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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 17:15

Vaera - Bo (1984) – 2ème Partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vaera_serie_1984/cours_1

Face B

 

Q : est-ce que les Hébreux en Egypte n’ont pas su faire ce qu’ils avaient à y faire ou ne l’ont pas pu car c’est impossible ?

R : c’est une question permanente de notre relation avec les civilisations extérieures. Cela veut dire que les Juifs paient toujours les pots cassés de cela. Reprenons l’équation d’origine Abel-Caïn et admettons par postulat qu’Abel avait pour fonction d’éduquer Caïn. Alors il y a 3 solutions :

=>  il réussit à l’éduquer et c’est très bien, c’est la relation de fraternité et on arrive aux temps messianiques tout de suite. Ou alors il ne réussit pas et il ne reste que deux possibilités :

=>  Abel s’enfuit pour se mettre à l’abri quelque part car un Caïn non éduqué devient un Caïn assassin, Abel reste et se fait assassiner. Même éduqué Caïn reste dangereux.

=>  Abel reste et se fait assassiner. Il faut avoir le bon diagnostic pour partir au bon moment.

 

C’est ce diagnostic que Moïse a fait précisément lorsqu’il a vu que la moralité n’est pas du côté de l’Egypte et que Joseph n’a pas réussi à transfigurer l’Egypte. Et c’est lui Moïse qui en fait le diagnostic. On se rappelle du lien profond entre Moïse et Joseph, qui fait que finalement Moïse ne peut quitter l’Egypte sans emporter les ossements de Joseph. Beaucoup de textes de la Kaballah indiquent que la force de Moïse vient de Joseph. La capacité de Moïse d’être Moïse lui vient de Joseph. Il y a un moment où le diagnostic doit être fait.

 

L’équation Israël-les Nations n’est pas l’équation Abel-Caïn. Il suffit de se rendre compte que dans l’équation Abel-Caïn, Caïn parvient à assassiner Abel. Alors que le peuple d’Israël est inassassinable. Les Goyim dans leur théologie aiment bien utiliser cette équation Abel-Caïn  pour parler du peuple juif dans sa relation aux Nations. En fait, l’équation de la tradition juive c’est Shet-Caïn et non pas Abel-Caïn. Shet est inassassinable, seulement il prend des coups.

 

Bo 10.01 :

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בֹּא אֶל-פַּרְעֹה:  כִּי-אֲנִי הִכְבַּדְתִּי אֶת-לִבּוֹ, וְאֶת-לֵב עֲבָדָיו, לְמַעַן שִׁתִי אֹתֹתַי אֵלֶּה, בְּקִרְבּוֹ

Vayomer Adonay el-Moshe bo el-Par'oh ki-ani hichbadeti et-libo ve'et-lev avadav lema'an shiti ototay eleh bekirbo.

 

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בֹּא אֶל-פַּרְעֹה: 

Vayomer Adonay el-Moshe bo el-Par'oh

Va chez Pharaon

כִּי-אֲנִי הִכְבַּדְתִּי אֶת-לִבּוֹ, וְאֶת-לֵב עֲבָדָיו,

 ki-ani hichbadeti et-libo ve'et-lev avadav

Car c’est Moi qui aie appesanti son cœur et le cœur de ses serviteurs

לְמַעַן שִׁתִי אֹתֹתַי אֵלֶּה, בְּקִרְבּוֹ

lema'an shiti ototay eleh bekirbo.

Afin que je place mes signes ceux-la en son sein

(Afin que je puisse me faire reconnaître de lui)

 

10 :2

וּלְמַעַן תְּסַפֵּר בְּאָזְנֵי בִנְךָ וּבֶן-בִּנְךָ, אֵת אֲשֶׁר הִתְעַלַּלְתִּי בְּמִצְרַיִם, וְאֶת-אֹתֹתַי, אֲשֶׁר-שַׂמְתִּי בָם; וִידַעְתֶּם, כִּי-אֲנִי יְהוָה

Oulema'an tesaper be'ozney vincha uven-bincha et asher hit'alalti beMitsrayim ve'et-ototay asher-samti vam vidatem ki-ani YHWH.

 

Oulema'an tesaper be'ozney vincha uven-bincha

Et afin que tu racontes aux oreilles de ton fils et de ton petit-fils…

 

[La halakhah se base beaucoup sur cette expression pour les devoirs d’éducation envers les enfants et les petits-enfants. C’est lorsque cela concerne trois générations que cela reste accroché et c’est la Hagadah de Pessa’h.]

 

et asher hit'alalti beMitsrayim

Comment je Me suis amusé de l’Egypte

ve'et-ototay asher-samti vam

et les signes que j’ai placé sur eux

vidatem ki-ani YHWH.

Et que vous sachiez que Je suis Hashem.

 

Il faut une preuve par événements historiques et non pas par raisonnements philosophiques.

Il y a cette difficulté d’obtenir du Pharaon qu’il laisse sortir Israël d’Egypte. Il faut qu’on obtienne qu’il comprenne en fin de compte ce pour quoi, depuis Joseph, les Hébreux étaient en Egypte, la révélation du Dieu Unique, au-delà des déterminations historiques. On pourrait faire l’analogie en analyses très fines : on voit à quel point nous vivons ce problème par rapport à la civilisation contemporaine. Le peuple juif est en expectative pour savoir dans laquelle des trois équations Abel-Caïn il se trouve : faut-il décrocher ? pas encore ? …etc.

 

10 :3

וַיָּבֹא מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן, אֶל-פַּרְעֹה, וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו כֹּה-אָמַר יְהוָה אֱלֹהֵי הָעִבְרִים, עַד-מָתַי מֵאַנְתָּ לֵעָנֹת מִפָּנָי; שַׁלַּח עַמִּי, וְיַעַבְדֻנִי

Vayavo Moshe ve'Aharon el-Par'oh

Et Moïse et Aharon arrivèrent chez Paro

vayomeru elav koh-amar Adonay Elohey ha'Ivrim

ainsi a dit Hashem le Dieu des Hébreux

 

C’est très important cette expression - Dieu des Hébreux – qui définit le Dieu dont on parle dans la civilisation d’Egypte.

 

 ad-matay me'anta le'anot mipanay.

Jusqu’à quand refuseras-tu de Me répondre positivement ?

shalach ami veya'avduni

Renvoies Mon peuple et qu’il Me serve !

 

Dans la société israélienne et dans les communautés de diaspora, également pour les Juifs de Russie, on utilise beaucoup ce slogan shala’h ami mais en général on oublie veya'avdouni. C’est le problème de la société israélienne.

 

Dans les versets qui suivent, la menace des sauterelles. 

 

La plaie des sauterelles :

 

Verset 10 :7

וַיֹּאמְרוּ עַבְדֵי פַרְעֹה אֵלָיו, עַד-מָתַי יִהְיֶה זֶה לָנוּ לְמוֹקֵשׁ--שַׁלַּח אֶת-הָאֲנָשִׁים, וְיַעַבְדוּ אֶת-יְהוָה אֱלֹהֵיהֶם; הֲטֶרֶם תֵּדַע, כִּי אָבְדָה מִצְרָיִם

Vayomerou avdey Far'oh elav ad-matay yihyeh zeh lanou lemokesh shala’h et-ha'anashim eya'avdou et-Adonay Eloheyhem haterem teda ki avdah Mitsrayim.

 

Vayomerou avdey Far'oh elav

Lui dirent les serviteurs du Pharaon

ad-matay yihyeh zeh lanou lemokesh

Jusqu’à quand sera cela pour nous un piège ?

shala’h et-ha'anashim

Renvoie ces hommes (et non pas ce peuple) 

eya'avdou et-YHWH Eloheyhem

Et qu’ils servent Hashem leur Dieu

haterem teda ki avdah Mitsrayim.

Ne sais-tu pas encore que l’Egypte est perdue ?

 

C’est la 1ère allusion à une fête religieuse c’est pourquoi j’ai choisi un texte de la Guémara qui établi un parallèle entre celui-ci et le dialogue que nous allons voir.

 

Notez déjà cela :

Tout se passe comme si les Avadim de Paro considèrent Moïse et son peuple comme une secte religieuse qui a un culte différent du culte officiel. « הָאֲנָשִׁים Anashim » dans le sens d’hommes pieux. « Renvoies ces hommes pieux qu’ils aillent servir leur Dieu comme ils le veulent... »

On va arriver à cette conclusion de plus en plus qu’il n’est pas question qu’on envisage qu’il s’agisse d’un peuple, on en parle comme s’il s’agissait d’une secte religieuse. 

 

haterem teda ki avdah Mitsrayim.

Ne sais-tu pas encore que l’Egypte est perdue ?

 

On n’arrive pas à maîtriser ces plaies-là, on n’a aucun pourvoir sur ces gens là : laisse-les partir adorer leur Dieu. Qui ? les hommes, le Minian, ce n’est pas un peuple...

 

Verset 10.8:

וַיּוּשַׁב אֶת-מֹשֶׁה וְאֶת-אַהֲרֹן, אֶל-פַּרְעֹה, וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם, לְכוּ עִבְדוּ אֶת-יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם; מִי וָמִי, הַהֹלְכִים

Vayushav et-Moshe ve'et-Aharon el-Par'oh

vayomer alehem lechu ivdu et-Adonay Eloheychem

mi vami haholekhim.

Alors on fit revenir Moïse et Aharon chez Pharaon

Et il leur dit « allez servir Hashem votre Dieu

Qui et qui iront ? »

 

Cela se rattache à ce qu’ils avaient dit shala’h et-ha'anashim

Moïse lui répond :

 

Verset 10.9:

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, בִּנְעָרֵינוּ וּבִזְקֵנֵינוּ נֵלֵךְ; בְּבָנֵינוּ וּבִבְנוֹתֵנוּ בְּצֹאנֵנוּ וּבִבְקָרֵנוּ, נֵלֵךְ--כִּי חַג-יְהוָה, לָנוּ

Vayomer Moshe bine'areynou ouvizkeneynou nelech

Dit Moïse : avec nos enfants et nos vieillards nous irons

bevaneynou ouvivnotenou

Avec nos fils et nos filles

betsonenou ouvivkarenou nele’h

Avec nos troupeaux nous irons

ki ‘hag-YHWH lanou.

Car c’est fête pour Hashem c’est pour nous.

 

Dans ce dialogue Pharaon donne le feu vert pour la confession israélite : allez rendre culte à votre Dieu dans la  « synagogue » du désert. Moïse répond, non, pas du tout nous sommes un peuple qui allons sortir de chez toi avec armes et bagages. C’est là le dialogue.

 

Pharaon négocie :

 

Verset10 :9

וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם, יְהִי כֵן יְהוָה עִמָּכֶם, כַּאֲשֶׁר אֲשַׁלַּח אֶתְכֶם, וְאֶת-טַפְּכֶם; רְאוּ, כִּי רָעָה נֶגֶד פְּנֵיכֶם

Vayomer alehem yehi khen

Adonay ima’hem

ka'asher ashalach etchem ve'et-tapchem

re'ou ki ra'ah neged peneychem.

Il leur dit qu’il en soit ainsi

Et que Dieu soit avec vous

Quand je vous enverrai vous et votre marmaille

Regardez car vous avez un mauvais signe (astrologique) en face de vous

 

C’est sa stratégie : ce n’est pas un jour faste…

 

Verset 10 :11

לֹא כֵן, לְכוּ-נָא הַגְּבָרִים וְעִבְדוּ אֶת-יְהוָה--כִּי אֹתָהּ, אַתֶּם מְבַקְשִׁים; וַיְגָרֶשׁ אֹתָם, מֵאֵת פְּנֵי פַרְעֹה

Lo khen lekhou-na haguevarim

ve'ivdou et-Hashem

ki otah atem mevakshim

vayegaresh otam me'et peney Far'oh

Ne faites pas ainsi, Prenez vos hommes pieux aptes aux cultes

Et servez votre Dieu

Car c’est cela que vous demandez (il fait semblant de ne pas comprendre)

Et il les renvoya de devant la face de Paro.

 

Dictat de Paro : d’accord pour uniquement une cérémonie religieuse de la confession israélite, ne me parlez pas du peuple juif...

 

Deux lectures possibles : Soit Paro fait semblant de ne pas comprendre qu’il est question du peuple en entier, soit il renvoie aux Hébreux sa propre manière de parler : ce que vous demandez c’est d’être une religion comme les autres et pas plus... Et on ne vous donne pas plus…

C’est une situation qui est éclairée par ce que nous avons vécu dans l’histoire. Et inversement, l’histoire est éclairée par le texte C’est cela depuis toujours.

 

Les Juifs savent très bien qu’ils sont minorité nationale dans les Egyptes mais qu’ils se présentent comme une confession religieuse marginale. Finalement cela les rattrape au tournant : vous voulez la libération religieuse ? Pourquoi pas ? Mais je ne veux pas entendre parler de la libération nationale...

Au Sanhédrin de Napoléon cela éclate avec évidence, personne n’est dupe mais très rapidement on oublie le contrat de stratégie de survie et finalement les Juifs se sont fait avoir pour n’avoir pas accompli le verset 2 : Raconter au fils et aux petits-fils de quoi il s’agit...  Mais ils ont fait l’inverse par démesure de stratégie de conservation. Cela a abouti à une schizophrénie affective anthropologique de la jeunesse juive qui mène jusqu’aux mariages mixtes et à l’assimilation.

 

Personne n’est dupe : lorsque les français dans leur générosité politique admettent que l’identité juive est une identité conditionnelle différentielle de la catholique ou protestante et déjà de la musulmane en France, il n’en pense pas moins que les Juifs restent les Juifs. Parmi tous les étrangers en France, il y a un cas particulier: les Juifs! Avec cette stratégie verbale que l’on retrouve dans la bouche de Paro qui veut coincer Moïse :

כִּי אֹתָהּ, אַתֶּם מְבַקְשִׁים Ki otah atem mevakshim Car c’est cela que vous demandez…

 

Cela met en évidence le fait que le Pharaon va à la rigueur laisser partir les Guévarim et le taf qui n’est pas encore ‘Hayav mitsvah qui n’est pas encore bar Mitsvah mais pas le peuple comme tel.

 

Talmud

 

Etude d’une des Mishnayot, la 1ère de la  Massekhet ‘Haguigah qui traite de la législation des fête de pélerinage

 

C’est le 1er contexte où nous avons ‘Hag Hashem Lanou avec ce terme de ’Hag.

 

Ce qu’on appelle les fêtes de pèlerinage  les Moadim - Pessa’h – Shavouot – Soukot,  commémorent les événements fondateurs de l’histoire d’Israël comme nation.

=>  Pessa’h pour la sortie d’Egypte avec son 7ème jour qui est la commémoration du passage de la mer rouge.

=>  Shavouot la révélation de la Torah au Sinaï.

=>  Soukot qui commémore les 40 ans du désert.

 

Ces fêtes-là les Moadim sont appelées ’Haguim.

Il y a un vocabulaire différent pour définir les différents moments de commémoration dans le calendrier suivant leur périodicité, leur fonction historique...etc.

 

Il y a trois ’Haguim fondamentaux. Pessa’h-Shavouot-Soukot  

Dans le vocabulaire israélien moderne c’est devenu flou. On appelle ‘Hag n’importe quoi.

On dit « ’Hag Samea’h » à Pourim qui n’est pas un ’Hag.

L’expression « ’Hag Samea’h » est une invention récente. On disait : « Moadim bésim’hah ».

 

Lors de ces 3 fêtes de pèlerinage, il y avait un rassemblement des chefs de familles au temple. C’est la notion de pèlerinage car on y allait à pied. En français, le sens a changé complètement avec le sens de voyage de remise en mémoire, de souvenir. Quand on a traduit les Régalim par « pèlerinage » cela voulait dire un voyage que l’on fait à pied en vue d’un rassemblement...

 

Il y avait une Mitsvah à chacun de ces ’Haguim que l’on appelle la Mitvah de Reyiah.

Les chefs de famille devaient se grouper au Temple et s’entre-regarder : faire connaissance, refaire connaissance à chaque pèlerinage. On apportait un sacrifice à cette occasion. La Réyiah le fait de s’entrevoir avec le sacrifice s’appelle le Réayon mot que l’on a gardé en hébreu pour dire une interview – une entrevue.

 

Pharaon emploie d’abord le terme de Anashim qui signifie dans le contexte biblique non pas des hommes par rapport aux femmes mais des personnalités, même sous sa forme au singulier : Ish, un homme, un Mensch. Ensuite les Guévarim-Gvourim : les hommes forts.

Moïse refuse cette stratégie de Pharaon et les demande tous.

(Nous avons vécu cela historiquement de façon tragique, on voit à quel point Pharaon connaissait bien ses juifs.)

 

Nous allons retrouver un problème parallèle dans l’élaboration par la Halakhah de la Mitsvah de Réyiah. Cette Mitsvah de Réyiah est indiquée trois fois dans la Torah, deux fois dans le livre de Shemot :

 

1ère référence :

Au Chapitre 23 verset 17 de Shemot :

Mishpatim 23.17 :

 

שָׁלֹשׁ פְּעָמִים, בַּשָּׁנָה--יֵרָאֶה, כָּל-זְכוּרְךָ, אֶל-פְּנֵי, הָאָדֹן יְהוָה

Shalosh pe'amim bashanah

3 fois dans l’année

yera'eh.

sera vu (d’où le mot de Reyiah – c’est ici la racine Raoh voir à la forme passive)

kol-zekhourekha

Tous tes mâles [zekhour (substantif du zakhar) la gente mâle) (chefs de familles) Zakhar mâle est porteur du Zekher Souvenir]

el-peney ha'Adon YHWH

devant la face du Maître Hashem.

 

Seule et unique occurrence de toute la Torah où Hashem est appelé Adon.

 

2ème référence :

Au Chapitre 34 verset 23 de Shemot:

שָׁלֹשׁ פְּעָמִים, בַּשָּׁנָה--יֵרָאֶה, כָּל-זְכוּרְךָ, אֶת-פְּנֵי הָאָדֹן יְהוָה, אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל

Shalosh pe'amim bashanah yera'eh kol-zekhourekha et-peney ha'Adon YHWH Elohey Yisra'el.

 

Dans le 1er verset  אֶל-פְּנֵיel peney dans le 2nd verset אֶת-פְּנֵי  et peney et la fin du verset change.

La différence des versets vient de ce que le 1er est donné avant la faute du veau d’or, le 2nd est la reprise de cette Mitsvah après la faute du veau d’or.

 

C’est la raison pour laquelle il y a cette précision supplémentaire dans le deuxième verset :

et-peney ha'Adon YHWH Elohey Yisra'el

Entretemps il y a eu la faute du veau d’or.

Il y a donc un doute sur l’identité des personnes qui forment Âm Israël.

Alors il ne s’agit pas de réaliser cette Mitsvah de la Réiyah en pensant à une idole qu’on aurait emmenée avec soi venant du Erev Rav. Il s’agit bien de ha'Adon Hashem Elohey Yisra'el...

 

3ème référence :

Ensuite dans le Deutéronome qui est la récapitulation de la Torah :

Devarim chapitre 16 verset 16 :

 

C’est la reprise de cette Mitsvah avec encore un changement dans la formulation du verset qui indique les trois fêtes be’hag haMatsot ouve’hag haShavou'ot ouve’hag haSoukot.

C’est toute une étude pour elle–même, il y a une Massekhet entière qui est la Massekhet ‘Haguigah consacrée dans sa 1ère partie à l’étude de cette Mitzvah de Réyiah.

 

שָׁלוֹשׁ פְּעָמִים בַּשָּׁנָה יֵרָאֶה כָל-זְכוּרְךָ אֶת-פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, בַּמָּקוֹם אֲשֶׁר יִבְחָר--בְּחַג הַמַּצּוֹת וּבְחַג הַשָּׁבֻעוֹת, וּבְחַג הַסֻּכּוֹת; וְלֹא יֵרָאֶה אֶת-פְּנֵי יְהוָה, רֵיקָם

Shalosh pe'amim bashanah yera'eh khol-zkhourekha et-peney Adonay Eloheykha bamakom asher yivkhar be’hag haMatsot ouve’hag haShavou'ot ouve’hag haSoukot velo yera'eh et-peney Adonay reykam.

Trois fois l'an, tous tes mâles paraîtront en présence du Seigneur, ton Dieu, dans l'endroit qu'il aura élu: à la fête des azymes, à celle des semaines et à celle des tentes. Et que l'on ne paraisse pas les mains vides en présence du Seigneur.

 

La 3ème fois cela fait partie des changements de formulations entre le Sefer Devarim en général et les 4 autres.

 

Nous avons retenu de ce dialogue entre Moïse et Pharaon :

Paro dit les hommes et Moïse répond tout le monde.

Le verset indique pour la Mitsvah de Reyiah qu’en sont passibles d’obligation les zekharim mais avec une façon inhabituelle de dire les zekharim, en disant  khol-zekhourekha c’est un substantif générique qui désigne une classe mais habituellement dans le style de la bible on devrait dire en hébreu kol zekharekha.

 

 Rashi sur Mishpatim 23.17:

שָׁלֹשׁ פְּעָמִים, בַּשָּׁנָה--יֵרָאֶה, כָּל-זְכוּרְךָ, אֶל-פְּנֵי, הָאָדֹן יְהוָה

Shalosh pe'amim bashanah yera'eh Kol-zekhourekha el-peney ha'Adon YHWH

3 fois dans l’année sera vu tous tes mâles devant la face du Maître Hashem.

 

Sur l’expression kol-zekhourekha (Zekhour est la classe des zakhrim) 

כָּל זְכוּרְךָ 

הַזְּכָרִים שֶׁבְּךָ

kol-zekhourekha

Hazkharim shébakh les mâles qu’il y a en toi.

C’est un Rashi profond puisque cela semble être une trop simple paraphrase.

 

1ère indication de l’analyse :

Finalement la Torah Shebikhtav semble donner raison à Paro dans le dialogue entre Pharaon et Moïse. Il s’agit d’une fête modèle de la fête de pèlerinage – la Réyiah dont le modèle était le Har Sinaï. C’est le verset « atah arétah ladaat – tu es venu voir pour savoir ». C’est le verset lu à chaque lecture de Torah le Shabat et jour de fête. C’est dire que le modèle de cette fête de pèlerinage qui est la Réyiah, c’est le rassemblement d’Israël au Sinaï en présence de Dieu, où Dieu se révèle à eux, et où les deux éléments de la Mitsvah de la Réyiah sont présents.

 

Quand Israël va entrer dans le pays d’Israël, les différentes tribus vont hériter de leur part de la terre et il y a le risque d’une divergence d’identité entre les tribus d’Israël, chaque province risquant de s’autonomiser. Cette fête de pèlerinage va lutter contre cette tendance avec un objectif de réunification permanente de l’identité d’Israël. De toutes les tribus d’Israël, les chefs de familles montaient au Temple pour se voir – un des détails du rite était très important, il s’agissait de se voir face-à-face et de se dire Shalom Alekhem – c’est à dire de se reconnaître.

 

Il y a quelque chose de similaire au Kottel avec des Juifs du monde entier, touristes y compris, qui au moins se regardent. Il y a quelque chose qui s’unifie dans le visage d’Israël et qui ressemble à ce rite là qui est un peu plus énergique. Parce que si on ne se connait plus on ne se reconnait plus. Il y a une situation purement sociologique qui fait que les provinces divergent et cela risque de faire autant d’Israël différents. Sinon comment les gens des différentes provinces vont-ils se rencontrer en dehors des moments commémoratifs de la nation qui valent pour tous ?

 

Il y a un rite qui lutte contre ce risque de dispersion sociologiquement inévitable et qui va assurer la réunification permanente des tribus d’Israël.

 

Psaume lu aux fêtes de pèlerinage : Jérusalem est définie comme le centre unificateur où  « là-bas montaient les tribus, les tribus de Dieu ».

 

Jérusalem est important pour toutes les tribus bien que située dans un héritage particulier des tribus et nous vivons cette situation un peu diluée, mais c’est la même. Nous arrivons à un autre niveau de ferveur, parce que nous arrivons au niveau des comportements de l’homme civilisé, contemporain. Dans les temps bibliques cette Mitzvah avait une portée très importante et très énergique : empêcher la cassure au niveau de la nation à travers la différence des tribus.

 

Au niveau ethnographique, il est fort probable que la règle de cette Mitsvah pour la société d’Israël est valable pour toutes les sociétés à l’origine et que finalement c’est resté dans certaines sociétés seulement, mais c’est évident au niveau de la Bible pour Israël lui-même : dans une société contemporaine le facteur d’unité est nationale, le facteur de division est idéologique, philosophique et religieux.

 

Exemple de la société française : c’est la nation qui unifie tout, les intérêts de la nation unifient toutes les familles françaises, mais c’est l’esprit qui les divisent : les familles spirituelles de la France... Pour la société d’Israël c’est l’inverse : le principe de divergence est national alors que le principe d’unité est spirituel. Il y a un risque de tension des tribus qui va à la dispersion.    

En fin de compte au niveau sociologique, il est évident qu’il y a des différences au niveau des tribus. Nous avons ramenés ces différences de la Golah : un yéménite n’est pas un scandinave...

Il y a un risque de dispersion au niveau des tribus.

Dans le vocabulaire du Miqra chaque Shevet, chaque tribu, est appelé Am. Effectivement chaque tribu peut faire un peuple d’Israël cohérent en fermant radicalement les yeux sur les autres.

 

Juifs d’Afrique du Nord, 550 000 à l’époque, on avait conscience à l’époque que nous nous étions le peule juif. On croyait de façon mythique aux millions de juifs askénazim de l’autre côté de la mer... On les a finalement rencontré… Il y a eu la Réyiah entretemps.

 

Depuis la création d’Israël on voit bien les provinces s’autonomiser. Au niveau sociologique municipal ce ne sont plus les mêmes juifs, de la même tribu. C’est Jérusalem qui unifie. On le ressent bien même de façon confuse encore...

 

C’était donc nécessaire d’installer ce rite du rassemblement au Beit Hamiqdash de Jérusalem à l’occasion des événements fondateurs de la nation, de telle sorte qu’on puisse repartir de Jérusalem en sachant : « il n’y pas que moi qui suis d’Israël, l’autre aussi en est et la preuve c’est qu’on s’est rencontré là-bas... ».

 

De la discussion entre Moïse et Pharaon :

Paro dit « Anashim » et Moïse dit « tout le peuple » et la Torah Shebikhtav semble donner raison à Pharaon ?

 

La Torah shebéalpeh va parler comme Moïse – « tout le monde » - alors que la Torah shebikhtav va dire «  kol sekhourekha » et semble nous parler comme Pharaon ?

 

La Mishnah dans ‘Haguigah dit ceci : ...
[fin de l'enregistrement]

http://www.shemayisrael.com/dafyomi2/chagigah/index.htm
http://www.shemayisrael.com/dafyomi2/chagigah/points/ch-ps-02.htm

Voir aussi Manitou: Parshat Reeh (1993).


< Fin >

****

 

 

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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