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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 17:14

Parasha - Vaera 1984 - Bo 1984

 

 

Parasha - Vaera 84 - 1ère Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vaera_serie_1984/cours_1

Face A

 

Et continue Dieu à dire à Moïse… qui parle ? La Midat HaDin. Le verset 2 commence par Elohim.

6:2

וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים, אֶל-מֹשֶׁה; וַיֹּאמֶר אֵלָיו, אֲנִי יְהוָה

Vayedaber Elohim el-Moshe

Et Elohim parla à Moïse ;

vayomer elav Ani YHWH

Et (ensuite) il lui dit c’est Moi Hashem

 

6:3

וָאֵרָא, אֶל-אַבְרָהָם אֶל-יִצְחָק וְאֶל-יַעֲקֹב--בְּאֵל שַׁדָּי; וּשְׁמִי יְהוָה, לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

Va'era el-Avraham el-Yitschak ve'el-Ya'akov be'El Shaday

Je me suis révélé à Abraham à Isaac et à Jacob en tant que El Shadaï (une autre Midah)

oushmi Adonay lo nodati lahem.

 

On a parlé de 4 Midot déjà

ð  Hashem = Midat HaRa’hamim

ð  Elohim = Midat haDin Qashé : Gvourah

ð  Adonaï = Midat haDin Raphé : Malkhout

ð  El Shadaï = Yessod une autre Midah

 

Chaque fois dans l’histoire des Avot que nous avons la promesse de la fécondité dans les engendrements Ani El Shadaï Peré ourbé  - le Dieu de la promesse s’intitule El Shadaï . Le « Dieu Tout-Puissant ». Midrash : on l’appelle « Dieu Tout-puissant » pour indiquer qu’il a de quoi accomplir les promesses. C’est le sens habituel. Il y a plus dans ce nom de El Shadaï mais pour notre sujet cela suffit.

 

A relier à ce qu’on a déjà appris de Rashi sur la Midah de Hashem.

Rashi dit « Ani Hashem Neeman leshalem »  Celui qui accomplit la promesse.

El Shadaï c’est « Celui qui promet ».

 

C’est la continuation de la révélation à Moïse dans l’explication que Dieu donne à Moïse .

 

6:3

וָאֵרָא, אֶל-אַבְרָהָם אֶל-יִצְחָק וְאֶל-יַעֲקֹב--בְּאֵל שַׁדָּי; וּשְׁמִי יְהוָה, לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

Va'era el-Avraham el-Yitschak ve'el-Ya'akov be'El Shaday

Je me suis révélé à Abraham à Isaac et à Jacob en tant que El Shadaï Dieu Tout-Puissant

oushmi Adonay lo nodati lahem.

Et Mon Nom de Hashem (Rashi : celui qui accomplit la promesse)

Je ne me suis pas fait connaître à eux.

 

וָאֵרָא

אֶל הָאָבוֹת בְּאֵל שַׁדָּי הִבְטַחְתִּים הַבְטָחוֹת וּבְכֻלָּן אָמַרְתִּי לָהֶם אֲנִי אֵל שַׁדָּי

Je suis apparu : Aux patriarches « en qél Chaqqaï ». Je leur ai fait des promesses et chaque fois je leur ai dit : « Je suis qél Chaqqaï ».

 

וּשְׁמִי ה' לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

לֹא הוֹדַעְתִּי אֵין כְּתִיב כָּאן אֶלָּא לֹא נוֹדַעְתִּי לֹא נִכַּרְתִּי לָהֶם בְּמִדַּת אֲמִתִּית שֶׁלִּי שֶׁעָלֶיהָ נִקְרָא שְׁמִי ה' נֶאֱמָן לְאַמֵּת דְּבָרַי שֶׁהֲרֵי הִבְטַחְתִּי וְלֹא קִיַּמְתִּי

Et de mon Nom Hachem je ne me suis pas fait connaître (lo noda’ti) à eux : Le texte ne porte pas : « je n’ai pas fait connaître » (lo hoda’ti), mais : « je ne me suis pas fait connaître » (lo noda’ti). Je n’ai pas été connu d’eux dans mon attribut de vérité, qui fait que je m’appelle Hachem, digne de confiance pour tenir parole. Car je leur ai fait des promesses, mais je ne les ai pas encore exécutées.

 

Oushmi Hashem lo hodarti lahem

Le texte aurait du dire : « et je n’ai pas fait connaître Mon Nom de Hashem  – lo hodarti avec un Hé- mais Lo Nodarti avec une Noun signifie « je ne me suis pas fait connaître ».

 

La plupart des commentateurs pour résoudre cette difficulté de l’hébreu, surtout Ibn Ezra, explique qu’il faut lire comme s’il y avait :  Oubishmi Hashem lo nodarti lahem

« Et par Mon Nom de Hashem... » On ajoute un Beit à Shmi pour le balancement du verset : « Vaera... beElShadaï oubishmi Hashem lo nodarti... »

Là c’est clair en hébreu.

 

La première lecture du Pshat peut apparaître : « Vaéra… Je me suis révélé aux Avot par El Shadaï et par Hashem Je ne me suis pas fait connaître ».

 

1er thème d’étude :

Notons la différence des verbes :

Vaera : je me suis montré, fait voir, traduit par « révélé », c’est au niveau de El Shadaï. Mais « je me suis fait connaître » c’est plus profond. C’est au niveau de Hashem. Voir-connaître : Une promesse est analogue à la vision de loin. La connaissance c’est quand cela arrive.  

 

C’est la différence du niveau de mérite des Avot :

Midrash : « Abraham l’a appelé montagne, Isaac champ et Jacob maison » Sar - Sadeh  - Bayit .

Abraham voit de loin la montagne, Isaac s’approche plus : le champ. Mais c’est Jacob qui construit la maison. C’est dire que le Beit Hamiqdash est appelé Sar par Abraham, Sadeh par Isaac et Bayit par Jacob. « וַיַּרְא אֶת-הַמָּקוֹם--מֵרָחֹק Vayar et hamaqom mera’hoq…” c’est Abraham [Gn.22 :4]. ” וַיִּפְגַּע בַּמָּקוֹם  Vayifga bamaqom…” c’est Jacob [Gn. 28 :11].

 

2ème thème d’étude:

Le deuxième thème porte sur l’étonnement que le mot de Vaéra a déclenché dans le Midrash.

Comment peut-il dire : « Je me suis fait voir » ? 

 

Un verset très clair dit (Kitissa 33:20) :

וַיֹּאמֶר, לֹא תוּכַל לִרְאֹת אֶת-פָּנָי:  כִּי לֹא-יִרְאַנִי הָאָדָם, וָחָי

Vayomer lo tokhal lirot et-panaï

Il dit : Tu ne saurais voir ma face

Ki lo yirani haAdam ve’haï 

Car l’homme ne peut pas me voir et vivre.

 

Les maîtres ont expliqué que cela arrive juste au moment de la mort lorsqu’on est encore dans l’existence terrestre, au dernier moment avec les yeux de chair, on peut voir. Après on voit avec les yeux spirituels. On nous le dit mais nous ne le savons pas par expérience.  

 

Rashi:

וָאֵרָא  Vaera : Vaera el HaAvot :

אֶל הָאָבוֹת בְּאֵל שַׁדָּי הִבְטַחְתִּים הַבְטָחוֹת וּבְכֻלָּן אָמַרְתִּי לָהֶם אֲנִי אֵל שַׁדָּי

Je suis apparu Aux patriarches « en qél Chaqqaï ». Je leur ai fait des promesses et chaque fois je leur ai dit : « Je suis qél Chaqqaï ».

C’est un Rashi difficile. On a besoin de la Kabalah pour l’expliquer.

La 1ère explication habituelle : Rashi a simplement voulu résumer le verset et que l’éditeur de Rashi s’est trompé et a mis deux points mais qu’il faut le lire avec la suite. El Shadaï.   

2ème explication : au nom du Maharal dans Gour Arié : Rashi explique le mot de Vaéra avec l’étonnement que nous avons eu d’autre part : il est écrit par ailleurs Ki lo yirani haAdam ve’haï  ! Il nous dit que c’est le cas particulier des Avot qui en était capable. Pas nous. Les Avot n’ont pas la même envergure que les Banim. C’est une manière d’être qui nous dépasse. L’être des Avot et l’être des Banim n’est pas le même. Les Avot ont reçu les promesses et les Banim sont ceux pour qui elles se réalisent. C’est un être dans l’existence radicalement différent.

 

Dans notre dialogue avec les gens de la diaspora, il y a une confusion absolue à cause de ce que ceci n’est pas éclairci : les Juifs de diaspora pensent à Israël comme le pays des ancêtres alors qu’en réalité ces Juifs de diasporas sont nos ancêtres préhistoriques puisqu’ils vivent à l’indice « promesse » alors que nous vivons à l’indice « réalisation ». C’est ce qui rend si difficile le dialogue entre les pères et les fils. Il s’agit d’identifier d’abord qui sont les pères et qui sont les fils. « Les « pères » sont les Juifs de la Golah qui vivent à l’indice de la Golah alors que les « fils » sont des Juifs d’Erets Israël qui vivent à l’indice de la réalisation.

 

Nous étudierons ce thème une autre fois et essaierons de comprendre d’après l’enseignement de la Torah la difficulté d’être père et la facilité, la difficulté d’être fils et la facilité.  

 

Les Juifs de diasporas vivent à l’indice des Avot alors que les israéliens vivent à l’indice des Banim et c’est cela dont parle la fin de la prophétie dans le dernier verset de Malakhi : faire arriver à se comprendre les pères et les fils...  Pour éviter la catastrophe il faut envoyer Eliyahou HaNavi pour rétablir le dialogue entre les pères et les fils. Il faut d’abord les identifier : les pères ceux qui entendent la promesse, les fils ceux qui réalisent cette promesse.

 

C’est un problème très vaste : La vertu de la promesse empêche la vertu de la réalisation et réciproquement.

 

On ne se comprend plus parce que subitement on a changé d’avis. Ceux qui reviennent s’appellent les fils : « veshavou banim légoulam » « Et les fils reviendront à leur frontière ».

 

Rashi sur El Shadaï :

 

« Je leur ai promis (aux pères) des promesses et à toutes ces promesses j’ai dit « Je suis El Shadaï ». « Et mon nom de Hashem, je ne me suis pas fait connaître à eux »

 

וּשְׁמִי ה' לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

לֹא הוֹדַעְתִּי אֵין כְּתִיב כָּאן אֶלָּא לֹא נוֹדַעְתִּי לֹא נִכַּרְתִּי לָהֶם בְּמִדַּת אֲמִתִּית שֶׁלִּי שֶׁעָלֶיהָ נִקְרָא שְׁמִי ה' נֶאֱמָן לְאַמֵּת דְּבָרַי שֶׁהֲרֵי הִבְטַחְתִּי וְלֹא קִיַּמְתִּי

Il n’est pas écrit lo hodarti mais lo nodarti : je ne me suis pas fait connaître.

Cela veut dire « lo nikarti lahem » je n’ai pas été reconnu par eux (- je ne me suis pas fait reconnaissable comme cela, ils n’ont pas eu l’expérience de l’accomplissement de la promesse) par cette Midah véridique de moi (c’est-à-dire la Midat HaRa’hamim qui est celle de l’accomplissement) par laquelle mon Nom est nommé Hashem, ce qui signifie Néeman lehamek Devaraï à qui ont peut faire confiance de confirmer ses paroles puisque je leur ai promis sans réaliser.

 

Voilà d’après Rashi comment cela nous aide à comprendre le verset dans son Pshat absolu.

Vaera

Je me suis révélé

el-Avraham el-Yitschak ve'el-Ya'akov be'El Shada.

À Abraham à Isaac et à Jacob en tant que El Shadaï (par la promesse).

 

oushmi Hashem !

mais mon nom c’est Hashem.

Lo nodarti lahem

Je ne me suis pas fait connaître à eux.

 

Non pas connaître mais par Vaera : ce que nous avons vu plus haut : je me suis fait voir mais je ne me suis pas fait connaître.

 

Nous avons ainsi une lecture simple du verset - grâce à Rashi - qui nous dispense de passer par des explications grammaticales trop compliquées.

 

Une fois de plus tant qu’on n’est pas arrivé à la lecture.

 

Il y a 3 parties dans le verset :

 

Vaera el-Avraham el-Yitschak ve'el-Ya'akov be'El Shaday – 1ère proposition

Je me suis révélé à Abraham à Isaac et à Jacob en tant que El Shadaï Dieu de la promesse.

Oushmi Hashem !

Mais mon nom c’est Hashem !

Lo nodarti lahem

Et puisque mon Nom c’est Hashem et que je leur ai parlé comme El Shadaï, lo nodarti lahem

Je ne me suis pas fait connaître à eux. C’est à toi que je commence à Me faire connaître et c’est pourquoi c’est si difficile...

 

Une fois de plus, tant qu’on n’est pas arrivé à la lecture avec les Taamim cela reste difficile. Dès qu’on lit avec les Taamim, tout s’éclaire et devient simple. Il faut passer par 40 ans de difficultés.

 

Midrash Rabba sur Vaera :

Lorsque Dieu dit à Moïse « Je me suis révélé aux pères » il y a en filigrane une admonestation de la part de Moïse : Dieu tu ne fait pas ce qui est promis... Alors Dieu dit « Je me suis révélé aux péres... ». « Révélé » dans le sens de promettre. Promettre ne signifie pas accomplir. Eux à qui j’ai seulement promis n’ont jamais mis en doute. Et toi à qui je commence d’accomplir tu mets en doute ?

 

C’est un peu la facilité de la foi des pères : ils n’ont pas à vérifier dans l’accomplissement. Ils peuvent croire absolument. On n’a pas à être confronté à la réalité de l’accomplissement. La foi des Juifs de diaspora peut donc être entière, car c’est plus facile. Une foi portant sur une Jérusalem céleste scintillante et transfigurée...

Celui qui croit en une promesse peut croire en une promesse très belle…

Celui qui commence à se confronter à la réalisation, c’est plus difficile. Comme d’assister à un accouchement. Cela commence avec l’enfant est couvert de sang...

 

Dieu dit à Moïse :

« Dommage ceux qui sont partis et ne se trouvent plus-là » (Expression entrée dans la culture juive en général) Plusieurs fois Je me suis révélé à Abraham Isaac et Jacob par la promesse El Shadaï et Je ne leur avais pas fait connaître que Mon Nom est Hashem qui accomplit comme Je te l’ai dit à toi (chapitre 3 : Va leur dire Hashem Eloheinou...) ils n’ont pas douté de mes Midot.

J’ai dit à Abraham : « Lève-toi et traverse le pays en long et en large car c’est a toi que je le donne. Il a voulu enterré Sarah et n’a pas trouvé un endroit pour enterrer Sarah... Il n’a pas douté de moi»

 

(Imaginons l’être de la promesse qui a l’expérience du non-accomplissement et qui croit que cela s’accomplira malgré tout. C’est la foi des Avot. C’est là le profil de la foi sincère et profonde du juif de diaspora depuis 2000 ans. Cela continue avec la perplexité des Juifs de la Golah devant les Juifs-israéliens à l’indice Banim.)

 

J’ai dit à Isaac : Séjourne dans ce pays et je serais avec toi et je te bénirai car c’est à toi et à ta postérité que je donnerai toutes ces terres. Il a voulu boire de l’eau et ne l’a pas trouvée (dans ces conflits avec les bergers d’Avimelekh et la contestation des puits) et il n’a pas douté de moi.

 

J’ai dit à Jacob : la terre sur laquelle tu te couches c’est à toi. Je la donne à ta postérité, il a cherche un lieu pour planter sa tente et ne l’a pas trouvé jusqu’à ce qu’il ait acheté l’endroit pour planter sa tente. Et il n’a pas douté de moi.

Et il ne m’a pas demandé « quel est ton nom ? » Comme toi tu me l’as demandé !

Et toi, dès que Je t’ai envoyé au début de la mission que Je t’ai donnée, tu m’as dit : Mah Shemi quel est mon nom ? Et à la fin tu me dis : depuis que je suis allé chez Pharaon pour parler en ton nom, le peuple a du mal... »

C’est pourquoi J’ai dit : Et même Je réaliserais mon alliance qui a été donnée aux pères comme Je leur ai promis que Je leur donne la terre, et quand Je leur ai promis sans leur donner ils n’ont pas douté. Et aussi j’ai entendu la clameur des enfants d’Israël parce qu’eux n’ont pas douté de moi. Et bien que Israël de cette génération ne se conduisait pas bien, J’ai entendu leur voix à cause de l’alliance que J’ai tranché avec leur pères, c’est pourquoi il est écrit : Et Je tiens compte de mon alliance».

 

Toute cette dialectique c’est la facilité de la foi au niveau de la promesse et la difficulté lorsqu’arrive le temps de la réalisation de la promesse. Egalement au niveau de Moïse.

 

Midrash Rabba sur verset 6:6

לָכֵן אֱמֹר לִבְנֵי-יִשְׂרָאֵל, אֲנִי יְהוָה, וְהוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מִתַּחַת סִבְלֹת מִצְרַיִם, וְהִצַּלְתִּי אֶתְכֶם מֵעֲבֹדָתָם; וְגָאַלְתִּי אֶתְכֶם בִּזְרוֹעַ נְטוּיָה, וּבִשְׁפָטִים גְּדֹלִים

Lachen emor livney-Yisra'el ani Hashem

 vehotseti etchem mitachat sivlot Mitsrayim vehitsalti etchem me'avodatam vega'alti etchem bizroa netuyah uvishfatim gedolim.

C’est pourquoi va dire aux Bnei Israël : Ani Hashem et Je vous ferai sortir des fardeaux de l’Egypte...etc.

 

On trouve les  4 verbes qui sont 5 de la Guéoula qui correspondent aux 4 verres qui sont 5 du Seder de Pessa’h.

 

Midrash : Lakhen emor livney-Yisra'el ani Hashem

C’est pourquoi va dire aux enfants d’Israël Ani Hashem...

 

Ani Hashem : Je suis celui qui accomplit

Comment cela va t’il se passer : tous les niveaux de la Guéoula par les 4-5 verbes... Et tout cela c’est l’accomplissement de Ani Hashem.

 

Midrash :

« Chaque fois qu’un texte commence par Lakhen - c’est pourquoi-  cela veut dire qu’il y a un serment. Dieu a juré qu’il les délivrerait de telle sorte que Moïse n’ait plus peur que ce soit la Midat HaDin qui empêche leur délivrance »

 

La peur de Moïse consistait donc en cette perplexité analysé précédemment : il avait entendu la promesse par la Midat HaRa’hamim mais les événements le confrontent à une réalisation par la Midat HaDin ? C’est pour cela qu’il faut lui confirmer le contraire : c’est bien la Midat HaDin qui est la Midat HaRa’hamim.

C’est donc bien la Midat HaRa’hamim qui réalise et qu’il y a un serment : quelque soient les difficultés, cela s’accomplira.

 

C’est la prérogative de la liberté de l’homme de faire que la Midat HaDin se transforme en Midat HaRa’hamim. Plus l’homme est capable de recevoir la Midat HaRa’hamim, plus la Midat HaDin devient Ra’hamim.

 

Enseignement de A. Neher :

Un enseignement qu’il a l’habitude de donner au moment de Yom haatsmaout :

Dans une des Brakhot du Shmoneh Essreh du sidour Ashkenaze 

 

[La formule du Sidour Sefardi est différente, il s’agit du retour de Dieu à Jérusalem, le rite Sefardi était le rite du Bayit Shéni alors ce n’est pas le retour à Jérusalem qui est demandé puisqu’Israël était à Jérusalem mais que Dieu dévoile sa résidence, tandis que le rite Ahskenazi qui est le rite de l’exil, c’est le rite de Babel qui n’est pas revenu au Bayit Sheni,il y a la demande aussi du retour.

C’est pourquoi il y a cette différence dans les rituels.]

 

La formule est : «véyiroushalayim irkha bé Ra’hamim tashé » « à Jérusalem ta ville tu reviendras avec miséricorde. »

Il y a cette formule rattachée à ce que je viens de dire sur la Midat HaRa’hamim : cela veut dire que c’est entre les mains de l’homme

Cette phrase ne se trouve pas dans le rite séfarade qui commence ainsi « Et tu résideras en son sein comme tu l’as promis. »

Le rite Séfardi était celui de ceux qui priaient à Jérusalem alors que le rite Ashkenazi était celui de ceux qui priaient à Babel.

 

Rav Neher nous expliquait cela ainsi qu’il a compris cette phrase de 3 manières différentes à trois périodes de sa vie :

1- dans sa jeunesse de juif consistorial, il s’adressait à Dieu dans cette formule en disant

« Oh Toi Dieu en ta ville Jérusalem, reviens avec miséricorde... »,

2- puis les persécutions ont commencé et il s’est aperçu qu’il fallait agir pour les Juifs apatrides : un juif s’adressait à un autre juif pour lui dire : « reviens à Jérusalem... »

3- Et puis finalement il s’est rendu compte que c’est à lui qu’il devait s’adresser en se parlant à lui en disant à soi-même « reviens à Jérusalem »... Bé Ra’hamim tashouv… Il a donc fait sa Aliah....

 

Il expliquait : pourquoi béRa’hamim ?

L’explication est très simple : si tu ne reviens pas dans les temps de Ra’hamim tu reviendras avec la Midat Hadin. Alors je t’en prie, choisis Ra’hamim... C’était un très bel enseignement.

 

***

 

27:35 

 

Parashat Bo

 

Cette Parashah est extrêmement riche en événements et en récits.  

Il s’agit de l’épisode de la fin des plaies d’Egypte et les événements qui vont déclencher la sortie d’Egypte elle-même dans les récits correspondants.

J’ai choisi un texte du début de la Parashah et d’un texte du Talmud en parallèle.

 

Chapitre 10 verset 7

וַיֹּאמְרוּ עַבְדֵי פַרְעֹה אֵלָיו, עַד-מָתַי יִהְיֶה זֶה לָנוּ לְמוֹקֵשׁ--שַׁלַּח אֶת-הָאֲנָשִׁים, וְיַעַבְדוּ אֶת-יְהוָה אֱלֹהֵיהֶם; הֲטֶרֶם תֵּדַע, כִּי אָבְדָה מִצְרָיִם

Vayomerou avdey Far'oh elav ad-matay yihyeh zeh lanou lemokesh shalach et-ha'anashim veya'avdu et-Adonay Eloheyhem haterem teda ki avdah Mitsrayim.

Les serviteurs de Pharaon lui dirent: "Combien de temps celui-ci nous portera-t-il malheur? Laisse partir ces hommes, qu'ils servent l'Éternel leur Dieu: ignores-tu encore que l'Égypte est ruinée?"

 

Les versets précédents raconte une nouvelle entrevue de Moïse chez Pharaon pour obtenir que le Pharaon laisse sortir Israël d’Egypte, nous avons déjà étudié dans les cours précédents qu’il était nécessaire d’obtenir le feu vert de Pharaon. Etant donné qu’il fallait anticiper la fin de l’exil qui devait durer 400 ans depuis la descente de Jacob et de sa famille en Egypte, et que c’est 190 ans  avant la fin des 400 ans que Moïse prend l’initiative de déclencher la sortie d’Egypte et la fin de l’exil.

 

Je vous ai parlé de la notion de contrat de travail entre Israël et la civilisation du temps qui est un des fondements de la définition des fonctions de l’exil, et par conséquent il n’est pas possible de mettre fin à ce contrat s’il n’y a pas  d‘accord des Nations, et la puissance politique de l’empire de ce temps était l’Egypte. Pharaon incarne la puissance politique qui est habilitée et qui a la légitimité pour faire que cette période prenne fin.

 

Or, le Pharaon s’entête, c’est un sujet pour lui-même : il est privé même de liberté dans sa décision de laisser ou pas sortir Israël c’est le verset qui revient très souvent :

« Et Dieu endurcit le cœur de Pharaon ».

 

Assez rapidement dans l’ordre des 10 plaies, Dieu avertit Moïse qu’il va essayer de faire sortir Israël avec la permission de Pharaon qui pourtant refusera. A un certain moment il y a un phénomène de saturation de l’entêtement, du refus, qui fait que Pharaon est privé de sa liberté même de décider, de telle sorte qu’il laisse place à la punition de ce refus.

 

Au début dans les deux 1ers versets du chapitre, nous avons une indication importante que le Pharaon terrorisé pris de peur par les catastrophes qui s’abattent sur son pays finira par laisser partir Israël, de telle sorte que Pharaon reconnaisse la souveraineté du Dieu Unique au-delà des divinités impersonnelles qui étaient les divinités de l’Egypte – c’est aussi un thème pour lui-même - et d’autre part c’est l’événement suffisamment fort dans l’histoire pour que le souvenir en reste dans le peuple d’Israël lui-même.

   

Il n’y a aucune allusion directe dans ces deux premiers versets que l’objectif central des plaies serait d’obtenir la sortie d’Egypte d’Israël lui-même.

 

Dans tous les cas, bien que nous n’ayons pas encore étudié en détail quelle est la fonction et la signification de ces temps d’exils qui arrivent si souvent dans l’histoire d’Israël qui est mis en relation avec les civilisations contemporaines, nous savons qu’il y a différentes explications toutes valables qu’il faut faire converger : à quoi répond ce temps anormal pour une nation qui est le propre de l’histoire d’Israël de se mettre en exil dans son histoire, je vous cite les différente théories qu’il faut chacune éclaircir:

ð  Une punition ? une punition de quoi ?   

ð  Une mission ? une mission de quoi ?

 

Il y a d’autres enseignements à ce sujet.

 

Quoiqu’il en soit, admettons qu’il y ait une fonction à cet exil du peuple d’Israël dans cette civilisation de l’Egypte et que en fin de compte un diagnostic montre que cette fonction n’a pas été encore remplie. Tout se passe comme si Dieu dit à Moïse pour lui faire prendre patience et lui expliquer d’une certaine manière pourquoi il doit s’y prendre à dix reprises pour obtenir cette sortie d’Israël, c’est parce que si Israël n’a pas réussi à dévoiler et faire révéler la Souveraineté du Dieu Unique dans la civilisation égyptienne, Dieu le fera Lui-même. Il ne dispose pas de beaucoup de temps, mais il faut lui laisser suffisamment le temps pour que Pharaon découvre de quoi il s’agissait. C’est ce qu’on trouve essentiellement dans le 1er verset.

 

Et dans le 2ème verset, ce que j’ai indiqué tout à l’heure : il est nécessaire aussi que l’événement soit gravé dans la mémoire des Bnei Israël : le déterminisme de la civilisation égyptienne a été brisée par l’intervention de la Providence, et ce souvenir reste dans la mémoire d’Israël comme le fondement de la foi d’Israël.

 

Et effectivement, ce deuxième point a réussi : A travers l’histoire depuis la sortie d’Egypte, Israël s’identifie par rapport à l’événement de la sortie d’Egypte. 

 

Est-ce que l’objectif indiqué par le premier verset a été atteint (que le Pharaon le reconnaisse) ? C’est peut-être plus à étudier et expliquer. C’est moins évident.

 

Mais tout se passe comme si il y a un souci de Dieu Lui-même : il ne faut pas que ce voyage ait eu lieu pour rien. Puisque Israël n’a pas réussi - il a failli réussir avec Joseph – mais est arrivé un nouveau roi, une nouvelle dynastie, qui ne connaissait plus Joseph – on est retombé dans l’asservissement... Je ne prends pas trop de temps pour cela mais je voulais le mettre en exergue.

 

Le Midrash dit que en fin de compte, le Pharaon lui-même - pas seulement dans les événements de la sortie d’Egypte elle-même à travers les 10 plaies qui s’intensifient – il y a un pressentiment chez Pharaon qu’il se passe quelque chose d’inouïe et d’inhabituelle dans la réalité égyptienne. Une intervention à laquelle on était complètement imperméable jusque-là, lorsque les sages et conseillers de Pharaon parlent du «  אֶצְבַּע אֱלֹהִים doigt de Elohim ».

Le Midrash dit que finalement même pas dans les événements des plaies elles-mêmes qui cependant commençaient à bouleverser sa conception du monde, mais c’est au passage de la mer rouge que Pharaon a reconnu la souveraineté du Dieu Unique, Créateur tel que l’enseigne la Prophétie de la bible : une providence au-delà des déterminations et des conditionnements naturels qui constituaient le fondement de la religion et de l’idéologie égyptienne de ce temps-là – l’astrologie ou l’astrobiologie. Et que au moment où les eaux de la mer se sont refermées sur son armée, sur l’Egypte pratiquement, c’est le passage de la mer rouge qui clôt les événements, Pharaon a prononcé ce verset qui se trouve dans la Shirat Hayam (Beshala’h 15:11) :

 

מִי-כָמֹכָה בָּאֵלִם יְהוָה, מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר בַּקֹּדֶשׁ; נוֹרָא תְהִלֹּת, עֹשֵׂה פֶלֶא. 

Mi-Khamokha ba'elim YHWH

mi kamokha ne'edar bakodesh

nora tehilot osseh-fele.

Selon le Midrash, c’est lui qui a dit cela le premier. 

Il a reconnu comment traduire cela :

Qui est comme toi parmi les Dieux Hashem

Qui est comme Toi redoutable en sainteté...

Tous les mots doivent être étudiés mais on comprend l’idée générale.

 

Midrash du folklore d’Afrique du Nord :

Mi khamokha d’abord et mi kamokha ensuite.

Il y a une règle de grammaire qui dit que chaque fois qu’un mot commence par une des lettres BKPGDT on met un daguesh.

Kamokha : la lettre Kaf commence le mot, alors on met un daguesh. Seulement si la fin du mot qui précède est une des lettres dont on se sert pour écrire le Shem Havayah Alef Hé Vav Youd alors le Daguesh tombe.

 

MI avec Youd donc on ne dit plus Kamokhah on dit Khamokha

Sauf si les accents sont des accents disjonctifs, si l’accentuation fait que Mi est séparé de Khamokha cela redevient Kamokha.

 

Dans le verset 15:11

Mi Khamokha Baelim Hashem (YHVH )

Il y a un signe disjonctif Qadma qui relie le Youd à Kamokha donc Mi Khamokha.

 

En fin de verset on trouve Mi Kamokha.

Avec deux accents qui séparent le Mot Mi avec son Youd final de Kamokha donc on lit Kamokha.

 

Midrash :

Le Pharaon aussi était entrain de se noyer et pendant ce temps il a dit ce verset mais comme il avait de l’eau dans la bouche, il dit : Mi Khamokha... Il a été sauvé par le verset et après il a pu dire Mi Kamokha...

 

Le Midrash se base sur une indication du texte.

Beshala’h 14.28:

לֹא-נִשְׁאַר בָּהֶם, עַד-אֶחָד

lo nish'ar bahem ad-echad – il n’est pas resté d’eux un seul.

Le Pshat le plus simple : il n’est resté personne sauf le E’had de Mitsraïm qui est Pharaon.

 

Le thème le plus important pour suivre cette succession, cette énumération des 10 plaies, c’est que de plaie en plaie les Egyptiens et les sages d’Egypte et Pharaon arrivent à reconnaître l’intervention d’une volonté intelligente. Quelqu’un et pas seulement des mécanismes impersonnels. En particulier, à partir du moment où le texte précise que la plaie choisit entre les Hébreux et les Égyptiens. Cela bouleverse complétement la mentalité de l’Egypte, habituée à une espèce de matérialisme dialectique sans faille, non athée, mais avec une religiosité colossale, considérable, dans une perception des lois du fonctionnement du monde considérées comme étant les divinités.

 

L’idée d’un principe d’une liberté, de l’intervention d’une volonté dans le cours de l’histoire humaine était radicalement nouvelle et ils étaient imperméables à cette idée. Imaginez la terreur de découvrir cela !  

 

En fin de compte, lorsqu’ils s’aperçoivent de cela, la porte peut être ouverte pour la sortie d’Egypte mais l’objectif de ce passage en Egypte est réalisé au forceps en force alors que le peuple des Hébreux n’a pas pu le réaliser en tant que missionnaires en exil.
.../...

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Published by Rav Léon Ashkénazy - dans PARASHAT HASHAVOUA
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