Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 17:11

Teshouvah 1985 – Suite & fin.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/teshouva/cours_1

Durée : 45,1 minutes
Face B

 

.../... Ce n’est pas un Midrash anti-arabe, mais c’est sa manière d’être universel.

Et vous avez remarqué à quel point l’israélien contemporain est fasciné par les perspectives de projet économique avec les états arabes. Je referme la parenthèse pour cet exemple-là.

 

Le 2ème exemple c’est celui avec Esaü. Esaü qui pour la typologie rabbinique est le principe de la civilisation romaine, civilisation romaine païenne puis chrétienne :

Alors Esaü demande à Dieu : qu’y a t‘il d’écrit dans ta Torah ?

Dieu répond : « Tu ne tueras pas ! »

Et Esaü répond: « Je ne peux pas, la bénédiction de mon père c’est Tu vivras de ton épée » !

Et tout se passe comme si effectivement, l’histoire rend compte de cela. La civilisation issue de Rome a été une civilisation qui a vécu de son épée : la fabrication d’armes. Cf. Marcel Dassault d’origine juive. C’est une chose inouïe cette civilisation qui vit de son épée : elle vit de la fabrique des armements qu’elle vend aux autres peuples pour qu’ils s’entregorgent. C’est sorti des civilisations européennes. Même un pays pacifiste comme la Suisse a un budget et une économie qui tourne autour de la fabrique d’armes. Surtout que les principes de la politique de certains états dépendent des intérêts industriels de la fabrique d’armement.

 

Je reprends la même question. De quoi parle-t’on ici ? On parle ici de ce qu’on appelle  en hébreu le Yetser HaRâ – la tendance au mal - l’instinct du mal. Dans la nature humaine, il y a un Yetser Hara, et cela se traduit en Ishmaël par plutôt le vol et en Essav par le meurtre...

C’est ainsi que la tendance au mal qu’il y a dans la nature humaine s’exprime dans telle ou telle culture.

 

Mais quelque soit la faute et l’énormité de la faute, est-ce que la clause du repentir ne compense pas ce risque de la faute ? Vous voyez à quel problème on est renvoyé.

Alors la réponse est que tout se passe comme si en dehors d’Israël, il y a incapacité de maitriser la notion de possibilité du repentir : l’idée que le repentir est possible et efficace.

 

Après je reprendrais le problème sur l’objection qui doit être sur toutes vos lèvres : les non-juifs parlent quand même du repentir pour leurs fautes, alors de quoi s’agit-il alors ?

 

Mais je voulais ainsi mettre cela en évidence : pourquoi selon ce Midrash les nations du monde refusent-elles la Torah ? C’est parce qu’elles sont incapables de penser que même s’il y a faute on peut retrouver la revirginisation de la conscience morale par le repentir. C’est comme cela que le Midrash et le Talmud expliquent ce cas particulier qu’Israël seul a reçu la Torah.

 

Et nous avons d’ailleurs un Midrash très connu qui nous dit que Dieu a créé 6 choses avant la création du monde. C’est-à-dire Dieu a fait exister les 6 conditions pour lesquelles le monde a un sens. Il faudrsait les énumérer, je ne vous les énumère pas.

 

[6 choses ont précédé la création du monde.

Certaines d’entre elles ont été créées.

Et certaines d’entre elles sont montées dans le projet d’être créées.

La Torah et le Trône de la Gloire ont été créés

Les Avot  et Israël et le Beit Hamiqdash et Shémo shel Mashia’h alou bemahasha’hvah leibareot sont montées dans le projet d’être créées. Mais Rabi Ahavah bé Rabi Yirah ajoute : aussi la Teshouvah]

 

Et puis le Midrash ajoute une 7ème dans le repentir.

Cela veut dire que le repentir est une des valeur qui est indispensable pour que le fonctionnement du monde soit possible. Avant que le monde ne soit créé dans la réalité de l’existence, il fallait que Dieu surmonte cette impossibilité qui s’appelle le repentir, que si une faute a été faite on peut l’annuler. Parce que sinon le fonctionnement de l’existence même mène à la damnation. Si l'on ne peut pas réaliser le Tikoun - la restauration de ce qui a été détraqué par la faute - alors le monde ne peut pas fonctionner, dès qu’il commence à fonctionner c’est sa damnation. Vous voyez, il y a ici une vision du péché originel qui est en dehors des catégories de la tradition juive à proprement parler qui est cette vision tragique que dès que l’histoire commence à fonctionner la faute mène le monde à la damnation. Vous voyez à quel point cette lecture du péché originel n’est pas juive! Cela a été hypertrophié par la conscience grecque (tragique) lisant la Bible des Hébreux.

 

Humour juif : le premier homme c’est-à-dire la première créature qui a eu le courage d’accepter les attendus de la destinée humaine (il y a une ingratitude vis-à-vis du premier homme qui est colossale dans ces religions du type péché originel : c’est Adam et ‘Havah grâce auxquels on existe mais on les charge des péchés de l’humanité : les premiers juifs boucs émissaires! Tous les vendredis soirs nous avons sur la table la Haskarah de Adam et ‘Havah : les 2 bougies qu’on allume l’une pour Shamor l’autre pour Zakhor. La Kavanah c’est l’anniversaire du premier homme et de la première femme qu’on célébre en allumant deux veilleuses.)

On nous raconte que le premier homme sur les conseils de la première femme a mangé une pomme et depuis tous les malheurs du monde se déversent sur le monde parce qu’il a mangé un pomme !?

Et que font les Juifs ? le jour de Rosh hashana ils prennent une pomme et la trempe dans le miel... !!!

 

Il y a eu une faute à l’origine. Je vais faire l’analyse en français mais il faut l’entendre dans le sens hébraïque : L’origine de toute faute, quand il y a faute, c’est la faute du premier homme. C’est-à-dire : « ce n’est pas Ta Loi qui est la Loi, c’est la mienne ! »

Je ne rentre pas dans les détails du texte qui est incompréhensible si on est pas initié au Midrash.  Mais qu’est-ce qui en ressort ? Quel est la tentation que le serpent donne au premier homme, et qu’est-ce qu’un serpent qui parle ?

Le serpent leur dit : Si vous mangez de ce fruit vous serez comme Dieu en ce qui concerne la connaissance du bien et du mal. Vou trouverez les critères de ce qui est bien et de ce qui est mal en vous : vous vous approprierez les critères de la loi morale. Ce n’est pas Sa loi qui est la loi c’est la mienne.

Dans l’histoire de la philosophie cela s’appelle l’humanisme : c’est l’homme qui décrète ce qui est bien et ce qui est mal.

C’est cela la faute du premier homme, mais c’est cela exactement le commencement de toute faute.

Quand je fais une faute – Dieu préserve – je me conduis d’après ma loi et noin d’après la loi du créateur. C’est cela la faute. C’est cela qu’on nous enseigne.

Cela veut dire qu’à l’origine de toute faute il y a cette faute-là qui consiste à se rebeller contre la loi morale. La première faute c’est la révolte. A nuancer : c’est l’ingratitude : profiter du fait qu’on a été créé libre pour jouer à l’être libre. Et comment joue-t’on á l’être libre ? La révolte !

C’est un problème de relation parentale entre père et fils qui se déclenche dès l’origine.

 

Le Midrash nous enseigne que la première préoccupation du premier homme Adam Harishone c’était de se demander si le rpeentir était possible Parce que si le repentir n’était pas possible, dès le premier geste de vie on est damné. Remarquez qu’en hébreu le mot de vie c’est ‘Hayim. La première lettre du mot de ‘Hayim c’est ‘Het. Le commencement de la vie c’est la faute.   

Le contre poison de ce poison c’est le repentir.

 

Midrash : lorsque le premier homme a fait la faute et qu’il s’est aperçu que la lumière décroissait alors il était inquiet. Il attendait comment pouvoir rédimer la faute. La première préoccupation n’est pas tellement l’obsession du péché que le désir de la possibilité du repentir : que le repentir soit vraisemblable et possible. La vie n’est pas possible si on ne peut pas se repentir  parce qu’on sait très bien que le premier geste de vie consiste d’abord par prendre quelque chose à quelqu’un.

 

Si on étudie le fonctionnement du Yetser Harâ c’est l’appétit d’être, l’appétit de jouissance. Sans être nourri de ces jouissances on n’existe pas. Et pour pouvoir exister on est donné au risque de la faute. Surtout dans les villes modernes tellement sophistiquées c’est caché.

 

L’analyse et le discours marxiste sur ce point reste authentique : dès que j’achète quelque chose à manger je participe à une faute d’exploitation qui a eu lieu quelque part de quelqu’un sur quelqu’un. Le fonctionnement économique fait que le pain que je mange est entaché de faute. Le fonctionnement de la vie fait que je suis donné au risque de la faute que je n’ai pas voulu faire. C’est parce que cela fonctionne comme cela que je suis pris au piège. Parce qu’il faut manger pour vivre, alors je suis obligé d’entrer dans le circuit économique qui est un circuit d’exploitation. Il y a automatiquement des riches et des pauvres. Comment est-ce possible ? Parce que le circuit économique est le lieu du problème moral et nous avons été créé comme homo-oeconomicus pour avoir à résoudre le problème moral. Chaque fois qu’il y a relation économique alors un problème moral se pose : est-ce que j’agis justement ou non ?

 

Donc le 1er souci du 1er  homme c’est de savoir s’il est possible de se repentir.

 

Un homme qui a l’exigence d’être juste est en souci perpétuel de conduite de Téshouvah. Parce que la vie mène à la faute que l’on n’a pas voulu faire. Nous sommes condamnés par le fait que nous sommes créés à être une capacité d’appétit de jouissances. Nous n’existons que parce nous recevons l’être. Mais recevoir l’être sans l’avoir mériter c’est cela le mal. Le seul moyen de mériter l’être que l’on reçoit c’est d’être capable de le donner à son tour. C’est un sujet qu’on étudie d’autre part.

 

Le souci du premier homme c’est de savoir s’il est possible de se repentir : lorsqu’il a rencontré Qaïn son fils. Le Midrash va à l’essentiel : la faute du premier homme c’est une faute entre l’homme et Dieu : "pas Ta loi mais ma loi !" Mais la faute du 2ème homme Qaïn est vraiment une faute morale, une faute de l’homme vis-à-vis de son prochain : Qaïn qui supprime autrui. On apprend par le récit biblique que Qaïn a fini par se repentir. Et le premier homme a rencontré son fils : il lui a demandé ce qui s’est passé entre le bon Dieu et lui : Il lui a répondu : on a fait un compromis !

Cela veut dire que le repentir est possible. Le repentir de Qaïn est le premier repentir historique. Après, lorsque Adam a appris qu’on pouvait se repentir, parce que Qaïn est le témoin qu’on peut se repentir, alors il s’est lui aussi repenti et il a dit le Psaume du Shabat : Mizmor Shir LéYom HaShabat, c’est le 1er homme qui l’a dit après avoir reçu de Qaïn l’enseignement que le repentir est possible. Il faudrait du temps pour étudier ce qui s’est passé dans la faute de Qaïn, et comment sait-on que finalement Qaïn peut bénéficier d’un sursis... ?

 

Ce n’est que lorsque les conséquences de la civilisation qu’il a fondé arrive à saturation de mal – on arrive au déluge – que cette humanité-là est condamnée. Mais elle a été à l’abri de toute une série de sursis dont la Torah raconte les péripéties. Il y a 7 sursis qui sont donnés à la civilisation de Qaïn, jusqu’au moment où la saturation de violence a mené à la supression de cette forme d’humanité par le déluge.

 

Voilà donc la première notion que je voulais mettre en évidence. Cela va nous permettre d’entrer dans le texte assez rapidement : la notion de repentir n’est pas une évidence de la pensée naturelle.

 

Pour deux raisons :

D’abord une raison de conception intellectuelle de la morale. Si je pense la morale d’après les lois de la raison, il y aurait une sorte d’injustice injustifiable, arbitraire, si une faute a été faite qu’elle puisse être annulée, qu’on puisse compenser les conséquences de cette faute. Un juridisme de la loi de type loi romaine n’admet pas que le repentir soit possible. Il n’y a pas de prescription. Dans la mesure où je suis confronté à une loi impersonnelle, il n’y a aucune discussion possible avec la loi impersonnelle : tu as fauté, il faudra que tu paies. L’idée que le repentir puisse améliorer le dossier du fauteur est une idée non rationelle. Et toutes les sociétés qui ont opté pour le juridisme légal sont en dehors précisément de cette notion du repentir possible. C’est un ‘Hidoush de l’hébreu. La possibilité du repentir vient du Législateur et non pas de la loi. Devant la loi il n’y a pas de repentir possible. C’est parce qu’il y a un législateur que le repentir peut être agréé. Je vous cite ce que dit le Talmud de Jérusalem, le Talmud Yeroushalmi dans Yoma :

 

On a demandé à la Sagesse : Celui qui a fauté quel est son sort ? La sagesse a répondu par un verset des Proverbes (13:21) :  חַטָּאִים, תְּרַדֵּף רָעָה    « les fauteurs seront poursuivis par le mal ».

Il y a une sorte de justice immanente inévitable qui fait que celui qui a fauté sera rattrapé par le malheur.

 

On a demandé à la Prophétie : Celui qui a fauté quel est son sort ? La Prophétie a répondu : La personne qui a fauté mourra !

 

Cela veut dire qu’on ne peut pas tricher avec la prophétie. Celui qui est vraiment responsable de la faute, il n’y a pas deux sanctions possibles. Si la mauvaise volonté est arrivée à saturation de mal, alors cette conscience est condamnée.

 

On a demandé à la Torah : Celui qui a fauté quel est son sort ? La Torah a répondu :  « Qu’il approche un sacrifice et il sera expié » !

 

On a demandé à Dieu : Celui qui a fauté quel est son sort ? Dieu a répondu : « qu’il se repente et Je lui pardonnerais ». 

 

La loi ne pardonne pas, c’est Dieu qui pardonne. C’est pourquoi toute cette mentalité qui croit et qui pense que confonté à la loi, il n’y a pas de salut possible, c’est une mentalité athée ! Cela veut dire qu’on ne considère par la loi comme la volonté du Créateur, mais à la manière de la loi romaine qui est un ensemble de principe légaux impitoyables.

 

Donc il y a déjà une première raison pour laquelle la notion de repentir n’est pas une notion inhérente à l’esprit humain. Elle est le résultat d’une révélation des prophètes. Les prophètes nous ont révélé que le repentir peut être efficace. Alors on a surmonté cette impossibilité intellectuelle et naturelle de la pensée naturelle.

 

Je reviens sur ce que je disais de la pensée naturelle. Elle peut être très sophistiquée, ce n’est pas la pensée primitive dans le sens négatif. C’est la pensée qui n’est pas informée par ce qu’a été la révélation biblique.

 

Et il y a une deuxième raison, c’est la question de la révésibilité-irréversibilité du temps. Il n’y a qu’en hébreu qu’on peut penser la réversibilité du temps et que l’on peut revenir au moment où la déviation a commencé pour restaurer cette déviation et reprendre la voie droite.

 

Pour conclure cette introduction :

Nous sommes tellemment familier de cet enseignement de la Bible que le repentir est possible qu’on n’a perdu de vue que pour la pensée naturelle il est impossible.

Nous allons lire le texte qui parle de la possibilité du repentir.

 

C’est une des manières d’approcher ce problème qui nous fait comprendre pourquoi seul Israël a accepté la Torah. Je ne vais pas étudier ce texte cela me prendrait trop de temps.

 

Chapitre 4 verset 7 :

On va étudier un point précis : l’importance de la liturgie collective du repentir.

Voilà ce que dit le verset :

 

Devarim 4.7:

 כִּי מִי-גוֹי גָּדוֹל, אֲשֶׁר-לוֹ אֱלֹהִים קְרֹבִים אֵלָיו, כַּיהוָה אֱלֹהֵינוּ, בְּכָל-קָרְאֵנוּ אֵלָיו

Ki mi goï gadol

Car quelle est cette grande nation

asher lo Elohim Qerovim elav

qui auraient des Dieux proches d’elle

Kashem Elokeinou

Comme celui qui est notre Dieu

Bekhol Qorénou elav

En tout ce en quoi nous l’invoquons ?

 

A propos de ce verset le Talmud met en évidence une controverse avec un verset d’Isaïe au chapitre 55 verset 6 :

דִּרְשׁוּ יְהוָה, בְּהִמָּצְאוֹ  ; קְרָאֻהוּ, בִּהְיוֹתוֹ קָרוֹב

Dirshou Hashem Behimatséou

Recherchez Dieu lorsqu’Il se trouve (lorsqu’Il est trouvable)

Qéraouhou Biheioto Qarov

Invoquez-Le lorsqu’Il est proche.

 

Et voilà la Guemara de Rosh hashana qui met en évidence une contradiction entre les deux versets : le premier verset lu dit que Dieu est proche de quiconque l’invoque. Sans restriction, et c’est le cas d’Israël. Il suffit d’invoquer parce qu’Il est proche lorqu’on l’a invoqué ! Mais le deuxième verset, celui d’Isaïe, dit : Dieu n’est proche qu’un certain temps de l’histoire, qu’à certain temps de l’année. C’est le problème de la liturgie des Atseret Yomei Tshouvah entre Rosh Hashanah et le jour de Kipour.  Pourquoi à cette époque de l’année en particulier ?

La Guemara répond : il n’y a pas de contradiction. L’un des versets concerne la conduite de la collectivité, le Tsibour, lorsqu’il fait Teshouvah. L’autre verset concerne le Ya’hid l’individu isolé du Tsibour. Je vais surtout analyser cela.

 

J’explique : le verset du chapitre 4 de la Parashah de Vaet’hanane concerne l’invocation de la commaunauté, de la collectivité. Je relis le verset :

« Car qui est une grande nation »

Une nation c’est l’ensemble, le klal, le tsibour la communauté...

« qui auraient des Dieux proches d’elle... »

 

Et il s’agit des autres nations qui n’ont pas accepté la Torah, c’est-à-dire le problème moral comme critère du salut de l’histoire de leur destinée...

C’est pourquoi le seul peuple qui est appelé « Goï » dans la Torah  c’est Israël. C’est très paradoxal !

 

Je vous cite le verset (II Sam.  7, 23, I Chron. 17,21):

וּמִי כְעַמְּךָ כְּיִשְׂרָאֵל, גּוֹי אֶחָד בָּאָרֶץ

« Umi kéamkha Israël, goy e'had baarets

Qui est comme ton peuple Israël nation unique sur la terre ? »

 

Le seule Goï sur terre c'est Israël : la seule nation qu’on peut valablement appeler une nation. Parce que qu’est-ce qu’une nation valable ? C’est un sujet qui s’étudie dans le Talmud et qui nous prendrait trop de temps, c’est une nation qui a accepté comme constitution la loi morale. Il n’y a aucun peuple qui a accepté que sa constitution soit la loi morale. Donc il n’y a aucun peuple qui soit digne d’être appelé « nation ». la différence entre Am עם   un peuple et Goï גוי     une nation, c’est que la nation c’est le peuple avec ses institutions.

Et donc seul Israël a la dignité de s’appeler une nation. Les autres sont des peuples. Le paradoxe, c’est qu’en français on dit « Israël et les nations », mais cela traduit "Oumot haOlam" et non pas le terme Goyim. Goyei Haarets c’est à un autre niveau.

"Et qui est comme ton peuple Israël nation unique sur terre".

Je vous le lis en hébreu, c’est un enseignement du Rav Kook :

 

וּמִי כְעַמְּךָ כְּיִשְׂרָאֵל, גּוֹי אֶחָד בָּאָרֶץ

uMi kéamkha Israël, goy e'had baarets

Et qui est comme toi Israël, nation une sur la terre?

 

Israël est une nation unie en Erets et pas ailleurs. Dans la diaspora, elle est dispersée mais elle est une en Erets Israël. C’est écrit en hébreu dans le verset.

 

Alors que pour l’individu, l’invocation est efficace lorsqu’on est dans les temps de proximité.

Lorsqu’Israël est en nation, il n’y a aucune condition pour l’invocation. Et vous voyez pourquoi les invocations ne sont pas efficaces. C’est parce que ce ne sont pas celles de la communauté unie. Dès qu’il y a division en factions, diaspora interne, alors la voix est arrêtée. C’est un sujet qu’il suffit d’indiquer comme cela pour en percevoir l’importance.

 

Je vous rapporte une histoire  des ‘Hassidim :

un jour un Rosh Yeshivah est entrée dans la synagogue de sa communauté et devant la porte il n’arrive pas à entrer. Ses élèves lui demande ce qui se passe. Il leur dit : je ne peux pas rentrer, c’est plein de prières, je ne peux pas entrer. Les prières n’étaient pas montées, elles s’étaient accumulées et cela empêchait le rabbin de rentrer.

 

La prière qui est exaucée c’est la prière de la collectivité comme collectivité.

Un rite qui est resté dans les communauté séfarades de langue espagnole : avant de dire la prière en commun chacun se tourne vers les autres et se salue de la main en pensant : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Avant d’avoir le droit de prier ensemble il faut faire la paix. Il faut être certain que la communauté est construite.

Les ‘Hassidim aussi connaissent cette Kavanah de la prière. L’idée est très claire :  la prière n’est authentique que si la communauté est authentique. Le principe c’est qu’on n’a pas le droit de prier dans une synagogue où on a un ennemi, ou du moins où l’on est l’ennemi de quelqu’un.

 

Si c’est le Tsibour, la communauté qui prie, elle est entendue. Si c’est l’individu c’est beaucoup plus difficile : là, il y a des règles et des conditions, des exigences...

 

Enseignement du ‘Hassidisme :

Tsibour : Tsadei-beit-vav-reish : Tsadikim Beinonim Vé Reshayim.

Il faut que tous soient là pour que la communauté soit là.

C’est important de comprendre cela.

Le judaïsme refuse cette notion de la communauté des parfaits, des justes. Une communauté où il n’y aurait que des justes n’est pas une communauté. Dans la vraie communauté, il y a tout le monde. C’est très important de comprendre cela.

La seule synagogue kasher c’est le Kottel parce qu’il y a même des touristes : il y a tout le monde !

 

Qu’est-ce qu’Israël ?

Ce n’est pas une église, ce n’est pas une synagogue.

Ce n’est pas une communauté d’élite.

Ce n’est pas à travers l’individu que l’humanité reçoit le message du salut. C’est à travers une collectivité parce que l’humanité c’est un universel. Et il n’y a qu’une collectivité qui peut représenter l’universel. Donc, Dieu n’a pas choisi une église ni une synagogue, Dieu a choisi un peuple. C’est-à-dire qu’un peuple représente l’universel humain, en tant que peuple. Pas en tant que communauté des saints. La communauté des saints ne représentent que les saints...

Or, ce qui est en question c’est le salut de l’universel et non pas le seul salut des saints. C’est le salut de la création du Créateur. Ce que cherche le Créateur c’est comment sa création peut être sauvée, et à travers qui cela peut passer. Pas à travers un ensemble d’individus et avec le salut personnel, mais à travers une collectivité parce que seul la collectivité représente l’universel.

 

Lorsqu’après la fameuse faute du veau d’or à la génération du désert Dieu propose à Moïse de fonder une religion qui se substituerait à la nation d’Israël, Moïse refuse. Parce que Moïse sait très bien que ce n’est pas le plan de Dieu :

Je vous rappelle les versets (Cf. Exode 32:10) :

« Dieu dit : Je vais annuler ce peuple parce qu’il a fauté, et de toi Je ferais sortir une grande nation (peuple) »

Moïse plaide en disant : "Rappelle-toi d’Abraham Isaac et Jacob à qui tu as promis leur descendance..."

Vous voyez la difficulté qu’il y a ici : c’est que même si une nation sortait de Moïse elle sortirait par là même d’Abraham, de Isaac et Jacob, puisque Moïse est un de leur descendant !

Mais c’est très différent ici les pères et le maître. Entre la nation qui sont les enfants d’Israël et les fils des pères et ce que serait « l’église » de Moïse, les disciples du maitre. Cette tentation que Dieu propose à Moïse : au niveau du peuple cela ne marche pas alors on va faire une église... Moïse refuse. Il sait très bien quel est le plan de Dieu.

.../...

lire la suite

 

*** 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Phil O'Semith - dans PENSÉE JUIVE
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche