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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 14:37

Parasha - Vayetse 1984 - 2ème partie

 

…/…

 

... l’image du Juif au service des nations.

 

Question de Léa et Rachel :

Nous avons un Midrash qui explique la stratégie de Laban.

Il va utiliser l’argument que ce n’est pas la coutume chez lui de marier la cadette avant de marier l’aînée. Le Midrash met en évidence ce qui était arrivé : Jacob a dû dans la Parashah précédente prendre aussi le rôle d’Esaü. Alors Laban lui dit : tu t’es fait pendre pour Esaü ? tu vas prendre aussi celle qui était destinée à Esaü !

Cela veut dire que au niveau des fonctions aussi il y a un parallèle absolu. Léa l’aînée était promise et fiancée à Esaü l’aîné selon le Midrash. Et Rachel la cadette était promise à Jacob le cadet. Il y avait deux missions à résoudre et il y a avait division du travail suivant la stratégie providentielle de la naissance des jumeaux. L’un des deux, Esaü, s’est disqualifié complètement et Jacob a pris aussi la tâche d’Esaü.

 

Des 4 formes possibles une seule pouvait réussir c’était l’homme de la vocation spirituelle qui s’occupe aussi de la vocation matérielle.

 

La rivalité qui va apparaître avec Esaü dans l’histoire, c’est que l’homme de la vocation matérielle va usurper la vocation spirituelle et la rendre impure. La voix de Jacob et les mains d’Esaü c’est les Romains lisant la bible en disant « je suis Israël !» Pour un juif de tradition juive, il n’y a pas plus claire usurpation d’identité. Voyez dans le contexte la terreur d’Isaac lorsqu’il se rend compte de cela : dans sa pensée c’était un Esaü qui avait la voix de Jacob, et il a une terreur absolue ! Dans la réalité, c’est un Jacob qui avait les mains d’Esaü. Et donc finalement Jacob a du prendre sur lui aussi la tâche de Esaü. Et il n’aime pas cela tant qu’il est Jacob. L’homme de la vie spirituelle n’aime pas l’agriculture. C’est la différence entre les Kibboutzim et les Yeshivot. Jusqu’à ce qu’on arrive à trouver ce miracle actuel des Barour Yeshiva qui sont dans les Kibboutzim !

 

Pour revenir à notre problème, j’ai deux choses à vous indiquer : Jacob est nommé Jacob dans l’indice de l’exil, et il est nommé Israël dans l’indice du retour.

C’est en tant qu’il est l’époux de Léa que Jacob reçoit le nom d’Israël.
C’est en tant qu’il est l’époux de Rachel qu’il reçoit le nom de Jacob.

Laban à Jacob : « tu as pris l’identité d’Esaü, tu vas prendre aussi celle qui lui était destinée ! »

 

L’erreur faite couramment dans ce contexte :

Jacob a travaillé 7 ans pour obtenir Rachel : on lui a donné Leah et ce n’est pas qu’il a du encore travailler 7 ans pour avoir Rachel. Selon le verset 7 jours après il s’est marié avec Rachel. Mais en réalité il a travaillé 7 pour Rachel encore 7 pour Rachel à cause de la substitution et 7 ans encore pour le troupeau 3x7=21, Donc c’est bien au bout de 20 ans qu’il s’est enfui, un an avant l’achèvement de sa tâche du point de vue du temps.

A ce propos un des enseignements des Midrashim : 3x7=21 : cette année restante due, « volée », nous a coûté trop cher. On l’a retrouvé à un autre indice logarythmique dans les 400 ans de l’exil d’Egypte qui n’étaient pas suffisant, car on est sorti 190 ans avant, alors on l’a payé avec 1900 ans d’exil de l’exil contemporain.

 

Il n’y a pas de doute que dans dimension de cette histoire de Jacob chez Laban on voit que Jacob préfère Rachel. Qu’est-ce que cela signifie dans notre histoire ? Le peuple juif a préféré l’exil et l’installation dans ce qui était connu a priori comme un voyage provisoire.

 

Je vous en fais la micro-analyse : Au début d’un exil, les Juifs sont installés sur les valises, ils savent qui ils ont, et où ils sont. Très rapidement, l’exigence réelle du retour se sublime et devient mythique. C’est l’installation : Jacob et Rachel.

 

Pour les commentateurs Rachel est la femme de Jacob. Jacob-Rachel. Léa est la femme de Jacob-Israël : Israël-Léa.

 

Ra’hel est « shayeret lagalout » la matrice d’Israël en exil. C’est pourquoi elle va mourir au moment où Jacob revient en passant la frontière et en enfantant Benyamin.

 

A partir du moment où Jacob revient, les tribus ont déjà été engendrées dans l’exil – un peu à la manière où dans notre temps contemporain le diagnostic, l’identification par tribu s’est estompée dans le temps – sauf pour la tribu de Lévi et pour certaines familles qui connaissent leur lignées sous forme de livre des généalogies et savent à quelle tribu se ratacher - mais aujourd’hui ce découpage est autre. C’est le découpage en communautés différentes. De la même manière que les tribus ont été engendrées en l’exil dans la relation à l’universel humain, les communautés, les Edot, ont été suscitées dans la relation à l’universel humain. Qu’est-ce qui fait la différence entre un séfarade et un ashkénaze c’est qu’ils n’ont pas eux les même goyim tout simplement. C’est clair.

 

C’est bien la relation à l’universel humain que nous ramenons avec notre tribalisme portatif en vue de l’unifier dans le creuset de la municipalité israélienne. C’est un fait messianique à ce niveau-là : faire vivre ensemble toute les manières d’être homme de la terre.

 

Ra’hel termine sa fonction lorsque l’exil est terminé : la Torah nous l’indique ainsi : elle meure sur la frontière et elle est enterrée à Beth Le’hem sur le chemin de l’exil. Le Midrash nous dit que c’est pour prier pour sa descendance, les enfants d’Israël en exil.

 

Depuis 1967, Beit-Le’hem c’est dans la Médinat israël. Il y a énormément de Juifs de l’exil qui sont pour rendre Beit-Lé’hem, parce qu’ils n’ont plus de protection. Rachel est chez nous.

A partir du moment où le temps du retour est arrivé, en principe il n’y a plus de protection pour l’exil. Il y a eu tous les sursis et tous les sursis sont achevés puisque le retour s’est fait. Pas étonnant que l’identité de Jacob en exil soit devenue si précaire. Vous verrez lorsque vous étudierez la descente de Jacob dans l’exil, il y a une promesse : « Je te protégerai jusqu’à ce que tu reviennes » parce que l’exil est dangereux : on peut s’y perdre. Rappelez-vous l’âme et le corps. On peut devenir un Rashâ. Alors, il y a une protection qui est promise pour le temps de l’exil : dans la vision de Jacob des anges. Mais si le temps est achevé ? Si on a passé tous les sursis ? Alors la protection st levée. C’est le danger de la séduction de Jacob par les affaires du beau-père.

 

Q :

R : Léa était destinée à Esaü. Le Midrash l’apprend du fait qu’elle avait les yeux rakot faibles, elle louchait. Le Midrash en déduit qu’elle pleurait du fait que celui à qui elle était destinée était devenu un Rashâ, elle s’est abimée les yeux en pleurant. Cela explique aussi la relation entre Jacob et Léa.

Il y a résistance de Jacob pour intégrer Léa qui ne lui était pas destinée. On dévoile ici que Jacob était destiné à l’exil. Quand il s’appelle Israël c’est fini. Mais quand il redescend en exil, de nouveau le texte l’appelle Jacob. Nous étions arrivés la dernière fois à cette mise au point : Israël est celui qui a les deux fonctions, les deux capacités d’être Tsadik - celle d’Esaü et celle de Jacob - cela s’appelle Israël.  

-  La vocation spirituelle exclusive cela s’appelle Jacob.

-  La vocation matérielle exclusive cela s’appelle Esaü.

Et puis il y a deux personnages de synthèse :

-  L’homme de la vocation matérielle qui s’empare de la vocation spirituelle et l’obscurcit: les rivalités du judaïsme. Le Romain lisant la Bible.

-  L’homme de la vocation spirituelle qui prend en charge les problèmes matériels pour les transfigurer. Jacob-Israël.

Jacob comme tel est normalement réticent à la vocation d’Esaü.

 

Q : Léah était destinée à Esaü, peut-on dire que c’est une punition infligée à Jacob pour ce qu’il a fait précédemment, il est également l’objet d’une ruse… ?

R : Je n’ai pas employé le mot de ruse. Je ne peux pas revenir sur l’ensemble des analyses de la dernière fois.

Q : Les explications sont parfaites…

R : Alors on ne doit plus dire "ruse".

Q : Les explications sont parfaites mais certaines sont difficiles à intégrer.

R : Si c’était clair la semaine dernière on passe à un autre niveau si c’est élucidé.

Q : Jacob-Rachel la Golah et Léah-Israël, Essav était prévu pour Léah et elle est rattachée à Israël ? 

R : Il faut prendre conscience qu’il y a une distance énorme entre l’identité Jacob et l’identité Israël. Rien ne va de soi. Il faut que Jacob devienne Israël. Ce n’est pas du tout conventionnellement que la Torah nous établit une équation d’état civil qui va de soi : Jacob c’est-à-dire Israël !

Par exemple : c’est la différence aujourd’hui entre un juif et un israélien. Un israélien est juif mais un juif n’est pas forcément israélien. C’est Jacob-Israël. Ou je dirais plus ce qu’il y a au fond : la différence entre un juif et un hébreu. Le juif est hébreu en potentiel, mais l’hébreu seul est hébreu.

Par conséquent, lorsque Jacob devient Israël, il a alors les deux ko’hot, les deux forces d’identités qui viennent de Its’haq. Et celle d’Esaü mais en cachère et celle de Jacob.

Il lui apparait alors un rival à l’envers : le Romain qui, lui, est un Esaü qui se prend pour Jacob et qui s’appelle « Verus Israël ». Il faut découvrir cet étonnement massif : il y a eu une peuplade qui n’a rien à voir avec les patriarches qui se rattache à la fondation de Rome par un des descendants d’Esaü qui s’appelle Magbiel cité dans la généalogie d’Esaü. Cf. Rashi sur Alouf Magdiel. Il y a aussi un Alouf Lotan qui n’est pas fondateur des Latins malgré l’analogie mais c’est un certain Alouf Magbiel. Si vous avez lu les Métamorphoses d’Ovide vous verrez qu’on y parle de cette histoire-là aussi. Et ce peuple qui nø’a rien à voir avec les Hébreux et qui se prétend Israël en bonne ou mauvaise foi en béton armée pendant 2000 ans : les Romains !

Cela veut dire que c’est une identité qui surgit là et qui illustre ce dont la Bible parle lorsque Esaü se prétend Israël.

 

Corollairement à cela on nous raconte ce qui arrive à Jacob, lui, qui va devenir Israël en témoignant des deux capacités des vocations humaines, celle de Jacob et celle d’Esaü. Mais en tant que Jacob il est semble-t’il hypnotisé par la vocation de Jacob, c’est-à-dire l’exil.

 

On retrouve cela par la suite : la descendance de Jacob-Israël par Léa et la descendance de Jacob-Israël par Rachel :

Les tribus de  la descendance par Rachel c’est la vocation de l’exil.

-  Les tribus de la descendance de Léa concernent la vocation d’Erets Israël.

 

Yehoudah est de Léah et Yossef est de Ra’hel. Binyamin représente l’achèvement du cycle.

Par conséquent, nous retrouvons au niveau de la multiplicité des tribus cette même polarisation.

J’anticipe, cela survient plus tard lorsque nous parlerons des enfants, les 12 tribus.

 

Lorsque le chrétien - Esaü qui se prend pour Israël - parle de sa « terre sainte », il y croit vraiment que c’est une terre sainte. Quand c’est un juif de diaspora qui parle d’Erets Israël, que se passe-t’il ?

C’est à la limite devenu du tourisme. D’où vient le problème-là ?

 

C’est pourquoi il faut se poser la question : quelles sont les forces à l’œuvre ?

Qu’est ce qui fait que Jacob est le Jacob de Laban - l’homme de la vocation de l’exil ?

Et qu’est-ce qui fait que lorsque Joseph, lui, installe la Yéridah, il y va et s’installe lui et tous ses fils avec ?

 

Quand Joseph a fait appeller son père :

 

Chapitre 46 verset 1:

46 :1:

וַיִּסַּע יִשְׂרָאֵל וְכָל-אֲשֶׁר-לוֹ, וַיָּבֹא בְּאֵרָה שָּׁבַע; וַיִּזְבַּח זְבָחִים, לֵאלֹהֵי אָבִיו יִצְחָק.

Vayissa Yisra'el vekhol-asher-lo

...Et tout ce qui était à lui

vayavo Be'erah Shava

arriva en direction de Beer-Sheba (il va donc en direction du sud)

 vayizbach zevachim

Et il offrit des sacrifices

l'Elohey aviv Yitschak.

Au Dieu de son père Its’haq

 

46 :2

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים לְיִשְׂרָאֵל בְּמַרְאֹת הַלַּיְלָה, וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב יַעֲקֹב; וַיֹּאמֶר, הִנֵּנִי

Vayomer Elohim le-Yisra'el bemar'ot halaylah

Et Dieu dit à Israël dans les visions de la nuit

vayomer Ya'akov Ya'akov vayomer hineni.

 Et il dit : « Jacob, Jacob ! »

 

Cela veut dire que lorsque Jacob va en exil, il rentre dans la nuit, il est appelé Jacob.

Dieu acquiesce à sa Yéridah. Il a quelque chose à y faire.

 

Chez Laban, Jacob aussi s’installe pour Ra’hel. Finalement va survenir le choc de « l’antisémitisme » de Laban pour lui faire comprendre, et il s’enfuit in extremis.

 

On retrouve-là l’histoire des Juifs dans sa bonne foi profonde, sa naïveté profonde. C’est une histoire qui nous est déjà racontée et dont on ne tient pas compte.

 

Un autre verset dans la Parasha de Vaye’hi : Chapitre 47:28-29 :

וַיְחִי יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, שְׁבַע עֶשְׂרֵה שָׁנָה; וַיְהִי יְמֵי-יַעֲקֹב, שְׁנֵי חַיָּיו--שֶׁבַע שָׁנִים, וְאַרְבָּעִים וּמְאַת שָׁנָה

Vaye’hi Ya'akov be'erets Mitsrayim

Et Jacob vécu dans le pays d’Egypte

shva esreh shanah

17 ans

vayehi yemey-Ya'akov shney chayav

et furent les jours de Jacob, les années de sa vie

sheva shanim ve'arba'im oume'at shanah.

de 147 ans.

 

Le Midrash indique un étonnement fondamental : comment le texte peut-il dire que Jacob vécut en Egypte ?

Vaye’hi Ya'akov : c’est Jacob !  Jacob peut vivre en Egypte mais pas Israël. La preuve au verset suivant :

 

47:29

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי-יִשְׂרָאֵל, לָמוּת, וַיִּקְרָא לִבְנוֹ לְיוֹסֵף וַיֹּאמֶר לוֹ אִם-נָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ, שִׂים-נָא יָדְךָ תַּחַת יְרֵכִי; וְעָשִׂיתָ עִמָּדִי חֶסֶד וֶאֱמֶת, אַל-נָא תִקְבְּרֵנִי בְּמִצְרָיִם

Vayikrevou yemey Yisra'el lamout vayikra liveno le-Yosef vayomer lo im-na matsati chen be'eyneycha sim-na yadecha tachat yerechi ve'asita imadi chesed ve'emet al-na tikbereni beMitsrayim.

Les jours d’Israël s’approchèrent de la mort...

 

Pourquoi ? Parce que Jacob vit en Egypte ! C’est clair c’est dans le texte.

Cela veut dire qu’après l’épisode où Jacob reçoit le nom d’Israël, l’emploi de nouveau du nom de Jacob implique une baisse de niveau dans le profil d’identité : on est de nouveau Jacob à l’indice de l’exil. Il y a aussi une espèce de providence dans le langage employé à notre égard : on ne nous a jamais qualifié d’Israël durant l’exil, on y était des Juifs. Au retour, on nous appelle Israël et le profil d’identité du Juif se redresse. Le point d’interrogation du doute se redresse. C’est un point d’exclamation de l’humanité entière ! D’un coup Jacob devient Israël et le monde entier entre en transe. Les Juifs aussi !

On découvre pas à pas que seul Jacob peut être Israël. C’est sûr, mais il faut qu’il le devienne. C’est une lutte qui nous est racontée. Il faut encore la décrypter et comprendre ce qu’elle signifie.

 

Q : pourquoi l’appelle-t’on Israël pour dire qu’il meurt en Egypte ?

R : On ne l’appelle pas Israël, regardez bien : les jours d’Israël s’approchèrent de la mort… Israël est éternel il ne peut pas mourir, ce sont « ses jours » ! Les texte ne peut pas dire qu’Israël est mort. Ce serait un blasphème c’est la Torah d’Israël. Alors elle dit :  : les jours d’Israël s’approchèrent de la mort… Cela veut dire : le temps d’Israël s’achève, commence le temps de l’exil.

 

J’ouvre une parenthèse : J’ai entendu d’un enseignement de A. Neher :

L’histoire - en hébreu toldot – l’histoire des événements se dit Divrei Hayamim. Il y a une notion qui se rattache à celle de Divrei Haymamim – il y a aussi l’expression de Divrei Halaïlot lorsque les nuits parlent aussi. Il y a une expression qui se rattache à cette définition de l’histoire comme Divrei Hayamim -  en français, les chroniques – c’est la notion de A’harit hayamin que nous trouvons chez les Prophètes. Que l’on traduit habituellement par « la fin des jours » mais en hébreu, de façon plus littérale, c’est là que je cite A.Neher, cela veut dire ce qu’il y a « après les jours ». C’est l’expression par laquelle les Prophètes désignent les temps messianiques Véhayah BéA’harit Hayamim.  Cela signifie donc que tous les peuples ont leur temps d’histoire et possèdent leur Divrei HaYamim, leurs chroniques. Il y a un cas particulier : Israël, qui même lorsque son temps est achevé a encore A’harit hayamim, qui est la dimension de l’exil. C’est pourquoi cela signifie chez les prophètes : et il arrivera à la fin des temps de l’exil.

Puisque les prophéties messianiques des prophètes concernent bien la fin des temps de d’exil.

Quand Isaïe dit Véhayah BéA’harit Hayamim: il veut dire très exactement il arrivera à la fin des temps de l’exil et non pas à la fin des jours de l’histoire du monde.

 

Tous les peuples ont leur Yamim. Et quand c’est fini, c’est fini. Mais voilà qu’il y a une dimension de survie dans la nuit pour Israël qui s’appelle Jacob. C’est l’exil qui est une soupape de survie. Mais c’est la nuit. Mais c’est la nuit qui précède le jour. Chaque fois que je prenais congé de mon maître pour aller en « exil », ils me disaient « Laïla Tov » ! Il ajoutait d’autre sbrakhot mais il ajoutait « Laïla Tov ! » Il savait de quoi il parlait.

 

-  Le nom de Jacob est à l’indice de la Galout.

-  Le nom d’Israël est à l’indice d’Erets Israël.

 

C’est dans la Parashah de la semaine prochaine, au retour d’exil, que Jacob reçoit le nom d’Israël.

 

C’est la difficulté de la méthode par analogie, mais je pense que nous vivons  cela : en fin de compte après une lutte acharnée, l’ange finit par nommer Jacob, Israël, mais jusque-là il ne veut pas l’appeler Israël.

 

A quoi cela resssemble-t’il ?

Cela ressemble à la position du monde entier qui refuse de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël. Ils ne disent pas Jérusalem mais Tel-Aviv. (S’ils savaient à quel point les Prophètes ont prophétisé Tel Aviv. Je vous montrerais la référence.)

 

Q :

R : Vaye’hi - Chapitre 47:28-29

וַיְחִי יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם
Vaye’hi Ya'akov be'erets Mitsrayim

Et Jacob vécu dans le pays d’Egypte..

Question : comment peut-on vivre dans le pays d’Egypte ?

Le Midrash répond : c’est Jacob qui y vit. Il y a vécu 17 ans nous dit le verset parce que Jacob n’est vivant que s’il est avec Joseph : il a vécu 17 ans avec Joseph en Egypte, et 17 ans dans le pays de Kenaan avec Joseph avant l’exil de Joseph qui était alors âgé de 17 ans. 2x 17= 34 valeur de Vaye’hi : il a « vraiment » vécut 34 ans.

Le verset suivant dit :

47:29

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי-יִשְׂרָאֵל, לָמוּת

Vayikrevou yemey Yisra'el lamout

Les jours d’Israël s’approchèrent de la mort...

Retenez que ce n’est pas Israël mais Yemei Israël

Cela veut dire que si Jacob s’installe en Egypte, l’identité Israël disparait. Vayikrevou yemey Yisra'el lamout : Les jours d’Israël s’approchèrent de la mort...

Et non pas Jacob. Yaaqov avinou lo met !

 

Le profil d’Israël vit une yéridah qui mène à l’assimilation. On ne parle plus d’Israël on parlera de Jacob.

 

C’est l’analyse de A. Neher :

Chaque civilisation a son temps d’histoire, et après c’est un vestige. Il y a un cas particulier qui traverse l’histoire - le peuple d’Israël. Il a une soupape de survie qui s’appelle Jacob : l’exil.

 

Imaginez toutes les nations contemporaines de l’antiquité hébraïque, où sont-elles ?

Disparues ! Elles ont eu leurs jours !

De la même manière, les jours d’Israël se sont approchés de leur fin et malgré cela il y a une dimension de survie c’est un cas de particulier: « Vayikrevou Yemey Yisra'el Lamout »

 

Q : Il y a peut-être une contradiction avec ce qui est indiqué par un des Midrashim que Abraham et Jacob sont sortis de leur exils Bé-Shalom en paix.

R : Mais notre sujet était autre : tant qu’ils sont en exil, l’un s’appelle Abram et non pas Abraham, et l’autre Jacob et pas Israël. Le fait qu’ils soient sortis en paix c’est leur mérite de Tsadik.

Mais là je ne pensais pas que cela serait tellement difficile à exprimer cela. Cela devrait aller de soi de notre expérience qu’il y a deux profils d’identité radicalement différents. C’est vrai que nous sommes dans un temps de transition entre le temps des Juifs et le temps des Hébreux, entre le temps de Jacob et le temps d’Israël.  

 

Reste une question en suspend pour la prochaine fois:

Q : La vertu attribuée à Jacob est le Emet, or apparemment c’est l’histoire d’une « ruse » ?

R : On verra ce problème. Il y a un Midrash : quand Isaac parle à Esaü il dit [27:35] :

וַיֹּאמֶר, בָּא אָחִיךָ בְּמִרְמָה; וַיִּקַּח, בִּרְכָתֶךָ

« Ton frère est venu avec ruse Bé-Mirmah ».

Rashi corrige le texte et lit : בְּחָכְמָה : בְּמִרְמָה

Bé-Mirmah :Bé’Hokhmah (comme le traduit le Targoum).

 

< fin >

*******

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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