Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 11:44

SHEMOT- VAERA (1985) I

 

Parasha - Shemot + Vaera 1985


http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/chemot_vaera/cours_1

Face A

 

Je veux décrire le cheminement, le diagnostic d’identité du Moïse tel qu’il est à la fois d’origine hébraïque centrale – Lévi - et d’autre part le fils adoptif de l’université du temps, de l’universel du temps si vous voulez..

Il rencontre finalement Tsiporah, il l’épouse et en fin de compte, au fameux verset 21, il s’installe chez Jéthro. Si nous ne connaissions pas la suite, le verset pourrait s’arrêter là. Et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…  Et on nous aurait raconté l’histoire d’un Israël midianite, avec comme fondateur de religion un Moïse. Il ne s’agirait plus d’Israël.

 

Dans le verset 21, il y a une indication extrêmement importante :

 

2 :21

וַיּוֹאֶל מֹשֶׁה, לָשֶׁבֶת אֶת-הָאִישׁ; וַיִּתֵּן אֶת-צִפֹּרָה בִתּוֹ, לְמֹשֶׁה

Vayo'el Moshe

Et Moïse accepta

lashevet et-ha'ish

de résider chez l’homme (Jethro)

vayiten et-Tsiporah vito le-Moshe.

Et il donna Tsiporah sa fille à Moïse

 

Rashi sur Vayo'el Moshe :

וַיּוֹאֶל

כְּתַרְגוּמוֹ (ס"א כְּמַשְׁמָעוֹ) וְדוֹמֶה לוֹ הוֹאֶל נָא וְלִין. וְלוֹ הוֹאַלְנוּ. הוֹאַלְתִּי לְדַבֵּר. וּמִדְרָשׁוֹ לָשׁוֹן אָלָה נִשְׁבַּע לוֹ שֶׁלֹּא יָזוּז מִמִּדְיָן כִּי אִם בִּרְשׁוּתוֹ

Mochè consentit (wayoèl) : C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos, comme dans : « consens, de grâce (hoèl na) à passer la nuit » (Choftim 19, 6) ; « Ah, si nous avions consenti à (welou hoalnou)… » (Yehochou‘a 7, 7) ; « j’ai osé (hoalti) parler » (Beréchith 18, 27). Quant au midrach, il rend le mot dans le sens de : « serment » (ala) : il lui a juré de ne pas quitter Midyan sans son autorisation (voir infra 4, 18 ; Midrach tan‘houma 12 ; Nedarim 65a).

Le 1er sens du Pshat nous dit Rashi qui cite des exemples de versets que nous sauterons, c’est accepter, bien vouloir.  Lehoîl. D’après le Midrash c’est « lashon ala » un serment. Il lui a juré qu’il ne sortirait pas de Midian sans sa permission. C’est le contrat de l’exil. Nous retrouvons ce thème familier : à partir du moment  où l’on signe le contrat de travail de l’exil, on ne peut pas sortir sans une autorisation des Goyim. On verra par la suite en Egypte qu’il faudra que le Pharaon y consente. L’objectif central et important des 10 plaies d’Egypte ce n’est pas seulement de punir l’Egypte pour qu’Israël puisse sortir sinon il aura suffit de la dernière la plus terrible et cela aurait suffit, mais pour convaincre le Pharaon de donner le feu vert de la sortie d’Egypte. Il y a un contrat « signé », et on ne peut y mettre fin qu’avec l’autorisation du patron Goy.

 

Nous vivons une expérience similaire : la fin d’exil et la création de l’Etat d’Israël qui n’ont pu être amorcés que par la déclaration Balfour. Il a fallu une S.D.N. qui se réunisse pour donner le feu vert...

 

C’est important. Cela veut dire ici que Moïse va recommencer l’histoire de Jacob et c’est cette espèce de tentation d’annuler sa propre histoire, sa propre antériorité. La tentation de faire tout commencer à partir de soi.

 

[Cf. le livre de E. Amado Levi sur le livre de Freud sur Moïse : c’est le problème de Freud qui nie toute son antériorité. Pour cela, il faut qu’il change sa préhistoire : Moïse était égyptien...

C’est une tentation que l’on retrouve dans l’intelligentsia contemporaine : ne pas prendre la fidélité au passé parce que c’est avec moi que cela commence. Cette espèce de scotomisation du passé. Une sorte d’ingratitude envers l’histoire. Freud veut être égyptien donc il projette sa propre histoire sur Moïse. J’ai été étonné qu’elle félicite Freud pour sa bonne foi et son honnêteté intellectuelle après avoir démontré cette machination… Je lui demanderais des explications à ce sujet…]

 

Il y a donc un contrat d’exil, Moïse jure de ne pas quitter Midian sans l’autorisation de Jethro.

Cela veut dire qu’il lie son sort à l’histoire de Midian. Il a trouvé son ersatz d’Israël. Il y a un autre Midrash que Rashi n’a pas cité : il lui a juré qu’il consacrerait un de ses enfants à l’idolâtrie de Midian, la Avoda Zara.

 

Ce Midrash m’a toujours intrigué jusqu’à ce que j’ai étudié un passage de la Gémara de Ketouvot avec l’un de mes maîtres : « celui qui vit dans l’exil, c’est comme si il était idolâtre ». La comparaison est très simple : cela veut dire que Moïse a juré la vocation d’exil à Jethro, à travers un de ses enfants.

 

Jusque-là la scène est très claire : Moïse, déçu de l’Egypte, déçu d’Israël en Egypte, adopte Midian, se fait adopter par Midian, veux faire souche et être le Moïse de Midian.

 

S’il n’y avait pas la suite. Cela s’arrêterait là et ce Moïse-là n’aurait pas été mentionné.

 

Mais au verset 22 un événement important apparait qui va déclencher la vision du buisson ardent où Dieu va intervenir et interpeler Moïse en confirmant d’abord que son initiative de sauver Israël d’Egypte est bonne et qu’Israël n’est pas Midian mais c’est bien l’Israël de l’Egypte. Ce qui va donner le fond de diagnostic à Moïse.  

 

Comment Moïse a été mené à être disponible à cette révélation où Dieu intervient pour éclairer tout ce drame ? Par ce qui se passe au verset 22.

 

Finalement, Jethro donne Tsipora à Moïse comme femme, elle enfanta un fils...

 

2:22

וַתֵּלֶד בֵּן, וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ גֵּרְשֹׁם:  כִּי אָמַר--גֵּר הָיִיתִי, בְּאֶרֶץ נָכְרִיָּה

Vateled ben vayikra et-shemo Gershom

Elle enfanta un fils, Il appela son nom Guerchom

Ki Amar Ger Hayiti Be’erets Nokhriyah

Car il a dit : J’ai été étranger dans un pays étranger.

 

Cela veut dire que finalement Moïse diagnostique qu’il ne sera jamais chez les Goyim qu’un métèque même s’il est leur Moïse. Alors c’est là qu’il devient disponible pour la révélation du buisson ardent.

 

C’est au moment où Moïse fait son diagnostic d’identité nationale qu’il rectifie son cheminement par rapport aux valeurs.

 

Lorsqu’il se rend compte que dans tous les cas il est étranger en Midian comme il l’était en Egypte, alors il est prêt à écouter la voix de son père. C’est pourquoi même lors de la 1ère fois que Dieu se révèle à lui pour lui dire « mon peuple qui est en Egypte, ne me parle d’un autre... » « Et ami asher beMitsraïm » et que tu t’es trompé de diagnostic... alors que Moïse est disponible pour cette révélation, le Midrash dit que Dieu l’a appelé en prenant la voix de son père pour que les choses soient bien claires. Enfin, Moïse étant la voix de son père en hébreu. Quand ? Après qu’il ait nommé son fils Guershom : Je suis hébreu et non pas Goï...

 

C’est une pérégrination d’identité qui me semble très éclairante quant à l’identité contemporaine de l’intelligentsia juive désorientée. Cela les rassurerait beaucoup de savoir que Moïse est passé par là. Mais peut-être ne veulent-ils pas l’entendre parce que connaissant la suite…

.../...
lire la suite ici 

***

Partager cet article

Repost 0
Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche