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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 18:29

Shlah Leha (1985)

555 01 02

 

Parasha - Shelah (1985)  - 1ère Partie 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/chelah_lehha_serie_1985/cours_1

Face A

 

 

La Parashah Shela’h est assez longue mais du point de vue du problème historique, c’est ce que l’on connait habituellement en français sous le nom de l’affaire des explorateurs.

 

Nous avons étudié précédemment le programme qui était donné pour la sortie d’Egypte, en particulier au début de la parashah de Vaéra du livre de Shemot. Ce sont des choses que je vais rappeller qui sont de l’ordre de l’évidence historique, mais étant donnée la nature de l’histoire d’Israël au niveau de la réalité, et pas seulement au niveau de son projet de vérité, on est obligé de les étudier et de l’approfondir.

 

Un principe qui devrait aller de soi, qui simplement tend à se renseigner par information,  sur ce que dit le récit de la bible, concernant le projet de la sortie d’Egypte, c’est de traverser rapidement le désert en 11 jours de marches d’après ce que nous savons des textes, depuis la sortie d’Egypte à proprement parler. Cf aussi la parashah de Beshala’h dans le livre de Shemot. Et là, au début de la parashah Shela’h : si les choses s’étaient passées normalement... à partir du moment où Israël accompagné du Erev Rav, tout ceux qui sont sortis d’Egypte en même temps que les tribus d’Israël sans en faire partie, s’ils étaient sortis d’Egypte pour accomplir le projet de la sortie d’Egypte : ils seraient arrivés en Erets Israël trés rapidement : 11 jours de marches, si on avait suivi le chemin de la côte qui est appelée dans le récit de la Torah Derekh Erets Peloushtim.

 

C’est l’expression employée dans la Parashah de Beshala’h du livre de Shmot.

 

Très rapidement sur ce point, c’est que le pays que l’on appelle à ce moment du texte, le pays de Kenaan, parce qu’il était occupé par un certain nombre de peuplades, 7 suivant le texte, ou 10 ou 13, suivant que l’on compte tout le pays de Kenaan des 2 rives du Jourdain, ou simplement depuis le Jourdain jusqu’à la mer, il y a différentes populations suivant que cela concerne tout Erets Israël ou bien simplement la partie d’Erets Israël qui va du Jourdain jusqu’à la mer. 

 

Chaque fois que se trouvent les versets qui énumérent ou 7 peuples ou 10 peuples ou 13 peuples, cela revient au même puiqu’il s’agit des peuplades qui occupaient la terre nommée jusque là Erets Kenaan, nommée ainsi d’aprés le nom de la peuplade la plus forte, les Cannanéens.

 

Alors que cette terre était appelée au temps de Patriarches Erets ha Ivrim, la terre des Hébreux.

 

En particulier, un verset très précis dans le livre de Bereshit, lorsque Joseph est convoqué par le Pharaon pour qu’il lui explique ses rêves et qu’il lui demande qui il est, Joseph lui dit : « car j’ai été capturé du pays des Hébreux ». Gn. 40.15 : כִּי-גֻנֹּב גֻּנַּבְתִּי, מֵאֶרֶץ הָעִבְרִים

Et d’après le contexte Pharaon comprend de quoi il s’agit.

 

Cette terre faisait partie, depuis la distribution des terres aux différentes nations issues de la tour de Babel, de l’héritage de Shem et elle est la terre de la lignée des Hébreux. Ever est un descendant de Shem et elle a été occupée par toute une série de peuplades, pas forcément sémites, en particulier le peuple de Kenaan qui est un descendant de ‘Ham.

 

Pendant ce temps, les Hébreux étaient en exil, en particulier dans la civilisation d’Our-Kasdim d’où Abraham est sorti. 

 

La 1ère fois que le texte nous parle d’Abraham, chapitre 14.13 de Bereshit,  il est appelé « Abram haIvrit ».

 

Le projet de la sortie d’Egypte était donc de rejoindre le pays d’Israël, nommé Erets Kenaan jusqu’à un certain stade. Elle va recevoir un nouveau nom dans la parashah de Shela’h lekhah.

 

Si le projet de la sortie d’Egypte avait pu se réaliser directement, immédiatement, un peu de façon idéale dans l’ordre du récit, mais on va se heurter aux difficultés de la réalité, alors cela aurait été directement 11 jours de marches en traversant la côte, que l’on appelle Erets Pelishtim.

 

C’était le comptoir dans le pays de Kenaan tout ce qui va depuis Aza (Gaza), Ashkelon, Ashdod toute cette bande côtière-là s’appellait Erets Pelishtim, occupée par une peuplade qui n’était ni de Shem ni de ‘Ham mais de Yafet, les Caftorim suivant un Midrash. (Les Crêtois).

 

Par le suite, l’histoire à partir de Rome qui a occupé la Judée à partir de la destruction du 2nd Temple, a donné à ce pays le nom de Palestine qui est le nom de Erets Pelishtim, la terre de Phillistins. Mais son nom biblique jusqu’à la sortie d’Egypte c’est Erets Kenaan.

 

La 1ère question que nous allons nous poser est de savoir pourquoi cette terre s’appelle Erets Kenaan. La réponse Pshat que je viens de donner c’est qu’elle est nommée du nom de ses occupants, et parmi les 7, 10 ou 13 peuplades, les Cannanéens était la population la plus forte.

 

Et puis, voilà qu’il y a eu les 40 ans dans le désert, c’est-à-dire que dans le 1er projet cette parenthèse n’était pas du tout prévue. Voir surtout à ce sujet les premiers versets du livre de Devarim. 

 

11 jours pour arriver en Erets Kenaan.

 

Nous savons la nécessité de cette parenthèse car le peuple tel qu’il se trouvait au moment de la sortie d’Egypte comportait deux genres de peuples : les descendants des tribus que la Torah appelle les Bnei Israël et le Erev Rav tout ceux qui se sont adjoints à eux que la Torah appelle « ha-âm » le peuple. Chaque occurence du terme « le peuple » c’est l’indication d’identité « Erev Rav».

Chaque fois que le terme est Bnei Israël, il s’agit des descendants des tribus des Hébreux en exil depuis la famille de Jacob. Et lorsque nous avons l’expression ha-âm Bnei Israël c’est les 2 à la fois.

 

Nous avons vu précédemment les différentes illustrations de ces différenciations de nomination.

 

Le récit montre qu’une fois arrivé au désert, l’attitude du peuple est de mettre fin au programme de la sortie d’Egypte avant la dernière étape qui est l’entrée en Erets Israël.

 

Je reviens au 1er point : celui de la nomination de cette terre comme Erets Kenaan.

 

Nous allons étudier un Midrash, sur un verset que je vais vous indiquer, et ensuite je vous lirais un autre Midrash montrant la problématique de l’appartenance de cette terre.

C’est un problème assez mystérieux ce fait que c’est un terre qui est objet de contestation et de réclamation de la part de nombreux peuples, à des degrés différents. C’est un problème tellement énorme qu’il dépasse la raison humaine, à des niveaux différents par l’humanité entière. Chacune se réclamant de motivations particulières, religieuses, historiques ou politiques. C’est un phénomène tellement massif que l’on s’habitue aux choses les plus énormes sans en voir l’énormité.

 

C’est d’autre part une terre dont tout le monde est censé savoir selon le seul témoignage historique que l’humanité entière a accepté pour des raisons de foi ou non qu’elle est censée être la terre promise à Israël...

 

Ces deux événements-là sont différents mais se rejoignent dans la même perplexité.

 

Cela veut dire d’une part, qu’il faut comprendre pourquoi l’humanité entière réclame cette terre, par réclamation particulière et spécifique déléguées à travers la chrétienté, l’islam....

 

Et d’autre part pourquoi, alors qu’il semble évident que c’est la terre d’Israël, le peuple d’Israël est lui-même en perplexité dans sa propre relation avec sa terre ?

 

Toute la difficulté de la sortie d’Egypte est d’accomplir la promesse des Patriarches. Ne sortent d’exil que ceux qui sont apparemment sensibles à cela. Et voilà qu’arrivé dans le cadre du désert, on la refuse ! 

 

Il y a un enseignement du Maharal tiré du livre Guévourot Hashem qu’il a consacré à toute cette époque de la sortie d’Egypte, de la traversée du désert et de l’arrivée en Israël, qui dit ceci : 

Si c’était la génération de la sortie d’Egypte qui était elle-même entrée en Erets Israël, il n’y aurait jamais eu de contestation sur le lien entre le peuple d’Iraël et la terre d’Israël.

Cette première contestation de l’humanité entière sur le lien direct apparemment évident entre le peuple d’Israël et la terre d’Israël n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait pas cette même problématique de perplexité et de doute dans le peuple d’Israël lui-même.

 

C’est un problème auquel on a fini par s’habituer dans la réalité mais qui au niveau théorique est invraisemblable et incompréhensible. Devant un probléme aussi massif, on ne peut pas le comprendre au niveau des explications partielles. C’est une question tellement énorme qu’on l’a fait éclater en petites parties pour lesquelles on tente de donner des problématiques d’explications partielles qui ne font qu’évacuer la massivité du problème global.

 

Je reprends la formule du Maharal : « si la génération de la sortie d’Egypte était elle-même entrée en Erets Israël, il n’y aurait jamais eu un problème de cet ordre ».

 

D’après le Maharal de Prague, si les Bné Israël étaient entrés en Erets Israël, autrement dit s’ils n’avaient pas commis la « faute des explorateurs », ils y seraient restés pour toujours, et n’auraient pas connu les exils dans lequels ils furent plongés (cf. Netsa'h Israël chap. 8 ).

 

Le Maharal nous oblige à considérer le problème de l’intérieur : si c’était la génération de la sortie d’Egypte, dont c’était le programme, le projet (la question est de savoir pourquoi les Hébreux sont sortis de l’Egypte ?) et les textes bibliques qui en parlent sont très clairs :

Il y eut une intervention de Dieu pour les faire sortir d’Egypte, car d’Egypte on ne sortait pas, et c’était bien en vue d’accomplir les promesses faites aux Patriarches : ce qui revient 100 fois dans les versets de donner à la descendance d’Abraham, de Isaac et de Jacob, dans son identification précise et rigoureuse, (Abraham mais pas Lot, Isaac mais pas Ishmaël, Jacob mais pas Esaü...) la terre promise aux Patriarches.

 

Il faut retrouver cette étonnement devant cet événement massif et la familiarité que l’on en a nous fait oublier le problème : la génération qui précisément est sortie d’Egypte pour cela, ne veut pas entrer en Erets Israël !!! 

 

Il y a donc un problème intérieur qui est la clef du problème extérieur qui reste incompréhensible si on ne l’étudie pas au niveau requis. Qu’y a t’il sur cette terre pour que l’humanité entière la réclame contre toute évidence ? 

 

Lorsque les Chrétiens affirment que c’est la terre où s’est révélé leur messie, c’est une explication seconde, à postériori. Cela déplace le problème un peu plus haut : et pourquoi c’est là précisément que cela s’est passé ?

 

L’islam dit 2 choses au sujet de la terre : la descendance d’Ishmaël, l’origine éthnique, c’est l’héritage d’Abraham notre père mais le Coran fait d’Ishmaël l’héritier et non Ishmaël. Et Mahomet a eu le rêve de son envol sur une jument ailée depuis la montagne du temple, donc cela appartient à l’islam…

 

Début de verset de la Sidra :

 

13:1-2

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר

Vaydaber HM el Mosheh lémor

Dieu s’adressa à Moïse en disant

שְׁלַח-לְךָ אֲנָשִׁים, וְיָתֻרוּ אֶת-אֶרֶץ כְּנַעַן, אֲשֶׁר-אֲנִי נֹתֵן, לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל: אִישׁ אֶחָד אִישׁ אֶחָד לְמַטֵּה אֲבֹתָיו, תִּשְׁלָחוּ--כֹּל, נָשִׂיא בָהֶם

Shlach-lecha anashim

veyatourou et-erets Kena'an

asher-ani noten livney Yisra'el

ish echad ish echad lemateh avotav tishlachu kol nasi vahem.

Envoie toi-même des hommes pour explorer le pays de Canaan, que je destine aux enfants d'Israël; un homme, un homme par tribu paternelle vous enverrez, chacun prince parmi eux.

 

Il y a intérêt à lire le texte précédent où nous voyons une mise en doute des promesses préalables et on enchaine sur la mise en doute de la promesse centrale qui est celle la terre.

 

Shela’h lekha anashim

« Envoie pour toi des anashim »

 

Lorsque la Torah emploie ce terme anashim pluriel de « ish » celui-ci ne veut pas dire simplement homme dans son sens usuel, mais homme de valeur, de grande personnalité...

 

Question : pourquoi lekha ?

Parashat Lekh lekha, le midrash explique ce «lekha» : pour toi, pour ton bien.

Ici l’explication du Midrash est très différente : cela signifie « envoie si tu veux »  si tu le juges nécessaire, et si tu envoies, c’est toi qui envoies, engageant ta responsabilité...

 

Des anashim : gens de valeurs, en qui tu auras confiance, et c’est toi qui les choisira.

Dieu va ensuite aider en inspirant Moïse à choisir ces chefs des tribus.

 

Vayatourou et erets knaan

qu’il visitent le pays (dans le sens d’en faire un rapport au peuple)

 

On traduit habituellement « qu’ils explorent » mais le terme n’est pas celui d’explorer dans le sens d’espionner mais plutôt dans celui du tourisme.

 

Quel est l’enjeu ?

C’est que c’est la promesse d’une terre qui vaut la peine d’y habiter erets hatovah et qu’ils rapportent un témoignage d’exploration au peuple que la terre est bien conforme à la promesse : la terre où coule le lait et le miel.

 

Cela nous fait comprendre pourquoi le Midrash dit « Shla’h lekhah ». C’est que Dieu ne juge pas cela nécessaire mais Moïse a ses raisons pour le demander et le décide.

 

D’où la question : Pourquoi est-ce devenu nécessaire ?

Est-ce qu’il n’allait pas de soi, s’agissant de l’accomplissement d’une promesse, d’aller jusqu’au bout ? Est-ce qu’il n’y a pas là, encore une fois, un doute grave dans la foi ? S’agit-il encore d’une épreuve de la sincérité et de l’authenticité de la foi ?

 

« Erets kenaan... asher ani noten livney Yisra'el

Que je donne aux enfants d’Israël »

 

Il faut expliquer pourquoi il s’agit d’Erets Kenaan

Que je donne aux enfants d’Israël... l’implication c’est « pas au Erev Rav ».

Ce sont les Bnei Isrraël qui sont concernés par la terre et s’il y a doute c’est que ce doute vient d’ailleurs. Après, nous verrons que lorsqu’il y aura cette catastrophe et que les explorateurs reviendront eux-mêmes paniqués de ce qu’ils ont vu, alors c’est le terme de ha âm , le peuple qui va de nouveau être employé par le texte.

 

On est habitué à l’idée que Israël envoit des explorateurs dans la Golah, alors imaginez que les communautés de la Golah envoient des explorateurs en Israel pour faire une rapport à leurs communautés : cette terre est-elle bonne, est-elle celle de la promesse ? Imaginez le résultat !

 

ish echad ish echad lemateh avotav tishlachu kol nasi vahem.

 « un par tribu, vous enverrez vous choisirez des princes parmi eux »

 

Analyse de l’expression Vayatourou et erets knaan :

 

Au début du chapitre 15 :

15:1

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe lemor

15:2

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם: כִּי תָבֹאוּ, אֶל-אֶרֶץ מוֹשְׁבֹתֵיכֶם, אֲשֶׁר אֲנִי, נֹתֵן לָכֶם

Daber el-beney Yisra'el ve'amarta alehem ki tavo'u el-erets moshvoteychem asher ani noten lachem.

Parle aux enfants d'Israël et dis-leur: Quand vous serez arrivés dans le pays de vos habitations que je vous donne.

 

Vayedaber Adonay el-Moshe lemor…

Après toute cette histoire, la génération va être condamnée car elle a suivi le rapport des explorateurs et il est annoncé que cette génération restera dans le désert et que leur enfants entreront dans le pays de Kenaan.

 

Daber el-beney Yisra'el

ve'amarta alehem

 ki tavo'u el-erets moshvoteychem

asher ani noten lachem.

 « Et Dieu dit à Moïse, parle aux enfants d’Israël... »

 

Je crois que c’est important que dans ces textes il s’agit toujours de Bnei Israël : si les Avot ont reçu une promesse qui ne peut pas être réalisée : elle sera réalisé par les enfants.

 

ve'amarta alehem

Tu diras à leur sujet,

ki tavo'u el-erets moshvoteychem

lorsque vous viendrez aux pays de vos habitations

(=moshevotem => le pays de votre ishouv, le pays où enfin vous serez installés)

 

L’origine du concept est dans Parashat Vayeshev 37.1:

וַיֵּשֶׁב יַעֲקֹב, בְּאֶרֶץ מְגוּרֵי אָבִיו--בְּאֶרֶץ, כְּנָעַן

« Vayeshev Ya'akov be'erets megourey aviv be'erets Kna'an.»

et Jacob s’intalla comme chez lui dans le pays où ses pères avaient voyagé comme étrangers.

 

Ce pays est appelé ici « le pays que je vous donne ».

Commence toute une série de prescriptions de rites dans le culte du temple.

Voilà ce que dit le Midrash sur le chapitre 15 :

 

Daber el-beney Yisra'el

ve'amarta alehem

 ki tavo'u el-erets moshvoteykhem

lorsque vous arriverez dans le pays de votre habitation

(résidence au sens de s’intaller de façon définitive)

 

L’expérience d’Israël après 2000 ans d’exil est énorme. Le fait d’arriver dans le pays a quelque chose de mystérieux.

 

Midrash :

Rabbi Zakaï a dit : voilà ce qu’Israël dit (pourrait dire) devant Dieu :

« Ribono Shel Olam, dans tout endroit de la Torah, Tu appelles ce pays Erets Kenaan, et ici le pays de votre résidence ? »

 

[ La Torah appelle ce pays Erets Kenaan. Par conséquent, le problème d’Israël à qui Dieu à travers cette Torah donne cette terre Erets Kenaan. D’où ce qui semble justifier la contestation des nations et la perplexité d’Israël lui-même vis-à-vis de leur terre de Kenaan ? Mais dans ce verset enfin tu nous dis « le pays dans lequel vous allez vous installez »... vous êtes chez vous ???

Dieu leur a répondu : « Par votre vie, je l’ai donné à Abraham ».

 

Je rappelle une analyse importante : en hébreu, chaque fois que le peuple parle de cette promesse que Dieu a faite de cette terre, il n’emploie jamais le mot de promesse mais le mot de donner. Ce n’est pas c’est « la terre promise » c’est « la terre donnée ». Ce terme de « terre promise » est indexé à toute une interprétation théologique de nature chrétienne dans laquelle la terre est seulement promise. Mais la terre est déjà donnée ! Pour l’obtenir il faut le mériter, s’y installer...

Si je parle de terre promise, il y a toute une serie d’implications : Dieu vous l’a promise pourquoi la prendre ? Attendez qu’Il vous la donne...etc

 

Une belle traduction de André Chouraqui : « la terre de promission ».

 

Dieu leur a dit : « par votre vie ! Je l’ai donné à Abraham et à Isaac et Jacob, et tous les trois nous le savons du texte. Dieu répond donc : prend mon texte et tu verras écrit dans Mon texte.

« Et c’est le fils qui hérite du père ». C’est pourquoi ici je vous dis qu’elle s’appelle « Erets moshevotem ».

 

[Je crois qu’il est important de lire ce Midrash à la lettre. Ce don de la terre aux Pères, n’est réalisé que lorsque les enfant en héritent. Cela signifie qu’elle devienne la terre où ils vivent. Si les enfants d’Israël revenus de leur exil sont vraiment chez eux dans la terre donnée à leur père, alors à postériori cela confime que la terre a été donnée. Sinon elle s’appelle encore Erets Kenaan.]

 

« Et pourquoi Kenaan a mérité que cette terre soit appelée de son nom ? »

 

Il y a là une réponse inouïe du midrash.

 

« Parce que lorsque Kenaan a entendu qu’Israël arrivait, il a fait place nette ! »

« Alors dit HQBH : tu as ouvert la porte ? la terre sera appelée de ton nom. »

 

Ce Midrash est extraordinaire ! Il y a un privilège de nomination à ceux qui ont été les gardiens de la terre, bien qu’étant les occupants concurrents, pendant qu’Israël n’y était pas.

On ne peut trouver ce Midrash que chez les rabbins juifs (sans pléonasme).

 

Ce que dit le Midrash c’est que la Torah a donné cet honneur à Kenaan tant qu’elle n’était pas « erets moshavetekhem ». Tant qu’Israël n’y est pas, elle s’appellera Erets Kenaan. C’est la récompense du fait d’avoir gardé la terre tant qu’Israël n’y était pas.

 

Le maire de Nataniah de l’époque s’appellait Benamou.

Il avait invité des Sheikhs arabes avec qui il négociait du temps de sa jeunesse l’achat des terrains de toute cette bande côtière qu’on appelle Erets Pelishtim, depuis l’Egypte jusqu’à Naariah là-haut. Tout cela était du sable et c’est lui qui était chargé par l’état d’Israël d’acheter ces terrains-là. Il évoquait cela avec ses amis arabes, leur demandant pourquoi ces négociations pour une terre que vous savez à nous ? « Il faut payer les années de gardiennage tant que vous n’étiez pas là... »  

 

Dans le Zohar un texte dit que la descendance d’Abraham par Ishmaël est la seule de tous les peuples de la terre qui a le pouvoir d’occuper cette terre tant qu’Israël n’est pas là.

 

C’est ce que confirme cette anecdocte.

 

Cette terre c’est erets moshavetekhem . Ce terme est une sorte de qualification pour Erets Israël très précise qui renvoie à l’histoire d’Israël en Galout pendant toute l’histoire du monde mais qui a une terre qui est nommée par le nom de Kenaan tant qu’Iraël n’est pas là, honneur donnée à Kenaan, à condition que Kenaan au moment où Israël revient, ouvre la porte. Ce qui n’a pas tellement été le cas.

 

C’est un cas unique qu’un peuple revienne sur sa terre et la rachète !

Imaginez les Européens arrivant en Amérique et achetant l’Amérique aux Indiens ? 

Ils se sont débrouillés autrement.

Vous me direz que les Europpéens ne sont pas originaires d’Amérique du Nord ?

Qui le sait ?

 

Aucun peuple au monde ne peut dire avec certitude d’où il est. Il peut simplement indiquer la terre qu’il a conquis en arrivant. Mais personne ne sait d’où il vient.

C’est un verset très claire des prophètes : « on rachétera le champ avec de l’argent »

 

La fin du Midrash est très importante :

Alors dit HKBH : puisque tu as ouvert la porte, la terre sera appelée de ton nom. »

Et Je te donnerai une belle terre comme ta terre ».

 

Dieu parle à Kenaan : puisque tu as achevé ta mission de gardiennage d’une terre que tu as occupé aussi par la force...

 

Et Je te donnerai une belle terre comme ta terre.

 

Et laquelle ? L’Afrique !

 

Le commentaire dit : on peut supposer que l’intention du Midrash, c’est Akarta c’est à dire Tunis.

 

Dans ce pays il y avait les comptoir phéniciens et ce sont eux qui ont conquis ce pays qu’on appelle aujourd’hui la Tunisie.

 

.../...

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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