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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 13:19

Vayera 1993 - 1ère partie.

Par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou) זצ"ל

Rédigé et mis en forme à partir d'un enregistrement:
http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayera_serie_1993/cours_1 
(Face A)

 

Etude d’un principe :  

On va s’apercevoir d’une accélération de l’accomplissement de promesses antérieures dont l’accomplissement avait beaucoup tardé. On se posera la question de savoir comment comprendre cette situation : il y a eu des promesses faites à Abraham dans toute la Parashah précédente. On y remarque une difficulté pour Abraham, non pas d’admettre que Dieu puisse accomplir ce qu’Il promet, mais de réaliser que c’est bien à lui que Dieu s’adresse.

 

Il y a une mutation d’identité qu’Abraham doit vivre pour être capable d’entendre ce qu’il écoute. Il écoute ce que Dieu lui dit dans ces promesses mais n’arrive pas à les entendre. Pourquoi ? Parce qu’il revient d’une identité d’exil, l’identité araméenne, et il faut qu’il retransforme son identité en redevenant hébreu.  

 

Et cette difficulté d’acquiescer à admettre qu’il a le mérite d’être celui que Dieu interpelle par ces promesses, est parallèle à cet effort de retrouver la racine hébraïque de son identité qui s’était diluée et clandestinisée dans l’identité de Galout, dans l’identité d’exil de la civilisation de Babel.

 

Abraham n’est pas un mésopotamien qui magiquement deviendrait hébreu, à la suite d’une revélation qui lui parle en hébreu d’ailleurs, tout simplement parce qu’Abraham est hébreu, un hébreu se trouvant en situation de diaspora et en fonction de diaspora dans la civilisation du temps qui est celle de Babel.

 

Il y a eu un événement grave : cette civilisation qui est la civilisation de Nimrod le tyran de cette époque, devient totalitaire. Et comme dans toute civilisation qui devient totalitaire, je vous résume là des Midrashim, l’identité la plus exposée est toujours celle d’Israël. Nous avons suffisament d’exemple de cela dans l’histoire, ainsi que récemment dans l’empire soviétique.

 

Cela se retrouvera dans l’exil d’Egypte, ainsi qu’à travers tous les exils. Lorsque une civilisaiton devient impérialisme, alors toutes les minorités sont interpellées, mais plus centralement cette manière d’être homme si particulière qu’est l’identité hébraïque.

 

Ce qu’il fallait restaurer comme mémoire historique, c’est qu’il y avait une dispersion des Hébreux à Babel. Une famille de ces Hébreux de la dispersion de Babel a été rescapée de la fournaise d’Our-Qasdim. Il a fallu attendre les temps contemporains pour avoir l’expérience et la signification de cet événement mentionné par les Midrashim : des Babyloniens jettant les enfants hébreux dans la fournaise d’Our-Qasdim !

 

C’est difficile pour nous à identitifer parce que c’est tout simplement notre problème, le problème de notre génération. Une génération de fin d’histoire d’exil qui doit opérer cette mutation d’identité et retrouver l’identité hébraïque originelle, compte tenu de ce qui s’est passé entretemps dans son histoire.

 

Pour le dire en terme contemporains : les Juifs sont sortis de la civilisation européenne contemporaine et de toutes ces annexes du colonialisme européen, et finalement sont en train de vivre cette mutation d’identité qui les mène à redevenir des Hébreux. Cela se passe dans la société d’Israël qui est la matrice du ré-engendrement de l’Israël hébreu à partir de l’Israël juif .

 

Alors c’est la même difficulté, c’est le même effort, c’est le même problème, que la Torah nous raconte au niveau de l’histoire d’Abraham et de sa famille.

 

La difficulté c’est qu’on arrive difficilement à imaginer cela : Abraham a passé par différentes étapes d’identités et n’est pas le même à la fin qu’au début de cette itinéraire anthropologique et spirituel.

 

Il est Abram l’hébreu devenu araméen et il faut qu’il redevienne Abraham l’hébreu. Une des dimension de cette mutation c’est de passer d’une identité galoutique, une identité d’exil très spécifique (Abraham n’était pas juif mais il était en quelque sorte judéo-mésopotamien), à l’indice de l’universel : judéo-l’humanité entière. C’est précisément cela l’hébreu.

 

Cf. les études précédentes sur les ancêtres d’Abraham. En particulier Ever qui est l’ancêtre d’Abraham et qui a fondé cette manière d’être homme. 

Ever est à l’indice de l’homme universel. C’est encore l’identité telle qu’elle était créée au niveau de Adam HaRishon qui s’est préservée à travers la catastrophe de Babel où l’humanité a éclatée en nations. A partir du temps de Ever, c’est la génération de son fils Peleg qui est celle de la Dor hapelagah de la tour de Babel. Il y a les nations qui sont toutes spécifiques et géniales mais partielles d’être l’homme, et il y a l’hébreu qui est l’homme universel.

 

Les Juifs, mystérieusement, peuvent être n’importe quelle manière d’être homme. Eskimau y compris.  La familiarité de cet événement masque la massivité de ce cas particulier de l’histoire des hommes : Une manière d’être homme qui peut être n’importe quel autre homme à la fois, et avec un patriotisme local second qui est admirable. 

 

De manière négative : une visite au musée de la diaspora à Tel Aviv montre les Juifs, parce qu’ils sont les Hébreux, capables de toutes les identités et avec un génie de civilisation qui est celui des nations chez lequelles ils ont vécus, mais à la manière juive.

 

Il y a une preuve assez paradoxal : le Juif de l’exil est la preuve que l’Hébreu est universel. Mais le Juif de l’exil, lui, est cosmopolite. Le cosmopolitisme c’est au fond l’échec de l’universel. De la même manière que l’impérialisme, l’empire, c’est l’échec de l’universel. Mais l’exigence, l’idéal, est celui de l’universel.

 

Nous sommes dans un temps où sociologiquement l’identité israélienne oblige l’identité juive à prendre conscience de cela. Je crois que c’est une des raisons de la résistance des Juifs non-sionistes face au sionisme. Car cela oblige à prendre partie vis-à-vis de ce problème : qui suis-je en tant que juif ? Depuis toujours avec cet idéal universel, se découvrir cosmopolite par rapport à un hébreu... Cela travaille beaucoup d’israéliens d’ailleurs qui préféreraient être des cosmopolites parlant hébreu. C’est de la microsociologie des problèmes israéliens qui ne peuvent s’éclairer que par l’analyse de la société juive elle-même. 

 

Il faut lire l’histoire d’Abraham en sachant qu’il a vécu cette histoire comme un itinéraire. On ne peut pas juger l’Abraham du début dans le critère du profil d’identité de la fin ; ce n’est qu’à la fin qu’il est confirmé comme étant Abraham. Tout ceci se passe dans la Parashah de la semaine dernière et surtout dans notre Parashah de Vayéra.

 

***

 

La question soulevée précédement :

Pourquoi fallait-il confirmer à Abraham la promesse de sa terre alors qu’on a appris qu’il s’agit de la terre des Hébreux et d’Abraham l’hébreu ?

 

Entre temps il y a eu l’histoire de l’exil. On peut le rattacher à ce qui a été dit préalablement : il y a dans cette identité hébraïque une dimension de l’homme universel et une dimension spécifique.

 

Nos maîtres nous enseignent que la spécificité d’Israël c’est l’universalité. Ce qui est un paradoxe absolu pour l’anthropologie et la sociologie de n’importe quelle société humaine.

 

Un français est un fançais, c’est sa spécificité, un suisse est un suisse c’est sa spécificité ... etc.

Et puis chacune de ces spécificités à des tribus et sous-tribus et tout cela est génial. Il y a une éthnologie de l’humanité à étudier. Deux pages du Talmud en parle. Le mystère des visages humains qui se ressemblent mais qui sont uniques. Une espèce de génie individuelle. Lévinas a beaucoup étudié cela : la marque de l’infini sur le visage qui renvoie à un génie personnel de chacun. Le Talmud dit que Dieu a créé différents visages qui sont à chaque fois un monde à part entière.

 

Et il y a une maniére d’être homme dont la spécificité consiste à être universel. Cela s’effectue au niveau de juiveries très spécifiques : les Juifs. Les Juifs sont délégués d’une certaine essence humaine dont la spécificité consiste à être universel. Il n’y a pas identité, égalité, équivalence, de la vie spirituelle chez tous les Juifs. Chaque tribus d’Israël possède sa spécificité, son authenticité. Mais ce qu’il y a de vraiment commun est probablement de l’ordre du psychisme. Il y a des comportements juifs qui sont le propre de tous les Juifs, quelque soit leur manière d’être l’homme juif. C’est plus de l’ordre psychologique que de l’ordre biologique, ou intellectuel, ou spirituel ou culturel. C’est vrai aussi, mais c’est surtout un comportement de l’homme, c’est dans le Nefesh. Il y a Nefesh HaYehoudi. Il y a aussi le Nefesh du côté obscur du Nefesh. Cela s’appelle dans le langage de la Kaballah « Shedin Yéhoudaïn ». je ne traduis pas. Ceux qui entendent l’araméen vous comprenez ce qu’il y a derrière.

J’allais dire que cela se ballade au gouvernement, mais je ne l’ai pas dit.

 

Retenez en tout cas les 2 pôles :

Abram identité de la Galout de Babel : Aram, araméen. Vous savez à quel point l’araméen est notre patrimoine folklorique familiale, et pourtant ce n’est pas l’hébreu. Il n’y a que l’araméen qui peut redevenir hébreu, mais c’est quand il est redevenu hébreu qu’il est hébreu. Pour oser une comparaison qi n’est qu’une comparaison : l’araméen a été le yiddish commun à tous les Hébreux à la foi. D’ailleurs c’est resté la langue rabbinique. Lorsque les rabbins s’écrivent ou écrivent leurs ‘Hidoushim en langage de l’hébreu rabbinique, c’est de l’araméen hébraïsé. Certains disent de l’hébreu araméisé mais je crois que c’est l’inverse, de l’araméen hébraïsé. Les rabbins se comprennent en araméen d’abord. C’est la raison pour laquelle très souvent, si vous faites un peu d’érudition juive, vous devez remarquer que les  textes fondamentaux de la tradition sont hermétiques aux gens qui ne connaissent que l’hébreu car ils sont en araméen. En particulier la littérature rabbinique qui est la pensée juive vraiment. 

Abraham.

 

***

 

Chapitre 18 verset 1 :

 

La scène précédente est l’alliance de la circoncision à la fin de la Parashah Lekh Lekhah. Nous verrons qu’il y a là une clef du problème signalé : quel est le facteur qui a cristallisé cette accélération des événements qui sont racontés dans la Parashah de Vayera ?

 

C’est le fait que très tard dans l’histoire de sa vie, Abraham va se circoncir. Cet événement va ouvrir les portes de la prière comme le dit le Midrash.

 

Je prends l’exemple de la prière.  On rentre là dans le mystère de l’expérience de la qui est propre à chacun, c’est subjectif. On ne peut pas le mettre en forme collective, subjective. Très souvent on  s’aperçoit qu’il y a des moments de la vie où énormément de choses espérées arrivent ensemble. Cela a tardé et il y avait de obstacles. Tout se passe comme s’il y avait une accumulation de prières non exaucées qui attendent un certain facteur de mérite – mystérieux pour nous – qui lorsqu’il survient ouvre les portes de la prière et alors les vannes s’ouvrent et la bénédiction arrive.

 

C’est ce qui arrive dans l’histoire d’Abraham. Tout se passe comme si c’est l’alliance de la circoncision qui déclenche cette accélération des événements que nous allons lire.

 

Question : Comment se fait-il qu’Abraham l’hébreu va attendre si longtemps pour entendre qu’il lui faut qu’il se circoncise ?

Nous en avons une illustration assez énorme, c’est un clin d’oeil de l’histoire avec ces juifs russes qui arrivent et qui finalement trouvent normal, pour la majorité d’entre eux, qu’ils doivent se circoncir. Et pourquoi pas avant ?

Je n’ai pas dit qu’Abraham était un juif russe qui a attendu si longtemps avant la circoncision. Abraham est un hébreu mésopotamien revenu de son exil qui, en fin de compte, entend ce qu’il faut.

 

Le Midrash raconte de manière apparement anecdotique mais en réalité très profonde que quand Abraham a finalement entendu le commandement de la circoncision, il va prendre conseil de son ami cananéen. L’ami cananéen, Mamré, lui confime positivement.

 

Voilà l’exemple typique de la difficulté de se réhébraïser de l’hébreu lui-même Abraham. Ce n’est pas nimporte qui. En plus le Midrash raconte qu’Abraham a compris qu’il fallait se circoncir mais il ne sais pas quel membre ? Après tout cela ne va pas de soi. Cela n’est d’ailleurs pas dit en clair dans le texte.

 

Comme quoi, il y a toute une sagesse préalable indispensable à la capacité d’entendre ce que la Torah demande et qu’il fallait retrouver pour pouvoir être capable d’entendre ce que la Torah demande.

 

Un exemple me revient à l’esprit, un événement apparamment anecdotique qui s’est produit pendant la dernière guerre. Le petit village italien San Nicandro où il y a eu un schisme dans l’église. Finalement ceux qui se sont séparés de l’église officielle ont décidé de refonder la véritable religion de la Bible c’est-à-dire la loi de Moïse. En ignorant complémeent l’existence des Juifs. La catéchèse de l’Eglise avait une formulaiton telle que les chrétiens étaient incapables d’identifier les Hébreux biblique dans les Juifs. D’ailleurs les Juifs y mettaient du leur pour empêcher cette identification.

Ces Chrétiens de San Nicandro ont essayé de refondé ce que nous appelons le judaïsme. Mais incapables de le faire ils se sont fabriquer une espèce de liturgie de Mitsvot Para Mitsvot à leur manière un peu saducéenne : un texte et un dictionnaire et on va voir comment on va faire…

Il y a avit u certai nombre de cliché, connus par ailleurs : la circoncision chez les musulmans par exemple. Sinon cela n’est pas dit. Finaelement pendant la guerre l’armée américaine est entrée à San Nicandro avec des soldats juifs et un aumonier rabbin qui les ont rencontré. Ils ont fini par s’expliquer et l’aumonier américain les a engagé à monter en Israël après la guerre. Ils y ont a fondé d’ailleurs un Kibouts qui s’est défait depuis, mais il doit y avoir encore quelques rescapés de ces convertis (ex-chrétiens) de San Nicandro qui se balladent dans le pays…

 

Je voulais mettre cela en évidence Abraham si tard dans sa vie et la circoncision.

Voyez jusqu’où peut aller l’assimilation.

Essayez de bien comprendre ce que ke vais dire maintenant parce que c’est un problème contemporain qui est très important pour nous. Il y a une grande erreur chez les sociologues :  l’assimilation dont on parle pour les milieux juifs n’est pas une catégorie religieuse, mais c’est une catégorie nationale. Certains comportements nationaux sont identifiés à tort comme étant des comportements religieux parce que le vocabulaire de la civilisation contemporaine les désigne ainsi, mias qui sont en réalité des comportements nationaux.  

 

Exemple pour la circoncision :

Il y a eu un grand débat universitaire en Israël. C’était un ds épisode d’un des débats qui redevient très dangereux actuellement où une partie du gouvernement, les gens du Merets pour dire les choses en clair, tiennent absolument à déjudaïser le pays. Non seulement le pays est arabe mais le peuple n’est plus juif ! C’est rassurant car descendus si bas on va remonter très haut... Vous connaissez les rebondissements de l’histoire. Il faut être juif pour être cinglé comme ça !

A ce moment-là c’était l’affaire Shalit.

C’était un israélien d’origine juive mais de culture hébraïque déjudaïsé qui était marié avec une scandinave et qui avait demandé de mettre sur sa carte d’identité non pas juif mais hébreu. Pour dire que sa religion n’était pas la religion juive mais qu’il était hébreu de nationalité. Finalement il a quitté le pays après cette histoire. Et d’ailleurs sa femme était protestante praticante. Il y a eu tout un remouds politique dans le pays qui aurait du nous alerter déjà : il y a un vrai problème qu’il faut résoudre.

 

Il y a eu un grand débat à l’université, animés par des universitaires surtout de gauche et le public était énormément d’étudiant d’extrême gauche, surtout de HaShomer haTsaïr. Alors le Rav Neiria Rosh Yéshivah des Bnei Akiva commença son discours en interpellant les Juifs non-religieux sur le fait étonnant qu’ils circoncisent leurs enfants : Du sang innoncent est versé et vous ne dites rien ? Silence dans la salle. Et en fin de compte un membre de l’assistance des HaShomer HaTsaïr se lève et lui dit en hébreu: « Tu nous prend pour des bâtards ? ».

Vous voyez la réaction. Alors que tous parlent de la circonsision comme d’un acte religieux, ce qu’elle est aussi. La scéance s’est arrêtée là. Tout le monde a applaudi et est parti. Cela veut dire qu’il y a des limites. Ce que j’ai nommé une fois « les lignes rouges ».

 

 

Effectivement, la Guémara dit :

Il y a deux Mitsvot que les Hébreux au désert ont accpeté avec joie.

 

Effectivement la Guémara dit :

Il y a deux Mitsvot que les Hébreux au désert ont accpeté avec joie et qui sont indélébiles : Pessa’h et la circoncision.

 

Effectivement, remarquez que quelque soit le comportement culturel des Juifs, Pessa’h et la Brit Milah, sont des comportements d’ordre national avant d’être religieux.

Il y a des barrages qui jouent.

 

L’enseignement du Midrash à ce sujet: les Hébreux d’Egypte sont sauvés par plusieurs mérites : ils n’ont pas changé leur langue, leurs habits, leurs noms, ils sont restés pudiques...

 

Tout cela ce sont tous des comportements nationaux. Il n’y a rien de cultuel là-dedans.

 

Effectivement il faut bien comprendre qu’on peut ainsi être très praticant de la religion juive et être assimilé complétement. Et inversément, on peut être pas du tout praticant et être très très juif.

Cela ne veut pas dire que cela donne le droit á n’importe qui d’être tordu.

 

Pour certains, en particulier des Juifs très assimilé à l’Allemagne, l’idée même du sionisme a été identifiée à un blasphème religieux.

 

Quand le consistoire de France a adopté comme slogan : « civilisation et religion ». Derekh Erets im Torah. Mais cela allait de soi qu’il s’agissait de la civilisation française...

De la même manière cela allait de soi à Frankfort qu’il s’agissait de la civilisation allemande. L’idée qu’il y avait une civilisation hébraïque, une civilisation d’Israël, s’était perdue avec le temps de l’exil. Il était resté la religion.

  

Retenons cela que l’assimilation est une catégorie nationale.

 

Chapitre 18 :

 

Parashah Lekh Lekhah : les promesses de Dieu. L’annonce faite à Sarah.

A partir du chapitre 18, Dieu se révèle à Abraham et à Sarah à travers la vision des 3 anges et la révélation de Dieu pour annoncer à Sarah l’enfant à venir. Dieu a promis dans toute la Parashah de Lekh Lekha. Et en fin de compte, il va naître maintenant. Il s’agit d’un événement d’accomplissement d’une promesse, mais la promesse attendait l’occurence de sa réalisation.

 

2ème scène : la destruction de Sodome et Gomorrhe. Cela commence au Chapitre 18 verset 16.

Grand principe enseigné par la Guémara : chaque ange est chargé d’une mission. Il y a 3 anges et donc trois missions

Mikaël vient annoncer la naissance de Isaac à Sarah.

Rafaël vient guérir Abraham de la fiévre de la circoncision.

Gabriel la Midat HaDin vient punir Sodome et Gomorrhe.

 

Or, que se passe-t’il ?

Au chapitre 16, les versets nous ont décrit la situation de saturation de l’immoralité de Sodome et Gomhorre. Ils formaient l’abomination de l’immoralité sur terre. Cela durait depuis longtemps. Pourquoi Dieu tarde-t’il à les punir ?

 

Il y a là un thème très important qui est le thème du sursis.

En hébreu Arikhout Apaïm

Dieu est Erekh Apaïm ce qui est traduit par « patient » mais c’est plus que la patience il s’agit de « longanimité » qui est la truduction exacte de l’hébreu : Erekh Apaïm « visage long ». Arikh Anpin de la Kabalah. C’est plus que la patience. La patience pour Dieu c’est le fait qu’il est dû à la créature l’abri du sursis, quelque soit l’erreur ou l’échec commis.

 

C’est une Midah, une modalité d’être, une attribut du Dieu de la Bible qui est très important : tous les sursis sont donnés jusqu’au bout. Cela nous est dû jusqu’au bout, mais il y a un rendez-vous.

 

Cela nous est dû parce que nous sommes condamnés pas le fait d’avoir été créé à quelque chose d’impossible : être sans être Dieu !

 

Comment en effet être sans être Dieu ? Il n’y a que Dieu qui est !

Alors Dieu nous condamne à être, et tous les trébûchements sont possibles à l’être de créature.

Et donc le Créateur nous doit, si j’ose dire, cet abris du sursis.

 

Nous avons un grand débat avec le christianisme sur leur manière de lire les textes de la Bible. Au fur et à emsure que je reprends ces problèmes avec eux, parce qu’il faut les aider à sortir de cette impassse. Pendant 2000 ans ils ont cru qu’ils étaint Israël. Et maintenant il fait qu’ils résolvent un problème insoluble pour eux : S’il ne sont pas Israël, qui sont-ils ? C’est un autre sujet.

Il n’y a que les théologiens juifs qui peuvent aider les théologiens chrétiens à résoudre ce problème. Et nous avons intérêt à cela. Parce que tant qu’ils se croyaient Israël – il ne puyvait y avoir deux Israël et nous nous nous étions en danger.

Maintenant qu’on a ressuccité comme ils disent il faut qu’on les aide à s’y retrouver.

 

Pour eux la lecture de la faute du premier homme qu’elle nomme le péché originelle et qui est une lecture tragique. Il en résulte une formulation très chrétienne : l’homme est pécheur par nature.

 

Pour la lecture juive à l’opposé, l’homme n’est que peccable par nature, cela signifie « donné au risque de la faute ». Notre nature est d’être libre, chacun a son niveau de liberté, a sa capacité de liberté. On est plus ou moins libre. Quasi-conditionné et quasi-libre. C’est notre spécificité d’être humain, ce facteur liberté en quoique ce soit.

 

Et parce qu’on est libre, alors on est donné au risque de la faute. Cela ne veut pas dire que l’on est pécheur. C’est une sensibilité religieuse très différente. Il y a un perpétuel souci du juif pour savoir s’il est en ordre : en hébreu, « suis-je Tsadik ? ».Est-ce que je marche juste ? C’est un souci de morale pratique. Mais jamais un juif ne se prend pour un monstre. Parce qu’il sait qui est son Dieu en tant qu’homme. Ce serait un blasphème de croire que Dieu nous ait créé monstrueux.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des hommes qui arrivent à devenir des monstres. Mais ils sont les déchêts de l’histoire et non pas l’histoire. Et comme nous avons une épaisseur de vieillesse d’histoire énorme nous sommes encombrés de déchêts. Alors c’est plein de monstres. Mais cela ne veut pas dire que l’homme est monstrueux. Alors il y a une espèce de diagnostic pessimiste de désespérance dans l’âme chétienne qui se connait dans sa bonne foi propre comme déchu.

Je vais vous raconter une anecdocte :

 

En France chez les Scout, nous avions une réunion des aumoniers et je me rappelle d’une conversation avec l’aumonier protestant.

Chez les Protestants, encore plus que ches les catholiques, l’homme n’est pas seulement déchu, mais il est maudit. Le blasphème est de faire semblant d’être joyeux, heureux. Ils ont des proiblémes avec leur moments de joie. Vous voulez donner un complexe à un protestant ? Dites-lui qu’il est heureux ! Alors tout de suite il va se mettre à genou et faire l’aveu de se fautes… ‘Hatati Avati… je suis pécheur.  Et alors ils avaient un problème avec la méthode scout qui est la morale par la joie. Je me rappelle de ce pasteur qui n’arrivait pas à s’en sortir. Je suis très scout mais très protestant. Comment faire ? C’est contradicatoire !

 

Et au fond, ils aboutissent tous à une sorte de dualité qui est je pense un peu de l’ordre de la schizophrénie. Surtout chez les protestants. Il leu faut une force morale énorme pour ne pas devenir fou.

 

A. Neher avait cité une phrase de Pasteur : je ne suis pas le même à l’oratoire (croyant) et au laboratoire (savant).

 

Enormément de Juifs très pieux et très savants sont intoxiqués par cela. Ce n’est pas le Dieu un de la Torah, Nous croyons au Dieu un.  « Hashem Hou HaElohim » et non pas l’inverse.

 

Lu avec la sensibilité juive, ce récit de la faute du 1er homme, l’expression « péché originel » signifie l’origine du péché.

 

.../...
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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 12:21

Parasha - Le'h Le'ha 95

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1995/cours_1

Face B


.../... 

Rashi sur ce verset 24 :

Vayit’halekh ‘Hanokh

Il cite Midrash Raba.

Suivez bien, il est extrêmement important de comprendre la nature, l’identité, de ce type de juste qui est différent de la vocation d’Abraham.

 

ויתהלך חנוך:
 צדיק היה וקל בדעתו לשוב להרשיע, לפיכך מיהר הקב"ה וסילקו והמיתו קודם זמנו וזהו ששינה הכתוב במיתתו לכתוב ואיננו בעולם למלאות שנותיו

 

Tsadik Hayah, c’était un tsadik, véqal bédaato lashouv léharaashiaa mais il était tenté de devenir rashâ.

 

Cela veut dire qu’il se connaissait comme faible, et par conséquent il fallait qu’il se protège de cette tendance que le Tsadik a de retomber Rashâ. De beaucoup de Tsadikim, et de nous tous, il faut dire cela que l’on a cette tentation de l’inertie et de la pesanteur de l’instinct, de devenir Rashâ.

 

Léfikhakh… C’est pourquoi Dieu s’est empressé, il l’a enlevé du monde, et l’a fait mourir avant son temps. C’est la raison pour laquelle le texte (a changé d’expression pour dire il est mort il) a écrit « Il n’est plus là » dans le monde pour accomplir tout son temps de vie prévu à sa naissance.

 

C’est un Drash plein de thèmes différents. D’abord, ne faites aucune analogie avec des personnes de votre entourage. Si on voit un Tsadik mourir jeune, c’est peut-être un tsadik dans ce cas-là que Dieu préfére prendre en état de Tsadik que de le laisser sur terre et qu’il devienne Rashâ. Mais ne faites pas de diagnostic. Un de mes professeurs de philosophies nous racontait comment certains étudiants en médecine sont hypocondriaques.

 

De quoi s’agit-il ici ? Je vais imager un peu ce que veut dire le Midrash :

‘Hanokh signifie « éducateur » de la racine ‘Hinoukh. C’est dire que c’est le Tsadik dont Dieu a besoin pour aider au salut de l’humanité. Et voilà que ce Tsadik devant être « éducateur de rue » par exemple préfère aller à la Yeshivah ! S’il en sort c’est bien, mais s’il y reste il n’est pas un éducateur.

Il y a des écoles qui tournent à vide : elles prennent des élèves pour qu’ils deviennet des professeurs qui prennent des éléves… ‘Hanoukh était malade d’angoisse de trébûcher, il voulait remonter.

Alors qu’en fait il faut faire des éléves pour qu’ils aillent dans la cité témoigner de l’enseignement qu’ils ont reçus dans l’école. C’est la mafia de l’université qui choisit parmi les étudiants ceux qui vont continuer la mafia des professeurs...

 

Selon le Midrash, ’Hanokh était malade d’angoisse à l’idée de pouvoir trébucher et il voulait remonter. Dieu lui dit : « Je n’ai pas besoin d’une étoile de plus au ciel mais d’un ‘Hanokh sur terre. Mais maintenant si tu veux venir, viens... ». C’est l’échec ! C’est-à-dire que tous les sursis donnés à l’humanité pendant ces 10 générations de Adam à Noa’h ont échoué. En particulier sur ce type d’échec-là. Et peut-être le plus grave c’est que tous ces justes sont incapables d’être Abraham.

 

Vous verrez en étudiant ce problème qu’il est très difficile d’être Abraham. Il s’agit d’être un éclaireur d’avant-garde de la révélation de Hashem. Elohim c’est la révélation de Dieu Créateur. Et en étudiant la nature on connait la volonté du Dieu Créateur. Et c’est plein de thèmes importants, en particulier sur le problème de science et religion qui est très différent dans le judaïsme ou ailleurs. Lorsqu’un savant étudie une loi de la nature il étudie la volonté de Dieu. Au moyen-âge, les rabbins qui étaient savants, avant de rentrer dans le laboratoire prenaient le Miqveh parce qu’ils allaient étudier « Ratson HaBoré ».

La plupart des savants modernes ne comprennent pas qu’ils étudient la volonté de Dieu.

Beaucoup de juifs religieux fonctionnent d’aprés des catégories non-traditionnelles juives et qui sont persuadés que faire de la science c’est l’oeuvre du diable. C’est une espèce de schizophrénie chez beaucoup de ces savant religieux, croyants à la synagogue et complétement athées dans leur laboratoire. Alors ils s’arrangent avec une sorte de religiosité qui en fin de compte devient une superstition magique. Cela finira par devenir une religion qui un jour sera issue du judaïsme comme on en a eu des centaines qui finira par se perdre chez les païens. Je suis méchant mais enfin pas tellement. C’est pire.

Pasteur : « Je suis chrétien à l’oratoire et savant au laboratoire. ». Chez les Goyim cela va bien parce qu’il y a Dieu et le diable ! Tandis que dans le judaïsme, il y a là une véritable schizophrénie.

 

Espérons que cela s’arrange et qu’en Israël apparaîtra une manière d’être savant et Talmid ‘Hakham qui résoudra le problème. En tout cas c’est l’objectif de l’enseignement du Rav Kouk. Et malheureusement, les disciples de disciples de disciples du Rav Kouk, en général des Baalei Tshouvah, retombent dans cette dychotomie entre la science d’un côté et l’oratoire de l’autre...

 

Voilà l’exemple que je voulais donner en poussant les choses à la limite. Mais, ce qu’il faut bien comprendre c’est que cela n’enlève rien au mérite de ces Tsadikim. Ils préfèrent aller avec Dieu pour ne pas être contaminer par le mal. Tout cela est en ordre si cela reste l’exception. Si cela se présente comme la régle c’est la catastrophe ! Il n’y rien à rajouter d’autre.

 

C’est un peu le cas de ce que la Torah enseigne à propos du Nazir. Si une personne a besoin de faire de voeux pour se protéger on lui permet, on le tolére. Cela l’aide mais comme des béquilles pour marcher. Dire que c’est la marche à suivre touche à l’hérésie. Il faut honorer les ascètes tout en sachant que c’est une exception tolérée pour les aider, et les plaindre. Parce que finalement ils se privent de la vie que Dieu a créé. Tout cela il faut l’expérimenter de manière très fine, très existentielle si j’ose dire. C’est ce genre de juste qui a la conscience malheureuse parce qu’il est juste. Il est juste et il en a mal. Dans le fait qu’il soit juste quand même, il faut le féliciter, mais ne pas le prendre comme modèle.

 

Etant bien claire cette différence de nature entre Noa’h et Abraham, il y a une objection colossale contre toute cette analyse. On va voir un verset dans l’histoire de Noa’h qui semble contredire tout cela.

 

Chapitre 7 verset 1 :

וַיֹּאמֶר יְהוָה לְנֹח

Et Dieu dit à Noa’h…

 

Il s’agit de Hashem et non plus de Elohim.

 

בֹּא-אַתָּה וְכָל-בֵּיתְךָ אֶל-הַתֵּבָה:  כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי, בַּדּוֹר הַזֶּה

Entre toi et toute ta famille dans l’arche, car Je t’ai vu toi juste devant Moi dans cette génération.

 

C’est une objection colossale ! C’est Hashem qui s’adresse à Noa’h et lui dit qu’Il l’a vu « Tsadik lefanaï », expressions employées pour Abraham, Hashem et Léfanaï ?

 

Ceci dit, avant d’y arriver je voudrais vous citer une autre Midrash très important sur un autre aspect de la lecture : dans le verset 2 de la définition de Noa’h, il y avait Tsadik - Tamim « juste et intégre ». Et ici, il n’y a que Tsadik.

Je vous donne à ce propos deux enseignements, l’un du Midrash, l’autre de la ‘Hassidout.

 

Le Midrash dit ceci : On ne dit pas devant quelqu’un toute sa louange. On ne dit qu’une partie.  C’est effectivement une grande régle que lorsque l’on dit la louange de quelqu’un on n’a pas le droit de dire tout mais une partie. L’explication habituelle c’est que cela risque de les rendre orgueilleux. L’expérience montre que c’est vrai ! C’est pourquoi on réserve malheureusement au moment du Hesped de la mort, pour dire toute la louange. Et en général c’est une grande consigne de ne dire que la louange. C’est interdit surtout en présence du mort de dire les fautes qu’il a pu faire. C’est pourquoi on a cette suprise de dire que tous les morts sont des justes. « A’harei Mot Qedoshim » !

 

Ensignement de la ‘Hassidout :

Il y a deux générations exceptionnelles dans ce récit. Dor haMaboul la génération du déluge dont la faute était vis-à-vis des hommes avec ‘Hamas la violence. Et celui qui se garde de la violence est appelé Tsadik. Dor HaPélagah, la génération de la tour de Babel, c’est la révolte contre le Créateur. Celui qui va être la rédemption de la Dor haPélagah va être Abraham qui est appelé Tamim.

Et donc puisque le verset 7 :1 dit בַּדּוֹר הַזֶּה qui est la génération du déluge, il le définit comme Tsadik par rapport à sa génération. Quand on parlera d’Abraham, par rapport à ce qui est arrivé à Dor haPélagah, on dira Tamim.

 

*** 

 

J’ai longtemps étudié cette question que je vous ai posé sans trouver de texte à vous citer.  Je vous propose une explication. Notez bien que je n’ai pas de source à vous donner.

 

Regardez le verset :

כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי

L’expression devrait être

כִּי רָאִיתִיְךָ צַדִּיק לְפָנַי

 

D’après le Pshat on pourrait traduire « parce que c’est toi que j’ai vu, toi seul ». Mais cela a été dit bien avant. Le texte l’a dit bien avant. En fait il faut lire le Pshat.

Car J’ai vu en toi un signe (ot) du Tsadik devant moi.

Et ce signe c’est Abraham.

Donc on arrive à Abraham lui-même.

 

Q : Un Midrash enseigne pourtant que Noa’h après le Maboul n’a pas voulu sortir de la Tévah jusqu’à ce qu’il obtienne de Dieu la promesse de ne plus recommencer ?

R : C’est plus que le Midrash c’est le texte et l’alliance. Pour bien comprendre ces problèmes du jugement du juste, en particulier on l’étudie en détail avec Noa’h. Ce sont les Tolédot de Noa’h qui sauvent Noa’h. Et nous avons été privilégiés de recevoir l’enseignement du Rav Kook qui nous a enseigner une catégorie qui permet de résoudre ce problème, et c’est une catégorie qui est complétement repoussée par la pensée occidentale. On est habitué, surtout dans la pensée occidentale de type romain, je vous dirais comment j’ai appris cela de mes maîtres philosophes – l’esprit romain est un esprit de comptable, de comptabilité. Le latin est une langue très forte, très exacte et très précise, c’est vraiment une langue de juriste. Alors que le grec ancien c’est une langue de poète. La Gémarah le confirme en disant que la langue de la beauté c’est la langue grecque (ancienne). Alors, on est habitué à la notion de mérite au niveau des actes. Cf. la balance de la justice qui pèse les mérites et les démérites, elles ne les compte pas, elle les pèse, parce que les compter équivaudrait à une phénomène d’assimilation au nombre, comme si chaque Mitsvah était équivalente à celle d’à côté. Dans la Torah on pèse l’identité de chacun en pesant ses mérites et ses démérites, parce que chaque Mitsvah positive correspond à un point du corps et chaque Mitsvah négative correspond à un des tendons entre les organes. Vous avez appris cela d’autre part dans le Talmud pour ceux qui l’on appris. Alors on pèse le Nefesh de chacun. Ce n’est pas qu’on va compter la somme des actions effectuées.

Et on s’est habitué dans la culture occidentale à reporter cette notion de mérite de Zekhout au niveau des actes ; alors qu’il y a une autre notion qui n’est pas connue et qui est rejetée par la pensée occidentale, surtout l’humanisme moderne, c’est le mérite au niveau de l’être.

C’est rejeté en raison de la panique du risque de racisme possible derrière. Cela veut dire qu’il y a des manières d’être hommes qui aurait un mérite particulier, et des manières d’être homme qui aurait un démérite particulier. Je parle au niveau des individus. Si déjá au niveau des individus alors peut-être au niveau des peuples… D’où la transposition possible au niveau des peuples avec le risque de racisme. On s’aperçoit qu’en sortant du moyen-âge quand on entre dans l’ère humaniste on fait un tabou sur cette catégorie, bien que dans l’existence c’est faux. Si vous voyez la société protestante américaine, elle ne vit que de cette catégorie.

 

Il y a donc un Zekhout au niveau de l’être qui est autre chose que le Zekhout au niveau des actes. En fin de compte d’ailleurs les actes, dans le temps de la durée humaine, se récapitulent en points d’être. C’est la notion de l’habitude. Si vous faîtes une étymologie latine du mot « habitude », cela se relie à la notion de l’avoir. « Aveo - J’ai ». Et l’avoir en fin de compte se transforme en être.

Et c’est très différent. Le niveau de l’avoir c’est le compte en banque, le niveau de l’être c’est autre chose. Mais il y a un lien. Celui qui a un seuil d’avoir change d’être. Alors qu’en hébreu on dit jamais « j’ai » on dit « il y a pour moi ». Il y a une morale différente dans la langue. On dit « Yesh li - il y a pour moi », tandis que le latin dit Aveo j’ai, je possède. L’habitude transforme les actes en être.

 

Cela répond à la question : Bien que ce soit dans l’inconscient absolu pour Noa’h et sa génération, Noia’h n’est pas n’importe qui. Il porte en lui Abraham. Donc il est déjà Abraham.

כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי

Vous voyez c’est notre verset.

 

Les contemporains ne comprendront jamais pourquoi c’est Noah qui est sauvé. Parce que des justes comme Noa’h il y en avait au moins 36 dans la génération !

Pourquoi lui ?

Parce que « Eleh Toldot Noa’h Noa’h ». C’est les Toldot de Noa’h qui fait qu’il est sauvé, mais cela Dieu seul le sait ! C’est une idée pas simple.

Donc il ne faut pas imputer aux actes de Noa’h ce qui n’est que dans « ses reins » comme on dit en hébreu, dans son être. S’il n’y avait pas Noa’h est-ce qu’il y aurait Abraham ? Parce qu’il nous faut un Abraham !

 

Q : Quel est le modèle idéal du Tsadik ?

R : Cela dépend pour chacun. Je donne un exemple. Nous sommes actuellement dans un stade de la société juive dans une sorte de nivellement de la pratique de la Torah. Avec une régle rigide qui est la même pour tout le monde. Ce n’est pas traditionnel. Cela a été un durcissement en réaction de l’orthodoxie juive qui est apparu en  Europe, surtout en Allemagne et en Hongrie, en général chez les Ashkénazim, en réaction à l’apparition du mouvement libéral conservateur après Mendelsson.

C’est-à-dire quand les tendance réformées, c’est-à-dire déformées, sont apparues, alors l’orthodoxie est apparue comme réaction et s’est fixée sur une régle commune pour tout le monde.

Cela a pris plusieurs siècles, mais c’est très homogène à la mentalité de l’orthodoxie ashkénaze et malheureusement en Israël l’orthodoxie séfarade a pris cela comme modèle, à travers le mouvement Shass. C’était un peu inévitable parce que le leader du mouvement Shass est Babli et non Sefardi, de rite séfarade mais de Babel.Or, Babel c’est l’origine des Ashkénazim.

Il y a un grand mystère sur l’origine du rite ashkénaze. Les historiens et les rabbins ne sont pas forcément d’accord. Ce mystère est double. C’est le fait qu’il y a quelques siécles on voit une énorme poussée démographique chez les Ashkénazim jusqu’au 14ème 15ème siécle à peu près, où ils formaient la majorité écrasante. Il y a énormément d’explications historiques en particulier les nombreuses épidémies dans les communautés séfarades, et surtout parce que le boum économique est passé du monde de l’islam au monde européen. Après, par la suite avec la découverte de l’Amérique le passage c’était l’Europe, et par conséquent les communautés ashkénazes se sont beaucoup plus renforcées que les commaunutés séfarades qui depuis 2 siècles et demi étaient entrées dans un sommeil politique comme les pays d’islam. Il y avait eu l’âge d’or. Autre raison : beaucoup de conversions chez les Ashkénazim et beaucoup moins chez les Séfaradim. En particulier les Kazars. On le sait parce que proportionnellement dans les communautés juives, il y a moins de Kohanim et de Léviim chez les Ashkénazes proportionnellement au nombre de Juifs, que dans les communautés séfarades, parce qu’on ne se convertit pas en Kohen ou Lévi. C’est un des indices.

Quoiqu’il en soit,. Il y a un phénoméne massif, qui est en train de s’inverser parce que malheureusement le drame de l’assimilation s’exprime dans les communautés ashkénazes. Le cas de la France qui était une communauté ashkénaze et qui aujourd’hui devient une communauté séfarade (de rite ashkénaze pour un autre problème) en raison de l’assimilation colossale dans les familles ashkénazes qui commence à atteindre les familles séfarades selon le degré d’assimilation.

 

On s’est demandé d’où procédait l’identité ashkénaze ?

Pour l’identité séfarade c’est très simple historiquement parlant. C’est la suite des communautés du judaïsme du Bayit Shéni. Alors que les communautés ashkénazes ont finalement pour origine l’exil du Bayit Rishon qui n’est pas rentré au Bayit Shéni – c’est-à-dire l’exil de Babel. Or, du point de vue du problème central contemporain qui est la relation au sionisme, la réaction des Bablim au temps de Ezra et Néhémie et la réaction de la majorité des Rabbins ashkénazes au temps du sionisme a été la même.

 

Mais cette réaction antio-sioniste a été « bablite » et non pas « séfaradite ».

La preuve ? C’est que les Sefardim, les vrais, ceux d’Espagne c’est-à-dire du Maroc, les Juifs de rite séfarade passant par les Yeshivot du Rav Ovadia Yossef deviennent Ashkénazes. Je ne sais pas si vous avez remarqué cela. C’est très simple. Parce qu’il y a une sorte de main mise de l’idéologie anti-sioniste de Babel.  Or, c’est celle-là qu’on retrouve chez les rabbins ashkénazes anti-sionistes. Le critère étant que les Kabalistes ont tous été sionistes et les non-kabalistes ont été anti-sionistes. Parce que pour comprendre le caractère messianique du sionisme contemporain il faut passer par la Kaballe.

 

Pourquoi Dieu a t’il choisi comme stratégie du rassemblement des exilés un mouvement non-religieux ?

 

Il n’y a que le Gaon de Vilna qui l’a expliqué bien avant le sionisme. Il l’a annoncé. Nous avons un livre très important, que au fond une fois je me déciderais à l’étudier en public, c’est le Kol Hator qui explique cela. Si c’était les Juifs religieux qui avaient décidé du retour à Sion cela aurait échoué. D’abord parce qu’ils n’étaient pas compétents : pour faire un état il faut être ‘Hilonim, et puis les Goyim auraient refusé. Pour pouvoir tromper les Goyim il fallait que le mouvement sioniste soit ‘Hilonim athée. Cela a l’air énorme mais c’est le Gaon de Vilna qui le dit. Alors les ‘Hilonim sont tombés dans le piège et se sont pris pour ‘Holanim. Cela se soigne...

 

Pour revenir au sujet, c’est le Mashia’h ben Yossef.

Quelques indications seulement : le principal enseignement du Gaon de Vilna c’était qu’il fallait faire attention à ce qui sépare le Mashia’h ben Yossef du Mashia’h ben David. Et l’un et l’autre, séparés, deviennent des caricatures.

 

Dans l’histoire de Joseph, jusqu’à la fin il ne se fait pas reconnaître de ses frères qui l’ont pris pour le pharaon : « Ki Kamokha kéParo ». Le ‘Hiloni absolu, l’assimilé absolu.

Et finalement il y a ce Midrash : Et pourtant c’est lui le Tsadik !

Réfléchissez bien à cela : ce sont des choses énormes que le Midrash nous dit-là !.

Maintentant à postériori on s’habitue : Yossef HaTsadiq !

Mais pendant tout le temps où Yossef n’était pas connu comme hébreu, on le prenait pour le pharaon lui-même. C’est la grande colère de Yéhoudah contre lui qui lui dit : « Ki Kamokha kéParo », et il t’arrivera la même chose qu’à Paro.

 

Et d’autre part le Midrash qui dit que dans le désert, l’arche était dans un coffre et puis à côté se trouvait la momie de Joseph dans un sarcophage. Et dans la traversée au désert, les Goyim demandaient « « qu’est-ce qu’il y a là ? qu’est-ce qu’il y a là ? »  « mah tibo shel zeh ?  mah tibo shel zeh ? On leur répondait : « celui qui est là a accompli celle qui est là » C’est-à-dire la Torah. Et le Midrash cite 10 versets qui n’ont rien à voir avec les 10 commandements. Ce sont 10 versets du comportement de l’histoire d’Israël qui fait que Israël comme nation peut exister.

 

Qu’est-ce que cela représente? C’est ce que les rabbins appellent Orot Mashia’h ben Yossef. Les lumières du Mashia’h Ben Yossef. C’est le Gaon de Vilna un des grands d’Israël avant le sionisme qui a indiqué tout ce qui se passe pour Tsion s’est passé pour Joseph. Tout ce qui se passe pour Joseph se passe pour Tsion. Yossef béGématriah Tsion.

 

Alors le sionisme c’est l’histoire de l’identité Joseph. Et c’est grâce à Joseph que Israël existe comme nation. C’est grâce à Judah qu’Israël existe comme spiritualité. Séparés l’un de l’autre c’est la catastrophe.

 

On voit que l’histoire d’Israël est traversée par cette séparation, entre Joseph et Judah. Or, au moment de Ezra et Néhémie, le refus est venu des ‘Hakhmei Babel. Et cela reste la même chose. Le refus vient des ‘Hakhmei Babel, sauf ceux qui sont de la lignée des Kabalistes.

Par exemple le Ben Ish ‘Haï. C’est grâce à lui que le judaïsme de Babel a fait sa Aliah. Et le sauveur de cette Aliah c’est Shlomo Hillel du parti Avodah. Il a réalisé ce que le Ben Ish ‘Haï a rendu possible, que les Juifs d’Irak reviennent en Israël. Et quand les Juifs de Babel reviennent en Israël, c’est le signe que nous sommes au temps du rassemblement des exilés.

Mais ces rabbins irakiens, Bablim, qui sont anti-sionistes, sont ceux qui sont encore de cette attitude de Babel d’avoir refusé Ezra et Néhémie. Alors que les Sefardim eux sont des descendants de l’exil du Bayit Shéni, c’est-à-dire les descendants de ceux qui sont revenus au temps de Shivat Tsion. C’est pourquoi il y avait une sensibilité si différente.

 

Aujourd’hui les Ashkénazim qui étudient la Kaballah sont tous sionistes. Et les Séfardim qui étudient chez les Bablim sont tous anti-sionistes ! Vous avez remarqué cela ? Parce que 50 ans ont passé. Je me rappelle, revenant de la guerre, quand l’état d’Israël a été proclamé et cette année-là on chantait dans les synagogues « odo lashem kitov » de Pessa’h sur l’air de la Hatikvah avec les drapeaux israéliens dans les synagogues. Imaginez vous cela à Babel ? Dans toute l’Afrique du nord c’était comme cela, de manière spontanée. Au Yemen aussi je suppose. Vous étiez trop jeunes pour avoir vécu cela, mais vous pourrez dire que vous avez vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…

 

<Fin>

 

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 12:19

LEH LEHA (1995)

Par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou) זצ"ל
 

Rédigé et mis en forme à partir d'un enregistrement:

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1995/cours_1

Face A

 

Comparaison entre Noa’h et Abraham. Question posée la dernière fois sur la différence entre le Tsadik selon Noa’h et Tsadik selon Abraham.

 

La première occurence du terme de Tsadik dans le Miqra est à propos de Noa’h.

En dehors d’Israël, il y a donc des Tsadikim : Noa’h ancêtre d’Abraham n’est pas d’Israël.

 

D’ailleurs, c’est un sujet qu’on étudiera d’autre part, Abraham et Isaac eux-même ne sont d’Israël qu’à postériori de Jacob. Il y a toute une discussion dans le Talmud à ce sujet. C’est quand Jacob devient Israël qu’à postériori Isaac et Abraham font partie d’Israël. Au fond toute la préface historique depuis le 1er homme jusqu’au moment où Jacob reçoit le nom Israël, le récit choisit comme ligne de force le fait de raconter la préhistoire de cet événement où Jacob est appelé Israël. Alors, à postériori, Isaac est habilité et Abraham est habilité, Noa’h est habilité, dans la mesure où, à postériori de Jacob, ils ont menés à Jacob. S’ils n’avaient pas mené à Jacob, on n’aurait pas parlé d’eux.

 

Le foyer (moked) du récit c’est la Torah révélée à Israël. Cela commence donc avec l’identité Israël. L’identité Israël commence lorsque Jacob reçoit le nom Israël. Il y a une identité préalable à l’identité Israël qui est l’identité hébraïque qui émerge avec un ancêtre d’Abraham qui est Ever. Tous les hébreux ne sont pas devenus Israël.

 

Nous le verrons, c’est très important pour l’histoire contemporaine, que de cette identité hébraïque préhistorique antérieure à Abraham, mais surtout antérieure à Jacob petit-fils d’Abraham lui devenant Israël, ont émergés et se sont installées dans l’histoire des rivalités à Israël qui procèdent  de l’identité hébraïque antérieure qui n’est pas habilitée à devenir Israël : ces rivalités sont les plus terribles qu’Israël supportent. En réalité ces rivalités apparaissent dans toutes les lignées humaines, mais centralement dans les lignées issues de la famille d’Abraham et qui ne sont pas Israël. Il y a 6 lignées qui ne sont pas Israël mais des anciens hébreux qui ne sont pas redevenus hébreux, qui étaient araméens dans l’exil de Babel, et d’où procèdent les rivalités les plus terribles.

 

Nous vivons quelque chose d’analogue à la fin de chaque exil.

 

Lorsque les Juifs de l’exil, au moment du retour, ne veulent pas participer du retour, s’instaure alors uen identité de type araméen, les Hébreux de l’exil de Babel qui ne voulaient pas revenir de l’exil de Babel. Le modèle en est l’un des frères d’Abraham, Na’hor, qui a fondé une lignée Bethouel, père de Lavan. Et comme nous le savons par les sources du Talmud et du Midrash, Laban est le pire ennemi de Jacob. Tout cela est déjà vécu dans la plus haute antiquité et nous sert de modèle, de paradigme, pour mieux comprendre cette histoire mystérieuse qui est l’histoire du peuple juif au milieu des nations. Il y a une sorte de carte d’identité préalable, de carte d’identité préhistorique, qui nous est racontée dans l’histoire au moment de cette préhistoire des Patriarches.

 

L’étude du jour concerne précisément la nature de cette identité hébraïque qui résurgit avec Abraham. Elle lui est bien antérieure puisqu’il est un des descendants de Ever. Ever l’ancêtre des Hébreux, lui-même descendant de Shem.

Nous verrons quelqu’uns des aspect de cette identité hébraïque, mais c’est cette identité hébraïque qui habite l’identité Israël. Il y a décalage ce ne sont pas deux ensembles qui se recoupent absolument, l’identité hébraïque est en réalité plus large que l’identité Israël, mais seule dans l’identité d’Israël, l’identité hébraïque se retrouve à chaque fin d’exil.

 

Il faut mettre en évidence le fait qu’Israël va se constituer en nation et c’est là que la Torah prend force de loi, force d’obligation. Jusque-là elle ne prend pas force de loi. Même pas encore pour les patriarches qui sont encore des individus.

La notion de Mitsvah, de Torah comme commandement, obligation, pour légitimiser l’identité Israël à l’indice Torah, ne prend force de loi que lorsqu’Israël est une nation, lorsqu’Israël est un Klal, une collectivité, c’est-à-dire à la sortie d’Egypte. Et c’est confirmé officellement au Sinaï. Au Sinaï, Israël devenu nation à la sortie d’Egypte reçoit la Torah sous forme de loi.

 

Noa’h - Abraham :

Je vais revenir sur un des points de la différence entre Noa’h et Abraham, pour comprendre la différence de Tsadik, l’être juste, chez les nations qui a pour modèle Noa’h, et en Israël qui a pour modèle Abraham. 

 

La différence à laquelle on est habitué à penser spontanément, c’est que le juste en Israël est défini d’après l’accomplissement de la Torah, alors que le juste chez les nations est défini d’après la bonne volonté morale. Quelque soit la manière dont un homme de bonne volonté chez les nations considère la table des valeurs du bien et du mal, cela dépend de son écoute, de sa culture, de son éducation, de sa sensibilité, mais au bénéfice de la bonne foi. Et quelque soit sa table des valeurs, s’il préfère le bien, tel que lui se le définit, au mal tel que lui se le définit, c’est un juste. C’est l’attitude de la bonne volonté qui consiste à préférer le bien et le mal par rapport à une table des valeurs. Il faut les lois. C’est cela un juste chez les nations. Il n’est pas nécessaire que cela se réfère à la table des valeurs de la Torah, puisque celle-là n’est révélée qu’à Israël.

Il y aurait une injustice de fond, colossale et blasphématoire que Dieu ait créé l’humanité en ne réservant qu’à une toute petite minorité privilégiée la possibilité d’être Tsadik. L’humanité entière serait condamnée, « Abadon » en hébreu, à l’abandon, la perdition par nature...

 

Il ne s’agit pas du tout de cela : n’importe quel homme par le bénéfice de la bonne foi et de la bonne volonté est appellé Tsadik. Et même ce sont les Goyim qui sont appelés Tsadikim avant ceux d’Israël dans l’ordre historique.

 

Pour le Tsadik selon Israël, selon Abraham, on a l’habitude de dire que la table des valeurs est ici la Torah. Mais la définition est insuffisante. Il faut étudier la différence entre le Tsadik selon Noa’h et le Tsadik selon Abraham avec la question théologique de fond : le salut est-il possible chez les nations même en dehors de la Torah ?         

 

Quelques versets :

On va étudier le statut d’un des ancêtres de Noa’h chez lequel on trouve la même expression utilisée par la Torah pour le définir comme Tsadik :

Chapître 6 en fin de verset 9 :

אֶת-הָאֱלֹהִים, הִתְהַלֶּךְ-נֹחַ

 « et haElohim hitalekh Noa’h »

Baal haTourim : Les 3 Safé Tévot (Mem-Kaf-‘Het) font apparaître le mot ‘Hakham. C’est-à-dire que Noa’h se relie à la Torah en tant que sagesse. Il n’y a pas encore cette notion de Mitsvah qui ne sera propre qu’à Israël à partir du Sinaï. Les patriarches respectaient la Torah au niveau de leur Midot, leur manières d’être, et non dans l’attitude religieuse du devoir à accomplir pour être authentique. La Torah s’adresse à l’individu à travers la collectivité. Quand l’individu entend la Torah à travers la collectivité alors la voix de la Torah prend le ton de l’obligation.

 

Dans la philosophie générale, le problème du fondement de la moralité et des valeurs morales est un problème extrêmement difficile. Chez tous les philosophes que j’ai étudié il y a la même attitude qui consiste à réduire la notion du bien à une autre valeur. Comme si la philosophie générale ne savait pas fonder ce qui fait que le bien est bien. Lorsque j’entends la voix de ma conscience dans la perspective du devoir à accomplir le bien qu’est-ce que j’entends ? Il y a des tas de systèmes philosophiques. Pour les uns, c’est la voix de la société qui se présente à moi sous forme de cette obligation du devoir. « Je suis obligé de... », et je ressens ce sentiment du devoir que Kant a beaucoup analysé. D’autres diront : c’est la recherche du bonheur. Qu’est-ce donc que le bonheur ? L’école la plus connue fait du bonheur le plaisir. D’autres plus pragmatiques disent : c’est l’utilité qui est le bien... Tout se passe comme si les philosophes et les théologiens ne sauraient fonder la notion de bien dans cette voix de la conscience de l’homme.

C’est corollaire à un 2ème problème en philosophie qui ne trouve pas de solution : pourquoi notre manière d’exister est-elle d’exister dans le temps ? Le philosophe qui a le mieux posé et caractérisé le problème est Bergson. Il y a une perception du temps par la conscience humaine qui est la durée. « Nous n’existons que le temps que nous existons ». On voit très bien que l’élan de survie c’est de survivre encore un instant. Il y a ces abérrations de la médecine contemporaine avec l’acharnement thérapeutique qui consiste à ajouter une seconde à une seconde même au prix des pires souffrances.

 

C’est très lié : Les philosophes ne savent pas assigner une finalité à la durée parce qu’il ne savent pas non plus assigner une finalité au devoir moral.

 

La réponse que la Torah donne et qu’il faut étudier pour elle-même : Nous sommes créés dans l’existence en vue de mériter l’être, l’être absolu. Il nous faut le temps de mériter l’être absolu, et on nous divise la tache, car la difficulté est énorme : mériter d’être ! On a donc tout le temps de l’existence, à travers le prisme des 613 Mitsvot. Pour chaque Mitsvah réussie, on acquiert un point d’être. Il faut du temps pour cela, la durée de l’existence humaine, parce que la finalité de la morale c’est de mériter d’avoir été créé. Il ne s’agit pas du tout de telle ou telle discipline philosophique ou religieuse, ou théologique même. Mais il s’agit de quelque chose de plus profond : le devoir est le sentiment qu’il faut mériter d’avoir été créé.

 

C’est la grande différence entre une morale religieuse et une morale laïque. Les morales laïques sont d’ailleurs dérivées des morales religieuses. Les laïcs croient en la morale religieuse mais en lui ôtant « Torah Min Hashamayim », en lui enlevant le fait que cela vient de la Bible et que c’est révélé. Il y a une espèce de mauvaise foi intellectuelle mais qui est pardonnable : l’essentiel est qu’ils soient moraux. Dans une morale laïque, une faute c’est grave mais pas plus. Dans une morale laïque une bonne action c’est bien, mais pas plus. Dans la morale religieuse on a le sentiment profond que cela met en jeu la destinée. Faire une faute est un désordre grave mais cela aggrave le sort du sujet de la moralité. Corollairement pour le mérite. Il y a une tonalité radicalement différente même si le comportement est identique. C’est pourquoi les rabbins nomment « civilités », « politesses » dans le sens grec, la morale laïque. Alors que la morale vraiment c’est le Derekh Erets de la Torah, ce qui est très différent.

 

Le laïc ressent bien qu’il y a plus que cela devant un bien ou un mal accompli, mais il ne poursuit pas le raisonnement par panique : sinon c’est qu’il y a un Dieu, et donc c’est qu’il y a un jugement...etc. Il n’y a aucune dialogue possible entre ces deux univers intellectuels. Les uns tombent dans le légalisme de la convention sociale et les autres s’occupent des valeurs morales vraiment. Et cela n’a rien à voir, même si cela ressemble.

 

Retour au sujet :

La Torah ne prend force d’obligation qu’à travers le fait qu’elle s’adresse à l’individu membre d’une collectivité. Il y a là un sentiment religeux métaphysique très différent des religions du salut personnel. Parce qu’il s’agit du salut de l’humanité. Or, l’humanité est une collectivité.

Israël est délégué pour prendre sur lui – non pas, comme le diraient les théologiens chrétiens, sur la croix – mais en tant que collectivité c’est un peuple à qui est délégué le problème de l’universel humain. Un individu n’est pas dans ce cas de pouvoir être le délégué de l’humanité. C’est pourquoi la Torah s’adresse à Israël comme peuple. Elle ne s’adresse jamais à l’individu comme individu. Sinon à travers l’identité du peuple.

 

C’est très différent de la religion chrétienne, par exemple, où c’est un individu qui est présenté comme le levier du salut. Et la communion avec cette histoire individuelle ferait participer au salut.

 

Nous naissons avec un projet d’identité à atteindre. Nous naissons comme Jacob avec le devoir de devenir Israël. Or, toutes les promesses faites à Jacob concernent un Jacob devenu Israël. L’impératif de la Mitsvah a fortement signifié que nous devons faire coïncider notre identité individuelle avec le modèle qui est Israël. Et dès que l’identité individuelle coïncide avec l’identité du modèle Israël, alors les promesses s’accomplissent. C’est pourquoi il faut mériter l’accomplissement des promesses. Il faut mériter d’être ceux à qui la promesse a été faite. Dès qu’on devient celui à qui la promesse a été faite, elle s’accomplit. Chacun peut l’expérimenter dans sa vie indivuelle. Pourquoi a-t’on tellement prié et que subitement un jour de l’année cela s’accomplit et pas avant ? Il y a tout un faisceau de conditions dans l’accomplissement de la promesse dont la réalisation nous dépasse. Subitement une porte s’ouvre et énormément de prière qui assiégeait cette porte se réalisent. Pourquoi maintenant et pas avant ? Il faut que je sois devenu sur ce point celui à qui cela a été promis.   

 

Les promesses sont faites à Jacob sous la condition simple qu’il devienne Israël.

Comment ?

Par la Torah !

 

C’est le verset (Deut 33:4):

תּוֹרָה צִוָּה-לָנוּ, מֹשֶׁה:  מוֹרָשָׁה, קְהִלַּת יַעֲקֹב

Torah Tsiva Lanou Mosheh Morashah Qehilat Yaaqov

Torah que dicta pour nous Mosheh, héritage de la communauté de Jacob

 

Mais en vue de quoi ? De devenir Israël !

 

Histoire ‘Hassidique :

Un maître ‘Hassidique voulait entrer un jour dans le Beit Knesset mais reste bloqué à la porte. Ses éléves l’interroge. Il répond qu’il ne peut pas entrer parce que l’endroit est plein de prières qui ne sont pas montées...

 

Toutes les prières sont entendues : « Shoméaa Tefilah », mais elles en sont exaucées que si précisément la porte s’ouvre. Qu’est-ce qui fait précisément que la porte s’ouvre ? C’est d’être celui qui en possède la clef. Savoir quand cela arrive ou pas cela nous dépasse. En général dans les temps où les Juifs sont des Juifs, et les rabbins sont des rabbins, on demande au rabbin qui l’explique quelle prière pour qui, ce qui est faisable ou pas... Et la règle est d’expérience individuelle. Ce qui va pour l’un ne va pas pour l’autre. Il y a des biens dont on ressent le manque qui peuvent être objet de prière pour l’un et pas pour l’autre. C’est une ‘Hokhmah que certains rabbins ont. C’est pourquoi la Halakhah est que si on veut demander quelque chose de particulier en dehors de la prière de la communauté dans laquelle en principe tous les manquent sont définis, il faut demander à un rabbin qui sait prier. On appelle cela un rabbin miraculeux : un rabbin dont c’est un miracle qu’il soit rabbin... Un de mes maîtres, Chouchani ou le rav Abraham Epsteïn, disait cela de manière très sérieuse.

 

Retout au sujet :

Chapître 6 verset 9 :

 

אֶת-הָאֱלֹהִים, הִתְהַלֶּךְ-נֹחַ

 « et haElohim hitalekh Noa’h ».

 

Et un verset à propos d’Abraham. Chapitre 17 verset 1:

 

 וַיְהִי אַבְרָם, בֶּן-תִּשְׁעִים שָׁנָה וְתֵשַׁע שָׁנִים       

Vayehi Avraham Ben Tishiim shanah véTeshaa Shanah

Et Avraham fut âgé de 99 ans.

 

Vous devinez qu’il y a ici un nombre significatif qui se réfère aux différents niveaux de mérite qu’Abraham a acquis dont le niveau maximum est de 100. 

וַיֵּרָא יְהוָה אֶל-אַבְרָם, וַיֹּאמֶר אֵלָיו אֲנִי-אֵל שַׁדַּי--הִתְהַלֵּךְ לְפָנַי, וֶהְיֵה תָמִים

« Et Hashem s’est révélé à Abraham et lui dit Je suis le Dieu tout puissant : marche conduis-toi devant-Moi et sois intégre ». 

 

Nous allons comparer ces deux versets qu’il faut étudier en détail : pour Abraham c’est Hashem qui s’adresse à lui et lui dit « marche devant Moi ». Alors que pour Noa’h, il s’agit de Elohim et le verset dit  « avec-à côté de Elohim marchait Noa’h »

 

Il y a donc deux différences.

 

1- Pour Noah, il est avec Dieu, et un commentaire ajoute « et pas avec les hommes ». Certains Tsadikim se retirent de la relation avec les hommes pour se consacrer à la relation à Dieu. C’est une forme de Tsadik. En milieu juif, c’est difficilement diagnosticable, mais en milieu chrétien c’est la vocation monacale. La vocation du moine qui se retire de la cité pour être avec Dieu. Il y a une grandeur dans cette vertu. Beaucoup de monastères forment leurs fidèles pour ensuite entrer dans la cité et aider les hommes. Mais l’échec c’est de se préparer pour se préparer... Cela arrive dans les Yéshivot. C’est l’échec du Tsadik qu’on va étudier avec ‘Hanokh.

   

2- 2ème différence encore plus forte : Tsadik à côté de Elohim - Dieu créateur du monde, selon les normes et les critères de la sagesse naturelle. Noa’h est ‘Hakham mais par rapport à la nature, par rapport au Dieu Créateur. Il a une morale naturelle, c’est à peu près ce que j’ai appelé le juste laïc. Noa’h n’est pas laïc, il connait le Créateur. Mais c’est la conformité à un ordre des choses. Finalement, les Grecs et les Romains à leur manière ont gardé comme notion de la moralité, cette notion des normes aux fonctionnements des phénomènes naturels. Ils appelent cela la morale naturelle. Cf. le latin Norma - normal cela veut dire naturel. Conforme aux comportements naturels.

En fin de compte c’est la même pente que le naturisme. Cela n’a rien à voir avec la morale qui transcende les instincts et les tendances de la nature humaine. Le paradoxe est que même les laïcs ont une âme et entendent la voix du Créateur, mais à travers un silencieux.

 

C’est Hashem qui va demander à Abraham : « marche devant Moi » : « Annonce-Moi ! », « Invente ce que J’ai à dire pour que je puisse le dire à ceux qui t’auront écouter »... C’est cela le secret d’Israël. Il a été choisi pour témoigner de la Torah parce qu’il a été capable de réinventer la Torah même si elle n’était pas révélée. Cf. le mythe chez les philosophes grecs concernant la connaissance : la connaissance est toujours une reconnaissance. On ne pourrait pas connaître si on ne savait déjà, alors on reconnait une connaissance qu’on avait et qui s’était perdue quand on est sorti de la caverne...

C’est quelque chose de cet ordre dans le Midrash qui dit que Israël avait la Torah, et c’est pourquoi il est capable de la comprendre. Avant même qu’on la lui révèle, il l’avait. S’il ne l’avait pas dans son âme, il ne pourrait pas la comprendre ! C’est la raison pour laquelle il n’y a qu’Israël qui comprend la Torah, qui la comprend vraiment en tant que Torah Lishmah.

 

Cf. Guémara Nidah 30b : Chaque enfant d’Israël dans le sein de sa mère connait la Torah. Au moment de la naissance un ange vient le faire oublier en lui fermant la bouche, c’est la trace du doigt sur la commissure des lêvres. Objection : c’est vrai aussi chez les Goyim ! Mais c’est pour tromper l’ennemi...

 

Israël possède en lui le pré-sentiment de la Torah, c’est pourquoi il la comprend. Cela vient de l’identité hébraïque. Quand le Midrash dit qu’il faut être Israël pour la comprendre cela veut dire qu’il faut être hébreu parce que la Torah a été révélée en hébreu. On ne s’en rend pas compte. Celui dont ce n’est pas la langue ne peut rester qu’à la surface des traductions qui trahissent complétement ce dont il s’agit.

 

Nous les Juifs, héritiers des Hébreux, avons fini par tomber dans ce fantasme de croire qu’étudier c’est traduire parce qu’effectivement il faut faire un effort considérable pour arriver à se remettre dans le texte hébreu. Alors c’est là qu’il faut commencer à étudier. Beaucoup de Juifs croient qu’étudier c’est être capable de traduire. Alors que la Torah a été donnée aux Hébreux dont c’était la langue.

 

On va étudier cette différence entre être en avant-garde de Hashem : annoncer et défricher ce que Hashem a à dire pour que cela soit entendu, et c’est la capacité d’Abraham ; et puis être à côté de Dieu plutôt qu’à côté des hommes impies.

 

Nous allons voir un cas où le Midrash va être impitoyablement négatif pour cette attitude tout en étant laudatif vis-à-vis de ces Tsadikim qui sont quand même des Tsadikim mais « stériles » si j’ose dire.

 

Dans la lignée de Shet se trouve l’histoire de ‘Hanokh un des grands Tsadikim de l’humanité. Il y a aussi un ‘Hanokh dans la lignée de Caïn mais c’est une toute autre lignée et un tout autre ‘Hanokh.

Dans les Bibles françaises : Enoch. La traduction du nom est impropre. Il y a un autre personnage qui est le fils de Shet et qui s’appelle Enosh. Ne pas confondre.

 

Gn. 5:24 :

וַיִּתְהַלֵּךְ חֲנוֹךְ, אֶת-הָאֱלֹהִים; וְאֵינֶנּוּ, כִּי-לָקַח אֹתוֹ אֱלֹהִים

 

וַיִּתְהַלֵּךְ חֲנוֹךְ אֶת-הָאֱלֹהִים

Et ‘Hanokh se conduisait avec Elohim

 

C’est la même expression qu’avec Noa’h.

 

וְאֵינֶנּוּ, כִּי-לָקַח אֹתוֹ אֱלֹהִים

 Et il n’était plus là car Dieu l’avait pris.

 

C’est le premier modèle de ce qu’on pourrait appeler l’ascension de ‘Hanokh. On ne se rend pas compte. Qui est ‘Hanokh ? Personne n’en parle !

Mais le mystère c’est ce mot de Véénénou parce que subitement il n’était plus là parce que Dieu l’avait pris.

 

Il y a 3 personnages que Dieu a pris dans l’histoire des hommes c’est ‘Hanokh – Mosheh – et Eliyahou Hanavi. C’est dire qu’ils sont passés vivants de ce monde-ci au Olam Haba le monde futur, avec trois niveaux différents de vertus. Ce sont donc des personnages exceptionnels. Il n’y en que 3 et pas 4.  

 

Q : Mosheh n’a-t’il pas été enterré ?

R : Son corps, mais on ne sait pas où.

 

 

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*****

 Parasha - Leh Leha 95
Première partie.
 
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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 12:16

LEKH LEKHA (1993)  Suite & fin.

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1993/cours_1

Face B

 

 

S’il est si évident que cela qu’ils rentrent chez eux, pourquoi est-il nécessaire que Dieu confirme à Abraham que c’est bien à lui et à sa descendance que ce pays sera donné ?

 

On va diagnostiquer qu’il y a quelque chose d’analogue de notre temps : il faut convaincre aujourd’hui le peuple juif que ce pays est bien à lui. Je prends la question au niveau de l’exégèse au niveau d’Abraham. Il y a une réponse simple d’après l’exégèse qui nous donnera beaucoup d’éléments de réflexions pour la situation actuelle.

 

Ce qu’on a appris jusqu’à présent :

Dieu n’a pas demandé à la famille de Tera’h à travers Abraham, d’aller au pays de Kenaan, ils y vont tout seuls. Dieu a demandé d’aller jusqu’au mont Moriah, nous verrons ce que cela veut dire.

 

S’il en est ainsi, s’ils rentrent chez eux, pourquoi est-il si souvent nécessaire, déjà dans notre Parashah, que Dieu confirme à Abraham qu’il donnera ce pays à sa descendance ?

 

Nous verrons que la difficulté qu’a Abraham d’entendre cette confirmation fait qu’il va y avoir l’annonce de l’exil. Paradoxe : on sort d’exil, l’exil des Hébreux qui étaient arrivé à une catastrophe à Babel, et à ces mêmes rescapés de l’exil, Dieu annonce à Abraham que sa descendance ira en exil... Il y a un paradoxe énorme dans ce récit.

 

[Une analogie dans le paradoxal :

Après les 10 commandements, dont le 1er est intitulé ainsi :

« Je suis Hashem ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte du pays d’esclavage ... quand tu acquerras  un esclave hébreu » alors que l’on vient de libérer tous les Hébreux de tout esclavage à la suite d’une intervention divine signant la fin de la civilisation égyptienne... et la Torah parle de l’esclave hébreu ? D’où sort-il puisqu’on vient de libérer tous les esclaves ?]

 

On sort d’exil et Dieu confirme « tu rentres chez toi, c’est bien chez toi, pour toi et ta descendance... » et Abraham lui demande « tu es sûr ? à quelle condition... ? » Dieu : « si c’est comme ça, ta descendance ira en exil... »

Je voulais mettre cela en évidence, il y a un problème qu s’attache à notre histoire.

 

Q : Que faisaient les Hébreux à Babel ?

R : On l’a appris du récit expliqué par le Midrash. Il y a eu la dispersion humaine en nations. A tour de rôle, chaque nation va devenir la figure de prou de la civilisation. On a appris que cette identité hébraïque. comme plus tard sa descendance – l’identité juive – va se situer systématiquement là où la civilisation passe. Le problème des Hébreux à Babel n’est pas plus mystérieux que celui des Juifs en Amérique : la civilisation passe en Amérique et donc les Juifs sont en Amérique. Ils sont aussi ailleurs. Mais tout le monde sait que cela se passe aux USA, surtout les ‘Hassidim. C’est la même question. C’était le tour de Babel d’être la civilisation du temps et les Hébreux sont donc à Babel.

Il y a 2 thèmes du temps de Dor HaPélagah : Chapitre 11 c’est quand l’humanité une, la terre, parlait une langue une et des dialectes particuliers. Il y a avait une langue universelle qui a disparu lors de la révolte contre l’unité dans l’histoire de l’humanité. A Babel, la langue une a disparu. Il est resté les dialectes particuliers des différentes familles, alors les hommes qui ne se sont plus compris. Mais le fait de dire qu’il y avait une langue une, c’est désigner de façon concrète un universel humain réel. Aujourd’hui la civilisation est encore à la recherche de la langue une. Ce problème de la langue une a une histoire : les Grecs ont réussi a trouvé le langage universel pour toutes les sciences de la quantité : c’est les mathématiques. C’est le génie grec qui a été capable de trouver le langage des sciences. Ils ont établi que les mathématiques doivent être le langage des sciences. Une science n’est vraiment une science que lorsqu’elle peut s’exprimer en mathématiques. Tous les mathématiciens de l’univers parlent une langue universelle lorsqu’il parle des sciences : la mathématique.

 

Le problème de la langue une dans le monde de la qualité, de la personne, du problème moral de la liberté, concerne le rôle d’Israël.

 

C’est pourquoi des Midrashim disent que cette langue une était l’hébreu avec son quotient mathématique que l’on appelle la Guématria.

 

Le Gaon de Vilna a enseigné : « le jour où le même savant fera un ‘Hidoush dans la Torah et dans les mathématiques, ce sera un signe des temps messianiques » Il était d’ailleurs mathématicien.

Il a dû juré à son père qu’il ne serait pas pharmacien (sinon la demande pour ses remèdes l’aurait empêché d’étudier la Torah...).

 

« Langue une » signifie la présence de l’universel concret. Les poètes ont été à la recherche de cette langue une à travers la poésie. L’école des poètes symbolistes en France a vraiment cherché cela.

Cf. en particulier les poèmes de Baudelaire... Les poètes ont l’intuition de cette langue une.

La langue dans laquelle on pense lorsqu’on traduit d’une langue à une autre. Lorsque l’on traduit d’une langue à une autre on pense à travers une autre langue qui fait le trait-d’union entre les deux. Cette langue est dans l’inconscient.

 

***

Il en a résulté les nations, les Goyim. C’est-à-dire différentes manières d’être hommes, très spécifiques et selon l’enseignement de la Torah, elles sont toutes géniales, chacunes possèdent son génie mais elles sont en rivalité. Les guerres commencent à Dor Hapelagah. L’histoire des guerres commencent après Babel. Chacune arrivée pour des raisons économiques, historiques, culturels que les historiens étudient pour ces sociétés considérées arrivées au degré d’évolution telle qu’elles pensent prendre la tête du rêve universel, ou de la réunification de l’humanité et fondent l’empire de sa nation. Le rêve est celui de l’universel mais la réalité bascule dans l’impérialisme. 

Cela éclaire l’échec du cosmopolitisme d’ailleurs.

 

L’universel, cela veut dire que toutes les manière d’être hommes sont en harmonie, chacune à sa place. Alors que l’impérialisme c’est une manière d’être homme qui veut faire l’unité humaine en imposant sa manière d’être homme aux autres. Le rêve de l’universel a toujours été authentique chez les fondateurs d’empires, mais a toujours basculé dans l’impérialisme.

 

Un exemple qui nous familier : c’est l’exemple de l’empire français sortant de la révolution française. Les idéaux de la révolution française sont ceux de l’universel humain mais il en sort quelques années après, l’empire français. L’Empire est sorti de la constituante.

Que signifie « l’empire français » ? C’est l’identité française qui veut s’imposer comme modèle de manière impérialiste à toutes les autres manières d’être hommes pour refaire l’universel humain. Mais il s’agit d’impérialisme. Nous sortons à peine du temps de l’impérialisme français, qui existe toujours sous forme subtile.

 

Il y a les grand exemples, de la Grèce par exemple, de l’Egypte...etc. Une société qui arrive à un degré d’évolution telle qu’elle prend en charge ce rêve de l’universel humaine et cela bascule inévitablement dans l’empire.

 

Cela a été le cas à Babel : c’est là que la civilisation a éclaté et il y a eu l’empire de Babel voulant s’imposer au monde de l’époque.

 

Où sont les Hébreux ? Les Hébreux sont précisément là où la civilisation passe, là où il y a l’empire. L’histoire universelle est catégorisée par le Midrash à ce niveau et le Maharal en a fait la théorie dans deux de ces livres : Il y a 4 grand empires que l’histoire d’Israël a traversé Babel-Perse-Grèce-Rome.

 

- On est sorti de l’empire de Babel avec Abraham

- On est sorti de l’empire de Perse avec Mardokhaï-Ester à Pourim

- On est sorti de l’empire de Grèce avec les Makabim à ‘Hanoukah

- On est sorti de l’empire de Rome avec l’Etat d’Israël contemporain

 

Pendant que l’empire romain s’achève Israël résucite.

Pendant que l’empire grec s’est achevé, c’était Judah Maccabi

Pendant que l’empire perse s’est achevé, c’était Ester et Mardoché

Pendant que la grande civilisation de Babel s’achève, c’est la sortie d’Abraham d’Our-Qasdim et cela se réalise à la sortie d’Egypte avec Moïse.

 

Voir les 4 fêtes :

- Pessa’h

- Pourim

- ‘Hanoukah

- Yom haatsmaout

qui correspondent aux 4 sorties des 4 empires.

 

Il y a 4 empires et 4 exils correspondant.

 

Où sont les Hébreux ? Les Hébreux sont dans la Babel du temps considéré. Aujourd’hui, Babel c’est une filiale de Rome qui est l’Amérique,  alors c’est là-bas que cela se passe.

La diaspora c’est finalement l’Amérique et le reste. Babel de notre temps cela se passe à Brooklin.

C’est les rabbins américains qui le disent en clair : nous sommes au service de la civilisation du temps.

 

Actuellement, il y a des pourparlers entre le Vatican et Israël. Il s’agit du fait que le Vatican était l’un des derniers états du monde à n’avoir pas reconnu Israël et qu’il veut le faire maintenant malgré le problème théologique énorme que cela pose. Raison du retard.

 

On apprendra dans les temps à venir qui viennent que le Vatican va reconnaitre Israël.

 

Il en résulte que la chrétiennté à travers le Vatican va devoir trouver une définition du nom Israël qu’elle s’applique. Parce qu’après la reconnaissance de l’état d’Israël, il reconnait de fait qu’Israël est Israël. Que signifiera donc ce nom pour les chrétiens ? Il ne peut y avoir 2 Israël ! L’histoire de 2000 de chrétienneté montre qu’ils ont toujours fonctionné comme cela. L’histoire juive chez les chrétiens a été celle qu’elle a été parce qu’il ne peut y avoir 2 Israël. Ils se sont alors inventés des échappatoires sémantiques des « Juifs étant Israël selon la chair » et des « Chrétiens étant Israël selon l’esprit » : « Verus Israël », et d’autres disaient « le nouvel Israël ». Mais ce sont des des échappatoires sémantiques dès qu’existe une société politique qui est Israël.

 

Effectivement, aujourd’hui, le schisme à la fondation du christianisme a d’abord été politique avant d’être religieux. Les premiers chrétiens étaient des Juifs qui se sont appellés judéo-chrétiens qui ont cru que leur Rosh Yeshivah était le messie. Aujourd’hui les ’Hassidim de Loubavitch sont persuadés que leur Rabbi, éminent Rav, est « le roi messie vivant ». L’ensemble du peuple juif a une sourire agacé, amusé, mais n’y croit pas. Mais cela n’empêche pas les ‘Hassidim de Loubavitch d’être considérés comme Juifs. Et pourtant ils ont une foi atypique : on les voit jouer au christianisme. Ce sont pourtant des Juifs !

 

Le schisme avec les Chrétiens est apparu quand ils ont changé d’identité politique : il sont pris parti pour Rome contre Jérusalem. Cela a pris trois siècles, Constantin et la suite, vous connaissez l’histoire...

En schématisant, il y a eu un temps judéo-chrétiens chez ces ’Hassidim de l’antiquité, et puis finalement c’est les Chrétiens qui n’ont plus rien à voir avec les Juifs. Ne me faite pas dire que les Loubavitch sont comme des Chrétiens en marche... Je crois qu’ils courent...

 

Il en résulte en réalité que ce qui s’est passé il y a 2000 ans, ce n’est pas une réalité de 2 Israëls avec comme critère de schisme un critère religieux d’abord. C’est une rivalité de deux diasporas d’Israël avec comme critére de schisme un critère politique. La diaspora juive qui est restée fidéle à l’identité hébraïque à travers  toutes les difficultés que vous savez, et la diaspora chrétienne qui a opté pour le véhicule cultuel et culturel gréco-romain. Et c’est devenu  le christianisme. Mais c’est une rivalité de deux diasporas d’Israël hébreux. La juive et la chrétienne.

 

Il en résulte que si le Vatican reconnait Israël cela veut dire qu’il se reconnait lui comme une  diaspora d’Israël, la diaspora chrétienne, qui est entrée en compétition avec la diaspora juive.

 

Prenons le cas de la France : qui est en charge de la nation française pour le message biblique ? L’église de France ou la synagogue de France ? Les chrétiens sont français et les Juifs aussi sont français mais de manière cosmopolite. Il ssont français non parce que nés dans la nation française mais parce qu’ils sont citoyens de l’Etat français et ils finissent par se prendre pour des français...

 

Il y a une interpellation de la diaspora qui va apparaître. C’est pourquoi les Juifs de diasporas n’ont aucun intérêt que l’église reconnaisse Israël parce qu’il y va y avoir compétition.

 

Cette reconnaissance d’Israël par le Vatican est inévitable parce que c’est l’intérêt du Vatican mais pour Israël cela ne posséde plus aucun caractére d’urgence.

 

Cela se rattache à la question : les Hébreux étaient en charge de la vie spirituelle de Babel.

Que faisait Tera’h le père d’Abraham ? Il fabriquait les idoles de Our-Qasdim : le marchand d’idoles et le marchand de symboles religieux : les Juifs fabriquent des idéologies intellectuelles et spirituelles pour les Goyim. Ici, en Israël, les Juifs font des tomates juives et des bananes saintes... C’est différent. C’est un autre sujet sur lequel on reviendra.

 

Q : Israël actuel a difficulté à se dégager de l’exil de Rome ?

R : L’Israël actuel a du mal à se libérer de son origine juive. Il faut avoir le courage de dire les choses comme elles sont. Nous sommes en train de nous dégager du placenta diasporique, galoutique et eux se cherchent encore un place en terre – parce que c’est le judaïsme placentaire. C’est un verset des Prophètes : « Vous êtres venus et vous avez rendus impurs ma terre ». Le commentaire demande avec quoi ? Avec vos cercueils !

 

Nous sommes en gésine de la nation hébraïque et il ne faut pas avoir peur des images. Parce que ce sont les images du Midrash. Si on se demande ce que faisaient les Juifs a Babel, il faut se demander tout simplement ce que les juifs font à Sarcelles, Anvers, Strasbourg... ?

 

Q : Midrash sur la Shoah d’Our Qasdim ne parle que d’Abraham ?

R : Non, il mentionne également un Midrash qui parle de Haran fils de Tera’h père de Lot. Et Abraham est un miraculé de la Shoah, sauvé d’Our-Qasdim. Reprenez la carte d’identité de la famille d’Abraham : Tera’h a trois fils dont l’un est Nahor qui va rester à ‘Haran : il va rester en Galout et il va rester araméen. C’est là le passage de l’identité Abram-Abraham.

Guémara :  il y a d’abord l’identité araméenne, c’est l’hébreu de Babel. Et cet hébreu en exil à Babel est Abram Arami, il redevient hébreu et s’appelle Abraham.

 

Mais pour passer de Abram à Abraham c’est tout le récit de nos deux Parashiot, ce sont des épreuves énomres qu’Abraham doit passer. Mérite-t’il déjà de s’appeller Abraham ?

« Quand tu es Abram tu es stérile... mais c’est à toi que Je fais les promesses, mais dès que tu es Abraham, tout va se réaliser. » C’est ce qui nous arrive : nous arrivons comme « juifs », il faut redevenir « hébreu ». C’est le passage de la citoyenneté israélienne : la municipalité israélienne transforme le juif en hébreu. Israël prend des Juifs et en fait des Hébreux. Ce qui fait du bruit, au dedans et au dehors. Avec tous les ‘Has véShalom possibles et imaginables.

 

Un Midrash le dit clairement : Haran frère de Lot est mort à Our-Qasdim, Nahor est resté dans la Galout d’Our-Qasdim, c’est Abram qui quitte et qui entreprend ce processus où il redevient Abraham.

 

C’est exactement notre carte d’identité sociologique aujourd’hui.

 

- Une partie du peuple juif est restée dans les fours crématoires : Haran.

- Une partie du peuple juif est restée en Galout : Na’hor

- Une partie du peuple juif revient en Kenaan : Abraham

 

Il faut voir la suite. La suite de ce qui vient de Na’hor c’est une lutte terrible contre Israël.

Na’hor c’est l’hébreu de Babel qui décide de rester Aram. Il y a des guerres terribles entre Israël et Aram jusqu’au temps du roi David. Le roi David a été fait prisonnier des Araméens, c’est cette identité hébreux, devenue Aram à Babel et d’où sort Abraham...

 

La référence est en fin du 1er chapitre de Brakhot , la Guémara dit en 2 lignes l’histoire sociologique d’Israël actuel :  Nous arrivons à Abram, il faut devenir Abraham. Notre Parashah raconte toutes les épreuves par lesquelles il faut passer pour devenir Abraham. La première est la séparation d’avec Lot.

 

Mais notre question demeure :

Pourquoi faut-il tellement que Dieu insiste dans ces promesses de l’héritage de la terre ?

La réponse du Midrash sur l’ensemble du texte est la suivante : Abraham n’est pas sûr d’avoir suffisamment de mérite pour la mériter. Il ne doute pas un instant qu’il s’agit de sa terre et que Dieu peut la lui donner, mais il n’est pas sûr d’avoir suffisamment de mérite pour être celui auquel Dieu lui confirme cela. C’est une exagération de la vertu qui est une maladie juive.

 

Nous avons un livre entier du Maharal là-dessus qui pose la quesiton suivante : Pourquoi Israël a-t’il tellement souffert parce que Abraham a demandé à Dieu de lui donner un signe ?

Ce serait le scandale du mythe chrétien du péché originel !  

 

Abraham a une exagération de la vertu et doute après la confirmation de Dieu. Ce qui aurait conduit à l’exil d’Egypte et tout le reste jusqu’à la fin des temps ? Péché originel ?

 

Le Maharal pose la question suivante: si c’est à cause d’une faute d’Abraham que nous avons été exilés, pourquoi l’exil ne commence-il pas avec lui  mais seulement avec Jacob ?

 

Réponse : S’il avait commencé avec Abraham, l’exil aurait concerné Ishmaël. Or, la terre n’est promise et confirmée qu’à ceux qui acceptent l’éventualité de l’exil. Ceux qui ont connu l’exil d’Our-Qasdim et auxquels Dieu dit : après l’expérience de l’exil, la délivrance.

La promesse de la terre ne concerne que la descendance d’Abraham qui accepte l’éventualité de l’exil. Si l’exil avait commencé avec Abraham, Ishmaël aurait connu l’exil, et donc aurait des droits sur la terre. On est en pleine actualité ! Or, Ishmaël n’a jamais connu l’exil. Il a toujours voyagé partout mais en conquérant. Il a connu des défaites, mais jamais l’exil. Sauf ici en Israël. Et les israéliens ont décidé que ce n’était pas normal et qu’il ne fallait plus qu’il y soit en exil.. 

 

Maharal continue : Pourquoi l’exil ne commence-t’il pas avec Yits’haq ?

 

Réponse : Sinon l’exil aurait concerné Essav ! Or, Essav qui a fondé l’empire chrétien, a voyagé partout mais toujours en conquérant sans jamais être en exil, sauf ici en Isaël.

 

C’est le même problème, Ishmaël et Esssav en exil chez Israël, mais ils n’ont jamais connus l’exil et ont toujours voyagé partout en conquérant. C’est pourquoi c’est Jacob qui commence l’exil, car la promesse de la terre ne concerne que la descendance de Jacob et non les autres lignées d’Abraham et d’Isaac qui ne savent pas ce qu’est l’exil. Ils connaissent les voyages mais ce sont des voyages de conquérants.

 

Cela nous est dit en clair dans une Mishnah de la Hagadah :

(Reprenez le Maharal sur cette Mishnah de la Hagadah).

La Mishnah rappelle l’histoire d’Abraham : « J’ai pris votre père Abraham de l’autre côté de l’Euphrate, J’ai multiplié sa postérité (Ishmaël) , et Je lui ai donné Isaac, Jacob et Essav. J’ai donné à Essav la montagne de Seïr pour en hériter et Jacob et ses fils sont descendus en Egypte. »

Seuls la descendance de Jacob, capable de l’exil, a la promesse de la terre    

 

Utilisez cela pour ce qu’on a appris la dernière fois : L’humanité entière a trouvé dans la foi d’Abraham le principe du salut. Parce que la condition de créature est une condition d’exil : la créature en exil du Créateur. Toutes créatures, tout Nibra, tout être qui a la condition de créature, a une conscience existentielle de mal être d’être en exil de la source de l’être. Et chaque tradition exprime à sa manière l’exigence du salut de cette condition de créature. Et voilà qu’elle rencontre un peuple dont la condition historique c’est exil-délivrance. Alors, elle diagnostique en lui la preuve que le salut est possible. Voilà pourquoi Pâques joue un tel rôle chez les Goyim. Parce que Pessa’h c’est la preuve que l’on peut sortir d’exil. La condition humaine est une condition d’exil. Mais on rencontre dans l’histoire humaine un peuple dont c’est l’identité existentielle. Alors on sait que « le salut vient des Juifs » parce qu’ils sont la preuve que le salut est possible.

 

Rattachons cette enseignement à la Mishnah : Qui dans la descendance d’Abraham est porteur de salut ? La descendance de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham parce que ce sont eux qui connaissent l’équation exil-délivrance, Galout-Géoulah.

 

Etude de texte :

Dans ce texte la preuve que le Lekh Lekhah devait arriver à Heret Ha Moriah

Toute la Parashah raconte les péripéties de la séparation d’avec Lot.

Au début, ils font le chemin ensemble. Ensuite, il y a une expérience en Egypte.

Abraham arrive à un certain âge et il a un message à délivrer dans la civilisation extérieure qui était la civilisation égyptienne : « la femme c’est la soeur !».

Il y a deux catégories d’amour, l’amour entre l’époux et l’épouse et l’amour entre le frére et la soeur. Pour le 1er homme par rapport aux espéces animales, apparait l’amour entre époux-épouse, ish-ihshah, et non plus mâle et femelle seulement. Et puis les patriarches reprennent ce problème au niveau supérieur du couple. Et au-delà de la relation époux-épouse, la relation d’amour frère et soeur.

 

Il y a un progrés de la moralité au niveau Abram et Saraï. Ils vont de venir Abraham et Sarah après cette épreuve que l’époux et l’épouse vont se reconnaitre comme frère et soeur. Il y a un progrès dans la moralité. On voit corollairement une chute de la moralité de Lot. Lot va rentrer dans l’immoralité sexuelle. Mais cela commence déjà par une mise à l’épreuve au niveau des rapports fondamentaux d’autrui à autrui : les bergers de Lot faisaient paître leur troupeaux dans des champs qui ne leur appartenaient pas. S’en suit une querelle entre les bergers d’Abraham et ceux de Lot, Abraham intervient et demande à Lot leur séparation.

 

Cela signifie que la séparation entre Lot et Abraham a pour principe une épreuve dans l’ordre de la moralité. Plus Abraham monte dans la moralité et plus Lot descend. Lot va devenir le juge de Sodome et Gomorrhe : il est l’homme de la vertu hébraïque dans un lieu complétement impur.

 

On va suivre cette histoire dans la Gémarah :

1- Abraham est mise à l’épreuve dans son identité pour savoir s’il sera capable de devenir Abraham le principe d’Israël. Il va traverser 10 épreuves que la Torah nous raconte dans son histoire, jusqu’à ce qu’on arrive à celle de « Aqédat Its’haq » où il est confirmé comme Abraham. Le cycle d’Isaac va commencer. Et donc l’identité hébraïque est refondée et le 1er fils d’hébreu va être Isaac.

 

Le passage d’Abram à Abraham n’est pas facile : il n’est pas évident que Abram puisse redevenir ipso facto Abraham. Il faut passer par Assarah Nissionot, les 10 mises à l’épreuve. C’est difficile pour Abram.

 

Dans l’expérience contemporaine : il est très difficile pour un juif de redevenir un hébreu. 

 

C’est cette difficulté là car cela ne va pas de soi qu’un juif cosmopolite devienne membre de la nation hébraïque. Il faut le faire, il faut y passer. Cela se passe à travers une histoire de la société et cela se passe à travers les générations et cela va vite. C’est les petits-fils. Le grand-père était encore du ghetto, et le fils de l’assimilation, le petit-fils est israélien et leur fils sont gagnants.

 

Entre temps on y laisse des plumes, on nous a parlé de tous les déchêts, de toutes les scories, qui empêchent cette réémergence de l’identité hébraïque.  

 

2- Dans cette histoire d’Abraham, notre question initiale, pourquoi Dieu s’entête-t’il à réhébraïser Abraham sur sa terre ? C’est pour lui enlever ses doutes sur son propre mérite. C’est le complexe du juif revenu de l’exil : le doute d’être. Après avoir joué à être un autre, suis-je toujours moi-même ?

On le verra surtout dans une ultime épreuve de Jacob. Lorsque Jacob revient en fin de compte et affronte Essav : à qui appartient la terre Erets Israël ? Jacob démontre qu’il ne s’est que considéré comme métèque en exil et cela lui donne droit à la terre. Il n’y a que les Juifs qui se sont débarassés de ce complexe cosmopolite qui sont sûrs que cette terre est à eux. C’est pourquoi il est nécessaire de leur confirmer. Quand on n’est pas sûr, on n’est pas sûr. Pour être sur la terre, il faut être sûr de la terre.

 

Une curiosité de la Parashah :

Verset de Dieu à Abraham [Gn.12:3] :

וְנִבְרְכוּ בְךָ, כֹּל מִשְׁפְּחֹת הָאֲדָמָה.

« Et se béniront en toi toutes les familles de la terre ».

 

A l’occasion de Rosh hashanah 5764-1994 j’ai reçu la carte suivante :

« Frères juifs nous vous souhaitons une bonne année, « en toi seront bénis toutes les nations de la terre » Genèse 12:3, signés les Chrétiens d’Ile de France.   

 

 

<Fin >

******

  
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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 16:48

Lekh Lekha 93 - 1ère partie

  Rédigé et mis en forme à partir d'un enregistrement:

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1993/cours_1

Face A

 

Lekh Lekha 93 - première partie.

 

Je vais rappeler briévement le sujet de la semaine dernière à partir duquel nous allons commencer à étudier : nous avions étudié la Parashah de Noa’h et nous étions arrivés en fin de Parashah à un texte qui met en évidence que tout le récit précédent depuis le début devait aboutir à Abraham. Effectivement, Abraham apparait dans l’histoire à la fin des dix générations qui vont depuis le 1er homme jusqu’à Noa’h, et des 10 générations depuis Noa’h jusqu’à Abraham. Il y a donc une période de 20 générations où la Torah nous a raconté une première tentative de la civilisation humaine qui a échoué. Ces deux Parashiot de Béréshit et Noa’h devraient s’étudier pendant des mois parce qu’il y a là le modèle, la structure disons, de toute une civilisation humaine, et les différentes causes d’échec à cause de l’échec du problème moral de cette tentative de l’histoire de l’humanité, et aussi corrolairement, les différents sursis qui sont sucités à travers cette histoire et qui n’arrivent pas quand même à être une aide suffisante pour que l’humanité arrive à résoudre le problème fondamental qui lui est posé à travers ce récit, et qui est le problème de la relation humaine des personnes dans la société.

 

Schématiquement, il faut mettre en évidence le fait que c’est le problème moral dans le fait social, la relation des personnes entre elles, qui est posée. Il y a une équation à résoudre, le problème de la fraternité : le problème entre Caïn et Abel qui commence le récit de l’histoire de la société humaine dans son échec qui va aboutir au déluge. On pourrait l’appeler le problème de la relation d’autrui à autrui.

 

Mais la relation fondamentale d’autrui à autrui c’est la relation du frère au frère qui est elle-même la première étape d’un problème à résoudre qui comporte trois étapes :

 

ð la relation entre l’épouse et l’époux

ð la relation du frère au frère, et

ð la relation entre la créature et le Créateur

 

C’est un même problème mais qui se divise en trois axes que l’on retrouve très systématiquement dans l’enseignement de la Torah. La relation entre l’époux et l’épouse est un cas particulier de la relation d’autrui à autrui, laquelle est une expérience, et une épreuve, et une preuve, que nous avons à faire de la relation entre la créature et le Créateur.

 

C’est donc un récit extrêmement important, qui nous amène finalement à la notion d’une sorte de préhistoire d’une histoire qui commence avec Abraham. Si la Torah nous a raconté l’histoire précédant l’apparition d’Abraham dans l’histoire, c’est qu’elle veut que nous sachions qu’Abraham n’est pas n’importe qui. C’est un thème important, Ce n’est pas qu’un jour, de manière arbitraire, Dieu aurait décidé de choisir un homme arbitrairement, par grâce, pour ménager l’histoire du salut.

Abraham n’est pas n’importe qui. Nous avons une identité très précise qui nous est expliquée. C’est l’identité hébraïque. Abraham est un hébreu. Qu’est-ce que c’est ?  

C’est la raison pour laquelle nous avons un récit aussi circonstancié depuis l’histoire du 1er homme jusqu’au temps du déluge, jusqu’au temps d’une génération particulière de l’histoire de cette humanité, la génération que l’on appelle en hébreu, Dor HaPélagah, le moment où l’unité humaine, l’universel humain a éclaté en nations. C’est l’épisode de la Tour de Babel.

 

Et dans la reprise de l’histoire humaine à partir de Noa’h après le déluge, là apparait cette dialectique, cette expression que nous retrouverons sous différents formes : Israël - les Nations.

J’ouvre une petite parenthèse : nous avons énormément de sujet s qui se rattachent à cela : Israël - les Nations :  Israël d’un côté et les nations de l’autre. C’est une notion polémique, agressive et difficile à entendre. Les Juifs y sont familiers et ne se rendent pas compte du scandale que cela représente pour une oreille non-juive. Un tout petit peuple, Israël, et de l’autre côté, l’humanité. Faites bien attention au caractère pas évident d’une notion pareille. L’histoire s’entête a nous démontrer qu’il en est réellement ainsi. Il y a des moments historiques importants de l’histoire de l’humanité, surtout contemporaine, qui démontrent qu’il y a vraiment cette dychotomie claire : d’un côté Israël et de l’autre côté toutes les nations et les autres manières d’être hommes. Qu’on le veuille ou pas, même si cela n’apparait pas toujours de manière évidente et massive, il y a de temps en temps des clins d’œil de l’histoire qui montre que c’est massif et que comme ça.  

 

Dans l’histoire contemporaine en tout cas, deux événements massifs qui le montrent :

ð   D’abord ce qui s’est passé au temps du nazisme. Il y avait vraiment les Juifs d’un côté et le reste du monde de l’autre. Les Juifs et leurs amis non-juifs. Il ne faut pas oublier que pendant le temps du nazisme les Juifs ont eu beaucoup d’amis. Mais ils avaient tous ceci en commun qu’ils ont été impuissant à empêcher la catastrophe. Il y a pu avoir des sauvetages individuels. Nombreux grâce à Dieu. Je crois qu’il faut être rassurés qu’il y a un peu de bien    dans ces grands événements du mal. Cela rassure, il y a quelque chose derrière.   

 

ð   Je crois aussi que nous avons présents en mémoire ce qui s’est passé au temps de la guerre des 6 jours. Il y avait Israël et les Juifs et leurs amis d’un côté et le monde entier de l’autre...

 

Mais il n’en reste pas moins que c’est une notion qu’on manie très souvent sans se rendre compte de son caractère polémique, surtout encore une fois pour une oreille non-juive qui serait attentive à entendre ce qu’elle entend. 

 

Comment comprendre cette séparation totale ? d’un côté une toute petite société des juifs et Israël et de l’autre côté l’humanité entière ?

 

Et nous le voyons aussi actuellement, ce qui se passe ici met en branle le monde entier comme nous le voyons à diverses occasions.

 

Rav Kook : la plupart du temps nous ne sentons cela qu’incognito mais il y a des moments de l’histoire où cela se dévoile clairement, massivement.

 

Retour au sujet :

Dès le moment de la dispersion de l’humanité en nations - Dor hapelagah (cela vient du terme hébreu Léhitpaleg  qui signifie diasporiser) apparait cette différence entre l’identité hébraïque représentée par l’ancêtre d’Abraham, le fondateur de la religion des Hébreux qui s’appelle Ever, qui a gardé l’identité humaine une, indifférencié. Et Les nations sont autant de manière différenciées d’être hommes, chacun avec son génie propre, avec sa spécificité propre, mais avec aussi sa partialité propre.

 

Et l’histoire de la relation entre Israël et l’humanité montre bien que l’humanité a diagnostiqué qu’il y avait quelque chose de particulier dans cette identité hébraïque. Chaque fois que l’humanité est en quête d’espérance à travers les grands moments de l’histoire (là il s’agit d’une histoire de près de 4000 ans depuis le temps des Hébreux), elle a cherché des Hébreux. Chaque fois que l’humanité est en quête de salut, c’est l’identité hébraïque qui apparait comme modèle de salut.

 

Je veux simplement mettre cela en évidence et ce ne sont pas des thèmes littéraires purs et simples. Effectivement, beaucoup de livres s’en servent de manière littéraire. Beaucoup de livres qui paraissent sur les Juifs, écrits par des Juifs ou non-juifs, et qui mettent en évidence ce paradoxe de ce tout petit peuple qui semble avoir un destin à part...

 

Evangile de saint Jean : un verset faisant parler les Samaritains qui disent: « le salut vient des Juifs » ! Et c’est un verset des Evangiles ! Il n’y a pas d’écrit « le salut vient de qui vous savez… C’est une livre écrit par des Juifs d’ailleurs. Il y a une espèce de reconnaissance et de consensus.

Mais il y a du point de vue des événements de l’histoire d’Israël, une réalité qui fait que l’universel juif est en réalité un cosmopolitisme juif. Le cosmopolitisme juif est la preuve que cette identité qui nous vient des Hébreux peut être n’importe quelle manière d’être homme à la fois. Et c’est un cas particulier. Les Juifs sont n’importe quel manière d’être homme s’ils le décident.

Un Juif peut être français ou être allemand. Quand il est français il est très français et quand il est allemand il est très allemand. Cela peut aller jusqu’à un patriotisme local déconcertant. Le Juif peut être très alsaciens et donc très auvergnat. Il y a des Juifs corses et patriotes corses... Cela va très loin. D’ailleurs au retour d’exil cela nous fait les 22 parties de la Knesset, chacune représentant son Goy préféré... Tous les Goyims ont un juif préféré, mais il faut découvrir que les Juifs ont aussi leur Goy préféré... Je ne sais pas si vous vous rendez compte qu’on parle français ! Cela ne va pas de soi pour les Juifs yéménites ! Lequel est exotique ? Un juif yéménite ou un juif français ? Réfléchissez bien. 

 

C’est le fait de l’universel humain à travers le cosmopolitisme juif. Ces deux catégories de l’universel et du cosmopolite ne sont pas les mêmes, mais je prend l’exemple du cosmopolitisme juif pour parler de l’universel hébreu. 

 

Tant que nous étions en diaspora, et que en diaspora, les Juifs pouvaient se réclamer de l’universalisme, il y a avait un fait masqué par la diaspora, c’est d’ailleurs déjà dans notre Parashah, lorsque Dieu interpelle Abraham sur la terre d’Israël – il y avait quelque chose qui a été caché, le fait que les Juifs parlaient d’universalisme sans savoir vraiment s’il s’agissait d’universalisme ou de cosmopolitisme. A partir du moment où l’état d’Israël existe, c’est-à-dire où la société juive est redevenue la nation hébraïque, il se dévoile pour énormément de Juifs, surtout de disapora, que peut-être ce n’est pas de l’universalisme mais du cosmopolitisme.

 

Nous, ceux de ma génération, sommes des Juifs revenus d’exil, avec l’identité juive cosmopolite, et nous sommes en train de retrouver notre identité nationale qui est l’identité hébraïque. C’est un processus qui traverse l’histoire de la société israélienne en maelström avec tous les remouds et les péripéties de l’histoire des quelques dizaines d’années de l’état d’Israël, c’est le récit que nous sommes en train de lire comme modèle : l’histoire d’Abram redevenant Abraham, ce processus des Juifs revenus de tous les paysages des voyages d’Israël. Le juif de diaspora est un hébreu en voyage, et ce n’est pas parce que le voyage a duré longtemps que ce n’est pas un voyage. Quand le voyage dure longtemps on oublie que c’est un voyage, et pourtant on se rappelle pieusement que c’est un voyage : « l’année prochaine à Jérusalem... ». Mais le voyage a duré longtemps. Nous revenons avec des identités de diaspora, et nous sommes en processus de réhébraïsation. Ce n’est pas simplement un probléme linguisitique culturel mais fondamentalement un problème d’identité nationale. Il y a une nation, la nation de Hébreux, dont la Torah a raconté l’histoire et qui en tant que nation est universelle. C’est pourquoi j’ai commencé par dire : à l’indice de cela, c’est le caractère cosmopolite des Juifs qui sont les Hébreux de diaspora. Ils peuvent être n’importe quelle manière d’être homme.

 

Je vais prendre une image, c’est plus qu’une image, empruntée à l’anthropologie: J’ai l’impression qu’il y a un capital génétique de l’identité hébraïque et que les gènes correspondant à la spécificité des peuples chez lesquels on vit, à la longue, apparaissent comme dominants chez les Juifs de tels ou tels paysages.

 

[J’ai dans mes dossiers un article assez extraordinaire paru il y a quelques mois en Israël : Un chercheur israélien a établi qu’il y a une maladie très rare qui est commune aux Juifs irakiens et ashkénazes. Très birévement, il y a eu une première dispersion du temps des Judéens du 1er temple. C’est la dispersion de Babel, dont la région de l’Irak qui est une partie de Babel. Cet exil de Babel est un exil d’où procède les grandes communautés, ce que je dis est très schématique, parce qu’à traversles siècles il y a eu des brassages des communautés juives à travers toutes les catégories. Moi-même comme vous le savez je m’appelle Ashkénazi je suis séfardi. C’est donc qu’il y a une histoire de brassage historico-géographique. Et je suis effectiement d’origine ashkénaze mais très lointaine. Et pour tant je suis séfarade come vous le savez. Indépendament des problèmes existentiels que cela pose - les enfants vont bien grâce à Dieu – c’est une histoire juive ! Ceci dit il y a eu énormément de brassages.

 

Cet exil de babel qui a été la dispersion des Judéens du 1er temple est à l’origine de trois grands embranchements :

=> les Bablim (essentiellement les Irakiens, Bagdad...)

=> les Juis Yéménites

=> et les Juifs Ashkénazes.

 

Ces 3 grandes communautés ont été fondées au temps de la dispersion du 1er temple. Et ne sont  pas revenus (hormis la poignée de sionistes de ce temps-là) au temps du 2nd Temple avec Ezra et Néhémie, à Shivat Tsion.

Il y a différents indices de cela. En particulier la prononciation. La pronociation ashkénaze de l’hébreu est beaucoup plus proche de la prononciation yéménite que de la prononciation sefaradite. Le fait que le Yemen était dans l’empire de l’islam nous laisse croire que les Yéménites sont des séfardim, mais en réalité ce sont des exilés du temps du Bayit Rishon, la même souche éthnique que les Ashkénazes et que les Bablim qui se sont trouvés dans l’aire culturelle islamique. C’est pourquoi ils sont d’un rite qui ressemble seulement au rite séfarade car ils ont accepté comme Possek le Rambam, mais leur identité au niveau éthnique est proche de celle des Ashkénazes.

 

J’ai expérimenté cela la première années où je suis arrivé à Jérusalem. C’était l’époque de Tisha BéAv et je suis allé dans un synagogue yéménite de Méa Shearim. Il y avait à côté une petite synagogue de Juifs hongrois qui ont fini la prière avant les Yéménites et sont venus les rejoindre. Et alors j’ai vu ce spectacle des visages de Juifs hongrois ou yéménites qui sont sensiblement identiques, l’un dans le genre oriental et l’autre dans le genre occidental. Mais c’est les mêmes. Ils l’ont senti eux profondément puisqu’ils sont venus naturellement prier avec eux. Ils l’ont senti eux profondément, puique les Hongrois sont venus avec les Yéménites naturellement, et pourtant Dieu sait si c’est différent au niveau folklore. Mais leur identité est la même. Notre histoire est très longue. Il faut comprendre cela.

J’ai lu récemment un article d’une revue scientifique a établi l’existence d’une maladie génétique commune aux Juifs irakiens et ashkénazes. Cela veut dire que cette mutation s’est déclarée à Babel avant l’exil au 2nd degré des Juifs de Babel de ce temps-là en pays ashkénazes.]

 

Cela veut dire que finalement cette identité hébraïque à travers le temps de la diaspora est allée se fixer sur des paysages de l’universel humain. Mais cet universel humain c’est une fiction, c’est un terme théorique des philosophes, il n’y a pas d’homme universel, mais l’homme personnalisé, concret. Les Latins disaient hic et nunc, ici et maintenant. On est Monsieur Untel avec une carte d’identité très précise. Et même s’il y a dans les grandes métropoles ce cosmopolitisme à causes des brassages d’immigrants qui ne savent plus comment se rattacher à une tribu humaine, finalement c’est le Erev Rav de l’humanité – et il n’en reste pas moins que chacun est ce qu’il est. Et on ne peut pas parler de l’homme en genéral parce qu’on ne sait pas où il est.      

 

L’homme universel est une fiction philosophique issue d’un idéal de l’universel, mais la Torah nous parle d’une identité concrète humaine : l’identité hébraïque qui porte en elle les véhicules de l’universel. L’indice c’est le caractère cosmopolite des Juifs. C’est-à-dire qu’un juif peut être ou français, ou allemand, ou russe ou polonais et parfois tout cela à la fois… Mais cela n’est pas l’universel mais le cosmopolitisme. Et cela se dévoile lorsqu’on ne fait pas partie d’une nation, alors on est de la nation des autres : c’est cela le cosmopolitisme. Ce n’est pas l’homme cosmique ou l’homme universel qui n’est qu’une fiction littéraire.  

 

Il y a, traversant l’histoire humaine, cette identité hébraïque dont la Torah a raconté l’histoire, et qui a empoigné l’humanité entière à travers l’islam en orient et à travers le christianisme en occident, à travers beaucoup de ses courants culturels.

 

Les Juifs sont des Juifs parce qu’ils sont originellement des Hébreux. Or, le problème de la société israélienne c’est que les Juifs que nous sommes, revenus des paysages des voyages, redeviennent Hébreux. C’est la clef de tous les problèmes de politiques intérieures et extérieures. Parce que ce n’est pas un processus simple, c’est un processus de ré-engendrement de l’identité hébraïque. Or, c’est ce récit, le récit de l’histoire d’Abraham. 

 

Ce que nous lisons de la Torah dans ces Parashiot, aux derniers versets de Noa’h et dans Lekh Lekha, c’est cette histoire-là .

 

Je vous rappelle la clef que nous avions déjà utilisé la semaine dernière: c’est une citation du Talmud :en fin du premier chapitre de la Massekhet Brakhot 11 ou 12 a - b:  La Guémara dit ceci : Il y a un verset des Chroniques qui dit: Abram hou Abraham.

Les Chroniques sont les derniers livres historiques de la Bible qui recommencent la généalogie depuis le 1er homme jusqu’à l’engendrement messianique. [C’est là-dessus que ce sont greffés les récits des généalogies que l’on a dans les Evangiles].

 

Le verset dit ceci : Abram hou Abraham

 

Parce qu’il faut redécouvrir que ce grand personnage central de l’histoire d’Israël dès l’origine, mais qui a lui-même une origine, il est le descendant de Ever du temps de la tour de Babel. Lorsque l’humanité une, l’universel humain, qui existait concrètement et vraiment en ce temps-là, a éclaté en nations des différentes manières d’être hommes – et c’est le problème des civilisations : comment faire pour que  ces différentes manières d’être hommes vivent ensemble ? C’est ce salut-là que l’humanité cherche.

La Guémara dit que cette identité hébraïque était en diaspora dans la civilisation du temps, qui était celle de Babel, dans la région de la Mésopotamie des historiens de l’antiquité, Irak, Iran actuel..., qui était la civilisation du temps.

 

Petite parenthèse :

Nous savons d’après l’enseignement de la Torah elle-même que le pays dit de Canaan est nommé ainsi parce qu’aux temps de l’histoire des Patriarches il a été conquis par les Cananéens. 

 

C’est dans le verset de notre Parashah [Gn. 15:6] :

 וְהַכְּנַעֲנִי, אָז בָּאָרֶץ

Ve hakenaani az baarets 

 

Au temps des Patriarches les Cananéens ont envahi ce pays qui était dans l’héritage de la lignée de Shem, ancêtre de Ever, au moment du partage des pays selon les peuples. Et ce pays est appelé le pays des Hébreux. 

 

Se pose la question importante: Que faisaient les Hébreux ailleurs que chez eux ?

Cela a été notre histoire pendant 4000 ans ! Une espèce de tendance à l’universel – c’est très schématique - qui fait que les Juifs font comme si ils étaient chez eux n’importe où. Il y a alors le retour de volant : quand ils sont chez eux, on dit qu’ils sont chez les autres ! Midah kenegued midah… On a fait semblant d’être chez nous chez les autres, alors quand on est chez nous on fait semblant qu’on est chez les autres.

 

Cela s’attache au destin ambigü et ambivalent de cette nation spécifique qui a pour fonction l’unité et l’universel. Le monde entier réclame sa terre, sa ville, son identité, et pendant ce temps, elle, elle fait semblant d’être l’identité des autres... C’est le cosmopolitisme juif.

 

Cela ne veut pas dire que cela n’implique pas des richesses culturelles. Mais cela a un prix. Lisez l’histoire juive. Finalement, cela aboutit à un grand cimetière qui s’appelle le musée de la diaspora à Tel-Aviv : une richesse de 2000 ans d’histoire qui finit.. dans un musée... Je referme cette triste parenthèse. Nous sommes vraiment dans une admiration caractéristique à ce niveau, c’est la mutation qui se passe. Israël est en train de faire le bilan de sa préhistoire, et cela s’appelle « le musée de la diaspora ». Visitez la diaspora après un stage en Israël vous allez voir que vous aurez l’impression d’être dans un musée...

 

***

 

Retour au sujet :

 

Il y a eu des événements - une shoah – qui ont fait que les rescapés des Hébreux de la civilisation de Babel ont décidé de rentrer chez eux. Anachroniquement, c’était le sionisme du temps d’Abraham.

Nous allons lire le récit et vous allez voir que sans aucune révélation d’en-haut, une famille, celle d’Abraham, sous la direction du chef de famille Tera’h, décide de quitter Our-Qasdim et d’aller en direction du pays de Canaan.

 

Q : D’où venaient les Cananéens ?

R : De Crête, mais ils venaient de beaucoup plus haut. C’étaient des Européens, des blancs  d’Europe qui ont envahi, et d’ailleurs les Phillistins sont une partie des Cananéens. Il y a d’ailleurs une analogie avec les Carthaginois. Ce n’est pas loin.

Q : les Berbéres aussi ?

R : Non c’est un tout autre rameau humain. Les Berbères, les Basques, les Hongrois et les Finlandais sont du même rameau humain (s’originant en Yafet). Ce que les Grecs appelaient des barbares d’où berbères. Si vous aller au pays basque et que vous êtes de Kabylie vous retrouverez les mêmes rythmes de musique, et on les retrouve aussi jusqu’en Finlande....

 

Bereshit Chapitre 11 verset 31 : Fin de Parshat Noa’h.

 

Dans l’ordre du récit, il n’y a eu aucune révélation de Dieu à Abraham. On nous raconte ce qui se passe : en fin de compte, il est arrivé un temps où les descendants de Ever, il y a Tera’h qui a eu trois fils Na’hor, nommé du nom de son grand-père, Haran et Abraham. On nous raconte que ces Hébreux sont les rescapés des Hébreux au temps de Nimrod où il y a eu une shoah. Le Midrash nous restitue ce qui s’est passé. Nimrod était le tyran de ce temps-là, et on jettait les Hébreux dans les fournaises de Our-Qasdim. C’était les chambres à gaz de l’époque. Le Midrash est impitoyable : c’est la mémoire de la tradition des Hébreux. Imaginez que les antisémites révisionnistes s’arrangent pour qu’on oublie complétement la Shoah pour mieux pouvoir recommencer plus tard. Voyez comment on oublie l’histoire. Cela va vite, au niveau universitaire : les fours crématoires ont-ils ou non existé ?

 

Il y a une famille rescapée de cela :

וַיִּקַּח תֶּרַח אֶת-אַבְרָם בְּנוֹ, וְאֶת-לוֹט בֶּן-הָרָן בֶּן-בְּנוֹ, וְאֵת שָׂרַי כַּלָּתוֹ, אֵשֶׁת אַבְרָם בְּנוֹ; וַיֵּצְאוּ אִתָּם מֵאוּר כַּשְׂדִּים, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן, וַיָּבֹאוּ עַד-חָרָן, וַיֵּשְׁבוּ שָׁם

Vayika’h Terach et-Avram beno ve'et Lot ben-Haran ben-beno ve'et Saray kalato eshet Avram beno vayetse'ou itam meOur Kasdim lalechet artsah Kena'an vayavo'u ad-Charan vayeshvu sham.

Vayika’h Terach et-Avram beno

Et Tera’h prit Abram son fils

ve'et Lot ben-Haran ben-beno

et Lot fils de Haran son petit fils

ve'et Saray kalato

et Sarah sa brue

eshet Avram beno

femme d’Abram son fils

vayetse'ou itam

ils sortirent avec eux

meOur Kasdim

d’Our-Qasdim

lalekhet artsah Kena'an

pour aller au pays de Canaan

vayavo'ou ad-‘Haran vayeshvou sham.

Ils arrivèrent jusqu’à ‘Haran et s’intallèrent là-bas.

 

Entretemps Dieu va se révéler à Abraham au début de notre Parashah pour dire :

Quitte ta maison paternelle... Entre temps Dieu va se révéler à Abraham pour confirmer.

 

Le rythme de l’événement est le suivant : l’initiative vient de la famille de Tera’h provoqué par Abraham pour se déconnecter de la civilisation de Babel qui est devenue ce qu’elle était devenue : ils sont les rescapés de la Shoah de ce temps, et ils vont au pays de Kenaan. Pourquoi ? Parce qu’ils rentrent chez eux ! Ils savent donc où ils vont ! Ce sont exactement comme les délibérations du congrès de Bâle : Ouganda ou Erets Israël ? On a décidé de rentrer chez soi et on sait où c’est....

 

Effectivement, entre temps :

 

Chapitre 12 verset 1

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-אַבְרָם, לֶךְ-לְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ.

Vayomer Adonay el-Avram

Et Dieu dit vers Abram

lekh lekha

va pour toi (Rashi explique : pour ton bien)

me'artsekha

de ton pays

oumimoladetekha

de ta terre natale

oumibeyt avikha

de ta maison paternelle

el-ha'arets asher areka

vers le pays que Je t’indiquerais.

 

Le raisonnement semble incompréhensible : « Va vers un pays que Je te montrerais quand tu y arriveras » ? Cela ne veut rien dire ! Et tous lisent comme si Dieu avait dit à Abraham d’aller au pays de Canaan. Ce n’est pas ce qu’Il a dit. Ce récit dit : cette famille a décidé d’aller au pays de

cannaan.

 

En chemin il y a discussion des Méfarshim : la révélation de Lekh Lekha a-t’elle été dite à Our-Qasdim ou à ‘Haran, une étape où s’était arrêté une première fois Tera’h ? Il avait fait une petite incursion au pays de Canaan et était revenu à ‘Haran, un peu comme des Olim qui font leur Aliyah en commençant par une visite de reconnaissance... Tera’h est le 1er sioniste de l’histoire. Il est venu faire un petit tour pour aboutir à ‘Haran. Entretemps Dieu confirme à Abraham que c’est là qu’il faut aller.

 

Un texte du Midrash montre que le Midrash a posé la question, et à travers cette question nous enseigne que en fait la révélation de Lekh Lekha concerne le fait d’aller au ’Har haMoriah, là où aura lieu la Aqédat Its’haq. On comparera les deux versets.

 

Parshat Vayera verset 2 chapitre 22:

Lorsque Dieu s’adresse à Abraham pour lui dire tu vas prendre ton fils bien aimé Isaac..

 

וַיֹּאמֶר קַח-נָא אֶת-בִּנְךָ אֶת-יְחִידְךָ אֲשֶׁר-אָהַבְתָּ, אֶת-יִצְחָק, וְלֶךְ-לְךָ, אֶל-אֶרֶץ הַמֹּרִיָּה

Vayomer qa’h-na et-binkha

Il Dit : prends ton fils

et-yechidecha

ton unique

asher-ahavta

que tu as aimé

et-Yitschak

Isaac

velekh-lekha el-erets haMoriah

et va pour toi au pays de Moriah

 

C’est sur le mont de Moriah qu’aura lieu la scène de l’épreuve d’Abraham, Aqedat Its’haq.

 

La famille d’Abraham va d’elle-même au pays de Canaan. Dieu n’a pas indiqué à la famille d’Abraham dans quel pays ils doivent aller. En réalité, cette incidence du verset de Lekh Lekha c’est pour lui indiquer que son retour d’exil va le mener à la scène du mont Moriah.

 

Par conséquent, nous étudieront ce texte et nous poserons la question suivante :

Puisque ce pays est le pays des Hébreux et qu’Abraham rentre chez lui, pourquoi est-il nécessaire que Dieu lui promette tant de fois que ce pays sera donné à sa descendance puisque c’est le sien ! Pourquoi cette répétition de ce serment aux enfants d’Israël ?

 

 
.../...
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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 15:40

 

Lekh Lekha 1992 - 3ème partie.

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1992/cours_1

Face C

 

Le Juif est l’otage d’une situation impossible alors que l’israélien c’est Israël qui est en relation avec les Goyim en relation de dignité.

 

Je vous donne un exemple : J’ai vécu une partie de ma vie en France comme juif français. 

J’étais un Juif qui se prenait pour un français en dialogue avec des Français qui se prenaient pour des Juif - cela s’appelle des Chrétiens. C’était treize fois à l’envers, défiguré complétement. Aujourd’hui, lorsque je vais au consulat français, je me sens deux fois chez moi, on parle français et c’est très franc car c’est à visage découvert : le dialogue d’un hébreu parlant à un gaulois. Ce n’est pas comme un juif-français de France parlant à un français en France... Ce à quoi vous faites  allusion c’est le fait de l’indexation d’Israël sur les nations. Mais pourquoi à la manière du judaïsme de l’exil ? Cela peut être « Békhavod oultifaret », cela peut être « Ki Mitsion Tetsé Torah » ! D’Israël chez es nations et vers les nations.

Quand je suis à Paris je suis plus à l’aise dans la colonnie israélienne que dans la communauté juive ! Rendez-vous compte de ce que je suis en train de vous dire ! C’est un autre monde. Et nous avons une relation avec les Français qui est très différente quand ils savent qu’ils ont à faire à un israélien.

 

Ce que la Torah prévoit c’est qu’Israël est Israël des nations. Mais pourquoi dans la situation d’otage de communautés juives de l’exil ? Cela finit toujours dans la catastrophe ! Il n’y a pas d’autre solution. Une seule alternative pour les communauté d’exil : la catastrophe ou la Aliyah ! Il n’y a pas d’autre issue. C’est notre histoire depuis toujours : Il n’y a pas d’exception !

Regardez ce qui se passe actuellement dans une communauté comme Sarajévo qui sont des Juifs espagnols ou portugais depuis el temps de l’inquisition, complétement assimilés, et finalement ils disent qu’ils sont bosniaques chez eux… et qu’ils vont en Israël parce qu’ils en peuvent pas faire autrement mais il svoudraient bien que la présence juive continue dans cet enfer de la Bosnie Herxzégovine… ça c’est les Juifs !

 

Je crois que les Juifs sont pris au piège d’un raté de leur vocation. Mais beaucoup, grâce à Dieu, transmettent à leurs enfants la mutation d’identité qui s’est produite de notre temps. Les Juifs sont d’origine hébraïque et l’ont oublié, les Israéliens sont des Hébreux d’origine juive et il ne faut pas qu’ils oublient leur origine juive. C’est le problème de la société israélienne : d’origine juive, il ne faut pas qu’elle renie son origine juive. Mais les Juifs, eux, ont tendance et risque de renier leur origine hébraïque. Je crois que nous sommes en plein maelstrom de mutation d’identité. Juifs et Israéliens se ressemblent beaucoup. Mais « ressembler » cela signifie que ce n’est pas la même chose.  

 

Q : Tu as fait allusion au risque d’oubli des traditions et du folklore juif pour les israéliens, j’ai une certaine peur d’une amnésie collective…  

R : J’ai compris ta question : pour nous, nés juifs, cela nous est très difficile de nous identifier avec un Tsaba’h ie. un israélien né israélien. On projette sur lui des catégories et des schémas de pensée qui ne sont pas très adaptés à la manière dont il vit son identité. Plus important, il y a un phénomène de dialectique d’opposition avec une crispation de l’identité des Tsabarim anti-juive parce qu’ils sont adossés à une identité juive anti-tsabar. Alors il y a une dialectique d’opposition. Ce qui se passe au gouvernement actuellement dsans cet espéce de marchandage que vous avez suivi entre le parti Shass et le parti Merets parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement á cause de leur objectifs de politique extérieure, c’est une histoire de fou. Il faudrait un Balzac pour raconter cela ! Ce sont des gens qui se haïssent et font semblant de s’aimer. Il va en ressortir une intensification de la haine entre ces deux partis. Il y a un dégout de ceux qui sont au milieu dans Avodah. Et le Mavdal se frotte les mians mais cela ne change rien.

Voyez cette espèce de dialectique d’opposition. Quand une unité éclate, les deux ont tort.

Il y a actuellement les ‘Harédim en tant que Daatin ne représentent pas la Torah, ils représentent une maniére de ocnsidérer la Torah qui est la manière ‘Harédi et qui est bien précise, et qui implique le refus de l’état d’Israël tout en étant branché parasitairement sur lui. Les ‘Hilonim font semblant que cøest cela la Torah, parce que cela les arrange de désigner un repoussoir : c’est cela la Torah et on n’en est pas ! Et surtout que cela soit cela parce que nous n’en sommes pas !

Aux deux ils manquent l’essentiel.

Ce sont deux projections d’identités Israël, de deux ombres différentes. Mais aux deux il manque la même lumière. Vous me connaissez et vous savez que personnellement, je suis dans la tradition du Rav Kook, je préféreles ‘Hilonim aux ‘Harédim parce que les ‘Hilonim sont Israël par le peuple alors que les ‘Harédim sont Israël par la secte religieuse. Du côté des ‘Hilonim tout avenir est préservable tandis que du côté des ‘Hilonim on ne sait pas où cela va. Le christianisme a commencé comme cela. C’est devenu le christianisme ! Je n’ai pas dit qu’ils étaient déjà des chrétiens, c’est peut être pire ! Mais en tout cas ils sont de deux genres très différents mais ils communient dans le refus de principe de l’état d’Israël et la négociation pragmatique de la vie en hébreu en état d’Israël grâce à l’état d’Israël !

Tout le monde fait comme si la société israélienne c’était soit ceux-ci, soit ceux-là. Ais ce n’est ni l’un ni lautre donc il ne faut pas s’enfermer dans ce faux problème.

Ceux qui manquent aux deux pour se réajuster c’est la même chose :la Kaballah !

D’un côté vous avez la religion sans Kaballah et de l’autre l’irreligion sans Kabalah. C’est vraimeent la même chose qui leur manque, je le sais par expérience. Dès qu’un ’Harédi commence à apprendre un peu de Kaballah authentique, sa relation aux ‘Hilonim change. Et dès qu’un ‘Hiloni commecne à apprendre un peu de Kaballah authentique sa relation á la Torah change de nature.

L’image que j’avais montré c’est que deux mains qui n’arrivent pas à se joindre se rencontrent á l’envers parce qu’aux deux ils leur manquent l’endroit.

Dans le principe, tant les ‘Harédim que les ‘Hilonim, c’est le même Israël sorti du peuple juif, mais dans la réalité c’est très différent : l’un a pour objectif la nation d’Israël et l’autre a pour objectif la confession religieuse ‘Harédite... Et encore une fois ceux qui ont connu la vie des premières communautés judéo-chrétiennes ou judéo-musulmanes d’ailleurs sont pris de panique de voir que cela recommence: vouloir subsituer à la nation d’Israël une église !        

J’espère que vous êtes rassurés, tout va bien…

 

****

 

2ème thème :

 

Je voudrais arriver au deuxième texte, sur le début de la Parashah de Lekh Lekha.

Voilà la question que je voudrais mettre en évidence :  

 

Lorsque Dieu s’adresse à Abraham il s’adresse à un descendant de Ever, donc un hébreu, qui se trouve dans une diaspora du temps qui était la diaspora de Babel, celle de la Chaldée, la Mésopotamie de l’antiquité, la première Babel.

 

Il faut d’abord découvrir que l’histoire d’Israël commence dans une sortie d’exil. La Torah prend l’histoire à ce moment-là  parce que c’est la sortie d’exil qui va constituer de façon irréversible la résurgence de l’identité hébraïque. Il y a eu des épisodes analogues depuis le 1er homme. A chaque temps de la civilisation humaine il y avait à chaque époque une société de type Israël pour la civilisation du temps considéré. Elle a systématiquement échoué jusqu’à la famille d’Abraham. Raison pour laquelle la Torah commence son récit là où cela émerge.

 

La Talmud enseigne de façon précise qu’à chaque stade de civilisation il y a une société de type « Mamlekhet Kohanim Vegoy Kadosh » avec à sa tête un Moïse. Et puis cela échoue à chaque fois jusqu’au temps où on arrive à la famille d’Abraham sortant de cette mission en diaspora de Babel pour reconstituer Israël sur la terre des Hébreux.

 

Un Midrash nous éclaire sur la question de savoir ce que faisaient les Hébreux à Babel. Ce n’est pas autre chose que la question : Que font finalement les Hébreux ou les Juifs partout où ils sont en dehors de leur terre ?

Ils sont en mission de diaspora, là où la civilisation passe.

En ce temps-là la civilisation dominante c’était Babel, alors on trouve donc les Hébreux à Babel. Les Cananéens occupaient alors le pays des Hébreux. La Torah le dit de façon très claire, et je ne comprends pas comment les gens font semblant de se tromper : ce pays de Canaan est appelé par la Torah le pays des Hébreux et n’est nommé terre de Canaan que parce qu’il est occupé par les Cananéens. [Gn.15:6] וְהַכְּנַעֲנִי, אָז בָּאָרֶץ VéHaKnaani Az Baaretz Et le Cannanéen habitait le pays. Mais il s’agit de « Erets Ha Ivri » comme on l’apprend dans l’histoire de Joseph dans la prison d’Egypte et qu’il raconte aux ministres emprisonnés avec lui :

כִּי-גֻנֹּב גֻּנַּבְתִּי, מֵאֶרֶץ הָעִבְרִים

« car volé j’ai été volé du pays des Hébreux ». C’était la région de Shkhem : qui étaient présent come Hébreux à l’époque ? Jacob et ses fils ! mais pourtant les ministres de Pharaon savent de quoi il s’agit.

 

De la même manière pendant 2000 ans en « Palestine » - comme les Romains l’ont nommé - quelques rescapés et les Juifs partout ailleurs, là où la civilisation passe, et puis tous savaient que la Palestine étaient le pays des Juifs !

Alors maintenant c’est le pays des Palestiniens, vous savez pourquoi…  

 

Alors en tout cas, on va lire un texte qui montre que la vocation d’Abraham commence par une initiative de la famille d’Abraham, avec à sa tête Abraham, sans aucune révélation de Dieu lui demandant de quitter le pays d’Our-Qasdim pour aller au pays de Canaan: le temps est arrivé où Abraham a diagnostiqué qu’il faut décrocher de l’exil et il rentre chez lui. Il sait où il va. Au congrès de Bâle de cette époque on avait beau dire lOuganda, c’est quand même Israël !  

 

Bereshit Chapitre 11 verset 31:

וַיִּקַּח תֶּרַח אֶת-אַבְרָם בְּנוֹ, וְאֶת-לוֹט בֶּן-הָרָן בֶּן-בְּנוֹ, וְאֵת שָׂרַי כַּלָּתוֹ, אֵשֶׁת אַבְרָם בְּנוֹ; וַיֵּצְאוּ אִתָּם מֵאוּר כַּשְׂדִּים, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן, וַיָּבֹאוּ עַד-חָרָן, וַיֵּשְׁבוּ שָׁם

Vayika’h Terach et-Avram beno ve'et Lot ben-Haran ben-beno ve'et Saray kalato eshet Avram beno vayetse'u itam meUr Kasdim lalechet artsah Kena'an vayavo'u ad-Charan vayeshvu sham.

Vayika’h Terach et-Avram beno

Et Tera’h prit Abram son fils

ve'et Lot ben-Haran ben-beno

et Lot fils de Haran son petit fils

ve'et Saray kalato

et Sarah sa brue

eshet Avram beno

femme d’Abram son fils

vayetse'ou itam

et ils sortirent ensemble

meOur Kasdim

d’OurQasdim

lalekhet artsah Kena'an

pour aller en direction du pays de Canaan

vayavo'ou ad-‘Haran vayeshvu sham.

Ils arrivèrent jusqu’à ‘Haran et s’intallèrent là-bas.

 

Dans tout ce qui précède, il n’y a aucune indication que Dieu s’est adressé à Abram ou à Tera’h pour leur dire d’aller au pays de Kenaan.

Il faut encore une fois s’étonner de ce que tant de gens croient qu’Abraham était mésopotamien qui subitement devient hébreu parce que Dieu lui a donné rendez-vous en terre de Canaan.

Abram est bien un hébreu descendant de Ever qui est en diaspora de Babel, le temps y est arrivé où l’on jettait les Hébreux dans les fours crématoires de Nimrod.

 

Le Midrash est très claire : Our-Qasdim la fournaise de Qasdim, le frère d’Abram, Haran a été jetté dans le fournaise et Abram a décidé de rentrer. Nous sommes la génération d’Our-Qasdim. Les rescapés des fours crématoires de Rome. Et Abraham ce sont les rescapés des four crématoires de Nimrod à Babel.  

 

vayavo'ou ad-‘Haran vayeshvu sham.

Ils arrivèrent jusqu’à ‘Haran et s’intallèrent là-bas.

 

On voit dans ce texte les pérégrinatons de la famille d’Abraham. Ils quittent Our-Qasdim en direction du pays de Cannaan et ils s’arrêtent en chemin à ‘Haran qui est encore en Babylonie.

 

Chapitre 12 verset 1

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-אַבְרָם, לֶךְ-לְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ.

Vayomer Adonay el-Avram

Et Dieu dit à Abram

lekh lekha

va pour toi

me'artsecha

de ton pays

oumimoladetecha

de ta terre natale - lieu de naissance

oumibeyt avikha

de ta maison paternelle

el-ha'arets asher ar'eka

vers le pays que Je t’indiquerai

 

Mais Dieu ne lui a jamais rien indiqué ! Regardez ce qui se passe-là : Dieu dit à Abram : Quitte là où tu crois être chez toi à Our-Qasdim et va au pays que Je te montrerais...

Cela veux dire : si tu arrives là où il faut aller Je me montrerai à toi.

 

Finalement, on retrouve ce Lekh Lekha au mont Moriah au moment du Akedat Yitshaq.

Sur ce mont Moriah, Dieu se révèle à Abraham pour lui confirmer qu’il est bien arrivé là où il fallait arriver !

 

Au Verset 5, la même indication :

וַיִּקַּח אַבְרָם אֶת-שָׂרַי אִשְׁתּוֹ

Vayika’h Avram et-Saray ishto

Et prit Avram Saraï sa femme

וְאֶת-לוֹט בֶּן-אָחִיו ve'et-Lot ben-achiv

et Lot fils de son frère

וְאֶת-כָּל-רְכוּשָׁם אֲשֶׁר רָכָשׁוּ,

ve'et-kol-rekousham asher rakhashou

et toutes les possessions qu’ils avaient faites

וְאֶת-הַנֶּפֶשׁ, אֲשֶׁר-עָשׂוּ בְחָרָן

ve'et-hanefesh asher-assou ve’Haran

et toutes les personnes qu’ils avaient faites à ‘Haran

 

Le Midrash explique que Abraham y convertissait les hommes et Sarah les femmes. C’est le nefesh qu’ils ont fait à ‘Haran. Il y a la tradition selon laquelle tous les convertis à travers le temps sont les réincarnations de ces convertis dont on ne sait ce qu’ils sont devenus dès que l’histoire des Hébreux recommence. On enseigne alors qu’ils reviennent à travers tous ces convertis qui rejoignent Israël. Je voudrais vous expliquer un peu le fondement de ce Midrash : c’est tellement inouï qu’un Goy veuille devenir Israël que les rabbins veulent nous exliquer qu’il n’y a pas de fumée sans feu : c’est grâce à Abraham. Un de mes maîtres disait : quand tu vois un goï qui aiment les Juif c’est tellement miraculeux que c’est sûrement un déscendant de juifs. )

 

וַיֵּצְאוּ, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן,

vayetse'ou lalekhet artsah Kna'an

et sortirent pour aller en direction du pays de Kenaan

וַיָּבֹאוּ, אַרְצָה כְּנָעַן

vayavo'ou artsah Kna'an

et il arrivèrent au pays de Kenaan.

 

Cette famille quitte Our-Qasdim, s’installe provisoirement à ’Haran, quitte ’Haran, et va au pays de Canaan. Où vont-ils ? Ils rentrent chez eux tout simplement !

Ce pays est le pays des hébreux, occupé par les Cananéens quand les Juifs étaient à Our-Qadim.

 

Un Midrash explique ce que les Hébreux faisaient à Babel. Il raconte la vocation d’Abraham.

Enfant, il retrouve le monothéisme hébreux et son père Téra’h était fabricant et marchand d’idoles. Il avait une boutique où il fabriquait les idoles.

…/…

 

*****

Lekh Lekha 1992

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1992/cours_1

Face D

 

Abraham détruit les idoles au moyen d’une hache qu’il met ensuite dans les mains de la plus grandes. Tera’h rentrant demande à Abraham ce qui s’est passé.

- « Un païen est venu offrir une offrande aux idoles qui se sont disputées pour savoir laquelle aurait l’offrande et c’est la plus forte qui a gagné ! »

- « Qu’est-ce que tu racontes, c’est impossible ! »

- « Fais écouter à ton oreille ce que tu dis avec ta bouche »

 

Le Midrash explique ainsi comment Tera’h s’est converti à la religion d’Abram qui est revenu à la religion de ses ancêtres les Hébreux. Les Hébreux ne commencent pas avec Abraham mais commencent avec Ever qui est une souche de Shem d’avant la diaspora humaine.

C’est pourquoi il y a les Goyim, résultat de la diaspora humaine, et les descendants des Hébreux, ceux qui sont devenus Israël. Les autres se sont instaurés en rivalités d’Israël.

 

On va se poser la question de la signification de ce Tera’h fabricant-marchand d’idoles:

Par équivalence, en termes philosophiques, Tera’h fabricait les idéaux des Goyim. Une idole est le support matériel qui symbolise un idéal. Alors il était en fonction de juif de diaspora: fabricant d’idéaux. Il était le grand-prêtre du paganisme de Mésopotamie. Le fabricant d’idole c’est le grand-prêtre du temps. Il s’était fait avoir et s’était donc paganisé, piégé dans son rôle et sa fonction diasporique. Si j’osais je dirais un peu ce qui est arrivé à Lustiger… A force d’être Israël au service de la France il est cardinal de France...

Voilà ce que faisaient les Hébreux à Our-Qasdim. Je pris cela un peu sous forme de Midrash, mais c’est très sérieux. Ce Midrash définit la fonction de l’identité hébraïque de diaspora au temps des Hébreux chez les Goyim : officiellement ils sont marchand de céréales : intermédiaires en nourritures terrestres. Mais en réalité ils sont médiateurs en nourritures spirituelles. Cela va ensemble mais l’un cache l’autre.

 

Yossef à ses frères arrivés en Egypte : « batem lirot et ervat haarets » traduit par « vous êtes venus espionner le pays ». Mais en hébreu cela signifie « vous êtes venus voir la nudité du pays », « le pays est devenu nu, vous venez le recouvrir, c’est votre fonction ».

Ils répondent : «  Non ! Nous sommes des marchands de blé... »

Je ne sais pas si vous voyez le dialogue. Alors Joseph leur dit :  

« A moi vous racontez cela ? Je suis Yossef votre frère... »

 

C’est cela que les Hébreux faisaient à Our-Qasim. Et quans Abraham diagnostic le temps des four crématoires, il décroche. Vous voyez l’analogie. Quand le peuple d’Israël diagnostique le risque de solution finale, on fonde le sionisme : le 1er sioniste c’est Abraham.

Qu’est-ce qu’il a entendu ?

"Sauve toi !" : "Lekh lekha !"

Où ? Chez toi ! Et si tu y arrive tu M’y trouveras là-bas...

 

La première chose que Dieu avait à dire à Abram : Rendez-vous chez toi, J’ai des choses à te dire.

La première chose que Dieu avait à dire à Moïse en Egypte: fais-Moi sortir ce peuple et ramène-le chez lui : là-bas, Je te parlerai... Entretemps, l’épisode dans le désert ils ont voulu un petit séminaire, la Yéshivah du désert. Et alors Moïse leur a dit : c’est bientôt ‘Hanoukah, à Jérusalem vous aurez le Ner entier, ici vous aurez le semi...naire.

<Fin>

*****

 

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 15:46

LEKH LEKHA (1992)

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1992/cours_1

Face B

 

 

.../...

 

Pour revenir au sujet: Les Chrétiens ont parlé de déicide tout en sachant qu’il s’agit d’une énormité qu’ils aménagent. C’est dangereux parce qu’effectivement, il y a ces grands intellectuels juifs dont le seul souci est de tuer l’idée de Dieu.

 

Nous, les Juifs, disons finalement la même chose sous une autre forme que cette notion de déicide qui est barbare, païenne. C’est la religion du cannibalisme : pendant la messe, manger les Juifs et boire le sang des Juifs. Il est possible que leurs maîtres leur ait donné ce rite pour évacuer la haine des Juifs. C’est symboliquement ce qui se passe. Cela ne les a pas empêché de faire des pogroms, mais ils auraient sans doute fait pire sans.

 

Nous les Juifs disons la mëme chose dans un tout autre langage. Nous disons que lorsqu’Israël est en exil, la Shekhinah - la Présence de Dieu est en exil. On ne se rend jamais compte de la portée d’une telle affirmation. On ajoute de suite : « pour protéger Israël dans l’exil » mais on oublie tout de suite qu’Elle est en exil ! Imaginez cette notion de l’exil de la Shekhinah ! Qu’est-ce qu’une Shékhinah en situation d’exil ? Il y a une espèce d’aveuglement sur l’épouvantable notion qui est véhiculée là. Les rabbins qui l’ont formulé ne pensaient pas du tout à dire : « grâce à Dieu elle est en exil pour nous protéger ! » Ils tentaient de formuler l’idée du drame d’un monde où la Présence de Dieu est en exil. Pourquoi ? Parce que les Juifs sont en exil ! Parce qu’Israël est en exil alors la Shekhinah est en exil de son monde.

Et vous remarquerez quand les Chrétiens abandonnent cette accusation de déicide : c’est lorsque les Juifs reviennent à Jérusalem au bout de 2000 ans. D’où les Vatican 2...etc pour corriger ces choses-là. Ceci indique que les 2 événements sont liés. La Shekhinah rentre chez elle... Il y a une présence de Shekhinah en Israël au prorata du nombre de Juifs en Israël. Vous voyez l’importance de l’Agence juive ! 

 

Pour revenir au sujet, j’ai trop parlé mais c’était simplement pour dire qu’il y a un cas particulier qui apparait dans cette diaspora humaine, le cas particulier de la nation des Hébreux.

 

***

 

Tour de Bavel :

Je voudrais répondre à une question qui m’a été posée à la fin du cours :

La motivation de la tour de Babel  telle qu’elle est donnée par la Torah c’est [Gn.11:4] :

 וְנַעֲשֶׂה-לָּנוּ, שֵׁם

« VéNaassé Lanou Shem »

« Faisons-nous pour nous un nom »

 

Le Pshat de la lecture habituelle c’est de dire – nous allons faire une tour pour que notre souvenir soit historiquement imperrissable. Nous nous ferons un Shem, nous nous ferons une réputation, nous nous ferons un nom… Maisle sens un peu plus profond, c’est qu’il s’agit de la faute du 1er homme à l’échelle de l’universel humain. La faute du 1er homme, c’est de vouloir substituer sa volonté à la volonté de Dieu.

 

Lorsque Dieu empêche le 1er homme de prendre de l’arbre de vie après qu’il ait pris de l’arbre de la connaissance du bien et mal mélangés.

ON m’avait posé la question : Pourquoi Dieu a empêché le 1er homme de prendre du fruit de l’arbre de vie ? Rashi répond en citant un Midrash : Il est atteint et intoxiqué par ce mélange de bien et mal en lui, et alors s’il prend du fruit de l’arbre de vie, il risque de rester pour l’éternité dans l’état où il est. Pour le sauver, il faut qu’il puisse mourir et réinstaurer sa vie à travers « l’électrochoc » de la mort. Il y a des intoxications qui ne peuvent être guéries que par l’expérience de la mort. Il y a des expériences d’échecs qui ont des cicatrices indélébiles, et il faut être déjà dans le Monde-à-venir pour pouvoir s’en débarasser.

 

Au niveau de la Halakha :

La Halakhah prévoit qu’un ustensile devenu impur puisse redevenir pur. Mais il y a un certain nombre de matières d’ustensiles que l’on ne peut pas purifier : il faut briser et reconstituer l’ustensile. C’est la même chose à partir du moment où l’identité humaine est atteinte par ce poison du mélange du bien et mal.

 

La difficulté du problème moral, n’est pas tellement d’avoir à choisir entre le bien et le mal car toute conscience de bonne santé mentale et morale, sait d’instinct où est le bien et où est le mal et préfère vivre que mourir. Maïmonide l’a beaucoup expliqué dans les Shmoneh Prakim: il faut d’abord retrouver la bonne santé morale, pour être apte à la loi - l’obligation de préférer le bien au mal. Ce qui est instinctif pour toute personne en bonne santé morale, ou bonne santé tout court, qui préfére vivre que mourir.  La difficulté réside dans le fait d’être confronté à un monde où le bien se fait prendre pour le mal, et le mal se fait prendre pour le bien, parce que le bien et le mal sont mélangés, et parce qu’on ne sait pas les diagnostiquer. C’est cela la difficulté de la conscience morale. Le vrai problème moral est celui des cas de conscience : lorsqu’il y a conflit des devoirs, et non pas lorsqu’il y a conflit entre un devoir et une jouissance.

 

Ce poison-là, cette intoxication-là, zoamat hana’hash - l’impureté du na’hash, pour pouvoir s’en guérir, il faut le choc, l’électro-choc si j’ose dire, de la mort.

 

C’est ce que dit le Midrash : Au Sinaï la révélation de la présence de Dieu a transformé tous le peuple qui était là et l’a guéri de cette impureté du serpent. Leur âme a quitté leur corps pour revenir ensuite, et entretemps le corps a été purifié de cette impureté. Il y a eu une regénérescence totale.

 

Il y a une notion un peu analogue dans la pensée chrétienne : la renaissance. C’est-à-dire mourir : l’homme ancien qui meurt et renait en l’homme nouveau. Beaucoup d’évèques choisissaient le prénom René – Renatus : Celui qui a vécu l’expérience d’avoir tué l’homme ancien en lui et d’être re-né en l’homme nouveau. C’est la même idée symbolisée par la pensée chrétienne. C’est

A notre vue vue c’est symbolique, c’est magique, c’est pneumatique, c’est spirituel, c’est un souhait qui se prend pour une réalité. Mais c’est la même idée. D’ailleurs d’une façon générale, le christianisme a symbolisé énormément beaucoup de données d’origine juive, mais symbolisé, comme une sorte de maquette de ce dont il est parlé dans les notions hébraïques.

 Je referme la parenthèse. Ovus voyez à quel point les Juifs dans leur spiritualité propre disent la même chose. Mais sans s’en rendre compte bien entendu. Allez dire à un rabbin qui parle de la protection de la Shékhinah dans l’exil de Brooklin qu’il est en train d’être déicide…

Vous avez compris le processus.

 

***

 

Naassé lanou Shem :

Cette prétention de l’humanité à Babel était de substituer la souveraineté humaine à la souverainté divine. Naassé lanou Shem : nous allons nous faire le nom. Ce ne sera plus la prérogative du Créateur mais ce sera la nôtre ! Je crois que la notion philosophique qui y correspond est l’humanisme. L’humanisme en tant que projet prométhéen de mettre l’homme à la place de Dieu. L’humanisme a été la faute du 1er homme et celle de Babel à l’échelle universelle.

Pour ëtre plus complet : Il y a dans le judaïsme un projet humaniste. C’est-à-dire que le critère de la valeur suprême, c’est la dignité de l’homme parce que c’est la volonté de Dieu que l’homme soit le centre de la réalité. Mais dans l’humanisme philosophique c’est tout à fait autre chose. C’est l’homme qui se met à la place de Dieu. La manière dont la Torah magnifie l’homme est un humanisme absolu mais par volonté de Dieu. C’est Dieu qui a voulu que l’homme soit la valeur suprême. Alors que l’humanisme de la faute du 1er homme ou de la faute de Babel, c’est l’homme à la place de Dieu. (Cela a été le drame de Nietsche).

 

Depuis le temps de Babel, retenez le verset 1 du chapitre 11, il y a avait à la fois la langue une et les langues particulières des nations. La langue une a été occultée. Révolte contre l’unité dans tous les domaines. Ne sont restées que les langues particulières des nations qui ne se sont plus comprises. Ce n’est pas la lecture habituelle de la pensée magique de la confusion subite des hommes entre eux, chaque nation s’étant mises á parler une langue différente...

 

A partir de ce temps-là, on s’aperçoit que l’humanité est travaillée par un idéal de reconstruction de cette unité perdue. Il y a une nostalgie de l’unité perdue qui travaille très profondément en creux dans la conscience humaine.

 

Nous verrons les deux stratégies, celle des nations et celle d’Israël.

C’est parallèle dans le récit biblique. Cela se dévoile en mëme temps.  

 

Chez les nations va apparaître le temps des empires. La stratégie des nations pour reconstituer l’unité humaine perdue, c’est l’impérialisme. C’est dire qu’une ne nation, à tour de rôle, d’après les circonstances historiques, économiques et intellectuelles, va prendre la tête de prou de la civilisation humaine, et va chercher à unifier l’humanité autour d’elle mais en s’imposant comme modèle. Et nous verrons qu’il y a une fatalité.

La rêve de l’idéal universaliste est authentique chez les Goyim. Les fondateurs des empires ont d’abord été des rêveurs de l’universel. Quand on étudie la révolution française par exemple, qui est un de ces échecs énormes : quelques années après la révolution, l’empire français ! Il semble qu’il y ait une sorte de fatalité. Le rêve c’est celui de l’universel. C’est le rêve des encyclopédistes que l’on retrouve derrière la convention. Le rêve de l’universalité est authentique mais bascule inévitablement dans l’impérialisme. Il n’y a jamais eu d’exception. Le dernier exemple nous a été montré par l’empire soviétique. La révolution d’Octobre a été le rêve de l’universel. C’est tout de suite devenu l’empire soviétique ! Et vous savez à quoi il a mené et les nations qu’il fédérait.

Je dois dire qu’avec l’histroie de la Yougoslavie je me demande s’il ne faut pas préférer les dizaines de millions de victimes du soviétisme aux dizaines de millions de victimes de l’effondrement du soviétisme… Ce qui va remplacer l’empire communiste risque d’être pire soviétique du point de vue du sort des peuples en question. Regarder ce qui se passe en Yougoslavie. Si à Dieu ne plaise cela se passe dans l’ex-empire soviétique – et malheureusement il y  des signes que cela va se passer – cela va être catastrophiques.

 

Il n’y a aucune exception : tous les mouvements, à quelque niveau que ce soit, au niveau politique philosophique, religieux..., qui ont commencé par le rêve de l’universel ont basculé dans un impérialisme. La chrétienté ne fait pas exceptin : elle a de même prétendu être une religion universelle et elle a été l’impérialisme romain.

 

On peut dire que depuis Vatican 2, énormément de consciences chrétiennes sont travaillées par ce problème, et essaient de revenir à un universalisme réel en se dégageant de la tentation de l’impérialisme romain. La Vatican a remplacé l’empire de Rome. La structure impériale romaine se retrouve au Vatican. La Pape c’est l’empereur de Rome sous forme religieuse. Avec la nuance suivante que dans l’empire d’Occident, le chef religieux était le chef temporel alors que dans l’empire d’Orient c’est le chef temporel qui était le chef religieux.

 

Il y a un exemple évident avec l’islam dont le projet est d’être une religion universelle et qui est un impérialisme arabe et ne s’en cachant pas.

 

Nous devons au génie du Maharal d’avoir dévoilé la source de la Guémara explicant qu’il s’agit beaucoup plus d’un impérialisme perse que d’une impérialisme arabe. Il a fallu les temps contemporains pour que l’on comprenne cette pensée du Maharal que la force de l’Islam c’est la Perse plus que l’Arabie.

 

Retour au sujet :

Il y a là semble-t’il un règle sans exception : le rêve, l’idéal, est authentiquement universel à l’échelle de l’idéal ; la réalité historique, socio-politique, c’est l’empire.

 

L’exemple de la révolution française cité est très probant : c’est au nom de l’universel et des valeurs de « liberté-égalité-fraternité » que les Français ont fondé l’empire français.

 

Tous les juifs francophones et surtout nord-africains ont été impérialisé et colonisé par l’empire français, c’était la 3ème république, au nom de l’universel français : Moi fils de rabbin en Algérie on m’apprenait « nos ancêtres les Gaulois... ». Au nom de l’universel humain : « Nous sommes égaux, soyez comme moi ! »

 

La définition même de l’impérialisme c’est de continuer à exister avec les enfants des autres... C’est aussi la definition du colonialisme d’ailleurs.

 

Alors je poserais la question : Comment s’expliquer cette fatalité ?

La Torah nous fait comprendre qu’il n’y a aucun espoir que l’humanité retrouve son unité à travers les Goyim. La dernière preuve en est ce que De Gaule appellait « le machin » : l’ONU !

Qui peut prendre au sérieux le projet d’unité de l’ONU ?

 

Qui pourrait ici proposer une solution et pourquoi cette fatalité ?

 

Je vous ai dit 2 choses qui ne sont pas contradictoires :

le rêve de la révolution française est authentique,

sa réalité est catastrophique: c’est le pire des impérialisme de l’Europe du siècle dernier.

 

Réponse :

La réponse est très simple: c’est parce que le véhicule sociologique de cet idéal est un véhicule inadapté à cet idéal. C’est un véhicule partiel. C’est un génie humain spécifique, bien défini, qui ne vaut que pour lui-même et ne peut pas être le véhicule de l’universel humain. Il faut être français pour être français.

 

Prenez le cas de la Russie : La révolution d’Octobre a eu des idéologues de l’universel. Le rêve était authentique !  C’est pourquoi d’ailleurs les Juifs se laissent souvent prendre au piège, comme le papillon avec la flamme. Si vous saviez à quel point les Juifs ont collaboré à la révolution d’octobre ! En plus ces juifs russes ont fini par faire un tout petit état qui s’appelle « Israël ». Aujourd’hui la principale communauté juive en Israël est russe.    

 

Le véhicule sociologique de cet idéal est inadapté à cet idéal.

Chaque manière d’être homme concrête est partielle et donc forcément partiale.

On cherche partout sans la trouver l’identité humaine qui pourrait fonder la société de l’homme universel. Les Juifs français ont été persuadés que c’était en France, les Juifs américains sont persuadés que c’est en Amérique, les Juifs Allemands étaient sûr que c’était en Allemagne...

Et finalement il s’avère que chaque fois c’est un échec, il n’y a pas d’exception. Tous les mouvements universalistes ont basculé dans l’impérialisme ! Il n’y a pas d’exception !

 

Nous verrons qu’il y a une nation qui a une identité autre qui n’est pas du tout une manière d’être homme parmi d’autres et c’est cette nation des hébreux dont l’histoire nous est racontée du dedans de l’histoire des diasporas humaines et qui réapparait au jour avec Abraham.

 

1ère indication :

Tous ces universalismes ont toujours basculé dans l’impérialisme

 

2ème indication :

Tout ces universalistes ont toujours eu dans leur idéal l’aménagement d’une solution pour toute identité humaines sauf pour les Juifs. Et il n’y a pas d’exception.

Je ne sais pas si vous voyez l’énormité de cette remarque.

 

Cf. les 2 exemples qui nous sont le plus familiers :

La révolution française :  « Tout aux Juifs comme individus, rien aux Juifs comme nation ».

Et puis la constitution soviétique qui a reconnu le droit de citoyenneté à toutes les nations de l’empire soviétique sauf aux Juifs. C’est très frappant. Le christianisme a une solution pour tous les non-chrétiens sauf pour les Juifs, cas particulier. Étudiant en éthnologie j’avais eu à explorer les œuvres des missionnaires belges au Congo. J’avais remarqué qu’ils essayaient d’adapter et d’adopter tous les rites païens des peuplades qu’ils convertissainet sauf la circoncision ! Parce que la circoncision c’est juif ! N’importe quelle autre simagrée païenne peut se cristianiser, mais pas la circoncision d’Abraham ! Avec tout le discours théologique insistant sur la circoncision du cœur…   

 

***

 

Retour au sujet :

Je vous signale que dans les généalogies de la descendance de Noa’h, il y a un cas particulier qui est fait pour l’ancêtre des Hébreux qui est Ever. Ever est la dernière génération dans la lignée de Shem avant Dor hapelagah.

 

Voilà la leçon que nous devons en tirer, j’en ai parlé d’ailleurs dans le texte que vous avez dans la Parshat hashavouah où vous le retrouverez en détail: Il est restée à travers la descendance de la lignée de Shem, une manière d’être universelle, la manière hébraique d’être homme, qui est de nature différente des manières partielles d’être homme. C’est ce que l’humanité entière a diagnostiqué dans le thème du salut qui passe par les Juifs. Pourquoi ? Parce qu’ils sont Hébreux !

Lorsqu’on cherche la référence à l’universel  «ecce homo» « voici l’homme », il s’agit des descendants de Ever – c’est une manière d’être homme qui est tout l’homme.

 

Après Ever, la génération de Peleg, son fils, il y a la Pelagah et on est alors dans les impasses humaines des manières très particulières d’être hommes que l’hébreu peut être à tour de rôle. Un hébreu peut être n’importe quel Goy mais un Goy ne peut être que ce qu’il est. Il est ce qu’il est. Quand un juif s’assimile et devient Goy, il a perdu cette capacité d’être l’identité universelle. Et je vais vous dire quelque chose qui vous paraîtra comme un paradoxe mais on est en plein dans el sujet : Un juif qui devient une manière d’être homme disparait comme juif : on dit qu’il s’assimile !

[La seule assimilation cachère c’est l’assimile à Sion !]

Un Goy qui prend l’identité hébraïque se regénère dans l’identité de l’homme universel. Cela s’appelle se convertir, mais il faudrait dire se naturaliser hébreu. N’importe quel homme peut redevenir l’homme universel. Mais c’est un cas particulier de l’histoire. N’importe qui peut devenir Israël, et en cela redevenir hébreu. Car il rentre dans une collectivité qui a gardé cette identité universelle. La preuve les Juifs !  Les Juifs sont la preuve que les Hébreux peuvent être n’importe quoi. Il y a des Olim du Groenland, de la Chine... Tout cela c’est une indication qu’il y a un cas particulier de l’identité hébraïque.

 

Les Kabalistes rattachent le nom de Ever à une notion très importante qui est l’embryon, le Oubar  (Ayin-Beit-Reish). L’identité hébraïque c’est l’embryon de l’identité humaine : l’humanité est une matrice dans laquelle s’élabore l’embryon du fils de l’homme qui est l’hébreu.

 

C’est à travers l’histoire du peuple des Hébreux que se prépare l’identité humaine universelle.

L’embryon de l’humanité en hébreu se dit « hébreu » : ôubar – ever- ivri, ce sont les mêmes lettres.

 

L’embryon est un être indifférencié qui par la suite devient cette manière particulière d’être ou cette autre...  Alors c’est cela la prérogative de l’identité hébraïque.

 

On a remarqué par exemple, cela me revient de mes études, qu’un embryon de singe et un embryon d’homme se ressemble beaucoup plus qu’un homme et un singe ! C’est connu, cela ne veut pas dire que le singe descende de l’homme ! Cela veut dire que le singe est un homme qui n’a pas eu le courage de devenir homme, et qui est resté singe ! mais l’embryon lui prouve qu’il aurait pu.

La preuve : c’est que quand c’est un homme il devient homme…  

Vouilà ce que je voulais citer en ce qui concerne l’identité de Hébreux du dedans de la diaspora humaine.

 

Diaspora :

 

Je reviens à la notion de diaspora:

Les Juifs se sont habitués à faire semblant de corire que l’identité de diaspora est naturelle à l’identité juive. Elle est non-naturelle à l’identité juive. L’identité de diaspora est naturelle aux Goyim et pas aux Juifs. La diaspora d’Israël est seconde et greffée sur la diaspora humaine en vue de ces battements du coeur évoqués tout à l’heure : Lorsque le sang revient à Jérusalem, il ramène toutes les manière d’être hommes à la fois. Cf. le phénomène de la municipalité israélienne dans laquelle l’humanité se rassemble à travers ses Juifs. On croit que ce sont uniquement des Juifs qui se rassemblent mais en fait il se passe quelque chose de beaucoup plus profond. Il y a les différentes manières d’être hommes qui se rassemblent à travers leurs Juifs. Et puis les convertis viennent donner un coup de main pour nous montrer le modèle…

J’ai des amis juifs italiens. C’est une communauté particulière : ils continuent à s’appeler les Hébreux. Chez les Russes aussi d’ailleurs, les Russes appellent les Juifs des Hébreux, en bonne part. L’un d’entre eux m’a raconté que son rabbin lui a dit que lui il n’est pas italien de religion juive, il est hébreu de religion italienne ! C’est joli et c’est très exact. Les Juifs sont religion dans leur indice goï !  Les Juifs français ont la religion de la France, beaucoup plus que les Français parce que pour les Français c’est naturel, alors que pour les Juifs c’est vraiment une religion !

Vous connaissez d’ailleurs les israélites français : c’est une véritable religion. J’ai connu un très grand juif français d’origine russe, le grand Rabbin Kaplan pour qui j’ai énormément de respect : il a la religion de la France. Et lorsqu’il dit qu’il y a un parallèle entre la constitution française et les tables de la loi, il y croit ! C’est sa fonction dans l’histoire juive : il est la France ! Très sioniste par ailleurs, mais à Paris ! Sincèrement sioniste.

Je me rappelle mon enfance en Algérie, et là c’est encore plus significatif, parce que nous étions une communauté qui sortait de la ville arabe, la France était passé par-dessus, l’Espgne aussi. La manière dont les Juifs algériens vivaient la France c’était religieux ! Je me souviens de mon grand-oncle qui aimait beaucoup blaguer : « nous sommes français jusqu’aux sourcils, nous avons les sourcils froncés !». C’était très sérieux.

La grande blague c’était :

-Tu as fait la gurerre de 14 ?

-Non !

-Alors va la faire et après tu parleras…

 

***

 

Retour au sujet pour la deuxième partie du sujet :

Q : cette 1ère identité ne se retrouve-t’elle pas aux Etats-unis ?

R : bonne question, mais de manière différentes : finalement tous les américains sont attelés à quelque chose d’analogue : le meelting-pot de l’humanité entière. Mais il ne peut en sortir l’homme. Il n’en sort que l’américain. Il en sort une autre manière d’être homme. Le rêve américain est le rêve universel contemporain. Actuellement cela a basculé dans l’impérialisme, et il y a bien une impérialisme américain. Le modèle des enfants du monde entier... Coca-cola... C’est une société actuellement en pleine crise. Les Américains eux-même ne croient plus au rêve américain. En tout cas, le reste de l’humanité ne croit plus que l’homme c’est l’Amérique. Avec Israël, c’est tout à fait autre chose. C’est vraiment une identité non cosmopolite, une identité nationale à l’échelle de l’universel. L’échec de l’universel, c’est le cosmopolitisme. Il y a justement souvent chez les Juifs de diaspora ce danger. Ils se veulent universalistes mais la plupart du temps, ils sont cosmopolites. Ce qui est différent. C’est-à-dire d’aucune nation. Alors qu’en Israël c’est toutes les nations à la fois ! Je crois qu’il y avait dans l’accusation de cosmopolitisme portée contre les Juifs par les marxistes  une base de réalité. Cela se dévoile assez négativement. L’existence d’Israël dévoile que beaucoup de Juifs ne sont que cosmopolites et non pas universalistes. Ils ont l’universel des multinationales mais ce n’est pas du tout de l’universalisme mais Davka le cosmopolitisme. Dans la littérature il y a ce terme de cosmopolitisme qui a un aspect positif et sympathique: c’est-à-dire plusieurs cultures et fidélité à chacune. Mais le cosmopolitisme dont je parle c’est fidélité à aucune.

 

Quand je pense aux israélites français, eux sont les Juifs de l’identité française. Je ne pense pas au cosmopolite auquel je fais allusion. Un intellectuel cosmopolite juif en France est très différent de l’intellectuel israélite français du siècle dernier, rien à voir.

 

Il y a un peu de cela en Amérique. Une maniére d’être homme parmi les autres, d’origine européenne en dominante, cela va un peu changer avec les Mexicains .. etc., qui s’est forgé dans ce meelting-pot mais ce n’est pa sl’universel israélien où les Juifs représentent l’humanité ès-qualité d’elle-même. Quand un Juif éthiopien est en Israël c’est l’Ethiopie juive qui est en Israël, ce n’est ni l’Ethiopie ni le cosmopolite mais l’Ethiopie juive…

De la même manière quand un Juif lithuanien est en Israël, c’est la Lithuanie juive.

C’est très différent. Quand je vois un ghetto de Bnei-Brak ou un ghetto de NewYork, ce n’est pas la même chose, celui de New-York est à l’étranger, tandis que celui de Bnei Braq ce sont des Juifs de l’exil mais qui sont chez eux.

 

Q : Cette tentative de l’universel des nations se transforme-t’elle fatalement ainsi de façon inévitable ?

R : C’est inévitable. L’humanité est travaillée par cela, elle va vers cette exigence et porte en creux sa nostalgie de l’unité perdue.

Q : Bien que vouées à l’échec, ces tentatives ne sont-elles pas nécessaires ?

R : non, elle est nécessaire mais elle est fatalement vouées à l’échec. Il y a une 2ème stratégie qui est la stratégie messianique qui commence avec Abraham. C’est l’universel vrai c’est-à-dire, l’unité humaine où chaque manière d’être homme a sa place. Mais l’impérialisme est une manière d’être homme qui s’impose aux autres. Pour les autres tentatives, il y a bien un résultat positif entre temps qui est ce qu’il est mais on peut se demander si le jeu en valait la chandelle : au niveau individuel, énormément d’individus de ces empires sont de véritables idéalistes de l’universel. Ce sont d’une certaine manière ceux que nous appelons  : « les justes des Nations ». Alors que le cas d’Israël c’est en tant que collectivité. Mais chez toutes les nations et dans tous ces mouvements, il y a des individus qui sont des justes de l’universel humain. Mais ce sont des individus qui sont crucifiés à l’intérieur de leur propre société, et malheureux d’assister à l’échec de leur propre idéal. Il y en a eu chez les chrétiens, chez les socialistes et chez les musulmans. Vous n’avez aucune idée du courrier que l’on reçoit des pays musulmans en Israël ! A l’échelle individuelle.

Les états comme états, les hiérarchies et états-majors des églises sont tous anti-Israël, mais à l’échelle individuelle il y a partout des justes des nations.

 

Q : que les Goyim ne nous aient pas fait de place n’a t’il pas freiné l’assimilation ?

R : Non, les Juifs se sont quand même assimilés : vous n’avez aucune idée à quel point nous sommes tous des rescapés de rescapés de rescapés d’une érosion d’identité perpétuelle. Nous avons fait cadeau d’un génie humain colossal à l’humanité qui en est ingrate. Ce osnt parfois des cadeaux empoisonnés, Spinoza à la philosophie mondiale par exemple. Mais c’est à ce niveau-là qu’on fait des cadeaux. Je suis épouvanté par la qualité de cette élites des juifs de France qui se déjudaïsent. C’est cadeau pour la France, mais enfin cela nous manque !

Vous savez que j’ai connu plusieurs générations de jeunesse, c’est d’ailleurs un phénomène général, la jeunesse humaine est de meilleure qualité, de plus en plus, malgré les apparences de la délinquance. Dans la communauté juive que je connais mieux que les autres milieux cela me frappe : les populations juives en France disposent d’une élite colossale, mais en dehors de la communauté, et en dehors d’Israël, sauf un jour par an et encore, par hasard...    

 

Q : … cela ne signifie pas qu’il fallait passer par l’exil ? Y avait-il un autre chemin ?

R : Vous reliez-là deux choses très différentes. Cela ne signifie pas qu’il devait y avoir relation entre Israël et les nations mais pourquoi l’exil ? Je vous donne un exemple : nous sommes dans une époque de transition, la relation entre Israël et les nations est en train de changer de nature. Les Juifs de l’exil s’appellent diaspora mais ils sont en exil, ils sont une survivance préhistorique car actuellement Israël a des relations directes avec les nations, en court-circuitant ce qui avait été la condition juive des ghettos. Fussent-ils des ghettos ouvert comme les communautés de diasporas…

…/…

lire la suite ici 

*****

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 17:13

LEKH LEKHA (1992)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1992/cours_1

Face A


Je voudrais me référer en première partie à l’étude que nous avons eu la semaine dernière, et en deuxième partie nous étudierons dans le début de la Parashah de Lekh Lekha un problème en controverse chez les commentateurs:

Il s’agit de comprendre la portée et l’objectif de la première révélation que Abraham a reçu : se trouvait-il encore à Our-Qasdim ou était-il déjà à ’Haran ?

Je reprendrasi dans la deuxième partie du cours ces éléments.

 

J’aborde de suite le premier thème :

La semaine dernière nous avons étudié la période de temps depuis le déluge jusqu’à la naissance d’Abraham. Il y a 10 générations depuis la naissance de l’humanité qui sont la 1ère partie de la 1ère tentative de la civilisation humaine, depuis le 1er homme jusqu’à Abraham et qui a duré à peu près 2000 ans. Il y a 1948 ans de Adam harishon jusqu’à la naissance d’Abraham. Coïncidence avec la date (dans le calendrier goï) de la proclamation de l’état d’Israël.

Il y a à peu près 2000 ans que suivant la définition qui nous est donnée par la Torah shébéalpeh, cette 1ère partie de l’histoire de l’humanité qui en principe est dans une cadre de 6000 ans puis le 7ème, c’est 2000 ans de chaos. Et ensuite 2000 ans de Torah, 2000 ans de révélation qui vont de Abraham jusqu’à Ezra, depuis le commencement de la résurgence de l’identité hébraïque jusqu’à la fondation du judaïsme à la fin de la prophétie.

 

[(Des étudiants arrivent en retard)

Entrer dans un cours qui a commencé, c’est interdit par la Halakhah cela s’appelle Ever min ha’hay un corps vivant qu’on prend par morceaux... ]

 

Il y a un cadre historique de l’histoire de l’humanité dans l’appelation « Olam hazé », pas tellement dans l’appellation Pshat de « ce Monde-Ci », mais le monde de Adam harishon qui est appelé HaAdam hazeh. Le Olam haba c’est « le Monde-à-venir » de l’homme à venir qui est en train d’être engendré à travers l’histoire de ce monde-ci. Le Talmud nous donne un cadre de 6000 ans – on peut maintenant en parler puisqu’on est près de la fin des 6000 ans -  divisés en 3 groupe de temps (Sanhédrin 97a)

 

-   Alpayim Shanah Tohou - 2000 ans de Chaos : à travers les différentes strates de siginification du chaos, dans tous les sens du terme, il s’agit du chaos de la conscience morale : il a fallu 2000 pour que se reconstruise la conscience morale qui va  commencer à émerger avec Abraham. Cela s’appelle les 2000 ans de l’effort du Derekh Erets qui a précédé la Torah. Le Derekh Erets c’est un terme qui a plusieurs significations. Pour ce sujet là ici nous retiendrons celui d’accès à la conscience morale. Selon le Pri Tsadik, c’est l’expression « Yirat Elohim » qui est le Derekh Erets. On peut traduire « civilisation », « culture », mais c’est surtout la moralité, la conscience morale préalable indispensable de l’accés à la sainteté. Ensuite pendant 2000 ans :

 Alpaïm Shanah Torah pendant 2000 ans : la révélation du projet de sainteté qui commence avec les premiers Patriarches hébreux et s’achève au temps de la fin de la prophétie au temps de Ezra et Néhémie, la fondation du judaïsme comme héritier de l’hébraïsme. (L’hébraïsme c’est le temps des Prophètes). Et ensuite, les troisèmes 2000 ans :

-   Alpaïm Shanah Yemot haMashia’h les 2000 ans où auraient pu débuter les temps messianiques. C’est un thème plein de problémes, en particulier par le fait que le christianisme y fait débuter le temps prétendu du messianisme. Dès la destruction du Temple et la fin de la prophétie et le commencement de la grande dispersion, la restauration de la nation hébraïque aurait pu être obtenue, et les temps messianiques auraient pu commencer. Et puis finalement, je vous cite là le Maharal, « Rov rav zman » : plus le temps passe et plus il faut se résigner que la fin sera à la fin des 2000 ans.

Effectivement, c’est à la fin des 2000 ans des Yémot Hamashia’h que le rassemblement des exilés a commencé avec le sionisme et l’Etat d’Israël. Il y a une convergence dans cette indication de la Guémara : 6000 ans + le 7ème millénaire.

Rien á voir avec le millénarisme, c’est tout á fait autre chose.

C’est sur le plan de la semaine hébraïque 6 jours plus le 7ème , et le plan de l’oeuvre du commencement le Maassé Bereshit 6 jours + le 7ème

C’est un plan qui revient très souvent dans la structure du temps hébraïque et biblique. Et nous sommes à la fin du 6ème milénaire, à la veille de Shabat.

 

Le Erev Shabat  a commencé 272 ans avant le 7ème millénaire, valeur numérique de Erev.

C’est une indication du Zohar qui reprend des versets : 6000 - 272 = 5728. Si cette date ne vous dit rien, je n’ai rien à vous dire !  (מלחמת ששת הימים – la guerre des 6 jours)     

 

Ceci dit, je reviens au sujet, il y a une question soujacente à cette analyse : s’il y a une programmation aussi datée où est le fondement de la liberté ? Cela peut sembler contradictoire avec un des principes essentiels du judaïsme : qu’il y a liberté. Et par conséquent, pourquoi y aurait-il des temps fixés ?

Le Rav Kook nous l’a expliqué au moment de la guerre des 6 jours. Cette date de la veille de l’année 5728 qui s’appelle chez les Kabalistes Shnat me’harefet.

Je vous le signale en passant pour vous dire que ces références existent. On ne va pas les étudier. Les plus surpris ont été ceux qui savaient, parce que ceux qui ne savaient pas ont vécu l’événement dans toutes les surprises de l’événement, mais pas dans cette surprise maximale que la date était connue par la tradition !  

 

C’est d’ailleurs moi qui ait posé la question au Rav Kook au moment de la guerre des 6 jours : si cela arrive à une date prévue où est la liberté ?

Je me souviens de la réponse du Rav avec son sourire caractéristique lorsqu’il parlait de ces choses profondes: si tu sais qu’une femme est enceinte, tu dis d’abord « Mazel tov ! » et après si tout se passe bien tu sais que dans 9 mois elle a un enfant. Es-tu prophète ?

 

Il y a donc une programmation, un conditionnement des structures du temps de l’histoire de l’humanité, et lorsque on se laisse aller au fonctionnement de ces structures, alors elles jouent à plein. On n’a pas mérité avant la date inéluctable après laquelle il n’y aurait plus d’espérance, alors c’est arrivé le 9ème mois !  

 

Le fait d’attente, d’espérance, Tiqvah, d’un enfant qui survient après 9 mois, ne supprime pas la liberté. Il fallait aussi le faire cet enfant. La liberté n’est pas mise en cause. Il fallait aussi le faire cet enfant et qu’il arrive viable.

 

Cela se relie à une expression de la Guémara et du Midrash et du Zohar pour désigner le Mashia’h : on l’appelle chez les rabbins, Bar Nafli terme araméen qui signifie « le fils des foetus avortés » (nefel terme hébreu pour « mort-né »). Cela veut dire qu’il y a eu des occasions qui ont été avortées : des temps possibles où l’on n’a pas obtenu car on a démérité. Ces temps ont été dévoilé de temps en temps par les maîtres de la tradition. Ils auraient été des occurences possibles de date pour que le messie apparaisse... Effectivement, il y a avait des occurences objectives qui faisaient que cela aurait pu être le temps du rassemblement des exilés et de la restauration de la nation hébraïque du dedans du peuple juif, et cela a échoué.

 

Par exemple, au moment de l’inquisition. Si au temps de l’inquisition, les Juifs espagnols avaient acheté Erets Israël au lieu d’acheter Amsterdam en Hollande et le Sud de l’Angleterre, alors peut-être que cela se serait passer autrement. Très peu de Juifs espagnols sont allés en Erets Israël, car ils ont préféré aller fonder New-York qui s’appelait d’abord la New-Amsterdam : ce sont des Séfardim d’Amsterdam descendants des exilés d’Espagne qui ont fondé New-York. Et tout cela on le paie, avec garantie... Je referme la parenthèse.

 

***

 

La Parashah de Noa’h nous parle de ces 2000 ans de Tohou à travers lesquels il y a eu un effort de l’identité humaine d’accéder à la conscience morale qui s’est détruite dans les premières générations de l’humanité : les 7 générations de sursis données à la faute des premiers hommes.

 

On est familier avec la notion de la faute du premier homme, mais il y a la faute du 1er homme et du 2nd du 3ème … jusqu’au 7ème . je ne veux pas ouvrir de parenthèse mais c’est un sujet à étudier, on est en général polarisé sur la notion de la faute du 1er homme.  Il faudrait dire la faute des premiers hommes. Et la faute du 2ème homme est beaucoup plus grave encore que celle du 1er : la faute de la révolte contre Dieu - Bein Adam Lamaqom - qui a trouvé son principe de rédemption au temps des Patriarches et sa rédemption avec le roi David. Le roi David a été le 1er roi d’une société humaine qui a restauré la souveraineté divine dans sa royauté sur terre.

 

Par conséquent, vous comprenez ce Midrash qui dit que Adam harishon a donné 70 ans de sa vie au roi David. Lorsque Dieu a révélé la chaine des générations à Adam harishon, il a vu qu’il y a avait un roi d’Israël qui n’avait pas de temps pour vivre et alors il lui a donné 70 de sa vie. J’ouvre un peu ce Midrash : Dans le récit de l’histoire de Adam HaRishone le verset (Gn. 2:17) dit :

כִּי, בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ--מוֹת תָּמוּת

« Beyom a’holkhah miménou mout tamout - le jour où tu en mangeras mourir, tu mourras ».

Le Midrash précise que le jour divin est de 1000 ans :

כִּי אֶלֶף שָׁנִים, בְּעֵינֶיךָ--    כְּיוֹם אֶתְמוֹל, כִּי יַעֲבֹר

C’est un verset des Psaumes (Ps. 90:4). Et pourtant on voit que Adam a vécu 930 ans ! Où sont passées les 70 ans manquants ? Il y a 2 Midrashim :

ð  L’un dit qu’ils ont été distribués aux Patriarches et au roi David

ð  L’autre dit que les 70 ans ont été donné au roi David.

 

C’est dire que c’est dans le roi David que l’identité du 1er  homme a réalisé la rédemption de sa faute. Je l’ai dit en français mais je vous dis à quel verset cela se réfère :

C’est un verset des Psaumes du roi David (Ps. 3:3):

רַבִּים, אֹמְרִים לְנַפְשִׁי:    אֵין יְשׁוּעָתָה לּוֹ בֵאלֹהִים סֶלָה.

Rabim omrim lenafshi Eïn yeshouah atah lo

David se plaint en disant :

« Beaucoup disent à propos de ma personne, elle n’aura pas de salut »

 

On le lit en hébreu :

Rabim omrim lenafshi

Et son Nefesh est celui d’Adam harishone

Eïn yeshouah atah lo

Et le Nefesh de Adam harishon ne pas être sauvé par David

 

Effectivement, le roi David a établi le principe de rédemption - Tiqoun - de la faute du 1er homme. A l’échelle collective, la faute du 1er homme a déjà trouvé sa redemption. C’est un des grands différents que nous avons avec le christianisme.

A l’échelle individuelle, il peut arriver  que des individus de l’histoire de l’humanité refasse cette faute de la révolte contre Dieu, mais à l’échelle collective elle a déjà été expiée, elle a déjà eu son Tiqoun, sinon vraiment sa Kaparah.

Nous sommes actuellement occupés à la rédemption de la faute du 2ème homme qui est Bein Adam la’havero : la faute du frère contre son frére : le meurtre d’Abel par Caïn.

 

Le chistianisme prétend que le judaïsme est dans la préhistoire mais il révèle par là qu’il est encore obsédé par la faute du 1er homme bien que le slogan officiel soit « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Toute la religiosité et la piété chrétienne est focalisée sur la faute du 1er homme. Lire  saint Paul à ce sujet.

 

Alors que dans l’ordre du judaïsme, c’est vraiment « Vehavtah léréakha kamokha zeh klal gadol baTorah » : il peut arriver qu’à l’échelle individuelle on refasse la faute du 1er homme, mais Israël a déjà donné à l’humanité le Tiqoun de cette faute. Ce qu’il faut réussir c’est le Tiqoun de la faute de Caïn. Et c’est pourquoi nous attendons le fils du Roi David, le Ben David. David a été le Mashia’h de la faute « Bein Adam LaMaqom ». nous attendons le Ben David qui va être le Mashia’h de la faute « Bein Adam La’Havero ». Le Ben David premier fils de David s’appelle précisément Shlomoh-Salomon.

 

Dans la lignée messianique, le nom du fils de David, c’est Shlomoh, l’homme de la paix.

Il y a eu des étapes qui ont préparé le temps du Roi Salomon, en particulier Joseph, mais on étudie cela d’autre part. Le Midrash et la Guémara enseignent que depuis le commencement de l’histoire de l’humanité il y a toujours eu la guerre. Sauf au temps du rêgne du roi Salomon. Il y a un moment de temps messianique au temps du « fils de David ».

 

***

 

Babel :

Il y a un moment particulier, que nous avons étudié la semaine derniére, lorsque l’humanité qui était une à partir du recommencement de l’histoire humaine après le déluge, à partir de la famille de Noé, l’humanité qui était une, l’indice de l’universel que donne la Torah c’est que l’humanité parlait la même langue et avaient les langages particuliers des nations. Il y a eu la révolte contre l’unité divine, la langue une a disparu et sont restées les dialectes particuliers, ce qu’on appelle la confusion des langues. Et donc l’humanité est entrée dans la diaspora humaine.

 

J’en profite pour reprendre cette notion de « diaspora » :

Selon l’enseignement de la Torah, ce sont les Goyim, l’humanité entière, qui sont en diaspora de l’éclatement de l’unité humaine. C’est le sens grec du mot « diaspora ». La diaspora d’Israël est une diaspora seconde quand le peuple un d’Israël est en dehors de sa terre (« goy e’had baarets » – petit ‘hidoush entendu du Rav Kook : cela signifie que Israël n’est un peuple un que sur sa terre). La diaspora d’Israël est une diaspora seconde qui vient se greffer sur la diaspora humaine en vue de l’unification de l’unité de l’homme.

La preuve ? les Juifs !

Les Juifs sont des Hébreux dispersés dans la dispersion humaine. On a les judéo-quelque chose d’autre de l’humanité entière... Nous sommes dans le cas des judéo-français avec ses 70 tribus ie. les différences judéo-alsacien ou parisien ... etc. Tout cela c’est le judéo-français. C’est une tribu qui a ses 70 tribus. Mais il y a aussi les judéo-germaniques, les judéo-arabes...etc.

 

Ce peuple d’Israël, à certaines occurences de son histoire, en relation avec l’histoire universelle, éclate, se diasporise, et va se fixer sur la diaspora humaine.

 

Je cite souvent à ce propos une image de Judah Halévi qui compare le peuple Israël au coeur. Et par conséquent il y a deux souffrances, la souffrances du coeur et celle du membre.

Je vais utiliser cette image de Judah Halévi de la manière suivante : Israël fonctionne comme le coeur  de l’humanité, le coeur envoie le sang aux organes et puis ramène le sang au cœur, et le purifie et le renvoie aux organes... il y a si vous voulez une circulation d’âme qui se produit entre Israël et l’humanité. Comme la diastole, la systole, l’aller vers les nations et le retour vers Israël, c’est diaspora et sionisme... et sinon, si cela ne fonctionne pas, l’humanité a mal au coeur... Cela veut dire qu’elle a mal à ses Juifs. Il faut que cela fonctionne.

On ressent cela en diaspora qu’il y a une sorte d’asphyxie spirituelle, cela ne fonctionne pas, parce que l’Agence Juive ne fait pas son travail grosso-modo...

 

La Torah décrit bien cela comme la Pelagah : la génération de la diaspora humaine : Dor HaPelagah. L’unité humaine a éclaté, et le résultat de cet éclatement sont les Goyim.  

 

Retenez que jusqu’à Abraham, dans la Parashah de cettte semaine, il n’y a pas trace d’un projet d’Israël. L’unité humaine a éclaté en 70 nations de base et parmi ces 70 nations de base, il n’y a pas Israël.

 

Nous allons voir que l’identité hébraïque va résurgir avec Abraham et c’est à partir d’Abraham qu’une sélection d’identité chez les Hébreux de l’exil de Babel va se faire. D’abord dans l’exil : une partie des Hébreux de l’exil vont rester dans l’exil, c’est celle des Araméens. Une partie va revenir avec Abraham, Lot son neveu qui accompagne Abraham qui va fonder deux peuplades rivales d’Israël: Amon et Moav. D’Abraham  avec Agar l’égyptienne va apparaître Ishmaël. D’Isaac avec Rebeqah va sortir Esaü.

 

Et toutes ces lignées issues à l’origine de la même famille qu’Abraham vont finalement se séparer et s’instaurer en rivaux d’Israël. Il y a les 70 nations, et il y a la famille d’Abraham comme source de lignées rivales d’Israël, entre les nations et Israël.

On est surtout familier à Ishmaël et Essav. A l’islam et la chrétienté. Il y a les 70 nations, les musulmans d’un côté, les chrétiens de l’autres et Israël au milieu. C’est ainsi que fonctionne l’ONU: l’Arabie Saoudite, Rome et Israël... Tout tourne autour de cette recherche d’identité. Tout le monde le sait. Il n’y a que les Juifs qui ne s’en rendent pas compte. Je crois que c’est parce que nous sommes conditionnés pour ne pas nous en rendre compte.

 

On est étonné devant cet entêtement des Juifs depuis 4000 ans que cela dure : tout recommence et cela continue... Et on n’arrive pas à tirer les leçons de l’histoire qui marche malgré nous.

Les non-Juifs perçoivent clairement cette spécificité d’Israël. Les Juifs ne s’en aperçoivent pas sinon de manière hypertrophiée, grandiloquente. Comment comprendre que nous soyons tellement conditionnés à ne pas voir un événement si massif ? Il y a des milliards de consciences et ce tout petit peuple et tout petit pays qui focalise une obsession de milliards ce consciences à travers des milliers d’années ! Comment comprendre que les Juifs soient aveugles? Cette difficulté à comprendre, cette sorte d’aveuglement du peuple juif d’autant plus significatif que le discours officiel dit le contraire. C’est le discours grandiloquent : « mamlekhet kohanim ve goy kadosh » qui ne trouve aucune réalité. Par exemple, dans le cas de la France : ce sont les curés qui s’occupent d’éduquer les consciences et non pas les rabbins !

 

Réponse : c’est pour nous protéger du vertige ! Si on avait la conscience lucide de ce qu’est en réalité Israël, cela donnerait le vertige avec le risque de folie : se prendre pour le bon Dieu ! C’est arrivé à un certain nombre de Juifs dont l’un célébre a un milliard d’adeptes ! La maladie qui guette les Juifs c’est de se prendre pour le Christ donc pour Dieu. Dieu nous a dit : « Tu es mon fils ! ». Et l’un déclare : « je suis son fils ! ».

 

Ce qui sauve Israël c’est son humour. Sans humour il deviendrait fou.

Dieu s’adresse a une collectivité entière, le peuple d’Israël. Lorsqu’un individu prétend incarner le peuple, il arrive le phénomène du vertige. C’est ce qui se produit avec tous risques des faux messianisme où les adeptes prennent le guide spirituel pour l’incarnation de la collectivité. C’est une maladie mentale que j’ai étudié avec le Pr. Barukh : lorsqu’un individu cumule sur lui les caractères d’une collectivité. Cela s’appelle le mythe. Il y a un support au mythe, mais le mythe reste un mythe. Et nous sommes « anti ce mythe »...

 

Je vais vous donner un certain nombres d’exemples comment les Rabbins disent la même chose que les énormités que disent les curés et vous verrez la différence.

Par exemple, Judah Halévi parle de l’identité divine d’Israël: le « hiniane haElohim ».

Dieu a confié un projet divin à l’identité d’Israël, mais cela concerne la collectivité. Cela ne peut pas concerner un seul individu, quelque soit sa valeur en tant qu’individu. De là, le basculement dans l’idolâtrie et le paganisme. Ce sont les dangers de la mystique qui échoue. Les maîtres des kabalistes sont les seuls maîtres de la vérité absolue qui ne sont pas tombés dans les dangers de la mystique. Le christianisme est « mystique » dans ce sens-là. La mystique est une sorte d’effacement de la frontière entre le divin et l’humain. L’expérience mystique est une expérience de consubstancialité entre l’homme et Dieu.

Il y a des kabalistes mystiques, mais ils ne parlent jamais de leurs expériences.

Les historiens par ouïe-dire savent citer des noms : par exemple Aboulafia. Mais personne ne sait comment cela se passait l’expérience mystique d’Aboulafia !

Et Aboulafia jeûnait le jour de Kipour et non pas à Mardi Gras !

« Hiniane haElohim » : Ce terme de divin a un tout autre sens chez le Juif. Lorsqu’un chrétien dit de Jésus qu’il est divin, il veut dire que sa substance participe de celle de Dieu. Lorsque Judah Halévi dit d’Israël qu’il est le Hiniane HaElohi c’est au niveau créature. La créature telle que l’oeuvre divine a voulu qu’elle soit. C’est une œuvre divine parce que œuvre voulue par Dieu et non parce qu’elle est œuvre d’essence divine.   

 

Exemple :

Les chrétiens disent à leur manière que les Juifs tuent Dieu. Déicide qu’ils classent parmi les « mystères ». Une pasteur protestant, le Pasteur Dubois, dans une conférence, expliquait que les Juifs ne sont pas déicide mais que les Juifs tuent l’idée de Dieu : le mystère des Juifs déicides devient philosophie et intelligible intellectuellement, et ce n’est plus barbare ni honteux mais cela est d’autant plus dangereux, car ce n’est pas faux ! Il y a un nombre colossal de Juifs qui passent leur temps à essayer de tuer l’idée de Dieu dans la civilisation occidentale. Le chrétien a tendance mystiquement à se relier aux Juifs comme à une présence théophore - porteur de Dieu. Le gentil non-juif s’approche du Juif mystérieusement pour entendre quelque chose de Dieu et il a affaire à un intellectuel juif athée ! Imaginer la fureur du goy frustré ! La frustation absolue ! Mais je crois très profondément que tant qu’un juif est juif, sa manière d’être athée est profondément religieuse.

Cela n’a rien à voir avec l’athéisme.

Q : « grâce à Dieu je suis athée » !

R : je vais vous dire comment j’ai l’habitude de le formuler :

Un goy ne croit pas que Dieu existe, néqoudah !

Un juif croit que Dieu n’existe pas.C’est très différent.

 

Une de mes interventions dans un colloque de la chrétienté fut de préciser que les chrétiens ne croient pas tellement que Dieu s’est fait homme pour sauver l’humanité, mais en réalité croient que Dieu s’est fait juif pour sauver l’humanité. C’est tellement énorme que les Juifs ne se rendent pas compe de ce dont il s’agit. Il y a une phénomène historique d’une massivité colossale, la Bible qui dit cela d’Israël ! Mais à l’échelle collective, et non pas individuelle ! Lorsque l’individu se met à la place de la collectivité c’est le mythe...

 

Il y a eu un séminaire du centre Rashi sur la différence entre le mythe et le midrash.

De nombreux universitaires, croyants et praticants, manient le midrash comme si c’était des mythes.

Une des grandes différences : lorsque le mythe parle d’un personnage d’exception, il accumule sur une figure devenu mythique à force de contamination littéraire, tous les éléments qui caractérisent une collectivité. Dans les Evangiles, les textes racontent précisément à propos de Jésus tout ce qui est arrivé à tous les personnages de l’histoire d’Israël. La littérature appelle cela « une contamination littéraire » l’accumulation dans une sorte de figuration symbolique qui remplace Israël.

 

En milieu juif, c’est contre ce danger-là que le sionisme nous a immunisé, car le sionisme parle en clair d’Israël comme nation et peuple. C’est la nation qui prime.

Dieu ne parle pas à l’individu. Le Dieu d’Abraham d’Isaac et de Jacob c’est ceux qui ont fondé la nation mais nous ne parlons jamais du Dieu de Moïse. Ce serait blasphématoire de parler ainsi (comme le font toutes les autres religions) dans le judaïsme. Moïse est le maître. 

Dieu est créateur du monde et non créateur de religion. C’est le créateur des mondes qui en fin de compte fait exister une manière d’être créature - l’identité hébraïque - qui va traverser l’histoire du monde.

C’est de cela que je dois vous parler ce soir à propos de notre thème.

 

Je termine cet exemple pour dire à quel point il faut être extrêmement prudent lorsqu’on manie ces discours grandiloquents et éviter de ramener le phénomène de nation d’Israël à un phénomène de sectes, ou d’Eglises même si elles s’appellent synagogues, à un phénomène de partis même si c’est un parti religieux…

 

.../...
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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:32

Parshat Noa’h

 

 

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l’épuration définitive avec David. C’est pourquoi c’est David qui est considéré comme le 4ème pilier de la Merkavah : Abraham-Isaac-Jacob-David. Il a fallu attendre tout ce temps-là pour que la lignée des engendrements arrive à une lignée messianique de façon irrréversible à partir de David. L’alliance avec David c’est l’alliance messianique irréversible.

 

Bereshit - Bereshit Chapitre 6 Verset 8 :

וְנֹחַ, מָצָא חֵן בְּעֵינֵי יְהוָה

VeNoa’h matsa ‘hen be'eyney Adonay

et Noa’h a trouvé grâce aux yeux de Hashem 

 

Au moment où le déluge est décrêté, on apprend que le déluge, au verset 7, est decrêté sur toute l’humanité, et le Talmud indique : y compris Noa’h.

 

Talmud – Sanhedrin 108

« Et Noa’h a trouvé grâce ». On a enseigné à l’école de Rabbi Ishmaël : « même sur Noa’h a été scellé le décrêt du jugement du déluge, mais il a trouvé grâce. Ainsi qu’il est écrit : j’ai regretté de les avoir faits et Noa’h a trouvé grâce aux yeux de Hashem »

 

Il faudrait plusieurs heures pour expliquer ce que signifie que Dieu regrette ce qu’il a fait. Simplement je vous signale pour les plus érudits que le jugement négatif porte sur la forme que cela a fini par prendre et c’est la différence qu’il y a entre Briah et Assiah. Il les a créé parfaits pour le projet de la création et voilà ce qu’ils sont devenus : alors le jugement porte non sur ce que Dieu a fait mais sur ce qu’ils sont devenus.

 

Notre difficulté ici :

On apprend de ce verset que Noa’h a trouvé grâce alors que le verset suivant de la Parahsah Noa’h nous dit qu’il était Tsadik. 

C’est un probléme théologique colossal : s’il a trouvé grâce, il a trouvé grâce, mais s’il est juste il n’a pas  trouvé grâce ? Est-il sauvé parce qu’il est juste ou parce qu’il a trouvé grâce ?                  

Il y a là une impasse de lecture.

 

Le commentaire de Rashi vise à nous empêcher de croire que c’est parce qu’il était Tsadik qu’il a trouvé grâce. Les mots vont avoir leur sens simple : trouver grâce signifie que c’est gratuit. Si je dis qu’il est Tsadik la question de la grâce reste entière. D’où la seconde question : pourquoi dit-on qu’il est Tsadik ?

 

Dans la lecture chrétienne : le Tsadik est précisément celui qui a la grâce.

 

‘Hen signifie la gratuité. ‘Hen c’est la Pnimiout de ‘Hessed.  La force intérieure de la charité c’est la grâce. La lumière intérieure de la charité c’est la grâce, la Pnimiout de ‘Hessed c’est ‘Hen. ‘Hen c’est gratuit, donné précisément à celui qui ne le mérite pas, sinon on n’aurait pas à la gracier.

 

La conduite de charité n’a de sens que par rapport à quelqu’un qui ne le mérite pas. Parce que s’il mérite cela n’est que Justice. On voit ici la collision de concept entre Tsadik et ‘Hen.

 

D’où les deux questions :

=> Pourquoi a-t’il trouvé grâce, lui est pas un autre ? (Surtout pas parce qu’il est Tsadik sinon il ne s’agit pas de grâce)

=> Pourquoi la Torah nous a dit qu’il est Tsadik ?

 

Midrash : « et Noa’h a trouvé grâce dans les yeux de Dieu ; et dans les yeux de Noa’h, Dieu n’a rien trouvé même pas le commencement d’une larme ».

 

Cela veut dire que Dieu révéle à Noa’h qu’Il va détruire l’humanité et d’autre part Noa’h ne pleure même pas, ne prie même pas, et d’autre part on découvre qu’il est Tsadik ?

Il y a des Tsadikim comme cela.

Zohar : ‘Hen est l’anagramme de Noa’h, c’est exactement l’image inversée dans Noa’h.

וְנֹחַ, מָצָא חֵן בְּעֵינֵי יְהוָה - VeNoa’h matsa ‘hen be'eyney Adonay.

Quand Noa’h se regarde dans les yeux de Dieu il trouve ‘Hen son image inversée.

 

Si la Torah a besoin de nous dire qu’il est Tsadik pour nous faire comprendre pourquoi il a trouvé gräce, le verset serait différent : VeNoa’h ish tsadik matsa ‘hen be'eyney Adonay

Or, on nous dit qu’il est Tsadik aprés nous avoir dit qu’il a trouvé grâce.

Eleh toldot Noa’h Noa’h ish tsadik

 

La solution nous est donnée par Rashi.:

 

Puisque le texte a mentionné Noa’h, il nous en dit la louange (il est Tsadik). (Pour pas que nous croyons qu’il était Rashâ, mais ce n’est pas parce qu’il était Tsadik qu’il a été sauvé. Il l’a été vraiment par grâce). Cela on l’apprend un verset des Proverbes : le souvenir d’un juste est en bénédiction.

 

C’est l’origine de l‘habitude lorsque l’on mentionne une personne décédée :

Zikhrono Livrakah – za’’l

Zekher Tsadik Livrakhah – zatsa’’l

 

L’explication de Rashi est la suivante : ne crois pas qu’il trouve grâce parce qu’il est Tsadik, il trouve grâce et la Torah ne veut pas laisser entendre que Dieu a gracié un Rashâ ou qu’un Tsadik ne serait pas gracié.

 

Mais la première question demeure : Pourquoi a-t’il donc trouvé grâce ?

Une des réponses des commentateurs : La raison se trouve dans sa descendance. Regardez bien la suite des versets :

 וְנֹחַ, מָצָא חֵן בְּעֵינֵי יְהוָה

VeNoa’h matsa ‘hen be'eyney Adonay

אֵלֶּה, תּוֹלְדֹת נֹחַ--נֹחַ אִישׁ צַדִּיק תָּמִים הָיָה, בְּדֹרֹתָיו:  אֶת-הָאֱלֹהִים, הִתְהַלֶּךְ-נֹחַ

Eleh toldot Noa’h Noa’h ish tsadik tamim hayah bedorotav et-ha'Elohim hithale’h Noa’h

 

C’est parce que dans la descendance de Noa’h se trouve Abraham que Noa’h a été sauvé. C’est Abraham qui a sauvé Noa’h. Ce sont les Toldot de Noa’h qui ont sauvé Noa’h.

La formule araméenne du Talmud est : Bera Mézaké Aba : Il arrive que le fils fasse mériter le père.

 

Que signifie cela que Abraham qui naîtra dans 10 générations sauve Noa’h ?

Pourquoi Noa’h et pas quelqu’un d’autre de cette génération ?

C’est un probléme à poser de façon délicate car c’est aussi le probléme des rescapés de la Shoah.

Il faut vraiment éviter les analogies et les correspondances arbitraires.

 

Dans la génération, il y avait d’autres Tsadikim. On apprend d’autre part que dans chaque génération, il y a 36 justes au moins. En réalité il y en a 72.

C’est l’origine de l’expression 36 chandelles.

Il y a 36 lumières perpétuelles.

Si vous comptez les lumiéres de ‘Hanoukah vous aurez des surprises.

Il y a 36 Tsadikim d’Israël et 36 Tsadikim des Oumot HaOlam par génération. Cela fait 72.

 

Pour les contemporains de Noa’h son élection reste un mystére : pourquoi lui ?

Les Midrashim nous raconte bien sûr la conduite de Noa’h, mais Noa’h est un type de Tsadik dans une génération entière de l’humanité.

 

On ne se rend pas compte de ce que nous raconte la Torah : l’effacement d’une génération entière de l’humanité est une tragédie épouvantable qui a des dimensions terribles, et on lit cela comme si cela va de soi...

Il faut bien se rendre compte  qu’il y a une tentative de l’histoire humaine qui a duré 10 générations, qui arrive à une saturation de violence telle (c’est ainsi que cela nous est raconté dans les versets précédents), qu’il n’a plus aucune chance de repentir ni que la civilisation ait une issue, alors la forme que l’identité humaine a prise est effacée ; mais pas l’humanité qui va continuer avec Noa’h.

On retoruve la différence entre le créer et le faire. Le créé de l’humanité est préservé, c’est le faire, ce que c’est devenu, son style d’être, sa civilisation, qui est effacé. Il y a une manière d’être de l’humanité qui sera effacée mais la « matière premiére » de l’humanité ainsi que celle des espéces vivantes restent préservée dans l’arche.

 

On apprend ici quelque chose d’étonnant en ce que le fils peut faire mériter le père.

C’est le fondement, je crois, le plus essentiel de la notion de jugement dernier. Le véritable jugement ne peut être que le dernier. Tant qu’on ne sait pas quelles sont les conséquences d’un homme jusqu’au bout, à la fin, on ne peut pas le juger. Il n’y a de jugement authentique que le dernier des jugements. Et alors, ici se dévoile un enseignement du Talmud qui est une notion trés importante à comprendre : les générations suivantes tiennent entre leurs mains le sort des générations précédentes. C’est elles qui décident. L’identité des ascendants dépend des descendants.

 

Par exemple : si la descendance d’Abraham c’est Ishmaël alors Abraham devient Ibrahim qui n’a rien à voir avec Abraham. Quand la descendance d’Abraham est Isaac alors Abraham est Abraham. C’est Isaac qui fait qu’Abraham est Abraham. Ishmaël fait qu’Abraham est Ibrahim. Ce n’est plus le même.

 

Il y a dans la tradition juive, dans le folklore ashkénaze, l’enfant qui va dire Qadish pour le pére, est nommé déjà de son vivant « le Qadish du père ». Le père dépend du fils : le fils tient entre ses mains le sort du père.

 

J’ai expérimenté cela : c’est la question classique des étudiants que j’ai préparé à la Alyiah : pourquoi lui et pas son frére, pourquoi lui et pas son cousin, elle et pas sa cousine : alors on répond le Zekhout Avot : le mérite des péres. Peut-être devrait-on dire « le Zekhout Banim, le mérite des fils » qu’ils auront. Les Toladot.

 

Effectivement, toutes les générations depuis le commencement de l’exil ont les yeux fixés sur la derniére génération qui va décider de faire ou non sa Aliyah. Un choix apparemment si anodin, relevant d’un choix politique, peut décider de toute la destinée d’une lignée.

 

Il y a ici deux parties dans le mystére : le Zekhout Avot qui est mystérieux : pourquoi cela joue sur celui-là et pas le frére,  et le 2nd mystére c’est le Zekhout Banim.

 

Les contemporains ne peuvent pas comprendre pourquoi. Dieu seul peut le savoir : Lui seul connait le déroulement des générations. C’est une connaissance qui dépasse absolument la connaissance humaine. Pour les contemporains c’est donc mystérieux. C’est arbitraire. On voit ainsi pourquoi chez les théologiens chrétiens, ceux qui croient en la grâce, croient en réalité en la grâce arbitraire.

 

[C’était un sujet du bachot d’ailleurs : la querelle entre Pascal est les Jésuites dans les Provinciales a défendu ceux de Port Royal.... Pour Pascal la grâce est arbitraire : Dieu décide de façon arbitraire.

La grâce efficace soutendu par les bonnes oeuvres, c’est l’hérésie catholique par  rapport à la foi protestante...]

 

En fait cela nous explique pourquoi ceux qui n’ont pas cet enseignement de la Torah des Toladot, n’arrive pas à comprendre le probléme entre Matsa ‘Hen et Tsadik.  Cela veut dire, c’est vraiment arbitraire, mais il y a une raison. C’est vraiment gratuit pour Noa’h. La raison c’est Abraham mais Dieu seul le sait, pour Noa’h c’est gratuit.

 

On passe à un 2ème niveau de difficulté :

Cela veut dire quand même qu’il y a un certain niveau de mérite de Noa’h puique c’est de lui qui sort Abraham. Ce n’est pas de n’importe qui que sort Abraham !  Il sort de Noa’h !

Vous comprenez comment la difficulté rebondit.

 

Je vous donne la solution dans un enseignement du Rav A.I. Kook. A ma connaissance c’est à lui que nous devons un renouvellement de sens de la question importante  du mérite :

En civilisation occidentale, on est habitué à la notion de mérite par rapport à un acte. C’est le mérite d’acte (J’ai fait quelque chose qui me fait acquérir un mérite.) On n’a aucune idée d’une toute autre notion de mérite qui est le mérite d’être. Il y a une différence de catégorie.

 

Noa’h posséde un mérite d’être colossal. Au niveau des actes, il n’est pas un Tsadik tel qu’il pourrait sauver sa génération, et par conséquent il ne l’a pas sauvé. Mais au niveau de son être, il a un mérite colossal : sa maniére d’être homme porte en elle Abraham. Alors il est sauvé grâce à Abraham. Cette notion du mérite d’être est difficilement formulable dans la culture humaniste contemporaine. La réaction : « c’est du racisme ! » : le mérite d’être signifie qu’il y a différents maniére d’être homme et que les différentes manières d’être homme ont des mérites différents d’être comme cela plutôt qu’autrement... C’est du racisme. Par conséquent c’est trés difficilement utilisable. Il faudrait une science des sciences humaines.

 

Un seul auteur à ma connaissance, Emmanuel Mounier, fondateur de la théorie du personnalisme, a évoqué cela en parlant des caractéres.

 

Il y a un Zekhout d’être comme ça plutôt qu’autrement. Mais c’est à l’échelle universelle.

 

Définition :

Pour définir un Tsadik, il faut le définir d’aprés une norme. Celui qui n’est pas dans le cas d’avoir connaissance ou possession de cette norme, serait donc de manière arbitraire et injuste dans l’incapacité d’être Tsadik. Si pour être Tsadik, il faut vivre d’aprés la Torah, il n’y a que ceux qui sont dans le cas de rencontrer la Torah qui peuvent être des Tsadikim. Et cela disqualifierait l’humanité entière par rapport à Israël. Ce qui est invraisemblable, puisque nous sommes en plein monothéisme radical : Dieu a créé l’humanité entière, et la Torah commence par l’histoire de l’humanité entière.

 

Si on nous dit que Noa’h est Tsadik cela veut dire qu’il n’est pas nécessaire d’être Israël en disponibilité de la Torah pour pouvoir être Tsadik.

 

Quelle est alors la définition de Tsadik pour Noa’h si ce n’est pas par rapport à la Torah ?

C’est le théme de la question : pourquoi pas « Tsadik oumot haolam » mais « ‘Hassid oumot Haolam » ?

 

Une analyse provenant des Kabalistes et qui se trouve dans la prière du Shabat matin apparait le nom de Its’haq (et de Rebeqah chez les Sefardim).

 

Les différents niveaux sont indiqués dans l’histoire d’Isaac et en allusion dans son nom.

 

1-      Yashar : l’homme de rectitude, les Yesharim sont ceux qui préférent le bien au mal. L’homme de la bonne volonté. Mais la bonne volonté qui n’est pas appliquée par une table des valeurs est inéfficace et impuissante. C’est la velléité, non plus la volonté bonne mais le je voudrais... mais je ne peux pas. Le velléitaire a l’étoffe du Tsadik mais du Tsadik en échec d’acte. Le Yashar qui n’arrive pas à devenir Tsadik est un Yashar qui va souffrir toute sa vie. Je voudrais... mais je ne peux pas, et je ne sais pas pourquoi... Les Yesharim sont ceux qu’on appelle les yishrei lev le droit de coeur qui posséde déjà la notion de connaissance.

2-      Tsadik : le tsadik celui qui préfére le bien au mal tel que la Torah le définit. Tsadik par rapport à une loi.

3-      ‘Hassid : celui qui veut ce que la loi veut et non pas seulement celui qui se conforme à ce que veut la loi et qui peut-être qu’il ne veut pas cela mais il le fait quand même. Alors il est Tsadik. Mais c’est le drâme de tout un chacun : je sais que le bien est là mais je préférerais le mal, mais je sais qu’il faut faire le bien alors je fais le bien mais je suis malheureux => Tsadik vera lo. Le Tsadik qui a du mal à être Tsadik. Il y a une expression de Jean Vahl : « la conscience malheureuse » : c’est une conscience morale mais malheureuse de l’être. Il y a beaucoup de Tsadikim ainsi : les Tsadikim tristes. Trés souvent on croit qu’être tourmenté est une signe de réussite spirituelle, mais c’est tout le contraire : les vrais spirituels sont heureux. La Torah n’est pas là où se trouve la tristesse. Le Tsadik est celui qui se conforme à la loi. Le ‘Hassid est celui qui veut ce que la loi veut et par conséquent, trés souvent, le ‘Hassid ne fait pas exactement ce que la loi dit parce qu’il fait ce que la loi veut. C’est trés rare. Il y a une connaissance de la loi qui fait que le ‘Hassid se conduit lifnim mishourat hadin « en-deça, au-delà de la ligne de jugement » Il faut d’abord être Tsadik avant d’être ‘Hassid.

4-      Qadosh : celui qui veut ce que Dieu a voulu en donnant la loi.

 

Le Tsadik est celui qui préfére son bien à son mal quelque soit sa table des valeurs. Cela signife que c’est par papport à une table de valeurs que l’on est Tsadik. Mas il n’est pas dans le cas d’avoir les tables de valeurs de la Torah. C’est dans sa table des valeurs à lui, il est jugé comme cela. C’est trés périlleux car le Talmud dit à ce propos : on est jugé par le tribunal devant lequel on se met : Moralité : il vaut mieux se mettre devant un tribunal de vérité...

 

La relativité des tables des valeurs. Le Tsadik espagnol est le Tsadik qui est jugé par sa table des valeurs espagnoles. Par son bien et son mal, il préfére son bien et son mal....

 

C’est cela le Tsadik be omot haolam

C’est l’attitude de la volonté qui est jugée.

De la même manière, le français est jugé par la table des valeurs françaises qui n’est pas forcément la même que la table de valeurs espagnoles. Mais chacun est jugé relativement à sa bonne foi.

 

La définition qui me parait la plus claire c’est l’attitude de la volonté. Celui qui préfére le bien au mal, quelque soit la table des valeurs, est déclaré Tsadik. Celui qui préfére le mal au bien, quelque  soit la table des valeurs, est déclaré Rashâ. Le Rashâ est trés rare : il sait oû est le bien et où est le mal et il veut le mal plutôt que le bien. Le ‘Hotéh est celui qui voudrait bien être un Tsadik, mais il a des faiblesses. Le ‘Hoté est le fauteur, le Rashâ est le hors la loi. Il connait la loi et préfér ele mal comme mal sachant qu’il est mal. 

 

Le Tsadik préfére le bien comme il le connait au mal comme il le connait, et c’est une définition universelle. Il n’est pas nécessaire d’être d’Israël pour être Tsadik. Le Tsadik du niveau d’Israël est le Tsadik selon la Torah.    

 

Pourquoi l’appelation ‘Hassidei Oumot haolam ?

C’est le Rambam qui a mis en forme la question dont les sources sont dans le Talmud :    

Quelqu’un des nations est considéré comme Tsadik Ben Noa’h que s’il admet que les 7 mitsvot des Bnei Noa’h - la morale universelle quelque soit la forme qu’elle prend dans les différentes sociétés - ont été révélées à Moïse au Sinaï.

 

Pour être appellé Tsadik il faut admettre que le bien auquel on croit est révélé, de la même manière que le Torah est révélée à Israël.

 

Celui qui se conforme à ce bien parce qu’il le trouve rationnel pour quelques raisons qu’il se donne de justifications de systémes idéologiques, n’est pas considéré comme Tsadik béomot haolam mais comme un ‘Hassid béomot haolam. C’est paradoxal : il est plus qu’un Tsadik, parce que bien qu’il ne soit pas obligé, dans le sens d’obligation légale, il se conforme à ce bien. C’est au-delà de l’obligation. 

 

Réponse de Maïmonide : il est nécessaaire pour être considéré comme Tsadik Oumot Haolam de considérer que le bien auquel on adhére est Torah miSinaï de la même maniére que la Torah, c’est à dire révélé par Moïse. C’est le probléme des Bnei Noa’h alors Rambam dit : on ne l’appelle pas Tsadik Oumot haolam mais ‘Hakham Oumot Haolam. On considére comme il n’est pas obligé de la loi alors la tradition talmudique l’appelle ‘Hassid et non pas Tsadik.

On étudiera une autre fois le problème de la diaspora de Babel.

<fin>

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:28

Parashah Noah (1995)

  

Rédigé et mis en forme à partir d'un enregistrement:

 

Chapitre 6.

 

Le théme essentiel est celui du déluge. Cette Parashah recouvre dix générations de l’histoire de l’humanité. Il y a 10 générations de Adam harishon à Noa’h qui nous sont racontées dans la Parashah de Béréshit et puis 10 générations de Noa’h à Abraham qui nous sont décrites dans la Parashah de Noa’h.

 

Il y a 2 sujets principaux auxquels je voudrais toucher :

la génération du déluge avec son personnage principal Noa’h, et le sujet qui le concerne centralement : la définiton de Tsadik, première occurence du terme dans la Torah. En particulier le fait qu’il y ait dans la tradition juive, deux catégories de justes, le juste selon Noa’h et le juste selon Abraham.

 

Etant donné que la définition du juste est la conformité à la loi que Dieu a révélé, la question est de savoit s’il peut y avoir des justes en dehors d’Israël ? Précisément, on apprend que le 1er homme duquel il est dit qu’il était juste n’était pas d’Israël. Nous avons donc à découvrir  cette catégorie du juste des nations qui est une formule assez difficile parce que cette expression « tsadikim oumot haolam » n’existent pas vraiment. On trouve plutôt celle de « ‘hassidei oumot haolam » les pieux des nations ». C’est la définition du ‘Hassid qui est utilisée et qui est au-delà du Tsadik nous verrons pourquoi on emploie cette expression.

 

Deux Mishnayot importantes posent le problème de la notion de salut, pour Israël d’une part, et pour les nations de l’autre.

 

Sanhedrin 11 :

Kol Israël yesh lahem ‘helek léolam haba, Tout Isaraël a part au monde à venir, Et voici ceux qui n’y ont aucune part…

La Guémara énumére les catégories de ceux qui, bien que nés d’Israël, ont perdu leur part du monde à venir ... il a des cas de définitions trés précises.

 

‘Hassidei Oumot Haolam Yesh Lahem ‘Helek Léolam Haba

Les pieux des Nations ont part au monde à venir.

 

Il y a là deux sorts différents pour les membres des nations et pour les membres d’Israël quant à la participation au monde à venir.

 

Pour Israël c’est à priori pour tous, car c’est une question d’identité nationale des descendants des Patriarches. Et voici ceux qui se sont exclus :

La Guémara du traité Sanhedrin 11 discute pour récupérer le plus possible d’entre-eux. Ce sont des catégories d’individus. Il y a eu une grande discussion au moyen-âge concernant les articles de foi qui feraient que si on n’y adhérait pas on serait en dehors de la communauté des croyants.

 

On a retenu le principe de l’un de ces grands personnages : Josef Albo qui demanda qu’on réduise au minimum le nombre d’articles de foi parce que ce sont autant de trébûchements possible que l’on a entre l’identité d’Israël et la conscience qu’elle a d’elle-même.

 

Cf. les 13 articles de foi de Rambam qui sont treize conditions auxquelles il faut adhérer pour être d’Israël.... C’est trop. Cela signifie que si la communauté n’arrivait pas à percevoir l’évidence de l’un de ses articles elle serait en dehors du salut par insuffisance d’une fonction humaine finalement trés secondaire par rapport au salut.

 

Par exemple : Si quelqu'un ne comprend pas la résurrection il risque d’être disqualifié alors qu’il s’agit uniquement d’une inssufisance de compréhension.

 

Guemara ‘Helek Sanhedrin 11:

On retient après Joseph Albo qui a donné les trois grand principes de la foi d’Israël et on n’en retient qu’un seul : Torah min hashamayim : le fait de reconnaitre que la Torah est révélée, donc du dehors de la conscience de l’homme.

Révélée cela ne signifie pas l’approximation des intellectuels modernes pour lesquels  révélé=inspiré. Mais la Torah est révélée Min HaShamayim.

 

Effectivement, toutes les autres données des articles de foi proposés par les théologiens sont des connaissances auxquelles on adhère, intérieures à ces conditions sine qua non de l’appartenance à Israël. 

 

C’est trés différent des autres religions pour lesquelles on est sauvé à travers un crédo alors que le salut pour Israël est un probléme d’identité.

 

Finalement, on s’aperçoit que les théologiens ont suivi en fin de compte ce principe qu’il ne faut pas trop multiplier les risques d’échec et d’obstacle, ne pas multiplier le nombres de portes. Il faut une seule porte pour entrer dans la maison et il faut qu’elle soit ouverte.  

 

***

1- Les 2 catégories de Tsadikim:

=> selon Noa’h

=> selon Abraham

 

2- Dor Hapelagah

Aprés Dor HaMaboul - la génération du déluge - il faudra caractériser la faute corollaire de cette génération, ce qui la définit du point de vue de l’option du mal, et bien il y a Dor HaPélagah - la génération qui a suivi l’épisode de la tour de Babel : la dispersion elle-même aprés la confusion des langues. Dor Hapelagah – peh lamed guimel hé – Pélagah veut dire diaspora dans le sens étymologique  - lorsque l’unité est « diasporée ».

 

L’unité humaine était alors réelle, et non seulement sous forme d’espoir comme actuellement. Elle existait même concrêtement jusqu’à la tour de Babel et il faudrait des heures pour décrire un tel phénoméne : de quoi il s’agit, un universel humain réel et pas seulement des idéaux d’universel humains que les hommes de tout temps et les humanistes des derniers siécles ont défini comme l’idéal de l’unité humaine universelle.

 

C’est là un idéal « pneumatique » comme disent les théologiens. L’unité concrête existe et va disparaître. Elle n’a pas vraiment disparu mais est restée en creux, en exigence. Chaque fois qu’une civilisation arrive à un certain stade d’élaboration et d’évolution, elle retrouve cette exigence d’universel. On apprend de l’histoire que toute tentative s’est traduite par un échec. 

 

Car toutes les tentatives d’universalisme ont basculé dans l’impérialisme. On verra les conflits entre l’humanité entière à la recherche de l’universel mais tombant dans l’impértialisme, et le rêve et l’idéal, et la tentative et l’histoire messianique d’Israël à partir d’Abraham.

 

C’est une rivalité étonnante car il s’agit d’un tout petit peuple et de l’humanité entiére dans sa recherche historique de l’universel humain.

 

Toutes les grandes civilisations qui ont tenté de rebâtir l’universel humain sont devenus des impérialismes. La dernière connue fut l’empire soviétique qui est partie d’un rêve, d’un idéal réel d’universalisme socialisme qui a basculé tout de suite dans l’impérialisme de l’union soviétique. L’un grand échec. Le prochain sera sûrement l’impérialisme américain.

 

On s’apercevra que tous ses impérialismes-là ont une caractéristique commune : l’antisémitisme.

La haine absolue de l’identité juive de manière absolue.

  

Les Juifs, à travers une longue tradition de diaspora, sont habitués à penser que l’être de diaspora est conaturelle à l’identité juive et qu’être juif c’est naturellement être membre d’une diaspora issue d’une dispersion.

 

D’aprés la Torah c’est tout le contraire. La diaspora est celle de l’humanité : c’est l’humanité des nations qui est en diaspora de l’unité humaine. Les Goyim sont le résultat de l’éclatement de l’unité humaine à Babel et que la diaspora d’Israël n’est que seconde, fixée, greffée sur la diaspora humaine en vue de réunifier la civilisation messianique.

 

L’expérience montre que les Juifs sont conditionnés par une longue histoire de 2000 ans. Le postulat est que la façon normale d’être juif c’était d’être en diaspora et que ces israéliens, ces juifs redevenant hébreux, doivent se justifier face au juif normal qui serait celui de l’exil.

 

Cela vient de la force d’inertie de 2000 ans de diaspora qui réussit à inverser les évidences et de faire croire l’anormal normal. 

 

Toutes les études honnêtes que l’on peut faire montrent que l’identité juive s’est toujours connue comme une identité provisoire entre deux temps hébreux : la nostalgie du passé hébreu et l’espérance de l’avenir hébreu.

 

Nous sommes dans une période de transition de la fin de la parenthése, et c’est d’autant plus dramatique que même dans la civilisation israélienne, la plupart des israéliens d’origine juive croient que l’identité juive normale réside dans sa dispersion. (Le modéle américain est en train de de devenir le modéle de l’identité juive moderne. )

 

Chaque fois dans l’histoire de la diaspora de l’identité juive, qui a toujours eu conscience d’elle-mëme comme cela, une parenthése entre 2 temps hébreux, chaque fois qu’il y a eu symbiose entre les Juifs et la nation, il s’est produit une catastrophe. Lorsque le temps de décrochage est venu il y a toujours eu un retard et une catastrophe à suivre.

 

C’esrt vrai depuis le début de l’histoire d’Israël à Our Qasdim. La symbiose entre l’hébreu et le babylonien avait réussi : c’était l’araméen. Une catastrophe survient.

C’est une Shoah monumentale dont le Midrash nous a laissé la trace et dont la famille d’Abraham a été rescapée. Si on étudie l’histoire de la famille d’Abraham dans le Midrash, on étudie l’histoire du judaïsme européen au temps de la Shoah. 

 

Our Qasdim, signifie littéralement la capitale de Qasdim, le Midrash lit : la fournaise de Qasdim.

Le Midrash dit qu’un tiers des hébreux a été jetté dans les fours créamatoires et surtout les enfants.

On a oublié tout cela...

 

Deux exemples récents : séfardim et askénazes.

La symbiose judéo-espagnol a été une symbiose trés réussie : l’âge d’or judéo-espagnol. Il s’agit ici des séfardim au sens de descendants des Juifs espagnols et non au sens de Juifs de culture arabe quoique le séfardisme est à l’origine arabe et a été ensuite traduit en espagnol lorsque l’Espagne chrétienne a conquis l’espace maure. Dans l’âge d’or espagnol, rien d’espagnol, tout est judéo-arabe. La seule oeuvre en judéo-espagnol est tardive : le Meam Loez, un grand commentaire populaire redigé en judéo-espagnol. Cela correspond à des ouvrages analogues dans le monde yiddish.

 

La symbiose séfarade judéo-espagnole a été une réussite extraordinaire mais le signe d’une assimilation massive des Juifs de diaspora. Les séfardim, juifs espagnols, aujourd’hui, sont descendants des rescapés de ces communautés. La grande masse de ces communautés s’est assimilée. Il y a eu beaucoup de conversions au christianisme et la réaction au phénoméne de conversion avec le marranisme ou la fuite dans l’urgence...

 

Résultat de cette symbiose judéo-espagnole : les Juifs se sont pris pour des espagnols !

Réaction espagnol : l’inquisition et ses bûchers.

 

Le même phénoméne s’est produit plus tard en Allemagne avec une simbiose culturelle colossale. On en paie encore les conséquences. Une richesse du point de vue culturelle humaniste générale. Même chose : les juifs allemands se sont pris pour des allemands et il y a eu une réaction allemande...

 

Actuellemment, la synthése qui est en train de réussir, c’est en Amérique. Là aussi on vient d’être alerté par ce qui risque d’arriver. L’antisémitisme américain commence par les noirs et beaucoup de blancs américains se feront intoxiquer par cette propagande nazie. Il faut s’attendre à une Aliah de catastrophe en provenance d’Amérique. Le gouvernement israélien a pris les devants en préparant une loi pour changer la loi du retour : interdire la aliah aux juifs qui ne seraient pas politiquement corrects. (Lisez Sanhedrin p. 90)  

 

Il y a une régle qui apparait : dés que la symbiose a réussie, dés qu’on en décroche pas à temps, la catastrophe survient. C’est ainsi qu’Israël a commencé au temps d’Abraham à Our Qasdim.

 

***

 

2 thémes :

Notion de Tsadik selon Noa’h et notion d’universel à propos de Ever - personnage central de Dor HaPélagah - et qui est l’ancêtre d’Abraham et le descendant de Noa’h dans la lignée de Shem.

Les thémes sont liés : la Torah nous raconte l’histoire de Noa’h pour nous raconter l’histoire de Noa’h. Le lien entre Abraham et Noa’h c’est Ever, l’identité hébraïque qui est une des identités sémitiques issues de Shem.

 

Parshat Noa’h - Bereshit Chapitre 6 verset 9

אֵלֶּה, תּוֹלְדֹת נֹחַ--נֹחַ אִישׁ צַדִּיק תָּמִים הָיָה, בְּדֹרֹתָיו:  אֶת-הָאֱלֹהִים, הִתְהַלֶּךְ-נֹחַ

Eleh toldot Noa’h Noa’h ish tsadik tamim hayah bedorotav et-ha'Elohim hithale’h Noa’h.

 

Eleh toldot Noa’h

Voici les engendrements de Noa’h

Noa’h ish tsadik tamim hayah

Noa’h était un homme juste et intégre,

 

Tam est traduit par « simple », mais ce n’est pas la simplicité d’esprit mais la naïveté profonde qui n’a pas besoin d’intellectualité pour exprimer la vertu -  Tamim signifie parfait au sens de perfection corporelle et morale simultanément. Traduit par le terme « intégre » pour donner cette notion d’intégralité et d’intégrité.

 

Bédorotav

dans ses générations

et-ha'Elohim hithale’h Noa’h.

Noa’h se conduisait avec Dieu.

 

Avec un personnage antérieur à Noah, ‘Hanokh, on rencontre la même expression. Il est aussi un des grands Tsadikim des 10 générations qui ont précédées et qui vont de Adam à Noa’h.

 

C’est le juste qui n’arrive pas à sauver sa génération mais cependant il est juste et c’est pourquoi la Torah tient à le dire. La génération de Noa’h n’a pas été sauvée par son juste Noa’h. C’est le contraste avec la génération d’Abraham qui a été sauvé par Abraham. Abraham est le juste qui sauve sa génération. La génération du déluge a été perdue dans le déluge.

 

Au fond, d’aprés ce que la Torah nous en dit, elle le méritait. Mais la génération d’Abraham a été sauvé par Abraham. N’aurait-il pas mieux valu qu’elle soit aussi punie comme celle du déluge ?

Et qu’une histoire commence avec Abraham dans les scories ni les déchêts de cette génération d’Abraham qui recouvre l’histoire de l’humanité jusqu’à la fin des temps ?

 

Pour qui prie Abraham ?

Pour les crapules de Sodome et Gomhorre !

Ce qui fait que si la priére avait réussi, nous aurions dans le monde l’hérédité de Sodome et Gomhorre, qui existe toutefois mais en tendance de l’humanité.

 

***

 

Toldot :

 

Le probléme d’exégèse que je veux signaler se pose à propos du sens du mot Toldot.

Nous sommes habitués que le terme Toldot signifie d’abord les engendrements.

 

Ici les Mefarshim sont partagés pour la raison suivante.

Le mot de Toldot-engendrements va devenir le terme qui est employé dans la tradition pour dire l’histoire, car l’histoire essentielle est celle des engendrements, beaucoup plus que l’histoire des événements. L’histoire des engendrements signifie la modification de l’identité humaine à travers les généalogies. Et puis, dans l’ordre de cette modification du sujet de l’histoire événementielle se passe des événements importants que la Torah raconte mais l’essentiel de l’histoire n’est pas les événemnts mais l’homme. Alors l’histoire de l’homme est l’histoire des engendrements de l’homme : untel a engendré untel qui a engendré untel...

 

A chaque génération le nom de l’homme c’est le nom de l’homme et pas seulement le nom du personnage.

 

C’est une science peu connue mais qui est étudiée dans la kaballah, de la même manière que Adam signifie simultanément Monsieur Adam et l’homme, Qaïn signifie la personne Qaïn et une manière d’être homme qui s’appelle Qaïn - l’homme de la 2éme génération. A partir de Adam on a perdu la filiation, mais  c’est dans la Kaballah surtout le Sefer haGilgoulim de l’éléve du Ari, Rabbi ‘Hayyim Vital, où l’on apprend l’identité humaine à chaque génération jusqu’à l’identité du fils de l’homme réussie qui sera le Mashia’h de la fin des temps.

 

Ici, on s’attendrait a ce que l’expression Eleh Toldot Noa’h signifie les engendrements. Et on attend tout de suite Vayolad Noa’h Shloshah vanim qui n’est qu’au 2ème verset. Voici les engendremants de Noa’h : Shem, ‘Ham, Yafet...

 

Or, au lieu de nous en parler on nous parle de Noa’h ?

 

Certains commentateurs proposent de lire : Voici l’histoire de Noa’h, l’histoire de Noa’h c’est qu’il était Tsadik. Et ce Tsadik a enfanté 3 fils... Ce sont deux lectures différentes tranchées.

 

J’en profite pour vous indiquer quelque chose d’important dans l’étude du Miqra, c’est ce qu’on appelle le Qri Ktiv. Il y a très souvent des mots écrits de façon défective. Il leur manque des lettres, des consonnes. Il y a  Malé - plein - et il y a ‘Hasser-défectif.

Il y a 13 fois dans la Torah le mot de Toldot.

 

La première occurence est au chapitre 2 de Béréshit pour annoncer l’histoire d’Adam Harishon.

אֵלֶּה תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם:

Eleh toldot hashamayim vaarets behibaream

 

Au verset 5 du chapitre 2, Toldot y est ici écrit Malé avec les 2 Vavim.

 

Ensuite le mot de Toldot est indiqué pour les différents engendrements que la Bible analyse et il est toujours écrit ‘Hasser : il  lui manque un Vav, soit le 1er soit le dernier.

Il y a un cas particulier pour les Toldot d’Ishmaël où les deux Vavim manquent.

 

Il y a des tentatives d’engendrements qui sont défectives jusqu’à l’aboutissement messianiques et d’aures plus fructueuses.

 

On est averti qu’il s’agit d’une approximation lorsqu’il manque le Vav ou les deux pour Ishmaël.

 

La 13ème occurences se trouvent dans le livre de Ruth pour les engendrements qui ménent à David et c’est écrit Malé avec les deux Vavim.

 

D’habitude, la Parashah est nommée par le 1er mot important du verset : Normalement cette Parashah de Noa’h aurait due être nommée Toldot Comme ici « Eleh Toldot... »

 

Mais il faut attendre la naissance d’Its’haq pour que la Parashah soit nommée Toldot.

La première indication de réponse est dans le Toldot ‘Hasser : ce ne sont pas encore les vraies Toldot, il faudra attendre Abraham pour que les vrais Toldot commencent. Mais même pour le verset d’Isaac le mot de Toldot est aussi ‘Hasser.

 

Parshah Toldot - Chapitre 25:19:

וְאֵלֶּה תּוֹלְדֹת יִצְחָק, בֶּן-אַבְרָהָם:  אַבְרָהָם, הוֹלִיד אֶת-יִצְחָק

Ve'eleh Toldot Yits’hak ben-Avraham Avraham holid et-Yitschak.

 

On attend du verset qu’il dise que Isaac engendra Esaü et Jacob. Mais ici on revient en arrière parce qu’il y a écrit Holid et non Yalad.

Alors on explique qu’Abraham a enfanté avec Isaac les enfants de Isaac, il a participé à l’enfantement. C’est-à-dire que l’identité d’Abraham s’est adjointe à celle de Isaac pour engendrer  les enfants de Isaac et c’est pourquoi, comme pour Abraham pour lequel il y a eu un Tsadik et un Rashâ, alors pour Isaac aussi il sort un Tsadik et un Rashâ, cela vient d’Abraham. ,

 

Le point de départ des engendrement de l’identité d’Abraham est l’identité araméenne qui est sortie d’Our Qasdim. Abraham s’appellait alors Avram (Av – Ram). Il a deux noms ensuite lorsqu’il s’est hébraïsé, il s’appelle Avraham. Il y a là une notion qu’il faudrait approfondir d’autre part, l’identité d’exil des hébreux en Babylonie était l’identité araméenne. Un peu comme l’identité des hébreux dans l’exil de Rome était l’identité juive. Le Juif est alors toujours Judéo-quelqu’un d’autre. En symbiose. L’hébreu est un hébreu, un point c’est tout. Mais l’hébreu de l’exil est toujours en symbiose avec une autre identité culturelle. L’hébreu de l’exil est araméen.  Abraham raméne avec lui ce que les kabalistes appellent la qlipat Aram – l’opacité araméenne - qu’il faut qu’il évacue. C’est pourquoi il y a trois générations de sélection d’identité pour arriver à Yaaqov-Israël .

 

La Qlipah extérieure est partie avec Ishmaël, la Qlipah intérieure est partie avec Esaü.

C’est pourquoi c’est Yaaqov seul qui deviendra Israël.

Israël commence avec Abraham mais ce n’est pas Abraham qui est déjà Israël. Il faut cette sélection d’identité dans les engendrements pour que l’identité d’Israël apparaisse.

 

Toutes les lignées qui partent de la famille d’Abraham se sont instaurées comme rivaux d’Israël.

Les 2 lignées de Ammon et Moav viennent de Lot et à l’origine il s’agit de l’identité araméenne de la famille d’Abraham qui devient Ammon et Moav, la lignée d’Ishmaël, celle de Laban ...

Ishmaël d’une part et Esaü de l’autre. La massivité de l’islam et du christianisme.

Il y a la rivalité araméenne restée araméenne c’est à dire la descendance de Bethouel, fils de Na’hor frére d’Abraham, c’est à dire Laban – l’hébreu de l’exil qui reste araméen et qui devient le pire rival de Jacob.

 

Toute cette typologie lorsqu’elle est étudiée attentivement donne le vertige, parce qu’effectivement les rivalités qu’Israël rencontrent 
.../...

lire la suite ici
 

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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