Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 19:18

                        Vayishl’ah - série 1984 cours 2 - 3ème partie.


.../...

On revient maintenant à la 1ère question pour lire ce que nous dit Rashi. Quel est le problème ?   

Jacob revient d’exil et à la frontière, il rencontre des anges. Il appelle l’endroit « Ma’hané Elohim ».

Pourquoi emploie-t’il l’expression Ma’hanayim à la forme duelle ?

 

Rashi : Les anges d’Erets Israël sont venus à sa rencontre. Pour l’accompagner en Erets Israël.

          מַחֲנָיִם

             שְׁתֵּי מַחֲנוֹת שֶׁל חוּצָה לָאָרֶץ שֶׁבָּאוּ עִמּוֹ עַד

Ma’hané est au duel Ma’hanayim parce qu’il y a deux camps, les anges de ‘Houts Laarets qui l’ont accompagné jusque-là et ceux d’Erets Israël qui sont venus à sa rencontre. (Midrach tan‘houma Wayichla‘h).

 

Et par conséquent cela nous résout notre problème. C’est la réponse du Midrash Tan’houmah que cite Rashi : Jacob est accompagné par les anges de ‘Houts laarets jusqu’à la frontière et puis il est accueilli par les anges d’Erets Israël à la frontière. Il a donc vu deux camps.

 

Le Shlah explique cela par le fait que, et c’est très lié au contexte, et d’autre part à une autre tradition que chaque fois qu’un homme a un mérite, il a un ange positif qui l’accompagne. Un ange négatif à chaque Avérah. Donc Jacob est accompagné par ses mérites qu’il a acquis en ‘Houts Laarets et il est accueilli par les mérites qu’il a par rapport à Erets Israël.

 

La question devient donc : lesquels des Malkhim selon Rashi furent envoyés à Esaü ?

Vous voyez comment raisonne Rashi :

Etant donné qu’il y avait deux sortes de Malakhim et que cela voulait dire les mérites qui vont justifier le nom d’Israël, quels sont les Malakhim qu’il envoie en direction de son problème d’épreuve ? Est-ce qu’il envoie les Malakhim de ‘Houts Laarets ? Ou envoie-t’il les Malakhim d’Erets Israël ? Rashi ne tranche pas en disant « malakhim mamash », c’était la malokhet de la Guémara.

 

La réponse est très simple, nous la trouvons dans le plaidoyer même du message que Jacob envoie à travers ces Malakhim : nous allons voir qu’il s’agit effectivement des Malakhim d’Erets Israël qui vont aider Jacob à obtenir le nom de Israël.

 

On va le voir sur la fin du verset 5 :

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר, כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו:  כֹּה אָמַר, עַבְדְּךָ יַעֲקֹב

Vayetsav otam lemor

koh tomrun ladoni le-Esav

koh amar avdekha Ya'akov

Il leur avait donné cet ordre: "Vous parlerez ainsi à mon seigneur, à Ésaü: ‘Ainsi parle ton serviteur Jacob:

עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

 im-Lavan garti va'e’har ad-atah

J’ai séjourné chez Laban et j’ai tardé jusqu’à présent.

 

Rashi sur Garti :

גַּרְתִּי

לֹא נַעֲשֵׂיתִי שָׂר וְחָשׁוּב אֶלָּא גֵּר אֵינְךָ כְּדָאי לִשְׂנוֹא אוֹתִי עַל בִּרְכוֹת אָבִיךָ שֶׁבֵּרְכָנִי הֱוֵה גְּבִיר לַאֲחֶיךָ שֶׁהֲרֵי לֹא נִתְקַיְּמָה בִּי. דָּבָר אַחֵר גַּרְתִּי בְּגִימַטְרִיָּא תַּרְיָ"ג כְּלוֹמָר עִם לָבָן הָרָשָׁע גַּרְתִּי וְתַרְיָ"ג מִצְוֹת שָׁמַרְתִּי וְלֹא לָמַדְתִּי מִמַּעֲשָׂיו הָרָעִים

          J’ai séjourné :

Je n’y suis devenu ni un prince ni un notable, mais j’y suis resté un étranger, [le mot garti, (« j’ai séjourné ») étant de la même racine que guér (« étranger »)]. Tu n’as plus aucune raison, par conséquent, de me haïr à cause de la bénédiction que m’a donnée ton père : « sois un chef pour tes frères » (supra 27, 29), car elle ne s’est pas réalisée (Midrach tan‘houma Wayichla‘h 5). Autre explication : La valeur numérique des lettres de garti est six cent treize, comme si Ya‘aqov avait voulu dire : Tout en séjournant chez Lavan l’impie, j’ai continué d’observer les six cent treize commandements et je n’ai pas suivi ses mauvais exemples.

 

Lo naassiti sar verashou je ne suis pas devenu prince ou premier ministre de Laban...

 

Mais Garti cela veut dire « j’ai séjourné » de la même racine d’où proviendra le mot de Guer étranger. Un étranger ne devient par premier ministre. Cela veut dire que Jacob a préservé son identité d’Erets Israël. Il n’a pas accepté de devenir le premie rministre de Laban, un libanais quelconque. Il est resté attaché à la terre d’Israël depuis l’étranger. Il est resté Guer à l’étranger.

Par conséquent puisque je suis resté étranger-métèque chez mon beau-père, mon oncle et puisque je ne me suis pas cru chez moi ailleurs, j’ai le droit de revenir en Israël.

 

Vous voyez donc pourquoi je dis que Rashi a tranché en faveur de la Mal’hoqet du Midrash en disant que ce sont des « Malakhim Mamash » parce que Jacob avait besoin d’envoyer son mérite d’Erets Israël.

 

 

La bénédiction de Isaac à Jacob était : [27:29]:

הֱוֵה גְבִיר לְאַחֶיךָ, וְיִשְׁתַּחֲווּ לְךָ בְּנֵי אִמֶּךָ

heveh gevir le'a’hekha veyishta’havou lekha beney imekha

Sois dominateur sur ton frère (puisqu’elle ne s’est pas réalisée pour moi.)

 

J’ai entendu une fois un très joli ‘Hidoush là-dessus : Guévir - Guer. Jacob dit qu’il a été béni par Guévir mais le Bi de Guévir manque…

 

Du point de vue de la signification c’est très important : cette première réponse c’est qu’il est resté fidèle à Erets Israël. Vous voyez toutes les implications que cela peut avoir pour nos problèmes contemporains.

 

2ème réponse de Rashi sur Im Laban Garti :

Guématria Tariag valeur numérique de 613 nombre des commandements.

J’ai séjourné chez Laban et malgré cela j’ai préservé shamarti les 613 commandements et je n’ai pas appris des comportements du mal.

 

Donc il s’agit bien d’un plaidoyer de la part de Jacob et non pas d’une simple information historique : J’étais chez Laban et voilá comment j’étais chez Laban, c’est pourquoi j’ai tardé jusqu’à présent… 

C’est-à-dire qu’il a fait la preuve qu’il méritait le nom d’Israël puisque dans la condition de déperdition d’identité il est resté fidèle à son identité.

 

Le frère du Maharal, Rabi ‘Hayim, a écrit un livre très important qui s’appelle le Sefer Ha’Hayïm, et dans un des chapitres il donne une explication - parmi 17 en tout - de l’exil très paradoxale : c’est une mise à l’épreuve de la fidélité d’Israël. Pour savoir si vraiment Israël est capable d’être fidèle à Erets Israël. Parce que ne peuvent revenir de l’exil que ceux qui sont fidèles à Erets Israël. Pourquoi cela dure-t’il si longtemps ? C’est mystérieux ! Alors il y a 16 autres réponses....

 

C’est une indication importante : cela veut dire que Jacob dans l’exil est passé par l’épreuve de cette interpellation : es-tu Israël ? Rester fidèle à la Torah et à la terre d’Israël dans l’exil, c’est surhumain, mais il l’a fait. D’où son plaidoyer... 

 

A retenir :

L’identité d’Israël va désigner trois dimensions simultanées que l’on voit dans ce Rashi:

ð  Jacob est l’ancêtre du peuple qui devient le peuple Israël.

ð  Il ne reçoit le nom d’Israël que lorsqu’il peut justifier de 2 autres dimensions avec le peuple :

ð  La fidélité à la terre La fidélité à la Torah.

 

Ben Ish ’Hay sur le passage de Jacob à Israël => Jacob + Torah + Erets Israël = Israël.

Jacob 182 + Mosheh 345 + David 14 = 541

 

Si on enlève une des dimensions, les deux autres restent ce qu’elles sont, mais Israël n’est plus présent. Les 3 sont nécessaires pour qu’Israël apparaissent. On le voit bien dans Rashi.

Jacob doit se justifier de rester fidèle à la Torah et à Erets Israël pour recevoir le nom d’Israël.

C’es tle même enseignement mais sous deux formes différentes.

 

***

 

Thème supplémentaire sur ce qui arrive par la suite :

A partir du verset 32:8. Lorsque Jacob entend que son frère se prépare à lui faire la guerre:

 

וַיִּירָא יַעֲקֹב מְאֹד, וַיֵּצֶר לוֹ

Vayira Ya'akov mé'od

Jacob a eu très peur

vayetser lo

et fut dans l’angoisse

וַיַּחַץ אֶת-הָעָם אֲשֶׁר-אִתּוֹ

vayachats et-ha'am asher-ito

et sépara le peuple qui était avec lui

וְאֶת-הַצֹּאן וְאֶת-הַבָּקָר וְהַגְּמַלִּים--לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

 ve'et-hatson ve'et-habakar vehagmalim lishneh ma’hanot.

Moutons... chameaux... en deux camps

 

Il y a une correspondance qui ne peut pas ne pas être significative.

Jacob a vu dans le ciel deux camps, alors il l’appelle Ma’hanayim au pluriel masculin.

Et fait de même sur terre et sépare son peuple en deux camps (pluriel féminin) qui correspondent aux deux camps célestes.

 

Lorsqu’il se prépare à rencontrer Esaü, il met d’abord les fils de Léa et des servantes dans le premier camps et le deuxième camps, c’est Rachel et Joseph.

Il dit lui même le pourquoi de cette stratégie :

 

וַיֹּאמֶר, אִם-יָבוֹא עֵשָׂו אֶל-הַמַּחֲנֶה הָאַחַת וְהִכָּהוּ--וְהָיָה הַמַּחֲנֶה הַנִּשְׁאָר, לִפְלֵיטָה

Vayomer im-yavo Esav el-hama’haneh ha'achat vehikahou

Si Esaü vient contre le 1er camp et le frappe

vehayah hamachaneh hanish'ar lifleytah.

Le camp qui restera sera rescapé.

 

La premiére approche de cela : Effectivement, dans l’exemple du 3ème exil contemporain, la Providence fît en sorte qu’il fut très différencié ; et par conséquent lorsqu’Israël fut persécuté en un endroit,  il était sauf dans un autre. Il y a dans cette protection durant l’exil quelque chose de cette stratégie. Si l’un des camps d’israël est déruit, il y en a un autre qui rpend la relève.

Toute l’histoire de la diaspora juive de ces 2000 ans fait apparaître un déplacement des centres juifs au fur et à mesure des persécutions.

 

Un Midrash du Talmud Babli applique cela à la séparation entre la communauté juive en Erets et celle en diaspora, disant que la stratégie de Jacob est d’essayer Erets Israël mais qui si Esaü est plus fort alors la Golah sera l’échappatoire…

 

Q : Loubavitch ?

R : Par exemple, mais c’est un Midrash ancien. C’est un peu la stratégie d’aujourd’hui. Pas seulement Loubavitch, mais je pense dans beaucoup de milieux fidéles á la Torah mias pas à Erets Israël, il y a un peu cette argumentation qui est très diffile et honteure, pas noble : servir de réserve en cas d’échec pour assurer la pérennité d’Israël.

 

On voit bien que cette séparation entre les deux camps implique une certaine stratégie. Le verset ne dit pas à laquelle des deux pense Jacob. Le Midrash des Bablim intervient pour dire que c’est celle de la diaspora argumentant que si Israël est détruit nous serons pour l’état et cela donc justifie de rester en Galout.

 

Si on compare les deux définitions de Ma’hanayim et de Ma’hanot, on voit qu’il s’agit bien de cela.

Rashi nous avait dit : Les anges de ‘Houts Laarets et les anges de Erets Israël.

Ces deux Ma’hanot sont effectivement Israël d’Erets Israël et Israël de ’Houts Laarets, et nous verrons dans la suite de l’étude que la descendance de Joseph est définie comme cela : la relation à l’extérieur.

 

La descendance de Joseph, c’est la tentative à travers la diaspora, alors que la descendance de Léa c’est la tentative à travers Israël.

 

Le moment messianique est défini par le fait que Joseph décide qu’il faut revenir en Erets Israël. Quand c’est Yehoudah qui le décide, cela va de soi, il n’y a pas de ‘Hidoush. Quand c’est Yossef qui décide décide qu’il faut revenir en Erets Israël, c’est vraiment le temps messianique ! c’est pourquoile temps messianique s’appelle Mashia’h ben Yossef !

 

Ce même Joseph qui va être connu pendant toute sa vie et jusqu’au bout, comme le juif assimilé au service du Pharaon, lorsque lui décide que le diagnostic est négatif et que les fils devront ramener ses ossements en Israël, c’est le signe du messianisme authentique, du retour de la fin d’exil. C’est Moïse qui fera ce diagnostic, c’est pourquoi il ne quittera pas l’Egypte sans ramener les ossements de Joseph, lui Moïse, parce que dans son diagnostic, Moïse justifie Joseph.

 

Il est important de voir comment dans le temps contemporain, le sionisme politique a été effectivement déclenché par ces Juifs-là qui apparemment ont été les plus assimilés. Et quand eux ont fait le diagnostic que le temps de décrochage était arrivé, c’est la fin d’exil. C’est très paradoxal : Le sionisme a été un mouvement apparemment déjudaïsé mais c’est le signe de son authenticité. Nous en avons le modèle dans l’histoire de Joseph lui-même.

 

Lors d’une discussion avec un prêtre sur un bâteau en route vers Israël à l’époque où le désert refleurissait, le miracle israélien. Il s’étonnait que ce soit le fait de Juifs non religieux.

Je lui ai répondu : Si cela avait été des Juifs religieux à l’origine du sionisme politique qui auraient agi au nom de leur foi on aurait dit que c’est une œuvre humaine et on aurait pas été sûr d’y voir l’œuvre de la providence. Des hommes avec une foi, un idéal qui font tout pour l’accomplir ! Par exemple les Mormons qui ont accompli leur foi en Amérique. Mais le fait que ce soit précisément des athées, c’est le signe que c’est Dieu qui le fait.

 

Et cela va dans le sens de cet enseignement : c’est Yossef qui est l’homme de la diaspora qui déclenche le retour ! C’est pourquoi le 1er moment messianique s’appelle Mashia’h Ben Yossef. Il y a aussi d‘autres raisons, bien sûr. Mais à ce niveau-là c’est la raison essentielle.

 

J’aimerais bien revenir sur cette analyse braucoup plus longuement parce que c’est une chose que les Juifs non sionistes ou antisionistes au nom de la Torah arrivent difficilement à comprendre.

Cette histoire contemporaine nous est déjà racontée et c’est ainsi qu’elle se passe quand elle se passe. Pendant toute sa vie Joseph aurait pu être suspecté d’avoir pris le parti du Pharaon. Jusqu’au moment où il se dévoile dans sa fidélité à son identité hébraïque. Joseph diagnostique que sa tentative de transfigurer la civilisation égyptienne – se mettre au service de l’humanisme égyptien universel de ce temps – est un échec, alors il demande que lorsqu’ils reviendront, ils ramènent ses ossements en Erets Israël...

 
< fin >

***

Partager cet article

Repost 0
Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche