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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 12:57

Toledot (1992)

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/toledot_serie_1992__1/cours_1

Face B

  

 

.../… qui viendrait faire obstacle à la réalisation du projet recherché. Et nous voyons que cette histoire s’est passée ainsi : l’impatience dans la patience de Sarah a fait naître Ishmaël. Et Ishmaël est une approximation de l’identité d’Isaac qui s’est instaurée en rivalité d’Isaac, et qui a fait souche dans sa propre fécondité du nombre, par multiplication à l’infini de cette approximation d’identité d’Isaac qui s’appelle Ishmaël.

 

Effectivement, lorsqu’on compare le comportement islamiste au comportement juif c’est très différent mais cela ressemble. Cela ressemble comme une approximation d’identité. Je crois d’ailleurs que Mahomet très intentionnellement a construit une sorte d’imitation du judaïsme pour Ishmaël. Vous savez par exemple la minutie extrême des lois de la cacheroute juive. Et bien il y a une cacheroute musulmane. Mais elle est approximative. Les musulmans mange de la cacheroute juive, mais les juifs ne peuevent pas manger de la cacheroute des musulmans. Il y a quelque chose d’analogue.

 

En fait, nous n’avons pas le temps d’étudier tous ces exemples, mais lorsqu’on étudie la raison de la séparation d’Ishmaël et d’Isaac, on s’aperçoit que les deux sont capables de rire. Mais Ishmaël rit au présent alors qu’Isaac rira dans le futur. Lorsqu’Avraham a fait une fête pour le seuvrage d’Isaac, Sarah voit Ishmaël rire.

Elle demande à Abraham de renvoyer Ishmaël et Agar en disant (Gn. 21:10):

כִּי לֹא יִירַשׁ בֶּן-הָאָמָה הַזֹּאת, עִם-בְּנִי עִם-יִצְחָק.

«… car le fils de la servante ne pourra pas hériter avec mon fils Isaac ».

Pour quelles raisons ?

Sarah est celle qui avait eu la générosité dans son impatience de donner à Agar le satut de celle qui enfante. Sarah craint que ce soit elle qui soit dans l’empêchement du fait que l’enfant de la promesse ne peut pas être engendré à Abraham. Elle sait Abraham fécond. Elle ne voit pas l’accomplissement de la promesse d’enfant à Abraham par Sarah, dans l’identité hébraïque, et avec une générosité totale elle demande d’Abraham de prendre Agar et de faire souche avec elle de telle sorte que au moins ce que représente Abraham reste dans l’histoire jusqu’à l’éventualité dans l’histoire future d’une Sarah féconde dans l’avenir.

 

Or c’est cette même Sarah qui comme dans une histoire de fait divers semble intervenir comme une mégère jalouse de l’autre femme de son mari... c’est invraisemblable !

 

En fait, le verset précédent nous dit que Sarah voit le fils de Agar rire (rire au présent). Alors que Isaac est celui qui n’a le droit de rire que dans le futur. Où est l’analogie entre Ishmaël et Isaac ? C’est qu’ils sont capables de rire tous les deux, mais c’est un rire absolument différent.

 

Le fils d’Abraham peut rire parce qu’Abraham a dévoilé le fait que le monde a un Créateur.

Si le monde a un Créateur alors le monde a un sens quelque soit les apparences.

Alors on peut rire.

 

Le rire n’aurait pas de fondement s’il n’y avait psas cette intuition, cette certitude d’intuition, que le monde a un Créateur. Ishmaël fils d’Abraham comme Isaac fils d’Abraham savent rire. Parce qu’il sont fils d’Abraham et que le monde ayant un Créateur, le rire est possible.

 

Mais voilà, Ishmaël rit au présent. C’est-à-dire, qu’il se satisfait du monde comme il est au présent. Puisque le rire de la joie, c’est la satisfaction du monde dans lequel on est inséré. Le fait d’avoir le rire au présent désigne un indice de moralité de satisfaction du monde bien et mal. Le rire d’Isaac est refusé à Isaac jusque dans l’avenir du monde où le bien aura triomphé du mal. Il y a le fait de réprimer le rire, jusqu’au futur où il sera permis.

 

Exemple du Kotel hamaaravi ce mur où l’on ne riait pas et cela commence à venir. Pendant 2000 ans on y pleurait au point que les Goyim l’ont nommé « le mur des lamentations », et puis il y a déjà des mariés qui y sont photographiés devant le mur des pleurs !

 

Voilà un exemple.

L’impatience de l’enfantement alors que le temps de maturité de l’engendrement n’est pas arrivé  risque de faire apparaître une approximation d’identité qui fait obstacle au projet réel de l’identité et cela est vrai à chaque étape.

 

Raison pour laquelle il y a « stérilité » apparente jusqu’à ce que l’enfantement soit possible.

Nous devinons en filligrane ce que les chrétiens ont fait de ce thème des imaot d’Israël : ils en ont fait un mythe.

 

Nous allons étudier un peu plus en détail la raison pour laquelle il y a stérilité de Rivqah.

 

Stérilité de Rivqah :

וְאֵלֶּה תּוֹלְדֹת יִצְחָק, בֶּן-אַבְרָהָם:  אַבְרָהָם, הוֹלִיד אֶת-יִצְחָק. 

Veeleh toldot Its’haq ben Avraham Avraham holid et-Yits’hak.

Et voici les engendrements d’Isaac fils d’Abraham Avraham engendra Isaac.

 

On a appris en passant qu’il était nécessaire de mettre l’accent sur le fait qu’Isaac est bien le fils d’Abraham. On va dénier à Isaac sa filiation à Abraham. Je crois que d’une certaine manière cela se passe de notre temps. Lorsque l’on met en question l’identité juive de l’Etat d’Israël.

 

וַיְהִי יִצְחָק, בֶּן-אַרְבָּעִים שָׁנָה, בְּקַחְתּוֹ אֶת-רִבְקָה בַּת-בְּתוּאֵל הָאֲרַמִּי, מִפַּדַּן אֲרָם--אֲחוֹת לָבָן הָאֲרַמִּי, לוֹ לְאִשָּׁה. 

Vayehi Yits’hak ben-arba'im shanah

Et Isaac était agé de 40 ans

beqa’hto et-Rivkah bat-Betou'el ha'Arami

lorsqu’il prit Rivqah fille de Betouel l’araméen

miPadan Aram

de Padan Aram

a’hot Lavan ha'Arami.

Soeur de Lavan l’araméen

lo le'ishah

pour lui pour femme

 

Padan Aram est la région de ‘Haran, où la famille d’Abraham en chemin vers Erets Israël s’était arrêtée. En particulier Na’hor frère d’Abraham. Abraham et Loth seuls ont continué jusqu’à Erets Kenaan.

 

L’accumulation de l’adjectif araméen dans ce verset doit être expliquée. On sait tout cela. On sait que Rivqah est la fille de Betouel et que Betouel est araméen. On sait qu’il est de Padan Aram. On sait quelle est la soeur de Lavan l’araméen. Pourquoi cette accumulation de cet adjectif « araméen » ?

 

C’est l’explication, que le Midrash veut mettre en évidence, de l’empêchement de l’enfantement de Rivqah. Dans l’engendrement des générations, Isaac est fils d’Abraham. Abraham a engendré Isaac.

Alors on attend que Isaac engendre Israël. Et voilà que cet engendrement est bloqué ! Pourquoi ?

Parce que la matrice de l’engendrement a un handicap. Elle est handicapée par son origine araméenne. C’est indiqué par cette accumulation de l’adjectif « araméen » dans notre verset.

 

A travers Isaa,c il n’y a aucune difficulté. Pas plus que la difficulté d’Abraham pour engendrer Isaac, Isaac n’aurait de difficulté pour engendrer Israël. Mais à cause de Rivqah, la difficulté est absolue. Il y a ici un cas particulier dans le cas général de l’empêchement de l’engendrement, le cas particulier de Rivqah où l’empêchement est absolu.

 

J’essaie de mettre en évidence les raisons que va nous donner le Midrash : cela vient de ce décalage d’identité entre Isaac et Rivqah. Isaac est un hébreu, fils d’un araméen redevenu hébreux : Abram.

Alors que Rivqah est hébreu, fille d’araméen non redevenu hébreu. Il y a dans l’identité de Rivqah qui est Tsadeket aucune mise en question de son identité de TSadik. Mais elle est tsadeket bat rashâ alors que Isaac est tsadik ben tsadik. 

 

Par conséquent, cet enfant attendu à travers Isaac aurait une identité de Tsadik mais à travers Rivqah aurait une identité de Rashâ. Et on est devant l’impossibilité absolue.

 

Cet Israël qu’on attend, et Israël va apparaître dans une dialectique de rivalité : entre deux jumeaux qui vont naître pour résoudre la difficulté, Jacob et Esaü, lequel des deux sera Israël ?

 

L’enfantement de cet Israël qu’on attend a priori est empêché par qu’il risque d’être un « monstre ». Un être à la fois Tsadik et à la fois Rashâ. Je n’ai pas parlé des Juifs ! Une identité impossible : totalement Tsadik par Abraham et totalement Rashâ par Na’hor. Un mixte d’identité.

L’hébreu devenu araméen qui redevient hébreu c’est le Tsadik. Je résume par là toute l’histoire antérieure : les Hébreux étaient dans l’exil de Babel et se sont imprégnés d’une civilisation qui était arrivée à son échec. Abraham avec sa famille sort de cette civilisation, mais une partie de cette famille reste araméenne, c’est Na’hor. Na’hor chez qui on va chercher les perles précieuses qui deviendront les mères d’Israël. Mais la matrice, la souche (l’huître) de ces pierres préciseuse est empoisonnée et la pierre possède encore cette origine, si j’ose dire.

 

A travers Rivqah, il y a ce risque de la tentation Na’hor.  

 

Je court-circuite tout de suite avec la situation existentielle dans l’histoire : chez les juifs héritiers des Hébreux on retrouve cette ambivalence, cette ambiguïté. Il y a d’une part l’héritage hébraïque qui travaille dans l’espérance messianique, et puis il ya d’autre part la tentation galoutique qui nous vient de Na’hor l’araméen.

 

Etant donnée cette impossibilité, comment la dépasser ? La stratégie de Dieu va faire deux jumeaux. S’ouvre une compétition pour savoir lequel des deux sera Israël. 

 

Différents plans, différents programmes, différentes espérances dans ce récit:

Vont naître deux êtres, un qui a, d’après le récit, une vocation du monde matériel, et l’autre une vocation du monde spirituel.

Je n’ai pas dit que l’un a une option de Tsadik et l’autre une option de Rashâ, ni qu’à priori de façon prédestinée, Esaü est le Rashâ et Jacob le Tsadik. Ce que nous dis le texte jusque-là n’a rien à voir avec ces considérations. Ce que nous dit le texte c’est que Esaü a choisi ce Monde-ci, et Jacob a choisi le Monde à Venir.

En d’autres termes, Esaü a choisi les realia du monde de l’homme et Jacob a choisi les idealia du monde de l’homme. Esaü a choisi la vie matérielle et Jacob a choisi la vie spirituelle.

 

C’est cela le problème de l’homme. Je reviens à l’image précédente : un enfant qui serait simultanément totalement Tsadik et totalement Rashâ.  D’une certaine manière, tout homme est dans ce cas, tout homme dispose d’un instinct du bien et d’un instinct du mal. De manière diluée, tout homme pourrait représenter ce modèle Israël dans sa difficulté avant d’être résolue dans le projet de la naissance : Tsadik par Isaac fils d’Abraham et R Erasha par Rivqah soeur de Lavan fils de Haran de Padan Aram l’araméen...

 

Nous avons donc deux sujets humains en présence.  Les deux pourraient ëtre tsadik et les deux pourraient être rasha. Ce qui est arrivé, c’est que Esaü, l’homme de la vocation matérielle est devenu Rashâ de sa propre vocation et que Jacob l’homme de la vocation spirituelle est devenu Tsadik de sa propre vocation.

 

Voilà l’histoire qui nous est racontée.

Je reprends depuis le début ce point-là : ce n’est pas de façon prédéterminée que Esaü en tant qu’homme de la vocation matérielle devait devenir Rashâ, et que Jacob en tant qu’homme de la vocation spirituelle devait devenir Tsadik. Et nous nous appuierons sur Rashi tout à l’heure

Les deux sont donnés à une des deux tâches de l’homme : Dieu a créé l’homme pour résoudre deux tâches incompatible et contradictoires : réussir la vie matérielle et réussir la vie spirituelle. Il faut réussir les deux.

 

Je vous donne un des schéma du Midrash : pour aller au Olam Haba qui est l’essentiel, il faut passer par ce Monde-Ci. Par conséquent, si on échoue dans ce Monde-ci on ne peut pas aller au OlamHaba. Il faut que les tâches de ce Monde-ci réussisent pour qu’il y ait quelque part où préparer le mérite d’aller dans le Monde à venir. Et si on ne réussit pas ce Monde-ci on perd les deux.

 

On est habitué à l’idée que les tâches matérielles rendent Rashâ et que les tâches spirituelles rendent Tsadik.

 

L’immense majorité des hommes qui se sont occupés des tâches de l’esprit, sont devenus des Reshayim. Il ne suffit pas de s’occuper des choses de l’esprit pour être un Tsadik.

Je pense aux prêtres de l’inquisition : homme de religion, de l’esprit et qui sont devenus les plus grands Réshayim que la terre ait porté. Idem avec les khoménistes en Iran.

 

De la même manière, être occupé aux choses matérielles ce n’est pas du tout être donné à l’impureté de la matière et que cela. Par exemple, les inventeurs de l’aspirine ont fait plus de bien à l’humanité que quantité de discours moralistes à traves les siècles.

 

Un personnage biblique démontre que l’on peut être voué aux tâches matérielles tout en étant Tsadik. C’est Joseph : le Tsadik voué aux tâches de la matière. Restant Tsadik et devenant le modéle du Tsadik. De tous les personnage de l’histoire d’Abraham c’est le seul auquel la tradition ajoute le qualificatif de Tsadik : Yossef hatsadik.

 

Voilà comment les choses se mettent en place. Vous suivrez le récit de la manière suivante : le plan de Isaac était que les frères allaient s’allier et collaborer pour résoudre les problèmes à résoudre dans le monde. Esaü doit, et il en est capable, être l’homme de la matiére et il partagera la bénédiction matériel avec Jacob qui est l’homme de l’esprit. Et Jacob homme de l’esprit partagera la bénédiction spirituel avec Esaü. S’il y a fraternité entre les frères, alors le problème est résolu.

Cette impossibilité pour un seul homme de réussir à la fois les tâches matérielles et les tâches spirituelles et résolue en deux types humains voués aux deux domaines mais il faut que les deux soient tsadikim de sa propre vocation. C’était le plan de Isaac.

C’est la raison pour laquelle Isaac a un projet duquel il ne dévie pas : donner la bénédiction matérielle à Esaü et la bénédiction spirituelle à Jacob.

 

Deux bénédictions différentes:

 

Il faut bien comprendre dans cette parashah qu’il y a deux bénédictions en jeu. La bénédiction matérielle qui était destinée à Esaü et que Jacob va recevoir lorsqu’Esaü sera disqualifié même de la vocation matérielle, mais d’autre part la bénédiction spirituelle d’Abraham qui elle en tous les cas était réservée à Jacob car elle ne peut être donnée qu’à celui qui ne prend pas femme dans le pays de Cannaan. Alors que Esaü ayant pris femme dans le pays de Canaan s’était disqualifé de la bénédiction d’Abraham, mais il gardait le droit à la bénédiction de Isaac qui était la bénédicton matérielle.

 

Référence de ces deux bénédictions différentes :

Au chapitre 27 verset 28 se trouve l’intitulé de la bénédiction matérielle, celle que Isaac voulait donner à priori à Esaü. La difficulté c’est qu’on apprend entretemps que Esaü avait méprisé le droit d’aînesse, et l’avait vendu à Jacob. Par conséquent, on ne comprendrait pas pourquoi Isaac, alors que Esaü a cédé le droit d’aînesse à Jacob, continue à vouloir donner la bénédiction matérielle à Esaü ?

C’est que quoiqu’il en soi puisqu’Esaü est l’homme de la vocation matérielle, il y réussira, il faut donc le bénir de la bénédiction matérielle et il partagera avec son frère.

Nous verons ce que savait Rivqah et qui rendait ce plan impraticable.

 

Verset 28 du chapitre 27 :

 וְיִתֶּן-לְךָ, הָאֱלֹהִים, מִטַּל הַשָּׁמַיִם, וּמִשְׁמַנֵּי הָאָרֶץ--וְרֹב דָּגָן, וְתִירֹשׁ

Veyiten-lekha ha'Elohim

Et que Dieu te donne

mital hashamayim oumishmaney ha'arets

de la rosée du ciel et des graisses de la terre

verov dagan vetirosh

et abondance de blé et de grains.

 

יַעַבְדוּךָ עַמִּים, וישתחו (וְיִשְׁתַּחֲווּ) לְךָ לְאֻמִּים--הֱוֵה גְבִיר לְאַחֶיךָ, וְיִשְׁתַּחֲווּ לְךָ בְּנֵי אִמֶּךָ; אֹרְרֶיךָ אָרוּר, וּמְבָרְכֶיךָ בָּרוּךְ

Ya'avdukha amim veyishtachavu lecha le'oumim

Que les peuples te servent et que les nations se prosternent devant toi

heveh gevir léa’hekha

sois le noble de tes frères

veyishtakhavou lekha beney imekha

et se prosterneront devant toi les fils de ta mère

orereykha arour.

Ce qui te maudissent (Je) maudis

oumevarakhekha baroukh

et ceux qui te bénissent (Je) bénis.

 

Voilà la bénédiction de ce monde-ci que Essav devait recevoir dans le plan d’Its’haq.

Alors que l’autre bénédiction, cellle qui dans tous les cas était réservée à Jacob se trouve dans le chapitre 28 verset 1 :

 

וַיִּקְרָא יִצְחָק אֶל-יַעֲקֹב, וַיְבָרֶךְ אֹתוֹ; וַיְצַוֵּהוּ וַיֹּאמֶר לוֹ, לֹא-תִקַּח אִשָּׁה מִבְּנוֹת כְּנָעַן.

Vayikra Yitschak el-Ya'akov vayevarekh oto

Et Isaac appela Jacob et le bénit

vayetsavehou vayomer lo

il lui ordonna et lui dit

lo-tikach ishah mibenot Kena'an.

Tu ne prendras pas de femme parmi les filles de Cannaan.

 

Canaan est la civilisation échouée, Israël se prépare pour la remplacer. Si avant que Israël ne soit constitué il y a mariage avec les filles de Canaan, alors il y a une matrice encore monstrueuse qui apparaitrait, qui ne serait ni Israël ni Canaan.

A partir du moment où l’entité Israël existe, alors il peut y avoir des femmes de peuples étrangers entrant en Israël. Le cas des Cananéennes étant un cas particulier. Il y avait des Tsadik parmi les Cananéens. Il y avait un processus historique par lequel les tsadikim pouvaient revenir à Israël par la suite. En particulier Yehoudah va d’abord épouser Bat Shourah Kenaani dans une famille des Tsadikim de Kenaan. 

 

28:2:

קוּם לֵךְ פַּדֶּנָה אֲרָם, בֵּיתָה בְתוּאֵל אֲבִי אִמֶּךָ; וְקַח-לְךָ מִשָּׁם אִשָּׁה, מִבְּנוֹת לָבָן אֲחִי אִמֶּךָ.

Koum lekh Padenah Aram

Va à Padan Aram

beytah Vetu'el avi imecha

dans la maison de Betouel père de ta mére

vekach-lecha misham ishah

et prend pour toi là-bas une femme

mibenot Lavan a’hi imekha

des filles de Laban frère de ta mère.

 

28:3:

וְאֵל שַׁדַּי יְבָרֵךְ אֹתְךָ, וְיַפְרְךָ וְיַרְבֶּךָ; וְהָיִיתָ, לִקְהַל עַמִּים.

Ve'El Shaday yevarekh otkha

Et le Dieu Tout-puissant te bénira

veyafrecha veyarbecha

te fructifiera et te multipliera

vehayita leqehal amim.

Et tu sera une assemblée de peuples.

 

28:4: 

וְיִתֶּן-לְךָ אֶת-בִּרְכַּת אַבְרָהָם, לְךָ וּלְזַרְעֲךָ אִתָּךְ--לְרִשְׁתְּךָ אֶת-אֶרֶץ מְגֻרֶיךָ, אֲשֶׁר-נָתַן אֱלֹהִים לְאַבְרָהָם.

Veyiten-lekha et-birkat Avraham

Et il te donnera la bénédiction d’Abraham

lekha oulezar'acha itakh

à toi et à ta postérité après toi

lerishtekha et-erets megoureykha

afin que tu hérites su pays de tes pérégrinations

asher-natan Elohim le-Avraham.

Que Dieu a donné à Abraham

 

C’est clair : il y a deux bénédiction différentes, l’une qui devait aller à Esaü – la bénédiction des biens matériels - et l’autre qui devait aller à Jacob – la bénédiction d’Abraham pour qui deviendrait Israël.

 

Plan de Isaac

Le plan de Isaac est le suivant : Esaü va fonder la civilisation matérielle Jacob va fonder la civilisation spirituelle. Il y aura alliance des deux et à eux deux ils sauveront le monde.   

 

Ce qui est arrivé, c’est que Esaü est devenu un Rashâ de sa propre vocation et que Jacob est devenu un Tsadik de sa propre vocation, et qu’il ne pouvait pas y avoir d’amour entre eux. La mère savait. Rivqah savait que les frères ne s’aiment pas. C’est pourquoi elle intervient : sachant que les frères ne s’aiment pas, elle savait qu’ils ne partageraient pas et donc que le monde était perdu. Et elle se dit : pourquoi perdre les deux à la fois ?

 

Stratégie de Rivqah

Voilà alors la stratégie de Rivqah parce qu’il n’y a  que 4 possibilités.

 

Ou bien c’est Esaü qui deviendra Israël. Cela signifie que l’homme de la matière va aussi prendre en charge les tâches spirituelles. Ce sera un échec. Et l’histoire de la civilisation montre que lorsque l’homme de la matière prend en charge les choses de l’esprit c’est un échec. Lorsqu’on s’occupe des tâches de la vie spirituelle avec les règles qui président aux lois et phénoménes matériels on aboutit à un échec : on met l’impersonnel là où il doit y avoir le sujet personnel. On met le déterminé là où il doit y avoir la liberté, on met la quantité là où il doit y avoir la qualité...

 

Lorsqu’on traite l’âme humaine par la méthode expérimentale qui doit s’occuper des objets on transforme le sujet en objet. C’est le drame de la civilisation occidentale en tout cas sa tension, on s’occupe du phénomène humain avec les méthodes qui sont légitimes pour s’occuper des phénomènes objets, impersonnels, matériels et déterminés.

 

Et la mentalité de l’université occidentale consiste à projetter sur le sujet humain les méthodes de l’objet. Quand Esaü prend la voix de Jacob, c’est le court-circuit. Un prêtre chrétien lisant la bible, c’est Esaü prenant la voix de Jacob.

 

Le premier profil est terrifiant : c’est l’homme de la matière introduisant la mort dans la vie de l’esprit. Et c’est le drame de la conscience chrétienne. Il parle d’un Dieu vivant en termes mortifères. Ils ont fait une liturgie de la mort sur le Dieu vivant. Dans l’Eglise : lieu d’adoration de la mort, au nom de la résurrection. La synagogue c’est plus vivant qu’un souk. C’est ce drame de l’homme de la matière qui s’occupe des choses de l’esprit : il introduit la mort dans la vie, la matière dans l’esprit. C’est la première éventualité.

 

Rivqah veut empêcher cela : si la bénédiction matérielle va à Esaü, il arrivera en fin de compte que Rome va se prendre pour Jérusalem. Et c’est ce qui est arrivé.

 

Remarquez que nous sommes contemporains des changements. Le latin a été abandonné par les chrétiens sauf les mots hébreux qu’il y a dedans: amen, allélouyah...

 

La deuxième figure que Rivqah va imposer c’est que l’homme de l’esprit soit aussi chargé des tâches de la matière. Lorsque c’est le cas, il les transfigure, les illumine, les sublime. Je crois que dans l’histoire, on se rapproche de ‘Hanoukah : ce sont les Grecs et les Judéens. Lorsque les Judéens s’occupent des problèmes des Grecs, ils deviennent prix nobel. Le problème des Grecs c’est la mathématique. Lorsqu’un juif s’occupe de mathématique, il peut devenir physicien. Les Juifs peuvent donner un coup de main aux Grecs dans leurs problèmes, et en plus la maniére dont ils s’en occupent apportent finalement quelque chose que les Grecs ne pouvaient pas y mettre. Ce que Pascal appelerait « un esprit de finesse spirituel ». Quelque chose de différent du déterminisme hellénistique.

 

A l’inverse quans le Grec s’occupe du problème du Judéen c’est-à-dire la prophétie hébraïque, alors il en sort la vie transformée en mort. Ce que les Grecs ont tenté de faire en faisant de la Bible un des livres de la religion universelle. En mettant la bible dans la série des cathéchismes des religions humaines.

 

On voit donc la différence des deux plans : le rêve d’Isaac et l’intervention de Rivqah.

Le rêve d’Isaac : donner la bénédiction matérielle à Esaü pour qu’il partage avec Jacob, donner la bénédiction spirituelle avec Jacob et il partagera avec Esaü.

 

Rivqah sait que cela ne marchera pas allors elle intervient et elle impose à Jacob la bénédiction d’Esaü. J’ai bien dit « elle impose », plusieurs texte montrent cela. Jacob dit : « ce n’est pas pour moi ». Jacob comme Jacob a peur des tâches d’Esaü.

 

Parshat Vayetseh, lorsque Jacob a la vision des anges à BeitLe’hem et qu’il se réveille le matin il fait un voeu : « si Dieu me donne du pain pour manger et un vêtement pour m’habiller il sera mon Dieu et je serai à son service».

 

Il vient de quitter cette scène où il a reçu la mission d’Esaü. Ce voeu est celui de la privation. Ce n’est pas qu’il émet comme condition que Dieu lui donne du pain et un vêtement pour être son serviteur. C’est l’inverse, il vient de recevoir la bénédiction de la richesse matérielle  et il n’en veut pas, il en a peur. Ce n’est pas pour lui. Il risque d’être compromis dans les tâches de la matière. Alors il dit à Dieu : je veux du pain pour manger et un vêtement pour m’habiller - c’est un Néder, un voeu de privation - et je serais ton serviteur. 

 

Le Midrash interroge : est-ce que le pain n’est pas fait pour manger et le vêtement pour s’habiller ? Que signifie cette formule ? Réponse : « Je ne veux pas du pain et que j’ai à le vendre pour acheter un vêtement. Je ne veux pas du vêtement et que j’ai à le vendre pour m’acheter du pain. Je ne veux pas du commerce ! » Même cela il ne le voulait pas jacob. Vous voyez quel juif c’est !

 

C’est cette terreur de la vie matérielle, de l’insertion dans la cité, Jacob est le moine juif, le Barour Yéshivah authentique. Celui qui a pour option de ne pas s’occuper de ce monde-ci. Il s’occupe de son livre, le reste ce n’est pas pour lui. Ce n’est pas un barour yeshivah qui fait du traffic.

Ce Jacob-là, l’homme de vocation spirituelle exclusive ce n’est pas encore Israël.

 

C’est là le fond du véritable problème : c’est Israël qu’on attend et non pas un Esaü (que la banque) ou un Jacob (que le livre). On attend un type d’homme qui sera capable des deux vocations et Jacob seul peut le devenir. Si Esaü le devient c’est Rome, si Jacob le devient c’est Israël. Un type d’homme qui sera capable et des tâches matérielles et des tâches spirituelles. Quand Jacob prend sur lui les tâches d’Esaü en plus des siennes, les deux étant cachères, alors on a Israël.

 

Nous avons donc les 4 types humains :

Esaü qui ne serait qu’Esaü : c’est le païen, l’homme de la matière. Esäu qui n’est que rouge. Le matérialiste historique

Jacob l’homme de l’esprit qui n’est que l’esprit. Le problème À résoudre reste irrésolu.

Esaü qui se prend pour Jacob, la figure du chrétien.

Jacob qui prend aussi les tâches d’Esaü, et cela devient Israël

 

Nous avons là une grille qui nous décrit l’histoire d’Israël. Il y a une phase très difficile : c’est le conflit entre Jacob et Israël. Le conflit entre ce Jacob qui seul peut devenir Israël mais qui a peur de le devenir. 

 

Résumé :

Il y a une identité apparement impossible à engendrer : l’identité d’Israël. Elle porte en elle un problème apparemment contradictoire et incompatible : résoudre simultanément les tâches matérielles et les tâches spirituelles. Et pour cela, elle a besoin d’avoir la double origine hébraïque d’Abraham et araméenne de Na’hor [l’hébreu au courant des méthodes de la civilisation, le juif de la Galout. Na’hor est l’hébreu de Babel qui reste à Babel]. Et voilà que ce qui va naître ce sont 2 jumeaux qui vont être en compétition dans l’histoire. Les deux veulent être Israël. Il va donc y avoir deux Israël radicalement différents : un Israël d’Esaü qui serait Israël c’est la matière s’arrogeant les tâches de l’esprit. Et nous avons l’exemple de Rome. Ou un Jacob qui serait Israël et nous avons l’exemple d’Israël. Seuls les Juifs peuvent devenir Israël. Mais si les Juifs restent juifs et ont peur de devenir Israël c’est l’échec.

 

Je voulais identifier les personnages :

=> Esaü qui ne serait qu’Esaü : c’est l’homme de la matière, le Goï de la Rome païenne.

=> Esaü qui se prendrait pour Israël, c’est la Rome chrétienne.

=> Jacob qui ne serait que Jacob, c’est le Juif de ghetto.

=> Jacob qui devient Israël, c’est Israel. Israël prenant en main les tâches de la cité.

Actuellement nous vivons le conflit entre Jacob et Israël. Il y a un parasitisme d’Israël par Jacob.

 

***

 

Q : Vous avez dit que le risque du monstre naissant de Rivcah c’est en raison de l’origine araméenne de Rivcah, le risque du rashä totalement Rashä. Et la maniére pour résoudre ce problème serait auniveau de Dieu de faire naître deux êtres.  Je ne vois pas en quoi faire naitre ces deux êtres qui peuvent être tous deux des Tsadikim résoud le problème du Tsadik-Rashâ puisque la solution que vous avez donné est une solution matérielle spirituelle mais ce n’est pas la solution du Tsadik-Rashâ ? 

R : Effectivement, il y a deux plans parallèles qui risquent de s’amalgamer : Tsadik-Rashâ et matériel-spirituel. Je voudrais prendre une analayse de ce parallèle: dans chacune des 2 vocations je peux être Tsadik ou Rashâ. C’est-à-dire que dans la vocation matérielle on peut être Tsadik et dans la vocation matérielle on peut être Rashâ. C’est une illusion de croire que la vocation matérielle fatalement mène à être Rashâ. Il y a des hommes de la matière Tsadikim avec des Baal Midot extraordinaires. Inversément dans la vocation de l’esprit on peut être Tsadik ou Rashâ.

 

Le fait que l’araméen puisse devenir Tsadik en redevenant hébreu c’est Abraham lui-même. Il était d’abord araméen à l’indice Abram et a fait l’effort de se réengendrer en tant qu’hébreu Abraham. N’importe quel Na’hor pourrait redevenir Abraham, puisque Abram était aussi à ce niveau-là en tant que Abram redevenu Abraham. La preuve c’est qu’un Esaü Tsadik cela a existé dans notre histoire, c’est Joseph. C’est pourquoi le Midrash va désigner Jospeh comme « Sitno shel Essav »  l’antagonise d’Esaü. Esäu sera vaincu par Joseph qui est un Esaü Tsadik, seul capable de vaincre  le Esaü rasha.

J’ouvre une parenthèse : Un couple de ‘hakhamim dans le Talmud est celui de rabbi Yo’hanan et Reish Laqish. Ce dernier était le chef d’une bande de brigands.

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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