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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 13:48

Teroumah (1996)


Terouma - Tetsaveh (1996)
  2ème Partie

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/terouma_serie_1996/cours_1

Face B

 

…/…

Les taumaturges, pour ne pas dire les sorciers, africains donnaient comme consigne que si on rencontre une bête sauvage il ne faut jamais avoir peur parce que la peur secrète des odeurs que l’animal perçoit et ils deviennent agressifs, surtout au niveau des yeux.

C’est cela l’explication des martyrs chez les chrétiens dans les jeux romains où les animaux sauvages avaient peur et venaient s’agenouiller devant tel ou tel saint...   

 

Q : L’histoire du juste qui priait… ?

R : C’est un Midrash à propos de Zousia :

Zousia priait pour une malade et n’obtient pas de réponse. Finalement Dieu lui répond qu’il a ses raisons pour ne pas guérir l’enfant. Zousia insiste.. insiste... insiste. Dieu lui répond, Je vais la guérir mais Je t’enlève ton monde à venir. Zousia fut alors content d’être certain de servir désintéressé dorénavant. Dieu lui répondit: Puisque c’est ainsi Je te rends ton monde à venir...

 

 

***

 

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר

Vayedaber Hashem el-Moshe lémor

Et Hashem a parlé à Moïse pour dire.

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Daber el-beney Yisra'el

Parle aux enfants d’Israël…

 

Tout se passe comme si Dieu dit à Moïse :

Parle aux enfants d’Israël et que le résultat soit qu’il m’apporte une offrande.
Cela veut dire : Débrouille-toi avec ton génie pédagogique, le problème est le tien, tu vas faire en sorte que d’eux-mêmes ils apportent une offrande. 

Moïse est ainsi celui qui a été capable de faire que la loi hétéronome devienne autonome. 

C’est le génie du pédagogue. Moïse doit s’effacer entre la loi et Israël, et le signe que Moïse a réussi c’est lorsqu’on ne parle plus de lui.

C’est Torat Mosheh. Et lorsqu’on dit Stam Torah on sait que c’est Mosheh Rabénou.

Comme pour Stam Mishnah : on sait que c’est Rabbi Méir.

 

Tout le monde sait quel est le génie qu’il y a derrière, mais sa grandeur et sa réussite est de s’effacer entre Dieu et l’homme.

 

Le contenu de ce génie pédagogique est très précis. C’est le sens du mot ‘Hinoukh en hébreu :

-  Lé’hanekh = éduquer

-  ’Hanoukah = inaugurer

 

Le Rav Kouk nous a enseigné quel est le lien de ces deux sens : il faut éduquer un enfant jusqu’à sa Bar-Mitsvah pour qu’il puisse y être autonome et en principe se passer du Mena’hekh pour le remplacer par le Dayan – celui qui dit quel est le Din. Mais jusqu’à la Bar-Mitsvah le Dayan est Me’hanekh. Et alors on lui fait ‘Hanoukah Babayit. On l’inaugure comme un être autonome.

 

La réussite de l’éducation dépend de l’éducateur sur ce point, c’est lorsque l’éducateur sait ne pas être médiateur. (Sorte de transfert sentimental) Il faut se méfier de tout éducateur qui impose à l’éduqué des relations personnelles, de quelqu’ordre que ce soit, ce qui est interdit par la loi.

 

Le cas particulier de Moïse c’est que dans toutes les religions, il a été le seul à ne pas être divinisé.

La faute serait de diviniser Moïse. C’est la faute du veau d’or avec le Erev Rav.

 

C’est la différence avec le chritianisme qui va ériger le maître comme médiateur. La figure qu’ils adorent cache la divinité d’Israël : alors qu’ils prétendent qu’elle le dévoile, elle le cache..

 

Beaucoup de candidats à la conversion que je refuse parce qu’ils ont des tempéraments Goï et qu’ils ne peuvent pas se passer du médiateur. Je les envoie chez les pères Dubois pour qu’il en fasse de bons chrétiens. Quoique depuis quelques années je les envoie chez les ’Hassidiques..

 

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Daber el-beney Yisra'el

Parle aux enfants d’israël

וְיִקְחוּ-לִי תְּרוּמָה

Veyik’hou-li troumah

Et ils prendront pour moi une offrande…

 

C’est très Pshat : débrouille-toi : si tu ne réussis pas c’est que tu n’es pas Moïse, mais je veux que le résultat soit qu’ils m’amènent une Troumah. Et qu’est-ce qu’une Troumah ?

 

 מֵאֵת כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ, תִּקְחוּ אֶת-תְּרוּמָתִי

me'et kol-ish asher yidvenou libo

de la part de tout homme porté par son coeur

tik’hou et-troumati.

Vous prendrez Mon offrande…

 

Cela veut dire qu’une offrande est une offrande que si elle est apportée par le coeur qui porte à être généreux. S’il y a une autre motivation que la générosité du coeur, ce n’est pas cachère. C’est là que Kant se sépare de la Bible.

 

Pour Kant, la motivation la plus insidieuse c’est cette générosité du coeur : si c’est sentimentalement que je sers le devoir, c’est impur. Il faut servir le devoir parce que c’est le devoir. Si une mère aime son fils parce que c’est son fils, ce n’est pas un amour authentique. Il faut aimer son fils parce que c’est un devoir d’aimer son fils... D’où vient ce travers chez Kant ? C’est qu’il est un prussien, un quiétiste, un protestant. Les protestants sont toujours trés gêné lorsqu’un sentiment vient se mêler à l’application d’un devoir.

 

W. Jankelevitch disait des Allemands qu’ils avaient une baillonnette à la place de la colonne vertébrale tandis que les français pétillent comme le champagne...

 

Note de Rashi 

Sur וְיִקְחוּ-לִי תְּרוּמָה

Veyik’hou-li troumah

Et ils prendront pour moi une offrande…

 

Rashi a rassemblé énormèment de sources que nous avons dans le Midrash.

Il va lire Li comme Lishmi : en Mon Nom.

וְיִקְחוּ לִי תְרוּמָה

 לִי לִשְׁמִי 

C’est un de ces Rashi qui semble simple. L’explication habituelle : Je n’ai pas besoin de ce que vous m’apportez et par conséquent ce Li ne doit pas être compris Pshat : ce n’est pas pour Moi que vous allez apporter une Teroumah offrande, le monde entier et toutes ces valeurs M’appartiennent, donc c’est Lishmi en Mon Nom. Et d’après ce que nous avons étudié : ce n’est pas à celui qui a transmis le commandement  qu’il s’agit d’intentionner la Mitsvah : surtout pas à Moïse.

Si Li signifie Lishmi alors Lishmi signifie LeShem Shemi. Au Nom de Mon Nom.

Il y a donc une réalité qui s’appelle le Nom de Dieu, et il ne faut pas que Moïse prenne sa place.

 

Les Kabbalistes expliquent que le nom de quelqu’un surtout lorsqu’on parle de Dieu, mais c’est vrai de toutes personnes : que connait-on de quelqu’un lorsqu’on connait son nom ?

VéAnokhi Yidartikha Bé-Shem - Je me ferais connaitre de toi par mon nom ou je te connaitrais par ton nom... etc. On est tellement habitué à ces expressions bibliques mais il faut les comprendre.

Si je connais quelqu’un par son nom, qu’est-ce que je connais ? A qui cela fait-il allusion ?

 

La Kaballah répond quelque chose de très profond : je connais sa manière de vouloir ce qu’il a l’habitude de vouloir. Je le connais vraiment, je sais quel est son style de volonté.

 

Il y a une équivalence pour la Kaballah entre Shmo (Shin-Mem-Vav) = « son nom » = 346  et Ratson (Resh-Tsadik-Vav-Noun) = 346.

 

C’est enseigné à propos du principe Hou ouShmo E’had  Lui et Son Nom sont Un.

Rashé Tevot: Hou. Hou c’est donc Hou ouShmo E’had.

 

Hou, Lui, je ne peux pas connaître, mais ce que je peux connaitre c’est ce qu’il a révélé de sa volonté.  Rashi : c’est pour Sa volonté à Lui que j’apporte la Troumah.

 

Dans les rapports entre personnes on aurait quel cas : c’est vouloir soi-même comme l’autre veut. Non pas acquiescer passivement, mais vouloir ce que l’autre veut.  

 

Pirqey Avot :

Que le Kavod de ton ’Haver te soit aussi cher que le tien.

 

Qu’est ce que le Kavod de quelqu’un ? C’est son Ratson !

Ritsono Shel Adam Kevodo !

 

Comment honore-t’on quelqu’un ?

En admettant que c’est sa manière de vouloir qui passe avant. C’est cela faire Kavod à quelqu’un.

 

Nous trouvons le lien entre ces catégories-là dans la phrase :

Baroukh Shem Kevod Malkhouto Léolam Vaed.

 

C’est cela Lishmi : parce que c’est Moi qui l’ait demandé, c’est pour Moi.

Non parce que j’en ai besoin mais pour honorer ma volonté.

 

Il y a une phrase de la prière où c’est dit en clair au moment de la sortie d’Egypte.

Malkhouto Kiblou Aleem BeRatson.

Cela veut dire accepter la souverainté de quelqu’un non pas avec bonne volonté mais en voulant ce qu’il veut.

 

***

 

La 1ère notion que j’ai tenté d’élucider c’est que le génie de Moïse c’est précisément que Dieu s’adresse à lui en disant « Parles aux enfants d’Israël... tu dois leur parler pour que le résultat soit qu’isl prennent une Teroumah pour Moi... etc... »

 

On voit là la tache énorme de Moïse : d’arriver à faire que la Torah qui est révélée de façon transcendante au Sinaï au point que le Midrash va dire que Dieu a renversé la montagne sur eux dans une contrainte absolue (il n’y a pas plus d’hétéronomie que cela) - arriver à faire qu’Israël la veuille de lui-même. Tant qu’on est pas arrivé à ce stade où je veux ce que la Torah veut, on n’est pas arrivé.

 

Ce n’est que quand on arrive à vouloir par soi-même ce que la Torah veut – et c’est un niveau au dessus – c ‘est le ’Hassid qui veut ce que la Torah veut, alors que le Tsadik est celui qui fait ce que la Torah veut... le ‘Hassid veut ce que la Torah veut.

 

Maïmonide dans Shmoneh Prakim :

2 sortent de Tsadikim

-          Ceux qui font mais sont malheureux de le faire : Tsadik vé-Râ Lo.

Ils sont malheureux de le faire mais il faut bien le faire puisque c’est la vérité. C’est le conflits des instincts. Ils sont malheureux à cause du Yetser Hara.

La Guémara dit quelque chose de très frappant pour exprimer cela :

Oï limi yotsri ! oï li mi yetsri !

Malheur à moi du coté de créateur et malheur à oi du côté de mon intinct !

 

On pourrait croire que c’est la tragédie absolue mais ce n’est pas le cas parce que c’est mon Créateur qui m’a donné mon instinct...  Donc cela s’arrange quelque part.

Il y a les dualistes qui sont vraiment tragiques, les Grecs : le monde provient d’un absolu et Dieu de l’autre... et ce que demande Dieu, le monde demande le contraire... comme on est en dualisme il n’y a pas d’issue. Si on est en monothéisme, il y a bien entendu une issue et il faut étudier comment cela s’arrange entre le Yetser et le Yotser.  C’est le problème du conflit entre l’instinct et le devoir.

 

Q :

R : Les Avot ont vécu la Torah sous forme de Midah alors que les Bnei Israël la vivent sous forme de Mitsvah. Quant on est ‘Hassid on est au  niveau des Avot.  

 

Q : Pourquoi est-ce que « Hayom haHou Hi Hashem E’had ouShmo E’had » est formulé au futur ?

R : En ce jour comme c’est déjà le cas Hi Hasheme E’had dans son être pour le monde entier

OuShmo E’had – et Son Nom sera Un ce qui n’est pas encore le cas, parce que chaque peuple l’appelle avec un Nom différent, c-a.d. fait apparaitre un visage différent. Et il arrivera donc un jour ou non seulement  Hi Hashem E’had – comme c’est déjà le cas – mais ou OuShmo E’had – comme ce n’est pas encore le cas.

La Kaballah va plus loin : OuShmo E’had ie. Son Nom sera le mot E’had.

Dans le Sefer Torah : Shemâ avec un grand Ayin et E’had avec un grand Dalet.

Une des explications est que actuellement on se trouve à un stade où il y a 70 noms de Dieu (Ayin). Il arrivera un stade où il n’y aura que le Nom de 4 lettres (Dalet). Et c’est le témoignage ED que Israël doit porter. Le Ayin et le Dalet formant le mot Ed témoignage. 

 

***

 

Mosheh est appelé « Ish haElohim ».

Il est capable par lui-même de parvenir à ce niveau-là en tant que Ish au niveau Elohim.

Midrash Raba pour expliquer Ish HaElohim dit : « ‘hetsio oulmatah ish, ‘hetsio oul maalah Elohim »  « Sa moitié inférieure homme, sa moitié supérieure Elohim ». Alors c’est donc Dieu ?

On voit pourquoi c’est difficile.

“Hetsio, oulmatah ish, ‘hetsio, oul maalah Elohim” 

« Sa moitié inférieur est plus basse que sa moitié inférieure les hommes

Sa moitié supérieure est plus haute que sa moitié supérieure Dieu »

Il est entre Dieu et l’homme, ce n’est pas qu’il est homme-Dieu

C’est la définition du prophète par excellence.

 

C’est Judah Halévi qui explique dans les niveaux de l’être :

[dats'ham, acrostiche de dommem, tsoméah, 'haï, médaber]

L’inerte

le végétal

le vivant

le vivant parlant = l’homme

le navi

Dieu.

 

Lui est le Navi par excellence : entre Dieu et les hommes, c’est ce que signifie Ish HaElohim. Il est le porte-parole de Dieu pour les hommes, capable d’entendre Dieu et de parler aux hommes. C’est cela sa force. Après Moïse et après les Prophètes en général, les hommes parlent mais n’entendent rien.

 

Les lettres du Nom Mosheh inversées donnent Hashem – le nom.

Mosheh est le véhicule où le Nom peut se révéler.

 

< fin >

 

*****

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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