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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 12:59

Toledot 1992


http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/toledot_serie_1992__1/cours_1
Face C

 

Dès qu’un Rasha avait une affaire, on envoyait Reish Laqish car Rabi Yo’hanan pouvait être dupé car il ne savait pas ce que signifiait être Rashâ... De la même manière, c’est Joseph que l’on envoit à Esaü. Parce que Esaü peut mettre dans sa poche n’importe quel Judah, tandis que Joseph il n’y peut rien.

 

Le rêve de Isaac, le plan de Isaac, c’est que si il y a amour entre les deux frères, alors l’antagonisme entre les deux vocations disparait.

C’est cela qui a manqué. Voilà l’élément qu’il faut ajoute pour résoudre le problème de cette équation. Il y a d’ailleurs à l’intérieur de la famille de Jacob, le couple Zévoulon et Issakhar qui ont la même alliance de partage entre la vocation du commerce et la vocation de l’étude. Et ils partageaient. 

 

Voilà donc quel est le problème :

Il ne peut y avoir vraiment réconciliation entre les deux que s’il y a amour entre Jacob et Esaü, et Esaü et Jacob. Que Esaü n’aime pas Jacob on le comprend : c’est difficile pour une Rashâ d’aimer un Tsadik. Mais le drame c’est que Jacob n’aimait pas Esaü !

On pourrait comprendre qu’un Tsadik n’aime pas un Rashâ. Tant que le Tsadik ne peut pas surmonter cette impossibilité, le Rashâ ne peut pas non plus le faire. C’est-à-dire que l’identité Israël dépasse et bouscule cette impossibilité Esaü-Jacob. Israël est capable d’être Esaü-Tsadik et il est capable d’être Jacob-Tsadik. Nous sentons dans la société israélienne ces types apparaître là.

Ces 4 types que nous avons autour de nous. Et ils sont très différents.

Je voudrais revenir sur ce point en vous lisant un verset.

 

Verset 41 du chapitre 27 :

Lorsque Rivqah apprend qu’Esaü ne peut pas aimer Jacob, nous allons voir comment est motivée cette haine de Esaü contre Jacob.

 

וַיִּשְׂטֹם עֵשָׂו, אֶת-יַעֲקֹב, עַל-הַבְּרָכָה, אֲשֶׁר בֵּרְכוֹ אָבִיו; וַיֹּאמֶר עֵשָׂו בְּלִבּוֹ, יִקְרְבוּ יְמֵי אֵבֶל אָבִי, וְאַהַרְגָה, אֶת-יַעֲקֹב אָחִי.

Vayistom Essav et-Ya'akov

Et Essav haït Jacob

al-habrakhah

à cause de la bénédiction

asher berakho aviv

dont son père l’avait bénit.

 

L’échec apparent serait que Esaü haït Jacob à cause de la bénédiction dont son père Isaac a béni Jacob. Mais le texte dit que Esaü a haï Jacob à cause de la bénédiction dont Isaac son père l’a béni lui Esaü. Il a une tragédie : il est béni par la bénédiction de l’épée !

 

Verset 40:

וְעַל-חַרְבְּךָ תִחְיֶה

Ve'al-‘harbekha ti’hyeh

De ton épée tu vivras...

 

Voilà à quoi il est voué : la fabrique des armes.

Imaginez cette civilisation qui a pour religion la religion d’amour – la civilisation d’Esaü qui se prend pour Israël - et dont toute l´économie tourne autour de la fabrique des armes. C’est un drame épouvantable ! Nous n’osons pas parler de cela aux prêtres et curés lorsque nous sommes en colloques parce qu’on ne veut pas leur faire honte. Imaginez une civilisation pareille dont l’industrie tourne avec pour objectif d’armer les peuples les uns contre les autres pour se faire massacrer. C’est ce qui se passe en Occident qui a porté l’armement à un point tel que pour des raisons économiques il faut des guerres. La planète entière s’entretue avec les armes occidentales. Cela provient directement des Romains et de la Pax Romana.

 

Esaü haït Jacob pour sa propre part à lui qui est l’épée alors que Jacob lui c’est le livre.

C’est l’incapacité d’amour réciproque. Il y a cependant des signes qui montrent que peut-être…

J’ai donné une fois comme image entre Jacob et Esaü les 2 mains : la main droite et la main gauche ne peuvent absolument pas coïncider. Il faudrait que l’une rentre dans la 4ème dimension et sorte dans  la troisièm, ce n’est pas possible. Ce qu’il faut faire c’est les faire s’étreindre. Je ne sais pas quand cela arrivera mais il faudrait qu’il y ait des raisons qui fassent que Esaü aime Jacob et Jacob aime Esaü. Ça c’est le niveau Israël. Je vous laisse le soin de le comprendre par vous-même. Parce que Jacob ne peut pas aimer Esaü. Et Esaü ne pas aimer Jacob.

Comment voulez-vous qu’un Tsadik aime un Rashâ ? ce n’est pas possible.

Et comment voulez/vous qu’un Rasha aime un Tsadik ? ce n’est pas possible.

 

Par définition le Rashâ a la haine du Tsadik parce que à côté du Tsadik un Rashâ est vraiment Rashâ, c’est à cause du Tsadik qu’il est Rashâ.

 

Je vous fais une analyse très brève, l’analyse sociologique de l’anticléricalisme. C’est quelque chose de très analogue à l’antisémitisme.

En société goy on haït les prêtre. Pourquoi ? Parce que à côté d’un prêtre on se sent Goï. Et c’est la même chose que l’antisémitisme. Ce n’est pas la mëme chose mais c’est très parallèle.

Lorsque le Tsadik apparait il disqualifie l’autre qui a la haine de celui qui l’a disqualifié.

 

Il y a dans le récit biblique l’épisode de la révolte de Qora’h contre Mosheh : Mosheh demande le jugement de Dieu et le peuple entier se révolte contre Mosheh : tu veux notre mort à tous ? le peuple entier voit bien que Moïse a raison puisque Dieu intervient pour Moïse. C’est justement parce que Moïse a raison que les autres vont mourir. Alors il y a la haine de Moïse parce que Moïse a raison. Si Moïse a raison les autres ont tort. Mais à côté de Moïse qui peut avoir raison contr elui ? Tout le monde a tort ! Donc c’est Moïse qui est la cause qu’on a tort…

Vous voyez comment cela marche ? C’est exactement le même problème.

 

Lorsqu’Esaü s’aperçoit que Jacob a le livre et lui une épée, il a beau se fabriquer une croix dont il se sert comme épée, il ne peut que haïr celui à cause de qui il est comme il est. Il y a une haine du juif chez le chrétien chrétien. Je l’ai remarqué parce que les chrétiens qui aiment les Juifs savent qu’ils sont moins chrétiens que les chrétiens qui haïssent les Juifs. Ils ont un doute dans leur christianisme. C’est ce qui est en train de se faire : il n’y a que des chrétiens déchristianisés qui peuvent aovir le courage d’aimer les Juifs, parce qu’imaginez ce que peut vouloir dire dans la conscience du chrétien d’avoir tué leur Dieu ! Cela rend les gens fous des idées pareilles. Tant que ce mythe travaillera, les Juifs seront en dangers. Même en comprenant intellectuellement que c’est une aberration, il n’en reste pas moins qu’affectivement, cela déclenche des passions dévastatrices : Dieu est mort par la faute des Juifs… 

 

Verset 41 :

וַיִּשְׂטֹם עֵשָׂו, אֶת-יַעֲקֹב, עַל-הַבְּרָכָה, אֲשֶׁר בֵּרְכוֹ אָבִיו; וַיֹּאמֶר עֵשָׂו בְּלִבּוֹ, יִקְרְבוּ יְמֵי אֵבֶל אָבִי, וְאַהַרְגָה, אֶת-יַעֲקֹב אָחִי. 

Vayistom Esav et-Ya'akov al-habrakhah asher berakho aviv

Et Esaü haï Jacob à cause de la bénédiction dont son pére l’avait béni (lui)

vayomer Esav belibo

Et Essav dit en son coeur

yikrevou yemey evel avi

les jours de deuil de mon père s’approcheront

ve'ahargah et-Ya'akov a’hi.

Et je tuerais Jacob mon frère.

 

Cela veut dire que tant que Isaac est vivant, Esaü ne peut rien contre Jacob. C’est ce qui a joué dans l’histoire. Tant que Isaac est vivant, Esaü ne peut rien contre Jacob

 

Je vous décrypte ça :

Dans la typologie des communautés juives à travers l’histoire, il est bien évident que nous avons vécu deux rivalités celle d’Ishmaël et celle d’Esaü.

Or, la rivalié d’Ishmaël a été vécue par les Juifs qui ont vécus chez Ishmaël : les Séfardim.

Et la rivalité d’Esaü a été vécue par les Juifs ayant vécu chez Esaü, ce sont les Ashkénazim.

Les Ashkénazim sont les Juifs du monde d’Esaü, et les Séfardim sont les Jufs du monde d’Ishmaël. Ensuite il y a eu des voyage des mélanges…etc.

 

Dans le monde chrétien, le juif a eté interpellé sur un problème d’identité : le chrétien disputait au juif le fait d’être Israël. Le juif ashkénaze était interpellé par cette revendication. Ce n’a jamais été le cas du juif séfarade. Pour lui la rivalité porte sur la terre. C’est un tout autre problème.

 

La relation au monde extérieur est très différente chez l’ashkénazi ou chez le séfardi. La relation au monde extérieur de l’ashkénazi est une relation kafkaïenne. Le Goy de l’ashkénaze, le chrétien, lui dit : toi c’est moi !  

Alors que le problème chez le séfarade est différent. C’est pourquoi la relation au monde extérieur est beaucoup plus aisée, moins ambigüe, chez un séfardi. Le goy du séfardi c’est l’autre croyant qui ne se prend pas pour moi. Tandis que le goy chez l’ashkénazi c’est celui qui se prend pour moi.  

Un phénomène comme Kafka ne peut pas être Séfarade. Et dès qu’un séfardi vit en atmosphère ashkénaze, il devient Kafka. Regardez Memmi par exemple. Mizrari un peu moins je dois dire, parce qu’il est plus sioniste que Memmi. Mais en fin ce sont deux types de Séfardim qui fonctionnent à l’ashkénaze, et alors ils deviennent Kafka. Le problème de Kafka c’est cela : le fait qu’il est dans une cité étrangère où l’on se prend pour lui. Cela rend fou complétement. 

 

J’ai étudié la différence de chant ashkénaze et séfardite. Les mélodies traditionnelles sont les mêmes à l’origine. L’une devient mineure et l’autre devient majeure et réciproquement à travers des siècles et des siècles. Mais les mélodies traditionnnelles, par exemple la lecture de la Haftarah surtout, à l’origine c’est les mêmes. Un  jour je vous ferais écouter le chant lituanien de la Haftara et le chant algérien de la Haftara et vous verrez à quel point c’est la même mélodie dans deux registres différents. Il n’en reste pas moins que indépendament de l’influence du paysage musical extérieur, le chant ashkénaze traditionnel est un chant angoissé, alors que le chant sefarade traditonnel est un chant nostalgique. C’est très différent.

 

Cela veut dire que les Séfardim ont vécu l’histoire d’Isaac chez Ishmaël : leur problème n’est  pas le même que le problème de Jacob chez Esaü.

 

On apprend du verset que Esaü ne peut rien contre Jacob tant que Isaac est vivant.

« Et Essav dit en son coeur

les jours de deuil de mon père s’approcheront

Et je tuerais Jacob mon frère ».

 

Or qu’est-ce qui est arrivé dans le monde Ashkénaze ? Dans le monde Askénaze il est arrivé une érosion de l’identité religieuse par le christianisme, et c’est la Kaballe qui est venue à l’aide des Ahkenazim. Or la kaballe est venue des Séfardim.

 

Inversément,  le problème du conflit entre Isaac et Ishmaël porte sur la terre et pas sur le ciel.

Or, Tsahal est ashkénaze. Les soldats sont bien entendu aussi Séfardim. Mais qui a fondé l’Etat d’Israël ? Ce sont les Ashkénazim ! C’est dire que ce sont les Ahkénazim qui ont rendu à Isaac (Séfardim) la terre que Ishmaël lui dispute. Les Séfardim n’ont jamais quitté Israël mais étaient en ghetto chez les musulmans. Lorsque les Ashkénazim sont arrivés on a eu un état.

 

C’est-à-dire que Jacob vient au secours d’Isaac contre Ishmaël et Isaac vient au secours de Jacob contre Esaü. C’est ce qui est arrivé.

 

Et avec une espèce de clin d’oeil de la providence, celui qui a mis fin à l’orgueil des chrétiens  contre les juifs, c’est un certain Isaac ! Jules en plus !

 

C’est Isaac Jules qui revient pour vérifier l’affirmation biblique si Esaü avait haï Jacob... 

 

Dans l’histoire des rapports de ces deux ensembles, l’oeuvre de Jules Isaac c’est la charnière. C’est au moment des 11 points de Sélinsberg qui a pratiqué Vatican 2, l’enseignement du mépris, tout cela. Un historien juif avec la coïcidence de ce nom Jules Isaac.

 

Nous l’avons dans le Midrash : Jacob aide Isaac contre Ishmaël, et Isaac aide Jacob contre Esaü.

 

Il n’y a aucune tradition ashkénaze de la controverse avec les chrétiens. Toutes les traditions de la controverse avec les chrétiens sont séfarades. Parce que les séfarades vivent décomplexés vis-à-vis des chrétiens : le goy du séfarade c’est le musulman. Et il rencontre cet exotique du nord qui se prend pour Israël. Alors imaginez la décontraction. Tandis que l’ashkénaze, vivant en monde chrétien, est interpellé par une question d’identité. Question qui n’effleure pas le juif séfarade. Il y a un tabou dans la tradition ashkénaze : on ne parle pas avec les chrétiens. Il y a un tabou, on en parle pas de Jésus ni des chrétiens, ni de leur théologie...etc. Maintenant ils sont habitués, il y a maintenant des ashkénazes dans le dialogue judéo-chrétien. En Israël cela ne préoccupe ni les uns  ni les autres.

 

 

Q: Jacob n’aurait pas pu devenir Israël s’il n’avait pas été confronté à Essav, donc il y a quand même dans ce monde une interrogation : pourquoi cette nécessité de passer par le mal pour aboutir à quelque chose de bon ? n’est-ce pas une imperfection du monde de passer par des scénarios de ce genre ?

R: Non, c’est exactement cela, ce monde-ci. Tu es en train de découvrir que nous sommes dans un monde embryonnaire. Il faut naître. Il faut engendrer le fils de l’homme. Nous sommes dans un monde où nous avons un apprentissage à faire, nous avons une preuve expérimentale à faire, nous sommes dans un monde qui est fabriqué de bien et de mal et nous y sommes mis avec le choix possible. Celui qui va nous invité chez Lui la-haut après veut savoir qui ont est. Alors il nous fait passer des tests. L’objet du test est de savoir si on est capable d’aimer : c’est le test amant.

La question découvre le probléme : Effectivement il y a un scénario qui nous est proposé. 

Sefer Tanyah cite un Beraïta qui dit : « quand un enfant va naître un ange lui dit : sois Tsadik et ne sois pas Rashâ » : Tu vas entrer dans un monde où c’est soit l’un soit l’autre et les deux à la fois, alors méfie-toi, en fin de parcours on va te demander ce que tu as été ? Tsadik ou Rashâ ?

Alors effectivement, nous sommes dans un monde où l’enfant qui va naître de Its’haq et de Rivqah doit choisir s’il sera Essav ou Yaaqov.

 

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Toledot 1992

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/toledot_serie_1992__1/cours_1

Face D

 

 

Q : Yaaqov est devenu Israël après avoir affronté l’ange et avant d’avoir rencontré Essav ?

R : Oui. Avant d’affronter l’ange il n’était que Jacob. Il est devenu Israël lorsqu’il a fait la preuve d’être plus fort que Esaü.

< fin > 

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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