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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 12:14

Vayiqra (1994)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayikra/cours_1

Face B

 

Vayiqra (1994) 2ème partie

 

.../... 

Dans le principe tout Israël est « mamlekhet kohanim vegoy kadosh », par conséquent Torat Kohanim les concerne.

 

C’est la différence dans la Guémara entre les Pharisiens les Saduccéens et les Ésséniens dans la Guémara qui ne les nomme pas, mais c’est très clair. Très schématiquement

ð  l’option des Pharisiens c’est : le judaïsme pour tout juif à la manière des Kohanim, c’est le Shoulkhan Aroukh des Pharisiens : se comporter comme juif à la manière des Kohanim !

ð  l’option de type saducéenne : c’est un peu le judaïsme officiel du genre « juif du samedi et goï de la semaine ». On va à la prière de Shabat mais en voiture…

ð  l’option essénienne : l’option de pauvreté...

 

On étudiera cela dans la Guémara elle-même.

 

***

 

Pour la 1ère analyse il faut retenir cela:

Tout Israël est dans le cas d’être un Kohen, à sa manière.

 

Distinction entre l’option de sainteté négative : il y a échec lorsqu’elle reste à ce niveau négatif qui s’érige en étape ultime car ce n’est plus monothéiste. Il y a blasphème de s’opposer à ce qui est sain dans le naturel. Il faut s’opposer à ce qui est devenu corrompu, l’impureté. Mais ce qui est sain dans le naturel est saint du point de vue de la Torah. La Qedoushah naturelle est beaucoup plus profonde que la Qedoushah anti-naturelle. C’est l’enseignement du Rav Kouk.

 

Le Rav Kouk ajoutait et il fallait attendre son temps pour que cela se dévoile : dans la Galout nous étions condamnés à la Qédoushah du 1er niveau, anti-naturelle, tout simplement parce que l’environnement était hostile : il faut s’ériger contre pour rester soi-même. Alors que ce n’est qu’en Erets Israël qu’il peut y avoir coïncidence entre la sainteté et la nature. C’est la différence fondamentale entre la Torah vécue en Israël et celle vécue dans les guettos de la diaspora. Et c’est le grand différend entre les sionistes religieux et les ghettos juifs en Israël, les ‘Harédim de Bnei Braq etc... Ils continuent à avoir l’option de la sainteté contre la nature. Mais la nature c’est maintenant Israël ! C’est le drame parce que la réalité extérieure contredit leur réalité intérieure et cela rend violent. Les sociologues sont préoccupés par cela, par cette attitude de violence. Le parti-pris du ghetto en diaspora était une réaction de défense. En Israël, c’est un comportement de violence paroxistique. Ils n’ont qu’un souci c’est de détruire Israël car la réalité Israël dément leur option. C’est ce qui motive leur haine contre les sionistes religieux.

 

Il y a la haine des ’Hilonim contre les religieux parce que religieux, et la haine des ’Harédim contre les sionistes religieux parce qu’ils sont sionistes...

 

Je me rappelle des cours du rav Kouk qui nous faisait découvrir cela : comment un juif redevient hébreu ? Et cela commence par l’agriculture ! On lisait cela dans la Torah ! Il nous parlait des bananes saintes, des tomates juives ! Imaginez encore quelques années auparavant le miracle de manger des tomates juives ! Maintenant, on est habitué mais on ne se rend plus compte de quoi il s’agit ! Pendant 2000 ans on entend parler des fruits d’Erets Israël et subitement c’est vrai !

Réfléchissez-y bien. Nous sommes déjà une toute autre religion. Au niveau de la sainteté qui va avec la nature. Pourquoi ? Parce que c’est la nature qui va avec la sainteté. La preuve, dès que les Juifs sont arrivés dans ce pays, les bananes ont commencé à pousser… Je me rappelle des premières poires !

 

ð  Il y a la sainteté opposée à la nature. Et les théologiens l’appelle Qédoushah Al Tivit au-dessus de la nature.

ð  Et la Qédoushah Tivit qui est la vraie Qédoushah.

 

****

 

Etude d’un verset :

וַיִּקְרָא, אֶל-מֹשֶׁה; וַיְדַבֵּר יְהוָה אֵלָיו, מֵאֹהֶל מוֹעֵד לֵאמֹר

Vayikra el-Moshe

Il appela Moïse

vayedaber Adonay elav

Et Hashem lui dit

me'Ohel Mo'ed lemor

depuis le tabernacle pour dire…

 

On pourrait rester des heures sur ces trois mots : Vayiqra El Moshé

Sous-entendu Dieu n’apparait pas dans le verset, il appela Moïse et en particulier le fait qu’il y ait un petit Alef…Rdv l’année prochaine pour l’étudier.

 

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֵלָיו, מֵאֹהֶל מוֹעֵד לֵאמֹר

vayedaber Adonay elav

Et Hashem lui dit

Qui l’appella et pourquoi est-ce écrit ainsi ?

me'Ohel Mo'ed lemor

depuis le tabernacle pour dire…

 

Auparavant, on avait appris qu’à la fin du livre de Shemot la révélation ne se fait plus que dans le Tabernacle. Alors qu’à partir du Sinaï elle était universelle pour toute l’assemblée. Après la faute du  veau d’or c’est particularisé dans le tabernacle.

 

Il y a différents niveaux de révélation dans la Torah

-Torah mi Sinai

-Torah meOhel Moed

-Torah Bamidbar

 

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן, לַיהוָה--מִן-הַבְּהֵמָה, מִן-הַבָּקָר וּמִן-הַצֹּאן, תַּקְרִיבוּ, אֶת-קָרְבַּנְכֶם

 

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם

Parles aux enfants d’Israël et tu leur diras...

Il y a ici un problème à étudier : il est important de savoir pourquoi est-ce employé ici de cette manière à propos des sacrifices ?

Daber parler durement midat hadin

Emor parler avec douceur midat hara’hamim

 

Il y a un verset qui dit [Shémot 19:3] :

כֹּה תֹאמַר לְבֵית יַעֲקֹב, וְתַגֵּיד לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל

Ko tomar leVeit Yaaqov

Ainsi tu diras ‘Amor’ à la maison d’Israël :

Et le Midrash nous dit que Beit Yaaqov il s’agit des femmes d’Israël.

Et tu expliqueras aux enfants d’Israël

Daberim qashim... la parole dure et la parole tendre.

Chaque fois qu’il y a un texte avec Daber c’est la midat hadin qui parle.

Chaque fois qu’il y a un texte avec Emor c’est la midat hara’hamim qui parle.

 

Ici nous avons les deux :

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם,

 אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן, לַיהוָה—

מִן-הַבְּהֵמָה, מִן-הַבָּקָר וּמִן-הַצֹּאן, תַּקְרִיבוּ, אֶת-קָרְבַּנְכֶם

Daber el-beney Yisra'el ve'amarta alehem

adam ki-yakriv mikem korban l'Adonay

min-habehemah min-habakar oumin-hatson takrivou et-korbankhem.

 

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם

Daber el-beney Yisra'el ve'amarta alehem

Parle leur durement de telle sorte que tu puisses leur dire gentillement ce qui va suivre...

 

Vous voyez que la nuance en hébreu est très importante. Reliez cela au fait qu’il va s’agir des sacrifices. Lorsque je dis « sacrifice » c’est dans sa conception hébraïque et non dans son acception française. Pas dans le sens français ou paien de déperdition de bien en vue de se prémunir du châtiment éventuel d’un mal possible. L’action sacrée en latin c’est une déperdition de bien en vue d’expier.

Ce n’est pas du tout cela en hébreu : Korban en hébreu c’est une offrande d’approche, une approche d’offrande. Lehaqrid qorban : apporter approcher une approche. La traduction en français change de registre et de mentalité : apporter ou faire un sacrifice = se sacrifier.

 

אָדָם Adam

« Lorsqu’un homme Adam »

Ènormément de Midrashim font remarquer : il n’est pas écrit Israël ou Yehoudim mais Adam ! C’est dire que ce comportement du culte des sacrifices, c’est le comportement de l’homme. Il faut être un homme pour faire la Avodah.

 

אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן, לַיהוָה

« Qui approchera de vous un qorban pour Hashem. »

 

Ici se greffe un sujet très important. C’est une discussion importante qu’on a l’habitude d’accrocher à Maïmonide : est-ce que la Torah a demandé de faire des sacrifices ou bien a t’elle toléré ce comportement paien connu des sacrifices en le légiférant dans une sorte de concession faite aux Hébreux pour éviter l’idolâtrie ?

En faisant le raisonnement suivant : les Hébreux avant d’accéder à la Torah étaient habitués à sacrifier comme tous les païens, leur interdire le culte des sacrifice ne les empêchera pas de le faire quand même en violant la Torah. C’est pourquoi il faut leur permettre sans violer la Torah. Tout ce qui leur sera demandé c’est que leurs sacrifices soient donnés à Dieu et non pas aux idoles.

 

2 thèses :

ð  la Torah impliquait les sacrifices.

ð  la Torah a toléré les sacrifices en les exigeant pour Dieu.

 

On va d’abord lire la 2ème thèse qui est officillement attribuée à Maïmonide.Et nous avons un texte qui va expliquer cela.

 

Cf. le texte de Shmouel avec Shaoul : Dieu préfère l’obéissance à Ses lois plutôt que les sacrifices que fait le peuple. Nous avons également étudié un chapitre de Jérémie. C’est une idée importante que Hashem n’a pas besoin de sacrifice et pourtant nous avons un livre entier qui demande des sacrifices ?

 

Je vais commencer, et mon vocabulaire va concerner la 2ème thèse : Je vais m’appuyer sur un mot : Adam. Le culte c’est le comportement de l’homme, le culte c’est le propre de l’homme : ce que la Tora demande c’est que le culte soit adressé à Dieu uniquement, et non pas aux divinités partielles que sont les idoles. On va le lire en hébreu

 

אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן, לַיהוָה

adam ki-yakriv mikem korban l'Adonay

adam ki-yakriv mikem / korban / l'Adonay

 

Le Taam sous le mot Korban est un accent disjonctif :

http://bible.ort.org/webmedia/t3/0102C110.gif



Je traduis :

« Un homme lorsqu’il approchera de vous un sacrifice lashem ce sera pour Dieu ».

Nous avons ici un 1er enseignement : la Torah nous avertit que les sacrifices ne sont permis que dans la mesure où l’intention est envers Hashem : « lashem »

 

Vayiqra chapitre 7.37:

On retrouve la même idée mais en plus explicite encore.Nous sommes toujours sous la définition de la 2ème thèse:

 

Tsav 7:37

זֹאת הַתּוֹרָה, לָעֹלָה לַמִּנְחָה, וְלַחַטָּאת, וְלָאָשָׁם; וְלַמִּלּוּאִים--וּלְזֶבַח, הַשְּׁלָמִים

Zot hatorah la'olah lamin’hah velachatat vela'asham velamilou'im ulezevach hashlamim.

Voici la loi de la olah, la min’hah, la ‘hatat (le sacrifice d’expiation pour les fautes), et la ashan (une autre catégorie d’expiation de faute volontaire) la milouîm (les sacrifices pour s’acquitter d’une dette complémentaire) et des sacrifices de paix (shelamim les sacrifices de convivialité)

 

7:38

אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינָי:  בְּיוֹם צַוֹּתוֹ אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לְהַקְרִיב אֶת-קָרְבְּנֵיהֶם לַיהוָה--בְּמִדְבַּר סִינָי

Asher tsivah Adonay et-Moshe behar Sinay

beyom tsav'oto et-beney Yisra'el lehakriv et-korbeneyhem l'Adonay bemidbar Sinay.

Que Hashem a ordonné à Moïse sur le mont du Sinaï

[Et cette lecture semble contredire ce que l’on vient de dire : voilà que Dieu a ordonné ?]

Le jour où Il a commandé les enfants d’Israël

d’approcher leur sacrifice à Dieu dans le désert du Sinaï.

 

Donc ces 2 versets récapitulent l’ensemble de l’intentions de la Torah des sacrifices dans l’ordre de la 2ème thèse, de manière absolument irréfutable.

 

On les rattache à notre 2ème verset de Vayiqra:

אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן, לַיהוָה

adam ki-yakriv mikem korban l'Adonay

« Un homme lorsqu’il approchera de vous un sacrifice lashem ce sera pour Dieu »

quand vous approcherez un sacrifice ce sera pour Dieu...

 

Ce n’est pas nécessaire d’expliquer beaucoup. Je vais vous donner une question de vocabulaire qui vous aidera à comprendre : cela veut dire que la définition minimum de tout paganisme c’est d’adresser le culte, la tendance au culte, l’offrande du sacrifice, le don de soi et ce qui appartient à soi, à un idéal partiel et non pas à Hashem qui est l’unité des valeurs. C’est cela le paganisme.

 

Je vais vous donner une étymologie en français : c’est la relation étymologique entre l’idéal et l’idole. L’idéal c’est l’idole laïcisée. Et d’ailleurs le comportement païen moderne, c’est d’être idolâtre d’un idéal. Voir à quel point on a gardé le vocabulaire de l’idolâtrie: les jeunes parlent de leur idole comme une star : c’est l’idole ou le héros de la mythologie païenne.

 

La conscience juive traditionnelle est très exigeante : tout idéal est suspect dans la mesure où ce n’est pas l’idéal Hashem de l’unité des valeurs.

C’est vrai à tous les niveaux de comportement de l’homme, sociologiquement, psychologiquement, historiquement, politiquement, religieusement...etc. Dès qu’on est donné à une valeur partielle, il y a un danger d’idolâtrie !

 

Cela résoud le problème de la définition de Maïmonide en l’insèrant dans la Torah :

Cela veut dire que la Torah prend pour principe qu’il est normal que l’homme ait un culte. Et ce qu’elle demande c’est que ce culte soit adressé à Hashem et indique comment le culte est fait pour Hashem. Elle nous donne alors le détail du sacrifice qui doit être fait pour être cachère parce que pour Hashem et non pas pour les divinités partielles. La Torah prend pour principe qu’il est normal que l’homme ait un culte mais elle canalise cela envers Hashem et non envers une valeur, un idéal partiel.

 

Ex : ces gens qui ont l’idéal de justice qui transforme les gens en bourreaux. Avec une mauvaise volonté on peut condamner n’importe qui avec le code comme il est. Quelqu’un se met au service de la justice : n’agit-il pas en se mettant au service de la vengeance, de la méchanceté, la jalousie, la rivalité? Se mettre à la place de la justice immanente est très dangereux.

A ce niveau, l’enseignement de la Guémara est impitoyable: On fait venir un mérite par celui qui mérite. On fait venir une punition par celui qui mérite d’être puni. La main qui frappe sera frappée...

Très souvent dans la vie, les gens qui sont véhèments à dénoncer des manquements, il s’agit de vengeance ou de méchanceté, de jalousie, de rivalité et non d’un souci de justice...

 

Les deux choses sont vraies, et donc il ne faut pas manipuler Maïmonide en lui faisant dire ce qu’il n’a pas voulu dire. Il n’a jamais voulu dire qu’offrir un sacrifice c’est mal. Il a voulu dire que l’acte de sacrifice est un comportement humain, l’offrir aux idoles c’est mal et la Torah l’a autorisé si c’est offert à Hashem ! Ce qui veut dire à la limite : n’offre pas de sacrifice si tu n’es pas sur que c’est à Dieu que tu l’offres. J’espère qu’on a suffisament réduit la différence des deux thèses. Il faut étudier Maïmonide dans le texte.

 

Maïmonide a écrit un grand livre sur le code, à part le code du Mishnei Torah, qui s’appelle le Sefer Hamitsvot où il y a 12 principes de définition de ce qui est dans le cas d’obligation de commandement. Il y a un grand principe, je crois le 6ème , qui dit que ce qui est considéré comme un comportement naturel n’est jamais ordonné par la Torah. Ce que la Torah ordonne c’est comment se conduire dans ce comportement, mais jamais le comportement lui-même. Pour une raison théologique très profonde : parce que la Torah ne peut pas commander là où l’on n’est pas libre. Et si c’est un comportement naturel, on n’est pas libre. Là où l’homme est libre c’est dans la forme de la conduite. Il prend alors des exemples : il n’y a pas de commandement du mariage : d’où la difficulté à persuader un célibataire pieux avec un verset qui n’existe pas, mais ce sont de simples allusions. Il n’y a pas de verset non plus qui dit qu’il faut manger ! Parce que l’homme n’est pas libre de ne pas manger : mais une Parashah entière Shemini indique ce qu’on peut manger sans risque... De même il n’y a pas de commandement d’imposer des sacrifices : c’est un fait de la nature humaine… Cf : le culte païen laïcisé de la discothèque et de la danse comme base de la rencontre amoureuse. Un homme vivant est en situation de culte du matin jusqu’au soir mais de façon plus ou moins camouflée. Alors la Torah ne peut pas donner un Mitsvah : soit cultuel ! Mais la Torah va nous dire : pour que ton culte soit authentique, voilà comment il faut qu’il soit fait… Donc il n’y pas de conflit entre Maïmonide et Maïmonide, il faut le lire dans le texte.

 

Q : On peut dire qu’Abraham était non pratiquant, il n’a pas approché Dieu avec le culte ?

R : vous avez lu la Bible ? Relisez l’histoire d’Abraham, vous verrez le nombre de fois où il a fait des sacrifices. C’est croire que les descendants d’Abraham du 20ème siècle qui font la prière sont supérieurs à Abraham qui faisait des sacrifices et qui savait aussi faire la prière ?

On a oublié ce que c’est que faire un sacrifice : c’est le comportement d’approcher soi-même une valeur que l’on reconnait comme transcendante. Et alors la Torah l’interdit à toute valeur partielle comme l’indique notre verset: tout Korban doit être Lashem !

 

אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן, לַיהוָה

adam ki-yakriv mikem korban l'Adonay

 

J’ai souvent des discussions de ce genre.

Un étudiant en médecine, devenu juif très pieux par la suite et savant, était venu me voir embêté : je devine la présence d’une sagesse perdue dans vos règles de cashroute. Je veux bien manger cachère à condition de savoir comment cela fonctionne. Je lui ai dit : d’accord à condition que tu fasses toi-même le raisonnement pour manger tout court. Que tu décides de ne pas manger tant que tu ne sais pas comment fonctionne le système digestif ! Tu vas mourir de faim entretemps ! C’est la même chose !    

 

Autre exemple : ceux qui ne comprennent la nécéssité des sacrifices… mais l’acte de sacrifice est toujours nécessaire pour l’acte de manger ! Il y a une espèce d’orgueil d’ignorance des modernes qui pensent aux anciens comme à des primitifs.

 

Histoire de ma jeunesse au lycée français, au programme de 6ème les grandes civilisations : un chapitre sur les Hébreux sur lequel j’ai entendu plein de bêtises. Ce qui est facilement généralisable aux autres civilisations étudiées ! Les modernes ne se sont jamais rendu compte de l’inconséquence pour les Grecs dont le génie est reconnu dans tous les domaines mais c’est l’incompréhension total au niveau religieux car les modernes ne comprennent pas ce que cela signifiait pour eux. Il faut bien se méfier de cela et ne pas concevoir Abraham comme un préhistorique. Abraham met fin au culte païen en enseignant qu’on ne sacrifie pas un fils mais un bélier. Toute la vie, du matin au soir, l’homme est en situation de culte.

 

Cours d’éthnologie pour ma licence de philosophie: étude des superstitions de l’homme moderne.

Folklores, gestes quotidiens qui sont du culte camouflé. L’homme moderne est pétri de superstitions sans s’en rendre compte. Il y a des superstitions folkloriques connues. On ne passe pas sous un échelle, on n’allume pas trois cigarettes à la même allumette… mais il y a aussi beaucoup plus grave que cela.

 

Exemple : j’ai étudié une page de Guémara là-dessus où il est interdit de dire à sa femme je t’adore : c’est un comportement idolâtre. C’est du culte.

 

J’ai étudié dans Maïmonide qu’il y a des musiques interdites. Ecouter de la musique est un comportement religieux profond dont vous n’avez aucune idée. Exemple de musique idolâtre, pour Maïmonide c’est dans la musique arabe où c’est beaucoup plus tellurique, païen et dangereux. Des musiques comme la fugue : ce sont 2 thèmes musicaux qui n’arrivent jamais à se rejoindre : Maïmonide nous dit que c’est une musique interdite, païenne. Cela renvoie à une expérience métaphysique spirituelle profonde du dualisme. Mais le moderne n’est plus capable d’éprouver cela en dehors d’une vague sensibilité artistique alors c’est permis, toléré. Mais c’est toujours un comportement religieux profond et païen. Les mélomanes sont en situation de ferveur religieuse. Il y a des musique païennes. Le psychisme de l’homme moderne ne peut plus ressentir de quoi il s’agit. Mais cela ne veut pas dire que cela ne l’impressionne pas. La fugue est germanique. Cela va très loin.

 

< fin >

*****

 

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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