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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 15:55

Toledot (1984) - 1ère Partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/toledot_serie_1984/cours_1

Face A

 

 

Chapitre 25 verset 19 :

וְאֵלֶּה תּוֹלְדֹת יִצְחָק, בֶּן-אַבְרָהָם:  אַבְרָהָם, הוֹלִיד אֶת-יִצְחָק

Veeleh toldot Its’haq ben Avraham Avraham holid et-Yits’hak.

Et voici les engendrements d’Isaac fils d’Abraham Avraham engendra Isaac.

 

La dernière fois nous avons étudié l’expression du chapitre 14 « Avraham ha ivri », et nous avons surtout analysé l’identification des Hébreux en exil dans la civilisation d’Our Qasdim et l’identité araméenne.

 

Introduction:

Tout au long du déroulement du récit depuis l’histoire d’Abraham (c’est vrai aussi avant et après l’histoire des patriarches mais c’est un phénomène central durant la vie des Avot les patriarches) il y a un récit qui nous enseigne l’engendrement de l’identité d’Israël. C’est d’ailleurs le titre de la Parashah de cette semaine: Toldot – toladot à l’état grammatical absolu – les engendrements.

 

Un principe de lecture qui vaut pour l’ensemble des récits historiques de toute la bible: l’histoire d’Israël est accompagnée d’une contre-histoire.  

Le personnage principal à chacun des 3 générations Abraham, Isaac et Jacob est toujours accompagné d’autres personnages qui sont parallèle à son histoire.

 

Nous avons là deux points à mettre en évidence

D’abord pourquoi a-t’il fallu trois générations, trois patriarches, trois étapes, pour faire apparaître Israël ?

 

On se serait attendu à ce que le peuple d’Israël dans son identité fondamentale profonde soit fondée par un engendreur fondateur, un ancêtre, un patriarche. On est tellement familier avec ce récit que l’on reprend depuis 3400 ans que cela nous semble aller de soi. Mais du point de vue de l’étude il faut mettre en évidence les questions que cela pose.

 

Il y a différents ordre de réponses, niveau de lecture et nous suivrons l’une d’entre elles dans le conflit entre Esaü et Jacob qui fait le centre de la Parashah de cette semaine.

 

Ce premier principe s’enracine à l’analyse de la dernière fois : Abraham, lorsqu’il s’appellait Abram et qu’il était à Our-Qasdim dans la civilisation de la Mésopotamie, c’était l’identité araméenne. Je vous avais cité la référence du Talmud Brakhot à ce sujet: Abram y est define comme étant Av léAram.   

Il arrive dans le pays - désigné par le texte comme « pays de Kenaan » qui reprendra son nom de pays d’Israël assez rapidement - avec cette identité araméenne qui est une sorte de Qlipah – d’écorce, un peu à la manière dont le fruit est à la fois protégé mais caché par sa propre écorce. La fonction de l’écorce est une sorte de gangue qui accompagne l’identité hébraïque cachée, enfouie, depuis des siécles lorsqu’elle se prépare à travers Ever l’ancêtre d’Abraham qui va donner son nom à la lignée des Hébreux, mais aussi à travers Shem fils de Noa’h jusqu’à Adam harishon, cette identité hébraïque qui est le véhicule de la capacité prophétique, il est nécessaire que cette Qlipah soit épurée. Une des réponses est que deux étapes seront nécessaire parce qu’il y a une Qlipah extérieure : Qlipah ‘hitsonit et une qlipah intérieure une Qlipah pnimit.

 

Cela donne la structure de ces 2 premières étapes : Abraham est séparé d’Ishmaël Qlipah ’hitsonit et de façon plus intéireure : la Qlipah Pnimit intérieure va être séparée : Essav.

 

Nous sommes dans un processus de sélection d’identité et de libération de l’identité hébraïque qui était dans l’écorce, dans sa gangue araméenne.

 

Ce n’est que dans la 3ème étape où l’on va se mesurer à l’araméen en tant que tel : Yaaqov-Lavan.

Où Lavan est nommé ès-qualité dans le texte Lavan haarami   

 

Voilà une 1ère approche du problème : il faut comprendre que dans ce récit de la Parashah où Isaac et Rebeccah vont avoir deux enfants jumeaux et il va devenir nécessaire de séparer l’un de l’autre. L’enfant de Isaac et Rébeccah est en réalité deux jumeaux : cela se relie à l’indication qu’il s’agit là de la Qlipah Pnimi intérieure qu’il s’agit là de séparer.

 

Dans l’histoire générale, ce schéma de l’accompagnateur de l’identité des Patriarches qui s’instaure et s’érige en rivalité nous allons le retrouver très facilement par le diagnostic de 2 des grandes rivalités parmi d’autres qu’Israël a connu à travers l’histoire : la rivalité à travers Ishmaël c’est bien entendu l’islam et la rivalité à travers Essav c’est la chrétienté. Ceci est moins familier. Mais pas dans les sources traditionnelles : Essav hou Edom. Edom est la civilisation romaine qui en fin de compte a donné le christianisme.

 

Nous avons là à faire à deux relations de natures différentes.

 

Effectivement la relation de rivalité entre Ishmaël et Its’haq est une relation d’extériorité : Ishmaël se situe vraiment comme identité extérieure à celle d’Israël venant de Its’haq.

 

Alors que la relation de rivalité entre Yaaqov et  Essav est intérieure et beaucoup plus intime. Tout se passe comme Esaü et Jacob sortis de la même matrice vont avoir entre eux un problème de revendication d’identité beaucoup plus prononcé et intérieur que dans le problème de la rivalité d’Ishmaël et d’Its’haq. On reconnait dans l’histoire la nature du conflit entre le christianisme et Israël qui est plus intérieur que celui de la rivalité avec l’Islam.

 

Le schéma est un peu plus général : en fait nous avons à chaque grande étape, à chaque grande génération deux sortes de personnages qui accompagnent l’histoire des Patriarches – c’est clairement lisible dans l’histoire des Patriarches mais ce principe est tout autant valable de façon déjà clandestine avant l’histoire d’Abraham avant que cette identité clandestine sorte au jour et cela continue après l’histoire des Patriarches.

 

Il y a une première série de personnages qui sont des approximations d’identités à chaque étape de l’émergence de l’identité d’Israël et qui s’érige en rivalité.

 

Ainsi à la première génération, l’approximation d’identité d’Abraham, c’est Loth.

Loth accompagne Abraham pendant un long temps de chemin, ils se ressemblent, au point que un verset le dit :

Gn. 13:8: כִּי-אֲנָשִׁים אַחִים, אֲנָחְנוּ.

Ki Anashim A’him Anakhnou

car nous sommes des hommes frères.

 

Lorsqu’Abraham va argumenter le fait qu’ils doivent se séparer il emploie cette expression. En fait ils ne sont pas frères vraiment du point de vue de l’état civil, mais le Midrash explique: ils se ressemblent comme des frères, lorsque l’on voit l’un, on croit voir l’autre.

Mais en réalité ce n’est qu’une apparence extérieure, du point de vue de l’identité profonde i y a une différence radicale. Lot ressemble à Abraham, il aurait pu avoir le même cheminement, la même  histoire, la même identification, et se serait fondu dans l’identité de la descendance d’Abraham, mais finalement cette approximation d’identité reste asymptote à son idéal et elle s’érige et fait souche en rivalité contre Israël. De Loth vont procéder deux rivalité : Ammon et Moav.

Dans l’histoire contemporaine c’est difficile à diagnostiquer mais dans toute l’histoire biblique on s’aperçoit que cette revendication d’identité contre la lignée d’Abraham de la part de Loth, Ammon et Moav, a toujours été importante, elle est d’ailleurs encore forte et vivace, elle travaille bien que clandestinement et souterrainement, Ce n’est pas notre sujet aujourd’hui. Mais beaucoup de problèmes contemporains de l’interpellation à Israël contemporain viennent aussi du côté de Ammon et de Moav.

 

L’aute lignée est celle des adversaires, celle des antagonistes. Chacun des personnages de l’histoire d’Israël est accompagné de deux faux-frères qui l’accompagnent :

L’un est l’approximation d’identité qui s’érige en rivalité.

L’autre est l’antagonisme radical : au niveau d’Abraham il s’agit de Nimrod.

 

Je rappelle briévement la problématique Nimrod-Abraham :

La Torah nous parle de Nimrod (cf les généalogies du chapitre 10 en vous aidant de la lecture de Rashi et des Midrashim qu’il cite) en nous disant qu’il était « révolté devant Dieu ». Le nom de Nimrod en hébreu signifie le révolté. C’est la racine Marad.

Le principe de l’opposition de Nimrod à Abraham va traverser toute l’histoire jusqu’à nous, et on va voir énormément de lignées de rivalités se mettre en place. Essentiellement, celle de Esaü face à Jacob, thème au centre de notre Parashah.

 

La Torah au sujet de Nimrod (Gn. 10:10):

וַתְּהִי רֵאשִׁית מַמְלַכְתּוֹ בָּבֶל

Vatéhi réshit Mamlakhti Bavel

« le commencement de son empire fut Babel »

 

Et le Midrash nous situe Nimrod comme étant roi de Babel du temps d’Abraham, et il avait décidé de jetter dans la fournaise la famille d’Abraham – c’est-à-dire les Hébreux de ce temps.

 

Petite parenthèse :

Pourquoi alors que déjà en ce temps-là les contenus de l’histoire étaient importants, difficiles et tragiques, pour le sort de l’Israël naissant, pourquoi semble-t’il dans la mémoire traditionnelle cela a-t’il été rejeté dans la préhistoire ? Lorsqu’on analyse de façon suffisament aigüe ce que les Midrashim nous disent du conflit Nimrod Abraham : Babel l’empire avec l’identité Abraham c’est-à-dire une identité hébraïque naissante sortant de son exil et cette opposition radicale qui aboutit à la fournaise d’Our-Qasdim, c’est-à-dire par les analogies que nous avons de notre expérience aux fours crématoires, pourquoi cette histoire fut-elle semble-t’il oubliée ?

De la même manière que toutes les convulsions d’agonie qui ont accompagné la sortie d’Egypte se sont finalement estompées. On parlait plus des massacres des croisades, de l’inquisition… Et on s’aperçoit dans les temps récents que le Midrash nous raconte des choses extrêmement analogue à ce qui s’est passé au temps du nazisme au temps de la sortie de Babel. Pourquoi est-ce rejeté semble-t’il dans une mémoire de la préhistoire ? 

 

Q : (inaudible)

R : Les promesses se sont dévoilées de plus en plus explicitement que parce qu’il s’agit de l’identité concernée, et cette identité est déjà en jeu et en péril à ce moment-là de la même maniére.

La menance de Nimrod contre Abraham en son temps est aussi grave que la menace de Pharaon contre les Hébreux d’Egypte ou de la menace de Haman au temps de Mardochée ou de l’inquisition en Espagne ou de l’Allemagne au temps contemporain...

 

Il y a un principe dans le Talmud qui l’explique : il y a des stades irréversibles qui sont récapitulés dans une allusion du Midrash : par le fait que cela ne concerne encore que l’histoire des individus. Pendant le temps des Avot, chaque identité Israël se préparant à devenir Israël est encore à l’échelle individuelle d’une personne. La Torah a dévoilé explicitement cette carte d’identité de destinée lorsqu’il s’agit du peuple, de la collectivité, d’Israël en tant que peuple. Les deux principes vont ensemble. Ce qui est très très ancien est récapitulé parce qu’il y a eu une sortie irréversible. Et finalement, le modèle du modèle ce renouveau du récit de la Torah c’est la sortie d’Egypte. Nous en voyons la préfiguration dans l’histoire des Patriarches. Mais cela va depuis le commencement.

Au fond c’est toute cette équation de Qaïn et Hebel, remodifiée par l’intervention de la lignée de Shet, qui se développe de plus en plus.

 

Q : Cela voudrait dire que l’on pourrait commencer le cycle par le génocide de la dernière guerre. 

R : Exactement. Pas commencer mais enfin…

 

Quoiqu’il en soit je voudrais restaurer cela : Il y avait une vigilance de la mémoire qui probablement n’est passée que dans de très rares lignées. Et ce n’est pas par hasard que ce soient les auteurs kabalistes qui à travers 2000 ans nous ont raconté ce qui risquait d’arriver en s’appuyant sur ce qui était déjà arrivé. Je vous cite en particulier un livre qui m’avait beaucoup impressionné lorsque j’avais commencé à l’étudier, c’est le « ‘Hessed léAbraham » du Rav Azoulaï qui décrit ce qui est arrivé au temps de la Shoah en s’appuyant d’ailleurs sur des sources que l’on retrouve chez le Ramak, de façon tellement évidente que l’on pourrait se demander d’où il sait cela. On se demande à postériori que c’est ainsi que c’est arrivé. C’était un risque a priori parce qu’il n’y a pas de fatalité, mais finalement c’est arrivé comme ça. Et finalement il n’y a pas de mystère c’est cette mémoire du Midrash qui savait déjà cela dans les problématiques et les occurences premières. 

 

Retour au sujet :

Le cas de Nimrod vis-à-vis d’Abraham :

Le nom de Nimrod est celui du « révolté ». Midrash : il est révolté contre Dieu, contre le Créateur. Il n’est pas satisfait du Créateur alors il se révolte contre lui. En fait l’analyse un peu plus fine nous montre que le point de départ de la vocation d’Abraham est cette même insatisfaction. Mais elle ne porte pas la même conséquence. Abraham commence également à être radicalement insatisfait mais de l’état du monde. Cette insatisfaction de l’état du monde chez Nimrod a pour conséquence une révolte contre le créateur. Cette même insatisfaction chez Abraham a pour conséquence de devenir le serviteur du projet du Créateur. L’expérience existentielle est la même apparemment mais le diagnostic est différent. Ce qui fait que dans le problème de savoir comment se mesurer à la perception que nous avons du monde, il n’y a que deux voies possibles :

celle de Nimrod dans la révolte contre le Créateur,

celle d’Abraham, à partir de la même expérience, et je reviendrais sur cette notion d’insatisfaction, qui consiste à porter le diagnostic que l’état du monde ne correspond plus au projet du Créateur, et de se mettre au service du projet du créateur pour restaurer l’état du monde.

 

C’est pourquoi le Midrash a rassemblé dans la même équation Nimrod et Abraham.

Une des Midrashim signale que sous cette forme même, l’échec de Loth a été que pendant très longtemps il a hésité entre le chemin de Nimrod et celui d’Abraham. Et qu’il n’a jamais décidé. En particulier, son voyage à Sodome et Gomorrhe marque la pointe de cette hésitation. Faut-il être comme Abraham ou faut-il être comme Nimrod ?

 

C’est le principe des quatre empires que nous avons-là à l’origine : Babel - Perse – Grèce – Rome.

Et nous sortons de ce quatriéme empire.

Et chaque fois la sortie d’un de ces empires dont le principe de l’attitude de Nimrod c’est les catastrophes de la fournaise de Our-Qasdim.

C’était pour la première génération-

 

***

 

A la deuxième génération l’approximation d’identité qui s’érige en rivalité c’est Ishmaël. On est au niveau de Its’haq. Et l’antagoniste, celui qui dispute l’héritage de Isaac est Abimelekh – prototype du 1er palestinien de l’histoire. Vous retrouvez les querelles entre Isaac et Abimelekh avec les puits.

 

A la 3ème génération, l’approximation d’identité qui s’érige en rivalité c’est Esaü et l’antagoniste radical est Laban.

 

Toutes ces rivalités de ces deux sortes nous accompagnent à travers l’histoire mais dans ces récits la Torah nous met en évidence leurs attendus, et ce sont des rivalités de nature différentes.

 

Lorsqu’elle s’unissent dans un même faisceau apparait l’identité d’Amaleq.

Amaleq récapitule ces 6 rivalités en y ajoutant son équation propre. Et principe important, Amaleq en tant que tel apparait chaque fois qu’il y a une fin d’exil de l’identité d’Israël dans les empires successifs. Vous avez-lá grosso-modo tous les personnages qui nous accompagnent.

 

Ce deux thèmes se relient à la racine. Cet éclatement de l’identité de Aram va faire exister des parcelles de cette identité, si j’ose dire, qui s’érigent en rivalité dans ces deux polarités :

soit l’approximation d’identité qui réclame l’héritage d’Israël 

soit l’antagoniste absolu qui veut détruire cet Israël.

Lorsque ces deux dimensions s’unifient dans leur trois niveaux chacuns apparait le personnage d’Amaleq, qui est l’ennemi irréductible.

 

Cela peut nous servir comme clef de diagnostic dans les situation de remise en cause de l’identité d’Israël surtout dans le temps contemporain.

 

La rivalité Jacob-Esaü :

 

Ils sont nés jumeaux et il est indiqué tout de suite qu’ils seront en lutte et qu’ils seront séparés.

 

Verset 23 chapitre 25

 

Lorsque Rivqah ne sait pas ce qui se passe en elle au moment même de la gestation de cet enfant attendu va consulter Dieu, Dieu lui dit verset 23:

 

כג וַיֹּאמֶר יְהוָה לָהּ, שְׁנֵי גֹיִים בְּבִטְנֵךְ, וּשְׁנֵי לְאֻמִּים, מִמֵּעַיִךְ יִפָּרֵדוּ; וּלְאֹם מִלְאֹם יֶאֱמָץ, וְרַב יַעֲבֹד צָעִיר 

Vayomer Adonay lah

shney goyim bevitnekh

oushney le'oumim

mime'aych yiparedou oule'om mil'om ye'emats verav ya'avod tsa'ir.

Et Dieu lui dit

Il y a deux nations en ton sein

et deux peuples

de tes entrailles se sépareront

et un peuple dominera sur l’autre.

 

Am c’est la notion de peuple indépendament de la filiation éthnique. On peut faire peuple lorsqu’on est l’un avec l’autre. Am se rattache à la racine im avec. Ceux qui sont avec. Ceux qui sont ensemble et font peuple ensemble.

Oumma la relation de la filiation est présente  c’est la racine « em » que l’on toruve aussi dans le doublet Oumma la nation en arabe.

Goy : le peuple avec ces propres institutions.

 

L’un dominera sur l’autre : On ne dit pas à priori lequel. La règle tirée du Talmdu : si l’un triomphe l’autre est dans l’échec. Rome et Jérusalem contemporainement. Ils ne peuvent pas être tous les deux triomphant ou tous les deux en échec. Il y a là une dialectique de force qui demande à être définie et à être précisée. C’est le diagnostic de la rivalité entre la chrétienté et Israël. Ils ne peuvent pas être triomphant simultanément.

 

Une source du Talmud dit: On ne peut pas dire que Rome et Jérusalem sont détruites, ou que Rome et Jérusalem sont toutes deux construites, soit Jérusalem est constuite et Rome détruite, soit Rome est construite et Jérusalem détruite. 

 

Nous sortons de l’histoire où c’était Rome qui était construit et Jérusalem détruite.

Vous allez objecter que Rome est toujours construite ? 

Il y a des cadavres qui ne savent pas qu’ils sont morts !

 

En tout cas, la civilisation romaine à travers toutes ses étapes dont la chrétienté est l’une des plus importante, la civilisation occidentale se connait comme étant en crise grave. C’est à ce moment-là que Israël sort de la clandestinité de son exil romain et sort de sa clandestinité de la Mésopotamie contemporaine et de Our-Qasdim en Allemagne.

 

De quelle nature est cette rivalité ?

Un aperçu du Midrash:

En s’appuyant sur la carte d’identité renouvellée au début de la Parashah, et de  Isaac d’un côté fils d’Abraham et de Rivqah de l’autre, avec une accumulation de détails que nous sommes censés déjà connaître : Rivqah bat Betouel Haarami mi Padan Aram a’hot Lavan haarami... avec une accumulation de cet épithète « araméen », représente une impossibilité, une impasse, pour l’issue de ce mariage entre Isaac et Rebeccah.

Dans les textes précédents, on a appris que s’il existe une femme possible pour Isaac, cela ne peut êtrre que dans la famille d’où Abraham était sorti. Or, miracle, elle existe ! Seulement elle est fille de Bethouel père de Rivqah soeur de Lavan l’araméen. Elle sort précisément directement de cette Qlipah dont l’identité hébraïque devait se débarasser pour se retrouver elle-même.  Il y a donc une collision de carte d’identité : Yits’haq ben Abraham cet effort inouï qui fait que le Tsadik commence à émerger de l’histoire humaine. Pour qu’Abraham sorte de Abram dans l’histoire précédente – c’était un effort d’engendrement considérable – il fallait aussi traverser l’épisode Nimrod entre autres. Et pour que finalement Abraham engendre Its’haq, c’est tout le récit précédent, nous savons à quel point la naissance d’Its’haq est comme un miracle absolu.

Je n’ai pas abordé le niveau des valeurs pour ne pas cumuler trop de thèmes à la fois.

Je suis simplement l’histoire familiale des Avot.

 

Et donc Its’haq ben Abraham est le Tsadik par excellence. Il ne peut avoir comme Bat zoug comme compagne pour l’engendrement de l’identité d’Israël, que Rivqah qui est une Tsadeket - nous le savons avant ce récit -  mais qui porte avec elle « l’hérédité » araméenne qui est derrière elle. Abraham en était sorti dans une mutation irréversible. Comment continuer la lignée ?

On ne peut pas prendre de mère future d’Israël à partir de l’identité humaine de l’échec que la lignée futur d’Abraham devenu Israël doit essayer de sauver et de transfigurer. Il faut donc revenir à la source d’où était sorti Abraham. Mais de cette source Abraham seul est sorti. Et par conséquent, arrive un miracle encore plus considérable que la sortie d’Abraham de l’identité Aram, c’est le fait de l’existence de Rivqah et qu’elle est Tsadeket.

 

Mais nous voilà dans une impasse ! L’enfant qui doit naître de cette union ne peut pas naître car il serait un monstre : tout entier Tsadik du côté de Its’haq et tout entier Rashâ, Qlipah, Toumah, du côté de la famille de Rivqah.

 

C’est l’intention du texte selon le Midrash dans cette accumulation de détails biographiques que l’on connaissait déjà par ailleurs et qui produit cette accumulation de l’épithéte « araméen ». Or là nous sommes devant un important problème anthropologique depuis le début du récit de la bible, c’est que tout un chacun finalement à quelque niveau que ce soit est un peu dans ce cas. Car tout homme et femme est aussi fait des deux côtés, le bien et le mal, le Yetser Tov et le Yetser Harâ.

 

C’est le même probléme à l’échelle du Tsadik où le problème apparait dans toute sa stature. Un enfant qui serait tout entier Tsadik en tant que fils d’Isaac fils d’Abraham risque aussi d’être tout entier Rashê en étant fils de Rivqah, fille de Bethouel, fils de la Qlipah de Aram...

 

On assiste alors à l’inervention de la providence divine. En principe il n’y a pas de solution, c’est la stérilité absolue pour cause de risque de mis au monde d’un monstre.

 

La statégie de la providence fait que deux jumeaux vont naître : on sépare la difficulté en deux.

Ce dont il faut se garder, c’est de croire qu’il y avait une fatalité à priori, un destin à priori, qui ferait de Jacob le Tsadik et de Essav le Rashâ.

Une analyse du texte nous aide à comprendre ainsi que la position de Isaac qui semble-t’il protège jusqu’au bout Esaü. Isaac est le Tsadik de la Midat HaDin, et par conséquent peut-on espérer meilleur juge, meilleur Dayan ? Pourtant il est aveugle, il ne veut pas jusqu’au bout envisager l’éventualité que Essav soit Rashâ ? C’est parce qu’il connait l’éventualité d’un Essav Tsadik !

 

Nous avons Yetser Tov - Yetser Harâ. Tsadik dans la lignée de Its’haq et Rasha dans la lignée de Rivqah. Il faut absolument évacuer l’hypothèse qu’il y avait une fatalité à priori. Première preuve dans l’attitude de Isaac. Ne connait-il pas ses enfants ? Ne sait il pas que Esaü est Rashâ et Jacob est Tsadik ? Pourquoi veut-il bénir Esaü et pas Jacob ? 

 

Bien sûr, il y a une hérédité des conséquences à travers le temps, mais il n’y a pas hérédités des Neshamot, des consciences. Bien sûr, ce qui s’est passé dans les générations précedentes pèsent par les conséquences sur les générations suivantes. Mais il n’y a pas de fatalité à priori qui pèse sur la naissance des hommes. C’est l’enseignement Pshat de la Torah. Ce qu’il y a derrière est très compliqué, mais c’est un pårincipe qu’il faut aboslument comprendre.  

 

J’aborde un niveau un peu plus mystérieux en me basant sur l’analyse de la Guémara de la Massekhet Rosha hashanah :

Nous ne savons pas ce qui s’est passé avant notre naissance. Pourquoi ? La Guémara le dit clairement : parce que Dieu a décidé qu’il fallait oublier et commencer à zéro au commencement d’un chemin qui n’est pas le commencement absolu de notre histoire. Ce qu’il y a eu avant notre naissance pour nous, nous ne le savons pas, on a oublié !

Comme le Midrash de la Guémara Nidah 30a :  au moment de la naissance un ange vient et appuie sur les lèvres de l’enfant... Ce thème de l’oubli est très important. Il a donc des raisons pour oublier.

Si on a quelque chose à arranger dans le programme de sa destinée (je n’ai pas dit destin). Et si on sait exactement de quoi il s’agit, c’est comme jouer à la roulette avec une martingale.

Pour qu’il y ait effectivité à l’option du mérite, il faut que j’ignore moi-même ce que j’ai à faire. 

Dans la mesure où effectivement je prend cette définition comme parti de mon existence terrestre commencée à ma naissance en tant qu’épreuve, alors il faut que j’oublie ce qui a eu lieu avant ma naissance, sinon l’épreuve ne serait pas valable ni juste du point de vue d’une justice absolue.

Dieu dans sa miséricorde absolue nous a quand même éclairé en nous donnant notre carte d’identité qui est la Torah. Remarquez que cela ne change pas grand chose même lorsqu’on sait. Cela n’aide pas tellement.

 

Par conséquent, le fait que nous ne savons pas ce qui se passe avant la naissance est légitime. Le Talmud nous dévoile en petit clin d’oeil que nous avons choisi d’être ce que nous allons être. Par conséquent, chacun est ce qu’il est, et il n’y a pas de fatalité.

 

Pourquoi si peu de Juifs dans le monde ? Très peu ont le courage de ce choix de Messirout Nefesh.

Il n’y a que les descendants d’Abraham qui ont décidé de naître comme descendant d’Abraham.

On n’est que ce qu’on est. 

 

La communication entre ce qui est caché en haut avant et notre monde à nous, a été brouillée elle fonctionne clairement quand le temple est construit. Quand le temple est détruit les Tsinorot – les canaux de communication sont brouillés. Ce qui fait que nous sommes en plein chaos d’état civil. Mais cela ne veut pas dire que les grandes lignes d’identités ne soient pas claires. Cela veut dire qu’il peut y avoir des descendants d’Abraham qui naissent ailleurs parce que les canaux sont brouillés et des Goyim qui naissent chez nous.

 

Mais a priori chacun n’est que ce qu’il est à chaque stade.

 

L’être le plus extraordinaire que j’ai connu ?

La réponse fondamentale pour la Torah c’est moi-même.

Qui voudrais-tu être si tu n’étais pas toi-même ?

Moi-même, mais en mieux !

 

Personne ne veut être quelqu’un d’autre !

 

Cf. l’histoire racontée à propos de Rabbi Zoussiah. Arrivé au jugement dernier on ne lui demandera pas pourquoi il n’a pas été Mosheh rabénou, on lui demandera pourquoi il n’a pas été Zoussiah !

Et en fait il l’a été…  


…/…

lire la suite ici

 

****

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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