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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:42

Pourim cours 8b (1979)

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_8

337 02

Durée : 46,5 minutes
Face B

 

…/…

 

Josué apparait en tant que successeur de Moïse et, dans le sujet qui nous concerne en particulier, il est celui qui mène la guerre contre Amaleq.

 

Chapitre 17.5

D’abord quelques mots sur la personne de Josué. Il s’appelait Hoshéah Bin Noun, de la tribu d’Efraïm. Au moment de l’affaire des explorateurs : lorsque le peuple a demandé l’envoi d’espions pour espionner le pays pour savoir s’il correspondait vraiment à la promesse et savoir si on était capable de l’occuper, alors Moïse envoie finalement un représentant par tribu. Et Hoshéa Bin Noun était le représentant de sa tribu, Ephraïm. C’est la tribu de Joseph. Kalev Ben Yefouneh était le représentant de la tribu de Yehoudah. Or, ce sont les deux seuls qui, en revenant de l’exploration, vont faire un rapport positif pour monter en Eretz Kenaan pour accomplir la promesse. Les dix autres se rebellent. Nous retrouvons chaque fois à peu près la même proportion. Un cinquième était sorti d’Egypte et ici un cinquième des représentants (2/12èmesoit 1/6ème) du peuple qui était sorti d’Egypte sont pour Eretz Israël ! Seuls Josué et Caleb vont entrer en Eretz Israël et toute la génération qui avait refusé n’entre pas.  

Au moment de l’affaire des explorateurs Moïse a changé le nom de Hoshéa Bin Noun en Yehoshoua Bin Noun par l’ajout d’un Youd.

Le sens du nom change un peu mais dans tous les cas la racine est la même : le sauveur.

Suivant la tradition, quand Saraï a dû changer son nom en Sarah, le Youd du nom de Saraï attendait de savoir où il irait se mettre. Et c’est ce Youd de Saraï qui est venu s’ajouter à Hoshéa. Ce que cela veut dire, vous le comprendrez dans quarante ans ! Retenez simplement que les choses sont liées déjà avec Sarah.

 

Voyez le lien qui va s’établir : c’est Josué qui prendra la succession de Moïse pour donner à Israël la terre d’Israël. Et c’est Josué qui est chargé de faire la guerre contre Amaleq.

Cela veut dire que c’est lié dans le principe. Josué est responsable de ces deux choses à la fois et d’une troisième aussi que je vais ajouter plus tard. La Guémara établit que ce sont ces trois choses-là qu’il faudra faire d’abord lorsqu’on reviendra à la fin des temps en Eretz Israël :

-la guerre contre Amaleq

-la conquête d’Eretz Israël.

-la construction du temple.

 

Josué n’a pas pu faire la troisième chose, il faudra attendre le fils de David, Salomon.

Tout ceci est un problème pour lui-même que les Poskim ont étudié, en particulier Maïmonide. Il y a trois mitzvot importantes au moment où l’on rentre dans le pays : détruire Amaleq, assurer la souveraineté israélienne sur Eretz Israël, et la construction du temple.

 

Vous remarquez que nous sommes occupés aux deux premières, il faut préparer la troisième.

Et Maïmonide, en rabbin de la galout, ne pourra pas être taxé de sioniste, mais il a codifié cela de façon très claire…

 

En tout cas le lien apparaissant ici nous éclaire sur notre sujet. Josué en tant que successur de Moïse va être chargé de ces deux points : la guerre contre Amaleq et la conquête d’Eretz Israël.

 

17.5

Vayabo Amaleq… et Amaleq vint…

 

Au verset précédent, il y avait un doute en Israël. A chaque fois qu’il y a un doute, Amaleq intervient. Amaleq = Safeq en gématria.

 

 

17.5

Vayabo Amaleq… et Amaleq vint et fit la guerre à Réfidim

 

A Réfidim il y a eu une contestation contre Moïse qui a résulté en une perte d’assurance et la création de doutes. Le midrash dit sur Réfidim : Rifionadayim devenir faible, lâche.

 

Et Moïse dit à Josué : choisis pour nous des hommes et sort en guerre contre Amaleq, demain, je me tiendrais sur le haut de la colline avec le bâton de Dieu dans ma main. Et Josué fit comme il lui avait dit pour faire la guerre contre Amaleq, et Moïse, Aharon et ‘Hour sont montés en haut de la colline. Et il arriva lorsque Mosheh levait les mains, Israël était plus fort.

 

Tant que le zekhout de Moïse est présent en Israël, Amaleq ne peut rien contre lui. Et Moïse signifie la fidélité à la Torah. Cf. le sort différent des deux royaumes d’Israël. Le royaume du nord sans la Torah se perd. Et le royaume du sud, Yehouda, qui a gardé la Torah, survit. Cf. les deux boucs de Kipour… etc. Tout cela se relie…

 

« Et lorsqu’il baissait les mains, Amaleq surmontait,

Or les mains de Mosheh étaient lourdes.

Ils prirent une pierre et l’ont mise sous Moïse, il s’assit dessus

Et Aharon et ‘Hour soutenaient ces mains, l’un de chaque côté.

Et ses mains étaient émounah jusqu’au coucher du soleil.

Et Josué affaiblit Amaleq et son peuple par l’épée ».   

 

L’idée qui apparait là est très importante : la force pour lutter contre Amaleq s’appelle la émounah. Une émounah qui vient de Torat Mosheh. Ce n’est pas plus compliqué que cela à comprendre : c’est la émounah qui s’oppose au safeq. Le safek, le doute, fait venir Amaleq, et la émounah, la foi, fait surmonter sur Amaleq.

 

Les deux mains, ce sont les deux midot ‘Hessed et Gvourah de Mosheh Rabénou.

 

« Et Hashem dit à Mosheh : écris cela en souvenir dans le livre, et place-le comme consigne aux oreilles de Josué car j’effacerai le souvenir d’Amaleq de dessous le ciel, et Moïse construisit un autel et en nomma le nom : Hashem Nissi - Dieu est mon miracle/ ma bannière, mon étendard.

Et Il dit : car une main a été portée sur le trône de Yah, Mil’hamah Lashem BaAmaleq midor dor guerre pour Hashem contre Amaleq de génération en génération.

 

Il y a donc dès le début de la sortie d’Egypte et la constitution d’Israël comme nation la guerre contre Amaleq qui durera de génération en génération jusqu’à la fin des temps où finalement ce souvenir de Amaleq sera effacé.

 

Je vous donne simplement les grandes étapes : au moment de la sortie d’Egypte, ensuite lorsque le peuple est entré dans le pays, le premier roi qui a été choisi était Shaoul qui devait faire la guerre totale contre Amaleq mais qui l’a laissé survivre. Ensuite, on retrouve ce même problème avec Mardochée et Aman au temps des événements de Pourim que raconte la Méguila d’Esther.   

D’époque en époque, chaque fois qu’Israël se constitue en nation, apparait de nouveau Amaleq comme antagoniste, et avec le même programme.

 

A la génération précédente avec le nazisme, et à la génération contemporaine avec la prétention pratiquement universelle de remplacer Israël par la Palestine, cela semble être deux étapes différentes mais je crois qu’il s’agit de deux sous-étapes de la même guerre qui a commencé avec les Russes dans les grands pogroms de la fin du siècle dernier (au 19èmesiècle). Finalement, le grand conflit est avec les Russes, et l’étape allemande est une étape dans ce grand conflit qui commence avec les Russes.

 

Quand vous étudierez très attentivement l’histoire juive des dernières périodes et l’histoire d’Israël depuis sa fondation, il est bien évident que sans la Russie derrière tous ces conflits cela aurait pu être résorbé à l’échelle locale. Mais il n’y a pas de doute que tout le mouvement de la constitution de la nation d’Israël du dedans du peuple juif dispersé commence avec les persécutions de Russie avant les persécutions en Allemagne. Et l’alliance entre Hitler et la Russie est un mystère pour les historiens mais fait partie de ce problème. Finalement, aujourd’hui c’est la Russie qui est derrière. C’est au temps de la guerre de Kipour que cela est devenu évident que sans la volonté russe le conflit local aurait été résorbé depuis lontemps.

 

Chaque fois qu’une culture dans le monde prétend être ce qu’Israël est censé être, alors il y a ce conflit avec Amaleq. Il y a un messianisme russe que vous apprendrez d’autre part mais qui est évident pour ceux qui connaissent la culture russe et l’âme russe, qui finalement est placé devant cette alternative : soit eux, soit nous. Et ils le savent très bien.

 

De la même manière que pourrait paraitre étonnant et disproportionné au temps de la propagande hitlérienne le fait qu’un pays aussi colossal que l’Allemagne ne voie comme ennemi du genre humain ce tout petit peuple, quelques centaines de milliers de Juifs en Allemagne, alors qu’il y en avait des millions en Pologne ou en Russie. De la même manière, le grand slogan de la politique russe est de voir Israël comme la cause de tous les malheurs du monde ! C’est également disproportionné.

 

Il y a là quelque chose d’extrêmement profond. Il y a un messianisme de la nation russe qui apparait dans l’impérialisme soviétique et a pris comme véhicule l’idéologie socialiste, mais qui est très profondément russe en tant que tel. Et évidemment, comme cela a été le cas du nazisme et comme cela a été le cas dans les civilisations précédentes, ils se désignent chaque fois chacun comme ennemi de l’identité Israël.

 

Résumé :

On va reporter la période des événements du temps d’Assuérus bien avant, au temps de Josué.

Les éléments qui apparaissent c’est qu’effectivement c’est Josué qui commence la guerre contre Amaleq et qui est chargé d’ailleurs de la conquête d’Eretz Israël.

 

L’idée est maintenant très simple : dès qu’Israël à la sortie d’Egypte se constitue comme nation, le problème d’Amaleq surgit. Mais il surgit d’une mise en doute par Israël même de sa propre vocation, de sa propre identité. Chaque faiblesse à ce niveau-là constitue chaque fois la force d’Amaleq.

 

Le texte que je viens de vous lire n’est pas facile à comprendre sans l’étude de la kabbalah pour en voir le sens de chaque détail de la forme du texte. Mais l’idée générale est très simple, c’est ce que représente Moïse et la foi d’Israël au nom de la Torah de Moïse qui est la lutte contre Amaleq.

 

Q : D’où vient l’importance des murailles ?

R : L’analogie vient ainsi : c’est qu’à Shoushane la capitale il y eut affirmation plus forte du miracle que dans toutes les autres villes. Et donc la définition de ville entourée de muraille se relie au fait que Suse était la capitale de cet empire. Mais la guémara va transposer cette définition aux villes d’Israël entourées de murailles au temps de la sortie d’Egypte, c'est-à-dire au temps de Josué. Une ville entourée de murailles, cela veut dire une ville fortifiée, c'est-à-dire une ville vraiment. Les autres étaient des villages.

Il faut penser cela au temps de la féodalité, avec les villes entourées de murailles. A l’intérieur des villes, la souveraineté des peuples. Toutes les autres villes étaient des villages. Lorsqu’il y avait danger tous les habitants des villages rentraient dans les murailles de la ville…

 

Q : L’identité d’Amaleq n’a toujours qu’un seul représentant à chaque époque?

R : En réalité, peu importe le nombre, c’est le même qui apparait sous des visages divers.

Par exemple, il n’y a pas beaucoup d’effort à faire pour identifier la force de Ashaf, la prétention de remplacer Israël. Je ne veux pas imputer cela à tous les Palestiniens, je veux dire les habitants du pays d’Israël qu’on appelle la Palestine. Ce sont ceux qui ont pour objectif d’annuler Israël pour se mettre à sa place. Parce que je suppose qu’il y a énormément d’arabes ou de chrétiens ou musulmans habitants Israël qui envisageraient une solution différente de coexistence avec les Juifs. Mais cette volonté de remplacer Israël perçu comme usurpateur c’est Amaleq.

On la trouve dans un autre style chez les Allemands du temps d’Hitler. Et cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas beaucoup d’Allemands qui envisageraient une coexistence pacifique avec les Juifs. Mais le nazisme chez les Allemands a le visage d’Amaleq. L’obsession de détruire les Juifs et de prendre leur place. Pour que l’avenir du monde pendant mille ans appartienne à l’Allemagne. La Russie c’est la même chose.

 

Ce sont des choses qui ont été étudiées pendant des siècles. 

Un tossefot, un des commentaires de Rashi dans la Guémara, interroge : où sont les Cananéens du temps de Josué aujourd’hui ? Et Tossefot répond : les Russes ! Il dit que Kenaan c’est Moskova !

C’est écrit en toutes lettres dans Tossefot.

Un des commentateurs postérieur a expliqué cela de la manière suivante :

La malédiction sur ‘Ham lorsque Noa’h s’est réveillé de son jour de Pourim pour constaté ce que son fils lui avait fait mettant en question sa paternité, il a maudit sa descendance. C’est important parce qu’Israël est fondé sur l’enchainement des générations, alors que ‘Ham se fonde sur le refus de la génération précédente et la rupture des générations. Il veut rendre stérile son père. Il y a là deux options de l’histoire radicalement opposées. De ‘Ham sortira Kenaan. La malédiction sur Kènaan est qu’il sera esclave. Or, les Slaves se nomment Slaves. Et Slaves cela veut dire esclaves. L’étymologie vient du latin. C’est leur identité.

 

Ainsi Tossefot tranquillement identifie Kenaan chez les Slaves. La surprise est que finalement la réalité dévoile que c’est vrai. On ne sait pas de quoi il faut le plus s’étonner. Que les textes aient prévu la réalité ? Ou que la réalité s’entête à donner raison aux textes ?

 

Q : Pourtant c’est la descendance de Yafet ?

R : D’après la Guémara non ! Il faut voir les choses fondamentalement. C’est la situation d’identité qui est diagnostiquée. D’autant plus que les soi-disant « races », d’après la Torah ce n’est pas biologiques mais cela passe par les langues qui sont soit ‘hamitique, soit japhétique, soit sémitique.

Il y a ce que disent les linguistes et ce que la Torah dit en faisant le diagnostic de la situation d’identité. On voit très bien que c’est la Russie qui a adopté la thèse des Cananéens. Et l’histoire dévoile que c’est finalement avec eux qu’on est en guerre, par armées arabes interposées. D’ailleurs nous le savons maintenant, c’est eux qui ont donné à Nasser la date de Kipour pour attaquer Israël. et vous verrez toujours qu’Amaleq qu’il soit perse, allemand, ou russe, choisit toujours les jours de fête pour les attaquer. D’après le Midrash, ils ont attendu Pourim pour les attaquer à Pourim !

 

Q : Haman a tiré au sort seulement le mois ou le jour du mois ?

R : Il a tiré au sort le mois, le jour du mois, et le jour de la semaine.

Q : Mosheh nait et meurt le 7 Adar et Pourim c’est le 13 ?

R : Chaque fois qu’il tirait au sort le jour, il y avait un mérite, que ce soit le jour de la semaine ou le jour du mois. Et quand il a tiré les mois, il  a vu que dans le mois de Adar Moïse était mort. Cela lui a suffit pour penser à une vulnérabilité d’Israël dans le mois de Adar, mais il a oublié que le mois de Adar, Moïse était né le même jour. Le 7 adar finalement est devenu un jour commémoré dans le calendrier israélien : tous ceux dont on ne connait pas la tombe. C’est également le jour d’anniversaire de tous ceux dont on ne sait pas quand et où ils sont morts. C’est relié à l’histoire de Moïse.

 

Je referme la parenthèse, c’est la première explication que je voulais vous donner : pourquoi on ramène cela au temps de Josué. Le fond du problème c’est parce que Josué est relié à la guerre contre Amaleq.

 

Deuxième approche du problème :

Deuxième explication de la fixation du Shoushane Pourim à partir du temps de Josué plutôt qu’à partir du temps d’Assuérus.

C’est relié à une toute autre dimension qui n’est plus celle de la lutte contre Amaleq reliée avec  d’Eretz Israël, mais la fin de la période de la révélation.

Un enseignement indique que sans la chute morale du Am Israël au temps du premier temple qui a conduit à ce que les prophètes s’adressent à lui pour l’exhorter à la Torah, nous n’aurions eu comme livre de la révélation dans le Tanakh que les 5 livres de Moïse et le livre de Josué. On aurait eu l’héxateuque ! Après le temps de Josué ce n’est pas le temps des prophètes mais les Zqenim qui sont les Shoftim. Les Neviim viennent après le temps des Zqénim. La prophétie va reprendre après le temps des Zqénim avec un prophète nommé Hoshéa, Osée.

La capacité de prophétie qui s’attache au Tsélem Elohim ne disparait pas d’Israël, même quand Israël est en galout, c’est enfoui mais cela reste. Mais le fait que des paroles de prophétie sont données pour rester par écrit cela aurait dû s’arrêter, nous dit la Guémara, avec Josué.

C’est parce que l’état du peuple nécessitait l’exhortation des prophètes que nous avons également les autres livres.

 

De même, dans les références citées à propos de Pourim : « tous les livres du Tanakh sont destinés à ne plus être par écrit sauf la Méguila d’Esther ».

C'est-à-dire qu’aux temps messianiques, la connaissance sera révélée de façon tellement expérimentale qu’on n’aura plus besoin de se référer à des livres !

On s’approche de ces temps donc il faut vous habituer à cela. Pour le moment vous avez besoin des livres... Un passage du prophète qui le dit très clairement. « La connaissance de Dieu sera dévoilée comme l’eau sur le fond de la mer. Plus personne n’aura besoin de dire à une autre : apprend-moi ! » Parce qu’on verra. Un peu comme au temps du premier homme avant la faute…

Aujourd’hui on est encore à ce stade où on a besoin de prophètes.

 

On n’est plus au temps de la prophétie dévoilée et on a besoin de quelqu'un qui nous explique ce que les choses signifient.

 

Mais viendra un temps où il suffira d’exister pour être ! On n’aura plus besoin de quelqu'un d’autre pour être.  

 

A ce propos, la guémara nous apprend que tous les livres deviendront inutiles, sauf la Méguilat Ester qui est le livre où se dévoile l’éternité d’Israël. On aura une capacité de lire véritablement ce que contient la Méguila de Pourim.

 

Je reviens à cette guémara : normallement, le temps de la révélation  c’est le temps de la génération de la sortie d’Egypte. C’est un temps exceptionnel de dévoilement. Comme un temps messianique avant la lettre. Qui aurait pu l’être définitivement sans la faute du veau d’or. C’est un temps de dévoilement. Remarquer que toutes les mitzvot et la Torah auxquelles on se réfère sont celles données à cette génération-là. Si tout était allé comme il fallait, après ce temps de dévoilement où Israël est invité à l’expérience de la connaissance profonde qui se cache derrière les apparences, l’histoire aurait commencé déjà donc au temps de Josué. Pas au temps de Moïse car la génération du désert n’est pas entrée en Eretz Israël. Donc c’est la génération de Josué qui la remplace.

Et la capacité prophétique reste l’apanage de l’identité d’Israël mais les livres de la prophétie n’auraient pas existé.

Nous n’avons dans le Tanakh que quelques enseignements des prophètes. L’immense majorité de la prophétie qui a été prophétisée est restée orale. Et le Tanakh est une sorte de décision du Sanédrine de mettre ces textes-là par écrit pour la postérité. Mais il y a eu énormément plus de prophètes et prophétesses que ceux mentionnés dans le Tanakh !

 

Et toute une quantité de prophétie qui n’a pas encore été formulée est mise sous le nom de Tana de BéÉliyahou – l’enseignement de Eliyahou Hanavi.

Effectivement, la prophétie de Eliyahou est la seule qui n’ait pas de livre dans le Tanakh !

Chaque fois qu’un ‘hidoush de la Torah apparait, on le transmet sous le nom d’enseignement de l’école de Eliyahou Hanavi. En particulier lorsqu’on a étudié et qu’une connaissance nouvelle est apparue sans qu’on puisse en identifier la source. On se demande qui a dit cela, et on ne sait pas ! C’est sorti de l’étude ! C’est alors un enseignement que l’on rattache à l’enseignement de Eliyahou HaNavi. Chaque fois qu’il y a une Beraïta qui commence ainsi cela vient de là. C’est lorsque la machine à ‘hidoushim fonctionne… Et elle ne s’est jamais arrêtée !

 

Historiquement nous savons que la prophétie s’est arrêtée au temps de la Méguilat Ester, mais en principe elle aurait dû s’arrêtée déjà au temps de Josué ! Mais, l’occultation de la prophétie n’est pas l’occultation de l’occultation. Cf. le « Aster Astir Panaï ».

 

Nous allons étudier une mishna sur ce problème et vous en comprendrez par vous-mêmes le lien.

 

Pirqey Avot :

Dix choses ont été créées la veille de Shabat, bein hashémashot entre les soleils...

 

C’est une expression dont on se sert pour dire le crépuscule le soir.

Le coucher du soleil et le commencement de Bein Hashémashot et l’apparition des étoiles est la fin de cette période de Bein Hashémashot. Cette période-là la nuit commence au coucher du soleil, alors qu’en réalité elle devrait commencer à la sortie des étoiles. Le jour s’arrête à la sortie des étoiles alors qu’en réalité il devrait s’arrêter au coucher du soleil. Cette période qui s’appelle Erev en hébreu, le crépuscule le soir, est appelé par la Halakha « Bein Hashémashot ». Entre le soleil qui se couche et le soleil qui se lève. Vous voyez la difficulté, normalement Bein Hashémashot devrait durer toute la nuit ! Puisque le soleil ne se lève que le lendemain matin ! Alors on rattache à la lumière du soleil qui réapparait le lendemain matin la lumière des étoiles qui laisse deviner que la lumière est là bien que ce soit la nuit vraiment. L’apparition des étoiles est pour la Halakha le signe que la lumière du soleil du jour précédent a vraiment quitté le ciel puisque les étoiles sont visibles. Nous avons cette période de Safeq si c’est le jour vraiment : Yom Safeq Laïlah. Il y a doute si c’est le jour encore, ou doute si c’est la nuit vraiment ! Et suivant les mitzvot on tranchera pour commencer le temps de la mitzvah soit au temps du coucher du soleil soit à la sortie des étoiles.

 

Par exemple, étant donné la gravité de la pratique du shabat, on commence au coucher du soleil et on termine à la sortie des étoiles : on décide d’après la ‘houmkha. Mais pour d’autres mitzvot tel que le qriat shémâ du soir, il y a des raisons pour lesquelles on décide que c’est à partir de l’apparition des étoiles que c’est la nuit pour le qriat shémâ du soir…

 

Et ainsi, chaque fois qu’il y a une mitzvah dont le temps est à partir du soir, cela occasionne une discussion dans la Guémara pour savoir si pour telle mitzvah particulière le soir commence au coucher du soleil ou à la sortie des étoiles.

 

La Halakha est différente pour les Ashkénazim et les Séfardim.

Par exemple, si vous allez au Kotel vous remarquez que les minianim des Sefardim commencent la prière du vendredi soir très tôt. Alors que les Ashkénazim attendent l’apparition des étoiles pour la commencer pour dire le qriat shémâ après l’apparition des étoiles.

Ce qu’on cherche à propos du qriat shémâ c’est le moment de passage entre le jour et la nuit. Parce que c’est ce moment de passage qui est le moment de la mitzvah qui est l’affirmation que Dieu est Un bien qu’il y ait la dualité du jour et de la nuit dans le monde. Par conséquent, dans le jour, il n’y a pas d’objet de cette mitzvah. L’objet de cette mitzvah commence dans le passage entre le jour et la nuit. Si je suis encore dans le jour, dire que Dieu est Un c’est dire une vérité de la Torah, mais la mitzvah du Qriat Shémâ, qui est d’affirmer que Dieu est Un malgré les apparences, n’a force de mitzvah qu’au moment précisément où ces apparences font que c’est une mitzvah.

On a ainsi décidé du temps du Qriat Shémâ depuis le soir jusqu’à minuit. Si on a laissé passé minuit, à postériori, il faut encore le dire jusqu’au matin. Mais à priori, il ne faut pas laisser passer minuit. Parce que l’objet du Qriat Shémâ est de lutter contre deux souverainetés. Le monde de notre représentation ne nous renvoie pas pas du tout à l’idée du Dieu unique Un, mais à l’idée de plusieurs absolus. L’absolu du jour et l’absiolu de la nuit.

Il y a des religions entières qui ont toujours pensé leur expérience religieuse par rapport à deux absolus de divinités. Le dieu du bien et le dieu du mal, le dieu de lumière et le dieu de l’obscurité. Le ‘hidoush de la Torah est que malgré ces apparences Dieu est Un au-delà de cette dualité.

Ce dout apparait précisément au moment d’expérience du passage de l’un à l’autre. C’est pourquoi la Torah institue que le Qriat Shémâ doit être dit chaque fois qu’il y a expérience de passage d’un monde à un autre, et à la limite au moment de la mort.

Dans ce cas le critère de la Halakha se centralise sur le moment de ce passage du jour à la nuit. Est-ce déjà au coucher du soleil ou bien à l’apparition des étoiles ?

Or, pour le Qriat Shémâ, il y a d’autres raisons plus profondes, mais en première approche, on établira que c’est à partir de l’apparition des étoiles parc que tant qu’on ne voit pas les étoiles c’est le signe que la clarté du soleil du jour précédent est encore là.

Or, comme le Shabat commence au coucher du soleil, dans la Halakha de tradition séfadite on considère que puisque le Shabat a commencé au coucher du soleil c’est valable aussi pour le Qriat Shémâ. Dés le coucher du soleil on est déjà dans le jour suivant parce que c’est Shabat ! Et donc dès le coucher du soleil on dit la Tefilah de Arvit avec le Qriat Shémâ. On doit répéter le Qriat Shémâ la nuit Al Hamitah la nuit après l’apparition des étoiles bien sûr.

Tandis que les Ashkénazim considèrent qu’il faut garder la même règle pour les jours de ‘Hol et pour les jours de Shabat. Retenez que dans la Halakha des Séfardim tous les jours de la semaine il faut quand même attendre la sortie des étoiles, mais la règle pour le jour de fête et Shabat est la même puisque la…

…/…

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Published by Phil O'Semith - dans CALENDRIER & FÊTES
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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:41

Pourim cours 8a (1979)

 

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337 01

Durée : 46,5 minutes
Face A

 

…/…

 

Pourquoi cet indice de paroxysme, d’absolu ? Cette identité d’Israël, hébraïque et puis juive est traquée de toutes les manières.

 

Un midrash raconte que lorsque Dieu a voulu créer l’homme, les anges s'y sont opposés. Première étapte. Deuxième étape, lorsque veut créer Israël, tous les hommes s’y opposent. Quel en est le sens ?  

A partir du moment où une mutation apparait quelque part, elle se heurte à l’opposition radicale de tout ce qui la précède qui risque de se trouver disqualifier ´par la mutation qui apparait.

C’est l’indice que l’être qui apparait à travers l’identité Israël est bien ce que l’histoire cherche. Cet indice est la coalition de rivalité qui l’entoure.


La société israélienne apparait dans cette prétention qu’un peuple dispersé pendant 2000 ans s’érige en nation et cela déclenche 32 ans après, c'est-à-dire une demi-seconde après à l’échelle de l’histoire entière, une coalition universelle de refus.

 

Vous apprenez en biologie comment se fait la fécondation de l’ovule pour donner la première cellule : il y a des milliers de spermatozoïdes en compétition pour féconder l’ovule. Une fois la fécondation commencée, l’ovule devient imperméable à tous les autres qui disparaissent…

 

C’est ce drame-là qui se joue à l’échelle de toute l’humanité.

 

Q : Au niveau de Loth on a l’impression de cette même structure qui se développe mais pas au même niveau ?

R : Cette descendance de Loth n’est pas n’importe laquelle dans cette compétition contre Israël, c’est l’identité la plus éloignée de la sainteté d’Israël parce qu’elle était dans le principe la plus proche mais qui a échoué. Elle a d’emblée l’aspect d’une identité défigurée, impure, avec une signification messianique négative. Et lorsque Ruth vient en Israël, ce n’est pas n’importe qui. C’est cette identité là qui aurait pu réussir à partir de Loth. A l’origine ils étaient comme des frères Loth et Abraham. Les plus proches qui finalement deviennent les plus éloignés. Par conséquent, Ruth n’est pas n’importe quelle convertie en Israël. Elle est ce cas particulier de la limite de l’éloignement, qui lorsqu’elle revient en Israël a une portée universelle messianique. C'est-à-dire que pour que l’identité messianique naisse, il faut qu’elle récapitule l’universel humain. Or, la région la plus périphérique et extérieure de cette sainteté de la matrice d’Israël c’est précisément Moav et Ammon, qui dans la racine était le plus proche devenu le plus loin. Et lorsque Ruth revient ce n’est donc pas n’importe quel convertie mais celle qui peut être l’ancêtre du Mashia’h. La rédemption de l’identité Ruth a donc une toute autre portée que n’importe quelle autre neshamah rentrant en Israël. C’est un cas à part, il faut l’entendre à la racine. 

Que voulaient faire les filles de Loth ? Sauver l’humanité ! Mais ce comportement d’engendrement messianique s’est fait dans l’impureté. Et lorsqu’il y a épuration (birour) de cette quantité de sainteté enfouie et cachée dans l’impureté en question, alors il y a un moment messianique.

 

Cela se relie au problème de l’exil. Il y a nécessité d’aller là où la neshamah de Ruth se trouve pour aller la délivrer.

 

Il y a un enseignement dans la kaballah :

Mashia’h et Na’hash ont même guématria 358. Cela veut dire qu’il y a une équivalence. Le calcul est très simple mais l’équivalence s’apprend par la tradition, on ne peut pas l’inventer. C’est pour cela qu’il est interdit de faire des guématriot seul. Les raisonnements seuls sont autorisés car vérifiables par les lois de la raison. Comme les qal va’homer les raisonnements à fortiori par exemple. Parce qu’on peut vérifier seul l’authenticité d’un raisonnement. La raison vérifie. Mais l’analogie est arbitraire. C’est pourquoi la règle est « qal va’homer adam dam meatsmo » un homme peut faire un raisonnement à fortiori par lui-même. Et s’il est authentique il s’intègre dans l’enseignement de la Torah au niveau de la Torah shébéal peh.  Mais gzeira shavah, le raisonnement par analogie, faire équivaloir une notion à une autre, ein adam dam meatsmo. C’est interdit. Et là : Ein qibel merabo. C'est-à-dire que si on a reçu par tradition le sens d’une analogie alors on l’intègre dans sa Torah mais si on l’a découvre par soi-même formellement il faut toujours se méfier, on ne sait pas ce qu’elle comporte.

 

Alors je vous donne l’explication et j’espère que vous allez la comprendre : tant que la quantité d’âmes qui doit être le Mashia’h est prisonnière de l’impureté, elle devient nocive en tant que Na’hash.

 

Qu’est-il arrivé entre le premier homme et le Na’hash que l’on traduit par serpent ? Ce Na’hash en question était l’être le plus évolué avant que l’homme n’apparaisse, et une fois l’homme apparu il se trouve disqualifié ! Par conséquent, tout le processus de l’histoire humaine va commencer avec une rivalité à priori entre les forces du Na’hash et les forces de Adam.

 

Par exemple on rencontre un midrash qui nous dit tranquillement que lorsque Esaü est né il avait le sceau du na’hash marqué sur la hanche !

Un verset, ensuite intégré dans les piyoutim de la Havdalah : « Ki Lo Na’hash BeYaaqov – car il n’y a pas de Na’hash dans Yaaqov ! »

 

Cela veut dire qu’il y a une capacité d’être authentique, mais lorsqu’elle est inauthentique, elle devient rivale et antagoniste celle qui est authentique. Il y a tout un tiqoun possible, un processus historique de sauver cette quantité de sainteté devenue la plus grande impureté en la ratachant à sa source. Mais pour cela il faut qu’elle soit épurée.

En voilà un exemple avec Ruth : une étincelle de l’âme du Mashia’h qui était dans l’identité du Na’hash. Il y a alors tout un processus historique de transfiguration de cette quantité d’âmes.

 

Lorsque quelqu'un vient en Israël en disant : « c’est moi ! ».

Il y a alors deux possibilités : Timna ou Ruth.

 

La manière la plus simple de l’identifier est toujours par le biais du processus psychologique que je vous ai décrit : il y a un tiqoun au complexe Amaleq, c’est la sublimation des passions. Lorsqu’une passion est autonomisée, elle est dévastatrice, mais si on arrive à la sublimer elle s’incorpore aux côtés du bien et de la sainteté.

 

En ce qui concerne l’histoire de Ruth, je vous la décris à partir d’un verset tiré du dernier chapitre de Ruth. La méguilah de Ruth est lue à Shavouot. Le nom de Rout comprend trois des lettres du mot Torah : Resh-Vav-Tav.

 

Lorsque Naomie revient de Moav avec Ruth, la bénédiction qu’elle reçoit du peuple d’Israël qui l’accueille :

 

4.11

« Et tout le peuple qui se trouvait à la porte de la ville ainsi que les anciens du peuple (qui étaient témoins de l’arrivée de Ruth) dirent : que Dieu fasse de la femme qui est entrée dans ta maison comme Rachel et Léa qui ont construit toutes deux la maison d’Israël... »

 

On voit de suite le niveau auquel Ruth est accueillie.

 

« Et réussit à Efrat et tu auras un nom à Beit-Le’hem ».

 

Et finalement, cela annonce la naissance de David qui est le dernier nom du livre de Ruth.

 

4.12

« Et que ta maison soit comme celle de Peretz que Tamar a enfanté à Yehoudah de la semence que Dieu te donne de cette jeune fille ».

 

Dans certaines communautés, en particulier d’Afrique du Nord, on lit ces versets au moment de chaque mariage.

 

La référence à Rachel et Léa est très claire : elles ont été la matrice d’Israël à partir de Jacob. Mais pourquoi la référence à Tamar et Juda ?

 

C’est que nous avons dans l’histoire de Tamar et Juda un épisode analogue à celui des filles de Loth.

 

A partir du moment où les Toladot sont bloquées et que l’on croit qu’il y a impasse, sans suite possible, alors il y a une initiative qui est prise par la femme.

 

L’initiative prise par les filles de Loth a été dans l’impureté. Mais l’initiative prise par Tamar est du côté de la sainteté. Et cette initiative est la même que celle prise par Ruth avec Boaz.

Lorsque Naomie, sans fils à lui donner, lui parle de son parent Boaz assez âgé qui pourrait être un goel (un terme messianique qui apparait) qui pourrait la délivrer de son veuvage. C’est toute l’histoire d’Israël : Boaz et Routh. Mais il faut que la rencontre se fasse, et Boaz ne prendra pas l’initiative de la rencontre. Naomie invite alors sa belle-fille rout à prendre l’initiative.

Celle des filles de Loth est dans l’impureté absolue, on en a un modèle dans la sainteté avec Tamar et Juda. Et Ruth descendante de Moav va prendre cette initiative dans la pureté absolue, et le mashia’h pourra naitre.

 

Au niveau des enfants de Jacob, il y a deux tentatives différentes pour continuer les Toladot. Et le problème est très difficile : Jacob a eu ses enfants et maintenant les enfants d’Israël étant là, avec qui doivent-ils se marier pour que les Toladot d’Israël continuent ?

Joseph va à l’extérieur d’Israël, et Juda va lui à l’antérieur d’Israël.

On a là déjà la cristallisation en prototype du phénomène diaspora-Israël. Jospeh va à l’extérieur. Comment faire souche ? Il risque de tomber entre les mains de la femme de Putiphar.

Juda quant à lui va prendre une cananénne qui lui donne trois enfants qui ne peuvent pas avoir d’enfant ! Il y a une sorte de blocage, une impasse. Tamar prend l’initiative de s’allier à Juda et il en naitra Peretz. 

 

Le texte relie tous ces thèmes d’identités.

Nous en revenons à notre conclusion :

Si c’est Timnâ, alors il en sort Amaleq, mais si c’est Rout, il en sort le roi David ! 

Quel est finalement le critère différentiel entre Timnâ et Rout ? Timnâ veut imposer son identité alors que Rout veut adopter l’identité d’Israël. Et avec le retour de Ruth c’est la lignée de Loth qui est sauvée. Pourquoi David sera-t-il l’ancêtre du mashia’h ? Parce qu’il procède de cette alliance entre l’identité humaine qui représente l’universel absolu le plus loin d’Israël, mais qui à la racine était le plus proche par Loth. Ce n’est pas de n’importe quelle convertie (giyoret) que peut naitre le mashia’h, mais de Ruth seulement. Et cela prend le temps que cela prend, et les données du problème sont mises en place.  

 

Il faudra éclaircir cela par les données de Juda et de Tamar mais vous remarquez l’importance du fait que la bénédiction donnée à Ruth se réfère à Tamar et Juda, parce qu’effectivement, Ruth a pris la même initiative. Relisez le livre de Ruth, on y voit Boaz stupéfait de ce qui arrive. Elle existe. De la même manière qu’Eliezer était stupéfait lorsqu’il voit Rivqah. Elle existe. Chaque fois il y a cette attente et cette inquiétuide et cette stupéfaction que finalement cela va pouvoir continuer.

 

Selonle midrash Tamar était la fille de shem, la racine la plus indifférenciée de la lignée d’où sort Abraham. Juda dans sa première tentative archaïque s’allie avec l’antérieur d’Israël à l’intérieur des frontières d’Eretz Israël, mais étant un produit déjà élaboré il est stérile. Il faut revenir à l’antérieur le plus indifférenciée pour qu’il y ait fécondité. Effectivement, cette histoire se dénoue dans le livre de Bereshit qui nous parle de l’histoire du mariage de Jospeh interrompue par l’histoire du mariage de Juda pour oppsoer les deux tentatives. Celle de l’extérieur avec Joseph qui est le prototype du juif de diaspora avec tout son problème – et celle de l’interieur avec Juda qui est le prototype de l’identité hébraïque à l’intérieur des frontières d’Israël. Cette lutte des deux tendances Joseph-Juda continue jusqu’à nous. Toutes ces tendances contraires au projet Juda viennent de l’identité Joseph.

Jusqu’à ce que cela se dénoue. Nous connaissons la solution de ce conflit dont nous sommes probablement en train d’en vivre les derniers moments.

Quand finalement il se dévoile que Tamar va être enceinte de Yehoudah alors il dit :

« Tsadeqah mimeni » que l’on traduit par « elle est plus juste que moi ».

Cela veut dire tout à fait autre chose :

« Tsadeqah mimeni » c’est de moi qu’elle est devenue tsadeqah (tsadeqet) !

Et vous savez que dans le langage de la Torah, le tsadiq a pur totem le palmier.

« Tsadiq kitamar Riffla’h » Pour dire le tsadiq on prend l’image du palmier, il y a des raisons pour cela. Le verset est très clair. Elle s’appelle Tamar, et Juda la déclare tsadiq grâce à lui : elle n’a pas pu avoir d’enfant avec son premier.né er, ensuite avec Onane le deuxième, et le troisième nous sommes averti par la Torah que sans être marié il ne peut pas avoir d’enfant – c’est la stérilité qui vient du mariage avec la cananéenne. Les enfants ont eu pour femme Tamar, alors finalement Juda a pris l’initiative de faire lui l’enfant de la suite des engendrements. Mais cela n’aurait pas abouti si Tamar n’avait, elle, pris l’initative. Il attend qu’elle prennen l’initiative, personne d’extérieur à la scène ne comprend rien à ce qui se passe. Finalement va naitre Peretz ancêtre de Boaz qui attend que Ruth revienne de l’extérieur…

 

Cela se rattache à un grand thème : à chaque étape des mutations d’identité menant jusqu’au mashia’h, l’initiative vient des femmes qu’on appelle « nashim tsadqaniot ». Et l’histoire de Tamar en est l’histoire la plus exemplaire.

 

Par exemple, lors de la sortie d’Egypte la persécution était telle que les chefs d’Israël ont décidé de ne plus enfanter. Amram père de Moïse à venir décide le suicide cosmique. Si l’histoire devient invivable on l’arrête. (En général, cela débloque quelque chose là-haut et cela continue…)

Alors il y a une initiative de Amram, chef de la tribu de Lévi, de se séparer de sa femme et d’arrêter les engendrements. Il avait sa fille Myriam et son fils Aharon, qui était dit le midrash A’haron, le dernier des enfants d’Israël. Myriam a un rêve qu’elle raconte à son père : le mashi’ah doit naitre mais son père l’empêche de naitre par sa décision ! Paro n’enlève aux Bnei Israël que ce monde-ci et non le monde à venir. Mais Amram qui les empêche de naitre dans ce monde-ci leur enlève également le monde à venir !  

Amram en fut convaincu, reprit sa femme en mariage. C’est pourquoi le texte dit :

Shémot 2.1

א וַיֵּלֶךְ אִישׁ, מִבֵּית לֵוִי; וַיִּקַּח, אֶת-בַּת-לֵוִי  

« Vayelekh Ish MiBeit Lévi Vayiqa’h et Bat Lévi… »

Et Moïse est né.

L’initiative vient de Myriam. Comme l’initiative est venue des filles de Moav dans l’impureté, de Tamar dans la sainteté et de Ruth dans la messianité.   

 

D’autre part, un texte très clair du début de l’Exode :

Il y avait le décret de Paro selon lequel tout enfant hébreu serait jeté dans le Nil, mais les sages-femmes d’Israël sont parvenues à les sauver. D’après le midrash ces sages-femmes étaient la mère et la sœur de Moïse. A chaque fois les intiatives viennent des nashim tsadqaniot.

 

Un dernier midrash :

Au moment de la construction des ustensiles du tabernacle, Dieu demande à ce que le bassin des ablutions de purification des prêtres avant les sacrifices temples soit fabriqué à partir des miroirs des femmes.  Moïse est étonné ! Hamarot Hatsorot ? Cet instrument du diable (le maquillage) !?

Dieu lui répond : c’est grâce à ces miroirs qu’il y a encore le peuple d’Israël. Lorsque les hommes hébreux revenaient des travaux forcés, leurs femmes se faisaient belles pour eux dans ses miroirs et il y avait des enfants… Sans ces miroirs, il n’y aurait pas eu d’Israël. Donc c’est avec ces miroirs de l’initiative des femmes que fut fabriqué le kiyor…

 

***

 

Nous avions parlé d’Amaleq. Je vous avais cité la source dans Bereshit, l’origine de l’identité d’Amaleq. Il y a bien sûr un peupe historique bien pecis, descendant d’Essav et qui est Amaleq.

Ce mot d’Amaleq, au-delà de la définition proprement géographique ou géopolitico-historique du peuple précis qu’étaient les Amaléçites, a fini par servir pour désigner tout ennemi extrême d’Israël. Nous sommes à une époque où il n’est pas nécessaire que les identités typologiques désignées de cette manière soient les descendants historiques directs des peuples concernés, puisque c’est leur équation d’identité qui est ainsi désigné. Par exemple, si vous entendez dire des Allemands ou des ennemis d’Israël que c’est Amaleq, cela dépasse la définition proprement géopolitique. Malgré tout, on apprend d’autre part que quelque soit les changements d’identité des peuples à travers les siècles et les millénaires, c’est finalement concrétement cette même identité-là qui se trouve camouflée derrière telle ou telle apparence politique.

 

Il faut surtout retenir qu’Israël depuis le début de son histoire est soumis à toute une série de rivalités, mais il y a une rivalité particulière qui est la plus grave et la plus dangereuse et la plus radicale, celle qui a pour objectif l’anéantissement d’Israël avec le projet d’en prendre la place. Il est bien évident que la premiére souche de cette rivalité c’est Essav. Nous l’avons rencontré dans l’histoire de différentes manières avec Rome dans les deux niveaux de son histoire, Rome païenne et Rome chrétienne.

 

Dans le livre de Bereshit, l’étude de l’identité d’Ishmaël et le problème de la rivalité d’identité entre Ishmaël et Its’haq, l’identification est très claire. Il est bien évident pour tous, quelque soit les péripéties très particulières que cela a pris dans l’histoire, que Ishmaël va donner la civilisation de l’islam. Et la rivalité de l’islam par rapport à Israël est une donnée historique très claire.

 

La rvalité de l’islam n’a pas été tellement théologique mais surtout politique vis-à-vis d’israël, avec comme objet de rivalité la terre d’Israël. Ishmaël n’a jamais denié à Israël son identité d’Israël, au niveau théologique les élites de l’islam ont toujours respecté la théologie d’Israël comme supérieure à la leur puisque lui ayant donné naissance. On retrouve cela en particulier dans certaines époques de l’âge d’or espagnol où il y avait des contacts entre les élites musulmanes et juives, dans une relation de respect des premiers pour les seconds. Cela a été une rivalité d’ordre politique, en particulier avec ce qui se dévoile de notre temps et que la Torah déjà raconte avec la contestation de l’héritage de la terre promise à Abraham, entre Ishmaël et Its’haq.

 

A travers les siècles, dès l’apparition de l’islam, l’islam a toujours refusé aux juifs, où que ce soit qu’ils aient vécu, en particulier en Israël, l’indépendance (ou l’égalité) politique. Mais toujours dans cette situation de respect au niveau théologique. C’est une légende de croire qu’il n’y a pas eu de persécutions politiques des Juifs dans le monde de l’islam.

 

Alors que dans le monde chrétien, la rivalité de Essav par rapport à Israël est dans un autre sens. A la limite il peut avoir reconnaissance des droits politiques des Juifs. C’est arrivé finalement vers les derniers siècles de l’histoire de la civilisation occidentale. Les pays de civilisation chrétienne ont finalement donné l’égalité politique aux Juifs, mais la contestation est au niveau théologique, au niveau de l’identité « Israël ».  Il a fallu bien sûr que les pays occidentaux se déchristianisent pour arriver à l’égalité des droits civiques donnés aux Juifs par exemple. La première fois où un pays occidental s’est déchristianisé et où la conscience chrétienne n’était plus souveraine politiquement que les droits d’égalité ont été donnés aux Juifs et cela s’est passé en France d’abord.

 

Mais finalement, on voit que la contestation de la part de Essav est plus une contestation d’identité pour savoir qui est Israël plutôt qu’une contestation d’ordre politique. C’est bien partagé : d’un côté on nous refuse la terre, et de l’autre on nous refuse le ciel… Il nous reste donc l’horizon.

Ce qui a d’ailleurs donné aux Juifs sa capacité de prospective.

 

La souche de cette rivalité Amaleq prend racine dans l’identité d’Essav. Amaleq est un descendant d’Essav. Fils d’Elifaz fils d’Essav. Avec pour particularité que l’objectif d’Amaleq est d’éliminer Israël, l’annuler et se mettre à sa place.

 

Je vous donne une phrase de Mein Kampf qui m’a frappée où il dit très clairement que l’avenir de l’Allemagne ne peut ëtre fondée sur 1000 ans que si elle se met à la place d’Israël et que le peuple juif soit annulé.

 

Chaque fois que nous rencontrons cette identité dans l’histoire et dont le programme est d’annuler Israël pour se mettre à sa place, il y a résurgence de l’identité Amaleq. Or, la première fois qu’Amaleq apparait dans l’histoire d’Israël en tant que peuple c’est au moment de la sortie d’Egypte, et c’est le passage qui est lue en tant que parashah de Pourim. La guerre avec Amaleq est menée par Yehoshoua.

 

Vous avez appris dans les dinim que Pourim à Jérusalem se fait le 15 et non pas le 14. Il y a eu jour de fête le 14 Adar dans toutes les villes mais à Shoushane la capitale la fête a continué le lendemain. L’expression de la guémara pour dire que dans toutes les villes entourées de murailles au temps de ces événements, on adoptera le même statut que à Shoushane (Pourim le 15 et non pas le 14)

Normallement la formule employée par la Halakha pour désigner ces villes ‘Hakhim Moukafim : les villes fortifiées, normallement la formule est  « Bimei A’hashverosh - au temps de A’hashverosh ».

 

Mais pourtant dans la mishna nous avons « moukafim be’homa bimei yehoshoua bin noun ». Retenez bien ce problème. La formule traditionnelle des villes entourées de murailles c’est au temps de Josué. Alors qu’historiquement la formule devrait être – on la trouve dans certaines beraïtot – au temps d’Assuérus. On va étudier ce premier point, pourquoi on a changé de formule.

C’est d’abord un problème d’étude pure : la mishna nous parle du Shoushane Pourim et donc Jérusalem est dans ce cas avec d’autres villes considérées comme entourées de murailles déjà au temps de Josué. Je n’étudierais pas avec vous le détail de la discussion de la Guémara qui nous prendrait trop de temps dans le detail, mais je vous schématise le problème :

 La formule est les villes entourées de murailles au temps de Yehoshoua Bin Noun. Or, on s’attendrait à ce que ce soit les villes entourées de murailles au temps de A’hashverosh !

 

La Mishna dit « Bimei Yehoshoua Bin Noun » et la Beraïta dit au nom de Rabi Yehoshoua Ben Kor’ha : « Bimei A’hashverosh ». Il y a toute une discussion. On trouve effectivement dans le livre de Dévarim qui parle des problèmes de la préparation de la rentrée dans le pays sous la direction de Josué un verset qui indique la présence en ce temps-là de villes fortifiées et entourées de murailles en Eretz Kenaan. Puisque le même mot est employé dans la Meguilat Ester et dans le livre de Dévarim à propos de Josué pour dire les villes entourées de murailles on fait donc une analogie et puis on établit que la formule doit être : les villes entourées de murailles au temps de Josué.

Et si dans le monde entier il y a une ville qui était entourée de muraille au temps de Josué on fait Shoushane Pourim au lieu du Pourim habituel.

 

La raison essentielle donnée par la Guémara au sujet de changement de formule ne faveur de Yehoshoua Bin Noun: « Pour donner la préseance à Eretz Israël. »

Et cette discussion se trouve dans le Talmud Babli, c’est-à-dire les descendants des communautés qui déjà en ce temps-là n’étaient pas rentrées en Israël.

 

Lorsque nous avions étudié la guémara de Ketouvot je vous l’avais signalé parce que c’est une question qui vous préoccupe mais c’est uniquement la familiarité avec les textes qui vous permettra de le voir par vous-mêmes, l’honnêteté du Talmud de Babylone qui reconnait la préséance d’Eretz Israël. La question vous préoccupe puisque comment se fait-il que ceux-là mêmes qui étaient restés à Babel et n’avaient pas voulu monter en Eretz Israël reconnaissent-ils que c’est en Eretz Israël qu’il faudrait être ?

 

La raison global donnée c’est « Latet kavod leEretz Israel ». C’est encore une formule très générale.

J’ajoute deux points :

Le premier point est que cela se rattache à Yehoshoua Bin Noun qui commence la guerre contre Amaleq. Par conséquent, en réalité ce problème que raconte le livre d’Esther de la lutte et de la délivrance contre Amaleq c’est déjà au temps de Yehoshoua Bin Noun, ou que d’une certaine manière ces événements auraient pu se passer au temps de Yehoshoua Bin Noun. C’est un problème qui commence en réalité à ce temps-là.

 

Livre de Shémot - Beshala’h au chapitre 17 :

.../...

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Published by Phil O'Semith - dans CALENDRIER & FÊTES
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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:39

Pourim cours 7b (1979)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_7

336 02

Durée : 46,4 minutes
Face B

 

…/…

Abraham est l’être d’Israël en cours d’histoire. La société d’Israël, la matrice de cet engendrement, c'est Sarah. Et par conséquent, le refus des patriarches vient d’une motivation que j’appelerais nationaliste. Ils préfèrent leur société à une quelconque société étrangère qui serait la matrice de cette histoire. Si Timna avait demandé à être la concubine d’Abraham, peut-être l’aurait-il accepté, mais femme d’Abraham cela signifie à la place de Sarah. Cela veut dire que la société d’Israël viendrait de Timna et non pas de Sarah.

C'est à ce niveau-là qu’il y a eu refus. 

Le fait que la guémara indique dans cette Hagada que cela se passe au temps d’Abraham, au temps d’Isaac, et au temps de Jacob, indique que c'est un thème d’identité permanent. Se dévoile précisément dans l’identité des goyim qui est la plus à sauver, la plus éloignée de l’identité d’Israël d’un certain point de vue, ce désir d’être Israël !

Tout de suite, dès le début se dévoile qu’il y a une clause de « lo lishma », que c'est une motivation non désintéressée: la condition est de devenir la reine !

Ce que les patriarches refusent. La guémara en citant cette histoire se demande si les Avot ont eu tort ou raison. La guémara répond qu’ils ont eu tort. Puisque de Timnâ est sorti Amaleq. On l’apprend de « Pileg esh LéElifaz ». Le texte aurait dû porter « Hayitah Pileg eshet Elifaz ». Mais le fait que le texte porte qu’elle est devenue la concubine « pour Elifaz », « pileg esh leElifaz », donne une base au raisonnement de la guémara :

Timna porte ce désir d’être Israël mais comme reine. Elle est finalement refusée. Elle va cependant préférer être concubine dans la famille d’Abraham plutôt que reine des ‘Horites où elle est née.

 

Sanhédrine 99b

veTimna Hayitah Pileg esh leElifaz

Et Timna a été concubine pour Elifaz.

Pour nous enseigner quoi ? Pour se rappeler qu’elle était fille de roi comme il est écrit 36.22: « Alouf Lotan Timna » Et tout Alouf est un roi sans couronne. Elle a voulu se convertir, elle est venue chez Avraham, Ist’haq et Yaaqov qui ne l’ont pas accepté. Alors elle est allée devenir la concubine de Elifaz fils de Essav, en disant : « mieux vaut être servante dans ce peuple plutôt que princesse dans un autre peuple. » Et en fin de compte sortit d’elle Amaleq. Et pour quelle raison ? C'est parce que les avot ne devaient pas la repousser.

 

Timna : signifie « la repoussée ». De la racine imnoa.

 

Deux points à élucider :

1-      la raison pour laquelle les patriarches l’ont repoussée ?

2-      et pourquoi la guémara prend le droit d’être d’un avis différent de celui des patriarches eux-mêmes ? Après les Avot, les patriarches, il y a les Néviim, les prophètes du point de vue de l’envergure d’identité. Après les prophètes viennent les Anshei Knesset Hagdolah les derniers prophètes et les Zqenim et les derniers des Zqénim, après les Tanaïm, et après les Amoraïm. Et on trouve ici des Amoraïm qui se permettent de dire des Avot qu’ils se seraient trompés de Halakha !?

 

1- Premièrement, nous devons comprendre ce que craignaient les Avot ?

Ce dont ils avaient peur c'est qu’Amaleq naisse en Israël !

 

Q : Donc Amaleq devait naitre ?

R : C'est un des éléments du problème, mais ce n’est pas le sujet que l’on étudie maintenant.

 

D’où nait Amaleq ?

Je vous cite une analyse simple au niveau de la psychologie. Une tendance qui est refoulée devient par contrecoup dévastatrice. C'est cela Amaleq. On a refoulé Timna, et Amaleq en est sorti !

On pourrait croire que c'est là-dessus que se base la guémara pour critiquer le refus des Avot. Sans ce refus, Amaleq ne serait pas né ! En réalité, ce n’est pas si simple que cela. Leur inquiétude portait sur le fait qu’Amaleq naisse en Israël même ! C'est-à-dire une identité mixte entre les Cananéens et l’identité des Avot. D’une certaine manière, le risque de cette identité mixte on la voit se préparer chez Essav. Il y a d’autre part une collaboration entre Essav et Ishmaël dans l’histoire.

 

Le motif des Avot était d’éviter qu’Amaleq naisse en Israël. Cela vient à la racine de cette réclamation de l’identité d’Israël à ce niveau de condition d’être la reine : que ce soit l’identité Timna qui soit la matrice de ce qu’Abraham, Isaac ou Jacob représentent.

 

Amaleq va naitre dans un mixte de l’identité qui vient d’Abraham à travers Essav et de l’identité des ‘Horites. Ce qui se dévoile dans cette histoire c'est que cette manière d’être le rival d’Israël n’est pas n’importe laquelle. C'est celle qui a pour prétention de remplacer Israël radicalement. L’analyse de la guémara est très fine et va au fond des choses : Elle voulait être d’Israël en étant la reine ! Faire que son identité donne le contenu de l’identité d’Israël. La réponse des Avot est très claire, nationaliste : l’identité d’Israël sort de Sarah, de Rivqah, et de Leah ou Ra’hel… ! Et non pas de Timna ou d’une quelconque princesse désirant être Israël. A la racine dans ce vouloir être Israël quelque chose d’énormément positif, mais il y a quelque chose qui fausse tout : la condition que ce soit sa propre manière d’être qui soit Israël. C’est là qu’est le conflit.

C'est à un certain moment la prétention de Rome d’être Israël à sa manière. Israël ne peut que repousser négativement cette prétention pour être Israël à sa propre manière. C'est au niveau de la matrice nationale plutôt qu’au niveau des idées que cela se passe. Lorsqu’un romain lit le midrash il en sort un mythe, alors que lorsqu’un judéen lit la Bible il en sort le judaïsme.

 

Q : Est-ce qu’il n’y aurait pas eu un tiqoun possible de Timna ?

R : C'est ce qu’ont pensé les Avot. Il est bien évident que les Avot ont une conception de cette Halakhah différente de celle des Amoraïm. Je vais vous plaider leur dossier : que craignaient-ils ? Qu’Amaleq naisse en Israël même ! Il n’y aurait pas là de tiqoun possible, de takanah, parce que ce serait un Israël d’une identité étrangère. Cela voudrait dire que les valeurs hébraïques sont représentées par les Avot et ils n’ont eu confiance qu’en leurs femmes, leurs femmes qui étaient leurs sœurs. Ils ne pouvaient pas confier à une autre matrice d’être la matrice des engendrements d’Israël. Si une autre princesse d’un autre peuple demande à entrer en Israël elle n’aura cette prérogative qu’à condition qu’elle demande à s’insérer dans un Israël qui commence à Sarah, Rivqah, Leah et Ra’hel et non pas du tout en instaurant son identité propre comme matrice d’Israël.

On arrivera plus loin à l’histoire de Rout qui est aussi une fille de Moav, mais lorsqu’elle demande à entrer en Israël en disant : « ton peuple sera mon peuple, ton Dieu sera mon Dieu », elle entre en Israël et devient l’ancêtre du roi David ! Ce n’est donc pas à ce niveau-là.

Et lorsque les anciens du pays, la famille de Rout revenant de l’exil de Moav, et qu’on apprend que la belle-fille de Naomi (les même lettres que Timna mais dans un autre ordre) attend un enfant, elle est bénie par une bénédiction très précise : que tu sois comme Léa et Ra’hel qui ont fondées la maison d’Israël.

 

Voyez qu’elle est la raison du refus des Avot : le risque qu’Amaleq naisse en Israël ! Cela vient de la prétention qui s’attache à cette exigence d’identité. A condition qu’elle en soit la reine, à condition que son Malkhout soit le Malkhout d’Israël.

 

Avant d’arriver à la prétention de l’identité dite palestinienne vis-à-vis d’Israël, comprenez que nous avons avec le christianisme un exemple historique qui a duré 2000 ans de la même nature. L’identité romaine, la Timna romaine, qui veut être Israël mais à la condition que ce soit sa royauté qui soit la royauté d’Israël et non celle de la famille d’Abraham.

 

Il y a deux éléments dans l’attitude de Timna : un élément positif dans l’exigence de participer à cette identité d’Israël.

Cette exigence est totale chez les Romains. Ils savent très bien qu’ils sont Rome et non pas Jérusalem, et pourtant c'est avec une ferveur totale et considérable de leur part que lorsqu’ils se relient au Dieu d’Israël ils croient être Israël. C'est l’aspect absolument positif.

Vous retrouverez cet élément positif par exemple dans cette espèce de téshouvah de certains chrétiens cet aveu d’humilité qu’ils sont finalement un Israël adopté. Un texte de Paul parle de l’olivier sauvage freffé sur l’olivier franc.

L’élément négatif réside dans cette exigence d’être Israël à condition d’être la reine, même refoulée, cela va finalement ressortir de façon dévastatrice avec la prétention Amaleq.

 

C'est pourquoi je vous ai donné l’analyse du mécanisme psychologique qui est le plus simple à comprendre dans les contenus de civilisations contemporaines, puisqu’on vient de le découvrir, c'est suffisamment frais pour être compris, c'est l’origine d’un complexe. Un complexe c'est une tendance qui aurait pu être légitime mais qui a été refoulée, et comme elle a été refoulée elle resurgit de façon dévastatrice comme complexe.

 

Je termine sur la 1ère analyse avec ces deux exemples : c'est avec une entièreté totale que le christianisme a réclamé cette identité Israël, et c'est avec une entièreté totale que les Palestiniens aujourd’hui réclament l’identité Israël.  Si vous entendez bien dans leur discours, ils disent en clair que c'est eux le véritable Israël, c'est-à-dire le peuple de cette terre. Et en se réclamant de toutes les dimensions d’identités que je vous décrirais tout à l’heure, dans tous les niveaux. Il y a une sorte d’anti-Israël qui apparait mais avec cette prétention d’être Israël. Ce n’est pas n’importe quel rivalité, c'est la rivalité qui a pour ambition l’annulation d’Israël et de se mettre à sa place.

 

J’en arrive à la deuxième analyse. Ensuite, vous reprendrez dans le livre de Rout quelques versets pour bien comprendre la différence d’essence entre Timna et Rout. Quand Rout vient on lui fait une fête alors que quand Timna arrive on s’en méfie, parce que de Rout peut sortir David, mais de Timna peut sortir Amaleq. C'est parce que Rout a eu l’humilité de dire « je serais une parmi ton peuple », qu’elle a eu le privilège d’être l’ancêtre de David. On le verra plus en détail. Mais Timna vient avec cette revendication, que je vous ai déjà formulé de cette manière : « ton Dieu, mais pas toi, ton livre mais pas toi, ta terre mais pas toi, ta ville mais pas toi, toi c'est moi ! », et dans ce « toi c'est moi » il y a tout cet amour de vouloir être la femme d’Abraham, d’Isaac, de Jacob… mais à la condition d’être la reine, la légitime, c'est-à-dire la matrice d’engendrement de la société. C'est une rivalité au niveau national qui joue là, et l’exigence d’identité positive est au niveau spirituel, mais la rivalité est au niveau national.

Il suffit, je pense, de penser au caractère grotesque d’un romain qui se prétend être Israël ! Ce sont deux éléments contradictoires, mais tous les deux sont de façon totale, totalement romain et totalement Israël. C'est là qu’est le germe d’Amaleq.

 

Etant donné que les Avot ont diagnostiqué ce qu’elle voulait, ils ne l’ont pas du tout accepté.

Elle s’est rabattu sur d’autres branches de cette lignée-là, elle a préféré au moins être à l’ombre de cette identité-là plutôt que d’être la princesse d’un autre peuple.

 

Cet enseignement de la guémara nous serait absolument hermétique à identifier sans ces exemples de l’histoire. Effectivement, par exemple Rome qui est évident car sortant de Essav. Et de notre temps, le problème le plus grave avec l’entité politique palestinienne.

 

Q : et l’histoire d’Abraham avec Hagar ?

R : C’est une histoire qui se passe avant. Je répondrais plus tard.

 

On arrive à la deuxième question : les Amoraïm sont d’avis que les Avot auraient du l’accepter !?

La raison des patriarches est qu’ils craignaient ce phénomène que l’identité d’Israël s’installe à partir de la matrice ‘Horite. Alors qu’il faut qu’elle s’instaure à partir de la matrice Ivrit. La position d’Avraham est de préférer Sarah à Timna. Celle de Its’haq est de préférer Rivqah à Timna… etc. Israël est d’identité hébraïque. C'est ce qui est mis en question par Timna qui veut Israël mais d’identité ‘horite. Alors elle est repoussée. On paiera cher ce refus puis qu’Amaleq en est sorti.

 

Retenez l’argument que j’ai mis en forme avec derrière l’analyse d’énormément de commentateurs à travers les siècles : le refus de la part des patriarches est motivé par ce risque qu’Amaleq naisse en Israël. Ceci dit, comment est-il possible que les Amoraïm contestent cette décision des Avot ? C'est comme si les Amoraïm contestaient la Halakha des Avot !? Voilà leur argument à partir du principe de la Halakhah : « Mitokh shelo lishma balishmah ». Cela veut dire que quelqu'un peut avoir une conduite intéressée, c'est le commencement de la vertu même si c'est intéressé, il arrivera un stade où cela conduira à l’action désintéressée. La Halakhah autorise pour cette raison que l’on accepte une vertu intéressée dans l’espoir qu’elle devienne un jour désintéressée.  « Mitokh shelo lishma balishmah ».

Pourquoi les Avot connaissant ce principe ont-ils malgré tout refusé alors que les Amoraïm pensent qu’il faut accepter ? Où est vraiment la controverse ? Vous avez les éléments pour trouver la réponse. La réponse est très simple.

 

Comment est la halakha aujourd’hui ?

D’après les Amoraïm !

Dans le cas du converti pour pouvoir se marier, on lui met des obstacles jusqu’à ce que la motivation change. Et lorsqu’on est sûr que la motivation a changé on l’accepte.

Pour vous donner un exemple, au niveau purement juridique. Il m’est arrivé souvent des cas d’hommes juifs avec des goya désirant la conversion pour pouvoir se marier.

En général, je réponds : mariez-vous d’abord civilement et on verra après… Une fois marié, même civilement, la clause « intéressé » a disparu ! Après, ce n’est plus pour se marier qu’elle veut se convertir…

Je suis en train de vous donner des conseils dangereux…

Si une fois mariée, elle veut quand même se convertir c’est que peut-être qu’elle veut vraiment se convertir au judaïsme.

 

En général on déconseille.

Si par exemple, une femme goy a voulu devenir juive pour le judaïsme, c’est difficile car on met des obstacles. Parce que changer d’identité cela n’est pas rien. Si elle est née là où elle est née et prend cette décision de changer son goral, son projet d’identité, il faut que le tribunal rabbinique soit sur que cela peut être positif parce que sinon cela peut être dévastateur. Une identité traduite, une identité falsifiée, c’est très dévastateur. Des années après il peut en ressortir des troubles considérables parce qu’on ne viole pas ses racines.

N’importe quel homme ou femme, restant lui-même, peut avoir son Olam Haba, il lui suffit d’accpeter la loi morale. Il n’est pas nécessaire d’être juif. Mais s’il s’agit vraiment d’une neshamah juive qui est née dans un corps goy alors on s’en aperçoit finalement. Mais d’abord il faut mettre à l’épreuve.

 

Je vous parle avec une expérience de 40 ans que j’ai de ce problème. C’est très délicat de changer d’identité, c’est pour cela que l’on met des obstacles.

 

Dans le cas des mariages :

Elle s’est mariée. On demande s’ils ont des enfants ? Faites des enfants et on verra après.

Pourquoi ? Parce qu’on se marrie pour avoir des enfants. A partir du moment où il y a des enfants, c’est plus facile pour le tribunal rabbinique. Il suffit de vérifier si ces enfants pourront avoir une éducation juive bien que la mère soit goy et on régularise. L’obstacle de fond qui s’exprimait dans la forme « lo lishmah » a disparu. Et si l’intention de se convertir reste c’est qu’elle était sincère.

 

C’est très différent lorsque le père est goy et la mère est juive. Puisque dans tous les cas l’enfant est juif. Donc l’attitude du tribunal rabbinique n’est pas la même dans ces deux cas.

 

Retour à notre question :

La Halakhah aujourd’hui est comme les Amoraïm. Il ne faut pas croire qu’on l’accepte tout de suite, il y a une procédure d’obstacles dont vos n’avez aucune idée. Ce qui est normal pour une question de fond. On exige du candidat à la conversion la certitude qu’il n’est plus idolâtre. En particulier dans le monde chrétien le problème de la divinité de Jésus. Et les déclarations sont enregistrées au tribunal rabbinique. Il y a un protocole de tout ce qui se dit. Ce qui fait que si la goya dix ans après désire amener ses enfants israéliens au cathécisme, on peut lui faire un procès menant jusqu’à l’annulation de la conversion et de la naturalisation, et l’expulsion…

Les choses sont sérieuses. Cela arrive. Grâce à Dieu on a un état et on fait jouer les lois. Ce sont des problèmes graves.

 

Ceci dit, dans tous les cas on met des obstacles pour la raison de fond. Pour être sûr qu’il y a vraiment volonté de changer d’identité et pas seulement velléité.

 

Si une goya aime un juif c’est un juif qu’elle aime et pas n’importe qui d’autre. Derrière lui c’est le peuple juif qu’elle aime !

Je sais que les maris juifs sont très prisés sur le marché goy. C’est un problème en soi. Les goyot savent cela qu’il n’y a pas mieux que les maris juifs. C’est connu des sociologues et des psychologues. C’est pourquoi tellement de filles juives ne se marient pas parce qu’il y a tellement de maris juifs achetés au marché…

 

En fin de compte même cette clause : « c’est pour me marier » ce n’est pas un obstacle forcément.

L’attitude du tribunal n’est pas de poser des questions théologiques mais de s’assurer que le candidat veut bien accepter l’histoire des Juifs.

Et il faut être fou, connaissant l’histoire des Juifs, de demander une telle chose !

Alors on le dissuade. Et en principe selon la Halakha il faut trois ans de refus. Et après cela si le désir persiste, on cherche à savoir ce qu’il y a derrière. Aujourd’hui en Israël c’est beaucoup plus simple. Il suffit qu’un goy dise qu’il veut être israélien, et c’est clair. On ne cherche pas midi à quatorze heure, il sait ce qu’est cette histoire.

Il y a d’ailleurs des textes qui où c’est formulé ainsi : quand un goy demande à devenir juif, soit il est fou, soit il est un grand talmid ‘hakham. C’est cela qu’il faut diagnostiquer.

 

D’après la Halakhah, on doit appeler un guer « rabbi » car s’il s’est converti au judaïsme c’est qu’il a en lui la Torah inconsciemment. Il lui faudra des années pour apprendre sa propre torah et apprendre pourquoi il est devenu juif, mais cela veut dire que c’est un talmid ‘hakham. Ou alors c’est qu’il est fou.

 

Q : Est-ce qu’on ne peut pas se convertir dans une démarche intellectuelle ?

R : Non, cela n’existe pas, la conversion au judaïsme c’est la conversion à la nation juive !

 

Ce qu’on veut diagnostiquer c’est d’abord  l’acceptation d’entrer dans l’histoire juive et non pas l’adhésion à la vérité théologique qui vient en second.

 

C’est pourquoi dans le cas d’une conversion en vue d’un mariage avec un juif, en principe la halakhah orthodoxe n’y voit pas une raison suffisante pour refuser à priori. Elle met des obstacles jusqu’à être sûre que derrière le mariage avec le juif ne se cache pas le mariage avec le peuple juif. 

Par exemple Ruth, il se dévoile que finalement Ruth a non seulement une âme compatible avec Israël mais également capable d’être l’ancêtre du roi David.

 

…/…

 

Q : Est-ce qu’il y a des cas contraires des âmes goyim dans des corps juifs ?

R : Bien sûr, c’est un peu cela Amaleq en Israël. Quand les parents fabriquent des corps en dehors des lois de la Torah il risque d’y avoir des âmes de goy qui viennent… Les conséquences sont graves, c’est ce qu’on appelle de façon générale le Erev Rav. Il y a un Erev Rav en Israël. Ils sont nés juifs mais avec une identité un peu difficile.

Il y a les deux cas. Il peut y avoir des âmes de goyim qui sont des tsadikim et qui naissent en Israël et cela fait de très bons juifs. Mais cela c’est caché. Personne ne sait. Enfin, vous ne savez pas…

 

***

 

Retour au problème : c’est clair que la halakha est comme les Amoraïm. Et c’est une ‘houtspah encore plus grande car nous vis-à-vis des Amoraïm nous sommes des microbes ! Comment pouvons-nous nous permettre de fixer la Halakha contre l’avis des Avot ?

C’est que l’identité Israël n’était pas encore constituée ! Donc il n’y avait pas de problème à priori, on ne pouvait pas. A partir du moment où l’identité d’Israël est constituée, alors on peut admettre le principe « mitokhshelo lishmah balishmah ». Parce que la société hébraïque est là. On est dans deux niveaux de halakhah très différent.

 

Q : Pourquoi alors les Amoraïm disent que les avot auraient du accepter Timna ?

R : Les Amoraïm donnent la Halakha pour leur temps et nous l’apprenons de la manière dont ils parlent de la Halakha au niveau des Avot.

Un grand principe mis en évidence par le rav ‘Hayim de Volozine dans son livre Nefesh Ha‘Hayim : on pourrait être tenté de faire comme les Avot, mais il faut savoir que c’est interdit. C’est un tout autre niveau d’identité et on en sait pas de quoi il s’agit.

 

Lecture des versets de Ruth à relier avec Timna.

 

La prétention d’annuler l’identité d’Israël et de se substituer à lui.

La guémara de Sanhédrin nous montre les choses à la racine : dès l’origine de cette histoire de constitution d’identité d’Israël il y a une rivalité particuliére qui apparait sous les traits d’Amaleq. Jusqu’à la fin des temps cette identité d’Amaleq nous accompagne. Nous en avons deux exemples historiques massifs, l’église chrétienne à partir de Rome, et aujourd’hui le problème des Palestiniens.

 

Au sujet de Ruth, les choses commencent dans la rivalité entre Loth et Abraham. Nous voyons que dans la famille de Loth se produit une aventure de signification messianique profonde parallèle à ce qui se passe dans l’histoire d’Abraham mais dans kl’impureté. Au moment de la destruction de Sodome et Gomorrhe la famille de Loth est sauvée et les filles de Loth agissent comme persuadées que le sort de l’humanité dépend de leur décision. D’après les circonstances l’humanité est perdue, il ne reste plus personne. Elles auront de leur père chacunes d’entre elles un enfant, Moav et Ammon. Il y a une identité rivale de l’identité d’Israël qui commence avec Abraham et extérieure à la rivalité intérieure de Ishmaël ou Essav.

On peut s’étonner de la difficulté de l’histoire d’Israël depuis l’origine. Pourquoi tous ces obstacles, toutes ces difficultés, toutes ces rivalités ?

…/…

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Published by Phil O'Semith - dans CALENDRIER & FÊTES
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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:37

 

Pourim cours 7a (1979)

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_7

336 01

Durée : 46,5 minutes
Face A

 

…/…

 

Et Tossefot expliquent que c’est ce que Dieu dit à Israël :

Comme le pommier parmi les arbres de la forêt : de même que pour le pommier les fruits viennent avant les feuilles, de même mon bien-aimé Israël a dit Nasseh avant Nishmâ.

Tossefot donne une objection : ce n’est pas clair car jamais un pommier ne donne les feuilles avant les fruits. En réalité on l’apprend d’un autre verset que Tapoua’h c’est le cédrat – étrog.

 

Même en français le mot « pomme » renvoie à une catégorie de fruit. Pomme de pin, de terre… etc.

Effectivement, il y a des arbres à feuilles caduques et des arbres à feuilles persistantes.

Le cédrat est un arbre dont les fruits ne pourrissent pas, les fruits sont encore sur l’arbre et apparaissent les feuilles de la récolte suivante…

 

L’idée est la suivante : à l’abri du Nishmâ d’avant on prépare le Naasseh avant le Nishmâ d’après.

 

Le pshat est donc :

Kol Asher Diber Hashem Naasseh ! Tout ce que Dieu a déjà dit, nous allons le faire !

Parce qu’il y a quelques mitzvot données avant le Sinaï.

En particulier le Shabat donné à Mara avant le Maamad Har Sinaï. Il y avait les mitzvot de Pessa’h… Ayant entendu quelques mitzvot cela nous a suffit pour savoir que l’on pouvait accepter le tout. C’est cela le pshat.

Kol Asher Diber Hashem Naasseh… VéNishmâ !

On est prêt à écouter le reste.

 

Mais ce qu’il faut comprendre d’après l’explication de Tossefot citée c’est que celui qui est chargé de donner la Torah, pour lui le Nishmâ est avant le Naasseh. Et celui qui reçoit la Torah, pour lui le Naasseh est avant le Nishmâ. Mais c’est après le Nishmâ de celui de qui il reçoit. Cela veut dire que c’est à deux niveaux radicalement différents.

 

Retour au 3ème§ du Rav Hutner :

A Pourim il se dévoile, qu’après le Nasseh veNishmâ apparemment imposé, les Juifs libres de devenir persan ont préféré rester juifs !

 

Par rapport à cela dans les Halakhot concernant la téshouvah Rambam écrit que l’essentiel du regret qui accompagne la téshouvah c’est la proclamation que moi je ne suis plus cet homme qui a fait ces actions (mauvaises que je regrette).

 

‘Harata d’après Maïmonide c’est prendre conscience de ne plus être cet homme-là. S’il reste toujours le même homme, il conservera les mêmes tendances à faire les mêmes actes. Donc le signe que le regret est réel est de ressentir une mutation d’identité.

La guémara le dit dans ce sens-là : la teshouvah est sincère et réelle lorsque Dieu qui sonde les reins et les coeurs peut Lui jurer qu’il ne refautera plus.

La téshouvah sincère est la téshouvah que l’on fait la dernière fois. Mishna de Avot : « repens-toi un jour avant ta mort ». Le jour de la mort étant inconnu il faut se repentir tous les jours…

 

Et par rapport à cela, dans les lois concernant la téshouvah, Maïmonide enseigne que l’essentiel du regret qui s’attache à la téshouvah c’est la proclamation que moi je ne suis plus cet homme qui avait fait ces actes-là.

 

Faites bien atention à cela : tant que je suis ce même homme, il n’y a pas regret il y a remords. Et c’est le signe que je suis encore ce même homme, malade de cela. Le remords est le signe de la maladie, le regret est le signe de la guérison, cela veut dire que je suis un autre. Je regrette ce que j’avais fait mais ce n’est plus moi qui fera ça, tandis que le remords je suis encore capable de le faire et cela me gêne…

 

Dans la ‘hassidout on enseigne que le repentir est authentique lorsqu’on a oublié ce qui a été fait.

J’ai entendu un rabbin qui a enseigné par rapport à la halakhah de kipour : il est interdit de faire téshouvah après kipour d’une faute qui a eu lieu avant, parce que cela signifie qu’on n’a pas fait kipour ! Le signe que kipour a été fait, c’est qu’on n’a plus à faire teshouvah des fautes passées avant ! 

 

Je vous ai dit souvent que nous sommes des hommes dilués, des quasi -bnei-Adam. Mais en réalité le signe que la téshouvah est réelle c’est qu’on n’est plus capable de faire cette faute là. A partir du moment où l’expérience de Kipour est passé, c’est fini et tout ce qui a eu lieu avant est annulé vraiment.

 

On a donc ces deux niveaux.

 

La ‘Haratah, explique Maïmonide, a donc comme signe qu’il y a vraiment changement de la personnalité. Il faut bien comprendre l’essentiel qui est la différence entre le regret et le remords. Dansle remords je continue à être atteint par le regret. Il m’empoisonne. Et le remords est une sorte d’aiguillon pour me repentir vraiment. Mais tant que je suis dans le remords c’est que je ne suis pas capable de me repentir. Le regret c’est que j’ai la vision claire de ce que j’ai fait mais que je n’en suis plus atteint parce que je suis devenu autre, comme le dit Maïmonide.

 

Jusqu’au point que par là il change son nom. Comme pour dire : Ani A’her Je suis autre, et je ne suis plus cet homme qui a fait…

 

Il y a un enseignement dans la Guémara qui dit qu’il y a trois occasions dans la vie où toutes les fautes sont pardonnées.

 

1- La première est la téshouvah. Quand on fait vraiment téshouvah les fautes sont pardonnées. Elles sont pardonnées cela signifie qu’il y a guérison de la conscience. Les conséquences des fautes faites devront être réparées, on en reste responsable. Responsable : A’harim cela vient de A’har, ce qui vient après. Etre capable de répondre de ses actes : être responsable.

Lorsque la téshouvah est sincère, alors il y a revirginisation de la conscience de la personne.

On comprend alors ce qu’est le sérieux d’une téshouvah sincère. Ce n’est pas au niveau de la velléité. C’est vraiment une mutation de l’identité, l’homme est devenu autre.

 

2-La deuxième occasion est le moment du mariage. Tout ce qui s’est passé avant est pardonné. Si le mariage est réel. S’il s’agit d’un accouplement provisoire, cela ne joue pas. La raison en est que par le mariage on devient autre. On devient quelqu'un d’autre. Raison pour laquelle chez les Ashkénazim on jeûne le jour du mariage. C'est une ‘Hovah. (C'est interdit de jeûner chez les Séfardim.) Le jour d’avant le mariage est un Yom Kipour Qatane. D’ailleurs le fiancé chez les Askénazim en principe est sous la ‘houpah avec son linceul, habillé du linceul comme à Yom Kipour. Cela se rattache à la Halakhah du premier temple. Les Ashkénazim viennent de la gola du 1ertemple. La halakhah des Séfardim l’interdit car c'est un yom de sim’hah et la halakha est reliée à celle du 2èmetemple. Lorsqu’il y a un mariage entre achkénaze et séfarade, ni l’un ni l’autre ne doive jeûner ni prendre de deuil, parce que la sim’hah du mariage l’emporte sur la halakhah ashkénaze. Le cas particulier, sur décision rabbinique, lorsque les deux prennent sur eux de jeûner c'est en général lorsque le conjoint achkénaze n’a pas ses parents.

 

3-Il y a un troisième cas, vous verrez la ‘hokhmah de la guémara, c'est lorsque l’on change de position sociale. Par exemple, quelqu'un qui devient chef de service devient autre. Alors on considère que ses fautes passées sont effacées. Il n’y a plus de casier judiciaire. Ayant changé de niveau social on ne peut pas handicaper la nouvelle position avec ce qui s’est passé dans le passé.

 

Dans ces trois cas, la téshouvah, le mariage, le changement de position sociale, il faut revirginiser la conscience, faire une vidange qui est la vie d’ange.

Il y a d’autre cas particulier mais ce sont là les règles essentielles.

Avec la téshouvah c'est aussi le giyour quand quelqu'un se convertit tout ce qui s’est passé avant dans sa vie est annulé.

 

Et il en résulte que la conduite psychique dans le regret du jour de Kipour c'est la même conduite qu’une attestation qui proclame que les fautes faites ne viennent en aucun cas du Ani (celui) que je suis devenu…  

 

C'est  l’inverse de Pourim. A Pourim je dévoile que c'estétait bien moi qui avait accepté la Torah au Sinaï. A Kipour je dévoile que ce n’est pas moi qui avais fait ces fautes-là.

 

Mais tout ce passe comme ci cela m’était arrivé entre mes mains par des facteurs extérieurs.

 

A postériori, quand je redeviens moi-même, se dévoile que je n’étais pas moi-même lorsque j’ai fais cela… Et quand je redeviens moi-même alors je suis déculpabilisé parce qu’il se dévoile que ce n’était pas moi cet homme qui avait fait ça. A condition que je change vraiment de moi. Mais un homme peut-il vraiment changer ce qu’il est ? Cela signifie redevenir vraiment soi-même.

Et c'est de degré en degré que l’on retrouve ce soi-même. Et il ya  une infinité de degrés.

C'est tout le problème de l’explication des souffrances de Job. Au niveau où il est i n’a fait aucune faute, mais par rapport au niveau où il devrait être il est en faute. Et c'est pourquoi il souffre et qu’il ne le comprend pas. Et s’il parvient plus haut et qu’il s’y arrête il recommence à souffrir…

 

Alors que le comportement psychique de Pourim c'est le comportement de l’annulation de cette attestation qui atteste et met l’accent que les actes effectués ne viennent pas de facteurs extérieurs qui m’ont contraints, mais au contraire des profondeurs de mon être. C'est là la racine de ce sujet que dans la caractérisitque du jour de Pourim le problème du regret ne tient aucune place, puisque le contenu intérieur du service de l’essence du jour de Pourim arrache du dedans de ma personne le comportement du regret.

 

Jusque là j’aurais pu regretter d’avoir obtenu la Torah par force mais le jour de Pourim j’arrache ce regret et c'est qabalah sans regret.

 

Car l’essence même de l’annulation de la modaa du Sinaï contredit le contenu de la proclamation de la modaa au Sinaï. Et c'est pourquoi de nouveau ils l’ont reçu au temps d’Assuérus puisqu’il est dit « Qimou veQiblou. »

 

***

25’

Dans Shémot à la fin de Beshala’h

Et ensuite les Brakhot de Pourim.

Shemot Chapitre 17.5

Bereshit Chapitre 36.9

La parashah de Pourim qui raconte la guerre avec Amaleq la première fois au moment de la sortie d’Egypte.

On verra d’abord la référence de l’origine d’Amaleq.

 

Bereshit Chapitre 36.9:

36.9

ט וְאֵלֶּה תֹּלְדוֹת עֵשָׂו, אֲבִי אֱדוֹם, בְּהַר, שֵׂעִיר.

Eleh Toldot Essav Abi Edom beHar Séir.

 

Abi Edom signifie père de Edom. Le pays d’Essav s’appelle Edom donc le peuple va prendre aussi ce nom d’Edom.

 

36.10

י אֵלֶּה, שְׁמוֹת בְּנֵי-עֵשָׂו: אֱלִיפַז, בֶּן-עָדָה אֵשֶׁת עֵשָׂו, רְעוּאֵל, בֶּן-בָּשְׂמַת אֵשֶׁת עֵשָׂו.

Eleh Shemot Bnei Essav : Elifaz ben adah eshet essav

Voici les noms de Essav : Elifaz fils de Ada femme de Essav.

 

Elifaz est le 1erdes fils de Essav, fils d’une Ada, une des femmes de Essav.

Essav a pris femme dans le pays de Canaan, l’une d’entre elles Ada lui enfante Elifaz.

Il y a là un problème important. Tout d’abord la rivalité contre Jacob qui vient d’Esaü vient d’une alliance entre Esaü et les peuples qui habitent Canaan. Cela est indiqué par le fait que les femmes d’Essav sont des filles de Kenaan. C'est la raison essentielle de la disqualification d’Essav en tant que descendant d’Abraham et Issac. La bénédiction d’Abraham est refusée à Esaü et passe à Jacob, premièrement parce que Essav a pris femme dans le pays de Kenaan.

Il va en résulter une identité que nous allons étudier, la descendance de Essav, et en particulier Amaleq qui est un fils de Elifaz.

 

La disqualification d’Essav vient du fait qu’il fasse souche dans le pays de Kenaan, et établit une alliance avec les populations de Kenaan. Nous avons déjà étudié ce problème lorsque nous avons étudié jusqu’à la fin des 10 premières générations de l’humanité avant le déluge, avec le mélange des lignées entre les Bnei Shet et les Bénot Qayin.

 

Tant que l’identité d’Israël n’est pas constituée le mariage entre cette identité d’Israël en constitution au niveau du temps des Avot, les pères, et les filles de Kenaan en particulier est interdit. Après il y a des dispositions qui le rendent possible. Au niveau des patriarches il y a interdiction absolue. Dans l’histoire d’Abraham, au moment de la naissance d’Isaac lorsqu’il faut marier Isaac pour donner suite aux engendrements, Abraham formule la première consigne : interdiction pour Isaac de revenir d’où Abraham est parti, et par conséquent il faut que Eliezer le serviteur d’Abraham retourne d’où Abraham était sorti pour trouver une femme possible pour Isaac sous la condition qu’elle accepte de venir en Eretz Israël, qui s’appelle à l’époque Eretz Kenaan.  Ensuite, la deuxième péripétie nous la voyons ici : Jacob va être obligé de quitter le pays de Kénaan pour retourner dans la région de la famille d’Abraham chez Laban, de la famille de sa mère Rivqah qui est une des branches de la famille d’Abraham pour y trouver femme. C'estest relié à notre épisode. La raison pour laquelle Isaac n’a pas le droit de quitter alors que Jacob lui doit s’enfuir d’Eretz Israël pour aller de nouveau chez Laban nous l’étudierons d’autre part. Il y a ici deux niveaux très différents. Isaac est le seul des patriarches qui n’a jamais quitté Eretz Israël. C'est relié au fait que Isaac est le seul des patriarches qui ne change pas de nom, et qu’il ait une seule femme. Les trois choses vont ensemble : une seule terre, un seul nom, une seule femme.

 

Etant donné qu’Israël est préparé en tant que peuple pour remplacer Kénaan qui a été le berceau des civilisations à travers le lignée de ‘Ham, et à partir du moment où Kenaan se trouve sur le pays d’Israël arrive à saturation de mal est disqualifié, alors Israël se prépare en tant que peuple à partir de l’identité d’Abraham pour le remplacer.

 

Tant que l’identité d’Israël n’est pas constituée s’il y a élange des lignées il y a échec. Or, cet échec arrive dans la famille d’abraham à travers Esaü. Il y a ici une identité qui par définition va s’instaurer comme rivale de Jacob devenu Israël.

 

Le deuxième élément de gravité de cet échec d’Esaü qui se signale par le mariage mixte avec les filles de Kénaan, c'est que précisément cette alliance se fait avec les populations qu’Israël est destiné à remplacer. Il y a donc une rivalité doublée d’une haine qui s’enracine dans des motivations très anciennes d’où sortira en particulier Amaleq.

 

Je continue dans notre texte de Beréshit : une sorte de collaboration entre l’identité de Kénaan, les habitants du pays au moment où Israël est destiné à les remplacer, et l’origine de l’identité d’Abraham. Vous devniez que dans les péripéties contemporaines cette motivation de Amaleq contre Israël s’incarne pratiquement dans les mêmes dimensions d’identité. Au niveau de l’histoire des civilisations cette relation à l’identité Abraham c'est bien entendu l’islam. Ce n’est pas pour rien que nous sonmes en butte à cet obstacle qui s’appelle Amaleq, et qui s’incarne dans les populations du pays reliées à la prétention de l’héritage par Abraham. Je n’ai pas encore dit qu’il s’agit de ceux qu’on appelle les Palestiniens, mais vous devinez le problème qu’il faut bien analyser.

 

36.10

י אֵלֶּה, שְׁמוֹת בְּנֵי-עֵשָׂו: אֱלִיפַז, בֶּן-עָדָה אֵשֶׁת עֵשָׂו, רְעוּאֵל, בֶּן-בָּשְׂמַת אֵשֶׁת עֵשָׂו.

Eleh Shemot Bnei Essav : Elifaz ben adah eshet essav

Voici les noms de fils de Essav : Elifaz fils de Ada femme de Essav.

 

L’expression « eshet Essav » nous renvoie à un texte précédent où Essav sera disqualifié à cause du fait qu’il ait pris pour femme une cananéenne.

 

Reouel Ben Bosmat Eshet Essav (une autre des femmes de Essav)

Réouel fils de Bosmat femme de Essav.

 

36.11

יא וַיִּהְיוּ, בְּנֵי אֱלִיפָז--תֵּימָן אוֹמָר, צְפוֹ וְגַעְתָּם וּקְנַז.

Vayihou Benei Elifaz : Teman, Omar,… 3530

 

Qui sont d’autres peuplades de la même identité. 

 

Et nous arrivons au verset 12 :

36.12

יב וְתִמְנַע הָיְתָה פִילֶגֶשׁ, לֶאֱלִיפַז בֶּן-עֵשָׂו, וַתֵּלֶד לֶאֱלִיפַז, אֶת-עֲמָלֵק; אֵלֶּה, בְּנֵי עָדָה אֵשֶׁת עֵשָׂו.

veTimna Hayitah Pilegesh leElifaz ben Essav

Et Timna était concubine de Elifaze fils de Essav

Vateled leElifaz et Amaleq.

Et elle enfanta à Elifaz Amaleq

 

Nous avons d’abord la généalogie de Amaleq. Il est le fils de Elifaz fils de Essav. C'est donc un petit-fils de Essav mais qui est issu de par sa grand-mère d’une part de l’identité des Cananéens, et puis par sa mère de Timnâ.

 

Nous apprenons son origine d’un autre verset, la fin du verset 36.22:

 

36.22

כב וַיִּהְיוּ בְנֵי-לוֹטָן, חֹרִי וְהֵימָם; וַאֲחוֹת לוֹטָן, תִּמְנָע.

Vayihou Benei Lotan : ‘Hori veHeman veA’hot Lotan Timna.

 

On apprend que Timna est la sœur d’un certain Lotan issu, lui, d’une toute autre lignée.

A partir du verset 20 du même chapitre.

 

36.20

כ אֵלֶּה בְנֵי-שֵׂעִיר הַחֹרִי, יֹשְׁבֵי הָאָרֶץ

Eleh Benei Seïr Ha’hori Yoshevei Haaretz…

 

On nous dit qui étaient les peuplades habitant le pays de Séir où Esaü va s’installer.

Tout le pays de Kenaan appartiendra à Israël mais Essav va s’installer dans le pays de Séïr, Edom, situé dans le sud du côté de la Jordanie. Dès que l’on arrive dans les montagnes rouges, et ce pays s’appelle Edom car ce pays est plein de minérai de fer qui donne cette couleur rouge. Voyez toutes ces industries du fer qui ont donné les armes…

Là habitaient les populations nommées les ‘Horites qui étaient donc parmi ces populations cananéennes. Et le peuple descendant de Essav va donc occuper le territoire des ‘Horites. Ce que dit le verset :

 

36.20

כ אֵלֶּה בְנֵי-שֵׂעִיר הַחֹרִי, יֹשְׁבֵי הָאָרֶץ: לוֹטָן וְשׁוֹבָל, וְצִבְעוֹן וַעֲנָה.  

Eleh Benei Seïr Ha’hori Yoshevei Haaretz :

Lotan veShoval veTsivôn vaHanah…

20 Ceux-ci sont les enfants de Séir, les Horéens, premiers habitants du pays: Lotân, et Chobal, et Cibôn, et Ana.

36.21

כא וְדִשׁוֹן וְאֵצֶר, וְדִישָׁן; אֵלֶּה אַלּוּפֵי הַחֹרִי בְּנֵי שֵׂעִיר, בְּאֶרֶץ אֱדוֹם

21 Dichôn, Écer et Dichân. Et voici les princes des ‘Horites, descendants de Séir dans le pays de Edom.

36.22

כב וַיִּהְיוּ בְנֵי-לוֹטָן, חֹרִי וְהֵימָם; וַאֲחוֹת לוֹטָן, תִּמְנָע.

Et les enfants de Lotan étaient : ‘Hori (il prend le nom de sa nation)

Et la sœur de Lotan : Timna.

 

La guémara de Sanhédrine 99b prend ce verset comme exemple pour enseigner comme sujet général que tous les petits détails apparemment anodins, sans signification évidente, qui se trouvent dans le récit de la Torah sont en réalité importants. Et elle prend en particulier comme exemple : VeA’hot Lotan Timnâ.

Quelle importance de savoir que Timna était la sœur de Lotan ?

La guémara explique que les détails mêmes infimes de ce genre ont une portée très grande.

Je reviens à notre verset 36.12 :

 

36.12

יב וְתִמְנַע הָיְתָה פִילֶגֶשׁ, לֶאֱלִיפַז בֶּן-עֵשָׂו

Et Timna était la concubine de Elifaz.

 

Esaü a pris pour femme des cananéennes, en particulier Ada. Ils étaient des ‘Hittites.

Et de Adah il a eu Elifaz son fils premier né qui a pris femme pour sa part, et d’autre part il eut une concubine qui était Timna. Elle était une princesse des ‘Horites.

C'est le détail que la Torah nous enseigne : Timna n’est pas n’importe qui, elle est A’hot Lotan. Et du verset 21 on apprend que Lotan est un des princes de ‘Horites.

Donc elle est une princesses de sang royale.

La guémara précise la signification de Alouf (aujourd’hui cela signifie officier supérieur), cela veut dire un prince sans couronne, c'est-à-dire qui est de race royale et qui pourrait régner si c'était sour tour de régner de façon légitime.  

Et voilà que la guémara nous raconte toute une histoire :

Timna au temps d’Abraham a demandé à se convertir pour devenir la femme d’abraham. Et Abraham l’a refusé. Au temsps d’Isaac elle demanda la même chose et Isaac l’a refusé. Au temps de Jacob elle lui demanda la même chose et Jacob la refusa.

 

Vous allez me demandez combien de temps elle vécut ?

 

Vous comprenez que cela signifie que c'est un thème d’identité. A chaque étape des patriarches, Araham et sa midah, sa manière d’être Israël, sa manière d’être tsadiq, Issac et sa midah, sa manière d’être Israël, sa manière d’être tsadiq, Jacob et sa midah, sa manière d’être Israël, sa manière d’être tsadiq, il y a une Timna qui est une des princesses de sang royal d’une de ces populations dont il s’agit de remplacer l’identité radicalement, et qui est candidate à l’identité Israël par Abraham, par Isaac ou par Jacob, mais ajoute la guémara, à une condition : d’être la femme du patriarche.

 

Abraham refuse, Isaac refuse et Jacob refuse. 

Qu’y a-t-il derrière ce refus ?

Nous savons déjà d’autre part que n’importe qui de n’importe quel peuple que ce soit peut devenir Israël ! Pourquoi les Avot refusent-ils successivement alors que sa demande répétitive prouve sa profonde motivation ? C'est en raison de la condition qu’elle posait, parce qu’elle voulait être la femme des patriarches !

Abraham est le principe de l’identité d’Israël en tant que Toladot, l’histoire des engendrements qui méneront à l’identité du « fils de l’homme », l’identité messianique en Israël : l’identité d’Abraham est au commencement de ce qui est en cours d’histoire et de modification dans les Toladot, jusque…

…/…

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Published by Phil O'Semith - dans CALENDRIER & FÊTES
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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:33

Pourim Cours 6 (1979)

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_6

Durée : 46,2 minutes
Face A

 

Dans le monde à venir on n’aura pas à revenir, parce qu’on aura plus à passer l’examen du problème moral, donc cela ne sera pas nécessaire d’avoir à gagner son pain. Parce que c’est à travers le problème économique que nous sommes interpellés en tant que conscience morale.

Donc c’est intentionnellement que nous sommes créés avec manque de telle sorte d’avoir à manger pour ëtre, de telle sorte que le problème économique se pose pour que le problème moral nous soit posé. Il en résulte que nous sommes condamnés à ces fautes du circuit économique. Quand je dis « économique » c’est au niveau de toutes les jouissances et non pas seulement le pain. Le rêve a également les même lettres : lé’hem, ‘halom. Il faut aussi du sel pour le pain, mela’h… Il y a beaucoup de niveaux.

Comment déculpabiliser ma conscience. Si elle n’est pas déculpabilisée de manière permanente elle s’intoxique de la culpabilité et elle ne peut plus être reliée à la Torah comme religion de la loi morale par la fonction de la avodah avec le korban. C’est-à-dire une fois le matin et une fois le soir pour tout Israël, un sacrifice de déculpabilisation des fautes non-volontaires était fait dans le Beit Hamiqdash. Par là, le peuple tout entier atteste que s’il n’y avait pas le problème économique à résoudre il n’aurait pas d’immoralité. La preuve c’est qu’on est capable en dehors du circuit évonomique d’avoir un repas sans faute.

Déjà lorsque l’on vit en société juive, et la seule societé juive économiquement c’est Israël, cette clause que sans le temple c’est l’exil qui assure cette fonction de déculpabilisation est atténuée.

Un juif du scrupule de la moralité dans la vie de l’exil ne peut pas être déculpabilisé totalement. C’est l’exil qui s’en charge. Alors que vivant en société hébraïque cela est déjà atténué. Lorsque le temple est là c’est fini ! C’est à un tout autre niveau de conscience d’être, au-delà de ce problème, parce que de façon permanente il y a une déculpabilisation par le culte.

Et alors nous avons des rites de substitut. Non pas la prière, mais par exemple le jeûne, la tsedaqah… Il y a des rites de substitut du sacrifice. Mais le substitut dans l’histoire du rite du temple, c’est l’exil.

Je voulais approfondir avec vous la relation entre ce qui se passe à Pourim avec l’exil et ce qui se passe avec le Beit Hamiqdash dans la fonction de kaparah.

Réfléchissez bien à ce principe, bien que ce ne soit pas évident pour la mentalité occidentale.  

On retrouve cela, bien que dans un tout autre sens, dans l’analyse marxiste du problème économique qui ne comporte pas l’attitude morale mais qui établit le lien entre ces deux problèmes.

Dans la vie terrestre l’homme se définit par une capacité économique qui définit sa conscience. Sans une possibilité de déculpabilisation, ne fut-ce qu’en intention, alors la conscience morale ne peut pas fonctionner. Et c’est pourquoi toutes les sociétés qui ont refusé la Torah comme religion de la loi morale sont tombées dans le dualisme.

Le fait d’avoir à obtenir ma nourriture me mène à l’agressivité et à la violence, même camouflé sous l’aspect du problème économique de société policée et civilisée. Le fait d’avoir à manger pour vivre signifie qu’il faut tuer pour vivre. Le sacrifice n’est là que secondairement par rapport au fait de nourritue en général. Cela commence dans le fait d’avoir à manger pour vivre. Si nous n’avions pas à manger pour vivre, la clause du sacrifice n’existerait même pas. Elle est intérieure.

Exploiter quelqu'un d’autre c’est finalement le fait de le tuer.

Le fait de manger, même végétarien, c’est une vie que l’on mange. Puisque même une plante vit. A la limite même sentir le parfum c’est déjà se nourrir de l’existence de quelqu'un d’autre que moi !

Nous sommes donnés à une autophagie colossale, le monde est en état d’autophagie.

La fièvre pendant le jeûne prouve que l’on se mange soi-même et que ce phénomène de combustion interne entraine une élévation de la température...  La vie est perpétuellement un acte d’autophagie. Il faut comprendre que l’homme ne désire pas ces fautes-là mais qu’il y est comdamné pour trouver le pain pour ses enfants.

On a oublié cette condition tragique de l’homme donné au problème économique. Etre obligé à toutes ces compromissions avec le mal qui se fait dans l’exploitation économique. Tous les bénéfices reposent sur l’exploitation de quelqu'un d’autre. La plus-value marxiste.

Il y a donc une faute avec le bénéfice qu’il faut déculpabiliser.

Mais on est devenu tellement immoraux que l’on ne peroit plsu ce fait-là !

Et cela ne vaut pas seulement au niveau de la nourriture mais de toutes les jouissances qui sont nécessaires pour que la conscience soit présente à elle-même. C’est pris à quelqu'un d’autre.

Q : C’est le prix de son travail, le bénéfice !?

R : Oui et nous avons des législations pour cela mais va décider du taux du bénéfice ? Au nom de quoi décide-t-on que le taux du bénéfice au-delà duquel il y a exploitation c’est cela et pas plus et pas moins ?

Dès qu’une société fonctionne, l’injustice commence et il y a des riches et des pauvres. On peut l’expliquer de toutes les manières. Celui-ci a travaillé plus et celui-là a travaillé moins, cela-ci est paresseux et celui-là est travailleur… Il n’en reste pas moins qu’il y a une distribution du sort au niveau économique qui est d’une injustice absolue et l’un profite de l’autre. On peut dire qu’il y a des bénéfices légitimes, mais où est le critère ?

Q : de quelle justice s’agit-il ? L’injustice des hommes avec les riches et les pauvres, mais la justice divine n’est pas plus égalitaire que celle des hommes ? Les hommes ne naissent pas égaux !

R : il y a des raisons pour cela. On en a parlé dans les cours précédents. Mais même, il n’en reste pas moins. Et même ce à quoi tu fais allusion, il y a des sacrifices pour expier cela. Par exmeple le sacrifice de Rosh ‘Hodesh qui vient pour le mal qui est sur terre et dont aucun homme n’est responsable. Il n’en reste pas moins qu’il y a une culpabilisation de la conscience droite à travers le problème économique. C’est le fonctionnement naturel qui entraine cela. Il faut faire attention que ce sacrifice n’expie que les faute non-volontaires. Pour les fautes volontaires c’est autre chose. Les fautes non-volontaires sont celles qui ne sont pas voulues expressemment mais qui ont été entrainé par l’insertion de l’homme dans le circuit économique. L’homme a ensuite besoin de toute une stratégie de compensation expiatoire.

Il y a cet état de fait venant de la compétition économique qui génère la compromission avec les fautes.

Dans les crises d’adolescence il y a parfois l’anorexie. La conscience morale refuse de manger parce que plus ou moins inconsciemment elle pressent qu’elle n’a pas le droit et qu’il y a une faute quelque part. Lorsque cela s’aggrave il y a une maladie mais l’expérience est indéniable.

L’inégalité économique est entrainée par le jeu de la compétition. Et inévitablement cette inégalité est causée par des fautes. C’est vrai de toutes les conduites dans le problème économique.

Finalement la réponse est de se savoir non coupable de ce mal indéniable. Il faut donc se déculpabiliser.

C’est donc la partipation à un repas pour lequel aucune faute n’a été faite. C’est le fait que les qodashim, les nourritures destinées au temple sont prélevées avant la commercialisation de la récolte. Et le principe est valable à tous les niveaux. Qodesh lashem. C’est prélevé avant l’entrée dans le circuit économique.

Bien que notre conscience s’en défende, il est bien évident que la volonté de puissance et la volonté de jouissance de la vie des tendances égoïstes sont indifférentes au mal causé à autrui mais osnt essentiellement préoccupées par la réussite personnelle. Mais déjà à la racine il s’agit d’une culpabilité innocente parce que nous sommes condamnés à cela en tant que nous sommes crées en tant que système digestif. Il faut donc comprendre pourquoi nous sommes créés ainsi.

C’est le deuxième principe.

Ce problème de la faim est énorme. C’est un mystère philosophique. Cela vient du fait que nous sommes créés ainsi parce que nous avons à résoudre le problème moral. Nous n’aurions pas de situation de moralité s’il n’y avait l’altérité au niveau du problème économique. C’est pourquoi la définition de l’honnêteté que l’on trouve dans les textes de la Bible c’est d’être honnête dans les transactions, Parce qu’il n’y a pas de transaction honnête. Dans toute transaction il y a un risque de malhonnêteté. Finalement une législation intervient mais malgré cette législation, il y a des victimes du circuit économique.

Q : Jusqu’à Noa’h, il n’y a pas d’explication des fautes du circuit économique ?

R : Est-ce qu’il n’y a pas eu des sacrifices jusqu’à Noa’h ? Même si on ne mangeait pas de viande il y avait des sacrifices. C’est un autre niveau mais cela revient au même.

Q : Et le problème de Adam et sa nourriture végétale, entrainait-elle une nécessité d’expiation ?

R : Bien sûr, il peut y avoir des sacrifices de végétaux. On a aussi le sacrifice de la farine par exemple, ou de l’huile. C’est à tous les niveaux que cela joue.

Ce sont des notions habituelles traditionnelles mais qui se sont perdus avec le temps : c’est l’exil qui remplace la fonction du temple.

Quant il y a peu de fautes dans la société il y a un sens d’avoir un temple qui joue la soupape d’expiation. Mais s’il y a beaucoup de fautes, le temple ne sert à rien et il est détruit.

Lorsqu’il y a saturation d’immoralité le temple est détruit et est remplacé par l’exil.

La dispersion n’a jamais été ressentie comme un malheur qu’au moment de la destruction du temple. C’est vraiment au moment de la destruction du temple que l’exil devient l’exil dans sa fonction dramatique.  

Dans la reconstruction de la société d’Israël, il y a des étapes, mais déjà dès le début ceci se retrouve. La conscience morale va se confronter à ses propres fautes mais de moins en moins à ce mal inévitable que l’on n’a pas voulu mais auquel on est obligé de participer.

 

Q : Comment l’exil peut-il remplacer le temple ?

R : Je n’ai pas dit qu’on avait compris mais retenez déjà le postulat. Dans tous les cas, il faut prendre conscience de la nature de la situation d’exil. Cf. le problème par lequel on a commencé : Haster Astir : dans l’exil, il y a quelque chose de caché. Mais si le fait qu’il y ait quelque chose de caché nous est caché on ne sait même plus ce qu’est l’exil.

 

Q : C’est la fonction du temple à priori de la faute du veau d’or, avec les sacrifices expiatoires ?

R : Nakhon !

Q : La notion de kaparah apparait après ?

R : Nakhon, c’est une quesiton que je vous ai posée à laquelle vous n’avez pas encore répondu.

 

Dans tous les cas, en l’absence de la faute du veau d’or, on entrait dans les temps messianiques. Et le culte avait alors une toute autre fonction, c’est la question que j’avais posée.

 

***

 

…/…

Les élèves du Rav Yits’haq Hutner ont rédigé ses enseignements en yiddish. Sa fille a traduit cet enseignement du yiddish à l’hébreu, en conservant le style yiddish, d’où l’hébreu un peu difficile de ce texte. C’est un des plus grands spécialistes du Maharal dans le monde juif contemporain. Ce livre est consacré au livre du Maharal sur ‘Hanoukah et Pourim. 

 

Hiniane Youd Alef : 11ème sujet sur le thème de Pourim et KiPourim.

Cela nous servira d’illustration d’un ‘hidoush à ce sujet.

 

Yom KiPourim Yom KéPourim : le jour de Kipour est un jour comme Pourim.

 

D’autre part, on nous enseigne que toutes les fêtes sont destinées à disparaitre sauf Pourim.

D’autre part, on enseigne que toutes les fêtes disparaitront sauf Kipour.

En commun on avait étudié le problème du goral.

 

Les différentes fêtes commémorées dans le calendrier de l’année se réfèrent aux événements de la constitution de l’identité d’Israël. Depuis Pessa’h, Shavouot, Soukot… etc.

Et donc elles ont le privilège d’être la commémoration des événements fondateurs qui sont au commencement de notre histoire, mais pendant tout le cycle du temps de la constitution de notre histoire.

 

Tandis que Pourim dévoile le fait que l’identité d’Israël une fois constituée est éternelle. Par conséquent, il y a une différence de niveau radicale entre Pourim qui dévoile l’éternité d’Israël – rappelez-vous la première nuit d’étude la dessus, avec Netsa’h Israël de Mosheh – et d’autre part, même Pessa’h, même Shavouot, même Soukot, qui jusqu’à la fin des temps sont commencement de notre histoire et à la fin des temps où se dévoilera de façon ultime et définitive l’éternité d’Israël c’est donc Pourim qui est ainsi la fête de la fin des temps.

 

Nous avons donc une analyse parallèlle pour Kipourim puisque le jour de Kipour est le jour où l’homme devient qadosh. De la même manière, toutes les péripéties de l’accès à la qédoushah seront secondaires par rapport à la qédoushah elle-même.

 

Après cette présentation très générale du problème, nous allons voir l’enseignement du Rav Hutner.

Nous seront aidés en cela par la Guémara déjà étudiée dans Shabat.

 

Pourim Yom KéPourim.

Tant à Pourim qu’à Kipouri, tant l’un que l’autre, on parle d’une qaballah.

                      Et à Yom Kipour on parle d’une conduite de kaballah pour l’avenir.

 

Cela fait partie des règles de la téshouvah. Elle a différents moments, d’abord le regret de la faute et ensuite la décision de ne pas recommencer pour l’avenir. Cela s’appelle qabalah leahavah.

 

Et à Pourim, on parle qiimou veqiblou qu’on a réalisé ce qu’on a reçu (au Sinaï). Mais la différence est que le jour de Kipour on parle d’une qaballah reliée à la ‘haratah le regret, alors qu’à Pourim on parle d’une qabalah sans lien ni allusion à un regret quelconque.  

 

Le Rav pose les données du problème : on a un point commun entre Pourim et KiPourim, c’est qabalah, on a accepté quelque chose. A Kipour, on accepte et on prend une décision pour l’avenir. A Pourim, on confirme la décision prise dans le passé. A Kipour, la décision est issue d’un regret de l’acte passé, alors qu’à Pourim, on ne parle pas de regret.

 

La lumière de cet enseignement est cachée dans ce fait que le jour de Pourim est le jour de l’annulation de Hamodaa raba le-Oraïtah.

 

Kemaï Kerabanam selon l’enseignement des rabins qui ont dit « et ils se sont rassemblés (ta’hat ha-har) sous la montagne ». Cela nous apprend que Dieu a renversé la montagne sur eux comme un couvercle et Il leur a dit : si vous recevez la Torah c’est bien, sinon, là sera votre tombe ! »

De là : Modaa rabah leOraïtah une grande contestation contre la Torah.

 

Puisque Dieu a imposé la Torah, on peut toujours contester qu’elle nous ait été imposée contre notre gré !

 

Ils l’ont de nouveau accepté au temps d’Assuérus, comme il est dit : Qiimou veqiblou, ils ont réalisé et accepté.

 

Le raisonnement est le suivant : puisque le verset porte qu’ils ont réalisé avant d’avoir accepté, cela indique qu’ils ont accepté ce qu’ils avaient réalisés déjà au Sinaï.

Au Sinaï c’est donc contraints et forcés, mais au moment de Pourim, il se dévoile qu’ils l’avaient vraiment acceptée. En l’acceptant à partir de Pourim.

Depuis le sinaï jusqu’à Pourim c’est le temps de la révélation puisque c’est à Pourim que s’arrête la prophétie. Tant que dure la révélation il y a contrainte. Si Dieu révèle la Torah l’homme ne peut pas dire non, c’est comme s’il l’accepte malgré lui. Dieu ne l’impose pas à n’importe qui mais à ceux qui étaient prêts à l’accepter. C’est pourquoi ils se rendent au Sinaï. Leur mérite est de se rendre au Sinaï. Mais au Sinaï cela leur est imposé.

Maharal : C’est le thème des fiançailles suivies du mariage. On ne marie que des fiancés, mais on les marie ! Le mariage est l’imposition de ce qu’on était prêt à accepter. Mais à partir de ce moment-là cela ne dépend plus de soi. La préparation de l’acceptation dépend de l’homme, mais pas l’alliance que Dieu impose. Si l’homme contractait l’alliance elle serait aléatoire, arbitraire.

Maharal : Dieu nous impose la Torah de force pour s’interdire de divorcer.

 

D’ailleurs, dans la typologie des fêtes, Pessa’h est le temps des fiançailles : Et Dodim.

Shavouot c’est le mariage avec la ‘houpah.

Soukot ce sont les 7 jours de la ‘Houpah sous la Soukah.

 

Au fond nous avons-là un modèle : on se fiance à Pessa’h, on se marie à Shavouot, et on rentre à Mayanot à Soukot…

 

Le Rav Hutner nous enseigne ici :

 

La lumière de cet enseignement est cachée dans le fait que Pourim est un jour où a été annulée cette contestation contre la Torah.

 

Parce que c’est le jour où nous avons accepté bien que la contrainte ait disparu.

Je vous donne un exemple contemporain dans le processus de la aliah. Très souvent elle se fait contrainte et forcée, à cause des persécutions et de l’antisémitisme… etc. Et puis arrive un moment où c’est Pourim ! Cela signifie que bien qu’à l’origine il y a eu contrainte, à un certain moment la contrainte cesse et malgré tout on reste en Israël... Cela prend trois ans pour confirmer la aliah.

 

C’est pourquoi le jour de Pourim c’est le jour du Bitoul de la Modaa Raba léOraïtah. Il nous donne une explication très fine de ce problème.

 

Quelle est la signification de cette contestation ? Celui qui déclare cette contestation prétend que l’acte qu’il avait fait n’avait pas été fait par adhésion profonde personnelle mais à cause de facteurs extérieurs qui l’avaient obligé.

Mais contrairement à cela, l’annulation de cette contestation : l’homme qui annule la déclaration de contestation nous fait entendre que la chose qui a été faite dans ce cas a été faite précisément du dedans du point du Ani dans sa pleine liberté intérieure.

 

A Pourim il se dévoile que l’acceptation de la Torah faite au Sinaï bien que sous la contrainte était en réalité autonome et libre.

 

Et le jour de Pourim, que nous définissons comme jour d’annulation de la contestation, son sens que ce jour-là de Pourim, nous reconnaissons de façon claire et distincte que l’expression Naasseh veNishma concerne l’essence du point intérieur de notre existence essentielle et indépendante. Il en résulte que ce « Qiblou ils ont accepté » de Pourim proclame que c’est bien moi cet homme que de l’essence même de ma volonté j’ai juré au mont Sinaï : Naasseh veNishmah !

 

Accepter la fête de la Torah dans les circonstances de Shavouot, dans la révélaiton des valeurs, c’est une vertu. Mais vivre selon la Torah le jour de Pourim, c’est cela qui dévoile qu’il s’agissait d’une vertu à Shavouot ! 

Accepter la pérennité d’Israël alors que l’histoire d’Israël a apparemment pris fin, c’est dévoiler que dès le début on avait accepté la pérennité d’Israël.

Pourim dévoile l’éternité d’Israël. Alors que jusqu’à Pourim on est dans l’histoire d’Israël. Mais les Juifs sont des Hébreux mis dans des conditions anormales. Et si dans ces conditions anormales ils restent des Hébreux alors ils sont vraiment Juifs.

 

Parallèlement, un juif israélien qui vit en Israël, même assimilé reste lui-même, protégé à l’abri d’Israël. Mais un juif assimilé en dehors d’Israël se perd assurément.

 

Q : Naasseh venishma - Qimou veqiblou ?

R : c’est très parallèle. De la même manière que Naasseh venishma est un ordre a-logique, qimou veqiblou est ausis un ordre a-logique. Mais c’est le même ordre, le même rythme. Le fait qu’il y a ait qimou avant qiblou, cela prouve que ce qiblou est sérieux. Le fait qu’il y ait Naasseh avant Nishma cela veut dire que ce Nishmaa est vraiment sérieux.

 

Naasseh venishma c’est le problème de faire avant d’écouter. Cela ne tient pas debout. Comment faire quelque chose que je n’ai pas écouté ?

En général on cite le drash de la guémara à ce propos qui cite un verset : ce sont les anges qui font avant de savoir ce qu’ils doivent faire. Mais les hommes doivent d’abord écouter ce qu’ils doivent faire ! On cite souvent ce drash et on oublie complétement le pshat qui est tout à fait différent. Le pshat c’est : ce que nous avons déjà entendu, Naasseh, nous allons le faire. Venishma : nous sommes prêts à écouter encore s’il y a d’autres choses à faire.

Kol Asher Diber Hashem Naasseh ! Tout ce que Dieu a déjà dit, nous allons le faire !

VéNishmâ : et nous sommes prêts à écouter la suite…

Ce pshat a été sorti par la guémara qui dit que l’ordre Naasseh venishmâ est un ordre angélique. C’est le mérite d’Israël de Nasseh d’abord et veNIshmâ ensuite.

 

Tossefot dans la guémara nous dit que c’est ce que signifie un verset de Shir Hashirim qui dit ceci :

Ketapoua’h béasseh hayaaar ken dodi bein avanim

Comme la pomme mon bien-aimé parmi les jeunes gens.

 

.../...

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Published by Phil O'Semith - dans CALENDRIER & FÊTES
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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 18:38

Matan Tora – Midrashim Maharal

 

Matan Tora – Midrashim Maharal 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/midrash/midrash_matan_tora/cours_1

Face B

 

…/…

c’est ce que veulent dire les anges : laisse Ta Gloire ( Torah ) dans le ciel parce que les créatures de la terre ne seront jamais capables de se conduire de telle sorte que tant esh ou mayim soient conciliés, il n’y a qu’une marmite et le ciel qui en soient capables.

 

Vous voyez pourquoi Dieu n’a pas créé un ciel qui aurait pour nom « esh oumayim », mais il a créé un ciel qui a pour nom shamayim sans le Alef parce que la midat hadin empêche l’homme d’aller jusque-là, tant qu’il ne le mérite pas.

 

L’homme peut avoir une relation directe avec toutes les valeurs des Sefirot sauf avec Hod. Seul le grand prêtre Aharon sera capable une fois, mais enfin, c’est le projet de la rédemption de la kaparah. Moïse seul ne peut pas recevoir la Torah, il faut que Aharon soit avec lui. A Moïse seul, les anges refusent la Torah, parce qu’il est de la Sefirah Netsa’h. Il faut l’homme de la Sefirah de Hod pour que les anges acceptent de donner la Torah à Moïse.

 

Qu’y a-t’il dans ce thème ? L’enjeu de la Torah c’est que ce que le Créateur réclame de nous c’est d’être capable de se conduire de telle sorte que tant ‘Hessed (Miséricorde) que Din (Rigueur) soit satisfaites. C’est la grande différence entre la Torah comme Loi morale et toutes les lois morales que les sociétés humanistes se sont inventées, car dans la dispersion des sociétés humaines chacune d’entre elles a perçu la souveraineté d’une valeur en particulier, mais l’unité des valeurs n’est jamais connue, si ce n’est en Israël.

 

Et donc, le projet de la Torah pour Israël correspond au projet du Dieu unique qui est que tant midat ha’hessed que midat hadin soit satisfaites.

 

Nous voyons que l’homme n’a pas de part au Ciel avant d’arriver à mériter par la Torah et par la preuve de cette conciliation des valeurs : c’est la raison du alef qui se trouve être occulté : et c’est pourquoi c’est du Ciel que vient ce refus que la Torah soit donnée à l’homme : c’est à dire que le lieu naturel de la Torah c’est le Ciel ; et cette entreprise de la donner à la terre se heurte d’après le Midrash, au refus des anges, c’est à dire au refus du  principe de l’unité de Dieu tel qu’il se dévoile dans le Ciel nommé esh oumayim, le alef étant occulté.

 

Voilà où est le ‘hidoush :

Si jamais le ciel est écrit aussi avec un alef, alors nous serions perdu parce que nous aurions le mot hashemim qui en hébreu signifie coupables.

Cela veut dire que par rapport au dévoilement total des deux midot - midat hadin et midat hara’hamim - nous serions perdus à l’avance. D’où l’amoindrissement de la midat hadin, par la disparition du alef,  de telle sorte que le Ciel comporte un peu plus de miséricorde que de rigueur.

 

Le ‘hidoush portait sur le mot hashemim car si c’était écrit avec un alef, l’homme serait à sa place partout mais perdu.

 

Les anges ont formulés toute cette contestattion en disant à Dieu : « l’enjeu est trop grand, garde la Torah dans le Ciel ! »

 

Alors Dieu a dit à Moïse : Donne leur une réponse !

Moïse a dit devant Dieu : Ribono Shel Olam, j’ai peur qu’ils ne me brûlent avec le souffle de leur bouche (esh) ! 

 

C’est-à-dire qu’avant même d’entreprendre de recevoir la Torah et d’avoir à en faire la preuve, simplement l’énoncé des principes du jugement risque de disqualifier l’entreprise de Moïse.

 

Et quelle est cette entreprise de Moïse ?

Non pas simplement d’être prêt à vivre d’après une certaine morale – ce serait l’humanisme – mais d’aller jusque dans le ciel de la transcendance pour réclamer la Loi morale absolue, et, corrolairement, le droit de l’incarner dans l’histoire terrestre. Et par conséquent d’obtenir cette prérogative de décider ce qui est le bien et le mal, non pas quant à telle ou telle critique de morale civique ou sociale, à la limite, de morale de la cité, mais en tant que l’histoire a une signification morale dans le sens de l’aboutissement du projet de la création. Je veux dire dans le projet eschatologique de la morale même et pas telle ou telle politesse provisoire, de tel ou tel niveau d’écriture ou de civilisation. C’est ce qui a été l’engagement d’Israël.

 

Et bien le projet lui-même de Moïse serait disqualifié, et il a peur, dit-il dans ce Midrash, d’avoir à se mesurer avec les principes du jugement avant d’avoir lui-même l’occasion de faire sa preuve.

 

Vous identifiez d’ailleurs que ce midrash explique ce qu’a été l’histoire d’Israël. Le monde nous ne a jamais laissé le loisir de faire la preuve d’une vie selon la Torah, avant même que le loisir en soit donnée. Tout se passe comme si les « malakhei hasharet » empêchent qu’Israël s’identifie d’après la Torah.

 

Et Dieu insiste :

Tiens-toi au trône de Ma Gloire et répond-leur une réponse !

A ce sujet Rabbi Na’houm enseigne : Moïse s’est attaché au trône de Gloire de Dieu et s’est adressé aux anges de la manière suivante au nom de Dieu lui même :

Qu’est-il écrit dans la Torah ?

« Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Egypte ! »

Alors Moïse dit aux anges : « êtes vous descendus en Egypte chez Paro pour y être asservis ? »

(et par conséquent en quoi auriez vous besoin d’une Torah ?)

 

De même il est écrit :

« Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face ! »

« Est-ce que vous vivez parmi les goyim idolâtres que vous ayeaz besoin d’une commandement de ce genre ? »

 

La stratégie de Moïse consiste ici à énumérer des commandements du Décalogue les différents commandements de base de la Torah en discuttant avec les anges sur le principe suivant : tout ce qui est réclamé dans la Torah ne concerne que les hommes qui vivent sur terre, et en particulier Israël qui vit la vie humaine au paroxysme d’après les différentes valeurs qui se développent dans les 10 paroles du Décalogue.

 

En fin de compte, les anges reconnaissent que la Torah ne les concerne pas et que c’est la raison pour laquelle ils acceptent que Moïse reçoive la Torah

 

Voilà une 1ère description de ce que dit le Midrash et je voudrais y mettre en évidence un problème :

Moïse énumère 8 des 10 commandements. Tout se passe comme si nous avons là un problème caché, mais il faut comprendre pourquoi Moïse ne discute pas avec les anges par rapport à ces deux commandements qui ne sont pas cités dans le Midrash ?

 

Il s’agit de :

- Tu ne porteras pas de faux témoignage.

- Tu ne convoiteras pas. 

 

Un exégète universitaire dirait que le rabbin du Midrash n’avait pas le même texte des dix paroles que nous, mais vous pensez bien que ce n’est par une explication suffisante.

 

Cela signifie qu’il y a avait au moins 2 commandements au niveau desquels Moïse ne pouvait pas discuter avec les anges. C’est-à-dire au niveau desquels les anges auraient eu le droit de réclamer que à tout le moins les valeurs correspondantes à ces 2 commandements restent dans le ciel et ne soient pas donner sur terre

 

Voici quelle est la réponse du Maharal :

C’est qu’une mitsvah, une obligation, un commandement, ne  peut concerner qu’un être qui ne possède pas encore de façon intégrée à sa nature, la valeur considérée. A la limite, je n’ai à dire « sois bon !» qu’à quelqu’un qui ne l’est pas encore. A partir du moment où quelqu’un a intégré la bonté dans son être, il n’y a plus de place dans la loi morale pour un tel commandement. La loi morale ne se fait plus impérative mais simplement descriptive de la réalité de l’homme à qui elle parle. En d’autres termes, si un être a déjà réalisé certaines vertus, il ne perçoit pas ces vertus commes des obligations mais comme une modalité de son être.

 

Par conséquent, cela signifie que ces 2 commandements (Ne pas porter faux témoignage – Ne pas convoiter) se référent à des valeurs qui définissent les anges comme tels.

Et voici comment le Maharal l’explique : lorsque les anges portent témoignage, ils portent tépmoignage de Dieu. Par conséquent, dans une Torah qui concernerait les anges, il n’y a aucune place pour un commandement qui dirait : « Ne porte pas de faux témoignage » puisque par essence et par définition les anges ne peuvent que porter témoignage de la perfection de Dieu. 

C’est pourquoi Moïse ne peut pas discuter au niveau de ce commandement-là.

On voit que la Guemara sait ce qu’elle fait en omettant ce commandement.

 

En ce qui concerne l’autre commandement - Tu ne convoiteras pas – le Maharal sur le ton de l’humour, dit profondément : Moïse ne peut décemment pas discuter avec les anges au niveau de ce commandement-là puisque lorsque les anges convoitent, c’est la Torah qu’ils convoitent !

 

Cela veut dire que les anges ne sont capables de porter témoignage que dans le bien, et ils ne sont capables de convoiter que la Torah. Et par conséquent, Moïse ne pouvait pas se référer à ces deux commandements.

 

Il résulte de l’analyse du texte que nous avons vu que, en se référant à la différence de nature entre les hommes et les anges, que le Midrash a voulu expliquer la possibilité que la Torah soit révélée. C’est là qu’intervient l’analyse du Maharal.

 

La différence de nature entre les hommes et les anges, c’est que les anges ne sont pas capables de fautes, et par conséquent la Torah ne peut pas se formuler à eux sous forme d’obligations ou d’impératifs. Alors que les hommes sont capables de fautes et c’est la raison pour laquelle la Torah se formule à eux sous forme de Mitsvot,  sous forme d’obligations.

 

Dans l’enseignement du Tanakh en général, on figure les anges comme ayant des pieds droits. Reguel yesharah. C’est-à-dire qu’ils sont incapables de s’écarter du chemin tracé ni à gauche ni à droite. L’image est très claire : ils sont privés de liberté. C’est un être qui est autre que Dieu, Dieu lui-même mais modifié du point de vue d’une certaine spécificité et subjectivité, ce qui est aussi la définition de l’homme, mais la différence c’est que l’ange coïncide avec la volonté de Dieu pour un monde, alors que l’homme qui est exactement cette différenciation de l’être que nous trouvons chez les anges, l’homme est le monde lui-même en cours d’histoire et en cours de liberté.

 

Alors que d’un certain point de vue, il y a une supériorité chez les anges par rapport à la perfection déjà obtenue, d’un autre point de vue, il y a une supériorité chez l’homme par rapport au mérite d’avoir à obtenir la perfection.

 

Cette référence de Moïse au nom de Adam, c’est la différence d’identité entre l’homme et l’ange qui fait qu’il a le mérite d’obtenir la torah.

 

En d’autres termes, cela signifie que c’est le fait que l’homme soit libre qui explique que la révélation puisse être faite. Et effectivement, nous remarquons le lien très profond établi par la Torah entre l’expérience de la liberté au moment de la sortie d’Egypte et l’événement de la révélation après la sortie d’Egypte au mont Sinaï. C’est seulement à des êtres qui sont capables d’expérimenter la liberté que peut être dévoilée la transcendance 

 

C’est dire que cette impasse philosophique dans laquelle nous étions au début du problème et qu’avait posé le Maharal : comment se fait-il que la transcendance puisse se révéler ? Ce qui est incompréhensible à la raison : la Torah nous donne une réponse bien précise : la Torah peut être révélée à l’être libre. Parce qu’effectivment, la liberté qui définit la créature est de la nature même du monde de la transcendance.

 

Il l’explique de la manière suivante: le terme du Midrash cité qui fait dire à Dieu parlant à Moïse : donne leur une réponse, c’est le terme de teshouvah  qui signifie la réponse et le repentir.

 

Il y a là une indication extrémement importante : Moïse avait à faire comprendre aux anges que l’homme qui allait recevoir la Torah était capable de repentir – teshouvah.

 

Par conséquent, bien que l’éventualité de la faute soit par là même le risque de perdre la valeur de la Torah, le repentir est efficace pour réintégrer la pureté ou la virginité de la Loi Morale.

 

Ainsi, malgré le risque d’avoir à incarner la Loi Morale dans le monde d’en-bas, et de priver de sens l’univers tout entier, la capacité de repentir aurait suffit à réintégrer le monde des valeurs.

 

Voilà le 1ermidrash que je voulais aborder, je vous en rappelle l’ensemble de l’analyse.

 

La question posée par la Maharal est : comment la révélation est–elle possible ? 

N’y a t’il pas là un pieux mensonge ? Comment Israël peut-il oser affirmer que c’est Dieu lui-même qui lui a transmis et révélé la Loi Morale ?

 

Et l’analyse du Maharal à propos de ce Midrash nous révèle que à partir du moment où une société humaine en tant que société a ce courage d’avoir à vivre son histoire jugée d’après la morale absolue, alors Dieu, et cela fait partie des attendus de la Création du monde, concède Sa prérogative de définition de la Loi à la société en question – Israël - et que d’autres parts, c’est parce qu’Israël a eu l’expérience de la liberté et est le seul peuple a avoir jamais été libéré de la servitude.

 

Tous les autres peuples ont la même nostalgie mais n’ont jamais pu réussir dans les péripéties de leur histoire - même pas la révolution française – à avoir l’expérience de la sortie de l’aliénation.

 

Seul Israël a vécu vraiment l’asservissement et a vécu vraiment  la libération, d’où l’impact de la référence de la sortie d’Egypte dans notre histoire : seul un être capable de liberté est capable de percevoir la révélation.

.............................................

 

Q : pas compris ce lien des 2 commandements avec les anges ?

R : une valeur ne se formule comme obligation, comme mitsvah, que par rapport à un être qui n’a pas encore réalisé cette valeur. Moïse leur dit : est-ce que vous travailler pour qu’on vous demande de vous reposer le 7ème jour ? Cela veut dire que la valeur qui est visée par le commandement du Shabat ne concerne pas l’identité de l’ange. Les 2 commandements-là en particulier ne peuvent pas se trouver dans une événtuelle Torah des anges puisqu’effectivement les valeurs en question les définissent et les concernent.

 

Je reprends cette analyse car il y a là un raisonnement de type talmudique qui consiste à pouvoir raisonner à la fois dans les deux sens d’une proposition et affirmative et négative: Ils ne peuvent pas porter faux témoignage parce qu’il porte témoignage de vérité. C’est la raison pour laquelle ce commandement pourrait être dans leur Torah mais Moïse n’a pas discuté avec eux là-dessus parce que cela est réglé en bien chez eux.

 

Q : Les anges sont athées ?

R : J’y viendrais tout à l’heure…

 

Q : Quelles différences entre les shemot, les midot, les malakhim, les sefirot ?

R : Tout cela c’est la même chose mais c’est très différents selon les madregot de l’être. C’est toujours le dévoilement de la providence, de la Souveraineté du Créateur, mais dans des niveaux très différents. Alors, suivant le niveau d’être, on appelle cela des Séfirot ou des Midot ou des Olamot ou des Malakhim... cela renvoit à des études de Qabalah  mais c’est une question de vocabulaires. Le Midrash a l’habitude de parler des « Malakhei Hasharet ».

 

Q : Maharal : Dieu aussi prie et sa prière « que ce soit une volonté devant moi ... »

R : C’est dans la Guémara de Brakhot.

Elle dit que Dieu met les tefilin, étudie la Torah, dit le qriat shema... etc.

Mais il faut bien comprendre ceci : c’est le rôle de l’homme d’obtenir que la modalité de la grâce, de la générosité, surmonte la modalité de la rigueur. Et quand l’homme n’y arrive pas ou n’a pas de mérite, ou de courage suffisant pour l’entreprendre, alors la Guémara nous dit que le souhait permanent de Dieu c’est que cela se fasse. Même lorsque l’homme épuise la quantité de courage et d’initiative qu’il faut pour que cette Avodah, cette oeuvre qui consiste à faire que le monde réussise et puisse aboutir, alors le souhait permanent de Dieu accompagne notre histoire.

C’est un peu en ce sens-là qu’il faut l’entendre.

 

Q : inaudible

R : J’ai fait un peu allusion à ce problème tout-à-l’heure : normalement l’histoire du monde aurait dû se développer jusqu’au bout sans que Dieu n’ait à intervenir, c’est une base de la théologie écrite. Le cas exceptionel c’est que en cours de cette histoire est apparue une société qui était déjà dans l’anticipation la plus absolue. Dès le temps des patriarches, l’identité hébraïque a vécu la vie du monde abouti - Olam Haba. Cette société qui est devenue le peuple juif qu’est devenu le peuple hébreu, a pris sur elle la charge de se maintenir et de se perpétuer dans le cours de l’histoire en train de se faire, de telle sorte de devenir le peuple des guides des autres sociétés. Il y a eu là vraiment un sacrifice dans le sens total au point de vue théologique d’être Eved Hashem, de se mettre au service du Créateur de ce Monde-Ci alors qu’il s’agissait d’une identité humaine déjà aboutie.

 

Par conséquent, la surprise c’est que, en cours d’histoire, une société humaine réclame cette prérogative d’avoir à donner la Torah sur terre alors que la Torah ce sont les principes du jugement dernier : c’est lorsque l’humanité est jugée qu’elle est confrontée aux valeurs.

 

L’initiative d’Israël, c’est de faire descendre ces valeurs en bas de telle sorte que l’histoire du monde soit guidée par elle. Alors les anges qui sont du monde de la perfection refusent parce que c’est trop dangeureux, parce que si jamais Israël gâche la Torah, tout est gâché.

 

Exemple d’un principe très simple :

Quand un tribunal donne un jugement faux, ce n’est pas seulement la jurisprudence qui est en jeu ou la justice, dans le sens de juridiction, qui est en jeu, mais là c’est la morale tout court qui est en jeu !

Très souvent, les consciences humaines sombrent dans l’immoralité parce qu’elles croient que la justice n’est pas de ce monde. Et pourquoi le croient-elles? Parce que les tribunaux ne jugent pas juste. L’honneur de Dieu est confié aux juges en quelque sorte. C’est de cela qu’ont peur les Malakhei Hasharet : quand Moïse, arrivé jusqu’en haut parce que l’identité d’Israël est arrivée jusqu’au bout, vient demander la Torah pour aider les autres identités (« Mamlekhet Kohanim Vegoy Qadosh ») alors les anges ont peur. Notre étonnement normal en théologie juive, ce n’est pas qu’il n’y ait plus de prophétie, mais qu’il y ait eu la prophétie.

Pour répondre à ta question, il était inévitable qu’un certain temps de maturation se produise dans  l’histoire humaine pour qu’en fin de compte émerge une certaine société qui soit capable, déjà dans ce Monde-Ci, d’être témoin de la vie du Monde-à-Venir.

C’est cela au fond le tsadik. Le tsadik pendant tout le court de l’histoire est un homme qui vit dans un monde qui n’est pas le sien. Le tsadik vit dans un monde de reshayim. Ce monde-ci appartient aux reshayim dit la guémara, c’est-à-dire aux hommes en train d’être, en cours de mérite. Mais tant qu’on est en cours de mérite, c’est qu’on est rasha et qu’on ne mérite pas encore.

Mais voilà qu’il y avait quelques tsadikim et qu’il sont pris l’initiative. La grande chose qu’il faut comprendre, et c’est là la valeur de Moïse, c’est que les hébreux de la sortie d’Egypte était un peuple, une société, et non pas un ensemble d’individus philosphes ou moralistes comme on les trouvent chez les goyim, ces individus isolés qui en tant que tel perçoivent l’évidence de la valeur morale. Le ’hidoush d’Israël c’est que c’est une société, un peuple.

 

Je reviens sur ce point : nous sommes jugés par les nations comme si nous étions une église alors que nous sommes un peuple. S’il fallait juger une église qui commettrait des fautes alors le jugement serait terrible car une église est censée être une communauté de saints. Mais lorsqu’on juge un peuple, il faut le juger en tant que peuple et à ce niveau de jugement, Israël est innocent, de tout. Si c’était une église alors il serait coupable. Mais Israël est un peuple. Le Pape se manifeste chaque fois qu’il s‘agit des adversaires d’Israël. C’est frappant mais cela confirme qu’Israël est Israël, jugé d’après une morale absolue, alors c’est bien Israël.

 

Q: Pourquoi avez vous évité le mot de conscience de Dieu pour définir l’ange ?

R: Si je vous parle des anges c’est parce que nos texte en parlent. Ce que j’entreprend de faire au fond c’est de vous permettre une lecture qui vous serais cohérente dans les coordonnées de votre culture alors que les textes sont fomulées dans les coordonnés de culture différente de celle contemporaine. C’est la raison pour laquelle j’emploie des équivalents. Dans le livre de Job, cela commence par une introduction qui pourrait se formuler de la manière suivante : un jour dans l’année (Roshashanah) le conseil de Dieu, le conseil des anges se rassemble chez Dieu et dans ce conseil-là siège aussi l’ange qui s’appele le Satane. Le Satane, que la théologie chrétienne appelle Satan sans article, c’est une réalité qui signifie l’obstacle et c’est un des anges. Nos commentateurs l’expliquent de la manière suivante : lorsque Dieu juge une certaine étape de l’histoire, il est normal    qu’il y ait un plaidoyer pour et qu’il y ait aussi la formulation de l’accusation. L’accusateur publique dans le tribunal de Dieu c’est cette réalité que l’on nomme en hébreu HaSatane. Ce qui fait obstacle. Le Satane c’est Dieu lui-même mais ce n’est pas la même chose. Dans la mesure où dans un tribunal il faut formuler et mettre en évidence de façon lucide et aigüe le doute porté sur le prévenu, l’accusation à porter sur l’accusé éventuel. Qui parle ? c’est toujours la vérité qui parle ! Mais lorsque la vérité, Dieu lui-même dans sa parole, porte l’accusation  c’est perçue comme étant ce que l’hébreu appelle HaSatane : c’est Dieu Lui-même me faisant obstacle. Ce que les païens ont fait de cela c’est une autre affaire.

Lorsque je parle des anges dans cette définition, cela veut dire, par façon de parler, la réflexion intérieure au divin au projet divin pour la création. Tous les attendus sont là. Voici le plaidoyer pour le plaidoyer contre, la miséricorde qui intervient, la rigueur qui intervient. Mais tout cela n’a de réalité ontologique que dans le sens de Dieu à moi. Dans le sens de moi à Dieu il n’y a pas d’ange, ni HaSatan, il n’y a rien, que Dieu lui-même.

 

Le mot de conscience ne s’emploi pas en hébreu alors je vous suis difficilement, donner moi une équivalence. D’après mes études le mot de conscience a été forgé par les stoïciens, et il a une connotation philosophique bien précise qui ne peut pas s’employer en théologie pour parler de Dieu. Il n’existe pas en hébreu.

 

Q: Le peuple hébreu arrivé à un certain stade qui lui a permis de revendiquer la Torah...

R: Si vous vous souvenez bien des termes du midrash, Dieu dit à Moïse deux fois : « donne leur une réponse ». Si Moïse n’avait pas été capable de leur donner une réponse, la Torah n’aurait pas été révélée : il a fallut que l’on entende exprimé par  Moïse la claire compréhension de la part d’Israël qu’effectivement le temps était venu qu’une société humaine puisse recevoir cette Torah. Il y avait là très clairement je suppose dans l’explication que je vous ai donnée, l’indication que un peuple libre existait déjà, et en conséquence la Torah pouvait lui être confiée : quelqu’un qui a l’expérience de la liberté, on peut lui confier le sort des valeurs morales. La Torah ne peut être donnée à Israël qu’après la sortie d’Egypte ; et il faut pendre toutes ces références au sérieux : l’exil a été sérieux et c’était vraiment un asservissement. La sortie d’Egypte c’était sérieux, il y a vraiment eu la libération. Ce peuple hébreu a eu cette expérience-là,   et par conséquent, on peut lui confier le sort de la loi morale. Il est possible d’espérer qu’il ne gâchera pas le mondes des valeurs. Mais pour cela il fallait que Moïse atteste que l’hébreu était arrivé à ce niveau-là.

 

Il y avait une double réponse :

1-       nous savons ce qu’est la liberté, vous les anges vous ne le savez pas.

2-       nous sommes capables de repentir le cas échéant. 

 

Ce sont les 2 ‘hisdoushim que la conscience hébraïques (j’emploie le mot car il s’agit d’hommes) amène et introduit dans le monde. Le monde païen ne connaissait ni la liberté, ni la capacité du repentir.

 

A partir du moment où une identité humaine de cette sorte est capable d’exister alors la transcendance se révéle.

 

Nous sommes partis d’un problème philosophique et la raison en était historique. Le problème philosophique n’a pas de solution en soi. Etant donné la différence de nature entre la transcendance et l’immanence, la revélation est impensable. Et aucun philosophe ne dépassera cette impossibilité. L’histoire répond qu’il y a un cas particulier : Israël ! La transcendance peut être communiquée à l’être libre et responsable. C’est la raison pour laquelle l’histoire nous montre ce cas particulier : seule la société d’Israël a vécu son histoire par rapport au jugement de la morale absolue. Là une fois de plus les textes et l’histoire se rencontrent.

 

Je reviens à la question posée et à laquelle je n’ai pas répondu. Comprenez bien qu’il y a des implications de vocabulaires considérables.

Je vous parle de textes qui nous viennent d’une hauteur considérable car depuis 2000 d’histoire d’une sagesse reçue 2000 ans avant, cela fait 4000 ans, et nous lecteurs de ces textes sommes actuellement tous imprégnés d’une culture gréco-romaine et philosophique occidentale contre laquelle précisément le message de la bible est donné.

 

Q: Les malakhim quand nous faisons des mitsvot ?

R: Dans le langage du midrash, lorsqu’on fait une bonne action un malakh apparait et lorsqu’on fait une mauvaise action un démon apparait. Le midrash explique que ce sont des avocats ou des accusateurs. Nous sommes accmpagnés par ce que nous avons fait de notre être. Mais ce qui nous accompagne comme une sorte de aura est à la fois notre identité et notre juge. C’est dans le sens du plaidoyer. Du point de vue théologique, dans toutes nos traditions, le malakh n’est que l’expression de la volonté de Dieu. La ‘figure’ du malakh  se dessine par rapport à l’action à laquelle se référe la volonté de Dieu.

 

La volonté de Dieu concernant la fait que le monde existe c’est Youd-Hé-Vav-Hé. Parce que dans ce terme est impliqué tout l’être possible.

 

La volonté de Dieu qui concerne le fait que si il y a maladie il y a guérison cela s’appelle Raphaël.

Mais Raphaël c’est Dieu lui-même (ce qui ne veut pas dire que Raphaël soit Dieu). L’idolâtrie serait d’adorer Raphël, dans le sens Hashem Hou Elohim et non pas Elohim hou Hashem.

 

Par conséquent, en fait tout se passe comme si, accompagnant l’histoire de monde-ci,  le jugement de Dieu pour nous était : « est-ce que ce monde mérite d’exister ou pas ? » Et à l’intérieur de ce monde telle ou telle créature nous accompagne. C’est cela le monde des anges qui nous accompagne et qui est destiné à se résorber  à la fin des temps « bayom hahou Hashem levado »  Il n’y a plus ni Elohim ni malakhim...etc.

 

Effectivement, cela signifie que c’est la projection de notre identité dans la délibération du tribunal céleste.

 

Il est bien évident que lorsque les midrashim font parler le Satan c’est Dieu qui parle mais en tant qu’il accuse. Alors, cette manifestation de Dieu est terrible, on l’appelle le Satan. Les païens en ont fait un anti-dieu mais nous savons que c’est la voix de Dieu Lui-même lorsqu’elle est impitoyablement accusatrice et qu’elle met en évidence le doute caché.

C’est la conscience humaine qui est libre, la volonté de Dieu c’est que le monde réussise, mais il y a une confrontation entre la liberté et les valeurs. Et par conséquent,  à chaque étape de notre histoire il y a une  délibération qui nous accompagne.

 

A ce moment du Midrash, se produit un événement exceptionnel dans l’histoire du monde : une société entreprend d’être Israël !

 

Alors Dieu se dit : on va voir si c’est vrai, et les Malakhai Hasharet mettent en doute la possiblité de confier le sort de l’absolu au fils d’une femme, à l’être de chair et de sang, à un être plein de tendances, de complexes, d’instincts.... Que vont-ils faire des valeurs ? …etc.

 

Il n’y a qu’à suivre ce que les humanistes ont faits des valeurs. Nous savons à quel point la transcendance a été bafouée pour que finalement cela bascule dans un monde immoral.

 

< fin >

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans MIDRASH
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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 18:32

Matan Tora – Midrashim Maharal - 1ère Partie

 

Rabbi Yehuchoua Ben Levi disait :

 

Lorsque Moïse est monté au firmament, au sommet du mont Sinaï les anges de service se présentèrent devant l’Eternel et protestèrent en disant : Maître de l’univers, que fait cet être de chair et de sang parmi nous ? L’Eternel leur dit : il est venu pour recevoir la Thora. Comment, rétorquèrent-ils, un trésor précieux enfoui voici neuf cent septante-quatre générations avant que le monde ne vint à l’existence, tu voudrais le donner aux mortels ? Comme dit le psalmiste : ‘’Qu’est donc l’homme que Tu penses à lui ? Le fils d’Adam que Tu le protèges.’’ (Ps. VIII, v.2, 5). Conserve-le plutôt pour nous, Eternel notre Seigneur ! Que ton nom est glorieux par toute la terre ! D… dit alors à Moïse notre maître : donne leur une réponse et explique pourquoi la Thora doit être donnée aux hommes. Moïse Lui dit : Maître de l’univers, je crains qu’ils me consument par le souffle de leur bouche. L’Eternel lui dit : accroche-toi à mon trône pour trouver la force et la protection et rétorque-leur ce qui suit : ‘’Il dérobe la vue de son trône en déroulant sur lui sa nuée’’ (Job XXVI – 9). Ce qui signifie selon Rabbi Nahoum que l’Eternel a étendu sur Moïse le reflet de sa présence divine et l’a enveloppé de sa nuée. Alors Moïse notre maître dit : Maître du monde, dans la Thora que Tu m’as donnée, il est écrit : Je suis l’Eternel ton D… qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison d’esclavage (Ex. XX – 2). Et se tournant vers les anges de service, dit : Etes-vous descendus en Egypte ? Avez-vous été asservis au pharaon ? Pourquoi la Thora vous serait-elle réservée ? N’est-il pas écrit : ‘’vous n’aurez pas d’autre dieu devant ma face’’ (Ex. XX – 3). Vivez-vous parmi les nations idolâtres pour qu’il vous soit recommandé de ne pas vous laisser choir et adopter leurs égarements et vous vouer à l’idolâtrie ? ‘’Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier’’ dit la Thora (Ex. XX – 8). Vous adonnez-vous à l’ouvrage pour que vous ayez besoin de célébrer le Chabbat ? Il est écrit également : ‘’tu ne prononceras pas le nom de D… en vain’’. Vous arrive-t-il de vous livrer à un échange commercial qui vous amènerait à prêter un faux serment ? ‘’Honore ton père et ta mère’’ Ou encore : ‘’ne pas tuer, ne pas commettre d’acte incestueux, ne pas voler’’ Cela vous concerne-t-il ? Eprouveriez-vous de la jalousie les uns envers les autres ? Le penchant du mal a-t-il une quelconque prise sur vous ?

 


Les anges de service reconnurent alors que l’Eternel dans sa bonté infinie a bien fait de confier la Thora aux êtres humains, selon la parole du psalmiste : ‘’Eternel notre Seigneur, que Ton nom est glorieux par toute la terre !’’ (Ps ; VIII – 10), et ne firent plus référence au verset :’’car Tu as répandu ta majesté sur les cieux’’. Ainsi donc, les anges acquiescèrent et éprouvèrent de l’affection pour Moïse notre maître, et le comblèrent de présents. Comme dit le psalmiste :’’tu es remonté dans les hauteurs après avoir fait des prodiges ; tu as reçu des dons parmi les hommes. Même des rebelles (sont contraints) de demeurer près de l’Eternel, près de D…’’ (Ps. LXVIII – 19). Même l’ange de la mort lui fit don du secret de l’encens. Ainsi, lorsque la calamité avait commencé à exercer ses ravages, suite aux murmures des enfants d’Israël contre Moïse et Aaron, disant : ‘’C’est vous qui avez tué le peuple de l’Eternel’’ Moïse dit alors à Aaron : saisis l’encensoir, mets-y du feu de l’autel, pose le parfum au milieu de l’assemblée pour effacer leur faute. Aaron posa le parfum et il fit expiation sur le peuple. Il s’interposa entre les morts et les vivants et la mortalité s’arrêta’’(Nbres XVII – 12, 13). Si l’ange de la mort n’avait pas révélé à Moïse ce pouvoir élevé de l’encens pour arrêter le fléau de la mort, Moché Rabbenou n’aurait pas su cela.
(Traité Chabbat 88b-89a)

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/midrash/midrash_matan_tora/cours_1

Face A

 

L’étude porte sur des midrashim sur la révélation d’après l’interprétation du Maharal, en particulier dans le Beer HaGolah. C’est un petit livre très important du Maharal parce qu’il se préoccupe de formuler en langage compréhensible pour la civilisation occidentale de la renaissance qui était celle de son temps - et nous profitons de son enseignement dans un moment historique analogue puisque c’est le moment d’une mutation culturelle - de formuler donc le pshat, la forme exacte des midrashim de la Torah, qui se trouvent, soit dans les livres du midrash, soit dans le Talmud, de telle sorte de la rendre accessible à des catégories de pensée assez différentes malgré tout des postulats spirituels de l’expérience de la tradition hébraïque de façon spécifique.

 

On peut mettre en évidence que la préoccupation principale du Maharal, d’un point de vue méthodologique, concernant le problème de la révélation, a été de poser la question suivante : Comment comprendre que ce qui est par nature et par définition inaccessible à l’homme ait été rendu accessible à l’homme ?

 

Par définition, si c’est Dieu qui révèle sa parole, Dieu étant défini comme le Créateur comme l’Autre absolu du monde, alors une difficulté historique apparait : comment se fait-il que Dieu puisse parler à l’homme et que l’homme puisse écouter et comprendre ? Tout simplement au fond, cette question pourrait se formuler ainsi : comment la révélation peut-elle être possible ?

 

La question est importante car si on ne l’élucide pas, alors il y a ce doute que peut-être la révélation n’a pas eu lieu, et qu’il s’agirait de la part d’un peuple sage, le peuple d’Israël, d’une sorte de pieux mensonge se référant à la parole de Dieu pour diffuser ou formuler une sagesse qui ne serait qu’humaine.

 

Je vais commencer par un Drash à ce sujet tiré de la Massekhet Shabat 89 qui raconte un dialogue entre les anges et Mosheh lorsque Mosheh est monté au ciel pour y recevoir la Torah.

Il y a dans ce midrash beaucoup de thèmes mais nous essaierons comme d’habitude d’isoler, de mettre en évidence un thème principale qui se réfère à la question du Maharal telle que je vous l’ai citée.

 

Déjà, dans l’énoncé du midrash, lorsque Moïse est monté au ciel pour recevoir la Torah, il y a eu un dialogue de contestation de la part des anges. Déjà dans l’énoncé, vous voyez que tous les termes posent problèmes.

Que Moïse monte au ciel, c’est déjà un problème, qu’est-ce que cela peut bien signifier pour une mentalité humaniste qu’il reçoive la Torah de Dieu ? de quoi s’agit-il ? comment rendre cela vraisemblable ? et que sont les anges ? pourquoi contestent-ils ? …etc.

 

Nous allons tenter de mettre en lumière ce que les maitres ont voulu nous transmettre à ce sujet.

La question principale étant : comment la révélation est-elle possible. C’est le problème théologique de fond.

 

Et puis, dans le déroulement de l’analyse se poseront un certain nombre de questions, et j’espère pouvoir provoquer les vôtres. L’expérience me montre qu’il est préférable de répondre à vos questions plutôt que vous faire écouter les réponses que je donne à mes questions.

 

C’est un enseignement de Rabbi Yehoshoua Ben Lévi qui pose la question suivante :

 

« Rabbi Yehoshoua Ben Lévi a enseigné : lorsque Mosheh est monté lamarom en haut

les anges du service ont dit devant le SBSI, Ribono Shel Olam que vient faire un fils de femme parmi nous ? Il leur a répondu : lekabel torah ba : pour recevoir la Torah ! »

 

Il est bien évident que lorsque l’histoire humaine arrive à une étape où l’on peut pressentir, tant du point de vue du jugement des hommes que d’après le jugement du Créateur, que la réussite est possible, alors il faut authentifier cette réussite.

Il y a eut une histoire d’Israël jusqu’au moment de la sortie d’Egypte, et au moment de la sortie d’Egypte se constitue une société qui, soit contrainte par l’histoire, soit par vocation profonde depuis les ancêtres, les patriarches, décide d’accepter cet enjeu d’authentifier l’histoire humaine en acceptant ce que par la suite la tradition juive de la Torah nomme la Torah, c’est-à-dire la charte qui permet de légaliser et normaliser le projet de la Création.

 

Dès que cet événement apparait, alors apparait aussi ce que le midrash appelle « malakhei hasharet », littéralement les anges du service. Je voudrais d’abord expliquer cette expression.

 

Malakhei hasharet - les anges du service

 

La relation entre le Créateur et la créature ne peut pas être une relation simple, parce que la créature, déjà au niveau philosophique, se définit comme étant dans le monde de la multiplicité. Il y a différents niveaux dans les étapes d’évolutions et de réussites de la créature, du point de vue même du projet du Créateur ; et par conséquent, il est inévitable qu’apparaissent, du point de vue du Créateur différents niveaux de Sa volonté, concernant le projet de monde réussi.

 

Ce qu’en général le vocabulaire biblique appelle les anges - les malakhim - désigne cette réalité très précise de la volonté générale du Créateur telle qu’elle se différencie, telle qu’elle se particularise, par rapport à telle ou telle créature. D’une façon plus générale ou plus banale, on dira que chaque créature a son ange, son malakh. Ce n’est pas autre chose que la volonté de Dieu pour elle, mais telle qu’elle se développe à l’étape où se trouve la créature. Le projet ultime c’est ce que nous appelons en langage théologique, l’être des béatitudes, l’être de l’identité humaine réussie, l’être de bonheur, l’être de Olam Haba, l’être de monde réussi.

 

Mais nous nous trouvons chacun d’entre nous à une certaine étape de la réussite de ce projet unique qui est toujours le même pour tous de la part du Créateur unique.

Ce projet finalement n’a été finalement dévoilé qu’aux prophètes. Seuls les prophètes ont eu la capacité de voir, et par la suite d’écrire chacun dans son style, et de décrire ce que le Créateur voulait faire du monde qu’il a créé. Dans l’histoire dans son existence, chaque créature se trouve à une certaine étape de ce projet.

 

Mais, de façon permanente il y a une Providence du Créateur et la manière dont la volonté ultime  du Créateur atteint l’être en cours d’histoire, c’est cela l’ange qui lui correspond.

 

A la limite, il ne sera pas faux de dire que les anges n’existent pas. Ils n’existent pas dans la mesure où l’on comprend que c’est toujours le Créateur Lui-Même mais dans une relation très précise, particulière et singulière avec chaque créature à l’étape de son histoire actuelle et au stade de son ascension vers l’être des béatitudes ou vers le Monde à Venir.

 

Je crois qu’il serait plus précis de dire que dans le sens de la relation entre Dieu et l’homme, il y a toute une hiérarchie d’anges qui correspondent à toutes la hiérarchie de niveaux des créatures, mais dans le sens de la créature à Dieu, de l’homme à Dieu, il n’y a pas d’ange.

 

Nous retrouvons là une consigne de la liturgie : nous avons bien entendu le devoir de respecter tant dans l’étude que dans la liturgie elle-même, de respecter ces hiérarchies qui vont de Dieu à l’homme, mais nous avons interdiction absolue de faire passer aucun culte vers cettte hiérarchie de l’homme vers Dieu. En d’autres termes, entre Dieu et l’homme, il y a une infinité Ein-Sof de hiérarchies d’anges, mais de l’homme à Dieu il n’y a rien.

 

L’idolâtrie consiste à mal comprendre le sens de l’homme à Dieu et de s’arrêter à une de ces hiérarchies angéliques qui sont réelles et utiles dans l’autre sens.

 

Je vous donne pour éclairer cela une image empruntée à la biologie : c’est le problème de l’osmose: il y a des substances qui permettent l’osmose dans un sens et pas dans l’autre...

 

Les « malakhei hasharet » finalement c’est Dieu lui-même.

Ce monde angélique est donc un monde qui nous est caché, par définition. Il y a des catégories d’anges très différentes qui en français deviennent les anges, les archanges, les séraphins, les ophanim...

 

Lorsqu’il y a un jugement à porter sur une certaine étape de l’histoire alors nous lisons dans le langage du midrash que Dieu rassemble la famille d’En-haut « familia shel maalah » c’est-à-dire Son Beth Din, Son tribunal, et Il prend conseil de Son tribunal. Mais il s’agit, en terme humains, d’une sorte de réflexion intérieure à Dieu en tant que Créateur, et où Il se parle à Lui-Même mais en parlant à ceux que nous avons nommé Ses anges, c’est-à-dire Sa propre Souveraineté par rapport à l’état actuel et contingent de telle ou telle de Ses créatures.

 

Lorsque Moïse monte en haut pour recevoir la Torah, il y a un débat intérieur à la Divinité Unique, et ce débat est nommé en termes de midrash un dialogue entre Dieu et les anges. Les anges vont entreprendre d’empêcher Dieu de donner la Torah à Moïse. C’est l’objet du Midrash.

 

 

Par rapport à cette 1ère analyse je crois que l’on pourrait donner un commentaire qui se trouve dans le Zohar concernant la définition du ciel qui est donné dans le Maassé Bereshit l’oeuvre du commencement.

Dans le Maassé Bereshit, il est dit que Dieu a séparé les eaux d’en-haut des eaux d’en-bas et qu’il a installé un firmament, un horizon, entre les les eaux d’en-bas et les eaux d’en-haut.

Le Zohar pose la question : pourquoi est-il écrit entre les eaux qui sont en-bas du firmament et entre les eaux qui sont en-haut du firmament, et non pas l’inverse ?

Le texte dit que le Raqia sépare entre les eaux inférieures et les eaux supérieures. Précision inutile. Il suffisait de dire que le Raqia sépare entre les eaux.

 

Le Zohar explique que la séparation ne va que dans un sens, de bas en haut. La séparation n’existe pas de haut en bas. Le monde d’en-haut voit le monde d’en-bas, mais le monde d’en-bas ne voit pas le monde d’en-haut.

 

Même idée que celle des anges définis comme une hiérarchie qui va de Dieu à l’homme mais pas de l’homme à Dieu.

 

Inversément, il faut savoir que le monde d’en-haut surveille le monde d’en-bas et le juge de façon permanente.

 

Les Malakhei Hasharet sont la volonté de Dieu telle qu’elle se différencie, se spécifie par rapport à ce qui se passe dans l’histoire d’en-bas.

 

En quelque sorte, la liberté est en bas et façonne l’histoire du monde que Dieu l’a créé, mais il y a une sorte de contrecoup qui juge cette histoire qui se fait. C’est toujours Dieu lui-même mais étant donné que nous somme toujours dans le temps du monde d’en-bas à une certaine étape de réussite du projet du Créateur, alors les anges sont très différents, et dans le temps et dans l’espace si j’ose dire. Il y a une multitude d’anges qui correspondent à chacun de nos actes et à chacunes de nos pensées, à chacunes de nos initiatives et à chacunes de nos réussites et de nos échecs ou de nos tentations, c’est tout ce monde angélique qui est Dieu lui-même, mais figuré, différencié, multiplié dans le monde d’en-bas.

 

C’est pourquoi on peut affirmer dans le langage du midrash simultanément que les anges n’existent pas et pourtant il n’existe que les anges.

 

Les Malakhei Hasharet sont la Providence de Dieu telle qu’elle est différenciée par rapport aux événements qui se passe dans le monde de la création.

 

Et voilà que nous sommes arrivés à une étape importante dans l’histoire du monde. Il y a une société humaine qui, à la suite de son expérience en Egypte, et à la suite aussi de son éducation qu’elle reçoit et transmet déjà depuis le temps des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, arrive à se constituer en société et qui s’apprête, sous la direction de Moïse, à relever le défi de la création.

 

Le défi de la création c’est que Dieu a créé un monde à partir du néant, et que pour que ce monde existe vraiment, alors il faut qu’il le mérite. Encore une fois, la charte de ce mérite, c’est ce que nous nommons la Torah, c’est-à-dire la Loi Morale.

 

Au fond, toutes les sociétés pourraient définir ce qu’est la Loi Morale ; nous savons par tradition que seule la loi morale telle que définie corollairement à la société d’Israël est la Loi Morale absolue. Et c’est d’elle que nos textes parlent lorsqu’ils parlent de la révélation de la Loi.

 

Nous avons déjà expliqué ces 3 expressions que Moïse est monté en-haut, c’est-à-dire à un niveau du monde qui nous accompagne et qui est déjà, de notre temps, ce que l’histoire de notre monde réussi et abouti arrivera à obtenir dans la catégorie du Monde-à-Venir.

 

Ce que nous nommons le monde d’en-haut, marom ou meromim, c’est très exactement à l’indice de ce Monde-ci ce que le Monde à Venir sera. Horizontalement, ce monde-ce arrivera à être le Monde à Venir, mais verticalement, le Monde-à-Venir est déjà présent en tant que Monde d’En-Haut de notre monde à nous.

 

Et Moïse allant chercher la Torah, c’est Moïse allant dans l’avenir le plus ultime, un avenir où la société humaine coïncidera avec la Loi Morale avec le projet du Créateur, et par conséquent, Moïse projeté dans cet avenir c’est Moïse monté en haut.

 

Et là, il se heurte aux « malakhei hasharet » parce que les « malakhei hasharet » qui sont En-haut ne sont pas encore satisfaits de l’état du monde. Les « malakhei hasharet » jugent le monde au temps historique où il se trouve lorsque Moïse monte en haut. Mais Moïse monte en haut dans un temps projeté qui serait celui de la fin des temps et qui serait un monde où l’homme aurait déjà mérité l’être de la perfection et des béatitudes. D’où le conflit. Et d’ailleurs ce conflit est permanent: à chaque instant de l’histoire du monde, il y a une Moïse qui se heurte aux « malakhei hasharet ».

 

Nous allons suivre en détail le déroulement de ce dialogue.

 

Les « malakhei hasharet » sont étonnés :

mah iloud ben ishah beinenou ? que vient faire un fils de femme parmi nous ?

 

Vous pensez bien qu’un tel texte vieux de 2000 ans a sucité énormément de commentaires, et je choisi bien entendu une des lignes de pensée que l’on pourra enrichir par la suite plus exactement.

 

Lorsque Dieu dit aux anges : il est venu recevoir la Torah alors les anges ont dit devant Dieu :

« Une chose précieuse qui était cachée chez Toi pendant exactement 974 générations avant que le monde ne soit créé, Tu voudrais la donner à un être de chair et de sang basar vadam ? »

 

Nous savons que Moïse a reçu la Torah à la 26ème génération après la création du monde. Effectivement, de Adam à Noa’h 10, de Noa’h à Abraham 10 et d’Abraham à Mosheh 6, il y a donc 26 génération depuis Adam à Moïse. Et nous savons d’autre part qu’il y a eu 1000 générations qui définissent les différents niveaux de valeurs et de significations de la Torah.

 

Par conséquent, le midrash dit très exactement que c’est 974 générations avant le temps où nous nous trouvons que la Torah a été préparée pour être donnée au monde.

 

De façon plus générale, cela signifie que les anges mettent en évidence l’importance de cette Torah, indépendament du chiffre qui implique que le temps était venu de la donner quand même. Cela signifie que si l’histoire du monde a un sens, c’est pas rapport à une référence de valeur qui en même temps juge l’histoire du monde.  Et voilà qu’apparait un projet inattendu.

Dans le raisonnement des anges, voilà que Dieu décide de se défaire de la prérogative du jugement de l’histoire au nom de la Torah (au nom des valeurs qui font que le monde a un sens) pour confier cette prérogative à ce que les anges nomme « un fils de femme » ou un être de chair et de sang, c’est-à-dire la créature elle-même.

 

Il se produit là un événement important qui motive la manière dont le Maharal avait posé la question. Le fait même que la Torah soit révélé par Dieu à l’homme est absolument inattendu : cela signifie que Dieu va se dépouiller de la prérogative d’avoir à juger le sens de l’histoire du monde.

 

Nous retrouvons ce thème dans toute l’atmosphére de la traditon juive parlant de ce fait. A partir du moment où Israël a accepté d’être jugé d’après la Torah, où Israël a accepté que son histoire propre et spécifique soit mise en jugement d’aprés la Loi morale absolue, à partir de ce moment même Dieu renonce, semble-t’il ou apparemment, à la prérogative d’être seul à décider de ce jugement et confie les attendus de ce jugement à l’identité d’Israël elle-même. 

 

Nous avons d’autres textes dans le Midrash qui l’explique de la manière suivante : en cours de discussion quant à la jurisprudence, ou à la législation appliquée à la Torah, il arrive, nous dit le Midrash, que Dieu demande conseils aux rabbins. Trés souvent, le Talmud raconte que la discussion s’arrêtent dans le Sanhédrin ou la Yeshivah de Jérusalem parce qu’une voix du Ciel demande un renseignement. On a besoin de savoir En-haut comment décider, alors on demande à Israël comment il faut juger quant aux attendus de la Loi morale et du jugement de l’histoire.

 

Puisqu’il est arrivé un événement historique aussi important qu’Israël sous la direction de Moïse qui accepte d’entreprende cette ascension qui consiste à demander à Dieu de donner la Torah sur Terre, alors corollairement cela signifie que Dieu a à se dépouiller d’une partie de Ses prérogatives et de confier aux sages d’Israël d’avoir à décider ce qui est le bien ou le mal pour la poursuite de l’histoire du monde. Et c’est bien ainsi que la tradition talmudique en parle, à tout ces niveaux.

 

Je rappelle en parenthèse l’un de ces enseignements : est arrivé à une époque le temps où un rabbin tres célébre du talmud devait mourir. Mais il était tellement saint et pur que l’ange de la mort n’avait pas le courage d’approcher de lui pour lui prendre son âme. Dieu a envoyé plusieurs fois l’ange de la mort qui est toujours revenu bredouille et tremblant disant qu’il ne pouvait s’approcher de ce rabbin, et pourtant le temps était arrivé et cette âme devait remonter. Alors Dieu s’est servi d’une stratégie : il a posé dans l’histoire humaine un problème difficile à trancher qui finalement s’est répercuté à la Yeshivah de ce Rav pour décider d’un certain problème pour savoir si c’était tamé ou tahor, impur ou pur. On a discuté longtemps et finalement un voix est sorti du Ciel demandant au Rav de donner la réponse. Pour donner la réponse, il a fallu que le rav lève les yeux de sa Torah, et il s’est donc mis en danger en cessant la relation entre lui et la Torah, l’ange de la mort a donc pris son âme au moment précis où il a levé les yeux et déclaré que c’était tahor-pur. A ce moment-là l’ange de la mort lui prit son âme. On apprend par là que ce rav est mort dans le mot de tahor-pur.

 

Ce midrash éclaire bien notre problème : à partir du moment où la créature accepte cet enjeu d’avoir à être jugée d’aprés la loi morale absolue, alors elle se trouve être investie de la prérogative d’avoir à dire ce qu’est la loi absolue. Parce que finalement l’histoire se fait dans le monde de la réalité et non pas dans le monde des anges comme nous le verrons dans la suite du midrash.

 

C’est cette prérogative qui éclaire déjà la réponse que le Maharal donne à notre question : comment se fait-il que la révélation puisse se faire ? Comment se fait-il que l’homme, alors en cours d’histoire et donc en cours d’imperfection, puisse capter, percevoir et recevoir la révélation de la vérité morale absolue ?

Puisqu’on comprend bien que du point de vue du projet de la Torah il ne s’agit pas du tout de définir Israël dans le sens d’une subjectivité morale, ou plus exactement dans le sens d’une relativité morale, mais dans le sens de la société qui est le dépositaire de l’exigence absolue de la moralité telle que le Créateur l’a conçu comme enjeu de l’être.

 

Nous avons donc une 1ère réponse :

C’est d’abord dans le courage pour une société qui a accepté d’être jugé par rapport de cette Loi. A partir de ce moment, il est bien évident qu’une partie des prérogatives du Créateur par rapport à la définition de la morale est confiée à Israël.

 

C’est cela que les anges contestent. Et ce débat est à l’intérieur de Dieu lui-même : que vont-ils faire de cela ? Il y a une valeur qui fait que le monde a une valeur et cette valeur précéde le monde depuis déjà 1000 générations. 26 générations se sont passées et le temps est arrivé où une société humaine a le courage de déléguer son chef pour monter en haut comme si il y avait déjà une projection d’Israël dans l’avenir (Moïse monté en haut c’est Israël déjà arrivé au bout de l’histoire). Mais à ce moment-là nous sommes quand même en cours d’histoire, alors les anges craignent que la Torah soit gâchée. Puisque Dieu va confier le sort et le sens de l’histoire du monde à une société humaine : ce qui veut dire « fils de femme »  ou « de chair et de sang ». Cela veut dire que la Torah risque d’être gâchée.

En d’autres termes, les anges, c’est-à-dire Dieu, savent ce que l’homme a fait du monde ; et la dernière chance pour que le monde soit transfiguré et sauvé, c’est quand même ce monde des valeurs qui reste en haut, c’est-à-dire qui ne sera atteint qu’en fin d’histoire. Au fond les anges ont toute la patience des éternités pour attendre que le monde mérite cette perfection, et voilà qu’au moment de risquer cet enjeu, il y a cette crainte que le monde soit gâché. Et que le monde soit gâché par ceux-là mêmes qui auraient été les meilleurs parmi le monde, ceux d’Israël sortis d’Egypte qui ont le courage d’accepter la Loi morale. Mais il y a toujours ce risque que le monde soit gâché si la torah est gâchée.

 

Que l’humanité toute entière, les goyim, aient fait du monde un champs de bataille ou une tombe au lien d’un berceau, du point de vue des anges ce n’est pas grave car l’histoire de l’humanité peut se perpétuer d’âge en âge et de génération en génération, et l’on pourra toujours  reconduire l’échéance le plus loin possible. Mais que Israël risque de gâcher la torah, de faillir, de perdre cette chance unique de la révélation, c’est beaucoup plus grave dans le raisonnement des anges.

 

C’est l’idée générale d’autre part que c’est le tribunal terrestre humain qui est responsable de la dignité de valeurs : la justice ne vaut que ce que les tribunaux en font. Nous retrouvons ici le même thème.

 

L’histoire du monde pourrait continuer encore longtemps à être une préhistoire, une jungle de l’histoire d’une espèce animale parmi les autres. Au fond tout cela pourrait durer très longtemps  jusqu’à ce que germe l’humanité vraie... mais que Dieu se décide à révéler aux hommes la seule loi possible pour la réussite du monde et avec celle du monde, celle de tous les univers, à un peuple non encore préparé à la perfection telle que les anges la connaissent déjà, alors ce serait un enjeu trop grave.

 

Voilà pourquoi  Dieu (les anges) hésite à donner la Torah à Moïse. Dans cette discussion entre Dieu et les anges c’est une discussion entre Dieu et Lui-même comme nous l’avons dit.

 

A ce propos, les anges citent un verset des Psaumes (8.5) :

מָה-אֱנוֹשׁ כִּי-תִזְכְּרֶנּוּ; וּבֶן-אָדָם, כִּי תִפְקְדֶנּוּ  

« Qu’est l’homme pour que Tu tiennes compte de lui ?

Et le fils de l’homme que tu t’en occupes ?

Hashem Adonenou combien est redoutable Ton Nom sur toute la terre.

Ainsi donc met ta gloire au-dessus du ciel. »

 

Je dois vous expliquer que par définition les anges sont athées, et par conséquent il était normal que la Torah soit donnée aux hommes qui sont seuls capables d’être croyants. Malgré tout, on voit dans ce verset qui est un verset pour l’homme, que les anges deviennent pieux, puisque c’est là qu’ils nomment Dieu « Hashem notre maitre. »

 

Au fond ce que les anges veulent dire dans ce verset c’est que sur terre la Torah risque d’être gâchée puisque la terre est le lieu d’habitation des hommes ben Adam fils de la première créature qui a connu les valeurs (et c’est sa grande dignité) et qui a fauté, faisant la preuve de son échec, et d’autre part Enosh est le 1erdescendant d’Adam qui a osé être idolâtre (qui a oublié de se souvenir qu’il avait un Créateur). Et voilà que les anges sont inquiets de ce que les hommes jusqu’au temps de Moïse n’ont pas donné la preuve qu’ils étaient capables de lucidité de perfection par rapport aux valeurs morales tel que Dieu lui-même les a projettées.

 

Effectivement, jusqu’au temps de Moïse c’est l’histoire de l’idolâtrie, de la faute, du monde transformé en impossibilité d’accéder à l’être des béatitudes qui était le projet du Créateur. Et voilà, qu’il apparait une sorte de société trés frustre, trés grossiére du point de vue de la civilisation du temps : les hébreux sortis d’Egypte. Cette société entreprend de prendre sous sa responsabilité la prérogative d’avoir à dire le bien et le mal pour tout le déroulement de l’histoire. Alors on comprend l’inquiétude des anges…

 

« Ton Nom est redoutable sur toute la terre alors laisse Ta gloire dans le ciel »

 

 ‘Hidoush sur Bereshit

 

J’ai entendu il y a peu à Jérusalem un ‘hidoush à Jérusalem qui éclaire au niveau formel de façon très précise quelle était l’intention des anges dans ce verset cité.

 

On remarque une chose : tous les mots qui définissent l’homme commence par la lettre alef

Par exemple : Adam, Enosh, Ish… etc.

On remarque une 2nde chose : les 7 premiers mots de la Bible qui décrivent le projet de la création - Bershit Bara Et Hashamayim Ve Et Haarets – comportent tous la lettre alef sauf le mot shamayim.

C’est dire que l’identité humaine, en tant que créature, a sa place partout dans l’être sauf dans cet endroit de l’être où réside le principe du jugement de l’histoire qui se fait à travers l’homme. La lettre alef (qui définit l’homme Adam, Enosh, Ish...) se trouve dans les 7 mots du premier verset de la bible qui décrit le projet du Créateur sauf dans le mot shamayim.

Or, on apprend d’autre part que ces 7 mots correspondent à 7 middot, valeurs ou vertus, 7 médiations que les kabalistes appellent les Sefirot. Je vous les énumèrent d’après leurs appellations classiques qui se trouvent dans un certain nombre de versets que nous disons dans la priére quotidienne également. Lekha Hashem Hagedoulah VèhaGvourah vehatiferet, vehanetza’h, vehahod, Ki kol bashamayim ouvaaretz.   

 

=> Bereshit correspond à la midah de ‘Hessed – la générosité.

Dans la relation entre le Créateur et la créature il y a un monde angélique, si vous voulez, qui s’appelle la Générosité. C’est facile à définir : le fait que Dieu ait créé un monde et qu’il ait donné l’être à autrui, c’est un acte de générosité=’hessed. “Olam ‘hessed libané”

C’est ici le mot Bereshit, et il y a un alef

 

=> Bara correspond à la modalité de la rigueur Gevourah ou Din

 

=> Elohim c’est Tiferet : la magnifiscence de la révélation du Créateur par rapport au monde créé : lorsque se révèle qui est le Créateur dans le monde, alors il y a dans le monde un reflet de magnifiscence, et cela s’appelle Tiferet.

 

=> « Et » qui introduit le mot de HaShamayim

« Au commencement Dieu créa… »

quoi ?

le ciel

Ce quoi intraduisible en français ‘et’ c’est la Sefirah de Netsa’h Eternité

Par conséquent, il y a un reflet de ce qui va avec Dieu dans le monde et cela s’appelle en hébreu Netsa’h qui signifie l’éternité.

 

=> HaShamayim = Sefirah Hod la Splendeur, pas dans le sens de la magnifiscence, mais corrspondant à Netsa’h.

 

=> Vé Et = Sefirah de Yessod

 

=> Haarets = Sefirah de Malkhout

 

Nous trouvons la lettre Alef dans tous les mots sauf dans le mot Shamayim : cela veut dire que l’homme a une relation directe à toutes les médiations entre le Créateur et la créature, sauf avec cette médiation qui s’appelle Shamayim les Cieux et où se situe cette contestation des anges, c’est-à-dire ce principe du jugement qui accompagnent toute l’histoire jusqu’à ce qu’elle ait aboutie.

 

En d’autres termes ce que les anges veulent faire comprendre, ce scrupule de Dieu décidant de donner la Torah à Israël à travers Moïse, c’est que finalement tant que l’histoire est en cours de tentative on n’est pas sûr qu’elle réussisse et donner les clef de la réussite à un être en cours de tentative c’est périlleux, risqué, dangeureux.

 

C’est tout le problème que le peuple de la révélation a vécu : d’avoir le pressentiment qu’effectivement il possède la clef des valeurs mais qu’en fin de compte il risque de gâcher toutes ces valeurs et donc l’histoire du monde parce qu’étant encore en cours de réussite.

Exprimée par une idée simple : à 15 cm du rivage on peut encore se noyer ! .

 

Voilà donc ce que Dieu craint à travers la crainte des anges : d’avoir à livrer à Israël la loi morale, mais si jamais Israël ne réussit pas, alors il n’y a plus aucune chance que le monde réussisse puisque la Loi serait gâchée.

 

Après Matan Torah, c’est la La Torah telle qu’Israël la donne qui est la Torah de Dieu. C’est dans la yeshivah d’en-bas que l’on décide ce qui se passe dans la yeshivah d’en-haut : d’où l’inquiétude des anges telle que la formule ce midrash.

 

Il est très important de remarquer que le verset cité par les anges dit :

Tena hodkha al hashamayim.

C’est effectivement la Sefirah de Hod qui est très exactement à la place du mot de Shamayim dans le verset de Bereshit.

C’est pourquoi les anges disent « tena hodkha al hashamayim »

 

Rashi :

En fait d’après le commentaire de Rashi sur ce verset, il y a aussi un alef dans le mot shamayim.

Rashi citant le midrash : Shamayim doit se lire en réalité « esh ou mayim » = « feu et eau ».

Rashi définit le ciel comme étant le lieu de conciliation entre le feu et l’eau.

Par conséquent, en réalité le mot de Shamayim a également un Alef mais il est caché.

 

Cela me rappelle un tout autre midrash. Lorsque les Goyim félicitent Israël d’avoir accepté qu’un des critères de leur jugement soit la paix, alors Israël répond n’avoir aucun mérite pour l’avoir appris du « maassé kedera » « ce qui est capable de faire une marmite ». Un sage goy étonné demande des explications – le ‘hakham lui explique de la manière suivante : l’eau et le feu ensemble c’est la vaporisation de l’eau ou l’extinction du feu, mais si on met entre le feu et l’eau une marmite alors on peut manger. Donc shalom c’est maasse kelera, ce qui est capable de faire une marmite ! La paix entre le feu et l’eau c’est ce que la marmite est capable de faire.

 

D’une certaine manière, shamayim représente ce même thème.

D’après l’explication de Rashi, shamayim c’est esh oumayim. Dans lequel le alef est occulté. Je vous dirai pourquoi tout à l’heure. Dans le langage du midrash : le feu esh représente la midat hadin,  la rigueur. Et l’eau mayim représente la midat ha’hessed, la miséricorde.

 

Effectivement le ciel - shamayim là où se trouvent l’ensemble des anges - c’est la conciliation entre la rigueur et la miséricorde ; c’est cela l’unité de Dieu, c’est lorsque tous les anges sont identifiés, résorbés et unifiés, que l’unité de Dieu apparait, au-delà d’ailleurs de la somme des anges possibles. Puisque nous l’avons vu, les anges ne sont que le reflet par en-bas de ce qui se passe en bas, mais il y a plus que cela en-haut.

 

Par rapport à ce principe de l’unité des valeurs qui est l’objectif de la Torah: comment se conduire de telle sorte que tant la midat hadin que la midat hara’hamim soient satisfaites et donc conciliées ? Et bien cela se trouve dans le ciel mais pas sur la terre. Et devant cet enjeu de la Torah les hommes sont incapables…

…/…

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*****

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans MIDRASH
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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 14:48
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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 12:33

Pourim Cours 5 (1979)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_5

Durée : 46,3 minutes
Face B

 

 

…/…

Il se peut que pour telle vertu un homme x soit supérieur à l’homme y, mais que pour une autre vertu c’est l’homme y qui est supérieur à cet homme x. Et donc pour cette mitsvah-là c’est lui qui est l’élève de cet homme-là et inversément pour l’autre mitsvah.

 

Retour au sujet :

La question est ainsi : il y a contrainte de la révélation et cette contrainte d’une certaine manière va durer tout le temps où la prophétie était une donnée expérimentale. Quand Dieu se révèle, Israël a accepté la Torah. Où en est le mérite ? C’est d’être celui qui accepte la contrainte de cette Torah !

C’est librement que j’ai accepté cette contrainte. Mais à partir du moment où la révélation se fait, il n’y a plus de liberté. Ce qu’exprime le Midrash (Shabat 88a).

   אם אתם מקבלים התורה מוטב ואם לאו שם תהא קבורתכם

« si vous acceptez la torah  c’est bien sinon ici sera votre tombeau ! »

Parce qu’ici la Torah apparait comme ma carte d’identité. La Torah c’est la Neshamah d’Israël. Alors à partir du moment où c’est moi Israël, soit j’accepte d’être Israël, soit je disparais. Il n’y a pas d’autre châtiment possible. C’est être ou ne pas être. La phrase de Shakespeare, qui fait partie des autres grands hommes dans l’humanité, envoyés dans l’histoire pour être des guides. Shakespeare a écrit toute son œuvre rien que pour dire cela. Et cela suffit ! Maintenant « j’expire » !

 

Il va se dévoiler qu’effectivement Israël avait profondément accepté cette torah qui lui était imposée au moment de la révélation au temps de Pourim. C’est à Pourim que se dévoile qu’en réalité, au Sinaï, Israël avait librement accepté la Torah puisqu’ils continuent à y être fidèles.

 

Donc on trouve le verset du chapitre 9 :

 

Esther 9.27

   קִיְּמוּ וקבל (וְקִבְּלוּ) הַיְּהוּדִים עֲלֵיהֶם וְעַל-זַרְעָם וְעַל כָּל-הַנִּלְוִים עֲלֵיהֶם, וְלֹא יַעֲבוֹר--לִהְיוֹת עֹשִׂים אֵת שְׁנֵי הַיָּמִים הָאֵלֶּה, כִּכְתָבָם וְכִזְמַנָּם: בְּכָל-שָׁנָה, וְשָׁנָה

Les juifs reconnurent et acceptèrent pour eux, pour leurs descendants et pour tous ceux qui se rallieraient à eux l'obligation immuable de fêter ces deux jours-là, suivant la teneur des écrits et à la date fixée, année par année…

 

Qimou veQuiblou Hayehoudim…

Les Juifs ont réalisé et accepté..

 

Guémara : Ils ont réalisé ce qu’ils avaient accepté déjà.

Sinon l’ordre du verset aurait dû être l’inverse ! Ils ont accepté et réalisé.

Qu’ont-ils accepté et réalisé ? L’alliance de Pourim ! Et cela dévoile qu’ils avaient vraiment accepté la Torah au Sinaï ! 

 

En fait cet espèce de contrat au pied du Sinaï n’est pas très clair, car d’après ce midrash Dieu dit à Israël :  « si vous acceptez la torah  c’est bien sinon ici sera votre tombeau ! »

Or, ils ont été enterré dans le désert !

Pourquoi ?

Parce qu’ils n’ont pas voulu entrer en Israël !

Il y a donc là une équation qui apparait et qui est très importante : accepter la torah et rentrer en Israël c’est la même chose !

Je vous dis des choses énormes ! Cela veut dire que ceux qui ne rentrent pas en Israël, c’est le signe qu’ils n’ont pas vraiment accepté la torah ! Ils ont accepté une religion de la torah, mais mutilée. Une religion expurgée de tout ce qui concerne Erets Israël, ce n’est pas la torah authentique. Cela dévoile que ce refus d’entrer en Eretz Israel est encore une incapacité d’être vraiment soi-même. C’est pourquoi ils sont enterrés là-bas, et ils reviennent en guilgoul jusqu’à la fin des temps.  Guilgoulim je ne traduis pas car il faudrait dire « réincarnation », et c’est un tout autre concept. Notre génération c’est le guilgoul de la génération de la sortie d’Egypte, à travers 2000 ans d’histoire. Nous sommes ce peuple-là. On revient autant de fois qu’il faut pour arriver en haut dans le tiqoun. Et on ne perd rien de ce qui a été acquis comme mérite. Cela explique l’inégalité. Chacun commence au stade de son problème, là où il l’avait laissé avant.

 

Q : Il n’y a pas d’égalité entre les neshamot ?

R: C’est au niveau du stade x de chaque néshamah. Chaque neshamah a toute une évolution à faire qui est de 25 degrés de tiqoun de mérite, avec une infinité de sous-degrés entre chaque degré. Toutes les neshamot ont en principe le même point de départ. Il y a inégalité parce qu’aucune n’est au même stade, mais leur destin est équivalent. Ceci dit, du point de vue de leur essence, les neshamot procèdent de points différents de Adam Harishone. Toutes les neshamot de l’humanité étaient au sein de Adam Harishone. C’est le principe d’égalité de dignité de tous les hommes : tous le même père. C’est cette neshamah qui est en cours d’histoire dans le monde entier. Or, par comparaison il y a différentes cellules du corps, celles du pieds, celle du cœur, de la tête des reins…etc. Au niveau de la neshamah c’est la même chose. Chaque neshamah a son shoresh. Un peuple dont les neshamot sont issues des pieds de Adam n’est la même chose qu’un peuple dont les neshamot sont issues de la tête de Adam. 

 

Q : Et pour Israël ?

R : Tu devines ! Ce n’est pas néccessaire de poser la question. Cela va de soi.

Mais comprenez bien une chose, c’est que toutes sont nécessaires. Imaginez un homme qui n’aurait que la tête ! Il lui faut des pieds ! Alors les pieds sont très importants. Mais les pieds c’est les pieds, et la tête c’est la tête…

 

Q : Mais Adam et ‘Havah ont eu des enfants, et leur âmes venaient d’où ?

R : Quand ils les ont engendré, ils leur ont donné une partie de leur âme.

Chacun a un thème d’identité à résoudre. Je vous donne une donnée brute de la kaballah intentionnellement sachant que vous ne la comprendrez pas, je le sais très bien mais je vous la donne : toute la stature de Adam Harishone a déjà son tiqoun. Il reste un point de l’épaule gauche !

Alors tant que ce point de l’épaule gauche n’est pas arrangée, le messie ne peut pas se dévoiler. Vous voyez que ce sont des choses incompréhensibles. Cela veut dire que l’histoire de l’humanité est très avancée, on est presqu’à la fin. Il reste un point de l’épaule gauche. Vous apprendrez ce que cela veut dire dans 40 ans…

 

Dans tous les peuples, il y avait cette tradition de la destinée des âmes. Cela s’est perdu partout, certains ont gardé un peu, mais approximativement. On trouve donc des enseignemetns dans ces traditions qui ressemblent à cela, à leurs manières, mais finalement il s’agit de la même chose. En Occident la seule tentative cohérente, mais malheureusement c’est plein de charlatans c’est le spiritisme, les églises spirites. Mais il y a des gens authentiques chez eux.

 

Et finalement, pour la partie de ce sujet qui nous concerne : c’est que cette génération qui était à l’épreuve sur cette épreuve-là : sortir d’Egypte – accepter la Guéoula. Et arriver en Israël est en rejeu d’histoire jusqu’à nous...

Bien sûr, à l’échelle individuelle, nous n’avons rien à voir avec ces hommes qui ont vécu il y a 3000 ans dans le désert, mais c’est notre même thème d’identité, ce qu’il y a derrière avec la neshamah c’est la même chose. C’est pourquoi il n’est pas étonnant de voir que le peuple juif se divise de la même manière sur ces problèmes que ce que la torah nous raconte des problèmes du temps de la sortie d’Egypte. Il y a ceux qui restent en Egypte, ceux qui sortent d’Egypte mais restent dans le désert, et ceux qui rentrent en Eretz Israel. C’est un peu plus compliqué que cela mais vous voyez les grandes divisions. Cette époque éventuelle où l’arrêt de la révélation se ferait est déjà indiquée dans la Torah.

 

Q : Devarim 30.3 ?

R : Non cela c’est le verset des deux retours. C’est le verset 18 du chapitre 31, vous lirez tout le chapitre:

31.18 :

וְאָנֹכִי, הַסְתֵּר אַסְתִּיר פָּנַי בַּיּוֹם הַהוּא, עַל כָּל-הָרָעָה, אֲשֶׁר עָשָׂה: כִּי פָנָה, אֶל-אֱלֹהִים אֲחֵרִים

Et Moi cacher Je cacherais ma face en ce jour-là, à cause de tout le mal que ce peuple a fait car il s’est tourné vers d’autres dieux.

 

Vous savez maintenant suffisamment pour comprendre le verset : cela veut dire que si ce peuple quitte Eretz Israël et rentre dans d’autres pays refusant de revenir en Israël, la dispersion a pour résultat l’arrêt de la révélation. Or, aller dans d’autres pays signifie se mettre sous la souveraineté d’autres Dieux. Rappelez-vous la Massekhet Soukot. Cacher sa face signifie arrêt de la révélation parce qu’il a quitté Eretz Israël. 

 

Comprenez bien que c’est ce que la Torah dit et non pas un rabbin sioniste qui vous parle. C’est la Torah qui le dit ! C’est écrit.   

 

Aute manière d’expliquer cela : j’arrête la révélation parce que vous devenez des idolâtres adorant des dieux étangers. Adorer des dieux étrangers signifie être sous un autre drapeau, avoir un autre passeport, se prendre pour des français, des américains, des anglais.. etc. C’est la Guémara qui l’explique en clair. Elle nous dit que cela s’est passé au temps de la reine Esther. 

 

Voilà comment elle pose la question :

Ester min hatorah minayin ?

Où est l’allusion à Esther dans la Torah ?

Dans ce verset Devarim 31.18: וְאָנֹכִי, הַסְתֵּר אַסְתִּיר

Ne croyez pas qu’il s’agit d’un jeu de mot.

Cela veut dire que ce fait que Dieu se cache survient au temps de la reine Esther. Donc ce n’est pas par hasard qu’elle s’appelle Esther. Car au temps de la reine Esther la révélation a cessé. Voyez comment se relie les deux choses.

 

Vous allez apprendre deux expressions :

 

-Astarat Panim :

 cela se relie à ce que dit le verset : le fait que la face est voilée : l’occultation de la révélation. On a aussi l’expression correspondante : Ester Panim. C’est le niveau où Israël sait qu’il y a des circonstances qui font que la révélation s’achève. Le mérite de la communauté du temps d’Esther est d’avoir continué l’alliance de la Torah, et cela dévoile qu’au Sinaï c’était bien librement qu’on l’avait accepté.

 

-Ester Betokh Ester :

Maintenant, ce qui risque d’arriver c’est que on soit dans une situation de Ester Panim et on ne sait même pas que c’est Ester Panim. L’habitude du fait que les choses sont cachées (Ester Panim) conduit à l’oubli du fait que les choses soient cachées (double voilement). On tombe dans le désespoir absolu. Quand je ne sais même plus qu’il manque quelque chose. Cela s’appelle Ester Betokh Ester. Au second degré : le fait même que ce soit caché est caché.

 

C’est ce qui est arrive en ce temps-là, cette catastrophe, car va commencer un temps de rupture où non seulement il y a Ester Panim, mais il y a Ester Betokh Ester. C’est ce que le verset prévoit qu’il y ait un temps d’épreuve où Israël doit faire la preuve de sa fidélité. C’était prévu par la Torah : la révélation cesse, Israël est dispersé, et doit faire la preuve de sa fidélité. C’est Ester Panim. Parce qu’il y aurait une sorte d’injustice à ce que le peuple d’Israël n’ait pas à faire la preuve de sa capacité de foi. En temps de révélation il n’y a pas de problème de foi. Comment savoir si ce peuple a la foi ? En temps de Ester Panim ! Il dira s’il a foi-fidélité ou pas. Ce qu’enseigne le midrash de la guémara de Shabbat 88a. Dès que Ester Panim a commencé, Israël s’est révélé fidèle à la Torah. Comme il s’est révélé fidèle à la Torah, il a accepté effectivement, l’institution de Pourim, comme une sorte de Yom Haatsmaout de l’époque. Reconnaitre que c’est bien Dieu qui a sauvé la communauté.

L’autre réaction, Ester Betokh Ester, de ne pas reconnaitre même cette situation-là et alors c’est la dimension catastrophique. C’est le fait que ce peuple juif commence une histoire de diaspora où il y a le refus du retour. Fidèle à son identité dans la dimension positive, mais que la diaspora refuse le retour c’est la dimension négative. Ces hommes qui ne voient pas qu’il y a quelque chose à voir sont dans la situation décrite par ce verset-là : ils sont dans le Ester Betokh Ester. Ce qui est caché leur est même caché.

 

Q: Du point de vue historique ceux qui ont compris le Ester Panim sont rentrés en Erets Israël et les autres sont restés ?

R : Baroukh ! Ils sont restés et ne sont même pas rentrés pour le Bayit Shéni. Et c’est cette attitude qui est dès ce moment-là l’attitude du refus du sionisme au nom de la Torah ! Il est bien évident que nous vivons ce même problème qui a éclaté de nouveau !

 

Le rabbinat ashkénaze dans son ensemble sauf les mékoubalim qui avaient l’enseignement de la kaballah ont refusé le sionisme. Pourquoi ? Parce qu’ils restaient fidèles à la fondation de leur identité de judaïsme de diaspora au temps du bayit rishone ; déjà du temps de Ezra et Néhémie ils ont refusés. C’est cette même tradition qui est continuée. Alors que l’ensemble du rabbinat séfarade a accepté.

 

La différence entre la communauté achkénaze et la commaunuté séfarade c’est que la communauté achkénaze procède du Galout Bavel qui n’est pas revenu au temps de Ezra et Néhémie. Donc c’est très cohérent comme suite du problème. Alors que la communauté séfarade concerne les exilés du 2èmetemple, qui donc avaient une relation à la torah qui était d’emblée liée à Eretz Israel.

Cela éclaire sur l’état des choses. Il n’y a pas d’exception : tous les rabbins achkénazes qui étaient kabalistes se sont mis à la tête du sionisme. Tous les autres s’y sont opposés. Tous les rabbins séfarades, kabalistes ou pas, se sont mis avec le sionisme. Et tous les séfadim qui ont appris chez les ashkénazim sont devenus antisionistes. Et il n’y a pas d’exception. Ce n’est pas par hasard.

Il faut là-dessus nuancer. Il y a des tas de nuances. Chacun est soi-même à sa manière. Mais c’est grosso-modo l’état du problème.

 

Or, on apprendra plus tard quelque chose de très important : le fait que le sionisme politique soit sortie des achkénazim est davka la preuve qu’il est authentique ! Par conséquent, nous sommes vraiment dans des événements très importants. C’est du dedans de la communauté achkénaze qu’est venu le sionisme, et c’est donc la preuve qu’il est authentique. Un autre signe c’est que la communauté yéménite est rentrée entière. C’était toutes ces commuanutés-là qui ont refusé de revenir en ces temps-là. Cause de la vulnérabilité du Bayit Shéni. Si le peuple juif dans son ensemble était revenu, le Bayit Shéni aurait été le Bayit Shlishi. Le Bayit Shéni n’est qu’une étape du Bayit Shlishi. Le Bayit Shéni a été détruit et le peuple juif a été condamné à une diaspora de 2000 ans jusqu’à ce qu’il revienne suite à la décision de ceux qui n’étaient pas revenu en ce temps-là : c’est un des signes que le sionisme est cachère. 

 

La communauté achkénaze vit l’histoire de Jacob chez Esaü. Israël en exil chez Edom, le monde chrétien. L’histoire de la commaunuté séfarade c’est l’histoire de Issac chez Ichmaël.

Il y a une tradition très importante, même dans les textes du Niglei et pas forcément dans la Kaballah, que le Mashia’h Ben Yossef doit venir de Yaaqov. Effectivement, le mouvement sioniste politique est venu des ashkénazim.

C’est le verset du prophète Ovadia 1.18 : « Et la maison de Jacob sera comme un feu, la maison de Joseph sera comme une flamme… qui détruira la maison d’Esaü ».

Et Joseph sort de Jacob, c’est Mashia’h Ben Yossef, le monde achkénaze.

 

Alors que le Mashia’h Ben David doit venir de Its’haq, je vous montrerais les textes.

 

Tout se passe comme si il y a une espèce de programmation qui se met en place : la force nationale d’Israël est venue des Ashkénazim et la force spirituelle d’Israël vient des Séfardim avec la Kaballah. Pourquoi les Séfaradim ? Parce que ce sont eux qui étaient les Hébreux du deuxième temple et qu’ils ont reçu l’enseignement des derniers des prophètes. En quittant Eretz Israël à la destruction du deuxième temple, les Séfardim ont emporté avec eux la tradition de la Kaballah que n’avait pas la communauté de la diaspora, sinon à travers les livres.

 

Et lorsque les Ashkénazim ont reçu l’enseignement de la Kaballah c’est là qu’ils ont institué le moussar sfar de leurs maitres kabalistes qui étaient des Séfaradim.  

 

C’est très shématique ce que je vous dis-là.

Mais comprenez bien la cohérence de ces problèmes-là, derrière ces problèmes de doute auxquels on a fait allusion tout à l’heure et les raisons des résistances à de telles évidences : il y a un atavisme d’option qui est colossal derrière.

 

Une dernière explication :

Pourquoi le monde achkénaze a-t’il refusé le sionisme politique ?

Parce que c’était déjà ce que la communauté de diaspora avait refusé en ce temps-là !

L’état c’est le tyran et l’immoralité. La tentative a échoué. On préfère rester fidèle à la torah en attendant l’état du messie. C’est la position achkénaze antisioniste. Alors que la tradition séfarade est tout à l’opposée : la torah n’a été donnée que pour un état juif ! Si difficile que cela soit, c’est ce qu’on doit faire. Voyez le confit entre ces deux positions qu’on reprendra beaucoup plus en détail.

 

Ce que la tradition non-sioniste oppose aux sionistes ce n’est pas tant qu’ils soient non pratiquants mais c’est l’idée de l’état juif, et que c’est contradictoire état et juif. Je me rappelle mon maitre : vous vous rendez compte, un état, une police juive…etc, Dieu préserve ! Parce que pendant 2000 ans la police c’était le symbole des goyim ! L’idée de l’état symbolisait toute la méchanceté des goyim contre les juifs.

 

Il y a vraiment là deux options radicalement différentes mais qui ont une racine historique. De la même manière, toutes les générations qui ont refusé de rentrer en Eretz Israël. Sortir de l’état égyptien pour faire un état juif et devenir comme eux à la juive ? Mieux vaut rester dans la yeshivah du désert à apprendre la torah ! C’est une toute autre religion qui apparait-là.   

   

Q: Certains voulaient rentrer directement ?

R: Toute cette génération-là sauf un Kalev, Caleb. Je vous ai montré le verset. Parce que Qiblou est au singulier. Tous sauf Josué et Kalev.

Dans les conditions privilégiées pour étudier sans les problèmes économiques avec la manne et le puit d’eau, pas de problème militaire en raison des Ananei Kavod, pendant 40 ans en situation messianique et Mosheh rabénou comme rabbin, ils n’ont pas voulu entrer dans la terre. Mosheh leur a dit qu’ils seraient tous enterrés dans le désert et que leurs enfants entreront. Et c’est ce qui se passe.   

 

Q: Pourquoi n’a-t’on pas reçu la torah après avoir conquis la terre ?

R: Parce que s’ils étaient vraiment capables de venir sur la terre cela veut dire qu’ils étaient à la hauteur de cette terre-là. Alors il fallait que la Torah les prépare pour entrer sur la terre. Ils ont eu besoin d’un stage préalable. Et puis c’était la première fois que la nation se constituait…

 

Simplement, il faut découvrir ce qui se passe là. Dans cette petite Agada qu’on a vu dans la Massekhet Shabat vous avez tous les éléments : la même mise à l’épreuve du temps de la sortie d’Egypte a eu lieu au temps de la reine Esther.

 

Nous reprendrons tous ces problèmes, et avant Pourim j’aimerais qu’on récapitule les grandes mitsvot de Pourim. Il y a tout le problème de la Tsédakah…etc.

 

interruption

…/…

reprise

 

Les différents Pourim   

 

… de chaque communauté.

On trouve le Pourim de Saragosse, le Pourim d’Alger. Dans plusieurs communautés, lorsqu’un événement analogue à celui de Pourim survenait, c’est-à-dire un danger de destruction et qu’il y  a eu une délivrance miraculeuse, alors la communauté institue ce jour-là le Pourim de sa communauté.

 

Pour Alger, il y a deux Pourim différent. Le plus connu est celui de la bataille de Charles Quint. Lorsque sa flotte a assiégé Alger. La communauté juive était en danger si les chrétiens s’emparaient d’Alger. La flotte a été détruite par une tempête (la nuit du 23 octobre 1541) et la communauté juive a fixé un jour qui est le Pourim d’Alger (3 et 4 ‘Heshvan).  

Il y a eu un deuxième événement que je connais mieux, le Pourim d’Oran, ville dont je suis issu. On a institué un jour de fête avec lecture de la Méguila qui raconte ce qui s’est passé par un rabbin de la ville. C’est un poème en vers plus ou moins long. A la prière, on dans les sidourim un long poème de Judah Halévi Mikhamokha qu’on lit avant Pourim et qui raconte toute l’histoire de Esther en vers. Et dans les communautés séfarades à partir de l’Espagne, le shabat d’avant Pourim après la Torah on lit ce poème. C’est un beau poème où toute l’histoire d’Esther est racontée avec en fin de chaque strophe un verset du tanakh dont l’idée correspond à la strophe. C’était la grande poésie du moyen-âge. Dans chacune de ces villes à la conquête de l’Algérie par les Français, Oran fut conquise et il y eut un bruit parmi les Arabes que les Juifs avaient vendu les clefs de la ville aux Français. Faut dire que ce n’était pas seulement un bruit… Les Juifs ont été assiégés dans leurs maisons par les Arabes. Enfant j’ai vu chez ma grand-mère les blocs de rochers sur la terrasse pour se protéger des attaques arabes. Mystérieusement, durant la nuit où les Français devaient attaquer, les Arabes pris de panique ont quitté la ville… Ainsi la communauté juive a été sauvée. C’est le Pourim d’Oran.

 

En particulier, à Saragosse en Espagne s’est produit un événement analogue.

Des familles juives de Saragosse ensuite exilées en Tunisie ont continué à commémorer le Pourim de Saragosse qui était une grande fête à Tunis….

 

Il y a avait le Pourim de Worms…etc. L’histoire juive a été riche et compliquée. A travers les siècles chaque communauté avait cette tradition.

 

Or, le Pourim d’Oran tombe dans la période de deuil qui va du 1erAv au 9 Av. Entre le 17 Tamouz et le 9 Av il y a une période de deuil qui devient beaucoup plus intense depuis Rosh ‘Hodesh Av jusqu’au 9 Av qui est la destruction du temple. On n’a pas le droit de manger de viande ni de vin ce sont les règles du deuil.

 

Le Pourim est tellement fort que la règle du deuil est levée ce jour-là et on fait une fête en pleine période de deuil !

 

Ce n’est pas un Pourim Qatan c’est le Pourim de chaque communauté, mais Pourim Qatan est le 14 Adar quand il y a vé-Adar.  Parce que chaque année c’est le 14 du mois de Adar, mais s’il y a un deuxième mois de Vé-Adar, alors pour marquer la date du 14 Adar dans le calendrier avec la qualité de Pourim, alors il y a un Pourim Qatan, et on le commémore par un repas qui ressemble au mishei de Pourim.  Et on ne lit pas dans la prière Ta’hanoun parce que c’est jour de fête.

 

C’est à étudier au niveau des détails des minhaguim de chaque communauté.

 

Chacun doit retrouver le rite de sa famille, le rite de sa communauté.

 

En cas de mariage mixte, le rite est le rite du père qui indique l’origine de la tribu. On est juif par la mère, mais le moussaf c’est par le père.

 

***

 

On a vu un certains nombres de thèmes.

 

-la situation de la méguila dans le temps.

-l’identification socio-politique de l’empire Perse.

-Mordekhaï et la tribu de Benyamin. L’identité de Benyamin à travers Yossef et Yehoudah.

-le rite du vin

 

Retour sur le verset de Devarim :

 

31.18 :

וְאָנֹכִי, הַסְתֵּר אַסְתִּיר פָּנַי בַּיּוֹם הַהוּא, עַל כָּל-הָרָעָה, אֲשֶׁר עָשָׂה: כִּי פָנָה, אֶל-אֱלֹהִים אֲחֵרִים

Et Moi, cacher, Je cacherais ma face en ce jour-là, à cause de tout le mal que ce peuple a fait car il s’est détourné vers d’autres dieux.

 

Cela veut dire que lorsqu’arrive le temps de la revélation il y a deux éventualités.

 

פָנָה, אֶל-אֱלֹהִים אֲחֵרִים  

Un drash sur l’expression de Elohim A’herim.

 

Quand le mot de Elohim désigne le vrai Dieu, pour désigner que c’est un mot Qadosh on le prononce « Elokim ». Mais s’il s’agit de faux dieux, on prononce « Elohim ».

 

פָנָה, אֶל-אֱלֹהִים אֲחֵרִים

Le pshat signifie des « dieux autres ».

 

Mais au niveau drash on peut lire : « les dieux des autres » à l’état construit.

C’est une notion que l’on trouve souvent dans le Tanakh : il y a Dieu et les autres dieux.

 

Par exemple dans les 10 commandements :

Shemot 20.2:

לֹא-יִהְיֶה לְךָ אֱלֹהִים אֲחֵרִים, עַל-פָּנָי

« Lo Yihyeh Lekha Elohim A’herim Al Panaï – Tu n’auras pas d’autres dieux devant Ma face.”

 

A partir du moment où le peuple d’Israël se détache d’Eretz Israël, le texte dit qu’il s’est tourné vers d’autres dieux.

 

La fin de la révélation a deux causes, premièrement la destruction du royaume du nord et deuxièmement la dispersion.

 

L’idée donnée dans la forme même du texte est très précise : se détourner du Dieu d’Israël pour se tourner vers d’autres dieux, cela correspond au fait de se détourner d’Eretz Israël.

 

Il faut de toute manière revenir au principe important du monothéisme absolu : il y a un Dieu unique qui dirige l’humanité toute entière. Dans la notion de Providence, il y a un privilège pour Israël et une alliance particulière avec Israël, mais il n’y a pas de privilège fondamental que Dieu ne s’occuperait que du peuple Israël. Il est le Dieu unique créateur de tous les univers, et par conséquent, ce qui concerne l’histoire de l’humanité c’est le même Dieu, celui que nous reconnaissons, qui est Providence des autres peuples aussi. Pas au même niveau peut-être, puisqu’il y  aune alliance particulière avec Israël. Mais n’oubliez jamais, et je sais par expérience que ce n’est pas facile de retrouver cette notion qu’on a perdu avec le temps, lorsqu’on s’est assimilé à d’autres cultures : on pense le Dieu unique à la manière d’une monolâtrie ! Comme le Dieu tribal d’Israël ! Pas du tout ! La Torah nous parle du Dieu unique comme étant universel, providence de l’ensemble de l’humanité. Et c’est la médiation particulière de ce Dieu unique entre tel ou tel peuple qui est appelée « Elohim A’herim - les autres dieux ».

 

Il y a la multiplicité des peuples et le Dieu unique. Apparaissent des visages multiples du Dieu unique qui correspondent à l’identité de chaque peuple. Le cas particulier d’Israël est qu’il n’y a pas ce niveau de médiation. Israël est relié à l’unité de Dieu dans son universalité. Et c’est pourquoi il n’y a aucune image. Parce que ces images multiples sont la projection de l’identité de chaque peuple sur l’unité de Dieu. Il se produit donc une sorte de diaphragme qui fait apparaitre ce que nous appelons les faux Dieux. Dieux vraiment mais faux vraiment. Entre l’unité de Dieu informulable, inexprimable, sans forme sans nom, sinon le nom un, et la multiplicité des peuples, il y a ces réalités qui sont les médiations entre le Dieu unique et l’histoire de chaque peuple.

 

Et par conséquent, lorsqu’Israël se range dans tellle ou telle caegorie d’identité, tout se passe comme si il détourne du Dieu unique pour se ranger parmi les adorateurs de tel ou tel Dieu partiel.

 

Cela veut dire que tant que le mythe de chaque identité partielle qui fait que le polythéisme (« les dieux ») est vivant, il y a une réalité divine qui est réelle dans le sens de Dieu vers l’homme (ce sont toutes les hiérarchies qui à la limite concerne chaque individu) mais qui pour Israël reste interdit dans le sens de l’homme vers Dieu. La définition de l’idolâtrie est précisément que chaque idolâtre s’adresse à ce visage particulier.

 

.../...

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 12:31

Pourim Cours 5 (1979)

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_5

Durée : 46,4 minutes
Face A

 

 

…/…

Ils n’ont pas de doute pour la prière pour la France mais pour la prière pour Erets Israël ! Je ne sais pas si vous réalisez ce monde de fous ! C’est une passion qui est en jeu, on ne peut pas discuter. Sion ou la passion ! 

 

On vous donnera les Sidourim de Yom Haatsmaout, vous verrez que la Rabanout Harashit a institué une fête religieuse pour elle-même avec un sidour spécial, une prière particulière pour Yom Haatsmaout. Et bien ce jour-là eux ne font rien du tout ! Pire, à Mea Shéarim ils prennent le deuil ! Pour eux c’est un jour de deuil ! Il y en a qui ont des yeux et qui ne voient pas. On n’y peut rien, c’est comme ça !

 

Texte de la Guémara 

 

Dans cette Guémara (Shabat 88a) on se réfère d’abord à un verset du chapitre 19.17 de Shémot sur le fait que le peuple s’est rassemblé au pied de la montagne.

וַיִּתְיַצְּבוּ, בְּתַחְתִּית הָהָר

et ils s'arrêtèrent au pied de la montagne.

Et le Midrash dans cette Guémara nous fait tout un raisonnement : pourquoi ce détail évident qu’ils se sont rassemblés « au pied de la montagne » ? Cela nous apprend que HaQadosh Baroukh Hou a soulevé la montagne au-dessus d’eux et leur a dit :

אם אתם מקבלים התורה מוטב ואם לאו שם תהא קבורתכם

« si vous acceptez la torah  c’est bien sinon ici sera votre tombeau ! »

 

Je vais vous citer seulement deux principes d’explications en m’appuyant sur le Maharal.

Le premier principe : (les termes ne sont pas ceux du Maharal ne vous trompez pas) que se passe-t’il dans cet événement de révélation ? Il se passe une éclipse de la liberté de l’homme. L’événement de révélation est en lui-même une contrainte qui supprime la liberté. Cela veut dire qu’à partir du moment où il y a dévoilement de l’évidence de la vérité, de n’importe quel ordre, on n’est plus libre. L’évidence porte en elle-même une contrainte absolue. Lorsque la vérité se dévoile, elle porte avec elle une évidence qui me contraint. En fait, je pourrais être libre de m’opposer à la vérité de l’évidence mais je ne suis pas libre de faire que l’évidence ne soit pas ce qu’elle est.

 

Exemple : Le concept de vérité a deux contraires. Le mensonge et l’erreur.

Ce sont deux opposés radicalement différents. L’erreur quand je me trompe sur la vérité et que je ne vois pas la vérité. Le mensonge quand je connais la vérité mais que je m’y oppose. Même devant l’évidence je peux toujours me conduire autrement que selon l’évidence. Bien que l’évidence me contraigne, je suis libre de me comporter dans l’ordre du mensonge. C’est le problème de la bonne foi. Tenir compte de l’évidence qui s’est imposée à moi. La liberté prend ici un visage très négatif. La liberté n’est plus que la liberté de se tromper. Parce qu’il y a un niveau inférieur de la liberté que l’on réclame comme une valeur alors que dans son contenu on voit très bien qu’elle a une dimension très négative.

Que signifie rester libre devant la vérité ? Cela signifie pouvoir mentir !

N’y-a-t’il pas dans cette réclamation de la liberté trop souvent le fait de réclamer d’être libre de se tormper ? Quelle en est alors la valeur ?

 

Ce premier niveau de liberté, le tsadik la refuse et demande qu’elle lui soit enlever car être libre signifie être libre de se tromper. Un tsadik ne veut pas se tromper. Si c’est parce qu’il est libre qu’il peut se tromper, mieux vaut ne pas être libre !

 

Un deuxième niveau de liberté qui est tout à fait autre et qui est la liberté du Créateur. Mais cette liberté du libre arbitre, d’être capable de choisir entre le bien et le mal, c’est une dimension provisoire de l’existence qui s’attache à nous tout le temps où nous sommes en épreuve. Pour que nous puissions être éprouvés, il faut que nous soyons libres, c’est-à-dire capable de se tromper. Mais à partir du moment où un tsadik a choisi l’option de la vérité, son choix d’option de la vérité implique le désir de ne plus être libre de pouvoir se conduire autrement.

 

Comprenez bien cela, même si nous arrivez pas encore à l’expérimenter, il faut un âge : le désir, le souhait du tsadik c’est de ne pas être libre. Parce qu’être libre signifie pouvoir se tromper. Alors la récompense du tsadik c’est qu’il n’est plus libre de se tromper. Et nous savons très bien que c’est le statut du Baal Teshouvah. La définition du Baal Teshouvah c’est qu’il ne peut plus refaire la même erreur. Il est immunisé. Cela vous donne un critère si vous réfléchissez à ce problème de la teshouvah. Dans telle éventualité de la faute, tant que je suis encore capable de la faire c’est que ma teshouvah n’est pas authentique. Le signe de la teshouvah authentique, c’est quand je ne suis plus capable de la faire : c’est-à-dire être privé de la liberté à ce niveau-là.

 

Vous verrez quand on apprendra cela, c’est la différence entre le statut de l’ange et le statut de l’homme. L’homme peut se tromper, c’est sa grandeur. L’ange ne peut pas se tromper, c’est sa grandeur. Il y a tout le cas particulier des anges de la chute mais c’est un autre problème. Au fond le souhait d’un tsadik c’est de devenir un ange si j’ose dire. C’est étrange d’être ange !

 

On est pas habituté à cette idée tant qu’on est au niveau de ce libre arbitre, et c’est très corrolaire de l’atmosphère de la culture humaniste occidentale que le titre de gloire de l’homme est d’être faillible avec la liberté de choix. Mais tant que j’ai la liberté de choix, il n‘y a que deux éventualités : choisir le bien ou choisir le mal. Le tsadik souhaite ne choisir que le bien, c’est-à-dire ne plus être libre de choisir le mal.

 

Il n’y a pas de doute que ce n’est pas par hasard que Dieu nous ait créé comme cela parce qu’il s’agit du temps de la mise à l’épreuve, et pour que la mise à l’épreuve soit authentique il faut que la liberté soit possible. 

 

Vous voyez que d’une certaine manière à la limite, il n’y a de faute vraiment que la faute d’un tsadik. Parce que la faute d’un rashâ c’est déjà autre chose. Ce n’est pas qu’il a fait une faute c’est qu’il est un rashâ ! Tandis que seul du tsadik on pourra dire qu’il a fauté !

 

De nouveau nous trouvons le même principe de la différence du jugement d’être et du jugement d’acte. Le tsadik est tsadik au niveau de son être. Et il peut avoir des fautes. Ce qu’il souhaite est de ne pas en avoir, mais la seule manière de ne pas en avoir c’est de ne plus être libre.

 

C’est la différence entre Be’hira et Deror. Deror c’est la liberté totale. On est au niveau d’un être qui ne peut que faire le bien et qui est libre de faire le bien. Tandis que la Bé’hira, le libre arbitre, c’est pouvoir choisir entre le bien et le mal. Ce niveau de la liberté pour la tradition juive est très inférieure. Nécessaire mais très inférieur.  

 

Q: Ce n’est pas toujours évident la vérité ?

R: Si nous parlons de l’évidence, quand une évidence porte en elle-même son éclairage d’évidence, il n’y a pas de place pour le doute. Par conséquent, cela veut dire que le doute n’est pas une dimension intellectuelle, c’est une dimension psychique qui vient des passions et ne vient pas de la connaissance, ce n’est pas au niveau du sekhel.

J’entend souvent cette question issu d’un raté de la conscience humaniste : étant donné que la liberté c’est la liberté de se tromper, le doute devient une vertu, et l’homme de culture est un homme capable de douter.  C’est tout le contraire, c’est évident ! Une conscience droite, de bonne foi, n’a qu’un seul souci c’est de sortir du doute.

 

Je vous fais une analyse très rapide de la philosophie de Descartes à ce sujet pour que vous compreniez à quel point effectivement. C’est Descartes qui a eu le mérite dans la philosophie de mettre en évidence que le doute vient de l’imagination et non pas de la pensée. L’imagination est la frontière entre la vie affective et la vie intellectuelle. Attention aux mots employés: la vigilance, la lucidité est une vertu. Ne pas prendre des vessies pour des lanternes… Mais le doute c’est autre chose. Derrière le doute se trouve plus un processus psychique qu’un processus intellectuel.

 

Q: Quoiqu’il en soit, quelque soit son origine l’imagination, les procédés psychiques… comment les faire taire ?

R: Par l’évidence, par la connaissance… mais il y a une vertu à dépasser le doute. C’est un comportement de l’ordre de la vertu qui seul peut s’opposer au doute. C’est ce qu’on appelle la capacité de foi. La capacité de émounah fait taire le doute. Devant la même évidence intellectuelle vous aurez un homme qui adhère et un homme qui n’adhère pas et qui doute.

J’essaie d’expliquer que bien sûr il y a un premier niveau où les arguments intellectuels sont très importants dans ce problème. Mais finalement, il y a un deuxième niveau où quelque soit les arguments de connaissance et les arguments intellectuels lorsque je dis affectif et psychique, de l’ordre des passions, c’est finalement que c’est un tempérament ! Cela va chercher au niveau des hormones !

 

Q : Les hormones c’est l’identité d’être ou alors ce qui est placé au-dessus de nous?

R : Non, cela veut dire que cela vient des niveaux inférieurs de notre identité. Vous savez très bien que l’état de santé du tonus affectif vient de l’état de l’équilibre chimique des hormones. Ne vous affolez pas, ne croyez pas que c’est du matérialisme c’est beaucoup plus profond que cela, nous sommes une entité psycho-somatique ! Le lien entre le psychisme et le corps. Finalement l’état du tonus affectif dépend de l’état chimique de nos hormones. C’est absolument évident. Chaque fois que vous avez des comportements chimiques qui se mêlent aux comportements intellectuels, il faut savoir que derrière il y a un « défaut » corporel (ce terme de défaut n’est pas scientifique, je récapitule ici énormément de choses que des savants vous diront de façon plus précise). C’est pourquoi si vous avez à vous occuper dans l’éducation de gosses ou d’adolescents qui ont des désordres psychiques, sachez que quelque soit l’aide que l’on peut leur donner au niveau affectif, au niveau de la psychothérapie verbale, il faut beaucoup d’amour pour s’occuper d’un handicapé psychique, ce n’est pas facile, mais premièrement il faut mettre en ordre l’équilibre chimique corporel. Premièrement, les pillules que donne le médecin passent d’abord !

Je vous dis cela parce que l’expérience montre que beaucoup d’éducateurs négligent ce problème. C’est une des nombreuses choses que j’ai appris du Professeur Baruch, qu’il y a d’abord une régularisation physico-chimique à faire. Après le travail de l’éducateur qui parle d’âme à âme est important. Mais il y a une base corprorelle à régulariser avant. Même si le déréglement corporel est la conséquence, et non la cause du déréglement psychique, cela ne fait rien : il en résulte qu’il y a un cercle vicieux, et le déréglement hormonal handicape le psychisme qui n’a à sa disposition qu’un corps détraqué. C’est donc d’abord le médecin du corps qui doit intervenir.

La médecine de ces choses-là est encore dans l’enfance. C’est un art qui s’est perdu dans l’humanité. Beaucoup de psychiatres ont des cas de consciences car ils ne savent pas comment cela marche. Empiriquement ils ont quelques recettes, mais ils ne savent pas pourquoi telle substance chimique agit mieux que telle autre…etc. C’est vraiment l’obscurité.     

Il y a un don empirique profond du psychologue qui réussit mais au nivau des concepts scientifiques c’est mystérieux, et personne ne sait comment cela marche. Cela ne veut pas dire que dans d’autres traditions il n’y ait pas cette science-là, mais dans l’humanité occidentale elle s’est perdue.  Et elle a existé jusqu’au moyen-âge. Mais elle s’est perdue.

Il y a des réussites absolument admirables de psychologues qui arrivent à sortir des gens des problèmes les plus compliqués, mais c’est parce qu’il ont un don empirique qui leur permet de comprendre en lisant sur le visage. C’est un autre problème. 

 

Seulement dans tous les cas, il faut savoir une chose, c’est qu’il ne faut pas négliger cet aspect. Il faut une régularisation corporelle d’abord. J’insiste, et cela peut vous paraître paradoxale qu’au nom de la torah je puisse vous dire des choses pareilles. Ce n’est pas du matérialisme, c’est le fait que si le corps n’est pas sain, l’esprit fonctionne mal. Et il y a des défauts psychiques qui viennent de défauts corporels. Il faut donc d’abord régulariser cela.

 

C’est également une prise de conscience nécessaire pour le patient : lui expliquer que c’est une maladie et que cela se soigne. Dès que le patient accepte les  médicaments c’est déjà ¾ du problème résolu. Il faut rassurer le malade en lui expliquant que c’est une maladie et que cela se soigne et lui  expliquer que si son psychisme est atteint ce n’est pas parce que son âme est mauvaise mais c’est parce que son corps fonctionne mal. Cela commence par là.

 

On a perdu la science de la fabrication des enfants. On ne sait plus comment fabriquer les gosses. Alors on fabrique des corps tordus, et après l’âme qui vient dedans est atteinte. Mais c’est le corps qu’il faut soigner d’abord.   

 

Q : Vous dites que le corps rend l’âme malade, je pensais que c’était le contraire.

R : Nakhon, cela fait un cercle vicieux. A partir du moment où l’âme a rendu le corps malade, alors à son tour c’est le corps qui rend l’âme malade. Bien sûr, il faut soigner l’âme, mais il faut aider en soignant le corps. L’objectif c’est de soigner l’âme. Bien sûr, si on est capable de vraiment soigner l’âme le corps suit, mais il y a une base se sécurité à prendre.

 

Q : Que penser des médecines comme l’acupuncture qui traite à la fois le corporel et le psychisme ?

R : Je ne me fais soigner que comme ça alors tu as une réponse. Je ne sais pas si cela traite vraiment le côté psychisme forcément mais c’est en tout cas une méthode beaucoup plus efficace peut-être que l’alopathie. Mais là aussi, il faut tomber sur un médecin compétent. Très souvent ce sont des médecins qui font des exercices sur le malade qui devient un cobaye parce qu’ils ne savent pas comment s’en sortir, alors ils tâtonnent… L’objectif de l’acupuncture c’est très exactement notre problème : remettre en ordre l’équilibre énergétique du corps suite à un désordre physico-chimique dans le corps.

 

Q. Peut-on alors penser que la différence entre le Rashâ et le Tsadik vienne d’une maladie au niveau  physique ?

R : C’est un des facteurs bien sûr ! Ce n’est pas que le Rashâ est malade corporellement, c’est que son corps n’est pas comme il devrait être. Un des objectifs principaux de la cacheroute c’est cela. Cela dépend de la nourriture. Même sans aller au niveau des maladies à proprement parler, la manière dont on se nourrit commande la vie spirituelle. On devient ce qu’on mange. Manger signifie faire rentrer en moi pour nourrir mon âme à travers mon corps. Arrivés à un certain âge, vous apprendrez que le corps peut se nourrir de très peu. Vraiment rien du tout au niveau des substances. Mais il faut nourrir l’âme. Raison pour laquelle à Shabat on est obligé de manger plus parce qu’on a une âme supplémentaire.

Tous les grands maitres l’ont expliqué : le goût de la nourriture de Shabbat est très important. C’est pourquoi traditionnellement on ne change pas le menu maternel qui doit continuer car aucun goût ne peut le remplacer.

 

…/… (coupure et reprise de l’enregistrement)

 

… cela peut paraitre étrange c’est que très souvent le doute ouvre des conduites psychiques de ce genre par rapport à l’évidence de vérité, la bonne foi de la santé de la conscience morale procède d’une certaine manière de l’être physique. Il y a des tempéraments comme ça.

 

Puisque je vous en parle ouvrons une parenthèse. Essayons d’admettre par hypothèse un certain nombre de choses que je n’ai pas le temps de vous expliquer : vraiment la destinée de chaque individu a un sens. C’est sérieux. Ce qui ressort de l’enseignement de la torah c’est que c’est une destinée dans laquelle nous sommes éprouvés quant à la qualité du mérite d’être de la neshamah.

 

Cela veut dire que si notre destinée a un sens et qu’elle a un sens du point de vue de l’histoire de notre neshamah et de l’histoire de sa destinée, alors il est bien évident qu’apparait cette idée que d’une certaine manière la vie terrestre est une sorte d’épreuve. Non dans le sens romantique de l’homme né pour les épreuves dans une vallée de larmes et de douleurs, mais dans le sens du test et de la mise à l’épreuve.

 

Une des manières qu’enseigne la kaballah et qui est importante : le monde dans lequel nous venons est un monde dans lequel nous apprenons un certain nombre de vertus. En particulier pour notre problème, la vertu fondamentale que nous devons acquérir et sur laquelle nous sommes en épreuve fondamentalement c’est d’apprendre à aimer. D’une certaine manière tout est mis dans le monde pour nous mettre en situation où nous devons réagir à cette question qui est l’essentielle de la Torah : es-tu capable d’aimer ton prochain ou pas ?

 

Le monde est une machine à nous apprendre à aimer. Plus vite on apprend à aimer et plus vite la neshamah atteint le bonheur d’être. Tant que c’est difficile, alors il y a les épreuves, les yissourim…

La vie se charge de nous corriger jusqu’à ce qu’on y arrive. C’est pourquoi l’obsession de la conscience humaine c’est l’amour et la haine. Ce n’est pas pour rien. Ce que je vous dis là est très ramassé mais c’est très important.

Chaque neshamah dans l’état où elle est a à progresser. A chaque naissance, une neshamah vient dans un corps. Mais nous savons par tradition (c’est 40 ans d’études) que la neshamah avant de venir dans une vie terrestre donnée choisit le type de destin auquel elle sera confrontée. Et par conséquent, ce destin est inscrit dans sa carte d’identité corporelle. Par conséquent, il est bien évident qu’il y a une sorte de relation entre la nature de cette neshamah et la nature de ce destin qu’elle prend en relai en venant dans tel corps. C’est très complexe pour chacun, il y a une constellation différente. Ensuite pour que l’épreuve soit authentique et juste, on oublie. Et il y a des règles : première vertu qui consiste à accepter son corps et à l’accepter vraiment. Alors que c’est celui qu’on a choisi mais on ne le savait pas parce qu’on a oublié.

Remarquez cela qu’au niveau des crises de l’adolescence très souvent cela porte essentiellement là-dessus. On est mal dans sa peau. Cela veut dire qu’on n’accepte pas son corps. Et c’est relié au problème du respect des parents. Alors on en veut aux parents. Parce qu’effectivement, le corps vient des parents. Voyez toutes les vertus qu’il y a à acquérir. C’est pour dire ceci : il y a un goral de chacun qui s’inscrit dans son corps. Par conséquent, il n’y a pas d’injustice si telle âme hérite d’un tel corps suffisamment tordu pour lui faire des tsaarot : c’est ce corps que cette neshamah a choisi parce qu’elle sait très bien que c’est à travers ce genre de problème qu’elle va s’améliorer, alors elle a choisi le problème qui lui correspond.

 

Les mots sont simples mais cela renvoie à des réalités spirituelles énormes. Beaucoup de choses s’organisent autour de cette notion-là. Là commencent des choses qui nous échappent totalement. Par exemple, le fait qu’il y ait tel défaut dans le corps vient en punition de ce qui a été fait par cette âme dans une vie antérieure. C’est à la fois moyen d’expiation et moyen d’amélioration. Au fond toutes ces choses dont je vous parle étaient spontanées et naturelles à la conscience humaine. C’étaient des choses qui allaient de soi. On savait très bien que la vie c’est ça. On l’a oublié et on l’a perdu.           

 

Vous voyez ce qui se passe : il y a une sorte de déterminisme absolu de ce qui se passe dans le corps. C’est un goral. Ceci dit, c’est le point de départ des données à résoudre. Le mérite de la neshamah peut faire qu’elle devienne vraiment maitresse de son corps et qu’elle l’améliore et se libére à travers ses conditionnements et libére ces conditionnements-là. Mais à priori, il n’y a pas d’injustice c’est le type de problème que cette neshamah a choisi elle-même parce que c’est cela qu’elle avait à résoudre dans le stade de son évolution.

 

Oubliez les mots et gardez l’idée.

 

Q : Est-ce qu’on peut parler d’une neshamah bonne ou mauvaise ?

R : On peut parler d’un niveau dans l’échelle des valeurs. Il y a des neshamot plus ou moins hautes, plus ou moins avancées, plus ou moins dans leur tiqoun. Pour celles au niveau le plus inférieur, le plus grossier, la tendance au mal est plus grande que la tendance au bien. Au fur et à mesure de l’évolution du tiqoun la tendance au bien domine et en haut, en haut, en haut, c’est lumineux, transfiguré…etc.      

 

Q : Tout ce qui m’arrive je l’ai choisi ?            

R : Non, ce qui est choisi c’est ma destinée, c’est-à-dire un type d’identité. Mais il n’y a pas de fatalité dans le détail des événements. J’ai choisi un faisceau de tendances. Les tendances c’est le miennes. C’est la différence entre la foi éclairée et la conception de la fatalité. Ce n’est pas qu’elles m’aient été imposées. C’est moi qui choisit. Finalement, mon âme a choisi ce corps-là parmi d’autres possibilités mais toutes analogues. Finalement, on vient dans la famille de son choix. En sachant très bien que c’est un problème énorme qu’on va prendre sur soi. On va s’insérer dans une histoire parce que c’est cette histoire qui correspond au stade d’évolution où la neshamah est arrivée. Pour retrouver la confiance et l’optimisme, il faut d’abord se rappeler de cela : chacun a choisi lui-même sa destinée parce qu’elle est conforme au stade de son évolution.

 

Q : Donc on peut décider le moment auquel on nait ?

R : Baroukh, parce que pour que ce soit tel destin il faut que ce soit tel moment dans le zodiaque, tel moment de la constellation du monde, puisque c’est ce moment-là qui donne la destinée.

 

Q : Donc on est en rapport avec une constellation ?

R : Baroukh, bien sûr, mais la grande différence avec la religion païenne c’est que la religiosité pour les païens c’est de s’asservir à cela, alors que pour la Torah c’est d’être en tension avec cet horoscope pour le briser et le démolir, pour l’améliorer. C’est tout le contraire ! On a une arme contre cette détermination, ce sont les mitsvot. Et si on ne pratique pas les mitsvot alors on devient l’être naturel de ce goral-là !

 

Q: Cela signifie que le vrai ‘Hassid est imperméable à la maladie ?

R: Idéalement oui. Le verset dit : « Ki Ani Hashem Rofekha ! » C’est dire que quelqu’un qui se conduit de façon idéale selon la torah ne connait pas la maladie. Nous ne vivons pas dans ce cas car nous vivons à une étape des générations de l’histoire du monde complétement détraquée. Il n’en reste pas moins que la neshamah sait tout ce qui la concerne, mais la conscience de la personne qui a cette neshamah l’oublie complétement. Cela est redonné en fonction du mérite. En fonction du mérite, du fond de l’inconscient, viennent ces choses-là, et de plus en plus, on sait qui on est. Alors on est rassuré, il n’y a plus cet affolement de la mentalité magique, on sait très bien que c’est moi qui suis moi et pas quelqu’un d’autre. C’est là que commence la régularisation de la foi si vous voulez. Et le problème c’est de faire le tiqoun qu’il faut faire. Par exemple, dans telle vie terrestre on a à faire le tiqoun sur telle mitsvah, et on est alors en examen sur telle mitsvah. Dès que c’est réussi, c’est acquis et intégré, on passe à un niveau supérieur…etc.

 

Q : Est-ce qu’on doit avoir la connaissance du Tiqoun qu’on doit faire ?   

R : Normalement, on doit l’avoir, on vit dans un temps que la tradition nomme « l’âge noir ». On est dans un temps d’oubli. Mais le maitre compétent connait le tiqoun que son talmid doit faire. 

 

Q : Meurt-on une fois accompli le tiqoun qu’on devait faire ?

R : Non, on meurt au moment où il faut mourir. Si, grâce à Dieu, on a accompli le tiqoun c’est bien, on passe à un niveau supérieur. Sinon, on revient pour refaire le même examen.

 

Q : C’est toujours pour un tiqoun ?

R : C’est toujours pour un tiqoun, d’ailleurs depuis la destruction du temple toutes les neshamot, sauf de rares exceptions, sont des neshamot en guilgoul, qui reviennent achever leur tiqoun. Remarquez que tout ce qui s’est passé à la génération de la sortie d’Egypte nous le revivons dans un autre style ! Nous sommes ces neshamot-là ! Sous quel style, peu importe, il ne faut pas se casser la tête avec cela. Mais il est évident que c’est cela. Une sorte de rejeu dans l’histoire de la génération de la sortie d’Egypte. Alors tous les personnages dont la Torah nous parle sont présents, camouflés. Seuls ceux qui savent qui est qui le savent. Mais il n’est pas nécessaire de le savoir parce que ce qu’il faut c’est réussir le problème. Et nous sommes maintenant dans l’occurrence où on le réussira qu’on le veuille ou pas ! Habituez-vous à cette idée-là. C’est fini, on est arrivé à la fin de la loi des temps. Par conséquent, c’est ce même problème, et on le réussira qu’on le veuille ou pas. 

 

Q: Tiqoun dans quel sens ?

R: Je ne suis pas entré dans le problème de ce contenu-là on verra plus tard. Cela veut dire que la neshamah doit acquérir le mérite d’être par elle-même. Elle est créée, donnée à elle-même, en cadeau. Toute la vie dans le monde c’est la mise à l’épreuve de mériter par soi-même ce que Dieu nous a donné en nous créant. C’est ce qu’on appelle le Tiqoun. Si nous étions normaux, le temps d’une durée de vie, 70 ans suffiraient pour acquérir le niveau de toutes les vertus. Comme nous ne sommes pas normaux la difficulté est divisée. Parfois à l’échelle infinitésimale. Et puis à chaque vie on a un tiquoun à faire mais on ne sait pas lequel. Raison pour laquelle il faut être scupuleux sur toutes les mitsvot. Remarquez que pour chaque homme telle vertu est très facile, telle autre est très difficile. Et ce n’est pas la même. On n’est pas au même stade du tiqoun.

 

Q: Vous disiez qu’on savait mais maintenant on ne sait plus ?

R: Oui, mais on a oublié !

 

Q: Cela veut dire que notre neshamah depuis le don de la Torah n’a pas réussi à accomplir son tiqoun ?

R: Exactement ! Sinon nous ne serions pas sur terre !  Alors il y a des neshamaot qui ont complétement accompli leur tiqoun mais qui viennent aider les autres. Ils se déguisent en juifs alors qu’ils sont déjà à un niveau… 

 

Q: Et ils le savent ?    

R: Ce n’est pas nécessaire qu’ils le savent. Ne vous posez pas ces questions-là.

 

Q: Le moi ?

R: La manière d’être homme que je suis. Elle est géniale pour elle-même et irremplaçable par un autre. C’est le cas de chacun qui est un génie pour lui-même. C’est son moi, son ANI. Chacun a premièrement ce premier problème de s’accepter soi-même.

Au fond, nous avons choisi notre destinée terrestre mais on l’a oublié. Et alors la première difficulté est de s’accepter soi-même, d’être bien dans sa peau comme on dit.

 

Q: Comment s’accepter soi-même si on se reconnait à soi-même certains défauts ?

R: C’est cela le problème à résoudre. Savoir que je commence cette destinée avec ces défauts qui sont moi, et donc il faut que je m’améliore sur tel et tel point. C’est ce problème-là. En général c’est une crise qu’on a à l’adolescence qui dure quelques mois. Si cela s’installe et se cristallise, alors il faut un tiqoun. C’est anormal que cela dure très longtemps, cela fait partie des crises de l’adolescence. On devient adulte et on sait qu’on devient adulte pour toute sa vie comme ça ! Celui-là et pas quelqu’un d’autre. Et on aurait préféré être autre, mieux. Il y a un manque d’humilité et un orgueil épouvantable, jusqu’à ce qu’on rencontre cette phrase simple : c’est moi qui suis moi… et je commence. Bien sûr, l’objectif n’est pas de s’asservir à cela mais de le dépasser et de s’améliorer.

 

Q : Il n’y avait que 600 000 âmes au moment du don de la Torah ?

R : Il y a toujours 600 000 âmes distribuées dans le nombre de juifs qu’il y a.

Ne croyez pas que chacun ait une âme toute entière. Il y a quelqu’un d’autre qui se ballade dans le monde qui a une partie de mon âme. Et quand je le rencontre je lui dit : « ah tu en es toi aussi ? »

Et pour une neshamah, il peut y avoir des milliers d’individus qui se la partage. Et en fin de compte la Neshamah d’Israël ce sont tous les Juifs à la fois. Mais pour l’humanité c’est la même chose c’est une seule Neshamah, celle de Adam Harishone toute entière. Et elle revient en jeu et en rejeu… à travers toutes les existences.

 

Rappelez-vous, si vous pensez à ces choses-là, que je vous en ai parlé avec le sourire, décontracté. Il ne faut pas s’affoler ! Et après que j’ai appris cela j’ai encore eu des enfants, n’ayez par peur ! Cela veut dire que tout cela est normal, il ne faut pas s’affoler. Nous vivons dans un temps de civilisation où nous sommes complétement artificialisés par rapport aux vrais problèmes traditionnels.

 

Vous comprenez pourquoi il y a inégalité spirituelle des hommes. La notion d’égalité spirituelle est fausse. Chacun est à un stade x de son évolution spirituelle et personne n’est jamais au même niveau. Ce qu’on appelle un ‘haver, ce sont deux personnes qui sont à peu près au même niveau. Alors ils sont ‘havérim et peuvent s’aider. Et tout le problème de l’amour entre l’homme et la femme, et la femme et l’homme, se rattache à cette question.

 

Je vous l’explique sous forme poétique :

Au fond, dans le monde où je vis, il manque quelqu’un ! Qui ? Moi ! Il y a tout le monde dans le monde sauf moi ! Et c’est vrai pour chacun. Par exemple, je suis le seul être au monde qui ne pourra jamais être élève de Mayanot, et je sais que cela me manque. Chaque fois qu’on me parle des cours de Manitou, je ne sais pas ce que c’est ! Cela peut vous paraitre bizarre mais je suis la seule personne à ne pas savoir de quoi il s’agit. Cela veut dire : dans mon monde à moi, il manque quelqu’un : c’est moi ! Alors, pour chacun c’est le même problème. A la recherche de ce moi qui manque dans son monde. Quand on le rencontre c’est cela la femme pour le mari et le mari pour la femme. Je me suis rencontré. C’est là que le bonheur commence. Pourquoi ? Parce que le monde n’est plus dépeuplé. Lamartine : « Un seul être nous manque et le monde est dépeuplé ». On peut ajouter le commentaire : qui est cet être ? moi-même !

Parce que quand un homme dit à une femme ou réciproquement qu’il l’aime, que veut-il dire ?

Il lui dit : tu es moi ! Si on n’arrive pas à ce niveau, ce n’est pas de l’amour, c’est tout à fait autre chose. Des jouissances x ou y. Mais ce n’est que lorsqu’on se reconnait qu’on peut dire je t’aime,  tu es moi. C’est toi moi, et c’est moi toi, et l’amour commence…   

 

Q : C’est de l’égoïsme aussi ? c’est moi que j’aime avec toi ?

R : C’est plus profond que cela. Tant que cela n’arrive pas là, l’autre n’est pas sûr de la manière dont tu l’aimes. Si ma destinée n’est pas en jeu dans l’amour que j’ai pour ma femme, alors elle ne peut pas être sûre que je l’aime vraiment. Et réciproquement.

Les juifs ont deux ennemis : les goyim et l’égoïsme. Dehors et dedans. Faire attention à l’égo. C’est l’obstacle. J’ai lu chez les poètes mystiques persans, le plus beau poème jamais écrit dans l’histoire  littéraire humaine. Un seul mot dans toute une page d’un poème où un homme dit à une femme « tu es mon cœur ». C’est cela l’amour. Il n’y en a pas d’autre.

On pourrait dire un autre mot « mon âme », « ma vie ». Mais c’est ça. Tant qu’on ne s’est pas rencontré à ce niveau-là, c’est qu’on parle d’autre chose.

 

Ce que je voulais dire, c’est qu’il faut se rassurer. C’est bien soi qui est soi pour chacun et cela commence avec ce relai que l’on prend avec sa propre histoire qui commence depuis le premier homme jusqu’à la fin. Nous avons tous existé d’une certaine manière ou d’une autre dans l’âme du premier homme. Et c’est cette neshamah-là qui est en cours d’histoire jusqu’au moment où elle achève son Tiqoun.

 

…/…  

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Published by Rav Léon Askénazy - dans CALENDRIER & FÊTES
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