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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 17:55

Parasha - Vayishlah 1995

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayichlah_serie_1995/cours_1

Face B

 

Cette providence pour telle ou telle créature c’est l’ange en question.

C’est une science que les Kabalistes étudient et que les autres n’étudient pas parce qu’ils n’y comprennent rien mais c’est une science pour elle-même. On ne peut pas parler de manière poétique de ce sujet. C’est impossible. Maïmonide est un des plus grands maîtres de cette science de l’angéologie. Ceux qui ont lu le Guide des Egarés savent qu’il y a trois chapitres sur les anges. On est obligé de se rendre compte que pour savoir ce que savait Maïmonide il fallait avoir des maîtres qui semble-t’il...

 

Un ange est la volonté de Dieu appliquée à tel ou tel phénomène, donc c’est Dieu lui-même mais dans une rétractation d’envergure de présence.

 

Ce qu’il faut bien comprendre : c’est que Dieu est cet ange mais que cet ange n’est pas Dieu.

La grande erreur serait de voir les choses à l’envers.

 

Exemple de la prière : il est absolument interdit de faire passer la prière par des anges. On prie à Dieu directement. Pourtant la présence de l’ange dans son authenticité, c’est la Présence de Dieu lui-même. C’est pourquoi tous les noms d’anges se terminent par ‘El’.

Mais c’est interdit de les prononcer. Raphaël = « Dieu guérissant » mais ce n’est pas au niveau de Dieu guérissant que se trouve Dieu : Dieu est plus haut.

 

Autre exemple : entre Dieu et nous, il y a une infinité de degré et d’intermédiaires jusqu’à nous. Mais de nous à Dieu il n’y a rien. Nous sommes devant Dieu directement. C’est le judaïsme dans sa spécificité. Dieu a émané des mondes de degrés à l’infini  jusqu’à nous. Et tout cela entre Dieu et nous existe, mais de nous à Dieu il n’y rien sinon c’est de l’idolatrie.

 

Q : Quelle est la différence avec la Hashga’ha ?

R : la Hashaga’ha c’est quand c’est Dieu lui-même pour Israël, à l’envergure d’Israël. Le Malakh de chacun c’est au niveau de chacun. Mais la Hashga’ha et la Shekhinah surtout c’est Begueder klal Israël.

 

Ceci dit, ce que la Kabalah enseigne c’est ceci : chaque fois qu’un homme fait une Mitsvah il nourrit un ange positif et chaque fois qu’un homme fait une Avérah il nourrit un ange négatif. Ce sont des notions incompréhensibles pour l’entendement de la civilisation moderne. Il faut comprendre cela avec une sensibilité religieuse hébraïque. Peut-être les hommes encore proches de la nature peuvent comrpendre qu’une bonne action fait exister un Shéfa un influx positif et qu’une mauvaise action fait exister un Shéfa un influx négatif. Je ne dis pas ange et démon puisque les deux sont des anges. C’est la notion de mérite. Cette notion de mérite est très parallèle à celle de ces anges qui apparaissent lorsqu’une Mitsvah a été faite. Alors le mérite le Zekhout, c’est « la nourriture » de ces Malakhim.

 

C’est pourquoi l’angéologie n’est pas du tout enseignée. Les rabbins sérieux ne parlent pas de cela. On n’en parle pas, cela existe mais on fait comme si cela n’existe pas.

 

Un de mes maîtres : ne jamais dire à sa femme : « je t’adore », c’est de l’idolâtrie, c’est grave…

 

Voilà donc le raisonnement : Les anges qui accompagnent Jacob, l’environnement angélique, son identité spirituelle, c’est son mérite d’être. Et alors il l’utilise et se sert de ce Zekhout là qu’il a d’être Israël pour se mesurer à Esaü.

 

De ces Malakhim-là qui l’ont accompagné, soit de ‘Houts Laarets soit d’Erets Israël, Jacob en a envoyé en délégation pour se justifier vis-à-vis de Esaü. 

 

Un des commentateurs de ce Midrash, le Reem explique : ce sont des anges envoyés par un homme. Ce ne sont pas n’importe quels anges que l’on peut envoyer. Shilou’hei Bassar Vadam => les envoyés et ce sont des anges qui viennent de Bassar Vadam et non pas que les anges étaient Bassar VaDam. C’est la notion de mérite qui nous fait comprendre la difficulté.

 

Q : le rapport et l’objet entre les anges et la Avodah Zara

R : la possibilité de la Avodah Zara est venue du temps où c’était visible. Il y a eu une grande invraisemblance dans l’histoire des religions : cela commence par une folie. La révélation s’est arrêtée. Mais au moment où la révélation avait lieu les anges étaient visibles. Et alors finalement, l’homme moderne – depuis l’arrêt de la révélation biblique, pour nous à la fin du 1er temple - n’a aucune idée que c’était visible avant tous ces mondes là. Et alors il n’y a que deux catégories qui les perçoivent : les fous et les idolâtres, qui ont une espèce de rémanence, de souvenir de « ce temps où les dieux marchaient sur la terre » pour reprendre un vers de Musset....

On arrivera à consoler les chrétiens que leur mythe idolâtre est un mythe vrai : ils adorent Israël.

 

Q : pourquoi il semblerait qu’il y ait une dimension de trébûchement dans ce phénomène-là

R : c’est sûr. Un Midrash dit que Dieu protège les pauvres.

Questions posées à Rabbi Akiba : Mais si Dieu aime les pauvre pourquoi il les fait pauvre ?

Réponse par l’interdit d’idolâtrie => pourquoi avoir créé le soleil ?

Le monde doit fonctionner comme il fonctionne et ce n’est pas parce qu’il y a des idolâtres qu’on va enlever le soleil. Et Dieu a créé les pauves cela fait partie de leur problèmes et Dieu a donné le commandement de charité et cela fait partie de nos problèmes. HQB’H décide de quelque chose et le juste annule la décision. Dieu a décidé qu’untel serait pauvre, Il a ses raisons qui nous échappe, mais un Tsadik vient et par son Koa’h annulle cette décision.

 

 En réalité lorsque Dieu obéit au Tsadik c’est à Lui-même qu’il obéit. C’est très simple à comprendre.

 

Il faut consoler les idolâtres. On a le droit d’entrer en controverse avec quelqu’un à qui on peut  expliquer qu’il avait raison d’avoir tort. Cela s’appelle l’empathie. J’explique souvent cela dans les problèmes de couple. En général c’est le mari qui a tort. Je leur dit : Tu n’as pas le droit de dire que tu as tort si tu ne peux pas expliquer pourquoi elle avait raison d’avoir tort. 

 

C’est cette notion de Zekhout que Rashi nous aide à mettre en évidence de ces Malakhim-là dont Jacob a pu se servir dans son conflit avec Esaü.

 

Cela doit être relié à ce qui est dit plus loin, avec l’ange d’Esaü qui représente la volonté de Dieu pour Esaü.

 

Chaque peuple posséde un Sar un prince céleste, un archange qui est la Hashga’hah du Dieu unique pour lui. C’est là la difficulté d’être juif monothéiste car le Dieu que nous reconnaissons est le Dieu de tous. Derrière mon adversaire se trouve toujours mon Dieu. Pour les Goyim l’équation est différente : mon Dieu n’est pas celui de l’autre.   

 

Jacob a devant lui, face à lui, deux réalités : Esaü d’en-bas et Esaü d’en-haut. A Esaü d’en bas il dit « Essav », à Esaü d’en-haut il dit « Adoni ». Dans son conflit avec Esaü il est en même temps confronté à Dieu pour Esaü. C’est devant Dieu que Jacob se prosterne. Mais Esaü, béotien, croit que c’est pour lui… L’ange d’Esaü c’est Dieu dans son projet pour Esaü. C’est donc vraiment à une force divine que l’on est confronté lorsqu’on se confronte à Esaü. Israël a lutté contre les hommes et les puissances célestes et il a vaincu l’un et l’autre. C’est quand Jacob fait sa preuve devant Dieu pour Esaü qu’il a vaincu Esaü.

 

Pour la Kabbalah, l’ange d’Ishmaël et l’ange d’Essav est le même. Cela explique les alliances contre nature entre Washington et Riyad. Et pourquoi cette convergence d’intérêt entre chrétiens et musulmans contre Israël. C’est le même et c’est Samaël lui-même.

 

Verset 32 :7

וַיָּשֻׁבוּ, הַמַּלְאָכִים, אֶל-יַעֲקֹב, לֵאמֹר:  בָּאנוּ אֶל-אָחִיךָ, אֶל-עֵשָׂו, וְגַם הֹלֵךְ לִקְרָאתְךָ, וְאַרְבַּע-מֵאוֹת אִישׁ עִמּוֹ

Vayashuvu hamal'achim el-Ya'akov

Et les anges sont revenus vers Jacob

Lemor

En disant

Banou el-a’hikha el-Esav

Nous sommes allés chez ton frére chez Esaü

Ie. Nous sommes allés chez ton frére mais nous avons trouvé Esaü

Vegam hole’h likratcha

Et même il vient à ta rencontre

Ve’arba-me’ot ish imo.

Avec 400 hommes avec lui.

 

C’est un peu ce à quoi je faisais allusion en parlant du retour des sionistes en Erets Israël et ils se sont trouvés face à la ligue arabe. Alors qu’à l’époque on aurait pu espérer qu’il y ait fraternité entre les Juifs revenus d’exil et non pas avec les Arabes en Palestine qui n’étaient pas nombreux du tout mais avec les puissances syrienne, jordanienne et l’Arabie Saoudite....

Et puis cela a mal tourné. Le profil culturel de la civilisation actuelle tend à rendre tabou cela.

 

Aprés la 2nde guerre mondiale, le peuple juif sortait de la Shoah et était un peuple de rescapés d’une énorme boucherie qui a touché le monde entier et le peuple juif centralement. La moitié du peuple juif sortait de la moitié du monde, la chrétienté, dans l’état de rescapé de la sortie d’Egypte. L’autre moitié du monde, dont l’islam est la religion, se jette sur les rescapés et les exilés. On aurait pu espérer autre chose des autres « fils d’Abraham » pour accueillir ces refugiés, mais la haine anti-sioniste était la haine anti-juive tout simplement.    

 

Jacob Gordin sur la Hagadah de Pessah avec le commentaire du Shla’h.

Au moment où dans le Seder on ouvre la porte et on dit : « que ta colère se déverse sur les Goyim qui ne te connaissent pas ». Il me dit tranquillement : cela c’est pour Ishmaël, j’ai sursauté. Moi, juif des pays d’Islam, pour nous il était évident que ce que les Juifs chez les chrétiens avaient supporté était 10 fois pire. Il m’a répondu : tu ne sais pas lire. Effectivement, pas la suite j’ai appris ce qu’avait été la vie des Juifs du Yemen, du Maroc, d’Irak, d’Iran...  Il faut apprendre pour détruire la légende du paradis juif en pays d’islam... La preuve : tous les Juifs des pays d’Islam sont maintenant chez les chrétiens ou en Israël : ils ont vôté avec leurs pieds… 

 

Il m’a expliqué : l’antisémitisme des chrétiens a accompagné l’exil, mais l’antisémitisme des musulmans accompagne le retour, c’est beaucoup plus grave.

 

C’est ce qui se passe-là : Jacob revient en espérant rencontrer son frère mais il rencontre Essav.

 

Verset 8

וַיִּירָא יַעֲקֹב מְאֹד, וַיֵּצֶר לוֹ; וַיַּחַץ אֶת-הָעָם אֲשֶׁר-אִתּוֹ, וְאֶת-הַצֹּאן וְאֶת-הַבָּקָר וְהַגְּמַלִּים--לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

Vayira Ya'akov me'od

Jacob a eu très peur

Vayetser lo

Et il fut dans l’angoisse

Vayachats et-ha'am asher-ito

ve'et-hatson ve'et-habakar vehagmalim lishneh machanot

Et il sépara le peuple avec lui.

 

Les enfants de Leah et les enfants de Rachel ont été séparés et il y a deux camps. C’est parallèle au 2 camps en haut. En bref : les enfants de Léah sont les enfants d’Israël d’Erets Israël, les enfants de Rachel sont les enfants d’Israël de la Golah.

 

Alors, ces derniers jours où les Juifs de la Golah était dans l’angoisse parce que Beit Le’hem était en Erets Israël. Dans quelques jours ce sera de nouveau l’étranger.

 

Midrash : Rachel est enterrée sur le chemin de l’exil pour prier pour les enfants d’Israël de l’exil. Or, si le tombeau de Rachel est en Israël, il n’y a plus de prière pour les Juifs de la Golah. Il faut être content que Beit Le’hem soit redevenue arabe tant qu’il y a des Juifs en Golah.

 

Jacob sépare son peuple en deux :

Jacob est le nom d’Israël dans l’exil. Israël est le nom que Jacob reçoit quand il revient.

Nous savons que c’est le même peuple, c’est Jacob qui est Israël, mais c’est à deux niveaux de réalités différentes.

 

Par conséquent, le fait que nous sachions que c’est le même peuple, à tel point que Jacob dans l’exil se nommait Israël, or nous les juifs nous sommes Jacob. C’est en revenant d’exil que l’on reçoit le nom d’Israël. Redescendant de nouveau en exil. il reprend le  nom Jacob. Au bout de 2000  d’exil, le peuple juif change de nom et s’appelle Israël.

 

Il y eut un temps où le mot de juif était une insulte énorme. Subitement, Israël fait trembler le monde entier. C’est assez mystérieux mais c’est très rassurant.

 

Beaucoup de gens du monde entier sont persuadés qu’Israël est un pays colossal. On leur montre la carte et ils ne veulent pas le croire. Surtout les Asiatiques et les Africains.

 

Jacob face à Esaü pris de cette crainte dans sa prière va séparer son peuple en deux. Et il va dire de manière imprudente : si l’un des deux camps est détruit qu’au moins subsiste l’autre en rescapé.

 

Midrash Hagadol – un Midrash yéménite – sur le verset 11:

Une partie de la prière de Jacob.

 

 קָטֹנְתִּי מִכֹּל הַחֲסָדִים, וּמִכָּל-הָאֱמֶת, אֲשֶׁר עָשִׂיתָ, אֶת-עַבְדֶּךָ:  כִּי בְמַקְלִי, עָבַרְתִּי אֶת-הַיַּרְדֵּן הַזֶּה, וְעַתָּה הָיִיתִי, לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

Katonti mikol ha’hassadim oumikol-ha'emet

Je suis trop petit pour toute charité et toute vérité

Asher asita et-avdecha ki vemakli avarti et-haYarden hazeh.

Que tu as fait avec moi, car avec mon bâton j’ai traverse ce jourdain

Ve’atah hayiti lishney machanot.

Et maintenant je suis devenu deux camps.

 

Verset 12 :

הַצִּילֵנִי נָא מִיַּד אָחִי, מִיַּד עֵשָׂו:  כִּי-יָרֵא אָנֹכִי, אֹתוֹ--פֶּן-יָבוֹא וְהִכַּנִי, אֵם עַל-בָּנִים

Hatsileni-na miyad a’hi miyad Esav

Sauve-moi donc de la main de mon frère de la main d’Essav

ki-yare anokhi oto pen-yavo vehikani em al-banim.

Car j’ai peur de lui, de peur qu’il ne vienne et ne me frappe la mère sur les enfants.

 

Voilà ce que Jacob sait de l’identité de son frère Esaü : Il est capable d’assassiner la mère sur les enfants. Et pourtant c’est son jumeau ! Quand Jacob est à l’envers de lui-même il peut devenir Esaü.

 

Il y a une autre lecture que nous pouvons relier à l’actualité que nous sommes en train de vivre :

C’est la fin du verset 11 lu avec le début du verset 12 :

 

וְעַתָּה הָיִיתִי, לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

הַצִּילֵנִי נָא

Ve’atah hayiti lishney machanot.

Et maintenant je suis devenu deux camps.

Hatsileni-na...

Sauve-moi...

 

S’il y a dualité chez Jacob alors Esaü est le plus fort. Or, c’est exactement ce que nous sommes en train de vivre, le peuple d’Israël en train de se séparer en deux camps. Alors cela profite à Esaü.

Cette séparation en deux c’est celle des Bnei Leah et des Bnei Ra’hel, cette séparation est dangeureuse. Voila qu’elle était la stratégie de Jacob.

 

Verset 32:9

וַיֹּאמֶר, אִם-יָבוֹא עֵשָׂו אֶל-הַמַּחֲנֶה הָאַחַת וְהִכָּהוּ--וְהָיָה הַמַּחֲנֶה הַנִּשְׁאָר, לִפְלֵיטָה

Vayomer im-yavo Esav el-hamachaneh ha'achat

Et il dit : Si Esaü vient sur un 1er camp

Vehikahou

Et le frappe

Vehayah hamachaneh hanish'ar lifleytah.,

Et sera le camp restant rescapé…

 

Le verset parle par lui-même. Il y a eu chez les Juifs de la Galout cette attitude. Si à Dieu ne plaise, Israël disparait, la Galout restera.

 

Midrash hagadol sur ce verset qui dit:

וְהָיָה הַמַּחֲנֶה הַנִּשְׁאָר, לִפְלֵיטָה

« vehayah hama’haneh hanish'ar lifleytah » zeh Bnei Ra’hel beenou meihagolah

 

C’était l’argument des Juifs de ‘Houts Laarets : ne pas mettre tous ses oeufs dans un même panier : si jamais Israël est détruit, il faudra la diaspora pour accueillir les réfugiés….

 

Voici donc la 1ère étude :

Une dualité des Malakhim de ‘Houts Laarets et des Malakhim d’Erets Israël selon l’environnement spirituel de Jacob, cela se reflète sur le peuple même de Jacob, Bnei Ra’hel ou Bnei Leah, dans la stratégie de Jacob vis à vis d’Esaü.

 

Q :

R : non l’analogie ici est du niveau drash. Du point de vue du pshat, ce qu’il y a dans la crainte de Jacob est très profond : Leah a été promise à Esaü et Rachel a été promise à Jacob. La matrice des engendrements d’Israël se trouve chez Jacob, alors il a peur de perdre cela dans la rencontre avec  Esaü. La question est importante.

 

J’explique en reprenant un peu le rêve d’Isaac dont la Torah nous dit qu’il était aveugle au moment de la substitution des bénédictions. Je dirais plutôt qu’il fermait les yeux. Isaac savait très bien qui était qui. Au niveau pshat dans le texte, la manière dont Esaü parle et la manière dont Jacob parle sont différentes et Isaac a très bien compris lequel était là. Mais il ferme les yeux parce que son idéal est ainsi : Dieu a créé un monde où il y a deux tâches différentes pour l’homme : les tâches spirituelles et les tâches matérielles. Elles sont tellement incompatibles que la stratégie de la Providence pour faire exister Israël est de faire exister deux jumeaux.

L’un qui prendra sur lui les tâches matérielles et l’autre qui prendra sur lui les tâches spirituelles. S’il y a amour entre les frères les deux sont sauvés s’il n’y a pas amour entre les frères, les deux sont perdus. Or, le plan d’Isaac est très simple : Esaü a pour vocation la matière et il sera béni de la bénédiction de la matière et il partagera avec Jacob. Jacob a pour idéal les tâches spirituelles le Monde-à-Venir, il sera béni de la bénédiction spirituelle et il partagera avec Esaü : il y a deux bénédictions en jeu dans la Parashah de Toldot.

 

Mais Rivqah savait que cela ne pouvait pas marcher.

 

Que le Rashâ n’aime pas le Tsadik se comprend aisèment. Mais le vrai drame c’est que le Tsadik n’aime pas le Rashâ. Rebeccah savait deux choses : Esaü n’aime pas Jacob et Jacob n’aime pas Esaü. Il faut être Israël pour que cela se résolve : il faut être capable des deux vocations pour que cela se résorbe.

 

Actuellement, nous avons deux polarités de l’identité d’Israël, les ‘hilonim qui s’occupent des tâches  matérielles et puis les datiim qui s’occupent des tâches spirituelles, mais il y a, grâce à Dieu, les sionistes religieux mitnaguim qui s’occupent des deux : c’est cela Israël. C’est cela qu’Israël est en train de réussir. Quand c’est le Rosh Yeshivah qui est capable d’être général et quand le général est capable d’être Rosh Yeshivah.

 

 Ceux qui se vouent à l’esprit ne doivent faire que cela pour que cela réussisse. 24h/24 sinon c’est amateur. Ceux qui font des mathématiques doivent en faire que cela, sinon c’est amateur. Celui qui est capable de faire les deux : mathématiques et guémara c’est surhumain. (Rav Zinni de ‘Haïfah).  

 

La stratégie de la Providence pour résoudre le problème est de faire naître deux jumeaux : Issakhar et Zévoulon, matière et esprit ensemble. C’est le rêve d’Isaac. Rivqah sait que cela ne marchera pas car ils ne s’aiment pas.

 

Que le Rashâ n’aime pas le Tsadik on le comprend. Mais pourquoi le Tsadik n’aime-t’il pas le Rashâ ? Parce qu’il suffirait que le Tsadik aime le Rashâ pour que cela s’arrange ?

 

Ma propre expérience : Un jour un juif me voulait du mal, et j’ai demandé à mon Rabbi que faire. Il m’a dit : « aime-le ! » Cela parait énorme mais cela a marché. Il faut réaliser le verset « veahavtah reakhah kamokha » pour lui. Je l’ai fait et trois jours après il est venu pour faire la paix...

J’ai accepté parce que le rabbi l’avait décidé. Dix ans après j’ai compris.

 

Q : Le problème du monde sioniste religieux qui fait des comités de sélection pour savoir qui rentrera dans les écoles...

R : toutes les lumières ont des zones d’ombres, toutes les monnaies ont des fausses monnaies. Il y a partout de la contrefaçon. Ce n’est pas que le problème des comités de sélection, il y a aussi les écoles ségrégatives. Il y a cet élitisme qui est un danger sérieux. (En français : Qu’est ce qu’un juif ? il sera élite…)

 

Q : si elle savait qu’ils ne s’aiment pas pourquoi ne pas

R : il suffit de savoir qu’à cet instant précis de leur vie ils ne s’aiment pas pour savoir qu’ils ne s’aiment pas. La réalité est là ils ne s’aiment pas !

A un autre niveau un enseignement ‘hassidique sur Parashat Toldot : chapitre 27 verset 41

 

וַיִּשְׂטֹם עֵשָׂו, אֶת-יַעֲקֹב, עַל-הַבְּרָכָה, אֲשֶׁר בֵּרְכוֹ אָבִיו; וַיֹּאמֶר עֵשָׂו בְּלִבּוֹ, יִקְרְבוּ יְמֵי אֵבֶל אָבִי, וְאַהַרְגָה, אֶת-יַעֲקֹב אָחִי

Vayistom Esav et-Ya'akov al-habrachah asher berakho aviv vayomer Esav belibo yikrevou yemey evel avi ve'ahargah et-Ya'akov a’hi.

Et Esaü haït Jacob à cause de sa bénédiction que son père avait béni…

 

D’après le Pshat habituelle : Esaü hait Jacob à cause de la bénédiction que le père de Jacob avait donné à Jacob. Mais le pshat est autre : à cause des Taamim.

Vayistom Esav et-Ya'akov al-habrachah asher berakho aviv

Et Esaü haït Jacob à cause de sa bénédiction (à lui Esaü) dont son père (à lui Esaü)

L’avait béni (lui Esaü)…

 

Quand Isaac s’aperçoit que la bénédiction avait été prise par Jacob alors il dit à Esaü : ”Tu vivras de ton épée ». Et Esaü haït Jacob parce qu’il devra vivre de son épée et que ce n’est pas moral...

 

Un verset des Psaumes (lu min’hag de Shabat le shabat aprés-midi dans le rite Séfardi) :

« Les lionceaux rugissent pour tuer leur proies et pour demander à Dieu leur nourriture. »

La fin est contradictoire avec le début du verset qui dit qu’ils rugissent de jouissance de déchirer leur proie… 

Lecture ’Hassidique : les lionceaux se plaignent d’avoir à déchirer pour manger et ils préféreraient demander de Dieu leur nourriture directement.

 

D’une certaine manière la colère d’Esaü contre Jacob, c’est qu’Esaü doive vivre de son épée parce que Jacob a pris la bénédiction. Il faut alors consoler Esaü de cela.

La vision historique c’est le peuple juif et Rome.

Rome c’est la civilisation qui vit de son épée : Pax Romama l’art de la guerre.

La civilisation de Rome fondée par Romulus et Romus : le frère qui tue le frère : Touval-Qaïn qui fabrique les armes. Alors que pour la Torah le frère qui tue le frère est condamné. Romus assassin de son frère est lui félicité pour avoir fondé la cité par la suppression du frère.

 

Ce Romain, et j’ai en tête tout l’esprit de la religiosité chrétienne, c’est la religion d’amour du prochain mais c’est la société guerrière. L’inquisition est le fait des prêtres chrétiens : la religion d’amour du prochain. Il faut finalement les consoler de cela : imaginez ce qui se passe dans l’âme d’un romain  d’être obligé de fabriquer des tanks parce que Jacob a pris la bénédiction !

Il faut que Jacob arrive à aimer Esaü.

 

Hebel n’a pas réussi à éduquer Qaïn, peut être est-il inéducable. Il ne faut pas s’entêter à rester chez Qaïn pour lui apprendre « tu aimeras ton prochain comme toi-même » sinon cela aboutit à la Shoah.

 

Je suis persuadé que Qaïn reste inéducable. A l’échelle collective, les nations sont des monstres froids. A l’échelle individuelle, il y a des hommes qui sont saints, des ’Hassidei Oumot HaOlam qui ont compris le « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

 

Il faut se poser la question suivante : pour ces quelques ’Hassidei Oumot HaOlam cela valait-il la peine toute cette histoire du massacre du peuple juif pendant 2000 ans ? Parce qu’on n’a pas changé les nations ! On a communiqué à des individus qui sont les saints des Goyim mais combien sont-ils ? Est-ce que cela fait le poids ? Je n’ai pas de réponse. Je crois qu’on s’est trompé de stratégie et que ce n’est pas ainsi qu’il fallait éduquer les Goyim.

 

Q : Abraham Avinou n’a pas peur de faire la guerre contre Nimrod superpuissance mais ici Jacob a peur contre Essav ?

R : Israël n’a pas peur de faire la guerre, c’est Jacob qui a peur.

 

< fin >

 

***

 

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Published by Rav Ashkénasi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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