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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 19:06

Vayeshev (1993) - 1ère Partie.

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayechev_serie_1993/cours_1

Face A

 

Chapitre 37.

Le personnage central de la Parashah qui occupa la plus grande partie du récit c’est Joseph.

Il y a à un certain moment donné une interruption d’un chapitre entier sur l’histoire de Juda. C’est une Parashah extrêmement dense du point de vue des récits et des identités que cela représente.

 

Q : Pourquoi sont-ils allés à Shkhem ?

R : On le verra tout à l’heure.

 

Q : Pourquoi la stratégie de Tamar a été acceptée et pourquoi Timna est refusée ?

R : Ce sont deux questions différentes qui ne sont pas liées. Cela installe un couple artificielle Tamar –Timna qui n’existe pas.

 

Je vous propose de reprendre un peu avant les quelques versets concernant la naissance de Joseph  qui vont un peu éclairer l’identité de ce fils de Jacob pour comprendre les problèmes autour de Joseph dès le début de ce récit.

 

Parashat Vayetsé Chapitre 30 verset 22 :

La Torah y raconte les engendrements de Jacob en exil chez Laban. La Parashah précédente a raconté son retour d’exil et il y a un thème caractéristique concernant cette histoire de Jacob chez Laban : tous les enfants de Jacob qui vont fonder les tribus d’Israël sont nés dans l’exil. Il y a là un thème d’identité bien particulier à mettre en évidence. Cela nous permettra de rentrer dans le vif du sujet concernant la rivalité de Joseph et ses frères de manière beaucoup plus directe.

 

Nous avons souvent parlé de ce thème-là. Il y a une différenciation d’identité à l’intérieur d’Israël Le peuple d’Israël est confié à un idéal d’unité à construire. D’une part comme témoin pour l’humanité toute entière. Cette unité avait été perdue à l’épisode de la Tour de Babel. Il y a eu un temps d’histoire où l’humanité était une et elle a perdu son unité dans l’éclatement de cet universel humain qui a eu pour résultat les Nations.

La Torah indique de façon très claire qu’il y avait une unité de l’humanité. Unité qui n’était pas uniformité, il y a avait déjà la différenciation des différentes familles humaines selon l’expression de e la Torah. Chaque famille ayant son génie propre. Un enseignement du Talmud est important à ce sujet : c’est un devoir de multiplier - Ribouï du Tselem Elohim - les manières d’être homme qui chacune d’entre elles représente la réalisation du projet de Dieu pour l’homme. Plus il y a de multiplicité des manières d’être homme et plus le projet de Dieu comme Créateur de l’homme est honoré.

 

C’est-à-dire premièrement la multiplicité humaine n’est pas apriori quelque chose de négatif. On verra comment cela devient négatif, comment apparait le risque que cette multiplicité, que la démultiplication par le nombre qui est l’envers de la multiplication par le nombre, risque d’amener à des conséquences catastrophiques.

 

C’est le 1er principe : le Ribouï du Tselem est un bien.

 

Et le fait que la Torah nous désigne cette unité humaine au niveau du langage. Le fait que l’humanité entière parlait une langue une indique vraiment qu’il y a avait universalité concrète et réelle. Pour la Torah, pour l’enseignement de la prophétie hébraïque, la spécificité de l’identité humaine est sa capacité de langage.

 

Dire qu’il y avait une langue unique, une langue une, pour toute l’humanité :

11 :1

וַיְהִי כָל-הָאָרֶץ, שָׂפָה אֶחָת

vayehi kol-hareets sfat a’hat

Et fut toute la terre une langue une…

indique de manière très concrète et très importante qu’il y a eu un temps de l’universel humain réel. Un temps qui a disparu depuis ce que raconte le récit de la tour de Babel, sur lequel je reviendrais, et depuis ce temps-là nous ne connaissons plus l’universel humain que sous forme d’idéal.

 

Or, l’idéal c’est ce qui manque à la réalité. Il y a une sorte de trace qu’a laissée cette disparition de l’unité humaine: c’est l’exigence de reconstruction de l’universel humain, l’idéal de l’universalité.

 

C’est un idéal qui a travaillé et traversé toutes les civilisations. Il a été vécu de manière authentique et intense par des individus de bonne volonté dans toutes les lignées humaines, dans toutes les cultures, de toutes les sociétés. Ceux que nous appelons les « ’Hassidei Oumot Haolam » et ceux qu’en français on peut appeler « les hommes de bonne volonté » pour employer une expression littéraire.

 

En fait, aucune nation, aucune civilisation, s’appuyant sur une nation en particulier, aucune manière d’être homme en particulier, n’a réussi une cité humaine où cet idéal de l’universel idéal fut vécu authentiquement par des individus. On connait surtout dans la civilisation contemporaine les philosophes encyclopédistes qui ont pensé cet unviersel humain et ont été un peu à l’origine de « la déclaration des droits de l’homme et du citoyen » qui est très importante historiquement. Cet idéal d’universalité n’est pas achevé dans la formule des droits de l’homme et du citoyen. S’il s’agissait des droits de l’homme, oui. Mais l’ajout « et du citoyen » dénote une dimension raciste qui apparait. (Cela ne concerne que mes citoyens...) Il est normal qu’après cela, il y ait eu d’autres tentatives d’élargissement de cette notion de l’universel humain. Il y a eu la tentative de l’universel socialiste qui a échoué dans l’échec et il y a finalement ce qu’a pensé René Cassin sur « la déclaration des droits de l’homme » purement et simplement.

 

L’idéal de la reconstruction de l’universel humain est authentique lorsqu’il est vécu authentiquement à l’échelle individuelle. Mais aucune société humaine n’a réussi à l’entreprendre. Cela a toujours basculé dans l’impérialisme. Beaucoup d’universalistes sont en réalité des impérialistes.

 

J’explique la différence très rapidement:

Dans la perspective de l’universel se trouve l’essentiel de l’idéal messianique : c’est-à dire reconstruction de l’unité humaine qui préserve la spécificité géniale pour chacune des différentes familles humasines. Alors que l’impérialisme consiste, depuis la réémergence d’une unité imposée, à imposer  aux autres manières d’être homme sa propre manière d’être homme.

C’est une nation en particulier qui prend en charge le rêve de l’universel, et qui sous le couvert  de l’idéal d’universel impose sa propre manière d’être homme comme modèle de l’universel. 

La révolution française est l’exemple le plus privilégié de cet authentique idéal dans son échec authentique. La révolution française a pris son essor sur l’idéal de l’universel humain et a échoué quelques années après dans l’empire français qui est exactement l’échec de l’universel dans l’impérialisme. Cela n’a pas tellement été mis en évidence. Quelques années après le régime de la constituante on bascule dans l’empire français de Napoléon qui ne se cache pas.

 

Imprégnés comme nous le sommes des attendus de la culture française on ne se rend plus compte comment l’événement de la révolution française a été vécu par les autres pays européens comme une barbarie imposée à l’Europe. Les armées de Napoléon ont laissé le souvenir d’une barbarie dans  tous les pays qu’elles ont traversées (la Prusse, l’Italie du Nord, l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique...)

C’est une fois de plus avant la lettre, l’Angleterre qui a sauvé le monde en étant victorieuse de l’empereur et de son empire. Cela ne veut pas dire que l’empire britannique n’est pas à sa manière tout aussi condamnable, mais c’est une autre histoire.

 

En tant que juif, j’ai découvert que le modèle que l’on m’imposait de l’homme universel c’était leurs ancêtres les gaulois et que l’homme universel était un profil culturel très défini, abonné au gaz et à l’occasion membre d’un club de pêcheur à la ligne en Dordogne...

 

Il y a eu un échec de l’unité humaine et à partir de ce moment-là - c’est le récit de la Tour de Babel - existent les nations.

 

Dans la cohérence biblique, Dieu attend qu’apparaisse quelque part une autre manière d’être homme capable de reconstruire cette unité humaine dans le projet messianique qui traverse l’histoire des empires et l’histoire d’un antagonisme farouche entre les empires et cette manière d’être homme qui sera porteur de l’idéal messianique : reconstruire l’idéal d’universel humain sans impérialisme, sans imposer sa manière d’être homme aux autres hommes, et qui deviendra Israël.

 

A partir d’Abraham, chez les Hébreux se reconstitue une société qui est portée par l’idéal messianique.

 

Le christianisme, jusqu’à notre temps, a représenté cet échec du rêve messianique universaliste qui s’est transformé en impérialisme. Je pense surtout à l’Eglise catholique qui a très rapidement repris les structures et les tendances de l’impérialisme romain au titre du rêve messianique d’Israël.

 

Officiellement, Vatican 2 est une charnière, on renonce à cet impérialisme de la religion universelle qui s’imposerait au monde entier avec la clause « hors de l’église point de salut !», pour lui préférer une formule plus universaliste de type messianique authentique : chaque manière d’être homme ayant sa spécificité propre dans l’unité humaine.

 

Le problème n’est pas résolu, mais Vatican 2 indique une charnière à ce sujet, au moins au niveau du discours. Jusque-là le discours catholique était universel, c’est-à-dire impérialiste. C’était un monothéisme du Dieu unique : un seul Dieu et c’est le mien ! Et si vous ne le reconnaissez pas vous êtes en danger ! L’islam est une religion de ce type à l’exception des soufis, les mystiques musulmans qui se rattachent à un monothéisme du Dieu Un.  

 

Ce rêve de l’unité va être pris en charge par cette manière d’être homme qui, à la suite de toutes les difficultés d’émergence de l’identité hébraïque authentique du dedans des rescapés des Hébreux de la civilisation de Babel, deviendra Israël.

 

Cette civilisation de Babel constitue ce  paysage culturel, spirituel et historique d’où sort la famille d’Abraham. Or, dès son émergence, cette identité d’Israël se voit confier la réalisation de l’idéal de l’unité. La nation d’Israël rassemble différentes manière d’être Israël avec comme consigne idéale d’en faire l’unité. D’une certaine manière, l’humanité délègue ce problème de reconstruction de l’unité à la société d’Israël comme creuset de laboratoire.

 

Nous avons 12 tribus d’Israël qui sont 13. Et chacune des tribus est un Israël en soi.

 

Nous verrons comment travaille cette mission d’unité en Israël à la naissance des tribus d’Israël. Et dés la naissance des tribus d’Israël nous allons nous apercevoir, éclatée dans notre Parashah, une différence de stratégie messianique, entre la lignée de Juda et la lignée de Joseph. 

 

Mais sur l’écran de la problématique suivante : chaque tribu d’Israël est en soi une manière d’être Israël, et la grande difficulté intérieure à la société d’Israël - je n’ai pas encore dit israélienne mais on retrouvera cela dans la municipalité israélienne - dans la communauté juive de diaspora surtout dans les rassemblements de rescapés de diasporas détruites comme c’est le cas en Europe, le problème est artificiel. C’est un problème très second de cohabitation autour de la synagogue des tribus différentes. Les véritables problèmes de rivalités d’identités sont dans la société française. Le problème de l’unité de la communauté en diaspora est plus facile que le problème de l’unité de la municipalité israélienne, et donc de la Knesset.

 

Nous avons différents indices, en particulier dans Vayetsé, que chaque tribu s’appelle un Am, et on voit comment se reflète, ou est délégué, dans la société d’Israël le problème de l’unité des peuples en dehors d’Israël.

 

A cela se rattache la remarque importante qu’il faut rappeler que la différenciation des tribus est née dans l’exil. De la même manière, la différenciation des communautés aujourd’hui provient de l’exil. Et donc, c’est la différenciation de l’universel humain qui se reflète dans l’identité d’Israël dans la société d’Israël, la cité d’Israël, qui a pour mission d’être témoin et creuset de laboratoire de cette unité.

 

Voilà le thème de départ de ce que nous allons découvrir : pourquoi y-a-t’il 13 naissances des enfants de Jacob qui deviendront les fondateurs des tribus d’Israël et qui nous seront racontées avec une telle précision et une telle minutie d’identité, dans le fait que la Torah a tenu à nous donner le nom et la signification des noms de chaque tribu ?

 

C’est une science du Talmud Torah qui est très occultée un peu partout ; et traditionnellement, l’expression pour désigner les Talmidei ‘hakhamim qui s’en occupent c’est « Dorshé Reishounot » - ceux qui s’occupent de comprendre le nom de chacun, ceux qui étudient la signification des noms. C’est une connaissance très rare et cela nous est transmis par les grands commentateurs. Je me base surtout sur le Shla’h.

 

Je vous donnerais quelques exemples que la Guémara met en évidence de manière très dévoilée.

 

Aujourd’hui la différenciation en tribu s’est apparemment perdue. C’est perdu à partir de la destruction du 1er temple il y a eu un mélange de la descendance des tribus. Mais elle ne s’est pas perdue partout. Certaines familles ont toujours leurs ascendances - leur « Sefer Yorassim » -  et peuvent se rattacher aux origines hébraïques de la tribu considérée. Il y a le cas évident de la tribu de Lévi ou des Cohanim. Et le cas des familles marocaines qui se rattachent à la tribu Efraïm. Cela est connu par leur prononciation de l’hébreu. Cela est en train de disparaître en Israël. C’est cette prononciation particulière qui confond le Shin et le Sin.  Shibolet-Sibolet.

La Bible raconte comment on reconnaissait les membres de la tribus d’Efraïm : on leur montrait un épi de blé pour voir s’ils disaient Shibolet ou Sibolet...

 

Théme général d’étude :

La multiplicité humaine se reflète dans la multiplicité israélienne mais avec une grande différence.   

La multiplicité humaine livrée à ces seules forces, n’arrive pas à s’unifier. Toute tentative de reconstitution de l’universel bascule systématiquement dans l’impérialisme. Il n’y a pas d’exception. Hormis celle des phalanstères artificiels retirées de la cité et où à l’échelle individuelle des identités différentes peuvent ensemble constituer une unité. Mais ce n’est pas une cité.

Dès que les sociétés tentent de reconstituer la société des nations, c’est un cirque. L’ONU « ce machin ». Il y a une fatalité dans cette impossibilité de réussite. D’où vient cette fatalité ?

 

L’histoire d’Israël a traversé l’échec de tous les empires.

 

Schéma général des 4 grands empires :

ð  Babel,

ð  Perse,

ð  Grèce,

ð  Rome,

 

Les empires ont existé et ont eu leur histoire sur le même modèle du cycle ternaire naissance-apogée-déclin, disparition et remplacement par une autre civilisation qui revit à peu près les mêmes péripéties d’identité humaine sous des formes différentes.

 

Un ouvrage important, « Le déclin de l’Occident » écrit par l’allemand Oscar Spengler, anti-juif, mais qui décrit les grandes structures des civilisations de la planète : naissance - moyen-âge - âge d’or – déclin…etc.  Mise en évidence du déclin de l’Occident devant les autres à cause du péril démographique universel.

 

Ces 4 empires selon la typologie traditionnelle ont été traversés par l’histoire d’Israël qui, elle, est un projet messianique. Et on s’aperçoit qu’il y a toujours une rivalité impitoyable entre ces empires et Israël. Lorsque la conscience impérialiste de ces empires diagnostique que l’antagoniste c’est Israël, elle s’instaure en rivalité d’Israël.

 

Cela commence avec Nimrod au temps d’Abraham. De notre temps, le diagnostic qu’a fait Hitler, le régime soviétique, l’islam fondamentaliste et qui voit en Israël l’adversaire à abattre. C’est le caractère systématique de l’affrontement entre les impérialismes et Israël. Avec ce cas particulier très ambigu de l’Eglise qui est du côté des impérialismes mais se prétend « Verus Israel ». L’avenir dira si effectivement l’Eglise va renoncer à cela et reconnaitre qu’Israël est Israël.

 

Ce qui se prépare, annoncé dans beaucoup de textes, surtout par le Maharal d’ailleurs, c’est un grand affrontement entre deux impérialismes : musulman et occidental. Israël entre les deux comme lors de la guerre du Golfe.

 

A ‘Hanoukah on évoquera cet affrontement entre l’empire grec et la Judée.

 

De notre temps nous avons vécu les dernières péripéties des affrontements entre l’impérialisme issu de Rome occidental et le peuple juif. Ce qui s’est passé au temps de la Shoah et ce qui se passe de notre temps vis-à-vis de l’Etat d’Israël, c’est bien cette rivalité de la conception de l’empire. Elle est pensée chez les Américains chrétiens (plus le président américain est chrétien plus c’est mauvais pour les Juifs et Israël, c’était évident avec Carter)

 

Une idée essentielle :

Chaque tribu d’Israël est un Israël en soi et qui pourrait traverser l’histoire même si les autres n’existaient pas par hypothèse impossible. Et à partir de un de ces Israël de ces tribus d’Israël toute l’unité d’Israël peut se réinstaller.

 

A résoudre : le problème de l’unité humaine.

Paradoxe apparent : cette multiplicité des manières d’être Israël est à l’indice de l’exil.

Nous sommes indexés à la multiplicité humaine qui, livrée à ces propres forces n’arrive pas à résoudre son problème d’unité. Il y a peut être un espoir en société juive. Raison pour laquelle quand nous revenons d’exil nous revenons à la manière des enfants de Jacob, chacun avec une identité d’indice universel différent. Nous sommes, nous, revenus avec le visage français de l’universel (et non pas le visage universel français). Et ce visage français de l’universel c’est un visage multiple. Dans l’idée de la France comme une manière d’être universel, il y a milles tribus française… 

 

En schématisant beaucoup, à part des exceptions de types monastiques ou phalanstères, aucune société humaine n’est arrivée à résoudre le problème de l’unité de la multiplicité humaine sauf dans la violence par « la purification éthnique » ou par l’esclavagisme ou l’asservissement.

D’où cela vient-il ?

 

Je réponds rapidement et je prends l’exemple de Réouven :

Chaque manière d’être une tribu d’Israël est nommé avec un profil d’identité bien particulier.

 

Cela vient de ce que chaque nation chaque Goï est une manière très spécifique très partielle et donc très partiale d’être l’homme. Et donc le rêve et l’idéal, est vraiment l’universel authentique mais la réalité, le véhicule sociopolitique d’insertion de cet idéal dans la réalité est trop partiel.

 

Les philosophes français ont pensé l’universel, mais ils ont réalisé l’empire français, même si à l’échelle individuelle ils étaient contre car authentiquement humanistes et universalistes. Il y a une fatalité : aucune nation ne peut être le véhicule de reconstruction de l’unité humaine parce que chaque nation est elle-même et qu’elle-même. Lorsque la révolution russe a voulu proposer à l’humanité son idéal de l’universel, elle a imposé son identité russe. Il y a eu donc un impérialisme russe de l’empire soviétique qui a finalement éclaté lorsque les autres nationalités de l’empire soviétique ont secoué le joug du « pharaonisme » soviétique.

 

Effectivement, le français qui pensait les idéaux de la révolution française était sincère mais il n’était que français. Cela ne pouvait donc convenir aux autres, à moins de s’habiller à la française mais c’est un habit qui finalement se transforme en 4 planches de sapins.

 

Il y a donc une fatalité de l’échec de l’universel chez les Goyim.

C’est vrai à différents niveaux de registres de civilisation. L’universel en politique bascule dans l’impérialisme politique. L’universel en religion bascule dans l’impérialisme religieux. L’universel en philosophie bascule dans l’impérialisme et le terrorisme intellectuel de telle ou telle école au nom de l’universel.

 

L’idéal de certains membres du Klal Israël qui se transforme en secte du Klal Israël qui s’imposerait aux autres membres du Klal Israël.

 

Il y a semble t’il une fatalité que les prophètes d’Israël ont dénoncé dès l’origine : l’empire ne peut pas réussir la messianité !

Il y a donc un conflit impitoyable entre les empires et le peuple de la messianité. Cela nous explique pourquoi la multiplicité intérieure à Israël n’est pas endogène à Israël mais exogène. C’est une multiplicité humaine, la multiplicité des Goyim, que nous reflétons dans notre société. On en prend bien conscience à la lecture des textes : Les fils d’Israël sont nés dans l’exil. Les communautés d’Israël sont nées dans l’exil. Qu’est-ce qui différencie la communauté des Juifs ashkénazes de la communauté des Juifs séfarades ? C’est ce qui différencie les Allemands des Espagnols !

Très peu de Séfardim  ont conscience que lorsqu’ils sont orgueilleux d’être séfarades ils sont en réalité orgueilleux d’être d’origine « ibérique » et très peu d’Ashkénazim ont conscience que lorsqu’ils sont fiers d’être ashkénazes, au fond c’est qu’ils sont fiers d’être allemands...

 

Il n’y a pas d’autre exemple dans la culture humaine d’une telle générosité spirituelle : se réclamer du nom de nos pires ennemis, l’inquisition et le nazisme !

 

La 2nde fatalité c’est que toutes les tentatives de reconstruire l’unité humaine, le rêve étant authentique en tant qu’universel mais la réalité catastrophique en tant qu’empire, ont toujours une solution, même théoriquement, pour toutes les identités, sauf pour la juive, sauf pour l’identité d’Israël. Toutes les chartres de ces universels imposés ne comportent pas de place pour les Juifs :  

« Tout au juif comme individu, rien au juif comme collectivité ! »

« Nous sommes égaux soyez tous comme nous ! »

 

Naissance de Reouven:

Chapitre 29 Verset 32.

L’antagonisme de rivalité entre Joseph et ses frères n’est pas du tout ce climat de haine dont les clichés parlent.

 

וַתַּהַר לֵאָה וַתֵּלֶד בֵּן, וַתִּקְרָא שְׁמוֹ רְאוּבֵן:  כִּי אָמְרָה, כִּי-רָאָה יְהוָה בְּעָנְיִי--כִּי עַתָּה, יֶאֱהָבַנִי אִישִׁי

Vatahar Leah vateled ben

Et Leah conçut et enfanta un fils

vatikra shmo Reouven

Elle appela son nom Réouven

ki amrah ki-ra'ah Adonay be'oni

Car elle a dit : car Dieu a vu ma misère

ki atah ye'ehavani ishi.

 

Elle n’était pas la préférée de Jacob qui n’aimait pas Léah. C’est Rachel la préférée et c’est Léa qui enfante. Regardez l’humour du récit biblique ! C’est un thème qui revient une autre fois dans les récits de la Bible avec El Qanah, bé‘Hannah et Pnina.

 

…/…

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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