuses qui parlent de l’éventualité du retour du troisième exil, du commencement de la 3ème maison d’Israël, c’est toujours dans ce sens de Beit Israël - maison d’Israël - que l’expression est prise, mais toujours dans la référence au Beit HaMiqdash.

 

J’ai choisi une de ces références dans un des grands commentateurs des textes de la révélation qui est Rabbénou Be’hayé qui parle de ce problème à propos de la vision de Jacob. Je vous citerais immédiatement cette référence, avec comme principe de ce que je voudrais essayer de vous transmettre sour forme de 2 remarques :

 

Sur ce premier point qui parle donc de cette 3ème maison d’Israël, nous avons le privilège de connaitre et d’être contemporains, témoins, participants et acteurs de ce qui se passe dans cette mutation énorme de l’identité d’Israël : hébreu-juif-israélien.  Il en parle comme d’un événement irréversible et définitif. La 3ème maison d’Israël, avec toutes les connotations que cette expression exprime, est toujours citée dans nos textes comme un événement ultime, définitif, irréversible. C’est la 1ère remarque.

 

La 2ème remarque : je me référerais à un exemple dans la discussion talmudique à propos apparemment d’une question de rite éloignée de notre sujet mais qui est en plein dans notre sujet. Dans de telles questions, il faut savoir que ni l’érudition (la référence à la lecture des textes de la révélation hébraïque, ou au commentaire du verset) ni l’idéologie (terme moderne pour parler de la capacité de raisonnement de l’analyse d’une réalité), ni l’érudition (le recours au verset ou au commentaire du verset, et quelque soit l’honnêteté de l’érudition) ni la clarté du raisonnement exposé (une prise de position à ce sujet) ne peuvent trancher. C’est un enseignement du Talmud :

Ee Ba'it Eima Kera, Ee Ba'it Eima Sevara.

 

Lorsque 2 sages sont en controverse, alors tout de suite la dialectique propose une discussion au niveau du verset ou une discussion au niveau de la raison. Et nous voyons que ni l’érudition, ni le raisonnement ne peuvent trancher parce qu’il y a une option de foi... C’est la 2ème remarque. C’est donc aussi à ce niveau et ces catégories que j’en parlerais.

 

Il faut savoir que dans la tradition juive authentique, lucide, attentive, adulte, toutes les opinions ont place, mais cela ne signifie pas que toutes ont force de loi.

Il est bien évident, en me référant à cette exemple de dialectique évoquée dans la première remarque, que ces deux positions nous pouvons les rajeunir dans l’événement que nous vivons et que nous commémorons ce soir.

 

Devons nous considérer  les événements qui font que du sein du peuple juif la nation hébraïque s’est restauré 2000 ans après dans les commencements d’une histoire difficile, parce que c’est selon l’expression même des prophètes un véritable engendrement dans le sens d’un accouchement dans les douleurs des problèmes intérieurs et extérieurs, doit-on considérer le troisième état juif qui s’appelle Israël comme la 3ème maison d’Israël ou pas ?

 

Alors il est évident que les passions auxquelles je me référerais tout à l’heure sont inévitables. Les uns diront oui, les autres diront non.

 

Et quelque soit le nombre de nuances d’opinions qu’il peut y avoir entre ce non et ce oui, en réalité, il n’y a que deux opinions : ceux qui disent oui et ceux qui disent non. Il faut le savoir clairement. Et avec référence, soit à l’érudition, soit au raisonnement.

 

C’est pourquoi j’ai tenu dès le début à indiquer qu’en saine dialectique talmudique cela ne suffit pas. Ni par l’érudition, ni par le raisonnement on ne pourra trancher.

J’ai évacué peut-être un point énorme de ce problème : Pourquoi tant de consciences juives nobles ne se réfèrent-elles pas du tout à l’événement que je désigne comme à un événement réel que nous sommes au commencement de la 3ème maison d’Israël. Et je vous rappelle que d’après nos textes s’il en est ainsi c’est irréversible, définitif et ultime.

 

Voilà à quel niveau de gravité nous devons nous approcher de ce problème.

 

Je disais donc qu’il y a aura l’opinion oui et l’opinion non mais il y a toujours la règle de la Halakha, c’est-à-dire la tradition qui tranche d’une certaine manière.

 

On dit souvent que la tradition hébraïque est une tradition à multiples facettes, parce que la vie est à multiples facettes. On cite « elou v'eilou divrei Elohim ‘hayim -  ceux qui disent cela et ceux qui disent celà sont paroles du Dieu vivant... ». Mais il faut comprendre ce qui est écrit : ce sont les  paroles vivantes du Dieu vivant. Cela ne veut pas dire n’importe quoi à propos de n’importe quoi.

 On ne peut pas dire n’importe quoi de n’importe quoi. Il y a, de façon légitime, telle facette ou telle facette, l’une et l’autre qui pourrait être la vérité dans telle ou telle condition et pas plus. Et ce sont les paroles du Dieu vivant qui sont les paroles du Dieu vivant ! Ce ne sont pas n’importe quelle parole juive qui sont paroles du Dieu vivant.

 

Dans l’exemple de dialectique que je signalais [ndlr. Berakhot 4b], Rabbi Yéhoshua Ben Lévi dit « non », lorsque nous sommes seulement au soir, bien sûr le jour nouveau a commencé puisque pour nous le jour commence au soir. Une fois arrivé au Erev, le crépuscule du soir, c’est déjà la délivrance du lendemain matin, mais il faut passer à travers la nuit. L’un dira « oui » cela a commencé, et l’autre dira « non » il faut attendre le lendemain matin lorsque le soleil se dévoilera pour savoir si le soir était vraiment le soir. Ce sont ces 2 opinions-là.

 

Cela a commencé... Qu’est-ce qui a commencé ? L’un dira : la nuit ! L’autre dira : le jour qui se lève commence cette nuit-là.

 

Il n’y a pas que la nuit, le soir en Israël, il y a aussi le clair de lune..., mais cette discussion que je vous cite :  Rabi Yo'hanane dit : Qui aura part au monde à venir ? C’est celui qui considère que la délivrance du soir c’est déjà la délivrance, bien qu’il faille attendre le lendemain matin seulement lorsque la lumière se dévoile totale.

 

Rabbi Yéhoshua ben Lévi pense: Non, puisque la délivrance du soir n’est pas sûre car elle n’est que le commencement d’elle-même, il faudra attendre le dévoilement du soleil pour savoir si le soir était vraiment le soir…

 

Deux opinions nous sont données en parallèle : ni la référence au verset – ils citent le même verset -  ni le raisonnement qu’ils proposent ne permettent de trancher.

Simplement, Rabi Yo'hanane dira : bien que la délivrance du soir n’est que la délivrance du soir et qu’elle ne sera excellente que le matin, c’est déjà la délivrance. 

Rabbi Yéhshua ben Lévi dit : puisque la délivrance ne sera excellente que le matin, celle du soir n’est pas délivrance ! 

 

Ces deux opinions qui sont paroles du Elohim vivant, sont présentes dans le Talmud l’une et l’autre.

Mais on oublie que la Halakhah a tranché pour Rabbi Yo’hanane.Deux opinions parrallèles se référant au même verset, donc ni la référence, ni le raisonnement, ne permettent de trancher. Mais la Halakha a tranché pour Rabbi Yohanan.

 

En effet, la discussion était de savoir si le soir on doit d’abord lire le Qriat Shémâ et ensuite la Téfilah ? Ou bien si on devait dire d’abord la Téfilah et ensuite le Qriat Shémâ ?

 

Cela s’appelle dans les catégories talmudiques, joindre la Guéoula, la référence à la notion de délivrance, à la Tfilah à la prière (ndlr. Semikhat Geoula Lit'filah). Pour le matin, il n’y a pas de problème : on est sorti de la nuit. On se sait délivré de la nuit, c’est dans la symbolique du rite. L’étude est beaucoup plus ponctuelle et profonde. Et donc le matin c’est clair : je sais que je suis sorti du monde de la nuit, et je peux me référer à cette délivrance que j’ai eu. Il y a providence, je suis sorti de la nuit. Je peux donc prier, c’est-à-dire demander...

Mais le soir ? Je ne sais pas si je sortirais de la nuit puisque j’entre dans la nuit ! Est-ce que j’ai le droit de me référer à la délivrance du matin alors que je suis à l’entrée du soir ? à l'entrée de la nuit ?  Rabbi Yéhoshua Ben Lévi dit donc: on fait la prière d’abord et l’invocation de l’unité de Dieu ensuite.(Les choses sont beaucoup plus amples que cela mais je schématise). C’est l’exemple que je voulais citer. Et la tradition dira « elou v'eilou divrei Elohim ‘hayim ».  Mais la Halakha a tranché : on fait comme Rabi Yo’hanane dans le rite.

 

Il y a une comparaison historiosophique que je voudrais vous proposer à partir de cette remarque.Il y a la position de ceux qui disent : la délivrance du soir n’est pas une vraie délivrance, on attendra les événements de dévoilement. Ce sera évident pour tous.En termes un peu "Talmoud Torah" : "quand le messie viendra !"Cela se rattache à l’opinion de Rabbi Yoshua Ben Lévi.

Pour Rabi Yo’hanane, ce qui a commencé c’est cela qui a commencé.  Qui aura part au monde à venir ? Celui qui le soir fait référence à l’expérience de la délivrance de l’exil d’Egypte, la Guéoula - Gaal Israël - et immédiatement après prie le soir aussi et non pas seulement le matin.

 

J’ai bien conscience qu’il faudrait des heures pour expliquer ces 4 lignes de Talmud. Mais j’espère que vous avez retenu l’atmosphère générale de cette dialectique.

  

Nous verrons tout à l’heure qu’un des grands problème de cette 3ème maison d’Israël c’est les problèmes multiples de clivages, de ruptures et de fractures, de cet ensemble qui se rassemble.Et nous en connaissons au moins trois qui sont graves :

 

1-

La tensions entre les Juifs venus du monde occidental et les Juifs revenus du monde oriental.On les appelle par des termes trops schématiques Ashkénazim d’un côté et Séfardim de l’autre. Grâce à Dieu il y a déjà des mariage mixtes et les enfants vont bien !C’est un problème grave, mais il n’est que grave, si j’ose dire.

 

2-

Il y a aussi le problème diaspora-Israël.  Ceux des Juifs qui, quelque soit les raisons, sont en dehors d’Israël. Et ceux des Juifs ici qui quelque soit les raisons aussi sont en Israël. Israël-diaspora, c’est un problème grave.  On en parlera, mais il n’est que grave.

 

Je me souviens, enfant au Talmud Torah, le rabbin nous avait fait étudier un verset des Prophètes :

לא ידח ממנו נידח

Lo Yida’h Miménou Nida’h

Il m’est arrivé de citer cela qui est significatif.

Aucun ne sera repoussé au temps du retour.

Un enfant du Talmud Torah - avait demandé : est-il possible qu’ils reviennent jusqu’au dernier ?Nous savons maintenant que c’est invraisemblable !Et le Rav avait répondu : « ils reviendrons jusqu’au dernier qui reviendra ! » Et cela veut dire tous, puisque tous sont dans le cas. C’est pourquoi je vouis dis que c’est un problème grave. Mais il n'est que grave et pas plus. 

 

Nous verrons que peut-être dans la société israélienne le problème est moins grave malgré les apparences parce qu’il y a un avenir possible, et qu’il est peut-être plus grave en diaspora mais quoiqu’il en soit, le grave problème intérieur de cette 3ème maison d’Israël c’est cette cassure entre deux partie du même peuple, l’une qui se définit comme disciple de Moïse, la Torah, et l’autre qui se définit comme descendant des patriarches, le peuple, et pas plus.

 

A l’échelle individuelle cela ne serait pas très grave puisque c'est notre identité cette tension d’ambivalence dans l’identité elle-même : nous sommes à la fois des descendants des patriarches, et à la fois des disciples de Moïse.  A l’échelle individuelle, il est normal que cette tension dans la même identité soit vécue par chacun dans l’indice qu’il vit. Mais à l’échelle collective, cela fait problème. Je m’y référerais tout à l’heure.

 

Voilà pourquoi il faut dire que c’est sur cet écran de gravité que les autres problèmes prennent leur signification immédiate.

 

Ashkénaze – Séfarades, et cela veut dire 120 tribus différentes, ce n’est pas si simple que cela. Ce n’est pas grave.

Diaspora-Israël. En fin de compte, ce n’est pas grave. Car même si nous ne sommes pas unis le monde entier se charge dans les occasion qu’il choisit de nous unir…

 

Mais là où cela est vraiment grave c’est que nous risquons de faire éclater ce que la révélation nous a révélé d’unir: les descendants des patriarches et les disciples de Moïse.

 

Peut-être que si de notre temps ce problème se dévoile de façon aussi grave, c’est aussi paradoxalement un signe positif que nous nous trouvons vraiment dans un temps où l’identité hébraïque émerge de nouveau puisque ce sont ces problèmes qui émergent de façon si intense.

 

Or, on ne peut nier que 40 ans après – l’enseignement du désert entre l’enseignement de l’Egypte et le nouveau monde d’Israël – nous nous trouvons dans une situation qui devient aigüe. Les positions se radicalisent des deux côtés. Il y a un risque de « culture-camp », pour employer ce mot à la mode il y a quarante ans, qui affleure au niveau des municipalités.

 

Voici donc cette 1ère référence avant les deux schémas expliquant cette mutation d’identité dont je vous parle : hébreu, juif, israélien. Et avant la citation des deux problèmes principaux qui sont ceux de la 3ème maison d’Israël, les frontières. En termes géopolitiques c'est l’hostilité de l’environnemnt extérieure et d’autre part à l’intérieur cette cassure de notre identité profonde, qu’elle soit hébraïque, juive ou israélienne. Le problème Datim - ‘Hilonim. Voilà un peu le programme sur lequel nous allons réfléchir rapidement.

 

La 1ère citation à propos de la notion de l’idée de la 3ème maison d’Israël se trouve chez Rabénou Bé’hayeh à propos du chapitre 17 verset 28, dont je vous dirais quelques mots très rapidement : Lorsque Yaakov est parti pour son exil, il a eu une vision à Beit El, le fameux rêve de l’échelle. Et lorsqu'il s’est réveillé, il a pris acte, alors qu’il ne le savait pas, qu’il se trouvait dans un endroit où la révélation était réelle bien que cachée. Il a eu une révélation du sens de la destinée de sa descendance. C’est lui Jacob qui va fonder le peuple d’Israël après la sélection d’identité qui commence à Avraham, ensuite Isaac, et c’est Jacob qui devient Israël. Cette révélation bien que cachée lui est communiquée dans un rêve dit apparemment le texte. 

 

28:17 :

וַיִּירָא, וַיֹּאמַר, מַה-נּוֹרָא, הַמָּקוֹם הַזֶּה: אֵין זֶה, כִּי אִם-בֵּית אֱלֹהִים, וְזֶה, שַׁעַר הַשָּׁמָיִם

« il se réveille et il eu crainte et il dit : combien est redoutable cet endroit, cela ne peut être que la maison de Dieu, et cela est la porte du ciel... »

 

Petite paranthèse que je voulais vous citer : Le texte dit qu’il a eu un rêve.

C’est le verset 12 du chapitre 28.

28:12:

וַיַּחֲלֹם, וְהִנֵּה סֻלָּם מֻצָּב אַרְצָה, וְרֹאשׁוֹ, מַגִּיעַ הַשָּׁמָיְמָה; וְהִנֵּה מַלְאֲכֵי אֱלֹהִים, עֹלִים וְיֹרְדִים בּוֹ

Il rêva et voici qu’il y avait une échelle plantée dans le sol et vers le ciel...

 

On explique habituellement que dans son rêve se trouve une échelle plantée en terre et la tête dirigée vers le iel : la communication entre le ciel et la terre.

Mais ce n’est pas écrit ainsi. Il n’y a pas écrit « Vaya’halom il rêva, ouba’halomo et dans son rêve il y avait une échelle... ». Il est dit tout simplement: il rêva, ALORS il y a eu une échelle entre le ciel et la terre. C’est dire que c’est la capacité du rêve qui crée l’échelle, la communication entre la terre et le ciel et le ciel et la terre.

Et tous les Midrashim qui en rendent compte vont dans ce sens.

Quelle est cette échelle ? Un Midrash dira : c’est la prophétie. Un autre Midrash dira : c’est la prière. Un autre Midrash dira : c’est fumée du sacrifice ou de l’encens qui s’élève et monte depuis la terre vers le ciel… etc.

 

Il est bien évident qu’il s’agit de la communication entre le ciel et la terre c’est-à-dire entre la vérité et la réalité.

 

Dans sa vision, il a vu, dit le Midrash, le sens de la destinée de sa descendance. Les exils et le retour, jusqu’au dernier.

 

Rabénou Bé’hayé reprenant ce verset 28:17

28:17 :

וַיִּירָא, וַיֹּאמַר, מַה-נּוֹרָא, הַמָּקוֹם הַזֶּה: אֵין זֶה, כִּי אִם-בֵּית אֱלֹהִים, וְזֶה, שַׁעַר הַשָּׁמָיִם

Vayira Vayomar

Mah Nora HaMaqom Ha-Zeh

Eïn Zeh Ki Im Beit Elohim

Vé-Zeh Shâar HaShamayim

« il eut crainte et il dit : combien est redoutable cet endroit,

cela ne peut être que la maison de Dieu,

et cela est la porte du ciel ! »

nous dit qu’il y a 3 fois le terme de Zeh dans ce même passage qui font alllusion aux 3 maisons d’Israël.

La 1ère qui est le temps du 1er temple :

Mah Nora HaMaqom Ha-Zeh - combien est redoutable cet endroit

La 2ème qui est le temps du 2ème temple :

Eïn Zeh Ki Im Beit Elohim - cela ne peut être que la maison de Dieu,

Et la 3ème c’est pour le 3ème temple :

Vé-Zeh Shâar HaShamayim - et cela est la porte du ciel ! 

 

Et pour la troisième maison d’Israël, il ajoute : «  qui ne sera plus jamais détruite... ».

Si nous avions le temps, je vous lirais ce texte à la loupe. Je vous en donne la référence : le Rav Rabénou Bé’hayé sur le chapitre 28 de la Parasha de Vayetsé.

 

***

Voici pour la 1ère remarque. J’aborde maintenant un premier schéma de ces parallèles qui nous sont donnés par toutes les sources auxquelles je fais allusion, entre le fait qu’Israël a été fondé par 3 patriarches, les 3 pères engendreurs de son identité et le parallèle de ce qui se passera dans l’histoire du peuple d’Israël à travers les 3 grands exils et les trois grands empires (il y a toujours une dialectique de 3 qui sont 4 mais je simplifie) qui ont été en fait les grandes civilisations des grandes époques que nous avons traversés dans notre histoire, et les 3 patriarches.

 

C’est un peu une indication d’« historiosophie » dont je parlais tout à l’heure et à laquelle nous sommes habitués et familiers profondément dans nos études et dans l’atmosphère de l’étude traditionnelle. Cela demande beaucoup de temps pour rendre compte des analogies et des parrallèles de détails, mais je me bornerais aux grandes catégories.

 

D’abord, première remarque sur ce sujet, ce n’est pas habituel qu’une tradition soit fondée par 3 fondateurs. Toutes les autres traditions nous les connaissons à partir d’un fondateur. Qu’il soit le père engendreur ou le maître enseignant. Et voilà que dans le cas d’Israël, il y a trois pères-fondateurs: Abraham, Isaac, Jacob.

 

Ce n’est que au temps de Jacob lorsque l’épurement de la sélection d’identité des Banim, les fils des pères, est achevée que Jacob le 3ème des patriarches reçoit le nom d’Israël et fonde le peuple d’Israël. Peu de siècles après Moïse le maître et non plus l’engendreur, donne la Torah à cette nation d’Israël. Remarquez que cette nation d’Israël fondée par 3 fondateurs existe comme nation avant même que Moïse ne lui transmette la Torah.

 

Deux modèles :

D’une part, Avraham comme figure du père engendreur fondateur du peuple comme peuple, et d’autre part Moïse comme maître, enseignant et révélateur de la Torah.

 

Cela ne signifie pas qu’Avraham n’ait pas une capacité de prophète, c’est le premier homme dans la Torah a être nommé prophète. Cela ne signifie pas que Moïse n’aurait pas capacité à être fondateur de peuple, Dieu le lui propose. Mais le peuple est déjà irréversiblement celui des descendants des patriarches. Mais ce sont deux fonctions différentes.

 

Et j’espère montrer assez rapidement que ces tensions d’identité de cette troisième maison d’Israël dévoilent, au niveau le plus fort, notre carte d’identité d’hébreu en tant que fils des patriarches et disciples de Moise. entre ces deux fonctions.

 

Essayer de raccorder et de mettre ensemble, d’une part, les problèmes décrits par les journaux qui ont une apparence de faits sociaux et politiques sans signification spirituelle sinon politique et sociologique, et d’autre part, les grands enseignements de l’esprit que la Torah nous donne concernant notre identité. Ce que j’ai appelé en citant  notre maître Jacob Gordin une  historiosophie. C’est-à-dire un effort de réflexion pour trouver le lien entre l’enseignement de la Torah comme Torah - ce que Dieu dit de l’histoire d’Israël dans la Torah – et d’autre part, les faits de la réalité que nous vivons, en tout cas dans les moments privilégiés. Il ne peut pas ne pas y avoir de moment aussi privilégié que le passage de l’identité juive à l’identité hébraïque de nos jours qui s’appelle Israël.

 

Effectivement, nous avons d’abord été des Hébreux. Ce n’est que tardivement que nous avons été les Juifs. Quelle différence entre ces deux termes au niveau de l’identité profonde ?

 

Et bien, le peuple hébreu se connait comme un peuple, comme une nation. Alors que le peuple juif, ce sont les rescapés des Hébreux comme peuple dispersé, greffé sur des identités de cités étrangères. Un hébreu du temps des Hébreux n’a jamais été qu’un hébreu, un point. Mëme lorsqu’un hébreu voyageait, il se connaissait et il était connu comme un hébreu en voyage, même si le voyage durait longtemps. Même si un hébreu parlait une langue étrangère, c’était un hébreu qui parlait une langue étrangère, enrichi par elle.  Et vous connaissez l’enseignement du Midrach sur Joseph et le « don des langues » que la traditon chrétienne a repris dans un tout autre sens. Le don des 70 langues.

 

Effectivement, l’hébreu était capable de parler toutes les langues de la terre. Mais lorsque c’était un hébreu qui parlait toute les  langues de la terre, il communiquait dans la langue en question – quoique ce soit la vérité unique pour ce peuple. Mais lorsque c’est l’inverse: quand c’est l’homme du peuple étranger qui parle de ce que la Bible des Hébreux a à dire, il projette son propre paganisme sur la révélation monothéiste de la Torah. C’est aussi un des problèmes actuels que nous vivons.

Pour dire que l’hébreu est capable des langues, mais comme hébreu. Et il sait que les langues dont il est capable sont des langues étrangères.

 

Imaginez le malentendu très fin qu’il y a entre nous ce soir: Je vous parle en français, essayez de faire l’effort d’imagination d’un hébreu parlant une langue étrangère. Cela vous parait invraisemblable. Surtout que je vous dirais que si je parle le français, ce n’est pas parce que né en France, mais c’est parce qu’il y a eu un incident dans l’histoire de Fance – la colonisation de l’Algérie – alors je parle français. Mais en réalité, ma langue, c’est l’hébreu, mais cela ne s’entend pas ! Vous avez remarqué ? En tout cas pas tellement ! C’est invraisemblable mais c’est comme ça…

 

Un hébreu en voyage c’était un hébreu en voyage.

Au temps des Juifs, après la destruction du 1er royaume de Judah et puis surtout du deuxième royaume de Juda, les Juifs étaient originairement des Judéens, les derniers des hébreux. Juif cela veut dire « judéen ». Et les Juifs sont les Hébreux de l’exil, tout simplement. Et la grande différence c’est que l’hébreu est hébreu, un point. Alors que ke juif a toujours été une identité mixte.

L’identité juive c’est les Hébreux en exil : Le juif c’est l’hébreu de l’exil. L’identité juive est toujours mixte : nous avons toujours été judéo-quelqu’un d’autre. Et comme le voyage a duré si longtemps les tensions d’identité dans cette identité de trait d’union - judéo-quelqu’un d’autre – avait tendance à s’inverser le plus souvent.

 

Or, voici qu’il y a 2000 ans l’hébreu est devenu juif, et de notre temps le juif redevient hébreu et c’est cela la troisième maison d’Israël.

Bien entendu, il redevient hébreu, mais il a une origine juive.

Les Juifs avait oublié qu’ils étaient d’origine hébraïque.

Et alors les Hébreux d’aujourd’hui, les Israéliens ont comme problème de ne pas oublier qu’ils sont d’origine juive !

Il s’agit pour nous de redevenir hébreux compte tenu du temps de mémoire de l’histoire juive, mais qui est si j’ose dire d’une certaine manière la préhistoire de cette 3ème maison d’Israël.

Et la 3ème maison d’Israël d’une certaine manière est contemporaine de sa propre préhistoire, puisque l’histoire du peuple juif continue, autour de la 3ème maison d’Israël. Et tout cela est un monde de problèmes que nous connaissons mais qu’il s’agissait d’identifier.

 

Il y a 2000 ans les Hébreux sont devenus les Juifs, et de notre temps 2000 ans après les Juifs redeviennent les Hébreux. Or, cela déclenche problèmes identitaires que nous vivons en tant que société de la société d’Israël actuelle. D’un côté vis-à-vis de l’extérieur, de l’autre côté à l’intérieur.

 

Je prends quelques exemples très rapides.

Il n’est pas étonnant que retrouvant l’identité hébraïque, le monde entier la redécouvre avec nous et que se retrouve toutes les difficultés dont la Bible avait parlé au temps des Hébreux.

 

Notre maître (Jacob Gordin ndlr.) nous disait souvent que la Bible c’est notre carte d’identité.

Nous sommes arrivés à un temps où nous pouvons lire notre carte d’identité.

S’est passé au moment de l’émergence de l’identité hébraïque dans l’universel humain, toute une série de réalités, de tensions, de conflits, d’oppositions, contre l’identité hébraïque d’Israël, que nous redécouvrons de notre temps. A l’intérieur et à l’extérieur.

 

Avant d’y arriver, je voudrais justifier cela, parce que les Juifs se sont habitués à projeter à postériori, de façon anachronique, le thème d’identité juive sur les Hébreux. On parle du judaïsme de Moïse, du judaïsme d’Avraham, parler des Juifs en Egypte…etc. Tout cela est un anachronisme énorme. C’étaient des Hébreux !

Mais il faut entendre que les Juifs sont d’origine hébraïque, ce sont les Hébreux de l’exil et non l’inverse.

 

Et la Bible elle-même nous l’indique : On nous parle d’Avraham l’hébreu.

Chapitre 14 de la Génèse :

Rachi avec humour : parce qu’il parlait la langue d’Ever, l’ancêtre des Hébreux.

Ever descendant de Shem et ancêtre d’Avraham a donné son nom aux Hébreux.

Que faisait un homme de la civilisation chaldéenne à Our Chasdim ? Il parlait la langue de Ever...

Il était hébreu en exil. Un peu comme de notre temps es Juifs qui parlent hébreu en Scandinavie !

Que fait un scandinave à parler hébreu ? C’est un juif !

Il y a là une analogie très frappante entre ces deux noms d’Abraham. Abram est son premier nom. La Guémara dit : son identité était araméenne - Av Mé-Aram - et qui parle l’hébreu…

 

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans MESSIANISME
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