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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 13:19

Vayera 1993 - 1ère partie.

Par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou) זצ"ל

Rédigé et mis en forme à partir d'un enregistrement:
http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayera_serie_1993/cours_1 
(Face A)

 

Etude d’un principe :  

On va s’apercevoir d’une accélération de l’accomplissement de promesses antérieures dont l’accomplissement avait beaucoup tardé. On se posera la question de savoir comment comprendre cette situation : il y a eu des promesses faites à Abraham dans toute la Parashah précédente. On y remarque une difficulté pour Abraham, non pas d’admettre que Dieu puisse accomplir ce qu’Il promet, mais de réaliser que c’est bien à lui que Dieu s’adresse.

 

Il y a une mutation d’identité qu’Abraham doit vivre pour être capable d’entendre ce qu’il écoute. Il écoute ce que Dieu lui dit dans ces promesses mais n’arrive pas à les entendre. Pourquoi ? Parce qu’il revient d’une identité d’exil, l’identité araméenne, et il faut qu’il retransforme son identité en redevenant hébreu.  

 

Et cette difficulté d’acquiescer à admettre qu’il a le mérite d’être celui que Dieu interpelle par ces promesses, est parallèle à cet effort de retrouver la racine hébraïque de son identité qui s’était diluée et clandestinisée dans l’identité de Galout, dans l’identité d’exil de la civilisation de Babel.

 

Abraham n’est pas un mésopotamien qui magiquement deviendrait hébreu, à la suite d’une revélation qui lui parle en hébreu d’ailleurs, tout simplement parce qu’Abraham est hébreu, un hébreu se trouvant en situation de diaspora et en fonction de diaspora dans la civilisation du temps qui est celle de Babel.

 

Il y a eu un événement grave : cette civilisation qui est la civilisation de Nimrod le tyran de cette époque, devient totalitaire. Et comme dans toute civilisation qui devient totalitaire, je vous résume là des Midrashim, l’identité la plus exposée est toujours celle d’Israël. Nous avons suffisament d’exemple de cela dans l’histoire, ainsi que récemment dans l’empire soviétique.

 

Cela se retrouvera dans l’exil d’Egypte, ainsi qu’à travers tous les exils. Lorsque une civilisaiton devient impérialisme, alors toutes les minorités sont interpellées, mais plus centralement cette manière d’être homme si particulière qu’est l’identité hébraïque.

 

Ce qu’il fallait restaurer comme mémoire historique, c’est qu’il y avait une dispersion des Hébreux à Babel. Une famille de ces Hébreux de la dispersion de Babel a été rescapée de la fournaise d’Our-Qasdim. Il a fallu attendre les temps contemporains pour avoir l’expérience et la signification de cet événement mentionné par les Midrashim : des Babyloniens jettant les enfants hébreux dans la fournaise d’Our-Qasdim !

 

C’est difficile pour nous à identitifer parce que c’est tout simplement notre problème, le problème de notre génération. Une génération de fin d’histoire d’exil qui doit opérer cette mutation d’identité et retrouver l’identité hébraïque originelle, compte tenu de ce qui s’est passé entretemps dans son histoire.

 

Pour le dire en terme contemporains : les Juifs sont sortis de la civilisation européenne contemporaine et de toutes ces annexes du colonialisme européen, et finalement sont en train de vivre cette mutation d’identité qui les mène à redevenir des Hébreux. Cela se passe dans la société d’Israël qui est la matrice du ré-engendrement de l’Israël hébreu à partir de l’Israël juif .

 

Alors c’est la même difficulté, c’est le même effort, c’est le même problème, que la Torah nous raconte au niveau de l’histoire d’Abraham et de sa famille.

 

La difficulté c’est qu’on arrive difficilement à imaginer cela : Abraham a passé par différentes étapes d’identités et n’est pas le même à la fin qu’au début de cette itinéraire anthropologique et spirituel.

 

Il est Abram l’hébreu devenu araméen et il faut qu’il redevienne Abraham l’hébreu. Une des dimension de cette mutation c’est de passer d’une identité galoutique, une identité d’exil très spécifique (Abraham n’était pas juif mais il était en quelque sorte judéo-mésopotamien), à l’indice de l’universel : judéo-l’humanité entière. C’est précisément cela l’hébreu.

 

Cf. les études précédentes sur les ancêtres d’Abraham. En particulier Ever qui est l’ancêtre d’Abraham et qui a fondé cette manière d’être homme. 

Ever est à l’indice de l’homme universel. C’est encore l’identité telle qu’elle était créée au niveau de Adam HaRishon qui s’est préservée à travers la catastrophe de Babel où l’humanité a éclatée en nations. A partir du temps de Ever, c’est la génération de son fils Peleg qui est celle de la Dor hapelagah de la tour de Babel. Il y a les nations qui sont toutes spécifiques et géniales mais partielles d’être l’homme, et il y a l’hébreu qui est l’homme universel.

 

Les Juifs, mystérieusement, peuvent être n’importe quelle manière d’être homme. Eskimau y compris.  La familiarité de cet événement masque la massivité de ce cas particulier de l’histoire des hommes : Une manière d’être homme qui peut être n’importe quel autre homme à la fois, et avec un patriotisme local second qui est admirable. 

 

De manière négative : une visite au musée de la diaspora à Tel Aviv montre les Juifs, parce qu’ils sont les Hébreux, capables de toutes les identités et avec un génie de civilisation qui est celui des nations chez lequelles ils ont vécus, mais à la manière juive.

 

Il y a une preuve assez paradoxal : le Juif de l’exil est la preuve que l’Hébreu est universel. Mais le Juif de l’exil, lui, est cosmopolite. Le cosmopolitisme c’est au fond l’échec de l’universel. De la même manière que l’impérialisme, l’empire, c’est l’échec de l’universel. Mais l’exigence, l’idéal, est celui de l’universel.

 

Nous sommes dans un temps où sociologiquement l’identité israélienne oblige l’identité juive à prendre conscience de cela. Je crois que c’est une des raisons de la résistance des Juifs non-sionistes face au sionisme. Car cela oblige à prendre partie vis-à-vis de ce problème : qui suis-je en tant que juif ? Depuis toujours avec cet idéal universel, se découvrir cosmopolite par rapport à un hébreu... Cela travaille beaucoup d’israéliens d’ailleurs qui préféreraient être des cosmopolites parlant hébreu. C’est de la microsociologie des problèmes israéliens qui ne peuvent s’éclairer que par l’analyse de la société juive elle-même. 

 

Il faut lire l’histoire d’Abraham en sachant qu’il a vécu cette histoire comme un itinéraire. On ne peut pas juger l’Abraham du début dans le critère du profil d’identité de la fin ; ce n’est qu’à la fin qu’il est confirmé comme étant Abraham. Tout ceci se passe dans la Parashah de la semaine dernière et surtout dans notre Parashah de Vayéra.

 

***

 

La question soulevée précédement :

Pourquoi fallait-il confirmer à Abraham la promesse de sa terre alors qu’on a appris qu’il s’agit de la terre des Hébreux et d’Abraham l’hébreu ?

 

Entre temps il y a eu l’histoire de l’exil. On peut le rattacher à ce qui a été dit préalablement : il y a dans cette identité hébraïque une dimension de l’homme universel et une dimension spécifique.

 

Nos maîtres nous enseignent que la spécificité d’Israël c’est l’universalité. Ce qui est un paradoxe absolu pour l’anthropologie et la sociologie de n’importe quelle société humaine.

 

Un français est un fançais, c’est sa spécificité, un suisse est un suisse c’est sa spécificité ... etc.

Et puis chacune de ces spécificités à des tribus et sous-tribus et tout cela est génial. Il y a une éthnologie de l’humanité à étudier. Deux pages du Talmud en parle. Le mystère des visages humains qui se ressemblent mais qui sont uniques. Une espèce de génie individuelle. Lévinas a beaucoup étudié cela : la marque de l’infini sur le visage qui renvoie à un génie personnel de chacun. Le Talmud dit que Dieu a créé différents visages qui sont à chaque fois un monde à part entière.

 

Et il y a une maniére d’être homme dont la spécificité consiste à être universel. Cela s’effectue au niveau de juiveries très spécifiques : les Juifs. Les Juifs sont délégués d’une certaine essence humaine dont la spécificité consiste à être universel. Il n’y a pas identité, égalité, équivalence, de la vie spirituelle chez tous les Juifs. Chaque tribus d’Israël possède sa spécificité, son authenticité. Mais ce qu’il y a de vraiment commun est probablement de l’ordre du psychisme. Il y a des comportements juifs qui sont le propre de tous les Juifs, quelque soit leur manière d’être l’homme juif. C’est plus de l’ordre psychologique que de l’ordre biologique, ou intellectuel, ou spirituel ou culturel. C’est vrai aussi, mais c’est surtout un comportement de l’homme, c’est dans le Nefesh. Il y a Nefesh HaYehoudi. Il y a aussi le Nefesh du côté obscur du Nefesh. Cela s’appelle dans le langage de la Kaballah « Shedin Yéhoudaïn ». je ne traduis pas. Ceux qui entendent l’araméen vous comprenez ce qu’il y a derrière.

J’allais dire que cela se ballade au gouvernement, mais je ne l’ai pas dit.

 

Retenez en tout cas les 2 pôles :

Abram identité de la Galout de Babel : Aram, araméen. Vous savez à quel point l’araméen est notre patrimoine folklorique familiale, et pourtant ce n’est pas l’hébreu. Il n’y a que l’araméen qui peut redevenir hébreu, mais c’est quand il est redevenu hébreu qu’il est hébreu. Pour oser une comparaison qi n’est qu’une comparaison : l’araméen a été le yiddish commun à tous les Hébreux à la foi. D’ailleurs c’est resté la langue rabbinique. Lorsque les rabbins s’écrivent ou écrivent leurs ‘Hidoushim en langage de l’hébreu rabbinique, c’est de l’araméen hébraïsé. Certains disent de l’hébreu araméisé mais je crois que c’est l’inverse, de l’araméen hébraïsé. Les rabbins se comprennent en araméen d’abord. C’est la raison pour laquelle très souvent, si vous faites un peu d’érudition juive, vous devez remarquer que les  textes fondamentaux de la tradition sont hermétiques aux gens qui ne connaissent que l’hébreu car ils sont en araméen. En particulier la littérature rabbinique qui est la pensée juive vraiment. 

Abraham.

 

***

 

Chapitre 18 verset 1 :

 

La scène précédente est l’alliance de la circoncision à la fin de la Parashah Lekh Lekhah. Nous verrons qu’il y a là une clef du problème signalé : quel est le facteur qui a cristallisé cette accélération des événements qui sont racontés dans la Parashah de Vayera ?

 

C’est le fait que très tard dans l’histoire de sa vie, Abraham va se circoncir. Cet événement va ouvrir les portes de la prière comme le dit le Midrash.

 

Je prends l’exemple de la prière.  On rentre là dans le mystère de l’expérience de la qui est propre à chacun, c’est subjectif. On ne peut pas le mettre en forme collective, subjective. Très souvent on  s’aperçoit qu’il y a des moments de la vie où énormément de choses espérées arrivent ensemble. Cela a tardé et il y avait de obstacles. Tout se passe comme s’il y avait une accumulation de prières non exaucées qui attendent un certain facteur de mérite – mystérieux pour nous – qui lorsqu’il survient ouvre les portes de la prière et alors les vannes s’ouvrent et la bénédiction arrive.

 

C’est ce qui arrive dans l’histoire d’Abraham. Tout se passe comme si c’est l’alliance de la circoncision qui déclenche cette accélération des événements que nous allons lire.

 

Question : Comment se fait-il qu’Abraham l’hébreu va attendre si longtemps pour entendre qu’il lui faut qu’il se circoncise ?

Nous en avons une illustration assez énorme, c’est un clin d’oeil de l’histoire avec ces juifs russes qui arrivent et qui finalement trouvent normal, pour la majorité d’entre eux, qu’ils doivent se circoncir. Et pourquoi pas avant ?

Je n’ai pas dit qu’Abraham était un juif russe qui a attendu si longtemps avant la circoncision. Abraham est un hébreu mésopotamien revenu de son exil qui, en fin de compte, entend ce qu’il faut.

 

Le Midrash raconte de manière apparement anecdotique mais en réalité très profonde que quand Abraham a finalement entendu le commandement de la circoncision, il va prendre conseil de son ami cananéen. L’ami cananéen, Mamré, lui confime positivement.

 

Voilà l’exemple typique de la difficulté de se réhébraïser de l’hébreu lui-même Abraham. Ce n’est pas nimporte qui. En plus le Midrash raconte qu’Abraham a compris qu’il fallait se circoncir mais il ne sais pas quel membre ? Après tout cela ne va pas de soi. Cela n’est d’ailleurs pas dit en clair dans le texte.

 

Comme quoi, il y a toute une sagesse préalable indispensable à la capacité d’entendre ce que la Torah demande et qu’il fallait retrouver pour pouvoir être capable d’entendre ce que la Torah demande.

 

Un exemple me revient à l’esprit, un événement apparamment anecdotique qui s’est produit pendant la dernière guerre. Le petit village italien San Nicandro où il y a eu un schisme dans l’église. Finalement ceux qui se sont séparés de l’église officielle ont décidé de refonder la véritable religion de la Bible c’est-à-dire la loi de Moïse. En ignorant complémeent l’existence des Juifs. La catéchèse de l’Eglise avait une formulaiton telle que les chrétiens étaient incapables d’identifier les Hébreux biblique dans les Juifs. D’ailleurs les Juifs y mettaient du leur pour empêcher cette identification.

Ces Chrétiens de San Nicandro ont essayé de refondé ce que nous appelons le judaïsme. Mais incapables de le faire ils se sont fabriquer une espèce de liturgie de Mitsvot Para Mitsvot à leur manière un peu saducéenne : un texte et un dictionnaire et on va voir comment on va faire…

Il y a avit u certai nombre de cliché, connus par ailleurs : la circoncision chez les musulmans par exemple. Sinon cela n’est pas dit. Finaelement pendant la guerre l’armée américaine est entrée à San Nicandro avec des soldats juifs et un aumonier rabbin qui les ont rencontré. Ils ont fini par s’expliquer et l’aumonier américain les a engagé à monter en Israël après la guerre. Ils y ont a fondé d’ailleurs un Kibouts qui s’est défait depuis, mais il doit y avoir encore quelques rescapés de ces convertis (ex-chrétiens) de San Nicandro qui se balladent dans le pays…

 

Je voulais mettre cela en évidence Abraham si tard dans sa vie et la circoncision.

Voyez jusqu’où peut aller l’assimilation.

Essayez de bien comprendre ce que ke vais dire maintenant parce que c’est un problème contemporain qui est très important pour nous. Il y a une grande erreur chez les sociologues :  l’assimilation dont on parle pour les milieux juifs n’est pas une catégorie religieuse, mais c’est une catégorie nationale. Certains comportements nationaux sont identifiés à tort comme étant des comportements religieux parce que le vocabulaire de la civilisation contemporaine les désigne ainsi, mias qui sont en réalité des comportements nationaux.  

 

Exemple pour la circoncision :

Il y a eu un grand débat universitaire en Israël. C’était un ds épisode d’un des débats qui redevient très dangereux actuellement où une partie du gouvernement, les gens du Merets pour dire les choses en clair, tiennent absolument à déjudaïser le pays. Non seulement le pays est arabe mais le peuple n’est plus juif ! C’est rassurant car descendus si bas on va remonter très haut... Vous connaissez les rebondissements de l’histoire. Il faut être juif pour être cinglé comme ça !

A ce moment-là c’était l’affaire Shalit.

C’était un israélien d’origine juive mais de culture hébraïque déjudaïsé qui était marié avec une scandinave et qui avait demandé de mettre sur sa carte d’identité non pas juif mais hébreu. Pour dire que sa religion n’était pas la religion juive mais qu’il était hébreu de nationalité. Finalement il a quitté le pays après cette histoire. Et d’ailleurs sa femme était protestante praticante. Il y a eu tout un remouds politique dans le pays qui aurait du nous alerter déjà : il y a un vrai problème qu’il faut résoudre.

 

Il y a eu un grand débat à l’université, animés par des universitaires surtout de gauche et le public était énormément d’étudiant d’extrême gauche, surtout de HaShomer haTsaïr. Alors le Rav Neiria Rosh Yéshivah des Bnei Akiva commença son discours en interpellant les Juifs non-religieux sur le fait étonnant qu’ils circoncisent leurs enfants : Du sang innoncent est versé et vous ne dites rien ? Silence dans la salle. Et en fin de compte un membre de l’assistance des HaShomer HaTsaïr se lève et lui dit en hébreu: « Tu nous prend pour des bâtards ? ».

Vous voyez la réaction. Alors que tous parlent de la circonsision comme d’un acte religieux, ce qu’elle est aussi. La scéance s’est arrêtée là. Tout le monde a applaudi et est parti. Cela veut dire qu’il y a des limites. Ce que j’ai nommé une fois « les lignes rouges ».

 

 

Effectivement, la Guémara dit :

Il y a deux Mitsvot que les Hébreux au désert ont accpeté avec joie.

 

Effectivement la Guémara dit :

Il y a deux Mitsvot que les Hébreux au désert ont accpeté avec joie et qui sont indélébiles : Pessa’h et la circoncision.

 

Effectivement, remarquez que quelque soit le comportement culturel des Juifs, Pessa’h et la Brit Milah, sont des comportements d’ordre national avant d’être religieux.

Il y a des barrages qui jouent.

 

L’enseignement du Midrash à ce sujet: les Hébreux d’Egypte sont sauvés par plusieurs mérites : ils n’ont pas changé leur langue, leurs habits, leurs noms, ils sont restés pudiques...

 

Tout cela ce sont tous des comportements nationaux. Il n’y a rien de cultuel là-dedans.

 

Effectivement il faut bien comprendre qu’on peut ainsi être très praticant de la religion juive et être assimilé complétement. Et inversément, on peut être pas du tout praticant et être très très juif.

Cela ne veut pas dire que cela donne le droit á n’importe qui d’être tordu.

 

Pour certains, en particulier des Juifs très assimilé à l’Allemagne, l’idée même du sionisme a été identifiée à un blasphème religieux.

 

Quand le consistoire de France a adopté comme slogan : « civilisation et religion ». Derekh Erets im Torah. Mais cela allait de soi qu’il s’agissait de la civilisation française...

De la même manière cela allait de soi à Frankfort qu’il s’agissait de la civilisation allemande. L’idée qu’il y avait une civilisation hébraïque, une civilisation d’Israël, s’était perdue avec le temps de l’exil. Il était resté la religion.

  

Retenons cela que l’assimilation est une catégorie nationale.

 

Chapitre 18 :

 

Parashah Lekh Lekhah : les promesses de Dieu. L’annonce faite à Sarah.

A partir du chapitre 18, Dieu se révèle à Abraham et à Sarah à travers la vision des 3 anges et la révélation de Dieu pour annoncer à Sarah l’enfant à venir. Dieu a promis dans toute la Parashah de Lekh Lekha. Et en fin de compte, il va naître maintenant. Il s’agit d’un événement d’accomplissement d’une promesse, mais la promesse attendait l’occurence de sa réalisation.

 

2ème scène : la destruction de Sodome et Gomorrhe. Cela commence au Chapitre 18 verset 16.

Grand principe enseigné par la Guémara : chaque ange est chargé d’une mission. Il y a 3 anges et donc trois missions

Mikaël vient annoncer la naissance de Isaac à Sarah.

Rafaël vient guérir Abraham de la fiévre de la circoncision.

Gabriel la Midat HaDin vient punir Sodome et Gomorrhe.

 

Or, que se passe-t’il ?

Au chapitre 16, les versets nous ont décrit la situation de saturation de l’immoralité de Sodome et Gomhorre. Ils formaient l’abomination de l’immoralité sur terre. Cela durait depuis longtemps. Pourquoi Dieu tarde-t’il à les punir ?

 

Il y a là un thème très important qui est le thème du sursis.

En hébreu Arikhout Apaïm

Dieu est Erekh Apaïm ce qui est traduit par « patient » mais c’est plus que la patience il s’agit de « longanimité » qui est la truduction exacte de l’hébreu : Erekh Apaïm « visage long ». Arikh Anpin de la Kabalah. C’est plus que la patience. La patience pour Dieu c’est le fait qu’il est dû à la créature l’abri du sursis, quelque soit l’erreur ou l’échec commis.

 

C’est une Midah, une modalité d’être, une attribut du Dieu de la Bible qui est très important : tous les sursis sont donnés jusqu’au bout. Cela nous est dû jusqu’au bout, mais il y a un rendez-vous.

 

Cela nous est dû parce que nous sommes condamnés pas le fait d’avoir été créé à quelque chose d’impossible : être sans être Dieu !

 

Comment en effet être sans être Dieu ? Il n’y a que Dieu qui est !

Alors Dieu nous condamne à être, et tous les trébûchements sont possibles à l’être de créature.

Et donc le Créateur nous doit, si j’ose dire, cet abris du sursis.

 

Nous avons un grand débat avec le christianisme sur leur manière de lire les textes de la Bible. Au fur et à emsure que je reprends ces problèmes avec eux, parce qu’il faut les aider à sortir de cette impassse. Pendant 2000 ans ils ont cru qu’ils étaint Israël. Et maintenant il fait qu’ils résolvent un problème insoluble pour eux : S’il ne sont pas Israël, qui sont-ils ? C’est un autre sujet.

Il n’y a que les théologiens juifs qui peuvent aider les théologiens chrétiens à résoudre ce problème. Et nous avons intérêt à cela. Parce que tant qu’ils se croyaient Israël – il ne puyvait y avoir deux Israël et nous nous nous étions en danger.

Maintenant qu’on a ressuccité comme ils disent il faut qu’on les aide à s’y retrouver.

 

Pour eux la lecture de la faute du premier homme qu’elle nomme le péché originelle et qui est une lecture tragique. Il en résulte une formulation très chrétienne : l’homme est pécheur par nature.

 

Pour la lecture juive à l’opposé, l’homme n’est que peccable par nature, cela signifie « donné au risque de la faute ». Notre nature est d’être libre, chacun a son niveau de liberté, a sa capacité de liberté. On est plus ou moins libre. Quasi-conditionné et quasi-libre. C’est notre spécificité d’être humain, ce facteur liberté en quoique ce soit.

 

Et parce qu’on est libre, alors on est donné au risque de la faute. Cela ne veut pas dire que l’on est pécheur. C’est une sensibilité religieuse très différente. Il y a un perpétuel souci du juif pour savoir s’il est en ordre : en hébreu, « suis-je Tsadik ? ».Est-ce que je marche juste ? C’est un souci de morale pratique. Mais jamais un juif ne se prend pour un monstre. Parce qu’il sait qui est son Dieu en tant qu’homme. Ce serait un blasphème de croire que Dieu nous ait créé monstrueux.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des hommes qui arrivent à devenir des monstres. Mais ils sont les déchêts de l’histoire et non pas l’histoire. Et comme nous avons une épaisseur de vieillesse d’histoire énorme nous sommes encombrés de déchêts. Alors c’est plein de monstres. Mais cela ne veut pas dire que l’homme est monstrueux. Alors il y a une espèce de diagnostic pessimiste de désespérance dans l’âme chétienne qui se connait dans sa bonne foi propre comme déchu.

Je vais vous raconter une anecdocte :

 

En France chez les Scout, nous avions une réunion des aumoniers et je me rappelle d’une conversation avec l’aumonier protestant.

Chez les Protestants, encore plus que ches les catholiques, l’homme n’est pas seulement déchu, mais il est maudit. Le blasphème est de faire semblant d’être joyeux, heureux. Ils ont des proiblémes avec leur moments de joie. Vous voulez donner un complexe à un protestant ? Dites-lui qu’il est heureux ! Alors tout de suite il va se mettre à genou et faire l’aveu de se fautes… ‘Hatati Avati… je suis pécheur.  Et alors ils avaient un problème avec la méthode scout qui est la morale par la joie. Je me rappelle de ce pasteur qui n’arrivait pas à s’en sortir. Je suis très scout mais très protestant. Comment faire ? C’est contradicatoire !

 

Et au fond, ils aboutissent tous à une sorte de dualité qui est je pense un peu de l’ordre de la schizophrénie. Surtout chez les protestants. Il leu faut une force morale énorme pour ne pas devenir fou.

 

A. Neher avait cité une phrase de Pasteur : je ne suis pas le même à l’oratoire (croyant) et au laboratoire (savant).

 

Enormément de Juifs très pieux et très savants sont intoxiqués par cela. Ce n’est pas le Dieu un de la Torah, Nous croyons au Dieu un.  « Hashem Hou HaElohim » et non pas l’inverse.

 

Lu avec la sensibilité juive, ce récit de la faute du 1er homme, l’expression « péché originel » signifie l’origine du péché.

 

.../...
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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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