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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 22:39

VAYIGASH (1984) - 2ème partie.

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayigache/cours_1

Face B

 

.../...
Et cela arrive à la fin des jours de l’exil.

Si on rassemble tous ces éléments on voit qu’apparait un profil d’identité extrêmement important :

=>  La tentative de Joseph c’est l’exil.

=>  La tentative de Judah, c’est Erets Israël.

 

Lorsque Joseph est né, il commence à rêver de la vocation de diaspora, de l’exil. Les frères étaient déjà adultes dans le pays de Laban et avaient déjà eu cette expérience de la vocation d’exil : se mettre au service des troupeaux de Laban et en avaient déjà diagnostiqué l’échec. Et par conséquent, ils avaient déjà fait un bilan définitif : avec cette dimension de la messianité proche de celle des Patriarches aussi, se mettre au service de la civilisation extérieure, aboutit à un échec. Les frères de Joseph, Juda et ses frères, avaient déjà diagnostiqué cet échec. Joseph vient à peine de naître lorsqu’ils quittent l’exil et n’en a pas l’expérience. Il recommence cette histoire, et c’est pourquoi ils le font passer en jugement.

 

Par conséquent, la tentative de Joseph pour elle-même c’est la diaspora ; la tentative de Juda  pour elle-même, c’est Erets Israël ; et finalement, apparait l’identité de Benjamin qui précisément est définie à sa naissance même comme étant celui qui doit mettre fin à la tentative de Joseph pour rejoindre la tentative de Juda.

 

C’est là le 1er thème tel qu’il nous apparait, et le diagnostic de l’identité de Benjamin au temps  contemporain est très important à faire : la génération de notre temps qui a mis fin à l’histoire de la diaspora – cette histoire de la diaspora qui devenait de plus en plus l’histoire de Joseph en Egypte – se mettre au service de l’humanité extérieure contemporaine,  ce diagnostic que le Joseph de notre temps a fait - c’est-à-dire le juif le plus assimilé apparemment que l’on pourrait prendre pour le Pharaon lui-même selon l’expression biblique « ki kamokha kéParo » -  c’est lui qui diagnostique que sa propre tentative mène à la perte de l’identité d’Israël, c’est lui qui y met fin et déclenche le retour – cette génération-là de notre temps reproduit le schéma d’identité de Rachel , la matrice des engendrements dans l’exil, qui disparait au moment de la fin de l’exil mais qui engendre Benjamin qu’elle a conçu dans l’exil dans la plus grande douleur et c’est l’enfant de la plus grande force - Ben Oni a les deux sens – qui conduit à la fin des temps d’exil.

 

Je crois qu’il s’agit très clairement de la génération des fondateurs de l’Etat d’Israël qui sont sortis de la plus grande catastrophe de la mort de Rachel – la Shoah – et qui ont fondé, dans la plus grande force, le pays d’Israël.

 

Par conséquent, l’identité de Benjamin a déjà, dès l’origine, une place considérable dans ce qui est en question dans ce problème de l’unité des frères entre Joseph et Juda.

 

Au 1er stade c’est Joseph qui réussit à faire descendre Benjamin chez lui. Et finalement il y a une déconnection de toute la famille de Jacob et de ses enfants avec Erets Israël, pays de la promesse et du projet d’identité qui commence avec l’histoire d’Abraham. Cela va durer 210 ans de black-out entre la fin du livre de la Genèse et le début du livre de l’Exode : il n’y a aucune parole prophétique, c’est la nuit, la déconnection complète. On a rejoint Joseph et on est perdu dans la nuit. C’est le thème des étoiles dans la nuit du rêve de Joseph… Mais c’est la nuit !

 

C’est important de voir que lorsque Biniamin rejoint Yossef, il n’y a plus d’Erets Israël et lorsque Biniamin rejoint Judah, il n’y a plus de diaspora.

 

Tout cela dans notre temps contemporain est en cours, mais il y a déjà un seuil qui a déjà été traversé : Biniamin est né ! Il est né très exactement comme l’explique Rashi dans la notion de Ben Yamim. Au moment de la plus grande souffrance, dans la plus grande force, à la fin des temps d’exil, en Erets Israël. Conçu à Vienne mais né à Jérusalem. Non, c’était à Bâle… [Ndlr : Theodor Herzl (1860-1904), de son nom hébreu Benjamin Ze'ev (בנימין זאב), fondateur du mouvement sioniste au Congrès de Bâle en 1897.]

 

 

Lorsque je vivais en diaspora, on pouvait retrouver ce profil d’identité de Benjamin au niveau de la communauté juive dans ce qu’on appelle les mouvements de jeunesse. Or il est bien évident que le mouvement de jeunesse juif en tant que tel, avait opté pour Juda contre Joseph.

Il y aurait peut-être une thèse à faire à ce sujet, mais je ne sais plus si c’est valable actuellement.

 

Exemple français : tout le folklore du mouvement de jeunesse est « un folklore bleu et blanc » : tout se passe comme si Benjamin de notre histoire de notre temps a choisi pour Juda et pas du tout pour Joseph. Il n’y a aucun mouvement de jeunesse, en diaspora même, militant pour la diaspora. Ils n’existent que parce qu’existe Israël.

 

Q : Aujourd’hui, parmi des descendants des fondateurs du pays certains font leur Yéridah ?

R : il y a 500 000 israéliens à l’étranger et parmi ceux-ci tous n’étaient pas de la génération Benyamin, la génération des fondateurs. Il n’y a pas de doute que depuis la guerre des 6 jours, les fondateurs et les enfants des fondateurs de Kiboutsim eux-mêmes, les fils des fondateurs, font leur Yéridah. D’ailleurs il n’est pas sûr que cette Yéridah soit définitive.

Mais dans tous ces mouvements qui touchent l’histoire d’une collectivité il y a des temps de tri. Cela ne se fait pas de façon magique chacun ayant une case pré-établie... Il y a un Birour qui se fait.

   

Par exemple dans les programmes des écoles israéliennes, on apprend de façon très détaillées la 1ère Aliah, la 2ème Aliah, …etc. Il n’en est resté qu’une poignée, alors que la Aliah massive des yéménites personne n’en parle. Eux sont restés presque tous.

Avec ce genre d’événement, lorsqu’il touche une collectivité, il y a un Birour qui se fait. C’est mis en jeu, mais pour ce qui concerne la destination ce n’est pas clair où cela va, donc cela peut ne pas aller... Il y a une règle catastrophique du 1/5ème qui réussit : lorsque 5/5ème sont mis en jeu dans une aventure, il y a 1/5ème qui réussit.

 

Dans notre schéma : lorsque Benjamin a rejoint Yéhoudah, alors c’est lui Erets Israël. Mais lorsque Benjamin n’a pas vraiment rejoint Yehoudah, alors il fait sa Yéridah. Ceux qui descendent du pays ce ne sont pas ceux des fondateurs qui ont rejoint la Torah.

 

Il y a un grand malentendu entre la diaspora et Israël : c’est que la diaspora se prend pour la diaspora d’Israël et s’y prend avec une naïveté sincère. En réalité, il s’agit de la diaspora du Bayit Shéni détruit par les Romains il y a 2000 ans, et qui se trouve contemporaine du commencement du Bayit Shlishi et qui se dénomme diaspora d’Israël alors qu’elle est la suite de la diaspora du Bayit Shéni mais forcément solidaire du Bayit Shlishi d’aujourd’hui.

 

En 1948, à la fondation de l’état, le peuple juif de diaspora pouvait dire légitimement que c’est son état, parce que c’est lui qui l’a fait : Le peuple juif a fait l’état d’Israël en 1948 mais déjà à la génération des fils ce n’est plus vrai. La génération des fils ne se considère pas comme la diaspora d’Israël. Mais on continue à le dire par habitude de langage. Il y a un problème de régularisation d’identité dans la diaspora, pas en Erets Israël.

 

C’est un problème différent de la Aliah : l’objectif est de quitter l’Egypte et de faire la Aliah.

Mais le problème de la Aliah est un problème complexe étant donné la nature des obstacles qui s’y introduit.

 

Derrière ce problème de la Aliah un problème beaucoup plus important, celui de l’identification. C’est à dire si vraiment un juif se considère comme une diaspora d’Israël, il y a une régularisation à faire. Mais ce problème aujourd’hui n’existe pas : ils sont vraiment des israéliens de l’étranger, ils sont des israéliens en diaspora, beaucoup plus que les Juifs qui n’ont jamais fait leur Aliah. 

 

Décidément Benjamin a choisi pour Juda. Ce pays a été fondé par un mouvement de jeunesse : le mouvement sioniste est un mouvement de jeunesse, mouvement de révolte contre l’identité antérieure. L’identité juive antérieure était à l’indice Joseph. Le mouvement de jeunesse s’est révolté contre et a fondé l’Etat d’Israël, et est à l’indice Juda, et c’est irréversible.

 

A l’échelle individuelle, il y a inévitablement un tri qui se fait.

Il y a une statistique qui est toujours mise de côté et n’est jamais étudiée : la proportion de sionistes religieux qui descendent est minime par rapport aux sionistes non religieux.

Par conséquent, lorsque Benjamin choisit Yehoudah vraiment c’est irréversible.  

 

J’essaie de donner une analyse optimiste de ce récit. 

Mais lorsque cela se produit tous les « ’Has vé shalom » sont possibles... je devrais dire tous les « Shass ve’halom »...

 

Nous étudierons l’opposition des tendances des deux messianités aux temps contemporains à travers l’enseignement du Rav Kook et le Hesped qu’il a donné à la mort de Herzl.

 

On ne voit que deux identités principales parmi les autres, puisque chacune des tribus a sa vocation propre dans cette identité commune, Joseph d’un côté et Juda de l’autre, lorsqu’ils sont isolés l’un de l’autre dans une équation de division du travail, finalement s’opposent l’un à l’autre. Il y a un ordre comme dans le récit.

 

C’est Joseph qui le 1er reconnait ses frères : cela signifie que c’est la tendance Joseph qui d’abord diagnostique que l’autre est aussi Israël. Je pense qu’on est à peu près à la fin de ce stade.

La 2nde tendance Juda, n’a pas encore reconnu Joseph, mais cela vient.

La 1ère phase est acquise : pour un sioniste non religieux, un juif religieux est quand même un juif.

Tandis que pour un juif religieux, un juif sioniste non religieux c’est « quand même » un juif mais enfin pas tout à fait...

C’est notre récit : Joseph est bien obligé de reconnaitre ses frères comme ses frères, mais chez ses frères il y a une réticence de ses frères jusqu’au bout, mais finalement ils finissent par se reconnaître.

 

Je voulais mettre en évidence le facteur Benjamin qui nous éclaire pourquoi dans ce récit de l’opposition de Joseph et ses frères, c’était Benjamin qui en était l’enjeu.

 

C’est dire que, bien au-delà de la vérité légitime de l’intérêt personnel de Joseph d’avoir Benjamin avec lui, il y a quelque chose de plus profond : Joseph tient que l’adhésion de ses frères à sa vocation de la messianité soit entière et sans réticence.

 

Nous avons là les éléments du problèmes : si c’est la diaspora qu’il faut jouer, alors on va la jouer totalement et on ne peut pas la jouer avec une arrière pensée. De la même manière, si c’est Erets Israël qu’il faut jouer, on va la jouer totalement, et on condamne Joseph à mort...

 

Q :

R : dans l’ensemble de l’identité des tribus, d’après notre thème, le profil d’identité de Binyamin est très précis : c’est lui qui est né en Erets Israël. Par conséquent, le diagnostic d’analogie que nous avons c’est vraiment ce qu’en hébreu on appelle les Tsabarim : c’est celui qui porte en lui la résurrection de l’identité hébraïque dégagée de l’identité de Galout. En poussant à la  limite, de la même façon qu’au niveau d’Abraham, Abraham n’est Abraham que lorsqu’il est dégagé de son identité hébraïque araméenne, au niveau contemporain, Benjamin n’est vraiment Benjamin que lorsqu’il a dégagé son identité de l’identité juive elle-même. Dans l’ordre de la comparaison des couples « araméen-hébreu » et « juif-israélien ». 

 

Il n’y a pas de doute que ce phénomène est apparu que lorsque le juif revenu de Galout dans la vocation de fondation de l’Etat d’Israël s’est dégagé de l’identité juive (identité galoutique et valeurs du judaïsme, au moins provisoirement), alors il apparait en porte-à-faux avec les valeurs de Juda dont il est en réalité le serviteur puisqu’il a quitté Joseph pour Juda.

 

Nous sommes dans une génération où toutes ces manières d’être juifs et israéliens à différents degrés sont en pêle-mêle et mélangées. Il y a une différence de nature entre ceux qui sont nés du pays mais conçus en exil, et ceux qui sont venus de l’exil dans le pays.

 

C’est cela le profil de Benjamin et il n’y a pas de doute que la faute du pays c’est ce Benjamin-là et elle est sortie de la plus grande douleur au moment où la matrice de l’exil l’a mise au monde et a disparu. Avec l’apparition d’Israël la diaspora a disparu. C’est contradictoire car pourtant la diaspora forme les 4/5 du peuple juif. Et cela semble bien vivant. En réalité, depuis les événements de la 1ère guerre mondiale – l’apparition de Benjamin dans notre schéma : la déclaration Balfour de 1917 - jusqu’à nous, toutes les diasporas ancienne ont été détruites. Et aujourd’hui il ne reste de diasporas que des rassemblements de rescapés d’anciennes diasporas détruites. Il n’y a aucune diaspora originelle dans la diaspora contemporaine. Il y a un phénomène de population qui cherche son identité mais les diasporas anciennes ont toutes disparu, exceptés les folklores locaux. 

C’est partout le phénomène de retard.  

 

Toutes les diasporas ont été détruites par la 1ère et la 2ème guerre mondiale et par le phénomènes de la décolonisation qui ont fait disparaître les communautés des pays d’Islam pour les rapatrier en pays ashkénazes ou en Israël. Il y a donc une diaspora illusoire, secondarisée, fantomatique, folklorique, mais la véritable identité de diaspora légitime a disparu.

 

Le problème d’identité contemporain n’est pas du tout pour Israël. Pour Israël c’est un problème de difficulté d’être, mais les problèmes de définition d’être est toujours celui de la diaspora.

 

Il y a une espèce de panique pour la Aliah dans la diaspora qui, par une fausse pudeur inversée, grève le problème d’identification. Le problèmes d’identification est plus important que celui de la Aliah. Une fois réglée le problèmes de l’identification la Aliah se fait naturellement.

 

Il y a deux notions qu’il faut séparer : la solidarité de tous les Juifs, quels qu’ils soient, où qu’ils soient. Cette solidarité existe dans le deux sens, c’est irréversible, le monde entier nous y oblige. 

Elle joue à différents niveaux, et d’autre part il y a le problème d’identification. Pour élucider ce problème il faut un effort de lucidité de la part de la diaspora qui consiste à se reconnaître comme la diaspora du Bayit Shéni, contemporaine du Bayit Shlishi. 

 

Autrement il y a un phénoméne réciproque de parasitisme :

Les Juifs de diaspora viennent en pélerinage dans l’état d’Israël, comme en terre sainte au temps des Turcs. Et lorsqu’on se définit comme Juifs de diaspora séparés de l’histoire d’Israël israélienne alors on vient ici en parasite puisqu’on n’aurait pas pu y venir sans l’état d’Israël.

Et inversement les dons envoyés à Israël sont en fait le parasite des Juifs de diaspora.

 

Au niveau de la solidarité il faut en exploiter tous les niveaux et les possibilités de solidarité car elle est sincère quelque soit les apparences. Au niveau de l’identité, il n’y a aucun compromis possible : on est soit Joseph, soit Judah ! L’un est exclusif de l’autre ! Lorsque Joseph est Joseph, il n’est que ça : il est au service du pays dans lequel il se trouve, en tant que juif. 

 

J’ai moi-même vécu cela au niveau individuel, jusqu’au moment où je me suis aperçu à quel point c’était une histoire de fou.

J’ai découvert que la bible était en hébreu et non pas en français. Cela veut dire que ce qui a sauvé le Joseph de notre histoire c’est qu’il n’a pas cessé de rêver en hébreu : lorsque l’on parle de lui à Pharaon on dit «Naar Ivri » un hébreu. On rêve dans la langue de son âme. Le jour où l’on commence à rêver en hébreu, c’est gagné. Ce n’est pas important si c’est en noir et blanc ou si c’est en couleur. Cela a un autre sens.

 

Q : Rachel disparait avec l’arrivée de la Galout ?

R : la réponse est dans la question : à partir du moment où on a compris que Ra’hel est la matrice de l’exil, alors la diaspora disparait en arrivant en Erets Israël. Elle a été capable de concevoir en son sein Benjamin et c’est Benjamin qui est cette dernière chance d’Israël et qui a fait que le peuple juif arrive en Israël. En mettant au monde Benjamin elle disparait. C’est pourquoi, j’ai tenu à donner ce coup de projecteur : il ne faut pas se tromper sur l’illusion diasporique contemporaine. Ce sont des communautés très artificielles indexées sur des cités étrangères. Ce n’est plus, ce ne sera plus, la vie juive d’avant Erets Israël. 

 

D’un autre point de vue, lorsque Jacob donne ses consignes à Joseph, il emploie lorsqu’il parle de la mort de Rachel, l’expression [Gn. 48.7] : « מֵתָה עָלַי רָחֵל Métah Alaï Ra’hel » « Ra’hel est morte sur moi (pour moi) ».

C’est un idiome hébraïque courant venant de ce verset. 

Le Midrash lit : « Alaï » à cause de moi.

 

En effet, le Midrash explique que Jacob, bien que ce soit avant la révélation de la Torah -  a violé une règle de la Torah en épousant deux sœurs. Les Patriarches vivaient la Torah avant même le temps où elle est donnée en obligation. La Torah de la descendance des Patriarches n’est que l’identité des Patriarches retransmise en obligation pour leurs descendants.  

La manière d’être des Patriarches nous est donnée en Torah sous forme d’obligation.

 

Etant donné que c’est au moment où il a épousé Ra’hel, qu’il était en faute, Ra’hel disparait à l’arrivée dans le pays d’Israël. Tant qu’ils sont en ‘Houts Laarets la Torah n’a pas force de loi et c’est possible par définition. Avoir deux femmes signifie celle qui est la matrice d’Erets Israël et celle qui est la matrice de la Galout.

 

Dès que l’identité Jacob arrive en Erets Israël, Ra’hel disparait. C’est un peu ce que nous vivons de notre temps et les Juifs de diaspora le pressentent très profondément, parfois pas seulement inconsciemment. Cela explique la véhémence de leur discours lorsqu’il parle de l’identité juive par rapport à Israël. Il y a un processus psychologique assez simple : il y a une telle interpellation d’identité face à Israël que cela exprime une gène identitaire terrible : dès que le peuple arrive en Erets la fonction de la diaspora est terminée.

 

Il faut avoir en tête la distinction faite précédemment:

Au niveau de la génération  des fondateurs de l’état d’Israël, c’est le peuple juif qui a fondé l’état d’Israël. A ce niveau-là, il y a à imputer de manière positive quel peuple juif a fondé l’état d’Israël. C’est le peuple juif qui a enfanté Benjamin. A la 2ème génération, après 1948, Rachel a disparu.

 

Midrash :

Pourquoi Ra’hel est-elle enterrée à Beit Le’hem et non pas à Ma’hpelah ?

C’est pour qu’elle puisse prier pour ses enfants qui vont en Galout.

Beaucoup de Juifs de la Galout demande que l’on rende Beit Le’hem à la Jordanie car ils n’ont plus Ra’hel qui prie pour eux. Il y a un danger d’identité considérable qui pèse sur la diaspora.

 

Mise en évidence du rôle de Benjamin dans ce conflit.

C’est là où Benjamin se trouve que l’avenir passe.

Juda sans Benjamin n’a pas le Beit Hamiqdash. C’est Juda qui est la force du Beit Hamiqdash, mais il faut que cela soit chez Benjamin.

 

Q : lorsque Jacob a reconnu Joseph et l’a béni, il a adopté les enfants de Joseph dans la formule

48.5:

וְעַתָּה שְׁנֵי-בָנֶיךָ הַנּוֹלָדִים לְךָ בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, עַד-בֹּאִי אֵלֶיךָ מִצְרַיְמָה--לִי-הֵם:  אֶפְרַיִם, וּמְנַשֶּׁה--כִּרְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן, יִהְיוּ-לִי

Ve'atah shney-vaneycha hanoladim lecha be'erets Mitsrayim ad-bo'i eleycha Mitsraymah li-hem Efrayim uMenasheh kiR'uven veShim'on yihyou-li.

Maintenant, les deux fils qui sont nés à toi en Egypte avant que je vienne ici doivent être considérés comme les miens. Éphraïm et Manassé seront exactement comme Ruben et Siméon pour moi.

 

Efraïm et Menaché sont nés dans l’exil et avaient une apparence égyptienne, Jacob demande qui ils sont. Joseph les lui présente. Jacob les adopte comme ses propres enfants.

Pour que l’ensemble de l’identité d’Israël soit présente dans l’histoire il faut qu’il y ait treize tribus d’Israël. C’est rattaché au fait que la valeur numérique de E’had c’est 13. 

 

Dans la Sidra précédente, lorsque les enfants de Jacob s’identifient devant Joseph la première fois, ils disent : nous sommes 12 enfants du même père et « un » a disparu. Si vous enlevez un des treize il n’en reste que douze : le « un » a disparu. S’il en manque un, l’unité n’est pas là.

 

Nous avons été habitué à faire valoir cette identité juive de diaspora. Après l’émancipation, cette identité a été définie comme une confession religieuse, même lorsqu’on n’y participe pas.

L’identité du Juif religieux voué à la vocation du Lévi.

 

On a finalement réduit l’identité juive à la tribu de Lévi, c’est à dire la tribu rabbinique. Je me rappelle du temps où si on voulait étudier le judaïsme il fallait aller à l’école rabbinique (qui forme des rabbins et non pas pour former des étudiants juifs). On a ainsi restreint l’image du juif à l’identité du Lévite.

 

< fin >

*******

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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