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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 11:46

Parasha - Shemot + Vaera( 1985) II


 

  

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/chemot_vaera/cours_1

Face B

 

  .../...

C’est la tentation de Moïse à Midian. Jusque-là, il n’y a eu aucune révélation à Moïse.

 

Nous avons vu la dernière fois l’enseignement sur la vocation de Moïse et cela a mis en évidence la difficulté à laquelle on assiste pour la mise en train des événements qui mèneront à la sortie d’Egypte. Ce thème a différentes dimensions.

Je rappelle brièvement la raison essentielle pour laquelle ces événements qui doivent être les événements où s’accompliront les promesses de la fin de l’exil – cf. les derniers chapitres de Bereshit où l’éventualité de l’exil déjà avait été annoncée  aux Avot.

 

Une des raisons principales c’est que l’annonce de l’exil qui va être celui des enfants de Jacob descendant rejoindre Joseph en Egypte devait durer 400 ans. Et l’accélération des événements a fait qu’il a fallu anticiper la date de la fin de cet exil, pour deux raisons corollaires :

- la gravité de la persécution s’accentue.

- le risque d’assimilation à l’identité égyptienne s’accentue.

 

Nous avons déjà étudié le lien entre ces deux raisons.

Chaque fois que nous voyons qu’un événement annoncé par la prophétie doit se réaliser par anticipation, avant son temps prévu ou son temps normal, il joue toujours deux raisons majeures,  l’une interne et l’autre externe. L’une concerne l’identité d’Israël à ce moment-là et l’autre concerne la relation d’Israël avec le monde extérieur. C’est le cas pour le déclenchement des événements de la sortie d’Egypte.

 

Alors nous allons admettre par postulat que tant les Hébreux que les Égyptiens, au moment où ces événement de la sortie d’Egypte vont se déclencher, sont déjà au courant de cette tradition qui vient du temps des Avot qu’il y a 400 ans prévus pour ce que je vous ai appelé le contrat de travail en ce temps-là entre Israël en gestation et la civilisation du temps.

 

Et lorsque Moïse, par son diagnostic personnel des événements, décide de déclencher par lui-même, et apriori de toute révélation qui le lui indiquerait, ces événements [parce que son diagnostic lui a permis de comprendre par lui-même que les deux raisons évoquées précédemment jouent – le risque de dénaturation d’identité par l’assimilation et le risque de disparition de l’identité par la persécution] Moïse va se heurter à un double obstacle : d’une part de la part des Hébreux eux-mêmes – nous aurons souvent à refaire l’analyse des obstacles que le peuple d’Israël lui-même met à la fin de son propre exil.

 

L’analogie avec la période contemporaine : le temps est arrivé et tout se passe comme s’il y avait une résistance à se réaliser soi-même et une tendance à différer les promesses – et d’autre part une résistance de l’Egypte elle-même. Tous les deux sont au courant d’une tradition d’un terme annoncé à l’exil. Ce à quoi finalement - c’est probablement ainsi que travaille la loi de l’inertie – l’Egypte s’était habitué : avoir des Hébreux en son sein ; et les Hébreux s’étaient habitués à vivre en Egypte à son service.

 

Il y a donc un obstacle qui apparait. C’est dans ce contexte que nous est enseignée la prise de conscience par Moïse de sa propre vocation. D’une part décrocher de l’identité égyptienne, et d’autre part de tenter de rejoindre l’identité hébraïque. Il en est déçu et il s’enfuit pour s’installer à Midian.

 

A la fin de cet épisode de Midian se produit le dernier moment de la ré-identification de Moïse par lui-même. Il se connait comme n’étant pas rattaché à l’Egypte mais n’étant pas non plus rattaché à quelques ersatz d’Israël, l’exemple en étant ici Midian, il se ré-identifie comme hébreu. 

 

Midrash :

Au moment de la vision du buisson ardent, Dieu s’adresse à Moïse, et c’est la 1ère fois que Moise a une révélation. « Mosheh, Mosheh » : le Midrash dit que Dieu l’appelle en prenant la voix de son propre père Amram.

 

A partir du moment où Moïse s’est identifié, Dieu confirme à Moïse que le diagnostic que Moïse avait fait était le bon et le confirme dans sa mission.

 

Chapitre 3 verset 6:

וַיֹּאמֶר, אָנֹכִי אֱלֹהֵי אָבִיךָ, אֱלֹהֵי אַבְרָהָם אֱלֹהֵי יִצְחָק, וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב; וַיַּסְתֵּר מֹשֶׁה, פָּנָיו, כִּי יָרֵא, מֵהַבִּיט אֶל-הָאֱלֹהִים

Vayomer anokhi Elohey avikha

Il dit : Je suis le Dieu de ton père

Elohey Avraham Elohey Yitschak ve'Elohey Ya'akov

Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob

vayaster Moshe panav ki yare mehabit el-ha'Elohim

Moïse se couvrit le visage, craignant de regarder le Seigneur.

 

Pourquoi la formulation au pluriel Elohei et non El qui aurait suffit ?

C’est un thème que je vous signale en passant. 

 

On voit l’identification : « le Dieu de ton père ».

Si d’abord on s’identifie par rapport à sa filiation propre personnelle, alors la filiation par le Qlal Israël est possible. D’abord Elohei Avikha et ensuite Elohey Avraham Elohey Yitschak ve'Elohey Ya'akov.

 

Pourquoi est-ce important ici ? Parce que précisément ce qui est en question pour Moïse c’est la décision de savoir comment il s’affilierait à l’identité hébraïque de l’Egypte ou à son identité d’adoption qui est égyptienne. Il y a donc un effort d’épuration d’identité. Et c’est au moment où cet effort a été suffisamment fait qu’il y a révélation d’évidence et que l’événement peut commencer. 

 

On ne prend pas garde au fait que l’initiative de la sortie d’Egypte a premièrement été prise par Moïse lui-même a priori de toute révélation.

 

C’est un thème important : le fait que l’initiative de la fin d’un exil vient d’abord de l’homme lui-même. Nous avons rencontré ce thème la première fois avec Abraham. Le modèle est celui de la sortie d’Abraham d’Our-Kasdim. Nous revivons le même problème.

Il y a toute une perplexité autour du temps contemporain exactement de la manière dont cela s’est passé en Egypte. A la sortie d’Egypte, le temps est arrivé mais il y a une perplexité sous prétexte que cela ne vient pas « d’En-haut » ! Mais c’est d’abord l’étape de l’initiative prise par le peuple lui-même. Et ensuite seulement la révélation vient. Et la révélation vient simultanément au niveau des événements et au niveau de la prophétie.

 

Au niveau des événements celui qui voit voit. Nous ne sommes plus à Paris mais à Jérusalem !

Au niveau de la capacité prophétique, c’est premièrement le fait que nous puissions lire ces textes avec leur sens contemporain. 

 

***

 

Toute la révélation depuis le verset 4 est au nom de Hashem.

 

Chapitre 3 Verset 7

וַיֹּאמֶר יְהוָה, רָאֹה רָאִיתִי אֶת-עֳנִי עַמִּי אֲשֶׁר בְּמִצְרָיִם; וְאֶת-צַעֲקָתָם שָׁמַעְתִּי מִפְּנֵי נֹגְשָׂיו, כִּי יָדַעְתִּי אֶת-מַכְאֹבָיו

Vayomer Adonay ra'oh ra'iti et-oni ami asher beMitsrayim

ve'et tsa'akatam shamati mipeney nogsav ki yadati et-mach'ovav.

 

On est au tout début de la révélation du buisson ardent.

 

וַיֹּאמֶר יְהוָה, רָאֹה רָאִיתִי אֶת-עֳנִי עַמִּי אֲשֶׁר בְּמִצְרָיִם

Vayomer Adonay (Youd Hé Vav Hé):

Et Hashem dit :

ra'oh ra'iti et-oni ami asher beMitsrayim

Voir j’ai vu la misère de mon peuple qui se trouve en Egypte

 

C’est un des versets à travers lesquels Dieu explique à Moïse sa propre erreur de diagnostic lors de sa déception de la société hébraïque.

Rashi résume quelques uns des nombreux commentaires.

Asher beMitsrayim : L’expression est superflue, c’est une information que nous connaissons déjà.

C’est qu’il s’agit d’un enseignement à Moïse : « mon peuple est celui qui est en Egypte et pas celui qui comme tu l’as cru est Midian... ».

Au-delà de cette 1ère information dans le sens important qu’elle a, la misère du peuple vient du fait qu’il est en Egypte. Entendez-le en hébreu de nouveau :

 

אֶת-עֳנִי עַמִּי אֲשֶׁר בְּמִצְרָיִם

Et-oni

La misère

Ami

De mon peuple

Asher beMitsraïm

En ce qu’il est en Egypte.

 

Avec les Taamim :

et-oni ami avec le signe disjonctif  asher beMitsrayim

qui différencie deux unités de lectures : la misère de mon peuple / en ce qu’il est en Egypte.

 

C’est sur cette expression qu’il faut se baser pour comprendre l’explication que Dieu donne à Moïse de l’état de dégradation dans lequel Moïse a trouvé sa propre société hébraïque : c’est en ce qu’elle était en Egypte. Vous verrez Rashi par vous-même, en particulier sur la fin de ce verset 7.

 

Ce que je voulais noter comme élément d’étude pour notre sujet de ce soir, c’est :

וַיֹּאמֶר יְהוָה

Vayomer Hashem (Youd Hé Vav Hé):

 

Lorsque Dieu va se révéler à Moïse pour le confirmer dans sa vocation et lui donner sa mission de retourner en Egypte pour délivrer Israël, alors le terme employé pour dire la médiation de révélation à ce moment-là c’est celui de Hashem. C’est dire que Dieu s’adresse à Moïse dans la modalité de révélation que nous avons l’habitude d’appeler la Midat HaRa’hamim.

 

Je vous rappelle la règle : lorsque le texte emploie le mot de Hashem - Youd Ké Vav Ké, cela veut dire que Dieu se révèle à travers la Midat HaRa’hamim à travers la médiation de miséricorde. Le mot français a la valeur qu’il a mais correspond assez à ce que veut dire Midat HaRa’hamim.

Cela veut dire que le mérite n’entre pas en ligne de compte. Il y a là l’accomplissement miséricordieux d’une promesse qui se fait, mérite ou pas. Il n’y a pas à craindre une mise en jugement pour savoir s’il y a suffisamment de mérite d’identité pour obtenir ce qui a été promis.

 

Sinon le texte aurait dit Vayomer Elohim et il faudrait s’attendre à ce que cela se passe à travers un jugement parce que le terme Elohim est la révélation de Dieu à travers la Midat HaDin, qui demande des comptes : « es-tu celui à qui J’ai parlé lorsque J’ai dit, J’ai promis que... »

C’est une mise à l’épreuve de jugement qui est au-delà du niveau des comportements des actes ponctuels particuliers quotidiens. C’est un jugement qui récapitule les comportements au niveau d’une évaluation de l’identité. La promesse a été faite à un certain Israël : Si tu es cet Israël authentiquement, par rapport à une certaine norme d’évaluation, à qui J’ai parlé lors de la promesse, elle se réalise pour toi. Si tu ne l’es pas encore alors il faut que des événements te mettent à l’épreuve de telle sorte que cela te soit acquis...

 

Ici, c’est important à savoir, c’est la Midat HaRa’hamim qui a révélé cela à Moïse.

 

J’ouvre une parenthèse avec l’exemple de la Akédat Its’haq comme modèle.

Admettons qu’il faille que ce soit à travers le jugement du mérite.

Rappelez-moi d’expliquer pourquoi  il y a deux interventions possibles dans l’accomplissement des promesses : soit à travers la Midat HaRa’hamim soit a travers la Midat haDin.

J’explique de suite par peur d’oublier :

C’est un grand enseignement de la Guémara repris dans le Midrash :

La délivrance a lieu soit à Nissan (Pessa’h) soit à Tishri ?

A Nissan, c’est par la Midat HaRa’hamim, c’est-à-dire sans la clause de mise en évidence par le jugement et les épreuves corollaires pour savoir s’il y a mérite ou pas.

  A Tishri, cela se fait à travers l’épreuve du mérite – Midat HaDin.

 

Il y a une discussion dans la Guémara qui double d’ailleurs une discussion beaucoup plus profonde encore : la création du monde a-t-elle eu lieu en Tishri ou en Nissan ?

Comment peut-on poser une question pareille puisque la Torah dit que c’est en Tishri ?

D’ou le savons-nous ?

 

Q : C’est le projet de la création ?

R : Non, la création du monde est en Tishri, et Davka vous avez raison pour le projet qui est en Nissan.

 

Q : Parce qu’au 1er chapitre, c’est Elohim alors qu’au 2ème chapitre, c’est Hashem Elohim. La différence entre le monde tel qu’il a été fait et tel qu’il aurait du être créé?

 

R : le verset dit Bereshit Bara Elohim... alors il a bien été créé !

Ensuite au début du chapitre 2 verset 4 :

אֵלֶּה תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם:  בְּיוֹם, עֲשׂוֹת יְהוָה אֱלֹהִים--אֶרֶץ וְשָׁמָיִם

Eleh toledot hashamayim veha'arets behibare'am beyom assot Adonay Elohim Erets Veshamayim.

 

Le Midrash demande pourquoi, au verset 4, il y a Hashem Elohim alors qu’au 1er verset du 1er chapitre il y avait Elohim et le Midrash nous dit ce que tu as cité en partie mais cela ne répond pas à notre question.

 

Un grand principe du Talmud : Ein mikra yotze midei peshuto (Shabbat 63a; Yev. 11b, 24a)

« Jamais le texte ne sort de son Pshat »

On n’a pas dit cela pour le Pshat puisque c’est évident que le Pshat ne sort pas du Pshat, on l’a dit pour tous les Midrashim. Dans tous les Midrashim que nous avons appris, jamais le verset n’est sorti de son sens Pshat, cela veut dire que le Midrash vient pour nous expliquer le Pshat.

 

Le Midrash que tu cites traite d’un autre problème : pourquoi le verset ajoute Hashem avant Elohim ? Alors le Midrash explique : D’abord Il avait voulu créé par la Midat HaDin...

 

Ma question : la discussion de la Guémara sur la création du monde en Tishri ou en Nissan. Mais la Torah elle-même dit que la création a eu lieu en Tishri ! D’ou savons nous que la création  a eu lieu en Tishri ?

 

Q : Il y a une Témourah sur Bereshit ?

R : Nakhon mais c’est une Temourah de Rabenou Be’hayé bar Asher Hanassi HaSefardi grand disciple de Na’hmanide.

Il enseigne Bereshit = Alef béTishri  le 1er de Tishri.

Mais c’est une allusion, un Rémez. Ce n’est pas la réponse.

Cherchez la réponse pour la prochaine fois.

 

Retour au sujet :

La question au sujet de la Guéoula c’est de savoir si elle se passe à Tishri ou à Pessa’h ?

Finalement la tradition du Talmud a enseigné : de même que nos ancêtres ont été délivrés à Pessa’h, la Guéoula aura lieu à Pessa’h. L’importance c’est que lorsque la Guéoula a lieu à Pessa’h c’est par grâce - Ra’hamim. On ne fait pas passer en jugement. Si elle passe par Tishri c’est qu’on fait passer en jugement.

 

Si vous étudiez le calendrier des événements contemporains de la Guéoula, vous verrez tous les événements que nous commémorons dans l’époque de Pessa’h sont des événements faciles, alors que tous les événements commémorés dans l’époque de Tishri sont des événements difficiles.  

 

Chapitre 3 Verset 7 :

וַיֹּאמֶר יְהוָה, רָאֹה רָאִיתִי אֶת-עֳנִי עַמִּי אֲשֶׁר בְּמִצְרָיִם; וְאֶת-צַעֲקָתָם שָׁמַעְתִּי מִפְּנֵי נֹגְשָׂיו, כִּי יָדַעְתִּי אֶת-מַכְאֹבָיו

Vayomer Adonay (Youd Hé Vav Hé):

Et Hashem dit

Ra'oh ra'iti et-oni ami asher beMitsrayim

Voir j’ai vu la misère de mon peuple qui se trouve en Egypte

ve'et tsa'akatam shamati mipeney nogsav ki yadati et-mach'ovav.

J’ai accueilli sa plainte contre ses oppresseurs, car je connais ses souffrances.

 

Dans cette révélation qui a pour titre Hashem du verset 7 au verset10 : Dieu commence par dire que le temps est venu de l’accomplissement de la promesse :

« Vayomer Hashem » : le temps de l’accomplissement de la promesse est accompli.

 

Cela veut dire que Dieu légitimise ce diagnostic qu’effectivement bien qu’il s’agissait de 400 ans à priori, il faut accélérer les événements de la fin ; et donc précipiter le terme des temps prévus par la loi du temps. Et donc, puisque le moment est arrivé, cela doit se réaliser. Il n’est pas besoin de faire appel à une clause supplémentaire d’un mérite pour déclencher les événements. 

C’est là qu’au verset 10 il dit :

3:10

וְעַתָּה לְכָה, וְאֶשְׁלָחֲךָ אֶל-פַּרְעֹה; וְהוֹצֵא אֶת-עַמִּי בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

Ve'atah

Et maintenant

lekha ve'eshlakhakha el-Par'oh

Va et je t’enverrai vers Pharaon

vehotse et-ami veney Yisra'el mi-Mitsrayim.

Sors mon peuple des enfants d’Israël hors d’Egypte…

 

Voilà le dernier verset de ces premières révélations. Je reviens sur l’expression :

Ve'atah

Et maintenant

lekha ve'eshlakhakha el-Par'oh

Va et je t’enverrai vers Pharaon

C’est le principe d’une mission. On s’attendrait normalement à l’inverse : « Je t’envoie, va... »

Mais il y a là : lekha ve'eshlakhakha « Va, je t’enverrai... ».

C’est dire : Si tu t’en vas par toi–même Je t’enverrais…

 

Nous trouvons une expression inverse à la fin de l’exil de Jacob lorsqu’il va prendre congé de Laban il dit : « laisse-moi partir Shela’hani bélekha »

 

Le 1er sens qu’exploite le Midrash renvoie à un thème important que nous aurons à reprendre au temps de la sortie d’Egypte : lorsque nous étudierons les plaies d’Egypte nous verrons qu’un des objectifs principaux des plaies de ce temps-là en Egypte était d’obtenir l’acquiescement de Pharaon. Les Hébreux auraient pu partir dans un temps de catastrophe qui aurait frappé les Egyptiens de stupeur et ils seraient sortis sans cette permission du Pharaon : pourquoi attendre la permission du Pharaon pour sortir d’Egypte ?

S’il y a contrat de travail entre Israël et les Nations – le visage des Nations de ce temps-là c’est l’Egypte souveraine – alors s’il est nécessaire de rompre ce contrat de travail parce que les clauses n’en sont pas respectées, alors il faut quand même qu’il y ait acquiescement de la part des deux parties contractantes...

 

A rattacher au principe très important que nous voyons souvent :

Tous ces thèmes sont difficiles à entendre tant qu’on se situe en dehors du monothéisme intégral.

Il faut de nouveau s’intégrer au centre du monothéisme intégral absolu pour comprendre cela que cette histoire est l’histoire de l’universel humain qui est la création du Dieu unique.

Il y a d’un côté Israël et de l’autre côté l’Egypte.

Israël ne peut décrocher de ce contrat de travail que s’il y a l’accord à travers Dieu dans sa promesse pour Israël qui doit s’accomplir et à travail Dieu pour l’Egypte. Il faut prendre congé.

 

Les Midrashim lisent dans l’expression de Jacob à Laban : shale’héni : donne-moi la permission de partir sinon je ne peux pas partir.

 

Après cette lecture nous avons ce diagnostic que nous sommes obligés de faire à chaque sortie d’exil : A chaque fin d’exil, il faut qu’on nous renvoie pour que nous partions : « Shela’hani bélekha renvoies-moi, alors je partirai... »

 

Pour la 1ère lecture il est clair qu’il a fallu le feu vert du Pharaon pour qu’elle se passe.

Et jusque-là Dieu demande à Moïse de patienter. Nous le verrons tout à l’heure.

Moïse ne comprend pas pourquoi c’est si difficile alors que c’est la Midat HaRa’hamim qui lui a dit : « Sors Mes enfants d’Israël d’Egypte... »

 

En cours d’histoire de ces difficultés, dont les premières péripéties nous sont racontées dans la 1ère Parashah en fin de Shémot, Moïse va poser la question : Pourquoi est-ce si difficile ?

 

C’était très difficile à Laban de donner congé à Jacob : il emmène les 4 filles et les troupeaux...

Le pays de Laban est vidé par Jacob. Chaque fois qu’Israël a quitté une nation, elle a fini par disparaître. De notre temps, Jacob retourne chez lui, on voit ce qui se passe au Liban.

 

Pour la sortie d’Egypte, il a fallu avoir le feu vert de Pharaon

Pour l’exil de Babel, il a fallu avoir le feu vert de la puissance politique du temps qui était Cyrus.

De notre temps, c’est très clair, cela s’est déclenché après la déclaration Balfour.

Chaque fois cette clause a joué :

 

Chapitre 3 verset 10

וְעַתָּה לְכָה, וְאֶשְׁלָחֲךָ אֶל-פַּרְעֹה; וְהוֹצֵא אֶת-עַמִּי בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

Ve'atah

Et maintenant

lekha ve'eshlakhakha el-Par'oh

Va et je t’enverrai vers Pharaon

vehotse et-ami veney Yisra'el mi-Mitsrayim.

Sors mon peuple des enfants d’Israël hors d’Egypte

 

Dieu n’impose pas cette mission à Moïse il ne lui propose que si Moïse est prêt à y aller.

Surprise, au verset 11 alors que c’est Hashem qui s’adresse à Moïse, le terme change pour Elohim. 

 

Chapitre 3 verset 11

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, אֶל-הָאֱלֹהִים, מִי אָנֹכִי, כִּי אֵלֵךְ אֶל-פַּרְעֹה; וְכִי אוֹצִיא אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

Vayomer Moshe el-ha'Elohim

Et Moïse dit à Elohim (Elohim = Midat HaDin)

Mi anokhi ki ele’h el-Paroh vechi otsi et-beney Yisra'el mi-Mitsrayim.

"Qui suis-je, pour aborder Pharaon et pour faire sortir les enfants d'Israël de l'Égypte?"

 

Midrash :

Il y a chez Moïse encore ce souci, cette inquiétude, que cela risque de se passer au niveau de la Midat HaDin. Il entend lui parler la Midat HaRa’hamim mais il répond en s’adressant à la Midat HaDin.

 

C’est une perplexité de Moïse qui ne comprend pas une promesse...
 .../...
lire la suite ici

 

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Published by Rav Léon Askénazy - dans PARASHAT HASHAVOUA
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