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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 20:14

Parashat Pinhas 1993 Suite & fin

Pinhas - série 1993 : cliquer sur Face B


par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi

.../...

 

[Deut. 4:12]

וּתְמוּנָה אֵינְכֶם רֹאִים זוּלָתִי קוֹל

Au Sinaï... « vous n’avez vu aucune représentation uniquement la voix »

Cependant, il faut savoir qu’il y les 2 méthodes de la connaissance. Par l’écoute, l’entendement : j’ai compris parce que quelqu’un m’a expliqué de quoi il s’agit. C’est la connaissance par l’entendement. Comprendre ce que les autres voient si j’ose dire. Et la connaissance par la vision.

 

Du point de vue de la Halakha, au niveau du témoignage, le témoignage d’un témoin qui a vu est plus fort que le témoignage du témoin qui a entendu et répète ce que quelqu’un d’autre a vu.

 

Pour la tradition juive, la méthode de connaissance par l’écoute, l’entendement c’est-à-dire par l’étude où l’on entend de quelqu’un qui explique ce que cela veut dire, la compréhension est supérieure à la vision.

 

Pour la Halakha cependant, un témoin qui peut dire « j’ai vu » est plus fort qu’un témoin qui peut dire « j’ai entendu ». (Quelqu’un m’a dit).

Le principe de la Halakah c’est guedolah reyiah nishmiyah  Celui qui a vu est plus grand que celui qui a entendu

 

Je l’expliquerai par l’analyse suivante :

L’expression qui invite à la connaissance dans le Talmud et l’expression qui invite à la connaissance dans le Zohar sont différentes.

 

Dans le Talmud : Tashemâ  « viens écouter »,  dans le Zohar Ta’hazé « viens voir ».

L’ordre c’est d’abord le Talmud et ensuite le Zohar.

 

L’objet du Talmud c’est « Tashemâ » : ce que vous avez vu au Sinaï, venez écouter ce que cela veut dire. Parce qu’au Sinaï l’invitation était à la vision « on t’a fait voir pour que tu saches » et de suite on prévient : « vous n’avez rien vu ! vous avez entendu ! »

 

Talmud : Venez d’abord comprendre ce que vous avez vous, et après que vous avez compris, le Zohar : venez voir ce que vous avez compris. Parce que celui qui voit avant de comprendre vois forcément une idole. 

 

Voici la raison pour laquelle la Shemiyah l’écoute est privilégiée dans l’étude à la Reyiah mais l’objectif c’est la Réyiah. Effectivement, les idolâtres voient sans comprendre.

Voir avant de savoir c’est cela l’idolâtrie.

Vous avez compris ou vous avez vu ?

 

Le Gaon de Vilna a dit avant sa mort : j’ai tout compris dans la Torah sauf 4 choses.

D’autre part, il avait dit dans le Talmud c’est toujours TaShémâ mais il y a 4 fois Ta’hazé

Et dans le Zohar c’est toujours Ta’hazé mais il y a 4 fois Tashémâ.

C’est peut être la même chose.

Si vous avez du temps essayez d’étudier ces choses-là

Essayer de comprendre ce qu’a voulu dire le Gaon de Vilna par « j’ai tout compris dans la Torah sauf 4 choses », essayez de tout comprendre sauf 4 choses. Et vous rencontrerez les 4 choses du Zohar et du Talmud...  

 

Je résume :

 

La connaissance d’après la tradition juive, c’est l’étude de quelqu’un avec quelqu’un. A l’origine quelqu’un a vu, mais depuis on dit ce qui a été vu. Et si on ne sait pas la compréhension par l’écoute et que l’on est appelé à voir, c’est les catastrophes de la mystique d’ignorants, lorsqu’ils voient sans savoir.

 

Il y a énormément de gens qui voient, et qui en sont capables, mais beaucoup finissent dans les asiles par manque d’écoute avant de voir pour savoir ce qu’ils voient.

 

C’est ce qui est arrivé à la civilisation chrétienne devenant idolâtre dans le sens de culte des idoles  tout en sachant que les idoles devaient être des palliers pour la compréhension de quelque chose qui les dépasse et qu’ils appellent « spirituel » ; mais ils n’arrivent pas à se détacher des images. C’est une civilisation de la vision qui a privilégié l’imaginaire visuel. Alors que l’esprit et la force spirituelle dans la tradition juive c’est l’imagination acoustique, acousmatique. C’est l’imagination par la compréhension. Un juif comprend, là où un Goï voit.

 

C’est important de comprendre cette différence. 

 

Parce que Yitro a entendu a compris alors il a rejoint la vérité. Parce que Balak a vu alors il a voulu réagir au niveau de l’imaginaire.

 

Je ne condamne pas l’imaginaire visuel. Pas du tout. Mais rares sont ceux qui, ayant fini d’écouter sont appelés à voir. Mais ils ne parlent pas de ce qu’ils ont vu. Ils ne parlent de ce qu’ils ont vu qu’à ceux qui sont capables d’écouter tout ce qu’ils peuvent écouter d’abord.

 

Consigne thérapeutique : ceux qui ont un tempérament mystique sont en danger psychique car cela frôle la folie. Ce n’est pas n’importe qui qui peut se permettre d’être fou. J’ai souvent eu des élèves au tempérament mystique, je l’ai ai envoyé dans des écoles talmudiques stam.

 

Jéthro méritait d’être le modèle de quelqu’un qui a compris ayant écouté.

C’est un des thèmes de la Parashah :

« Qu’a t’il compris ? »  demande le Talmud. Le Talmud répond...

« Qu’a vu Balak ? » le Talmud répond...

 

Q : Comment expliquer « royim et haqolot » ?

R : J’ouvre une parenthèse. Bonne question. Il y a les 2 fonctions.

Au Sinaï il y a identification des 2 fonctions : Ce que normalement on comprend par l’écoute, ils l’ont compris par la vue. Mais c’est au Sinaï.

Je le tiens de mon maître Rabi Abraham Epsteïn fils du professeur de Talmud de Rav Tsvi Yéhoudah Kook le fils du Rav Abraham Kook. J’ai eu beaucoup de privilèges avec les fils des pères qui ont été mes maîtres. Il était le Rosh Yeshivah de la Yeshivah du Rav Aviner. C’est cette Yeshivah d’où tout repartira.

Rav Lévi Na’hmani enseigne aussi beaucoup de ce point de vue là: Pour lui, Jacob c’est l’écoute et Esaü c’est la vision. Effectivement, on voit la bifurcation qu’il y a.

 

A retenir, l’ordre de l’enseignement : on étudie par l’écoute avec quelqu’un qui a vu. Après seulement on est amené à voir.

 

C’est pourquoi les maîtres des talmudistes sont des kabalistes. Et après avoir été l’élève d’un talmudiste, on devient kabaliste. Le commandement d’étudier la Qabalah c’est pour les maîtres. Pour les élèves, le commandement c’est d’étudier le Talmud.

 

On arrive au 3ème personnage qui est Pin’has.

C’est Pin’has qui va faire le lien entre Yitro et Balak 

 

Rashi (Pin’has 25 :11) cite une Guémara qui se trouve 2 fois, en Sanhédrin et en Sota :

Rashi sur le problème de la filiation de Pin’has jusqu’à Aharon qui ne s’arrête pas Pin’has Ben Eleazar et nous savons que Eléazar était le fils d’Aharon ? Parce que les chefs de tribus le tournaient en dérision :

 

« Avez-vous vu ce fils de Pouti celui dont le père de la mère avait préparé les veaux des sacifices idolâtres, celui-là se permet de tuer un prince des tribus d’Israël ? »

 

C’est pourquoi la filiation remonte à Aharon son grand-père car l’autre grand-père c’est la lignée d’un certain Pouti.

 

Un autre verset du livre de Shmot chapitre 6 verset 25

 

וְאֶלְעָזָר בֶּן-אַהֲרֹן לָקַח-לוֹ מִבְּנוֹת פּוּטִיאֵל, לוֹ לְאִשָּׁה, וַתֵּלֶד לוֹ, אֶת-פִּינְחָס; אֵלֶּה, רָאשֵׁי אֲבוֹת הַלְוִיִּם--לְמִשְׁפְּחֹתָם

Ve'Elazar ben-Aharon laka’h-lo

mibenot Putiel lo le'ishah

vateled lo et-Pinchas

eleh rashey avot haLevi'im lemishpechotam.

« Eleazar fils d’Aharon a pris

comme femme une des filles de Poutiel pour lui

 et elle lui enfanta Pin’has... »

 

je vous lis une référence sur ce verset de Shmot qui se trouve dans Baba Qama 101b :

sur l’expression des filles de Poutiel la Guemara dit :

 

Mah Hi Poutiel ? Yossef !

Que signifie Poutiel ?1ère réponse Joseph.

et pour quelle raison son nom est appelé Poutiel ?

she pit pet beyitsro

car il bavardait - lepatpet (jeu de mot hébreu Pouti) avec son instinct

Il était complaisant avec son instinct et faillit tomber entre les mains de la femme de Poutifar

 

Vous voyez la racine qui est mise en évidence :

Poutiel soit c’est celui qui a une faiblesse vis-à-vis de son instinct..., soit c’est celui qui a une faiblesse pour l’idolâtrie... et là c’est Jéthro avant sa conversion.

 

Cela veut dire qu’on lui donne une ascendance par Aharon pour contrebalancer le motif de mépris que pouvait avoir ces adversaires vis-à-vis de son autre ascendance par Yitro.

 

C’est pourquoi Rashi conserve l’explication du Midrash sur Jéthro. Le Torah Teminah qui explique les sources du Midrash dans la Guémara nous dit : étant donné que Poutiel est un nom que l’on ne sait pas affilier dans les généalogies bibliques, c’est la seule fois dans ce verset qu’il est indiqué, alors les rabbins du Talmud nous ont donné une signification d’identité plus qu’une généalogie à proprement parler.

 

Cela veut dire que Pin’has par cette ascendance qui est positive possède cette capacité, qu’il tient de Yitro, de pouvoir s’opposer à cette stratégie de Balak.

 

Il y a certains personnages dont on pourrait se demande pourquoi la Torah a décidé de les mettre en évidence au point que la tradition retient leur nom comme titre d’une Parashah.

 

Deuxième explication donnée par Rashi :

Beqano elkinati

Rashi lit autrement en comprenant :

 

  « il a vengé ma vengeance », il a lui été pris de la « sainte » colère que j’avais moi à être en colère. Le sens de Qinah que l’ont traduit par jalousie c’est celui qui entre en compétition pour une vengeance. 

 

Ce n’est pas une haine de rivalité contre Zimri ben Salou mais il a été pris du zèle pour venger la vengeance de Dieu qui est en question dans cet épisode.

 

Dieu a sucité un peuple qui a été capable grâce aux engendremeents et à la loi qui préside à ces engendrements qui est le véhicule de l’identité hébraïque des premiers hébreux et qui est à part du reste de l’humanité. C’est Son peuple dans Son humanité.

 

Et voilà que Balak et les Moabites réussissent à faire que des princes d’Israël dénaturent cette mise à part de sainteté. Alors Pin’has va lui prendre cette initiative de cette intégrité de l’identité d’Israël que Dieu avait réclamé.

 

Depuis le début de l’histoire, l’honneur de Dieu ayant choisi Israël dépend de la conduite d’Israël.

Voilà ce qui se passe là : C’est Pin’has qui sauve ici cet honneur.

 

Le 1er Midrash qu’il enseigne à propos d’Abraham : lorsque Dieu s’adresse à Abraham et lui demande de ‘faire monter’ Isaac :  prend donc « na » je t’en prie. Ce na: zeh lashon bevakashah.

Le Midrash explique : prouve-leur que tu es aussi religieux qu’eux : c’est leur manière d’être religieux et ils t’accusent de ne pas être religieux parce que tu ne l’es pas à leur manière, et bien prouve-leur ! C’est cette preuve qu’il faut que tu fasses. Sinon on M’accusera (les archanges des nations accuseront Dieu) d’être partial.

 

Effectivement, c’est ce que les Goyim disent : « C’est arbitraire ! »

Le choix d’Israël n’est pas arbitraire du tout : prouve-leur que ce n’est pas arbitraire. Et que le plaidoyer des nations accusant Israël de débauche ne tient pas...

 

Et c’est grâce à Pin’has.

 

Dans le Midrash concernant Abraham et dans ceux de la sortie d’Egypte : l’ange de l’Egypte intervient pour monter que ce sont des idolâtres comme les Egyptiens...

 

A vue humaine on ne voit pas la différence entre les Juifs et les autres hommes, il n’y a que Dieu qui voit les différences. Et si nous n’avions pas la Bible pour en attester personne ne verrait cette différence. De temps à autres de grands hommes, même sans avoir lu la Bible, se rendent compte, qu’il y a quelque chose d’autre. Il y a des livres Goyim qui paraissent sur les Juifs qui mettent en évidence que les Juifs sont à part. Il y a simplement le regard de Dieu qui sait la différence. Il n’y a que ceux qui ont intériorisé l’étude de ce que la Torah raconte de l’histoire de ce peuple depuis les origines jusqu’à la fin des temps, qui peut comprendre qu’il y a effectivement une différence.

 

A vue, à perception soi-disant objective de l’extérieur, est-ce qu’il y a différence entre des moeurs de corruption ministérielle en Israël et en France ? Il ne semble pas y avoir de différence et pourtant en Israël les ministres ne se suicident pas...

 

Pinhas va avoir le privilège de la prêtrise qui était réservée aux enfants d’Aharon avant la naissance de Pin’has et la lignée de Pin’has va être adjointe à la lignée des enfants d’Aharon.

 

Rashi

Verset 13

וְהָיְתָה לּוֹ וּלְזַרְעוֹ אַחֲרָיו, בְּרִית כְּהֻנַּת עוֹלָם--תַּחַת, אֲשֶׁר קִנֵּא לֵאלֹהָיו, וַיְכַפֵּר, עַל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Vehayetah lo ulezar'o acharav brit kehunat olam tachat

asher kine l'Elohav vayekhaper al-beney Yisra'el.

Et cette alliance de paix sera pour lui et pour sa postérité aprés lui [comme pour Aharon]

(parce qu'il a pris parti pour son Dieu et procuré expiation aux enfants d'Israël)."

 

C’est-à-dire qui est le garant de la paix, qui posséde l’alliance de la paix ? Celui qui est capable du zèle de sauver l’identité d’Israël !

 

alliance de prêtrise éternelle en échange du fait qu’il a eu le zèle pour son Dieu

 

Rashi sur léElohav

Il a déjà expliqué le mot de Qiné, et maintenant il explique le Lamed de Elokha

Il a été pris de Qina « pour » son Dieu

Rashi cite 2 exemples de la même expression avec Lamed:

 

לֵאלֹהָיו, pour le bien de son Dieu, comme dans (11:29), "Es-tu jaloux à cause de moi (לִי)?" (Zacharie 8:2): «Je suis zélé pour Sion (לְצִיּוֹן)"-pour le souci de Sion.

 

-  Dans Bemidbar à propos de la scène où Josué vient dire à Moïse : Eldad et Medad prophétisent dans le camp, et Moïse lui répond est-ce que tu te fais zélé pour moi (am kané at ali) et surprise Rashi cite un 2ème verset avec l’expression :

-  Dans Zakarie : Veqinati litsion et mon zèle est pour Sion

 

Avait-on besoin de ces réfèrences ?

Rashi veut mettre en évidence le fait que si Israël a réalisé la mission de Moïse sorti d’Egypte pour entrer en Erets Israël c’est grâce à Pin’has. am kané at li – Moïse - Veqinati litsion

Pour nous expliquer qu’il faut un Lamed après Qinah dans l’expression, Rashi faisant de la grammaire se dévoile sioniste.

 

C’était la 2ème chose que je voulais vous signaler.

 

*****

Question : (?) inaudible

Réponse : Au chapitre 10 verset 35-36

Je n’expliquerais pas le Noun renversé, mais dans les récit des différentes pérégrinations, dans la marche au désert, subitement le récit s’interrompt par 2 versets celui des 2 nounim renversés, les 2 versets que l’on lit en ouvrant et refermant le Heikhal à la lecture de la Torah)

 

10 :35

וַיְהִי בִּנְסֹעַ הָאָרֹן, וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה:  קוּמָה יְהוָה, וְיָפֻצוּ אֹיְבֶיךָ, וְיָנֻסוּ מְשַׂנְאֶיךָ, מִפָּנֶיךָ

Vayehi binsoa ha'aron

vayomer Moshe kumah Adonay

veyafutsu oyeveykha

veyanusu mesan'eykha mipaneykha

« Et il arriva lorsque l’arche décampait,

Mosheh disait lève-toi Hashem et que tes ennemis se dispersent

et que s’enfuient ceux qui te haïssent de devant Toi.

10 :36

וּבְנֻחֹה, יֹאמַר:  שׁוּבָה יְהוָה, רִבְבוֹת אַלְפֵי יִשְׂרָאֵל.

Uvenuchoh yomar

shuvah Adonay rivavot alfey Yisra'el

Lorsque (l’arche) résidait, il disait :

reviens Hashem les myriades des milliers d’Israël »

 

Ce sont deux versets difficiles, une Guémara dans Shabat dit que ces 2 versets doivent être considérés comme un Sefer Torah pour lui-même. Il y a 85 lettres dans ces versets et la Guemara établit : quand toutes les lettres sont effacées et qu’il en reste 85, cela reste un Sefer Torah digne de Kavod pour un certain nombre de régles : en particulier en cas d’incendie pendant Shabat.

 

Il y aurait donc 7 Sifrei Torah:

Bereshit

Shmot

-  Vayiqra

-  le début de Bamidbar

-  les deux versets de Vayehi binsoa ha'aron

-  la fin de Bamidbar

-  Devarim

 

C’est une thèse de la Guemara qui n’est pas retenue qu’il n’y a pas 5 mais 7 Sifrei Torah.

 

Ceci se relie à une autre Guemara qui enseigne que Mosheh était capable de 3 types de prophéties : la sienne, celle de Bilaam et celle de Jéthro.

Comment l’apprend-on ?

 

Par le fait que dans la Torah se trouve la prophétie de Bilaam cité par Moïse et par le fait qu’il soit beau-fils de Jéthro. Moïse était capable de la vertu et de la force que représente ces 3 personnages.

Moïse était capable de ces 3 capacités Jéthro, Job et Bilaam.

 

Midrash : Lorsque Moïse était enfant et que le Pharaon l’avait adopté et l’avait pris sur ses genoux, Moïse jouant lui fit tomber sa couronne par terre. Paro a appelé ses mages pour en avoir la signification. Réponse: un enfant te détrônera. C’est la raison pour laquelle il avait décidé de tuer tous les mâles égyptiens ou hébreux. Les égyptiens se sont révoltés et le décret n’a plus concerné que les hébreux.

 

Autre Midrash : lorsque cela s’est passé il y avait 3 sages de la cour de Pharaon, Yitro, Bilaam et Job qui ont donné trois réponses différentes d’où leur sort qui ont été différents.

 

-  Jéthro a dit : si cet enfant vient de Dieu tu ne peux rien contre lui. C’est la raison pour laquelle dit la Guemara, ses descendants seront à la Knesset. Il y a effectivement des Druzes à la Knesset, ils ne descendent pas directement de Jéthro mais le reconnaissent comme prophète.

 

-  Bilaam a dit : « il faut les tuer » et il a été mis à mort.

 

-  Job s’est tu alors il a souffert.

 

C’est un Midrash important : le profil d’identité de ces 3 sagesses lorsqu’elle sont séparées d’elles-mêmes ont une destinée différentes :

 

-  Bilaam c’est la religion qui n’est que religion, Bilaam c’est le Jésuite,

-  Jéthro c’est la vie sociale, c’est lui qui institue les lois concernant l’organisation des sociétés. Jéthro c’est le socialiste.

-  Job c’est l’existentialiste.

 

Il a ces trois sagesses radicalement différentes à la cour du Pharaon.

 

Moïse étant capable de ces 3 capacités :

 

-  Le rapport entre l’homme et lui-même =>Job tout seul

-  Le rapport entre l’homme et Dieu => Bilaam tout seul

-  Le rapport entre l’homme et autrui => Jéthro tout seul

 

Moïse étant capable des trois a reçu la Torah.

 

Jéthro servait de guide de Moré Derekh dans les pérégrinations du désert.

(Vous avez remarqué que les Gashashim sont tous des Druzes ou des bédoins).

Il connaissait les différentes étapes pour passer du monde de l’Egypte au monde d’Israël, du monde ancien au monde nouveau. Mais Jéthro a un certain moment décide de quitter Israël pour aller s’occuper de son peuple au nom de la Torah. Il y a une alliance spirituelle entre la religion des Druzes qui est très peu connue, très mystérieuse, aussi secrète que la kaballe. (Ils ont d’ailleurs la même tradition de ne commencer l’enseignement qu’à l’age de 40 ans) C’est un mystère mais il y a une alliance non écrite entre les Druzes et Israël. Il y a une habitude chez les anciens Juifs du Yishouv qu’à chaque fête de Yitro d’inviter un Druze.

 

Retour au sujet :

Cela veut dire que ces deux versets dont le contexte montre qu’ils permettent à Moise d’être le guide d’Israël dans le désert. Lorsqu’il lui dit « tu nous servira de eînaim d’yeux » c’est pour nous permettre de savoir où il faut aller, étape par étape.

L’expression est restée traditionnelle : les chefs de l’assemblée s’appellent Haeïnei haédah

Ceux qui doivent servir de eïnaïm à l’assemblée d’Israël. Malheureusement, très souvent il y a des paupières qui se ferment, et ceux qui devraient servir d’yeux, des éclaireurs, pour l’assemblée d’Israël ferment les yeux et ne voient pas ce qui se passe. Et ils arrivent des catastrophes.

 

Ce sont ceux qui sont capables d’explorer les différentes étapes de l’histoire qui vient.

 

***

Q : vous avez parlé de Jules Isaac... ?

R : J’ai toujours été frappé par cela : Le nom de Isaac est très rare pour désigner des Juifs.

C’est Jules Isaac, complétement assimilé, pris dans la tourmente de la Shoah où il a perdu femme et enfants a décidé de tenter comprendre ce qui se passe entre Jacob et Esaü. Il a écrit « L’enseignement du mépris » sur Jésus et Israël pour démontrer qu’effectivement ce que dit la Guemarah (qu’il ne connait pas) : Esaü a la haine de Jacob, c’est vrai.

C’est son oeuvre qui est le point de départ du revirement de l’Eglise, à l’échelle officielle.

Vatican 2 de Sélisberg, sort de l’oeuvre de Jules Isaac.

Alors imaginer un Juif qui s’appelle Isaac et Jules et qui est venu sur terre pour savoir qui a raison de  Jacob ou Esaü : une petite étincelle d’Isaac qui s’est déguisée en Esaü « Jules » (César) pour dire que ce sont les Juifs qui ont raison. Il y a de temps en temps des clins d’oeil de l’histoire. Celui-là s’appelle Jules Isaac.

 

Q :

R : verset 7 chapitre 28

Pin’has devient beaucoup plus tard Eliyahou hanavi.

L’expression c’est Pin’has hou Eliyahou - Eliyahou hanavi est une réincarnation de Pin’has.

C’est la Qina. Eliyahou hanavi est le prophète le plus zélé, extrêmiste. On retrouve le profil d’identité de Pin’has. Pour la Kaballah il y a trois figures qui sont dans la même Séfirah : Yossef, Pin’has et Eliyahou.

 

Q : prière qui demande à voir le processus de Guéoulah... (?)

R : ce sont deux questions.

Pour ce qui concerne la Tefilah, la prière : « et que nos yeux voient lorsque tu reviendras à Sion »

La forme de la prière c’est que « lorsque tu reviendras à Sion, que nos yeux voient ». On ne demande pas reviens et que l’on voit. On demande quand tu reviendras qu’on le voit. Et l’histoire montre que l’on devait demander cela car il y a énormément de gens qui ne voient rien, comme dit le verset des Psaumes « Ils ont des yeux mais ne voient pas ». En français « qui vivra verra » mais c’est plutôt « Qui verra vivra »...

 

Il y a énormément de gens qui ne voient pas et parmi eux des gens qui font semblant de lire le Zohar. Je réponds-là à votre 2ème question.

 

D’autre part nous avons une tradition que le Zohar commencerait à être dévoilé au moment de la Guéoulah, le retour à Sion. On s’aperçoit que ces deux mouvements coïncident. Avant l’état d’Israël qui parlait du Zohar ? Personne sauf des rares initiés. Et depuis l’état d’Israël, cela explose partout.

 

Tout n’est pas bon. Des sectes exploitent les personnes.

Il faut lire le Zohar avec quelqu’un qui l’a compris. Un maitre n’est pas celui qui a des élève mais celui qui a eu un maitre. Et le Zohar est un livre qu’on ne peut pas lire sans un maitre. Le Zohar est un livre très facile à lire mais on n’y comprend rien. Se méfier de ceux qui croient comprendre.

 

Il y un phénomène d’explosion des sources du Zohar et de Kaballah actuelle qui est contemporaine de la Guéoulah.

 

Pendant des siècles on a lu le Zohar. Il y avait des confréries de lecteurs du Zohar particuliérement chez les Sefardim. 24h / 24 à lire le Zohar appris par coeur. Je me rappelle encore l’air sur lequel on le chantait. On a appris par coeur tout cela. Et effectivement la plupart du temps cela commence par Ta’hazé. 

 

Q : pourquoi la Torah prime la vision sur l’écoute ?

R : pour le témoignage. Seul celui qui a vu peut dire j’y étais, j’ai vu. Il faut 2 temoins, parfois 3 témoins et on interroge le témoin sérieusement. Le témoignage visuel l’emporte sur le témoignage auditif.

 

On étudie pour savoir mais tant qu’on n’a pas vu ce qu’on étudié que sait-on ? 

 

C’est un cheminement. Tant qu’on est encore au stade où on n’a pas compris on ne voit pas.

La Torah a deux impératifs : Shéma Israël et Réé Israël, il y a deux manières de comprendre, par l’entendement et par la représentation visuelle mais c’est une cheminement progressif. 

 

La grande Mitsvah de la fête de pélerinage s’appelle la Réyiah : on allait au Temple pour voir. Aujourd’hui on ne voit plus rien car ce qui s’est révélé s’est caché mais le rassemblement est en train de se faire : un jour cela éclate.

 

Après 2000 ans le rassemblement des juifs dans le monde entier au milieu des bouleversements planétaires, et le fait que les Juifs redeviennent hébreux si rapidement.

Moi, je suis juif, mes enfants sont israéliens et mes petits enfants sont hébreux.

Cela ne peut pas laisser le monde indifférent ce qui se passe là que 2000 ans après du dedans du peuple juif les Hébreux résurgissent, alors vous avez des Jéthro et des Balak. Heureusement nous avons des Pin’has.   

 

C’est cela le problème. Nous seront appelés à voir mais pour le moment nous devons savoir...
.../...


Parshat Pin'has 1993 Suite & fin

.../...

Q :

R : parce que Shéma Israël d’abord.

quand vous vous égarez après vos yeux, avant d’avoir compris, vous devenez idolâtres.

 

Pére Dubois me soutenait que les chrétiens pratiquaient les 10 commandements.

Sur l’objection de l’interdiction de l’image: Dieu a vu que l’homme ne pouvait pas se passer d’image et Dieu dans sa grande bonté Il s’est fait Lui-même image de lui-même pour qu’il n’y ait pas de faute. A ce niveau-là on ne peut plus discuter, c’est pire que des Loubavitch.

 

C’est la foi chrétienne mais vécue par des Goyim : ils sont persuadés que la loi de Moïse est révelée, mais pour nous faire savoir quelle est la loi que l’on n’est pas capable de  réaliser. Ils ont une cohérence à eux. La loi est révélée pour nous faire savoir ce qu’on n’est pas capable de pratiquer. C’est de l’orgueil de croire qu’on la pratique. La preuve ? Regardez ces pharisiens juifs comme ils sont orgueilleux. Ils croient qu’ils pratiquent alors qu’ils ont des trucs...

 

Il y a 7 catégories de pharisiens selon le Talmud. 6 sont fausses.

L’humour des Rabbins du Talmud  est extraordinaire. Il y a un pharisien qui s’appelle « ceux qui ont des bosses sur le front » Pourquoi ? Parce qu’ils sont tellement pudiques qu’ils marchent les yeux baissés et se cognent aux murs...

 

Ils ont besoin de voir, alors ils voient des choses qui pour nous sont des idoles. C’est de l’idolâtrie. Ce sont des mythes. Et c’est dévastateur. Il n’y a qu’à étudier le phénoméne de la publicité pour savoir à quel point les images sont dévastatrices. Le mythe de la crucifixion induit des haines et des massacres au nom du Dieu d’amour ...

La croix chrétienne n’est qu’une épée inversée. Cela déchaine les passion.

 

Tant que vous étudiez vous n’avez rien vu, mais tant que vous n’avez pas vu, vous n’avez rien étudié.

 

Q : la méthode formidable confiée par nos maitres dans la prière par le chant 

R : pas seulement la prière, le fait de savoir cantiler la prière, le murmure de la prière est important sinon on a l’air de réciter des poèmes comme à l’opéra avec un air théatral. C’est valable pour toute la Torah : si on ne connait pas le chant sur lequel cela se chante on ne comprend pas car le découpage du verset est différent.

Rashi était autrefois chanté pour savoir s’il s’agissait d’une question ou affirmation. La Mishnah avait son air à elle. Tout cela s’est perdu dans les Yeshivot. Ce qui manque c’est ce qu’il y avait au  Talmud Torah.

Fin
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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 19:58

 

Pin'has 1993

 Pinhas - série 1993 : cliquer sur Face A
 

par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi

Je vais parler un peu des 2 Parashiot précédentes où je n’étais pas là.

 

Fin de Parshat précédente => on apprend qu’il y a eu un échec faisant suite à la tentative de Bilaam de maudire Israël.

Je reprends les personnages en jeu dans la Parashah : Balak, Bilaam

Je vous signale qu’il y a un étonnement chez les commentateurs : comment se fait-il que l’on ait attribué une Parashah à un personnage aussi néfaste pour Israël que Balak ?

 

Le thème générale c’est les Parashiot sous le nom d’un personnage exemplaire. On s’attend à ce qu’il s’agissent de Tsadikim. Par exemple Pin’has. Pin’has est petit fils d’Aharon qui est intervenu dans un épisode très grave qui nous est raconté en fin de Parashah précédente lors de l’affaire des filles de Moav.

 

Balak était le chef d’une coalition des peuples de la région au moment de la sortie d’Egypte des enfants d’Israël, et lorsqu’il a compris que rien ne pouvait vaincre la force mystérieuse de ce peuple d’esclaves sortis des camps de concentrations d’Egypte et qui sème la terreur sur son passage pour entrer en terre de Canaan. Il a compris nous dit le texte Vayar Balak ben Tsipor il a compris que rien ne pouvait vaincre Israël.

 

Comment se fait-il que ce peuple d’esclaves ait une puissance politique et militaire telle qu’elle sème la panique dans le moyen-orient de l’époque ?

Ce qui se passe actuellement éclaire ce qui s’est passé au temps de la sortie d’Egypte et réciproquement.

 

Balak est le roi de Moav à l’époque, après usurpation de dynastie, fait appel à un prophète des nations qui s’appelle Bilaam et qui a la capacité de prophétie pour toutes les nations ensemble.

 

Chaque nation avait son prophète en ce temps-là de la prophétie jusqu’au temps de la sortie d’Egypte, plus exactement jusqu’au Sinaï.

 

A partir du Sinaï la prophétie cesse chez les Nations et en plus à certaines périodes qui sont des périodes de fin d’exil, il y a un prophète qui a la capacité prophétique de toutes les nations ensemble. C’est Bilaam en ce temps-là. Bilaam est donc convoqué par Balak pour tenter de maudire Israël.

 

Le raisonnement de Balak est le suivant : l’épisode de la guerre entre les Hébreux et les Emorites (Amoréens) qui est contée juste avant lui fait comprendre qu’il n’y aurait pas de solution militaire, alors il tente une autre stratégie. Il demande à Balak de maudire.

 

Il y a un sujet important :

Que signifie maudire un peuple ?

Que signifie bénir ?

Comment des paroles peuvent-elles influer sur des problèmes aussi graves ?

 

Les peuplades qui habitaient le moyen-orient voulaient empêcher Israël de rentrer chez lui. On s’aperçoit que personne n’est capable de l’en empêcher et alors on essaye une autre stratégie que celle de la force militaire qui s’est révélée inefficace jusqu’à présent.

 

Le sens de maudire ici c’est « dire  le mal de », nous avons vécu depuis la période du nazisme et y compris durant la période actuelle des événements politiques qui reprennent cette statégie de Bilaam et de Balak. C’est le problème de ce que peut faire la propagande pour dénaturer la réputation d’un individu ou d’un peuple. Cela a été inventé par Goebbels au temps du nazisme. C’est toute une technique. La propagande nazie au temps de l’hitlérisme était arrivée à persuader l’humanité entière que les Juifs étaient le diable et que cela allait de soi de faire cette chasse à l’homme et ces meurtres et ces génocides. Surtout que depuis 2000 ans, l’Eglise avait déjà preparé les esprits. L’effet de cette propagande consiste à rendre mauvais.

 

Lorsque Dieu se révèle à Bilaam, il lui demande de ne pas aller maudire Israël parce qu’Israël est béni. Mais on comprend pas comment Bilaam aurait cette force face à Dieu tout-puissant, de faire que ce que Dieu a béni soit maudit ?

 

Suivant le principe de liberté des créatures on s’aperçoit effectivement que cette liberté de la parole peut jouer et peut aboutir au fait que ce qui est bien est perçu comme mal.

 

Nous vivons un événement de ce genre depuis la proclamation de l’Etat d’Israël, non sous la forme de la propagande et de la calomnie sur le peuple juif mais la calomnie de propagande vis-à-vis d’Israël qui arrive à changer la réputation de l’identité d’Israël à travers les mass-media et les chancelleries, c’est le symbole du mal absolu.

 

De la même manière qu’au temps de Hitler « juif » était synonyme de diable, le sionisme est de nos jours synonyme de barbarie. Des juifs mêmes sont pris au piège de cette propagande et pas seulement des juifs, des israéliens, et mêmes des professeurs...

 

Lorsqu’on s’aperçoit qu’on ne peut rien contre Israël, alors on essaye de le maudire (dire le mal de) afin de dénaturer son identité sans rien connaitre de sa nature ni de son histoire.

 

Qui est ce Bilaam contemporain ?

Le prophète de toutes les nations, le porte-parole de l’opinion publique des nations, c’est le secrétaire générale de l’ONU. Il est chargé d’enregistrer toutes les dizaines ou centaines de condamnation d’Israël pour faute de sionisme avec l’aval des nations : tout à fait l’histoire de Balak et de Bilaam !

 

Vous voyez à quel point les choses sont semblables puisqu’analogues.

 

La nation arabe avec ses 22 pays cherche à en faire un 23ème pour remplacer Israël n’arrive pas à vaincre Israël ce peuple d’esclaves sortis des camps de concentration et des ghettos dans la génération précédente, alors elle le maudit avec l’aide de la propagande et cela prend.

 

On arrive à habituer les gens que Jérusalem ce n’est pas la capitale d’Israël mais que c’est la capitale de la Palestine...

 

Jusqu’à la guerre des 6 jours, il y avait un sionisme unique : construire l’Etat d’Israël en Erets Israël. A partir de la guerre des 6 jours apparait chez les Juifs eux-mêmes un second sionisme dont l’objectif est de créer un pays arabe en Palestine.

 

Cette stratégie de malédiction par Bilaam ayant échoué (voulant dire le mal il est contraint de dire le bien) alors il laisse un conseil à Balak : personne  ne peut vaincre ce peuple car son identité hébraïque est inassassinable. Par conséquent, il faut tenter de corrompre son identité. La stratégie consiste à faire fraterniser les filles de Moav avec les hommes d’Israël.

Les filles de Moav vont se parer et se farder pour séduire Israël dans les tentes et les conduire à l’idole... C’est là le conseil de Bilaam à Balak.

 

Cela a failli prendre au point que un prince d’Israël nommé Zimri ben Salou alla avec une princesse de Moav nommée Cozbi bat Tsour. Pin’has se révolte et les tue tous deux.

 

2 questions posées dans le Talmud :

=> pourquoi Moïse n’intervient pas ? il est pris au piège d’avoir épousé une midianite, la fille de Jéthro convertie par le Beit Din de Moïse, malgré la différence totale de nature. Son intervention est impossible car il est dans ce cas bien qu’à un autre niveau. Il est paralysé, personne ne bouge et Pin’has prend alors l’initiative et arrête cette Maguéfah qui conduirait à dénaturer Israël et son droit à entrer en Erets Israël se serait évanoui dans les sables du désert.

 

On ne refait pas l’histoire, je crois alors que la Torah nous aurait raconté l’histoire d’un autre Israël qui aurait remplacé cet Israël qui aurait échoué... Ce n’est pas le cas. Israël sorti d’Egypte quelques soient les tentations arrivera jusqu’au bout de l’histoire des temps messianiques, et il y a eu à travers les siècles énormément de tentatives de substituer à l’Israël originel, celui de Moïse sortant les Hébreux de l’Egypte, un Israël ertsatz de seconde manière.

 

Il faut dire que l’histoire de cet Israël n’est pas une histoire simple. On étudie d’autre part pourquoi ces rébellions, pourquoi ce peuple qui est le seul à se dénouer et qui le fait avec une telle délectation ? C’est un autre sujet que je vous signale en passant.

 

Amos le prophète dit en clair que Dieu lui même dit qu’il voudrait changer ce peuple par un autre mais Il tient sa promesse faite aux Patriarches. Mais Dieu est Dieu et Il ne peut pas changer sa parole. Mais il y a jusque-là un doute. (Et même la moitié d’un doute : ‘Hassidout)

 

Quoiqu’il en soit voilà la grandeur de Pin’has, nous allons y revenir avec l’aide de Rashi

 

25:10-11

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe lemor

Et Dieu parla à Moïse en disant

פִּינְחָס בֶּן-אֶלְעָזָר בֶּן-אַהֲרֹן הַכֹּהֵן, הֵשִׁיב אֶת-חֲמָתִי מֵעַל בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקַנְאוֹ אֶת-קִנְאָתִי, בְּתוֹכָם; וְלֹא-כִלִּיתִי אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקִנְאָתִי

Pinchas ben-El'azar ben-Aharon hakohen

heshiv et-chamati me'al beney-Yisra'el

 bekan'o et-kin'ati betocham

velo-chiliti et-beney-Yisra'el bekin'ati.

Pin’has fils de Eleazar fils de Aharon le Kohen...

 

Un Rashi explique cette généalogie. Pourquoi faut-il relier cette généalogie à Aharon ?

Un autre personnage qui a donné son nom à une Parashah c’est Qora’h lors de la rebellion contre Moïse. Sa généalogie remonte à Lévi et non pas à Jacob.

 

הֵשִׁיב אֶת-חֲמָתִי מֵעַל בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל

heshiv et-‘hamati me'al beney-Yisra'el

a fait revenir ma colére de dessus les enfants d’Israël,

 בְּקַנְאוֹ אֶת-קִנְאָתִי, בְּתוֹכָם

bekano et-kinati betokham

lorsqu’il fut pris du zèle de mon zèle au milieu d’eux

 

Rashi va changer un peu la traduction du vocabulaire, il va dire Nekamah vengeance et Ketsef colère. Regardez bien l’expression : « Il a pris sur lui mon problème »

Personne n’a fait ce que Je souhaitais qu’il soit fait mais que je ne pouvais pas faire...

Question : pourquoi Dieu n’intervient pas, pourquoi attendre que Pin’has intervienne pour mettre fin à ce risque de dénaturation d’Israël ?

A d’autres occasions Dieu intervient mais là Dieu attend, Moise ne peut rien et Pin’has intervient.

וְלֹא-כִלִּיתִי אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקִנְאָתִי

 

velo-chiliti et-beney-Yisra'el bekin'ati.

Et Je n’ai pas écrasé-effacé les enfants d’Israël dans ma colère.

 

Le résultat aurait été l’annulation d‘Israël comme cela aurait été le cas lors de la faute du veau d’or mais là Moïse était intervenu, exigeant de Dieu la suspension de la sanction.

 

25:12

לָכֵן, אֱמֹר:  הִנְנִי נֹתֵן לוֹ אֶת-בְּרִיתִי, שָׁלוֹם

Lakhen emor

hineni noten lo et-briti shalom

C’est pourquoi tu vas dire

Me voici donnant à lui Mon alliance de paix  

 

L’alliance de paix est donnée à celui capable de prendre en main la Qinah contre les ennemis d’Israël, contre l’état des choses en Israël .

 

L’analyse du texte de Yossef Attoun rédigé pour la Parashah, il y pose le problème suivant: N’y a t’il pas une contradiction entre le rôle de Aharon l’homme de paix et le fait que l’alliance de paix soit donnée précisément à celui qui apparait comme l’extrémiste, les kanaïm, les zélotes ?

 

וְהָיְתָה לּוֹ וּלְזַרְעוֹ אַחֲרָיו, בְּרִית כְּהֻנַּת עוֹלָם--תַּחַת, אֲשֶׁר קִנֵּא לֵאלֹהָיו, וַיְכַפֵּר, עַל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Vehayetah lo ulezar'o acharav

brit kehunat olam

tachat asher kine l'Elohav

vayekhaper al-beney Yisra'el

Et cela sera pour lui et sa postérité après lui

une alliance de prêtrise éternelle

Ta’hat à la place de parce qu’il a été pris de zèle pour Son Dieu

et il a assuré la Kaparah l’expiation-pardon sur les enfants d’Israël.

 

Ensuite on nous dit la grandeur de Pin’has en 2 versets.

Ce n’est pas contre n’importe qui qu’il est intervenu.

 

25 :14

וְשֵׁם אִישׁ יִשְׂרָאֵל הַמֻּכֶּה, אֲשֶׁר הֻכָּה אֶת-הַמִּדְיָנִית--זִמְרִי, בֶּן-סָלוּא:  נְשִׂיא בֵית-אָב, לַשִּׁמְעֹנִי

Veshem ish Yisra'el hamukeh

asher hukah et-haMidyanit

Zimri ben-Salu nesi veyt-av la-Shim'oni

Et le nom de la personalité d’Israël

qui a été frappé avec la midianite

Zimri ben Salou prince de maison paternelle de la tribu de Shimon,

 

25 :15

וְשֵׁם הָאִשָּׁה הַמֻּכָּה הַמִּדְיָנִית, כָּזְבִּי בַת-צוּר:  רֹאשׁ אֻמּוֹת בֵּית-אָב בְּמִדְיָן, הוּא

Veshem ha'ishah hamukah haMidyanit

Kozbi vat-Tsur rosh umot beyt-av beMidyan hu.

et le nom de la femme qui a été frappée, la midianite

Kozbi bat Tsour, chef de peuples de maison paternel de Midian...

 

Le sujet général sur lequel je pense il est important de réfléchir c’est de savoir pourquoi la Torah a tenu à mettre en évidence un certain nombre de personalités des récits historiques de ce temps.

La réponse est simple : elle nous les donne en modèle de profil d’identité d’épisodes de péripéties analogues que nous avons à vivre dans l’histoire d’Israël.

 

Je vous rappelle le principe, c’est Na’hmanide qui l’a mis à la base de son commentaire. Et à sa suite énormément de commentateurs. J’ai été habitué dans mon étude à suivre la lignée de Judah Halévi continuée par le Maharal et le Rav Kouk à travers le Shla’h et qui nous font comprendre ceci : le peuple d’Israël vit l’histoire dont le projet existe à l’avance. Non pas sa réalisation dans l’existence, dans l’événementiel, mais son programme en essence, dans l’essentiel. Et le 1er modèle qui nous est dévoilé c’est la manière dont la prophétie hébraïque a formulé l’histoire des Pères, celle des Patriarches avant tout. Le principe est le suivant :

 

kol maassei avot siman labanim

Tout ce qui est arrivé aux Pères est un signe pour les enfants.

 

C’est-à-dire pour ce qui arrivera aux enfants dans la mesure où ils sont les enfants de ces pères-là, dans la mesure où ils s’y identifient par fidélité réelle. Ce n’est pas de n’importe quel Israël dont il est question. La Torah raconte l’histoire d’un Israël qui est les Banim de ces Avot – la descendance des pères qui ont fait émergés cette identité hébraïque dans l’identité humaine. 

 

Il faut comprendre que c’est vrai aussi pour toutes les nations. Quand je dis « nation » ce n’est pas n’importe quel groupement politique qui s’intitule du titre d’un pays ou forme le peuple d’une nation. Aujourd’hui il y a un mélange absolu de ce qu’étaient les 70 nations originelles depuis la diaspora de l’humanité de Babel. Quoiqu’il en soit toutes les nations, tant qu’elles avaient leur Sefer Yorassin, leur filiation par généalogie, avaient leurs prophètes qui leur expliquaient le sens de leur histoire ou de leur destinée historique. C’est disparu pour toute les nations sauf pour Israël.

 

Au moment où Mosheh Rabénou à reçu la Torah, il a demandé comme clause de réception que la prophétie s’arrête sur les nations, plus exactement que la Shékhinah ne réside plus chez les nations

 

De la même manière qu’il y avait Shekhinah pour Israël il y avait Shekhinah pour les nations. J’appellerais cela providence au 1er degré. Pour les nations, il n’y a plus que providence au 2nd degré. En particulier, cette Providence au 1er degré va être réservée dans le lien entre le Créateur et Israël à partir du Sinaï et demandée par Moïse.

 

Massekhet Brakhot : l’explication c’est que Israël est la seule nation qui ait accepté que son histoire soit jugée d’après la Torah. Or, il y a des raisons pour lesquelles les autres nations ont refusé.

C’est parce que l’humanité entière a refusé à tour de rôle,, nation après nation, que son histoire de civilisation soit jugée par la Torah, c’est-à-dire par la Loi morale, que finalement Dieu s’est inventé une nation à part qui est Israël, du dedans de l’humanité, qui elle a accepté la Torah. Le sujet est très vaste et très important.

 

Par rapport à notre problème, je l’expliquerais de la manière suivante : la Torah raconte d’abord en préface de la Loi comme loi, l’histoire de l’universel humain. Et par conséquent, il y a une vision prophétique de l’histoire de chaque nation de cet universel humain. Or, voici que cet universel humain est en compétition avec Israël depuis qu’Israël est ce peuple-là qui est le seul à avoir reçu la Torah. On fini par établir ceci que cet antisémitisme universel contre le peuple juif qui se cristallise contre Israël a ceci pour raison essentielle : nous sommes le peuple du Livre de la Loi.

 

(Et non pas dans le sens du « peuple du livre » comme peuple de libraires... Il faudrait comparer la notion sémantique du terme « livre » et celle de « Sefer »).

 

Les Nations entrent en compétition avec Israël qui a fort à faire vis-à-vis de ces compétitions. Il n’y a qu’à comprendre ce qui se passe depuis le Sinaï jusqu’à aujourd’hui. Les peuples ne connaissent plus le sens prophétique de leur propre dossier contre Israël et c’est malgré tout très dur pour Israël. Alors si en plus ils avaient l’éclairage prophétique de leurs propres dossiers, où en serions-nous ?

C’est pourquoi Moïse demande à ce que cela leur soit retiré. Qu’ils n’aient pas en plus un avantage

en gardant des prophètes du type Bilaam et Balak.

 

Il y a deux grandes civilisations qui ont gardé leurs généalogies jusqu’aux Patriarches : l’Eglise à travers Rome et Esaü. Il a fallu Jules Isaac pour mettre les choses au point. Et Ishmaël. Et il a fallu attendre le Maharal pour qu’il éclaire une Guémara des premières pages de la Massekhet Avodah Zara : c’est la Perse.

 

C’est de notre temps que la Perse aujourd’hui l’Iran, a pris l’étendard de l’Islam contre Israël. De la même manière qu’en Occident c’est l’Eglise, Rome, qui avait pris l’étendard de Esaü contre Israël.

 

On régle les comptes avec Esaü comme préalables de réglement de compte avec Ishmaël. On vit dans une génération où, grâce à Dieu, on ne s’ennuit pas. Et heureusement, ni l’Eglise ni l’Islam ne savent ce que savent les rabbins de leur dossier contre Israël. C’est ce que Moïse a demandé.

 

Je reviens à notre sujet.

Le fait qu’il y ait un certain nombres de personnages que la Torah met en évidence comme une sorte de paradigmes, de modèles avec sa signification, de structure de modèles, de ce que nous devons rencontrer dans les péripéties de notre histoire.

 

Le principe de Na’hmanide : kol mah shirah laavot siman labanim

Tout ce qui arrive aux Pères est un signe pour les fils.

 

En effet, Israël vit à l’échelle d’une collectivité, un peuple une nation et non pas une religion, mais un peuple, une nation, ce que Abraham Yiitshaq et Yaaqov ont vécu dans leur mise à l’épreuve d’identité: c’est-à-dire la mise en question : « es-tu Israël ? »

En fin de compte Abraham puis Isaac puis Jacob aboutissent à l’identité Israël en Jacob.

 

C’est cette histoire de mise à l’épreuve d’identité qui est vécue par Israël en tant que nation dans sa traversée de l’histoire des civilisations.

 

En schématisant beaucoup:

 

ð  Dans l’exil d’Egypte, nous avons vécu l’histoire d’Abraham. Sortis d’Egypte, nous sommes confirmés commes fils d’Abraham.

 

ð  Dans l’exil de Babylone qui se termine avec Ezra et Néhémie, nous avons vécu l’histoire d’Isaac. Sortis de Babel, nous sommes confirmés comme fils d’Isaac.

 

ð  Dans l’histoire de l’exil de Rome qui a duré 2000 ans, nous vivons l’histoire de Jacob aux prises avec Esaü. Sortis de l’exil de Rome nous sommes confirmés comme fils de Jacob avec le nom Israël.

 

Cela faisant 2000 ans que l’on nous appellait pas Israël !

Il a fallu que nous arrivons aux temps présents pour que le peuple juif reçoivent le nom d’Israël, par la volonté des Juifs qui ont fondé l’Etat d’Israël. Et le Vatican sera finalement obligé de reconnaître que cet état s’appelle Israël parce qu’il a intérêt à renouer des relations avec l’état d’Israël. On arrive bien au terme d’une histoire où effectivement nous sommes confirmés dans l’identité de Jacob recevant le nom d’Israël.

 

****

 

Je voudrais opposer 2 de ces personnages : Balak et Yitro.

Ces 2 personnages sont 2 identités des nations qui ont perçu ce que représente Israël ; l’un en a été amené à être pour, c’est Yitro, l’autre en a été amené à être contre, c’est Balak. Nous verront en 3ème position comment Pin’has intervient.

 

1er verset Parshat Balak chapitre 22:

 

22:2

וַיַּרְא בָּלָק, בֶּן-צִפּוֹר, אֵת כָּל-אֲשֶׁר-עָשָׂה יִשְׂרָאֵל, לָאֱמֹרִי

Vayar Balak ben-Tsipor et kol-asher-asah Yisra'el la-Emori

Et Balak fils de Tsipor vit tout ce qu’Israël avait fait à l’amoréen

 

Cf. le texte précédent où l’on voit la grande victoire d’Israël contre Si’hon Melekh tous ces récits-là et où Balak va s’instaurer comme chef d’une coalition anti-Israël et prend acte du fait que l’on peut rien contre la force d’Israël.

 

Le verbe ici c’est que Balak a vu. וַיַּרְא בָּלָק Vayar Balak.

 Pour Yitro c’est le verbe entendre.

 

Yitro 18 :1

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ כֹהֵן מִדְיָן, חֹתֵן מֹשֶׁה, אֵת כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה אֱלֹהִים לְמֹשֶׁה, וּלְיִשְׂרָאֵל עַמּוֹ:  כִּי-הוֹצִיא יְהוָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

Vayishma Yitro khohen Midyan ‘hoten Moshe et kol-asher assah Elohim le-Moshe ule-Yisra'el amo ki-hotsi Adonay et-Yisra'el miMitsrayim.

Et Jethro entendit...

 

Très rapidement nous allons voir la différence qu’il y a entre ces 2 verbes et pourquoi l’un concerne Yitro et pourquoi l’autre concerne Balak. C’est un sujet important. Je vais vous le résumer.

 

Il y a 2 manière en hébreu de dire la connaissance en hébreu :

 

ð  La connaissance par le sens de l’ouïe, par l’écoute, et il y  a des versets qui invitent Israël à la connaissance par l’expression Shema Israël... Ecoute Israël. La fonction de la connaissance qui se réfère à la perception par l’ouïe, c’est l’entendement. Qui désigne, au niveau de l’intellect, la connaissance qui a pour véhicule de perception l’audition, le fait d’entendre.

 

ð  La 2ème c’est la vue. Nous avons des versets qui invitent Israël à la connaissance par la vision : Réé Israël... Vois Israël.

 

Le français connait ces 2 méthodes de connaissance. Pour demander à quelqu’un s’il a compris, on dit : Tu vois ? Tu entends ? On ne se rend plus compte de la différence mais cela se réfère à 2 tempéraments différents parmi d’autres d’ailleurs de l’imagination perceptive. Les hommes ont des formes de l’imagination différentes suivant le sens privilégié. 

 

Par exemple, l’imagination est le véhicule de la pensée. En fait, la pensée authentique est la pensée sans image, au-delà des images. La plupart des gens pensent à travers des images. Ils croient qu’ils pensent mais en réalité ils imaginent.

 

Lorsqu’on dit un mot, le mot table par exemple.

Si le concept de table apparait sous la forme d’une table c’est qu’il y a imagination visuelle.

Si le concept vous apparait dans la signification de la finalité de la table, c’est l’imagination acoustique.

 

En général, l’humanité actuelle est en dominante d’imagination visuelle, mais il y a eu un stade où c’était l’imagination acoustique. Il y a eu un stade, qui s’est perdu, c’est celui de l’imagination olfactive. On connaissait en sentant les choses. Aujourd’hui on connait en voyant les choses.

 

Les instruments scientifiques actuels tendent à privilégier la connaissance par l’acoustique, les instruments qui font entendre les phénomènes plutôt que ceux qui font voir les phénomènes, mais la dominante est dans la visualisation depuis longtemps.

 

En hébreu pour dire connaître c’est Yadoa (youd-dalet-ayin) en grec c’est oïdah le même mot en grec et en latin c’est video. C’est la même racine et le mot latin de video a donné le mot « idée » en français.

 

Finalement, les idées par le sens des images conceptuels sont de l’ordre de la connaissance par la vision. La civilisation grecque, puis romaine, puis européenne, a privilégié la vision alors que la civilisation hébraïque a privilégié l’écoute - Shema Israël -  plus dominant que Reeh Israël bien que l’on trouve les deux.

 

La grande différence c’est que la perception et donc la connaissance à travers la vision mène à l’idolâtrie visuelle et mène au culte des images, des idées, des idoles...

.../...

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 19:58

 

PARSHAT PIN’HAS 1994

Pinhas - série 1994 (Cliquer sur Face A)

Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou) זצ"ל

Question sur la Parshat Pin’has:

 

Question de vocabulaire :

Le terme de « zélote » définit une secte du temps de la fin du Bayit Shéni lors de la lutte contre les Romains. Et aujourd’hui les historiens essaient de trouver des analogies entre ce qui se passe actuellement dans le pays et ce qui a pu se passer au temps du Bayit Shéni dans la lutte des Judéens contre les Romains, mais ce sont des analogies absolument arbitraires.

 

Il y avait 2 camps :

-  ceux qui ne voulaient pas la guerre et acceptaient la domination romaine

-  ceux qui ont voulu se révolter contre Rome.

 

Et une partie de ces révoltés étaient beaucoup plus déterminée. Je ne veux pas dire extrémiste parce qu’à partir du moment où quelqu’un a décidé de se révolter contre l’occupant romain il n’y a pas de différences entre modéré et extrémiste. Ces différences-là n’ont pas de sens réel sur le terrain.

 

Les historiens les ont appelés les zélotes, pour définir une tendance dans le peuple : chaque rencontre avec le romain donnait lieu à une « explication ». Un peu ce qu’il s’est passé en Europe lors des rencontres avec les S.S.

 

Il y avait en particulier une confrérie- les Sikarékim-  un mot latin passé dans l’hébreu – les sicaires en latin – un peu les mercenaires de l’armée romaine. Dans l’armée romaine, comme dans toute les armées, il y avait les appellés (qui étaient des étrangers, des météques originaires de pays sous domination romaines ) et les mercenaires (qui étaient experts en armes comme les commandos et les marines modernes). Ce mot a été attribué à un mouvement de juifs déterminés.

 

Q :  Comment ont été réparti les territoires entre les tribus ?

Avec le compte effectué à la sortie d’Egypte et le compte actuel comment cela s’est–il produit ?

 

***

 

Parashat Pin’has Verset 10 chapitre 25

 

25:11

פִּינְחָס בֶּן-אֶלְעָזָר בֶּן-אַהֲרֹן הַכֹּהֵן, הֵשִׁיב אֶת-חֲמָתִי מֵעַל בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקַנְאוֹ אֶת-קִנְאָתִי, בְּתוֹכָם; וְלֹא-כִלִּיתִי אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקִנְאָתִי

Pin’has ben-El'azar ben-Aharon hakohen

Pin’has fils de Eleazar fils de Aharon le prêtre

heshiv et-chamati me'al beney-Yisra'el bekan'o et-kin'ati betocham velo-chiliti et-beney-Yisra'el bekin'ati

 

Tout de suite on est averti du caractère un peu paradoxal de l’acte de Pin’has des versets précédents.

 

C’est que lors de la tentative de Balak de faire maudire Israël par Bilaam (c’est très contemporain cf. cette stratégie très actuelle d’hostilité contre Israël).

Lorsque Balak s’aperçoit que la stratégie de Bilaam est inopérante (Cf. l’étude passée avec le texte du Guélilé Zahav), parce que lorsqu’il s’agit d’Israël dans sa totalité, sa collectivité, Israël est invincible ; et Bilaam a donné comme conseil à Balak de ne voir qu’une partie du camps d’Israël.

C’est là le thème important de la malédiction qui se transforme en bénédiction : même si « dire le mal de » est effectif pour une partie (à l’échelle individuelle, même multipliée d’Israël, cela s’inverse en Brakhah à l’échelle de la collectivité d’Israël.

 

D’où l’importance de ce que l’on appelle aujourd’hui Akhdout léomit.

Toutes les catastrophes actuelles peuvent être imputées au gouvernement qui ne représente pas vraiment le Klal Israël. Je pense qu’il ne le représente pas du tout puisque sa majorité n’est pas juive. (Cf. l’article du Jérusalem Post de maitre Rosenbaum qui explique la différence entre légalité et légitimité.)

 

Bilaam selon le Midrash a donné un autre conseil de stratégie à Balak : pouvoir mettre Israël en difficulté en les mettant en infériorité morale, en situation de faute : la stratégie se rattache à un grand problème d’Israël : celui des mariages mixtes, plus exactement ce que le Talmud appelle « Mitat Kénaanit » : le fait que les hommes d’Israël prennent femme en dehors d’Israël, sous quelque forme que ce soit, pas forcément pour le mariage. Un autre expression  talmudique est « Mitat Aramit ».

 

Tout l’effort historique qui commence avec Abraham est de se dégager de la Qlipat Aram, de l’identité Aram. Tous les plus grands ennemis d’Israël sont issus de l’identité dont est sorti Abraham qui était l’identité araméenne : Lot, Ishmael, Essav.

Seul Jacob va recevoir le nom de Israël car lui seul arrive à se débarrasser définitivement de la Qlipat Aram. Son antagoniste le plus grave et dangeureux, est Dafka "Lavan HaArami’’.

 

Les rivaux d’Israël les plus dangereux pour l’identité d’Israël sont à l’origine les plus proches.

Voyez toutes ces lignées sorties de l’identité araméenne de la famille d’Abraham, laquelle identité araméenne de la famille d’Abraham est l’identité hébraïque dans l’exil de la civilisation de culture chaldéenne que la Bible appelle Babel (de l’antiquité).

 

L’histoire ne se répète jamais de la même manière, ni dans la forme ni dans le fond, mais ce sont les mêmes situations.

 

La société d’Israël est aux prises d’arriver à se débarrasser de ce qu’on  pourrait appeler l’identité galoutique, l’identité de Galout. Or, l’identité araméenne c’était l’identité galoutique des hébreux à Babel.

 

C’est pourquoi les différentes tendances de la société juive et israélienne qui s’attachent à l’identité diasporique, avec tous les problèmes que cela pose de démissions d’identité, au moment précisèment où nous sommes confrontés à cette mutation historique qui nous fait vivre à l’échelle de la collectivité l’histoire d’Abraham. Redevenir hébreu en se dégageant de l’identité araméenne.

Relisez l’histoire d’Abraham dans cette perspective. Et cette histoire ne réussit qu’avec Jacob.

 

Un exemple :

Lorsque le Midrash nous enseigne que Dieu a proposé la Torah à toutes les nations du monde, cela met en évidence l’universalité de principe de la Torah par rapport à l’humanité. C’est un problème très difficile, que finalement c’est une infime minorité des humains créés qui sont compatibles avec la Torah.

 

Le Midrash s’expose en différentes sources : je me base pour l’explication que je vais donner sur la manière dont le Zohar l’explique, mais les sources classiques sont dans la Guémara : Dieu a proposé la Torah à toutes les nations du monde qui l’ont refusé.

Elles n’ont pas refusé toute la Torah comme si elles étaient des Reshayim Gmourim.

Ne pas croire qu’elles refusent par définition toute idée de Torah, puisque toutes les nations se donnent des lois, des constitutions. Ce que les rabbins dans le Talmud appellent des Nimoussim. C’est difficilement traduisible. C’est la notion de droit en latin. Le droit romain est ce qui est légal et non ce qui est Yashar = droit juste ou légitime.

Il n’y a pas de doute que chez les Romains comme chez tous les peuple et les Hassidei Oumot Ha-Olam qui avaient le sens de la justice mais finalement leurs constitutions sont dans la catégorie du droit et non pas de la morale érigée en légalité.

 

La Talmud va jusqu’à dire : lorsque 2 Juifs ont un problème entre eux (cette loi a été formulée au temps de l’occupation romaine et reste valable pour le temps de Galout et dans l’Israël contemporain), la régle est d’aller devant le Beit Din. Même si le tribunal Goy donnerait la même sanction ou rendrait la même décision car c’est la même conception du droit sur ce problème, cela reste interdit. Non parce que la décision, l’argumentation et le scrupule n’existe pas chez les Goyim, mais parce que ce qui est droit pour eux c’est ce qui est légal et non ce qui est juste.

 

Voyez l’humour dans le fait que ce sont le Romains qui se sont arrangés à accuser les Juifs de pharisaïme, c’est-à-dire de jésuitisme. C’est-à-dire que c’était un des arguments les plus systématiques des théologiens chrétiens contre la conception de la loi du judaïsme talmudique qu’il s’agissait d’arguties légales, du légalisme qui se substituaient à la morale. Alors que c’est précisément le défaut du droit romain. Ce à quoi s’oppose la Torah. Voyez le renversement des choses.

 

Avec le temps on s’aperçoit malheureusement que beaucoup de Juifs manient la Torah à la manière romaine. C’est à dire à la manière du légalisme formelle, pur et simple.

 

Ce qui me frappe moi depuis que je connais la société israélienne, c’est que c’est  la philosophie du droit des tribunaux civils israéliens. Il y a une tendance au légalisme absolu, aidé par les media, pour faire croire que c’est cela qui est moral alors que ce n’est que légal.

 

La plus grande plaie de la société israélienne c’est ce légalisme  qui a envahi et le monde religieux et le monde non religieux.

 

Pour revenir au sujet :

Si des nations du monde ont refusé la Torah que Dieu propose, ce qui signifie l’acceptation que leurs histoires et leurs destinées soit jugées selon la loi morale puisque c’est cela le contrat du Sinaï. Israël a accepté que son histoire soit jugée d’après la Torah. C’est pourquoi (Brakhot 30) Moïse a demandé à ce moment-là que la prophétie s’arrête sur les nations.

Parce que si Israël a accepté l’enjeu d’une histoire si difficile, c’est la seule histoire de la seule nation qui est jugée d’après la morale et cela se voit, bien avant le jugement dernier, dans le jugement permanent des nations du monde sur le peuple Israël. Nous sommes la seule société qui est jugée d’après des critères moraux. Indirectement, c’est un compliment. A la manière des prophètes qui ne se sont pas lassés de le dire: c’est Israël et non les autres peuples qui est interpelé car les autres ne sont pas interpellables.

 

Chaque fois qu’ils font allusion à des catégories de soi-disant justice, il s’agit de catégorie de droit au service d’une politique.

 

Je disais donc que les nations du monde ont refusé la Torah, en cela ils ont refusé ce que Israël a accepté : que son histoire soit jugée, elle sera en fin de compte jugée au jugement dernier, mais elle est jugée de manière permanente à travers tout le temps de l’histoire, d’après les critères de la vérité morale absolue ; alors que ce n’est pas le cas pour les autres sociétés.

 

Le Midrash auquel je pense indique, parce que le Zohar a posé la question, à travers quel prophète Dieu a t’il proposé la Torah aux nations ?

Alors il y a une allusion que c’est à travers les prophètes de chaque nation. Il y avait cette catégorie des prophètes des nations.

 

La Midrash en question va citer précisément les nations issues de la famille d’Abraham. Pour quelle raison ? Cf. les raisonnements de l’ensemble des Midrashim. C’est plus précis dans le Zohar.

C’est : Qui y a t’il dans Ta Torah ? Telle mitsvah ? Mais d’après notre identité nous ne pouvons pas être compatible avec cette Mitsvah !

 

On nous donne l’exemple de Essav : « Qu’y a t’il d’écrit dans Ta Torah ? » « Tu ne tueras pas ! »

« Je ne peux pas accepter à cause de la bénédiction parternelle :  ‘‘Tu vivras de ton épée !’’ »

Rome ne peut pas éviter la guerre : de toutes les civilisations, elle a été la plus guerrière.

 

Mais la propagande a fait que la culture générale a retenu de Rome la Pax Romana - la paix romaine ! Ce sont des martiens ! Par ailleurs ce n’est pas par hasard que lorsqu’ils ont voulu faire Teshouvah, de toutes les Mitsvot ils aient retenu une seule mitsvah : « Tu aimeras ton prochain comme toi même. » Le reste de la Torah ne les intéresse pas, c’est la perche qui leur a été donnée pour être sauvé. Un romain devenant chrétien pourrait être sauvé si il est réellement charitable.

Au niveau individuel, il y a possible performance dans l’ordre de cette Midah de charité.

Cela met bien en évidence que leur manière d’être c’est la guerre. C’est pourquoi lorsqu’ils ont fait Teshouvah parce qu’ils ont voulu faire Teshouvah ils ont choisi comme idéal précisément la Mistavh qui correspond à cette empêchement pour eux d’accepter la Torah

 

Midrash : et c’est vrai également pour Amon, pour Moav, pour Ishmaël, et pour Essav.

 

Cela veut dire qu’il n’en était question que pour les peuples qui auraient pu se prévaloir d’un lien avec la Torah grâce au lien d’origine de la famille d’Abraham. Et c’est à travers eux que les autres nations du monde ont entendu parler de la Torah.

 

Cela me rappelle un souvenir d’enfance : étudiant j’étais très impressionné par la littérature antisémite française de Jean et Jérome Taro : « A l’ombre de la croix ». J’avais complété « à l’ombre de la croix et du croissant ».

 

Effectivement les communautés juives ne se sont maintenues que dans les civilisations qui ont été touchées dans le nord de la méditérannée par le chrisitanisme et dans le sud par l’islam. Partout ailleurs l’exil juif s’est perdu, dissout, perdu. Il fallait la Qlipah de l’église et de la mosquée pour que l’exil puisse s’accomplir jusque dans sa finalité.

 

Je vous donne un exemple :

L’exil juif en Chine a révélé une assimilation. La civilisaiton chinoise est tellement assimilatrice qu’elle les a absorbé. Actuellement c’est en train de se faire aux Etats-Unis. Le judaïsme américain va disparaître.  

 

Israël a été interpellé à travers l’histoire par ces branches de la famille d’Abraham qui étaient de la même origine araméenne. La Bible a été très sobre sur toute cette préhistoire de la sortie de la famille d’Abraham d’Our-Kasdim car l’histoire d’Israël a un pré-commencement avec la sortie d’Abraham d’Our-Kasdim mais elle commence avec la sortie d’Egypte. Mais imaginez le tri d’identité, le brassage d’identité qu’il y a eu à partir de l’identité originelle, à travers cette civilisation de l’antiquité, la civilisation de Babel qui avait une annexe en Egypte, et puis uniquement ceux qui ont traversé les épreuves d’identité à travers toute cette confrontation d’identité. Encore une fois, de l’hébreu enfoui dans la Qlipah (l’écorce impure) et qui est en même temps ce qui protège le fruit tout en le niant.

 

Il y a des fruits dont la Qlipah est intérieure et d’autres dont la Qlipah est extérieure.

Cf. les Kavanot des Brakhot surtout de Toubishvat.

Il y a 2 exemples de Tsadik :

Le Tsadik qui est comparé a une grenade : la Qlipah est à l’extérieure dans le Rimon et les Garilim sont le fruit. Le Tsadik qui est comparé à une datte : la Qlipah est à l’intérieur, le fruit est autour du noyau qui est la Qlipah dans la datte.

 

Leçon du rav Tsvi Yéhoudah zatsa’’l extraordinaire :

Il y a 2 sortes de Tsadikim :

Ceux dont la Qlipah Qodemet La Péri

Et ceux dont le Péri est quodem de la Qlipah

On sait à qui on a à faire si c’est un Tsadik dans le genre du Rimon ou si c’est un Tsadik dans le genre du Tamar.

 

Dans Parshat Qora’h, il y a un Midrash qui enseigne cela.

Tsadiq kitamar yifra’h => safé tevot donnent Qora’h

La Qlipah est intérieure pour le Tsadik de style Qora’h comparé au Tamar

Alors que le Talmud dit du Rimon :

Recanim chébeIsraël meleim mitsvot karimon

Les gens les plus vides d’Israël sont pleins de Mistvot comme la grenade.

 

Qu’est-ce à dire : s’ils sont vides comment peuvent ils être pleins ???

Le Rav nous expliquait que c’est dans l’essence d’Israël qu’il y a des Mitsvot : ie. même s’ils sont vides au niveau des actes, ils sont pleins de Mitsvot comme la grenade qui est constitué par ses grains. Ils sont pleins de Mitsvot d’être. Dans leur essence.

 

Effectivement, Bilaam a vu que sa statégie de critiquer telle ou telle partie ne réussissait pas, parce qu’Israël était uni dans le désert.

 

Il faut étudier l’ordonnancement du camps d’Israël dans le désert, comment les 12 tribus étaient situées autour du Mishkane grâce aux Lévites.

 

J’ouvre ici une parenthèse qui me semble importante : Cette A’hdout d’Israël dépend de la tribu de Lévi. Cf. l’énumération de la naissance des enfants de Jacob : il y a un cas particulier pour Lévi. Pour les enfants de Léah, c’est le nom de Hashem qui est indiqué. Pour les enfants de Ra’hel, c’est le nom de Elohim. Et pour Lévi il n’y a ni Hashem ni Eloqim, parce que « Hashem hou Eloqim » : c’est Lévi qui fait le trait d’union des tribus. Il y a les 12 tribus et c’est la 13ème tribu de Lévi qui les unifie. Si la tribu de Lévi ne joue pas son rôle alors il n’y a pas de A’hdout.

 

Je relie cela au fait que Pin’has fait partie de la tribu de Lévi et va intervenir à un moment où il risque d’y avoir une catastrophe en Israël car précisément la dernière stratégie secrète que Bilaam a donné à Balaq c’est de mettre Israël en infériorité morale et spirituelle au moyen des Guilouï Ârayot. גִּלּוּי עֲרָיוֹת

J’en reviens au problème du mariage mixte de la Mitah Araamit. On a bouclé la boucle.

 

Balaq a obtenu des filles de Moav qu’elles séduisent les grands d’Israël pour les emmener à la débauche et de la débauche à l’idolâtrie. Le peuple hébreu était en danger et il y a eu une Maguéfah, une catastrophe qui a atteint le peuple.

 

Par ce biais-là je vous annonce le sujet que l’on va étudier :

A chaque grave Maguéfah, il fallait faire un dénombrement pour savoir s’il y avait un nombre suffisant pour pouvoir achever la marche du désert et entrer dans le pays. Parce que le pays devait être distribué selon les différents noms des familles qui sont sorties d’Egypte. Alors si les familles qui rentrent en Israël ne correspondent pas aux nombres et aux noms des familles qui sont sorties d’Egypte, il y a impossibilité.

 

Les 2 termes qui sont employés par la Torah sont Yeroushah et Narava, ceux qui sont sortis d’Egypte ont fait hérité à ceux qui vont entrer dans le pays. D’où la nécessité du dénombrement chaque fois qu’il y a une catastrophe.

 

Il y en a eu 3 principaux :

-  Aprés la faute du veau d’or, il a fallu dénombrer

-  Aprés la révolte de Qora’h, il a fallu dénombrer

-  Aprés les filles de Moav, il a fallu dénombrer

 

Quelle est la logique, quel est le principe unique de ces 3 épisodes ?

Les 3 fautes par lesquelles le Rasha est défini =>

-  La faute du veau d’or c’est Avodah Zara et donc Bein Adam LaMaqom

-  La révolte de Qora’h, la faute du Talmid ‘Hakham - Mal’hoqet- c’est Bein Adam Le’havéro

Guilouï A’hayot c’est la débauche, c’est Bein Adam Léatsmo

 

Qu’est qu’un Rashâ ?

C’est celui qui est Rashâ soit à la manière de Avodah zara soit à la manière de Guilouï Arayot soit à la manière de Shif’hout damim

 

Vous avez compris pourquoi à chaque fois il fallait un dénombrement et nous allons étudier ce qui caractérise ce dénombrement qui a pour cause le fait qu’il a eu une Maguéfah et qui a pour Takhlit pour finalité, le fait de savoir s’il y a suffisamment de noms des familles pour entrer dans le pays et le partager...

 

Vous voyez pourquoi Pin’has ben Eleazar ben Aharon hakohen est celui qui va intervenir pour stopper cette Maguéfah.

 

Verset 8 chap 25 :

Quand Pin’has s’est aperçu qu’un chef de tribu d’Israël Zimri Ben Salou était allé avec une princesse midianite nommée Kozbi bat Shour :

 

וַיָּבֹא אַחַר אִישׁ-יִשְׂרָאֵל אֶל-הַקֻּבָּה, וַיִּדְקֹר אֶת-שְׁנֵיהֶם--אֵת אִישׁ יִשְׂרָאֵל, וְאֶת-הָאִשָּׁה אֶל-קֳבָתָהּ; וַתֵּעָצַר, הַמַּגֵּפָה, מֵעַל, בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Vayavo achar ish-Yisra'el el-hakubah

vayidkor et-shneyhem

et ish Yisra'el ve'et-ha'ishah el-kavatah vate'atsar hamagefah me'al beney Yisra'el.

Et Pin’has est allé après cet homme d’Israël dans la tente

et il les a transpercé tous les deux

et ish Israël et la ishah qu’il frappa au flanc et le fléau s’arrêta parmi les Bnei Israël
.../...


 
***

PINHAS 1994 - Suite & fin
Pinhas - série 1994 (Cliquer sur Face B)

 .../...

Alors la Maguéfah s’est arrêtée : l’intervention de Pin’has a stoppé la catastrophe.

 

25:11

פִּינְחָס בֶּן-אֶלְעָזָר בֶּן-אַהֲרֹן הַכֹּהֵן, הֵשִׁיב אֶת-חֲמָתִי מֵעַל בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקַנְאוֹ אֶת-קִנְאָתִי, בְּתוֹכָם; וְלֹא-כִלִּיתִי אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקִנְאָתִי

Pinchas ben-El'azar ben-Aharon hakohen

heshiv et-chamati me'al beney-Yisra'el

bekan'o et-kin'ati betokham

velo-chiliti et-beney-Yisra'el bekin'ati

« Pin’has ben ..ben Aharon le Kohen

a fait revenir Ma colère de dessus les enfants d’Israël

lorsqu’il a été zélé de Mon zèle en leur sein... »

« Et c’est pourquoi je n’ai pas détruit les enfants d’Israël dans Ma colère-jalousie »

 

Définition de ce zèle :

C’est le fait que lorsqu’on est dans une situation où tout le monde est paralysé, quelqu’un a le courage d’intervenir. Un peu ce qui est arrivé à ’Hévron d’ailleurs.

Le Midrash explique cette paralysie générale : il s’agit des grands d’Israël qui ont pris les princesses de Midyan. Et celui qui devait intervenir ne peut pas intervenir : Mosheh avait épousé une Midianite. Dans cette situation-là il faut que quelqu’un intervienne.

 

« Et c’est pourquoi je n’ai pas détruit les enfants d’Israël dans Ma colère-jalousie »

 

On est renvoyé au terme par lequel la Torah définit Dieu dans son rapport avec Israël => Elqanah et cela veut dire exclusif.

On a remarqué dans tous les Panthéons de toutes les religions (on met l’Islam de côté car l’Islam c’est un monothéisme qui refuse absolument toute idolâtrie, c’est un monothéisme de l’unicité de Dieu qui affirme que Dieu est le seul à être Dieu mais il ne connait pas le monothéisme de l’unité de Dieu, celui d’Israël) que ce Dieu qui est seul à être Dieu est Un :

Shema Israël Adonaï Elohenou Adonaï E’had - alors que « seul – unique » se dit Ya’hid et « un » se dit E’had.

 

J’ai exploré toutes les traductions qui traduisent Shéma Israël … elles font comme s’il y avait Ya’hid à la place de E’had. Cela n’a rien à voir avec ce que dit l’hébreu !

 

Elkana: il  y a une relation exclusive entre Dieu et Israël.

Cette relation d’exclusivité exclut que Israël adjoigne quoique ce soit au lien qu’il a avec le Dieu unique qui est un. Alors ça c’est Méyou’had.

 

L’expression complète c’est E’had Ya’hid Oumiou’had

Il y a une relation Méyou’hedet avec Israël, spécifique donc exclusive.

 

Partant de là, on peut mettre en évidence que derrière toute faute il y a en fin de compte une faute d’idolâtrie ou plutôt : derrière toute faute il y a l’amorce du risque de la faute d’idolâtrie.

 

Talmud

« celui qui se met en colère est comme un idolâtre »

 

Le « comme si » est important, c’est une faute grave, mais le Talmud n’explique pas la gravité mais la  compare d’emblée à l’idolâtrie. Quel rapport entre la colère et l’idolâtrie ?

Cela voudrait-il dire que les rites d’idolâtries sont des rites de colères ?

C’est vrai aussi au même titre que ce sont des rites de débauche mais cela n’est pas toujours visible.

 

Le mythe de l’adoration chrétienne, qui marche bien, est le pire qui soit :

L’idolâtrie la pire : l’homme qui se prend pour Dieu.

Le meurtre le pire : le père qui tue son fils.

La débauche la pire : un enfant naissant sans père.

 

Si la colère n’est pas réprimée elle aboutit au meurtre.

Le meurtre implique et sous-entend que je n’admet pas que Celui qui m’a créé ait créé l’autre : comme s’il y avait 2 créateurs. Il y a effectivement l’amorce de la conduite d’idolâtrie.

Voilà ce que je voulais expliquer avec les termes de Qinah - Elqanah

 

Il y a une analogie qui nous met sur la piste de quelque chose de très profond : c’est qu’il y a 2 noms Qana en hébreu :

 

Qana : qouf-noun-alef,  c’est « l’exclusif ».

Qanah : qouf-noun-hé, c’est « celui qui acquiert ».

 

Nous sommes le Qiniane de HaQadosh Baroukh Hou et par rapport à nous, Il est El qanah, ce qui implique qu’Il soit Qana. Il y a un lien de cause à effet.

 

25 :12

לָכֵן, אֱמֹר:  הִנְנִי נֹתֵן לוֹ אֶת-בְּרִיתִי, שָׁלוֹם

Lachen emor hineni noten lo et-briti shalom

« C’est pourquoi dis-lui Me voici Je lui donne Mon alliance de paix »

 

L’alliance de paix ne peux être conclu que par les Kanaïm. Que si les Kanaïm font la paix c’est la paix, si ce n’est pas les Kanaïm ce n’est pas la paix.

 

Chapitre 26 :

 

Il y a ce dénombrement et il y a une particularité par rapport aux autres dénombrements, c’est qu’à certains épisodes la Torah explique pourquoi un des noms des familles d’Israël a disparu et c’est très particulier pour ce récit-là de dénombrement.

Très souvent il y a des dénombrements dans la Torah pour la génération de la sortie d’Egypte, dans différents épisodes et celui-là est le dernier avant l’entrée pour l’héritage du pays. Jamais il n’y a eu de façon aussi explicite la raison pour laquelle le nom d’untel ou untel a disparu pour cause de mort et dans quelles circonstances.

Et comme on l’a appris à d’autres occasions, ce dénombrement a ceci de particulier que la tribu de Lévi est dénombrée à part. Entre temps, il y a séparation entre les tribus d’Israël et la tribu de Lévi.

 

Rashi sur verset 36 du chapitre 26 :

וְאֵלֶּה, בְּנֵי שׁוּתָלַח--לְעֵרָן, מִשְׁפַּחַת הָעֵרָנִי

Ve'eleh beney Shutalach le-Eran mishpachat ha'Erani

« et voici les enfants de Pela’h »

Ce sont des enfants de Efraïm

 

Rashi :

 Les descendants des autres fils de Shouthelah ont été appelés d’après Shouthelah. Une grande famille est issue de Eran, de sorte qu'ils ont été appelés d’après lui. Ainsi, les descendants de Shouthelah ont été considérés comme deux familles.

 

il y a une particularité dans le verset :

וְאֵלֶּה, בְּנֵי שׁוּתָלַח--לְעֵרָן, מִשְׁפַּחַת הָעֵרָנִי

Ve'eleh beney Shutalach le-Eran mishpachat ha'Erani

Or Shoutéla’h avait déjà sa propre généalogie au verset précédent.

 

אֵלֶּה בְנֵי-אֶפְרַיִם, לְמִשְׁפְּחֹתָם--לְשׁוּתֶלַח מִשְׁפַּחַת הַשֻּׁתַלְחִי, לְבֶכֶר מִשְׁפַּחַת הַבַּכְרִי; לְתַחַן, מִשְׁפַּחַת הַתַּחֲנִי

Eleh vney-Efrayim lemishpechotam le-Shutelach mishpachat haShutalchi le-Vecher mishpachat haBachri le-Tachan mishpachat haTachani.

Ceux-ci sont les fils d'Ephraïm, selon leurs familles: de Choutélah, la famille des Choutalhites; de Béker, la famille des Bakrites; de Tahân, la famille des Tahanites.

 

Rashi :

 

Compte le nombres des familles et tu trouveras (dans cette Parashah) 57 familles et des Lévites (qui sont dénombrés plus loin) 8 familles, cela fait en tout 65 familles. Et c’est ce qui est dit dans Devarim chapitre 7 verset 3 : « Ce n’est pas parce que vous êtes un peuple nombreux que Je vous ai choisi, car vous êtes le plus petit de tous les peuple. »

 

Cela veut dire : il ne faut pas qu’Israël croit que c’est son mérite qui rendra compte de l’alliance que Dieu a décidé pour lui. Dans le contexte du chapitre 7 de Devarim, la Torah explique là-bas que cela vient des Patriarches et que toute autre argument est secondaire.

 

En réalité c’est les pères que Dieu a choisi, ce sont Abraham, Isaac et Jacob qui sont les garants de l’alliance dans la mesure où nous sommes autentiquement fils d’Abraham, de Isaac et de Jacob et que nous sommes Israël. Cette expression Elokei Abraham, Elokei Its’haq, Elokei Yaaqov, qui définit Israël Elokei Israël, c’est vraiment le principe qu’il faut retenir. 

 

Toutes les explications données pour expliquer l’inexplicable du cas d’Israël au milieu des nations sont vraies mais secondaires par rapport à la raison des Patriarches.

 

Ils sont le résultat de cette sélection d’identité d’origine araméenne à la sortie de Babel pour devenir hébreu et donc « מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ Mamlekhet Kohanim VéGoy Qadosh ».

 

Rashi :

 

"Car vous êtes le moindre הַמְעַט de tous les peuples" (Deutéronome 7:7). Le mot  הַמְעַט dénote «cinq» (ה) de "moins" (מְעַט) Vous êtes 5 de moins que toutes les nations, car ils sont soixante dix [et vous êtes soixante-cinq]. Cela aussi, je l’ai tiré des écrits de R. Moshé Hadarshan [le prédicateur], mais j'ai dû supprimer quelques-unes de ses paroles et en ajouter. -- [Midr. Aggadah.]

 

Les peuples sont au nombres de 70 et voilà que le dénombrement révèle que Israël est 5 de moins que le nombre des peuples et Israël ne peut donc pas jouer son rôle.

 

« Vous êtes moins nombreux que le nombre des familles de la terre », et Rashi ajoute en citant un de ses maîtres Rabbi Mosheh haDarshan dont on a perdu trace de ses oeuvres et qui vivait à Narbonne: on le nomme Rabbi Mosheh haNarboni. Le nom de Narboni que beaucoup de familles portent sont issues de Narbonne. 

 

Il y a un Midrash sur Mashia’h ben Yossef attribué à Rabbi Mosheh haNarboni, c’est un Midrash un peu suspect car sur le Messie souffrant, édité par des moines à partir d’une recopie en hébreu à la main d’un manuscrit maintenant disparu. D’où le doute sur son autenthicité.

 

Voilà le problème : c’est qu’il y a un drame qui se prépare.

Le salut a été apporté par un récit qui est avant et après.

On le voit dans le récit même du dénombrement.

 

En vérité il manque 6 noms : 

Datan vé-Abiram, Nadav vé-Avihou, Tsélof’had, Qora’h.

 

Et alors on apprend que les filles de Tsélof’had vont réclamer leur part d’héritage précisément et donc leur 5 noms vont restituer le nombre de 70.

Elles font le Tikoun de ce manque.  

 

C’est pourquoi on les nommes Nashim Tsadkaniot. C’est grâce à elles que Israël est Israël.

Chaque fois qu’Israël est en péril on voit que les femmes interviennent pour le sauver.

 

La Hitrorérout c’est extrêmement important c’est le dernier Hé du Shem Havayah qu’elles ont réintégré dans les 70 et je vous donnerai 2 exemples qui sont importants :

 

-  La sortie d’Egypte a été rendue possible grâce à l’intervention de Myriam et de Yokheved la soeur et la mère de Mosheh. Myriam convaint son père de continuer à procréer. Et les mères d’Israël assurent la perpétuation d’Israël grâce à ces sages-femmes.

 

-  L’autre épisode de l’histoire c’est l’intervention de la reine Ester. Bien évidemment de notre temps, il y a une présence de plus en plus grande de prise de responsabilité des femmes d’Israël dans le vie juive et israélienne qui a toujours existé mais jamais à cette échelle.

Fin
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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:45

Balak (1994)

  Balak - 1994, Français (Cliquez sur Face B) 

 

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la Halakha de la conversion des hommes et non des femmes.

C’est une Halakha qui avait force de loi tant qu’on savait diagnostiquer qui était de Moav et qui est de Amon vraiment. Mais depuis le temps de Sachénariv et  Nabuchodonosor toutes les nations se sont mélangés. Il faut donc être trés prudent lorqu’on diagnostique qui est quoi. Il y a très peu de lignées humaines qui savent encore d’où elle vienne. Mais cela existe.

En France, il y a énormément de cosmopolites  de citoyenneté française, mais il y a quand même des citoyens français. Et en Allemagne des Allemands, ...etc. C’est rare mais cela existe

Pour savoir comment les diagnostiquer c’est au Jugement dernier : Dieu seul qui reconnaîtra les siens. Lorsque quelqu’un se déclare Amoni cela ne suffit plus pour le déclarer inconvertible.

 

***

 

Devarim chapitre 23 verset 4

23:4

לֹא-יָבֹא עַמּוֹנִי וּמוֹאָבִי, בִּקְהַל יְהוָה:  גַּם דּוֹר עֲשִׂירִי, לֹא-יָבֹא לָהֶם בִּקְהַל יְהוָה עַד-עוֹלָם

Lo-yavo Amoni uMoavi bikehal Adonay

Un Ammonite ni un Moabite ne seront admis dans l'assemblée du Seigneur;

gam dor asiri

Jusqu’à la 10ème génération

(lo-yavo lahem bikehal Adonay ad-olam.

ils seront exclus de l'assemblée du Seigneur, à perpétuité)

 

23:5

עַל-דְּבַר אֲשֶׁר לֹא-קִדְּמוּ אֶתְכֶם, בַּלֶּחֶם וּבַמַּיִם, בַּדֶּרֶךְ, בְּצֵאתְכֶם מִמִּצְרָיִם; וַאֲשֶׁר שָׂכַר עָלֶיךָ אֶת-בִּלְעָם בֶּן-בְּעוֹר, מִפְּתוֹר אֲרַם נַהֲרַיִם--לְקַלְלֶךָּ

Al-devar asher lo-kidmu etchem balechem uvamayim baderech betsetchem miMitsrayim

À cause du fait qu’ils ne sont pas allés à votre rencontre (avec du pain det de l’eau) sur le chemin  quand vous êtes sortis d’Egypte

va'asher sachar aleycha et-Bil'am ben-Be'or

à cause de ce qu’il a engagé contre toi Bilaam fils de Beor

miPtor Aram Naharayim lekaleleka

de Petor Aram naharyim pour te maudire

 

23 :6

וְלֹא-אָבָה יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, לִשְׁמֹעַ אֶל-בִּלְעָם, וַיַּהֲפֹךְ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְּךָ אֶת-הַקְּלָלָה, לִבְרָכָה:  כִּי אֲהֵבְךָ, יְהוָה אֱלֹהֶיךָ

Velo-avah Adonay Eloheycha lishmoa el-Bil'am

vayahafoch Adonay Eloheycha lecha et-hakelalah livrachah

ki ahevcha Adonay Eloheycha.

Et Hashem ton Dieu n’a pas accepté d’écouter Bilaam

Et Hashem ton Dieu a inversé pour toi la malédiction en bénédiction

Car Hashem ton Dieu t’aime

 

Il y a ici un enseignement important concernant tout ce problème dont je vous ai parlé de la médisance, de la calomnie, de la propagande... : Il n’y a que l’amour qui est capable d’inverser le mal en bien. Si quelqu’un entend dire du mal de quelqu’un qu’il aime, il va tout de suite réintégrer de quoi il s’agit vraiment.

 

On met en évidence à travers ce thème que joue pour Israël une force qui explique un peu le « mystère »  de sa permanence à travers l’histoire. Il y a en Israël la force d’inversion des contraires qui joue à tous les niveaux d’existence. A travers le temps à travers l’espace et à travers l’identité de la personne humaine. C’est un cas particulier dans l’histoire des sociétés. On peut étudier toute l’histoire d’Israël pour comprendre ce phénomène-là de la permanence d’Israël à travers les civilisations – Netsa’h Israël – à travers cette catégorie. 

 

C’est parce que il y a en Israël cette capacité d’inverser les contraires. Ce qui était du passé devient du futur. C’est l’exemple que l’on rencontre le plus souvent : la capacité de la Teshouvah c’est le fait que ce qui était du passé devienne du futur. En grammaire grecque, le passé c’est du passé révolu. Le futur c’est du futur non accompli et il y a le présent. Dans la grammaire hébraïque il n’y a pas de présent. Il y a un passé qui peut devenir du futur et du futur qui devient du passé.

On ne peut pas dire en hébreu « je suis » comme on le dit dans une langue comme le français avec le verbe être au présent.

 

Par exemple, en français le verbe être sert d’auxiliaire et il n’y a pas de correspondant en hébreu.

« Je suis assis ». Mais on ne peut pas dire vraiment je suis assis parce que je suis un homme !

C’est une catégorisation de la réalité qui n’a rien à voir.

 

En hébreu il n’y a pas de présent : seul Dieu peut dire Je suis.

 

D’ailleurs lorsque Moïse lui demande sous quelle nom Il va parler de Lui, Dieu lui répond « Je serais ce que je serais » c’est un futur que les traducteurs rendent par un présent, 2Je suis qui Je suis », ce qui ne veux rien dire. 

 

Un autre exemple en hébreu pour que vous compreniez que les catégories d’une langues gréco-latines comme le français n’ont rien à voir avec l’hébreu. Exemple : En français on dit « j’ai ». En hébreu on dit « Yesh Li » « il y a pour moi ». C’est une conception morale radicalement différente. 

J’ai = j epossède, cela m’appartient... tout de suite une mentalité d’impérialiste. En hébreu on dit, il y a pour moi ce qui est tout à fait autre chose.

 

On utilise en hébreu le participe présent : « je suis en train de... »

Le Mem du participe présent c’est la transformation du passé en futur et pendant ce temps-là le futur se transforme en passé. « Etre en train de... ». On ne retrouve cette forme qu’en anglais dans la forme progressive. J’en ai beaucoup cherché la raison, et voilà ce que j’ai trouvé : L’anglais en tant que langue littéraire s’est constitué à partir des traductions de la Bible. Raison pour laquelle d’une façon générale est par conséquent la langue la plus approriée pour traduire la Bible. Lorsque l’on traduit un texte hébreu de la Bible en anglais, cela garde son sens. Dès qu’on le traduit en français c’est trés difficile. Il faut le traduire en français poétique pour que cela suggère une des harmonique du sens hébreu. Tandis qu’en anglais cela passe.

Je me suis renseigné et on m’a expliqué finalement que cela vient de ce que l’anglais classique est une langue qui s’est formée à propos des traductions de la Bible.

 

Il y a par ailleurs des liens entre l’Angleterre et Israël qui sont extrêmement mystèrieux : on a reçu de la main des Anglais Erets Israël. Ce sont les Anglais qui ont les premiers diffusé la Bible à un tel niveau. La diffusion anglo-saxonne de la Bible est quelque chose de fondamentale. Un auteur contemporain nommé Milosz auteur d’origine lithuanienne qui avait dit très sérieusement : deux peuples auraient des prétentions sérieuses à se réclamer d’origine hébraïque : ce serait les Basques et les Anglais. (les Angles plutôt que les Saxons). En anglais on dit « British » « homme de l’alliance ». Il avait beaucoup d’analogie de ce genre. Il appellent les basques des Ibères – mot proche de Ivri. Il a d’autres arguments je dois dire.

 

En tout cas c’était le verset que je voulais mettre en évidence :

וַיַּהֲפֹךְ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְּךָ אֶת-הַקְּלָלָה, לִבְרָכָה

vayahafokh Adonay Eloheykha lekha et-hakelalah livrakhah

Et Hashem ton Dieu a inversé pour toi la malédiction en bénédiction

 

Je résume : on a réfléchit sur 2 notions :

ð  la signification du « prophète des nations »

ð  la signification de cette stratégie de la malédiction.

 

***

 

Parashat Balak

 

22:2

וַיַּרְא בָּלָק, בֶּן-צִפּוֹר, אֵת כָּל-אֲשֶׁר-עָשָׂה יִשְׂרָאֵל, לָאֱמֹרִי

Vayar Balak ben-Tsipor et kol-asher-asah Yisra'el la-Emori

Et Balak Ben Tsipor vit tout ce que avait fait Israël à l’Amoréen

 

Dans les textes précédents, Israël a dépossédé les Amoréens – Emorim en hébreu – des possessions que les Amoréens avaient pris à Moav. C’est de cela que Moav va prendre conscience.

 

22 :3

וַיָּגָר מוֹאָב מִפְּנֵי הָעָם, מְאֹד--כִּי רַב-הוּא; וַיָּקָץ מוֹאָב, מִפְּנֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Vayagor Moav mipeney ha'am me'od

 ki rav-hu vayakots Moav mipeney beney Yisra'el.

Et Moav prit peur panique à cause du peuple beaucoup

Car il était nombreux et Moav fut decouragé à cause des enfants d’Israël.

 

Le raisonnement est le suivant : si les enfants d’Israël sont victorieux des Emorim victorieux de Moav alors à plus forte raison seront-ils victorieux de Moav.

 

Vous lirez vous-mêmes la suite du verset.

 

On va s’appuyer sur ce verset pour commencer l’étude de ce texte :

וַיָּגָר מוֹאָב מִפְּנֵי הָעָם,

Vayagor Moav mipeney ha'am –

 et Moav fut dans le crainte devant le peuple.

 

Cela sera expliqué en mentionnant un de leur enseignements (à ‘Hazal) où il est écrit :  « Yotser Or ouBoré Râ » Isaie (45 :7 יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, עֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע) « Il forme la lumière et créé le mal » que l’on lit dans la prière (non pas qui forme la lumiére et qui créé le mal mais) « ouboré hakol et qui créé tout ».

 

En s’appuyant sur ce que dit la tradition sur ce verset, on expliquera la raison pour laquelle Moav a eu peur d’Israël.

 

La Mishnah (Brakhot page 11) dit : cela veut dire que l’expression « qui créé tout » est supérieure à l’expression « qui créé le mal ». Mais le prophète a dit « qui créé le mal ».

 

J’explique rapidement mais c’est un sujet à expliquer en détail pendant des heures.

Pourquoi le prophète dit-il de Dieu qu’Il est celui « qui créé le mal » ? Il créé le monde !

 

D’après l’enseignement d’un très grand Kabaliste contemporain qui a été mis en forme par le Rav Ashlag : le fait de créer une créature, c’est le fait de créer et c’est cela qui définit la créature qui se définit par le fait qu’elle reçoit l’être. Mais recevoir l’être avant de l’avoir mérité c’est cela être en situation de mal. Donner l’être c’est le bien, recevoir l’être c’est le mal. Par conséquent nous sommes condamner d’une cette manière à avoir un Yetser Hara, un instinct du mal : ce qui est de recevoir sans l’avoir mériter. C’est la définition de base du judaïsme. Dieu nous créé et nous sommes donc des capacités de réception. Mais tant que nous sommes que ça nous sommes en mal. Le mal d’être c’est d’avoir été créé. Parce que nous ressentons que le bien c’est de donner mais nous n’existons que parce que nous recevons. C’est le drame de la créature humaine. Par conséquent, il faut recevoir d’une certaines manière pour pouvoir mériter d’avoir reçu : et c’est recevoir en vue de donner.

 

Si je reçois en vue de donner alors j’ai le droit de recevoir. Tant que je reçois pour recevoir alors j’ai honte de recevoir. Mais si je reçois en vue de donner, alors je suis libéré de cette honte et au contraire je reçois avec joie. C’est le problème de l’égoïsme et de l’altruïsme. Tout problème moral tourne autour du conflit entre l’altruïsme et l’égoïsme. Alors les philosophes ne s’en sortent pas. L’altruïsme est le bien et l’égoïsme est le mal. On va alors glorifier l’altruïsme et condamner l’égoïsme. Mais on passe sous silence le fait qu’on n’existe pas si on n’est pas égoïste. L’égoïsme c’est moi d’abord. L’altruïsme c’est l’autre d’abord. Mais si moi je n’existe pas comment pouvoir être pour l’autre. Cf. la Mishnah Avot 1:13 (1:14):

א,יג  [יד] הוא היה אומר, אם אין אני לי, מי לי; וכשאני לעצמי, מה אני; ואם לא עכשיו, אימתיי

Im ein ani li, mi li ? Ouchesheani le-atsmi mah ani ?

 

Et par conséquent, la seule attitude qui purifie cet instinct de recevoir qu’on appelle le Yetser Hara, c’est de recevoir en vue de donner. Et alors cela définit l’option juive dans l’existence : recevoir le plus possible en vue de donner le plus possible. L’échec c’est de s’arrêter au milieu, l’échec c’est de recevoir le plus possible, point. L’échec de l’identité juive. Très souvent les Juifs sont calomniés parce qu’on ne perçoit que cet aspect-là : recevoir. On ne s’aperçoit pas que c’est de recevoir en vue de donner le plus possible sas se rendre compte qu’il s’agit de recevoir en vue de donner.

C’est la seule équation qui résoud le problème de l’identite humaine, parce que :

ð  Recevoir pour recevoir, c’est le Rashâ, c’est le mal

ð  Donner pour donner c’est l’idéaliste insensé qui fait comme s’il ne reçoit jamais. C’est ”l’art pour l’art” au niveau de l’existence. Cela mène à la folie. Des gens qui font comme s’ils ne font que donner et qui se cache pour recevoir et profiter de la vie parce que leur témoignage était celui de l’idéal pour l’idéal. L’attitude de l’ascète faisant semblant qu’il n’est là que pour donner sans rien recevoir. Il se mortifie mais ce n’est pas l’objet du Créateur de créer des ascètes. C’est le raté de la ’Hassidout qui consiste à être un « ‘Hassid ascétique », l’ascétisme n’est pas la ’Hassidout originel du Baal Shem Tov.

 

C’est une étude qui mériterait l’étude sur texte.

Je vous signale que les livres du Rav Ashlag peuvent être étudié seul à conditions d’avoir un maître.

 

C’est le Ratson lekabel et le Ratson lehashpiah

ð  Lekabel al menat lekabel

ð  Lehashpiah al menat lehashpiah

ð  Lehashpiah al menat lekabel

ð  Lekabel al menat lehashpiah – ce qui s’appelle la ’Hokhmah dans la Kaballah.

 

Ce qui nous explique un enseignement du Talmud qui est très peu compris : le Talmud enseigne que l’enfant jusqu’à la Bar Mitsvah n’a que le Yestser Hara. C’est pourquoi il n’est pas soumis aux Mitsvot. A partir de la Bar Mitsvah il a le Yetser HaTov. C’est pourquoi il est soumis aux Mitsvot.

Cea veut dire que jusqu’à la Bar Mitvah il n’a que l’identité qui consiste à recevoir. Il n’a aucune culpabilité de recevoir. L’erreur des parents éducateurs qui empêchent les enfants de recevoir en leur donnant des remords de recevoir est le pire des crimes infligés à ses propres enfants. Tant qu’un enfant est un enfant il faut l’aider à être enfant. Cela veut dire constituer ses véhicules de réception comme on dit en hébreu (Kelim). Parce que toute sa vie il ne remplira que les Kélim de Kaballah qu’il a préparé enfant. Il y a des hommes et des femmes qui toute leur vie court après une rêve d’enfance qu’ils n’ont pas eu. On n’est capable de recevoir d’être que ce qu’on capable de recevoir ni plus ni moins. Et alors c’est jusqu’à la Bar Mitsvah que l’on prépare cet appétit d’être. Si les parents les éducateurs contrarient cet appétit d’être c’est le plus grand crime possible.

 

Pendant ce temps-là l’enfant n’est pas Bar Mitvah mais Bar ’Hinoukh, c’est à dire qu’il faut le préparer à devenir l’être moral qu’il sera à partir du moment de la Bar Mitsvah. Il faut donc lui donner une éducation qui est dirigée vers le scrupule de l’obligation morale. Mais jusqu’à la Bar Mitsvah il n’a aucune obligation en tant que telle, c’est le père qui a obligation pour le fils. Et le père a obligaiton d’initier le fils à être soumis à obligation. C’est une période de l’enfance qu’il faut protéger jusqu’à la Bar Mitsvah.

 

Le Yetsr Tov entre à ce moment dans l’âme de l’enfant car la Bar Mitsvah est l’âge de la puberté et c’est  quand l’enfant est capable à son tour de donner la vie qu’il est soumis à obligation du donner.

 

Mais jusque-là il n’existe que pour recevoir. Il faut donc donner aux enfants, non pas les gaver, mais surtout les déculpabiliser de cette culpabilité de l’enfant que recevoir c’est mal. L‘enfant a le droit d’être heureux de recevoir sans complexe, sans remords, sans scrupule.

 

C’est ce que le Rav Ashlag a remis en évidence sur l’enseignement du Talmud.  

 

***

 

« Boré et hakol »  Pourquoi le verset dit « Boré Râ » ?

et les commentateurs ont écrit : «  il y a des réalités dans le monde qui par elle-mêmes ne sont pas bonnes (par exemple le sel, le piment ou les épices), qui par eux-mêmes ne sont pas désignés à être des aliments, mais quand tu les mélanges et que tu épices avec eux, ils adoucissent et donnent du goût à la nourriture. Plus que cela, on ne peut manger sans sel, sans piment...

C’est pourquoi le verset porte le mot de Râ « qui créé le mal », et nous lisons le tout HaKol et c’est une meilleure expression. La créature dans son ensemble est bonne, parce que dans son ensemble même le mal s’adjoint et devient bon.

 

Cela veut dire : Si je vois tout ce qui existe dans l’ensemble, c’est de l’ensemble que le texte a dit « Et Dieu vit que c’était bon ». Si j’isole un des éléments qui tout seul est mauvais, alors tout seul il est mauvais.

 

Les pharmaciens comprennent cela : il a des substances qui dans l’ensemble sont bénéfiques mais qui seules sont maléfiques. C’est vrai à l’échelle métaphysique de la création toute entière mais le Rav va prendre l’exemple du peuple d’Israël. Souvenez-vous que je vous ai souvent cité Edouard Heriot qui disait du peuple juif : « Dans son ensemble c’est un peuple de géants. A l’échelle individuelle toutes les ‘Has veshalom sont possibles ». Cela m’a frappé parce qu’il parlait aussi des Allemands : « Pour l’Allemagne c’est l’inverse : à l’échelle individelle des grands hommes, en tant que collectivité ils sont capables de spires choses. »

 

Et cet exemple est valable aussi pour le peuple d’Israël : bien que parmi eux il y ait des méchant, de toute façon malgré tout dans leur ensemble tous ensemble ils sont bons. « Tout Israël a une part au monde futur ».

 

Quand Israël est tout ensemble en tant que chacun fait partie d’un Klal. Kol se relie à Klal.

 

D’aprés l’enseignement sur le verset du Cantique des Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi et je suis à lui, c’est un berger de roses » De même que les roses il y a des épines parmi elles, de même Dieu dirige son monde avec les justes et les méchants (la rose et les épines). Et on a enseigné « tout jeûne où il n’y a pas parmi l’assemblée des fauteurs d’Israël, ce n’est pas un jeûne ».

 

Et d’où savons nous cela ? La référence est dans l’encens (onze ingrédients dont l’un d’entre eux pue). Les parfumeurs le savent. Certaines essences seules sont épouvantables. Le musc par exemple.

 

.../...

(2ème paragraphe)

 

Et par là on peut comprendre ce que Balak a dit à Bilaam  « va donc avec moi et maudis ce peuple »    

 

Retour au texte pour comprendre l’enseignement:  Balak 23:13

Contexte du verset : Lorsque Balak s’aperçoit que Bilaam au lieu de maudire, bénit en réalité (cf. Devarim 23 :6 sur l’inversion de la malédiction en bénédiction), il se plaint devant Bilaam qu’il l’appelle pour les maudire et qu’il les bénit.

Alors voilá ce que lui dit Balak :

 

Balak 23:13

וַיֹּאמֶר אֵלָיו בָּלָק, לְךָ-נָּא אִתִּי אֶל-מָקוֹם אַחֵר אֲשֶׁר תִּרְאֶנּוּ מִשָּׁם--אֶפֶס קָצֵהוּ תִרְאֶה, וְכֻלּוֹ לֹא תִרְאֶה; וְקָבְנוֹ-לִי, מִשָּׁם

Vayomer elav Balak lekh-na iti el-makom a’her

Il lui dit viens avec moi dans un autre endroit

asher tir'enu misham

où nous pourrons le voir de là-bas

efes katsehu tir'eh vekhulo lo tir'eh

tu verras une partie d’entre eux et tous ensemble tu ne verras pas

vekovno-li misham.

Et de là-bas tu pourras le maudire.

 

Cela veut dire que tant que Bilaam avait en face de lui l’ensemble du peuple il ne pouvait pas maudire, parce que dans l’ensemble du peuple c’était un peuple comme tout ensemble ou tout est en en bien. Mais Balak conseille de n’avoir en face qu’un partie d’entre eux pour pouvoir les maudire.

 

Vous voyez pourquoi l’idée d’unité nationale est si importante en Israël.

Dès qu’il y a une partie d’Israël tous les défauts apparaissent. Quelque soit la partie d’ailleurs. Quand Israël est tout entier ensemble, alors il est invincible.

On l’apprend de ce verset : si tu ne parles que d’une partie d’entre eux, tu peux dire les défauts. Et si tu les vois tous ensemble, tu ne peux pas, tu es obligé de reconnaître que c’est un peuple de géants.

 

Je pense que cela fait mieux comprendre ce que je disais tout à l’heure pour la création toute entiére.

 

De la même manière – c’est un enseignement d’un très grand Rishon LéTsion - le Rav Ouziel –  qui était le plus grand des Rishonim LéTsion des dernières générations en même temps que Rav Kook le père (Rav AvrahamYist’haq Kook) - qui a expliqué un verset des Psaumes sur une idée extrêmement parallèle. C’est un verset d’un Psaume qu’on lit les Shabat matin. 

 

Tehilim 19:10 

מִשְׁפְּטֵי-יְהוָה אֱמֶת; צָדְקוּ יַחְדָּו

Mishpetei Hashem Emet Tsadkou A’hdav

« Les jugements de Dieu sont vérité, ils sont justes tous ensemble »

 

 Si on prend une Mitsvah isolée, on ne la comprend pas, si on voit tout l’ensemble, alors on voit que c’est  Tsadkou A’hdav - c’est Tsedek dans l’ensemble.

 

J’utilise très souvent cet enseignement pour expliquer ceci : Nous avons un enseignement qui dit que chaque membre d’Israël a une fois dans sa vie au moins – il y a des privlégiés - l’expérience du Sinaï. C’est dire que dans l’étude il se révèle sur un point de l’étude particulier pour chacun la vérité absolue. Et il reprenait ce thème dans l’enseignement que à tout Israël il lui est réservé dans sa vie une expérience de comprendre, ne serait-ce que de façon furtive, que le monde a un sens. Lorsque je dis Israël c’est pour la Torah mais c’est vrai pour tout homme concernant le sens de la destinée humaine.

 

Inévitablement le jeu de la vie fait que l’on ne peut pas rencontrer cette expérience que Yesh il y a un sens. Et puis cela se cache. On ne sait pas l’expliquer mais on a eu une expérience de ce genre.

 

Dans l’histoire de la littérature l’exemple que l’on donne le plus souvent c’est la nuit de Pascal. Pascal un jour a eu une révélation : tout a un sens, je l’ai su sur un point.

 

Il y a un procédé du raisonnement qu’on appelle en logique le raisonnement par récurrence. Si j’ai la preuve sur un point, il y a un raisonnement d’induction par récurrence qui fait que alors c’est vrai pour l’ensemble.

 

C’est pourquoi c’est un des critères qui nous permet de diagnostiquer si on a affaire à un vrai Talmid ‘Hakham. Celui qui accepte la vérité de certains passages mais pas d’autres, c’est la preuve qu’il ne sait pas réfléchir parce que la Bible c’est un ensemble. Si elle est vraie sur un point, il n’y a aucune raison qu’elle ne le soit pas sur un autre point. Tout cela est assez parrallèle.

 

Il y a une capacité à pouvoir savoir de quoi on parle lorsque l’on parle d’un ensemble.

 

Je reviens au verset à propos duquel ceci est enseigné :

Effectivement, on peut en isolant un élément d’un ensemble le critiquer et la critique est juste. Où est la médisance ? C’est dans l’intention de dire le mal de.

Et vous voyez que Bilaam était incapable de dire le mal d’Israël dans son ensemble. Mais il serait capable de dire de telle ou telle tendance ce qui ne va pas.

 

Fin

 

******

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:44

Balak (1994)

  Balak - 1994, Français (Cliquez sur Face A) 

 

Par le Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou) זצ"ל

Début de Parashah de Balak

Rappel du contexte historique : il s’agit de la tentative faite par Moav – c’est un des peuples rivaux d’Israël surtout dans cette période de sortie d’Egypte. Moav comme Amon sont deux peuples issus de Lot, parent d’Abraham. Il y a eu une rivalité qui a duré extrêmement longtemps – rivalité qui n’est d’ailleurs pas complétement résorbée, mais je ne prendrais pas trop de temps pour diagnostiquer le profil d’identité propre à Ammon et Moav de notre temps. Simplement, je vous rappelle que l’on est familier à la rivalité de 2 lignées de la famille d’Abraham qui se sont instaurées comme concurrentes d’Israël, de 2 manières différentes : Ishmaël d’un côté et Essav de l’autre.

 

Mais il y en a d’autres. En particuliers les descendants de cette branche de la famille d’Abraham après la séparation de Lot qui a fondé les deux peuples de Moav et Ammon et qui se sont installés grosso modo dans la région de l’autre côté du Jourdain. C’est la Jordanie actuelle. La capitale de la Jordanie actuelle s’appelle Rabat Amon qui signifie en hébreu « la capitale de Amon ». Les Arabes en ont fait « Aman ».

 

Au moment de la sortie d’Egypte, il y a eu une confrontation entre Israël qui sort d’Egypte et toutes ces lignées de la famille d’Abraham qui étaient installées – la principale étant Essav la lignée de Edom – frére jumeau de Yaaqov à l’origine – il y a un refus de toutes ces peuplades (qui ont été des civilisations entières, des traditions entières) de laisser passer Israël à travers les portions de territoires du pays de Canaan qui étaient occupé par ces peuples, pour traverser le Jourdain et rentrer dans le pays propre à Israël pour ce temps-là.

 

En particulier, la Torah nous raconte une tentative dont le caractère est très paradoxale pour la mentalité moderne. Une tentative de lutte contre Israël à travers une stratégie qui parait de l’ordre de la conscience magique pour la culture contemporaine :

Le roi de Moav qui était à l’époque Balak provenait d’une dynastie d’un autre peuple qui avait usurpé la royauté de Moav – c’est pourquoi le verset nous dit que Balak était roi de Moav « en ce temps-là »

 

22:4

וּבָלָק בֶּן-צִפּוֹר מֶלֶךְ לְמוֹאָב, בָּעֵת הַהִוא

 uValak ben-Tsipor melekh le-Moav ba'et hahi.

Or, Balak, fils de Cippor, régnait sur Moab, à cette époque

Le commentaire explique qu’en ce temps-là il était roi de Moav parce qu’il n’était pas le roi légitime de Moav.

 

Il fait appel à un personnage important dans le récit de la Torah qui est Bilaam.

Il est connu comme étant le prophète des nations.

Il faut donc comprendre ce que signifie cette expression « prophète des nations ».

Je commencerais par cette remarque-là.

 

On est habitué à l’idée que la prophétie concerne Israël surtout dans le récit biblique. Alors parler d’un prophète qui n’est pas d’Israël dans le récit de la prophétie biblique peut paraître paradoxal.

 

J’essaierai d’éclairer ce point, mais quoiqu’il en soit ce roi de Moav Balak fait appel à Bilaam dans une tentative pouvant paraitre paradoxal à notre mentalité culturelle : pour maudire Israël.

 

On prend acte de l’impossibilité de vaincre Israël par la force, alors on tente par une autre stratégie. 

 

Prophète des nations:

Névié Oumot Haolam

Il y a une autre expression qui est « prophète de mensonges » qui parait encore beaucp plus frappant avec une sorte de contradictions dans le termes : Nevié Sheker.

 

Il faut savoir que la Névouah est une capacité humaine à l’échelle universelle qui a été perdue avec le temps mais qui est restée en Israël un certain temps supplémentaire pour ensuite être perdue partout. On a oublié que la prophétie a existé parce qu’on a oublié qu’elle s’était arrêtée. Les modernes ne comprennent plus ce que signifie la prophétie. Il y a une sorte de concensus de vocabulaire que cela voudrait dire que c’est la parole de Dieu communiquée à certains hommes que sont les prophétes. Cela ne veut pas dire que l’on comprend ce que veut dire que Dieu parle et comment Il parle... et de quoi il s’agit. Pour les modernes, prophétie c’est synonyme d’autre chose. Les penseurs, mêmes juifs d’ailleurs, sont trés gênés d’admettre la prophétie dans ce sens réel de révélation de la parole de Dieu du dehors de la conscience humaine. Et ils ramènent cela à quelque chose de tout autre mais qui y ressemble et qui s’appellerait l’inspiration.

 

On arrive pas à avoir le courage d’admettre qu’on ne sait pas ce que cela veut dire et on fait semblant que cela veut dire autre chose. On pense alors à la prophétie comme quelque chose de l’ordre de l’inspiration. Il y aurait l’inspiration artistique ou poétique et il y aurait l’inspiration prophétique. Et en réalité, il ne s’agirait pas d’autre chose. En particulier aussi le fait que les prophètes aient un style prophétique très grand en tant que style prophétique handicape et fait prendre la prophétie pour de la poésie pieuse, alors que cela n’a rien à voir.

 

Nous vivons dans la modernité par rapport au temps de la Bible, qui dure depuis longtemps. En particulier une date importante à retenir pour ce problème : la destruction du 1er temple.

 

A partir de la la destruction du 1er temple, la révélation prophétique s’est arrêtée. Cela fait 2600 ans. Lorsque les modernes réfléchissent à ce problème de la prophétie nommée Névouah en hébreu (cf. le verset redondant dans le texte: « Et Dieu parla à Moïse, Isaïe, Ezéchiel  en disant... »), ils font semblant qu’il s’agit d’une expérience que les modernes eux connaissent comme une expérience d’inspiration : on dit de quelqu’un qui sait parler ou écrire qu’il a de l’inspiration. Mais il est bien évident qu’il s’agit d’autre chose si on prend au sérieux ce que dit le texte. 

 

Il y a un obstacle à prendre au sérieux ce que dit le texte parce qu’on est démuni de tout moyen d’en avoir l’expérience.

 

Dans le texte de la Bible ces phrases-là « Vaydaber Hashem el Mosheh lémor... », mais surtout il y a une phrase que le Midrash met en évidence, c’est la prophétie à Ezéchiel :

וַיְהִי דְבַר-יְהוָה, אֵלַי לֵאמֹר

« Vayhi Debar Hashem Elaï Lémor :

et la parole de Dieu fut à moi en disant... »

 

De deux choses l’une : soit c’est un mensonge, soit c’est sérieux. Il est important de comprendre que les modernes ne comprennent pas ce que c’est que la prophétie. Pour ceux qui comprennent, et c’est rare, c’est incommunicable. Il y a une sorte d’adhésion de consensus par la foi que ceux qui savent disent que c’est Dieu qui a parlé à Moïse à Ezéchiel à Isaïe, mais les modernes ne comprennent pas...

 

Je crois que l’evénement à avoir en mémoire est celui-là : la prophétie s’est arrêtée et comme on a oublié qu’elle s’est arrêtée on a oublié qu’elle a existé.

 

D’ailleurs le texte de la Bible lui-même nous prévient que la prophétie va s’arrêter. C’est un verset dans Malakhi qui est le dernier des prophètes et qui annonce que le prophète Elie à la fin des temps, renouvellera l’expérience de la prophétie.

 

Prophètes de mensonge - prophétes des nations.

 

Cette 1ère expression étant plus difficile à comprendre pour un moderne que la seconde. S’il s’agit d’un phénomène qui s’attache à la nature humaine de manière normale, il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas eu des prophètes chez les nations au temps où il y a eu la prophétie. Mais l’expression plus difficile à comprendre est cette expression « Nevié Sheker prophètes de mensonge ».

 

3 indications que donne Judah Halévi dans le Kouzari.

Il nous explique d’abord la hiérarchie des niveaux d’être dans l’existence.

Il y a 5 niveaux d’être :

 

ð  Domem – l’être inerte  - « le silencieux » - qui devrait pouvoir parler mais qui ne parle pas – l’être inerte, le minéral. Les poétes diront qu’ils entendent la voix des roc hers. Ça c’est de la poésie. Mais cela ne veut pas dire que cela n’était pas possible au temps de la prophétie. Si vous lisez attentivement les textes qui concernent le roi Salomon vous verrez que le roi Salomon savait toutes les voix de la nature, même les voix du « Domem » du silencieux.

ð  Tsoméa’h – le végétal – moins perceptible mais déjà un murmure à ce niveau-là qui n’est pas vent dans les roseaux mais el murmure végétal : l’expression en hébreu « sia’h » et le buisson se dit sou’ah. Sia’h c’est le murmure de la conversation. C’est la même racine. 

ð  ‘Hai – le vivant au niveau biologique – ‘Hayim- les animaux... C’est le cri. Il y a déjà le bruit qui apparait.

ð  ‘Hai Hamédaber – le vivant parlant qui est l’homme

ð  Navi – le vivant parlant en vérité

 

De chacun des niveaux de l’être procède un niveau supérieur jusqu’à l’homme, et de l’homme procède le Navi. En réalité, l’objectif de la création à tous les niveaux d’être, c’est « le vivant parlant en vérité », qui s’appelle en hébreu le Navi. La racine du mot hébreu Navi signifie parler vraiment.

 

Une expression d’un des versets d’Isaie (57:19) montre qu’il s’agit de la même racine : le Navi c’est celui qui sait parler vraiment – בּוֹרֵא, נוב (נִיב) שְׂפָתָיִם; שָׁלוֹם שָׁלוֹם לָרָחוֹק וְלַקָּרוֹב, אָמַר יְהוָה--וּרְפָאתִיו

Boré nib séfatayim, shalom, shalom larah'ok wélak-karob, amar Adonaï ourfatiw - 

celui qui crée le murmure des lêvres – paix paix pour le lointain et pour le proche dit Hashem et Je le guérirais. 

 

Un mot se rattache à cette racine c’est la Tévouah – la récolte : la moisson qui procéde de la terre. La Névouah : la parole qui procéde du vivant.

 

C’est un exemple important qui enseigne que la catégorisation en hébreu est différente des autres langues, dont le français.

 

Au 1er niveau, il y a une capacité de la nature humaine autenthique depuis l’origine : l’homme dans sa nature est capable de la prophétie. L’homme qui n’est pas prophète est celui qui a perdu cette capacité, qui ne l’a pas parce qu’il n’en est pas capable. Donc il l’a perdu. De la même manière que l’animal est un être vivant qui ne parle pas. Mais la preuve qu’il devrait pouvoir parler n’est pas tellement le fait qu’il ait une bouche mais qu’il puisse crier. Donc il pouvait parler. Les oiseaux savent, plus que crier, chanter.

 

Rav Kouk à propos de l’ânesse de Bilaam : tous se demandent ce que c’est qu’une ânesse qui parle ? le véritable problème n’est pas l’animal qui parle mais les animaux qui ne parlent pas !

On voit que la familiarité masque la véritable position des problèmes.

 

Effectivement le texte est très clair : le miracle c’est que Dieu a ouvert la bouche de l’ânesse de Bilaam et elle a parlé. C’est un animal qui a parlé.

 

Il y a toute une histoire des degrés des états de l’arrêt de la prophétie :

La génération de la sortie d’Egypte au moment de la révélation du Sinaï où Israël a reçu la Torah, la prophétie s’est arrêté chez les nations. L’arrêt de la prophétie qui n’a pas été un arrêt bruque mais un phénomène de rémanence qui continue un peu en s’atténuant jusqu’à disparaître et devenir autre chose. Il y a un temps de transition. Ce qui chez les nations a succédé au temps de la sortie d’Egypte ce sont les oracles qui font références à des mythes. Toutes les mythologies datent de ce temps-là. Lorsque la capacité de prophétie des nations elles-mêmes s’est transformée en quelque chose d’inférieur. Il y a eu des traditions qui ont gardé une connaissance plus vivace de leur mythes anciens, surtout dans l’orient, l’extrême-orient et chez les Africains. Alors qu’en Occident c’est rapidement devenu hermétique. C’est pourquoi à la fin de l’arrêt de la prophétie, il y a eu en Occident la pensée philosophique alors qu’en Orient il y a la mystique. Ce sont deux dégagements de ce même événement de différentes natures.

 

Ce que je vous dis là est très schématique et finalement la date importante pour ce problème c’est la destruction du Temple.

 

J’ajoute deux indications du Kouzari :

Le phénomène de la prophétie est définitivement arrêté pour deux raisons :

ð  la dispersion d’Israël qui a brisé l’unité de la nation d’Israël

ð  la prophétie d’Israël ne concerne et n’est possible qu’en Erets Israël.

 

Le fait qu’Israël soit détruit comme nation et vive en dehors de sa terre a mis fin à la prophétie. Si vous relisez l’histoire de la culture universelle, de toutes les traditions, il y a pleins de repères qui sont indéniables comme faits d’histoires : l’exemple de la pensée philosophique qui apparait en Grèce au temps où la prophétie s’arrête en Israël. Et avant la pensée philosophique, il y a la le temps des sages, les mythologues de la Grèce. Lorsque les Grecs eux-mêmes n’ont plus compris leur mythes alors est née la pensée de méthode philosophique. On peut étudier cela chez Socrate qui en est la charnière. Platon est surtout du temps mythologique qui finit à partir d’Aristote : les Grecs ne comprennent plus leurs mythes et commencent à réfléchir philosophiquement, c’est-à-dire secondarisés sur des contenus de pensées qui était la pensée antérieure devenue hermétique. Ce n’est que les modernes très récemment qui ont reconnu que dans les mythes des nations il y a avait une sagesse, sagesse impure mais sagesse tout de même.

 

Exemple : après le temps des grandes dramaturges grecs qui ont fourni les thémes du théatre occidental, que ce soit la tragédie ou le drame, ce sont des thémes qui frappent la conscience de la culture universelle, au point que les amateurs de théatre ne se lassent jamais d’assister à la même pièce plusieurs dizaines de fois dans leur vie. De même pour les mélomanes pour les symphonies...etc.

Ce sont des thémes qui frappent l’âme humaine. Or, ce sont des thémes de la mythologies. Prenez tous les thémes classiques et vous verrez que cela descend de la mythologie grecque.

 

Cette remarque nous montre à quel point il y a une sagesse perdue qui frappe l’inconscient ou le conscient de l’âme moderne.   

 

Ce sont surtout les éthnologues structuralistes qui ont redécouvert quantité de sociétés se répétant leurs mythes anciens, en les comprenant sans les comprendre, et certains philosophes modernes comme Lévi-Strauss  ont mis en évidence ce fait que derrière le mythe se cache une sagesse et qu’il a fallu attendre le temps contemporain après des siècles et des siècles depuis l’arrêt de cette révélation prophétique pour arriver à se rendre compte que derrière les mythes se cache une sagesse.

Paul Ricoeur disait : le mythe donne à penser.

 

C’est l’oeuvre de Freud qui est à la source de cette redécouverte de la sagesse qui se cache derrière le mythe. Il  a remis cela en évidence par la méthode de l’analyse en partant des rêves.

 

Cf. Le théme de l’Oedipe. Théme incompréhensible mais qui frappait l’imagination. Et on s’aperçoit qu’il y avait une sagesse se cachant derrière. C’est un théme de l’âme grecque qui ne marche pas pour l’âme juive. Une famille où cela joue c’est le signe que c’est une famille assimilée.

C’est un fils qui tue son père. Alors que le théme correspondant dans la Torah est inverse : un père qui ne tue pas son fils. L’expérience de la rivalité dans le sens inverse.

 

Enseignement du Talmud : un homme n’est jamais jaloux de son fils. Alors que pour la sagesse grecque c’est l’inverse : c’est le fils qui est jaloux de son père. 

(Ce rapprochement a été fait par le Docteur Choupak.)

 

Il y a eu chez les nations des prophètes. Puis la prophétie s’est arrêtée d’abord chez les nations. Ce qui a succédé fut les mythes et ensuite la pensée philosophique a réagi contre les mythes.

 

Expression « prophétes de mensonge » :

 

Il peut y avoir une capacité de prophétie qui va être utilisée pour le mensonge. Parce qu’il n’est pas évident que quelqu’un qui soit capable de la capacité de prophétie soit aussi moral. Cela vient du problème moral. Il y a d’autre part le fait que tout homme soit prophète ou pas, le fait que tout homme soit moral ou pas. Alors il y a une constante dans la prophétie hébraïque : pour le prophète de la Bible, la morale et la prophétie vont ensemble et s’identifient. Chez les nations c’est séparé. C’est une grande différence et qui est sans exception. La prophétie de ces prophètes ne concerne jamais la morale.  Les prophètes des nations prophétisent sur la destinée, le karma dans la tradition indienne. Les prophètes d’Israël prophétisent sur la conscience morale. C’est une différence de nature.

 

C’est d’autant plus visible dans le conflit que nous avons avec le christianisme. Les grands théologiens chrétiens sans exception, séparent la morale de la religion. On n’est pas sauvé par la vertu morale. C’est sauvé par la foi, par la grâce... etc., mais on n’est pas sauvé par la vertu morale.

 

Le grand conflit entre les protestants et les catholiques se raccroche là.

Cf. la querelle entre Pascal et Port-Royal 

 

Retour au sujet :

Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait un prophète des nations. Il y a le cas particulier de Bilaam. Chaque nation avait son prophète, capable de parler du sens prophétique de l’histoire de leur peuple. Mais Bilaam est le prophète des nations en général.

 

C’est un phénoméne important à mettre en évidence : à chaque fin d’exil d’Israël apparait une instance politique de prétention universelle. A la sortie d’Egypte, la dynastie des Pharaons était l’instance politique de prétention universelle. C’est la définition de l’empire dans sa prétention à l’universel.

A la fin du 2èmeexil c’était l’empire perse de Cyrus qui était l’empire de prétention universel. Il a fallu dans les 2 cas de Pharaon et de Cyrus attendre le feu vert de l’autorité pollitique de prétention universelle de ce temps pour que la sortie d’Egypte soit possible. C’est impossible sans le feu vert de Pharaon ou de Cyrus. De notre temps, un phéhonméne analogue c’est produit : le sionisme a été reconnu comme légitime par la SdN la Société Des Nations. Or, ce fut la 1ère fois après 2000 ans,  qu’une instance internationale de prétention de souveraineté politique universelle apparait.

Comme si en termes bibliques, la SdN n’avait existé que pour enregistrer la déclaration Balfour.

Il ne restera dans l’histoire que les échecs de la SdN et une seule réussite : la déclaration Balfour.

 

Au moment exceptionnel de la fin d’exil pour Israël apparait une instance politique universelle de l’ordre de la prophétie. C’était Bilaam au temps de la sortie d’Egypte. Quel est son objectif ? Empêcher la sortie d’Egypte ! Et c’est malgré lui qu’il va bénir au lieu de maudire.

 

2ème thème d’étude :

 

Devarim 23:4

 

Quelle est cette statégie de lutte à travers la malédiction ?

 

Or, la seule analogie que j’ai trouvé  c’est le secrétaire général de l’ONU, qui est le porte parole de la souveraineté politique de prétention universelle. A chaque fois on se heurte à ce problème.

 

Malédiction : souhaiter le mal à quelqu’un. Il y a une réticence de la conscience moderne par rapport au caractère apparemment magique de cette conduite. Est-ce vraiment efficace, cela va-t’il vraiment entraîner du mal ?

 

Je vais dépasser cette 1ère définition de souhaiter le mal à quelqu’un pour arriver à une étymologie plus précise : dire le mal de quelqu’un.

 

Dans la culture contemporaine, « dire le mal de » est une stratégie très efficace  depuis qu’on a découvert les stratégies de la propagande.

 

Cf. la propagande nazie contre les Juifs de diaspora. Nombres de Goyims de bonne foi ont été trompé par la propagande de l’église dans l’antisémitisme chrétien et aussi par la propagande nazie qui a réussi à démoniser le Juif. Dire le mal de – souhaiter le mal de – faire venir le mal de – et le mal est arrivé...

 

Cela joue également contre Israël aprés avoir joué contre les Juifs. Israël victime est constamment montré comme l’agresseur. Israël est devenu le Juif des Nations.

 

Bénir : « dire le bien de» – « souhaiter le bien de ».

Maudire : « dire le mal de ».

 

La propagande avait finalement réussi à transformer le bien en mal. D’ailleurs cette attitude de la mauvaise foi qui est dans la propagande c’est une névrose qui se nourrit de n’importe quel indication ou indice, et chaque argument pouvant être mis en avant est intégré et utilisé par la propagande. 

 

Vous comprenez pourquoi les rabbins ont toujours enseigné que le plus grand mal, le plus grand Yetser Hara, c’est la calomnie ? 

 

Je met en évidence la différence entre la médisance et la calomnie.

Il y a plusieurs termes hébreux.

Calomnier c’est dire de manière fausse de quelqu’un un mal qu’il n’a pas fait.  

Médire c’est de dire de quelque’un le mal qu’il a fait. C’est « dire le mal de ».

Un enseignement de Jacob Gordin qui avait cité un Midrahs sur ce sujet : dans le mot de Malshinout qui signifie la médisance il y a le mot de Lashon et le mot de Mavet. « La langue qui tue ». Alors le Talmud dit que la langue tue 3 personnes : celui qui parle, celui dont on parle, et celui à qui il parle.

Et effectivement, c’est tout ce phénomène, cette opération. Et il suffit de voir l’histoire juive et d’étudier l’histoire contemporaine pour voir à quel point c’est efficace. Cette stratégie de Balak demandant à Bilaam de maudire Israël est à rependre au sérieux. Cela aurait pu réussir et en fin de compte cela a réussi d’une certaine manière.

 

Devarim 23:4

 

Nous avons-là une disposition de la Torah qui interdit aux descendants de Moav et aux descendants de Amon – vous voyez on les retrouve - .../...

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 11:51

Parashah Houkat 1995

 Houkat - série 1995 (Cliquer sur Face A)   

Par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou) זצ"ל

Je vous propose de commencer le début de la Parashah concernant la Mitsvah de la vache rousse, la Para Adouma, et dans un deuxième temps l’épisode où Dieu va annoncer à Moïse et Aharon qu’ils n’entreront pas en Israël à cause de la péripétie des eaux de Mériba lorsque le peuple a demandé de l’eau. Dieu a demandé à Moïse de parler au rocher et Moïse a frappé le rocher... C’est assez paradoxal car la 1ère fois Dieu lui a demandé de frapper le rocher et ensuite il lui a demandé de parler au rocher mais lui demandant de prendre le bâton. Pour quoi faire si ce n’est pour frapper ? C’est un épisode assez difficile à comprendre à suivre et c’est là que Dieu décrête à Moïse et Aharon qu’ils ne rentreront pas en Israël.

 

Cela me ferait plaisir que vous posiez des questions

Q : la mort des Tsadikim Myriam, Mosheh, Aharon... ?

R : Cela fait un peu partie du problème. En réalité on ne sait pas pour quelle faute Moïse n’est pas entré dans le pays : il y a 18 réponses différentes. Il y a l’histoire du rocher pleine d’invraisemblance. La raison la plus vraisemblable est donnée par le Midrash : Moïse est l’homme de la révélation de sagesse pour al génération du désert qui était en dehors de tout problème de société humaine classique. Il n’y avait pas de problème économique grâce à la manne qui est tombée dans le désert. Imaginez la situation de cette génération du désert avec comme chef Mosheh Rabénou, comme prêtre Aharon Hakohen. C’était la génération de la révélation qui a vu tous les miracles. Les ont-ils compris ? Les ont-ils vraiement vu ? C’est un autre problème. 

Je vous ai cité dans un cours récent l’enseignement Rabbi ben Attar (Or’HaHayim) : si cette génération toute entière n’est pas entrée en Israël c’est parce que la 5ème promesse  (Parshat Vaéra) «  et je vous aménerais au pays » avait une condition : « Vous saurez que c’est Moi qui vous ai fait sortir d’Egypte » et comme cette génération n’a pas compris que c’est Dieu qui les fait sortir d’Egypte et croyait que c’était Moïse. Cela a des implications contemporaines avec ces religieux qui ne voient pas que c’est Dieu qui nous a ramené. Ils croient que c’est le sionisme et sont antisionistes. S’ils avaient les yeux ouverts, pour les croyants en tout cas : si ce n’est pas Dieu qui nous auraient ramené qui donc l’aurait fait ? 

C’est le drame de la genération du désert. C’est Dieu qui nous a fait sortir d’Egypte, à travers Moïse. Mais il est interdit de corire que c’est Moïse qui nous a fait sortir d’Egypte. C’est cette erreur de la génération du désert.

Le Gaon de Vilna met en évidence que dans tout le récit de la Hagadah de Pessah on ne fait pas allusion à Moïse : ce serait-là une ingratitude monumentale s’il n’y avait pas là une raison fondamentale. Pourquoi ? Pour ne pas qu’on croit que c’est lui qui nous a fait sortir d’Egypte. Or, c’est lui qui nous a fait sortir d’Egypte. Parce que c’est Dieu qui nous a fait sortir d’Egypte grâce à Moïse.  C’est un problème contemporain.

Gaon de Vilna : le verset qu’on cite Ani vélo Malakh, Ani vélo Shalia’h : Ani vélo Shalia’h Zeh Mosheh Rabenou : Moi et pas un envoyé il s’agit de Moïse.

Voyez à quel point nous sommes une génération très comparable à la génération de la sortie d’Egypte puisque le même problème se repose.

Il y a ceux qui vivent les événements et qui ne voient pas que c’est Dieu qui les dirige.

Voyez à quel point c’est étonnant ce qu’on lit dans la Bible : le récit de la Torah pour cette généraiton lá. La Torah nous raconte qu’ils ont assisté au fait que c’est Dieu qui intervient et ils n’ont rien vu ! Ils ont cru que c’était Moïse ! Donc on peut se consoler si il y a des gens qui ne voient pas aujourd’hui, ils ne sont pas plus grands ou plus petits que ceux de la génération du désert. D’ailleurs d’après la Kaballah nous sommes la réincarnation mamash de la génération du désert. Il y a tous les personnages. Nadan, Aviram...  etc.

Non seulement ce sont les mêmes problèmes mais c’est les mêmes profils d’identités, avec la mëme mauvaise foi, ou la mëme sainteté parfois pour les uns et pour les autres.

 

On est doublement rassurés : le fait que nous vivions la même histoire cela nous rassure sur cette génération du désert qui provoque l’étonnement. Mais on voit bien comment il réagit.

Comme Moïse l’a défini, c’est le peuple « élu », asher ba’har banou, qu’il a défini :

 דּוֹר עִקֵּשׁ וּפְתַלְתֹּל Dor ekesh ouftaltol [Bible du Rabbinat 1899 - « génération perverse et tordue »] en français je crois qu’on ne peut pas dire autrement que « une génération de gens tordus »Am Qashe Oref c’est rien « un peuple à la nuque raide » – בָּנִים לֹא-אֵמֻן בָּם banim lo emoun bam – enfants en qui on ne peut faire confiance [Devarim 32:20].

Au point que la Guémara dit : banim lo emoun bam abal banim.

C’est cela le problème d’Israël : c’est des Banim.

 

Vous voyez cette tension entre les deux définitions d’Israël. Et inversément, la génération contemporaine est désespéré : quel est ce peuple en train de se suicider ? Ce qui se passe à la Knesset aujourd’hui... Cela c’est nous, les ancêtres de la généraitons du désert. Enfin grâce à Dieu – Dieu est grand – ce n’est pas parce que les Arabes le disent que l’on va se priver de le dire aussi.

 

C’est une génération qui n’a pas de probléme économique : la manne gräce à Moïse, qui n’avait pas de problème militaire : les Ananei Kavod dont on parle à Soukot  les nuages de la gloire qui étaient la protection du camp d’Israël c’était Tsahal dans le ciel – Ananei Kavod gräce á Aharon. Et puis l’eau du puit grâce à Myriam.

 

C’est une  génération qui n’avait pas les soucis d’une société humaine habituelle et qui par conséquent était uniquement vouée à étudier la Torah sous la direction de Moïse notre maitre lui-même pour se préparer à son histoire. C’est le cas particulier d’Israël, une nation à qui la constitution a été eele avant que son histoire ne commence. Pour toutes les nations la constitution s’élabore á travers 1000 ans d’histoire. Etudez l’histoire de la constitution française qui sø’élabore à travers une histoire de 1000 ans et de 2000 ans, et en fin de compte elle est ce qu’elle est. Tandis qu’Israël est un cas particulier. Sa constitution a été révélée avant que son histoire ne commence. C’est la Torah. C’est pourquoi il y a eu un stage avec Moshé Rabénou comme Madrikh (éclaireur-instructeur) pour apprendre le droit hébraïque avant même que l’histoire ne commence. Et donc c’est une génération privilégiée. La seule comparaison que je peux faire c’est ce qui se passe dans certaines Yeshivot où l’on est à l’abri du problème économique pour pouvoir se consacrer à la Torah.

Il y a dans la sociologie générale universelle l’année chabatique inspirée d’ailleurs des lois de la Torah. Mais c’est une année chabatique perpétuelle qu’a vécu cette génération du désert.

C’est relié au fait que les Maniguim de cette génération sont autres que ceux de l’histoire. Ils sont les Maniguim de la préparation à l’histoire d’Israël.

 

Et donc la seule hypothése vraisemblable donnée par le Midrash expliquant pourquoi Moïse ne devait pas rentrer en Israël c’est la suivante : tout ce que Moïse a touché devient éternel. La Midah de Moshé c’est Netsa’h. « Netsa'h Israël lo yéshaker » (Samuel. I, 15:29).

Et par conséquent si Moïse était entré en Israël pour construire le temple, le temple aurait été indestructible, et s’il y avait faute de la part du peuple c’est le peuple qui aurait été détruit. Donc pour sauver Israël Moïse ne doit pas entrer.  

 

Qu’est-ce qu’il y a derriére ? Il y a que la génération du désert qui est appelée Dor Déa la génération du savoir : c’est la génération qui a été appelée à la connaissance. Comme le dit le verset de la prière de Shabat. Atah... ladaat. Et cette génération a été appelée à la connaissance. On t’a révélé pour que tu saches. Tu as été appelée à savoir. C’est une génération de la connaissance et puis il y a la généation de l’action, de l’histoire qui commence avec Josué. Ce relai entre Moïse et Josué on va en apprendre la péripétie dans les eaux de Mériba. Mais dire que c’est en punition du fait que Moïse a frappé le rocher  est une hypothèse qui n’est pas retenu par la Torah Shébé Alpeh.

 

Q: il y a une grande distinction à faire entre la génération du désert et notre génération parce que la nôtre est entrée en Israél ?

R: Cf. le texte du Rav Tolédano dont vous avez le texte dans la Parashah de KiMitsion qui compare la génération du désert et notre génération et qui explique que nous nous sommes plutôt comparables à la genération qui est entrée, celle des fils de la génération du désert. Seulement malgré tout cela va plus loin dans ta question. C’est un enseignement du Rav Kook que je vais vous rappeler. Il avait fait un Seder de Pessa’h avec tous les cadres de la Yeshivah et c’était plein de questions jusqu’à 6 heures du matin. Il a expliqué à propos du Rashâ la phrase de la Hagada :

ilu haya sham, lo haya nigal

Le Rashâ qui dit : qu’est-ce que vous faites et qui se met en dehors de la communauté. Regardez bien la définition du Rashâ que donne la Mishna de la Hagada : celui qui est en dehors de la communauté.  Le problème de notre temps c’est qu’on ne sait pas où est la communauté ! Laquelle est le Tsadik et laquelle est le Rashâ ?

Le texte a dit : ilu haya sham, lo haya nigal

S’il avait été là-bas cet enfant Rashâ qui pose la quesiotn en se mettant dehors s’il avait été là-bas au temps de la sortie d’Egypte il n’aurait pas été délivré.

Le Rav Kook a enseigné : là-bas au temps de la sortie d’Egypte il n’aurait pas été délivré, mais Po Ken dans notre délivrance même les Réshayim seront sauvés.

Par conséquent, le fait que dans notre génération il y ait des Réshayim n’est pas étonnant. D’après les prophéties à la fin du dernier exil la Guéoulah n’est pas liée à une question de mérite, c’est que c’est la loi des temps qui a joué. 

 

La référence se trouve dans la Guémara de Sanhédrin dans le Perek ‘Helek à propos de verset d’Isaïe parlant des événements de la Guéoulah de la fin des temps, à la fin des trois exils. Nous savons qu’il n’y a que trois exils parce qu’il n’y a que trois patriarches :  

L’exil d’Egypte correspond à l’histoire d’Abraham, l’exil de Babel à l’histoire d’Isaac, et l’exil de Rome à la l’histoire de Jacob, et c’est à la fin de l’exil de Rome que Jacob reçoit le nom d’Israël comme de notre temps le peuple juif a reçu le nom d’Israël. Il y a deux fois la destruction du temple et il n’y aura pas une torisième...

Le verset d’Isaïe dit [60:22] : אֲנִי יְהוָה, בְּעִתָּהּ אֲחִישֶׁנָּה

« Ani Hashem Béitah a’hishéna Je suis HM en son temps je l’accélérerais »

La Guémara demande : Si c’est « en son temps » que signifie l’accélération, si c’est accéléré que signifie « en son temps » ? Le Pshat veut dire : le temps venu ce sera accéléré ! Et cela peut se calculer avec les dates mais ce n’est pas le moment ce soir.

 

La Guémara dit : il n’y a pas de contradiction : s’ils méritent « j’accélérais », s’ils ne méritent pas « en son temps ». Cela veut dire que comme l’événement est arrivé d’après la loi des temps il ne dépend pas du mérite. Ce qui dépend du mérite ce n’est pas l’événement, c’est la manière dont cela se passe, et à quel prix. Et le fait qu’on ait été délivré de l’exil est irréversible et cela ne dépend pas du mérite, parce que la loi des temps a joué. Nous sommes à la fin du 6ème millénaire. Nous sommes à Erev Shabat c’est pour cela que les événements s’accélèrent. C’est l’enseignement du Gaon de Vilna dans la manière dont le rav Kook l’a enseigné.

 

Cela veut dire qu’il y aurait deux thèses :

Seuls les Tsadikim auraient droit à Erets Israël ou c’est Israël et le peuple d’Israël qui aurait droit à Erets Israël. Ce sont deux thèse radicalement différentes.

 

***

 

Je vous explique le sujet que je veux étudier car vous êtes habitués au fait que dans chaque texte il y a autant de sujets que de mots dans le texte. C’est la question de la vache rousse. Je vous rappelle rapidement de quoi il s’agit : Celui qui s’était rendu impur par contact au cadavre qui est le principe de toute impureté, même par simple proximité, peut se rendre pur avec le bain rituel d’aspersion des eaux contenant les cendres de la vache rousse. Et alors cette loi là est appelée par la Torah ‘Houkat HaTorah le statut de la Torah  חֻקַּת הַתּוֹרָה

Le mot de ’Hok au féminin ‘Houkah (en hébreu moderne c’est la constitution) c’est le statut, la loi intransigeante indiscutable pour laquelle on n’a pas à chercher ni causalité ni finalité. C’est comme cela. L’exemple des axiones pour la mathématique. On ne cherche pas la raison des axiomes.

La question est de savoir pourquoi cette Mitsvah en particulier qui permet que celui qui est impur peut se rendre pur par les cendres de la vache rousse, est ‘Houkat HaTorah ?

Quel rapport avec la notion de Torah qui dépasse infiniement une des Mitsvot de la Torah ?

 

Beaucoup de Midrashim et commentateurs posent la question ainsi : Pourquoi le verset ne dit pas : Zot ‘Houkat HaTouma : voici le statut de l’impureté – ou ‘Houkat haTamé de l’impur – ou Zot ‘Houkat HaParah voici le statut de la vache ?

 

C’est ce point là que je voudrais étudier dans ce texte que nous allons lire après une petite introduction de vocabulaire.

 

Question de vocabulaire :

Nous avons en hébreu pour dire la loi énormément de termes. Et chacun de ces termes a une signification particulière.

 

Il y a les Mitsvot, les ‘Houkim, les Mishpatim.

 

D’une façon très générale Mitsvot c’est Bein Adam LaMakom. ‘Houkim c’est Bein Adam la’Havéro. Cela peut être l’inverse. Mitsvot c’est Bein Adam la’Havéro et Houkim c’est Bein Adam LaMakom. Mishpatim c’est Bein Adam la’Havéro. Ce sont les jugements de la vie sociale.

 

Je schématise un peu le sujet sur deux termes : ‘Hok et Mishpat. On a l’habitude de dire que ‘Hok c’est une Mitsvah pour laquelle on n’a pas à chercher de raison. C’est comme ça. Il y a un équivalent dans une expression traditionnelle Czeirah Hakatouv : le texte a décidé comme ça – Gzeirah hamelekh – le roi a décidé comme ça. Gzeirah un décrêt.

Alors que Mishpat c’est un règle dont on peut trouver les tenants et les aboutissants parce que Mishpat c’est un jugement.

 

Or, c’est très difficile tant pour Mishpat que pour ‘Hok. Mais surtout pour ‘Hok. Qu’est-ce que cela voudrait dire ? Qu’il y a des dispositions de la Torah, des ‘Houkim, des ‘Houkot, il y a une nuance mais cela va à peu près dans le même sens, qui seraient à la limite arbitraires ? Puremement disciplinaire. Pratiquer les Mitsvot comme on pratique une discipline. Que cela n’a pas de signification autre que le fait que cela me soit demandé. Que cela n’a pas de signification autre que le fait qu’il faille le faire. Mais cela ne va pas avec la Torah. La Torah c’est la révélation de la Sagesse que Dieu nous révèle pour la vie dans le monde qu’Il a créé. Que signifie le fait que le ‘Hok n’a pas de signification ?

 

D’autant plus que dans le début de la Parshat Be’houqotaï, Rashi dit :

26:3

אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ; וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם

Im Be’houkotaï Telékhou...

Si vous suivez mes ‘Houkot,  et que vous les observiez et vous les accomplissiez... alors viennent toutes les bénédictions.

Rashi :

 Im Be’houkotaï Telékhou...

Ne va pas croire qu’il s’agit ici de suivre les commandements et d eles appliquer par ce quecela a été dit par la suite וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם ouaashitem atem. Donc  Im Be’houkotaï Telékhou...

 Que vous travaillez dans la Torah, dans le sens d’étudier. Etudier la Torah c’est ssus la rubrique ‘Houqotaï. Donc cela veut dire d’apprendre ce que cela veut dire.

 

Si on doit une conduite, littéralement une casuistique, la science des cas, de loi dont on ne comprend pas la signification on risque d’en déduire des règles fausses. Si on ne comprend pas le sens de slois, comment conclure pour telle ou telle situation de l’histoire ou telle ou telle situation de la vie ?

 

Une comparaison : imaginez un garçon de laboratoire ignorant : Peut-on lui confier une ordonnance de médecin ?

 

Cette idée que l’on ne peut pas comprendre ce que la Torah demande est une idée difficile. Alors c’est pourquoi il faut aménager tout cela.

Un Midrash raconte que le roi Salomon, le plus sage d’Israël, a cherché à comprendre le sens de la vache rousse sans y parvenir.

Qohelet 7:23

 אָמַרְתִּי אֶחְכָּמָה, וְהִיא רְחוֹקָה מִמֶּנִּי

Je disais: "Je voudrais me rendre maître de la sagesse!"

Mais elle s'est tenue loin de moi.

Le Midrash ajoute : c’est pour expliquer que Moïse seule la comprennait.

 

Il y a donc ici un poroblème que nous allons étudier. Nosu sommes faibles en capacité de compréhension des axiomes de la Torah, mais cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de sens !

 

Exemple :

Je voudrais évacuer cette idee très saducéenne que les Mitsvot de la Torah il ne faut pas chercher à les comprendre mais y obéir parce que cela n’a pas d’autres sens que le fait que cela nous ait été demandé. C’est une attitude très louable du point de vue de la fidélité qu’on demande à ceux qui sont incapables de la connaissance. Mais ceux qui sont incapables de connaissance, ce n’est pas à eux qu’on confie l’élaboration du Code. On confie l’élaboraiton du code à ceux qui comprennent de quoi il s’agit. Sinon on va déduire un code faux. Et c’était el cas des Saduccéens.

 

Cela veut dire qu’on va se condamner à pratiquer une Torah fausse parce qu’on va confier au raisonnement indiuctif et déductif comment on fait dans ce cas-là sans savoir ce que signifie la règle. Vous voyez la catastrophe !

 

C’est une catastrophe qui nous a atteint quand les Romains ont interdit la Shmikha. Cela rejoint notre question du Rashâ pour savoir de quel côté se trouve la commaunauté. Jusqu’à ce temps-là des Romains on savait à quel ‘Hakham il fallait s’adresser pour savoir ce que la Torah dit. Le ‘Hakham en question n’avait pas à expliquer le sens de ce qu’il nous disait. Mais cela ne veut påas dire qu’il ne possédait pas ce sens-là !

 

De la même maniére que le médecin ne vas pas nous expliquer le fonctionnement du tube digestif avant de vous donner un cachet d’aspirine. Cela ne veut pas dire qu’il ne le connait pas.

J’ai choisi Davka l’aspirine parce que personne ne sait pourquoi l’aspirine guérit. C’est une découverte extrêmement importante. Celui qui l’a inventé a fait plus de bien à l’humanité que des millions d’humanistes parlant du bien et du mal.

 

On savait ce qu’était la Shmikha : à la fin de sa vie le maître de la génération donnaitt –cela vient de haut en bas – le nom de son successeur. Aujourd’hui, on fait des élections au consistoire.  Le grand rabbin n’élit pas son successeur.

 

 

C’était donc le Dayan de la génération qui avait beaucoup d’élèves. Mais lui savait lequel d’entre eux était capables de lui succéder comme Dayan. Cela ne veut pas dire que les autres n’étaient pas des Talmidei ‘Hakhamim, mais celui qui était capable de dire ce qu’est la loi dans ce cas-l à, voilà ce qu’il faut faire...

 

Les ‘Hakhamim n’ont jamais été en controverse avec la loi, ils sont en controverse sur l’histoire et sur la situation historique pour laquelle il fallait faire parler la loi.

Si le temps est gris voilà ce que dit el verset bleu... si le temps est bleu voilà ce que dit le verset...

C’est là que porte la controverse : est-ce que je vois bleu ou gris ?

Et vous savez très bien que les gens ne savent pas voir de quoi il s’agit. L’exemple que je donne habituellement c’est le journalisme : vous prenez trois journaux sur le même événement et il y a 4 opinions. C’est très difficile d’être un témoin de vérité.

C’est le problème de la controverse des ‘Hakhamim. Alors c’est le maître qui sait lequel de ces élèves sait diagnostiquer non pas le sens de la Torah lui-même mais ce qui se passe dans l’histoire. C’est là-dessus qu’il y a controverse. Parce qu’il y a la tentation de croire qu’on peut faire dire à la Torah ce qu’on veut. Ce n’est pas vrai. Tous les ’Hakhamim en controverse sur une Halakhah ont le même verset. Je peux vous en donner la démonstration dans la Guémara on trouve 12 opinions sur un sujet et je vous démontrerais que les 12 avaient le même sens du verset Sur quoi porte la controverse ? Sur l’événement historique à propos duquel il fallait légiférer. Beaucoup croient en toute bonne foi que les ‘Hakhammim sont en controverse sur le sens du verset.   

C’est d’autant plus vrai pour le Talmud qu’on ne peut pas lui faire dire ce qu’on veut. De toute façon quelque soit les opinions, quand la Halakha léMaassé a été décidée alors on pourrait comprendre copmme ça si l’événement était comme ça, et c’est Torah. Mais voilà que l’événement n’est pas comme cela.

 

Exemple dans les problèmes contemporains :

Vous avez entendu parler du Rav Amitan de Goush Letsion. Il a été un ami de la Yeshivah du Mercaz Hazav, ce n’est pas n’importe qui. Il y a eu un Psak Halakha ces derniers temps des rabbins orthodoxes américains décrêtant par Halakha l’interdiction de donner les territoires aux Arabes. Interrogé à la radio sur ce problème il a déclaré que c’est un faux problème, ce n’est pas une question de Halakha, la seule question de Halakha c’est de savoir si les accords d’Oslo sont bons pour Israël ou pas. Dans le cas positif on peut donner les territoires ce n’est pas une question de Halakha... Vous voyez le raisonnement de jésuite, je n’ai pas dit pharisien !

Le problème c’est qu’il n’ose pas dire que la Torah dit qu’il ne faut pas rendre les territoire. Ça c’est Torah. Il dit le vrai problème c’est le diagnostic politique et historique : est-ce que les accords d’Oslo c’est bon pour Israël ou non ? Et une erreur là-dessus c’est plus grave qu’une erreur de lecture.         

 

Les rabbins du Talmud en étude ne viennent jamais nous enseigné ce que veut dire le verset. Leur étude commence à partir du verset qui va de soi. Etant donné ce que dit le verset – et cela s’apprend chez son rabbin – voilà comment on en déduit la loi...

 

Le véritable diagnostic n’est pas du tout de savoir ce que la Torah dit du Golan. La véritable controverse porte sur la véritable valeur du Golan pour le sort d’Israël. Mais la Torah dit que le Golan c’est Israël il n’y a pas de problème. Celui qui prend le pari de Munich ne peut pas le nier.

 

J’ai été élevé à une école qui enseignait qu’il n’y a qu’un sens à la Torah, pas trois ou quatre. Il y a une manière de chanter juste et des fausses notes. Il y a milles manières de mourir et une seule de naître. Il y a une seule vérité et toutes les maniéres de se tromper.

 

La controverse entre Hillel et Shamaï ne porte pas du tout sur la signification du verset mais sur le temps dans lequel nous vivons. Est-ce que nous vivons encore dans le temps du Olam Hazeh ou déjà dans le temps du Olam HaBa ? La Halakha kéOlam HaBa c’est Beit Shamaï. La Halakhah kéOlam hazeh c’est Beit Hillel. La Halakha comme Beit Shamaï c’est la Halakha comme au temps de la révélation. La Halakha comme Beit Hillel c’est la Halakha à partir du moment où la révélation a cessé. 

C’est tous le problème du mariage et des divorces : quand Il et Elle se chamaillent...

 

Q : que dire de Shiviim Panim baTorah ?

R : c’est tout à fait autre chose. Shiviim Panim baTorah cela veut dire à la racine du problème qu’il y a un visage de la Torah qui correspond à chacune des nations. Shiviim Oumot, Shiviim Lashon Shiviim Painim. Mais de manière plus générale Shiviim c’es tla multiplicité. Cela veut dire étant donné qu’il y a une multiplicité de situations socio-politiques possibles alors on peut déduire de la Torah la .../...


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Parashah Houkat (1995) Suite & fin
Houkat - série 1995 (Cliquer sur Face B) 

.../...

C’est le verset de la Torah, ce qu’il dit. La multiplicité n’est pas dans la Torah mais dans la réalité sur laquelle on fait réagir la Torah. Grâce à ta question je comprends que tu n’avais pas compris ce que j’avais dit.

 

A propos de Shivim Panim baTorah  « C’est comme un marteau qui éclate le rocher et fait jaillir 70 étincelles ». Mais il y a un seul rocher. Le rocher réagissant sous le marteau produit ces étincelles-là.

 

Pour dire les choses simplement : si je dois décider pour un enfant mineur ou un adulte majeur, ce que demande la Torah n’est pas la même chose. Mais c’est le même verset qui décide pour l’un et pour l’autre.

 

Effectivement,  Shivim Panim baTorah parce qu’il y a Shivim possibilité de voir le monde, alors il y a Shivim Panim pour le monde. Mais Halakhah LeMaasseh : Kol Ha-over Al Divrei ‘Hakhamim Hayav Mita. Une fois décidé la Halakha celui qui ne la respecte pas est ‘Hayav Mita. Même s’il est un des ‘Hakhmamim de ces 70.

 

J’entends souvent surtout les libéraux me dire : mais chacun a le droit d’avoir son opinion comme Hillele et Shamaï ? Oui, mais il s’agit d’Hillel et Shamaï et c’est pas toi ! Ce n’est pas n’importe quel petiti juif qui peut décider que c’est comme ça suivant son opinion...

A partir du moment où la halakhah est tranchée mëme si c’est rabi Akiva on n’a pas le droit de faire comme lui. Pourrtant c’est Rabi Akiva. Cela veut dire : si la réalité dans le monde est comme Rabi Akiva la Halakha est comme lui.  

 

Je schématise en vous indiquant le cas classique de la méthodologie du Talmud : rabbi untel dit ceci, et rabbi untel dit ceci... et le maître de la génération se léve et dit : la Halakha est comme celui-là ! Cela veut dire qu’ils sont tous présents et si la réalité était comme ils la voient, la Halakha serait comme ça. Cela ne veut pas dire que les autres disent faux, mais comment cela peut-il être vrai et pas réél ? Parce que c’est les grands de la Torah ! Ce n’est pas n’importe qui qui peut se mettre entre les 70 ’Hakhamim du Sanhédrin. 

 

C’est pourquoi je vous ai parlé de la Smikha : jusqu’en ce temps-là des Romains on savait où était les maitres de la génération. Mais depuis on ne sait plus. Raiso pour laquelle il y a ces milliers de sectes : chacun disant « mon rabbin dit que... ». Comment s’en sortir ?

Ce qui fait que la plupart des Poskim - Poskei halakha - les grands du savoir qui donnent les décisions on une puissance d’érudition telle qu’il raisonne et décide   sur des décisions antérieures la décision postérieure qu’ils doivent prendre doit en tous les cas ne jamais contredire ce qu’il y avait avant. Mais c’est dans le cas où il ne savanet pas quelle est la forme d ela loi. Alors ils raisonnent sur des décisions antérieures. Mais si quelqu’un sait quel est le sens de la loi c’est lui  qui doit décider.

 

On est en plein désaroi à cause de cela. Le fait que les Romains ait arrêté la Smikha.

 

Maïmonide dit citant la Guémara « Ya’hid véRabim Halakha kéRabim : un seul et plusieurs la Halakha est comme les plusieurs » -

quand on a un cas nouveau on prend la majorité des décisionnaires. Cela ne veut pas dire que la majorité a eu tord mais qu’elle a eu un diagnostic qui n’est pas celui de la majorité qui est quand mëme le diagnostic le plus vraisemblable des ‘Hakhamim. Mais qui sont les ‘Hakhamim. Mystère dans le mystère. Mais Maïmonide ajoute vé Im  Ha Emet ito Hou haRabim mais si la vérité est avec lui qui est tout seul c’est lui la majorité. Hashem Hou Elohim et Hashem est tout seul. Hashem est un singulier et Elohim est un pluriel.

 

Il faut faire une analyse de motivation : c’est qu’en général on va chercher pour avoir un réponse le maitre dont on sait à l’avance la réponse qu’il va donner. C’est très dangereux. Cela veut dire que c’est la Halakha pour lui mais pas pour la majorité.

 

Au temps où la vie religieuse était normale chaque Rabbin décidait pour ses juifs parce qu’ils les connaissaient. Ils savaient de quel type de juifs il s’agissait. On l’apprend de Parshat Matot. Dans les anciens temps la Halakha était que chaque ville, chaque tribu, avait son Sanhédrin. La Halakha pour un juif du Yemen ne peut être donnée que par un juif yéménite. La Halakha pour les Juifs de Tchékoslovaquie ne peut même pas être donnée par un rabbin yougoslave. Chacun ses juifs ! Aujourd’hui il y a un tel désordre qu’il nous faut bien une Halakha de principe pour tous les Juifs. Mais pour l’application c’est le rabbin de la communauté qui décide.

 

Pour certaines questions il faut demander comment sa propre grand-mère faisait et à quel rabbin s’adresser. Pour tel autre quesiotn il faut voir le Av Beit Din de la ville.

 

Par exemple il y a naissance d’un petit garçon. Il y a des communautés où c’est interdit de donner le nom du grand-père s’il est encore vivant. Il y a des communautés où c’est le contraire... Qui va trancher ? Et parfois c’est très compliqué parce que la femme et le mari ne sont pas de la même communauté. On fait comme le Dayan de la ville sinon on fait comme le rabbin de la communauté d’origine.

 

La grande pagaille actuelle c’est que les gens ont spontanément tendance à aller voir le rabbin dont ils savent par réputation qu’il aurait tendance à répondre comme on voudrait qu’il réponde.

 

Baba Batra page 10

C’est un exemple très clair  d’un maitre qui demande á chacun de ses élèves ce qu’un verset signifie. Et on a x réponses différentes. Les différences ne viennent pas de ce que dit le verset mais de l’application de ce verset dans une situation sociologique, socio-politique.

Vous avez compris maintenant la différence de Torah Shébikhtav - Torah Shébé Alpeh. Celui qui ne sait pas lire Torah Shébikhtav c’est un Saducéen. Ce n’est pas un Pharisien. C’est-à-dire que c’est quelqu’un dont la lecture de la Torah dépend de la valeur de son dictionnaire alors que la Torah des Pharisiens se réfère à la transmission de la tradition depuis Moïse.

Je crois que cela suffit mais il était important de le clarifier.

 

***

 

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה וְאֶל-אַהֲרֹן לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe ve'el-Aharon lemor...

Dieu s’est adressé à Moïse et Aharon en disant...

 

Il faudrait étudier pourquoi il s’adresse aux deux à la fois mais je n’ai pas le temps ce soir.

 

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

daber el-beney Yisra'el

veyik’hu eleykha

farah adumah tmimah

asher eyn-bah mum

asher lo-alah aleyha ol.

Voici le staut de la Torah

Que Dieu prescrit en disant

Daber El Bneie Israël

Parle aux enfants d’israël

Véyiq’hou Eleikha

Qu’il prenne pour toi

Une vache rousse Temimah

[Témimah ce n’est pas dans le sens de sans défaut ce qui va être dit par la suite, Témimah cela veut dire entièrement pure en tant que rousse : pas un seul poil qui ne soit pas roux].

Qui n’a pas de défaut.

Sur laquelle n’est jamais monté le joug

 

La Torah continue. Il faut brûler cette vache en y ajoutant d’autres ingrédients à ces cendres de la vaches pour pouvoir une fois être mis dans le bain rituel rendre pur ceux qui s’étaient rendu impurs par l’impureté de la mort.

Et le grand paradoxe c’est que le Kohen qui préparait ces cendres de la vache rousse lui se rendait impur. Et nous avons là un thème très important je vous signale cela simplement car cela nous prendrait trop de temps. C’est ce paradoxe que celui qui rend pur ceux qui étaient impurs par lá même, alors qu’il était pur il se rend impur. C’est cela la ‘Houkah de la Para Adoumah.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de sagesse là-dedans. Il y a une sagesse qui est au-delà de la force de la raison. C’est un axiome de sagesse qui nous vient de plus haut que de l’au-delà de la raison. Les Maala mé hasekhel en hébreu cela ne veut pas dire que c’est absurde mais que c’est plus sagesse alors que beaucoup de gens traduisent les Maala mé-hasekhe comme quelque chose d’absurde. Plsu haut que l’intelligence comme si c’était plus bas que l’intelligence.

 

La comparaison que j’ai étudié c’est en mathématiques, déjà au lycée quand j’étudiais cela au Talmud Torah : le produit des extrêmes et des moyens est égal. Il y a une très grande sagesse là-dedans et c’est un axiome. Cela ne peut pas se démontrer. Le produit des extrêmes et des moyen est égale. 

Ici nous avons : ce qui est pur l’impur rend impur le pur.

C’est la grande capacité de Moïse, c’est pourquoi la vache rousse est nommée du nom de Moïse. Moïse était capable de faire cela : rendre pur ce qui était impur, pour que la Guéoulah arrive. Et par là même il rend impur ce qui est impur.  Réfléchissez à la sagesse qu’il y a là-dedans. Très peu de grands d’Israël ont eu ce courage d’être Moïse. Parce que rendre pur ce qui était impur cela rend impur ce qui était pur. Qui est atteint ? C’est le Kohen qui prépare la Para Adoumah C’est grâce à la Para Adoumah que le peuple va être purifié, mais pas lui le Kohen qui devient impur.

Pontifex en latin, le pontife c’est le prêtre des ponts. A l’extrémité des ponts se trouvait un prêtre qui levaient des impots religieux pour passer sur le pont. Mais cela va plus loin. Le prêtre c’est lui-même le pont, on lui passe dessus. Pour passer d’un côté à l’autre c’est sur le prêtre qu’on passe. C’est cela la difficulté d’être Kohen.

 

Cela ressemble beaucoup : seul Moïse a été capable de rendre pur le påeuple d’Israël qui était impur dans l’exil. Mais par là même il se condmane lui à ne pas rentrer en Israël. C’est un ’Hidoush, faite attention je n’ai pas de sources là-dessus. Mais il faut bien comprendre cela.

C’est pourquoi les textes disent que la Para Adouma est appelée du nom de Moïse. Et on attend qu’il y ait une Para Adouma pour garantir la Guéoulah. Mais vous savez très bien que chaque année les journeaux annoncent sa découverte. Mais examinée à la loupe on voit qu’on y est pas encore. C’est ce mystère d’une créature parfaire dans un monde imparfait. Si on trouve une créature parfaite

dans un monde imparfait  c’est sûr qu’on est en train de basculer dans le monde à venir. Parce que notre monde est imparfait. Ce qui définit notre monde c’est le Moum, le défaut.

Retenez bien cela : Olam Hazeh c’est Olam haMoum.

 

Rappelez-vous ceux qui savent lire dans la Tefilah du Shabat matin le Yotser:

Méshartim VaHashem Meshartav...

Vous avez un astérisque sur Mem Vav Mem – Moum. 

 

Le service de ce monde-ci entraine un défaut.

Il y a là le mystère de ce monde-ci dont le défaut principal...

Je reprends les versets du Maasseh bereshit. Il y a un verset que je voudrais vous expliquer d’après la Kabalah mais sans entrer dans le détail de la Kabalah.

יִקָּווּ הַמַּיִם מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם אֶל-מָקוֹם אֶחָד

Ikavou Hamayim  

Que les eaux se rassemblent dans un seul endroit

Regardez bien en hébreu :

Ikavou Hamayim : qu’il y ait un Kav, un lien, entre Mem et Mem.

Il y a deux Mem dans Mayim. Il y a le Mem de l’origine et le Mem de l’accomplissement. Ikavou Hamayim : qu’il y ait un Kav, (Qouf-Vav) un lien, entre Mem et Mem.

Quel est le mot qui apparait là ? Maqom (Mem-Vav-Mem) !

Et le sens de cela : c’est qu’il y ait un Kav entre les eaux d’en-haut et les eaux d’en-bas.

Mayim = Mem-Youd-Mem : quand le Youd descend il descend en Vav. Donc en haut il y a écrit mayim et en bas il y a écrit Moum.

C’est la différence entre le monde projeté par Dieu qui est déjà Olam Haba, les Mayim. Et le monde de ce monde-ci qui est descendu en Moum. Le Makom est en bas. 

 

Or, le mot de Moum a pour valeur numérique Hatévah, la nature. La nature, par rapport au monde de vérité c’esst l’endroit du défaut.

 

Quel est le défaut de la nature ? C’est la mort !

Le fait qu’il y ait la mort dans la nature entraine l’impureté.

Par conséquent, la Torah serait impraticable si on ne savait pas comment guériri l’impureté de la mort. C’est-à-dire : dans le monde de la nature, la Torah n’est pas chez elle. Raison pour laquelle le Midrash explique que lorsque Moïse est monté pour recevoir la Torah, les anges n’ont pas voulu la lui donner, disant : « Ce n’est pas pour vous en bas ! ». Il faut être un ange pour pourvoir pratiquer la Torah. Parce que dès qu’il y a impureté, il n’y a plus de Qédoushah. Or, la Torah c’est pour la Qédoushah.

Voilà la grande contestation des Goyim contre Israël. Vous prétendez pourvoir pratiquer la Torah mais on ne peut pas tant qu’il y a la mort. Pour ceux qui auraient étudié le christianisme c’est exactement la différence entre le christianisme et le judaïsme. Le christianisme est une religion de la mort. C’est pourquoi ils ne veulent pas de la Torah, réservée au anges et non aux juifs hypocrites faisant semblant de pratiquer la Torah avec des truc comme la Para Adouma.

Quel est ce truc qui vous permet de faire comme si et faire semblant que vous ne mourrez pas ?

Voilà le fond du problème.

 

Effectivement, il faut savoir que c’est Torah min Hashamayim. Nous avpons reçu une Torah des anges pour la pratiquer sur terre. Et otus les Goyim contestent cela. Quels sont ces trucs avec lesquels vous faites semblant de pratiquer la Torah ? Vous ne pratiquez pas la Torah, vous êtes morts, impurs...

 

On lit cela dans Rashi :

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘houkat hatorah

 

זאת חקת התורה: לפי שהשטן ואומות העולם מונין את ישראל לומר מה המצוה הזאת ומה טעם יש בה, לפיכך כתב בה חקה, גזירה היא מלפני ואין לך רשות להרהר אחריה:

C’est parce que le Satan et les peuples du monde contestent Israël, en disant: "Qu'est-ce que cette Mitsvah, et quel est son sens?" C’est pourquoi est écrit le mot de’Houkah. C’est une Gzeirah un décret devant Moi ; tu n'as aucun droit de contester là-dessus. -- [Yoma 67b]

 

להרהר

C’est ce qu’on dit au Satan et aux Goyim, pas aux Juifs ! Alors vous voyez comment cela résoud la difficulté de tout-ál’heure : le fait de dire que ‘Hok cela n’a pas de sens et qu’il ne faut pas en chercher le sens, c’est pour le Satan et les Goyim, ce n’est pas pour nous. Nous nous allons comprendre ce que cela veut dire. Mais étend donné que il y a une contestation de la part des Goyim argant de cette complaisance de la part de Dieu nous donnant un truc pour pratiquer la Torah alors mëme qu’il y a l’impureté ! 

 

En principe on ne peut pratiquer la Torah que s’il n’y a plus la mort. La Torah c’est pour le monde à venir. La Torah c’est pour les Qédoshim, mais vous vivez dans un monde où il y a l’impureté. Alors qu’est-ce que vous racontez que vous pratiquez la Torah ?

Et alors on va leur sortir un mode d’emploi : les cendres de la vache rousse qui rendent pur ceux qui sont impurs... La réaction de Goyim ne peut être que : « vous vous foutez de nous ! ».

Alors on leur répond : on ne cherche pas à comprendre, le Bon Dieu l’a dit point final !

 

Les Sadducéens déjà parlaient comme cela. Il y a une phrase dans la Guémara Shabat 88 sur Naassé VéNishma : quand les Sadducéens disaient ausx Pharisiens : vous êtes un peuple « Paziz » « qui se précipite » : dès que Dieu vous a donné les 10 commandements, vous avez dit « Naassé VéNishma » « nous ferons et nous comrpendrons », qu’est-ce que cet empressement ? On leur répond : nous avons confiance en Dieu et c’est Dieu qui parle, on est tranquille ! Cela veut dire que les autres osnt des athées qui ne savent pas de qoui ils parlent...

 

Alors les Goyim disent : quel est donc ce pharisaïsme de la vache rousse ? On leur répond pareillement : « C’est Dieu qui a dit, c’est ‘Hok et on ne cherche pas à comprendre ! » Mais c’est aux Goyim et au Satan que l’on dit cela, et pas aux Bnei Israël. Je ne fais que lire Rashi.

 

C’est un ‘Hok : c’est grâce à cette disposition que la Torah est possible et c’est pourquoi cette Mitsvah s’appelle ‘Houkat HaTorah, parce que sans cette Mitsvah la Torah est impraticable.

Ce n’est pas plus compliqué que cela, il m’a fallu une heure pour dire deux mots.

 

Q : On l’attend depuis des millénaires ?

R : C’est pour cela qu’on est impur. Mais il faut bien savoir quel est le problème. Si nous avions un Sanhédrin capable de diagnostiquer une vache rousse, il y aurait une vache rousse. Pourquoi n’y-a-t’il pas de vache rousse ? parce qu’il n‘y a pas encore de Moïse ! S’il y avait un Moïse alors il y aurait une vache rousse !

 

Je voudrais ajouter pour les 5 minutes restantes :

Une lecture que j’ai lu dans le Ora’h ‘Hayim sans la retrouver, c’est peut-être dans un commentateurs du  Ora’h ‘Hayim qui va répondre de manière beaucoup plus massive aux Goyim et au Satan : le véritable mystère c’est de savoir pourquoi Dieu s’adresse à Israël pour donner la Torah. Le véritable mystère c’est Daber El Bénei Israël.

Regarder comment il le montre dans le texte :

 

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

daber el-beney Yisra'el

Voici le caractère mystérieux de la Torah

(celui qu’on ne discute pas et qui n’a pas de raison)

et que Dieu a prescrit en disant :

Daber El Bénei Israël

Parle aux enfants d’Israël !

 

Et c’est cela qui est ‘Houkat HaTorah !

On trouvera explication à tout dans la Mitsvah, sauf une chose : Pourquoi c’est aux Juifs que c’est donné ? C’est cela le mystère !  Daber el-beney Yisra'el :  Cela personne ne pourra l’expliquer.

 

Effectivement, on arrive à la notion de ’Houkah qu’on ne peut pas expliquer.

 

Fin

 

***

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 16:14

Houkat (1985) 2ème partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/houkat_serie_1985/cours_1

 

C’est dans l’identité d’Israël qu’il y a cette capacité de transformation des contraires. Cela fait partie d’un sujet beaucoup plus vaste : dans l’identité d’Israël il y a une force qui s’appelle le Bikhour – c’est-à-dire la force de transformer les choses en leur contraire : la malédiction devient bénédiction, le futur devient un passé, le passé devient un futur... Cela se voit dans énorméments de versets. Cette force-là se trouve en Israël. Je veux simplement mettre en évidence ce que nous vivons actuellement : on prend le passé le plus antérieur pour en faire un futur : C’est un Koa’h qui définit le Koa’h d’Israël qu’on appelle la force du ’Hidoush, du renouvellement.

 

Je relie cela très rapidement au problème de Moïse :

Moïse seul est capable de cette conduite de Mitsvah qui fait que toutes les Mitsvot sont possibles. Tant qu’on n’a pas eu cette clef, ce levier, on ne put pas embrayer dans la Torah. Pourquoi ? La Torah est donnée à un peuple dans l’état de pureté. Il faut donc d’abord le purifier pour qu’il puisse accéder à la Torah. Formellement, cela veut dire qu’il y a une Mitsvah à travers laquelle on devient soumis aux Mitsvot. Et c’est laquelle ? Du point de vue historique je crois que c’est suffisament clair : il faut passer de l’état d’impureté à l’état de pureté !

 

Le corollaire, c’est que celui qui fait passer les autres de l’état d’impureté à l’état de pureté lui-même sera impur et donc entre dans la communauté et est soumis à la même règle d’avoir à se purifier... etc.

 

Mais à priori, il s’agit de Moïse en particulier. Tant pour la sortie d’Egypte au niveau de l’événement historique, la sortie n’aurait pas été possible si ce n’était pas Moïse qui était l’intermédiaire, et pour éviter qu’on croit que c’est lui qui l’a faite on ne le cite même pas dans la Hagadah de Pessa’h. Mais on sait très bien que sans Moïse jamais rien n’aurait bougé. Mais il a fallu cette chose exceptionnelle que de Joseph à Moïse, finalement on trouve un hébreu sur le trône de Pharaon. Moïse est d’abord connu comme le fils adoptif de Pharaon et son héritier présomptif. Comme je le dis souvent c’est l’identité à l’inverse de celle de Joseph : Joseph c’est cet hébreu déguisé en égyptien. Et Moïse c’est cet hébreu déguisé en égyptien qui enlève le déguisement égyptien.

 

Tout cela a des antécédents dans le passé : une partie de l’identité d’Israël se met à part en vue du salut du Klal, de la collectivité, et a donc un destin exceptionnel, je parle de Moïse en particulier.

 

Tout se passe comme si nous vivons une situation analogue avec de nouveau cette situation de sortie de la Galout et le commencement de Guéoulah. 

 

Deux indications :

Il faut arriver à trouver cet clef, cette charnière, ce levier pour que cela puisse se déclencher. Cela ne peut venir que d’en-haut et ne peut pas venir d’en-bas. L’impur ne peut pas se transformer seul en pur. Il faut qu’il y ait un passeur. Quelqu’un qui fasse passer.   

 

***

 

Q : Je cherche un rapport direct entre le commentaire du Or Ha’Hayim et celui de Rashi ?

R : Ce sont deux choses différentes citées qui j’ai donné à deux moments différents de l’analyse. Il y a un rapport mais je ne l’ai pas précisé. L’enseignement du Or Ha’hayim : l’aspect ‘Houkah de la Torah c’est asher-tsivah Adonay lemor: “daber el-beney Yisra'el  D’autre part le Midrash que cite Rashi c’est le fait que Hashem nous ait donné ce commandement particulier de la Parah Adoumah, c’est une ‘Houkah. Cela veut dire qu’on va être en but aux contestations des Oumot Haolam, et j’essaie d’expliquer pour ma part l’importance de ce Midrash. Cela porte sur l’éventualité même, l’idée même, le problème même de la Torah qui est contestée : « vous ne pouvez pas pratiquer la Torah mais vous affirmez que c’est possible grâce à la Para Adoumah ? » Réponse : Grâce à la Para Adoumah avec derrière elle le thème de l’identité de Moïse et c’est Gzeirah de Dieu.

 

C’est un thème important mais difficile à manier. Il implique dans le langage de notre culture  contemporaine une catégorie qui est très délicate à exprimer et qui est l’élection d’Israël comme fait inexplicable.

 

Finalement, l’humanité entière, à travers l’islam pour sa part, et à travers la chrétienté pour la sienne, et dans d’autres fomules culturelles humanistes non forcément théologiques, reconnaissent qu’il y a un cas à part pour l’humanité et qui est le peuple juif, c’est-à-dire Israël. On ne dira pas « élection » mais on désigne finalement la même chose. Seulement, ils disent que cela a eu lieu et Israël a été ensuite déchu ... Ils ne peuvent pas nier qu’il y ait eu cela :

Zot ‘hukat hatorah asher-tsivah Adonay lemor daber el-beney Yisra'el

 

Dans le Kouzari par exemple Judah Halévi a très bien mis cela en forme dans son introduction. Si on demande au représentant de l’islam ou au représentant de la chrétienté d’où ils savent que ce en quoi ils croient est vrai, ils finissent par indiquer la source juive. A un certain moment il faut s’adresser à Israël ! Ancien testament pour les Chrétiens ou comme le dit le Coran la malédiction de la déchéance d’Israël. Cette incapacité d’admettre que la véritable volonté de Dieu c’est que la Torah d’en-haut soit pratiquée en bas. Pour eux la Torah d’en-haut n’est praticable qu’en-haut et pas en-bas où l’on s’arrange autrement.... Déclarant ces idées paradoxales : comment transformer l’impur en pur... ?

 

***

J’ai posé le principe suivant : il y a une Mitsvah en particulier de la Torah grâce à laquelle on peut embrayer dans toutes les Mitsvot de la Torah. Puisque toutes les Mitsvot de la Torah ont pour objectif, la Qédoushah, la sainteté.

 

Dans le temps de Galout quand le Beit Hamiqdash n’est pas encore construit, on peut penser qu’il y a une différence de nature entre les Mitsvot qui demandent la pureté pour la sainteté du temple et celles qui ne le demandent pas. Et cela c’est une situation de Galout, une situation provisoire. Tant que le temple n’est pas construit nous somme tous en état d’impureté, bien qu’il y ait les prescriptions de purifications dans les relations inter-humaines. Mais par rapport à la sainteté du Beit Hamiqdash nous sommes tous en état d’impureté. Il faut que l’on embraye quelque part pour pouvoir commencer à purifier les premiers  qui purifieront les autres. Dans tous les cas, il nous faut un Moïse qui soit ce cas particulier qui a été Moïse comme au temps de la sortie d’Egypte.

 

Il faut donc arriver à avoir le mérite d’une génération qui est capable de faire le travail de Moïse.

Là, il y a un mystère que l’on ne peut pas expliquer aux Goyim ni même au Satan. Dieu seul le connait et c’est une complicité  avec Israël. A chaque génération, dans le peuple d’Israël, il y a cela présent : cette capacité de pureté qui n’est atteinte par aucune impureté. On ne peut pas expliquer cela au monde qui ne comprend pas l’élection d’Israël, la grâce d’Israël, et qui devient furieux de ne pas pouvoir y participer...

 

Q :Y-a-t’il un rapport avec l’huile de ‘Hanoukah devenue impure ?

R: c’est la même chose, l’huile était rendue impure par le fait que les Grecs avaient touché les vases d’huile, et comme ils étaient impurs par contact du cadavre, l’huile est devenu impure. Toutes les Mitsvot finalement ont un préalable de pureté de telle sorte d’aborder le stade de la sainteté.

Tout ce qui est profane peut devenir saint à condition d’abandonner son stade d’impureté et d’acquerir d’abord la pureté.  Lorsqu’on est tombé dans l’impureté bien que par principe candidat à la sainteté, on est indisponible à la sainteté que l’impureté empêche. Il n’y a pas plus grande impureté que la Galout.

 

La sortie d’Egypte était impossible si ce n’était par Moïse, et le don de la Torah aux hommes était impossible si ce n’était par Moïse.

 

C’est le cas particulier pour l’ensemble des Mitsvot de la Torah d’une Mitsvah particulière qui permet la pratique de toutes les autres : la Mitsvah concernant la purification. C’est l’initiative de Moïse qui a fait que c’est possible. Donc il y a un secret de l’identité de Moïse qui est inexplicable pour les Goyim. Objectivement, cette histoire apparait comme si Dieu était complaisant envers Israël. Pour le monde entier, cela ne peut fonctionner mais pour Israël il lui donne un truc ?

Alors Israël répond : c’est Dieu qui l’a décidé, on n’y peut rien ! C’est ce que nous dit Rashi sur cette notion de l’élection d’Israël. Le piège c’est de croire que c’est une élection de privilèges, une élection de droits, alors que c’est une élection de devoirs, d’abord.

 

[L’année dernière eut lieu un grand colloque sur les Droits de l’homme à laquelle je devais participer avant d’être retenu. L’expression droits de l’homme n’existe pas dans toutes les sources de la tradition. Il y a celle des devoirs de l’homme.]

 

Suivant l’enseignement de Judah Halévi, il faut ajouter qu’Israël est l’Israël de l’humanité entiére.

Comme par exempe l’expression qui arrive avec la sortie d’Egypte : Ben Bekhori Israël   - mon fils 1erné Israël. C’est là dit le Midrash qu’on apprend que c’est bien Jacob qui est l’aîné et non pas Esaü. C’est confirmé là et cela veut dire que les autres aussi sont des fils. Mais tous l’oublient. Le statut de 1erné ne disqualifie pas les autres dans leur qualité de fils !

 

***

 

Q : Quel est le lien entre Parah Adoumah et le mythe chrétien ?

R : Dans le christianisme, comment cela se traduit-il dans leur théologie : c’est le fait que l’homme ne peut pas pratiquer la Torah, à moins qu’un homme exceptionnel prenne sur lui de la pratiquer et par-là expie les fautes de tout le monde. Mais ici c’est très différent : la Para Adoumah nous rend disponible pour pratiquer la Torah et chacun avec sa responsabilité.

 

***

 

Q : -inaudible-

R : J’explique rapidement: le principe de toute impureté quelqu’elle soit c’est le cadavre, c’est la mort. Nous expliquerons cela dans les Parashiot de Vayikra. Je vous dis simplement ce principe : Seul celui qui est capable de sainteté risque l’impureté. Plus on est capable de sainteté et plus on risque l’impureté grave. Vous verrez cet espèce d’étonnement, de paradoxe, dès qu’on arrive dans le livre de Vayiqra, livre qu’on appelle le Lévitique c’est-à-dire le livre qui concerne les Kohanim et les Léviim, ceux qui sont voués à la sainteté, alors les précisions méticuleuses concernant les risques d’impureté s’accumulent. .

 

Dans la culture générale à l’extérieur, c’est le principe complétement inverse : En français : « pour les purs tout est pur » mais il faut dire en réalité : « pour les purs tout risque d’être impur ». C’est-à-dire que celui qui est voué à la sainteté dans les principes de la culture générale ne connait pas l’impureté. Il n’y a plus de différence entre pur et impur. Cf. Paul.

 

Ici, la question est la suivante : du point de vue de la connaissance, on parle des 50 portes d’intelligence : Noun Shaarei Binah. Et corollairement à cela, il y a Noun Shaarei Touma, Noun Shaarei Kdoushah, les 50 portes de la pureté, les 50 portes de l’impureté.  On passe d’une porte de la connaissance à une porte supérieure de la connaissance en sortant d’une porte de l’impureté pour entrer dans une porte de la pureté. Mais s’il n’y a pas celui qui nous fait passer d’une porte de la connaissance de l’impureté à celle de la connaissance de la pureté, on ne peut pas sortir et on ne peut pas accéder à la connaissance. Cela revient un peu à ta question. 

 

Qriat Shéma 

 

Je vous dis l’exemple choisi dans le Talmud en parallèle à ce principe de Para Adoumah que l’on vient d’étudier. Effectivement, il existe une Mitsvah de la Torah grâce à laquelle on devient soumis à toutes les Mitsvot. Ce n’est pas la Brit Milah qui est une Mitsvah très important du signe de l’alliance puisqu’un juif même incirconcis reste un juif. Par exemple, le cas des hémophiles pour lesquels la loi prévoit de ne pas faire la circoncision. Il ne peut pas être président du consistoire mais il peut être rabbin. (Il ne peut pas être Parnass. Il y a des Mitsvot sociales qu’il ne peut pas réaliser).

La Mitsvah à travers laquelle on est soumis à toutes les Mitsvot c’est le Qriat Shéma : qui s’appelle Kabalat Ol Malkhout Shamayim Véol Mitsvot.

Quel est la signification du comportement de la Mitsvah de la lecture du Shéma ?

C’est un rite par lequel je prends sur moi la souveraineté de Dieu et de Ses commandements.

Kabalat Ol Malkhout Shamayim Véol Mitsvot.

 

Cette définition du Qriat Shéma nous est donnée dans la 1èreMishnah du 2èmechapitre de la Massekhet Brakhot dans un enseignement de Rabbi Yehoshua ben Kokha

 

La 1èreétude du Talmud concerne précisément une étude sur le Qriat Shéma. Vous allez retenir un des éléments de notre étude à propos du Kohen. Le Kohen reste impur jusqu’au soir. Sans entrer trop dans les détails du texte talmudique, je n’ai pas le livre devant moi et je vous en cite l’essentiel.

La 1èrequestion de tout le Talmud concerne la Mitsvah du Qriat Shéma le soir, parce que c’est la 1èreMitsvah qu’un Bar Mitsvah va faire. On est Bar Mitsvah le jour de la Bar Mitsvah, cela commence le soir et la première Mitsvah c’est le Qriat Shéma. Et par définition, le Qriat Shéma est la Mitsvah par laquelle on est soumis à toutes les Mitsvot.

 

Je formulerais le thème de cette étude ainsi : est-ce qu’on peut être obligé de la Mitsvah qui nous oblige les Mitsvot ?  Il y a comme un cercle vicieux. Peut-on considérer la Mitsvah du Qriat Shéma comme un des Mitvot parmi les autres ? La Guémara cherche la source de cette Mitsvah en tant que Mitsvah. Nous n’avons pas le temps d’étudier cela en détail je vous signale la définition du problème.

 

Voilà comment se formule la question de la Mishnah :

A partir de quand lit-on le Shéma le(s) soir(s) ?

 

Toutes les Mitsvot de la Torah vont commencer par cette Mitsvah qui consiste à dire le Qriat Shéma du soir, le soir de la Bar Mitsvah. Et chaque jour, cela recommence par le Qriat Shéma du soir. Et dans le 1erchapitre de Massekhet Brakhot, cette Mitsvah du Qriat Shéma est définie comme étant Kabalat ol malkhout shamayim véol Mitsvot.

 

Je reprends l’analyse de la difficulté : C’est par le fait que j’ai dit le Qriat Shéma que je suis soumis à l’obligation des Mitsvot. Mais qu’est-ce qui me soumet à l’obligation de cette Mitvsah qui, elle, me soumet à l’obligation des Mitsvot ? Je dois considérer donc toutes les Mitsvot comme étant obligation, mais la motivation de la Mitsvah du Qriat Shéma ne peut pas être obligation ! Qu’est-ce qui me mène à accepter le Qriat Shéma ? En acceptant le Qriat Shéma j’ai accepté l’obligation de toute la Torah. Mais ce qui me mène à accepter le Qriat Shéma cela ne peut pas être une obligation. Il y aurait un cercle vicieux !

 

Alors tout de suite la Guémara va s’occuper d’autre chose, elle va retenir le mot « le soir ».

Le sens de la question de la Mishnah c’est ceci:

A partir de quand c’est le soir pour dire le Qriat Shéma du soir ?

Parce que suivant les Mitsvot on peut commencer le soir à des moments différents. Par exemple pour Shabat on commence au coucher du soleil. Pour cette Mitsvah en particulier du Qriat Shéma on va finalement apprendre que la Mitsvah ne prend force de loi que à partir de la sortie des étoiles. Entre le temps du coucher du soleil et la sortie des étoiles, c’est le temps du crépuscule, le temps de passage entre le jour et la nuit, et donc cela pose problème: quand y-a-t’il passage ? Au commencement du passage ou à la fin du passage ?

 

Pour la sainteté du Shabat le passage a lieu au commencement du passage. Dès que le soleil se couche c’est Shabat. Donc le crépuscule du soir fait partie de la nuit. C’est-à-dire du jour suivant. Tandis que pour la Mitsvah du Qriat Shéma, le passage n’a lieu que lorsque le passage est fini. Alors donc le crépuscule fait partie du jour précédent. Vous avez compris pourquoi la Mishnah veut savoir quand c’est le soir pour le Qriat Shéma.

 .../...

Il y a différence entre les Séfardim et les Ashkénazim.

Je n’ai pas le temps d’expliquer cela. C’est pourquoi vous voyez au Kotel les Minianim des Séfardim finissant plus tôt alors que les Minianim des Askénazim attendent la sortie des étoiles pour commencer le Qriat Shéma.

 

Voilà la réponse donnée par la Mishnah :

A partir de quand on dit le Qriat Shéma du soir, c’est-à-dire à partir de quand c’est le soir pour dire le Qriat Shéma ?

C’est à partir du moment où le Kohen qui s’était rendu impur devient de nouveau disponible, pur dans sa pureté, bon pour le service de la Qédoushah.

 

On voit comment la Guémara va établir un lien direct entre ces 2 données. Formellement, c’est le même problème : la Mitsvah qui rend possible toutes les Mitsvot c’est le fait qu’un Kohen qui était pur, s’est rendu impur et donc reste impur jusqu’au soir, ce n’est que là que lui peut devenir de nouveau bon pour le service. Et de même manière, l’engagement du juif qui accepte la Torah commence par la Mitsvah du Qriat Shéma. Cela veut dire que celui qui lit le Qriat Shéma est dans la situation du Kohen et son culte commence par le fait qu’il est possible de manger la Teroumah. La Teroumah c’est le prélévement des récoltes qui est envoyé au Temple et qui est considéré comme nourriture consacrée et nourriture sainte que seul le Kohen a le droit de manger. C’est la partie des récoltes qui a été prélevée avant la commercialisation de la récolte. C’est donc un aliment pour lequel il n’y a eu aucune faute. C’est pourquoi c’est un nourriture consacrée et que seul le prêtre, qui est l’homme sans faute, l’homme de sainteté, a le droit de manger pour déculpabiliser l’ensemble du peuple. 

 

A partir de quand vais-je dire le Qriat Shéma du soir ?

Réponse : A partir du moment où le Kohen qui était indisponible pour son service redevient disponible pour son service.

 

La Guémara va poser une question apparemment naïve, je paraphrase :

Si la Mishna nous avait dit l’heure à laquelle il faut dire le Qriat Shéma, elle aurait précisé de suite « à la sortie des étoiles ! », et en ajoutant à la rigueur « comme dans le cas du Kohen » pour qu’on comprenne le lien. Mais elle nous a donné la réponse : « à l’heure où le Kohen rentre pour manger la Teroumah… » !

 

La Guémarah dévoile quelque chose de tout à fait autre. On se réfère à notre verset de Parshat ‘Houkat :

 

19 :7

וְכִבֶּס בְּגָדָיו הַכֹּהֵן, וְרָחַץ בְּשָׂרוֹ בַּמַּיִם, וְאַחַר, יָבֹא אֶל-הַמַּחֲנֶה; וְטָמֵא הַכֹּהֵן, עַד-הָעָרֶב

et le prêtre lavera ses vêtements et il lavera sa chair dans les eaux( il prendra le bain de purification) et aprés seulement le Kohen rentrera dans le camp et le Kohen sera impur jusqu’au soir.   

 

Regardez bien l’ordre :

A partir du moment où arrive le soir, le Kohen qui s’est rendu impur, (le Kohen dans notre cas du  Qriat Shéma c’est n’importe quel Kohen et n’importe quel camp, n’importe quelle impureté pour n’importe quelle raison...) est indisponible pour son service de Qedoushah jusqu’au soir. Après avoir pris la Tévilah c’est-à-dire le bain de purification. Ici, c’est le point de départ de tout ce problème. Le Kohen qui a rendu possible à tout Israël le commencement des Mitsvot.

 

C’est pourquoi il est très important que le Talmud ait choisi comme modèle de celui qui pratique la Mitsvah, le Kohen. Le modèle reste le Kohen.

 

On retrouve un thème très important de la Torah :

A la sortie d’Egypte Israël était destiné à être « un peuple de Kohanim ». Après ce qui est arrivé, il n’y a que les Kohanim qui sont restés Kohanim jusqu’au temps messianiques, mais entretemps le modèle reste le modèle. Le Juif doit pratiquer la Torah à la manière d’un Kohen dans sa Avodah.

 

Il y a d’autres conceptions du judaïsme possibles. La Guémara cite 7 opinions autres qui se groupent finalement en 3 catégories de nourriture.

 

  Le Kohen qui mange la nourriture consacrée,

  La pauvre qui mange le pain de la charité,

  Le Baal Habayit qui mange le pain de son travail.

 

On s’aperçoit que ce sont 3 heures différentes du soir : à la fin de la journée de travail celui qui rentre le vendredi soir chez lui et dit la Brakhah pour manger le pain du Shabat, ou bien le soir quand le pauvre rentre pour manger le pain de charité, finalement entre toutes ces grandes opinions en trois grandes catégories, la Guémara choisit comme modèle le Kohen.

Cela veut dire qu’à l’échelle individuelle on pourrait concevoir un judaïsme de la pauvreté, par voeu d’ascèse, on pourrait considérer un judaïsme d’exil sur le modèle du judaïsme consistorial : pendant toute la semaine comme les autres et juif le Shabat ; et entre ces 3 éventualités la Mishnah choisi : Halakhah pour tout Israël le modèle c’est le Kohen !

 

Finalement, ce que nous dévoile la Guémara : si la Mishnah a répondu que c’est à l’heure où le Kohen qui s’était rendu impur, rentre de nouveau dans le camp de la pureté pour manger sa Troumah, c’est pour nous indiquer un principe très important : que le sacrifice d’expiation du fait qu’il a été impur, n’empêche pas qu’il est de nouveau tout de suite disponible pour le service dès que le temps est arrivé. Son sacrifice d’expiation ne peut être offert la nuit. Donc il doit attendre le lendemain matin. Alors il est tout de suite disponible le soir et le sacrifice d’expiation attend après. Ce principe s’appelle « Kaparah laméakévah ».

C’est-à-dire que la Kaparah de l’exiation de ce qui s’est passé comme cause de l’impureté n’est pas un obstacle au fait d’être redevenu pur.

 

Il y a 3 processus :

 

  le processus du passage de l’impureté à la pureté,

  le processus de l’expiation de l’impureté antérieure,

  et le processus de passer au moment du temps où l’on a changé de temps.

 

« Il est impur jusqu’au soir ».

A la fin de journée, il prend le bain de pureté, mais il faut attendre le début du soir (c’est-à-dire la sortie des étoiles dans notre cas) pour pouvoir de nouveau être disponible pour son service.

 

Il y a une 3èmeclause : il faut qu’il expie son impureté. Parce que nous nous sommes dans le cas d’Israël : ce n’est pas une faute de s’être rendu impurs, mais il y a une obligation de se purifier. Tandis que pour le Kohen il n’y a pas seulement obligation de se purifier, c’est une faute pour lui de se rendre impur ; il y a donc expiation de l’impureté.

 

Par conséquent, avec ce principe-là, peut-être a t’il fait tout ce qu’il fallait faire et qu’il s’est purifié, le temps est arrivé, mais il faut quand même qu’il attende le lendemain matin pour commencer à être bon pour le service, après son sacrifice d’expiation de l’impureté.

Mais la Guémarah nous dit que non : si la Mishnah s’est exprimée ainsi, c’est pour nous faire comprendre que pour le Qriat Shema aussi, l’expiation n’est pas nécessaire, c’est-à-dire qu’elle peut être retardée jusqu’au lendemain matin.

 

Cela veut dire qu’après avoir fonctionné toute la journée, il est impossible de fonctionner sans qu’il y ait d’impureté. Prenez cela à tous les niveaux de valeurs. Quelle est alors cette ‘Houtspah de se dire : Bon et bien la journée est terminée et avec mon stock d’impuretés je me mets devant le Créateur je dis de nouveau Shéma Israël et je reprends le service avec mes impuretés ?  La Guémara nous dit alors que si le temps est arrivé, il est de nouveau bon pour le service. Si des choses doivent être arrangées, demain il fera jour ! L’expiation attend le lendemain…

C’est une perspective extrêmement importante. Je vous complète cela.

 

Prolongement :

Il y a une discussion quelque pages plus loin pour savoir quel est l’ordre entre Téfilah et Qriat Shéma le soir et matin. Tout le monde est d’accord que le matin l’ordre c’est Qriat Shéma et Téfila. Alors que le soir, il y a discussion entre Rabi Yo’hanan et Rabi Yéhoshouah ben Lévi. Rabi Yo’hanan nous enseigne le soir l’ordre est le même que le matin : d’abord Qriat Shéma et ensuite la Téfilah. Pour Rabi Yéhoshouah ben Lévi le soir on dit d’abord la Téfilah et après le Qriat Shéma.

 

Voilà comment cette discussion est introduite dans la Guémara. 

On a cité une Braïtah, un enseignement précédent, indiquant voilà l’ordre du comportement de l’homme à la fin d’une journée » 

L’homme revient du travail le soir, qu’il ne dise pas «je vais manger un peu, boire un peu, avant le Qriat Shema », de peur que le sommeil ne le prenne... et qu’il passe la nuit sans le Qriat Shéma.

 

Voilà quel doit être l’ordre du comportement de l’homme à la fin d’une journée : 

« L’homme revient du travail du champs le soir». Si le temps du Qriat Shema n’est pas encore là parce qu’il a fini de travailler au début du crépuscule. Mais ce n’est que lorsque le crépuscule est fini qu’on peut dire Qriat Shéma. Il a donc fini de travailler quand le crépuscule commence.

Ce n’est que lorsque le crépuscule finit qu’il dira le Qriat Shema.

 

Alors la Braïtah nous dit : s’il avait l’habitude d’étudier le Miqra, il lira le Miqra, s’il a l’habitude d’étudier la Mishnah, il étudie la Mishnah, quand le temps arrive il dit le Qriat Shema et il prie...

 

Alors la Guémara va dire : nous avons donc là une source qui est suivant l’opinion de Rabi Yo’hanan. Rabi Yo’hanan avait dit de la manière suivante : qui mérite le monde à venir ? Celui qui relie le Qriat Shéma du soir à la Téfilah du soir. Parce que la dernière proposition du Qriat Shéma du soir c’est le rappel de la sortie d’Egypte : Et on prie devant Celui qui nous sauvé d’Eypte.

 

Au matin cela ne pose pas de problème, la sortie d’Egypte est achevée, on est sorti de la nuit. Le soir on va rentrer dans l’événement et peut-être qu’on ne le méritera pas, alors on n’en est pas assuré. Est-ce que le soir on peut assurer la prière à la reférence de la Guéoulah ?

La Guéoulah est évidente au matin, et elle est aléatoire le soir.

 

Cette discussion est très importante pour toute les implications historiques et politiques que j’essaierais de vous montrer très rapidement

 

Alors, finalement la Guémara va dire : qu’est-ce qui les sépare ?

L’opinion de Rabi Yo’hanan c’est que le rite est ainsi : le matin Qriat Shema - Téfilah de Min’ha -Qriat Shema -Tefilah de Arvit .

Rabi Yéhoshouah Ben Lévi c’est Qriat Shema -Téfilah de Shaarit -Tefilah de Min’ha -Tefilah de Arvit et Qriat Shema du soir.

 

Et cela n’a rien à voir avec le Qriat Shema que l’on dit avant de se coucher qui est encore autre. Il s’agit du Qriat Shéma de Arvit.

La Guémara dit : on peut expliquer cela soit par le raisonnement, soit par le recours au verset.

 

Le recours au verset est le même pour les deux.

Rabi Yo’hanan le cite et dit : puisque le texte « et tu en parleras à ton lever et à ton coucher... »

Il souligne l’analogie : De la même manière le matin c’est d’abord le Qriat Shema du matin et la Téfilah un matin, le soir c’est d’abord le Qriat Shema du soir et après la Tefilah du soir !

C’est le « raisonnement scripturaire » (basé sur les versets).

 

D’autre part, on peut expliquer cela par le raisonnement.

Voilà comment a raisonné Rabi Yehoshouah ben Lévi:

Puisque la Guéoulah vraiment n’a eu lieu qu’au matin, la Guéoulah du soir n'est pas Guéoulah vraiment, et par conséquent on ne peut se baser sur elle.

Alors que Rabi Yo’hanan pense que : puisque la Guéoulah du soir est déjà Guéoulah, bien que la Guéoulah vraiment ne soit que le lendemain matin, elle est déjà Geoulah et on peut se baser sur elle. La discussion s’arrête-là, on ne peut pas trancher.

 

Dans ce problème, ni le recours au texte ni le recours à l’idéologie ne peut trancher. il faut un engagement.

 

C’est pourquoi Rabi Yo’hanan dit : qui mérite le monde à venir ? Celui qui dit d’abord Qriat Shema et ensuite la Tefilah de telle sorte de sortir de la Guéoulah pour entrer dans la Tefilah, le soir déjà. Or, la Halakhah est comme Rabi Yo’hanan : la tradition a choisi son opinion.

 

Au moment de la sortie d’Egypte : Moïse annonce la délivrance à minuit et demande la préparation du sacrifice de Pessa’h pour le soir. Ceux qui sont réticents et ne feront pas le sacrifice de Pessa’h ne sortiront pas avec eux. Ceux qui attendent des signes ne sont pas sortis, ceux qui ont agi dès le commencement sont sortis.

 

Cette Ma’hloqet existe aujourd’hui de notre temps, c’est la Ma’hloqet idéologique entre le Mizrari et l’Agoudat Israël. La position de Agoudat Israël c’est celle de Rabi Yehoshouah ben Lévi: la Guéoulah oui, mais quand elle sera là ! Cela veut dire : On verra demain matin s’il fera jour vraiment, pour le moment nous sommes encore à la veille de la veille de la veille ... Par conséquent, on ne dira pas la Brakhah et le Hallel à Yom Haatsmaout... !

Tandis que Mizrari suit la position de Rabi Yo’hanan. On dit la Brakhah et le Hallel à Yom Hatsmaaout. Et la Halakhah est en faveur de ceux qui disent que dès que cela commence, cela commence... Question à demander aux rabbins de la Agoudah : n’ont pas lu cette Halakhah-là ?

 

<fin>

 

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 14:35

Paracha Houkat 1985

 Rédigé et mis en forme à partir d'un enregistrement:

Houkat - série 1985 - 1985, Français (cliquer sur Face A) 

Par le Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou) זצ"ל

On a les Parashiot qui sont les deux dernières du livre de Shmot - Vayaqel et Peqoudei – et qui traitent de la fins des Mitsvot et des prescriptions concernant la construction du tabernacle.

Au moment de la Parashah Troumah nous avions étudié ces questions.

D’autre part, comme c’est le Shabat qui précède la semaine où il y a le Rosh ’Hodesh Nissan c’est un Shabat particulier, comme on en a déjà eu dans le mois de Adar, et ce Shabat est le Shabat Para.

 

On lit alors les premiers chapitres de la Parashah de ‘Houkat qui se trouve dans Parshat Bemidbar.

On a institué cette prescription particulière du Shabat Para dans la semaine qui précéde le Rosh ‘Hodesh Nissan : on lit le début de la Parashah Houkat et cela s’appelle Shabat Para. Et ce sont les prescriptions qui devaient assurer la purification, en particulier la purification des Kohanim, et de façon générale la purification de quiconque était atteint d’impureté et donc inapte à la Qedoushah et à toute relation à la sainteté, en particulier au culte dans le Temple.

 

Etant donné qu’on se prépare à partir de Pessa’h au sacrifice de Pessa’h - c’était au temps où le temple existait, on se préparait à partir de Pessa’h au sacrifice de Pessah, alors l’enseignement donné avant le commencement du mois de Nissan était de rappeler les prescriptions concernant la purification dans le cas où une impureté avait été contractée. C’est la raison de base essentielle que nous étudierons assez rapidement. En 2ème point, nous verrons comment s’est relié à la sortie d’Egypte elle-même qui se prépare à partir du commencement du mois de Nissan.

 

Et j’étudierais le thème suivant sous forme de comparaison, mais c’est plus qu’une comparaison : la sortie d’Egypte est aussi la sortie de l’impureté dans laquelle Israël se trouvait en Egypte, et la préparation au temps d’Israël qui commencera avec le soir de la sortie d’Egypte elle-même et qui commence donc avec le temps de Nissan.

 

Ensuite s’il nous reste du temps, j'espère, nous verrons un thème analogue qui est directement relié aux versets étudiés dans la Parashah de ‘Houkat, dans le Talmud.

 

***

Alors je commence d’abord par lire les principaux versets de cette Paracha. Nous étudierons un des thèmes posés par le verset, et en 2ème partie nous essaierons de l'éclairer, de l'illustrer, par l'enseignement du Talmud sur un sujet très analogue.

 

19:1

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה וְאֶל-אַהֲרֹן לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe ve'el-Aharon lemor

 

C’est donc un commandement que Dieu va donner simultanément à Moïse et à Aharon. Ce fait même pose un problème pour lui-même, je vous le signale en passant : Il y a certaines Mitsvot qui sont transmises à travers Moïse et Aharon ensemble dans cet ordre Moïse et Aaron, et d’autres dans l’ordre Aharon et Moïse. Et puis la majorité des Mitvot sont données à travers Moïse. Le Talmud établi à ce sujet qu’en réalité toutes les Mitsvot sont données à travers Moïse et Aharon à la fois. On l’apprend en particulier de chaque contexte où il y a un verset de ce type :

 

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה וְאֶל-אַהֲרֹן לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe ve'el-Aharon lemor...

 

Ou des versets qui donnent Aharon avant Mosheh pour montrer l’équivalence entre Moïse et Aaron. Cependant lorsque la Torah est transmise à travers Moïse elle a un objectif de Tiqoun HaOlam – la restauration de l’ordre du monde, lorsque la Torah est transmise à Aharon, elle a une dominante différente : elle a l’objectif de la Kaparah c’est-à-dire de la restauration dans le sens de l’expiation d’une faute qui entretemps a été faite.

 

Torat Mosheh et Torat Aharon c’est la même Torah mais Torat Mosheh c’est apriori de la faute et Torat Aharon c’est a postériori de la faute. 

 

Avant même que toute éventualité de faute ne soit envisagée il y a un ordre du monde à rétalir : l’achèvement de la mise au point du chaos originel au point où chaque génération le reçoit.

 

Et pendant ce « métier d’homme » qui devient assez  rapidement un métier hébreu et finalement un métier juif, des fautes peuvent être faite. Alors un deuxième dimension apparait : Le fait de restaurer la situation d’avant la faute pour pourvoir être disponible pour le service de la restauration du monde.

 

Il y a les 2 objectifs qui nous sont donnés simultanément dans la Torah mais nous nommons la Torah « Torat Mosheh » pour ne pas oublier que l’accent est mis non pas sur la restauration des fautes, mais sur la réparation du monde. Et dans ce métier de « réparateur du monde » si j’ose dire,   il peut y avoir des fautes de métier. Alors il faut les réparer avant de continuer.

 

Nous allons voir que là il était nécessaire de rappeler le nom de Aharon parce qu’effectivmeent c’est un problème clef concernant la possibilité d’être disponible pour ce métier de réparation du monde.

 

En hébreu c’est beaucoup plus clair :

Tiqoun Haolam : c’est la restauration de l’ordre idéal du monde, c’est-à-dire la restauration du projet du Créateur pour le monde. Et à chaque étape de l’histoire du monde il y a une exigence de progrès dans la réalisation de ce projet ; mais il peut y avoir, étant donné le stade de mérite ou d’identité où se trouve l’homme qui est occupé à cette réalisation, régression dans ce progrès même. Il faut donc réparer la régression avant de nous rendre de nouveau disponible pour continuer la progression.

 

La Parashah que nous allons étudier  se relie centralement à ce sujet-là.  

 

19:2

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor daber el-beney Yisra'el veyik’hu eleykha farah adumah tmimah asher eyn-bah mum asher lo-alah aleyha ol.

 

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘hukat hatorah

 

C’est l’expression la plus importante à cette introduction à ce qui va nous être lu : il s’agit du problème des cendres de la vache rousse qui permettent de prendre le bain de purification de l’impureté. Ces eaux qu’on appelle dans le terme technique les « eaux lustrales » qui permettaient le bain de purification se composaient des cendres d’un vache complétement pure, parfaite, en couleur et en constitution, auxquelles on ajoutait certaines catégories d’herbes pour le végétal et l’animal ; et c’est pourquoi on a l’habitude de dire en français la « vache rousse ».

 

19:2

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor daber el-beney Yisra'el veyik’hu eleykha farah adumah tmimah asher eyn-bah mum asher lo-alah aleyha ol.

 

Voici le principe de la Torah – je traduis le mot de ‘Houkah par principe pour indiquer le fait que cette loi en particulier de la Parah Adoumah est un principe fondamental de toute la Torah

 

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘hukat hatorah

Voici le principe de statut de la Torah.

 

Or, le mot de ‘Houkah lui-même signifie une loi qui est imposée en dehors de toute recherche de signification. C’est le sens habituel que vous trouverez dans les dictionnaires et chez les commentateurs immédiats, du terme de ‘Houkah. L’exemple que j’emploie toujours pour tenter d’éclaircir cette notion :

Un exemple dans le langage juridique : vous avez une constitution, une législation au nom de laquelle, l’appareil juridique va rendre ses jugements. Le jugement s’appelle le Mishpat et la constitution au nom de la quelle le juge doit juger, la constitution donnée par le législateur  s’appelle la ‘Houkah.

Même en hébreu moderne on a repris un peu ce vocabulaire : la ‘Houkah c’est le code et le Mishpat c’est la jurisprudence qui est déduite ou induite parfois du code.

 

Par conséquent, il y a certaines Mitsvot que l’on appellera des Mishpatim. Ce sont les conséquences de l’application d’un principe de la Torah à une situation donnée. Et les Mitsvot que l’on appelle des ‘Houkim, ou au féminin des ‘Houkot, et qui sont ces prcinipes-là au nom desquels on donne les Mishpatim.

 

L’ensemble des Mitsvot se divisent en différentes catégories, et en particulier ces Mitsvot qui ont la forme et l’aspect et le contenu d’un principe sine qua non de la Torah s’appellent des ‘Houkot.

 

Par exemple dans la Sidra de Be’houqotaï : « Im Be’houqotaï tishmeou » Si vos observez mes ‘Houkot. Cela veut dire non seulement l’application des données de la Torah dans le détail, mais les principes de cette Torah qui fondent les Mitsvot et font qu’elles sont ce qu’elles sont.

L’intention profonde de la Torah est formulée au niveau des ‘Houkim  et des ‘Houkot.

 

En se basant sur des Midrashim authentiques, non interprêtés, on a pris l’habitude de dire que ‘Houka, c’est une loi sans signification alors que Mishpat c’est une loi qui a une signification.

Je corrigerais cette affirmation.

Nous aurons l’occasion d’étudier le commentaire de Rashi là-dessus, qui se base d’ailleurs sur ces Midrahsim pour un peu démystifier ce problème, et le nuancer.

 

Toutes les Mitsvot de la Torah ont un sens, mais il est plus ou moins accessible. Et en particulier à propos de la Para Adoumah, le Midrash dit : seul Mosheh Rabénou en avait la signification, c’est pourquoi tout de suite dans la suite du verset la Para Adoumah va être nommée du nom de Moïse.

 

Et le Midrash continue : même le roi Salomon qui avait la plus grande sagessse après Mosheh Rabénou a tenté de comprendre cette ‘Houkah sans y parvenir. Il a déclaré :

Qohelet 7:23 :

כָּל-זֹה, נִסִּיתִי בַחָכְמָה; אָמַרְתִּי אֶחְכָּמָה, וְהִיא רְחוֹקָה מִמֶּנִּי

Tout cela, je l'ai expérimenté avec sagesse; je disais: "Je voudrais me rendre maître de la sagesse!" Mais elle s'est tenue loin de moi.

 

 « Loin de moi » dit le Midrash c’est Para Adoumah.

Nous aurons l’occasion de revenir sur ce thème : Mosheh peut le comprendre mais pas Salomon.

 

Première proposition :

 

ð  ‘Houkah : c’est une loi qui n’est pas discutable, loi donnée pure et simple, Gzéra en hébreu, et qui n’aurait  pas de signification.

 

ð  La 2ème formule qui se substitue à la premiére bien qu’à peine nuancée est trés différente :Toutes les lois de la Torah sont à la fois des Gzérot et ont leurs significations suivant les niveaux. En particulier au niveau le plus grand, cette loi de Para Adoumah qui est une ‘Houkah dont la signification est inaccessible.

 

Je vous donne un 2ème exemple au niveau du langage mathématique :

Il y a les axiomes et les théorèmes. Les axiomes sont les principes qui sont toute la base même de la pensée mathématique et desquels on déduit ou on induit des théorèmes.

Par exemple, le principe d’identité en logique générale, est une ‘Houkah. La raison ne peut pas fonctionner en dehors du principe d’identité. A=A Une chose est égale à elle même et n’est pas égale à une autre chose (‘Houkah). Et du principe d’identité découle un certain nombres de principes logiques qui en sont les conséquences (Mishpatim). 

 

Nous manions dans notre raisonnement logique des principes qui ont une très grande importance dont on pressent qu’ils ont une signification très profonde, mais on n’arrive pas à pressentir que le fonctionnement du monde est basé dessus.

 

Par exemple, un principe qui m’a beaucoup frappé en mathématiques : Avec deux fractions : Le produit des extrêmes et des moyens est égale. Or il n’y a rien de plus différent que les extrëmes et les moyens, mais leur produit est égal !

C’est un principe très fécond en mathématique, mais si on arrivait à pressentir et comprendre la signification profonde de ce principe, on s’aperçoit que c’est un des principes sur lequel le fonctionnement du monde repose.

 

Ici, nous avons donc une Misvah particulière apparemment mais qui est nommée par la Torah la ‘Houkah de la Torah toute entière : זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה  Zot ‘houkat hatorah

 

On pourrait dire aussi de façon beaucoup plus concise : voici le principe de cette Torah particulière. Parce que dans le langage du Miqra et de la tradition chaque Mitsvah est appellée une Torah.

Dans la ‘Hassidout, par exemple, chaque Dvar Torah chez les ‘Hassidim s’appelle une Torah.

 

On peut donc aussi lire ainsi :

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘hukat hatorah

Voici le principe de cette Torah qui concerne la Para Adoumah

 

Mais en général, les premières sources ont toujours lu זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה Zot ‘hukat hatorah cette Mitsvah de la Para Adoumah c’est la ‘Houkah de toute la Torah...

 

19:2

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘houkat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

daber el-beney Yisra'el veyik’hu eleykha farah adumah tmimah asher eyn-bah mum asher lo-alah aleyha ol.

 

Zot ‘houkat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

Voici qu’elle est la ‘Houkah de la Torah

Que Dieu a ordonnné en disant

asher-tsivah Adonay lemor

On pourrait se poser la question: Que Dieu a ordonné en disant

Est-ce que cela va à la Para Adoumah ? à la ‘Houkah ? ou à la Torah ?

Zot ‘hukat hatorah asher-tsivah Adonay lemor

Voici la ‘Houkah de la Torah (la Para Adoumah) que Dieu a ordonné en disant

Voici la ‘Houkah de (toute) la Torah que Dieu a ordonné en disant

 

D’après les Taamim on voit que c’est la 2nde lecture qui est la plus immédiate.

Voici la ‘Houkah de (toute) la Torah que Dieu a ordonné en disant

 

Avant d’aller plus lin je voudrais vous citer un commentaire profond du Or Ha’Hayim :

Dans toute Mitsvah, il y a un aspect de ‘Houkah, dans son aspect indiscutable. Arrivé-là il n’y a plus de place pour chercher à comprendre pourquoi : il y a qulque chose de l’ordre du mystère.

 

(Et vous savez à quel point il faut éviter ce motde mystére lorsque l’on parle de la Torah. Ce mot appartient au vocabulaire grec et dans la tradition hébraïque on parle de Sitrei HaTorah – les secrets de la Torah - plutôt que des mystères de la Torah. Le mystère est une connaissance qu’on n’a pas et qu’on perçoit comme étant inaccessible. Tandis qu’un secret est une connaissance peut avoir. On ne l’a pas provisoirement parce qu’elle est secrête. Mais le fait qu’il y ait secret est une invitation à le comprendre. Tandis qu’un mystère, l’invitation est justement l’inverse.. Dans les religions mystiques c’est plein de mystères : des religions à mystères... 

Dès le début du commentaire de Na’hmanide sur la Torah, dès les premiers versets commentant Rashi : ce dont je te parle est un secret profond et ceux qui le savent doivent le taire...

Les commentateurs de Na’hmanide s’interrogent : pourquoi parle t-il si c’est un secret ? Dès qu’on parle d’un secret il est commencé à être dévoilé. De la formule même qu’emploie Na’hmanide on apprend que les secrets sont faits pour être découverts. Mais il y a des précautions, des conditions...    

 

Exemple des formules habituelle du Maharal : l’étude du chapitre est finie et il finit en disant: et tout ce qui est très clair comprend le bien... ? On a alors compris qu’on n’a pas compris et qu’il faut recommencer... parce que ce sont des formules qui indiquent qu’il y a quelque cose qu’il faut comprendre et qui ne peut pas être dit.

 

Or Ha’Hayim :

Dans toute Mitsvah de la Torah, il y a un aspect étrange : le fait que la Torah insiste systématiquement c’est ce fait que la Torah s’adresse à Israël. Il doit y avoir une raison Mamash mais finalement cela est devenu un article de foi – mais on a perdu les moyens de le percevoir. Systématiquement la Torah dit « Daber el bnei Israël »...

C’est un thème qui a été également beaucoup repris dans la ’Hassidout.

Zot ‘hukat hatorah : asher-tsivah Adonay lemor: "daber el-beney Yisra'el".

Voici le côté ‘Houkah de toute la Torah c’est asher-tsivah Adonay lemor: "daber el-beney Yisra'el" : c’est le fait que Dieu a ordonné  en disant « Parle aux enfants d’Israël ».

Cette chose-là que cela s’adresse aux enfants d’Israël, cela c’est le secret de la Torah...

 

Il y a là un aspect indiscutable, un aspect devant lequel on est démuni lorsqu’on cherche la signification. Rambam dit trés clairement dans la 2ème partie du Guide des Ègarés: le fait que Dieu ait donné la Torah à Moïse et à Israël ceci c’est une décision de la volonté divine et nous ne devons pas chercher à la comprendre. Cela ne veut pas dire qu’on ne comprrend pas. Mais cela veut dire que c’est quelque chose qui est contesté de toutes les manières. Et nous allons voir comment Rashi le dit.

 

Au fond dans le vocabulaire contemporain, c’est contester cette prétention à l’élection d’Israël que quand Dieu parle, Il parle à Israël. Comme j’ai l’habitude de dire avec une formule empruntée à la télévision : c’est une révélation « en direct » pour les Hébreux et Israël, qui est « en différé » pour les autres.

 

C’est un fait dont on est bien obligé de prendre acte et c’est un fait qui apparait comme ‘Houkah, Gzerah, décrêt divin. En réalité on s’aperçoit depuis le commencement de l’histoire d’Abraham qu’il y a plein de raisons à ce choix d’Israël par Dieu. Mais le fait brut apparait comme cela.

 

Je ferme cette parenthèse et je reprends le Pshat du verset :

 

19:2

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

daber el-beney Yisra'el

veyik’hu eleykha

farah adumah tmimah

asher eyn-bah mum

asher lo-alah aleyha ol.

Et ils prendront vers-pour toi

Une vache rousse entiérement

Qui n’a pas de défaut.

Sur laquelle n’est jamais monté le joug

 

C’est-à-dire qui n’a pas été consacrée à autre chose que ce à quoi elle sera consacrée.

 

19 :3

וּנְתַתֶּם אֹתָהּ, אֶל-אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן; וְהוֹצִיא אֹתָהּ אֶל-מִחוּץ לַמַּחֲנֶה, וְשָׁחַט אֹתָהּ לְפָנָיו

Unetatem otah el-El'azar hakohen

vehotsi otah el-michuts lamachaneh

veshachat otah lefanav.

Et vous la donnerez à Eléazar le prêtre

Il la fera sortir en dehors du camp

Et la sacrifiera devant lui

 

Nous trouvons la même formule à propos de la Parshat Troumah : Parles aux enfants d’Israël et c’est à toi de savoir ce que tu dois leur dire pour que le résultat soit que : et ils prendront pour toi...

C’est pourquoi c’est la racine de ce fait que la vache rousse est nommé du nom de Moïse.

Nous en verrons plus lors de l’étude du problème de la sortie de l’impureté d’Egypte.

 

19 :4

וְלָקַח אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן, מִדָּמָהּ--בְּאֶצְבָּעוֹ; וְהִזָּה אֶל-נֹכַח פְּנֵי אֹהֶל-מוֹעֵד, מִדָּמָהּ--שֶׁבַע פְּעָמִים

Velaka’h El'azar hakohen midamah be'etsba'o

vehizah el-nochach peney ohel-mo'ed

midamah sheva pe'amim

et Elazar le prêtre prendra de son sang avec son doigt

et aspergera le devant de la tente du tabernacle

de son sang 7 fois

 

Ensuite ce verset important :

19:5

וְשָׂרַף אֶת-הַפָּרָה, לְעֵינָיו:  אֶת-עֹרָהּ וְאֶת-בְּשָׂרָהּ וְאֶת-דָּמָהּ, עַל-פִּרְשָׁהּ יִשְׂרֹף

Vesaraf et-haparah le'eynav et-orah

ve'et-bsarah ve'et-damah al-pirshah yisrof.

Et il brûlera cette vache à ses yeux

Et sa chair et son sang et ses entrailles seront brûlés

 

Cela veut dire qu’elle sera brûler toute entière dans toute ses catégories d’être

 

19 :6

וְלָקַח הַכֹּהֵן, עֵץ אֶרֶז וְאֵזוֹב--וּשְׁנִי תוֹלָעַת; וְהִשְׁלִיךְ, אֶל-תּוֹךְ שְׂרֵפַת הַפָּרָה

Velakach hakohen ets erez ve'ezov

ushni tola'at

vehishlich el-toch srefat haparah.

Le prêtre prendra du bois de cédre et d’hysope

Et une cochenille (dont la pelure une fois sêchée donnait la couleur cramoisie)

Et il jettera cela dans le brûlement de la vache

 

Une sorte de délégation de tous les règnes vivants ensemble dans el brûlement de la vache comme traduit André Chouraqui. Et on préparera ces cendres-là.

 

19 :7

וְכִבֶּס בְּגָדָיו הַכֹּהֵן, וְרָחַץ בְּשָׂרוֹ בַּמַּיִם, וְאַחַר, יָבֹא אֶל-הַמַּחֲנֶה; וְטָמֵא הַכֹּהֵן, עַד-הָעָרֶב

Vechibes begadav hakohen

 verachats bsaro bamayim

ve'achar yavo el-hamachaneh

vetame hakohen ad-ha'arev

et le prêtre lavera ses vêtements

et il lavera sa chair dans les eaux (il prendra le bain de purification)

et après seulement le Kohen rentrera dans le camp

et le Kohen sera impur jusqu’au soir.                    

 

19 :8

וְהַשֹּׂרֵף אֹתָהּ--יְכַבֵּס בְּגָדָיו בַּמַּיִם, וְרָחַץ בְּשָׂרוֹ בַּמָּיִם; וְטָמֵא, עַד-הָעָרֶב

Vehasoref otah

yechabes bgadav bamayim

 verachats bsaro bamayim

vetame ad-ha'arev.

 De même celui qui a brûlé (la vache )

Lavera ses vêtements dans l’eau

Lavera sa chair dans l’eau

Et sera impur jusqu’au soir.

 

19 :9

וְאָסַף אִישׁ טָהוֹר, אֵת אֵפֶר הַפָּרָה, וְהִנִּיחַ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה, בְּמָקוֹם טָהוֹר; וְהָיְתָה לַעֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לְמִשְׁמֶרֶת, לְמֵי נִדָּה--חַטָּאת הִוא

Ve'asaf ish tahor et efer haparah

vehiniach michuts lamachaneh

bemakom tahor

vehayetah la'adat bney-Yisra'el lemishmeret lemey nidah chatat hi.

Et un homme pur...

 

Cela veut dire : ceux qui se sont occupés de préparer les cendres de la vache rousse qui ont pour objet de purifier les impurs, ceux-là même deviennent impurs.

Cela veut dire : C’est un Kohen qui était en état de pureté qui était chargé de préparer les cendres qui seront dans l’eau qui servira de purification pour quiconque était en état d’impureté. En préparant la capacité de purifier l’impureté, il se rend impur. Donc il faudra qu’il se purifie et restera dans son état d’impureté jusqu’au soir.

 

C’est là-dessus que je reprendrais un exposé du Talmud sur un sujet parallèle.

 

19 :9

וְאָסַף אִישׁ טָהוֹר, אֵת אֵפֶר הַפָּרָה, וְהִנִּיחַ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה, בְּמָקוֹם טָהוֹר; וְהָיְתָה לַעֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לְמִשְׁמֶרֶת, לְמֵי נִדָּה--חַטָּאת הִוא

Ve'asaf ish tahor et efer haparah

vehiniach michuts lamachaneh

bemakom tahor

vehayetah la'adat bney-Yisra'el

lemishmeret lemey nidah

’hatat hi.

Et un homme pur rassemblera la cendre de la vache

La placera en dehors du camp

Dans un endroit pur de toute impureté

Elle y sera pour l’assemblée d’Israël

Un réserve pour les « eaux lustrales » (les eaux de purification) 

C’est un sacrifice d’expiation

 

Voilà donc le thème. Je vais formuler le principe général de cette question :

Il y a à priori une impossibilité d’accéder à l’état de pureté. Pourquoi ? Parce que pour accéder à l’état de pureté, il faut le faire par l’intermédiaire de quelqu’un qui serait déjà pur. Or, il s’agit d’accéder de l’état d’impureté à l’état de pureté, et s’il n’y a pas cette être exceptionnel qui soit à l’état de pureté pendant que le monde entier est à l’état d’impureté, jamais on ne trouvera dans le monde le commencement du passage à la pureté.

 

Je prend un deuxième thème pour expliquer le premier : Le principe de l’impureté est le contact avec la mort. Or, l’accès à la sainteté n’est pas possible si on est en état d’impureté. Tant que la mort est dans le monde, il ne peut pas y avoir de sainteté. Par conséquent, cela veut dire à la limite que la Torah est impraticable pour les hommes tant que nous sommes dans le Olam Hazeh : on y nait grâce à Dieu mais Dieu préserve, on y meurt.

 

Or, comme nous sommes dans un monde où il y a la mort, cela vourdrait dire que la Torah est impraticable.  Par conséquent le Torah n’est praticable que par quelqu’un qui n’est pas de l’ordre de cette impureté, par l’entremise de cette personne qui va avoir le privilège, la capacité, de pouvoir transformer l’impur en pur : résultat : lui se transforme de pur en impur.

 

Nous allons retrouver cela dans la personnalité de Moïse, c’est pourquoi la Parah Adoumah est toujours appellée du nom de Moïse. Seul Moïse est capable de faire que la Torah soit reçue par les hommes.

 

Que signifie cette idée de Moïse qui est pur et qui rend purs les impurs tout en devenant impur ?

Un Midrash éclaire cela je vous le raconte de nouveau. Tant que le temps de l’impureté n’est pas passé, il nous reste encore du temps... cela doit vous évoquer des associations d’idées avec des péripéties très précises de l’histoire de Moïse, et ensuite on reviendra au principe lui-même qui est important à comprendre en tant que tel. Cela veut dire qu’il y a des moments de transitions qui ne peuvent s’opérer que s’il y a cette chose qui ne fait pas partie de la réalité habituelle, que la Torah appelle ici « le principe de toute la Torah », et qui s’appelle les cendres de la vache rousse qui permettent de transformer les impurs en purs. Mais celui qui est capable de préparer cela doit être purs (il est donc exceptionnel et apriori du cas général) mais par ce fait-là il se rend impur. Ce n’est pas grave car maintenant il peut se purifier de nouveau. Mais vous avez compris qu’il faut un cas particulier.

 

C’est pourquoi énormément de textes désigne Moïse comme étant, vous le verrez dans le début du livre de Shemot évocant la naissance de Moïse.

En particulier le verset 2:2 :

וַתֵּרֶא אֹתוֹ כִּי-טוֹב הוּא

vatere oto ki-tov hou

qui indique que Moïse ne faisait pas partie du monde du bien et du mal, il faisait partie du monde du bien uniquement. C’est un sujet pour lui-même de l’identité de Moïse. Donc Moïse seule est capable de cela.

 

Je reviens sur le théme de la sortie d’Eghypte, mias d’abord le thème très général : Tant que la mort est là dans le monde, la sainteté n’est pas possible. Or, toute la Torah a pour objectif de nous mener à la sainteté. Chaque fois que nous pratiquons une Mitsvah, la Brakaha que ous disons c’est :

 « Asher kideshanou bemitsvotav qui nous a snactifié par Ses commandements ».

Tous les commandements de la Torah ont pour objectif la sainteté. Et donc si on est en état d’impureté on ne peut pas avoir accès à la Torah.

 

Nous allons voir que le Midrash que cite Rashi implique une contestation contre Israël qui prétend qu’il peut y avoir sur terre la Torah de sainteté  alors qu’on sait très bien que ce n’est pas possible : l’impureté c’est la nature de ce monde-ci et elle empêche l’accès à la sainteté.

 

Il y aurait donc une astuce un truc qui permettra d’embrayer quand même dans la sainteté avec un principe incompréhensible que ce qui rend pur l’impur rend impur le pur et réciproquement.

 

Q: Pourquoi est-ce rattaché à Moïse ?

R: Pour 2 raisons essentielles : parce que c’est la situation de la sortie d’Egypte : Israël est dans l’impureté. Le Midrash est très précis. Il y a 50 portes de l’impureté. Israël était tombé dans la 49ème porte de l’impureté. S’il était rentré dans la 50ème , personne n’aurait pu le faire sortir. Alors Moïse les a fait sortir de la 49ème porte de l’impureté. C’est Moïse qui est celui qui peut faire sortir Israël de l’impureté à la pureté. Et c’est Moïse qui peut donner la Torah à Israël. Il est important de retrouver à propos de ce thème, les deux fonctions de Moïse par rapport à Israël : La fonction historique de la sortie d’Egypte et d’autre part la fonction prophétique de la révélation de la Torah. Dans les 2 cas ce ne peut être qu’un être exceptionnel par rapport à l’état du peuple dont il s’agit pour que la Torah puisse être sur terre et puisse être pratiquée.

 

Q : On parle de Moïse mais ici le Kohen Gadol intervient, ainsi que celui qui rassemble les cendres et qui brûle... où est Moïse ?

R :  au début du 2ème verset 

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

daber el-beney Yisra'el

veyik’hu eleykha

 

Et vous verrez les commentaires sur ce Eleykha : et ils prendront pour toi Moïse.

Avant que les Kohanim commencent à fonctionner comme Kohanim, c’est Moïse qui était le grand prêtre qui a purifié les Kohanim. Par conséquent, il y a déjà grâce à Moïse des Kohanim purifiés.

Cela s’appelle d’ailleurs dans le langage de la Torah « Shivat Yémim Milouïm - les 7 jours de préparations ». On a gardé le même mot dans le langage militaire. Pendant ces 7 jours avant l’inauguration du Tabernacle, c’est Moïse lui-même qui a joué le rôle du Kohen Gadol.

 

***

 

1er Rashi sur notre verset qui veut expliquer l’expression :

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘hukat hatorah

 

זאת חקת התורה: לפי שהשטן ואומות העולם מונין את ישראל לומר מה המצוה הזאת ומה טעם יש בה, לפיכך כתב בה חקה, גזירה היא מלפני ואין לך רשות להרהר אחריה:

Parce que le Satan et les nations du monde contestent Israël, en disant: "Qu'est-ce que ce commandement, et quel est son sens?" Par conséquent, la Torah utilise le terme "’Houkah." C’est une Gzérah une décision de ma part ; tu n'as aucun droit de la contester. -- [Yoma 67b]

 

Ce texte que cite Rashi : le fait que c’est une Gzeirah une décision imposée indiscutable c’est Israël qui doit le dire aux Goyim et au Satan et non pas pour lui-même. Jamais Israël n’arrive à expliquer cela aux Goyim et au Satan. C’est un formidable procédé d’espérance qui fait qu’en dépit de tout, et bien que nous soyons dans ce Olam Hazeh dont la loi est la mort et l’impurteté, on va embrayer sur la Torah. Le thème ici est très important. Nous entendons à travers toutes les civilisations du monde, à travers tous les Goyim, cette même formule non-dite : « on voudrait bien pratiquer cette Torah mais nous savons bien que c’est impossible ».

C’est en particulier la contestation chrétienne contre le judaïsme qui est très claire. Vous dites que vous pouvez pratiquer la volonté de Dieu ? C’est de l’orgueil de l’hypocrysie, c’est impossible...

C’est une prétention d’Israël qui est impossible dans un monde où il y a la mort...

Rappellez vous le Midrash dans lequel les anges s’opposent au don de la Torah aux hommes qui d’après eux ne sont pas concernés... Dans l’histoire de la contestation théologique religieuse et surtout la relation d’Israël avec les autres cultures on perçoit bien ces problèmes. Il y a ici une accusation de mauvaise foi contre Israël dans sa prétention à vivre la Torah sur terre en s’ingéniant à inventer des trucs qui permettent de pratiquer sans pratiquer.... 

 

C’est pourquoi la Torah dit : c’est une ’Houkah, afin qu’Israël argumente : nous n’y pouvons rien cela nous a été imposé : Gzeirah min hashamayim qui n’est pas discutable.

 

Cela me permet de préciser de nouveau ce que j’ai dit au début : c’est la source de laquelle on se sert habituellement fautivement pour dire d’une ’Houkah qu’elle est une décision disciplinaire qui n’a pas de sens,  c’est cette source même qui dit le contraire.

 

C’est-à-dire qu’il y a deux contestations :

 

ð  Le Satan qui intervient toujours dès qu’il y a un doute porté sur le Tsadik. Reprenez comme modèle l’histoire de Job. Job est Tsadik et le Satan veut le mettre à l’épreuve. Le Satan ne s’occupe pas des Reishayim mais des Tsadikim. C’est le contraire de ce que l’on croit. Dans le vocabulaire du Midrash, dans le tribunal de Dieu le Satan est l’accusateur publique. Il met en évidence quelque doute que ce soit. Voilà la mise en doute : Israël est-il vraiment capable de cette transformation de l’impureté à la pureté pour avoir accès à la sainteté, ou faites-vous semblant ? Que signifie cet acte avec les cendres d’une vache rousse... ?

 

ð  Les Oumot HaOlam : Le Midrash ne se borne pas à dire que c’est uniquement la contestation du Satan mais y ajoute celle des Oumot HaOlam : effectivement, nous avons vécu cette contestation au niveau historique surtout avec les Chrétiens : les juifs feraient semblant hypocritement de vivre selon la loi de sainteté tout en sachant comme tous les Goyim cette impossibilité de vivre sur terre la loi de sainteté...

 

.../... 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 13:55

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Les passages en hébreu sont tirés du site www.Sefarim.fr

Bonne étude ! 

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