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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 10:29

Vayishlah 1971 - 2ème partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayichlah_serie_1971/cours_1

Face B

 

32:4

 וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם

Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav

el-Essav a’hiv artsah Se'ir sdeh Edom.

Et Jacob envoya des malakhim devant lui

Vers Essav son frère, en direction de Séir du champ de Edom

 

Vous remarquez tout de suite la répétition de tous les termes.

 

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו,

Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav

Et Jacob envoya des envoyés devant lui

(S’il les a envoyé c’est devant lui c’est donc une répétition)

אֶל-עֵשָׂו אָחִיו

El Essav a’hi

À Esaü son frère : (on le sait que c’est son frère c’est donc une répétition)

אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם

Artsah Se'ir sdeh Edom

En direction de la terre de Sëir, du champ d’Edom. C’est évidemment une répétition.

 

32:5

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר, כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו:  כֹּה אָמַר, עַבְדְּךָ יַעֲקֹב, עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

Vayetsav otam lemor koh tomroun ladoni le-Esav koh amar avdecha Ya'akov im-Lavan garti va'echar ad-atah.

 

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר

Vayetsav otam lemor

Il leur recommanda en disant: Là aussi une répétition.

כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו

Koh tomroun ladoni le-Esav

Ainsi vous direz à mon maitre à Esaü : Là aussi une répétition.

כֹּה אָמַר, עַבְדְּךָ יַעֲקֹב

Koh amar avdekha Ya'akov

Ainsi a dit ton serviteur Jacob : Là encore une répétition.

עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

 im-Lavan garti va'e’har ad-atah.

J’ai séjourné chez Laban et j’ai tardé jusqu’à présent...

 

Tout cela se répéte. Prenons uniquement ces deux versets. Nous prendrons pour clef de cette exégèse, en nous appuyant sur ce qu’en dit Rashi, précisément ce que nous avons vu précédement à propos du 1er texte : c’est que tout se passe comme s’il y a un cas particulier de Jacob et c’est pourquoi c’est lui qui est nommé Israël. C’est le fait qu’il est capable de se mesurer tant à des forces divines qu’à des forces humaines.

 

De quoi s’agit-il d’abord, dans cette notion de l’ange protecteur d’Esaü ? 

 

On apprend du récit biblique qu’à un certain moment de l’histoire humaine, les nations sont apparues, c’est-à-dire les différents génies nationaux différenciés à partir d’une humanité qui était une. C’est très exactement après l’épisode de la tour de Babel et le phénoméne de la division humaine qui est indiquée par la division des langues. Alors que primitivement, l’humanité était universelle, indifférenciée ou plutôt unanime, la nostalgie et l’espérance sont restées qu’un jour reviendra le fait que l’humanité sera unie  et qu’il n’y ait plus les problèmes qui font de ce monde-ci un enfer, et les problèmes issus de la rivalité. C’est au fond le problème auquel nos sommes occupés depuis le début du récit. Cette unité a été perdue et il est resté les Goyim, les Nations.

 

Alors le Midrash nous explique qu’à partir de ce moment-là, dans la réalité céleste si j’ose dire, l’unité divine elle-même est doublée parce que le Midrash appelle Familiah shel maalah mot emprunté du grec et qui est ensuite passé en latin et qui fait partie de l’hébreu rabbinique de la Mishnah et donc du Midrash, et qui signifie la famille d’En-haut, la famille céleste. On dit aussi le tribunal d’en-haut.

 

Cela signifie que indépendament de l’unité divine absolue en soi, il y a aussi comme devant (c’est l’expression biblique: tu n’auras pas d’autre dieux de devant Ma face) comme s’il y a avait des dieux devant la face de Dieu. C’est donc qu’il y a A’herim Elohim Al Panaï !

 

C’est effectivement une sorte de différenciation corollaire de la différenciation  humaine : si l’humanité est une, alors il n’y a pour Dieu qu’une manière d’être providence pour l’humanité. Mais si l’humanité se différencie en autant de génies humains, alors il y a différentes manières pour Dieu d’être providence pour telle ou telle nation. Ces différents visages de la divinité une sont appelés dans l’angéologie les archanges, les Sarim. C’est cela la Familia Shel Maalah, ou le Beit Din Shel Maalah, c’est-à-dire les différentes manières de la Providence divine corollaire aux différentes manières d’être homme.

 

Dieu s’occupant des Français ne peut pas avoir le même visage que Dieu s’occupant des Allemands ou des Anglais ou des Turcs...etc.

 

Il y a un Sar, un archange, une manière pour Dieu d’être diminué à l’envergure de la manière d’être homme diminuée que représente telle ou telle nation.

 

Ce qui signifie donc que chaque génie humain a littéralement un génie qui est son protecteur, qui est Dieu pour lui. Il y a un cas particulier, celui d’Israël, qui n’a pas de génie protecteur parce que c’est Dieu lui-même.

 

On comprend pourquoi : parce que c’est en Israël que se cherche le visage totale, unifiée de l’identité humaine. Israël ne fait pas partie des Goyim. Chacun des Goyim possède un Sar mais Israël n’a pas de Sar !

 

Et c’est pourquoi, lorsque Jacob aura à lutter contre Esaü, il aura aussi à lutter contre le génie d’Esaü. Il faut prendre ce terme de génie dans le double sens qu’il a en français. Le génie d’une nation peut désigner son genre, sa manière d’être, mais aussi dans le sens de l’être céleste qui est le visage de Dieu, Providence pour lui.

 

Le Midrash nous dit que lorsque deux nations se font la guerre, elles se la font sur le champ de bataille, mais elle se gagne au ciel. La nation qui gagne est celle dont le Sar en-haut est plus fort.

 

En guise d’exemple, il y a les mystères des faibles nations qui apparaissent plus fortes que les plus fortes des nations. C’est un mystère que l’Amérique ne soit pas venu à bout du Vietnam ou la Russie et la Finlande…

C’est parce que le Sar au niveau des réalités morales et spirituelles est plus fort.

 

Cela se passe toujours à deux niveaux : celui de la réalité terrestre et celui de la réalité essentielle dont l’existence est la manifestation dans ce monde-ci.

 

Alors l’objection dans notre problème est de savoir pourquoi Jacob a eu à lutter contre le Sar d’Esaü et contre Esaü. Comme a dit ce Sar d’Esaü quand il s’est révélé à lui, et le Midrash nous dit que c’est la dernière chose qu’il a dite et il a disparu, il a été vaincu et il a disparu et s’est résorbé, il lui dit :

 

 כִּי-שָׂרִיתָ עִם-אֱלֹהִים וְעִם-אֲנָשִׁים, וַתּוּכָל

ki-sarita im-Elohim ve'im anashim vatoukhal.

Parce que tu as lutté avec/contre la divinité et avec/contre  les hommes et tu as pu.»

 

Et puis il a disparu. Et c’est contre Esaü de chair et de sang (plus de sang que de chair d’ailleurs) et contre le Sar d’Esaü parce qu’il n’y a pas de Sar pour Jacob. Cela veut dire que Jacob est cette manière d’être homme exceptionnelle qui doit se débrouiller tout seul à lutter contre son rival et contre le génie de son rival. Alors que chez les Goyim entre eux cela se déroule aux deux niveaux.

 

Nous savons effectivement que c’est ce que Jacob a réussi à faire à travers l’histoire.

Il y a 2000 ans, lorsque Rome a vaincu la Judée sur les champs de bataille, elle a gagné la guerre en bas mais elle l’a perdu en haut, parce que nous sommes les Judéens alors que les Romains ont disparu.

Cette lutte contre le génie de Rome n’est pas finie, on est en train d’en livrer les derniers combats, mais elle est perdue pour eux.

 

Ce Jacob dans cette occurrence historique qui était la Judée d’il y a 2000 ans qui a eu à lutter contre les armées romaines en chair et en os, et contre le génie de Rome. La guerre en bas a été perdue tout de suite – avec des péripéties – la dernière a été Bar Kokhba... Mais la guerre en haut, et bien on a fini par la gagner. Et d’ailleurs on a inventé tous les commandos de choc possibles et imaginables.

Le principal commando a été la religion chrétienne qu’on leur a envoyé dedans pour les prendre par derrière. Et ils ne se rendent pas compte à quel point il se sont fait avoir…

Imaginez l’humour de cette histoire : ils s’appellent avec compoction la religion catholique apostolique et romaine !

 

 En tout pour revenir à notre problème, effectivement jacob a eu à lutter contre Esaü l’homme et contre le Sar d’Esaü en haut. Pourquoi ? Précisément parce que Jacob par définition n’a pas de Sar, n’a pas d’archange. Et c’est cela sa grandeur puisqu’il est la créature par excellence ; et donc la providence pour Israël, c’est Dieu lui-même !

 

C’est un problème dramatique. Il faut arriver à découvrir que nous sommes dans une cohérence monothéiste. A la limite, cela veut dire que ce Dieu protecteur du rival d’Israël c’est le seul Dieu qui existe en tant qu’Il s’occupe de l’autre, qui est aussi sa créature.

 

Par conéquent Jacob est le héros par excellence parce qu’il lutte contre Dieu lui-même, non pas comme dans un thème littéraire où le héros joue à lutter contre Dieu, mais c’est parce qu’il s’agit du monothéisme. Il lutte contre son propre Dieu, en tant que son propre Dieu s’occupe de l’étranger qui ne lui ressemble pas comme un frère comme dirait Musset.

 

C’est pourquoi effectivement l’histoire d’Israël a été si dramatique, parce qu’il faut toute une stratégie lorsqu’on s’adresse à l’adversaire, alors en même temps lorsqu’on s’adresse à son protecteur en haut c’est d’une certaine manière à notre propre Dieu qu’on s’adresse. Alors on comprend le langage de Jacob :

 

32:4 :

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם

Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav

el-Essav a’hiv artsah Se'ir sdeh Edom.

Et Jacob envoya des anges (pour en haut) devant lui (pour en bas)

Vers Essav (en bas) son frère (en haut), en direction de Séir (en haut) du champ de Edom (en bas).

 

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר, כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו:  כֹּה אָמַר, עַבְדְּךָ יַעֲקֹב, עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

Vayetsav otam lemor

Il leur recommanda en disant

Koh tomroun ladoni le-Esav

Ainsi vous direz à mon maitre (en haut) à Esaü (en bas)

Koh amar avdekha Ya'akov

Ainsi a dit ton serviteur (il est en bas et c’est en haut) 
Jacob (c’est de haut en bas)…
.etc.

 

Cela continue dans toute la Sidra. Il y a un langage dans cette stratégie qui s’adresse à ces deux niveaux simultanément. Nous avons compris clairement pour la lutte que Jacob a lutté et contre Esaü d’en-bas et contre Esaü d’en haut, le Satan lui-même.

 

Le problème de la naissance de Jacob est si difficile parce qu’un fils de Rivqah qui était elle la sœur de Laban fille de Béthouel l’araméen, fille de Rashâ, fils de Rashâ... dans toute la famille.

Rébecca, elle, est comparée à « une rose parmi les épines » « shoshanah bein ha‘horim ». Il est arrivé cela qu’il y a avait des épines partout et subitement une épine a donné une rose ! Alors on est allé cueillir la rose pour que par le parfum de la rose on puisse avoir l’enfant que l’on attendait…

 

Seulement le risque c’est que la rose ne donne que des épines et puis c’est tout ! Etant donnée son origine, le fils de Rivqah comporte un risque. C’est pourquoi il a fallu qu’Isaac prie pour que Rébecca enfante parce qu’elle était stérile. Elle était stérile à cause de ce risque.

 

Les Kabalistes enseignent que la Guématria de Ben Rivqah = Satan.  

Yaaqov Ben Rivqah = Israël. Vous voyez la différence.

Si c’est un Stam ben Rivqah cela fait un Esaü...

 

Ben Ish ‘Haï :

C’est ce que dit aussi le Ben Ish ‘Haï qui dit que Essav c’est très dangereux, parce que :

Essav 376  = Na’hash ’Haï = 358 + 18.  Encore pire que Na’hash !

Vous voyez pourquoi on dit le samedi soir : « Ki lo na’hash beYaaqov » parce que le Na’hash est chez Essav… Un Midrash indique que Essav est né avec un serpent tatoué sur la hanche.

 

Le problème c’est que on oublie à quel point c’est énorme que le calcul et les lettres, l’histoire et la réalité coïncident.

 

Israël a été cette réalité historique qui a dû se mesurer avec tous les génies de civilisations les uns après les autres, et que quelque soient les péripéties des combats livrés sur terre, il n’y a pas de doute qu’Israël a démoli tous ces génies en tant qu’ils étaient devenues des idoles mêmes : une défiguration du projet du Créateur. Que reste-t-il de l’Egypte ancienne ? De la Grèce ancienne ? De la Rome ancienne ?... Des musées ! 

Mais Israël est toujours vivant : c’est ce que dit le Midrash : « Yaaqov avinou lo met !»  

Cette lutte contre les Sarim, les uns après les autres, Jacob l’a réalisé - Vatoukhal et il l’a pu !

 

Il faut dire que dans cette péripétie, il est atteint à la hanche et que pendant toute la nuit de cette lutte contre le Sar de Essav, Jacob est boiteux, plutôt claudicant comme il faudrait le dire.

 

Le Midrash dit quelque chose de difficile à comprendre qu’ « il boitait des deux jambes » : une naturellement et l’autre à l’issu du combat. Comment faire pour boiter des deux jambes ? 

Finalement, à la fin de cette nuit de combat, Vayizrach-lo hashemesh, vayabo shalem, il est entré dans sa perfection shalem bémamono, bégofo, bétorato et à la fin de la nuit se dévoile qu’il a pu surmonté même toutes les blessures qu’il reçoit du monde d’en-bas.

 

A la lecture de ces péripéties il est certain que la Torah a voulu nous donner une indication, que le Midrash reprend par ailleurs, que pendant toute cette lutte, au terme de laquelle c’est Jacob qui arrive triomphant, Esaü a des victoires. Et ces victoires c’est toutes les familles d’Israël qui quittent Israël pour passer chez Esaü : ce qu’on appelle l’assimilation, l’apostasie...

 

Effectivement, puisque le nerf en question Guid hanashé est le nerf innnervant les parties sexuelles, les organes génitaux, c’est dire que c’est dans les engendrements que Jacob est atteint : sa blessure c’est des familles qui quittent sa descendance. Et pendant toute la nuit, Jacob comme Klal est toujours victorieux du génie du Sar qui est en face de lui mais il y a toujours des petits « jacobins » qui s’assimilent à l’adversaire.

 

En fait, la Guémara dit que c’est vrai qu’il n’y a pas de Sar à Israël lorsqu’Israël est vraiment Israël. Quand Israël est vraiment Israël alors c’est Dieu lui-même qui est la Providence d’Israël, il n’y a pas d’intermédiaire. En langage théologique : il n’y a pas de médiateur. D’où ce destin difficile de Jacob qui ne peut pas compter sur un médiateur dans sa lutte avec le Dieu unique en tant que le Dieu unique est aussi le Dieu des autres. Cela signifie que c’est une lutte terrible.

 

(Spinoza a un peu entrevu cela dans une de ses controverses avec Leibniz : Leibniz pour faire semblant de se moquer de Spinoza lui objecte d’après son système lorsque les Turcs font la guerre aux Allemands cela veut dire que Dieu modifié en turc fait la guerre à Dieu modifié en Allemand ?  

Spinoza a répondu : oui !)

 

Quand Israël n’est pas vraiment Israël alors il y a un Sar et ce Sar s’appelle Mikhael.

Ce n’est pas n’importe quel Sar. C’est un Sar si j’ose dire qui n’a pas d’équation personnelle. Parce que Mikhael en hébreu cela veut dire Mi ka El - Qui est comme Dieu ! C’est-à-dire que lorsqu’Israël se fabrique un Sar alors c’est Mikhaël, mai sMikhaël n’a qu’une chose á leur dire c’est regerdez plus haut : Mi Ka El.  Même là c’est un cas particulier. En termes plus simples : cela veut dire que même lorsqu’un juif est athée, il n’est pas athée de la même manière qu’un goï.

 

Un de mes maîtres  expliqué cela ainsi: Quand un Goï est athée, il ne croit pas que Dieu existe, mais quand un juif est athée, il croit que Dieu n’existe pas.

 

Ce qui m’a beaucoup frappé lorsque j’ai étudié l’angéologie c’est de voir que quand les chrétiens l’ont repris pour l’appliquer à leur thólogie, ils ont précisément pris comme Sar comme archange pour l’appliquer à leur Eglise, Saint-Michel. La France, fils ainé de l’Eglise, a eu le même Sar qu’Israël fils ainé de Dieu.

 

Il peut y avoir des fiançailles mystérieuses entre les deux, pour le moment un peu tumultueux.

 

Il y a de la part des fondateurs de l’angéologie chrétienne comme une sorte d’aveu en attribuant Saint-Michel comme archange à l’Eglise, et à la France fille ainée de l’Eglise, qui a le même Sar  qu’Israël fils aîné de Dieu. Il doit y avoir des fiançailles mystérieuses entre les deux. Pour le moment c’est un peu tumultueux.

Cela veut veut dire qu’il y a de la part ddes fondateurs de l’angéologie chrétienne une sorte d’aveu qu’en attirbuant l’archange Saint-Michel à l’Eglise et à la France fille aînée de l’Eglise qui est censée avoir le rôle d’Israël dans le monde chrétien - rappelez-vous Saint-Louis pour qui il se prenait et d’ailleurs il a mis son trône dans la vieille ville de Jérusalem, ce qui rendait furieux De Gaulle quand Israël est entré dans Jérusalem parce qu’il voulait s’assoir dessus… -  cela veut dire qu’ils reconnaissent donc implicitement que l’Eglise est un Israël qui n’est pas exactement Israël puisque d’après les Midrashim sur lesquels ils se sont basés, Mikhael est Sar d’Israël quand Israël n’est pas vraiment Israël...

 

Ces aveux ce sont des clefs laissées dans les serrures et le jour où il faudrait ouvrir les portes, les clefs seront déjà là…

 kJe referme cette parenthèse, nous allons voir cela dans un Rashi.

 

Rashi :

Le texte dit :Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav

Jacob envoya des anges

Et Rashi précise « malakhim mamash ».

 

C’est un Rashi étonnant dont l’exégèse est très difficile: le texte dit que ce sont des anges et Rashi confirme que ce sont des anges.

En réalité, le texte dit qu’il envoit Malakhim Léfanav devant Esaü.

Mais en hébreu Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav cela signifie vraiment qu’il envoit des envoyés et qu’il vient derrière. Ce n’est pas qu’il va attendre que les envoyés reviennent vers lui pour lui donner le feu vert. Il les envoit devant lui et lui vient derrière donc ce sont des Malakhim Mamash à ce niveau-là. Des envoyés pour annoncer qu’il vient et non des envoyés pour évaluer s’il peut venir. De toute façon il vient, il a pris la décision et l’initiative pour faire la paix.

 

Dans le Midrash ce texte où l’on voit Jacob revenant de chez Laban et prendre l’initiative d’essayer d’amadouer Esaü en lui envoyant des Malakhim a un jugement ambigü.

 

D’un côté le Midrash a un jugement positif et loue Jacob  pour sa vertu alors qu’il pourrait laisser tomber Esaü qui est disqualifié complétement, Jacob est seul Israël...  Voilà que Jacob a une vertu supplémentaire pour tenter de sauver Esaü par la paix et de le reconnaitre comme son frère. C’est positif.

D’un autre côté, le Midrash juge négativement en disant que la Shekhinah pleure en s’apercevant que Jacob veut faire la paix avec Esaü et le considérer comme son frère. 

 

On a l’exemple contemporain de l’attitude israélienne partagée pour la semaine culturelle allemande : l’indignation ou l’effort de paix... les deux choses sont vraies simultanément.

 

A la lumière de ce qu’on a appris tout à l’heure, on comprend qu’il puisse y avoir ces deux niveaux. Dans la mesure où Jacob tente de sauver ce génie de son frère qui est l’adversaire au niveau des réalités célestes, alors le Midrash est content : Jacob est un surhomme. Mais dans la mesure où il s’agit de composer avec l’échec réel de la réalité terrestre au niveau du mal sur terre incarné ici par Esaü alors il s’agit là de complaisance et de la flagornerie...

Et les Juifs en général ont aussi l’habitude de ces deux attitudes et surtout Israël semblait faire fi de la dignité la plus élémentaire pour faire une réconciliation culturelle avec l’Allemagne... alors que tous les criminels nazis ne sont pas encore jugés…etc.

 

En fait ce Rashi qui précise « malakhim mamash » est une citation du Midrash. Et dans le Midrahs il y a Mahloqet. Certains ont dit shi’houlei bassar va dam envoyés de chair et de sang et d’autres disent malakhim mamash et Rashi a tranché en choississant cet avis de la Mal’hoquet.

 

On comprend la Mal’hoquet dans laquelle les deux ont raisons puisque Jacob a bien envoyé les deux. Il a envoyé en haut des Malakhim et en bas des Shi’houlei bassar va dam.

Et les Malakhim sont revenus lui dire - verset 7 :

 

וַיָּשֻׁבוּ, הַמַּלְאָכִים, אֶל-יַעֲקֹב, לֵאמֹר:  בָּאנוּ אֶל-אָחִיךָ, אֶל-עֵשָׂו, וְגַם הֹלֵךְ לִקְרָאתְךָ, וְאַרְבַּע-מֵאוֹת אִישׁ עִמּוֹ

Vayashouvou hamalakhim el-Ya'akov lemor banou el-achikha el-Esav vegam hole’h likratkha ve'arba-me'ot ish imo.

 

Vayashuvu hamal'achim el-Ya'akov Et les anges sont revenus vers Jacob…

Alors que Jacob ne leur avait pas demandé de revenir

Lemor En disant…

Banou el-a’hikha el-Esav Nous sommes allés chez ton frère chez Esaü…

Donc aux deux niveaux en haut et en bas. 

Vegam hole’h likratcha et lui aussi vient à ta rencontre…

Ve’arba-me’ot ish imo Avec 400 hommes de guerre avec lui...

Vegam lui aussi : son Sar, son génie aussi vient

 

C’est pourquoi au verset 8 :

וַיִּירָא יַעֲקֹב מְאֹד, וַיֵּצֶר לוֹ; וַיַּחַץ אֶת-הָעָם אֲשֶׁר-אִתּוֹ, וְאֶת-הַצֹּאן וְאֶת-הַבָּקָר וְהַגְּמַלִּים--לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

Vayira Ya'akov me'od

Jacob a eut très peur

Vayetser lo

Et a été dans l’angoisse...

 

Ce vegam est interprêté par le Midrash de la manière suivante :

Ce n’est pas seulement Esaü qui vient faire la guerre contre Jacob, mais c’est également le génie d’Esaü qui vient lui-même. Gam signifie qu’il y a quelque chose de plus.

On relie cela à un verset du livre de Job. Dans le début du livre, lors du jugement sur Job qui est éprouvé, les anges se sont rassemblés ce jour-là et même le Satan avec eux : vegam haSatan betokham. Le Midrash relie ces deux Végam.

 

C’est pourquoi on retrouve encore une répétition dans le verset 8 :

Vayira Ya'akov me'od Jacob a eut très peur vayetser lo et a été dans l’angoisse.

 

Cela veut dire que le Midrash a voulu mettre en évidence un ’Hidoush.

La Torah a dit que Jacob a envoyé des envoyés et pour un des enseignements du Midrash, le sens Pshat c’est qu’il envoie des envoyés chez Essav en bas, mais il y a quand mëme un ’Hidoush c’est qu’il est obligé de faire aussi la guerre en haut. Alors c’est pourquoi le Midrash dit Malakhim Mamash. L’autre enseignement du Midrash c’est que la lutte normale de Jacob c’est en haut au niveau des réalités célestes, mais il y a quand même un ‘Hidoush du verset parce que Jacob doit lutter aussi en-bas au niveau des réalités terrestres. On retrouve donc le verset du début concernant le nom d’Israël : Jacob est nommé Israël parce qu’il lutte ki-sarita im-Elohim ve'im anashim vatoukhal Parce que tu as lutté avec/contre la divinité et avec/contre  les hommes et tu as pu.

C’est toujours ce verset qui nous sert de grille de lecture.

 

Alors le vrai problème d’exégèse de Rashi : alors qu’il a les deux enseignements pourquoi choisir seulement malakhim mamash ?

 

Je coris qu’on peut en schématisant un peu l’expliquer ainsi : Rashi se trouvait en pleine civilisation chrétienne, il était le maître de la communauté juive dans la France médiévale. Et par conséquent, il donne un bilan historique. Le combat de Jacob contre Essav au temps où nous sommes depuis Rashi c’est surtout le combat d’en-haut. Lorsque Rashi nous dit des « anges vraiment » cela veut dire que nous devons être occupés surtout á ce combat d’en-haut, c’est-à-dire à la lutte contre le génie culturel de Rome. Et vous savez à quel point nous avons été trompés par ce génie culturel de Rome. Nous avons tous faits des études secondaires et parfois plus das les écoles occidentales et Rome nous est toujours apparu comme une nation civilisée alors que du point de vue de la morale de la Bible cela reste une civilisation de barbares... La nation martienne par excellence : Essav qui vivras par son épée… Ils nous ont présenté cela comme une civilisation de noblesse alors qu’ils étaient tous des débauchés, des crapules, des barbares...etc. On s’est fait avoir par cela. Le juridisme romain c’est la chose la plus épouvantable qu’il puisse y avoir par rapport au destin moral d’un peuple. Et ils ont poussé le jésuitisme si j’ose dire en nous traitant de pharisiens : ils ont projeté le légalisme sur la tradition juive alors que le légalisme vient de chez eux.

Dura lex sed lex : « la loi est dure mais c’est la loi », c’est l’attitude romaine et non talmudique. La Torah s’appelle Ra’hamanah, la miséricorde. Quand le talmudiste dit « la loi dit que » il dit : « la miséricorde dit que », à l’opposé du « dura lex sed lex » ! Cette déculturation des Juifs a été poussée à un point tel qu’on a figuré les tables de la loi de Moïse avec le symbole des tables de la loi romaine qui ont la forme d’un bouclier romain. Dessinées ainsi sur le Aron HaQodesh. Les vraies tables de la loi hébraïque c’étaient deux cubes ! Avec piété et ferveur on a déssiné cela  ainsi alors que primitivement c’est la forme d’un bouclier romain. C’est la forme des tables de la loi de Rome !

On fête à ‘Hanoukah les Maccabiades à la manière des Olympiades ! Vous comprenez jusqu’où cela peut aller. C’est la blessure de Jacob à la hanche

Ou se gargariser en se disant que nous sommes la civilisation, le peuple du livre. Alors que c’est faux, nos sommes la civilisation de la tradition orale et c’est parce qu’on n’a pas de mémoire que l’on met les choses dans un livre. Nous ne sommes pas un peuple de libraires.

 

Nous sommes le peuple de la Torah shebealpeh qui est mise par écrite pour la préserver de l’oubli.

Qohelet : ”assot sefarim eïn qets faire des livre sans fin.

Un ’Hidoush lit dela manière suivante : faire des livres alors il n’y aura pas de fin : multiplier les livres c’est retarder la venue du messie. Car chaque fois qu’un livre est écrit, il faut en tenir compte. Tant que c’est oral cela reste vivant, mais dès que c’est mis par écrit alors il faut encore en tenir compte...

C’est mis par écrit pour éviter le risque de l’oubli par manque de mémoire. Le dernier verset de la prophétie est un verset de Malakhi :

« זִכְרוּ, תּוֹרַת מֹשֶׁה עַבְדִּי Zikhrou Torat Mosheh Avdi Souvenez vous de la loi de Moïse mon serviteur » N’oubliez pas ! Il ne faut pas croire que la ‘Hokhmah est en Israël parce qu’il y a des livres. C’est ce qu’il y a dans les livres qui est la ‘Hokhmah et le contenu des livres ne s’apprend pas dans les livres mais de la bouche de quelqu’un qui l’a appris de quelqu’un ... sinon le livre reste fermé même quand il est ouvert. On ne sait pas ce qu’il y a dedans. Il faut le Moré : celui qui fait voir au Talmidei ’Hakhamim :

 

Une anecdocte entendue à la radio : Un reporter dans une famille orthodoxe contemplant la bibliothèque avec Talmud Midrashim… s’adressant au chef de famille lui dit :

-Crois-tu qu’en lisant tout cela on devient ‘hakham ? 

-Mais cher ami il faut d’abord être ‘Hakham pour pouvoir lire tout cela !

 

Finalement on arrive au dernier Rashi :

im-Lavan garti va'e’har ad-atah.

J’ai séjourné chez Laban et j’ai tardé jusqu’à présent

 

Rashi donne deux explications :

Garti j’ai séjourné et j’ai été Guer étranger. Pas simplement j’ai habité et j’ai tardé : J’ai séjourné comme Guer . Voilà ce que Jacob veut dire à Esaü : tu crois que j’ai reçu la bénédiction que tu me reproches d’avoir volée mais en réalité je n’ai rien reçu de tout cela, donc tu n’as plus à m’en vouloir. Je ne t’ai pris que la condition de météque à l’étranger... De cela tu n’a pas à m’en voouloir. C’est effectivement la condition des Juifs tout au long de leur histoire ! Mëme quand on s’est cru descendant des Gaulois…

Mais Rashi ajoute Davar A’her...

…/…

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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