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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 20:33

VAYISHLA'H (1993) - 2ème Partie.


http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayichlah_serie_1993/cours_1

Face B

 

…/…

ceux de ‘Houts laarets et ceux des descendants de Jacob qui sont concernés par Erets Israël.

Ici c’est la division Diaspora-Israël. Et effectivement, ces deux camps, c’est Léa et ses enfants, Rachel et ses enfants. Et nous savons d’autre part, que Léa représente le principe de l’identité d’Israël en Erets Israël, alors que Rachel représente le principe de l’identité Israël en ‘Houts Laarets.

 

Il y a eu deux Talmud : Babli et Yeroushalmi.

Nous savons que Jacob préférait Ra’hel à Léah, et les Kabalistes expliquent que le Talmud Babli s’appelle Ra’hel alors que le Yeroushalmi s’appelle Léah.

 

C’est Léa qui est enterrée en Erets Israël avec Jacob, Rachel est enterrée « sur le chemin de l’exil », dit le texte, pour prier pour les descendants de Jacob qui sont en exil.

 

Effectivement, le peuple juif a préféré le Talmud Babli au Talmud Yeroushalmi.

Tous les grands érudits ont étudié  le Yeroushalmi mais ce n’est que de notre temps qu’il commence à être étudié vraiment dans quelques Yeshivot sionistes.

 

La grande différence : dans le Yeroushalmi, il est évident que l’on ne peut comprendre la Halakhah que si on comprend la Hagadah, alors que dans le Babli les deux sont séparés, la Hagadah d’un côté la Halakhah de l’autre. Dans beaucoup de Yeshivot on fait l’impasse dès que la Hagadah se présente.

 

Cette séparation en 2 camps est très importante. Du point de vue de la typologie de l’identité de Jacob. Cette séparation en deux camps nous renvoie aux deux niveaux d’identité du même Jacob qui est lui-même Israël. Jacob est le nom d’Israël en exil et Israël son nom en Erets Israël. Il y a une dimension tournée vers l’exil et une autre tournée vers Erets.

 

Midrash : ce n’est que récemment qu’on a découvert les Midrashim des communautés du Yémen. Il y a avait déjà une allusion dans le Midrash Hagadol : les gens de ‘Houts prenaient l’argument de Jacob :

 

Verset 32:9

וַיֹּאמֶר, אִם-יָבוֹא עֵשָׂו אֶל-הַמַּחֲנֶה הָאַחַת וְהִכָּהוּ--וְהָיָה הַמַּחֲנֶה הַנִּשְׁאָר, לִפְלֵיטָה

Vayomer im-yavo Esav el-hamachaneh ha'achat

Si Esaü vient sur un 1er camp

vehikahu

Et le frappe

vehayah hamachaneh hanish'ar lifleytah.,

Le 2ème ma’hané qui restera sera rescapé

 

C’était l’argument des Juifs de ‘Houts Laarets : ne pas mettre tous ses œufs dans un même panier : si jamais Israël est détruit, il faut la diaspora pour accueillir les réfugiés….

 

Voici donc le parallèle entre les deux camps des Malakhim et les deux camps sur terre. Or, Rashi nous donne l’indication que, de ces deux lectures du Midrash (malakhim bassar vadam vs. malakhim mamash), il faut préférer pour notre contexte Malakhim mamash parce que le contexte l’indique.

 

Qu’est-ce qu’un ange dans notre problème ?

On ne sait pas ce que c’est ! Le Talmud nous apprend qu’ils se nourrissent des bonnes actions des hommes. Les Mitsvot sont le Mazon des anges. Si on fait une mauvaise action, cela nourrit un Shed, si on fait une bonne action cela nourrit un Malakh. Ce sont les (dé)mérites que l’on a acquis.

Ces anges qui sont venus accompagner Jacob sont les mérites qu’il avait acquis en ‘Houts Laarets chez Laban, et les anges qui sont venus à sa rencontre sont les mérites de sa tâche en Erets Israël.

Cela veut dire qu’il a besoin de certains mérites pour préparer sa rencontre avec Esaü.

 

Il envoie des messagers à son frère : une délégation de justification de son identité avant sa rencontre avec Essav. Parce qu’il y a un grand conflit, une revendication sur le fait que Jacob lui ait pris son aînesse et sa bénédiction.

On a appris précédemment que Jacob ne lui a rien pris du tout, ni l’aînesse ni l’a bénédiction, c’est Essav qui a rejeté les deux.  

En début de Parashah Vayetsé on apprend entretemps que Jacob fit le voeu de ne pas utiliser la bénédiction matérielle qui allait à Esaü.

 

(Vaïdor neder leemo : Jacob a fait un voeu de privation = neder. Le voeu de don est une nédavah.

La Torah n’aime pas les voeux et appelle Rashâ celui qui fait des voeux. Dès qu’il est réalisé, celui qui l’a fait est appelé Tsadik, parce qu’un Tsadik est celui qui n’a aucun voeu. Il les a réalisé déjà.)

 

Il va donc y avoir une mission de délégation de ces anges qui vont présenter une justification à priori pour pouvoir mériter la rencontre avec Esaü.

 

32:4

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה

Vayishlach Ya'akov mal'achim lefanav el-Esav achiv artsah Se'ir sdeh Edom.

Jacob envoya des messagers en avant, vers Ésaü son frère, au pays de Séir, dans le champ d'Édom.

32:5

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר, כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו

Vayetsav otam lemo

Il leur ordonna en disant

koh tomrun ladoni le-Esav

ainsi vous direz à mon maitre à Esaü

 

Il y a un accent disjonctif sous ladoni : il faut lire « ainsi vous direz à mon maître, à Esaü »

 

Il y a un discours à deux niveaux Jacob s’adresse simultanément à Esaü et à Dieu.

 

Un des termes concerne Dieu, l’autre Esaü. Plus exactement nous savons par la suite du récit que Jacob va être aux prises avec l’ange d’Esaü.

 

Qu’est-ce que l’ange tutélaire d’Esaü ? C’est un ange d’une autre catégorie d’anges que celle évoquée ici. L’angéologie a une hiérarchisation des différentes catégories d’anges, ce n’est pas notre sujet. Nous avons là une indication à laquelle nous sommes familiers : chaque nation possède son génie tutélaire céleste. C’est la volonté de Dieu pour son histoire propre. Israël est un cas particulier, il n’y a pas d’intermédiaire. Dans l’angéologie chrétienne, l’archange de la France c’est Saint-Michel et le drapeau de Saint-Michel a les mêmes couleurs que le drapeau d’Israël. C’est Mikhael :Qui est comme Dieu.

 

Talmud Guémara Shabat enseigne : il n’y a pas de Sar entre Dieu et Israël, lorsqu’Israël obéit à la volonté de Dieu. Dans le contexte de notre sujet : lorsqu’Israël est en Erets Israël il n’y a aucune médiation, la providence y est directe. Mais si Israël est en ‘Houts Laarets, alors il y a une médiation pour Israël qui est précisément Mikhaël.

 

D’où cette alliance mystérieuse entre Israël et la France, espèce de fiançailles turbulentes entre le fils ainé de Dieu et la fille ainée de l’Eglise, enfin de l’exil quoi.

Cela fera plaisir au Consistoire des israélites de France.

 

Il y a effectivement un mystère dans les relations entre le peuple juif et la France. (Les Juifs de France sont persuadés d’être français.)

 

La Guémara de Shabat dit : « eïn mazal leIsraël keshé ossin retsono shel maqom, keshe eïn ossin restsono shel maqom yesh oushmo Mikhael ».

Cela veut dire que même cette intermédiaire pour Israël lorsqu’Israël est en Galout c’est Mikhaël « qui est comme Dieu », Cela veut dire qu’on a d’une certaine manière l’emprise du déterminisme propre à tel ou tel paysage dans telle ou telle nation...

Le lien entre Dieu et ses Juifs en Galout passe par le Sar du pays où les Juifs se trouvent.

On voit à quel point c’est un sujet grave.

 

Nous allons voir tout de suite quelle est cette justification. Mais d’abord le thème théologique qu’il y a là. Lorsque Jacob est en conflit avec Esaü, il a un procès avec Dieu pour Esaü.

 

Nous sommes dans un monothéisme strict. D’où la difficulté de l’histoire d’Israël. Le Dieu d’Israël est unique pour tous et donc il est aussi derrière les adversaires d’Israël.

Israël est privilégié parce qu’il sait ce que Dieu a à dire à Israël. Et il sait ce que Dieu a à dire à Esaü... à Ishmaël... c’est dans notre Torah. Heureusement qu’ils ne le comprennent pas et qu’ils soient incapables de plaider leur vrai dossier contre Israël.

 

C’est pourquoi il est très difficile d’être monothéiste à la manière d’Israël : mon Dieu c’est le Dieu de l’autre aussi. La plupart pense que leur Dieu est uniquement leur Dieu à eux.

 

Pour Israël, se mesurer en conflit avec Ishmaël c’est aussi se mesurer à Dieu pour Ishmaël. Dans ce cas d’Esaü c’est ce fameux ange d’Esaü avec qui Jacob va lutter.

Et lorsque Jacob triomphera de l’ange d’Esaü, il s’appelera Israël

 

32 :29

וַיֹּאמֶר, לֹא יַעֲקֹב יֵאָמֵר עוֹד שִׁמְךָ--כִּי, אִם-יִשְׂרָאֵל:  כִּי-שָׂרִיתָ עִם-אֱלֹהִים וְעִם-אֲנָשִׁים, וַתּוּכָל

Vayomer lo Ya'akov ye'amer od shimkha ki im-Yisra'el

Ton nom ne sera plus Jacob mais Israël

 ki-sarita im-Elohim ve'im anashim vatoukhal.

Car tu as lutté avec Elohim et avec les hommes, tu as gagné.

 

Cela veut dire que Jacob a pu vaincre son frère et le génie de son frère. Dans toute victoire il est en ainsi : celui qui gagne une guerre terrestre le peut parce qu’il a déjà vaincu le génie de l’autre. Il y a d’abord un affrontement d’identité qui chacune d’entre elle ont un ange tutélaire qui est une des volontés de Dieu pour chacune manière d’être homme.

 

Nous découvrons dans ce sujet la définition du monothéisme hébreux qui est un monothéisme du Dieu Un. Très différent du monothéisme du Dieu unique. Dieu est unique et c’est le mien : impérialisme religieux de l’islam ou du christianisme par exemple.

 

C’est un tout autre monothéisme. C’est aussi la grande difficulté du peuple d’Israël, seul peuple qui tient compte que Dieu est Un face aux autres pour qui Dieu est Unique et c’est le leur...

 

Un fondamentalisme qui envahit aussi certaines communautés juives : le Dieu d’Israël c’est le mien...

 

Dans ce discours de Jacob, il y a un niveau qui s’adresse à Dieu pour Esaü et un niveau qui s’adresse à Esaü lui-même.

 

32:4:

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם

Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav

el-Essav a’hiv artsah Se'ir sdeh Edom.

Et Jacob envoya des malakhim devant lui

à Essav son frère, et direction de Séir du champ de Edom.

 

Par exemple:

el-Essav a’hiv

deux niveaux de destinataire: en haut c’est son frère, et en bas c’est Esaü.

 

32:5:

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר, כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו:  כֹּה אָמַר, עַבְדְּךָ יַעֲקֹב, עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

Vayetsav otam lemor

Il leur ordonna en disant:

koh tomrun ladoni le-Esav

ainsi vous direz à mon maitre, à Esaü:
koh amar avdekha Ya'akov

ainsi parle ton serviteur Jacob 

 im-Lavan garti va'e’har ad-atah.

J’ai séjourné chez Laban et j’ai tardé jusqu’à présent.

 

Que veut-il signifier par là : Esaü sait très bien que Jacob a tardé jusqu’à présent. Il y a ici un aveu énorme. Rivqah lui avait dit : « tu séjourneras là bas quelques jours et je te ferai chercher... »

Comme si Jacob n’entendit rien des messages de sa mère, jusqu’à ce que Laban devenu « antisémite » il entendit l’appel de sa terre Erets Israël.

Il avoue donc que sa difficulté à entrer dans le pays vient de ce qu’il a tardé.

 

Effectivement, on diagnostique cela à chaque fois dans l’histoire contemporaine d’Israël.

Malgré la déclaration Balfour en 1917 il n’y a que les sionistes de l’époque qui ont bougé. Hitler arrive en 33 et entretemps il y a la ligue arabe...etc. C’est un peu la situation de Jacob. C’est pourquoi il a très peur : ai-je suffisamment de mérite pour mériter l’accomplissement de la promesse ?

 

Et quelle est la promesse ? « Je te protégerais partout où tu iras et je te ramènerais ici »

Avec une telle promesse il a peur ? 

Il y a là un aveu.

 

La Guémara de Sanhédrin pose la question et répond : il avait peur que la faute empêche l’accomplissement de la promesse. Quelle faute ?

 

N’importe quelle faute vis-à-vis de la loi qui serait un manque de mérite tel empêchant l’entrée en Erets Israël. Nombres de Juifs religieux raisonnent ainsi : a-t’on suffisamment de mérite pour habiter en Erets Israël ? Chargés de fautes comme nous le sommes, il vaut mieux  rester chez les Goyim...

 

C’est un raisonnement faux.

 

D’après le contexte de la Guémara on s’aperçoit que la faute c’est le retard. Effectivement, cela s’attache à l’histoire juive. Le rendez-vous arrive en son temps, et il y a un retard qui fait que c’est catastrophique.

 

C’est malheureusement ce qui s’est passé au temps de la Shoah : le rendez-vous était pris depuis 1917 quand la Société des Nations (SDN) a été inventée pour donner le feu vert aux Juifs de rentrer dans le pays. Elle n’a rien fait d’autre. (De la même manière pour l’ONU. Dès que l’ONU s’occupe de quelque chose c’est l’enfer : Yougoslavie, Somalie...)

 

La SDN s’est réunie pour enregistrer la déclaration Balfour.

Jusqu’en 1917 : aucune instance internationale pour pouvoir donner le feu vert aux Juifs de rentrer en Erets Israël. Effectivement, il fallait une instance universelle parce que l’exil en tant que contrat de travail avec l’humanité est à ce niveau-là. Et donc la nécessité d’une instance internationale.

 

Nous avons trois exemples :

A la sortie d’Egypte, il fallait que le Pharaon donne son accord pour que cela puisse se faire.

De la même manière à la fin du 2ème exil, il a fallu une instance politique universelle : c’était Cyrus qui donna le feu vert pour le retour au Bayit Shéni.

De notre temps, pendant 2000 ans, la civilisation occidentale a fonctionné sur le principe des nationalités et pendant ce temps Israël n’avait pas sa nationalité, et au moment où Israël doit reprendre sa nationalité, alors est fondée la société des nations SDN. C’est la SDN qui donna le feu vert aux Juifs pour rentrer en Palestine. Lorsque la Turquie possédait le pays ce fut impossible.

 

De la même manière à la sortie d’Egypte : une instance politique universelle : Pharaon. A la fin de l’exil de Babylone c’était Cyrus et à la fin de notre civilisation c’était la Société des Nations.  Israël n’a été fondé que par un accord de l’ONU.

 

C’est ce qui se passe là : il y a un retard cela se prépare et on est en retard. Jacob prend acte et avoue le retard.

 

עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

im-Lavan garti va'e’har ad-atah.

J’ai séjourné chez Laban et j’ai tardé jusqu’à présent…

 

On pourrait se demander ce que cette indication supplémentaire vient ajouter. C’est la Guémara qui dit : c’est le ‘Het du retard.

Au moment du retour de Babylone, ils ne sont pas revenus en force suffisante pour être la muraille qui protège Jérusalem, explique le Talmud, et c’est la raison pour laquelle le Bayit Shéni a été détruit.

 

עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

im-Lavan garti va'e’har ad-atah.

J’ai séjourné chez Laban et j’ai tardé jusqu’à présent.

 

C’est très paradoxal : voici la mission dont Jacob charge ses envoyés. En principe l’objectif est d’apaiser la colère de son frère !

 

וַיְהִי-לִי שׁוֹר וַחֲמוֹר, צֹאן וְעֶבֶד וְשִׁפְחָה; וָאֶשְׁלְחָה לְהַגִּיד לַאדֹנִי, לִמְצֹא-חֵן בְּעֵינֶיךָ

Vayehi-li shor va’hamor

J’ai acquis taureau et âne

Tson

troupeau

ve'eved veshifchah

et serviteurs et servantes

va'eshlechah lehagid ladoni

et j’ai envoyé pour raconter à mon maître

limtso-chen be'eyneycha

pour trouver grâce à tes yeux.

 

Mais c’est tout le contraire il va exciter sa colère !

Cette mission consiste à confirmer à quel point celui-ci a profité de la malédiction de Esaü : parti avec un bâton de pélerin et revenu avec deux camps !

 

Rashi sur Vayehi li shor va’hamor :

וַיְּהִי לִי שׁוֹר וַחֲמוֹר

אַבָּא אָמַר לִי מִטַּל הַשָּׁמַיִם וּמִשְׁמַנֵּי הָאָרֶץ זוֹ אֵינָהּ לֹא מִן הַשָּׁמַיִם וְלֹא מִן הָאָרֶץ

Mon père m’a dit : « de la rosée des cieux et des graisses de la terre » (supra 27, 28). Ce ne sont des produits ni du ciel ni de la terre.

« Mon père m’a dit « tu seras bénis par la rosée du ciel et le gras de la terre ». Ce que je ramène de mon exil, ne vient ni du ciel ni de la terre »

 

Isaac lui a transmis la bénédiction qui était prévu pour Esaü, l’homme de la matière, mais il affirme ici que tout ce qu’il a acquis lui vient de son travail.

 

Ce que Rashi veut dire c’est que Jacob veut indiquer à Esaü qu’il n’a pas à lui reprocher d’avoir bénéficié de sa bénédiction, puisque ce qu’il a ne vient pas de la bénédiction « rosée et gras de la terre ». L’objectif de la mission est de préparer la rencontre.

 

Rashi sur Im Laban Garti :

גַּרְתִּי

לֹא נַעֲשֵׂיתִי שָׂר וְחָשׁוּב אֶלָּא גֵּר אֵינְךָ כְּדָאי לִשְׂנוֹא אוֹתִי עַל בִּרְכוֹת אָבִיךָ שֶׁבֵּרְכָנִי הֱוֵה גְּבִיר לַאֲחֶיךָ שֶׁהֲרֵי לֹא נִתְקַיְּמָה בִּי. דָּבָר אַחֵר גַּרְתִּי בְּגִימַטְרִיָּא תַּרְיָ"ג כְּלוֹמָר עִם לָבָן הָרָשָׁע גַּרְתִּי וְתַרְיָ"ג מִצְוֹת שָׁמַרְתִּי וְלֹא לָמַדְתִּי מִמַּעֲשָׂיו הָרָעִים

 

J’ai séjourné : Je n’y suis devenu ni un prince ni un notable, mais j’y suis resté un étranger, [le mot garti, (« j’ai séjourné ») étant de la même racine que guér (« étranger »)]. Tu n’as plus aucune raison, par conséquent, de me haïr à cause de la bénédiction que m’a donnée ton père : « sois un chef pour tes frères » (supra 27, 29), car elle ne s’est pas réalisée (Midrach tan‘houma Wayichla‘h 5). Autre explication : La valeur numérique des lettres de garti est six cent treize, comme si Ya‘aqov avait voulu dire : Tout en séjournant chez Lavan l’impie, j’ai continué d’observer les six cent treize commandements et je n’ai pas suivi ses mauvais exemples

 

En citant le Midrash Rashi dit :

Je n’ai pas été fait Sar prince, ministre important (chez Laban):

Rashi met en évidence le terme Garti : j’ai séjourné je suis resté Guer - métèque…

 

Il faut tenter de comprendre la position du juif dans l’exil : rester juif et non pas assimilé : il s’agit là de la question des droits sur Erets Israël pour Jacob. Esaü y a droit pour être resté dans le pays...

 

Jacob est resté berger des troupeaux de Laban, mais il aurait pu comme Joseph devenir ministre du pays. Il est resté Guer. Il est en ghetto chez son beau-père.

 

La question est très importante : Qui a droit à Erets Israël ?

 

La réponse est très claire, et elle est dans Rashi qui explique la position de Jacob : quelqu’un qui est resté attaché à Erets Israël sérieusement. Et pas mystiquement, pas mythiquement, pas par façon de parler. Ce n’est pas quelqu’un qui a mangé à deux râteliers, double nationalité, quelqu’un qui est resté juif et qui était ailleurs sans pourvoir faire autrement. Mais dès qu’il peut faire autrement il revient.

 

Rashi poursuit : « tu n’as pas raison de me haïr à cause des bénédictions de ton père, dont il m’a béni, il avait dit « tu seras Guévir le seigneur de tes frères » puisque cela ne s’est pas réalisé pour moi ».

 

L’objectif de la mission est d’établir les droits de Jacob sur Erets Israël. Le 1er argument de la plaidoirie c’est de dire qu’il revient comme un Guer.

 

Historiquement, il y a une espèce de faux discours sur les droits d’Israël en Erets Israël, lorsqu’on désigne les Israéliens comme les rescapés de la Shoah, des réfugiés revenant chez eux, alors que ce n’est pas cela du tout. Le sionisme était antérieur à la Shoah et c’est parce qu’il y a avait un Yishouv en Erets Israël que les rescapés de la Shoah ont pu le rejoindre. Ce n’est pas à cause de la Shoah qu’on a des droits sur le pays. Les Juifs tombent eux-mêmes dans ce piège, mais ils plaident un dossier faux. De plus l’argument : Les Arabes ne sont pas responsables de la Shoah...

 

Cela fait partie de toute une idéologie complétement fausse établissant un lien de cause à effet entre la Shoah et l’état d’Israël. L’état d’Israël a sa propre problématique bien avant l’hitlérisme. Au contraire, l’hitlérisme a empêché que l’état d’Israël ait l’envergure qu’il aurait pu avoir en tuant ces millions de Juifs.

 

L’objectif de l’hitlérisme c’était précisément d’empêcher la réussite du sionisme. Au niveau mystique c’est encore plus grave que cela.

 

Pendant que le peule juif se prépare depuis la fin du siècle dernier à revenir en Erets Israël, pendant ce temps, il y a une tentative des nations de détruire le peuple juif.

 

Considérer que l’un est la cause de l’autre, ou comme disent les orthodoxes, la cause négative : la shoah est la punition du sionisme... c’est avoir une pensée pathologique.

 

L’opinion internationale serait prête à entendre à la limite ce qu’entend ici Esaü : « tu reviens en tant que réfugié ? Alors va dans les camps de refugiés ! »

 

2ème argument :

Garti : j’ai séjourné Gématria et anagramme de Tariag : 613 !

« Comme pour dire : j’ai séjourné chez Laban le Rasha et j’ai préservé les 613 Mitsvot. Et je n’ai pas appris de sa mauvaise conduite. »

 

Je reviens en tant qu’hébreux et non pas en tant que juif assimilé. C’est la racine d’un problème culturel énorme en Israël, celui de tous ces Juifs assimilés qui projettent l’assimilation sur l’identité hébraïque.  

 

On comprend qui a droit à Israël finalement :

celui qui ne s’est jamais pris pour un étranger à l’étranger.

celui qui revient avec la Torah.

 

Une des raisons profondes des grands problèmes contemporains d’Israël, c’est qu’il y a deux sortes de motivations sionistes :

 

des Juifs qui ne voulaient plus être Juifs et qui auraient bien aimé s’assimiler ailleurs, mais on les en empêchait -  tout ce qui procède de l’intelligentsia européenne. C’est un 1er sionisme grâce à qui le pays existe en grande partie. 

 

Ceux qui viennent dans le pays pour être Juifs, ce qui était impossible ailleurs.

 

Les deux tendances sont contradictoires et se combattent.

 

C’est donc un passage très important que ce discours de Jacob préparant cette rencontre lors de son retour.

 

Sur cette Parashah, un enseignement du Ben Ish ‘Haï – Rabbi ‘Haïm Yossef - grand maître de la Kaballah du siècle dernier - grand sioniste qui a enseigné la Mistvah du retour en Israël au Bagdadim, le judaïsme antisioniste depuis 2000 ans. Babel ne voulait pas revenir en Erets Israël. Cela nous fait comprendre la différence entre un Babli et un Séfardi qui sont de rite séfarade parce qu’ils se sont trouvés dans l’empire musulman sous l’influence de la communauté séfarade du rite espagnole. Mais leur position idéologique est antisioniste de doctrine, de parti-pris, depuis le temps de Ezra et Néhémie. C’est Babel qui a refusé de revenir au temps d’Ezra et Néhémie et qui est le principe de l’idéologie diasporique que l’on attend le Messie à la fin des temps. Cette hérésie théologique vient d’eux les Bablim. Ce n’est pas un hasard qu’à la tête du Shass, il y a un Babli et non pas un Séfardi, même s’il se présente comme le Possek Séfardi, il est Babli.

 

Lorsqu’on demandait une réponse concernant un Beit Din, la réponse des Bablim n’était pas considérée comme prioritaire depuis le temps du Bayit Shéni.

 

Ben Ish ‘Haï dans son livre, une préface d’un ’Hakham parle d’une tradition dans son Beit Hamidrash qu’il était le Gilgoul d’un Tana (un grand de l’époque de la Mishnah) qui est revenu pour sauver les Juifs de Babel et les ramener à Jérusalem.

 

Dans son livre sur les Halakhot par Parashah, sur la Parashah de Vayishla’h, le récit où Jacob reçoit le nom Israël, le Ben Ish ‘Hay enseigne que la Guématria de Israël = 541 = Yaaqov + Mosheh + David. Israël c’est ainsi le peuple, la Torah et la terre.

 

Exactement ce qu’on trouve dans ce Rashi. Il ne dit pas qu’il l’apprend de Rashi mais c’est évident que cela en sort.

Quand il a dit Guer,  il annonce qu’il est resté rattaché à Erets Israël => c’est David.

J’ai préservé les 613 mitsvot => c’est Mosheh.

Et lui, il est Jacob => le peuple.

 

Quand Jacob a aussi les dimensions de Mosheh et David il s’appelle Israël.

Jacob seul n’est pas Israël. Mosheh seul n’est pas Israël. David seul n’est pas Israël.

 

Que la terre d’Israël sans Torah et sans peuple juif, ce n’est pas Israël.

Que la Torah sans le peuple et sans la terre, ce n’est pas Israël.

Et l’histoire a montré qu’une religion mosaïque...

.../...
lire la suite ici 


***

 

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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