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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 14:54

Parashat Vayera (1984) - 2ème Partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayera_serie_1984/cours_1

Face B
 

Le premier verset nous parle de Noa’h qui n’est pas présent et nous dit par conséquent l’entièreté de sa louange. Noa’h est Tsadik, selon le Malbim, Tsadik signifie qu’il s’agit du rapport avec autrui : ne pas faire le mal. Et il est Tamim c’est au niveau de sa valeur spirituelle propre, qu’il est intégre

 

Alors que là c’est Dieu qui parle à Noa’h et qui étant présent, Dieu ne lui dit pas l’entièreté de sa louange.

 

Malgré tout, nous savons d’une façon général que ce n’est pas par sa vertu que Noa’h a été sauvé du déluge. La fin du dernier verset de la Parashah de Béréshit qui nous rappelle les causes du déluge qui va arriver : cette fin des sursis donnés à cette tentative de la civilisation qui avait commencé dans le mal avec Caïn et Abel, et l’aggravation et la saturation de violence que cela finit par donner dans la société humaine de ce temps-là. Le dernier verset dit que Dieu a décidé de détruire toute l’humanité. Il y a un Midrash qui précise : Tout ! Y compris Noa’h dit le Midrash.

 

Le dernier verset (verset 8 du chapitre 6) :

וְנֹחַ, מָצָא חֵן בְּעֵינֵי יְהוָה

VeNoa’h matsa ’hen be'eyney Adonay

Et Noa’h a trouvé grâce aux yeux de Hashem

 

Il a trouvé grâce donc ce n’est pas par son mérite qu’il a été sauvé du déluge. Mais pourtant le verset suivant nous dit qu’il était un Tsadik, un juste.

 

Qui est ce Noa’h ?

 נֹחַ אִישׁ צַדִּיק תָּמִים הָיָה

Ish Tsadik Tamim Noa’h !

La Torah ne veut pas que nous croyons qu’il n’était pas Tsadik. Il vient de nous être enseigné que sa manière d’être Tsadik n’était pas suffisante pour qu’il mérite d’être sauvé du déluge.

La réponse donnée par le Midrash c’est que si parmi tous les justes de cette catégorie-là il y en avait beaucoup. Le Midrash nous cite par exemple un grand d’entre eux qui était Metoushelah. Plus grand que Noa’h peut-être, puisque Noa’h a eu le mérite de tenir 120 ans de sursis jusqu’au déluge, mais grâce à Metoushelah il y a eut encore 7 jours de plus...

Parmi tous ces justes-là, pourquoi Noa’h ? Il a trouvé grâce, il s’agit d’un arbitraire pur et simple.

 

La Torah ne souhaite pas que nous croyons en cette arbitraire. Il y a une raison qui est très cachée. La réponse du Midrash c’est que si Noa’h a été sauvé c’est que parmi tous les justes analogues de ces temps-là, il y avait une différence en lui que personne d’autre que Dieu ne pouvait diagnostiquer qui voit toutes les générations, c’est qu’il portait en lui Abraham.

 

Par conséquent, cette indication semble contredire notre verset 1 du chapitre 7,  le verset dit clairement :

     

וַיֹּאמֶר יְהוָה לְנֹחַ, בֹּא-אַתָּה וְכָל-בֵּיתְךָ אֶל-הַתֵּבָה:  כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי, בַּדּוֹר הַזֶּה

Vayomer Adonay le-Noa’h

Et Hashem dit à Noa’h

bo-atah vekhol-beytkha el-hatevah

entre toi et toute ta maison dans l’arche

ki-otkha ra'iti tsadik lefanay bador hazeh.

Car toi j’ai vu Tsadik devant moi dans cette génération

 

Le verset en hébreu nous donne la réponse. Il nous suffirait que le verset dise : Ki ra’iti kha...

Mais dans la forme otkha qui indique le complément d’objet dans la grammaire hébraïque,  le mot de « ot » d’autre part signifie un signe, d’où la lecture : « car en toi otkhah un ot de toi J’ai vu Tsadik devant moi. Pas toi, un autre qui est en toi et qui est Abraham. »  Donc il n’y a pas de contradiction.

 

Mais ce n’est pas encore là la véritable explication : la véritable explication, c’est qu’il y a une dialectique des mots employés par le texte pour dire Dieu. Lorsque Noa’h est définit comme Tsadik, c’est par rapport à Elohim. Le verset dit  et-ha'Elohim hithalekh Noa’h.

 

C’est-à-dire à  un certain niveau de piété et de sainteté naturel.  

Abraham a aussi été à ce niveau de piété jusqu’à un certain temps mais il a réussi cette mutation qui fait qu’il est devant Hashem. Dieu dans son Nom garant du fonctionnement stabilisé des lois de la nature, mais porteur de la promesse d’une espérance pour l’avenir. Là le texte emploie le Nom de Hashem. Pour tout ce qu’il y a encore d’inaccompli, c’est Hashem qui parle. Pour tout ce qui est accompli, c’est Elohim qui parle. Hashem hou Elohim.

Cette différence-là nous résoud tous nos problèmes.

Lorsque Hashem parle, alors il parle de Son diagnostic vis-à-vis de Noa’h. Ce Noa’h qui avait trouvé grâce aux yeux de Hashem parce qu’il n’avait pas en lui de mérite suffisant, Noa’h pour lui-même. Celui qui a ce mérite suffisant devant Hashem, c’est le Abraham futur. Seul Dieu Lui-même en tant que Hashem peut savoir que Noa’h porte Abraham. Les contemporains ne peuvent pas comprendre pourquoi c’est Noa’h qui est le rescapé du déluge, Dieu seul le sait et nous savons que ce n’est pas arbitraire.

 

Cela résoud aussi la question : Pourquoi pas le terme de Tamim dans ce verset 1 du chapitre 7 ?

Par rapport à Elohim, Noa’h est Tsadik Tamim mais par rapport à Hashem, Noa’h est Tsadik et pas encore Tamim.

 

Donc la question précédente : comment dire de Noa’h qu’il est Tamim alors qu’Hashem le demande d’Abraham qui ne l’est pas encore, est maintenant résolue.

 

Je vais me baser sur les Midrashim sur le Verset 1 chapitre 17

וַיְהִי אַבְרָם, בֶּן-תִּשְׁעִים שָׁנָה וְתֵשַׁע שָׁנִים; וַיֵּרָא יְהוָה אֶל-אַבְרָם, וַיֹּאמֶר אֵלָיו אֲנִי-אֵל שַׁדַּי--הִתְהַלֵּךְ לְפָנַי, וֶהְיֵה תָמִים

Vayehi Avram ben-tish'im shanah vetesha shanim

Abram était agé de 99 ans

vayera Adonay el-Avram

et Dieu (Hashem) se révéla à Abram

vayomer elav

et lui dit

ani El-Shaday

Je suis le Dieu Tout puissant

hithalekh lefanay

marche devant moi

veheyeh tamim.

Et soit parfait intègre entier complet

 

Rashi citant le Midrash sur Veheyeh tamim :

                          וֶהְיֵה תָמִים

אַף זֶה צִוּוּי אַחַר צִוּוּי הֱיֵה שָׁלֵם בְּכָל נִסְיוֹנוֹתָי וּלְפִי מִדְרָשׁוֹ הִתְהַלֵּךְ לְפָנַי בְּמִצְוַת מִילָה וּבַדָּבָר הַזֶּה תִּהְיֶה תָּמִים שֶׁכָּל זְמָן שֶׁהָעָרְלָה בְּךָ אַתָּה בַּעַל מוּם לְפָנַי. דָּבָר אַחֵר וֶהְיֵה תָמִים עַכְשָׁיו אַתָּה חָסֵר חָמֵשׁ אֵבָרִים שְׁתֵּי עֵינַיִם שְׁתֵּי אָזְנַיִם וְרֹאשׁ הַגְּוִיָּה אוֹסִיף לְךָ אוֹת עַל שִׁמְךָ וְיִהְיוּ מִנְיָן אוֹתִיּוֹתֶיךָ רְמָ"ח כְּמִנְיָן אֵבָרֶיךָ

Et sois intègre : C’est un ordre qui suit un autre ordre, [alors que souvent, lorsque deux verbes se suivent à l’impératif, le second n’est pas constitutif d’un ordre distinct, mais définit la conséquence de l’obéissance à l’ordre donné en premier] : « sois entier dans toutes les épreuves que je t’enverrai ». Et selon le midrach : « marche devant moi » par l’observance du commandement de la circoncision, et alors tu seras vraiment entier. Car aussi longtemps que tu conserveras ton prépuce, tu resteras imparfait devant moi (Beréchith raba 46, 4, Nedarim 32a). Autre explication : Toi, sois intègre maintenant ! Il manque à ton nom la lettre hé, représentative du chiffre « cinq », symbole de la maîtrise de l’ensemble de tes cinq membres : les deux yeux, les deux oreilles et le membre viril. Je vais ajouter cette lettre à ton nom, de sorte que la valeur numérique de l’ensemble de celles qui le composent atteindra deux cent quarante-huit, correspondant au nombre de tes membres.

 

« Conduis-toi devant moi » cela concerne la Mistvah de la Milah – la circoncision. Et par cette chose-là de la circoncision, tu seras Tamim.

 

Enormément de textes vont utiliser ce Midrash. Par exemple à la Brit Milah, est chantée la formule suivante : « il n’a été appelé parfait que lorsqu’il s’est circoncis ».

Tamim : cela veut dire intégre, parfait, physiquement, en tant que le corps physique est le véhicule de la présence de la personne, du Nefesh, de l’âme.

 

                          « Car tout le temps où il y a cette impureté en toi, tu es en défaut. »

 

Le Sfat Emet a posé la question de la manière suivante sur ce Rashi. « Par exemple, dans la Massekhet Nedarim il y a Guedolah hamilah – la Mitsvah de la Milah est grande, avec tous les commandements accomplis par Abraham il n’a pas été appellé Tamim, jusqu’à ce qu’il se soit circoncis... »

 

Effectivement c’est le verset qui introduit le commandement de l’alliance de la circoncision.

 

Alors le Sfat Emet a posé la question de la manière suivante : comment se fait-il que de Noa’h on dit qu’il est Tamim et de Avraham on ne le dit pas encore ? Il parle de ce Rashi et en souligne la difficulté : Rashi nous dit que tant qu’Avraham n’est pas circoncis il a un défaut. A partir du moment où il est circoncis, il est parfait. Mais n’importe quel physiologiste dirait que c’est l’inverse ! C’est lorsqu’il est circoncis qu’il lui manque quelque chose !

 

Sfat Emet explique de la manière suivante : le corps est le véhicule de la présence de la personne, du Nefesh, du Roua’h et de la Neshamah, et à qui est demandé l’accès à la sainteté. Lorsque la personne a été capable de sainteté, elle reçoit les lumières de la sainteté, et c’est le signe que son corps a pu être le véhicule des lumières correspondant à chaque organe de son corps.

 

C’est un grand principe dans la tradition de la Torah que quelque soit le nombre de mondes, la structure de chaque monde est parallèle à la structure du monde supérieur ou inférieur. Le monde spirituel est dans une structure parallèle au monde physique. Il y a analogie terme à terme et  correspondance absolue. Tout ce qui est en bas est en haut et tout ce qui est en haut est en bas, en haut à la manière d’en-haut et en-bas à la manière d’en-bas.

 

La personne humaine ne peut recevoir cet influx de lumière de sainteté que si elle dispose d’un véhicule qui puisse les recevoir. Et par conséquent, plus un organe est Metoukan et plus il reçoit. Et plus il est Tamim comme organe, plus il reçoit des Orot.

 

Sfat Emet explique ainsi : dans le monde de la nature, c’est vrai à l’échelle des individus mais à l’échelle des générations aussi, il y a ce que la Torah appelle la Orlah – l’opacité, la partie de l’échec qui a une finalité purement ponctuelle et circonstancielle, et dont on pourrait se passer mais qui est amenée par le fonctionnement de l’existence des choses qui font qu’il y ait des écorces.

Par exemple les ongles : une partie du corps tellement opaque qu’il n’y a aucune lumière qui lui corresponde.

 

C’est l’inverse de ce que les physiologistes auraient dit : si on a ce surplus d’opacité, c’est un défaut, c’est quand ce surplus d’opacité qui est appelé impureté et qu’il y a ablation, alors la lumière correspondante peut enfin survenir. 

 

Le Sfat Emet explique la différence de 2 niveaux entre Noa’h duquel on a dit Tamim par existence, et Avraham qui doit conquérir cette Témimout, qui doit l’obtenir par des changements.

 

Effectivement, dans les récits de l’histoire d’Avraham c’est lui qui doit prendre l’initiative, c’est lui qui opère un changement. Il change de pays, il change d’endroit, il change de nom et il change de corps par la Milah...

 

Chaque génération est comme la Galout. Dans notre génération il y a une Orlah. Pour toute cette première période de l’humanité, la Orlah de l’humanité c’était la génération du déluge. Et les nations du déluge étaient toutes entières Orlah. Il fallait donc enlever la Orlah et cela s’est fait par le déluge pour pouvoir sanctifier, et faire le Tikoun de l’humanité. C’est Noa’h qui va naître circoncis parce qu’il porte le signe de la circoncision bien avant Avraham.

 

Apparement, on pourrait croire que quelqu’un qui nait circoncis est supérieur à celui qui doit se circoncir, mais finalement le texte montre une dimension très importante qui révèle que c’est l’inverse. Cette supériorité de nature, de notre temps, est un miracle. C’est un produit statistique de la loi de grands nombres : je crois sur sur 10 000 enfant mâles qui naissent, un qui nait circoncis, mais on doit faire une forme de circoncision tout de même.

Sfat Emet nous aide à comprendre un peu notre problème.

 

En revenant au problème général :

C’est le fait qu’Avraham ait eu à inventer cela, c’est lorsque Avraham a établi d’après la loi de la sagesse essentielle que c’était sur la Milah que devait porter la Brit Milah, comme nous savons maintenant que cela doit se faire, alors que cela aurait pu se faire ailleurs. Avraham prend l’initiative de faire ce qu’il fallait faire.

 

Retenir cette notion d’opacité qui fait l’impureté.

Les Midrashim parle en général de ce thème du point de vue des valeurs morales : un surcroit de jouissance rend plus difficile le spirituel, ce qui est enlevé à la גשמיות Gashmiout est ajouté à la רוחניות Rou’haniout.

 

Et on l’apprend surtout de l’enseignement de la Kaballah, que il y a une partie de l’être que Dieu a crée, qui finalement est enfouie, engluée, pris dans l’impasse, dans une sorte d’attitude que l’on décrit de manière anthropomorphique par l’envie recevoir plutôt que l’envie de donner. Le signe dans le corps humain de cette attitude qui consiste à recevoir plutôt qu’à donner, et qu’on appellera en établissant les analogies de tout à l’heure, l’impureté, l’opacité, c’est précisément les parties du corps qui donne la jouissance. Donc amoindrir cette capacité de jouissance, c’est reconnaitre le Créateur. C’est pourquoi l’alliance de la circoncision est définie comme l’alliance de la foi d’Avraham. Elle consiste à enlever cette excroissance existentielle que la nature donne, et de telle sorte d’être Tamim lifney Hashem.

 

Question habituelle : et les filles ?

 

La Torah considère que les filles sont circoncis de naissance alors que l’homme doit accomplir la circoncision. On l’apprend de l’histoire de Moïse en particulier, lorsque Moïse n’avait pas circoncis son fils et après la vision du buisson ardent il retourne en Egypte sur ordre de Dieu et il ne prend pas la précaution de circoncir son fils qui faillit en mourir par punition divine. C’est Tsiporah sa femme qui prend l’initiative de circoncir l’enfant et dans une formule sybilline « Tu es prince du sang pour celles qui sont circoncis », verset pour lequel le Midrash affirme : elles sont circoncies de nature : dans leur nature même les femmes sont plus proches de la volonté du Créateur, et l’obligation d’avoir à rejoindre ce niveau-là est donnée aux hommes.

 

Point essentiel de ce thème :

C’est précisément ce courage de la mutation d’Avraham au moment de la circoncision qui fait que tout ce qui était resté en suspend alors va se réaliser.

Nous avons mainterant l’ordonnance de tous les récits qui suivent dans cette Parashah et c’est pourquoi la tradition a tenu à nous donner cette préface-là dans le récit de ces événements accélérés. C’est bien l’impression que l’on a chaque année lorsque l’on lit le texte à la Torah c’est que subitement dans la Parashah de Vayera tout ce qui était en suspend va s’accomplir.

 

***

 

Q : El Shaday ?

R : Ce thème est traité habituellement dans une autre Parashah, celle de Vaéra dans Shemot.

 

Verset 1 chapitre 17 “  אֲנִי-אֵל שַׁדַּי  Ani El Shaday”

Midrash : Resh Laqish a enseigné que signifie qu’il soit écrit « Ani El Shadaï » ?

 

C’est-à-dire que le texte nous dit que c’est en tant que Hashem que Dieu se révèle à Avraham et Hashem lui dit Je suis El Shaday ?

 

Réponse de ReshLaqish : « Anokhi shéamarti laolam daï » - C’est moi qui a dit à son monde : assez ! »

 

Cette formule de la Torah reprise par la Talmud lui-même dans ce même contexte, l’étymologie du nom Shaday est rattachée à la racine Léshaded. Shoded.  

Nous sommes en plein dans le sujet : Lorsque Dieu intervient en tant que El Shaday cela veut dire dans une intervention qui bouleverse les structures conditionnées du monde naturel, Il opère comme un Shoded qui doit briser la vitrine pour prendre des vivres, sinon il ne peut pas vivre. C’est un peu ce qui s’est passé là dans l’analyse des attendus de la foi d’Avraham : il fallait qu’il accède à ce niveau de foi d’arriver à comprendre cela que l’on peut faire éclater les conditionnements et qu’il puisse y avoir de nouveau fécondité pour une souche qui se croyait stérile.

 

C’est important à comprendre qu’il s’agit d’un des thèmes de l’histoire du peuple juif. Pendant très longtemps, il se croit dépouillé des promesses et subitement ce qu’on attendait arrive ! Cette capacité de foi c’est cela seulement ce qui peut expliquer ce mystère de la permanence du peuple juif dans son identité à travars l’histoire qu’il a eu.

 

Tous les matins dans la prière pendant 2000 ans des paroles sur soi-même qui contraste avec la réalité de façon totale. Finalement c’est arrivé : on avait foi en Hashem ! Et quelque soit l’apparence des conditionnements naturels, on avait foi contre tout espérance au niveau des conditionnements naturels. Finalement, ce en quoi on espérait est arrivé. Mais pour cela, il faut effectivement que les structures du conditionnement habituel soient renversées. Les contemporains ne s’en rendent jamais compte. 

 

Chaque fois qu’une promesse est faite, elle l’est au nom du Dieu El Shaday ! Pourquoi ?

Parce que pour qu’une promesse s’accomplisse il faut qu’il y ait une destruction - Shidoud.

L’exemple de cela nous est donné par notre récit. Chaque fois qu’un enfant nait c’est un mystère du type de la naissance d’Isaac. Il faut que quelque chose de la surnature apparaisse. Mais nous sommes victimes de la prodigalité de cette bénédiction. La prodigalité de la bénédiction banalise la bénédiction et masque et efface le miracle de toute naissance. Pas seulement la naissance d’Isaac. 

Quand une valeur est donnée avec prodigalité on perd finalement le goût de l’apprécier.

 

Le Midrash va intervenir sur cette étymologie – je ne vous lis qu’un des Midrashim lÀ-desssus, il y en a d’autres - et va lire Shadai comme shé daï : « assez ! »

Reish Laqish nous a fait lire “Shé amar léolamo daï » qui a dit à son monde « jusque là et pas plus ! »

La formule développée dit : she amar lé Elakouto daï veshéamar leOlamo daï ! 

Il y a encore une 3ème formule « shé amar leshamayou vélaarets daï ».

Et à chaque fois avec une  nuance.

Cela veut dire que le faisceau de définition qui va ensemble : Le Dieu de la promesse c’est le Dieu dévastateur des conditionnements naturels, et c’est le Dieu des limites : Daï est la limite entre l’ordre d’expansion de la divinité et l’ordre d’expansion de son monde.

Dieu a dit à Sa divinité « Jusque-là et pas plus ! » pour laisser une place pour le monde. Et Dieu a dit à Son monde « jusque-là et pas plus », parce qu’il l’a créé avec une force telle qu’il pourrait envahir tout l’espace de l’être.

 

Cette excroissance induite, non due, non méritée a pour exemple la Orlah de la Brit Milah.

C’est pourquoi sur ce thème précis, c’est le Nom de El Shaday qui est relié à l’annonce de la Brit. Et en général, on le retrouve à chaque fois qu’il y a promesse, surtout promesse de l’engendrement.

 

Parshat Vayera : verset 18-19 chapitre 18:

 

Promesse de la Torah pour la descendance de Avraham

Dans la Parashah précédente Lekh Lekha, c’est indiqué de façon allusive par l’expression.

« Tu seras bénédiction pour les nations ».

 

En quoi ? Parce que tu es porteur de la Torah... C’est clair. Mais on ne sait pas encore que c’est cela, mais c’est ici précisé. Verset 18 du chapitre 18, quand Dieu va annoncer qu’il va expliquer à Avraham le jugement de Sodome et Gomhorre.

 

וְאַבְרָהָם--הָיוֹ יִהְיֶה לְגוֹי גָּדוֹל, וְעָצוּם; וְנִבְרְכוּ-בוֹ--כֹּל, גּוֹיֵי הָאָרֶץ

Avraham est destiné à devenir une nation grande et puissante

Et se béniront en lui toutes les nations de la terre

יְדַעְתִּיו, לְמַעַן אֲשֶׁר יְצַוֶּה אֶת-בָּנָיו וְאֶת-בֵּיתוֹ אַחֲרָיו, וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ יְהוָה, לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט--לְמַעַן, הָבִיא יְהוָה עַל-אַבְרָהָם, אֵת אֲשֶׁר-דִּבֶּר, עָלָיו

C’est pourquoi Je vais lui faire connaitre

Comment J’interviens dans ce jugement

afin qu’il enseigne à ses fils et à sa maison après lui

Et ils observeront la voie de Dieu

Pour agir selon la loi et la justice

Afin que Dieu fasse venir sur Avraham

Ce que je dis à ce sujet. 

[C’est à dire que les promesses que J’ai faites s’accomplissent].

 

Et il y a là l’indication que c’est la descendance d’Avraham qui va avoir l’expérience de ce qu’est la Torah.

 

L’enseignement du Maharal dans Gvourat Hashem aide beaucoup à comprendre l’identité d’Israël qui est un grand mystère de la lecture de la Torah : qui est cet être Israël ? Pourquoi finalement Dieu s’adresse-t’il à Israël en lui disant : « Benei Bekhori Israël.. »

Il faut comprendre qui sont les Patriarches. Notre identité dans son histoire et sa complexité est compréhensible au travers de l’histoire de l’identité des Patriarches.

 

Avraham était capable de sa vertu prorpre, Isaac était capable de sa vertu propre, et Jacob était capable de sa vertu propre...

Israël en ce sens-là n’a de légitimité pour être l’interlocuteur de Dieu devant la Torah que parce qu’il est la descendance des Patriarches et de tout ceux qui s’adjoignent à eux.  

 

<Fin>

******

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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