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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 17:45

TETSAVEH (1996)


Tetsaveh (1996) 2ème Partie.

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/tetsave/cours_1

Face B

 

…/…

ð  Hadass - le myrte = bonne odeur mais aucun goût représente ceux qui pratiquent sans la connaissance,

ð  Aravah - le saule = ni gout, ni odeur, représente cette 4ème partie d’Israël qui n’a aucun droit au  mérite des actes et c’est cependant avec la Aravah – le saule - qui représente cette idée de sainteté naturelle d’Israël que le Temple était honoré.

 

Cela signifie qu’il y a bien une manière d’être qui est compatible  avec la Torah, parmi toutes les Nations, qui même lorsqu’elle est refoulée, enfouie, cachée, reste indélébile même à dose homéopatique.

 

Cas de la différence du statut matrimonial entre le Kohen et les autres membres d’Israël:

Pour Israël le divorce c’est le divorce : il reste possible d’épouser une divorcée car son lien avec son mari précédent est annulé par le divorce. Le Kohen n’a pas le droit, car il a une identité de sainteté naturelle plus profonde que celle de ceux qui ne sont pas Kohanim et qu’il est encore sensible à cette zikah - ce lien - entre cette femme même divorcée et son ancien mari. Cette réalité des liens matrimoniaux est encore présente pour lui Kohen alors qu’elle ne l’est plus pour un non-Kohen, pour un autre Israël. Par conséquent, épouser une divorcée pour un Kohen c’est commettre un adultère même avec divorce légal. Parce qu’un kohen garde sa sainteté particulière de façon plus profonde quelque soit son comportement dans la vie. (Il est déchu de l’honneur dû au Kohen dans un seul cas : lorsqu’il est assassin.)

 

Retour au sujet :

 

C’est un notion difficile à appréhender dans les catégories de la culture contemporaine occidentale : c’est sujet à polémique avec les non-juifs et c’est à manier avec précaution.

 

Le génie, la grandeur de Moïse c’est qu’il est capable de cela. Il est capable de l’éducation qu’il va donner au peuple de façon à ce que le peuple, de lui-même réalise la Torah.

 

Comment cela est-il appliqué dans la première des Mitsvot qui nous sont demandées dans Parshat Tetsaveh ?

 

וְאַתָּה תְּצַוֶּה

Veatah Tetsaveh ...

Dès les 1ers mots, on est averti de ce cas particulier de Moïse :

Véatah : et toi, quant à toi (Moïse)…

 

Moïse a ici une place exceptionnelle : il n’y a pas ici les formules habituelles :

« Et Dieu parla à Moïse pour dire parle aux enfants d’Israël etc... »

 

Dans Parashat Troumah, on a déjà intégré cela que le Beith hamiqdash ne peut être construit que si Israël réussit à rendre autonome la loi hétéronome, alors à ce moment-là tout s’enchaine et c’est de Moïse que dépend la réalisation de la Torah.

 

Sans doute, il y a cette éclipse de l’identité de Moïse dans cette Parashah (le 7 adar est le jour de sa naissance et de sa mort) tout simplement parce qu’il a réussi sa mission et alors il s’efface.

 

Remarquable qu’aucun des rabbins du Talmud ne porte le nom de Moïse ou d’Aharon. Il y a une sorte de respect dans le peuple juif de ne pas avoir cette ’Houtspah cette insolence de donner à un des enfants d’Israël ces noms-ci. Tous les noms possibles mais ni Moïse, ni Aharon !

Ils ont une identité à l’échelle de la collectivité qui ne doit pas être banalisée.

 

C’est ainsi qu’on explique pourquoi Moïse a épousé Tsiporah qui n’était pas d’Israël : son identité était d’une telle hauteur qu’il ne pouvait pas trouver une fille d’Israël pour lui. Il doit trouver une identité qui équivaut à tout Israël chez les Goyim : la fille ainée de Jéthro-Yitro.

 

Par contre, son nom est citée chaque fois que dans une Yéshivah, dans une étude on a entendu une chose nouvelle de la Torah. Les maîtres dans la Guémara même on l’habitude de souligner une vraie nouveauté, un vrai ‘Hidoush par les termes : « Mosheh sharfir kamrat ! Moïse tu as bien parlé ! » Parce que quand la Torah parle c’est Moïse qui parle ! 

 

Il y a un cas analogue dans la Beraïta : chaque fois qu’il y a un enseignement au nom de Eliyahou le prophète Tana debe Elyahou => chaque fois que la Braïta commence par « on m’a enseigné à l’école de Elie le prophète » : c’est lorsqu’a été entendu un ’Hidoush quelque chose de nouveau mais qu’on ne sait pas qui l’a dite, c’est un enseignement anonyme : on dit alors, c’est Elie le prophète qui a parlé. Pourquoi ? Car Elie est le seul prophète dont on n’a pas mis par écrit la prophètie. C’est Elisée qui a cité les paroles de son maître et qui a été empêché d’achever la révélation à Israël. Lorsque la révélation reprendra, elle reprend par Elie le prophète qui a encore un résidu d’enseignements qui n’a pas été donné et c’est pourquoi on lui impute chaque ’Hidoush de l’enseignement à travers le temps. .

 

27:20

וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת זָךְ כָּתִית--לַמָּאוֹר:  לְהַעֲלֹת נֵר, תָּמִיד

Ve'atah tetsaveh et-beney Yisra'el veyik’hou eleykha shemen zayit zakh katit lama'or leha'alot ner tamid

 

Veatah Tetsaveh et Beney Israël 

Et quant à toi, tu ordonneras les Benei Israël

veyik’hou eleykha shemen zayit zakh

et ils apporteront vers toi de l’huile d’olives pures

(l’huile qui sort de la 1ère pression)

katit

broyées

lamaor

pour le luminaire

leha'alot ner tamid

pour faire monter une lumière perpétuelle ...

 

C’est l’institution de la ménorah dans le Temple.

Il y a d’autres textes indiquent le détail de la fabrication de la Ménorah, mais nous allons étudier quelques indications dans ce texte.

 

La forme même dans laquelle Dieu s’adresse ici à Moïse est dans une forme inhabituelle : il y a une racine ordonner qui a une double construction grammaticale :

ð  letsavout el = ordonner à quelqu’un.

ð  letsavout et = ordonner quelqu’un.

 

Je vous donne de suite la différence en français :

 

ð  letsavot el  dans le 1er cas on donne des prescriptions élaborées des articles de la loi que Moïse donne et le peuple est chargé de réaliser ces articles et ces commandements formulés... premièrement, deuxièmement, troisièmement... C’est  letsavot el  - donner des instructions.

 

ð  letsavout et = donner une instruction, au sens de formation, de tel sorte que Israël soit capable par lui-même de savoir ce qu’il a à faire. On aborde là encore un autre pallier de ce mystère d’Israël et de la grandeur de Moïse en éducateur. Moïse doit donner un ’Hinoukh une éducation, une instruction à Israël de manière que, sans aucune allusion au comportement attendu, celui-ci soit réalisé de façon spontanée.

 

Veatah Tetsaveh et Beney Israël 

Et quant à toi, tu donneras cette formation aux Benei Israël

veyik’hou eleykha shemen zayit zakh

et ils t’apporteront de l’huile d’olives pures…

pour la flamme du candelabre...

 

Tu donneras une formation aux Bney Israël et ils t’apporteront de l’huile pour alimenter la flamme du candelabre : c’est cette capacité d’Israël d’apporter l’huile pour que la flamme puisse briller.

Il y a un génie d’Israël qui consiste à alimenter la flamme de la Torah. Cela ne vient pas du maître Moïse mais cela vient des Avot, mais c’est grâce à Moïse que cela se réalise.

 

Reprise brève d’une autre thème :

le Dieu d’Israël n’est jamais défini comme étant le Dieu de Moïse, c’est toujours le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il y a une identité qui vient par les Pères et c’est à cette identité que Moïse enseigne la Torah. Mais le Dieu d’Israël n’est pas le Dieu des maîtres, le Dieu d’Israël est le Dieu des pères. Dans le cas de la conversion, le converti sera appelé fils d’Abraham.

C’est un thème important car dans beaucoup de milieux on a substitué le Dieu du maître au Dieu des Pères. Or, il faut savoir que c’est la grande différence entre le christianisme et le judaïsme.

L’exemple le plus clair que l’on peut indiquer : il ne faut pas que l’on sache où Mosheh a été enterré sinon on en ferait un saint-sépulcre.

 

Les théologiens chrétiens et musulmans sont en controverse pour savoir où exactement sur le mont ‘Horev, la Torah a été révélée. Il n’y a aucune préoccupation de ce genre dans le judaïsme parce que la Torah nous on l’a, alors eux, ils cherchent où, elle a été donnée….

 

La grandeur de Moïse est de n’avoir jamais parlé au nom de son Dieu mais toujours au nom du Dieu des pères.

 

Je me demande si dans les années à venir cela ne va pas être un grave sujet de préoccupation : ce risque de substituer le Dieu du maître au Dieu du père.

 

Il y a le Av et il y a le Rav.

Il y a une identité potentielle de l’identité d’Israël par rapport à la Torah qui vient du père, mais on a besoin du Rav, le maitre, pour la réaliser, la faire passer à l’acte. Mais Moïse lui, s’efface complétement devant Abraham, Isaac et Jacob.

 

C’est très frappant dans la prière, le culte, il  n’y aucune allusion à Moïse en tant que médiateur. En particulier dans la Hagadah de Pessah qui frise l’ingratitude de la tradition par l’absence d’allusion à Moïse en relatant la sortie d’Egypte. Pour ne pas qu’on croit que c’est Moïse qui nous a fait sortir d’Egypte. Or, c’est Moïse qui nous a fait sortir d’Egypte !

 

L’idolâtrie totale serait d’imputer à Moïse le mérite de nous avoir fait sortir d’Egypte. C’est Dieu qui nous a fait sortir d’Egypte. Nous vivons des événements assez analogues.

 

Or Ha’Hayim a bien précisé cela : la faute de la génération du désert vient de ce qu’elle a cru que c’est Moïse qui les a fait sortir d’Egypte. Il y a nombre de versets où Dieu s’adresse à Israël pour dire à cette génération : « Et vous saurez que c’est Moi qui vous ai fait sortir d’Egypte... » Comme si cela n’allait pas de soi, ils en étaient les témoins, les acteurs...  ils ont vécus l’événement, mais il se dévoile que cette génération-là n’a pas compris, sauf quelques fidèles à Moïse, que ce n’est pas Moïse mais Dieu Lui-Même...

 

Je crois que c’est de manière plus qu’analogue ce que nous vivons de notre temps :

L’erreur des Juifs c’est de croire que c’est le sionisme qui nous a ramené en Israël. C’est Dieu qui nous a ramené en Israël et c’est grâce au sionisme qu’on a pu revenir. L’erreur est également de croire que le sionisme est inauthentique parce que Herzl était un juif assimilé. (Cf. la sainteté naturelle évoquée précédemment) Il s’agit d’hommes et de femmes qui d’autre part sont très pieux comme ceux de la sortie d’Egypte, mais qui ne sont pas capables de voir que c’est Dieu qui a mis fin à l’exil.

 

Je crois qu’il y a une erreur théologique profonde qui fait qu’il s’agit déjà en réalité de deux religions complétement différentes. Croire que c’est Herzl, qui nous a fait sortir de Rome et ne pas percevoir que c’est Dieu qui a mis fin à l’exil 2000 ans après, c’est déjà une autre religion !

 

Tous ces Juifs pieux qui refusent le sionisme à cause du fait que Herzl n’était pas pieux, en réalité refusent le retour en Israël et refusent la Torah.

 

Maïmonide l’a dit déjà dans Mishnei Torah : ceux qui ne croient pas au retour et la fin de l’exil – cela s’appelle les temps messianiques - ne croient pas dans la Torah de Moïse. Le verset cité est extraordinaire : « Dieu nous ramènera !» et il ne s’agit pas du Messie dans ce verset. C’est dire que c’est grâce au Messie que nous sommes revenu mais c’est Dieu qui l’a fait. 

 

La question de savoir qui est le Messie est une question pour idolâtres, car si on le savait on se mettrait à l’adorer. C’est une tendance forte du peuple juif. C’est extraordinaire de voir á quel point nous n’avons pas changé !

 

***

 

2 significations à cette racine et à la fonction de Moïse

- transmettre les commandements formulés => letsavot el .

- donner une formation pour qu’Israël puisse lui-même les formuler => letsavot et.

Et le résultat est un résultat automatique.

 

Je crois qu’il n’y a aucun exemple dans le monde dans l’histoire de l’humanité d’une telle identité et d’une telle relation à l’absolu.

 

Je voulais surtout en profiter pour mettre en évidence la grandeur de Moïse.

 

Depuis le début de livre de Shemot il n’y a aucune Parashah où Mosheh n’est pas cité sauf Tetsaveh. Il y a un enseignement beaucoup cité par les ‘Hassidim : l’enseignement de tous les maitres de la Torah est toujours moindre sur la Parashah correspondant à la semaine de leur mort. On l’observe pour les grands commentateurs : la Parashah de leur mort c’est une Parashah où semble-t-il, ils se bornent à se référer à d’autres maitres et commentateurs.

 Tetsaveh c’est la semaine de la mort de Mosheh le 7 Adar.

 

Lien avec Pourim :

C’est un Midrash clef de cette histoire du lien entre le mérite que Moïse a laissé en Israël qui est une dimension d’éternité, grâce à lui qui traverse l’histoire de toutes les civilisations, et le salut des Judéens - que j’appelerais les Juifs - dans l’empire de Perse d’Assuérus au temps de la reine Ester.

 

Il est bien évident que c’est grâce à la reine Ester qu’Assuérus a sauvé Israël malgré les décrêts de son 1er ministre. Il s’agit d’un mérite d’Israël au niveau de l’être et non au niveau des actes qui était très faibles : puisqu’ils participèrent au festin d’assimilation en Perse alors qu’on ne les obligeaient pas, ils étaient libres, mais ils ont bu jusque dans les coupes du Temple emmenées avec eux pour les sauver des Babyloniens.

 

Le Midrash raconte que Haman savait qu’il y avait une protection sur Israël. Et suivant sa culture, il cherche un jour de l’année où il y aurait un défaut dans cette protection sur Israël et il ne l’a pas trouvé : chaque mois a son mérite d’une tribu d’Israël, chaque jour le mérite d’un des patriarches ou des matriarches d’Israël... aucun défaut dans la cuirasse pour atteindre cette éternité de l’identité d’Israël et voilà que Haman se souvient du 7 Adar, jour de la mort de Moïse, par conséquent jour sans protection du côté de la Torah.

 

Maharal :

 

Le Maharal explique cela profondément dans son livre sur Pourim de la façon suivante : le défaut du raisonnement de Haman, c’est de croire que l’histoire d’Israël obéit aux mêmes lois que toutes les cultures et toutes les civilisations, qui ont un point de départ, une apogée, un déclin et une fin. Il ne s’est pas aperçu que le jour de la mort de Moïse est aussi le jour de sa naissance. Il y a une durée de Moïse parfaite : 120 ans, de manière absolumeent parfaire, jour pour jour.

 

A partir de cette traversée du temps d’Israël par l’histoire de Moïse, le temps d’Israël a une dimension d’éternité. Cela veut dire que la protection d’Israël grâce à la Torah donnée par Moïse est éternelle bien que Moïse ait disparu.

C’est le fait que Moïse soit le Moïse tel que décrit précédemment, qu’il y a une capacité de lien à la Torah en Israël qui va sauver Israël quelque soit le niveau d’assimilation où il est.

 

Qu’en est-il du cas de la Shoah ?

Ne peut-on invoquer ce mérite-là même si le judaïsme européen était en déclin ?

Pourquoi un tel mérite naturel n’a t’il pas joué comme à Pourim au temps d’Assuérus et de la reine Ester ? C’est un sujet pour lui-même, mais malgré tout je reviens au cas historique de Pourim .

 

Midrash : Haman se promène dans le quartier juif de la capitale (rempli de Yeshivot) après les décrêts contre les juifs, il s’approche près d’une fenêtre et il entend 2 petits talmidei torah - jeunes enfants discutant avec passion pour savoir quelle devait être la longueur des gerbes que l’on apportait au temple pendant le Omer...

L’horizon historique de ces Juifs-là est bouché, avec l’assassinat et la Shoah pour le lendemain et ils s’occupent de la longueur de la gerbe du Omer ? C’est là que Haman a compris l’éternité d’Israël inassassinable !

 

Moïse a donné une formation à Israël qui permet que cette hérédité reçue des Patriarches puisse recevoir la Torah. Moïse peut avoir disparu, sans que personne ne sache où il est enterré, il a réussi !  

 

C’est la leçon à retenir d’un point de vue existentiel quotidien : cesser de donner aux maîtres tout ces qualificatifs exagérés qui ressemblent à une oraison funèbre avant l’heure. Gaon...etc.

 

Moïse est appelé Mosheh Rabénou tout simplement, pas plus.

Rabénou Mosheh c’est Maïmonide. On entend la différence.

On l’indique de cette manière dans un enseignement des Pirqey Abot.

« Mosheh qibel Tora miSinaï »

On ne lui donne aucun titre ?

 

Un des commentaire Talmid ‘Hakham du siècle dernier, d’Autriche qui s’appelait Vayiss enseigne que c’est parce qu’au mont Sinaï, Mosheh n’était pas notre maitre, il était l’élève de HKB’H. Il faut enlever ces titres et les sous-titres... La véritable gloire de Moïse c’est qu’il était l’élève de quelqu’Un.

 

Retour au verset :

A propos de la fin du verset, on avoir une confirmation dans la logique même de cet enseignement par Rashi : « Pour faire monter les lumières constamment »

 

D’une certaine manière la qualité de cette huile qu’Israël est capable d’apporter à Moïse, c’est que la lumière allumée dans le candelabre ne s’éteindra jamais, elle montera « tamid ».

 

Je pense avoir montrer suffisament ou un peu le sens de ce paradoxe que Moïse a réussi lorsque la Torah ne le cite plus parce qu’il a réussi à intégrer la Torah à Israël.

 

Rashi :

לְהַעֲלוֹת נֵר תָּמִיד

מַדְלִיק עַד שֶׁתְּהֵא שַׁלְהֶבֶת עוֹלָה מֵאֵלֶיהָ

Pour faire monter une lumière perpétuelle : On allumait jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même (Chabath 21a).


La citation de la Guémara de Shabat 21 :

Ce que dit Rashi est trés étonnant : le passouk porte le verbe leha'alot faire monter une lumière constamment, alors qu’il est évident que la flamme lorsqu’elle brûle monte ?

Rashi « Il allume jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même ».

Il semble décrire ce qui va de soi. Ici, il décrit en une formule lapidaire tout ce que je n’ai pas dit : il faut former l’élève jusqu’à ce qu’il parle par lui-même. Il faut allumer la flamme jusqu’à ce qu’elle monte d’elle-même et après on retire la flamme qui a allumé la flamme... c’est là l’intention de Rashi. Et ce n’est pas facile. « C’est la chaine de la tradition » 

Moïse a enseigné à toute sa génération et un ensuite transmet à la génération suivante.

« Mosheh qibel Tora miSinaï oumasroua liYéhoshoua...»

 

Par l’intermédiaire de Josué qui n’est pas mieux que les autres mais parce qu’il était Mesharet de Mosheh il était dans cette sainteté naturelle de l’identité de Moïse Il était Mésharet - le Shamash. L’assistant - le secrétaire. C’est par lui que cela passe.   

 

Le Rav Kook a eu énormément d’élèves. Un est un cas particulier c’est le Rav Badi’hi qui était celui qui aidait le Rav Kook à vivre. A s’habiller, se déshabiller, surtout les dernières années de sa vie où il était malade. C’est à lui que je demande ce que le Rav Kook signifiait dans ses écrit : dis moi ce que le Rav Kook t’a expliqué à ce sujet... parce que cette familiarité avec cet élève qui était son Mésharet est beaucoup plus précieuse que n’importe quel relai d’intelligence.

 

A ce sujet, le Midrash dit que Moïse est comme le soleil et Josué comme la lune qui reflète la lumière. C’est la même lumière bien qu’atténuée considérablement.

 

Rashi, comme les grands maîtres, nous dit des choses profondes en termes simples : c’est le secret du mot hébreu Le’hanekh qui a 2 sens :

- éduquer.

- inaugurer.

 

On retrouve le sens de ’Hinoukh et de ’Hanoukah, c’est-à-dire mener un éduqué à sa majorité, à sa propre maturité.

 

Résumé :

וְאַתָּה תְּצַוֶּה

Vé atah Tetsaveh 

Toi et pas quelqu’un d’autre

 

Tetsaveh : pas seulement un ordre - n’importe qui est capable de citer les articles de la loi - mais donner une formation qui fait que c’est Israël qui donne la loi.

 

Or Ha’Hayim = la Torah est la Torah d’Israël parce que Israël est le Israël de la Torah

Il y a une sorte d’identification « Qoudsha Brikh Hou Torah veIsraël ’Hada » 

 

L’expression là du Zohar ne dit pas « Kadishah Berikh hou ».

Ce n’est pas « HaQadosh Baroukh Hou » c’est « HaQodesh Baroukh Hou »

Koudshah brikh hou en araméen c’est Haqodesh et non pas Haqadosh !

 

Cela veut dire que la Sainteté, la Torah et Israël c’est la même chose dans trois indices d’existence :  

ð  La Sainteté au niveau des valeurs.

ð  La Torah au niveau de la connaissance.

ð  Israël au niveau de la personne humaine.

 

« Koudsha brikh hou Torah veIsraël ‘hada » !

Cette sainteté là est celle dont j’ai parlé tout à l’heure

 

Enseignement du Rav Kook :

Chaque fois que Dieu est appelé HaMaqom « l’endroit du monde » c’est une allusion à Erets Israël.

 

Dire « Qoudsha Brikh Hou Torah veIsraël ’Hadou » c’est dire la terre d’Israël et la Torah pour qui la Torah a été donnée, la Torah et Israël, c’est la même chose en sainteté.

 

Quand on console un endeuillé on dit «  HaMaqom... ».

« Que Dieu (endroit de sainteté) vous console  et vous serez consolés à Jérusalem »

Cette expression est importante.

Par exemple dans la Hagadah de Pessa’h :

« Baroukh hamaqom baroukh hou Baroukh shenatan Torah leAm Israël …

Dieu en tant qu’il donne la Torah est appelé le Dieu du pays d’Israël.  

 

Il ne faut pas garder la forme de ces enseignement mais en garder le contenu. Il y a un ’Hidoush qui a été renouvelé parce que perdu dans la traversée de la civilisation occidentale : il y a une sainteté naturelle des membres du peuple d’Israël qui est plus profonde que la sainteté acquise au niveau des vertus. C’est la sainteté qui consiste à être de la descendance des Patriarches et ceux qui s’adjoignent à cette descendance des Patriarches.

 

< fin >

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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