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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 20:19

Terouma (1994)

 

Terouma (1994) 1ère Partie

 

Je vais lire les deux premiers versets et vous me direz ce qui vous frappe dans leur formulation.

 

Teroumah 25:1-2

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר

Vayedaber Hashem el-Moshe lemor.

 

Il y a ici un sujet d’étude important : certains commandements sont introduits par Vaydaber et d’autres par Vayomer. Cela a une signification. Certains sont introduits par Vaydaber Hashem et d’autres par Vaydaber Elohim, Vayomer Hashem ou Vayomer Elohim...

C’est une étude qui est peu souvent faite. Voir en particulier à ce sujet l’enseignement du Malbim.

 

Il y a deux indications dans l’ensemble du verset :

Vayedaber Hashem el-Moshe

Et Hashem a parlé à Moïse.

Il y a une difficulté supplémentaire qui vient des Taamim

 Lémor

Pour dire

 

Le sens le plus simple en est le suivant : Dieu parla à Moïse jusqu’à ce que Moïse puisse dire à Israël...

Il y a deux parties dans le verset. Vayedaber Hashem el-Moshe /  lemor.

Le lémor a pour sujet Moïse : pour que Moïse dise...

 

En fait c’est un peu plus difficle : ceux qui connaissent les Taamim remarquent qu’il y a en fait : Vayedaber Hashem / el-Moshe lemor

alors que la traduction que j’ai faite demanderai que ce soit cantilée de la manière suivante :

Vayedaber Hashem el-Moshe /  lemor - ce qui n’est pas le cas.

 

Cela signifie tout simplement que cette Mitsvah transmise par Mosheh à Israël, concerne Moïse d’une certaine maniére.

 

Q : les traducteurs lisent ce verset : « Dieu parla à Moïse en disant... »

R : les traducteurs rencontrent des difficultés, d’abord parce que c’est trés dur de traduire l’hébreu en français et plus encore en français littéraire. Avec le temps la connotation du français littéraire change. Les traductions de fin du dernier siècle, faites par de grands savants, sont actuellement illisibles par changement de style du français.

Ce mot de lémor qui est dans ce verset introduisant ce que Dieu transmet à Moïse pour qu’il le transmette à Israël, mais on ne sait pas ce que Dieu dit à Moïse. On connait le résultat de cette  révélation à Moïse : qu’il puisse transmettre à Israël ce qui suit : ....

Dieu a parlé à Moïse lémor jusqu’à ce qu’il arrive à dire ce qui suit... lémor pour dire, pour que Moïse dise à Israël.

 

Dans le Talmud existent des controversees sur telle ou telles signification ou telle ou telle enseignement : Mal’hoquet. On est divisé sur la manière dont il faut comprendre le verset. Ou de savoir ce que le verset étant entendu ce que cela implique. Il est évident que tous les ‘Hakhamim du Talmud connaissaient l’hébreu. Ils connaissaient l’hébreu traditionnel et l’hébreu de la révélation avaient le même sens du verset. La controverse n’était pas sur la compréhension du verset, mais étant donné le sens du verset comment en comprendre les implications pour la conduite dans l’histoire. La controverse ne porte jamais sur le sens du verset. Mais étant donné son sens, quelle conséquence en tirer pour ce qu’il y a à faire ou à comprendre suivant tel ou tel événement ou telle ou telle péripétie dans l’histoire.

Le mot de Lémor c’est le lieu ou la Mal’hoqet risque d’être possible. 

Chaque fois qu’une Mitsvah est introduite par un verset sans le terme Lémor, il faut s’attendre à ce qu’il n’y ait aucune Malhoquet dans la Guémara. 

 

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ-לִי תְּרוּמָה

Daber el-beney Yisra'el

Parle aux enfants d’Israël

 Veyik’hou-li troumah

Et ils prendront pour moi une offrande

 

Teroumah = un prélévement de telle sorte que ce qui est prélevé est mis à part pour l’offrande.

Le sens est genéral :

et parles aux enfants d’Israël de telle sorte qu’ils prennent pour Moi.

 

Mais en fait si nous lisons strictement, il faut lire exactement comment l’hébreu est formulé :

Parles aux enfants d’Israël, et que le résultat du fait que tu leur parles soit que au futur Veyik’hou-li ils prennent pour Moi, troumah une offrande, il faudrait mettre une virgule, l’accent sous Teroumah s’appelle Atna’h chez les Sfardim et Etna’hta chez les Ahkenazim – une sorte de point virgule.

 

מֵאֵת כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ, תִּקְחוּ אֶת-תְּרוּמָתִי

me'et kol-ish asher yidvenou libo

de la part de tout homme porté par son coeur

tik’hou et-troumati.

Vous prendrez Mon offrande.

 

On va commencer à réfléchir à la première question qui se pose sur la forme du verset :

Parle aux enfants d’Israël, et qu’ils prennent pour Moi une offrande.

 

La forme habituelle qui introduit un commandement que Moïse est chargé de donner à Israël :

Daber el-beney Yisra'el lemor Qe’hou li

Prenez pour Moi...

Ce serait un ordre sous forme de l’impératif.

 

Nous sommes là devant un probléme extrêmement important que je vais tenter de formuler ainsi :

Moïse est l’intermédiaire entre Dieu et le peuple pour la transmission de la révélation.

Première question très générale : pourquoi tout simplement faut-il un intermédiaire entre Dieu et le peuple ? C’est le problème des religions qui instaure un médiateur entre Dieu et les hommes.

Dans la cohérence de l’enseignement de la Torah elle-même, comment comprendre la nécessité de Moïse entre  Dieu et le peuple pour que Dieu transmette au peuple ce qu’il a à transmettre ?

 

Nous connaissons le cas particulier de Dieu parlant directement aux hommes dans l’épisode de la révélation du Sinaï.

D’abord ils ont demandé à ce que Dieu parle Lui-même.

Lorsque le peuple a dit « kol asher diber Hashem naassé » cela sous-entendait que Dieu nous parle. Et quand Dieu leur a parlé, la preuve qu’ils cherchaient et attendaient leur a été donné et à ce moment-là ils ont demandé que ce soit Moïse qui leur parle : sachant dorénavant que lorsque Moïse parle c’est Dieu qui parle.

 

Pourquoi Moïse doit-il être intermédiaire entrre Dieu et le peuple ?

Cela nous semble normal par le fait de l’habitude, mais nous y sommes habitué à posteriori mais apriori il aurait été normal, si vraiment Israël est Israël, que Dieu s’adresse à Israël directement. Et donc cela se référe à une question même beaucoup plus général : pourquoi était il nécessaire qu’il y ait des prophétes en Israël ? 

 

Retour au pied du Sinaï.

Relire attentivement le chapitre 19 de Shemot dans la Parashah de Yitro.

Moïse au pied du Sinaï reçoit un 1er message avant même qu’il soit question des 10 commandements.

 

Yitro 19:6

וְאַתֶּם תִּהְיוּ-לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ:  אֵלֶּה, הַדְּבָרִים, אֲשֶׁר תְּדַבֵּר, אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

« Ve atem tihyou li mamlekhet kohanim vegoï qadosh  eleh hadevarim asher tedaber el-beney Yisra'el»

Et soyez pour Moi une royauté de prêtres et un peuple saint voici les paroles que tu dois raconter aux enfants d’Israël.

 

C’est la 1ère chose qu’on apprend. D’après la précision même donnée par le chapitre 19, le 3ème  mois de la sortie d’Egypte, le 3ème jour, Dieu se révéle à Moïse et le charge de transmettre à Israël le message suivant.

 

Yitro 19:3-6

וּמֹשֶׁה עָלָה, אֶל-הָאֱלֹהִים; וַיִּקְרָא אֵלָיו יְהוָה, מִן-הָהָר לֵאמֹר, כֹּה תֹאמַר לְבֵית יַעֲקֹב, וְתַגֵּיד לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל

OuMoshe alah el-ha'Elohim vayikra elav Adonay min-hahar lemor koh tomar leveyt-Ya'akov vetageyd livney Yisra'el.

Et Moïse alla vers Elohim, Hashem l’appela depuis la montagne pour dire : ainsi tu dois dire à la maison de Jacob et raconter aux enfants d’israël

אַתֶּם רְאִיתֶם, אֲשֶׁר עָשִׂיתִי לְמִצְרָיִם; וָאֶשָּׂא אֶתְכֶם עַל-כַּנְפֵי נְשָׁרִים, וָאָבִא אֶתְכֶם אֵלָי

Atem re'item asher assiti le-Mistrayim va'esa etchem al-kanfey nesharim va'avi etchem elay.

Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Egypte et je vous ai porté sur les ailes des aigles et vous ai emmené à Moi.

וְעַתָּה, אִם-שָׁמוֹעַ תִּשְׁמְעוּ בְּקֹלִי, וּשְׁמַרְתֶּם, אֶת-בְּרִיתִי--וִהְיִיתֶם לִי סְגֻלָּה מִכָּל-הָעַמִּים, כִּי-לִי כָּל-הָאָרֶץ

Ve'atah im-shamoa tishme'u bekoli ushmartem et-briti viheyitem li sgulah mikol-ha'amim ki-li kol-ha'arets.

Maintenant si vous m’obéissez et gardez mon alliance, vous serez pour moi une Segoulah parmi tous les peuples car à Moi toute la terre

וְאַתֶּם תִּהְיוּ-לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ:  אֵלֶּה, הַדְּבָרִים, אֲשֶׁר תְּדַבֵּר, אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

« Ve atem tihyou li mamlekhet kohanim vegoï qadosh  eleh hadevarim asher tedaber el-beney Yisra'el»

et vous serez pour Moi un peuple de prêtres et une nation sainte, voici les paroles que tu dois raconter aux enfants d’Israël.

 

Vous avez eu l’expérience de la sortie d’Egypte vous l’avez vécu, et vous avez donc l’expérience que la sortie d’exil peut prendre fin. Et maintenant que vous avez eu cette expérience :

Vous serez pour Moi un peuple de prêtres et une nation sainte, voici les paroles que tu parleras aux enfants d’Israël.

 

Jusque-là nous sommes au chapitre 19 du livre de Shemot, avant le chapitre 20 des 10 commandements, il n’est pas question, et il n’y a aucune allusion à l’éventualité à laquelle nous nous sommes habitués à postériori comme une sorte de nécessité, qu’il y ait cet évenement du Maamad Har Sinaï de la révélation des 10 commandement du Sinaï.

 

Nous sommes à ce stade où Moïse est chargé de transmettre au peuple un message bien précis : puisque vous avez eu l’expérience de la sortie d’Egypte, vous allez devenir pour Moi le peuple de prêtres pour le reste de l’humanité...

 

Que signifie qu’Israël est un peuple de prêtre ?

Cela veut dire que c’est l’ensemble des prêtres de l’humanité

 

En fait ce projet, qui est le projet à priori de l’histoire d’Israël par rapport à l’histoire universelle, n’a encore jamais pu se réaliser pour deux raisons :

 

ð  une raison intérieure : Israël n’a encore jamais été capable de ce niveau de vocation

ð  une raison extérieure : l’humanité a refusé.

 

L’expérience messianique est l’expérience d’un temps où effectivement ce projet de l’histoire d’Israël à la sortie d’Egypte finira par se réaliser. D’une part, le peuple d’Israël sera capable d’être un peuple de prêtres pour l’humanité et non plus seulement, comme c’est le cas maintenant, un peuple qui a lui-même besoin de prêtres. Et d’autre part que l’humanité y acquiesce.

 

Il est possible que 2000 après nous soyons au bord d’une époque où peut-être cela commencera à devenir évident : l’humanité commence à acquiescer au projet de Dieu pour l’histoire d’Israël.   Israël est un peuple à part pour guider l’humanité en vue de ce témoignage que l’exil peut prendre fin. Il y a d’abord premièrement la référence à une expérience historique qu’Israël seul a eu. C’est le seul peuple dont l’histoire est faite de l’expérience suivante : exil-délivrance de l’exil.

 

On oublie par habitude l’importance que ce couple de notion Galout-Gueoulah a par définiton pour la foi d’Israël. Devant qui prions-nous ? Gaal Israël c’est la dernière invocation avant de commencer la Tefilah, la Amidah. Il y a en Israël une expérience historique que la Gueoulah est possible, alors la prière est possible : la prière s’adresse à Dieu en tant que Goël parce qu’il y a expérience historique, une certitude, une connaissance par mémoire historique que la Gueoulah est possible.

 

Comme c’est la Gueoulah que nous demandons dans toute prière alors cela nous donne la possiblité de commencer la prière. Après l’évocation de Gaal Israël on commence...

 

Voilà ce que dit le chapitre 19 de Shemot : vous avez eu l’expérience que la Gueoulah est possible, vous allez en devenir les témoins pour l’humanité.

Le monde entier a appris d’Israël que la situation de Galout peut finir. C’est cela que le monde entier a appris d’Israël. Je le formule souvent d’une manière simple : il faut découvrir que le monde entier est censé croire en la foi du Dieu d’Israël. Israël est un tout petit peuple, mais il y a dans l’histoire universelle, à travers les siècles et les millénaires, une sorte d’adhésion massive et colossale de la foi de l’humanité entière au fait de Pessa’h, ce que les Chrétiens appellent la Pâques et qui est le symbole pour eux de ce que le salut est possible. 

 

Sans entrer dans l’explication de ce que les Goyim comprennent à leur manière la signification de Pâques pour eux, Pessa’h on sait que c’est cette certitude que l’exil peut prendre fin. 

 

Il y a une explication métaphysique très simple : au fond l’humanité entière est à la recherche du salut et chaque tradition exprime cette recherche à sa maniére. Ce qui est exprimé chaque fois c’est le fait de sortir de la condition de créature qui est une condition d’exil : la condition de créature est la condition d’un être exilé du Créateur. Le fait pour le Créateur d’avoir créé la créature consiste à avoir mis la créature en exil du Créateur. Il faut donc être sauvé de la condition de créature. C’est ce que toute créature ressent à sa manière, confusément et inconsciemment, et chaque tradition l’exprime à sa manière, mais c’est au fond toujours la même chose dont il s’agit. Et voilà que l’humanité découvre un peuple dont c’est le témoignage historique purement et simplement.

 

Les Juifs n’ont pas besoin de parler pour qu’on sache quel est le témoignage qu’ils portent surtout dans la fin d’exil. Quelqu’en soit le caractére invraisemblable l’exil peut prendre fin. C’est invraisemblable qu’aprés une telle massivité d’épaisseur de durée de 2000 ans, l’exil prenne fin et qu’il y ait un obstacle puisque des Juifs refusent de sortir d’exil. C’est semble-t’il impossible de sortir d’exil. Cela fait 2000 que nous espérons sortir d’exil et cela oblige à prendre conscience que 2000 ans c’est énorme : en principe on ne peut pas. Et au moment où l’on peut on ne sort pas.

 

***

 

Q : Est-ce que la Gueoulah est un processus qui traine et dure dans le temps : Talmud : 2000 de Tohou 2000 ans de Torah et 2000 ans de processus messianique ?

 

R : Non. Il n’y a pas processus. Il y a : « Alpaïm shanah tohou alpanim shanah torah al païm shanah yemot hamashia’h ». Yemot hamshia’h n’est pas un processus. Et il faut faire attention de ne pas en faire une sorte de programmation de fatalité.

Dans l’histoire humaine des 6 premiers millénaires qui aboutiront au 7ème millénaire, il y a 2000 ans de chaos qui vont de Adam Harishon à Abraham. Ensuite 2000 ans de Torah, de révélation, qui vont depuis Abraham jusqu’à la fin de la révélation. Le temps de Ezrah et Nehémie. Et 2000 ans de Yemot Hamashia’h, ce qui signifie  le temps où le Mashia’h aurait pu apparaître et que la Gueoulah se fasse. Mais la Gueoulah c’est un instant. Par exemple lors de la sortie d’Egypte toute une discussion de la Gemarah consiste à savoir quand c’est minuit, le moment de la Gueoulah. Par exemple, le moment de la naissance : c’est un instant. Quand Moïse arrive devant la mer rouge, il a cherché un passage à gué et dès qu’il l’a trouve il a dit « A Guéoulah ! »   

Cela veut dire que pendant 2000 ans pouvait advenir (si on l’avait mérité, et lorsqu’on l’a mérité c’est le plus vite possible) le moment qu’on appelle de la révélation du Messie, c’est à dire la délivrance messianique. Ce n’est pas un processus qui dure 2000 ans.

 

Q : Dans les Sli’hot : « kets hagueoulah » ?

R : Cela veut dire la fin, le moment de la fin, le temps fixé pour que cela arrive.

Yemot Hamashia’h = 2000 ans les jours du messie, cela ne veut pas dire que cela prend 2000 ans pour pouvoir sortir d’exil. Cela veut dire que tout pendant ces 2000 ans cela pouvait être le moment où l’on sort d’exil.  Mais c’est en un clin d’oeil et on ne se rend pas compte que c’est arrivé, et on est en retard. Ta question montre qu’il y a toute une mentalité de l’exil qui intoxique l’espérance messianique elle-même. Toute une série de questions qui démontrent que les Juifs cherchent des arguments pour rester en exil.

 

Q : Gueoulah perçue comme délivrance de l’humanité ?

R : Non la Gueoulah c’est la fin de l’exil. Que signifie « Gaal Israël » : que Dieu nous a délivré de l’asservissement d’Egypte et à partir du moment où l’on a passé les minuits de la Gueoulah elle est arrivée. A partir de cela, tu élargis la notion dans un niveau d’espérance messianique qui est réel mais qui est au-delà et qui est la fin du processus de l’histoire de l’univers jusqu’au passage de ce monde-ci au monde à venir, ce qui est tout à fait autre chose..

Le terme de Gueoulah a un premier sens précis concret : la fin de l’exil.

« Asher gaal et avotenou memitsraïm »

 

Q : pas compris ce temoignage d’Israël en tant que délivrance de la condition d’exil de la créature

R : analyse plus ample :

1ère remarque :

On doit remarquer l’impact qu’a eu dans l’humanité l’histoire d’Israël. Or, Irsaël est un tout petit peuple. On s’est tellement habitué à cela qu’on ne s’habitue plus de son caractére massif. En Occident une quantité considérable d’individus dans le monde de la chrétienté avec un phénoméne de civilisation énorme en 2000 ans d’histoire. Une humanité qui n’a rien à voir avec Israël directement à l’origine et qui commence à renoncer à se prendre pour Israël et qui considére sa foi comme étant la foi en le Dieu d’Israël. Pessa’h c’est la Pâques juive. Cela vient d’ailleurs de l’araméen. Le doublet araméen de Pessa’h en araméen est Pass’ha qui est devenu Paskah en grec, d’où l’adjectif pascal et c’est devenu Pâques avec la trace du S dans l’accent circonflexe.

 

Il y a d’autre part le problème de l’islam en Orient, d’une toute autre manière, mais c’est quelque chose d’assez analogue : l’humanité entière frappée par ce qui s’est passé dans l’histoire d’Israël.

Ce qui est dans notre mémoire que l’exil peut prendre fin. C’est trés étonnant : en principe, d’exil on ne sort pas. Guémara : « d’Egypte on en sort pas ». 

 

Il y a eu une époque où les Juifs pris au piège de l’Europe, les Juifs ne pouvaient pas en sortir. Puis un jour le piège s’est brisé. Et les Juifs ont pu être délivrés d’Europe. Lorsque c’est le temps de l’exil c’est un piège fermé et on ne sort pa d’exil. Cf. le texte de la Torah où Dieu s’exprime plusieurs fois de suite en disant : « n’oubliez pas ce que J’ai fait pour vous en Egypte, et afin que vous sachiez et que vous racontiez à vos enfants et aux enfants de vos enfants... »

 

Pourquoi une telle exagération d’importance ? Parce qu’en princpe on ne sort pas d’une situaiton d’exil mais voilà qu’on en sort quand même !

 

C’est le miracle de la sortie d’Eypte : il faut que Dieu intervienne pourqu’on puisse sortir d’Egypte.

 

La preuve c’est que les Juifs même quand ils le peuvent ne sortent pas d’exil. Et alors un des alibis qu’on se donne pour rester dans l’exil c’est cette question. C’est très difficile de sortir d’exil. De cela le peuple juif au jugement dernier sera jugé durement. C’est dit en clair : la 1ère question du jugement dernier : as-tu espéré en la délivrance ? C’est finalement les Juifs qui sont responsables de leurs propres malheurs.

 

Par conséquent, cette indication du chapitre 19 du livre de l’Exode : « vous avez vu ce que J’ai fait à l’Egypte » et sa suite : « vous allez devenir pour Moi un peuple de prêtres... »

 

Il faut suivre le raisonnement du chapitre : Israël a eu une expérience qui va l’instaurer comme peuple de prêtres de l’humanité. L’humanité sait qu’il y a quelque part un peuple qui a la preuve qu’on peut sortir d’exil.

 

Aprés la guerre Elie Wiesel a fait la remarque suivante : à partir de la fin de la guerre, il y a eu un phénoméne de librairie considérable sur ce qui concerne les Juifs, le judaïsme et Israël. Durant mes études avant la guerre mondiale, il n’y avait srtictement aucun livre sur le judaïsme. Actuellement on trouve ce qu’on veut. En France tous les jours au moins trois titres sur le judaïsme. Il y a des maisons d’éditions spécialisées ... Les éditions du Cerf dirigées par des Jésuites....

Nombres d’érudits juifs qui ne travaillent que pour cette maison d’édition...

Les hebdomadaires font des dossiers sur les Juifs et leur histoire...

 

Elie Wiesel : comment s’expliquer un tel phénoméne ?  

L’humanité entière a découvert subitement qu’elle vit sous la menace de la destruction en découvrant la bombe atomique. C’est effectivement la 1ère fois dans l’histoire des civilisations que  l’humanité se reconnait mortelle en tant qu’humanité.  Mais elle découvre un peuple à la sortie des camps, qui a toujours vécu comme cela : vivre sous la menace de la destruction totale. Alors il lui demande comment il a fait...

 

C’est quelque chose d’analogue : L’humanité a un probleme de destinée humaine et elle découvre un peuple qui porte le temoignage de l’espérance de délivrance de ce probléme. Qu’est-ce que l’humanité a trouvé dans cette expérience de la fin de l’exil ?

C’est ce que j’ai nommé une espérance de salut.

La condition de créature est une condition d’exil.

 

Toutes les traditions humaines, qu’elles soient religieuses ou philosophiques ou littéraires ou autres, ont une sorte de quête d’être sauvé. Sauvé de quoi ? Chaque tradition va le définir à sa manière.

 

Exemple :

Lors qu’un chrétien parle du salut, il s’agit d’être sauvé de la mort. Mais la mort vient d’où ? La mort vient du péché. Mais le péché vient d’où ? Le péché vient de la loi. Donc il s’agit d’être sauvé de la loi.

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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