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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 20:28

VAYISHLA'H (1993)

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayichlah_serie_1993/cours_1

Face A

 

Je vais commencer au chapitre 32 verset 4. C’est un récit assez long et j’ai choisi deux sujets que je voudrais étudier avec vous. Par acquis de conscience je vais vous demandez si vous avez des questions.

 

Q : Lorsque Abraham a été enterré dans la caverne de Makhpelah, Ishmaël a-t’il reconnu le droit à Israël ?  

R : C’est à la fin de ’Hayeh Sarah : le récit de la mort de Abraham et le fait qu’Ishmaël qui était en  Egypte rejoindre sa mère et marié à une égyptienne d’après le récit biblique que lui avait choisi Hagar. Ishmaël revient d’Egypte pour assister à l’enterrement de Abraham à ’Hévron, donc à la caverne de Makhpelah. Il y a un enseignement important que reprend Rashi sur ce contexte où Abraham est mort en bonne vieillesse. La question qui se pose c’est de savoir comment c’est possible étant donné le conflit entre Ishmaël par Hagar et Isaac par Sarah. Il répond par une indication du verset : « ont enterré Abraham Isaac et Ishmaël ses fils » L’ordre du verset qui donne  Isaac en 1er indique que Ishmaël aurait fait Teshouvah à ce moment-là, en reconnaissant que Isaac passe avant lui et que c’est bien lui qui est chez lui à ‘Hévron et qu’il est le Baal HaBayit dans la caverne de Makhpelah.

Seulement on pourrait se poser la même problématique à propos du conflit entre Esaü et Jacob, Seulement nous avons en fin de Parashah Toldot l’expression « Rivqah Em Yaaqov veEssav »

A ce moment là Rashi dit: le fait que nous savons déjà que Rivqah est la mère des deux, que signifie cette répétition ?

 

Principe d’exégèse :

Chaque fois que nous trouvons dans le Miqra et surtout dans le Talmud cette indication de Rashi, « je ne sais pas ce que cela vient nous enseigner », cela signifie ici « je ne sais pas comment vous dire ce que cela nous signifie », cela veux dire qu’il ne peut pas le dire. Ce n’est pas une leçon de modestie. Heneni yodea ma ba lealdenou. Rashi ne dit pas : je ne sais pas ce que cela veut dire mais je ne sais pas ce que cela nous enseigne.

Rashi a vécu un millier d’année après la grande destruction de Jérusalem par Rome. Jusqu’au temps de Rashi nous avons toute une série d’enseignants que l’on appelle les Podrim, ceux qui expliquent le texte, mais le commentaire de Rashi le Méfaresh n’est pas le seul. A son époque, d’autres écoles ont commencé un commentaire systématique du texte, alors que jusque-là il y avait des commentaires important de tels ou tels sujets, soit dans le texte de la Torah ou du Tanakh en général soit dans le Talmud. Mais le commentaire de Rashi a pris une importance colossale dans le monde juif tout entier, et s’est répandu partout. Dans le monde séfardi,  il y avait Rabenou ‘Hananéou, grand ‘Hakham d’Egypte, mais le commentaire de Rashi s’est imposé d’une façon générale.

Il faut bien comprendre l’importance de Rashi dans les commentaires des textes traditionnels.

 

C’est le fait que l’objectif de Rashi est d’expliquer la Torah des Hébreux aux Juifs descendants des Hébreux. Les Hébreux vivaient en un temps où ils étaient capables de diagnostiquer le sens simple Pshat des textes car ils vivaient un temps proche de la révélation. Leur culture était telle qu’ils comprenaient de manière immédiate de quoi le texte parle. Et puis la révélation a cessé.

 

Au bout d’un millier d’année, les Juifs - qui sont les descendants des Hébreux en exil sont dans un monde tout à fait différent de celui des Hébreux, dans un monde où la Révélation s’est cachée - n’arrivaient plus à comprendre de quoi il s’agissait. Alors les grands Méfarshim dont le plus grand d’entre eux fut Rashi en ce temps-là, ont jugé qu’il était devenu nécessaire d’expliquer pour les Juifs le sens qu’avait le verset pour les Hébreux. Et ce n’est pas du tout le même sens.

 

Ceux qui ont pratiqué le commentaire de Rashi ou du Ramban postérieur à Rashi, savent que le commentaire a pour but de nous empêcher de feindre de lire le verset à la manière des Hébreux, sauf pour les initiés au Lashon Haqodesh – le niveau du Sod.

 

Le commentaire a pour but de traduire le texte de la Torah dans un monde qui ne peut pas du tout comprendre ce que la Torah nous dit, le transposer dans un monde où la Révélation a cessé.

 

Comment taire.

 

Le commentaire nous indique comment il ne faut pas lire et nous donne une lecture pour empêcher de feindre de lire en traduction. Les Hébreux du temps de la révélation comprenaient l’hébreu. Etudier pour eux ne signifiait pas traduire mais étudier.

Aujourd’hui même dans les universités spécialisées, on appelle étudier un exercice de traduction qui aboutit à un  texte incompréhensible. L’exemple classique sur le 1er verset : Bereshit  Bara Elohim « au commencement Dieu avait créé » est une traduction littérale complètement privée de sens puisque cela ne peut pas être ni avant ni après le commencement. Alors que signifie le commencement ? On lit un texte faux complètement ! Il faut comprendre qu’il y a une tradition de sens qui s’est transmise de génération en génération et ceux qui la possèdent comprennent de quoi il s’agit : Rashi a été un de ces grands génies capable de traduire pour ces Juifs  le sens que le texte avait pour les Hébreux.

 

Parfois il dit : là il faut que tu comprennes par toi-même parce je ne peux pas te traduire ce que cela veut dire...

 

Indépendamment de la leçon de modestie (Talmud : « apprend à ta langue à dire je ne sais pas de façon à ne pas être convaincu de mensonge » on l’enseigne à propos de Moïse qui lors de la sortie d’Egypte a annoncé aux Hébreux qu’à ‘hatsot, aux environs de minuit, on sortira. Le Talmud demande : « Moïse ne savait-il pas ? » Il savait mais peut-être les astrologues égyptiens se seraient trompés et on l’aurait taxé de mensonge. De là, on tire l’enseignement que si on ne sait pas quelque chose ou la façon de le dire il faut dire qu’on ne sait pas...)

 

Dans cette expression, le Pshat – le Sod pour les Hébreux – lorsqu’Esaü a été disqualifié par rapport à Jacob, Rivqah ne s’appelle plus que la mère de Jacob. Mais comme Esaü est quand même né d’elle alors le texte dit avec les Taamim « mère de Jacob, et Essav, Em Yaaqov, vé-Essav ». Essav est en dehors. Il y a d’autres midrashim sur cette expression.

Or, cela, Rashi ne peut pas le dire dans le contexte culturel où il se trouve. Il vit dans un monde chrétien au moyen-âge. Nous savons qu’un grand commentaire chrétien, Nicolas de Lire, de son époque citait les enseignements de Rashi à la manière chrétienne.

 

Il ne peut pas dire, en contexte chrétien, qu’Esaü représente le profil d’identité du christianisme et qu’il est disqualifié par rapport à Jacob qui est lui Israël.

 

Précisément, étant donné que Rashi lui-même avait précisé que lorsque le texte fait passer Isaac avant Ishmaël c’est que Ishmaël a reconnu que Isaac passe avant, on pourrait croire ici que parce que Jacob passe avant, cela voudrait dire que Esaü a fait Teshouvah et s’est repenti vis-à-vis de Jacob. Voilà ce que Rashi veut nous empêcher ici de comprendre.

 

Et effectivement, il y a une très grande différence dans la solution du conflit entre Issac et Ishmaël. Nous suivons l’actualité en nous rendant compte qu’on n’est pas en ce temps-là. Il arrivera un jour où Ishmaël sera obligé d’avouer que c’est Isaac qui est chez lui à ‘Hévron. Et il y aura une reconnaissance qu’Israël est bien chez lui, le Baal HaBayit d’Erets Israël.

 

Nous vivons une époque où c’est le gouvernement israélien qui n’y croit pas.

Il semble que l’histoire est plus forte que les gouvernements.

 

Effectivement, c’est au temps de Mosheh Dayan qu’a été décidé de faire une ville juive à côté de ‘Hévron à Qriat Arba pour que tout soit en place, alors qu’il n’a en aucun cas décidé de faire une ville juive à côté de Shkhem, de Jéricho, ou de n’importe quelle autre ville arabe. Cela ne veut pas dire que Moshé Dayan ait lu Rashi, mais Rashi n’avait pas lu Moshé Dayan.

 

Q : le problème de Shkhem ?

R : J’en parlerai en 2nd lieu.

 

Là aussi nous avons un récit qui montre que dans la geste, l’histoire des Patriarches, il n’y a pas simplement l’événement anecdotique – le Pshat dénudé - Léhitpashet se déshabiller – le vrai Pshat selon le Gaon de Vilna c’est le Sod. Comprendre le Pshat signifie comment traduire ou transposer le texte biblique dans un monde où la révélation a cessé, c’est le Sod, ce qui est caché, pour nous qui sommes dans un monde où la révélation s’est cachée. Pshat Otiot Tipesh.

Croire que le Pshat est le Pshat c’est être Tipesh. (Idiot, stupide).

 

Nous verrons un épisode où on nous raconte la tentative du mariage de Dinah par Jacob et nous verrons quelque chose d’analogue à ce qu’on a étudié dans les Parashiot précédentes, lorsque le patriarche Abraham et le patriarche Isaac, lorsqu’ils descendent en exil à la frontière d’Erets Israël, disent de leur femme qu’elle est leur sœur.

Là, Jacob revenu de son exil en Egypte a quelque chose d’urgent à faire : marier sa fille Dinah.

 

***

 

Le 1er verset décrit la rencontre de Jacob et Esaü. Jacob était en exil chez Laban et en fin de compte in extremis grâce à l’intervention de Léa et Rachel qui lui font diagnostiquer les signes de la haine de Laban pour Jacob. 

 

Le récit de l’exil chez Laban est le modèle de tous les exils postérieurs. C’est le paradigme. Mot d’origine grec, en hébreu Déguem (dogma en grec)

C’est le modèle de structure de ce qui se passe dans un exil. Il y a 3 phases.

 

D’abord les Hébreux dans le cas de Jacob chez Laban et dans le cas de Joseph et ses frères arrivés en Egypte et qui sont d’abord accueillis comme des réfugiés de classe : ils vont sauver le pays. Ils sont reçus comme des métèques qui vont apporter la bénédiction dans le pays. On les met très rapidement à la tête de l’économie du pays. Et puis cela se passe partout comme cela.

 

2ème stade: la gloire: les Juifs, comme les Hébreux, forment l’élite du pays.

 

3ème stade. L’antisémitisme qui se déclenche et qui abouti à la Shoah si on ne fait pas comme Rachel et Léa ce diagnostic de s’enfuir avant. Les Juifs réagissent toujours trop tard.

 

Ménès Sperber : nous avons une telle capacité d’espérance que nous en sommes victimes. On vit un peu dans l’insouciance d’une histoire qui n’arrive pas à se faire connaître.

Nous avons donc là le modèle d’un exil en 3 phases et tout cela est dit en clair dans la Parashah précédente.

 

Et en fin de compte Jacob se décide à suivre le conseil de Rachel et Léa, il s’enfuit mais est rattrapé par Laban et ils signent un pacte à la frontière du Liban. Et voilà que Jacob doit rentrer dans le pays où Esaü son frère était resté, alors que Jacob était en exil chez Laban. Alors Jacob prépare la rencontre inévitable qu’il doit avoir avec son frère.

 

Malgré les analogies, le frère de Jacob resté dans le pays, ce n’était pas Ishmaël mais Esaü.

Et puis lorsque nous sommes revenus dans les dernières générations de l’exil de Rome, ce n’était pas Ishmaël c’était Essav – les Anglais.

Nous avons reçu le pays de la main des anglais et nous leur en sommes très reconnaissants.

Nous partageons là la gloire de Jeanne d’Arc qui a bouté les Anglais dehors (le drapeau de Jeanne d’Arc et le drapeau d’Israël ont les mêmes couleurs, le même bleu et le même blanc)

Nous avons donc trouvé les chrétiens comme maîtres du pays et c’est la rencontre avec Esaü.

 

Qu’en est-il à la fin des temps de la rencontre entre Jacob et Esaü ?

Ce que nous savons déjà des études précédentes, c’est que la tradition a fini par diagnostiquer dans Rome le profil d’identité d’Esaü dans sa rivalité avec Israël.

 

32:4

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם

Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav

el-Essav a’hiv artsah Se'ir sdeh Edom.

Et Jacob envoya des malakhim devant lui

À Essav son frère, et direction de Séir du champ de Edom.

 

Séir est le pays dont Essav héritera de l’autre côté du Jourdain.

Sdeh Edom qui s’appelle le champ d’Edom

Nous remarquons de suite le kefel lashon – la répétition des indications et des informations :

Il envoie des envoyés devant lui...

A Esaü son frère...

Artsah Se'ir Sdeh Edom...

 

De nombreux Midrashim rendent compte de ce doublement d’informations

 

Rashi sur Malakhim :

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים מַלְאָכִים מַמָּשׁ 

« Jacob envoya des malakhim » : malakhim mamash » (Beréchith raba 75, 4).

 

Le mot Malakh signifie « envoyé » et par le fait même un « ange ».

C’est un exemple de ce que les Hébreux comprenaient le mot de malakh ange. Les Juifs qui n’ont jamais eu cette expérience ne savent pas. Ils doivent souvent faire appel à l’imagerie de l’angéologie des païens parce que personne ne comprend ce que c’est.

 

Tout ce que nous avons c’est que ce sont des volontés envoyées par Dieu dans son monde, chargées de missions,  pour réaliser un tâche providentielle. Quel est maintenant le véhicule de cette tâche providentielle d’un Mmalakh (un malakh chargé d’une malakhah) ?

 

Il y a une discussion dans le Midrash Raba : malakhim bassar vadam ou malakhim mamash ?

 

Pour comprendre le sens de cette discussion il faut se référer à ce qui se passe un peu plus haut :

 

Chapitre 32 verset 1

וַיַּשְׁכֵּם לָבָן בַּבֹּקֶר, וַיְנַשֵּׁק לְבָנָיו וְלִבְנוֹתָיו--וַיְבָרֶךְ אֶתְהֶם; וַיֵּלֶךְ וַיָּשָׁב לָבָן, לִמְקֹמוֹ

Vayashkem Lavan baboker vayenashek levanav velivnotav vayevarech ethem vayelech vayashav Lavan limekomo

Laban s’est levé de bon matin, il embrasse ses filles et ses fils, il les bénit, et il s’en alla, et Laban est retourné à son endroit.

 

Verset 2

וְיַעֲקֹב, הָלַךְ לְדַרְכּוֹ; וַיִּפְגְּעוּ-בוֹ, מַלְאֲכֵי אֱלֹהִים

VeYa'akov halach ledarko vayifge'u-vo mal'achey Elohim

Et Jacob est allé sur son chemin…

 

qui est le retour en Erets Israël et retrouver Isaac et Rébecca auxquels il n’avait donné aucun signe de vie durant tout le temps de son séjour chez Laban. C’est un mystère : le fait que lorsqu’Israël est en exil, il ne se préoccupe pas de savoir ce qui se passe en Erets Israël.

Le Midrash explique qu’il va y avoir une punition. Lorsque Joseph sera, durant ce même temps perdu, esclave en Egypte, lui non plus ne donnera pas signe de vie à Jacob.

 

C’est le thème de la double identité et du destin juif.

Pendant 2000 ans, les Juifs ne se sont pas préoccupés de fonder le sionisme.

Ils ont enrichi et fécondés toutes les civilisations du monde. New-York s’appelait originellement la Nouvelle-Amsterdam parce que fondée par des Juifs séfaradim d’Amsterdam.

Lors de l’expulsion d’Espagne très peu sont venus en Israël, avant même l’inquisition. La plupart d’entre eux sont allés fonder Amsterdam, les banques de Londres... etc.

Tout en disant pieusement l’année prochaine à Jérusalem et en laissant 7 peuples s’installer en Erets Israël, les Anglais étant les derniers.

 

Une des raisons essentielles de nos difficultés vis-à-vis d’Erets Israël, c’est que le monde entier ne croit pas que c’est vraiment notre patrie puisque cela ne l’a pas été pendant 2000 ans. Cela a été une patrie mythique et la plupart des Juifs, encore maintenant, s’en tient scrupuleusement à ce que dit la charte de l’OLP : Israël ce n’est pas une nation, c’est une religion. Cela ne se passe ailleurs qu’en Israël....

 

On le voit à la racine de l’histoire des Patriarches. Jacob oublie ses parents une fois au Liban de Laban. Midah Kenegued Midah, mesure pour mesure, Joseph oubliera son père, lorsqu’il sera en Egypte.

 

Verset 2

וְיַעֲקֹב, הָלַךְ לְדַרְכּוֹ; וַיִּפְגְּעוּ-בוֹ, מַלְאֲכֵי אֱלֹהִים

VeYa'akov halach ledarko vayifge'ou-vo mal'achey Elohim

Et Jacob alla sur son chemin et le heurtèrent – le rejoignirent – des anges de Dieu

Ici ce sont vraiment des anges.

 

Verset 3

וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב כַּאֲשֶׁר רָאָם, מַחֲנֵה אֱלֹהִים זֶה; וַיִּקְרָא שֵׁם-הַמָּקוֹם הַהוּא, מַחֲנָיִם

Vayomer Ya'akov ka'asher ra'am machaneh Elohim zeh vayikra shem-hamakom hahu Ma’hanayim

Et Jacob dit, lorsqu’ils les a vu : c’est un camp d’anges divin, et il nomma le nom de cet endroit Ma’ahanayim.

 

C’est la forme duelle du mot Ma’haneh.

Ma’hanayim : les deux camps.

 

C’est là-dessus que se base le Midrash pour dire que ces Malakhim que Jacob envoie à Esaü peuvent être de ces Malakhim rencontrés lorsque Jacob retourne en Erets Israël.

C’est un récit que seul des Hébreux peuvent comprendre.

 

Rashi sur Ma’hanayim : 

מַחֲנָיִם
 שְׁתֵּי מַחֲנוֹת שֶׁל חוּצָה לָאָרֶץ שֶׁבָּאוּ עִמּוֹ עַד
Ma‘hanayim : Deux camps, [le mot ma‘hanayim étant au duel] : les anges de l’extérieur du pays qui étaient venus avec lui jusque là, et ceux d’Erets Israël qui s’étaient portés à sa rencontre (Midrach tan‘houma Wayichla‘h).


Shnei Ma’hanot : il y a avait deux camps c’est pourquoi les anges de ‘Houts Laarets qui l’ont accompagné jusque-là (la frontière) et les anges d’Erets Israël sont venus à sa rencontre.

 

Il faut se demander pourquoi Rashi cite cela, à moins de prendre Rashi pour une lecture pieuse, on n’y comprend rien !

 

L’important c’est que dans le texte que nous allons lire, la stratégie de Jacob avant la rencontre est de séparer la famille en deux camps, ce qui signifie qu’il y a deux camps sur terre qui correspondent aux deux camps dans le ciel.

 

Chapitre 32 Verset 8

Lorsque les anges qu’il a envoyé en missionnaire viennent lui donner la réponse de leur mission qu’Esaü l’attend sur le pied de guerre :

 

וַיִּירָא יַעֲקֹב מְאֹד, וַיֵּצֶר לוֹ; וַיַּחַץ אֶת-הָעָם אֲשֶׁר-אִתּוֹ, וְאֶת-הַצֹּאן וְאֶת-הַבָּקָר וְהַגְּמַלִּים--לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

Vayira Ya'akov me'od

Jacob a eu très peur

vayetser lo

il fut dans l’angoisse

vayachats et-ha'am asher-ito

il sépara le peuple avec lui

 ve'et-hatson ve'et-habakar vehagmalim

et le petit et le gros bétail et les chameaux

lishneh machanot

en deux camps.

 

Quand il va prier pour demander l’aide de Dieu pour cette rencontre, verset 11, il va dire :

 

קָטֹנְתִּי מִכֹּל הַחֲסָדִים, וּמִכָּל-הָאֱמֶת, אֲשֶׁר עָשִׂיתָ, אֶת-עַבְדֶּךָ:  כִּי בְמַקְלִי, עָבַרְתִּי אֶת-הַיַּרְדֵּן הַזֶּה, וְעַתָּה הָיִיתִי, לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

Katonti mikol hachasadim umikol-ha'emet

Je suis plus petit que toute charité et toute vérité

asher asita et-avdecha ki vemakli avarti et-haYarden hazeh.

que tu as fait avec moi, car avec mon bâton j’ai traversé le Jourdain

ve'atah hayiti lishney machanot.

et maintenant je suis devenu deux camps.

 

Habituellement on aurait tendance à lire cela comme une sorte de formule de reconnaissance de la bénédiction qu’il a eu chez Laban. Il est parti comme un refugié qui n’aurait que son bâton de pèlerin, et maintenant il revient enrichi à tel point qu’il a deux camps.  

 

Verset 12

הַצִּילֵנִי נָא מִיַּד אָחִי, מִיַּד עֵשָׂו:  כִּי-יָרֵא אָנֹכִי, אֹתוֹ--פֶּן-יָבוֹא וְהִכַּנִי, אֵם עַל-בָּנִים

Hatsileni-na miyad a’hi miyad Esav

Sauve-moi donc de la main de mon frère de la main de Essav.

 

Lu autrement : maintenant je suis divisé en deux camps, alors sauve-moi de mon frère !

Tant que Jacob est uni, Esaü ne peut rien faire contre lui. Mais séparé en deux camps…

 

…/…

lire la suite ici

*****

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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