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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 17:40

Vayishlah série 1984 cours 1 - 1ère Partie 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayichlah_serie_1984/cours_1

Face A

 

(début d'enregistrement manquant)
…/…

qui précède la Torah shebikhtav qui est la mise par écrit de ce qui devait être mis par écrit de la Torah shébéalpeh. Cette mise par écrit est intentionnellement sous forme hermétique occultée, personne ne comprend sans explication. C’est un livre étrange. Le Talmud qui la commente est un livre encore plus étrange.

 

Les Sadducéens prennent acte qu’il y a le livre, mais ils se relient au livre avec énormément de respect total. Dans la religiosité de type saducéenne contemporaine, on va se comporter avec énormément de respect et de scrupule. En général, on va compenser le manque de foi par une pratique d’autant plus rigoriste.

Ils se relient au livre avec le postulat que c’est un livre, et que c’est pas du tout un phénomène de parole. Pieusement, on va faire comme si... considérant comme la plus grande sagesse humaine, mais pas plus…

Finalement, la conscience saducéenne pour rétablir sa lecture du texte ne dispose que de 3 éléments :

le livre,

 -  le dictionnaire,

-   l’intelligence du lecteur.

 Il n’y a plus de tradition. On croit en ce qu’on a trouvé. Chacun croit à sa manière et ce qui compte c’est le légalisme : faire à la lettre ce qu’il y a d’écrit.

 

C’est pourquoi la religiosité de type saducéen reliée à la bible comme livre de la bible mène au légalisme. A un légalisme d’autant plus rigoriste qu’il cache un manque de foi radical de ce qui est censé être la foi des Hébreux : qu’il y a eu révélation !

 

Il n’y a que dans les lignées où la mémoire de cette révélation est passée, et que l’on appelle la tradition, qu’on dispose de critères d’élaboration de la loi morale au-delà et plus profondément que sa propre légalité.

 

Dans la formule saducéenne : on essaie de comprendre et on croit en ce qu’on comprend.

Dans la formule pharisienne : on étudie pour comprendre en quoi on croit. Mais on croit d’abord.

Le résultat de l’étude est radicalement différent, même si apparemment on parle avec les mêmes mots, cela n’a rien à voir. 

Grosso modo, dans le monde chrétien il s’agit a priori de la méthode saducéenne.

Il y a à ce sujet un conflit entre catholique et protestant, le catholique étant beaucoup plus légaliste, plus rigoriste, alors que le protestant qui parle d’une espèce d’intuition subjectiviste venue par le Saint-Esprit qui est donné à chaque membre de l’église protestante.

 

Ils ne peuvent faire autrement car ils lisent des traductions. Un Tanakh traduit c’est la Bible.

Le mot grec Biblos : livre de la sagesse humaine => le livre prime le sens

Alors qu’en hébreu c’est un Sefer, notion opposée à Biblos : Sefer = sagesse inspirée.

Dans les grandes civilisations païennes, il y avait toujours deux sortes de temple :

Les temples qu’on appelait Seferiste et les temples qu’on appelait Biblios étaient voués à la sagesse humaine : de bas en haut. Les temples nommés « Seferite »  étaient les temples de la sagesse inspirée, allant de haut en bas.  Une lecture araméenne du mot de Babylone donne Bab Elion « la porte supérieure ».]

 

La question du Zaquen :

On nomme quelqu’un à la dignité de juge lorsqu’il parvient à la dignité du Zaqen – vieillard – mais ce n’est pas forcément une question d’âge. La vertu du Zaqen est la Midat HaRa’hamim la vertu de miséricorde  Alors que la vertu de l’adolescent, c’est l’entièreté du comportement de rigueur.

L’adolescent est absolutiste alors que le vieillard est clément.

Un joli vers de Victor Hugo dans Boaz endormi, de mémoire : « il y a du feu dans le regard des jeunes gens et de la lumière dans le regard des vieillards…»,

 

Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière.

 

La règle absolue pour désigner un Dayan c’est de choisir un Zaqen. Quelqu’un qui soit capable de la Midat HaRa’hamim. S’il est quelqu’un de la Midat HaDin on ne peut pas lui faire confiance : la Midat HaDin va exiger la peine maximum à priori. Ce n’est plus un jugement mais un mécanisme de condamnation.

 

Il y a le phénomène de l’envahissement du légalisme romain dans le juridisme parlementaire israélien contemporain. La substitution de la vertu de la légalité à la vertu de moralité.

Les consciences morales du peuple sont paralysées à cause de ce malentendu intentionnel. Elles sont perturbées par cela. On croit entendre parler des prophètes de la moralité mais ils sons les contre-prophètes de la moralité. Nous sommes dans une problématique qui récapitule les 2000 ans de ce problème difficile. Les tenants du légalisme sont dotés d’une conscience morale sélective. 

 

La tête d’Esaü

Il y a une relation au niveau de chaque grand exil, au niveau du développement de chaque grand empire, entre l’histoire d’Israël et l’histoire de la civilisation contemporaine de chaque temps.

Les valeurs qui sont élaborées dans chaque civilisation, sont sûrement recueillies par l’identité d’Israël dans son passage de l’exil.

C’est le thème de histoire de Joseph en Egypte - « Yesh Shever BéMistaïm » - cela se passe en Egypte, alors on va en Egypte, non pas pour s’égyptianiser mais pour délivrer les valeurs éparpillées dans l’Egypte, les fortifier, les mettre à l’abri, à l’échelle de l’universel.

 

Ce qu’il faut mettre en évidence par rapport à la relation à la civilisation romaine, la civilisation du droit, c’est précisément le fait qu’elle a élaboré la logique. Sa logique c’est la tête. Sa logique est kasher. Mais toute la phénoménologie qui habille cette logique est impure.

 

Ce qu’on va ramener de Rome c’est la capacité logique. Elle est kasher.

Maintenant, la phénoménologie qui habille cette logique est impure. La musculature du raisonnement juridique va être adoptée, mais les valeurs phénoménologiques que cela véhicule sont complètement impures.

 

C’est frappant chez Maïmonide : ce que Rambam retient de la philosophie grecque, c’est la logique.

Tout ce dont parlent les grecs avec leur logique, il le rejette. Il adopte la logique grecque et l’intègre dans le patrimoine d’Israël.

 

Un Midrash raconte la manière dont Esaü trompait Isaac:

Il y a une complaisance d’Isaac pour Esaü. C’est un thème pour lui-même. Le Midrash se base sur l’expression de Genèse 25: 28 dit qu'Isaac aimait Esaü « ki tsayid bépiv »

וַיֶּאֱהַב יִצְחָק אֶת-עֵשָׂו, כִּי-צַיִד בְּפִיו; וְרִבְקָה, אֹהֶבֶת אֶת-יַעֲקֹב

Vaye'ehav Yitschak et-Esav ki-tsa'id befiv veRivkah ohevet et-Ya'akov.

Lsaac aimait Ésaü parce qu'il mettait du gibier dans sa bouche; et Rébecca aimait Jacob.

 

Le sens Pshat c’est qu’Isaac avait le goût du gibier dans la bouche. Or, Esaü savait lui préparer le gibier. Isaac a le pressentiment des deux tâches que l’homme doit résoudre pour résoudre le problème posé à l’identité humaine : la vocation matérielle et la vocation spirituelle – la vocation de ce monde-ci et la vocation du monde à venir. Isaac arrive à les unifier.

Après lui ces deux vocations vont se séparer avec les jumeaux.

Esaü pour la vocation matérielle de ce monde-ci et Jacob qui n’est que la vocation spirituelle du monde à venir. Jacob n’est pas encore Israël.

Esaü a choisi exclusivement ce monde-ci et donc pas le monde à venir, et Jacob a choisi le monde à venir et donc il n’a pas ce monde-ci, et il n’y est donc pas chez lui.

 

Isaac prend acte du choix de Jacob et lui proposera les bénédictions de la vocation spirituelle et il prend acte du choix de Esaü pour la vocation matérielle et il lui proposera les bénédictions de la vocation matérielle.

 

Midrash :

Esaü avait une capacité logique dialectique telle qu’il arrivait à tromper son père. Et son père était persuadé qu’il était un Tsadik parce qu’il lui posait des questions de Halakhah très précises.

La dime du sel...etc.

Une capacité d’argumentation que l’on appelle « arguties » dans le sens négatif – une capacité juridique telle qu’il pouvait faire passer son Pilpoul pour du Limoud. C’est le droit romain.

 

Le Midrash va lire le verset Ki tsayid Bé Fiv le chasseur qui s’occupe de chasser le gibier qui vient de la terre, alors que Jacob s’occupe de ce qui vient du ciel. Isaac fait les deux.

 

Le Midrash explique Ki Tsayid Bé Fiv : il y avait dans la bouche d’Esaü, quand il parlait, une âme prisonnière, quand il parlait : l’âme de Rabbi Méir, converti descendant d’une lignée de Romains. Rabbi Méir c’est la force de la dialectique dans la Mishnah. La force de la dialectique dans la Torah Shébéalpé nous a été donnée par Rabbi Méir. C’est cette capacité logique qui vient de Rome et qui est entrée chez nous par Rabbi Méir.

 

C’est parce qu’Esaü avait dans sa bouche lorsqu’il parlait, la force de la Torah Shébéalpéh de Rabbi Méir, qu’Isaac  a été trompé : cette capacité du juridisme qui se fait prendre pour la moralité. C’est ce qui a trompé Isaac.

 

Il y a un prolongement de ce Midrash dans un autre Midrash : quand Jacob revient de son exil et qu’il doit rencontrer Esaü alors le verset dit : Vayira Yaaqov Meod il a eu très peur et il a été dans l’angoisse.

 

Gn. 32 :8 :

וַיִּירָא יַעֲקֹב מְאֹד, וַיֵּצֶר לוֹ; וַיַּחַץ אֶת-הָעָם אֲשֶׁר-אִתּוֹ, וְאֶת-הַצֹּאן וְאֶת-הַבָּקָר וְהַגְּמַלִּים--לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

Jacob fut fort effrayé et plein d'anxiété. Il distribua son monde, le menu, le gros bétail et les chameaux en deux camps…

 

Rashi sur Vayishla’h 32:8:

 

וַיִּירָא וַיֵּצֶר

( וַיִּרָא שֶׁמָּא יֵהָרֵג. וַיֵּצֶר לוֹ אִם יַהֲרוֹג הוּא אֶת אֲחֵרִים. (ס"א שֶׁמָּא יַהֲרוֹג אֲחֵרִים וְעוֹד גִּירְסוֹת אֲחֵרוֹת וְצָרִיךְ עִיּוּן בַּמִּזְרָחִי הָהֶפְרֵשׁ שֶׁבֵּינֵיהֶם

Ya’aqov s’effraya beaucoup, il fut angoissé 

 Il s’est effrayé à l’idée d’être tué, et il a été angoissé à celle de devoir tuer d’autres-A’herim (Beréchith raba 76, 2).

 

très peur d’être tué et dans l’angoisse d’avoir à tuer d’autre.

Cette rencontre avec Esaü c’est l’un ou l’autre : une rivalité insoluble, Rome ou Jérusalem.

 

Rabbi Méir a eu un maître Elisha ben Abouya qui est devenu apostat et a été nommé l’autre A’her.  

C’est un épisode du Talmud, très important et très connu. Elishah ben Abouya est un grand maître d’Israël qui a finalement apostasié et est devenu apikoros. C’était au temps de l’empire de la civilisation grecque et de l’envahissement de la mentalité de la philosophie dans les problèmes de la tradition. La Guémara nous raconte les circonstances dans lesquelles il a perdu la foi mais entretemps Rabbi Méir était son élève principal et a continué à l’honorer malgré tout.

 

Très souvent la Mishnah emploie la formule « Stam Mishnah Rabbi Méir » lorsqu’un enseignement est anonyme, c’est de Rabbi Méir. Il est la force de la Torah shébéalpéh.

Il arrive très souvent que Rabbi Méir fasse citer l’opinion de son maître dans la Mishnah. Et donc on le retrouve dans la Guémara : c’est toujours la formule « A’herim Omrim » « d’autres disent » qui se rapporte à A’her - Elishah Ben Abouya. C’est avec beaucoup de pudeur qu’il est cité bien qu’il a apostasié.

 

Midrash cité par Rashi :

Quand Jacob va rencontrer Esaü et il sait que Esaü se prépare à l’assaillir alors il a très peur: peur d’être tué et dans l’angoisse d’avoir à tuer Esaü. Jacob a les deux peurs.

 

Rashi : il a eu peur, de peur qu’il soit tué, et il a été dans l’angoisse si il doit tuer A’herim d’autres.

La même expression que la Mishnah emploie pour citer le maître de Rabbi Méir.

Cela signifie qu’il avait peur de tuer A’hérim c’est-à-dire Rabbi Méir en tuant Essav.  

 

Zohar sur Ki Tsayid BéPiv :

 

Tsayid = nishmato shel Rabi Méir

C’était cela ce gibier dans la bouche de Essav. Quand les Romains parlent, ils parlent avec la logique dialectique de Rabbi Méir. Voilà la tête d’Esaü.

 

Il y a aussi dans la caverne de Makhpéla’h, avec les valeurs des éléments fondateurs de la messianité d’Israël, Adam et ‘Havah, Abraham et Sarah, Its’haq et Rivqah, Yaaqov et Léah (Ra’hel étant à Beit Le’hem), il y a aussi la tête d’Esaü. Le reste est impur.

 

Chaque manière d’être homme a une équation personnelle qui s’exprime dans ce que les grecs appelaient sa psyché. La grande différence entre la tradition d’Israël et les autres traditions humaines à propos de la même révélation  qui a été à l’origine c’est que dans les autres traditions, il y a un écran d’impureté qui est précisément l’équation personnelle en question.

En termes contemporains on dirait la sensibilité propre.

 

A deux niveaux, chacune pour elles-même, toute sensibilité est cohérente et respectable, mais confrontée aux critères de la sainteté elle se dévoile comme impure.

 

Il y a une manière de se comporter pour chaque sensibilité qui s’exprime au niveau de la phénoménologie. C’est la phénoménologie romaine qui est impure mais pas la logique.

Lorsque la logique s’exprime dans cette phénoménologie propre à la conscience romaine on a cette torsion de la conscience morale, la perte d’espérance que la loi morale soit praticable et l’on se rabat sur la loi légale: le christianisme a fait cette expérience et a greffé sur le légalisme romain, l’espérance de la moralité déçue (parce qu’impraticable).

 

Q :

R : Dans le contexte de ‘Hayey Sarah, Abraham sait apriori quel caveau, il ne veut pas n’importe lequel. Ce caveau nous est décrit et le Midrash nous apprendra qu’y est enterré Adam et ‘Havah. « Le berceau de l’humanité ». C’est la famille d’un certain Efron qui possédait ce terrain.

Afar la poussière - Efron : le fossoyeur : il a le nom de sa profession.

Efron avait non seulement le caveau de sa famille et le champ où l’on enterrait les étrangers.

Chaque famille avait son caveau propre qui était son titre de possession propre : c’est entré dans la ‘Halakhah : quiconque arrive en Erets Israël a l’obligation d’acheter une parcelle de terre, premièrement pour sa tombe (4 coudéees).

Efron avait un caveau particulier la Méara et le Kever. Le Kever était le caveau familial et dans la Méara il enterrait les Guérim les étrangers.

Etant donné le statut particulier d’Abraham  en ce temps-là, c’est ce caveau qu’il réclame. Parce que c’est lui qui va prendre le relai de ce qui est arrivé depuis Adam harishon jusqu’à Efron. Ce qui s’est passé, c’est dans le sens de la chute. Abraham vient prendre le relai dans le sens de la rédemption. Puisqu’il est Guer, il ne peut prétendre au caveau, mais puisqu’il est Toshav il peut prétendre à un caveau. L’identité hébraïque lorsqu’elle meure ne peut être enterrée que dans ce caveau-là à ‘Hévron car elle assume à la fois la lignée des engendrements depuis Adam et aussi l’universel humain à travers l’exil. Il s’agit vraiment du droit d’acquisition d’Israël par le biais de cette transaction. Abraham reprend en charge l’histoire de l’humanité telle qu’elle était en chute depuis Adam jusqu’à Efron.

 

D’où l’expression étudiée surtout par le Rav ‘Hayim de Volozine à partir du Midrash dans le dernier chapitre du Nefesh ha‘Hayim qui montre cette attention d’Abraham pour ce qui s’était dégradé à partir d’Adam.

 

C’est la différence entre Or avec Alef et Ôr avec Ayin, de la lumière-Alef à Ayin de la peau et de son opacité. La chute va du Alef au Ayin.

Abraham s’est désigné lui-même « Afar vaEfer - poussière et cendre ».

C’est là qu’il y a le passage du Ayin au Alef.

Le Rav ‘Hayim de Volozine étudie cela pour nous faire comprendre que la chute va de Adam à Efron, l’homme devenu poussière, et la remontée part de cette poussière pour arriver à la lumière. Par le biais de la cendre. C’est la différence entre Afar et Efer.

 

Effectivement, le nom précis de Efron ben Tsohar est « poussière fils de lumière » alors qu’Abraham va dans l’autre sens : de la poussière à la lumière.

 

***

 

Vayishla’h :

 

=> Jacob exhorte ses enfants à le ramener à la caverne de Makhpelah.

=> Chapitre 48 cette même scène qui est racontée autrement : Joseph exhorte ses enfants à ramener le cercueil de Jacob au pays de Kenaan dans la caverne de Makhpelah et finalement c’est les quatre premiers versets. Ensuite, suit tout un chapitre différent où c’est la même scène au niveau de l’histoire. Nous voyons Jacob bénissant les enfants de Joseph en les adoptant comme ses propres enfants. Bien qu’ils soient nés en Egypte, leur identité est celle du pays de Kenaan. Malgré les différences des deux thèmes c’est la même révélation qui nous est donnée sur deux registres différents. 

Au niveau de la récapitulation de l’histoire générale d’Israël à un niveau de transcendance absolue, et l’autre au niveau de l’insertion de ce même thème de fin d’exil et de retour au pays de Kenaan, à travers l’histoire de ce Joseph qui était le véhicule du moment de l’exil dans l’existence de l’histoire.

 

Lorsqu’on est assez familier avec le texte, tout se passe comme si le même sujet est répété :

 

Midrash : Dans le monde d’en-haut Jacob convoque Joseph pour lui demander de ramener son cercueil d’Egypte. Dans le monde d’en-bas sur terre dans l’histoire cela se passe comme ça : Jacob adopte l’identité hébraïque de l’exil des enfants de Joseph et la ramène.

 

La 1ère Parashah est appellée Stoumah. Fermée, cachée, scellée.

L’autre Parashah est une Parashah Shtoumah ouverte.

Il y a deux sortes de Parashiot.

Certains paragraphes commencent par la lettre Péh d’autres par le Samekh

 

Dans la plupart des manuscrits et éditions juives modernes de la Bible, on distingue deux types de parashiyot: la "section « ouverte » (parasha petou'ha) et la "section « fermée » (parasha setouma). Une "section ouverte" est similaire dans les grandes lignes à un paragraphe moderne: le texte de la section précédente s'achève avant la fin de la colonne (laissant un espace à la fin de la ligne), et la nouvelle section "ouverte" commence au début de la ligne suivante (mais sans indentation), ce qui laisse un espace "ouvert" entre les deux sections. Une "section fermée" se marque quant à elle au milieu de la ligne de texte, la section précédente s'achevant sur la même ligne avant l'espace, et la section suivante débutant à la fin de la ligne. La section est donc dite "fermée" (plus littéralement "scellée") du fait de l'absence d'espace ouvert entre elle et la section suivante.

Une "section ouverte" (petouha) est souvent abréviée par la lettre peh, et une "section fermée" (setouma) par la lettre samekh. Ces abréviations sont le plus souvent trouvées dans les Houmashim (éditions hébraïques imprimées de la Torah), et dans les plus anciennes éditions intégrales du Tanakh en un volume, lesquelles furent publiées jusqu'à la première moitié du vingtième siècle. Bien que la plupart des éditions ultérieures utilisent les techniques d'espacements plutôt que les abréviations, celles-ci restent utilisées dans certaines éditions intégrales, dont la BHS. ou, en lettres latines, "P" et "S" respectivement. Ainsi que cela apparaît ici..

Dans les codes massorétiques, les rouleaux médiévaux et ceux en usage dans les communautés juives originaires du Yémen, ces deux techniques d'espacement permettent un plus grand choix d'options:

*une "section ouverte" commence toujours au début d'une nouvelle ligne. Ceci pouvait être réalisé de la façon décrite ci-dessus, ou en laissant une ligne blanche entre les deux sections, ce qui permettait parfois à la section précédente de remplir sa dernière ligne de texte.

*une "section  fermée" ne commence jamais au début d'une ligne. Ceci pouvait être réalisé de la façon décrite ci-dessus (un espace au milieu d'une ligne), ou en terminant la portion précédente avant la fin de la ligne, et en débutant la nouvelle section sur la ligne suivante, mais avec une indentation.


Dans le Sefer HaTorah la différence c’est l’espace blanc, l’espace non écrit, entre le dernier mot de la Parashah précédente et le premier mot de la Parashah suivante, est plus grand dans une Parashah dite Ptou’ha et est moins grand dans une Parashah dite Stoumah.

Il y a un certain nombre d’intervalle de place de lettres possibles, il y en a beaucoup moins pour une Parashah Stoumah ; et les Parashiot de la Torah en général se divisent en ces deux groupes Stoumot et Shtou.

 

Or, la Parashah de Vaye’hi commence immédiatement après - sans écart sinon d’une lettre et demi -  le dernier mot de la Parashah précédente Vayishla’h.

 

Après le mot Méod, dernier mot de Vayigash, et avant le mot de Vaye’hi, le premier mot de notre Parashah, il y a un tout petit espace, à peine indiqué. Le Midrash dit de cette Parashah qu’elle est  Stoumah Min HaStoumot - la plus fermée des fermées.

 

Lorsqu’un enseignement nous est donné tel que cela se passe dans les mondes d’en-haut. La Parshah est Stoumah fermée, on ne peut pas diagnostiquer pour les mondes d’en-bas.

Lorsqu’elle nous est donnée dans les mondes d’en-bas, alors elle est ouverte.

 

Une Parashah Stoumah est une Parashah totalement occultée, alors qu’une Parashah Ptou’ha est une Parashah explicite.

 

En d’autres termes :

Lorsque ce dont on parle se passe dans le monde des Séfirot cela est raconté en style de Parashah Stoumah. Lorsque cela se passe dans l’histoire dévoilée en bas, c’est raconté dans une Parashah Ptou’ha.

 

Alors le Midrash va étudier les raisons pour nous indiquer que cette Parashah est Stoumah.

 

Chap. 47 Verset 29 :

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי-יִשְׂרָאֵל, לָמוּת

Et les jours d’Israël s’approchèrent de mourir.

 

On a appris que ce n’est pas Israël qui va mourir : « Yaaqov avinou lo met ! » Israël est éternel dès qu’il devient Israël. Il y a un processus d’engendrement de cette identité qui est dans le temps. Et dès qu’elle est engendrée, elle a une dimension d’éternité qui dépasse le temps.

 

Donc, il ne s’agit pas du fait qu’Israël va mourir. Mais les jours d’Israël s’approchèrent de la mort au moment où Jacob qui est descendu en exil va installer l’exil. C’est-à-dire que les jours où Israël est au niveau d’Israël restent, et recommencent les jours où Israël n’est plus qu’au niveau de Jacob.  

 

Dans l’exil, Israël est au niveau de Jacob. En Erets Israël, Jacob devient Israël. C’est en revenant de son exil que Jacob reçoit le nom d’Israël. En repartant en exil, Israël reprend le nom de Jacob.

 

Les jours d’Israël s’approchent de la fin. Mais non pas Israël. Israël reste clandestin dans le processus Jacob, sans disparaître. Un juif est quand même un hébreu clandestin. Il y a ce caractère indélébile de cette partie de l’être juif qui est hébraïque, et qui est là bien que cachée sous des sédiments d’assimilations successives. C’est indélébile et irréversible mais non dévoilée, c’est dans la nuit...

 

47:29

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי-יִשְׂרָאֵל, לָמוּת, וַיִּקְרָא לִבְנוֹ לְיוֹסֵף וַיֹּאמֶר

Vayiqra livno leYossef

Il convoqua son fils Joseph…

 

La forme Qaro lé… appeler quelqu’un dans la forme du datif.

Le Midrash dit: parce que c’est Joseph qui a la possibilité de faire ce qui va lui être demandé : ne pas l’enterrer en Egypte. Et il y avait de quoi le demander parce que les égyptiens l’avait reconnu comme un des grands dignitaires de l’histoire du monde et l’aurait idolâtré. Jacob a une terreur absolue qu’ils fassent de lui une idole. Joseph d’ailleurs va faire comme lui en demandant á ses frères de faire pareil avec lui. Cela n’a pas empêché les Chrétiens d’adorer un fil de Joseph…

 

Rashi cite un Midrash sur ce verset : pourquoi cette précision « il appela son fils Joseph » ? Tous savent que Joseph est son fils ! Il aurait suffit de dire Vayiqra léYossef. Pourquoi Vayiqra livno léYossef ? En fait l’hypothèse serait d’abord de dire Vayiqra livno et cela suffirait.

 

…/…

lire la suite ici

 

*****

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Published by Rav Ashkénasi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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Clovis Simard 03/10/2012 13:30


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