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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 13:22

VAYE'HI 1994

 

  http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayehi_serie_1994/cours_1

Face A 

 

C’est la dernière Parashah du livre de Bereshit.

Il y a dans l’histoire d’Israël, telle que la Torah la raconte en préface de la Torah en tant que loi, en tant que Sefer ha Mitsvot, il y a deux périodes différentes importantes.

Après les récits qui concernent la préhistoire de l’histoire d’Israël à proprement parler : 

Celle qui va du 1er homme Adam Harishon jusqu’à Noa’h et celle qui va de Noa’h jusqu’à Abraham, il y a dans ces 20 générations, plusieurs sous-groupes historiques, différentes étapes importantes de mutations de l’identité dans l’humanité, mais à partir du temps d’Abraham, nous avons, dans l’histoire d’Israël, deux périodes principales, que je vais ré-identifier :

le temps des Avot, le temps des pères.

le temps des Banim, le temps des fils.

 

Lorsque la Torah dit « Israël » ce terme a deux indices, deux dimensions : Il y a le temps de la préparation de l’identité d’Israël en tant que nation, mais ce temps de la nation ne commence qu’avec les Bnei Israël. Et la Torah d’Israël va s’adresser en tant que loi aux Bnei Israël. Le récit historique concerne les Avot des Bnei Israël. Il y a le temps des pères et le temps des fils. Et l’essentiel du récit dans le livre de Bereshit, c’est le temps des Avot.

 

Il y a un certain nombre de références qui nous amènent à le définir comme le temps des promesses : Dieu se révèle aux Avot en tant que Dieu qui promet et il se révèle aux Banim en tant que Dieu qui réalise.

 

Dans l’emploi des différents noms que le texte donne à la révélation de Dieu pour Israël, il y a dix noms principaux, et c’est le nom de El Shadaï qui apparait chaque fois que Dieu se révèle aux Patriarches (et par la suite d’ailleurs en certaines occasions) en tant que Dieu qui promet.

C’est un temps d’identité d’Israël qui nous est très difficile à identifier car nous faisons partie du temps des Bnei Israël depuis la sortie d’Egypte.

 

La Parashah de Vaye’hi va nous raconter un certain nombre d’épisodes de transition entre le temps des Avot et le temps de Banim. Et la transition entre ces deux époques d’Israël, c’est l’identité de Joseph. Nous lisons d’ailleurs l’achèvement du récit concernant l’histoire de Joseph.

Je reprendrais un certain nombre d’indications à ce sujet.

 

Il est très difficile pour les Bnei Israël d’identifier phénoménologiquement, existentiellement, ce que peut être l’identité des Avot. 

 

Je donnerais un certain nombre d’indications à ce sujet tel que nous l’avons reçu du Rav Kouk. Il s’agissait essentiellement d’Abraham, Isaac et Jacob. Par la suite, il y a dans l’ensemble du Klal Israël - de la collectivité d’Israël - qui forme le peuple d’Israël, des individus privilégiés qui ont une capacité d’âme de niveau collectif.

 

Pour qu’une âme d’Israël soit présente il faut le minimum du pluriel – c’est le Miniane - parce que nous n’avons, en tant qu’individu, que la capacité d’une étincelle d’âme individuelle d’Israël.

 

Il y a un thème que la psychologie moderne a fini par découvrir : il s’agit de « l’image générique » de Francis Galton scientifique anglais qui a réalisé l’image générique d’une famille : il prend des photographies des membres d’une famille et les superpose pour faire apparaître une image, une figure de la famille. J’en ai vu plusieurs en travaux pratiques d’ailleurs, ce sont des figures que l’on pourrait définir par le terme «angélique» tel que je me représente poétiquement ce que pourrait ëtreun viosage angélique. C’est toujours très beau. Cela donne une illustration de ce que le Rav nous enseignait à ce sujet. Les kabbalistes emploient le terme de Nitsots : une étincelle d’âme.

 

Chaque individu, chaque personne individuelle a une étincelle d’âme. A ce niveau-là les différentes personnes suivant leur envergure morale, spirituelle, d’identité profonde, ont des niveaux différents d’étincelle. Il y a des cas particuliers à travers les âges, d’individus qui ont eu une Neshamah Klalit, une âme entière. C’est ce qu’on appelle les Yé’hidim. Si vous entendez ce terme pour parler des grands hommes on les appelle les Yé’hidim. C’est la difficulté à traduire l’hébreu. On devrait traduire « les uniques », mais chacun est unique.

 

Dans l’enseignement traditionnel concernant les niveaux de l’âme, les niveaux des fonctions, des facultés, de la Neshamah : Nefesh – Roua’h – Neshamah – ’Hayah – Yé’hidah

 

Le dernier niveau Yé’hidah désigne la spécificité individuelle - Yi’houd - géniale de chacun telle que seul chacun la représente. La personne individuelle est au niveau du Nefesh. Une Neshamah peut avoir des milliers de Néfashot. Il y a des personnes individuelles – les Yéhidim - qui précisément  ont la capacité d’incarner une Yéhidah. A eux tout seul ils sont une âme.

 

Dans le vrai langage de la tradition juive on ne peut pas dire à la manière chrétienne que la communauté juive de tel endroit compte tant d’âmes... car peut-être n’y a t’il qu’une seule âme...

 

La Guémara définit ces être exceptionnels que nous appelons les Avot, les Pères par une formule très claire : eïn avot eila shloshah « Il n’y a de Avot que trois » : Abraham, Isaac et Jacob.

 

Déjà au niveau des enfants de Jacob le fondateur des tribus, ce ne sont plus des Avot.

Un descendant de Réouven a pour Av de sa tribu Réouven et pas Shimon ou Lévi...

Par conséquent, il n’y a de Avot que ces trois, Abraham, Isaac et Jacob, qui avaient chacun d’entre eux la Néshamah collective d’Israël. Le seul personnage de l’histoire que les grands d’Israël ont comparé à l’envergure des Avot – par exemple un des grands maîtres du judaïsme ashkénaze  qui a été le Talmid ‘Haver du gaon de Vilna, le Rav ‘Haïm de Volozine – qui dans un des chapitre du Nefesh ‘Hayïm compare l’envergure de Moïse à celle des Avot et établit que Moïse avait une envergure encore plus grande : une Neshamah Klalit – une âme collective - à l’échelle universelle.  

 

Il y a donc à travers les âges chez les Bnei Israël des personnes qui ont cette envergure-là chacun à son niveau, on les appelle des Yéhidim.

 

Pour ce qui est des Avot, ils ont la Neshamah collective d’Israël a trois indices différents de Middah. Trois indices différents de manières d’être le projet de Dieu lorsque Dieu a voulu créer l’homme, c’est Abraham, Isaac et Jacob, chacun d’entre eux étant Tsadikim absolu d’une Middah :

- Abraham c’est Al Pi Midat Ha’Hessed.

- Issac c’est Al Pi midat HaDin.

- Jacob c’est Al Pi Midat HaEmet.

 

Ce qui les définit précisément c’est qu’ils sont des Yéhidim mais à l’échelle la plus Klal Israël.

Abraham est tout Israël dans la modalité ’Hessed, en potentiel.

Isaac est tout Israël dans la modalité Din.

Jacob est tout Israël dans la modalité Emet.

Et c’est Yaaqov qui reçoit le nom de Israël, Abraham et Isaac sont Israël en potentiel et le sont réellement a postériori de Jacob. 

 

En tant que Abraham est père de Isaac, père de Jacob, alors il est d’Israël.

En tant que Isaac est père de Jacob, alors il est d’Israël. Ce n’est pas le même Yits’haq père de Essav et Yits’haq père de Yaaqov. Apparemment dans le phénomène de l’histoire c’est le même homme mais ce n’est pas la même identité.

 

[J’étudiais avec Jacob Gordin, en parlant d’Ishmaël, dans le commentaire du Shla’h sur la Hagadah de Pessa’h. Lors du passage où on demande à Dieu de déverser sa colère sur les ennemis d’Israël il avait précisé : il s’agit d’Ishmaël. Lui venait d’un pays ashkénaze mais pour moi c’était inattendu pour moi venant d’un pays d’islam. Pour nous l’antisémitisme des Chrétiens avait été milles fois plus considérable que celui en pays d’islam. Mais c’est un mythe, car après l’arrivée des Occidentaux en pays d’islam on avait oublié cet antisémitisme des pays d’islam.

Il m’a dit : tu ne sais pas lire les textes. On a vu les sources. L’expérience de l’étude me l’a montrée : l’antagonisme d’Ishmaël vis-à-vis de Isaac est plus terrible que l’antagonisme de Esaü vis-à-vis de Jacob. C’est ce paradoxe que je découvrais-là.  Il m’a montré que l’antagonisme de Esaü vis-à-vis de Jacob accompagne l’exil ; alors que l’antagonisme d’Ishmaël vis-à-vis de Isaac accompagne le retour, et c’est plus terrible » A cette époque le retour s’amorçait à peine. Il faut se méfier de « la connaissance en miette ». L’antisémitisme que les Ashkénazim ont eu à supporter des pays chrétiens était épouvantable et s’est accumulé dans la Shoah. Mais l’antisémitisme d’Ishmaël est beaucoup plus terrible.]

 

Neshamah Klalit

‘Hidoush de l’enseignement du Rav Kook.

Nous sommes habitués à travers la culture française à la notion d’égalité des personnes. La notion d’égalité est une notion très abstraite. Il faut parler de la notion d’égalité de la dignité des personnes. Concrètement, la notion d’égalité des personnes est une notion fausse. La devise de la révolution marxiste d’octobre est plus exacte que celui de la révolution française. « Les hommes naissent libres et égaux en droits » vs. « A chacun selon ses besoins » qui est beaucoup plus proche de l’enseignement de la Torah.

Il n’y a pas d’égalité concrète des personnes : aucune personne n’est égale à une autre. Et par conséquent, cela a été étudié dès que les philosophes ont commencé à penser à la démocratie : l’idée qu’une voix équivaut à une autre voix... C’est une idée abstraite. 

Dès qu’on rentre dans le concret existentiel de l’identité des personnes humaines – chacune personne étant géniale pour elle-même - on sait que les personnes ne sont pas interchangeables et qu’il n’y a pas la notion d’égalité mais d’équivalence et « d’équalité » de dignité.

 

Neshamot Klaliot que représentent les Avot et la Neshmaha Pratit que représente chacun des Bnei Israël avec l’exception des Yéhidim de chaque génération.

 

En hébreu, existent deux mots analogues presque homonymes :

Shavé Shin Vav Alef  

Shaveh Shin Vav Hé

Vain et égal: cela veut dire que si deux choses sont égales l’une des deux est vaine.

 

La notion d’égalité est ainsi vraie dans le monde de la quantité mais est une notion fausse et dangereuse dans le monde de la qualité. Dans le monde de la qualité il n’y a pas d’égalité, il y a des équivalences il y a des « équalités ». C’est ce qui rend difficile le problème des relations de personnes à personnes avec cette notion d’égalité de droit sans la notion de devoirs...

 

Les grands leaders des droits de l’homme ont été des Juifs pour la majorité, comme pour beaucoup de valeurs qui ont émergé de l’histoire. Dans les temps contemproains j’ai connu l’un d’entre eux René Cassin, un très grand homme, qui a donné la charte des droits de l’homme à l’Etat français puis ensuite à l’ONU. J’ai étudié cette question. Une fois dans son bureau, il était déjá très âgé, un patriarche, et il parlait à son père qui été encore vivant. Si vous aviez vu René Cassin parlant à son père comme un petit gamin parle à son père… ! C’est resté dans ma mémoire.

 

Dans la Torah, il n’y a aucune notion des droits de l’homme, il y a partout la notion de devoirs de l’homme. Si les devoirs sont satisfaits, personne n’a à réclamer les droits ! S’il faut réclamer ses droits c’est parce que des devoirs ne sont pas accomplis.

 

Il y a un renversement des critères qui est important.

 

La notion de droits de l’homme est très importante, étant donné que nous sommes dans une civilisation sans devoirs, c’est finalement une civilisation qui a besoin de police pour que les obligations et les sanctions soient respectées, donc il faut réclamer les droits. Mais c’est anormal.

 

Il y a eu des civilisations dites primitives, de type patriarcale, ou personne n’avait à réclamer des droits et où il y avait compétition pour accomplir le devoir. Ce sont des choses qui se sont perdues avec les sociétés traditionnelles. Je me souviens d’une expression en judéo arabe en Afrique dfu Nord :  « rend-moi un service » j’ai besoin d’un invité Shabat…

C’est dire : le plus grand service que tu peux me rendre c’est de venir être mon invité de Shabat.

Je pense que cette attitude existe dans tous les folklores juifs.

Je vous le dis en arabe parce que c’est très joli : dire un service dans cette idée là se dit en arabe « une jolie chose » cela se dit M’zia « une œuvre d’art » : « Améné m’zia »

 

***

 

Il y a un cas particulier dans cette catégorisation : les Avot et les Banim

Retenez l’essentiel : Les Avot c’est le temps de la promesse. L’identité père est une identité qui est inidentifiable pour l’identité fils. Ces deux catégories nous savons ce que la théologie chrétienne en a fait lorsqu’elle s’en est emparée. Laissez cela de côté ce n’est pas le sujet. Mais il y a chez l’homme l’identité père, l’identité fils. L’être père et l’être fils.

L’être-père est un être de promesse. La promesse traverse le père et concerne le fils. Mais la loi s’adresse au fils parce qu’il est le fils du père.  

La Torah a été donnée aux enfants d’Israël en tant qu’ils sont capables d’être ceux à qui la Torah est donnée. Mais l’histoire a traversée l’identité des pères sans les concerner sinon en promesses dont la réalisation ne concerne que les fils. Le judaïsme et la tradition juive c’est l’optimisme de l’attente de la réalisation, et nous avons été condamnés à vivre un être de promesse alors que nous sommes les hommes de l’idéal de la réalisation.

 

Un exemple :

Aujourd’hui il y a une polarité entre non plus père et fils mais entre diaspora et état.

Apparemment, cela n’a rien à voir mais en réalité c’est la même catégorisation :

L’identité de diaspora est une identité de promesse, c’est une identité de type « être-père ». On attend la réalisation d’une promesse. Quelle est la foi d’un Juif de diaspora ?  Venir à Jérusalem ! Il ne se rend pas compte que cela est possible mais cela reste la foi. C’est une foi pure, une Emounah Shelemah. On peut avoir une foi pure lorsqu’on est dans le monde de la promesse. La foi y est entière sans aucune réticence béEmounah Shlémah . Mais c’est au temps de la réalisation de la promesse que les difficultés apparaissent.

 

Il y a une polarisation de l’identité juive qui se fait depuis une centaine d’années, entre ceux qui continuent à être de l’identité-père, et ceux qui sont déjà de l’ordre de l’identité-fils. Il s’agit du même Israël, mais l’un à l’indice père et l’autre à l’indice fils. C’est ce drame que l’on vit là.

La prophétie l’a prévu puisque la dernière des prophéties de toute la Bible, c’est la prophétie de Malakhi [Chap. 3 versets 23-24] où Eliyahou HaNavi devra venir réconcilier les pères et les fils pour que Mashia’h puisse venir. Tant que les pères et les fils sont séparés, Mashia’h ne peut pas venir. J’ai eu tort de dire cela ainsi puisque Mashia’h peut venir quand il veut.

Entendu récemment chez les Loubavitch au sujet de la difficulté du temps présent : où bien on s’en sort naturellement avec le Messie qui vient, ou bien s’il ne vient pas il faudra un miracle.

 

La Guémara enseigne que le rôle de Eliyahou Hanavi n’est pas de permettre ou d’interdire mais de réconcilier les pères et les fils : c’est-à-dire qu’il y a un problème culturel très important, nous  vivons un temps où cela est visible, la difficulté de communication des générations. C’est le problème de notre temps, mais cela a été le problème de toujours.

 

Dans la société traditionnelle le problème avait une solution plus aisée par la présence du grand-père. C’est le grand-père qui s’occupait du petit-fils et le problème était résolu en enjambant l’impasse père-fils. Les familles qui ont trois générations sous un même toit ne connaissent pas ces problèmes parents-enfants avec la même gravité. Malheureusement, pour des raisons socio-historico-économiques les familles sont éclatées et les grands-parents sont absents de la famille.

 

L’être-père et l’être-fils, les Avot et les Banim: historiquement le temps des Avot s’arrête à la sortie d’Egypte. C’est 6 générations d’Abraham à Moïse. En fait, il y a deux parties dans ce temps des Avot : les trois qui sont Abraham, Isaac et Jacob et ensuite les trois autres générations qui sont les générations de l’exil d’Egypte qui commencent ici dans notre Parashah pour s’achever à la sortie d’Egypte. La charnière étant l’identité de Joseph à propos de laquelle je traiterais d’un des sujets de  la Parashah.

 

Voilà donc là un exemple de la différence entre l’identité père et l’identité fils.

Je l’ai beaucoup réfléchi et étudié et je l’ai retrouvé, en tout cas en filigrane, dans l’enseignement du Peri Tsadik : le juif de diaspora est encore dans l’ordre de l’identité « père » alors que le juif israélien est déjà dans l’identité « fils ». Et ce sont deux mondes de spiritualités différentes du point de vue de la vie intérieure du même Israël mais à deux indices tellement différents que l’on ne se comprend plus. Vous avez du vivre cela chacun à sa manière à l’échelle individuelle. Ce qu’il faut savoir c’est que c’est le même Israël. L’un à l’indice espérance et l’autre dont le chant national est la Hatikvah. Regardez l’humour de la cohérence ! 

 

Avant d’aborder le thème de la bénédiction de Jacob aux enfants de Joseph et le croisement des mains dans la bénédiction je vous laisse la parole.

 

***

 

Q : Il y a un probléme avec les Békhorot en général, comme une espéce de déterminisme ?

R : On va y revenir

Q : Pourquoi Jacob quand il meurt ne dit pas à ses enfants de partir de l’Egypte ? Pourquoi Yaaqov est-il resté en Egypte ?

R : très bien.

Q : Bénédiction de Jacob aux enfants de Joseph et l’inversion des mains ?

 

On peut commencer par cette quesiton de l’installation dans l’exil ou par cette question de l’identité particuliére de Joseph qui se divise en deux tribus et pourquoi cette inversion de la bénédiction ?

Je dis tout de suite quelque chose à ce point avant de revenir à la première question.

 

C’est que l’identité de Joseph fait la transition entre le temps des Avot et le temps des Banim. C’est un problème qui a énormément de dimensions. Il y a une rivalité entre la dimension de l’identité Joseph et la dimension de l’identité Juda dans la famille de Jacob. Elle nous est déjà annoncée et expliquée dans les Parashiot précédentes. Cela commence déjà au moment des rêves de Joseph.

 

Je rappelle briévement ce que j’en ai dit la dernière fois :

Il y a dans la vocation, et même plus dans la fonction d’Israël dans l’histoire universelle, une double dimension de la messianité et qui joue à tour de rôle, et qui le plus souvent se combat et ne réussisse l’une l'autre que lorsqu’elles arrivent à s’allier. On le trouve déjà dans la préhistoire de l’histoire d’Israël dans l’histoire des Patriarches et surtout dans l’histoire des enfants Bnei Israël. C’est cette tension entre deux dimensions de la même vocation de l’universalité d’Israël.

Précision de vocabulaire importante : Nous devons à un des maîtres de la génération  précédente le grand Rabbin de Paris le Rav Jaïs za’l cette mise au point une distinction très importante pour notre problème : la distinction entre deux termes français : « universel » et « universaliste ». Lorsque l’on parle d’une religion universelle, par exemple le christianisme, on parle d’une religion qui considère que sa théologie concerne tout le genre humain, tout l’universel humain. Le salut pour le genre humain c’est l’église et « hors de l’église point de salut ».

 

L’universel concerne tous les hommes. C’est mon identité qui doit devenir celle de tous les autres : c’est de l’impérialisme. C’est vrai aussi pour l’islam, mais je parle de l’exemple du christianisme. C’est en train de changer pour les Chrétiens depuis Vatican II : le christianisme est en train de muter, et de statut de religion universelle est en train de devenir une religion à caractère universaliste. Et j’expliquerais la différence. Mais pour l’islam c’est évident que c’est une religion de ce type : impérialiste de type universel.

Ce qu’on appelle le fondamentalisme ou l’intégrisme musulman est au stade où la chrétienté était au moyen-âge et au temps de l’inquisition, c’est évident.

L’impérialisme est l’échec de l’universalisme. C’est quand une manière d’être homme en particulier prend en charge le rêve de l’unité humaine et veut imposer comme critère de l’unité de l’ensemble sa propre manière d’être. C’est l’empire. L’exemple classique qui nous est très parlant est celui de la révolution française qui bascule dans l’empire français quelques années après la première république. C’est l’identité française, disposant du progrès à tous les niveaux à l’époque de la civilisation européenne, qui veut s’imposer à tous. Parfois ingénument, inconsciemment, en étant persuadé qu’être homme vraimeent c’est être français. Et les porteurs des idéaux de la révolution française étaient des universalistes authentiques qui rêvaient d’universel.

 

Il y a donc une fatalité chez les Goyim qu’enseigne la Torah que ce rêve d’universel bascule chaque fois dans l’empire. Cette fatalité vient de ce que il y a un décalage entre l’âme humaine capable de penser l’universel, et le corps, le véhicule biologique et social de chaque manière d’être homme qui est très précis, très restreint, très partiel et donc très partial.

 

La société de telle ou telle nation est ce qu’elle est, et pas autre chose, et pourtant son rêve peut être celui de l’universel. Chacun des Goyim c’est une manière concrète d’être homme très précise. Il peut y avoir des idéologues de l’universalité chez les Goyim à l’échelle individuelle en tant que penseur, en tant qu’homme de cœur, en tant qu’homme de foi, mais arrivé au niveau politique c’est l’empire. Pourquoi ? Parce que le véhicule de réalisation de ce rêve de l’universel est lui partiel et partial, c’est le sens étymologique du mot hébreu Goyim. L’humanité humaine a éclaté en Goyim, les manières d’être hommes. On le traduit par les nations, mais chaque nation concrétement est ce qu’elle est et pas autre chose.

Et c’est vrai tant au niveau politique, que philosophique, que religieux.

L’Eglise s’est pensée comme universelle.

Mais les français ne sont jamais que français et les italiens, italiens ou les anglais, anglais...

Et l’église a été au service de l’impérialisme européen.

 

Mais cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas à l’échelle individuelle comme cela a été le cas pour la révolution françaises, des hommes authentiquement universalistes. Mais le véhicule politique lui bascule inévitablement dans l’impérialisme.

Ces individus des nations qui peuvent être universalistes sont appelés des ‘Hassidei Omot haOlam.

Chez les nations à l’échelle individuelle il y a des ‘Hassidei Omot haOlam. Chez les nations, il y a une seule société comme telle qui incarne l’universel humain c’est Israël. C’est le récit de la Torah.

 

Il y a une fatalité des Goyim d’être ce qu’ils sont et pas autre chose. Un français ne sera jamais que français, un allemand ne sera jamais qu’un allemand… Il peut adopter recevoir, ëtre au courant d’une autre culture, mais ce qu’il est, il l’est de maniére irrémédiable et irréversible. Et il y a alors quelque chose qui mime l’universel chez les Goyim, et qui est une caricature et un échec de l’universel, c’est le cosmopolitisme.

 

 …/…

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Published by Rav Léon Ashkénazy - dans PARASHAT HASHAVOUA
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