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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 17:52

Vayishlah–Vayé’hi série 1984 cours 1 - 2ème partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayichlah_serie_1984/cours_1

Face B

 

…/…

Dinah

 

Le problème pour Jacob est d’arriver à trouver un gendre, un mari pour sa fille.

Dinah est la fille charnière entre l’identité d’Israël et l’universel humain.

C’est à travers elle que se fonde la treizième tribu d’Israël qui fait l’unité d’Israël mais en même temps le lien avec l’universel humain.

C’est donc un paragraphe important : c’est difficile de marier Dinah.

 

Jacob cherche un type d’homme, et il croit le trouver, et finalement c’est un échec. Mais du viol de Dinah par Shkhem dans le chapitre 34 est née une fille dont le Midrash nous dit qu’elle était descendue en exil en Egypte bien avant ses frères. Elle s’appelait Asnat bat Poutifera qui était la servante de la femme de Poutifar.

Cette première stratégie de Jacob va échouer parce que Shkhem a échoué, mais Joseph va épouser Asnat. Et de ce mariage vont naître Ephraïm et Menasheh.

 

Finalement, la 13ème tribu apparait par le fait que Joseph quitte le niveau des fils pour être rattaché au niveau des Pères et ses deux enfants sont au niveau de Réouven et Shimon, qui sont enfants de Jacob. Il y a donc de nouveau les treize tribus.

 

Nous verrons que 12 de ces 13 tribus se sont disqualifiées au moment de la faute du veau d’or et la tribu de Lévi sort du compte et il n’en reste que 12. Mais avec la tribu de Lévi on obtient les 13.

 

Selon le récit de la Torah la différence de manière d’être Israël à travers les différentes tribus est légitime. Mais elle a à construire une tâche commune. Elle a un problème d’identité à résoudre.

Il suffit que l’inimitié, le conflit, qui apparait entre les différentes tendances - qui ne sont pas encore complètement réalisées – soit dissout pour que se dévoile que cette unité souterraine est une unité réelle. Ce n’est arrivé qu’à de très rares moments dans l’histoire où nous avons été contraints par l’histoire.

 

A mon sens il y a deux périodes de l’histoire où l’unité d’Israël s’est dévoilée :

 

ð  au Sinaï, cela nous a été obligé par En-haut, c’est la révélation,

ð  au moment de la guerre des 6 jours, cela nous a été obligé par en-bas, par les nations.

 

Il y a un clin d’oeil derrière cette diaspora à l’infini intériorisée dans le peuple juif, est apparue une dimension d’unité, qui est en soi quelque chose d’étonnant. L’unité est présente, incognito, et elle ne se dévoile qu’à la fin des temps comme le dit le Maharal.

 

Le Juif a traversé l’histoire en disant systématiquement : tous les juifs sont frères en sachant très bien qu’il n’aimait pas son propre frère.

 

Je vous cite une image qu’A.Neher a employé à la fin de son livre sur Jérémie : il y parle de l’histoire comme d’une pièce qui se joue. Chaque acteur y a un rôle à jouer. Et pendant que la pièce se joue, les acteurs s’affrontent. Mais à la fin de la pièce on se prend par la main et on salue le public. Cela veut dire qu’il ne faut pas que les acteurs se prennent au sérieux. 

 

Ce qui s’affronte entre Yossef et Yéhoudah c’est très important et légitime. L’échec, c’est quand Yéhoudah à l’échelle individuelle n’aime pas Yossef à l’échelle individuelle.

Nous sommes en plein dans ce problème-là.

 

Quelques indications sur l’identification de cette Parashah dans la tradition, la Massorète.

 

Je vais commencer par un 1er sujet :

 

La 1ère scène qui nous est décrite, c’est au moment où Jacob sent qu’il va mourir  - je reviendrais sur l’expression qui est un des thèmes principaux de cette Parashah.

 

Il rassemble ses enfants et leur fait promettre - en particulier centralement à Joseph - qu’ils ne sera pas enterré en Egypte mais qu’ils ramèneront son cercueil en Erets Kenaan.

 

Le pays s’appellera Erets Israël à partir de la sortie d’Egypte lorsque la nation, le peuple d’Israël est constitué, et que l’ensemble des conditions nécessaires pour obtenir la terre qui a été donnée aux patriarches, jusque-là appelée « terre de Kenaan » du nom de la peuplade de la descendance de ‘Ham qui l’avait occupée et prise de force aux descendant de Shem dont elle était l’héritage par la lignée de Ever...

 

Nous verrons que d’une certaine manière cette scène se reproduit deux fois.

La Sidra commence au verset 28 du chapitre 47 : les 1er mots du verset étant :

 

וַיְחִי יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, שְׁבַע עֶשְׂרֵה שָׁנָה; וַיְהִי יְמֵי-יַעֲקֹב, שְׁנֵי חַיָּיו--שֶׁבַע שָׁנִים, וְאַרְבָּעִים וּמְאַת שָׁנָה

Vaye’hi Ya'akov be'erets Mitsrayim

Et Jacob vécut dans le pays d’Egypte…

shva esreh shanah vayehi yemey-Ya'akov shney chayav sheva shanim ve'arba'im ume'at shanah.

 

On nous raconte les derniers moments de sa vie dans le pays d’Egypte et on a récapitulé sa vie, en particulier 17 ans qu’il a vécu après être descendu en Egypte, en compagnie de Joseph – ce qui est très important – et ensuite on récapitule l’ensemble des années de sa vie. Et ce 1er passage  se termine au verset 31.

 

Nous avons une 1ère scène où Jacob va faire jurer ses enfants mais centralement Joseph, et nous verrons pourquoi le texte nous dit  Joseph en particulier dans cette promesse de serment que Jacob demande à ses enfants :

 

Ne pas le laisser enterré en Egypte. Ramener son cercueil dans le pays de Kenaan, plus particulièrement dans la caverne de Makhpelah où sont déjà enterrés suivant le texte lui-même qui le rappelle, Abraham et Sarah, Isaac et Rivqah, et nous savons par le Midrash d’autre part, Adam et ‘Havah.

 

‘Hévron est indiqué au début de la Parashah de Hayey Sarah et la ville est appelée dans la Torah: Qriat Arba. Pour deux raisons, mais pour celle qui concerne notre sujet, c’est là que sont enterrés les 4 couples fondateurs de l’histoire de l’humanité :

Adam et ‘Havah - Abraham et Sarah - Isaac et Rivqah – Jacob et Leah.

 

Il y a donc ici un problème annexe : la raison pour laquelle c’est Léa qui est enterrée avec Jacob dans la caverne de Makhpelah et non pas Ra’hel. Et c’est la raison pour laquelle ‘Hévron est appelé   Qriat Arba (קִרְיַת־אַרְבַּע) « la cité des quatre ».

 

Un autre Midrash, un autre niveau d’explication : « La ville des 4 » Kiryat Arba signifie la "ville des quatre" géants qui sont Arba et ses fils Ahiman, Sheshai, et Talmi.

C’est relié à la racine fondamentale du nom de ‘Hévron – ‘Haver - la notion de couple.

 

Dans toutes les Sidrot passées nous avons lu de façon de plus en plus explicite le fait que lorsque Jacob qui avait déjà reçu le nom d’Israël, deux fois, une fois dans la lutte contre l’ange qui représente le génie de la descendance d’Esaü dans l’histoire, et une seconde fois confirmé par Dieu lui-même dans deux formules différentes.

 

Il y a d’abord le fait que le principal rival de Jacob pour l’identité d’Israël c’est une espèce de point culminant de ce faisceau de rivalité qui accompagne l’identité d’Israël depuis le début de son histoire, depuis qu’Abraham va devenir Abraham et que l’histoire des Hébreux va commencer à recommencer. Et cette rivalité là a un aboutissement dans le fait que Jacob est capable de triompher de ce que représente le génie de cette manière d’être homme, rivale de Jacob, qui se nomme Essav-Edom.

 

Ce n’est pas n’importe quelle lignée humaine qui pourrait prétendre à porter cette rivalité. Tous les récits de la Torah mettent en évidence que la lignée la plus approximativement proche de Jacob qui s’instaure en rivalité inexpiable c’est Esaü. C’est un des descendants d’Esaü qui récapitule toutes les autres rivalités : Amaleq.

 

Un texte de la Guémara raconte que lorsque les enfants de Jacob ont ramené son cercueil à la caverne de Makhpelah, Esaü qui entretemps avait entendu parler de la  mort de son frère, revient du pays d’Edom et attend les enfants de Jacob à la caverne de Makhpelah pour en réclamer la place pour lui et empêcher qu’on y enterre Jacob.

 

Le 1er acte d’acquisition de cette terre a été précisément le fait qu’Abraham a acheté ce terrain BéKessef Maleh avec un argent plein (indévaluable). Ce fut le 1er acte juridique concernant la terre qu’Abraham exige malgré la proposition de don des Bnei ‘Heth.

Ce contrat légal est contesté précisément par Esaü qui se considère Israël et réclame la place dans le caveau. 

 

La tête d’Esaü

Midrash : Un des descendants de Dan (il s’agit de ‘Housh Ben Dan) a décapité Esaü et sa tête est tombée dans la caverne en même temps que le cercueil de Jacob.

 

Pour prendre l’image d’un génie particulier d’une manière d’être homme, on pourrait utiliser l’image du profil humain – Partsouf – signifiant le visage : ensemble de la silhouette dans le profil d’identité.

 

Jacob et Esaü étaient jumeaux : extérieurement ils se ressemblaient comme de sosies mais radicalement différents intérieurement.

 

Le Midrash cité sur l’épisode de la caverne de Makhpelah  commence par dire que c’était Judah qui a voulu s’opposer aux prétentions d’Esaü sur la caverne de Makhpelah à la place de Jacob mais qu’il ne pouvait  pas arriver à le combattre parce qu’Esaü ressemblait trop à son père Jacob. Alors c’est finalement un petit fils de Jacob, fils de Dan, qui s’en est chargé.

Il y a un profil de la civilisation qui va être issu d’Esaü et dans lequel la descendance de Jacob sera en exil : le 3ème grand exil que l’on appelle l’exil d’Edom. Ce que représente le génie d’identité d’Esaü s’est finalement réalisé dans la civilisation romaine. En fait, il y a une filiation très directe qu’indique le Midrash par un des fils de Essav qui s’appelle Magdiel (Cf. Bereshit 36:40-43).  Alouf Magdiel fondateur de Rome d’après le Midrash. A recouper avec ce qu’en dit Virgile et ses Ennéides pour la fondation de Rome.

 

Dans ce génie, cette manière d’être homme qui finalement se réalisera dans le type, le modèle, de civilisation que représente la civilisation romaine : une civilisation basée sur la primauté du droit - au sens de la légalité - sur la moralité.

Lorsque la légalité prévaut ou se prétend la moralité on exprime que le droit c’est la moralité. C’est pourquoi en français le mot de droit signifie la moralité. Alors qu’étymologiquement, sémantiquement, c’est la légalité.  

 

Nous sommes branchés sur une culture extérieure, la culture contemporaine, où on a tendance à prendre la légalité c’est-à-dire : la lettre du code décidée par telle ou telle instance législative à la limite contingente comme expression de la moralité elle-même. Ceci résulte d’un principe fondateur de la tradition juridique fondée par Rome que c’est la légalité qui est la moralité.

 

Nous avons deux expériences de la conscience morale très différentes :

ð  l’évidence d’obligation par rapport aux valeurs morales

ð  l’évidence d’obligation par rapport à la légalité juridique.

 

La civilisation contemporaine tout entière est d’origine romaine sur ce point, étant donné qu’il s’agit de sociétés de droit romain. L’empire de Rome fut éclaté en autant de sous-empires mais l’ensemble continue à représenter Rome jusqu’à la fin de Rome.

 

Il y a énormément de chose que Rome a fait passé dans la civilisation contemporaine avec les apports de la Grèce. Mais la Grèce et Rome c’est finalement le même mouvement à deux étapes différentes.

 

Le problème  auquel nous sommes confrontés, en tant que fidèles à la tradition des hébreux, c’est ce problème-là. La distinction entre la légalité et la moralité. Il y a énormément de problèmes de la société israélienne contemporaine face à ce problème. La référence au légal comme valeur suprême. C’est à l’opposé de la tradition juive.

 

Dans la Guémara, à propos de Tisha Béav : une des raisons pour lesquelles Jérusalem a été détruite lors de la 2ème destruction, c’est parce que l’on jugeait selon la légalité de façon méticuleuse. Nous retrouvons énormément de tendance de ce type au parlement israélien actuel, issu de la Galout de la civilisation occidentale. On a été tellement imprégné de cette évidence, que la seule garantie à la moralité c’est la légalité, qu’on transpose et projette sur la légalité la dignité de la moralité.

On en arrive à des conclusions amorales pourvu que la légalité soit sauve.

 

Cela ne veut pas dire que la légalité pour elle-même, à certaine condition, ne soit pas une des valeurs morales, et qu’il n’y ait pas valeur morale dans le respect de la légalité qui est le minimum des minima. Mais lorsque la légalité comme telle se substitue à la moralité, il y a un fort risque de catastrophe.

 

Il peut arriver qu’il y ait coïncidence. Mais il faut bien comprendre que l’établissement de la légalité formelle procède d’une instance contingente ; et d’ailleurs l’instance législative se connait comme telle et  reconnaitra très aisément suivant les critères de l’élection de l’instance un changement de la légalité si c’est décidé légalement. Il n’en reste pas moins que tout ce processus légal est d’essence contingente, alors que les valeurs de la moralité sont d’essence permanente et absolue.

 

Une des formules les plus importantes de ce problème :

Le conflit entre la tradition hébraïque et la civilisation romaine a porté là-dessus essentiellement.

 

Pour la tradition hébraïque suivant l’enseignement des Prophètes, c’est la moralité elle-même qui s’érige en légalité alors que pour la civilisation romaine c’est la légalité qui devient la moralité.

 

La relation à la moralité, à la loi morale absolue, est d’un ordre de connaissance radicalement différent que la coutume qui fait que la légalité est ce qu’elle est. Il peut y avoir coïncidence mais c’est d’un arbitraire absolu.

 

Or finalement, l’antisémitisme romain qui s’est exprimé par la suite à travers la civilisation chrétienne, est arrivé à ce tour de force d’accuser la tradition juive du défaut du légalisme romain, en établissant l’équation calomnieuse, hypocrite des Pharisiens légalistes.

 

Cela a été facilité à cause de cette tendance au légalisme présente également chez les Juifs et même dans le milieu rabbinique.

 

Ces tendances au légalisme ont toujours été dénoncée comme étant hérétiques, saducéennes.

Le saducéisme consiste en cette erreur de diagnostic et qui se relie à la tradition orale de l’élaboration de la loi morale comme s’il s’agissait de la tradition écrite. C’est pourquoi ils nient l’existence d’une tradition orale.

La civilisation chrétienne a hérité de cela et c’est la conscience chrétienne qui a le plus contribué à brouiller les cartes. En ce sens que partant de l’exigence hébraïque de la moralité face à la légalité, elle a finalement adopté le principe romain de la séparation entre le légal et le moral, qui est un cas particulier de la séparation entre le politique et le moral.

 

Cela s’enracine dans le principe des Evangiles : rendez à Dieu ce qui est à Dieu – la morale - et à César ce qui est à César – la légalité.

 

Q :

R : Il y a un verset très connu dans la Parashah de Shoftim dans Devarim : « tsedek tsedek tsirdof »

Tu rechercheras la justice de la justice

Il faut faire une chasse à la chose juste, car il faut la traquer, elle se cache il faut la débusquer...

Le verset emploi une répétition du mot Tsedek.

Cela signifie : Tu rechercheras la justice de la justice : ce qui est juste dans ce qui est juste.

Dans notre vocabulaire moderne : chercher ce qui est moral dans ce qui est légal.

 

La Guémarah dit : Jérusalem a été détruite parce qu’ils ont jugé suivant la lettre de la légalité. 

On sent que le rédacteur de ce Midrash a vécu au temps de l’imprégnation de la culture romaine qui se faisait en ce temps-là au temps de la destruction de Jérusalem par Rome.

 

Dans la société israélienne contemporaine récemment l’exemple d’une maison détruite car non conforme aux lois, au cadastre...etc.

 

Ce qui frappe ce sont les discours d’indignations à la Knesset quand des règlements, qui semblent avoir été établis au temps de l’empire britannique, sont quelque peu égratignés. Il y a là un souci de moralité qui s’est dénaturée et qui s’est déplacée sur la légalité. Il y a en général cette espèce d’orthodoxie de la légalité en coupure avec la tradition morale.

 

J’ai étudié un cas de Halakhah conduisant forcément à un divorce et j’ai demandé l’avis d’un Beit Din (3 rabbins) dont l’un était un de mes maitres le Rav Rubistein (de la rue pavée) qui était un ‘hassid polonais. Nous avons réétudié le cas ensemble selon les décisionnaires et cela a duré 2h pour arriver à la conclusion sans l’ombre d’un doute du divorce. Mais il m’a estomaqué : et qui es tu toi pour décider d’un divorce ?

 

J’ai appris une leçon de morale : la loi est ainsi mais on ne l’applique pas.

Il y a une tradition de moralité qui peut s’opposer à la légalité la plus vraie. Cela veut dire qu’il y a d’autres critères. Et ce n’est pas simplement l’analyse formelle et rationnelle avec toutes les ressources de l’intelligence juridique qui peut résoudre un cas.

 

Il y a une des Mishnayot du Pirqey Avot qui s’adresse aux juges (l’objectif du Pirqey Abot est d’enseigner la morale pour les juges au tribunal) :

Avot 1:1

הֱווּ מְתוּנִים בַּדִּין

Heyou Métounim BaDin

 « soyez circonspect (très modérés-pondérés) dans le jugement »

Un juge n’a pas le droit d’appliquer les mêmes conclusions si on lui présente un cas qui a des analogies mêmes totales avec une affaire qu’il a déjà étudié. Il faut  recommencer le nouveau dossier même pour arriver aux mêmes conclusions. C’est pour empêcher qu’une mécanique de la légalité s’installe.

 

Ce problème a beaucoup de dimensions de difficultés car finalement qui décide de la frontière entre la légalité et la moralité ?

 

A propos de ‘Hanoukah nous avons étudié le grand conflit entre les Pharisiens et les Saducéens. Le saducéisme a disparu historiquement avec les circonstances historiques qui l’avaient fait naître. La symbiose avec la culture grecque des Grecs occupant la Judée et avec la métropole d’Athènes qui était très forte pour le monde méditerranéen tout entier. Il s’est constitué une tendance dans la société judéenne de l’époque sur laquelle nous avons trés peu de renseignements parce qu’elle a disparu sans laisser de trace mais par ce que nous en savons par la manière dont en parle le Talmud des Pharisiens, c’est caractérisé par rapport à notre problème de cette manière : il y a dans l’héritage de la société juive - à l’époque de la société judéenne – les rites sacrés. On ne peut pas nier cet héritage et par ailleurs on est renforcé dans cet héritage spirituel culturel et religieux par le respect que le monde entier commence à avoir. Et on prend acte de l’existence d’un fait culturel important : l’héritage des Prophètes mis par écrit. Les Prophètes parlent d’une révélation orale que l’on a mise par écrit. Seulement pour les raisons que nous connaissons d’autre part, historiquement cette révélation orale a cessé. Il n’est resté que la trace mise par écrit de cette révélation orale.

 

Trés rapidement, dans le temps culturel qui se creuse entre la fin de la prophétie et le moment dont on parle, ce temps de la relation à la culture grecque, tout se passe comme si on va mettre entre parenthèses le fait fondamental qu’il s’agissait d’une révélation qui se perpétue par une tradition  indépendamment des livres dans lesquels elle est mise par écrit pour aider la mémoire.

 

Normalement il ne devrait pas y avoir de livre, puisqu’il s’agit d’une parole. Il y a un verset où Dieu demande à Moïse : « mets cela par écrit ». Il y a un ‘Hidoush et donc des raisons pour lesquelles il faut mettre par écrit. Si nous avions été capables de décliner cette tradition orale en tant que tradition orale, la tradition juive aurait été une tradition sans livre. Livre qui est une béquille. Israël n’est pas « le peuple du livre » comme on le lit et l’entend.    

 

La véritable formule dans l’enseignement du Rav Kook à ce sujet : « ce n’est pas le peuple du livre mais le peuple de la parole qui a été mise par écrit dans le livre ». C’est par incapacité de véhiculer la parole comme parole que…/… (cela a été mis par écrit).

 

< fin >

 

***

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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