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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 13:18

Parasha - Vayetse 84 - 1ère Partie 

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayetse_serie_1984/cours_1

 Face A


Chapitre 28:10 - Chapitre 32:2

C’est une Sidra assez dense qui nous raconte pratiquement toute l’histoire depuis le début de l’exil de Jacob chez Laban. Le thème central de la Parasha est l’exil de Jacob chez Laban comme modèle de ce que seront tous les exils postérieurs.

C’est la 1ère fois que la Torah nous raconte de façon explicite la fonction de l’exil et ses mécanismes historico-socio-politiques, dans un modèle qui est un modèle de préfiguration.

 

On peut commencer par étudier les questions qui se posent à vous.

 

Q : On est toujours surpris par la substitution pour prendre la Brakhah et par ce qui se passe après qu’il trouve une femme plutôt qu’une autre, cela surprend chaque fois !

R : C’est le problème de Rachel et Léa, problème double avec Zilpa et Bilha. 

 

Q : L’attribut de Jacob est Emet, cela semble paradoxal, il est tout sauf Emet ?

R : Il aurait fallu ajouter « apparemment ». C’est une bonne question. 

 

Q : …

R : La fonction de la Galout de Jacob chez Laban étant donné qu’on apprend en fin de Parashah précédente la consigne de Rivqah à Jacob de se réfugier chez le frère de Rivqah pour quelques jours Yamim A’hadim en hébreu. Or, tout se passe comme si Jacob prend lui-même l’initiative de s’installer. In extremis parce qu’il est obligé de fuir de nouveau la haine de Laban sur le conseil de ses filles qui sont ses femmes. L’analogie qui est faite entre la destinée de l’âme dans ce monde-ci,  son lien avec le corps, et l’exil en dehors d’Erets Israël a-t’il une fonction ? L’exil a t’il une fonction analogue à l’exil de l’âme dans le monde d’en-bas ? Il existe des textes à ce sujet. Y-a-t’il un rôle à l’exil et peut-on apprendre du modèle de la Galout quoique ce soit de cette destinée d’exil de la Galout de la Neshamah dans le monde des corps ?

Il y a une image dans le Zohar. Le Zohar transmet en général son enseignement par image. Et il faut d’abord comprendre l’image comme telle. En général les images sont analogiques – c’est la méthode logique la plus difficile. La déduction, l’induction c’est facile. Le raisonnnement par analogie n’est pas simple avec son risque de se perdre dans les associations d’idées floues, fumeuses et approximatives. Le raisonnement par analogie s’appelle Guézera Shava dans le raisonnement talmudique, ou Ekesh, mais surtout Guézera Shava.

On n’a pas le droit de conclure un raisonnement avec certitude à partir d’un raisonnement par analogie si on n’a pas auparavant reçu confirmation de la tradition. Tandis qu’un raisonnement à fortiori on peut le faire pour soi-même. Le  raisonnement à fortiori c’est de l’ordre de l’induction et de la déduction. Dans les sciences, il y a des sciences dont la méthode est la déduciton par exemple les mathématique, des sciences dont la méthode est l’induction par exemple la physique, et des sciences dont la méthode devrait être l’analogie par exemple les sciences humaines. Mais lá c’est la méthode la plus difficile à manier. Par exemple l’histoire. Qund on essaie de mettre en évidence des schémas régulateurs de l’histoire, on a tendance à employer la méthode analogique et c’est très délicat à manier.

 

Les images que nous transmet le Midrash du Zohar -. Midrahs particulier parmi les Midrashim - doivent d’abord être comprises comme image, et ensuite c’est plus qu’une image.

 

Je me rattache aux analyses d’hier soir pour ceux qui étaient là : On a comparé la Neshamah avant qu’elle ne soit donnée à un corps. La Neshamah va être comparée dans cette image à la lumière « Or » qui vient dans un « Kéli » pour donner comme résultat une présence dans ce monde-ci. Toute présence dans ce monde-ci a un « Kéli » et un « Or ». Le « Kéli » dans cette image est le corps et le « Or » est la Neshamah. Le Nefesh étant le résultat de cette synthèse, ce mariage difficile entre la Néshamah, l’âme, et le corps. Dans le Zohar, on compare la Neshamah avant qu’elle ne descende sur terre, à une fille dans la maison de son père. Bat BéBeit Avikhav. Une princesse chez le Roi de l’univers. On lui demande ce qu’elle voit dans ce monde d’en-bas que vous connaissez, et ce qui l’attire dans ce monde d’en-bas pour qu’elle acquiesce à péril et ce risque... Peut-être ne va-t’elle pas remonter comme il le faudrait !

Alors, le Zohar répond : mieux vaut être une femme dans la maison de son mari même si c’est un charbonnier qu’une fille dans la maison de son père même, si c’est un roi. On voit la différence de position. Quelle est la différence ? C’est la catégorie du mérite. La fille dans la maison de son père est chez elle, mais chez elle à la façon d’une invitée. Tandis que la femme dans la maison de son mari est chez elle chez elle. Elle a acquis son Bayit si j’ose die. C’est une des images qui explique cette descente des âmes dans les corps. Parce que cette question vient d’un étonnement. Si on comprend de quoi on parle, l’étonnement est de comprendre ce que désire cette Neshamah en acceptant de quitter le monde des valeurs absolues pour descendre ce monde de boue et de cendre... avec ce péril extrême. C’est donc que cette motivation est très forte. Il y a donc une fonction, un rôle. On a une première pré-réponse : c’est la nécessité d’acquérir son mérite d’être, son droit d’être.

 

Pour relier rapidement à la question posée, je vous citerais un autre thème :

On a posé la question dans la Guémara [Le Maharal a un chapitre très important dans Gvourot Hashem sur cette question de la Guémara dans ‘Houlin] : comment s’expliquer le fait que Abraham s’entend dire déjà avant que l’histoire de sa descendance ne commence, l’exil comme dimension presque sine qua non de l’histoire de sa descendance.

Cf. le verset citée dans la Hagadah de Pessah [Lekh Lekha 15:13] :

יָדֹעַ תֵּדַע כִּי-גֵר יִהְיֶה זַרְעֲךָ בְּאֶרֶץ לֹא לָהֶם

«yadoa teda ki-ger yihyeh zarâkha be'erets lo lahem »

« Savoir tu sauras que ta descendance sera étrangère dans un pays qui n’est pas le leur... »

 

Nous avons de nouveau là un exemple vraimeent central de ce que notre histoire nous est racontée avant qu’elle ne commence. Ici, il y a place pour l’indicaiton très importante pour la tradition d’une formule qui est le mérite des pères - Zekhout Avot. Le mérite des pères est d’avoir adhéré au programme d’une histoire avant qu’elle ne commence et qu’il n’y ait un signe, un indice que cela les concerne. Alors que les fils ont 4000 ans d’expériences pour vérifier s’il s’agit de cela ou pas. JE referme la parenthèse. 

 

Maharal pose la quesiton de la manière suivante : puisque déjà il y a des raisons pour que cette manière d’être homme commence à émerger de la préhistoire antérieure avec Abraham (dans les péripéties antérieures que nous lisons avec les Sidrot actuelles) comment se fait-il que l’exil n’ait pas commencé avec Abraham lui-même ?

 

Il y a beaucoup de réponses pour cela. Abraham, comme tel, n’est pas concerné par l’exil. Ce n’est que dans sa descendance qu’apparaîtront et se dévoileront ou pas les tendances qui correspondent à la nécessité de l’exil.

 

Mais une des réponses que donne le Maharal est très importante pour nous :

Si Abraham avait commencé l’exil, alors Ishmaël aurait été compris dans la promesse de la terre.

Nous pouvons voir que dans tous les contextes de la promesse de la terre, il y a l’annonce de l’éventualité de l’exil pour désigner l’identification à Israël.

 

Alors si l’exil avait commencé  avec Abraham alors Ishmaël aurait été concerné par les promesses de la terre, Dieu préserve. Si Isaac avait été concerné par l’exil, Essav aurait été concerné par les promesses de la terre. Dieu préserve ! Cf. même sans être concerné, les problèmes que nous avons avec lui…

 

De même si Isaac avait été concerné par l’exil Esaü aurait été concerné par les promesses de la terre : le royaume des croisés ! 

 

Encore une fois, de même que pour Abraham, il y a des raisons particulières à Its’haq en tant que tel– sa manière d’être homme – qui fait qu’il n’est pas du tout concerné par l’exil. Abraham a voyagé en Egypte mais ce n’est pas en exil puisqu’il est reçu comme un prince. Nessi Elohim Atah Betokhenou que l’on lui avait déjà dit dans Hayey Sarah. Il est reconnu comme étant Abraham dans la civilisation égyptienne de ce temps-là, il est reçu avec les honneurs.

 

Seul Jacob est vraiment concerné par l’exil, alors c’est pourquoi, alors qu’Abraham est sorti de son propre exil, la Torah n’y fait allusion qu’en passant. C’est le Midrash qui nous reconstitue les conditions de l’exil d’Abraham à Our-Kasdim. Cela aurait pu être considéré au niveau d’Abraham par la Torah comme le 1er modèle de l’exil, mais la Torah passe là-dessus par allusion. Tandis que le 1er modèle de l’exil va concerner Jacob. Je raccroche à l’analyse du Maharal que vous avez en tête, Jacob est la seule lignée d’Abraham qui prend sur lui l’éventualité de l’exil.

 

La descendance d’Ishmaël, l’islam, a voyagé partout, mais partout en conquérant. Ce n’est pas un exil. Les Juifs comprennent ce qu’est l’exil. Peut-être sommes-nous la dernière génération à comprendre si Dieu veut, mais en tout cas je sais déjà que nos descendants immédiaits, les israéliens, n’arrivent pas à comprendre de quoi il s’agit. Ils sont déjà ailleurs.

 

De la même manière Esaü et sa descendance, la chrétienté, et le type de civilisation qu’il a sucité, l’empire romain, a également voyagé partout mais toujours en conquérant. Jamais en exil.

 

Seule la descendance de Jacob qui donne en fin de compte le peuple juif, mais déjà en tant que peuple hébreu dans l’exil d’Egypte qui est l’exil déjà à l’échelle de la société - le modèle étant l’exil à l’échelle individuelle de Jacob chez Laban -seul Jacob a pris sur lui l’éventualité de l’exil.

Les circonstances dans lesquelles cet exil se passe, vont dépendre du partenaire. Le partenaire étant l’humanité ambiante, l’humanité universelle. Ce n’est pas à priori fatal que l’exil soit aussi catastrophique que celui qu’on a connu. Cela dépend aussi en grande partie des Goyim chez lesquels on est retenu. Et avec un jeu de feed-back et de réciprocité permanente et de responsabilités redéléguées cent fois.. Un grand proverbe de la sagesse juive populaire est très profond : « les Goyim ont les Juifs qu’ils méritent et les Juifs ont les Goyim qu’ils méritent. »

 

C’est déjà une première indication de réponse : bien sûr qu’il y a un rôle dans la relation à l’universel humain. Il n’y a pas de fatalité à priori que cette relation à l’universel humain qui fait partie de la destination d’Israël, de la destinée d’israël, de la manière d’être homme Israël, annoncé à Abraham tout de suite ne doit pas forcément, par fatalité à priori comme je le dis, s’exprimer et  se réaliser dans une persécution catastrophique comme cela l’a été le plus souvent. Pas toujours mais le plus souvent. Cela dépend des circonstances de l’alliance d’exil, si vous voulez, ou de l’alliance de diaspora pour employer un terme suceptible de réintégrer l’autre dimension éventuelle.

 

Il y a donc d’une certaine manière une nécessité d’aller en voyage pour Jacob.

 

Mais n’oublions pas qu’il y a deux motivations à son voyage.

 

Si nous relisons les textes précédents :

 

-  la motivation de Jacob qui quitte Erets Kenaan depuis Beer-Sheva est selon la consigne que son père Isaac lui avait donné dans les textes précédents : c’est précisément de prendre femme dans la famille d’où Abraham était sorti.

 

-  La motivation de Jacob selon la consigne de Rivqah c’est de s’enfuir de la colère de son frère Esaü et de se mettre à l’abri.

 

A priori de ces deux motivations concrètes elles-mêmes, et en les récapitulant, l’éventualité de la relation à l’universel ambiant extérieur a lieu à travers son visage le plus proche à chaque étape des temps de l’humanité.

 

Et ce visage le plus familier de l’humanité extérieure pour Jacob (qui est lui l’identité Israël en germe - c’est à son retour de l’exil qu’il sera nommé Israël), c’était Laban. Il avait le Goï privilégié l’oncle. Qui va devenir le beau-père. Et cette situation la plus privilégiée s’est avérée être la plus critique du point de vue des avatars et des éventualités de l’antisémitisme à la clef de l’exil.

 

Il y a donc effectivement là une analogie dans cette image bien évidemment. Ce n’est pas l’objet de l’étude. De la même manière, la Néshamah, l’âme, va en exil dans le corps parce qu’elle a un rôle à jouer.

 

Les droits de Jacob pour la terre comporte son acceptation de l’éventualité de l’exil, opposée à Ishmaël et Esaü. De la même manière les droits de s’acquérir comme femme de son mari pour la Neshamah. C’est un niveau supérieur à celui de fille chez son père (qui est cadeau). Il vient un stade où elle préfère être femme chez elle par elle-même. Même chez un charbonnier…

 

J’ajoute simplement un point de cette analyse :

Je pense que nous vivons aussi par rapport à ce thème là des temps privilégiés : c’est la première fois que des chrétiens ou des musulmans sont en exil en Israël ! Et c’est un exil doré pour eux ! Ce n’est pas le genre d’exil que nous nous avons connu, minorité dans une majorité hostile.

C’est la première fois où la conscience d’Ishmaël et celle d’Essav ont fait l’expérience de l’exil. Et dans une situation privilégiée.

Il est possible qu’ils avaient cette expérience à faire pour qu’un dialogue futur soit possible et qu’on commence à s’expliquer. Mais je crois que l’expérience est fausée, parce que ce n’est pas l’exil tel que nous l’avons connu…

     

 

***

 

Q : Je voulais vous posez la question de Vayétsé Yaakov. Rashi dit Vayelekh.

N’est-ce pas un prélude à la Yéridah ? Vous avez dit une fois que les patriarches, l’un représentait la Aliah (Abraham), Isaac représentait le Sabrek, il n’est jamais descendu, et Yaaqov qui est Yored ?

R : Oui j’ai du vous dire cela rapidement en passant…

Q : Oui. Alors « Vayiti Yaaqov » n’est-ce pas un prélude à la Yéridah « Vayered Yaaqov » ?

R : Non, dans ce plan que Abraham est le Olé de Our-Kasdim, Isaac n’a jamais quitté le pays, et puis Jacob est descendu en exil, mais c’est l’exil d’Egypte, ce n’est pas celui-là. Et là l’expression de Vayered Mitsraïmah, le verbe de « descendre » est employée par le texte. Et c’est plus tard. C’est quand il va en Egypte rejoindre Joseph. Il va mourir là-bas et on va ramener son cercueil comme le font les Juifs de la Galout quand ils ne viennet pas vivants. C’est à peu près cela.

 

Il me revient quelque chose de ce que je voulais vous dire :

Cette fonction de l’exil que nous voyons être explicité ici avec Jacob comme modèle de l’exil chez Laban, [pas l’exil où il va rejoindre Joseph qui va être l’exil des 400 qui cont devenir les 210 ans en Egypte], c’est la fonction de l’exil dans la relation à l’universel, et il n’est pas nécessaire que cela dure si longtemps. C’est le début de la question de Ra’hel. Le fait que cela dure si longtemps et qu’on s’installe est un problème en soi, et qui comme tel est la cause centrale de ce que la fonction de l’exil se complique tellement et devient catastrophique.

 

Je vous donne une autre image tirée des Midrashim. Entendons là d’abord comme image mais c’est plus qu’une image : 

Tout se passe comme si à certain moment de l’histoire, l’humanité est comparée à une matrice qui est fécondée par l’identité d’Israël. Le temps de l’embryon correspond donc au temps de l’exil pour Israël. Israël en exil est comme un embryon au sein de l’universel humain. Arrive le temps de la naissance, s’il y a empêchement, alors survient une catastrophe, et pour Israël et pour l’humanité. Parce que le Oubar - l’embryon, ne pouvant pas naître, empoisonne sa mère, qui est tellement empoisonnée qu’elle empoisonne son fils...

C’est les temps tragiques de l’antisémitisme de paroxysme. Le temps arrive d’une fin d’exil et rien ne survient, Alors il y a empoisonnement. L’enfant qui ne veut pas naître rend fou la mère qui devait en accoucher, et la mère, devenue folle, rend fou l’enfant à naître...

On a vécu malheureusement une période pareille avec le temps du nazisme, sans trop chercher une analogie forcée.

 

Chaque fois que nous parlerons de la fonction de l’exil, il ne faut pas oublier que la fonction de l’exil n’a de sens, de vraisemblabilité, que comme 1er moment d’une mouvement double.

-  le mouvement d’Israël vers les nations l’exil et la relation à l’universel.

-  le mouvement de retour à Sion.

Galout fait partie d’un dyptique Galout – Guéoula. Sans la notion de Guéoulah, la notion de Galout n’a aucun sens.

 

Ici on retiendra cette quesiotn qui est importante pour elle-même : Cette installation de Jacob dans son exil. Il y a une éclipse dans tout ce récit de la relation de Jacob avec ses parents en Erets Israël auxquels il ne donne même pas signe de vie.

 

Cette motivation de Rivqah « et tu seras là bas yamim a’hadim quelques jours » comporte une autre consigne : « et je te ferais appeler de là-bas ». Et il n’y a aucune trace du texte que cela s’est réalisé.

J’ajoute, sans avoir de source à vous citer pour cela : Avait-il besoin qu’on l’appelle pour revenir chez papa-maman ?

 

Nous verrons, surtout dans la Parashah suivante qu’il y a deux niveaux d’identités différents : Jacob et Israël. Quand Jacob reçoit le nom d’Israël il a une autre stature, un autre profil.

 

Au niveau Jacob on va nous faire la carte d’identité du point de départ.

La Torah nous a donné un gros plan sur la tendance de Jacob à être de l’exil.

 

Dans la Kabalah on a fait une analogie :

De la même manière que Jacob a eu deux femmes Léa et Rachel, il y a deux Talmud, le Yeroushalmi et le Babli. Le Babli est comparé à Rachel, femme de Jacob, à l’indice exil. Le Yeroushalmi est comparé à Leah, femme de Jacob, à l’indice Erets Israël.

On voit dans l’histoire, que de la même manière que Jacob a préféré Rachel, les Juifs ont préféré le Talmud Babli ! La Kabalah donne des tas de vérifications numériques de cette analogie mais je vous la donne formellement comme cela.

 

Tout se passe comme si cette identité que nous appelons Israël mais dans son indice Jacob avant d’avoir reçu l’authentification du profil d’Israël à proprement parler, a une espèce de préférence pour Rachel qui se traduirait par une tendance pour l’exil qui, dévoilée comme fait historique, est incompréhensible, mais qui a cependant des explications traditionnelles. En particulier, je crois que en bonne part il s’agit la tendance à l’universel.

 

C’est la capacité d’exil qui dévoile la tendance à l’universel authentique et réelle. Pas sous son aspect d’impérialisme tel que celui d’Ishmaël ou d’Essav, mais sous la forme de la relation à l’universel telle que Jacob l’a pris sur lui, dans sa forme de l’exil : la communauté juive indexée sur la cité des autres en tant que communauté avec le risque des ghettos et tout ce que cela implique. Il y a aussi ce qu’on apprend avec le modèle de l’exil en Egypte ce que le texte dira de la sortie d’Egypte du livre de l’Exode avec la nostalgie des allocations familiales d’Egypte, en mauvaise part. Mais même quand les Juifs étaient très malheureuex en exil, sans allocations familiales, leur souhait de « l’année prochaine à Jérusalem » était tout autant mythique ! C’est cela qui trravaille là.   

 

Mais quoiqu’il en soit en bonne part, il est bien évident que c’est la relation à l’universel.

Il faut mettre cela en évidence, c’est la prérogative de Jacob en tant que peuple. Nous retoruvons cela dans l’histoire du peuple d’Israël. Jacob est nommé Jacob dans l’indice de l’exil, et il est nommé Israël dans l’indice du retour. N’oubliez pas cette règle.

 

En prenant acte des faits sans les interpréter, on ne peux pas manquer de voir qu’il n’y a qu’une seule manière d’être homme au monde qui est capable d’être aussi n’importe quelle autre manière d’être homme au monde, c’est le peuple juif. Ce qui dévoile cette capacité, malheureusement dans la caricature et la catastrophe, c’est l’exil !

 

Comme je vous le disais tout-à-l’heure c’est le seul peuple qui ait pris sur lui l’éventualité de l’exil. Qu’y-a-t’il concrétement ? Premiérement cela ! Cela n’existe nulle part dans l’humanité : une collectivité humaine qui est elle-même, quelque soit la difficulté d’être, et qui peut être en même temps n’importe quelle autre manière d’être homme par permutation circulaire. Les Juifs peuvent être allemands, italiens, anglais, français… judéo- quelqu’un d’autre... Avec un patriotisme local inouï.

 

Q : comme les Arméniens ?

R : Non, les Arméniens ne sont pas du tout dans le cas de l’exil d’Israël parce que l’Arménie comme métropole a toujours existé malgré l’exil des Arméniens exilés. Et en fin de compte lorsqu’un arménien s’assimile il n’est plus arménien. Mais il s’agit d’une diaspora. Il y a en plein. Pas seulement des Arméniens. Il y a la diaspora des Allemands en Amérique par exemple.

 

Q. Les Gitans ? 

R : Le peuple des gitans y ressemble beaucoup plus que les autres diasporas humaines. Je crois que la mort commune qu’ils ont au temps du nazisme a énormément rapprocher les Gitans et les Juifs. Enormément. Je ne veux pas vos parler des Gitans cela ouvrirait une trop grande parenthèse.

On peut noter que cela ressemble beaucoup plus. Malgré tout on ne trouve pas chez les Gitans ces phénomènes inouïs de l’émancipation des Juifs dans cette contradiction : s’assimiler tout en restant soi-même et différent des autres.

 

Midrash : une image inventée un  jour pour expliquer l’identité juive de diaspora à propos de ‘Hanoukah :

Un jour une graine de pommier est arrivée avec le vent dans une sapinière. La graine a germé et un pommier est né parmi les sapins…

A force de voir autour de lui que des sapins, il s’est pris pour un sapin.

Un jour un dialogue commence à l’initiative d’un vrai sapin :

- Mais toi qu’est-ce que tu es ?

- Je suis un sapin !

- Mais tu ressembles à un pommier !?

- C’est que je suis un pommier !

- (Ultimatum du sapin) : Sapin ou pommier ?

Il a réfléchit et il lui dit :

-Sapin !

- C’est très bien, Noël approche, on a besoin d’un sapin, et tu vas voir ce qu’on va te faire...

 

C’est un peu cela : une espèce de passage à la limite de la caricature du patriotisme local incroyable.

Cela se dévoile dans la caricature, mais ce qui se dévoile c’est la tendance à l’universel. C’est une chose que les Goyim n’arrivent pas à comprendre parce que les deux intentions sont sincères, tant le repli dans la spécificité du premier que l’aller vers l’universalité du second.

Il y a donc quelque chose qui travaille là.

 

La question est de comprendre ce yamim a’hadim. Il s’agissait de quelques jours ! Pourquoi si longtemps ? Une sorte d’installation qui est vraiment une sorte de modèle explicatif de ce qui se passe dans nos exils. Cela peut être un des éléments de définition de l’exil de Jacob chez Laban comme modèle des exils. Lorsqu’on en étudie les péripéties, on voit que les mécanismes sont ceux du modèle type de toute histoire de l’exil. Cela commence d’abord par l’enthousiasme de se mettre au service de la cité humaniste trouvée quelque part. Se mettre au service de : Jacob devenant berger des troupeaux de Laban ... il lui améliore ses troupeaux. Dès que les Juifs arrivent quelque part c’est ce qui se passe dans le monde économique. Vers la fin de la Sidra et de l’exil le beau-père qui est l’oncle s’énerve...  Tristan Bernard humoriste juif disait: « on bloque les compte et on compte les blocs ». Exactement ce qui se passe et ce que Laban va dire à Jacob. Alors Jacob s’enfuit in extremis grâce à l’intervention de ses femmes… etc.  Nous vivons cette histoire.

 

Qui peut répondre à cet étonnement ?

Premiérement on a pris acte de cette dimension d’identité qui travaille les Juifs. Quand il reçoit le nom d’Israël c’est fini, c’est un deuxième niveau, une deuxième profil. Israël en voyage est en voyage et ne se prend pas pour le gendre de personne. 

 


  .../...
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***

 

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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