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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 16:37

Yitro (1996)

 

Yitro (1996) 2ème Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/yitro_serie_1996/cours_1

Face B

 

 

Après on comprend mais les contemporains ne comprennent pas : pourquoi ceux-ci et pas ceux-là ?

C’est plus tard que cela se dévoile.

Même chose pour les événements actuels, si l’on considère un observateur extérieur, et on lit cela dans tous les éditoriaux : quel différence entre le fellafel israélien et le félafel jordanien ? entre un barbu iranien et le barbu je n’ai pas dit quoi ?

Si on ne sait pas quels sont les critères, alors il n’y a pas de différence ! Alors on juge Israël à la manière dont on jugerait le Liban. Ou bien on juge l’Egypte à la manière dont on jugerait l’Arabie Saoudite... Alors que cela n’a rien à voir.

 

Il y a quelque part une connaissance des critères de différences au niveau du sens de l’histoire.

Si cela passe par Israël et non pas par l’Egypte à ce moment là, Dieu seul le sait...

 

Q :  David et Batshévah Zivoug 1er ?

R: Zivoug 1er pour David mais Ouri l’avait prise. Alors il l’a condamné à mort.

Le verset dit : hatsela’h Ani na’khon, ce que dit David.

 

Il apparait là que Jéthro est un personnage très important. Il est l’exemple du Goï le plus proche d’Israël – beau-père de Moïse – mais qui ne peut effectuer ce passage de la religion d’Elohim à la religion de Hashem que si Moïse peut l’illustrer pour lui par des exemples.

 

Or, ce n’est que parce que dans l’histoire d’Israël, il y a ces exemples que le monde entier est empoigné par la Bible. Or, comment comprendre ces millions de Goyim qui ont lu la Bible pour y découvrir que l’histoire d’Israël est providentielle ? Comment eux arrivent-ils à le comprendre alors que les Juifs n’arrivent pas à le comprendre ?

Je crois que c’est une réaction de protection car cela donne le vertige de savoir cela que c’est notre histoire. Alors on préfère fermer nos oreilles et nos yeux parce que cela donne le vertige. Les religieux qui se laissent prendre au piège se prennent pour le bon Dieu Lui-même. 

 

Rashi :

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ

מַה שְּׁמוּעָה שָׁמַע וּבָא קְרִיעַת יַם סוּף וּמִלְחֶמֶת עֲמָלֵק

Vayishma Yitro

Mah Shmouah Shamaa ouba ? Qriat Yam Souf ouMil’hamat Amaleq.  

Quelle nouvelle a-t’il entendu dire et il est venu ?Qu’a t’il entendu ?

Qriat Yam Souf, la guerre contre Amaleq.

 

Là aussi c’est une preuve qu’il y a une Providence qui protège Israël. Amaleq surgit toujours dans l’historie d’Israël à la fin des périodes d’exil. Je vous donne un schéma très bref.

 

A la sortie d’Egypte, après l’oppression égyptienne ce peuple sort rescapé des camps de l’Egypte et Amaleq se jette sur lui. A la fin du 2ème exil, l’exil de Babel, raconté dans le livre d’Esther : qui se jette sur Israël ? Amaleq ! De notre temps, à la fin de l’exil, qui se jette sur les Juifs ? Amaleq !

Amaleq qui a comme objectif, et de détruire et de remplacer Israël opérant la synthèse des rivalités.

 

Nous avons dans l’histoire de la Bible 6 personnages  qui sont les rivaux d’Israël, en schématisant :

Au niveau d’Abraham, nous en avons deux :

 

ð  Nimrod d’un côté qui veut détruire

ð  Lot qui veut remplacer

 

Au niveau d’Isaac :

 

ð  Abimelekh qui veut détruire

ð  Ishmaël qui veut remplacer

 

Au niveau de Jacob :

 

ð  Laban qui veut détruire et,

ð  Essav qui veut remplacer

 

Mais il y a un 7ème personnage, qui veut et détruire et remplacer c’est Amaleq. Il apparait toujours à la fin d’un exil.

 

A la sortie d’Egypte il se jette sur Israël. Il aurait pu être plus fort car Israël sortait des camps d’Egypte. A la fin de Babel c’est la même chose avec Haman et les Amalécites.

A la fin de ces 2000 ans, se rappeler ce qui s’est passé ces 100 dernières années... La Shoah et la ligue arabe qui se jette sur les rescapés de la Shoah...

C’est exactement le projet d’Amaleq : détruire et remplacer.

Aujourd’hui c’est tout le problème de la charte palestinienne. Et ils le disent avec la naïveté d’Hitler écrivant « Mein Kampf ». Hitler a était franc et écrit ce qu’il voulait faire. Aujourd’hui Arafat dit exactement ce qu’il veut faire, et personne en veut l’entendre.

 

Nous allons, Benno Groos et moi-même organisé un s´+eminaire intitulé le messianisme juif et l’actualité poltique en Israël, avec pour but d’éclaircir tous ces désarrois actuels. Enormément de gens nous ont demandé de parler. Mais peut-être n’est-ce pas encore le temps ?

Il ne s’agira pas de vous dire comment doit voter le « peuple élu », mais d’essayer d’éclaircir ce probléme.] 

 

Tant dans le passage de la mer rouge que lors de la guerre contre Amaleq, c’est ce que Jéthro a comme expérience. Ceci dit, Rashi passe sous silence la 3ème réponse du Midrash : Matan Torah.

Jéthro a entendu une révélation de la Torah. Or, d’après le récit cette rencontre entre Jéthro et Moïse se passe avant. C’est la raison pour laquelle Rashi ne cite pas Matan Torah parmi les raisons de la venue de Jéthro.

 

Mais il nous faut comprendre l’argument de Rabbi Eliezer dans le Midrash de la Guémara ! Rabbi Eliezer sait très bien que cela se passe après !

Il y a le principe « Eïn mouqdam ouméou’har batorah » « il n’y a pas d’avant ni d’après dans la Torah. » Il n’y a pas de chronologie dans la Torah. Si on a une objection sur l’ordre du récit, l’objection ne tient pas à cause de ce principe. Comment est-ce possible ? Le récit a cependant son ordre ?

 

Je vous donne une réponse inspirée d’un enseignement du Gaon de Vilna :

Il y a écrit dans cette formule de la Guémara : «  Eïn mouqdam ouméou’har batorah » mais dans le Sefer Torah il y a « mouqdam oumeou’har ».

La Torah est le contenu de sagesse du livre de la Torah (Sefer Torah), et dans cette sagesse il n’y a ni avant ni après, elle est éternellement tout ensemble vraie.

La contenu de la vérité mathématique est d’emblée tout à la fois vraie. Mais c’est l’exposé pédagogique du raisonnement et démonstration, d’énoncés des théorèmes... qui possède un ordre.

 

Eïn mouqdam ouméou’har batorah aval ba sefer torah yesh mouqdam ouméou’har

 

L’enseignement du Gaon de Vilna porte sur un enseignement du Zohar :

« Tout est soumis au déterminisme même le Sefer Torah qu’il y a dans le Heikhal. »

Le livre Gaon de Vilna explique : le Sefer, le livre de la Torah, vieillit. Il est soumis à la loi du vieillissement et non pas la Torah.

 

Pour Rabbi Eliezer : dans la Torah il n’y a pas d’avant pas d’après

Pour Rashi dans le Sefer Torah il y a un avant et un après. C’est pourquoi il ne cite pas Matan Torah pour ne pas compliquer l’étude des étudiants.


 

Baba Batra 14b 

 

Je voudrais qu’on étudie un certain nombre de sources de la Guémara concernant la relation entre Jethro et Moïse.

 

Baba Batra 14b:

Cela porte sur le problème du canon biblique. Quels sont les livres considérés comme « kitévei haqodesh » comme étant véritablement révélés. La Guémara dit « qui a mis par écrit tel ou tel livre de la Bible ? » C’est la question qui s’est posée :

« Moïk ktaban ? Mosheh Katav Sifro ouParashah Bilaam veIyov »« Qui les a mis par écrit ?  Mosheh a mis par écrit son livre la parashah de Bilaam et le livre de Job »  

 

C’est une formule très lapidaire. Moïse a mis par écrit son livre ? S’il s’agit du livre de la Torah alors la Parashah de Bilaam est dedans ! Que signifie alors cette formule ?

Et que signifie son livre, la parashah de Bilaam et le livre de Job ?

 

Bilaam : on apprend que Bilaam est un personnage extrêmement important du récit biblique : c’est le Prophète des Nations et la Guémara nous dit qu’ « il ne s’est pas levé de prophète aussi grand que Moïse en Israël », mais chez les Nations il y en a eu, et c’est Bilaam.

 

Un enseignement du Rishon Letsion du temps du Rav Kook, le Rav Ouziel :

Il y a 40 ans je donnais une conférence à Orsay et il se trouvait à cette conférence où je parlais de ces sujets ; et il y avait un grand congrès des rabbins séfarades où il était présent, amené par les rabbins de Paris, et j’ai parlé de cela. Il a refait la conférence après moi en hébreu où j’ai appris 100 fois plus que ce que j’avais dit... je m’en inspire un peu ici.

 

Cela veut dire que Moïse était capable de la prophétie de Bilaam et pas seulement de savoir ce que Bilaam avait prophétisé et le mettre par écrit sous la dictée de Dieu, mais il était capable lui le prophète d’Israël de vivre une expérience de révélation destinée aux prophètes des nations.

 

Katav Parshat Bilaam :

Cela veut dire qu’il était capable de la force de prophétie de Bilaam. Et il a compris ce que Bilaam a enseigné à la manière de Bilaam, et pas seulement à la manière de Moïse.

 

Pédagogiquement, c’est très important. Quand Moïse enseigne en dehors d’Israël, il enseigne de la manière appropriée aux Goyim puisqu’il est capable de la prophétie des Prophètes des Nations et pas seulement de la prophétie des prophètes d’Israël.

 

D’autre part le Sefer Iyov.

C’est un livre extrêmement important dans la bible. Ce sont les questions de la sagesse avant que la révélation n’ait lieu. Il y a deux livres qui sont dans ce cas : un avant que la révélation n’a lieu sur la destinée humaine : le problème de Job, c’est la souffrance du juste, l’incompréhension totale de l’homme de foi. C’est le doute : y-a-t’il incohérence entre le sort  dans les événements naturels et le mérite spirituel et moral ? Un juste qui souffre ? C’est le scandale absolu ! Est-ce qu’il y a correspondance ? est-ce que Dieu est un ? Celui qui gère les événements naturels, et celui qui évalue le mérite moral ; or tout cela est bloqué lorsqu’on voit le juste qui souffre !

 

D’où d’ailleurs, dans le livre de Job, tous ses amis théologiens qui discutent jusqu’au bout pour savoir s’il est vraiment juste pour contourner le scandale.

Dieu se révèle et leur répond : « vous avez mal parlé de Job qui est un juste. Il souffre quand même mais vous n’êtes pas capables de comprendre... Étiez-vous avec Moi quand j’ai créé le monde ? »...

 

C’est le sens de la réponse : « est-ce que vous comprenez le fonctionnement et le sens de l’histoire du monde ? ». D’ailleurs Job non plus ne comprend pas mais au moins il est rassuré parce que Dieu  s’occupe de lui. Job ne comprend pas le discours de Dieu, à la fin le lecteur ne comprend pas : la description « étiez vous avec Moi lorsque Je créais le monde ? ». Cela veut dire « comprenez-vous la manière dont Je gère le monde que J’ai créé ? »  « Vous ne comprenez pas, mais ne dites pas que Job n’est pas un juste. Il est le juste souffrant ».

 

Avant la révélation de la Torah, la question est une question de sagesse universelle, parce qu’on ne possède pas encore la carte des valeurs absolues, ce qui fait que dans l’absolu, le bien c’est le bien et le mal, c’es le mal. Et s’il n’y a pas correspondance entre le sort dans les événements de la nature et le mérite moral, alors c’est un problème de philosophie. C’est qu’il y a quelque chose qu’on ne comprend pas dans cette non-correspondance. Les tuiles tombent des toits et cela tombe sur la tête d’un juste ? Est-il vraiment juste ? C’est cela la thèse des théologiens.  Mais une fois la révélation de la Torah, le problème devient scandale ! 

 

Qui est alors capable de poser ce problème ? Moïse ! Celui qui est capable de donner la Torah. 

Seul Moïse est capable de la sagesse de Job, par rapport à la Torah. Et c’est ce que la Guémara dit.

 

Dans Massekhet Brakhot :

Avant de recevoir la Torah, Moïse avait 3 questions à poser à Dieu, l’une d’entre elles :

« Pourquoi y a t’il des justes qui ont du bien et des justes qui ont du mal, et pourquoi y a t’il des méchants qui ont du mal et des méchants qui ont du bien... ? »

 

C’est la question avant d’accepter la Torah : c’est-à-dire que jusque-là on comprend qu’il peut peut-être y avoir des raisons pour lesquelles un juste souffre et un méchant est heureux, mais maintenant que la Torah est révélée, je ne veux que des justes heureux et que des méchants malheureux !

Donc la question du livre de Job fait bien partie de la sagesse de Moïse. C’est parce que Moïse est capable de comprendre la question de Job qu’il peut recevoir la Torah. Cela veut dire que Moïse est capable de la sagesse de Job.

 

On va tenter d’abord de caractériser la sagesse de Bilaam dont Moïse est capable et la sagesse de Job dont Moïse est capable. Il reste à comprendre ce que signifie le livre de Moïse « Sifro ».

 

Il y a un enseignement dans la Guémara:

« Sefer Torah… un livre de la Torah où l’on ne peut pas glaner 85 lettres, comme la Parashah de Behalotekhah… »

Ce sont les versets lorsque Moïse accompagne dans les pérégrinations du peuple dans le désert, les différentes étapes de l’arche qui avance pour montrer le chemin et qui s’arrête pour montrer les haltes, c’est les versets qu’on dit au moment de la sortie de la Torah [Bamidbar-Nombres 10.35]

וַיְהִי בִּנְסֹעַ הָאָרֹן, וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה

« Vayhi Bin Soa'  HaAron Vayomer Mosheh... » 

 

Cette Parashah de Vayhi Binsoa possède 85 lettres.

Dans le Talmud, un Sefer Torah qui a vieilli, qui s’est flétri, et dont les lettres sont effacées, s’illui reste encore 85 lettres, on lui doit l’honneur d’un Sefer Torah en entier. On l’apprend de cette Parashah de 85 lettres qui désigne la liturgie de Moïse au moment des étapes de l’arche dans le désert. On append par là que la Guémara considère que cette Parashah est un Sefer Tora tout entier.

 

Un Sefer Torah qui s’est flétri, si on peut y glaner 85 letttres, comme par exemple la Parashah de « Vayehi BenSoa haAron » on le sauve, d’un incendie le Shabat.  Il faut violer le Shabat pour le sauver. S’il n’y a pas 85 lettres, c’est un livre qui n’est plus un Sefer Torah et on ne le sauve pas de l’incendie.../…

 

On enseigne : וַיְהִי בִּנְסֹעַ הָאָרֹן  Vayehi Bensoa Haaron ». cette Parashah Dieu lui a fait des Simanot signes.

 

Elle est encadrée dans le Sefer Torah par 2 Noun inversés pour montrer, selon un 1er enseignement, que son véritable emplacement était 50 parashiot avant (Noun g’’ 50). Il faut la comprendre d’après le contexte d’il y a 50 Parashiot avant.

 

Pour comprendre que ce n’est pas son endroit, Rabbi a dit : ce n’est pas cette raison-là mais c’est un livre important en lui-même. Selon quel enseignement ? Un enseignement de Rabbi Shmouel Bar Na’hmani au nom de Rabbi Natan (suivant le verset des proverbes qui parle de la ‘Hokhmah la Sagesse) : « Elle a sept piliers ». Donc cela veut dire que selon cette opinion il y a en réalité 7 livres.

 

Je vpous les explique. Prenez Bemidbar au chapitre 10 à partir du verset 35.

 

Les 7 livres selon cette opinion sont

1- Bereshit

2- Shemot

3- Vayiqra

4- Le début de Bamidbar jusqu’à Vayhi bensoa

5- Vayhi Bensoa... 85 lettres

6- La fin de Bemidbar

7- Devarim.

 

Nous avons une source dans la Torah qui va nous aider à comprendre ce que signifie le livre de Moïse - Sifro Shel Mosheh.

 Jusque là on est habitué à deux expressions : Sefer Torah - le livre de la Torah ou Torat Mosheh - la Torah de Moïse. Mais pas d’expression Sifro Shel Mosheh ?

Or, on apprend que ces 2 versets ensemble forment 85 lettres et que Moïse a dit de sa propre initiative, non sur l’ordre de Dieu, pour remplacer Jéthro.

 

Regardez le contexte précédent :

A partir du verset 29 [Behalotekhah 10.29] :

 

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, לְחֹבָב בֶּן-רְעוּאֵל הַמִּדְיָנִי חֹתֵן מֹשֶׁה, נֹסְעִים אֲנַחְנוּ אֶל-הַמָּקוֹם אֲשֶׁר אָמַר יְהוָה, אֹתוֹ אֶתֵּן לָכֶם; לְכָה אִתָּנוּ וְהֵטַבְנוּ לָךְ, כִּי-יְהוָה דִּבֶּר-טוֹב עַל-יִשְׂרָאֵל

Vayomer Moshe le’Hovav ben-Re'ou'el haMidyani khoten Mosheh

Et Moïse dit à ‘Hovav fils de Reouel le Midianite beau-père de Moïse (il s’agit de Jéthro)

noss'im anakhnou el-hamakom asher amar Hashem oto eten lakhem

Nous allons aller vers l’endroit que Dieu a dit : Je vous donnerais (le pays de Canaan)

lekhah itanou vehetavnou lakh ki-Adonay diber-tov al-Yisra'el.

Viens avec nous et on te fera du bien, car Hashem a parlé du bien pour Israël.

 

C’est-à-dire, viens avec nous et nous partagerons le bien que Dieu donnera à Israël avec toi Jéthro. Et c’est bien après l’épisode où Jéthro devient le beau-père de Jéthro et surtout le disciple de Moïse qui s’est converti à Torat Hashem.

 

10:30

וַיֹּאמֶר אֵלָיו, לֹא אֵלֵךְ:  כִּי אִם-אֶל-אַרְצִי וְאֶל-מוֹלַדְתִּי, אֵלֵךְ

Vayomer elav lo elekh ki im-el-artsi ve'el-moladeti elekh

Il lui dit : Je n’irai pas, car j’irai vers mon pays et vers ma patrie.

 

Rashi : Yitro veut s’occuper de son peuple.

אֶל-אַרְצִי וְאֶל-מוֹלַדְתִּי

ספרי) אִם בִּשְׁבִיל נְכָסַי, אִם בִּשְׁבִיל מִשְׁפַּחְתִּי)

Vers mon pays et vers mon lieu de naissance… 

Tant à cause de mes biens que de ma famille (Sifri).

Effectivement Jethro a quitté Israël pour aller s’occuper de son peuple.

La religion des Druzes reconnaissent Jéthro comme prophète. Ils ont une place assez spéciale dans le monde musulman pour ce qui concerne les relations avec Israël.

 

Ici il y a à caractériser qui est Jéthro dans ses relations avec Moïse.

Dans le contexte du verset 31 :

 

10:31

וַיֹּאמֶר, אַל-נָא תַּעֲזֹב אֹתָנוּ:  כִּי עַל-כֵּן יָדַעְתָּ, חֲנֹתֵנוּ בַּמִּדְבָּר, וְהָיִיתָ לָּנוּ, לְעֵינָיִם

Vayomer al-na ta'azov otanou

(Moïse) dit : ne nous abandonne pas

ki al-ken yadata chanotenu bamidbar

Car tu sais nous guider dans le désert

vehayita lanou le'eynayim.

Tu seras pour nous les yeux des éclaireurs.

 

Cela veut dire que Jéthro c’est une sagesse dont Israël a besoin : savoir comment traverser le désert. Jethro s’en va et Moïse prend l’initiative de remplacer Jéthro comme guide. On lit à partir du verset  34.

 

וַיְהִי בִּנְסֹעַ הָאָרֹן, וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה:  קוּמָה יְהוָה, וְיָפֻצוּ אֹיְבֶיךָ, וְיָנֻסוּ מְשַׂנְאֶיךָ, מִפָּנֶיךָ « Et il arriva lorsque l’arche se déplaçait...Moïse disait : « lève-toi Dieu, et que tes ennemis se dispersent et que tes haïsseurs s’enfuient de devant toi.

וּבְנֻחֹה, יֹאמַר:  שׁוּבָה יְהוָה, רִבְבוֹת אַלְפֵי יִשְׂרָאֵל

Et lorsque l’arche se reposait, il disait  Reviens Hashem, pour les myriades des milliers d’Israël.  ».

 

Cela veut dire que Moïse a une force, à lui Moïse, capable de remplacer Jethro  dans la marche du désert.

 

Il y a 3 personnages dans le monde extérieur à Israël qui sont capable de sagesse :

 

ð  La sagesse de Jéthro est d’être le guide d’Israël dans la marche au désert. Or on voit que dans notre Parashah Jéthro ajoute à la Torah l’organisation sociale. La hiérarchie qu’il faut installer pour qu’Israël soit une société qui puisse fonctionner normalement. L’étonnement : c’est pourquoi Moïse a besoin de l’aide d’un socialiste qui expliquerait  comment la société va fonctionner. Le profil de cette sagesse de Jéthro c’est cette sagesse du problème social. Le Tsadik qu’il y a derrière ce serait le socialiste s’il était Tsadik.

 

ð  Job c’est le problème existentiel de la destinée humaine : le juste qui souffre.

ð  Bilaam : celui le religieux qui reçoit la révélation de Dieu mais en dehors de la morale.

 

Le religieux seul, le social seul, l’existentialiste seul. On voit les formes de sagesse qu’il y a derrière. En termes grecs : Job le stoïcien, celui qui va être l’ancêtre du jésuite, Bilaam, les élèves de Socrate pour l’organisation de la société...

Effectivement, nous avons ces trois types de sagesse. Le secret de cette Guémara c’est que chacune d’entre elles est nécessaire mais n’est pas suffisante. Seul celui qui possède les trois peut recevoir la Torah. La force de Moïse est de se relier à Jéthro, Bilaam et Job à la fois. Jéthro seul a un pan de la sagesse. Job seul a un autre pan de la sagesse, et Bilaam seul a un autre pan de la sagesse. Isolés, ils sont impuissants. Et Moïse est capable des trois capacités, et c’est lui qui a reçu la Torah. Cela se relie aux Patriarches.

 

Pourquoi y-a-t’il 3 Partiarches ?

ð  Abraham : le rapport de l’homme et autrui : le problème de la société

ð  Issac le rapport de l’homme à Dieu – le problème religieux

ð  Jacob le problème de l’homme envers lui-même la dignité en soi – le problème de la connaissance des secrets de la destinée humaines.

 

J’ai parlé trop rapidement, j’en ai bien conscience parce que c’est un sujet important.

 

J’ajoute la manière dont le Rav Ouziel parlait de cela:

« Mosheh Katav Sifro » : C’est qu’il a été capable de raconter sa propre histoire : Sifro Shel Mosheh c’est le livre de l’histoire de Moïse. Et il est capable de vivre l’histoire de Job et il est capable de vivre l’histoire de Bilaam. On pourrait refaire tout l’exposé à ce 2ème niveau, il a suffit de citer comment le Rav avait formulé cela.

 

***

 

Q : Si Dieu avait le choix entre Israël et l’Egypte est-ce que l’Egypte et les Égyptiens sont  considérés comme descendant d’Abraham ?

R : Il y a le problème à priori et à postérori. L’Egypte c’est la civilisation universelle, et à chaque étape de l’humanité il y a une civilisation dominante. Si Israël échoue, cela passe par la civilisation dominante. Cela veut dire qu’à priori on ne sait pas si la descendance d’Abraham va réussir. Il faut étudier tous ces versets. Par exemple, pourquoi cette descendance serait condamnée à l’exil à priori de son histoire. Y-aurait-il une fatalité dans cet exil ?

C’est surtout le Maharal qui donne la réponse : A partir du moment où Abraham est ce qu’il est, si sa descendance démérite alors elle sera exilée. Mais ce n’est pas forcé qu’elle démérite et qu’il y ait une fatalité de l’exil.

 

Dieu ne s’adresse plus à Abraham après le sacrifice d’Isaac. (C’est un ange) C’est à Isaac qu’il s’adresse.

 

Maharal l’explique ainsi : Quand Abraham demande un signe à Dieu pour savoir si sa descendance héritera du pays : « Tu sauras que ta descendance sera exilée dans un pays qui n’est pas le leur, cela durera 400 ans, je jugerais le peuple qui les a opprimé et ils sortiront avec un grand butin... »

 

Il y a une fatalité à priori du type « péché originel » ! Il y a beaucoup de commentateurs qui sont tentés de l’expliquer comme cela : puisque Abraham a douté en demandant un signe alors il va être puni par l’exil de sa descendance. Le Maharal repousse cet argument avec véhémence. 

Je le formule à am manière : ce serait l’explication du type péché originel : parce qu’Adam a mangé une pomme l’humanité entière est en enfer ! D’autant plus que le talmud avec son humour habituel indique que c’est tout sauf une pomme. Comble de l’humour juif : A Rosh hashanah jour d’anniversaire on prend une pomme qu’on trempe dans le miel !

Maharal explique: chez Abraham ce doute n’est pas manque de foi mais un scrupule de la vertu. Il cite le Talmud pour montrer qu’Abraham avait des vertus exagérées. C’est dangereux. Il priait pour les bandits de Sodome et Gomorrhe. C’est un vertu mais exagérée. Si jamais Dieu avait exaucé la prière d’Abraham nous serions infestés de Sodomites et de Gomorrhisants !

Une vertu unique hypertrophiée devient un défaut. La vertu exagérée c’est grave. Je dis cela dans mon dialogue avec les Chrétiens : La charité seule sans la justice couvre tous les crimes. Parce que c’est le rôle de la charité de protéger les criminels. S’il n’y avait que la charité le monde éclate. Il faut aussi la justice. Mais s’il n’y avait que la justice le monde éclate. Parce qu’à la moindre faute, on est perdu...

 

Ceux qui sont d’une seule vertu n’ont pas encore atteint la vérité morale : Abraham n’est pas encore Israël. Il faut attendre Jacob après Isaac pour avoir Israël. C’est a postériori de Jacob qu’Isaac la justice et qu’Abraham la charité soient d’Israël. Mais il faut l’unité des valeurs, Jacob, pour qu’Abraham et Isaac soient d’Israël.

En Abraham c’est une vertu. Vertu exagérée mais vertu quand même. Mais si la descendance d’Israël doute de ce doute, alors c’est une faute.

 

Le frère du Maharal dans son livre le Sefer Ha’Hayim explique une des raisons de l’exil. Lorsque la descendance d’Abraham se demandera si elle a assez de mérite pour mériter de posséder le pays elle ira en exil. Ne reviendront que ceux qui sont sûrs de ne pas être chez eux ailleurs. Dans la descendance d’Abraham ce doute sur la légitimité d’avoir la terre est une faute, mais chez Abraham c’est un scrupule de vertu morale.

 

Ce doute de savoir si la terre appartient plutôt à Ishmaël (Shalom Akhshav), c’est Abraham qui travaille. Heureusement Sarah sait qu’il faut séparer Ishmaël de Isaac. Transfert !

Tous les grands kabbalistes l’ont dit : les prophètes femmes étaient plus grandes prophétesses que les hommes. On l’apprend de Sarah plus grande prophétesse qu’Abraham. Abraham est prêt à donner Jérusalem à Ishmaël : « pourquoi pas ? on partage ! ».

Mais Sarah intervient : « Jamais de la vie ! ».

Et Dieu intervient disant à Abraham : « écoute la voix de ta femme... »

La Guémara avec son humour talmudique : « si ta femme est plus petite que toi, baisse-toi pour lui parler.. » C’est très profond. On l’apprend de Sarah.

 

< fin >

 

****

 

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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