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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 10:30

Vayishla’h 1971 - 3ème partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayichlah_serie_1971/cours_1

Face C

 

Rashi ajoute Davar A’her une 2ème explication :

J’ai séjourné chez Laban le Rasha, « l’homme blanc », et malgré cela je n’ai pas été influencé par lui, et Rashi ajoute en citant un Midrash « Tariag Mitsvot Shamarti et j’ai préservé les 613 commandements ». Garti « j’ai séjourné » guématria Tariag = 613

 

Imaginons à quelle pression nous avons été soumis chez Laban chez les blancs qui nous ont fait passé des nuits blanches comme dit Jacob : « même la nuit je n’ai pas dormi !». Et malgré cela nous sommes revenu avec un Shoukhan Aroukh sous le bras, 2000 ans après un voyage dans une telle civilisation. Faites attention á chaque terme : Shamarti j’ai préservé et non pas j’ai pratiqué : les Juifs n’ont pas pratiqué la Torah dans la Galout, ils l’ont préservé pour ensuite la ramener.

 

Q : mais la Torah n’est pas encore donnée ?

R : Il y a une explication du Midrash : Torah= 611 + les deux premiers du Sinaï ( Anokhi + vélo yiyeh lekha entendus par le peuple qui n’a plus supporté d’entendre les suivant et qui a demandé à Moïse d’être intermédiaire) le Dieu unique et l’idolatrie = 613. Si Jacob comprend ce que doit être la Torah, il sait qu’il doit y avoir 613 commandements. Il  y a d’autres manières de le montrer.

 

C’est préfiguratif de notre histoire.

Israël en Galout n’a pas vraiement pratiqué l’ensemble des 613 commandements mais seulement qurlques uns,  mais il les a préservé et les a ramené en Israël. Ce Rashi éclaire la portée de notre propre histoire :

C’est un effort gigantesque de vivre 2000 ans de clandestinité chez les Goyim comme nous les avons vécu et de s’en sortir avec la Torah et la ramener.

 

Pourquoi y a-t-il deux Rashi ?

On comprend très bien que Rashi pousse lui aussi la logique du texte. Il y a dans chacunes de ces paroles deux niveaux :

L’un qui concerne Esaü sur terre : « Je n’ai pas été autre chose qu’un métèque !»

L’autre qui concerne l’en-haut : « Je peut être appelé Israël car j’ai réussi à être le juif de l’exil et de ramener malgré tout le Shoulkhan Aroukh ! »

 

Q : Lors du combat avec l’ange, Jacob savait à l’avance qu’il le vaincrait qu’il serait Israël puiqu’il est Jacob qu’il doit lutter contre l’ange parce qu’il n’a pas lui-même de Sar ?

R : Cela c’est nous qui le savons et c’est cela le mérite des pères : il fallait à chaque étape inventer la suite. Exemple avec le sacrifice d’Isaac : on peut facilement argumenter que Abraham savait que Dieu allait l’arrêter ? Nous nous le savons, mais précisément Abraham, lui, ne le savait pas ! D’où son incompréhension et sa perplexité ! Un Midrahs dit que le Satan lui parle pour semer le doute dans son esprit pour lui démontrer que ce n’est pas Dieu mais le Satan qui lui a parlé… Le Satan se fait prendre pour Dieu en disant que c’était le Satan qui lui a donné cet ordre…  

Abraham le fait taire en disant qu’il sait ce que Dieu lui demande. La réponse est très forte d’ailleurs. Abraham est vraiment troublé par le fait que l’enfant de la promesse doit être sacrifié.  On pourrait penser que ce n’est pas celui-là mais un autre ? Mais le texte dit précisément « ton fils, ton unique, ton aîné, celui que tu aimes, Isaac... »

C’est justement une épreuve. Si Abraham est capable de rendre son fils alors il est à lui. C’est pour cela que dès qu’il fait le geste d’accepter, Dieu intervient : « ne fait rien à l’enfant » maintenant Je sais que c’est à toi...

Nous sommes dans cette seconde épreuve : celle d’Isaac : l’épreuve que le don de l’être que l’on a reçu, il faut en payer le prix. Quel autre prix payer que l’être lui-même ? Quel substitut on peut donner que l’être que nous avons reçu ?

Quelque soit nos mérites, ils ne contrebalancent pas le fait d’être puisque l’être préexiste à tout mérite. Par conséquent, si nous avons Pidyon Nefesh à payer le prix de notre être, il n’y a pas d’autre prix que notre être lui-même. Mais ce que Dieu nous demande ce n’est pas qu’on lui rende notre être, ce qui n’aurait aucun sens puisque c’est lui qui nous l’a donné. C’est tout à fait autre chose. A partir du moment où par un acte de volonté on serait prêt à le rendre, et il faut le faire, et si c’est sincère, c’est comme si on le rendait. C’est pourquoi c’est dramatique : alors à ce moment précis c’est acquis. Seulement pendant qu’on se trouve dans la péripétie on a vu vraiment.

 

En réalité toute la vie de ce monde-ci avec toutes ces terreurs, ces angoisses et ces doutes c’est un cauchemar et pas autre chose, mais c’est un cauchemar qui est vécu vraiment. Il faudrait analyser cela plus longuement.

 

Par exemple, Dieu dit à Jacob : « n’ai pas peur !»

A qui Dieu peut-il demander cela si ce n’est à celui qui est censé ne pas avoir peur ? Ou bien á quelqu’un qui est censé avoir peur ? Jacob ne doit pas avoir peur, mais c’est lui qui a peur. Et sa peur est vraie. Mais on sait d’autre part, et à postériori, ou même avant que au bout de cette peur, il n’y avait pas à avoir peur. Mais pendant qu’il est occupé à la peur, il a peur…

 

Midrash : au jugement dernier les Tsadikim auront peur et les Reshayim auront peur.

Les Tsadikim auront peur parce qu’en se retournant ils verront qu’ils ont traversé un immense précipice, ils seront effrayé de voir ce dont ils ont le courage de faire. Les Reshayim auront peur parce qu’en se retournant ils verront qu’il n’y avait qu’un fil à passer et qu’ils ne l’ont pas passé. 

 

C’est-à-dire qu’en réalité il n’y a qu’un fil à passer. Tant qu’on l’a pas passé c’est un précipice.

Alors on a peur ! Mais dés qu’on l’a passé on voit que ce n’était qu’un fil.

 

Jacob, occupé à lutter contre l’ange a peur beaucoup nous dit le texte. Et une fois vainqueur il est devenu Israël.

 

C’est cela la péripétie même de la vie.

 

Q : mais il a toujours peur d’Essav ?

R : Sauf quand il devient Israël, il n’a plus peur, mais les autres ont peur de lui.

Il faut se rendre compte de la panique que représente Israël dans le monde aujourd’hui. Parce que le monde entier reconnait, même sans voir lu la Bible, que c’est cet être qui est capable de « lutter contre les puissances célestes et contre les hommes et de pouvoir le faire ».

 

Q : inaudible

R :

Jacob lutte d’en-bas contre le Sar de Essav en haut et Dieu attend que Jacob gagne finalement contre lui-même puisque le Sar de Essav c’est aussi Dieu. C’est dire si l’épreuve est sérieuse. Ce n’est pas un effet de style littéraire, c’est la réalité que nous vivons à l’extérieur dans notre confrontation aux puissances des civilisations qui sont des mythes vivant qu’elles véhiculent etc... Abraham déjà avait réussi à détruire les idoles, c’est ce qu’Israël fait à travers l’histoire. Nous luttons contre des forces réelles.

 

Q :

R : Un Midrash pose votre question. Le texte dit : « Et Jacob a eu peur beaucoup »

Midrash : Pourquoi a t’il eu peur ?

Réponse : De peur qu’il n’ait pas assez de mérites.

De peur que ses fautes lui fasse perdre la partie. C’est exactement ce que dit la Mishnah des Pirqey Avot : « n’ai pas confiance en toi jusqu’au jour de ta mort ».

D’où la conclusion logique : Faire Teshouvah un jour avant sa mort. Ce jour étant inconnnu il faut faire Teshouvah chaque jour...

 

Q : inaudible

R : un Sar est vraiment un Sar Shel Maalah, c’est donc une vraie terreur de lutter contre de telles puissances. Elles sont un infini en soi.

Actuellement, déjà depuis une centaine d’années nous essayons contre l’assimilation de lutter avec les valeurs permanentes du judaïsme contre les grandes cultures des Goyim. …/…

Pour lutter contre ces géants que sont la culture grecque ou romaine... leurs universités...

C’est la manière d’être homme des Juifs et d’Israël, qui le veuille ou pas qu’il le sache ou pas, qui est Jacob luttant contre l’ange. Nous luttons vraiment contre ces forces infinies avec un bâton dans la main.

 

< fin >

 

***

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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