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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 17:01

VAYECHI (1985) 2ème Partie.

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayehi_serie_1985/cours_1 

Face B

 

.../...
La Torah shébéalpeh précède la torah shebikhtav. La torah shebikhtav étant la mise par écrit de ce qu’il fallait mettre par écrit de la Torah shebéalpeh. Cette mise par écrit est intentionnellement sous forme hermétique occultée. Personne ne comprend sans explication.

La Torah est un livre étrange et le Talmud qui la commente est un livre encore plus étrange.

 

Les saducéens prennent acte qu’il y a le livre et se relient au livre avec énormément de respects et de scrupules. En général on compense le manque de foi par une pratique d’autant plus rigoriste.

Mais ils se relient au livre avec le postulat que c’est un livre et pas du tout un phénomène de parole.

 

Pieusement, on va faire comme si pour pas porter atteinte à la dignité des ancêtres primitifs qui croyaient que c’était une parole révélée... Il va y avoir une espèce de respect orthologique du langage (orthologie = orthodoxie de la parole). Ils deviennent des livres importants mais on ne croit pas que ce sont la mise par écrit d’une révélation. La plus grande sagesse humaine mais pas plus...

Finalement la conscience saducéenne pour établir sa lecture du texte ne dispose que de trois éléments :

 

- le livre,

- le dictionnaire,

- et l’intelligence du lecteur.

 

Il n’y a plus de tradition.

C’est pourquoi la religiosité de type saducéen reliée à la bible en tant que livre mène au légalisme. Légalisme d’autant plus rigoriste qu’il cache un manque de foi radical de ce qui est l’essentiel de la foi des hébreux : qu’il y a eu la révélation.

 

Il n’y a que dans les lignées où la mémoire de cette révélation est passée – ce qu’on appelle la tradition - qu’on dispose des critères d’élaboration de la loi morale au-delà de et plus profondément que sa propre légalité.

 

Le même problème par le biais de la méthode de l’étude dans les milieux saducéens : il y a un livre et on dispose de raisons culturelles de croire que c’est important de s’en occuper.  On étudie le livre pour savoir ce qu’il dit et on croit dans ce qu’on a trouvé – c’est contingent – dans ces milieux on a l’habitude de croire que ce qu’on croit c’est contingent. Chacun croit à sa manière et donc ce n’est pas important... d’où l’application à la lettre de la Halakhah.

 

Alors que pour le Pharisien c’est très différent : il y a une mémoire qui a des raisons de savoir que ce livre est la mise par écrit d’une parole de vérité. On croit d’abord que c’est la vérité et on a des raisons pour cela. La Torah shébéalpeh de cette torah écrite précède la Torah shebikhtav.

Et puis on étudie le livre pour savoir en quoi on croit. Et non l’inverse. 

Dans la formule saducéenne : on essaie de comprendre et on croit en ce qu’on comprend.

Dans la tradition pharisienne, on étudie pour comprendre en quoi on croit mais on croit d’abord que c’est une prophétie. Alors le résultat de l’étude est radicalement différent même si apparemment on parle avec les mêmes mots cela n’a rien à voir.

 

Il est bien évident que grosso modo dans le monde de civilisation chrétienne, il s’agit a priori de la méthode saducéenne. Il existe un conflit entre catholiques et protestants. Ces premiers étant beaucoup plus légalistes que ces derniers qui parlent d’intuition subjectiviste par le Saint-Esprit de lecture de la bible qui est donné à chaque membre de l’église protestante alors que pour les catholiques il y a un magistère. Ils ne peuvent faire autrement parce qu’ils étudient des bibles traduites et non pas le Tanakh.

 

D’autant plus que le mot grec pour bible vient de biblios qui veut dire « un livre de la sagesse humaine ». Un homme écrit un livre, alors le livre prime le sens. En hébreu c’est un Sefer. La notion de Sefer s’oppose à celle de Biblios. La notion de Sefer veut dire une sagesse inspirée.    

 

Dans l’antiquité dans les grandes civilisations païennes, il y avait toujours deux sortes de temples, ceux que l’on nommait Seforis et ceux que l’on appelait Biblios. Les temples Biblios étaient vouées à la sagesse humaine qui va de bas en haut. Les temples nommés Seforis étaient les temples de la sagesse inspirée qui va de haut en bas.

 

Une lecture araméenne du mot de Balylone qui est  Bab Elion : la porte supérieure. C’est la Bible dans le sens grec du terme.

 

Lorsqu’en français pour parler du Tanakh on dit la Bible et on parle saducéen : grec, romain, catholique. Pour mieux faire on dit la sainte bible.

 

***

 

A propos de la nomination des juges :

On nomme le juge lorsqu’il est Zaqen ce qui signifie « vieillard », mais ce n’est pas forcément une question d’âge. La vertu du Zaquen est la Midat haRa’hamim alors que la vertu de l’adolescent c’est l’entièreté de la Midah Hadin. L’adolescent est absolutiste alors que le vieillard est clément.

Victor Hugo dans « Boaz endormi »

« Il y a du feu dans le regard des jeunes gens et de la lumière dans celui des vieillards ».

 

La règle absolue pour choisir un Dayan est de choisir un Zaquen : quelqu’un capable de la Midat HaRa’hamim. On peut ainsi lui faire confiance lorsqu’il juge. Si c’est quelqu’un de la Midat Hadin on ne peut pas parce que la Midat Hadin va exiger la peine maximale à priori. Ce ne sera pas un jugement mais une mécanique à condamnation. On n’a plus besoin du juge mais uniquement de la loi appliquée mécaniquement.

 

Au niveau de la société d’Israël, on peut noter l’envahissement de la mentalité légaliste romaine dans le juridisme  parlementariste israélien contemporain qui risque de mener à des catastrophes.

On est surtout frappé par la substitution de la vertu de la légalité à la vertu, la moralité tout court. Les consciences morales du peule sont paralysées à cause de ce malentendu intentionnel.

Elles sont impressionnées par cela.

On croit entendre les prophètes de la moralité alors qu’il s’agit des contre-prophètes de la contre-moralité.... Nous sommes dans une problématique qui récapitule 2000 de ce problème.

 

Les tenants du légalisme ne sont pas dénués de conscience morale mais ils ont une conscience morale qui est sélective.

 

La tête d’Essav :

 

On a vu le profil d’identité d’Edom.

Il y a une relation au niveau de chaque grand exil, à propos de chaque développement de chaque grand empire, entre l’histoire d’Israël et l’histoire de la civilisation contemporaine de chaque temps. Les valeurs qui sont élaborées dans chaque civilisation sont finalement recueillies par Israël lors de son passage dans l’exil. Dans la Parashah passée avec l’histoire de Joseph en Egypte - Yesh Shever BéMitsraïm – cela se passe en Egypte alors on va en Egypte, non pas pour s’égyptianiser  mais pour délivrer les valeurs éparpillées dans l’Egypte, et les sanctifier, les transfigurer et les mettre à l’abri à l’échelle de l’universel messianique futur.

 

Ce qu’il faut mettre en évidence par rapport à la civilisation romaine du droit, c’est précisément le fait qu’elle a élaboré la logique. La logique c’est la tête et c’est kasher !

Mais toute la phénoménologie qui habille cette logique, c’est ‘Houshim, c’est le sensible. La sensibilité celle-là est impure.

 

Que ramène-t-on de Rome ?

La capacité logique qui est pure.

La phénoménologie qui habille cette logique est impure

 

Cicéron.

La musculature du raisonnement juridique va être adoptée et on va aider les talmudistes avec cette logique, mais les valeurs phénoménologiques que cela véhicule sont impures.

Ce que Maïmonide retient de la culture grecque c’est la logique.

 

Midrash qui parle de la manière dont Esaü trompait Isaac.

Il y a une complaisance d’Isaac vis à vis d’Esaü

 

Le Midrash se base sur l’explication qu’Isaac aimait Esaü ki tsaïr befiv à cause du gibier dans sa bouche. Dans le sens Pshat : Isaac avait le goût du gibier dans la bouche ; or Esaü savait lui préparer le gibier...

Isaac a le pressentiment des deux tâches que l’homme doit résoudre pour résoudre le problème posée à l’identité humaine : la vocation matérielle et la vocation spirituelles, la vocation de ce monde-ci et la vocation du monde à venir. Il arrive lui Isaac à les unifier.

Nous avons appris que après lui ces deux vocations vont se séparer, avec Esaü d’un côté qui est la vocation matérielle de ce monde-ci et de l’autre avec Jacob que la vocation spirituelle du monde à venir. Jacob n’est pas encore Israël qui indique le niveau lorsqu’il possède les deux capacités toutes deux kaschers. Pour le moment Esaü n’a choisi que ce monde-ci et a donc perdu le monde à venir, et Jacob a choisi le monde à venir alors il n’a pas ce monde-ci et cela s’appelle l’exil. L’exil c’est l’homme du monde à venir qui n’est pas chez lui mais en exil.

 

L’objectif n’est pas d’être Jacob seulement mais d’être Israël qui a ce monde-ci et le monde à venir.

Cela nous éclaire sur le thème suivant des deux noms Jacob-Israël.

 

Its’haq prend acte que Jacob a choisi la vocation spirituelle et lui proposera les bénédictions de la vocation spirituelle et puis Esaü a choisi la vocation matérielle et il le protégera des bénédictions de la vocation matérielle parce que, nous dit le Midrash, Esaü avait une capacité dialectique logique telle qu’il arrivait à tromper son père. Il faisait semblant. 

 

Et son père était persuadé que Esaü était kasher parce qu’il lui posait des questions de Halakhah dans un Pilpoul incroyable. Par exemple l’étude des lois de la cacherout. « Doit-on prendre la dîme du sel ? »

Une capacité d’argumentation - des arguties dans le sens négatif – la capacité juridique telle que cela se fait prendre pour du Talmud. Lorsque le Pilpoul se fait prendre pour le Limoud c’est la catastrophe. C’est la capacité du droit romain.

 

Alors il demande à Esaü de lui apporter un gibier pensant que le gibier serait kasher. Alors Esaü lui avait assuré que il avait aiguisé les flèches de façon à pratiquer la Shé’hitah même à distance...

Esaü avait une connaissance absolue de la loi au niveau formel, légal, juridique... mais aucune moralité.

 

Le Midrash va lire le verset ki tsaid befiv le goût du gibier – le goût de la vie de monde-ci.

Le chasseur qui va au-dehors chercher la nourriture qui a le goût de la terre... alors que Jacob s’occupe de la Torah qui vient du ciel. Mais Isaac c’est les deux et c’est les deux qu’il faut réussir.

 

Tsaïd befiv : il y a avait dans la bouche de Esaü quand il parlait une âme prisonnière comme un gibier, la Néshamah de Rabbi Méir descendant d’une lignée de Edom. Or, Rabbi Méir c’est la force de la dialectique dans la Mishnah. La force de la dialectique juridique dans la Torah nous a été donnée par Rabbi Méir et elle nous vient de Rome par son intermédiaire.

C’est parce que Esaü avait cette âme dans sa bouche prisonnière quand il parlait - la force de la Torah shebealpeh de Rabbi Méir - qu’Isaac était trompé. C’est cette capacité du juridisme qui se fait prendre pour la moralité. C’est ce qui a trompé Isaac.

 

Il y a un prolongement de ce Midrash dans la Mishnah: lorsque Jacob revient de son exil et doit rencontrer Esaü pour le règlement de compte alors le verset dit :

 

Chapitre 32 Verset 8:

וַיִּירָא יַעֲקֹב מְאֹד, וַיֵּצֶר לוֹ; וַיַּחַץ אֶת-הָעָם אֲשֶׁר-אִתּוֹ, וְאֶת-הַצֹּאן וְאֶת-הַבָּקָר וְהַגְּמַלִּים--לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת

Vayira Ya'akov me'od

Jacob a eu très peur

vayetser lo

il fut dans l’angoisse…

 

Rashi :

וַיִּירָא וַיֵּצֶר

וַיִּרָא שֶׁמָּא יֵהָרֵג. וַיֵּצֶר לוֹ אִם יַהֲרוֹג הוּא אֶת אֲחֵרִים

( ס"א שֶׁמָּא יַהֲרוֹג אֲחֵרִים וְעוֹד גִּירְסוֹת אֲחֵרוֹת וְצָרִיךְ עִיּוּן בַּמִּזְרָחִי הָהֶפְרֵשׁ שֶׁבֵּינֵיהֶם)

Ya’aqov s’effraya beaucoup, il fut angoissé 

Il s’est effrayé à l’idée d’être tué, et il a été angoissé à celle de devoir tuer A’herim les autres (Beréchith raba 76, 2).


Cette rencontre entre Jacob et Esaü c’est ou l’un ou l’autre - la rivalité inexpiable. Soit Rome soit Jérusalem !

 

Rabbi Méïr a eu un maître nommé Elishah ben Abouya – nommé A’her parce qu’il est devenu apostat. C’est un épisode très connu du Talmud. Elisha Ben Abouya était un des grands maîtres d’Israël et finalement il a apostasié et est devenu Apikoros. C’était au temps de l’influence de la civilisation grecque et de l’envahissement de la mentalité de la philosophie dans les problèmes de la tradition. La Guémara nous raconte dans quelles circonstances il a perdu la foi. Rabbi Méïr était son élève principal. Il a continué à l’honorer malgré tout. Très souvent  la Mishnah et la Guémara  donne la formule « Stam Mishnah Rabbi Méïr - Tout enseignement anonyme est de Rabbi Méïr ».

Il est la force de la Torah shébealpeh.

Il arrive très souvent que Rabbi Méïr fasse citer l’opinion de Elishah ben Abouya dans la Mishnah et donc on le retrouve dans la Guémara. C’est toujours sous la formule « A’herim Omrim - d’autres disent... » On sait alors que cela vient de A’her l’autre c’est-à-dire Elishah ben Abouya.

 

Midrash cité par Rashi :

lorsque Jacob rencontre Esaü il a eu très peur d’être tué et a été dans l’angoisse de risque d’avoir à tuer. En général les ennemis d’Israël ont une seule peur, c’elle d’être tué. 

« Il a eu peur de peu d’être tué

Et il a été dans l’angoisse de tuer d’autres - A’herim. »

 

Or, אֲחֵרִים A’hérim est l’expression utilisée par la Guémara pour Abouya le maître de Rabbi Meïr. Jacob avait donc peur de tuer rabbi Méïr.

Ki tsaïd befiv – Tsaïd dit le Zohar c’est Nishmato Shel Rabbi Méïr

Ce gibier dans la bouche d’Essav c’est Rabbi Méïr.

Cela veut dire que quand Essav parle, il parle avec la logique dialectique de Rabbi Méïr.

C’est la tête d’Esaü !

Il y a aussi dans la caverne de Makhpelah avec les événements fondateurs de la messianité d’Israël

Adam et ‘Havah - Abraham et Sarah – Its’haq et Rivqah  - Yaaqov et Leah + la tête de Essav.

Mais le reste est impur.

 

***

 

Q :

R : Chaque manière d’être homme a une équation personnelle qui s’exprime dans ce que les Grecs appelaient la psyché. Son équation psychologique, sa manière d’être homme, sa personnalité...

La grande différence qu’il y a entre la tradition d’Israël et les autres traditions humaines à propos de la même révélation, qui a été à l’origine universelle, c’est que, dans les autres traditions, il y a un écran d’impureté qui est précisément l’équation personnelle en question – la sensibilité propre.

 

A deux niveaux :

Chacune pour elle-même, toutes ces sensibilités, est respectable et elle est ce qu’elle est. Mais confrontée au critère de la sainteté, elle se dévoile comme impure.

Au niveau de la sensibilité, un hébreu, et un musulman aussi corollairement, ne pourra pas ne pas percevoir comme impure la sensibilité gustative des chrétiens : on mange du sang et on avale des huîtres vivantes, on préfère la viande faisandée... Cette sensibilité là a son propre profil mais par rapport au critère de la sainteté hébraïque c’est impur. On ne peut pas ne pas le percevoir au niveau de la sensibilité indépendamment des règles de la sainteté. Au point que d’ailleurs la Guémara intervient : ne dites pas que vous n’aimez pas le faisandé parce que c’est faisandé, vous ne l’aimez pas parce que la Torah dit que... Il y a une autre raison que la sensibilité, la sainteté. 

 

Il y a une manière de se comporter qui s’exprime dans chaque culture au niveau de ce qu’on appelle la phénoménologie. C’est la phénoménologie romaine qui est impure et non la logique. Lorsque la logique s’exprime dans cette propre phénoménologie romaine on a cette torsion de la conscience morale, la perte de l’espérance que la loi morale soit praticable. On se rabat sur la loi légale. Le christianisme a opéré ce mixte-là. Il a greffé sur le légalisme romain (romain dans le sens de la Rome païenne) l’espérance de la moralité  déçue par rapport à la loi hébraïque. Déçue parce qu’on la rencontre en tant que romain comme impraticable puisqu’on y voit une loi légale.

 

***

 

Q : (inaudible)

R : au moment de cet échec c’est le fait culturel. Cf. le commentaire de Na’hmanide en détail. Dans le contexte de ‘Hayey Sarah, Abraham sait quel caveau il veut, pas n’importe lequel. Ce caveau est décrit par le Midrash comme étant le lieu où ont été enterré Adam et ‘Havah. Un peu dans les formules de la culture contemporaine : le berceau de l’humanité. 

 

Et alors le texte dit clairement que la famille d’un certain Efron nom tirée de la racine Afar la poussière, (tu es poussière et tu retrouveras à la poussière). Il portait donc le nom de sa profession de fossoyeur. Efron avait non seulement le caveau de sa famille mais également le champ dans lequel on enterrait les étrangers. Chaque famille avait son caveau propre et c’était son titre de possession de la terre. C’est entré dans la Halakhah : quiconque arrivant en Erets Israël a l’obligation d’acheter une parcelle de la terre.   

Efron avait un caveau particulier, il y avait la Méaarah et le Kever.

Le Kever était son caveau familial dans la  Méarah où étaient enterrés les Guérim les étrangers.

Etant donné le statut d’identité d’Abraham en ce temps-là c’est ce caveau là qu’il réclame. Pourquoi ? Parce que c’est lui qui va prendre le relai de ce qui est arrivé depuis Adam harishon  jusqu’à Efron. De Adam HaRishon jusqu’à Efron c’est dans le sens de la chute. Abraham vient prendre le relai dans le sens de la rédemption, dans le sens de l’ascension.

Puisqu’il est Guer, il ne peut être enterré dans un caveau. Puisqu’il est Toshav il a droit à un caveau et ne peut être enterré dans une Makhpelah.

 

Donc l’identité hébraïque lorsqu’elle meure ne peut être enterrée que dans ce caveau là de ’Hevron qui assume à la fois la lignée des engendrements depuis Adam et aussi l’universel humain à travers les Hébreux.

 

Et par conséquent, c’est vraiment les droits d’acquisition de Erets Israël qui commence par cette transaction. Abraham reprend en charge l’histoire de l’humanité telle qu’elle était dans la lignée de la chute, depuis Adam jusqu’à Efron. Et alors une des expressions étudiées surtout par le Rav ‘Hayim de Volozine à partir du Midrash, dans le dernier chapitre du Nefesh ‘Hayim qui nous montre cette ascension d’Abraham à partir de ce qui s’était dégradé à partir de Adam.

C’est la différence entre Or (Alef) et Ôr (Ayin) : la chute va du Alef au Ayin.

 

Dans une certaine circonstance [Gn. 18.17] וְאָנֹכִי עָפָר וָאֵפֶר Abraham se définit comme Afar vaéfer – poussière et cendre. Il y a là le passage inverse du  Ayin au Alef.

 

Le Rav ‘Hayim de Volozine se sert de cette équation pour nous faire comprendre la chute qui va de Adam à Efron : il est devenu poussière. Alors la remontée consiste à partir de cette poussière d’arriver à la lumière. Toutes les étapes avant d’arriver à la lumière, c’est la cendre. C’est la différence entre Afar et Efer. Effectivement, le nom plus précis est Efron Ben Tsohar qui veut dire « le poussiéreux fils de lumière » alors qu’Abraham va dans l’autre sens, de la poussière à la lumière.

 

Retour au sujet :

 

Jacob exhorte ses enfants à le ramener à la caverne de Makhpelah, mais y en allant Essav survient. Il y a d’abord ce 1er chapitre.

 

Ensuite au chapitre 48: C’est cette même scène racontée autrement c’est l’exhortation de Joseph de ramener le cercueil de Jacob au pays de de Kenaan dans la caverne de Makhpelah. Cela concerne les 4 1ers  versets.

 

Ensuite suit tout un chapitre où nous avons apparemment une autre scène mais c’est la même au niveau de l’histoire : Nous y voyons Jacob bénissant les enfants de Joseph en les adoptant comme ses propres enfants. C’est-à-dire que bien que nés en Egypte, leur identité est celle du pays de Kenaan.

 

Malgré les différences considérables des deux textes, c’est la même révélation qui nous est donnée à deux registres radicalement différents.

 

  L’une au niveau de la récapitulation générale de l’histoire d’Israël, à un niveau de transcendance absolue.

 

  L’autre au niveau de l’insertion de ce même thème de fin de l’exil et retour au pays de Kenaan à travers l’histoire de ce Joseph qui était le véhicule menant à l’exil dans l’existence de l’histoire.

 

Lorsqu’on est suffisamment familier au texte, tout se passe comme si le même sujet est répété.

 

  l’un dans les mondes d’en-haut : Jacob convoque Joseph et le fait jurer de ramener son cercueil d’Egypte...

 

  l’autre dans les mondes d’en-bas, cela se passe comme cela ; Jacob adopte l’identité hébraïque de l’exil des enfants de Joseph et la ramène.    

 

La 1ère Parashah est appellée Stoumah.

Setoumah en hébreu, c’est le féminin de Satoum qui signifie fermé, caché, scellée.

Alors que l’autre Parashah est une Parashah Petou’hah ouverte.

 

Vous remarquerez sur le ’Houmash deux types de Parashiot.

Certains paragraphe commence par la lettre Péh qui est isolée qui indique que la Parashah qui suit est Petou’hah ouverte. Dans d’autre c’est un Samekh pour Stoumah fermée.

 

Dans la plupart des manuscrits et éditions juives modernes de la Bible, on distingue deux types de parashiyot: la "section ouverte" (parasha petou'ha) et la "section fermée" (parasha setouma).
Une "section ouverte" est similaire dans les grandes lignes à un paragraphe moderne: le texte de la section précédente s'achève avant la fin de la colonne (laissant un espace à la fin de la ligne), et la nouvelle section "ouverte" commmence au début de la ligne suivante (mais sans indentation), ce qui laisse un espace "ouvert" entre les deux sections.

Une "section fermée" se marque quant à elle au milieu de la ligne de texte, la section précédente s'achevant sur la même ligne avant l'espace, et la section suivante débutant à la fin de la ligne. La section est donc dite "fermée" (plus littéralement "scellée") du fait de l'absence d'espace ouvert entre elle et la section suivante.

Une "section ouverte" (petou’ha) est souvent abbréviée par la lettre פ" Peh et une "section fermée" (setouma) par la lettre  ס" Samekh ou, en lettres latines, "P" et "S" respectivement.

Dans les codes massorétiques, les rouleaux médiévaux et ceux en usage dans les communautés juives originaires du Yémen, ces deux techniques d'espacement permettent un plus grand choix d'options:

une "section ouverte" commence toujours au début d'une nouvelle ligne. Ceci pouvait être réalisé de la façon décrite ci-dessus, ou en laissant une ligne blanche entre les deux sections, ce qui permettait parfois à la section précédente de remplir sa dernière ligne de texte.

une "section fermée" ne commence jamais au début d'une ligne. Ceci pouvait être réalisé de la façon décrite ci-dessus (un espace au milieu d'une ligne), ou en terminant la portion précédente avant la fin de la ligne, et en débutant la nouvelle section sur la ligne suivante, mais avec une indentation.

 

Dans le Sefer Torah, la différence c’est que l’espace blanc non écrit entre le dernier mot de la Parashah précédente et le 1er mot de la Parashah suivante est plus grand dans le cas d’une Parashah Petou’hah que dans une Parashah dite Stoumah.

Ces espaces blancs comportent un certains nombres d’intervalles correspondant à des lettres possibles. Il y en a beaucoup moins pour une Parashah Setoumah que pour une Parashah Petou’hah.

Les Parashiot de la Torah en général se divisent en ces deux groupes.

Vayé’hi commence immédiatement après la Parashah précédente Vayigash.

Entre le mot Méod et Vayé’hi il y a un tout petit espace, à peine indiquée

Le Midrash sur la Parashah dit d’elle qu’elle est « Stoumah min hastoumot : la plus fermée des fermée » et donne différentes raisons.

 

Lorsqu’un enseignement nous est donné sur la manière dont cela se passe dans les mondes d’en-haut, la Parashah est Stoumah fermée, on ne peut pas diagnostiquer en-bas. Lorsqu’elle nous est donnée dans les mondes d’en-bas, alors elle est ouverte.

Une Parashah Stoumah est une Parashah totalement occultée alors qu’une Parashah Petoura’h est une Parasha explicite.

 

D’une autre manière, lorsque l’on parle dans les Sefirot à la racine de nos existences, alors c’est raconté en termes de Parashiot Stoumot. Lorsque cela se passe dans les mondes dévoilés en-bas c’est raconté dans une Parashah Petou’hah.

 

Une des raisons données par le Midrash :

Vayé’hi 47:29 :

 

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי-יִשְׂרָאֵל, לָמוּת, וַיִּקְרָא לִבְנוֹ לְיוֹסֵף וַיֹּאמֶר לוֹ אִם-נָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ, שִׂים-נָא יָדְךָ תַּחַת יְרֵכִי; וְעָשִׂיתָ עִמָּדִי חֶסֶד וֶאֱמֶת, אַל-נָא תִקְבְּרֵנִי בְּמִצְרָיִם

Vayikrevou yemey Yisra'el lamout

vayikra liveno le-Yosef vayomer lo im-na matsati chen be'eyneycha sim-na yadecha tachat yerechi ve'asita imadi chesed ve'emet al-na tikbereni beMitsrayim.

Les jours d'Israël approchant de leur terme, il manda son fils Joseph et lui dit: "Si tu as quelque affection pour moi, mets, je te prie, ta main sous ma hanche pour attester que tu agiras envers moi avec bonté et fidélité, en ne m'ensevelissant point en Egypte.

 

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי-יִשְׂרָאֵל לָמוּת

Vayikrevou yemey Yisra'el lamout

S’approchèrent les jours d’Israël de mourir.

 

Ce n’est pas Israël qui va mourir : Yaaqov Avinou Lo Met ! Ce n’est pas Israël qui s’approche de la mort car Israël est éternel dès qu’il devient Israël, il y a un processus d’engendrement de cette identité qui est dans le temps mais dès que cette identité est engendrée elle a une dimension d’éternité qui dépasse le temps. Cela se diagnostique facilement dans l’histoire.

 

Donc, il ne s’agit pas du fait qu’Israël va mourir. Mais « les jours d’Israël s’approchèrent de la mort » au moment où Jacob descendu en Egypte va installer l’exil. Les jours où Israël est au niveau Israël s’arrêtent, et recommencent les jours où Israël n’est plus qu’au niveau Jacob. Dans l’exil Israël est au niveau Jacob. Alors que en dehors de l’exil Jacob est appelé Israël. Reparti en exil Israël reprend le nom de Jacob. Les jours d’Israël s’approchent de la fin mais non pas l’identité Israël qui est éternelle mais mise en clandestinité dans le profil de Jacob.

 

Il y a ce caractère indélébile de cette partie de l’être juif qui est hébraïque et qui est là bien que cachée sous des sédiments d’assimilation successives. C’est indélébile et irréversible. Mais ce n’est pas dévoilé au jour mais dans la nuit...

 

וַיִּקְרָא לִבְנוֹ לְיוֹסֵף

vayikra liveno le-Yosef

Et il appela son fils Yossef (likaro lé à la forme du datif).

 

Le Midrash dit : parce que c’est Joseph qui a la possibilité de faire ce qu’il va demander : que l’on ne l’enterre pas en Egypte. Les Egyptiens l’ayant reconnu comme un des grands dignitaires du monde voulaient l’embaumer et en faire une idole comme le raconte le Midrash. Comme l’ont fait toutes ses grandes civilisations qu’Israël a traversé avec des effigies idolâtrées. Jacob a une peur panique que l’on fasse de lui un Christ, et Joseph va faire comme lui et demander la même chose à ses fils et frères. Ce qui n’a pas empêché les Chrétiens d’adorer un fils de Joseph....

 

Rashi cite ici un Midrash :

וַיִּקְרָא לִבְנוֹ לְיוֹסֵף

לְמִי שֶׁהָיָה יְכוֹלֶת בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת

Il appela son fils Joseph :

Celui qui avait la possibilité de le faire [Gen. Rabbah 96:5.]

 

Pourquoi vayikra liveno le-Yosef, et pas vayikra le-Yosef puisque tout le monde sait que Joseph c’est son fils ?

L’hypothèse est en fait vayikra liveno qui aurait du suffire.

... /...
lire la suite ici


 

***

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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