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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 12:27

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Les 5 verbes - les 5 phases de la délivrance :

 

6.6

לָכֵן אֱמֹר לִבְנֵי-יִשְׂרָאֵל, אֲנִי יְהוָה, וְהוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מִתַּחַת סִבְלֹת מִצְרַיִם, וְהִצַּלְתִּי אֶתְכֶם מֵעֲבֹדָתָם; וְגָאַלְתִּי אֶתְכֶם בִּזְרוֹעַ נְטוּיָה, וּבִשְׁפָטִים גְּדֹלִים

Lachen emor livney-Yisra'el ani Hashem

vehotseti etchem mitachat sivlot Mitsrayim

vehitsalti etchem me'avodatam

vega'alti etchem bizroa netuyah uvishfatim gedolim.

C’est pourquoi va dire aux Bnei Israël : Ani Hashem

et Je vous ferai sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte,

et Je vous délivrerai de leur servitude

et Je vous sauverai avec un bras étendu et de grands châtiments

6.7

וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם, וְהָיִיתִי לָכֶם לֵאלֹהִים; וִידַעְתֶּם, כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם, מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם

VéLaqarti Et’hem Li LéÂm

Et Je vous prendrai pour moi comme peuple…

 

Et là l’essentiel de ce qu’ensuite on va retrouver à postériori au Sinaï, mais il n’y a pas d’allusion au Sinaï, est ce « J’en ferai un peuple », alors que jusque-là c’était des familles. C’était les Qehilot, les communautés de l’exil. « J’en ferai un peuple. Et ils seront mon peuple… » Et cela s’est fait au Sinaï. A postériori de l’événement, mais sans allusion aucune qu’il fallait aller au Sinaï pour cela sous forme de promulgation de la Torah. D’après ce programme décrit ici, si on situe l’événement du Sinaï après la Guéoula d’Egypte, l’essentiel de Maamad Har Sinaï, c’est qu’Israël devienne un peuple dont la constitution est la Torah. Mais « Asher Ba’har Banou MiKol HaAmim » et après VéNatan Lanou Et Torato » ! Il y a d’abord la dimension de peuple qui apparait, c’est évident.

 

[Bénédiction avant la lecture de la Torah : Baroukh ata Adonaï Éloheinou Melekh haolam, ashère ba’har banou mikol haamim, vénatane lanou ète torato. Baroukh ata Adonaï, notène haTorah. Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a choisis parmi toutes les nations et nous a donné Sa Torah. Béni sois-Tu Éternel, qui donne la Torah.]

 

Q : Il ne consituait pas un peuple avant ?

R : Non, c’était un peuple en gestation. La famille de Jacob et ses enfants : un ensemble de familles, un tribu faite de tribus. Exactement la situation aujourd’hui du peuple juif dans l’exil ! C’est un ensemble de communautés. Ce n’est pas une nation organique. Toutes les analyses théoriques du sionisme commencent par cela. Le peuple juif en exil est dans une situation anormale pour un peuple. Lorsqu’on dit « peuple juif » c’est par façon de parler. Le peuple juif de l’exil, c’est l’ensemble des communautés, cela veut dire l’ensemble des familles. Mais ce n’est pas un peuple. Il le devient en tant qu’il devient une nation.  Regardez comment très dangereusement, il y a une sorte de glissement de concept, puisqu’on s’habitue à parler du peuple juif comme d’une peuple qui a sa religion. Alors ce n’est plus un peuple mais c’est une synagogue, comme une église.

Rambam dans son Code nous dit : Le Klal Israël est en Erets Israël même s’il n’y a que dix juifs en Erets Israël ! En ‘Houts Laarets il n’y a pas de Klal Israël. Il y a un ensemble de communautés. Des Qéhilot. Mais le Klal c’est le peuple de ce pays !

 

Q : Et dans ce peuple il y a douze tribus ?

R : Où se dévoile le fait que dans ce peuple ces douze tribus sont vraiment le même peuple ? Ici ! Parce que partout ailleurs ce sont uniquement des tribus qui se pensent chacune comme étant le peuple juif, mais c’est ici que toutes les tribus forment ensemble un peuple.

 

Et nous avons un verset très clair que vous chantez dans le Atah E’had du Shabat après-midi :

Oumi keamekha kéISraël goï e’had baarets

Et qui est comme ton peuple comme Israël nation une sur la terre ?

 

[De la Amidah : Atah Echad, v'shimcha Echad, u'mi k'Amcha Yisra'el, goi echad ba'aretz]

 

C’est Baarets que Israël est Goï E’had. En ‘Houts Laarets il n’est pas E’had !

 

4ème niveau :

 

6.7

וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם, וְהָיִיתִי לָכֶם לֵאלֹהִים

VéLaqarti Et’hem Li LéÂm Ve Hayiti Lakhem LeElohim

Et Je vous prendraipour moi comme peuple,et Je serais pour vous pour Elohim

וִידַעְתֶּם, כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם, מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם

VéYidaatem Ki Ani Hashem Eloheikhem

Et vous saurais que Je suis Hashem votre Dieu

HaMotsi Etkhem MiTa’hat Sivlot Mitzraïm

Qui vous fait sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte.

 

Et enfin 5ème verset et 5ème niveau :

 

6.8

וְהֵבֵאתִי אֶתְכֶם, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר נָשָׂאתִי אֶת-יָדִי, לָתֵת אֹתָהּ לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב; וְנָתַתִּי אֹתָהּ לָכֶם מוֹרָשָׁה, אֲנִי יְהוָה

VeHévéti Etkhem El HaAretz Asher Nassati Et Yadi Latet Otah

Et Je vous aménerai au pays que j'ai juré de la donner à Abraham, à Isaac et à Jacob;

et je vous la donnerai comme héritage, Je suis Hashem.

 

Vous avez dans ces cinq niveaux tout le programme de la sortie d’Egypte.

Vehotseti – Vehitsalti - Vega'alti – Velaqarti - VeHeveti

 

Il n’y a pas allusion au Sinaï que nous découvrons à posteriori: dans la réalité de l’histoire:

 

VéLaqarti Et’hem Li LéÂm Ve Hayiti Lakhem LeElohim

Et Je vous prendrai pour moi comme peuple,et Je serais pour vous pour Elohim…

 

Entre temps il y a eu Maamad Har Sinaï. C’est à postériori qu’il va se dévoiler que cela s’est passé comme ça ! Entre temps il s’est passé quelque chose : c’est parce que le peuple n’est pas capable de rentrer directement en Israël qu’il a fallu faire un voyage dans le désert.

 

La 5ème coupe :

 

J’ouvre ici une paranthèse que l’on retrouvera au moment de l’analyse de la Hagada :

Dans le Seder de Pessa’h on boit 4 coupes de vin. En rapport aux 4 premiers verbes. Puis on prépare une 5ème coupe qui est celle de Eliyahou Hanavi. Or, ce n’est que de notre temps que la 5ème coupe de vin a repris force de loi.

 

On savait depuis toujours depuis le temps de la Mishna qu’au temple on buvait une 5ème coupe instituée par Rabbi Tarfon dans la Mishna. Vous comprenez que dans la Galout elle était restée en désuétude, parce que le VéHévéti : Je vous aménerais sur la terre n’était pas réalisé. On buvait les 4 verres de vin mais pas le dernier le 5ème réservée à la venue de Eliyahou HaNavi.

 

Ce qui est arrivé de notre temps, comme d’ailleurs pour toutes les règles concernant les événements de l’histoire israélienne, harabanout harashit prend une décision mais ne lui donne pas une force d’ultimatum si j’ose dire, car cela risquerait d’excommunier ceux qui ne la font pas. Par exemple, à Yom Haatsmaout il faut dire le Hallel avec Brakha. Des Juifs ont un doute : est-ce que vraiment Yom Haatsmaout c’est Yom Haatsmaout, alors ils ne disent pas le Hallel, ou alors sans Brakha. Mais si la rabanout harashit lui donnait force de loi cela disqualifierait tous ceux qui ne veulent pas obéir.

 

Pour le Pessa’h qui a suivi la guerre de Kipour, quelques heures avant que ne commence la fête j’entendais à la radio le programme de la Rabanout et je donnais les consignes de la fête, et une communication particulière du Rav Goren disant qu’étant donné l’issue de la guerre de Kipour donnant la preuve du salut par miracle, par conséquent, à postériori nous devons réaliser que depuis 1948 tout ce qui concerne les dispositions concernant telle ou telle mitsvah qui doivent tenir compte d’Erets Israël prend force de loi. Il dit en d’autres termes qu’il n’y a maintenant plus aucune place pour le doute. Et par conséquent, à partir de ce Pessa’h il a indiqué l’endroit de la Hagada où boire la 5ème coupe. Et donc, depuis le Pessa’h qui a suivi la guerre de Kipour on boit donc les 5 coupes. Qui ? Ceux qui comprennent que le Rav Goren a raison ! Et les autres commencent à discuter des livres écrits, des doutes… etc.

 

Par définition, puisque le Rav Goren a dit qu’il fallait boire la 5èmecoupe, le Rav Ovadia Yossef le lendemain a fait une déclaration disant qu’il ne fallait pas la boire ! Il suffit que l’un dise blanc pour que l’autre dise noir.

 

Depuis les sombres histoires politiques ils ont fait officiellement la paix pour se liguer ensemble contre cette disposition du HaEd Medinah qui est épouvantable en Israël : quand quelqu’un a trempé dans une affaire louche et que la police a besoin d’un témoin pour faire accuser le principal accusé, alors on promet l’impunité au comparse en échange de son temoignage. Il devient Ed Medinah témoin au nom de l’état. C’est immoral et interdit par la Halakha. On a demandé l’avis aux deux grands rabbins qui ont pour la première fois dit la même chose, alors ils se sont rencontrés et se sont serrés la main. Je ne sais pas laquelle…

 

Cette rivalité entre les deux grands rabbins séfarade et ashkénaze cela dépasse leurs personnes. C’est l’indice que derrière il y a un problème grave de tentative d’unification de la nation qui n’est pas encore terminé. Et cela se dévoile à ce niveau-là. Dans un verset des prophètes au moment du rassemblement des exilés du peuple juif, il y aura ce problème du rassemblement pour faire l’assemblée.

 

Quelques temps après on m’a demandé de m’occuper de l’édition d’une Hagada illustrée par Raymond Moretti, un italien non-juif mais qui s’intéresse de près au judaïsme, qui m’a demandé d’y participer. Je l’ai rencontré, et finalement elle a été éditée l’année dernière. J’ai eu l’idée de téléphoner au Rav Goren pour lui dire : « on va préparer l’édition d’une Hagadah, est-ce que tu accepterais de faire le psak, la décision officielle et la raison, de la 5ème coupe ? »

Il a dit que c’était une excellente idée, et a donc rédigé le psak, la décision rabbinique.

C’est un événement historique : depuis la destruction du 2ndtemple, c’est la 1ère fois qu’un grand rabbin d’Israël donne une décision rabbinique que le temps est venu d’instituer la 5ème coupe ! C’est pourquoi l’ouvrage s’appelle « la Hagadah de la 5èmecoupe ».

 

Jusque-là on savait cela que dans beaucoup de communautés c’était un minhag de boire la 5ème coupe. En général dans les communautés d’Afrique. Nous avons toute une histoire de la Halakha de ce point-là que le Rav Goren rappelle dans son introduction à la Hagada. En particulier, le Maharal avait institué que non seulement c’est une Mitvsah mais une ‘Hovah. C’est la différence entre Mitsvah et ‘Hovah. C’était facultatif puisque l’événement correspondant n’était pas là, ce serait contradictoire de boire la 5èmecoupe correspondant à VeHévéti - Je vous aménerai alors qu’on se trouve en dehors ! Le raisonnement du Rav Goren est très simple. Elève du Rav Kook, il fait partie des rabbins pour lesquels cela va de soi que Yom Haatsmaout est le commencement de la Gueoula. Mais compte tenu de la division dans la communauté, on n’obligeait pas. Mais après la guerre de Kipour, il a déclaré qu’on a dépassé un seuil. Parce qu’il a été évident pour tous les croyants qu’on a été sauvé par miracle ! Dès les premières heures, le pays aurait pu être envahi sans problème. C’est grâce à une dizaine de tankistes qui ont arrêté les colonnes de tank syriennes plus haut que Tibériade. On ne sait pas pourquoi les Syriens se sont arrêtés ! Ils étaient arrivés à un certain point où ils auraient pu envahir le pays complétement, il n’y avait rien devant. Mais ils se sont arrêtés et repliés en direction du Golan. Lisez les récits de la guerre de Kipour vous verrez que de l’avis des experts militaires du monde entier, c’est la plus grande bataille de l’histoire qui a été gagné par Israël. La quantité d’armes et de munition qui ont été engouffrées sur ce petit territoire dépassait tout ce qui avait été tiré en obus durant la deuxième guerre mondiale par toutes les armées qui se battaient. Et il y avait plus de tanks que pendant les 5 ans de la dernière mondiale ! C’est évident qu’on a été sauvé par miracle ! Donc le Rav Goren dit : Il est alors évident que Dieu a voulu nous rendre ce pays. Donc ce 5ème verset prend force de loi : « Et Je vous raménerai… »

   

Q: Pourquoi 1948 ne suffisait-il pas ?

R: Parce que 1948 cela suffisait pour ceux qui étaient croyants. Mais pour ceux qui doutaient, même après 1948 le doute restait permis. Mais plus après la guerre de Kipour ! A la guerre des 6 jours, le monde entier croyait Israël en danger mais l’état-major savait le contraire. Les Israéliens savaient qu’ils n’étaient pas en danger. Tandis qu’en 1973 vraiment on était en danger de disparaître ! Par conséquent, il y a un dévoilement de l’événement tel que ceux qui ne veulent pas voir c’est qu’ils ne verront plus jamais ! Alors on promulgue la loi ! Celui qui la suit la suit, et celui qui ne la suit pas ne la suit pas… !     

 

Je vous donne un exemple. Le Sidour Peta’h Eliyahou est très bien fait. C’est édité par Sharbit chez Colbo, un de mes anciens élèves aux EEI. J’ai passé deux heures avec lui sur la raison de l’absence de la prière pour l’état d’Israël ! Il y a la prière pour le gouvernement français mais pas pour Eretz Israël ! Il m’a dit que c’était parce qu’un de ses maitres de la Yeshivah d’Aix-les-Bains lui a dit qu’il y avait un doute… alors on ne le met pas...  C’est le même problème. Je me suis rendu compte alors que ce n’est pas la peine de discuter avec lui.

 

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 12:26

Pourim Cours 4 (1979)

 

Pourim (1979) - Cours 4 – 3ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_4

Durée : 46,6 minutes
Face C

 

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Je me rappelle les heures que je passais pour leur apprendre à manger cachère et ensuite ils ne mangeaient plus chez moi parce qu’on n’avait pas la même cacheroute. Quand on est baal teshouvah c’est encore une erreur de la conscience de croire que l’essentiel est de faire des performances.   

Je lui ai dit : tu sais que dans la Torah il y a l’interdiction de faire parler les morts. On a eu le même maitre qui s’appelait Jacob Gordin. Je lui ai dit : « toi tu es en train de citer Monsieur Gordin mort, et c’est interdit de faire parler les morts ! S’il était lui vivant maintenant que te dirait-il ? »  

C’est un exemple en passant, mais c’est toujours cette même attitude.

 

Un autre dont je tairais le nom m’avais dit : « Tu comprends, si le rav Kook a raison c’est mauvais pour mon maitre ! » C’est parce que son maitre lui avait enseigné le contraire !

 

Il y a la Torah et le diagnostic des événements. Tous les milieux qui n’avaient pas l’enseignement de la Kabalah ont été incapables de diagnostiquer l’événement du sionisme. Ils ont réagi avec des idées personnelles concernant le diagnostic éventuel de l’événement. Et il y avait de quoi se tromper   puisqu’effectivement le mouvement sioniste en grande majorité est apparu avec un visage ‘hiloni aggressif contre la communauté. Mais ce qu’il fallait comprendre c’est que c’était précisément la seule stratégie possible pour sauver les Juifs. Pour sauver les Juifs, il fallait pour cela détruire la communauté juive. C’est pourquoi je vous ai dit qu’il faut aider les communautés juives… à disparaitre ! Je pense que c’est clair. Mais il faut les aider bien.

 

Il y a des nuances, c’est un milieu extrêmement diversifié et énormément de gens d’entre-eux regrettent que leurs maitres de la génération précédente les aient mis sur de fausses pistes. Je me rappelle ce raisonnement de beaucoup d’élèves que j’ai eu en France et qui sont passés dans les yeshivot avec cette position anti-israélienne : tu nous a appris à respecter ce que disent les rabbins. Or, les rabbins ne parlent pas comme toi, alors c’est toi qui a tort ! Cela en arrive-là !

 

Revenons au problème.

D’abord une indication avec Rashi sur la différence entre l’identité père et l’identité fils:

 

6.2

וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים, אֶל-מֹשֶׁה; וַיֹּאמֶר אֵלָיו, אֲנִי יְהוָה

Elohim adressa la parole à Moïse, en disant: « Je suis Hashem »

 

C’est dire que le temps de la réalisation a commencé.

C’est le ‘hidoush qui apparait : Elohim dit Ani Hashem !

C’est cela l’explication à la question que pose Moïse dans les versets précédents (5.22-23).

 

Une des explications que l’on trouve dans le Shlah et que Monsieur Gordin nous citait : jusqu’à ce qu’on arrive à la 26ème génération la proclamation du nom de Dieu ne pouvait pas se faire, et c’est le nom qui est employé dans la dimension de la réalisation. El Shadaï c’est Dieu en tant qu’il promet, Hashem Dieu en tant qu’il réalise.

 

Dans la Kaballah nous trouvons l’explication suivante : la valeur numérique du Shem Havayah c’est 26, donc c’est à la 26èmegénération que le dévoilement se fera.

 

Et tout le problème est de savoir où doit se faire le dévoilement : à Sion ou au Sinaï ? Au fond ce sont les deux camps qui s’opposent, ceux de la Torah du Sinaï, la diaspora et ceux de la Torah de Tsion.

 

Je vous avais cité en passant un enseignement de Judah Halévi : étant donné que la Torah est révélée à Tsion et que finalement elle nous a été donnée au Sinaï, cela signifie que Sinaï fait partie de Tsion.

 

En général, dans ces milieux-là on considère que le Sinaï appartient au désert, et on met l’accent là-dessus pour dire que la Torah est universelle et qu’elle n’est pas attachée à une terre en particulier. Et que par conséquent, on est sorti d’Egypte et que la Torah a été donnée et qu’il faut la pratiquer partout. Avec Eretz Israel quand le Mashia’h sera venu…

 

6:3

וָאֵרָא, אֶל-אַבְרָהָם אֶל-יִצְחָק וְאֶל-יַעֲקֹב--בְּאֵל שַׁדָּי; וּשְׁמִי יְהוָה, לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

Je me suis révélé à Abraham à Isaac et à Jacob en tant que El Shadaï

 

Cela veut dire “Dieu qui promet”. On traduit par “Tout-puissant”. Les deux explications sont liées: celui qui peut tout est celui qui peut promettre. El she daï lo, le Dieu à qui il y a suffisamment pour pouvoir promettre.

 

וּשְׁמִי יְהוָה, לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

Or, Mon Nom de Hashem Je ne me suis pas fait connaître à eux.

 

C'est-à-dire : Je me suis fais connaitre à eux dans la promesse mais je ne me suis pas fait connaitre à eux par mon nom de Hashem dans la réalisation.

 

Regardez bien les termes : vaéra : Je me suis révélé à eux avec le contenu d’une promesse Aval Shmi Hashem mais mon nom c’est Hashem ! Il en résulte Lo Nodaati Lahem: Je ne me suis pas fait connaitre dans le sens de Yediyah au niveau de la réalisation.

 

Et le Midrash enchaine là-dessus de façon extraordinaire en disant : tous ces Avot je leur ai promis et je ne leur ai rien donné et ils n’ont pas douté ! Et toi, je commence à réaliser et tu commences à douter ?

 

Dieu dit à Moïse :

« Dommage ceux qui sont partis et ne se trouvent plus-là » (Expression entrée dans la culture juive en général) Plusieurs fois Je me suis révélé à Abraham Isaac et Jacob par la promesse El Shadaï et Je ne leur avais pas fait connaître que Mon Nom est Hashem qui accomplit comme Je te l’ai dit à toi (chapitre 3 : Va leur dire Hashem Eloheinou...) ils n’ont pas douté de mes Midot.

 

J’ai dit à Abraham : « Lève-toi et traverse le pays en long et en large car c’est a toi que je le donne. Il a voulu enterré Sarah et n’a pas trouvé un endroit pour enterrer Sarah... Il n’a pas douté de moi»

 

J’ai dit à Isaac : Séjourne dans ce pays et je serais avec toi et je te bénirai car c’est à toi et à ta postérité que je donnerai toutes ces terres. Il a voulu boire de l’eau et ne l’a pas trouvée (dans ces conflits avec les bergers d’Avimelekh et la contestation des puits) et il n’a pas douté de moi.

 

J’ai dit à Jacob : la terre sur laquelle tu te couches c’est à toi. Je la donne à ta postérité, il a cherche un lieu pour planter sa tente et ne l’a pas trouvé jusqu’à ce qu’il ait acheté l’endroit pour planter sa tente. Et il n’a pas douté de moi.

Et il ne m’a pas demandé « quel est ton nom ? » Comme toi tu me l’as demandé !

Et toi, dès que Je t’ai envoyé au début de la mission que Je t’ai donnée, tu m’as dit : Mah Shemi quel est mon nom ? Et à la fin tu me dis : depuis que je suis allé chez Pharaon pour parler en ton nom, le peuple a du mal... »

C’est pourquoi J’ai dit : Et même Je réaliserais mon alliance qui a été donnée aux pères comme Je leur ai promis que Je leur donne la terre, et quand Je leur ai promis sans leur donner ils n’ont pas douté. Et aussi j’ai entendu la clameur des enfants d’Israël parce qu’eux n’ont pas douté de moi. Et bien que Israël de cette génération ne se conduisait pas bien, J’ai entendu leur voix à cause de l’alliance que J’ai tranché avec leur pères, c’est pourquoi il est écrit : Et Je tiens compte de mon alliance».

 

 

Rashi sur Vaera 6.3 :

 

וָאֵרָא

אֶל הָאָבוֹת בְּאֵל שַׁדָּי הִבְטַחְתִּים הַבְטָחוֹת וּבְכֻלָּן אָמַרְתִּי לָהֶם אֲנִי אֵל שַׁדָּי

Je suis apparu : Aux patriarches « en qél Chaqqaï ».

 

C’est un Rashi difficile. Quelle est sa question ?

Le verset dit : וָאֵרָא, אֶל-אַבְרָהָם אֶל-יִצְחָק וְאֶל-יַעֲקֹב

Et Rashi commente : El HaAvot !

C’est la même chose !

Rashi commente : en tant qu’ils étaient des pères ! 

C’est typique de la tradition shébe al peh.

Le ‘hidoush de Rashi : il veut nous faire comprendre : Vaera el haavot : cela veut dire je me suis révélé aux pères sous forme de promesses. L’identité père c’est l’identité de la révélation de la promesse. On en verra la preuve dans la suite de ce Rashi.

 

Je leur ai promis des promesses et chaque fois je leur ai dit : « Je suis qél Chaqqaï ».

 

Rashi nous relie ces deux notions de Avot et de Havta’ha. Les Avot c’est l’identité de promesse.

 

Je reviens sur ce Rashi pour vous donner un échantillon des problèmes d’éxégèses sur les commentateurs de Rashi.

 

Beaucoup de commentateurs ne voyant pas le contenu de ce que transmet Rashi se pose la question de savoir pourquoi Rashi dit Ha-Avot à la place de Avraham, Its’haq et Yaaqov ?

Ils expliquent qu’il faut lire ainsi Rashi : en réalité Rashi explique BeEl Shadaï  et que Vaera El HaAvot est le résumé du verset pour ne pas le recopier. Des commentateurs très sérieux expliquent ce Rashi ainsi. Le Gour Arieh du Maharal explique que si on confronte tous les enseignements de Rashi où apparemment il résume le verset pour expliquer le dernier mot qu’il explique, en réalité il y a à chaque fois une intention particulière. Et ici l’expression Ha-Avot ce n’est pas du tout un résumé mais une explication.  

 

Q: Pourtant dans Bereshit quand HQBH parle à Avraham il est dit Vayomer Hashem… ?

R: Le texte nous dit que c’est Hashem qui se révèle à Avraham, Its’haq et Yaaqov en tant que El-Shadaï. Et Avraham, Its’haq et Yaaqov savent très bien que Hashem c’est Hashem ! Mais ce n’est pas en tant que Hashem la dimension de la réalisation qu’il s’est révélé à eux, mais en tant que El Shadaï, la dimension préalable de la promesse. C’est pourquoi il est précisé Ani El-Shadaï. Et Avraham connait que le nom de Dieu c’est Hashem, mais ce n’est pas dans cette modalité-là que la révélation s’adresse à lui.

 

Au temps de Moïse c’est la 26ème génération. Il y a dix génération de Adam à Noa’h, et dix générations de Noa’h à Avraham et 6 générations de Avraham à Moïse. Cela fait 26.

 

 

Rashi:

וּשְׁמִי ה' לֹא נוֹדַעְתִּי וּשְׁמִי ה' לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

הוֹדַעְתִּי אֵין כְּתִיב כָּאן אֶלָּא לֹא נוֹדַעְתִּי לֹא נִכַּרְתִּי לָהֶם בְּמִדַּת אֲמִתִּית שֶׁלִּי שֶׁעָלֶיהָ נִקְרָא שְׁמִי ה' נֶאֱמָן לְאַמֵּת דְּבָרַי שֶׁהֲרֵי הִבְטַחְתִּי וְלֹא קִיַּמְתִּי

Et de mon Nom Hachem je ne me suis pas fait connaître (lo noda’ti) à eux : Le texte ne porte pas : « je n’ai pas fait connaître » (lo hoda’ti), mais : « je ne me suis pas fait connaître » (lo noda’ti). Je n’ai pas été connu d’eux dans mon attribut de vérité, qui fait que je m’appelle Hachem, digne de confiance pour tenir parole. Car je leur ai fait des promesses, mais je ne les ai pas encore exécutées. (Ils ne m’ont connu que comme El Shadaï et pas comme Hashem)

 

Je reviens encore en arrière pour vous donner une autre dimension de ce même Rashi.

Ne croyez pas qu’on a compris tout ce qu’il y avait dans ce mot de Rashi, « El Ha-Avot ».

Il y a différents niveaux d’approfondissement de la même lecture. Vous avec déjà découvert un niveau important avec El HaAvot, l’idée c’est l’être de promesse. Il y a une autre approche de ce même Rashi radicalement différente mais complémentaire. J’en profite pour vous donner cet exemple pour que vous compreniez ce qu’est l’étude de la Torah ShébéAl Peh.

 

Le verset lui-même pose un problème énorme :

Vaera, on s’est toujours habitué à traduire « Je me suis révélé à » sans que cela pose problème !

Que signifie Je me suis révélé avec ce mot de Vaera ?

Cela veut dire « Je me suis fait voir » !

C’est difficile, puisque nous avons un verset clair qui dit

Kitissa 33.20:

וַיֹּאמֶר, לֹא תוּכַל לִרְאֹת אֶת-פָּנָי:  כִּי לֹא-יִרְאַנִי הָאָדָם, וָחָי

Vayomer lo tokhal lirot et-panaï

Il dit : Tu ne saurais voir ma face

Ki lo yirani haAdam ve’haï 

Car l’homme ne peut pas me voir et vivre.

 

Comment alors le verset peut-il nous dire tranquillement ici Vaéra El Avraham, Yits’haq veYaaqov – Je me suis fait voir d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob ?

Cela veut dire qu’ils ont vu puisque le mot est employé !

Alors Rashi explique : Vaéra El HaAvot ! C’était des Avot !  Eux peuvent voir, et pas nous !

C’est une toute autre lecture : en tant qu’ils sont des Avot, ils sont à un tout autre niveau que nous. A ce niveau-là il n’y a pas de difficulté. Nous, nous ne pouvons pas, eux le peuvent. Et c’est justement à Moïse lui-même que Moïse dit : Tu ne peux pas me voir !

Et c’est pourquoi Dieu lui dit :

33.21

וַיֹּאמֶר יְהוָה, הִנֵּה מָקוֹם אִתִּי; וְנִצַּבְתָּ, עַל-הַצּוּר

Il est une place près de moi: tu te tiendras sur le rocher

33.22

וְהָיָה בַּעֲבֹר כְּבֹדִי, וְשַׂמְתִּיךָ בְּנִקְרַת הַצּוּר; וְשַׂכֹּתִי כַפִּי עָלֶיךָ, עַד-עָבְרִ

puis, quand passera ma gloire, je te cacherai dans la cavité du roc et je t'abriterai de ma main jusqu'à ce que je sois passé.

33.23

וַהֲסִרֹתִי, אֶת-כַּפִּי, וְרָאִיתָ, אֶת-אֲחֹרָי; וּפָנַי, לֹא יֵרָאוּ

Alors je retirerai ma main et tu me verras par derrière; mais ma face ne peut être vue.

 

Je te protégerais par le rocher et tu verras mon arrière mais ma face tu ne peux voir…

Or, on ne comprend pas ce que cela veut dire : le Dieu dont parle la Bible se cache derrière un rocher pour éviter que Mosheh soit atteint par sa vision !? On ne sait pas de quoi il s’agit ! On peut l’apprendre, mais c’est 40 ans de Kaballah ! 

En tout cas formellement c’est très clair, on ne comprend pas ce que signifie qu’Abraham et Isaac et Jacob ont vu Dieu ! On ne comprend pas, mais c’est ce que le verset dit. Et Rashi explique : c’est le cas particulier des Avot ! 

 

Vous voyez que si jamais vous entendez que Rashi est un commentateur populaire et enfantin, il s’agit de gens qui ne savent pas de quoi ils parlent.

 

l’être-père et l’être fils

 

C’est la différence entre l’être-père et l’être fils : les Avot ont été créés pour être les pères des enfants d’Israël, et le monde est destiné aux enfants d’Israël. Il y a là une manière d’exister qui nous dépasse absolument qui est un mérite colossal. Cela veut dire exister sans exister dans la réalité : exister sous forme de promesse signifie exister par délégation. Les Avot existent pour les Bnei Israel. Toute la Torah les traverse, elle concerne Daber El Benei Israel

 

Vous le comprendrez mieux par comparaison quand vous vivrez le retour et que vous aurez des enfants : être père c’est très différent d’être fils. Ce n’est pas une question d’état civil mais une manière d’être qui est radicalement différente. L’être-père est un être de sacrifice. Ils ont d’ailleurs un sacré fils ! C’est très différent.

 

Je me rappelle moi-même : j’ai commencé à réalisé ce qu’être père signifie avec mon dernier enfant. Avec les premiers, ma femme et moi, on avait l’impression de jouer à la poupée. On avait des petits-frères. Ce n’est vraiment quand on a eu un décalage d’identité très grand, avec ma dernière fille quand elle est né, on s’est senti père. On se sent finalement vraiment père que quand on est grand-père. C’est encore un autre problème. Cela fait un choc d’ailleurs. Cela explique pourquoi la relation avec le petit-fils est beaucoup plus directe affectivement que la relation même entre le père et le fils.

 

On voit cela dans la famille d’Avraham, l’identité d’Its’haq c’est l’identité la plus difficile. L’identité d’Avraham, c’est évident qu’elle a un sens. C’est lui qui commence. L’identité de Jacob c’est évident qu’elle a un sens. C’est lui qui achève. Mais Isaac c’est l’identité la plus difficile. Parce qu’il n’est ni au commencement, ni à la fin. Il est fils du père Avraham et père du fils Jacob. Mais lui qui est-il pour lui-même ? C’est pourquoi c’est le statut de l’identité d’Isaac qui représente le statut existentiel des individus. Parce que nous sommes tous entre un premier homme et un dernier homme si j’ose dire, c’est-à-dire entre Adam Harishone et le Mashia’h. Et tout ce qui se passe entre, c’est le problème de la destinée individuelle. Il y a deux perspectives très différentes, toutes les deux vraies mais contradictoires. Tous les individus entre le premier et le dernier sont traversés par la vie, mais eux sont étapes dans la première perspective. La deuxième perspective c’est que chacun a une essence pour elle-même. C’est alors le drame de la prise de conscience de chaque personne pour elle-même. Est-ce que je ne suis qu’un maillon d’une vie qui passe entre le premier homme et le dernier ? Ou est-ce que j’existe par moi-même ? Et les deux choses sont vraies. Cela apparait surtout chez Isaac. Parce qu’il est par essence fils du père et père du fils. Laissez de côté tous les mythes chrétiens, quoique profondément ce qu’ils ont voulu dire cela se relie par là. C’est le problème de la différence entre l’être-père et l’être fils.  

 

On continue pour arriver à l’intitulé de ce programme :

Vaéra 6.4:

וְגַם הֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתָּם, לָתֵת לָהֶם אֶת-אֶרֶץ כְּנָעַן--אֵת אֶרֶץ מְגֻרֵיהֶם, אֲשֶׁר-גָּרוּ בָהּ.

Et aussi j’ai contracté  mon alliance avec eux pour leur donner le pays de Canaan, le pays où ils ont été étrangers…

 

Erets Megourehem : alors qu’étymologiquement cela voudrait dire le pays où ils ont séjourné. Mais ils y ont séjourné Davka comme étrangers !

 

Imaginez la situation des Avot. D’une certaine manière, notre génération vit encore un peu cela. C’est dire qu’ils étaient étrangers chez eux. Parce que c’est chez eux du point de vue d’une promesse, mais dans la réalité ils sont encore étrangers. Regardez que le monde entier nous met encore dans cette situation-là. Le seul peuple qui est considéré comme étranger chez lui, c’est Israël. Personne ne dispute que les français sont chez eux en France mais tout le monde sait que les français ont conquis la France. Là il n’y a pas de problème. Comme pour tous les peuples du monde d’ailleurs. S’il y a vraiment un peuple qui pourrait avoir des droit à une terre c’est Israël, et pourtant le monde entier considère que Israël n’est pas chez lui. Vous voyez la position des Avot !

 

J’ouvre une parenthèse sur le mot Guer.

אֵת אֶרֶץ מְגֻרֵיהֶם, אֲשֶׁר-גָּרוּ בָהּ  

Asher garou bah, le pays où ils ont séjourné.

Mais Asher garou bah, c’est séjourner comme un Guer et non comme un Toshav.

On a appris ce mot de Gar opposé à Do. Ils étaient en situation provisoire.

 

D’une part, Dieu dit à Moïse : J’ai la promesse aux Avot qu’il faut que Je réalise. Parce qu’eux ils avaient l’alliance de la promesse qui n’a pas encore été réalisée. Et puis maintenant :

6.5

וְגַם אֲנִי שָׁמַעְתִּי, אֶת-נַאֲקַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אֲשֶׁר מִצְרַיִם, מַעֲבִדִים אֹתָם; וָאֶזְכֹּר, אֶת-בְּרִיתִי

 et enfin, J'ai entendu les angoisses des enfants d'Israël, asservis par les Égyptiens et Je me suis souvenu de mon alliance.

 

Cela veut dire le moment de tenir compte de cette alliance est arrivé. Ensuite vient le programme en 5 verbes-phases :

 

.../...

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:17

Pourim Cours 4 (1979)

 

Pourim (1979) - Cours 4 – 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_4

Durée : 19,4 minutes
Face B

 

…/…

Deux thèmes :

-le 1erà propos de la relation entre l’événement de Pourim et la révélation de la Torah.

-et une deuxième référence dans le Sefer Devarim.

 

Parashah de Vaéra au chapitre 6:

Au moment où l’évenement de Guéoula va se produire les persécutions s’accentuent, l’asservissement devient de plus en plus difficile et Moïse interroge Dieu pour savoir pourquoi c’est si difficile. Je ne reviens pas en détail sur ce que nous avons vu à ce sujet. Le principe qui apparait de l’ensemble des commentaires à ce sujet c’est que précisément si la Torah nous raconte la manière dont cela s’est passé c’est pour que cela nous serve d’enseignement. Etant donné que c’est la 1ère fois qu’un épisode important du point de vue du récit de la Torah se passe, nous découvrons pour la première fois comment cette épisode fonctionne.

 

Or, du point de vue d’une sagesse théorique on pourrait se dire que à priori Moïse lui-même pourrait comprendre qu’au moment même où l’événement devait se réaliser les difficultés commencent. C’est ce thème de la différence entre l’espérance et la réalité. Tant que l’espérance est au niveau de l’espérance elle est parfaite en elle-même, il n’y a pas de place pour le doute. Lorsqu’on a une foi et une espérance, elle est authentique et totale ; il n’y a donc aucun problème de la foi des hébreux qui était totale. C’est au moment de la réalisation de cette espérance que les dfficultés commencent et que le doute peu à peu risque d’apparaitre.

 

Je vous avais alors citer ce Midrash où les hébreux sont nommés par le Midrash Maaminim Bnei Maaminim, dans tout ce thème de l’être-père et de l’être fils.

L’être-père est un être de promesse, et donc il n’y a pas de place pour le doute de celui qui adhère à une promesse. Mais c’est la foi des pères : la foi qu’une promesse s’accomplira. Tant qu’on est encore au niveau de relation de la promesse comme promesse la foi est absolue. Les difficultés commencent quand la réalisation va commencer. L’erreur de cette génération n’était pas d’être croyants maaminim mais c’était d’être maaminim bnei maaminim.

Ne vous trompez pas, le pschat c’est qu’ils sont « croyants fils de croyants » et donc c’est dans l’atavisme hébreu d’être capable de foi. Cela veut dire que cela se perpétuera toujours. C’est une identité capable de emounah qui se perpétue de génération en génération.

 

Mais le drash que je vous ai cité c’est qu’ils étaient maaminim de la manière dont il était normal et authentique d’être maaminim à l’époque de leurs pères.

 

C’est pourquoi nous avons fait le diagnostic pour notre temps. La comparaison est très facile à faire. Aujourd’hui, si nous admettons comme postulat que la réalisation a commencé, alors cette foi qui consiste encore à croire dans la promesse est une foi erronée. Mais cela ne veut pas dire qu’en elle-même elle n’était pas authentique au temps des pères.

 

Cela nous donne un peu la définition de la gravité d’une hérésie. C’est beaucoup plus grave de se tromper de foi que de ne pas avoir la foi. Sans la foi en un projet historique donné, cela ne nous concerne pas. Mais si on se relie à ce projet historique dans une erreur de la foi c’est beaucoup plus grave !

 

Du point de vue des critères de théologie générale, la relation à l’infidèle - dans le sens étymologique de celui qui n’a pas la même foi -  en français cela a changé de sens : celui qui est en faute vis-à-vis d’une fidélité – a toujours été moins grave que la relation à l’hérétique. Car l’hérétique c’est l’homme d’une foi dans l’erreur. D’une autre manière, l’infidèle est celui qui pourrait avoir la foi mais ne l’a pas. Tandis que l’hérétique est celui qui a la foi, mais il est plus dangereux car sa manière de se relier à cette foi porte et met en question, en danger, cette foi même.

 

Retour au sujet :

C’est la première fois qu’on rencontre cette difficulté. Nous allons lire ce texte pour nous rattacher à notre sujet. Dieu va répondre à Moïse pour lui indiquer le pourquoi de cette difficulté. Le temps de la réalisation a commencé. Rappelez-vous l’image de l’accouchement.

Et dans tout ce programme il n’est pas du tout prévu que Israël doive passer au Sinaï recevoir la Torah. C’est la raison pour laquelle j’ai posé la question de la manière suivante.

Il faut relire le chapitre 19 dans Yitro pour comprendre ce qui s’est passé vraiment au Sinaï et se déshabituer des idées reçues.

On l’a étudié lors de l’étude du Qriat Shémâ au sujet de la troisième lecture: qui s’adresse à qui pour dire Shémâ Israël ?

C’est Moïse qui s’adresse à Israël pour lui dire : Shemâ Israël Hashem Elokeinou Hashem E’had.

Parce qu’il y avait précisément une contestation entre Israël et Moïse par rapport à la Torah. Et c’est la raison pour laquelle il a fallu que Dieu se révèle aux yeux du peuple pour habiliter la mission de Moïse. C’est à postériori que la révélation du Sinaï a été nécessaire parce que les Hébreux n’étaient pas au stade où ils auraient pu directement - depuis l’Egypte en prenant le chemin de la côte nommé Derekh Eretz Pelishtim - se rendre en Israël. Les colonies des Phillistins étaient installées sur la côte depuis l’Egypte jusqu’en Israël. Les Pelishtim cela signifie les envahisseurs. Liflosh conquérir, envahir. Ce n’est pas un hasard que les Palestiniens aient pris ce nom-là. En prenant ce chemin-là, il aurait suffit de onze jours de marche dit le texte. Mais voilà qu’on a fait un immense détour par le sud, et finalement ce détour va durer 40 ans.

 

Voyez la surprise, on est tellement habitué que cela va de soi : la sortie d’Egypte pour arriver au Sinaï pour recevoir la Torah… Mais ce n’est pas du tout prévu au programme ! C’est à postériori qu’il y a eu cette nécessité. A postériori, c’est donc très important, et on étudie pourquoi. Mais pas à priori.

 

Je vous le répète parce que ce problème est au fond un des conflits fondamentaux dans le monde contemporain.

 

On pourrait le formuler de la manière suivante : quel est l’objectif de la sortie d’Egypte ?

 

1-       Les non-sionistes répondraient : c’est de recevoir la Torah ! Et ceci dit, si on mérite que le messie vienne, alors il nous donne Eretz Israël en prime, mais sinon l’essentiel c’est la Torah qu’il faut pratiquer n’importe où, à partir du désert… La Torah a été donnée au désert pour qu’elle soit universelle et donc praticable partout…   Vous devinez que ce n’est pas ma thèse. J’essie de vous la plaider le moins ironiquement possible, mais cette position-là est tellement assurée d’elle-même qu’elle ne se rend pas compte qu’elle contredit même le texte de la Torah.

 

2-       La 2èmethèse c’est que la sortie d’Egypte est en vue de rentrer en Eretz Israël. Et pour y recevoir la Torah ! Pourquoi a-t’elle été donnée au Sinaï ? Parce qu’on n’a pas été à la hauteur du premier objectif ! Alors un programme de remplacement est arrivé…

 

 C’est cette deuxième thèse qu’on apprend de la Torah elle-même. L’autre c’est une idéologie, un opinion dérivée. Et quand ces deux thèses se cristallisent, il n’y a plus de dialogue possible entre les deux, et c’est ce qui est dramatique. Un partisan de la 1èrethèse est tellement persuadé que c’est la Torah qui est essentielle qu’il ne peut plus voir le rôle d’Eretz Israël dans cette Torah ! Cela ne fait plus partie de ce qu’était le projet originel de la Torah qui nous est décrit de façon tellement claire qu’on se demande comment les partisans de la 1èrethèse fonctionnent ! L’objectif de la sortie d’Egypte n’a jamais été d’aller au Sinaï pour recevoir la Torah. Cela a été de rentrer en Erets Israël.

 

La vraie raison qui les arrête dans cette erreur c’est qu’à l’apparition du sionisme, le sionisme s’est opposé à la communauté religieuse. Et donc les chefs de la communauté religieuse se sont opposés au sionisme. Il a fallu qu’apparaisse un mouvement sioniste politique qui décroche de la communauté juive traditionnelle installée dans une symbiose judéo-goï très bien adaptée à travers 2000 ans pour pouvoir dégager les juifs de cet engluement. Il fallait détruire ce type de communautés pour pouvoir sauver les juifs. Je schématise, mais c’est ce qui s’est passé. Cela a été la position du sionisme politique à l’origine. Les sionistes sont ceux qui ont perçu que sans un décrochage de la civilisation européenne une catastrophe arriverait. Vous transposez avec Moïse lors de la sortie d’Egypte. Et elle est arrivée !

 

Ensuite ces juifs orthodoxes qui ont assisté à ce mouvement étrange avec un Moïse venant leur dire qu’Israël est une nation ! Alors qu’il avait entendu dire par Moïse pendant 2000 ans qu’Israël était une religion ! Ce mouvement étrange qui s’oppose à la tradition juive pour sauver les juifs a sucité une réaction très violente des rabbins d’opposition sioniste. Aujourd’hui les rabbins qui ont cette position-là l’ont parce qu’il sont fidèles à leurs maitres, et qu’il y a une telle force dans ce Klal de Emounat ‘Hakhamim dans la tradition juive, ils ne peuvent pas, même s’ils le voient de leurs yeux, qu’il faut réadapter une position différente vis-à-vis du sionisme et de l’état d’Israël, à cause de leur fidélité à leurs maîtres. Et comme ces maitres ne sont plus sur terre pour s’expliquer avec eux alors il y a blocage et impasse. Et leur position est dramatique. J’en connais beaucoup qui avec leurs yeux voient qu’il y a eu une erreur à l’origine qu’il faut corriger mais qu’ils ne le peuvent pas par fidélité au souvenir de leurs maîtres.

 

Admettons qu’il y avait dans les apparences de quoi se tromper à l’apparition du sionisme. Seuls les rabbins kabalistes ont diagnostiqué que l’apparition du sionisme c’était Mashia’h Ben Yossef. On a beau leur citer des maîtres du calibre du Gaon de Vilna cela ne sert à rien. Parce qu’il y a eu une passion. C’est une situation dramatique. Lorsque quelqu’un sait qu’il se trompe mais qu’il est obligé pour d’autres raisons que la vérité de perpétuer dans cette erreur il est très malheureux. Un cœur humain ne supporte pas une contradiction aussi grave. Ils sont tous cardiaques.

 

J’ai eu moi-même un maitre européen farouchement antisioniste pour cette raison-là que le sionisme politique apparaissait avec comme objectif de détruire la tradition pour pouvoir sauver les juifs. Moi, il m’a fallu des années pour arriver à comprendre l’évidence de ce fait qu’effectivement c’est ce qu’il fallait faire. Parce que c’était la symbiose de la communauté juive traditionnelle qui avait fait prendre ses juifs dans un piège. Le piège de ce qui est arrivé en Europe avec le nazisme. J’aimerais vous montrer jusqu’où va la ruse de la malignité de la conscience dans ce chemin tordu. Dans cette thèse-là antisioniste, la shoah est la punition du sionisme parce que le peuple juif a voulu être traitre à la Torah et voulu revenir en Eretz Israël avant la fin des temps et la venue du Messie ! Alors Dieu a puni le peuple juif par la shoah qui serait alors la sanction du sionisme ! Alors qu’il est bien évident que la shoah a été la conséquence du fait qu’on n’a pas suivi la déclaration Balfour.

 

J’essaie de vous décrire à quel point une conscience sous l’emprise d’une passion ne peut plus raisonner normellement. J’ai mis longtemps à m’apercevoir qu’il y a un poids affectif très puissant : le souvenir de leur maître. On ne peut le comprendre qu’en milieu orthodoxe.

 

Je vous donne un exemple :

Un des hommes à la tête de Ohr Yossef ,non pas le Rosh Yeshiva qui est le Rav Lieberman venant de la yeshiva de Novardok, avec toute une équipe des éclaireurs qui étaient des Baalei Tshouvah que j’ai eu moi l’imprudence d’envoyer à Guetsel pour qu’ils se forment et c’est là-bas qu’ils sont devenus comme ça ! A l’époque, naïf, arrivant d’Afrique, je croyais que toute yeshivah était une yeshivah normale et je ne pouvais pas m’imaginer à l’époque qu’il pouvait y avoir derrière la même Torah des idéologies si différentes par rapport à l’essentiel.

 

C’est le rav Rotnemer maintenant qui est un des principaux chefs de la Yeshivah de Ohr Yossef qui a donné cette dimension là à la yeshivah …

   

…/…   

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Published by Rav Léon Askénazy - dans CALENDRIER & FÊTES
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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:15

Pourim Cours 4 (1979)

 

Pourim (1979) - Cours 4 – 1ère partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_4

 

Durée : 26,8 minutes
Face A

…/…

…à Sion…, ça c’est au temps du Mashia’h Ben Yossef. C’est la Aliah qui s’achève avec nous, parce que finalement tous ceux qui avaient déjà décidé depuis 1948 de venir finalement viennent. Actuellement ce sont les fonds de tiroirs qui arrivent un par un. Quelques milliers par an, pas plus, pas plus ! Mais les grandes vagues de Aliah c’était depuis 1948. C’est fini cela s’achève. Nous avons par tradition que quand on dit Mashia’h Ben David, le Mashia’h de la résurrection il y aura la 2ème vague, mais qui viendra ? les Juifs ? je ne sais pas ! C’est une autre Aliah, celle des 10 tribus perdues. Bon, il faut garder l’espoir que tous les Juifs seront sauvés, mais c’est un espoir. Du point de vue des événements, il est bien évident que Israël existe par ceux qui l’ont créé, et c’est fini ! On a beau dire aux rabbins de l’étranger : alors vous envoyez vos Juifs ? et puis vous diaspora… placenta… ! Vous voyez le problème !

 

Je me demande si à part quelques actions d’éclats dont je vous donne un exemple : il y a une dizaine d’années (vers 1950) si le grand rabbin Kaplan avait décidé la Aliah, il y a 200 000 Juifs de France qui serait venu avec lui. Et j’en suis absolument certain parce qu’on en a parlé. Il était le seul rabbin consistorial sioniste. Il a toujours fonctionné comme un grand rabbin de France, français mamash, avec un loyauté pour le consistoire totale, et c’est une loyauté personnelle, il y croit, c’était le 1er rabbin à l’époque qui avait le courage de faire des discours sionistes dans un synagogue du consistoire à l’époque, je ne sais pas si vous vous rendez compte du courage. Il est bien évident qu’au moment du rappatriement des Juifs d’Afrique du nord j’ai eu plusieurs scéances de travail avec lui pour s’occuper de préparer l’arrivée des enfants. Beaucoup ont été parachutés à Strasbourg par des strasbourgeois qui ont trouvé des avions pour faire venir les enfants…etc, et discutant de cela, je lui ai dit qu’il était évident qu’il devait décider la Aliah !

C’était évident que s’il décidait la Aliah à ce moment-là, au moins les deux-tiers de la communauté, 200 000 juifs à l’époque, venaient en Israël derrière lui ! Et il ne l’a pas fait !

Et vous allez me dire, cela tient à cela ? Oui, cela tient à cela !

Imaginez l’identification du peuple juif dans les moments de crise, c’est ce que va dire le grand rabbin qui est énormément respecté ! « Si dejà lui dit… alors peut-être que c’est vrai… ».

La Aliah c’est l’affaire de l’agence juive, l’accord entre le gouvernement français et le gouvernement israélien.

Je dirais plus, jamais de la vie, les Juifs d’Afrique du nord ne devaient arriver dans les commaunutés consistoriales. Ce n’était pas du tout leur type de communauté ! C’est depuis ce temps-là que le consistoire s’occupe de cacherout ! Pourquoi ? Parce qu’il y a eu les nord-africains !

Avant pon mangeait cachère grâce aux petites communautés orthodoxes des juifs polonais et des juifs allemands.

Je me rappelle étudiant à Paris, sans le rabbin Munk de la rue Cadet ou sans le rabbin Roubistein de la rue Pavé, les Polonais et les Allemands, on ne pouvait pas manger cachère.

Au consistoire, les rabbins ne mangeaient pas cachère ! Peut-être un ou deux…

En voyage en Province il fallait chercher à la loupe qui mangeait cachère, en général un juif non français mais étranger, pour pouvoir manger cachère, car je ne pouvais pas aller manger chez le rabbin ! Je ne sais pas si vous vous rendez compte ! Avec des prouesses de courtoisies et de politesses pour ne vexer personne !  

Le restaurant cachère parisien était clandestin après la guerre, alors qu’aujourd’hui le consistoire a un budget colossal de la cacheroute des nord-africains. Les ashkénazim en ont profité, mais ce n’était pas le consistoire qui s’occupait de cela. Une fois investi de la mission de la cacheroute, ils ont voulu demander au gouvernement l’exclusivité de la cacheroute et de la supprimer chez les autres communautés grâces auxquelles on mangeait cachère !

 

Je vous donne un autre exemple :

Si le rabbi des Loubavitch, le Admor, aujourd’hui, décide la Aliah, il y a 3 millions de Juifs qui arrivent ! Est-ce qu’il le décidera, je n’en sait rien !

Vous allez me dire, est-ce que cela tient à cela ? Oui, cela tient à cela ! 

C’est le fait des hommes qui représentent le peuple juif. Et le peuple juif les suivrait. Pour le rabbi de Loubavitch, c’est sûr !  Il lève le petit doigt et on n’a plus de problème, l’ONU serait bien obligé de dire qu’il faut loger ces Juifs-là !  Alors qu’aujourd’hui cela arrive au compte-goutte !

On ne sait pas ce qui peut se passer demain, mais il est bien évident que grosso-modo, la aliah est arrêtée depuis la dernière grande vague de 1967-1968. Cela ne veut pas dire qu’il faut arrêter les efforts de la aliah, mais c’est la pêche à la ligne, un par un…

 

Puisqu’on parle du rabbi de Loubavitch, je ne veux pas qu’il reste des choses imprécises. On l’appelle Admor, cela veut dire Adoneinou Moreinou VéRabenou, et moi aussi j’ai énormément « d’admouration » pour lui ! C’est un culte d’admouration.

C’est quelque chose d’incompréhensible pourquoi le Admour, non seulement n’envoie pas ses Juifs car lorsqu’il les envoie pour des missions ponctuelles ce n’est pas la Aliah. Ce sont des missions, il pourrait les envoyer en Australie ou en Afrique du Sud ou ailleurs. Ceci dit, il n’y a pas de doute que son attitude vis-à-vis de l’état d’Israël n’est pas la même que celle des orthodoxes antisionistes. Il critique violemment lorsqu’on rend les territoires. A la guerre de Kipour, il a envoyé un message violent en disant : « à quelques kilomètres de Damas et du Caïre vous ne prenez pas Damas et le Caïre !? » il a dit, avec raison : cela va nous coûter cher ! La question est : pourquoi il ne vient pas, même pas en touriste ? Il y a une loi dans le Shoulkhan Aroukh : en Eretz Israël on n’a pas le droit de quitter Erets Israël sans l’autorisation de son rabbin. Chaque fois que je voyage, je demande l’autorisation et je ne discute pas la décision. Il faut une raison suffisante pour quitter Eretz Israël. Chaque cas s’étudie. Mais lui n’a pas de rabbin, puisqu’il est à la tête. Cela veut dire : nous ne pouvons pas comprendre ses raisons ! Cela ne rentre pas dans le cas habituel de n’importe quel juif ! Si cela vous préoccupe de savoir pourquoi le Admour des Loubavitch ne vient pas en Israël sachez que la question ne se pose pas à notre niveau, il a ses raisons ! Dans la tradition ‘hassidique c’est lui le chef, le plus haut. C’est particulier, c’est la plus grande secte, même si ce n’est pas une secte.

 

Une fois j’étais de passage à New-York, et j’ai décidé d’aller le voir. Cela fait très longtemps que nous sommes en correspondance. Moi j’écris mais lui ne répond pas. Ce qui est très rare, il répond à tout le monde. Une fois même une des mes lettres a été portée en mains propres, par le responsable Loubavitch de France. Il y a des questions d’étude, on a besoin de savoir comment dans l’heure libre eux ils expliquent cela. Alors je me suis dit que j’allais le voir. Finalement, j’avais rendez-vous avec son premier secrétaire car il était occupé. La veille du rendez-vous on m’a changé avec le 2ème secrétaire. Et puis le jour du rendez-vous on m’a changé avec le 3ème secrétaire. Alors j’ai compris qu’il ne voulais pas me recevoir ! Je voulais lui poser la question. Sof-sof j’ai eu la réponse. Pas directement, et pas par moi mais je vous la donne pour que vous n’ayez pas de mystères en sachant très bien que vous n’allez pas la comprendre. Je vous la donne quand même. La réponse est la suivante, ce n’est pas tant qu’il n’ait pas de rabbin, la Torah cela existe !

 

Cela me rappelle l’histoire à propos de Jean 23 avant de devenir Pape, il a avait l’habitude chaque fois qu’un problème grave se posait à lui de dire : demain je demanderais au Pape ! Une fois devenu Pape, il ne savait pas, il eut un problème et se dit : Demain je demanderais au Pape ! Et subitement il s’aperçut : Mais c’est moi le Pape !

 

Le retour en Eretz Israël c’est la confrontation entre les forces de la sainteté et les forces de l’impureté. L’un à la mesure de l’autre. Dès qu’il y a une quantité de sainteté qui arrive en Israël, il y a une quantité d’impureté opposée qui se déclenche. Il y a un conflit grave. Son raisonnement est le suivant : étant donné qu’il est le dépositaire d’une grande part de saineteté du peuple juif, s’il vient lui, il déclenche contre Israël une force opposée trop grande.

 

Il y a donc des raisons. Mais ce n’était pas notre problème tout à l’heure.

C’est à une hauteur qui dépasse les autres rabbins, ces petits rabinnicules qui jouent…

Effectivement, concernant notre problème de la Aliah, si le Rabbi de Loubavitch un jour décide de la Aliah, 3 millions de Juifs arrivent en Israël et pas seulement Loubavitch.

  

Tout se passe comme si la 1ère vague est arrêtée. Il ne faut pas désespérer pour les fonds de tiroirs, un juif c’est un juif. Maintenant pour la 2ème vague, je vais vous donner le verset source et après je vous parlerai de la règle des 4/5ème:

 

Devarim au chapitre 30 :

30.3

וְשָׁב יְהוָה אֱלֹהֶיךָ אֶת-שְׁבוּתְךָ, וְרִחֲמֶךָ; וְשָׁב, וְקִבֶּצְךָ מִכָּל-הָעַמִּים, אֲשֶׁר הֱפִיצְךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, שָׁמָּה

Et Hashem Eloheikha raménera ton retour, et aura pité de toi, et il raménera et il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels il t'aura dispersé

 

On trouve deux fois le terme VéShav, c’est l’allusion qui est analysée par la Kaballah :

- le premier retour au temps de la fondation de l’état d’Israël : Mashia’h Ben Yossef.

- le deuxième retour au temps du Mashia’h Ben David.

 Mais qui reviendra aux temps du Mashia’h ben David ? Les Juifs ?

Il s’agit d’Israël mais dans d’autres dimensions. Des choses desquelles on n’a pas parlé encore. Chaque fois que dans la prière on dit « sur nous et sur tout Israël ». Qui est ce « tout Israël » qui n’est pas « nous » ?

 

Tout se passe comme si le premier retour est clos. Indépendamment des quelques dossiers que nous avons par année. Une espèce de petit tri qui va dans un sens ou dans l’autre. Cela concerne  quelques milliers de personnes par mois. Mais ce n’est pas cela le retour de Juifs.

                                                                                                            

 La règle des 4/5ème

 

Dans les trois retours, la fin de l’exil d’Egypte, la fin de l’exil de Babel, et la fin de l’exil contemporain on se heurte à la même statistique : 4/5ème reste dehors et 1/5ème revient.

On pourrait se demander pourquoi on fait la statistique maintenant et pas il y a dix ans ou dans dix ans ? Pour les raisons que je viens de vous dire : c’est que tout se passe comme si c’est de notre temps que se polarisent deux identités juives différentes : celle des Hébreux en Israël, et celle des Juifs de la diaspora en diaspora !

 

Je vous donne un exemple : Pour la 1ère fois dans l’histoire du judaïsme français, il y a une formation de cadres pour le judaïsme français qui se fait en Golah pour la Golah, sans aucun rapport avec Israël, sinon par un petit voyage en Israël pour avoir dit qu’on a accompli notre devoir en Israël - 3 semaines sur 3 ans de préparations. C’est une formation de cadres pour les communautés de diaspora et pour en être sûr, on ne les forme pas en Israël, et surtout pas à Mayanot !

Avec un budget des juifs américains dont vous n’avez aucune idée  on pourrait bâtir ici une ville entière avec ce budget-là. 3 ans de formations pour 15 personnes. Parce que les américains ont intérêt que la future génération soit formée par des Juifs français formés à l’américaine, pour qu’ils forment une satelitte de la commaunuté américaine et non d’Israël… Ils reçoivent, déjà étudiant, un traitement comme s’il avait 20 ans d’ancienneté… Ils ont demandé de passer un shabat à Mayanot.

 

C’est un indice de la cristallisation d’identité qui s’est faite et qui n’a plus rien à voir avec le peuple juif revenant chez lui ! Ils vont s’inventer une façon d’être solidaires. Mais cela veut dire une rupture d’identité. Donc la cristallisation s’est faite !

 

Jusqu’à présent c’est une erreur du gouvernement israélien de vouloir de renforcer le judaïsme de diaspora en espérant qu’il finira pas revenir en Israël. C’est une erreur. Au contraire c’est renforcer quelque chose qui va devenir un anti-Israël.

 

Je suis très tranché, il faut nuancer tout cela. Une aventure qui peut être aussi grave que le chistianisme naissant, une espèce de cosmopolitisme juif dont on ne sait pas où cela peut mener, en tout cas, pas à l’identité hébraïque d’Israël ! Cela créé des gens cosmopolites de religion ou de culture juive, mais ce n’est pas l’identité israélienne. C’est ce qui se fait en diaspora.

 

Actuellement, dans énormément de familles il y a un mélange. Les familles se considèrent de la diapora d’Israël mais les communautés sont déjà dirigées ailleurs.

 

Ne croyez pas qu’il s’agit d’une règle fatale et qu’on va renoncer à ses Juifs-là. Remarquez combien de fois je voyage et je ne suis pas le seul ! On fait ce qu’on peut, mais c’est la pêche à la ligne !

Ce n’est pas une fatalité qui serait contraire à tout l’enseignement de la Torah qui enseigne la liberté. D’autre part, il ne faut pas renoncer et abandonner.

 

Le problème est le suivant : les phénomènes humines comme tous les phénomènes dans le monde sont conditionnés par des lois. En ce qui concerne les phénomènes humains, si la liberté joue, elle brise le conditionnement. Mais si la liberté abdique, alors elle se laisse aller aux conditionnements, et le conditionnement joue ! Or, tout se passe comme si effectivement, le peuple juif a abdiqué sa liberté devant les conditionnements et ces derniers jouent. Pourquoi cette régle des 4/5ème touche t’elle untel et pas untel, c’est là le mystère de la destinée de chacun. Mais lorsque la loi joue, elle joue, parce que la liberté a abdiqué ! C’est pourquoi il faudrait une prise de conscience. D’où pourrait-elle venir ? Je n’en sais rien !

 

On est bien obligé de prendre acte à postérori que les chose se passent ainsi. Mais apriori elles pourraient se passer autrement.

 

Je vous cite l’enseignement à propos d’un verset des prophètes (2Shmouel 14.14):

לא ידח ממנו נידח

Lo Yida’h Miménou Nida’h - Il n’y aura aucun repoussé..

C’est à-dire personne ne restera à l’extérieur. Etudiant au talmud torah j’avais demandé à mon rabbin :

-cela signifie qu’ils reviendront tous ?

Il m’a répondu :

-oui, ils reviendront jusqu’au dernier qui reviendra.

 

Ils reviendront, qui ? ceux qui reviennent ! C’est cela « tous » !

Il m’avait cité cet enseignement qu’un verset dit :

Mezareh Israel Yiqabetsem - Celui qui a dispersé Israël les rassemblera…

 

Et Il les a dispersé avec la main qui a cinq doigts et il les rassemblera avec un seul doigt, ce qui fait 1/5ème ! (Etsba Elokim).

…/…

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*****

 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:12

Pourim cours 3 (1979)

 

Pourim cours 3 (1979) – 2èmepartie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_3

Durée : 46,6 minutes
Face B

 

…/…

… lorsqu’on arrive dans le 12èmesigne du zodiaque. Voilà leur fin !

Ils ont commencé au 1ermois, ils finiront au dernier mois. Israël a une histoire avec la sortie d’Egypte mais la Galout c’est leur fin ! Il s’est dit : « là, je vais les avoir »…

 

                      Mais l’erreur de Haman était qu’il ne savait pas que cette fin-ci c’est la perfection !

 

Et à partir de ce moment-là Israël rentre dans l’éternité.

 

                      Lorsque la fin est reliée au commencement.

Et la chose qui est parfaite, revient à Hashem Itbarakh (cela veut dire : prend de Dieu la forme d’éternité, devient éternelle).

 

Cela rejoint l’identité qui s’appelle Reshit.

Quelle est cette manière d’être qui s’appelle Reshit ? C’est une manière d’être qui consiste à être  perpétuellement commencement. Il n’a pas de fin.

La Torah nous enseigne: Bereshit Bara Elohim et hashammayim ve-et harrets.

Toute chose, toute réalité, qui est Reshit dans le monde est éternelle. Elle est perpétuellement commencement ! Ein-Sof sans fin !

 

Rashi : deux réalités qui sont ainsi : la Torah et Israël (et Eretz Israël, cela va ensemble) puisque tout de suite Rashi s’occupe d’Eretz Israël pour expliquer pourquoi on a commencé au commencement.

 

Cela veut dire qu’il y a dans le monde des réalités dont la manière d’être consiste à être commencement. C’est cela le secret du ‘hidoush : le renouvellement perpétuel sans fin. Un Réshit c’est un être d’éternité.

 

C’est avec un être d’éternité que Dieu a créé….

Quel est cette éternité ?

La Torah et Israël !

Deux réalités qui sont d’emblée éternelles.

 

Je vous dis une chose qui est contradictoire philosophiquement mais essayer d’y réfléchir par vous-mêmes : Dieu les a créé éternels. Il y a un processus de gestation qui est dans le temps (commencement et fin) mais dès que ce processus s’achève sur lui-même cela entre dans l’éternité. C’est le cas particulier d’Israël par rapport aux Goyim. Il a bien une histoire mais c’est l’histoire des Avot. Et dès que l’histoire des Avot est achevée, les Bnei Israël sont un peuple éternel. Alors que chez les Goyim c’est l’histoire de telle ou telle nation qui a un commencement, une apogée, et une fin. Ce cas particulier d’Israël dans le monde a été diagnostiqué par le monde comme divin ! Et ils se sont mis à l’adorer en effigie ! C’est l’antisémitisme profond du christianisme. Ils prétendent que Dieu s’est fait homme pour sauver le monde. En réalité, ils croient que Dieu s’est fait juif pour sauver le monde. Mais ils ne le disent pas ! Quand ils avouent que Jésus était juif c’est la plus grande de leur douleur…

 

Rappelez-vous ce que vous appris au sujet du Hiniane HaElohi. Pour Judah Halévi, le Hiniane HaElohi est incarné en Israël. Les Chrétiens croient à la même chose mais sous forme païenne, que Dieu s’est fait homme chez un juif, mais sous forme caricaturale et païenne. La pensée avec l’image incapable de penser la vérité comme elle est.

 

Regardez cette grandeur de Judah Halévi qui explique tranquillement et l’air de rien  où est l’erreur du christianisme. Ils disent la même chose de façon grossière à leur manière, mais sous forme païenne. Quand un chrétien dit croire que Dieu s’est fait juif sans le dire parce qu’il est antisémite, il dit ce que Judah Halévi dit : il y a le Hiniane HaElohi en Israël. Mais c’est dit sous la forme païenne du Dieu qui s’est fait homme, né d’une vierge…etc.

 

Comprenez bien la distance infranchissable entre le niveau de la pensée juive et le niveau de la pensée chrétienne.

 

C’est pourquoi il n’y a pas de dialogue possible. Chaque fois qu’on leur explique quelque chose, ils l’entendent dans leurs catégories. Au fond, la contestation du judaïsme vis-à-vis des chrétiens ne portent pas tellement sur leur croyance, parce que sans le savoir dans leur manière grossière, ils sont censés croire au judaïsme, mais ils disent que ce sont des mystères parce qu’ils ne comprennent pas.

C’est le fait qu’il sont goyim et dans leur tête de goï cela devient de l’idolâtrie. Et cette tête de goï – vous l’apprendrez avec le Maharal pour ce qui concerne les civilisations – elle est façonée pour faire les civilisations. Ce sont eux qui font les civilisations. Les grandes civilisations : Babel et sa valeur, la Perse et sa valeur, Rome et sa valeur, seuls eux pouvaient les faire. Dès qu’ils touchent à la religion c’est le délire, le paganisme ! C’est le rôle d’Israël, ce n’est pas pour eux.

 

Et de même que le début de notre histoire a été de Dieu car le mois de Nissan qui est le commencement d’Israël où Dieu les a fait sortir d’Egypte, le commencement vient de Dieu de même que la fin se relie à Dieu.

Et c’est pourquoi, la fin, il est normal que ce soit le mois de Adar qui est le dernier des mois. Et il est relié au mois de Nissan. Et cette chose-là ressemble absolument à l’identité de Mosheh car bien que sa mort vienne de son côté à lui au mois de Adar qui est la fin des mois, de toute façon puisqu’il est né en ce mois-là le nombre de ses jours était en perfection il n‘y a pas de fin par le fait que la fin se lie au commencement. Et de de ce point de vue-là il y a le fait d’être ramené à Dieu et c’est cela l’existence d’éternité.

 

On a là le mot clef Kiyoum anitzri.

 

Et de même en Israël lui-même bien qu’il y ait la fin de l’histoire d’Israël cette fin n’est que perfection mais ce n’est pas une fin.

 

Il y a la fin du temps des Hébreux et on aurait pu croire que c’était la fin d’Israël ! Pas du tout ! C’est la fin des jours d’Israël de la constitution d’une identité qui va rester éternelle. Même si,  comme c’est le cas et c’est là l’erreur d’Haman, elle rentre dans la clandestinité de l’exil. Car elle rentre dans la clandestinité de l’exil comme éternelle. Et quelle est la force de cette éternité ? C’est la Torah de Moïse !

 

                      Et il n’y a pas la fin vraiment, lorsque la fin est liée au commencement !

 

Dit en termes plus simples, on aurait pu croire qu’une fois arrivé à Pourim on ne referait plus Pessa’h ? Non ! Après Pourim on ne commence pas une histoire qui serait l’histoire de notre peuple héritiers des Hébreux dans un autre sens… mais on revient à Pessa’h. Pourim se relie à Pessa’h au commencement des Hébreux.

Alors que pour le christianisme, une fois arrivé à la fin, on s’occupe d’autre chose : Pessa’h ne signifie plus la sortie d’Egypte mais autre chose. Cela devient autre chose.

C’est assez extraodinaire que dans le rite de commémoration de Pâques chez les chrétiens il n’y a plus aucune relation à la sortie d’Egypte ! On s’est coupé de cela et on commence une autre histoire. Une histoire qui aura une fin…

 

Le secret de l’éternité du peuple juif c’est de se rattacher à l’identité hébraïque. Il ne dit pas autre chose, en d’autres termes. Après être arrivé à Pourim qui est la fin des Hébreux, cela aurait pu être la fin si on ne recommençait pas au commencement. Nous les Juifs, nous sommes les Hébreux sortis d’Egypte.

 

Q : L’expression « Mitsel Atsmo de son côté à lui » Moïse n’est pas mort parce qu’il le voulait ; justement, il a demandé…

R : Non Mitsel Atsmo cela veut parce qu’il est une créature terrestre, en tant que créature terrestre il doit donc mourir. Quand ? Davka, le mois de Adar puisque 120 ans… C’est dire plutôt que dire qu’il n’est pas mort qu’il est entré dans l’éternité : l’accomplissement de sa vie lui a donné la dimension d’éternité. Et d’ailleurs selon l’enseignement de Judah Halévi du Hiniane HaEloki, toute créature capable du Hiniane HaEloki serait dans ce cas. Tous les Tsadikim sont dans ce cas en ‘Helek. Kol Israël Yesh ‘Helek LaOlam Haba… Pour Moïse c’est complétement.

 

Vous découvrez avec le Maharal une figure de Moïse qui est une figure qui, pensée par les Goyim, deviendrait une idolâtrie. C’est pourquoi, rappelez-vous de suite que la bonne santé de la tradition juive c’est qu’il n’y a aucune trace de culte quelconque à Moïse. Et pourtant, comme dit précédemment, il y avait de quoi ! Rien dans aucune prière ou liturgie pour glorifier Moïse ! On étudie la Torah c’est ce qui est important. Vous voyez à quel point le judaïsme est différent des autres religions. Etant donné qui est Moïse, et ce que nous savons de lui, si Israël était un peuple Goï, tout Israël ne serait que le culte de la communion à Moïse !

 

Tant les musulmans que les chrétiens se disputent de savoir à quel endroit exactement dans le Sinaï la Torah a été donnée, l’un dit ici et fait un couvent, l’autre dit c’est là et fait une mosquée. On les laisse se disputer car nous nous avons la Torah ! C’est ce décalage.

 

Je vous parle par expérience : chaque année où vous reprendrez ce texte vous en apprendrez plus dans les nuances de détails qui prennent tout leur sens… mais pour arriver à la science il faut la patience et de la perséverance.

 

Et c’est donc de par Dieu lui-même qu’Israël posséde l’existence d’éternité. Et tout cela a été enseigné par allusion comme l’ont dit (les maitres du Midrash dans Ester Raba) : « Haman ne savait pas que Moïse est mort en Adar et qu’il était aussi né le 7 Adar ». Lorsque tu comprendras ces choses, alors tu sauras comprendre ce que dirent nos maitres lorsqu’ils t’ont dit :toutes les fêtes disparaitront un jour mais les jours de Pourim ne seront pas annulés.    

 

Il arrivera un temps dans les temps messianiques où on annulera toutes les fêtes qui ne seront plus commémorées sauf Pourim et Kipourim pour laquelle on continuera.

 

Je donne une explication en introduction:

Cela veut dire que toutes les commémorations qui s’attachent aux péripéties de la constitution de l’éternité d’Israël finiront par devenir inutile. Mais la commémoration de l’événement qui a été le parachèvement de ce qui fait l’éternité d’Israël restera définitive. Même Pessa’h qui commémore le commencement se résorbera devant l’importance de Pourim qui a été l’achèvement.

 

On trouve cela dans le Midrash en passant : Kol Hamoadim Beteilim, Yemei HaPurim lo yiheyu Beteilim ! [ shene’emar ‘ve’yemei haPourim ho’eille v’lo ya’avru mitoch haYehudim v’zichram lo yasuf mizaram’ (Esther, 9:28)]

 

Vous voyez pour comprendre ces phrases du Midrash qui font jolies lorsque l’on cite le Midrash par quoi il faut passer pour comprendre ce qu’il y a derrière.

 

Texte de la Guémara Brakhot :

A la fin du dernier exil, le rappel de la sortie d’Egypte sera un rappel en passant mais la Hagadah sera celle de la fin de notre exil à nous.

C’est Jéremie qui le dit lui-même. « On ne dira plus : vivant est Dieu qui nous a fait sortir d’Egypte, mais : vivant est Dieu qui nous a fait sortir de Russie ». C’était dit en clair.

 

Un enseignement de la kaballah : Les jours de la semaines seront les fêtes.

Yom Rishone aura la couleur de Pess’ah, Yom Shéni aura la couleur de Shavouot… etc.

La qualité du jour de fête sera chaque jour de la semaine. Et dans Shabat il y aura la qualité de Pourim. Cela ne signifie pas qu’ils seront annulés vraiment mais ils seront intégrés complétement dans les Yemei ‘Hol qui seront Yom shé koulo tov. Et Pourim comme tel restera et Kipour aussi.

Oubliez cela c’est de la Kabalah….

 

Et cela vient de ce que tous les Moadim se rattachent au souvenir de la sortie d’Egypte et c’est le début d’Israël comme nation.

 

Tous les Moadim ont leur principe dans le commencement qui était la sortie d’Egypte. Jusque-là le temps des pères, et à partir de là, le temps des fils, c’est-à-dire l’éternité.

                     

                      C’est cela l’essence d’Israël et bien que le début vienne de Dieu lui-même

 

C’est la différence entre le début (hat’hala) et le commencement (réshit). Hat’halah c’est les péripéties, Réshit c’est l’éternité !

 

Car toute créature en tant que créature il y a pour elle annulation (elle est éphémère) de son côté à lui (mitsel atsmo) qui que ce soit, et c’est pourquoi les Moadim commémorent la sortie d’Egypte qui est le début d’Israël, dans tout cela il n’y a pas de fin et seront annulés les moadim, Mais les jours de Pourim ne viennent pas de leurs êtres éphèmères mais de Dieu lui-même dans la dimension d’éternité, le fait que c’est Dieu qui est l’objectif final d’Israël car Israël Hem El Hashem Itbarakh….

…/…

C’est intraduisible en fançais sans employer des mots païens.

 

Et c’est pourquoi les jours de Pourim sont normalement dans le dernier mois de l’année dont le 1ermois est Nissan. Et par le fait que les jours de Pourim sont issus de Hashem Itbarakh lui-même qui est la forme d’Israël (Tsourat Israel = Hiniane HaEloqi) et cela ne vient pas d’eux-mêmes, il ne peut y avoir de salut klal en aucune manière que de Dieu lui-même. C’est pourquoi on a enseigné : que l’homme a obligation de se réjouir par le vin les jours de Pourim jusqu’à ne plus savoir la différence entre Aroukh Haman et Baroukh Mordékhaï.               

 

Parce qu’il faut parvenir jusqu’au principe du salut qui dépasse et Mardochée et Haman par rapport auquel la stratégie par Haman ou la stratégie par Mardochée est équivalente et que l’on peut confondre. Soit Mordekhaï nous donne l’éternité en nous rattachant à Jérusalem, soit c’est Haman qui le fera. Des deux stratégies on préfère l’une que l’autre, mais par rapport à la réalité dont il s’agit c’est interchangeable. Donc il faut se réjouir jusque-là. C’est-à-dire devant Dieu. En dépassant ce niveau où Haman et Mordekhaï sont interchangeables suivant qu’on mérite ou non.

 

Rappelez-vous « Oumaqom A’her » quand Mardochée parle à Esther : soit par les chefs de la communautés, soit par Hitler !

 

Comme pour dire quand un homme arrive à ce niveau-là (de sod et de gaïté d’esprit que le vin permet).

 

L’ennivrement grossier est interdit. On peut utiliser tout autre alcool si on aime pas le vin, mais le Boré Peri HaGuefen doit être fait sur le vin. Je me rappelle ma grand-mère cette sainte femme qui faisait Pourim avec du lait caillé, cela saoûle. Les vrais ‘hassidim, parvenus à un tel niveau d’étude s’ennivrent avec juste de l’eau qui devient l’eau de vie…

 

Comme pour dire quand un homme arrive à ce degré, il n’attend de secours de nulle part car il ne sait plus rien, il n’a aucun pouvoir, ainsi est Israël à ce moment-là, le secours et le salut ne peut venir en rien d’eux-mêmes, uniquement de Hashem Itbarakah, ce salut complétement et il arrive au stade d’un homme qui ne sait plus rien d’où peut venir le salut car il n’a aucune chance de salut de lui-même absolument. C’est ainsi qu’est l’explication de cela. Et de même que cette chose qui t’a été enseignée plus haut aussi, tout à la même source.   

 

Toutes ces explications sont les mêmes, cela revient au même.

- le 7 Adar Moïse est né et Moïse est mort.

- à Pourim on commémore en se réjouissant jusqu’à confondre Haman et Mardochée, par rapport à la source de salut qu’est l’éternité d’ISraël Haman ou Mardochée sont intercheangeables.

- ad lo yada jusqu’à ce qu’on ne sache plus de nous-mêmes.

  

Et quand on arrivera dans les versets de la Méguila cela sera repris que Mordekhaï a envoyé des paroles de paix et de vérité à tous les Juifs et de même que (dans ce Midrash cité précédemment) le jour de Kipour aussi ne sera pas annulé car de même il vient de Hashem Itbarakh lui-même, et c’est à cela que font allusion nos maitres (Yoma) : « heureux vous êtes Israël, que vous pouvez vous purifier. Et devant qui vous purifiez-vous ? et qui vous purifie ? C’est HQBH qui vous purifie ! » 

 

C’est la même idée : le salut pour Israël vient de Dieu. De la même manière à Pourim le salut vient de Dieu. Pourim contre Esaü et Kipour contre le Yetser Harâ. Dans les deux cas le salut vient de Dieu lui-même. Remarquez d’une autre manière que le récit de l’histoire d’Isaac est le centre des Yamim Noraïm. Tout se passe comme si pour ce salut, Dieu et Isaav collaborent. On l’apprend également d’une autre manière : la fin de la Galout vient grâce au mérite d’Its’haq.

« Ki HaQadosh Baroukh Rishev Et HaQets ». A partir de la naissance d’Isaac. 

 

Et cet enseignement de Yom Kipour se base sur un enseignement de Jérémie 17.13 :

                     

Comme il est dit : « Miqveh Israël Hashem… » et c‘est pourquoi le jour de Kipour non plus ne sera pas annulé. Et ceci a déjà été expliqué plus haut. Et toutes ces choses dites ont été dites en allusion dans Midrash Raba beParashat Emor : R.Berakhiah au nom de R.Meïr : cela nous enseigne que HQBH a montré à Yaaqov Avinou…

 

C’est dans la vision de l’échelle où Jacob voit les anges monter et puis descendre, alors qu’on s’attendrait à l’inverse. 

 

Vayetse 28.12

 וְהִנֵּה מַלְאֲכֵי אֱלֹהִים, עֹלִים וְיֹרְדִים בּוֹ

Et voici les anges d’Elohim montaient et descendaient sur lui

 

Nous avons beaucoup de Misdrashim sur cette échelle de Jacob.

 

Le verset lui-même :

וַיַּחֲלֹם, וְהִנֵּה סֻלָּם מֻצָּב אַרְצָה, וְרֹאשׁוֹ, מַגִּיעַ הַשָּׁמָיְמָה; וְהִנֵּה מַלְאֲכֵי אֱלֹהִים, עֹלִים וְיֹרְדִים בּוֹ

Il rêva et une échelle planté en drection de la terre et sa tête arrivant en direction des cieux. Et voici les anges de Elohim montaient et descendaient sur lui.

 

Habituellement on traduit comme si il y avait écrit : il rêva, et dans son rêve il a vu une échelle…

Ce n’est pas ce qui est écrit :

 

וַיַּחֲלֹם, וְהִנֵּה סֻלָּם מֻצָּב אַרְצָה, וְרֹאשׁוֹ, מַגִּיעַ הַשָּׁמָיְמָה

il rêva, alors il y eut une échelle entre la terre et le ciel…

 

C’est parce qu’il était capable de rêver qu’il y a eu communication entre le ciel et la terre.

 

Les Midrashim expliquent ce qu’est cette échelle :

-           la prière qui monte (en tant que prière) et qui descend (en tant que bénédiction)

-           la révélation… etc.

C’est parce qu’il y a dans l’humanité une manière d’être homme capable de rêver qu’il y a communication entre le ciel et la terre. Et le Midrash explique tout ce qui est communication entre le ciel et la terre. C’est un thème important.

 

Un jour Rabi Elimelekh un rabbin ‘Hassidim s’occupait d’un de ses juifs.

- De quoi vis-tu ?

- Je suis patissier…etc.

- Je ne te demande pas à quoi tu perds ton temps, je te demande de quoi tu vis ?

L’élève ne comprend pas. Il reformule sa question :

- A quoi rêves-tu ?

 

C’est de ce sorte de rêve qu’il s’agit. Celui qui établit une communication entre le ciel et la terre.

Non celui de l’imaginaire. Celui de Tehilim 126.1

 

בְּשׁוּב יְהוָה, אֶת-שִׁיבַת צִיּוֹן-- הָיִינוּ, כְּחֹלְמִים

Quand Dieu nous a ramené à Tsion nous étions comme des rêveurs.

 

Cela veut dire qu’il n’y a que ceux qui sont capables de rêver qui arrivent ici ! Ceux qui ont un rêve sérieux. Dans la Guémara : il n’y a pas de rêve qui ne se réalise pas. A condition que ce soit un vrai rêve.

 

Rappelez-vous ce qu’avait dit Herzl : אם תרצו, אין זו אגדה   Im Tirtsou Ein Zo Agadah !

[ אם תרצו, אין זו אגדה; ואם לא תרצו, אגדה היא ואגדה תישא  

« Si vous voulez ce ne sera pas un rêve et si vous ne voulez pas un rêve c’est un rêve cela restera » ] Il y a quelque chose de très profond. Si vous le voulez ce n’est pas un rêve, dans le sens de légende. Effectivement, quand Herzl a commencé à parler de son état juif tout le monde a rigolé, comme à la naissance d’Isaac, de ce rêve des rêveurs du ghetto ! Mais il y a dans ce qu’a dit Herzl quelque chose de très profond : si vous le voulez ce ne sera pas une Agadah ! Pourquoi ? Parce qu’il faut que ce soit une Halakha ! Si vous le voulez ce sera une Halakha !!!

 

Jacob est capable de rêve, alors il y a communication et il voit une échelle avec les anges qui montaient et descendaient. Le midrash cité ici enseigne que Jacob a vu l’ascension et la chute des princes célestes de toutes les civilisations. Il voit les princes de Babel, de Paras et de Yavan monter et descendre, il voit le prince de Edom monter mais non redecendre. Alors il prend peur…

 

Cela nous enseigne (le fait que les anges montaient avant de descendre) que Dieu a montré à Jacob notre père Saro Shel Babel le prince céleste de Babel monter et descendre, et celui de Yavan monter et descendre et celui de Madaï monter et descendre, ensuite il voit Saro Shel Edom monter et ne pas descendre, et il prend peur. Alors Dieu lui dit : toi aussi monte et fais le descendre !

 

Jacob dit sa peur de monter car il voit que tous redescendent et peut-être lui aussi !  Alors Dieu lui a dit :

 

                      Al Tira Israël n’ai pas peur Israël ! (Jérémie 30.10)…

 

[Midrash TAN’HOUMA - VAYETSE : « Rabbi Shmouel fils de Rabbi Na’hman a dit : « et voici des messagers divins montaient et descendaient ». Il s’agit là des princes des nations païennes. Le Saint Béni soit-Il a montré à notre ancêtre JACOB le prince de BABYLONE, montant soixante-dix échelons et les descendant. Le prince de MEDE montait et descendait cinquante-deux échelons, celui des GRECS cent échelons, tandis que celui d’EDOM (ROME) montait sans que l’on sache combien d’échelons il gravissait. A cet instant, JACOB notre Père s’effraya et dit : « peut-être que celui-ci ne descendra pas (c’est-à-dire qu’il triomphera). » D.ieu lui répondit : « Ne crains donc rien, ô toi, mon serviteur JACOB » dit l’Eternel, « ne sois point alarmé, ô ISRAËL ! » (JEREMIE XXX, 10) Autrement dit, même si tu le vois monter et s’installer tous près de moi, je le ferai descendre de là où il se trouvera (il ne pourra triompher sur toi JACOB) , ainsi qu’il est dit : « Quand même tu fixerais ton aire aussi haut que l’aigle et la placerais dans la région des étoiles, je t’en précipiterais » dit l’Eternel. » (OBADIA I, 4)]

 

 …/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans CALENDRIER & FÊTES
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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:10

Pourim Cours 3 (1979)

Pourim cours 3 (1979)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_3

Durée : 46,2 minutes
Face A

 

…/…

Alors vous voyez que nous avons une lecture de la Torah qui est déroutante. Je peux commencer la Torah là :

לְעֵינֵי כָּל-יִשְׂרָאֵל

בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ

Leeinei kol Israel Bereshit Bara Elohim Et Hashamyim ve-et Haarets.

Et cela finit par  וּלְכֹל הַמּוֹרָא הַגָּדוֹל

Comparez la Torah à un cercle sans commencement ni fin. Au niveau de la vérité, il n’y a ni commencement, ni fin ! La vérité est éternelle d’emblée. Mais son dévoilement dans le temps a un commencement et une fin. C’est la raison pour laquelle la première question que Rashi pose c’est que la Torah aurait du commencer à la première des Mitsvot qui a été dévoilée :

Shemot 12.2

הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם, רֹאשׁ חֳדָשִׁים: רִאשׁוֹן הוּא לָכֶם, לְחָדְשֵׁי הַשָּׁנָה

Si déjà il faut trouver un commencement quelque part, et bien le commencement logique c’est la première révélation à Israël ! Il y a une raison pour laquelle cela commence quand même à Beréshit.

 

…/…

 

Texte du Maharal :

 

Oupiroush zeh ki hadavar shehou shalem… une chose qui est en plénitude son début et sa fin se rejoignent en une seule fin comme tu le vois dans une circonférence, et c’est une plénitude compléte. C’est pourquoi Mosheh dit (avant de quitter Israël) : « Mes jours se sont emplis » car ses années étaient pleines et ses jours ont été 120 ans et 120 c’est 12 en Mispar Qatan (120=12 la même chose à deux exposants différents) de même que le mot de Moïse dans le Mispar Qatan. (Mosheh 345 en Mispar Gadol donne: 3 + 4 + 5 = 12 en Mispar Qatan. Les deux donnent 3 en Mispar Qatan Yeter, mais le Maharal veut expliquer la correspondance avec les 12 mois de l’année.) 

 

C’est un petit aperçu des convergences de registres qui sont absolument absentes de la pensée naturelle. C’est propre à l’hébreu. C’était vrai de toutes les langues originelles tant qu’elles sont restées traditionnelles. Aujourd’hui, il n’y a plus que l’hébreu. Bien sûr, il y a toutes les possibilités de calculs farfelus. Quelques choses de ce genre nous ont été données par nos maitres dans les livres que nous avons entre les mains, mais tout cela est secret, il y a des règles. Et sans en connaitre les règles, on peut faire dire n’importe quoi de n’importe quoi et c’est faux. C’est une science exacte : soit on la connait, soit on ne la connait pas ! Essayer de raisonner toujours en partant des choses les plus simples et élémentaires. Remarquez cette inconséquence qu’il y a avec le judaïsme, au fond depuis l’émancipation, où les gens sont vraiment devenus des ignorants se prenant pour des intelligents. Par exemple pour devenir médecin, si c’est sérieux, on sait très bien qu’il faut des années et des années d’études pour faire un diagnostic d’une heure. Mais dès qu’il s’agit du judaïsme n’importe qui se pense le droit de dire n’importe quoi du dedans d’une ignorance totale. Actuellement, nous sommes dans un temps d’abêtissement totale de la pensée juive. C’est pourquoi tant de livres brillants paraissent… ne perdez pas de temps d’étude avec ces livres-là qui encombrent les bibliothèques. Ce que vous devez faire c’est étudier le ‘Houmash avec Rashi pendant 10 ans et après… la même chose avec tout le reste, pour enfin revenir sur Rashi….

Il y a le ‘Houmash Rashi et après vous saurez lire n’importe quoi ! On ne peut pas étudier le judaïsme en français !

 

Et c’est donc une indication que l’identité de Moïse qui est exprimée à travers différents niveaux par ce Mispar Katan cela fait allusion au fait que cette identité est pleine de ses jours. Par le fait que ses années correspondent au nombre de son propre nom, ce qu’on ne peut pas dire c’est que la fin signifie l’anéantissement.

 

La fin est celle du cycle d’engendrement d’une identité qui une fois engendrée entre dans l’histoire comme éternelle.

Ce temps du l’année, Shanah qui est le temps du soleil, a un commencement, une apogée et un déclin, une fin, et c’est fini. Tandis que là, il s’agit d’un commencement qui se relie à sa fin et dès qu’on y parvient apparait une figure éternelle. Il y a engendrement de la figure géométrique qui, dès qu’elle se dévoile, apparait comme éternelle. Elle a précédé le procédé mathématique de l’engendrement. Et une fois présente elle l’est éternellement. Ce qui était dans le temps, c’est le temps de la découverte mais pas l’existant de la notion mathématique. Quand vous avez découvert un théorème, c’est à un temps x de l’histoire du monde, mais ce qui a été découvert précédait votre découverte, et donc est éternel. Le triangle par exemple, n’a pas commencé le jour où on l’a défini. Ce jour-là on a découvert une réalité éternelle : le triangle !

 

Q :

R : C’est la différence entre la pensée de l’ingénieur et la pensée du savant. Le savant découvre des vérités, et les vérités qu’il découvre sont éternelles. Il découvre ce qui existe déjà dans la vérité. L’ingénieur invente des procédés. Avant qu’il ne les invente, ils n’existaient pas ! Etre ingénieur est un art, alors qu’être savant est une science.

 

Descartes a parlé des idées innées qui sont des idées vraies, enfouies dans l’inconscient… L’étude c’est les faire passer à la conscience. Je ne les connais pas tant que je ne les connait pas ! Dès que je les connais, je les connais comme éternelles. Les autres dans le langage de Descartes sont adventis, elles sont advenues. Je les ai acquises. Les idées adventis s’enseignent, les idées innées se découvrent. La troisième sorte sont les idées factices qui ne correspondent ni à la vérité ni à la réalité, sont le produit de l’imagination.

 

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il ne faut pas commencer à l’envers. La méthode que j’emploie avec vous consiste à commencer à l’envers ! L’objectif est de vous faire découvrir qu’il faut recommencer à l’endroit. Il faut même si cela nécessite une quantité héroïque d’humilité,  recommencer à l’alef-beit. Sinon vous resterez des ignorants brillants toute votre vie dans cette superficialité profonde de ces personnes qui ne savent pas de quoi elles parlent mais qui en parlent avec des grands mots…

 

Une histoire du Maharal :

Il a été un des grands maitres de la connaissance de Rashi avec Na’hmanide. Un jour il devait faire passer des examens de rabbin à l’un de ses élèves. Ce dernier vient chez lui pour la semikha. Maharal lui demande ce qu’il sait : Je sais la moitié du Talmud. Je ne peux pas t’interroger : chaque fois tu vas me dire que c’est dans l’autre moitié ! Que sais-tu vraiment ? L’élève lui répond : je sais vraiment le ‘Houmash Rashi ! Maharal lui a répondu : si tu sais vraiment ‘Houmash Rashi alors tu peux me remplacer !

 

Vous voyez de quoi il s’agit !

Tant que vous n’avez pas la lecture de Rashi sur la Torah vous ne pouvez pas commencer le reste. Sinon c’est de l’amateurisme d’imposture.

 

On ne peut dire que puisque sa fin est son anéantissement et son absence, car au contraire cette fin qui se relie au début (d’un cycle complet) montre l’achèvement parfait par le fait que son temps de vie s’est achevé de jour à jour.

 

120 ans pour constituer ce cercle qui une fois constitué ne disparait pas mais reste éternelle.

Dans la comparaison avec la notion mathématique, le geste mentale de génération :

Toute définition mathématique doit être générique. Pour ce qui concerne la définition du cercle : la définition comme étant formé par tous les points équidistants d’un centre, c’est la définition du rond. En réalité, la définition du cercle c’est: le lieu géométrique engendré par la rotation d’un segment autour d’une extrémité. C’est dire que la seule définition mathématique cohérente est celle qui engendre la notion du cercle. Or, cette notion n’est pas figurable, elle est notionnelle, au niveau de la pensée sans image. La figuration est un exemple très grossier dans le monde de la réalité. L’image du rond est déjà empirique. Le cercle (notion) n’est pas le rond (figure). Pas plus que l’idée de chaleur n’est chaude (Bergson). L’idée de douleur n’est pas douloureuse. Si elle l’est, c’est qu’il s’agit d’une douleur morale et non d’une idée. De même, l’idée de cercle n’est pas ronde. La pensée authentique est la pensée au-delà des images. Rappelez-vous les dix commandements : « Tu ne te feras pas d’image ». Cela commence là !

 

Ce sof des 120 ans, jour pour jour, n’est pas autre chose que l’achèvement d’une réalité qui devient éternelle. Il ne s’agit pas ici de fin. C’est pourquoi cela nous montre qu’il est arrivé à sa perfection. Et tout ce qui est arrivé à sa perfection appartient à Dieu duquel il a été créé. Et tu ne dois pas objecter pourquoi cela n’a pas été le cas des autres tsadikim (ils n’ont pas vécu 120 ans parfaits)

 

On apprend des autres Tsadikim qu’ils arrivent exactement à la fin de la quantité de temps que Dieu leu a donné sur terre mais on n’a pas ce cas exceptionnelle de Moïse avec cette figure géométrique parfaite.

 

Car nous avons dit déjà d’autre part, que Moïse était la figure tsoura d’Israël (le Klal)

 

On voit la différence fondamentale de mentalité entre l’hébreu et les goyim : il n’y a pas ce cas que Moshé fut pris pour l’incarnation du klal Israël. Il aurait été divinisé comme Jésus. Cela a été la faute du Erev Rav qui eut tendance à diviniser Moïse. Vous voyez que toute cette histoire des Evangiles est un mythe pour goyim. Au fond ce qu’ils adorent c’est Israël en effigie. Ils le pressentent. Si le peuple hébreu avait été comme les goyim, Moïse aurait été l’adoré par excellence. Il y avait de quoi ! Cela a été la tentation du Erev Rav.

 

Car nous avons dit déjà d’autre part, que Moïse était la figure tsoura d’Israël (le Klal)

 

Et si je veux connaitre qui est Israël, il faut connaitre qui est Moïse. Une forme Tsoura, une figure, n’a pas de forme, sa manière d’être est d’une essence qui n’a pas de dessin, c’est une notion. Les philosophes du moyen-âge auraient dit des intelligibles, qu’on ne peut comprendre que par la pensée, non par les sens ou l’imagination. On se sert de l’imagination comme de béquilles. Quelqu’un qui ne comprend pas ce qu’est un cercle, alors on lui dessine un rond ! Les notions mathématiques sont des êtres de raison, elles ne correspondent pas à des images. Les véritables mathématiciens parviennent à ce niveau de la pensée sans image. Si on est obligé de s’appuyer sur l’image c’est qu’on n’est pas mathématicien. On peut être artiste. C’est autre chose.

 

Le Maharal reprend sa définition :

                     

Une tsoura est shelemah, il n’y a rien à ajouter ni à enlever. Et cette chose-là est connue. C’est pourquoi ces jours ont été parfaits. (120 ans jour pour jour).

 

Né le 7 Adar et mort, de la mort terrestre, le 7 Adar, 120 ans après.

S’il s’agissait de goyim avec la mentalité goï, on aurait eu un culte d’adoration de Moïse comme réalité divine incarnée. 

 

C’est pourquoi ces jours ont été parfaits sans ajout ni manque puisque leur fin se relie à leur commencement ; or, son commencement vient de Dieu lui-même qui l’a créé. Et de même sa fin qui se relie à son commencement. Et cela se produit quand ses jours sont parfaits, sans ajout ni fin.

 

C’est le style du Maharal qui semble utiliser des répétitions à chaque fois. Il n’y a jamais de répétition ! C’est à chaque fois une nuance différente. La pensée du Maharal est en spirale. Jusqu’à ce qu’on ait compris. En fin de spirale on a compris ou on n’a pas compris…

 

                      Cela a été le cas pour Moïse dont les jours étaient Shlémim.

 

A chaque fois un ‘Hidoush apparait. On ne le découvre pas si on ne commence pas par ‘Houmash Rashi !

 

Et c’est par là que se relie l’objectif ta’hlit au début. C’est pourquoi il est parfait ! Et du côté de cette perfection il appartient à Dieu complétement.

 

Vous voyez tout ce qu’il ne dit pas tout en nous le disant…

A sa mort Moïse est devenu divin, mais il ne le dit pas parce que nous sommes des Juifs ! Si on le disait, les Goyim l’entendraient à leur manière. Mais il est divin dans le sens du Hiniane Ha-Elohi que le Créateur a voulu créer un homme parfait, et cela a réussi chez Moïse. C’est pourquoi il est la figure d’Israël. Il est le Hiniane HaElohi par excellence. N’oubliez pas que le judaïsme est la seule religion où il n’y a pas de culte pour l’être parfait ! Car c’est la définition de l’idolâtrie qui délégue magiquement à une figure mythique la responsabilité du salut. Moïse est notre maitre et non pas un objet de communion ! Ces fondateurs du christianisme ont réussi à faire la pire des idolâtries qui existe : l’idolâtrie de la bible ! Il y a nécessité de décrocher de cette fascination soi-disant « judéo-chrétienne ». Le judaïsme comme tel n’a qu’un seule souci en tête c’est la disparition du christianisme. Parce que tant que le christianisme existe comme religion de la bible, la morale ne peut pas être fondée dans la civilisation. Cela va jusque-là !

 

On a remarqué que le mot de Mosheh est le mot de Hashem dans l’autre sens. Ne me faite pas dire que Mosheh c’est Hashem ! Même pas à l’envers !

 

Maharal après cette exposé va donner un deuxième enseignement :

 

Et donc, il apparait maintenant que c’est pour cela que les années de Moïse devaient être de 120 ans car le nombre de 120 en mipar Qatan c’est 12, et la circonférence parfaite se divise en douze degrés. Il s’agit des douzes constellations de l’univers dans le ciel Raqiâ. La sphère céleste est parfaite entièrement et sa fin se relie au commencement.

 

Subitement on a changé de registre en parlant des mêmes choses, alors suivez bien :

 

                      C’est pour te dire qu’il n’y a pas de fin.  

                       

Une circonférence, une sphère n’a pas de fin mais est d’emblée éternelle.

 

Tout ceci est indiqué dans la perfection du nombre de ses jours, et de par cette perfection, il appartient à Dieu. Mais si sa mort avait été dans un autre mois, sa mort aurait été la fin et pas la perfection du tout. C’est pourquoi, lorsque Haman a vu que le sort est tombé sur ce dernier mois de l’année, il s’est réjoui car il s’est dit que le dernier stade montre qu’ils auront une fin. Et de même comme la sortie d’Egypte a été

                      le début du mois, la fin sera au dernier mois…

 

                     

…/…

 

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans CALENDRIER & FÊTES
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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:06

Gouf et Nefesh (1984) 2ème partie

 

Gouf et Nefesh (1984) à Mayanot

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/guf_et_nefesh/cours_1

Durée : 28,8 minutes
Face B

 

.../...

Il faut d’abord que je le définisse par son genre prochain.

le genre prochain c’est « l’être vivant animé », et la différence spécifique c’est « doué de parole ».

C’est pourquoi on trouve aussi le terme de Nefesh pour dire aussi l’ensemble des êtres vivants. 

Mais la grande différence c’est que pour les autres êtres vivants c’est l’espèce toute entière qui a une Neshamah, alors que pour l’homme c’est chaque individu qui est censé avoir une Neshamah.

 

Le genre prochain de l’homme s’appelle Nefesh ‘Hayah  - nefesh vivant – ‘haï.

L’expression Nefesh ‘Hayah désigne le genre prochain où prend place l’homme.

Mais la grande différence d’avec les autres espèces vivantes c’est que l’espèce vivante toute entière incarne une Neshamah alors que chez l’homme, chaque individu est censé pouvoir incarner une Neshamah. (Cf. l’analyse sur l’image collective, l’image familiale de Dalton)   

 

Il peut arriver qu’énormément de Nefashot soient nécessaires pour incarner une Neshamah. Cela veut dire que ces Nefashot sont d’envergure moindre.

Une Neshamah pour se réaliser a besoin parfois de énormément de Nefashot, de personnes différentes, qui sont les aspects différents d’une même Neshamah. Cela ressemble aux animaux où il faut toute l’espèce pour qu’une Neshamah apparaisse. La Neshamah du tigre est réalisée par toute l’espèce du tigre.

 

L’être animal est un être en général et qui se réalise dans des individus qui sont des copies conformes de cet être général. Tandis que l’être humain est un être en particulier. Chaque être humain en particulier est une personne. C’est l’humanité toute entière. A tous les nivaux d’envergure. Dans la réalité, ce n’est pas si simple que cela. Chaque individu n’est pas vraiment une personne mais c’est le but d’arriver à ce que chaque individu soit une personne.

 

Q : - à propos de la définition, est-ce une propriété donnée à l’homme à l’origine puisque c’est Adam qui a nommé les animaux ?

R : - oui, très bien, cela peut être cité à l’appui. Effectivement, le premier comportement de l’homme est de pouvoir nommer. On verra le verset qui en parle.

 

***

 

Je ne vous ai pas donné la solution du problème des rapports entre l’âme et le corps, problème  auquel la philosophie ne trouve pas de solution et n’arrive pas à comprendre intellectuellement comment de la matière devient de l’esprit et comment de l’esprit devient de la matière. 

 

Q : et pour la création du monde, est-ce la matière qui provient de l’esprit ... ?

R : c’est le même problème à un niveau supérieur, plus absolu : comment à partir de l’être esprit apparait de la matière ? La création du monde c’est d’abord l’apparition de la matière à l’être.

 

Q : le problème de la civilisation latine : corps-âme-esprit – anima et animus sont masculins et féminin dans le même homme.

R : c’est animus qui signifie l’esprit et anima l’âme,

Q : et le corpus est laissé de côté et on essaie surtout de faire l’union entre deux éléments qui sont anima et animus ?

R : oui, effectivement.

 

Verset 24

Je vous avez indiqué qu’il y a un verset qui formule le projet propre à chaque jour, et un verset qui en récapitule la réalisation. Ici, nous sommes au 6ème jour, le projet du 6ème jour est formulé au verset 24.

 

Bereshit 1.24:

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, תּוֹצֵא הָאָרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה לְמִינָהּ, בְּהֵמָה וָרֶמֶשׂ וְחַיְתוֹ-אֶרֶץ, לְמִינָהּ; וַיְהִי-כֵן

Vayomer Elohim Totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah behemah varemes vechayeto-erets leminah vayehi-chen.

 

Et Dieu dit : Que la terre produise être vivant selon son espèce, l’animal et les reptiles (behemah a pris le sens d’animal domestique) et les bêtes sauvages de la terre (‘hayah veut dire un animal dans le sens de l’animal sauvage, alors que béhémah est un animal dans le sens d’animal domestique) selon son espèce, il en fut ainsi (vayhi khen = il n’en fut qu’ainsi).

 

Vous allez lire le verset 25 de la réalisation et vous allez mettre en évidence l’approximation : ce qui n’est pas réalisé du programme : comparez le verset 24 et le verset 25, le projet et la réalisation pour voir ce qui manque.

 

1:25

וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת-חַיַּת הָאָרֶץ לְמִינָהּ, וְאֶת-הַבְּהֵמָה לְמִינָהּ, וְאֵת כָּל-רֶמֶשׂ הָאֲדָמָה, לְמִינֵהוּ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב

Vaya'as Elohim et chayat ha'arets leminah ve'et habehemah leminah ve'et kol-remes ha'adamah leminehu vayar Elohim ki-tov.

 

1:24

Vayomer Elohim

totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah

Et Dieu dit que la terre produise ... totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah

et ensuite on détaille, cela peut être Behemah, Remes, ‘Hayeto-erets etc...

 

Ce projet de la terre interpellée : sort de toi le Nefesh ‘Hayah !

Tout se passe comme si la terre n’a pas réussi: elle n’est arrivé qu’au Vayhi Khen comme une approximation dont il manque le Nefesh.

 

Min signifie une espèce. Une  espèce entière chez les animaux incarne une Neshamah alors que chez l’homme chaque individu est censé incarner une Neshamah. C’est la grande différence. C’est pourquoi j’insiste tellement sur le fait que la majorité des hommes abdiquent cela et sont comme des Golem. Chacun à son niveau.

 

Bereshit 1:24

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, תּוֹצֵא הָאָרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה לְמִינָהּ, בְּהֵמָה וָרֶמֶשׂ וְחַיְתוֹ-אֶרֶץ, לְמִינָהּ; וַיְהִי-כֵן

Vayomer Elohim totse ha'arets nefesh ‘hayah leminahbehemah varemes ve’hayeto-erets leminah

vayehi-khen.

Et il n’en fut qu’ainsi...

Donc le projet du 6ème jour c’est Nefesh ‘Hayah une personne vivante (parce que un Nefesh peut être mort. On le verra tout à l’heure).

 

1:25

וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת-חַיַּת הָאָרֶץ לְמִינָהּ, וְאֶת-הַבְּהֵמָה לְמִינָהּ, וְאֵת כָּל-רֶמֶשׂ הָאֲדָמָה, לְמִינֵהוּ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב

Vaya'ass Elohim et ‘hayat ha'arets leminah ve'et habehemah leminah ve'et kol-remes ha'adamah leminehu vayar Elohim ki-tov.

Et Dieu fit (il semble y avoir – non pas contradiction – mais changement de registre : subitement on parle d’autre chose ! Dans le verset du projet Dieu dit à la terre : « Débrouille toi pour me faire un Nefesh ‘Hayah ! » totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah que la terre sorte d’elle-même un nefesh ‘hayah – Et ici le texte nous dit tranquillement « Et Dieu fit... » Vous avez compris le décalage ?

 

Bien sûr, ce qui se passe ans l’organisation du monde, c’est Dieu qui le fait, mais Il le fait à travers la possibilité que lui donne la terre. En fin de compte, c’est Dieu qui le fait, mais comme la terre le fait. Si la terre fait plus Dieu fait plus. Si la terre fait moins, Dieu fait moins...

Alors il faudrait traduire tout de suite en conséquence du Vayhi khen : « Et Dieu ne fit que » à cause de la terre...

 

Schématiquement : Il y a d’abord eu la création de la terre avec toutes ses potentialités. La terre cela implique pas seulement en tant que Erets le globe terrestre mais la Adamah – le niveau où Erets est vivant. Et Adamah est vraiment vivante puisque c’est de elle qu’on se nourrit pour nourrir la vie. Quand je mange un fuit c’est finalement de la terre élaborée que je mange…etc. Il y a une collaboration du soleil dans la fonction du chlorophyle... la terre est vivante. La preuve ? C’est qu’elle entretient la vie par la nourriture... Le niveau de la terre qui est vivante s’appelle Adamah.

totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah: cette interpellation au niveau du projet c’est que Dieu ayant créé la terre avec toutes ses potentialités, lui « demande » c’est une interpélation – une invitation - non un ordre dans le sens du diktat car sinon c’est cela qui aurait été fait - il y a une sorte d’autonomie de la terre  qui est très indifférenciée à l’origine et qui va finir par se différencier de plus en plus… et finalement seul l’homme sera autonome dans la terre mais à l’origine toute la terre est autonome.

 

Rappelez vous de ce Rashi : la faute de la terre qui n’a pas réussi à faire ce qu’elle devait faire...

Est-ce que cela impliquerait qu’elle était libre ? Oui, il faut comprendre ce principe qu’il y avait une liberté indifférenciée de l’être vivant en général, et que finalement tout ce qu’il y a de liberté dans l’être vivant s’est réfugié en l’homme. Et encore en l’homme non conditionné, car l’homme qui se laisse conditionner fait partie du paysage – on l’appelle un paysan, c’est l’étymologie du mot païen. Il abdique son identité d’homme pour rejoindre le paysage et se contenter d’être un être de nature. Cela peut être très sophistiqué, un être de nature, les humanismes païens sont très sophistiqués mais on est rentré dans le paysage : il y a les animaux et les hommes... et c’est ce qu’on enseigne officiellement à la Sorbonne...

 

Le premier verset, le verset 24 irait dans le sens de ce qu’on appelerait plus tard l’évolutionnisme. Cela veut dire que c’est de la terre que les êtres vivants apparaissent.

 

Au 2ème verset (1.25) on apprend que la terre n’a pas été capable de cela. Elle n’a été capable de sortir d’elle-même que l’animal le plus évolué – et pas l’homme. Voyez que le mot de « Nefesh ‘Hayah » n’est pas dans le verset 25.

 

Au verset 24 on voit que le projet est un projet évolutionniste : « que la terre se modifie suffisamment pour me former ce que j’appelle le Nefesh ‘Hayah la personne humaine ».

 

Or, la terre a fait tous les efforts qu’elle a pu, elle n’a sorti qu’un crocodile. Le serpent qui avait encore des bras et des mains. L’être qui ressemble, qui mime, qui est assymptote à l’identité humaine mais il y a une solution de continuité. Il s’en approche le plus possible sans jamais le rejoindre : c’est une asymptote.

 

Verset 24 : Le projet est Nefesh ‘hayah

Verset 25 : Vayass Elohim à travers ce que la terre peut lui donner à faire... tout ce qu’on veut sauf le Nefesh ‘hayah qui n’est pas encore arrivé...

On verra que l’être le plus proche du Nefesh ‘Hayah c’est ce Na’hash  dont parle la Torah qu’on retraduit par serpent. Mais évidemment ce n’est pas le serpent qu’on trouve dans les champs aujourd’hui car il ne parle pas, et n’est pas prophète. D’après le Midrash, c’est plutôt un crocodile, un serpent qui a des bras et des mains et qui parle.

 

Cela veut dire que ce que la terre a réussi à faire en réponse à ce projet n’est qu’asymptote au projet. Cest une autre manière de voir le Vayhi Khen – ce décalage entre le projet et la réalisation.

 

1:24

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, תּוֹצֵא הָאָרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה לְמִינָהּ, בְּהֵמָה וָרֶמֶשׂ וְחַיְתוֹ-אֶרֶץ, לְמִינָהּ; וַיְהִי-כֵן

Vayomer Elohim totse ha'arets nefesh ‘hayah leminahbehemah varemes ve’hayeto-erets leminah

vayehi-khen.

 

1:25

וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת-חַיַּת הָאָרֶץ לְמִינָהּ, וְאֶת-הַבְּהֵמָה לְמִינָהּ, וְאֵת כָּל-רֶמֶשׂ הָאֲדָמָה, לְמִינֵהוּ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב

Vaya'ass Elohim

et ‘hayat ha'arets leminah qui correspond au ve’hayeto-erets leminah du verset précedent

ve'et habehemah leminah qui correspond au behemah

ve'et kol-remes ha'adamah leminehu qui correspond au remes

vayar Elohim ki-tov Et ce Ki Tov signifie: c’est suffisament bon. On passe à la suite...

 

Jusque-là on a appris que le projet c’est ce qui aurait dû apparaître si la terre en avait été capable comme le décrivent les évolutionnistes que la terre a sorti d’elle-même la personne humaine à travers toutes les étapes de tous les niveaux des autres manières d’êtres vivants.

Or, ce projet ne s’est pas réalisé comme cela, nous dit le texte. La terre n’est capable de sortir qu’une imitation de l’homme qui serait l’homme être de nature, l’homme à l’état naturel, l’homme brut. Celui que je vous ai appellé toute à l’heure golem.

 

Et j’ajoute que la majorité des hommes à travers les civilisations acquiescent à être cet être de nature, et retombent au niveau de « Na’hash ». De nombreuses anciennes civilisations ont eu pour emblême le serpent – symbole de la connaissance,  de la science... Pas seulement en Egypte, aussi les Azteques et beaucoup de civilisations. Vous avez dans beaucoup de sociétés dites primitives la totémisation par l’ancêtre « crocodile ».

 

Pour la Torah, tous les hommes sont des hommes, comme ils le sont à partir du verset 26. Mais beaucoup d’hommes refusent cela : c’est trop difficile d’être un homme présent à lui-même...etc.

Alors ils deviennent païens et rentrent dans le paysage, et deviennent comme le Na’hash.

 

Et comme en réalité ils sont quand même des hommes ils sont malheureux. Raison pour laquelle toutes les grandes traditions qui ont renoncé à l’idée de l’âme sont des traditions désespérées. Les philosophies de l’absurde. Le tragique de la condition humaine car l’homme est un roseau mais un roseau pensant. Un roseau pas pensant est un roseau heureux, mais un roseau pensant… Dieu préserve !  

 

J’ai à peine commencer le cours que je voulais vous faire.

Nous étudierons la prochaine fois le verset 7 du chapitre 2. Il nous manquait le Nefesh ‘Hayah...

Vous lirez attentivement les versets 26, 27, et 28 du chapitre 1.

Voilà ce qui se passe : La terre n’a pas pu alors au verset 26 Dieu dit : Vayomer Elohim Naaseh Hadam… je vais le faire moi-même puisque la terre n’a pas pu !

 

Vous prendrez le chapitre 2 verset 7 où la Torah revient sur la création de l’homme et nous explique comment Dieu a créé l’homme que la terre n’a pas pu faire.

 

2 :7

וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה, וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים; וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה.

Vayitser Adonay Elohim et-ha'adam afar min-ha'adamah vayipach pe'apav nishmat chayim vayehi ha'adam lenefesh chayah.

L'Éternel-Dieu façonna l'homme, - poussière détachée du sol, - fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l'homme devint un être vivant.

 

A lire avec Rashi.

 

Il façonna l’homme… (wayyitsèr) Le mot wayyitsèr est écrit avec deux yod, car il y a eu deux façonnages : celui de l’homme dans ce monde-ci, et celui de l’homme dans le monde à venir (Beréchith raba 14, 5). Tandis que pour les animaux, qui ne sont pas justiciables du tribunal divin, le même mot wayitsèr (verset 19) n’est écrit qu’avec un seul yod.

Poussière détachée du sol… Dieu a amassé la poussière de toute la terre, des quatre points cardinaux, afin qu’elle accepte, où que l’homme vienne à mourir, de devenir sa tombe (Midrach tan‘houma Peqoudei 3). Autre explication : Il a pris la poussière de l’endroit dont il est dit : « Tu feras pour moi un autel de terre » (Chemoth 20, 21), [à savoir le site où allait être construit le Temple], en se disant : « Pourvu qu’elle lui soit une expiation afin qu’il puisse tenir ! » (Beréchith raba 14, 9).

Il insuffla dans ses narines une âme de vie… Il l’a formé d’éléments d’ici-bas et d’éléments d’en haut : le corps d’en-bas, et l’âme d’en haut. Car le premier jour, Il a créé le ciel et la terre. Le deuxième jour, le firmament pour les êtres d’en haut. Le troisième jour, la terre ferme est apparue pour les êtres d’en-bas. Le quatrième, les luminaires pour les êtres d’en haut. Le cinquième, Il a fait fourmiller les eaux d’une multitude rampante d’êtres vivants, pour les êtres d’en-bas. Il fallait donc, le sixième jour, créer tout à la fois des éléments d’en haut et des éléments d’en-bas. Car il se serait établi, sinon, de la jalousie dans l’œuvre de la création, puisque les uns auraient dépassé les autres pendant une des journées qu’a duré celle-ci (Beréchith raba 12, 7).

Et l’homme fut une âme vivante… Les animaux et les bêtes sauvages sont également appelés « âmes vivantes ». Cependant, celle de l’homme est la plus vivante de toutes, car il s’y ajoute la connaissance et la parole.

 

Vous avez suffisament d’éléments avec vos traductions et vos dictionnaires pour comprendre ce qui se passe dans ce verset-là

 

Nous étudierons à partir de ce verset un passage de la Guemarah qui va étudier une particuliarité du verset Vayyitser (avec cette notion de Yetsour-Yetsir) lorsqu’il concerne l’homme est écrit avec deux Youd alors qu’en ce qui concerne l’animal le verset 19 n’emploie qu’un Youd.

 

< fin >

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:03

Gouf et Nefesh (1984)

 

Gouf et Nefesh (1984) 1ère partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/guf_et_nefesh/cours_1

Durée : 47,2 minutes
Face A

 

On va voir toute une série d’enseignements sur le terme de Nefesh de telle sorte que vous compreniez bien de quoi il s’agit. Nous avons là un problème que l’on appelle dans la culture générale un problème d’anthropologie

L’anthropologie est la science de l’identité humaine, c’est-à-dire les structures de l’identité humaine et leur comportement dans la société et leur vie de relation. La définition la plus générale c’est la science de l’identité humaine. C’est une science qui a besoin de toutes les autres sciences qui s’occupent de l’homme à tel ou tel point de vue, par exemple la biologie, la sociologie, l’histoire...  Mais il y a un point de vue particulier de l’anthropologie qui consiste à étudier les comportements de l’homme en tant qu’homme. On a donc choisi dans la culture occidentale le terme grec de « anthropos » qui signifie « l’homme » dans un sens assez analogue à celui de Adam. En « franc-breu » on dirait « l’adamologie ».

Une des premières notions de base c’est de comprendre le problème que pose l’identité humaine – et ensuite vous verrez qu’il y a un dégagement de ce problème en philosophie générale, ou en métaphysique elle-même, c’est ce qu’on appelle en général les rapports entre l’âme et le corps. Le terme technique employé chez les savants c’est étant la psychophysiologie.

 

C’est un problème très difficile qui a été énormément étudié par les philosophes. On n’arrive pas comprendre intellectuellement la notion même des rapports possibles  entre deux substances (pour employer le vocabulaire de Descartes) aussi radicalement différentes, aussi radicalement irréductibles (qu’on ne peut pas réduire, relier ou ramener à quelque chose d’autre. Lorsque l’on fait une analyse, elle est achevée lorsqu’on parvient aux éléments irréductibles qu’on ne peut pas décomposer ou réduire à autre chose...).

 

On a bien conscience que réduire l’homme à une âme ou à un corps esquive le problème.

On a bien la perception que dans le comportement humain et donc dans l’identité qui s’exprime à travers ce comportement, il y a ce que j’appelle « une personne », qui est reliée d’un côté à ce qu’on appellera en français « une âme » et d’autre part à un corps. On a affaire à un corps animé par une âme.

 

 Si le corps humain fonctionnait uniquement comme un être vivant biologique, à la manière des autres espéces vivantes, on n’aurait pas une personne humaine mais on aurait ce qu’on appelle en hébreu un golem. Un golem c’est une créature sans volonté.

Dans le langage moderne, un robot, mais primitivement, la racine du terme golem signifie quelque chose à l’état brut. Il qualifie les gens au comportement grossier. Par exemple un minerai à l’état brut en hébreu barzel golmi. Dans le sens moral, la qualification de golem à ce premier niveau signifie grossier, mal dégrossi, brut. En yiddish cela se dit « goïlem ». C’est une injure affectueuse pour un enfant un peu chahuteur par exemple...

 

La seule approximation que l’on peut désigner par l’imagination pour se représenter ce que serait un être humain privé de la qualité d’humain et perçu comme fonctionnant comme un être vivant comme les autres espéces vivantes : c’est le somnambule. 

L’image du somnambule aide à comprendre ce qu’est un golem. Le golem ressemble à un somnambule : cela fonctionne mais il n’y a pas la présence de la conscience à elle-même. En termes de la Torah : il n’y a pas la présence de ce qui fait qu’un homme est une personne, c’est-à-dire son âme. En hébreu l’âme c’est neshamah.

 

L’emploi de ces termes dans la littérature hébraïque de tous les âges a un nombre de nuances considérable. Il n’y a que la familiarité qui vous les donnera.

 

L’approche est donc volontairement schématique pour passer d’un registre de langue à un autre registre de langue.

Même dans le cas du mot de neshamah, il y a énormément de nuances. Suivant les degrés d’expressions de la neshamah à travers le corps, la neshamah s’exprime de façon différente et chaque expression reçoit un nom un peu différent.

 

Retenez le mot de neshamah pour dire « âme » et le mot de nefesh pour dire une personne. La différence c’est que quand je dis « une âme » je ne tiens pas compte du corps. Alors que lorsque je parle de la personne, je tiens compte de la vie corporelle, de la vie de l’entité biologique. Cela veut dire : une neshamah devient un nefesh à travers un corps. Si la neshamah n’est pas présente, ce corps vivant pensant agissant est appellé golem.

 

Un gouf, un corps vivant, pensant, sans neshamah est appelé golem

 

Il vous est arrivé de rencontrer des êtres humains dont il semble évident qu’ils fonctionnent comme des mécaniques, comme s’ils étaient des somnambules, mais encore ce n’est tout à fait le golem car ils sont quand même présents à eux-mêmes. Par analogie, à la manière dont n’importe quel type d’être vivant – c’est intentionnellement que je n’ai pas dit les animaux, parce que nous avons la classe des êtres vivants où il y a à la fois les animaux et l’homme. D’autre part, l’homme a sa caractéristique personnelle que les animaux ne possédent pas. Mais il y a une classe commune à l’homme et à l’être vivant qu’on appellerait tout à l’heure avec les textes « nefesh ‘hayah », et qui est le fait d’être un être vivant.

 

Il y a un mot très précis en hébreu.

 

Adon ôlam ashèr malakh,
betèrèm kol yetsir nivra.
Leêt naâssa ve'Hèftso kol,
azaï mèlèkh shemo niqra.

Seigneur du monde, Dieu a régné

avant que rien ne fut créé.

Lorsque Dieu créa par Sa volonté du nom de roi Dieu fut nommé...

 

Kol Yetsir : Yetsir signifie façonner.

Yetsir c’est un être qui a été crée mais qui est doué de Yetser – c’est-à-dire un penchant, une tendance - et cela renvoie grosso modo au monde des intincts. Cela veut dire qui est doué d’une certaine autonomie de comportement. On l’appelle un Yetsir.

Ce qui a été créé - Baro – est formé. On lui a donné une forme particulière. Et cette forme particulière c’est sa spécificité d’être vivant, qui se définit finalement par l’ensemble des instincts propre à telle ou telle espèce. 

Chaque espèce a son monde de conduite instinctive qui est différent selon les espèces. Les instincts de l’aigle ne sont pas les mêmes que ceux de la fourmi. L’aigle est un Yetsir et la fourmi est un Yetsir. L’homme aussi est un Yetsir. Il est plus, mais il est premièrement un Yetsir.

 

Il y a donc une classe  des êtres vivants doués d’autonomie de comportement, c’est-à-dire c’est la différence d’avec les plantes. Bien que les plantes à un certain niveau d’évolution arrive presque à ressembler à cela. Cf les phénomènes de mouvements de plantes qu’on appelle des tropismes  (l’héliotropisme, les plante carnivore etc...)

 

La caractéristique du Yetser signife qu’il y a une force qui est caractéristique de l’espèce et qui fait que l’individu vivant dont je vous parle fait partie d’une espèce qui a un Nefesh particulier. Ce Nefesh particulier se définissant du point de vue des comportements de l’instinct par les Yetsarim, les tendances.  

 

Pour tous les autres êtres vivants, le fait d’être un Yetsir ou un Yetsour (racine Youd-Tsadei-Resh racine très riche qui a donné énormément de mots – Tsayar un peintre parce qu’il dessine des formes... ) c’est-à-dire un être qui a sa forme propre (Tsoura = forme se rattache à la même racine.)

 

Je reviens derrière tout ce vocabulaire à l’analyse qui nous occupe qui est la notion de golem.

Dans toutes les autres espèces vivantes, le fait d’être un Yetsir – c’est à dire d’être un individu d’une espèce douée de son propre monde d’instinct, mécanisme de fonctionnement qui lui assure son autonomie – s’il manque cette présente de soi à soi que donne la Neshamah, le fait d’être une personne, alors on a affaire à un Golem.

Les animaux ne sont pas des golem. Un animal n’est pas golem car il ne peut pas perdre ce qu’il ne posséde pas. Dans le monde humain, la seule analogie est celle de l’image du somnambule. Et encore une somnambule est complétement ailleurs car sa Neshamah est lointaine, et cela fonctionne comme un Yetsour, alors que le Golem sait qu’il est là malgré tout, mais à un niveau extrêmement grossier.

 

Je vous donne une comparaison : par exemple vous appellez un souvenir à la mémoire et le souvenir devient présent à la mémoire. Mais quand il n’est pas présent à la mémoire, où est-il ? On dira alors qu’il est loin.

 

Q : L’amnésie cela ressemble au Golem ?

R : C’est un comportement sur ce point qui ressemblerait, mais la définition la plus simple est la suivante. Un Golem est un homme qui ne vit qu’au niveau instinctif des tendances biologiques. Et parfois c’est très sophistiqué. Dans le métro ou l’autobus, il y a quelques hommes présents à eux-mêmes et les autres sont des golem. Et cela fonctionne, ils ont des conversations de golem... Ce sont des êtres humains dont le foyer du comportement de vie est uniquement au niveau des tendances biologiques. Il y a quelque chose qui n’est pas présent.

 

Chaque individu humain est candidat à être une personne : c’est-à-dire candidat à être cette formule d’une neshamah s’exprimant à travers un corps. Si la neshamah est absente ou lointaine, le corps continue à vivre, et c’est la vie humaine avec toutes ses fonctions, mais il manque une certaine présence de soi à soi. On vit comme si on était un tube digestif.

 

Q : et les sentiments alors ?

R : par analogie, on peut penser que les animaux qui vivent comme ça ont leur propre vie de sentiments.

 

Donc chaque individu en principe est candidat à être une personne, mais il y a tous les degrés possibles et inimmaginables : cette neshamah est plus ou moins là, sur un point pas sur d’autres... etc… et puis il y a tous les niveaux possibles dans l’envergure spirituelle de chacun. Et très rares sont ceux dont la personne incarne, exprime, réalise une Neshamah toute entière.

 

Or, il y a des moments de civilisations où la majorité des individus on perdu l’indice de la personne. Cela ne veut pas dire que c’est perdu complétement. C’est enfoui, occulté, caché. Et on se laisse aller à un fonctionnement purement biologique. Il peut y avoir des civilisations extrêmement  sophistiquées mais dont le centre l’intérêt de vie est uniquement la vie biologique.

 

Par exemple, c’est l’immense majorité des gens vivant dans les grandes villes. Les hommes deviennent des troupeaux où l’instinct prime sur l’âme. Dans les grandes villes, c’est comme si les hommes ont consenti à devenir des troupeaux.

Pour ceux qui en ont conscience c’est une condition dramatique. Alors la plupart du temps on préfère refouler cela et se laisser aller au métro-boulot-dodo.... etc.

Mais c’est simplement une représentation imagée très générale.

 

Je vous cite ce cas du golem - cas limite où la Neshamah est absente – pour bien comprendre que dans la personne humaine il y a autre chose que le simple fonctionnement de la vie biologique.

 

La formule générale que j’ai employée c’est que le corps humain que l’on appelle en hébreu Gouf -  un corps fonctionnant avec toutes ses fonctions - si la Neshamah ne l’anime pas on est en présence d’un Golem. Un être humain qui se laisse aller comme un être des autres espèces vivantes, un Yetsir pur et simple, sans que ce qui fait qu’il est une personne particulière ne s’exprime à travers lui, sans qu’il y ait présence de soi à soi. L’immense majorité des hommes des civilisations modernes vit ainsi.

 

Le Nefesh apparait donc comme une sorte de synthèse entre une Neshamah et un Gouf. Le Gouf n’est pas un corps mort, c’est un corps vivant, avec toutes ses fonctions, la pensée y comprise. Ce qui indique que la Neshamah est d’un toute autre ordre.

 

Nous avons appris à travers différents cours que la Neshamah donne au Nefesh la capacité de la parole.

 

Par exemple, prenons la formule de définition envisagée pour definir l’homme – vivant pensant – ‘Hay HaMaskil – en lieu et place de vivant parlant  ‘Hay HaMédaber...

 

Si je veux définir la spécificité de l’homme (le caractère qu’il est seul à posséder et que les autres être vivants ne possédent pas)  uniquement par la pensée, on s’aperçoit que définir l’homme par la pensée ne suffit pas parce qu’on trouve chez l’animal des comportements analogues. L’animal pense, bien que rudimentairement.

 

Il y a un langage chez l’animal mais ce n’est pas une parole.

 

Par exemple, la définition de la pensée que les modernes ont retenu c’est la capacité à établir des rapports entre deux représentations. C’est cela penser, et d’ailleurs cela rejoint le sens étymologique du mot penser en latin : le mot de peser – pondérer. Peser signifie faire une comparaison, une relation entre deux éléments. On dit d’un homme réfléchi qu’il est pondéré, qu’il pèse ses paroles. C’est une manière de parler mais qui derrière montre une étymologie bien précise. Et l’animal est capable d’établir des rapports entre deux représentations.

 

Exemple du perroquet : une habitude acquise qui est de l’ordre des conduites instinctives. Cela mime l’acte intelligent, parfois même de façon parfaite, mais avec une grande différence. Dans l’acte intelligent il y a quelqu’un qui est présent à ce qu’il fait, dans la conduite instinctive, il n’y a personne. Ça marche. C’est d’ailleurs effrayant si on y réfléchit. L’acte instinctif apparait comme parfait mais aveugle. L’acte intelligent est tatonnant mais lucide. Il y a une grande différence.

 

Je n’ai pas encore introduit le facteur de la volonté. Mais d’abord le facteur de la présence de la conscience à soi.

 

Les habitudes sont entre l’instinct et l’intelligence. Finalement un acte habituel c’est un acte qui a commencé par un acte intelligent et qui est devenu, à la manière des instincts, automatisme. Par conséquent, le perroquet, parce que son gosier le lui permet peut prendre l’habitude d’imitation de la parole de son seigneur.

 

Il y a la pensée chez les animaux. Et effectivement, le dauphin est un cas particulier redécouvert  récemment, et semble-t’il dans certains domaines capable d’une intelligence plus forte que celle de l’homme.

 

Simplement, je vous signalais en passant que la caractéristique que le vocabulaire hébreu va retenir de la présence de la Neshamah c‘est la parole.

 

La parole qui est un événement où c’est le quelqu’un, un sujet, qui s’exprime et non seulement le langage en général qui est communication de signe qui peuvent être complétement impersonnel.

(Exemple du sémaphore qui commence par une parole mais qui va se repéter : c’est un langage mais ce n’est pas une parole.)

 

La cractéristique de l’animal c’est l’échange de signes, mais par comportement instinctif. Prenez le cas des abeilles qui a été beaucoup étudié. Telle odeur déclenche telle type de danse. Cela ne veut pas dire que quelqu’un pense qu’il faut communiquer un message : là il y a du pollen de rose et là du pollen de lys. Ce sont des mécanisme psycho-chimiques qui s’expriment en langage par signes mais ce n’est pas de la parole. C’est du signalement.

 

Les muets se servent d’un substitut pour parler par les mains mais il y a en eux quelqu’un qui bien qu’il ne puisse pas parler avec la bouche peut parler avec les mains. C’est de la parole.  

 

La parole – plus exactement  la voix Qol - a été diagnostiqué comme la réalité la plus mystérieuse qui existe. Je parle et vous écoutez : entre ma bouche et vos oreilles, il y a entre nous une modification de l’éther au niveau purement physique. Et quand cette vibration arrive à votre oreille et est transmise au cerveau à la conscience, cela se traduit en une signification. Phénoméne spirituelle. A l’émission, il y a une signification qui est transformée en matière et qui est recodée en esprit par celui qui écoute.

Donc on a désigné la voix comme étant le lien entre l’esprit et la matière.

 

Retour à notre problème du début:

C’est la difficulté de ce qu’on a appellé le problème psycho-physiologique. L’âme et le corps sont deux substances irréductibles l’un à l’autre et pourtant il y a des relations. Cela reste impensable par la pensée. La raison ne peut pas admettre cela – il y a une contradiction - mais pourtant cela est. Comme dans l’exemple de la parole.

 

On est habitué au fait de savoir qu’une modification de la matière du corps retentit en émotions, en fin de compte en idées. Par exemple, si je reçois un coup sur la main, ma conscience ressent une douleur. Dans ce sens-là que le corps influe sur l’esprit, on y est très habitué. Mais on ne se rend pas compte la plupart du temps, surtout dans la civilisation occidentale, que l’inverse est aussi vrai : une modification dans l’esprit, une idée, déclenche ue modification dans la matière. Il y a relation dans les deux sens entre matière et esprit.

 

Exemple donné par mon professeur d’anthropologie : voilà un miracle : je veux que ma main se  lève et ma main se lève : une idée a déclenché un mouvement ! La phrase de Decartes dit : « Quand la matière se meut, l’esprit s’émeut. Et lorsque l’esprit se meut, la matière s’émeut. »

 

Cela a de nombreuses implications importantes, mais le probléme philosophique qui apparait c’est que c’est  incompréhensible. Pourquoi ? Parce que l’âme est une substance enfermée en elle-même qui consiste a être de l’esprit et que cela, et  le corps est une substance enfermée en elle-même et que cela... Comment comprendre un décodage de matière à esprit et d’esprit en matière ? à une traduction d’un fait de matière en fait d’esprit et d’un fait d’esprit en fait de matière ?

 

Alors c’est précisément à ce niveau-là qu’est logée la personne dans le sens de Nefesh. La personne c’est une réalité qui est moi et qui résulte du lien entre l’esprit et la matière.

Retenez la grande différence avec le comportement du yetsour dans les autres espèces vivantes, il n’y a pas cette présence qui fait que chaque individu peut être une personne. La plupart des individus ont abdiqué leur prérogative de personne - c’est le drame et le malheur de la civilisation humaine - mais en principe tout être humain peut être une personne, dans la mesure où il laisse son âme s’exprimer au niveau du Nefesh. Vous comprenez pourquoi il y a tous les degrés, cela s’exprime plus ou moins.

 

Q : Que dire de quelqu’un d’endoctriné ?

R : C’est précisément quelqu’un qu’on robotise, quelqu’un à qui on impose des mécanismes mentaux et il croit penser alors qu’en réalité ça pense en lui. On a mis un mécanisme qui pense en lui. C’est toujours cette polarisation personne-impersonnel. La personne est toujours exposée à être impersonalisée. Il faut parfois des effort de lucidité considérable pour arriver à récupérer l’autotnomie de la personne car on est soumis à des puissants processus de conditionnements : Cf. le phénomène de la mode qui conditionne les choix... etc. Quelle est la part de liberté restante dans le choix du vêtement... etc. Chacun est persuadé d’avoir choisi mais on a choisi pour elle. Les grands couturiers font la mode. Tout le fonctionnement de la société moderne est un fonctionnement modal.

 

Q : Dans les sociétés modernes non seulement le rapport de l’âme sur le corps n’est pas évident mais en plus il y a une très grande résistance.

R : oui absolument, cela aménerait à reconnaître l’existence de l’âme et donc peut-être l’idée d’un jugement de cette âme un jour...

 

Q:  Le nefesh est essentiel car il empêche la coupure radicale entre les deux termes?

R: C’est précisément notre sujet, le Nefesh est l’entité qui s’exprime dans la synthèse des deux. Or la relation des deux est incompréhensible. Je vous donne une exemple : Pour que la cellule qui est devenu l’oeil soit capable de voir, c’est-à-dire qu’à travers elle une vibration lumineuse va se transformer en image (phénomène de conscience) il  a fallu que la cellule corporelle se modifie pour devenir la plus précise et précise possible, la prunelle des yeux ! Mais cela reste de la matière bien que la plus évoluée du côté de la matiére... Et l’esprit le plus grosseir du côté de l’esprit… Comment expliquer le passage de l’un à l’autre ? C’est incomprénhensible pour la philosophie. Les plus grands philosophes se sont attachés à cela. Et pourtant c’est un fait que le corps influe sur l’esprit et que l’esprit influe sur le corps.

Comme tu l’as dit la civilisation moderne a refusé que l’esprit influe sur le corps mais cela revient sous des formes plus ou moins obscures : parapsychologies... etc.  Les savants savent que cela existent mais cela ne passe pas dans la culture officielle pour ne pas affoler les occidentaux...

 

L’étude plusieurs heures de suite éléve la température frontale. Le fait d’étudier déclenche une ciculation du sang beaucoup plus grande dans la tête, et cela élève la température... Comment cela marche-t’il ?

Retenez tout simplement l’image et l’acte volontaire : J’ouvre les yeux et je vois !

Nous n’avons aucune idée du miracle dont il peut s’agir. Les vibrations de l’éther se transforment et se traduisent en représentation qualitatives imagées. Inversément, je veux et mon bras se lève. Une idée qui déclenche un mouvement.

 

Si j’abdique mon « je », celui qui en moi veut, fait, agit, comprend... alors c’est mon corps qui fonctionne à la limite comme un robot.

 

Q : la pensée est elle de l’ordre de la matière, de l’orde du gouf ?

R : non, le comportement de pensée est connu aussi des animaux, de façon rudimentaire.

Dans la philosophie de Descartes il définit l’âme par la pensée. Mais il sait que cela ne va pas.

 

Q : Certains arrive à déconnecter esprit et corps – ne pas ressentir la douleur... ?

R : Oui par exemple un phénomène comme l’hypnotisme où quelqu’un substitue sa volonté à la volonté du patient.

 

Le cas particulier de l’entité « homme », c’est d’être être premiérement un être vivant comme les autres êtres vivants mais avec la présence d’un sujet qui s’exprime à travers cet être vivant et qui parle. A l’intérieur de l’espèce humaine, tous les individus sont en principe candidats à être une personne, avec tous les niveaux possibles et imaginables. Et très peu le sont totalement. Mais tous le sont un petit peu, chacun a son  niveau.

En présence de certaine prsonne on est impréssionné alors qu’en présence d’une autre, on ne l’est pas... Il y a la manifestation de la présence chez certains hommes. A tous les niveaux. Il y a des civilisations où on n’a plus cette exprérience. Ce sont en général les civilisation où il n’y a plus de vieillards, mais il n’y a que des vieux. La rencontre avec un vieillard c’est quelqu’un qui est un quelqu’un plus que les autres. Quelqu’un est là. Cet être vivant a réalisé un peu plus que les autres son potentiel d’âme et cela se perçoit comme fait d’expérience. Ce qu’on appelle dans le langage courant une personnalité (et non une personne allitée)

 

Q : à quel niveau ressent-on cette présence ?

R : on est sensible à la présence d’une âme qui est plus présente dans son corps que d’habitude.

En principe l’animal le perçoit chez tout homme. L’animal perçoit chez l’homme une présence à l’indice plus : c’est ce qui provoque en principe la crainte de l’homme par l’animal.

 

***

 

Je vais vous donner la règle de la définition:

Une définition définit tout le défini et ne définit que le défini. Cela a l’air d’une lapalissade mais c’est très important.

 

En logique une définition a en général deux termes.

 

1- Le premier terme s’appelle le genre prochain cela veut dire la classe la plus large où l’on peut introduire l’individu dont on parle.

Par exemple, le genre prochain de « homme » est « être vivant » ( Vous voyez pourquoi j’évite de dire « animal » qui impliquererait une philosophie selon laquelle l’homme est un animal modifié évoluée.. mais étymologiquement cela reste possible, car étymologiquement « animal » signifie une « être animé »). Le genre prochain de homme est être vivant. Le genre  prochain de Adam c’est ‘Hay

 

2- Le 2nd terme est le caractére spécifique (la différence spécifique) ce que l’homme parmi tous les êtres du genre prochain est le seul à être pour lui-même. C’est le qualificatif de « medaber ».

Genre prochain : ‘hay

Caractére spécifique : médaber

 

L’entreprise de la définition est la chose la plus difficile qui soit au monde au de la vie intellectuelle. Prenez l’exemple d’un craoyon. On parvient en général à retenir pour l’usage que la définition utilitaire. Et encore cela reste vague.

 

Finalement c’est la science qui essaye d’arriver à la définition de .../...

Lire la suite…

 

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 20:32

Pourim Cours 2 (1979)

 

 

Pourim (1979) 4ème partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_2

Durée : 46,5 minutes
Face B

 

…/…

Et vous voyez ce qui se passe, le prix à payer pour le salut de la communauté juive : c’est que toutes les royautés (des dynasties légitimes non ursurpées) sont une parcelle de la royauté d’Israël et que lorsque la royauté d’Israël est retrouvée, toutes les royautés s’achèveront, et la Malkhout, la royauté sera rendue à Israël.

 

Vous remarquerez que depuis la déclaration Balfour toutes les têtes couronnées se découronnent l’une après l’autre. Il y a encore quelques années (1973) c’était déjà spectaculaire. Le fait par exemple que le dernier roi de Grèce a été détrôné à ‘Hanoukah comme par hasard ! Déjà avant, l’événement important a été l’arrêt de la royauté en Italie, et puis finalement cette grande royauté de l’Éthiopie, le roi des rois des rois, a cessé, en même temps le Shah d’Iran… Toutes les têtes se découronnent l’une après l’autre. Il y a un cas particulier pour l’Espagne, c’est juste l’inverse provisoirement. Et la dernière grande royauté qui sera le signe de la fin c’est l’Angleterre.

 

Il est très frappant que la première mission politique au nom du futur gouvernement d’Israël a été d’envoyer une femme, Golda Méïr, pour négocier avec le roi d’Arabie. Je reprendrais le problème : la royauté a quitté Israël par une femme et elle est donc revenu par une femme.

 

Mais je vais d’abord reprendre ce thème-là de savoir qui a payé pour le salut de la communauté juive au temps de Esther et Mardochée : c’est que Ester, c’est-à-dire celle qui peut être la reine, Ester Hamalkah dans tous les cas, va quitter Israël pour rentrer chez les Goyim.

 

Evénement vraiment très spectaculaire : l’arrêt de la dynastie du Shah parce que cela s’est passé exactement ce jour-là à la date prévue par la Kaballah ! Ne vous encombrez pas la tête avec ça. Sachez simplement que ces dates existent.

 

Un petit Midrash montre qu’il y a une organisation des événements dans la loi des temps. Comment est-il possible qu’il y a une sorte de programme des événements historiques connus par la prophétie et puis d’autre part l’histoire humaine dans son principe de liberté ?

 

Je vous donne une référence du Yalkout Shimôni sans la commenter. C’est une Midrash sur le Tanakh à propos du chapitre 60 de Isaïe.   

 Rabbi Its’haq a enseigné : l’année où le messie va se dévoiler tous les rois des nations du monde se disputent l’un l’autre. Le roi de Perse va faire la guerre à un roi arabe. Et le roi d’Arabie ira chez Paran prendre conseil et le roi de Perse met tout le monde entier en danger.

 

Cf. la guerre entre l’Iran et l’Irak qui s’est déclenchée, les tremblements de l’Arabie Saoudite et l’alliance avec l’Amérique et le monde entier se demande ce qui va arriver, le pétrole…etc.

 

Et toutes les nations du monde seront en transe, seront affolées, tomberont face à terre, et seront pris comme des douleurs de l’enfantement, et Israël aussi sera pris de transe et d’épouvante, et le Mashia’h leur dit : « mes enfants n’ayez pas peur, tout ce que j’ai fait c’est pour vous. Pourquoi avez-vous peur ? N’ayez pas peur ! Le temps de votre délivrance arrive ! » Et cette dernière délivrance ne sera pas comme la 1ère (celle d’Egypte) car la 1ère délivrance vous avez été encore exilés mais la dernière délivrance vous n’aurez pas de nouveau d’exil.

 

La fin des royautés :

D’un point de vue historique et sociologique on peut expliquer cet événement par la série des causes et des effets sans aucune allusion à Israël. Mais il n’en reste pas moins que l’événement brutal comme tel c’est qu’au moment où Israël retrouve sa souveraineté nationale, les différentes Malkhouyiout s’arrête. D’un point de vue traditionnel, c’est l’arrêt de la dynastie en Ethiopie qui était un signe très important et surtout celle de Perse. On a encore un compte à régler avec les Anglais. On finira par rappeller Jeanne d’Arc ! C’est un cas particulier je ne veux pas prendre de temps. Cela a été la royauté héritière de l’empire de Rome. L’empire occidental c’était l’empire anglais. Il y a un temps où cela a été l’Espagne. Bien sûr, cela commence en Italie. Il y a eu des annexes. L’empire français, l’empire allemand, la Russie et son problème…etc. Mais finalement l’empire occidental, c’est bien évidemment l’empire anglais. C’est Rome mais dans sa modalité d’Angleterre. Elle a finalement dominé le monde entier puisque c’est leur langue qui est la langue mondiale actuellement. Il est bien évident que la résurrection nationale d’Israël, c’est-à-dire la fin d’exil pour Israël, est corollaire du commencement de l’effondrement de l’empire britannique. Finalement, c’est l’empire britannique qui s’est réclamé de l’identité d’Israël. La Bible c’était à eux. Cf. la diffusion phénoménale de la Bible par les Anglais. Et surtout c’est d’eux que nous avons récupérer Erets Israël.  

 

Des correspondances existent dans le détail le plus précis, mais il suffit de savoir que c’est l’événement dans sa massivité qui compte. On arrive au temps de la décolonisation. Cela commence par l’effondrement de l’empire britannique au même moment que la résurrection nationale d’Israël

Et les royautés s’arrêtent partout.

 

Bien entenu, un universitaire occidental étudiant l’histoire et la sociologie va juger l’événement du point de vue d’autres critères. Mais comprenez que pour comprendre la relation à la tradition juive il faut inverser les critères de l’évidence.

 

Je me rappelle un des premiers cours sur la philosophie en début d’année : on s’est habitué depuis l’émancipation à juger de l’histoire d’Israël et de sa tradition du point de vue des critères de la conscience Goï qui est en rivalité avec elle depuis l’origine !

 

Il faut s’habituer à l’attitude intellectuelle inverse de juger l’histoire universelle du point de vue des critères de la tradition hébraïque. Il n’y a pas de dialogue possible.

 

Un universitaire occidental appliquant la méthode universitaire et qui serait ignorant de la cohérence de la tradition juive pour elle-même à partir de la Bible, trouverait hermétiques ces cohérence que je vous mets en évidence. Et c’est normal. C’est une autre lecture des mêmes phénomènes. Avec ces règles explicatives et ces initiations. Mais sans arriver jusque-là, la correspondance, la cohérence, la corrélation des événements est tellement massive qu’on ne peut pas ne pas le voir. Il faut savoir que nous avons des sources très anciennes qui prévoient ces événements-là.

 

On a une fois étudié une Mishna : le moment de la fin de l’exil s’appelle la fin de Shiboud Malkhouyiot la fin de l’impérialisme. Et effectivement, c’est en termes contemporains au temps de la décolonisation que commence le temps de la fin de l’exil. Israël y était tellement relié que cela ne se voit pas. Du point de vue de la tradition juive c’est la libération d’Israël qui est le point de départ de la libération de tous les autres peuples opprimés. Et non pas l’inverse, qu’au moment où la décolonisation s’est faite partout elle se serait faite pour les Juifs. Mais c’est au moment où elle devait se fait pour les juifs que cela se déclenche pour les autres. C’est la déclaration Balfour qui déclenche la décolonisation. C’est d’ailleurs vrai chronologiquement. Celui qui n’est pas familier aux évidences de la tradition ne peut pas voir cela. Si vous lui en parlez, tranquillement il vous dira fou…

 

Sachez que tous les événements qui se passe aujourd’hui sont dans le Midrash. Il suffit seulement de savoir lire ces événements dans le Midrash pour savoir ce qui se passe réellement dans la réalité. Il y a alors un problème de fond pour savoir où est la liberté de l’histoire si tout est programmé. C’est un autre problème.

 

Q : inaudible

R : Dans l’Israël contemporain, nous avons une royauté camouflée dans le président de l’état, mais c’est la même chose. Ce qu’on appelle le roi dans les régimes monarchiques c’est le président de l’état dans un régime démocratique. Cela revient au même. Ce n’est pas le Melekh HaMashia’h dévoilé descendant de David, c’est clair, mais la royauté est déjà revenue. Elle est revenue en clandestinité, en miniature, mais elle est revenue. C’est tellement évident qu’on ne le voit pas. C’est la massivité des événements qui donnent sa signification : pendant 2000 ans nous étions un peuple exilé sans souveraineté politique. De notre temps, il y a de nouveau souveraineté politique. Cela veut dire que la Malkhout revient en Israël. Ce n’est pas plus compliqué que cela.

Du point de vue de la Halakha les honneurs dus au président de l’état sont les honneurs dûs au roi d’Israël.  Vous voyez les problèmes qu’ont les Juifs religieux qui ne reconnaissent pas l’état, ils sont en porte-à-faux avec la Halakha ! D’après la Halakha, même les grands rabbins plus âgés que lui doivent se lever devant le chef de l’état.

 

Q : inaudible

R : C’est pourquoi je vous ai parlé des dynasties qui ont reçu cette royauté de « droit divin » dans un sens très différent du sens habituel de cette expression.

Je vous donne un exemple : la Halakha implique que lorsqu’un roi Goï passe devant un juif, le Juif doit dire une Brakhah. « …que Dieu a partagé de sa gloire avec des créatures ».

Si on est invité par un roi Goï on doit manger ce qu’il propose à manger (sans souci de cacheroute) !

  

***

 

Le prix à payer pour sauver la communauté juive va être finalement celui-ci : celle qui est capable de Malkhout va passer chez les Goyim.

 

La tribu de Benjamin

 

On a maintenant un thème très important.

Voyez le premier récit de la Méguila.

 

וַיְהִי, בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ   

Vayhi…

Chaque occurrence du verbe Vayhi (un futur transformé en passé) annonce un mauvais présage, une catastrophe.

Et on pose comme objection dans la Guémara:

‘’Mais pourtant « וַיְהִי, בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ    Vayhi Bimei A’hashvérosh… » ? Et il est arrivé au temps d’Assuérus ! (que l’on a été sauvé du malheur !)

La Guémara répond : non Esther. C’est ce malheur-là.

 

Nous allons voir cette dialectique du mérite qui va faire que la communauté sera sauvée. D’une part le rôle d’Esther qui se sacrifie pour sauver la communauté. Et Mordekhaï qui va lui dire.

Mordekhaï accepte ce sacrifice.

 

Ce qui se joue à l’échelle nationale derrière ces sacrifices individuels c’est que la royauté va quitter Israël pour rentrer chez les Goyim : Ester Hamalka la reine du roi Assuérus !

C’est cette capacité-là qui va être donnée aux Goyim. Finalement, c’est Esther qui devient la matrice de la royauté des rois perses ! Derrière de consensus personnel et familial de Mardochée et Esther il se passe un drame très profond auquel on consent. 

On aurait pu décider d’être sioniste, de rentrer en Judée pour refonder la royauté de Judée. Mais on s’installe dans une situation telle qui fait que cette capacité de royauté rentre chez les Goyim. Par la suite, Mardochée va être habillé des habits du roi, mais au titre de la royauté juive de Perse ! Non pas au titre d’Israël ! Mardochée va avoir ici à peu près la place de Joseph. (Joseph et Benjamin sont les enfants de Rachel).

 

Je vous explique maintenant un thème important concernant l’identité de Benjamin.

Souvenez vous de ce verset par cœur :

Ester 2:5:  אִישׁ יְהוּדִי, הָיָה בְּשׁוּשַׁן הַבִּירָה; וּשְׁמוֹ מָרְדֳּכַי, בֶּן יָאִיר בֶּן-שִׁמְעִי בֶּן-קִישׁ--אִישׁ יְמִינִי

Ish Yehoudi Hayah BeShoushan Habirah VeShmo Mordekhaï Ben Yaï Ben Shimii Ben Qish Ish Yemini.

 

On va apprendre que le juif est le seul juif et seul dignitaire à ne pas se courber devant Haman était Mardochée. Ce que je veux vous faire comprendre c’est en quoi il le tient de Benjamin.

 

Au moment où Jacob est revenu de chez Lavan pour rencontrer Esaü il s’est prosterné devant Esaü lui et tous ses enfants sauf un qui n’était pas encore né, c’était Benjamin ! Il n’y a pas dans son identité cette espèce d’obséquiosité du juif obligé de se prosterner devant le goï. Benjamin ne se prosterne pas. C’est la descendance de Benjamin qui va relever la tête contre Haman, descendant d’Amaleq et donc d’Essav.

 

En fait, l’identité de Benjamin  a été conçue dans l’exil comme toutes les autres tribus. Jacob a eu tous ses enfants en exil. Il se dévoile que l’identité des Shevatim des tribus sont conçu par l’exil. Aujourd’hi nous ne nous affilions plus en tribu, puisque après la destruction du Bayit Rishone, toutes les tribus se sont mélangées. Il y a encore certaines familles qui savent à quelle tribu elles se rattachent, mais c’est très rare. Des familles ont leur livre généalogique (Sefer Yo’hassin) qui montre très bien de qui la famille descend. Cela se trouve chez les ashkénazim et les séfardim. En général, ce sont les gens de la tribu de Judah en particulier qui ont gardé leur filiation généalogique.

Mais cela n’est plus nécessaire. Selon la Halakha, jusqu’au temps messianique, l’identification par tribu n’a plus force de loi puisqu’il y a eu un grand mélange.

 

Aujourd’hui il y a quelque chose d’analogue qui a le même statut que la division par tribu, c’est la division en communautés. En hébreu les tribus sont les Shvatim et les communautés sont les Edot. C’est quelque chose de très analogue. Chaque communauté a son type caractéristique - exactement de la même manière que les Shvatim - qui a sa spécificité propre du point de vue des Goyim chez qui elle a été conçue. Toutes les tribus d’Israël sont d’Israël, et chacune des tribus est un Israël différent. Ce sont les différences des Goyim de chez lesquels on sort. 

Qu’est-ce qui différencie un juif polonais d’un juif marocain ? Pas le fait qu’ils sont juifs mais le fait que l’un vient du Maroc et l’autre vient de la Pologne ! Donc la différence de deux juifs entre eux c’est la différences des Goyim. C’est cette idée que les Shvatim les tribus-communautés, sont conçues par l’exil. Lorsqu’un juif marocain et une juive polonaise se marient ensemble, qu’est-ce qui se marie ? C’est le Maroc et la Pologne ! Ce n’est pas facile. Seul les Juifs peuvent faire cela. Si vous mettez les Polonais et les Marocains entre eux il n’y aura plus ni Pologne ni Maroc... C’est le problème de la municipalité israélienne de l’humanité qui est une réunification de l’humanité entière par délégation de ses juifs.

 

J’ai vécu personnellement ce problème puisque ma femme est polonaise. C’est mon expérience personnelle qui m’a mieux fait comprendre ce thème qui est dans les textes.

Fiançés, nous avons eu le problème suivant grave : comment allions nous chanter aux enfants pour les bercer ? En yiddish ou en judéo-arabe ? Ce n’est pas la même chose ! Finalement, on a décidé de chanter en hébreu !  Vous voyez comment cela marche… Il m’est arrivé de la surprendre en train de chanter en yiddish et elle m’a surpris en train de chanter en judéo-arabe, mais c’est en plus.

Ce qu’il y a derrière le yiddish c’est la culture occidentale, ce qu’il y a derrière le judéo-arabe c’est la culture orientale. Rien à voir avec les Juifs ! Mais c’est à travers les Juifs que cela peut se marier ! Ce n’est pas facile, mais les enfants se portent bien grâce à Dieu !

 

C’est le problème de l’humanité en général qui n’a de chance d’avoir une solution qu’à travers les Juifs de l’humanité. Cela se rattache à ce thème-là. La spécificité des tribus vient du paysage de l’exil. Le sujet comporte énormément de thèmes je vous en donnderais ce qui nous concerne.

 

Au moment où Jacob à dû s’enfuir de chez Laban, tous les enfants étaient nés sauf Benjamin. Rachel était enceinte de Benjamin. Il est donc conçu dans l’exil, et il nait en arrivant en Eretz Israel.

En particulier pour notre problème, toutes les tribus ont dans leur identité la prosternation devant les Goyim jusqu’à la fin des temps en relation avec cette stratégie du juif de l’exil. Aujourd’hui, on commence un peu à redresser la tête parce qu’Israël existe. L’histoire a montré quelle a été la position du juif chez les Goyim pendant 2000 ans. Il fallait avoir une stratégie de courbettes… Jacob est atteint à la hanche. Là où l’on se courbe. Dès qu’il se redresse il s’appelle Israël ! Mais pendant toute la durée de l’exil, il est atteint à la hanche. Lorsqu’il est guéri, il s’appelle Israël !

Jacob c’est un Israël courbé. Israël c’est un Jacob redressé. Comme on dit dans la Tefilah : Celui qui redresse les courbés. On voit cela dans l’histoire de Jacob qui est obligé de se prosterner devant Esaü, jusqu’à la fin des temps, mais il y a une dernière chance avec Banjamin.

 

Chaque tribu a sa fonction dans l’histoire d’Israël et voilà que la fonction de Benjamin c’est cette fonction de celui qui ne s’est pas courbé devant Esaü. Mordekhaï est un descendant de Benjamin.

 

Dans l’histoire biblique, on voit comment Joseph et Judah se dispute Benjamin. Là où est Benjamin l’avenir d’Israël passe ! Il faut oublier la connotation du français Benjamin le dernier né. On voit en hébreu que c’est la tribu de la dernière chance. On va essayer de diagnostiquer ce qu’est Benjamin aujourd’hui.

 

Jacob et Benjamin

 

Jacob est revenu dans le pays de Kenaan après la recontre avec Esaü, dans l’endroit nommé Beit-El, nous avons le texte suivant :

 

35.16

וַיִּסְעוּ מִבֵּית אֵל, וַיְהִי-עוֹד כִּבְרַת-הָאָרֶץ לָבוֹא אֶפְרָתָה; וַתֵּלֶד רָחֵל, וַתְּקַשׁ בְּלִדְתָּהּ

Ils levèrent le camp de Béthel; il y avait encore un chemin à parcourir pour arriver à Éfrath et  Rachel enfata et elle enfanta avec difficulté.

 

L’enfantement de Benjamin n’est pas simple !

 

35.17

וַיְהִי בְהַקְשֹׁתָהּ, בְּלִדְתָּהּ; וַתֹּאמֶר לָהּ הַמְיַלֶּדֶת אַל-תִּירְאִי, כִּי-גַם-זֶה לָךְ בֵּן

Il arriva alors qu’elle enfantait avec difficultés, la sage femme lui dit: "N’ait pas peur car celui-ci aussi est pour toi un fils ! ».

 

35.18

וַיְהִי בְּצֵאת נַפְשָׁהּ, כִּי מֵתָה, וַתִּקְרָא שְׁמוֹ, בֶּן-אוֹנִי; וְאָבִיו, קָרָא-לוֹ בִנְיָמִין

Et il arriva alors que son âme l’a quitté, car elle mourut, elle le nomma Ben-Oni; mais son père l'appela Benjamin.

 

Rachel est morte en accouchant de Benjamin, les engendrements ont réussi. Lorsque Joseph est né elle avait fait le souhait d’avoir un autre fils. « Que Hashem m’ajoute un autre fils » Elle a vu que ce Joseph premier-né ne serait pas comme Caïn. Un frère supplémentaire ne serait pas en danger comme Abel chez Caïn, alors elle demande que Dieu lui ajoute un autre fils. C’est la rédemption de la faute de Caïn avec Joseph. Effectivement, toute l’histoire de Joseph est l’histoire de celui qui est capable de fraternité. Toute l’histoire de Caïn s’achève. Lorsque Joseph apparait c’est le temps messianique qui commence.

 

Rachel appelle cet enfant qui nait Ben-Oni fils de ma souffrance.

Le texte rajoute : Son père l’a nommé Benyamin.

 

Il y a trois explications que cite Rashi en citant le Midrash sur la signification de ces mots: cela permettra de diagnostiquer tout de suite quelle est cette force que représente Benjamin et qui est nécessaire pour que le salut apparaisse contre Amaleq, avec Mordekhâi capable de redresser la tête devant Amaleq, de la même manière que Benjamin, non encore né, représente cette force qui ne s’est pas prosternée devant Esaü...

 

בֶּן אוֹנִי

בֶּן צַעֲרִי

Ben Oni : Ben Tsaari

Ben-Oni : Fils de ma souffrance (Beréchith raba 82, 9).

בִּנְיָמִין

נִרְאֶה בְּעֵינָי לְפִי שֶׁהוּא לְבַדּוֹ נוֹלָד בְּאֶרֶץ כְּנַעַן שֶׁהִיא בַּנֶּגֶב כְּשֶׁאָדָם בָּא מֵאֲרַם נַהֲרַיִם כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב בַּנֶּגֶב בְּאֶרֶץ כְּנָעַן הָלוֹךְ וְנָסוֹעַ הַנֶּגְבָּה

Binyamin : Ce nom, à mon avis, est dû au fait qu’il est le seul à avoir vu le jour en Kena‘an, région située au sud (yemin) pour celui qui vient de Aram Naharayim, ainsi qu’il est écrit : « au sud, dans le pays de Kena‘an » (Bamidbar 33, 40), « allant et se déplaçant vers le sud » (supra 12, 9).

בִּנְיָמִין

בֶּן יָמִין לָשׁוֹן צָפוֹן וְיָמִין אַתָּה בְרָאתָם לְפִיכָךְ הוּא מָלֵא

דָּבָר אַחֵר בִּנְיָמִין בֶּן יָמִים שֶׁנּוֹלָד לְעֵת זִקְנָתוֹ וְנִכְתָב בְּנוּ"ן כְּמוֹ לְקֵץ הַיָּמִין

Binyamin – fils du sud : Même sens que dans : « nord et sud (weyamin), c’est toi qui les a créés » (Tehilim 89, 13). C’est pourquoi le mot est écrit de toutes les lettres qui le composent, avec un yod entre le mèm et le noun. Autre explication du nom Binyamin : « fils des vieux jours (yamim) », à cela près qu’il est écrit avec un Noun au lieu d’un Mem, comme dans : « la fin des  jours (hayamin) » (Daniel 12, 13).

Elle enfante avec difficulté cet enfant qui représente la dernière chance d’Israël conçu dans l’exil mais né en arrivant dans le pays. Alors que toutes les autres tribus sont nées dans l’exil et ramènent les différentes dimensions de l’unité d’Israël. Benjamin nait de la plus grande douleur et de la plus grande force et son père complète son nom en l’appelant Benyamin fils de la droite. Dans la disposition géographique par rapport à Israël, c’est le sud. Il est né au sud en descendant du pays de Laban. Parce que c’est l’enfant qu’il a eu à la fin de sa vieillesse. Pourquoi Yamin et pas Yamim ? Et il cite Daniel. Donc, il y a deux indications : que c’est l’enfant qui est la chance d’Israël à la fin des temps. On a donc quatre indications pour identifier Benyamin.

C’est la partie d’Israël qui a été conçue dans l’exil dans la grande douleur et qui devient la plus grande force en étant Israël à la fin des temps de l’exil. Plus exactement, ce sont les fondateurs d’Israël. Vous voyez de quoi s’occupe Rashi !   

 

Joseph et Judah

 

Il y a là un thème très important que je reprends : Là où est Benyamin c’est là où l’avenir d’Israël passe.

 

Dès que nous arriverons à l’identification de la famille de Jacob, nous verrons qu’il y a deux tentatives messianiques qui s’opposent. Celle à la manière de Joseph et celle à la manière de Judah. Chacun des deux se dispute Benjamim qui est la dernière chance d’Israël. Benjamin est entre deux types de messianités qui s’affrontent à l’origine et qui ne sont destinés à s’organiser et collaborer qu’à la fin des temps. La messianité de Joseph et la messianité de Judah sont analysables dans la manière dont se produitsent les mariages de Joseph et de Judah. Pour continuer l’identité d’ISraël, il faut trouver une femme quelque part. Joseph va la chercher à l’extérieur d’Israël, alors que Judah va la chercher dans l’antérieur d’Israël. Joseph va en Egypte et il risque de tomber entre les mains de la femme de Poutifar. Judah pour se marier se marie dans Kenaan et finalement il essaie de remonter le plus loin possible dans l’antérieur d’Israël avec la lignée de Shem la plus indifférenciée avec Tamar que le Midrash identifie comme étant la fille de Shem.

La messianité de tout Joseph est de chercher à réaliser la mission d’Israël dans la civilisation extérieure. En termes contemporains, c’est le juif de diaspora, qui est toujours en danger de tomber entre les mains de la femme de Poutifar. Et le récit de la Torah nous montre bien que cette tentative-là mène à l’échec. Tout l’objet du récit de la Torah est de nous montrer que Joseph a essayé de transfigurer l’Egypte et cela aboutit à un échec. Dès que Joseph en fait le diagnostic il demande à ses frères de ramener ses ossements. Première tentative messianique de type Joseph.

 

La deuxième tentative messianique corollaire est celle de Judah et ses frères :

On a déjà connu cela. Jacob chez Laban ! C’est quand Jospeh est né qu’ils ont quitté l’exil de chez Laban. Joseph était enfant, et il continue le rêve de cette messianité-là : essayer d’aller là où est la civilisation pour la configurer. Il continue ce rêve parce qu’il n’a pas l’expérience de ses frères que c’est un échec. Vous comprenez la cohérence de la Torah à ce niveau.

 

On apprendra d’autre part que cette tendance-là est celle des enfants de Rachel. Alors que la tendance de Judah est celle des enfants de Leah. Et toute notre histoire jusqu’à la fin des temps est une tension entre ces deux tendances.

 

…/…

lire la suite

 

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 20:25

Pourim Cours 2 (1979)

 

Pourim (1979) 3ème partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_2

Durée : 36,6 minutes
Face A

 

…/…

ce n’est pas la connaissance qui permet de distinguer le bien du mal. Enormément de gens se trompent et se posent de fausses questions à partir de cette erreur de lecture-traduction.

C’est Ets hadaat tov vara  arbre de la connaissance de ce qui est « tov vara » : bien et mal à la fois, du bien et du mal mélangés.

 

La fausse lecture croit lire que Adam a accédé à la connaissance morale : comment comprendre alors qu’il soit puni pour cela ?

 

C’est une certaine nourriture dont le résultat est de mélanger dans la conscience humaine le bien et le mal. C’est pourquoi le Midrash tranquillement cherche de quel arbre on fait l’alcool. Parce que c’est de là que commence cette expérience.

 

Quelle est la raison pour laquelle la conscience humaine, plus ou moins consciemment, cherche cette expérience ?

 

Cela provient d’une espèce de désir d’éprouver cela : le mélange du bien et du mal ? De ne plus être soumis à cette loi de la séparation des valeurs.

 

On voit pourquoi c’est une entreprise qui porte en elle-même la définition de l’idolâtrie.

 

Sur ce sujet énormément d’études ont été faites mais je vais aborder le problème uniquement du point de vue moral et spirituel.

 

Ce qui est recherché c’est d’être au-delà du bien et du mal. C’est à dire au-delà de la séparation entre le bien et le mal. Le bonheur d’être au-delà du bien et du mal. Un monde où les valeurs se mélangent et où on n’est plus soumis à cette contrainte de la séparation du bien et du mal.

 

Finalement, la faute du 1er homme va se retrouver avec Noa’h. Ce qui est arrivé à Noa’h, et la Torah le dit très clairement : il s’est ennivré et il est arrivé à la faute. La 1ère chose qu’il a faite en refondant l’humanité c’est de planter une vigne et de boire le jus de la vigne, puis il s’est dénudé...

 

Qu’y a t’il derrière cette histoire ? C’est un fait important : l’échec de la conscience morale ! Une tentative de court-circuiter la distinction entre le bien et le mal. Ce qui est recherché c’est une expérience de bonheur qui ne peut être qu’artificielle dans sa tentative de dépasser le problème moral.

 

C’est là le rite fondamental de Pourim par rapport à l’épreuve du vin.

C’est une Mitsvah de boire pour commémorer l’événement de la défense de la Golah du peuple juif de l’époque. Cette communauté de la diaspora allait être détruite. Le fait d’avoir été vainqueur des Amalécites est un événement extrêmement important. Derrière, il y a un rite dont la signification religieuse est plus profonde que la simple commémoration historique de cet événement. C’est le fait que, en fin de compte, malgré toutes les catastrophes qui auraient pu s’abattre nous avons été vainqueurs dans cette épreuve du vin. C’est-à-dire de la relation à la connaissance, à la sagesse des Goyim. Finalement, le judaïsme a survécu à cette tentation de la sagesse perse, comme il a survécu à cette tentation de la sagesse égyptienne précédemment. Cela a été très difficile mais finalement on a survécu...

 

Par le fait qu’on est tombé dans le piège, la persécution est arrivée.... mais on sera sauvé...etc.

En fin de compte la Halakha va instituer que dans la commémoration de ce salut nous allons nous soumettre à cette épreuve.

 

Beaucoup de communautés, mêmes orthodoxes, sont dans l’erreur de boire jusqu’à se saoûler. Il faut boire jusqu’à la limite où l’on risque de confondre entre le bien et le mal et s’y arrêter. L’épreuve est dans cet arrêt. Il faut boire jusqu’à cette limite-là. La Mitsvah n’est pas de boire à se rouler par terre. C’est absolument interdit. Il faut boire jusqu’au moment où on ne voit plus la frontière entre ce qui est bien et ce qui est mal. Jusqu’au moment où l’on risque de confondre entre « Béni soit Mardochée » et « Maudit soit Haman » et qu’on risque de dire : « Maudit soit Mardochée » et « Béni soit Haman ». C’est cela la limite. A l’échelle individuelle dans ce rite-là on expérimente cette limite-là, et cette expérience définit précisément la situation dans laquelle le juif s’est mis chez les Goyim. Etre citoyen perse ou français...  Et c’est faire l’aveu que l’on peut maîtriser cela. C’est une épreuve difficile mais elle représente et ritualise l’épreuve de la relation aux valeurs. Par rapport à toute valeur, c’est la même épreuve, c’est-à-dire aller jusque-là mais s’arrêter-là... On est jugé sur cette capacité-là. Si à Pourim on échoue, c’est fichu, comment faire pour réparer ?

 

Il y a un commandement de boire plus que d’habitude jusqu’à arriver à être gai mais jusqu’à ce qu’on n’arrive plus à dinstinguer entre l’homme et la femme.

Il y a le commandement de boire mais de s’arrêter au moment où l’on risque de culbuter dans la faute du 1er homme, et la faute de Noa’h, et qui risque d’être celle de Israël s’il n’est pas capable de maîtriser le problème de la relation à la sagesse.

 

L’expression employée : « ad lo yada »  Boire jusqu’à ne plus savoir...

Jusqu’à ce qu’on ne fasse plus la distinction entre le bien et le mal, et s’arrêter-là, ne pas se saoûler comme dans certaines communautés, c’est justement-là le signe de l’échec. 

 

A Pourim, c’est la mise à l’épreuve de la communauté d’Israël de ce temps dans l’empire de Perse.

Israël va se confronter nécessairement avec 4 empires qui représentent chacun d’entre eux l’une des valeurs fondamentales de la nature humaine, à la manière de la civilisation du temps, et donc celle des Égyptiens n’est pas celle des Perses qui n’est pas celle des Grecs qui n’est pas celle des Romains...

 

Le Maharal montre les différentes identifications à ces différentes civilisations qui ne sont pas les mêmes... et derrière cet enseignement du Maharal on remarque que finalement parmi tous ces empires, il n’y a pas Ishmaël !

 

D’après le Maharal, la relation avec les empires n’est pas de la même nature parce que Ishmaël a sa propre identité et sa propre promesse en tant que fils d’Abraham et sa propre Malkhout, sa propre royauté qu’il ne prend pas d’Israël. Alors que les Malkhouyiot des autres empires sont directement prises à Israël. Et d’autre part, il est évident que Ishmaël c’est Paras, la Perse. Ce qui est extraordinaire c’est cette explosion de l’islam au moment de la fin de l’empire Perse de notre temps. L’histoire se développe, et il se dévoile que finalement effectivement Ishmaël c’est Paras !

 

La deuxième expression s’appelle « Baroukh Haman Arour Mordekhaï »

 

A un certain moment, la communauté était en grand danger. Mardochée fait signe à la reine Esther pour obtenir du roi le salut des Juifs qui sinon sont perdus. Et après tout Dieu sait si ce n’est pas pour cela que tu es devenu la reine... Ester – Satar – Soter : le secret, le caché...

Assuérus ne savait pas qu’Ester était juive... Et Mordekhai ajoute : si ce n’est pas toi qui nous sauve le salut viendra « Mi Maqom A’her » d’une autre endroit (Esther 4.14).

 

Or, on va comprendre pourquoi dans le livre d’Esther il n’y a pas le nom de Dieu. Comme si un livre qui raconte le salut de la communauté d’Israël le faisait dans un langage marxiste, hashomer hatsaïr, sans aucune relation avec le Dieu d’Israël. C’est vraiment un livre bizarre, il n’y a pas le nom de Dieu. Il y a des raisons pour cela. Mais les Midrashim ont mis en évidence des allusions. 

 

Dans certaines communautés les Sofrim ceux qui écrivent les parchemins s’arrangent pour qu’au bout de chaque colonne il y ait le nom Hamelekh. Chaque colonne commence par Hamelekh. Et à l’exception de deux versets, Hamelekh désigne Dieu lui-même. Cela veut dire que derrière ce qui se passe avec Assuérus comme sujet de l’histoire c’est une intervention de la providence à laquelle est relié Israël. Sauf les versets qui mentionnent explicitement « Hamelekh A’hashvérosh », il s’agit de l’action du roi de Perse méchant. Mais lorsque le verset dit « Hamelekh le Roi » alors c’est que derrière les événements officiels de l’histoire terrestre se trouve la Providence.

Dans énormément de lectures, les Rashei Tévot et Safei Tévot, les premières lettres de chaque mot et les dernières lettres de chaque mot, forment le Shem Havayah, soit complet, soit incomplet, soit à l’endroit, soit à l’envers...etc.  Le Shem Havayah c’est Youd-Hé-Vav-Hé le monde caché. C'est-à-dire que tout cela ce n’est rien que le nom de Dieu mais tout est caché. Je ne vous ai pas encore donné les raisons que l’on donne habituellement pour expliquer pourquoi le nom de Dieu n’apparait pas.

 

Dans un endroit, il y a une allusion claire où Mardochée dit à Esther : si ce n’est pas toi qui nous sauve le salut viendra « MiMaqom A’her » d’une autre endroit. Evidemment, il pense à Dieu Lui-même. Comme vous le savez le mot Maqom on s’en sert souvent pour désigner Dieu : Hamaqom. Il y a allusion que c’est Dieu qui s’arrangera pour nous sauver quand même.

 

Retour au sujet :

Vous voyez cette atmosphère de clandestinité, de panique, on ne part pas et déjà si vite on est dans la civilisation qui a détruit la Judée. Il y a changement de régime, on est devenu juif libéral : on ne se présente plus différemment d’eux et on ne parle plus de nos valeurs... Même lorsque Mardochée parle à Esther ils ne parlent pas en clair ! 

 

Deuxièmement, ce Maqom A’her : Maqom renvoie à Dieu mais A’her cela ne renvoie pas à Dieu ?

A’her cela s’oppose à E’had ! MiMaqom A’her cela veut dire d’un autre côté qui est ultime. Si c’est par Esther que nous vient le salut : c’est pour cela que Dieu t’a choisi et c’est Dieu qui nous sauve et pas toi ! Mais si ce n’est pas Dieu qui nous sauve par toi, alors Il nous sauvera d’une autre manière. Et l’autre manière c’est Haman ! Cela veut dire : soit le salut vient par Mardochée et Esther, soit il vient par Haman. Soit le salut vient parce que la communauté juive est fidèle à elle-même, soit la communauté juive n’est pas fidèle à elle-même alors c’est la persécution qui les oblige à être juifs...

 

On le relie à notre sujet. Cela veut dire que normalement il faut dire:

Baroukh Mordekhaï et Arour Haman !

Alors, si ce n’est pas possible et que c’est par Haman qu’on est sauvé:

Baroukh Haman, Arour Mordekhaï !

 

C’est terrible : cela veut dire qu’il n’y a que deux éventualités:

- Baroukh Mordekhaï, Arour Haman !

- Baroukh Haman, Arour Mordekhaï !

 

Si c’est à cause de Mardochée que la communauté juive reste dans la Golah c’est Haman qui va devoir décider, mais à quel prix ? Si c’est l’inverse, grâce à Mardochée que la communauté juive reste fidèle à elle-même, alors il se révèle que Haman c’est l’ennemi qui est méchant. 

Alors cela se confond : finalement il y a un mélange entre le bien et le mal. L’homme du bien c’est le mal et c’est l’homme du mal qui sert au bien. Voilà le mélange des valeurs.

 

Cela se relie formellement au rite qui dit qu’il nous faut boire jusqu’au moment où on ne sait plus  qui nous a sauvé ! Est-ce Haman qui nous a sauvé à cause de Mordekhaï qui a failli en Perse ou est-ce  Mordekhaï qui nous a sauvé à cause de Haman…?

 

C’est ce que dit la Guémara (ndlr. TB Sanhedrin 97b) d’autre part :

« Soit Israël fait Teshouvah, soit Je leur envoie un roi plus méchant que Haman ! »

 

Il faut bien comprendre cela que le roi Assuérus avait introduit une liberté absolue, et cependant on est tombé dans le piège. On voit dans tous les termes la situation concrète sociopolitique des Juifs en Galout. C’est pourquoi il faut aborder le livre d’Esther en comprenant bien ce problème : le livre d’Esther est le livre de l’histoire de l’identité juive et de la fête de l’histoire juive par excellence.

Voyez tout ce temps de clandestinité qui commence à l’arrêt de la prophétie et qui ne s’achève qu’aux temps messianiques. C’est ce temps-là à la fin duquel nous nous trouvons. 

 

…/…

 

C’est un problème pour lui-même mais 

נִכְנַס יַיִן יָצָא סוֹד  

nikhnas yayin yatsa sod (ndlr. : T.B. Erouvin 65a)

Littéralement cela veut dire : lorsque le vin (Yayin) rentre le secret (Sod) sort.

Le mot « vin » (יַיִן  , yayin) = 70, de même que le mot « sod » (סוֹד  , secret).

 

Je reprends ce thème vu hier et que l’on retoruve à différents épisodes, d’abord au temps du premier homme, ensuite avec Noa’h et dans l’histoire d’Abraham avec Loth (l’histoire dans la caverne avec le vin… etc).  Le risque l’échec c’est qu’il y a deux sagesses différentes : celle qui permet de distinguer le bien du mal, et un aspect impur à la sagesse qui au contraire a pour conséquence le mélange des valeurs. Je vous ai signalé la signification biblique sur un point important dans l’expression « ad lo yadâ : jusqu’à ce qu’il ne sache plus » disntinguer entre Mordékhaï et Haman.

Je vous avais donné l’explication à propos de MiMaqom A’her : si le salut ne vient pas de Esther alors il viendrait d’un autre endroit. Et la problématique qui apparait là est simple à comprendre : ou bien effectivement le salut vient des Juifs eux-mêmes, ou bien il vient des ennemis d’Israël !

Vous identifierez par vous-même de quoi il s’agit… 

 

 Je vous propose de continuer le texte du premier chapitre :

 

Ester 1:9

גַּם וַשְׁתִּי הַמַּלְכָּה, עָשְׂתָה מִשְׁתֵּה נָשִׁים--בֵּית, הַמַּלְכוּת, אֲשֶׁר, לַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ

La reine Vasthi donna, elle aussi, un festin aux femmes dans le palais royal appartenant au roi Assuérus.

בַּיּוֹם, הַשְּׁבִיעִי, כְּטוֹב לֵב-הַמֶּלֶךְ, בַּיָּיִן--אָמַר לִמְהוּמָן בִּזְּתָא חַרְבוֹנָא בִּגְתָא וַאֲבַגְתָא, זֵתַר וְכַרְכַּס, שִׁבְעַת הַסָּרִיסִים, הַמְשָׁרְתִים אֶת-פְּנֵי הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ

Le septième jour, lorsque le cœur du roi était mis en liesse par le vin, il a dit à Mehouman, Bizzeta, Harbona, Bigta, Abagta, Zêtar et Carcas (les sept conseillers personnels du roi les eunuques qui étaient de service auprès du roi Assuérus),

לְהָבִיא אֶת-וַשְׁתִּי הַמַּלְכָּה, לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ--בְּכֶתֶר מַלְכוּת:  לְהַרְאוֹת הָעַמִּים וְהַשָּׂרִים אֶת-יָפְיָהּ, כִּי-טוֹבַת מַרְאֶה הִיא

d'amener devant le roi la reine Vasthi, ceinte de la couronne royale, dans le but de faire voir sa beauté au peuple et aux grands; car elle était remarquablement belle.

וַתְּמָאֵן הַמַּלְכָּה וַשְׁתִּי, לָבוֹא בִּדְבַר הַמֶּלֶךְ, אֲשֶׁר, בְּיַד הַסָּרִיסִים; וַיִּקְצֹף הַמֶּלֶךְ מְאֹד, וַחֲמָתוֹ בָּעֲרָה בוֹ

Mais la reine Vasthi refusa de se présenter, suivant l'ordre du roi transmis par les eunuques. Et le roi en fut très irrité, et sa colère l’a enflammé.

וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ, לַחֲכָמִים יֹדְעֵי הָעִתִּים:  כִּי-כֵן, דְּבַר הַמֶּלֶךְ, לִפְנֵי, כָּל-יֹדְעֵי דָּת וָדִין

Puis le roi, s'adressant aux sages, initiés à la connaissance des temps (les astrologues : les sages qui connaissent la signification des événements, leurs vraies valeurs) car c'est ainsi que les affaires du roi étaient portées devant ceux qui connaissent la loi et le droit…

 

Voilà ce qui se passe : le roi invite la reine à paraître devant la cour. C’est contraire aux bonnes moeurs de l’empire et elle refuse. Je passe sur ce thème-là. Et alors elle va être destituée en tant que reine ou impératrice…

 

1 :14 :

  וְהַקָּרֹב אֵלָיו, כַּרְשְׁנָא שֵׁתָר אַדְמָתָא תַרְשִׁישׁ, מֶרֶס מַרְסְנָא, מְמוּכָן--שִׁבְעַת שָׂרֵי פָּרַס וּמָדַי, רֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, הַיֹּשְׁבִים רִאשֹׁנָה, בַּמַּלְכוּת

et ceux qui l'approchaient de plus près, c'étaient Carchena, Chêtar, Admata, Tarchich, Mérés, Marsena, Memoukhan, les sept seigneurs qui avaient accès auprès de la personne du roi et tenaient le premier rang dans le royaume

1 :15

כְּדָת, מַה-לַּעֲשׂוֹת, בַּמַּלְכָּה, וַשְׁתִּי--עַל אֲשֶׁר לֹא-עָשְׂתָה, אֶת-מַאֲמַר הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, בְּיַד, הַסָּרִיסִים

il demanda que faire d'après la loi avec la reine Vasthi, pour avoir désobéi à l'ordre du roi Assuérus, communiqué par les eunuques.

1 :16

וַיֹּאמֶר מומכן (מְמוּכָן), לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ וְהַשָּׂרִים, לֹא עַל-הַמֶּלֶךְ לְבַדּוֹ, עָוְתָה וַשְׁתִּי הַמַּלְכָּה:  כִּי עַל-כָּל-הַשָּׂרִים, וְעַל-כָּל-הָעַמִּים, אֲשֶׁר, בְּכָל-מְדִינוֹת הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ

Alors Memoukhan s'exprima ainsi devant le roi et les seigneurs: « Ce n'est pas seulement envers le roi que la reine Vasthi s'est rendue coupable, mais encore contre tous les grands et contre toutes les nations qui se trouvent dans l’empire du roi Assuérus ».

1.17

כִּי-יֵצֵא דְבַר-הַמַּלְכָּה עַל-כָּל-הַנָּשִׁים, לְהַבְזוֹת בַּעְלֵיהֶן בְּעֵינֵיהֶן:  בְּאָמְרָם, הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ אָמַר לְהָבִיא אֶת-וַשְׁתִּי הַמַּלְכָּה לְפָנָיו--וְלֹא-בָאָה

car l'incident de la reine, venant à la connaissance de toutes les femmes, aura pour effet de déconsidérer leurs maris à leurs yeux, puisqu'on dira: "Le roi Assuérus avait donné ordre d'amener la reine Vasthi en sa présence, et elle n'est pas venue !

1.18 :

וְהַיּוֹם הַזֶּה תֹּאמַרְנָה שָׂרוֹת פָּרַס-וּמָדַי, אֲשֶׁר שָׁמְעוּ אֶת-דְּבַר הַמַּלְכָּה, לְכֹל, שָׂרֵי הַמֶּלֶךְ; וּכְדַי, בִּזָּיוֹן וָקָצֶף

Et aujourd'hui même, les princesses de Perse et de Médie, qui ont entendu l'incident de la reine, en parleront à tous les princes du roi, et de là naîtront force avanies et querelles irritantes.

1.19 :

אִם-עַל-הַמֶּלֶךְ טוֹב, יֵצֵא דְבַר-מַלְכוּת מִלְּפָנָיו, וְיִכָּתֵב בְּדָתֵי פָרַס-וּמָדַי, וְלֹא יַעֲבוֹר:  אֲשֶׁר לֹא-תָבוֹא וַשְׁתִּי, לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, וּמַלְכוּתָהּ יִתֵּן הַמֶּלֶךְ, לִרְעוּתָהּ הַטּוֹבָה מִמֶּנָּה

Si donc tel est le bon plaisir du roi, qu'un décrêt royal, émané de lui et mis par écrit consigné dans les lois de Perse et de Médie, de façon à ne pouvoir être rapporté, dispose que Vasthi ne paraîtra plus devant le roi Assuérus, et que sa dignité royale sera conférée par le roi à une compagne valant mieux qu'elle.

1.20 :

וְנִשְׁמַע פִּתְגָם הַמֶּלֶךְ אֲשֶׁר-יַעֲשֶׂה בְּכָל-מַלְכוּתוֹ, כִּי רַבָּה הִיא; וְכָל-הַנָּשִׁים, יִתְּנוּ יְקָר לְבַעְלֵיהֶן--לְמִגָּדוֹל, וְעַד-קָטָן

Et la décision que rendra le roi sera connue dans tout son royaume, qui est si vaste, et alors toutes les femmes témoigneront du respect à leurs maris, du plus grand au plus petit."

 

Donc, il y a ici une allusion à un mouvement de civilisation extrêmement importante qui explique par ce fait de la rebellion de la reine Vashti vis-à-vis du roi.

 

1.21-22:

וַיִּיטַב, הַדָּבָר, בְּעֵינֵי הַמֶּלֶךְ, וְהַשָּׂרִים; וַיַּעַשׂ הַמֶּלֶךְ, כִּדְבַר מְמוּכָן  

Et la chose plut aux yeux du roi et aux princes, et le roi agit conformément aux paroles de Memoukhan.

וַיִּשְׁלַח סְפָרִים, אֶל-כָּל-מְדִינוֹת הַמֶּלֶךְ--אֶל-מְדִינָה וּמְדִינָה כִּכְתָבָהּ, וְאֶל-עַם וָעָם כִּלְשׁוֹנוֹ:  לִהְיוֹת כָּל-אִישׁ שֹׂרֵר בְּבֵיתוֹ, וּמְדַבֵּר כִּלְשׁוֹן עַמּוֹ

Il envoya des lettres dans toutes les provinces royales, dans chaque province selon sa son système d'écriture et dans chaque peuplade selon son idiome, de telle sorte que chaque homme soit maître dans sa maison et parle la langue de son peuple.

 

Je ne veux pas rentrer trop dans les détails mais vous voyez ce qui ici se met en place : c’est le principe de l’autonomie de chaque langue et de chaque culture.

 

Ensuite,  je passe assez rapidement, c’est le remplacement de la reine.

Jusqu’au verset 5 du chapitre 2. C’est le conseil de rassembler dans une sorte de concours toutes les jeunes filles pour trouver la candidate pour remplacer Vashti.

…/…

 

lire la suite

 

****

 

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