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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 15:59

Toledot 1984 – 2ème partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/toledot_serie_1984/cours_1

Face B

 

…/…

à manier avec tellement de précaution qu’il vaut mieux ne pas manier cela du tout qui font remonter un peu et qui prétende le faire dans cette mémoire oubliée. Tout ce que je peux vous dire de ce que je connais de cette question dans la tradition elle-même, c’est que c’est tellement dangeureux qu’il vaut mieux ne pas ouvrir la porte. La chose la plus normale c’est d’être normal. On est né dans cette vie c’est normal d’oublier. Ce n’est qu’à la fin vraiment que cela nous est dévoilé. Ceux qui ont réussi diront « Oh ! », et ceux qui ont échoué diront « Ah ! ».

Peut-être retrouverons nous cela lorsqu’on parlera des Guilgoulim d’autre part.

 

A priori, il n’y aucune fatalité que Esaü soit Rashâ et que Jacob soit Tsadik. La destinée fait que l’un est Esaü et doit être Esaü, et l’autre est Jacob et doit être Jacob. Esaü peut être soit Tsadik soit Rashâ et Jacob peut être soit Rashâ soit Tsadik. Finalement Esaü a choisi d’être Esaü-Rasha et Jacob a choisi d’être Jacob-Tsadik. Il n’y a pas de fatalité là, même si cela semble contredire une atmosphére de familiarité faussée que nous aurions avec ces sources-là.

Très souvent en talmud Torah on a l’habitude de dire qu’à priori dés le sein de sa mére Esaü était Rashâ et dès le sein de sa mére Jacob était Tsadik. Ce n’est pas si simple que cela.

 

Je vous donne par exemple un midrash, que les ‘Hassidim ont beaucoup développé. 

Midrash : Rivqah enceinte si elle passait devant une synagogue, Jacob voulait sortir (Tsadik). Si elle passait devant un cabaret Esaü voulait sortir (Rashâ). Le Midrash comme tel semble aller dans le sens de la fatalité. Mais il faudrait expliquer en quoi c’est être Tsadik en entrant dans une synagogue, et en quoi c’est ëtre rashä que d’entrer au cabaret.

 

Alors les ‘Hassidim explique ainsi en utilisant la référence de la Mishnah des Pirqey Avot :

az panim la guehinam boshet panim legan eden.

L’homme ‘az panim (effronté) pour l’enfer, et l’homme timide pour le paradis.

Az Impétueux, arrogant, et Boshet panim cela veut dire pudique.

Et pourtant le matin au début du Shoul’han Aroukh on cite un Beraïtah :

« Sois az comme le tigre… » ?

Cela dit il y a une différence entre Az et Az Panim au niveau de la langue. Az Panim c’est péjoratif.

Tandis que Az signifie vaillant, fort…

Les ‘Hassidim : au niveau Yaaqov, avant qu’il ne reçoive le nom Israël, avant qu’il n’en fasse la preuve, Yaaqov était Boshet Panim, pudique, alors il ne pouvait être à l’aise que dans la synagogue. C’est pourquoi lorsque Rivqah passait devant une synagogue c’est jacob qui voulait sortir. Tandis que lorsque Rivqah passait devant un cabaret c’est Esaü qui voulait y aller.  Vous allez ovir ce que vous allez voir… Seulement il s’est fait avoir. Mais il n’y a pas fatalité.

 

On peut difficilement supprimer en soi ce sentiment que malgré tout Essav va naître handicapé dupoint de vue de cette qualificaiton tsadik ou Rashâ. Mais je le répéte, c’est au-delà, il faut évacuer cela, cette mentalité grecque du destin et de la fatalité apriori. Il est simplement confronté à la problématique qu’il a choisi, la plus difficile comme on le verra, la plus risquée du point de vue moral, mais c’est lui qui l’a choisi. Il faut revenir là au principe évoqué d’avant la naissance....

 

La difficulté, l’impossibilité d’un monstre contradictoire qui serait à la fois Jacob et Esaü, qui serait une impasse, voici comment la naissance va se faire.

 

C’est ce qui est dit à Rivah dans le Vayomer Hashem du verset 23 chapitre 25.

25:22:

וַתֵּלֶךְ, לִדְרֹשׁ אֶת-יְהוָה

Et elle alla consulter Dieu.

Ce qui se passe en elle, en germe déjà, est tellement nouveau :

 

וַיִּתְרֹצְצוּ הַבָּנִים, בְּקִרְבָּהּ

Et les enfants s'entre poussaient dans son sein

Cet entremêlement des enfants dans son propre sein est tel qu’elle va demander au Beit Din, nous dit le Midrash, ce qui se passe. Et Dieu lui répond qu’on les a séparé en deux. Au lieu que ce soit un enfant unique impossible, il va y avoir une histoire qui commence avec deux jumeaux contraires l’un à l’autre.  

Cela ne veut pas dire dire qu’à priori Esaü ait la fatalité d’être rashâ et Jacob la fatalité d’être Tsadik, cela veut dire à priori qu’Esaü a la destinée d’être Esaü et Jacob d’être Jacob. L’enjeu de la rivalité étant d’ailleurs d’être Israël.

 

Les deux vocations :


D’après le récit même de leur vocation – cf. tous les Midrashim qui développent cet aspect-là - on s’aperçoit que Esaü et Jacob ont à eux deux à résoudre le problème de la vocation humaine, mais c’est le problème de la vocation humaine qui est lui-même contradictoire et qui implique une opposition de vocations. Et il y a différentes étapes avant d’arriver à la réussite totale. Il y a, pour schématiser, deux vocations humaines radicalement différentes : la vocation spitiruelle et la vocation temporelle.

La vocation spirituelle, c’est à dire la vocation des chose de l’esprit.

La vocation matérielle concerne les métiers de la matérialité de la vie terrestre.

Dès l’origine l’homme est confronté à cette difficulté.

Il y a eu une 1ère tentative de résolution dans la tentative de Qaïn et Hevel.

Qaïn qui travaille la terre et Hevel qui est berger. Derrière se trouve la même problématique : vocation temporelle et spirituelle. Cela échoue. Cette même équation d’identité revient là avec les deux jumeaux Esaü et Jacob. On est averti de suite que Esaü a choisi la vocation temporelle, matérielle, alors que Jacob a choisi la vocation spirituelle.

 

Nous avons deux niveaux différents : Tsadik - Rashâ et vocation matérielle - vocation spirituelle

Je substitue maintenant le 1er (que l’on retrouvera par la suite) par le 2ème. Ce qui est la destinée de chacun de ces deux enfants c’est la vocation temporelle qu’a choisi Esaü et la vocation spirituelle qu’a choisi Jacob.

Il faut comprendre qu’il ne suffit pas de choisir la vocation temporelle pour être Rashâ. On peut être de vocation temporelle et être Tsadik. Mais c’est très difficile. C’est là la vocation d’Esaü. De la même manière, il ne suffit pas d’être de vocation spirituelle pour être Tsadik. On peut être de vocation spirituelle et être Rashâ.

 

Leur destinée c’est ce que la Torah nous raconte : l’un est devenu chasseur. Il va chercher à manger. Le chasseur cachère selon un midrash. La vocation temporelle c’est la vie de ce Monde-ci. Cela passe donc par le manger. La vocation spirituelle : Yaaqov yoshev ohalim  les tentes de la maison d’étude

 

A priori, les deux vocations sont incompatibles et pourtant il faut les résoudre les deux pour que la vocation humaine soit résolue. Alors la stratégie de la Providence étant donnée l’impasse de cette monstruosité va séparer les deux vocations. L’osmose de la fraternité va pouvoir résoudre le problème. Si les deux sont frères, ils partageront leur bien réciproquement. Si la clause de fraternité ne joue pas, il y a échec.

 

En termes de Midrash : Esaü est l’homme de ce Monde-ci. Il va donc avoir deux parts de ce Monde-ci et il donnera une part à Jacob qui lui est l’homme du Monde-à-venir. La clause de fraternité jouant, lui possède deux parts du Monde-à-Venir et il partagera avec son frère.

 

Il arrive qu’Esaü choisissant la vocation temporelle est devenu Rashâ de la vocation temporelle et que Jacob choisissant la vocation spirituelle est devenu Tsadik de la vocation spirituelle. Et donc le conflit est d’autant plus grave.

 

Si la clause de fraternité avait joué Esaü serait devenu banquier – une façon d’être chasseur – et Jacob est le Rosh Yeshivah. Comment fonctionne la Yeshivah si le banquier ne la soutient pas ?

Comment peut vivre le banquier sans sa Berakhah ?

Il faut que la clause de fraternité joue.

C’est le plan de la Torah en particulier en ce qui concerne la tribu de Lévi et les autre tribus. 

C’était le plan d’Isaac. Mais pour cela il fallait que Esaü devienne un Esaü Tsadik.

 

Voilà qui résoud nos perplexités. Il en reste une : est-ce que la vocation de Esaü ne l’handicape pas à priori ? N’est-ce pas plus facile de devenir impur lorsqu’on s’occupe de la matiére ? Il faut se défaire de cet apriori. L’histoire montre que c’est plutôt l’inverse. C’est plus facile de devenir impur lorsqu’on s’occupe des choses de l’esprit. L’idolâtrie, l’inquisition...

 

Ce fameux verset de Isaac

Lorsque Jacob sur l’instigation de Rivqah, qui, elle, sait que la clause de fraternité ne pourra pas jouer parce qu’elle connait ses deux enfants (tant que Jacob est Jacob il ne pourra pas aimer Esaü et tant qu’Esaü est Esaü il ne pourra pas aimer Jacob) va se substituer à Esaü, Isaac sent que quelque chose ne va pas. Il pense qu’Esaü est là mais c’est Jacob alors il dit ce verset terrible :

 

Verset 22 chapitre 27:

וַיֹּאמֶר, הַקֹּל קוֹל יַעֲקֹב, וְהַיָּדַיִם, יְדֵי עֵשָׂו.

vayomer hakol kol-Ya'akov vehayadayim yedey Essav.

La voix c’est la voix de Jacob et les mains sont les mains de Essav

 

Dans la pensée de Isaac c’est un Esaü qui parle comme Jacob puisqu’il croit que c’est Esaü. Mais dans la réalité c’est un Jacob qui a les mains d’Esaü.

 

J’isole une des 4 figures :

Jacob –Jacob.

Jacob - mains d’Esaü.

Esaü –Esaü.

Esaü - la voix de Jacob.

 

Un Esaü qui parle comme Jacob : Un goy lisant la bible.

 

Il faut donc corriger l’idée qu’il suffise de s’occuper des choses de l’esprit pour être Tsadik.

De même que l’idée qu’il suffise de s’occuper des choses de la matière pour être Rashâ.

 

C’est une impression que nous avons à travers de pseudo-évidences qui au fond viennent des données immédiates de la conscience occidentale, suivant laquelle la matière est impure et l’esprit est pure. Or, la matière n’est pas impure puisque créée par Dieu avec toutes les vocations qui vont avec. L’esprit n’est pas nécessairement pur puisque donné à l’option de la liberté.

 

***

 

Résumé :

Ce que la Torah nous raconte concerne la problématique essentielle des deux vocations humaines.

Nous en sommes au 1er moment : Nous sommes toujours dans le problème de la Qlipah Pnimit de Aram. Les deux vocations sont a prirori inconciliables : pour être un homme de la vocation matérielle il faut être entièrement un homme de la vocation matérielle. Pour être un homme de la vocation spritituelle, il faut être entièrement un homme de la vocation spirituelle. On ne peut pas mélanger la voix de Jacob et les mais d’Esaü. Et pourtant l’idéal est d’arriver à faire émerger un type d’homme qui serait les deux à la fois. Quand ce type d’homme - capable d’avoir la voix de Jaocb en tant que Tsadik et les mains de Essav en tant que Tsadik – apparait, alors apparait l’identité messianique, et elle s’appelle Israël, synthèse réussie des deux vocations.

Jacob c’est une seule vocation et Esaü c’est une seule vocation.

 

Gaon de Vilna sur verset 22 :

Le 1er mot de Qol est écrit ‘Hasser sans le vav

Cela veux dire une voix faible.

Gaon de Vilna : quand la voix de Jacob est faible alors les mains sont les mains d’Esaü. Quand la voix de Jacob est pleine, même les mains sont les mains de Jacob et cela s’appelle Israël.

 

Midrash de la Guémara de Gittin 57 souligne la séparation totale dans l’échec:

La voix c’est la voix de Jacob c’est la prière

Les mains sont les mains de Esaü c’est la guerre.

« Tu ne trouves pas de prière efficace qui ne soit pas liée à la descendance de Jacob. Tu ne trouves pas de guerre triomphante qui ne soit pas liée à la descendance d’Esaü (les fabricants d’armes)».

Le drame, l’échec provient du manque de la clause de fraternité.

 

Nous avons évacué la pseudo-évidence que l’option matérielle mène fatalement à l’impureté. Il y a un apriori de la moralité : cela dépend de qui s’en occupe. 

 

Survient plus tard un personnage que la Guémara va définir comme « sitno shel Essav » l’antagoniste d’Esaü qui va être capable d’abattre Esaü et qui est Yossef - Joseph – hatsadik. Il possède la vocation temporelle et matérielle et est Tsadik. La figure, le profil d’identité de Yossef Ha-Tsadik est très importante. C’est Yéhoudah qui va hériter de la vocation spirituelle de Jacob centralement. Le verset dit « Shémâ Hashem Qol Yéhoudah ». On retrouve dans ce verset le Qol de Yaaqov. Et lorsque Yéhoudah et Yossef s’allient alors il y a Israël.

 

Ce problème non résolu entre Jacob et Esaü nous allons le retrouver intériorisé dans la descendance de Yaaqov avec les deux polarités de Joseph et Judah.

Jusqu’au bout on va douter de Joseph, on va croire - Ki Kamokha Ké-Faro - qu’il a pris fait et cause pour Esaü. Il se dévoilera que Joseph est Tsadik. Et lorsque les frères se reconnaissent, le livre de Bereshit s’achève parce qu’Israël est né.

 

C’est donc la réussite convergente de ces deux vocations – les deux dans l’option de Tsadik – qui fait naître Israël.

 

Rappel des principes essentiels :

Il y a une destinée des vocations mais pas un destin moral et une fatalité morale.

La vocation d’Israël n’est pas que la vocation de Jacob.

 

C’est les deux vocations et lorsque les deux réussissent il y a Israël. La preuve c’est que pour mériter l’aînesse, la Bekhorah, qui est une des étapes, recevoir le nom d’Israël, il fallait que Jacob fasse la preuve qu’il savait faire à manger lui aussi : cf l’épisode du « rouge » cette nourriture qui rend le goût de vivre à celui qui l’a perdu, Esaü.

 

Isaac est un prince avec quantité de serviteurs qui auraient pu servir son fils affamé... mais ici il s‘agit d’autre chose : Jacob est capable de préparer cet elixir qui rend le goût de vivre à celui qui l’a perdu. Esaü est revenu fatigué de sa propre vocation, fatigué de vivre. Il est Ayef, fatigué. Il s’est fait avoir par son problème. Comme tous ces hommes qui a force de n’avoir que des métiers et aucune vocation ont perdu le goût de vivre. C’est un peu le drame existentiel de Esaü.

Alors il cherche quelqu’un qui lui redonne le goût de vivre, une espérance : c’est Jacob préparant le roux, le plat de lentilles.

 

***

 

Le vol de la bénédiction :

 

Nous allons voir l’accusation habituellement portée contre Jacob d’avoir dérobé la bénédiction.

 

Isaac avait deux bénédictions différentes.

 

la bénédiction temporelle, et dans le plan de Isaac elle devait aller à Esaü avec la raisonnement suivant : Esaü a choisi la vocation temproelle et c’est très bien, il en sera capable et il partagera avec Jacob.

 

La bénédiction spirituelle celle qui vient d’Abraham et qui dans tous les cas devait être donnée à Jacob.

 

Verset 4 chapitre 28:

Lorsque Jacob va devoir s’enfuir devant la colère d’Esaü et aussi pour aller prendre femme dans la famille d’Abraham, alors Isaac le bénit lui disant :

 

וְיִתֶּן-לְךָ אֶת-בִּרְכַּת אַבְרָהָם, לְךָ וּלְזַרְעֲךָ אִתָּךְ--לְרִשְׁתְּךָ אֶת-אֶרֶץ מְגֻרֶיךָ, אֲשֶׁר-נָתַן אֱלֹהִים לְאַבְרָהָם 

Veyiten-lekha et-birkat Avraham lekha ououlezar'akha itakh

Et Il te donnera la bénédiction d’Abraham à toi et à ta postérité

lerishtekha et-erets megoureykha asher-natan Elohim le-Avraham.

Afin que tu hérites du pays de tes pérégrinations que Dieu a donné à Avraham.

 

Si nous nous référons aux promesses données à Avraham nous voyons qu’il y a toujours un faisceau de trois promesses à la fois qui sont rappelées à Isaac et confirmées à Jacob et qui sont :

la terre, le peuple et la Torah.

 

Le plan est clair : il y a deux bénédictions de nature différente qui doivent être transmises. 

Jacob a choisi la vocation spirituelle il sera béni et il partagera avec Esaü. Esaü a choisi la vocation matérielle et il sera béni et il partagera avec Jacob. C’est le plan de Isaac.

 

Rivqah, elle, sait que Esaü a choisi d’être Rashâ et que Jacob a choisi d’être Tsadik et que ce plan ne fonctionnera pas. C’est pourquoi elle intervient. Ele sait que Esaü ne pourra pas être Israël parce qu’il a pris pour femmes des femmes cananéennes. Le texte nous dit en fin du chapitre 26 que les femmes que Esaü avait prises étaient mauvaise aux yeux de Isaac et de Rebeccah. Mais c’est Rebeccah qui prend l’initiative de dire à Isaac : « si Jacob prend des femmes cananéennes on a tout perdu, envoie-le chez mon frère. Peut-être que le miracle qui s’était produit pour la génération Isaac-Rivqah se reproduira pour Jacob ».

 

C’est pourquoi Rivqah va imposer par sa stratégie la seule issue possible.

Reprenons les 4 données de notre problème :

 

Un Jacob qui ne serait que Jacob c.à.d. une vocation spirituelle exclusive coupée de la vocation matérielle.

Esaü qui ne serait que Esaü = une vocation matérielle qui ne serait que matérielle coupée de la vocation spirituelle.

La prétention de la chrétienté à travers Esaü qui a sa racine en Esaü : l’homme de la vocation matérielle s’emparant de la vocation spirituelle.

Celle du plan de Rivqah, celle de l’histoire d’Israël, l’homme de la vocation spirituelle s’occupant de la vocation matérielle.

 

Avec les deux premières options c’est le surplace : le problème humain n’est pas résolu : la vocation spirituelle se sépare de la vocation matérielle et réciproquement.

La 3ème la prétention d’Esaü abouti à l’échec total. L’homme de la matière s’occupant du problème de l’esprit va projetter la réalité de la matière dans  l’esprit. C’est-à-dire l’impureté totale.

 

Avec le fait que la culture grecque - qui préfigure déjà tout ce qui va être la culture occidentale dans ce problème – a projeté dans le domaine de la vie de l’esprit les règles du matérialisme déterministe qui ne sont valable que dans le domaine matérielle.

 

Dans le cas romain, c’est le goy lisant la bible et disant : « c’est moi Israël ! »

Rabbi Asterix dirait : « ils sont fou ces Romains ! ».

Le Talmud prophétise que la majorité des convertis vient de Edom.

 

On a projeté la mort de la matière dans la vie de l’esprit. Tout le mythe chrétien tient là-dedans.

 

Le plan de Rivqah qui a réussi (après 6000 ans) c’est que Jacob soit capable de devenir Israël. C’est-à-dire que Jacob s’occupant des tâches matérielles les transfigure. Alors que la matière s’occupant de l’esprit la rend impure. Et la clause de fraternité n’a pas joué.

 

C’est ce schéma qui nous a accompagné dans l’histoire globale : il y a un antisémitisme chrétien qui est préalable au christianisme lui-même. Ce n’est pas tellement que l’antisémitisme provient du christianisme mais que le christianisme provient de l’antisémitisme des Romains.

Cette clause de la haine d’Esaü contre Jacob. C’est clair : Esaü ne peut pas aimer Jacob. Jacob ne peut pas aimer Esaü étant donné que Jacob est l’homme de l’esprit devenu Tsadik.

Rivqah le sait et Isaac ferme les yeux là-dessus car finalement c’est son plan préalable qui va réussir mais chez les enfants de Jacob avec Yéhoudah et Yossef et avec Issakhar et Zévoulon.   

 

Dan l’histoire c’est Rivqah qui intervient pour sauver ces principes de l’identité d’Israël qui est en cours d’engendrement. Et c’est finalement la seule équation posssible dans cette problématique.

 

En faisant un bilan rapide : Rome est en train de découvrir que c’est Jacob qui est Israël et non pas Esaü. Nous sommes à la fin de cette histoire.

 

Abraham Livni a écrit un livre extraordinaire sur ce sujet dans sa virulence polémique contre le christianisme. Il ne livre au lecteur le fait qu’il est un chrétien converti qu’à la 15ème page.

 

C’est la 1ère fois de notre temps que le peuple juif reprend le courage de dire ce qu’il pense d’Esaü. Jusqu’à maintenant, Jacob a courbé l’echine 7 fois devant Esaü, Israël est un Jacob redressé.

 

Les Juifs d’Israël ne sont plus les Juifs courbés de cour. Il y a là une mise au point à faire, un bilan à faire, et Rome est en train de découvrir que Jacob est Israël. Les conséquences de cette découverte annonce la fin de Rome. Esaü est déjà fini et il ne le sait pas encore. Il l’était d’ailleurs depuis le commencement. Rashi sur le nom de Essav : racine Assouï complétement fait – fini.

 

Albert Londres : « Le juif errant est arrivé ».

La découverte prfigurative de tous les travaux des théologies contemporaines de cette espèce de projection d’identité inversée entre le chrétien et le juif et le fait que, cela concerne surtout les juifs de diaspora. Nous sommes encore imprégnés de la culture de diaspora et il y a encore un conflit ouvert. Pour l’israélien comme tel ce conflit est résolu et fermé : c’est Jérusalem qui est Jérusalem et non pas Rome. L’israélien n’est pas préoccupé par le conflit chrétienté–judaïsme car c’est dépassé. C’est une absurdité que les Romains se prennent pour Israël. Alors que nous Juifs de la diaspora avons vécu dans cet univers kafkaïen pendant 2000 ans. Il faut sortir de cela.

 

La fin de l’histoire est claire : Esaü finit par reconnaitre que c’est Jacob qui est Israël. En d’autres termes que ce sont les Juifs qui sont Israël. Les implications de cette découverte sont énormes. Cela explique une grande partie des crispations dans l’antisémitisme israélien d’une grande partie de l’Eglise. L’état d’Israël est bien la preuve et confirme que c’est le peuple juif qui est Israël. Une histoire de fou.

 

Q : le baiser de Esaü à Jacob, fraternel ou pas ?

R : c’est le baiser d’un missionnaire !

 

< fin >

*****

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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