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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 08:02

Vayaqhel  (1994)

Vayaqhel  (1994) 2ème partie


http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayakhel_serie_1994/cours_1

Face B

…/…

un vrai repas comporte aussi le parfum.

 

Et il y a une explication que ces 39 sont 3x13.

13 est la valeur numérique de E’had, il y a trois unités de travail :

ð  construire la maison,

ð  confectionner les vêtements,

ð  préparer le repas.

 

Tout ce qui est interdit le Shabat est dérivé ou rattaché à l’un de ces 39 travaux de base qui recouvrent symboliquement ces 3 unités de comportement. Le comportement nécessaire pour construire une maison et tout ce qui va avec. Le comportement nécessaire pour confectionner les vêtements et tout ce qui va avec. Le comportement nécessaire pour préparer le repas et tout ce qui va avec. On en arrive à ce que je voulais étudier pour la construction du Mishkane.

 

Vayaqhel 35.4:

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, אֶל-כָּל-עֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר:  זֶה הַדָּבָר, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר

Vayomer Moshe el-kol-adat beney-Yisra'el lemor zeh hadavar asher tsivah Adonay lemor.

Et Dit Moïse à toute lassemblée des enfants d’Israël en disant : Voici la chose que Hashem a prescrit en disant…

 

35:5

קְחוּ מֵאִתְּכֶם תְּרוּמָה, לַיהוָה, כֹּל נְדִיב לִבּוֹ, יְבִיאֶהָ אֵת תְּרוּמַת יְהוָה:  זָהָב וָכֶסֶף, וּנְחֹשֶׁת

Qe’hou me'itkhem troumah l'Adonay kol nediv libo yevi'eha et troumat Adonay zahav vakhessef oun’hoshet. Prenez de vous-même (de votre part) un prélêvement qui est offrande pour Hashem tout celui qui est porté par la générosité de son coeur apportera cette offrande à Hashem, or, argent et bronze…

 

Indépendament du sens symbolique de ces matériaux des offrandes auquels je n’aurais pas le temps de me réfèrer mais vous devinez qu’il y a différents ordres de valeur en question dans tout ce qui est demandé, nous avons la répétition de ce qui avait été demandé déjà dans Parashat Troumah où la Torah enseigne à quelle condition une offrande est authentique.

 

Une offrande est authentique à condition qu’elle soit  spontanée, qu’elle soit une Nédavah : portée par la générosité qui vient de ma propre spontanéité et qui n’est pas l’obéissance à un commandement. Si une offrande m’est commandée ce n’est pas une offrande.

 

Exemple dans un autre ordre de valeurs :

La différence entre la charité et la justice : Il y a une charité  qui s’appelle la Tsédaqah. La charité s’appelle ’Hessed : charité que je fais spontanément à qui ne mérite pas. Parce que s’il la méritait ce serait de la Justice. Il y a une charité ‘Hessed qu’on appelle Tsedeqah c’est une charité mais ce n’est  que justice que je la fasse. C’est une notion un peu contradictoire. C’est une charité que je dois. Mais qu’est-ce que cela signifie-t’il ? C’est déjà plus de la charité mais c’est un devoir ! Sans entrer dans la distinction ‘Hessed-Tsedakah, c’est pour indiquer le problème que nous avons ici.

 

Une Teroumah n’est vraiment authentique que si elle est Nédavah. On ne demande pas à quelqu’un « fait moi un cadeau ! ». Un cadeau n’a de valeur de cadeau que si j’ai fait un cadeau.

 

Moïse a donc une tache difficle : que son peuple fasse par eux-mêmes et apporte comme offrande ce qu’il doivent apporter comme offrande. Il ne peut ordonner l’offrande sinon elle n’est plus authentique. Ce temple n’a de valeur que s’il vient de l’autonomie de l’homme. La part de l’homme dans ce monde comme Mishkane. C’est la grande difficulté de Moïse.

 

Parashat Teroumah Chapitre 25

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר

Vayedaber Hashem el-Moshe Lémor - Et Hashem a parlé à Moïse. Pour dire.

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ-לִי תְּרוּמָה:  מֵאֵת כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ, תִּקְחוּ אֶת-תְּרוּמָתִי

Daber el-beney Yisra'el Veyiq’hou-li troumah me'et kol-ish asher yidvenou libo tiq’hou et-troumati. Parle aux enfants d’Israël, et ils prendront pour moi une offrande de la part de tout homme porté par son coeur vous prendrez Mon offrande.

 

Les traductions françaises sont souvent inexactes : « Parles au enfants d’Israël qu’ils prennent pour Moi... ». Les traducteurs rencontrent des difficultés de traduction et cela vient du fait qu’il y a

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל Daber el-beney Yisra'el Parle aux enfants d’Israël”. Et il n’y a pas écrit : « Prenez-Moi ou apportez-Moi une offrande mais : « Et ils Me prendront... »,  c’est une futur !

 

C’est à Moïse de savoir quoi leur dire pour que par eux-mêmes ils sachent ce que Dieu attend d’eux, mais Moïse ne peut pas leur dire quoi faire. Il faut juste que le résultat soit que...

 

C’est d’une part la difficulté du pédagogue en général et c’est la difficulté du médiateur : ici Moïse doit s’effacer complétement  de telle sorte qu’Israël – et c’est le génie de Moïse – puisse inventer ce que Dieu attend qu’il fasse. La Torah ne parle pas dans le sens d’une discipline commandée de l’extérieur : « Apportez-Moi une offrande… » Mais elle demande à Moïse : Parles-leur et que le résultat soit qu’ils M’apportent une offrande...

 

Nuance de lecture ‘hassidique :

« Si c’est toi Moïse qui leur parle, Je te promets qu’ils t’apporteront... »

 

Parshat Tetsaveh 27.20:

וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת זָךְ כָּתִית--לַמָּאוֹר:  לְהַעֲלֹת נֵר, תָּמִיד

Veatah Tetsaveh et Beney Israël veyiq’hou eleykha shemen zayit zakh katit lamaor leha'alot ner tamid - Et quant à toi, tu ordonneras les Benei Israël et ils t’apporteront de l’huile d’olives pures broyées pour le luminaire pour faire monter une lumière perpétuelle ...

 

Vos voyez la lecture : Si c’est toi qui leur parle, Je te promets, ils t’apporteront...

 

Je rappelle ce qu’on a étudié plus en détail dans Parashat Toumah : c’est l’autonomie de la réponse de celui qui est soumis à la loi.

 

Il y a deux manières d’être soumis à la loi :

 

ð  soit soumis dans le sens d’obéissance à un commandement qui vient de l’extérieur, cela s’appelle « l’hétéronomie de la loi ». 

 

ð  soit vouloir soi-même ce que la loi veut : cela s’appelle « l’autonomie de la loi ou l’autonomie du devoir moral ».

 

Le rôle de Moïse est de faire qu’Israël veuille ce que la loi demande. C’est très différent d’accepter d’obéir à l’exigence de la loi ou de vouloir soi-même ce que la loi voudrait. Il y a une différence de niveau de comportement.

 

Ce n’est qu’à cette condition que la Teroumah est authentique.

Dès la Parashah de Troumah, voici comment la Teroumah est définie.

Qui doit apporter cette Teroumah ?

 

Parshat Teroumah Chapitre 25

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ-לִי תְּרוּמָה:  מֵאֵת כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ, תִּקְחוּ אֶת-תְּרוּמָתִי

Vayedaber Hashem el-Moshe lémor Daber el-beney Yisra'el Veyiq’hou-li troumah me'et kol-ish asher yidvenou libo tiq’hou et-troumati. Et Hashem a parlé à Moïse pour dire : Parle aux enfants d’Israël. Et ils prendront pour moi une offrande de la part de tout homme qui est porté par son coeur vous prendrez Mon offrande.

 

מֵאֵת כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ

me'et kol-ish asher yidvenou libo - de la part de tout homme qui est porté par son coeur

 

Alors que dans la Parashah de Vayaqhel au début Parashat Vayaqhel :

Le même enseignement se retrouve mais formulé de manière différente :

 

Chapitre 35 verset 4-5 :

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, אֶל-כָּל-עֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר:  זֶה הַדָּבָר, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר

קְחוּ מֵאִתְּכֶם תְּרוּמָה, לַיהוָה, כֹּל נְדִיב לִבּוֹ, יְבִיאֶהָ אֵת תְּרוּמַת יְהוָה:  זָהָב וָכֶסֶף, וּנְחֹשֶׁת

Vayomer Moshe el-kol-adat beney-Yisra'el lemor zeh hadavar asher tsivah Adonay lemor.

Ke’hou me'itkhem troumah l'Adonay kol nediv libo yevi'eha et troumat Adonay zahav vachesef oun’hoshet. Et Moïse s’adressa à toute l’assemblée des enfants d’Israël en disant : Voici la chose que Dieu a ordonné en disant Prenez de votre part (ke’hou) une Teroumah pour Hashem...

 

Prenez de vous la Teroumah...

Quelle est la différence ?

« Kol ish » signifie «(de) tout homme » : Israël doit prendre la Teroumah qu’apporte l’humanité entière pour construire le Temple de Jérusalem. C’est le jour où la Makbit sera fait par les Goyim.

 

Ce qui est arrivé c’est qu’avec cette Teroumah apportée par l’extérieur d’Israël sous la forme du Erev Rav, il en est sorti le veau d’or. C’est la raison pour laquelle après le veau d’or, Moïse va préciser et va dire en ajoutant une chose [Vayaqhel] :

 

זֶה הַדָּבָר, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר

zeh hadavar asher tsivah Adonay lemor. Voici la chose que Hashem a prescrit en disant

 

Voici en réalité ce que Dieu m’avait demandé de vous dire

קְחוּ מֵאִתְּכֶם תְּרוּמָה, לַיהוָה

Qe’hou me'itkhem troumah l'Adonay - Prenez de vous-même (de votre part) un prélêvement qui est offrande pour Hashem.

 

Vayaqhel 35.4-5 :

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, אֶל-כָּל-עֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר:  זֶה הַדָּבָר, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר

קְחוּ מֵאִתְּכֶם תְּרוּמָה, לַיהוָה, כֹּל נְדִיב לִבּוֹ, יְבִיאֶהָ אֵת תְּרוּמַת יְהוָה:  זָהָב וָכֶסֶף, וּנְחֹשֶׁת

Vayomer Moshe el-kol-adat beney-Yisra'el lemor zeh hadavar asher tsivah Adonay lemor: Qe’hou me'itkhem troumah l'Adonay kol nediv libo yevi'eha et troumat Adonay zahav vakhessef oun’hoshet. Et Dit Moïse à toute l’assemblée des enfants d’Israël en disant : Voici la chose que Hashem a prescrit en disant : Prenez de vous-même (de votre part) un prélêvement qui est offrande pour Hashem tout celui qui est porté par la générosité de son coeur apportera cette offrande à Hashem. Or, argent et bronze.

 

Mais dans Parshat Troumah (apriori de la faute) :

מֵאֵת כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ

me'et kol-ish asher yidvenou libo - de la part de tout homme qui est porté par son coeur...

 

Il n’est pas précisé s’il est d’Israël ou pas.

D’autant plus qu’à priori le Temple de Jérusalem est pour l’humanité entière.

L’humanité toute entière le sait tellement bien qu’elle le réclame pour elle à une seule condition : que ce ne soit pas celui d’Israël !

 

Donc Israël doit servir de relai de telle sorte qu’on soit assuré que les matériaux avec lesquels le Temple sera construit soient cachérisés. Si cela venait directement sans une certaine cachérisation des valeurs que Israël est censé devoir faire alors avec ce même or, au lieu qu’il en sorte le candélabre, il va en sortir le veau d’or...

 

Cet enseignement se trouve dans le Zohar : la diffèrence dans la forme des commandements concernant le Mishkane entre la Parashah de Troumah et la Parashah de Vayaqhel c’est d’une part le fait que Troumah est à priori de la faute et Vayaqhel est à postériori de la faute ; et d’autre part le fait qu’à priori de la faute, le Temple de Jérusalem est le temple de Jérusalem pour toute l’humanité et c’est Israël qui le construit. A postériori de la faute, c’est le Temple pour Israël, et donc il est  candidat à être détruit jusqu’au moment où sera construit le Temple pour toute l’humanité.

 

C’est la raison pour laquelle finalement le Temple qui a été construit devait être détruit.

 

‘Hoshev ma’harshavot 

 

Enseignement ‘hassidique :

Un juif pieux a l’habitude d’apporter de l’huile à la synagogue. Et l’huile qu’il apporte c’est en vue que le Shamash l’utilise pour la veilleuse devant le Aron haQodesh. Mais le Shamash a aussi besoin d’huile pour les gonds des serrures et des portes. Alors le Rav Lévi de Berditchev enseigne que le sort de cette huile cela dépend de l’intention de celui qui apporte l’offrande....

 

Histoire ‘Hassidique :

A propos de la construction du Mishkane : Moïse était chargé de chercher parmi le peuple des artistes  capables d’être « ‘hoshev ma’harshavot » et en particulier c’est Betsalel qui a été choisi. « Maassé ‘hoshev » une oeuvre artistique. En hébreu cela signifie « Maassé » une oeuvre qui a demandé une Ma’harshavah. Mais une Ma’harshavah c’est aussi une intention. Cela veut dire que la valeur et l’authenticité de la Teroumah dépend de l’intention de celui qui l’a apporté. 

 

Qui va être capable de construire le Temple ?  Celui qui est capable de penser les pensées de ceux qui ont apporté la Teroumah : ‘hoshev ma’harshavah !

Telle partie de l’or sera utilisée pour les socles des poutres et telle autre pour le candelabre...

 

Histoire ‘hassidique :

Un ’Hassid demanda à son rabin : « je ne comrpends pas : dans les 1er temps du’Hassidisme les grands Admourim venaient en calèche, et aujourd’hui les Admourim viennent en Mercedes, et avant les Yeshivot étaient des Beit Hamidrash et maintenant ce sont des palais... cela devient plus inquiétant que l’université (en marbre et vide comme des tombeaux) qu’est-il arrivé ?

Réponse du Rav : Tu comprends, il y a trois sortes de ‘Hassidim : ceux dont l’offrande est vraiment de la ’Hassidout et cela va au Talmoud Torah et d’autres dont c’est ’Hatsi doute « la moitié d’une doute », cela va au marbre, et ceux dont seuls le père étaient ‘Hassid et cela va à la Mercedes...

 

Il y a une intention de l’offrande et il y a tous les niveaux de l’offrande.

 

Vayaqhel Chapitre 35 verset 4

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, אֶל-כָּל-עֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר:  זֶה הַדָּבָר, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר

Vayomer Moshe el-kol-adat beney-Yisra'el lemor zeh hadavar asher tsivah Adonay lemor. Et Dit Moïse à toute lassemblée des enfants d’Israël en disant : Voici la chose que Hashem a prescrit en disant

 

Rashi sur zeh hadavar asher tsivah lashem lémor

Ce que Moïse va dire à l’assemblée d’Israël dans Vayeqhel : voici la chose que Dieu m’a prescrit de dire... sous-entendu : « Maintenant je vous précise ce qu’Il m’avait demandé dans la Parashat Troumah et qui n’était pas indiqué : « Prenez de vous-mêmes et pas des autres ! »

 

Rashi en trois mots sur :

:  זֶה הַדָּבָר, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר

« li lémor lakhem »

זה הדבר אשר צוה ה': לי לאמר לכם

« qu’Il m’avait prescrit à moi de vous dire... » 

 

C’est ce que signifie le verset mais Rashi ajoute : voici ce que en réalité Dieu m’avait demandé à moi Moïse de vous demander à vous. C’est dire que Moïse prend sur lui le fait d’avoir formulé le verset de Teroumah à l’échelle universelle. 

 

Moi, il M’avait demandé à moi de vous dire : « Prenez de vous-même (Israël) » ... Et c’est moi qui  vous ai demandé : « Prenez de quiconque porté par son coeur (ErevRav et Israël)... »

 

 זֶה הַדָּבָר, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר

zeh hadavar asher tsivah Adonay lemor - Voici la chose que Hashem a prescrit en disant…

 

Rashi ajoute: Li lomar lakhem

J’ai dit « Kol Ish » et vous avez compris n’importe qui...

A quoi cela se rattache-t’il ?

C’est Moïse qui a pris l’initiative de prendre le Erev Rav dans Israël. Et c’est le Erev Rav qui a induit la faute du veau d’or que Israël a faite. Parce que la responsabilité de cette génération d’Israël est entière. C’est le Erev Rav qui voyant que Moïse n’était pas redescendu de la montagne qu’ils se sont mis à choisir ce signe du zodiaque et se sont mis à adorer ce symbole astrologique comme médiation des forces cosmiques qui n’était pas celui qu’il fallait reconnaître. On était sorti du Bélier et ils sont rentrés dans le Taureau, signe précédent. Plus tard, on va nous parler du sauveur né d’un autre signe du zodiaque.... Vous savez lequel.

 

Quoiqu’il en soit le texte est très clair, lorsque la faute du veau d’or a eu lieu, Dieu s’adresse à Moïse et dit :

 

Shemot Ki Tissa Chapitre 32 verset 7 :

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  לֶךְ-רֵד--כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ, אֲשֶׁר הֶעֱלֵיתָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Vayedaber Adonay el-Moshe lekh-red ki shi’het amekha asher he'eleyta me'erets Mitsrayim. Et Hashem parla à Moïse: va descend ! car ton peuple a fauté que tu as fait monté du pays d’Egypte.

 

Chaque fois qu’il y a l’expression Laalot MeMitsraïm, il s’agit du Erev Rav, il n’y a pas d’exception dans la Torah. Une exception apparente dans Jérémie mais en réalité il s’agit du Erev Rav qui reviendra de la Galout avec les rescapés de la Galout. Ce qu’on voit de notre temps d’ailleurs. Ne pensez pas aux Russes, ni à personne d’autre, il ne s’agit pas d’eux, il s’agit du Erev Rav qui est en Israël de manière permanente et qui nous vient de la Galout.

Quoiqu’il en soit la règle est très claire, chaque fois qu’il s’agit d’Israël c’est Yetsiat Mitsraïm : la sortie d’Egypte, chaque fois qu’il s’agit de Aliah c’est le Erev Rav.

 

Dieu s’adresse à Moïse et lui dit : לֶךְ-רֵד lekh-red va descend… Le Midrash dit : Red signifie red migdoul atkha descend de ta grandeur.

Parce que Moïse est en haut de la montagne : lekh=va et red=descend, donc lekh red = descend de ta grandeur... Le Midrash continue : Je ne t’ai donné de grandeur que pour Israël, Israël a fauté ta grandeur disparait....

 

Rashi intervient :

Ton peuple c’est le Erev rav :

« Tu as décidé de la faire entrer sous les ailes de la Shekhinah sans Me demander Mon avis »

 

Alors Moise intercède tout de suite pour Israël et non pas pour le Erev Rav : la 1ère prière de Moïse est pour Israël et non pas pour le Erev rav.

Quel sens cela a-t’il ?

C’est que Moïse savait que l’on ne peut sortir d’Egypte qu’en emmenant le Erev Rav. Si on n’emmène pas le Erev Rav toute l’histoire de l’exil perd son sens. Une des fonctions de l’exil est de ramener le Erev Rav. Si on ne le ramène pas il faudra retourner en exil pour le rechercher.

C’est dans la Guémara de Yoma.

Cela veut dire qu’il y a, perdues dans le monde, des valeurs et des personnes qui originellement devraient être d’Israël et qui sont perdus d’Israël. Une des fonctions de l’exil est de les ramener. Cet enseignement est un mystère. Pour ramener quelques étincelles de sainteté perdues dans le vaste monde on perd des quantités d’âmes d’Israel  ?  Il y a une sorte de tri catastrophique. Tout ce qui se perd dans l’exil pour ramener ces étincelles ? Il faut bien comprendre la profondeur de ces enseignements qui ne sont jamais simples.

 

Le Rav A.I.Kook a fait un Psak : avant même la création de l’état d’Israël: à partir du moment où  

l’état d’Israël existe on devrait interdire aux tribunaux de l’étranger de faire des convertis. A moins de les faire pour Israël.

 

La raison est la suivante : un tribunal rabbinique de l’étranger qui converti un goy au judaïsme le condamne à l’exil. En réalité, c’est un devoir d’accepter un converti authentique, mais pour Israël. En général, les vrais convertis finissent par arriver en Israël.

 

Anecdocte personnelle:

Le Beit Din rabbinique m’a demandé mon avis sur un cas : un Baroukh Yeshivah s’est épris d’une Goya et ont décidé de se marier, elle a accepté de se convertir et est venue en Israël pour étudier en vue de sa conversion. Au bout d’un certain temps la conversion approche et ce jour précis elle annonce son refus de se marier avec ce juif : « Moi, je vais me marier avec ce juif qui voulait se marier à une goya ?»  Elle s’est marié avec un juif, ils sont heureux tout va bien...

 

Le raisonnement de Moïse :

 

Si le Erev Rav est détruit, ce sera mauvais pour Israël. C’est-à-dire que Israël sera obligé de retourner en exil. Donc, dès qu’il y a condamnation du Erev Rav par Dieu, Moïse prie pour Israël.

 

KiTissa Chapitre 32 verset 11-12

וַיְחַל מֹשֶׁה, אֶת-פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהָיו; וַיֹּאמֶר, לָמָה יְהוָה יֶחֱרֶה אַפְּךָ בְּעַמֶּךָ, אֲשֶׁר הוֹצֵאתָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, בְּכֹחַ גָּדוֹל וּבְיָד חֲזָקָה

Vaye’hal Moshe et-peney Adonay Elohav vayomer lamah Adonay ye’hereh apkha be'amekha

asher hotseta me'erets Mitsrayim bekhoa’h gadol ouveyad ‘hazakah ?

Et Moïse pria à la face de Hashem son Dieu et il dit : Pourquoi Hashem Ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple que Tu as fait sortir du pays d’Egypte. (Il s’agit d’Israël) avec une grande force et une main forte ?

לָמָּה יֹאמְרוּ מִצְרַיִם לֵאמֹר, בְּרָעָה הוֹצִיאָם לַהֲרֹג אֹתָם בֶּהָרִים, וּלְכַלֹּתָם, מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה; שׁוּב מֵחֲרוֹן אַפֶּךָ, וְהִנָּחֵם עַל-הָרָעָה לְעַמֶּךָ

Lamah yomerou Mitsrayim lemor bera'ah hotsi'am laharog otam beharim oulechalotam me'al peney ha'adamah shouv mecharon apekcha vehina’hem al-hara'ah le'amekha. Pourquoi l’Egypte diraient ainsi « Il les a fait sortir sous un signe maléfique pour les détruire dans les montagnes et les détruire de dessus la face de la terre. » Reviens de ta colère et (regrette) reprend ta décision de mal pour Ton peuple.

 

Traductions françaises erronnées :

« Reviens de ton irritation et révoque la calamité qui menace ton peuple » 

« Reviens de la fureur de ton courroux, et repens-toi du mal contre ton peuple » 

 

Ce n’est pas tant que les traducteurs ne connaissaient pas l’hébreu mais qu’ils ne connaissaient pas le français. Ils ne sont pas parvenus à trouver la forme française qui formulerait exactement ce qu’ils ont compris en hébreu...

 

Shouv me’haron apek’ha vehina’hem al-hara'ah le'amekha.

reviens de ta colère-ton courroux et révoques le mal / en faveur de ton peuple.

 

Les Taamim coupent la phrase dans son dernier segment. On va le vérifier dans un verset ultérieur : le verset 32.14 :

 

וַיִּנָּחֶם, יְהוָה, עַל-הָרָעָה, אֲשֶׁר דִּבֶּר לַעֲשׂוֹת לְעַמּוֹ

Vayina’hem Adonay al-hara'ah asher diber la'assot le'amo. Et Hashem revoqua la calamité dont il avait parlé pour agir en faveur de son peuple.

 

Traduction française de nouveau erronnée :

 « Et l’Eternel révoqua le malheur qu’il avait voulu infliger à son peuple »

 

Ce n’est pas ce qui est écrit en hébreu : Dieu a décidé de suspendre la sanction envers le Erev Rav pour pouvoir agir en faveur d’Israël.

 

Ensuite, quand Dieu a accepté la prière de Moïse et a suspendu la sanction contre le Erev Rav pour sauver Israël, alors le Erev Rav a été introduit en Israël.

Et si le Erev Rav a été introduit en Israël, alors là il devient passible de la loi d’Israël et il faut donc prier pour le Erev Rav. C’est pourquoi il y a une deuxième prière et celle-là est pour le Erev Rav. 

 

32:31

וַיָּשָׁב מֹשֶׁה אֶל-יְהוָה, וַיֹּאמַר:  אָנָּא, חָטָא הָעָם הַזֶּה חֲטָאָה גְדֹלָה, וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם, אֱלֹהֵי זָהָב

Vayashav Moshe el-Adonay Vayomar ana ‘hata ha'am hazeh ‘hata'ah gedolah vaya'asu lahem elohey zahav - Et Moïse monta vers Hashem et il dit : de grâce, ce peuple-là a fauté d’une grande faute, ils se sont faits des dieux d’or.

 

וְעַתָּה, אִם-תִּשָּׂא חַטָּאתָם; וְאִם-אַיִן--מְחֵנִי נָא, מִסִּפְרְךָ אֲשֶׁר כָּתָבְתָּ

Ve'atah im-tisa chatatam ve'im-ayin mecheni na misifrecha asher katavta.

Et maintenant si Tu élèves (suspends)leur faute et sinon efface-moi du livre que Tu as écris…

 

Le Midrash explique : qu’on ne dise pas qu’il était là pour nous imposer la loi et non pas pour intercéder pour nous. Il y a donc deux prières différentes, et il ne s’agit pas d’une répétition des deux textes : la première est pour Israël, la 2nde est pour le Erev Rav une fois intégré à Israël.

 

Ce qu’il faut maintenant comprendre c’est la signification de ce fait pour lequel Moïse prend l’initiative confirmée par Dieu a postériori d’intégrer le Erev Rav à Israël. 

 

D’abord, la grande différence entre Erev Rav et Israël n’est pas dans le fait d’avoir accepter ou pas la Torah au Sinaï. Les deux ont accepté sans problème. C’est l’atittude dans laquelle la Torah a été reçue.La grande différence, c’est que qu’Israël avait 6 générations d’éducation hébraïque d’Abraham à Moïse que n’avait pas le Erev Rav. Il y a une identité de culture, de Derekh Erets, propre à la Torah et qui précède la Torah. Si elle fait défaut, on reçoit la Torah dans une attitude païenne. C’est vrai pour les Juifs aussi. Il y a énormément de comportements superstitieux et de risque magiques même chez les Juifs eux-mêmes, qui vient de ce que la Torah est reçue sans le Derekh Erets hébreu. Il y a 6 générations du Derekh Erets hébreu d’Abraham à Moïse que n’avaient pas le Erev Rav. Ils ont accepté la Torah de Moïse mais avec Moïse comme médiateur, et avec Moïse comme médiateur divinisé car ils étaient d’essence païenne. Mais il y a ce risque-là si la Torah est reçue sans le Derekh Erets hébreu.

 

Il en résulte d’une certaine manière que Israël qui s’est constitué comme un ensemble de prêtres pour l’humanité a dès le départ un handicap : Israël prend sur lui les fautes de l’humanité, les fautes de métiers d’hommes, de telle sorte de pouvoir les expier. La grand caractéristique de l’expérience religieuse d’Israël est d’être collective. Dieu ne contracte d’alliance religieuse avec Israël que lorsqu’Israël est une collectivité, alors que chez les Goyim l’expérience religieuse est d’abord individuelle et elle se met en commun. Une communauté religieuse chez les Goyim c’est quelque soit les apparences une expérience individuelle qui est mise en commun dans une communauté, cela s’appelle : « faire église ». Tandis que l’expérience religieuse en Israël, c’est un peuple avec qui Dieu a contracté alliance. On est alors individu à l’intérieur du peuple.

 

Deux choses à ce sujet :

La grande différence c’est que nous n’avons pas de héros exemplaire dont la Torah nous raconterait l’histoire comme une histoire à imiter. C’est l’histoire d’Israël comme collectivité. Le commencement de l’histoire d’Israël n’est pas l’histoire d’Abraham mais l’histoire de la sortie d’Egypte.

 

C’est la grande différence avec ce qui pourrait sembler analogue chez les Goyim. Il faut mettre là entre parenthèse l’islam.

 

Mais malgé tout, il s’agit-là d’une réalité d’ordre collectif que chacun vit à l’échelle individuelle au niveau où il se trouve. Et il peut y avoir des niveaux négatifs. Mais ce sont les niveaux négatifs de cette expérience-là et pas d’une autre. Exemple des mathématiques : il y a des équations qui ont plusieurs solutions : positives et négatives. Négatives mais elles concernent cette équation-là.

 

Ceci pour dire qu’il y a des Juifs athées mais qui sont Juifs. Alors qu’un Goy même croyant n’est pas juif. Chose très difficile à comprendre pour les goyim.

 

Le sociologue Eric Weil écrit dans une note de sa thèse de doctorat: « lorsque je fais allusion à la religion, religion que je ne pratique pas et à laquelle je ne crois pas, c’est le judaïsme et non pas le christianisme. » Ce qui revient à dire : « Ne me changez pas ma religion à laquelle je ne crois pas... ». Il n’y a pas plus orthodoxe qu’un juif athée.

 

Il s’agit donc d’une réalité d’ordre collectif. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit du salut de l’universel.

Or, le salut de l’universel ne passe pas par un individu mais par une collectivité. Il n’y a qu’une collectivité qui peut représenter l’universel.

 

C’est la raison pour laquelle, toutes les manières d’être homme de l’universel humain se reflètent dans l’identité  d’Israël, d’abord à travers la constitution des tribus d’Israël à un certain niveau (au niveau hébraïque) et ensuite à travers le Erev Rav.

 

C’est la raison pour laquelle le Erev Rav introduit en Israël ce qui est le propre .../...

[la Middah de la nuque raide : Am qesheh oref ]

 

Et à la fin de la Parashah, Dieu dit à Moïse : « va dire à Israël méfiez-vous maintenant vous êtes devenus Am Qashe Oref » Mais la Quashout Oref vient du Erev Rav.

Israël a pris sur lui d’être cela pour pouvoir être Israël.

 

Dit très rapidement au niveau sociologique : Lorsque les Juifs reviennent d’exil, ils ramènent avec eux toutes les manières d’être Goy, avec les qualités et les défauts. Et c’est tout cela ensemble mis dans le même creuset qui devient la société d’Israël.

 

Or, je vous suppose très préoccupés des événements contemporains, déjà depuis le 13 septembre [1994], je suppose. Je ne pourrais pas en parler ce soir mais je crois inévitable une soirée d’étude là-dessus. Je distribue une feuille de références dont je vous ai fait des copies en hébreu où tout ces événements qui se passe aujourd’hui sont indiqués dans des réfèrences qui vous sont données, en particulier du  Zohar et du Talmud mais surtout du Rav Kouk qui décrivent et expliquent ce qui se passe actuellement, et tout cela est indexé au Erev Rav.

 

Je vous en lis une phrase : 

« Qui sont ceux-là qui persécutent le reste de leur frères, les enfants d’Israël, qui rendent leur vie amère et qui mettent en danger leur existence ? Déjà nos maîtres ont défini les malheurs des hommes de la générations précédent la Guéoula. » Et on nous donne toute une série de références.

Une phrase est très frappante: « C’est ceux qui présentent une apparence extérieure israélienne alors que l’intérieur de leur identité n’est plus juive ».

< fin >

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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