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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 19:07

Vayishl’ah (1984) - Cours 2 - 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayichlah_serie_1984/cours_2

Face B

 

Les versets du chapitre 32 verset 2-3, juste la Parasha précédente de Vayétsé :

וְיַעֲקֹב, הָלַךְ לְדַרְכּוֹ; וַיִּפְגְּעוּ-בוֹ, מַלְאֲכֵי אֱלֹהִים

VeYa'akov halakh ledarko

Et Jacob alla suivant son chemin (pour revenir en direction du pays de Kenaan)

vayifge'ou-vo mal'akhey Elohim

Et le recontrèrent-heurtèrent des envoyés de Dieu.

 

Ici le mot de malakh qui a le sens de « envoyé » va de suite être défini par le contexte comme des anges. Le mot de malakh signifie envoyé, chargé d’une melakhah, qui une mission à accomplir mais à un autre niveau, cela veut dire un ange. On ne sait pas ce que c’est, mais admettons par postulat que la Bible sait de quoi elle parle. En tout cas, des anges ce ne sont pas des hommes. Le verset suivant nous dit :

 

וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב כַּאֲשֶׁר רָאָם, מַחֲנֵה אֱלֹהִים זֶה; וַיִּקְרָא שֵׁם-הַמָּקוֹם הַהוּא, מַחֲנָיִם

Vayomer Ya'akov ka'asher ra'am

Et dit Jacob lorsqu’il les vit

Ma’haneh Elohim zeh

Voici un camp de Dieu

vayikra shem-hamakom hahou Ma’hanayim

Et il nomma le nom de cet endroit Ma’hanayim

 

Le mot de Ma’hané le camp est au duel Ma’hanayim.

 

Et je reviendrais sur cette question : pourquoi après nous avoir dit que Jacob prend acte qu’il y a un Ma’hané Elohim va le nommer au duel Ma’hanayim double camp ?

 

Parshat Vayetsé 32:4:

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם

Vayishlach Ya'akov mal'akhim lefanav

el-Essav a’hiv artsah Se'ir sdeh Edom.

Et Jacob envoya des malakhim devant lui

vers Ésaü son frère, au pays de Séir, dans le champs d'Édom

 

Il envoit une délégation à Esaü pour essayer de faire la paix. C’est le premier récit. Nous avons le même terme de malakhim, et il y a discussion dans le Midrash Raba pour savoir si ce sont des envoyés bassar vadam de chair et de sang ou si ce sont des malakhim mamash.

 

Rashi dit: malakhim mamash.

Ce sont des anges vraiment.

On pourrait demander pourquoi on pourrait en douter ? 

Question d’exégèse : qu’est-ce qui fait que Rashi a tranché parmi les deux opinions du Midrash Raba à ce propos : des envoyés de chairs et de sangs ou malakhim mamash.

 

Je vais me baser pour ce probléme sur un enseignement du Shlah (Shnei Lou’hot Habrit) qui va inspirer l’étude que nous allons avoir, avec essentiellement cette question.Vous aurez là un exemple d’exégèse rabbinique très poussé. Qu’est-ce qui fait que Rashi a tranché entre 2 opinions des Baalei HaMidrash Malakhim mamashim vs. Shélia’hei Bassar vadam.

D’autant plus que la simple lecture semble donner raison à Rashi. puisque Jacob vient de rencontrer des anges, et juste après, deux mots après le texte nous dit qu’il envoie des malakhim et donc ce mot de malakhim  reporté au contexte précédent signifie donc des anges. Pourquoi cette nécessité de le préciser dans le Midrash puisque cela va de soi apparemment ? C’est donc que cela ne va pas de soi !

 

Nous continuons la lecture. Et rappelez vous que nous devons revenir à la première question : pourquoi le texte après avoir dit Ma’hané au singulier nous dit Ma’hanayim au duel ?

 

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם

Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav

Et Jacob envoya des malakhim devant lui...

 

Tout de suite vous allez être sensibles à une sorte de répétition de tous les termes des versets.

Il y a un mot de trop : « envoyer » signifie « devant lui ». Il y a déjà répétition. 

 

el-Essav a’hiv artsah Se'ir sdeh Edom.

à Essav son frère, et direction de Séir du champ de Edom...

artsah Se'ir et sdeh Edom c’est la même chose, il s’agit ici d’une répétition.

 

32:5

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר, כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו:  כֹּה אָמַר, עַבְדְּךָ יַעֲקֹב, עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

Vayetsav otam lemor (répétition)

Et il les ordonna en disant

koh tomroun

Ainsi vous direz

ladoni le-Essav

À mon maître, à Essav (répétition)

koh amar avdekha Ya'akov

ainsi a dit ton serviteur Jacob

im-Lavan garti.

Avec Laban j’ai séjourné

va'echar ad-atah

Et j’ai tardé jusqu’à présent.

 

Ici aussi même si la répétition est moins visible mais c’est la même chose.

Ensuite, il y a tout un message qui va se développer, et il envoie ce message avec ces messagers.

 

32:7

וַיָּשֻׁבוּ, הַמַּלְאָכִים, אֶל-יַעֲקֹב, לֵאמֹר:  בָּאנוּ אֶל-אָחִיךָ, אֶל-עֵשָׂו, וְגַם הֹלֵךְ לִקְרָאתְךָ, וְאַרְבַּע-מֵאוֹת אִישׁ עִמּוֹ

Vayashouvou hamal'achim el-Ya'akov lemor

Et sont revenus les envoyés vers Jacob en disant

banou el-achicha el-Esav

Nous sommes allés chez ton frère Esaü

vegam holech likratcha

Et même il vient à ta rencontre

ve'arba-me'ot ish imo.

Avec 400 hommes avec lui

 

Le Midrash explique : 400 guerriers

 

32:8

וַיִּירָא יַעֲקֹב מְאֹד, וַיֵּצֶר לוֹ; וַיַּחַץ אֶת-הָעָם אֲשֶׁר-אִתּוֹ, וְאֶת-הַצֹּאן וְאֶת-הַבָּקָר וְהַגְּמַלִּים--לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

Vayira Ya'akov me'od vayetser lo

Et Jacob eu très peur et fut dans l’angoisse

vayachats et-ha'am asher-ito

Et il sépara le peuple qui était avec lui

ve'et-hatson ve'et-habakar vehagmalim

Et le gros bétail et le menu bétail

lishneh ma’hanot

En 2 camps.

 

Nous retrouvons le même mot que Ma’hanayim mais sous sa forme plurielle féminine.

La source de l’enseignement se trouve dans le Shla’h basé sur le Zohar.

 

Jacob revient de son exil, et il va passer une épreuve d’identité dont l’objet est de savoir s’il peut ou non recevoir le nom d’Israël.

 

En fin de compte, toute l’organisation du récit peut être résumée dans ces deux moments : à la fin de l’exil l’épreuve de recevoir le nom d’Israël. Cela ressemble vraiment aux épreuves des événements de la société juive en général à la fin de l’exil, l’épreuve de recevoir le nom d’Israël. Dans l’exil, Israël ne s’appelle pas Israël sinon par abus de langage parce qu’on connait le potentiel de Jacob à devenir Israël. Même nommé Israël, Jacob est nommé Jacob lorsqu’il va de nouveau en exil. Et lorsqu’il revient de l’exil, il reçoit le nom d’Israël. Finalement, le peuple juif n’a pas été nommé Israël pendant les 2000 ans d’exil, et c’est en arrivant au pays qu’il est nommé Israël.

Et nous sommes encore au stade de la contestation, l’ange d’Esaü ne veut pas encore dire Israël. En particulier la civilisation chrétienne qui est encore en discussion à se demander si le peuple juif est vraiment Israël.

 

Chapitre 46, verset 2 :

Au moment où Jacob va descendre en Egypte rejoindre Joseph.

 

46 :2

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים לְיִשְׂרָאֵל בְּמַרְאֹת הַלַּיְלָה, וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב יַעֲקֹב; וַיֹּאמֶר, הִנֵּנִי

Vayomer Elohim le-Yisra'el bemar'ot halaylah

Et Dieu dit à Israël dans les visions de la nuit

vayomer Ya'akov Ya'akov vayomer hineni.

 Et il dit Jacob, Jacob...

 

Il va descendre en exil, alors les conditions de la révélation sont les visions de la nuit parce que comme vous le savez l’exil est comparé à la nuit, et Erets Israël au jour dans le temps d’Israël.

 

Chaque fois que je devais partir en voyage pour prendre congé de mon maître, il me disait « laïlah tov !»

 

Lorsque Jacob descend en exil il est nommé de nouveau Jacob.

 

L’objet du récit de notre Parashah, c’est de nous montrer Jacob revenant de son exil et passant l’épreuve pour montrer s’il est digne du nom de Jacob.

 

C’est à deux niveaux, il y a deux épisodes : d’abord l’ange d’Esaü, le principe d’identité d’Esaü qui le lui conteste jusqu’au bout, et en fin de compte Jacob l’homme finit par le vaincre, alors il le nommera Israël et il disparait.

 

Un grand principe d’angéologie : chaque ange a une mission à accomplir, et lorsqu’il a accompli sa mission, il chante son chant et il disparait. Alors l’ange d’Esaü, à la fin de la nuit, disparait et son chant consiste à dire à Jacob « tu t’appelleras Israël... ».  C’est ce qui arrivera à Rome.

 

Le deuxième épisode, c’est quand Dieu lui-même donne à Jacob le nom d’Israël. Il y a une phrase dans le Birkat Hamazone du rite Ashkénaze qui relie un peu ce thème-là.

Lehitsa’hel vessekhel tov Baénei Elohim vaadam.

Bien sûr nous savons que Dieu nous a appelé Israël, mais tant que l’humanité ne nous a pas appelé Israël c’est encore en question.

 

Dans le récit de la Torah, il y a une lutte pour obtenir de l’ange d’Esaü le nom de Jacob-Israël, mais ensuite Dieu confirme le nom d’Israël.

 

C’est une épreuve importante, cela signifie que simultanément Jacob doit se justifier et s’expliquer devant Esaü son frère qui lui conteste son identité, et devant Dieu qui doit décider à qui il va donner cette identité d’Israël.

 

Toujours dans le cadre de l’enseignement du Shla’h, je cite un principe un peu difficile à étudier, mais je vais tenter de le schématiser.

 

Il faut se référer à la définition du monothéisme absolu. Cela veut dire que c’est un Dieu unique qui est providence de toutes les créatures. Donc le monothéisme juif ne signifie pas que ce Dieu ne s’occupe que d’Israël. C’est un peu la mentalité des autres traditions religieuses : Dieu est le Dieu de ses fidèles et les autres sont ses ennemis. Mais un monothéisme réel, authentique absolu, comme le monothéisme juif, signifie qu’il y a un seul et unique Dieu et que c’est le même Dieu qui est providence et de Jacob et d’Esaü. C’est la difficulté d’être juif, cela veut dire que notre Dieu est aussi le Dieu des autres. Qu’ils le reconnaissent ou pas, c’est un autre problème. Le monothéisme n’est pas une monolâtrie. C’est un monothéisme radical et absolu. Les miracles de Lourdes, ou d’ailleurs, prouvent seulement que Dieu s’occupe de ses créatures, quel qu’elles soient.

 

Jacob doit se justifier simultanément devant son frère Esaü qui est en contestation avec lui, et devant Dieu pour Esaü. Un ennemi d’Israël dans sa foi religieuse propre est tranquille : son Dieu est contre Israël. Pour Israël aux prises avec un de ses ennemis cela n’est plus aussi simple que cela. Il doit se mesurer aussi contre la volonté de Dieu pour son ennemi. D’où la difficulté. Il y a un décalage moral impossible à combler entre la morale religieuse des autres religions et Israël lui-même.

C’est ce qui nous explique ce dédoublement du vocabulaire dans ce texte.

 

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם

Vayishla’h Ya'akov mal'akhim lefanav

el-Essav a’hiv artsah Se'ir sdeh Edom.

Et Jacob envoya des malakhim devant lui

à Essav son frère, et direction de Séir du champ de Edom.

 

Par exemple : Essav en bas c’est son ennemi, en haut c’est son frère.

 

Il faut que simultanément ce plaidoyer se formule à 2 niveaux.

D’où la ma’hloqet du Midrash Raba.

Il a finalement envoyé les uns et les autres.

Sur terre il a envoyé les « envoyés de terre » et dans le ciel il envoit des malakhim mamash

Voilà donc qui reprécise notre question initiale :

Pourquoi Rashi nous a t’il donc tranché entre les deux ?

 

Comment Jacob peut-il dire d’Esaü (32:5):

וַיְצַו אֹתָם, לֵאמֹר, כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו:  כֹּה אָמַר, עַבְדְּךָ יַעֲקֹב, עִם-לָבָן גַּרְתִּי, וָאֵחַר עַד-עָתָּה

 

כֹּה תֹאמְרוּן, לַאדֹנִי לְעֵשָׂו

koh tomroun

Ainsi vous direz

ladoni le-Essav

à mon maître à Essav…

 

Cela veut dire qu’il y a une modalité où Esaü est son maître.

 

Ladoni il s’adresse en haut, LaEssav il s’adresse en bas. Et ainsi de suite

artsah Se'ir c’est pour en bas, sdeh Edom c’est pour en haut... etc.

 

Et après on voit Jacob qui se prosterne devant Esaü ?

Il se prosterne en direction de la terre. C’est à dire du Dieu de la terre, Esaü devant lui.

Le Midrash va être terrible pour Jacob qui se prosterne devant Esaü.

 

Jacob n’a pas l’intention de se prosterner devant une idole qui s’appellerait Esaü. S’il se prosterne c’est qu’il reconnait là la souveraineté du Dieu unique qui passe aussi à travers la manière d’être homme qui s’appelle Esaü. 
 

C’est ce dont parle la tradition lorsqu’elle parle des anges tutélaires des nations, les Sarim.

Toutes les nations ont un Sar – un génie céleste – qui est l’expression de la volonté du Créateur Unique pour telle manière d’être homme en particulier.

 

Pourquoi Israël est-il spécial ? Israël n’a pas d’intermédiaire. C’est Dieu Lui-même qui est le Dieu d’Israël. Pour tous les autres, c’est par délégation d’un génie tutélaire – le Sar de chaque nation.

 

En français le terme de « génie » donne exactement le sens du mot Sar : génie dans le sens de l’angéologie et génie dans le sens abstrait : la manière d’être homme que cela représente avec les valeurs très particulières que cela représente. Ce qui fait qu’un français n’est pas un allemand et qu’un allemand n’est pas un français, il le doit à son Sar. La France a un Sar, l’Allemagne a un Sar… Toute créature a un projet, une volonté, du Créateur pour elle.

 

Sar Israël est nommé Mikhael et la Guémara explique très clairement que quand Israël est authentique c’est Dieu lui-même qui est sa providence et quand ce n’est pas le cas, alors Israël a un Sar qui s’appelle Mika-El « qui est comme Dieu ».

 

Je referme la parenthèse, il y aurait énormément d’analyses à faire sur ce sujet là, en particulier la naissance du christianisme sur cette idée-là...

 

Israël est confronté à ce que le verset va dire pour expliquer pourquoi Dieu le nomme Israël :

 

וַיֹּאמֶר, לֹא יַעֲקֹב יֵאָמֵר עוֹד שִׁמְךָ--כִּי, אִם-יִשְׂרָאֵל:  כִּי-שָׂרִיתָ עִם-אֱלֹהִים וְעִם-אֲנָשִׁים, וַתּוּכָל

Vayomer lo Ya'akov ye'amer od shimcha ki im-Yisra'el

Ton nom ne sera plus Jacob mais Israël

 ki-sarita im-Elohim ve'im anashim vatoukhal.

Car un grand Sar avec Elohim et avec les hommes, tu as gagné

 

C’est le seul cas dans l’histoire de l’humanité : Israël est confronté à cela de lutter avec des forces divines et humaines, et c’est pourquoi il reçoit le nom d’Israël.

 

Il y a dans la Guémara cet enseignement : une nation ne peut pas vaincre une autre nation si son Sar en haut a déjà vaincu le Sar de l’autre : cela se décide en haut avant de se réaliser en-bas.

 

Un exemple parmi d’autres qui m’a beaucoup frappé pendant la guerre mondiale : la Russie tout entière, géant énorme, qui a attaqué la Finlande. La Finlande un tout petit pays qui a tenu en échec la Russie pendant plusieurs mois parce qu’ils avaient une force morale qui leur permettait de tenir. Un pays perd une guerre lorsqu’il a déjà perdu moralement, alors il la perd physiquement. L’exemple le plus clair pour nous est la guerre d’Algérie. La France a perdu la guerre d’Algérie parce qu’elle l’avait déjà perdu moralement, alors elle l’a perdu physiquement. Puisqu’au niveau des lois de la guerre il n’y avait aucune raison qu’elle perde la guerre…


.../...
lire la suite ici
 

***

 

 

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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