Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 08:16

Shemini (1993) 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/chemini/cours_1

Face B

…/…

C’est un structuraliste non juif qui a fait une étude magistrale des lois de la kashroute et il a compris la cohérence de la portée de la kashroute, et il explique, par ce biais-là, la grande différence avec le christianisme qui va rendre caducs toutes ces lois avec des célèbres formules : « Ce n’est pas ce qui entre mais ce qui sort de la bouche qui rend impur », « tout vous est permis »… il montre bien que l’on veut abattre les barrières de différenciation. C’est dans le même contexte que « ni juif, ni grec », ni homme ni femme, et ni kasher, ni tarouf...

 

Dans tous les cas, 2 choses à rappeller :

Le sens du verbe Vayehi et il arriva que et le sens du mot Shmini huitième.

 

Là se rassemblent tout une série de sources qui indiquent que la sortie d’Egypte était la fin de l’histoire de ce Monde-ci et qu’on devait entrer dans le Monde-à-Venir en entrant dans le temps de transition entre ce Monde-ci et le Monde à Venir, c’est à dire les Yémot haMassia’h.

 

Il y a des textes qui indiquent que à la sortie d’Egypte, le monde se transfigurait. Les malades guerissaient, tous les défauts disparaissaient, les morts étaient en train de ressuciter... et puis voilà que la faute l’a empêché et que le monde a continué l’histoire de ce Monde-ci. Les 40 ans de la génération de la sortie d’Egypte sont un temps exceptionnel, privilégié. Cela a échoué mais cela aurait pu réussir !

 

Je vous donnerais une indication qui me semble très souvent négligée : toute la Torah Shebikhtav ne concerne que la génération de la sortie d’Egypte. Elle ne s’est révélée qu’à cette génération-là. Avant, après c’est Torah Shebéalpéh, mais Torat Mosheh concerne la génération de la sortie d’Egypte, qui a eu le privilège d’avoir expérience des évènements de révélations. Pas seulement l’évènement de la révélation de la parole de la Torah, mais la révélation de Dieu à travers les événements, et de la sortie d’Egypte, et du Sinaï, et de tout ce qui s’est passé durant ces 40 ans.

C’est une génération de géants exceptionnels que la Torah appelle Dor Déah - la génération de la connaissance. Mais ce n’est qu’au bout de 40 ans qu’il se dévoile qu’il y a eu incapacité de fonder vraiment cette connaissance à l’expérience de laquelle on avait été appellée dans cette génération.

 

En particulier, Judah Halévi lorsqu’il parle de la faute du veau d’or donne le principe suivant : « Il ne faut juger cette génération qu’à la hauteur où elle se trouvait ». On fait semblant, nous modernes, d’avoir un jugement méprisant sur ce qu’on appelle « la génération du désert », expression qui est connotée négativement en français. Mais en hébreu c’est « Dor Deah » cette génération qui a été appelée à la connaissance et qui a trébuché sur la connaissance. Mais c’est sur la connaissance qu’elle a trébuchée, non pas sur l’ignorance. Elle a été appelée à la révélation et c’est à ce niveau-là qu’il y a eu difficulté.

 

Au fond, il y a une discussion talmudique dans le traité Sanhédrin pour savoir si la génération du désert aura droit au monde à venir ou pas, il y a 2 opinions :

ð   elle n’y aura pas droit car elle l’a déjà eu, ils ont déjà eu leur part de Olam Haba.

ð   elle y a droit car ils le méritent.

 

C’est une génération exceptionnelle.

J’entend souvent la thèse des historiens juifs qui disent que la grandeur du judaïsme c’est que les fondateurs étaient des gens comme nous. C’est tout le contraire :Abraham, Yitshaq, et Yaqov sont les fondateurs d’une identité qui a traversé l’histoire humaine en cataclysme. 

Lorsqu’on fera le bilan de cette manière d’être homme d’Israël et le bilan de l’humanité toute entière sur 4000 ans, on s’apercevra que ceux qui ont instauré cette identité sont loin d’être des gens comme nous. Nous sommes des microbes par rapports à eux. Nous sommes des individus d’un ensemble qui s’appelle Israël. Ils étaient à eux seuls Israël, cet ensemble dont nous sommes une infime partie.

 

Idem avec « Dor Déah » génération fondatrice de géants. Toute la Torah ne concerne qu’eux, et dans les Mitsvot, et dans les événements. Nous parlons par ouie-dire de ce qui pour eux était connaissance directe.

 

On oublie que la révélation a eu lieu parce qu’on a oublié qu’elle a cessée. Il y a un temps de l’histoire où la révélation a cessé. Alors cela nous fait oublier qu’elle a eu lieu avant. On parle de notre temps comme si c’était le même que celui de la Bible.

 

Tous ces grands personnages sont dans l’identité d’Israël de chaque contemporanéité. Dans chaque génération, ils sont tous présents mais suivant l’envergure de la génération. Quand c’est une petite envergure, on ne se rend plus compte de quoi on parle lorsque l’on parle des modèles, des fondateurs.

 

Plan de l’étude :

Le récit de l’histoire est structuré ainsi d’après la Torah

Les 6 jours du commencement, le 7ème qui est l’histoire de l’humanité, et le 8ème lorsque l’histoire de l’humanité aura réussie est le jour dans lequel on passera.

 

Exemple de compréhension directe d’après les textes : dans le récit de la création, à la fin de chacun des 6 jours du commencement se trouve un verset refrain « et ce fut soir, ce fut matin, jour un.. »  deuxième ... le sixième. ». Il n’y a pas écrit « et ce fut soir, ce fut matin jour 7ème . Cela veut dire que depuis Adam harishone, on est encore dans ce 7ème jour du commencement. Il n’est pas fini.

Depuis Adam harishone on est encore dans ce 7ème jour du commencement. On espère qu’il va s’achever quand Eliyahou Hanavi qui vient le samedi soir, comme vous le savez, nous dira de passer au 8ème jour. Le 8ème jour que j’appelle par approximation « jour messianique ».

 

Pirqey de Rabbi Eliezer :

le 7ème jour n’est pas clos et son inauguration ne sera indiquée que Laatid lavo. Les 6 premiers jours sont révolus, le 7ème est en cours d’histoire jusqu’à sa réussite. Et lorsqu’il aura réussi il sera écrit « Et ce fut soir et ce fut matin jour 7ème » dans la Bible des temps messianiques.

 

Pour chacun des jours, il y a un projet : exemple du 1er jour « Yehi Or Qu’il y ait lumière » et cela s’est réalisé « Vayhi Or il y eut lumière »

Et on peut alors dire « il y eut un soir, il y eut un matin etc...

 

Le verset qui résume le projet pour le 7ème jour se trouve au début de la Parashah de Qédoshim.

 

Vayiqra - Qédoshim Chapitre 19 Verset 2

דַּבֵּר אֶל-כָּל-עֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם--קְדֹשִׁים תִּהְיוּ:  כִּי קָדוֹשׁ, אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם

Daber el-kol-adat beney-Yisra'el ve'amarta alehem Qédoshim thiyou kikadosh ani HM Elohekhem

Parle à toute l’assemblée des Bnei Israël et tu leur diras : « Soyez saints car je suis Qadosh Moi Hashem votre Dieu »

 

C’est le verset qui récapitule le projet du 7ème jour. Et lorsque cela sera réalisé, que l’être de sainteté existera, alors il y aura écrit : «  Et ils furent Qédoshim et ce fut soir et ce fut matin jour 7ème ».

Et on passera au jour 8ème.

 

Et, comme par hasard, le mot de Shemini a toute une série d’assonances avec le jour messianique.

Shemini veut dire huitième de même racine que Shemen huile – l’onction qui oint le Massia’h au jour 8ème - le jour du Massia’h. Il y a l’expression française désignant les gens important par le terme de «huile », « une grosse huile » provient du temps de l’onction..

 

Yom hashmini- Shmini c’est huit.

Toutes les fêtes qui ont 8 jours sont des fêtes messianiques : les fêtes bibliques ont toutes 7 jours, certaines en ont 8 par exemple. Shmini Atseret, Shavouot par rapport à Pessa’h, c’est une indication de la fin des temps. ‘Hanoukah c’est évident. C’est le thème de l’huile : ‘Hashmonayim.

‘Het 8 et Shemen huile etc...

 

Voilà ce qu’on entend dans la Parashah :

וַיְהִי, בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי

 « Vayéhi... Et il arriva le huitième jour »

c’était le jour où l’on passait du temps ancien, du monde d’avant, la civilisation de l’Egypte qui va s’annuler, Olam Hazé, pour rentrer dans le Olam Haba ; mais, catastrophe, on ne s’en est pas sorti !

Alors on reste dans le 7ème jour. Et c’est indiqué par le verbe de Vayéhi :

Régle du Talmud => chaque fois qu’un récit commence par le verbe Vayéhi cela annonce une catastrophe. « Vayéhi bimé » « et il arriva aux temps de » il faut s’attendre au récit d’une catastrophe. Ici nous avons la formule analogue « Vayéhi bayom hashmini »

 

Résumé de l’explication du Rav Kouk :

Régle de le grammaire hébraïque : la conversion du passé en futur et du futur en passé.

Yéhi est un futur « sera »  et Vayéhi c’est un passé.

Vayéhi avec le Vav : le futur est transformé en passé. « Et il arriva que… »

Le Vav conversif qui transforme le futur en passé « il est arrivé ».

Le terme Hayah c’est le passé, Véhayah futur « et il arrivera que ».

 

Régle talmudique :

Un récit qui commence par Vayéhi c’est une catastrophe

Un récit qui commence par Véhayah c’est une joie, cela annonce un bonheur

 

Il y a une question dans le Talmud où l’on cite plusieurs exemples : 

« Vayhi bimé et il arriva au temps de »  qui est censé annoncer une catastrophe...

Objection : le début de Meguilat Ester Vayhi bima A’hashverosh.. Or cela a été un salut !

 

Il y a deux réponses :

La réponse de la Guémara, on la vit de notre temps, c’est qu’on a perdu Ester : le prix à payer pour le salut d’Israël c’est que Ester devienne la femme d’Assuérus. Les engendrements de la royauté d’Israël sont passés chez les Goyim : Ester c’est la fin d’une histoire qui commence à Sarah. Cf. le Midrash disant : « Sarah a vécu 127 ans, Ester a gouverné sur 127 provinces ». L’histoire des engendrements messianiques d’Israël commence à Sarah et s’arrête à Esther. Et avec Esther cela rentre chez les Goyim. C’est une des raisons pour lesquelles le Shoulkhan Aroukh impose une Brakhah lors de la rencontre d’un roi Goy : lui ne le sait pas mais nous le savons que c’est par délégation de la royauté d’Israël qu’il est roi. Remarquez que de notre temps toutes les royautés s’éteignent, l’une après l’autre. Cela a commencé avec la royauté d’Italie avec la guerre de 14 et presque toutes après la guerre de 1945... Reste l’Angleterre. Mais c’est imminent. Et c’était spectaculaire de voir la fin de la dynastie du Shah, et puis celle de l’Ethiopie, le roi des rois des rois etc... Nous sommes dans un temps où la royauté s’éteint chez les Goyim et où elle se prépare en Israël.

 

La figure de la reine Ester est très étudiée dans la Guémara à ce sujet : les Toladot sont passées chez les Goyim, et c’est pourquoi le nom de Dieu n’apparait pas dans Meguilat Ester. C’est un enseignement du Sefer ‘Hassidim du Rokea’h :

Le nom de Hashem n’apparait que sur les engendrements de l’homme : la première apparition du nom de Hashem dans le texte de la Torah c’est : 

« Vé Yom Assot Hashem Eloqim Erets Véshamayim » parce que c’est Tolédot Adam qui commencent. Et quand les Tolédot sont en court-circuit et entrent dans la clandestinité, le nom de Hashem disparait du livre d’Esther.

 

Enseignement du Rav Kook donné à 2 niveaux :

 

ð   le passé comme tel est un malheur : c’est déjà arrivé  ! Il y a là une sensibilité différente de la culture contemporaine qui met l’âge d’or au passé, alors que la sensibilité juive le situe dans l’avenir. La question des Goyim c’est : qu’est-ce qui a dû se passer pour qu’on en soit là ? Alors que la question d’Israël c’est : qu’est ce qui nous attend pour devoir passer par là ? Ce sont 2 sensibilités radicalement diffèrentes. Dans le temps d’Israël, la nuit vient d’abord, et le jour vient après. Chez les Goyim c’est l’inverse : le jour d’abord, l’âge d’or, et la nuit ensuite : c’est un pessimisme. L’étude de la littérature des Goyim révèle cette obsession pour le « c’est arrivé ! »  Le passé comme tel est à l’indice « Vaï ! » le malheur. Alors que l’avenir encore en espérance est toujours gros de tous les bonheurs possibles éventuels. Alors si en plus c’est un avenir qui s’est transformé en passé alors c’est encore plus un vrai malheur ! Vaï ! Si c’est un passé qui va se transformer en futur, c’est encore plus un vrai bonheur. C’est ce que nous avons ici : « Vayéhi », il faut s’attendre à une catastrophe : c’est la catastrophe qui s’est produite au huitième jour qui était possible consécutif à la sortie d’Egypte ou à la préparation des milouïm dans notre passage.

 

ð   A un 2nd niveau, c’est l’histoire du monde : les 7 jours sont achevés car la sainteté est réussie en Israël et on passe ensuite au 8ème jour... mais au moment du passage c’est la catastrophe : on ne sait plus faire le sacrifice ! Il y a une discussion des Talmidei ’Hakhamim : Ma’hloqet.

Comment est venue cette discussion des Talmidei ‘Hakhamim ? Par Nadav et Avihou qui ont apporté un « esh zara » et on ne savait plus comment était la halakhah !

 

Nous allons voir cela maintenant : la différence de Halakhah entre le sacrifice d’inititiation entre Moïse et Aharon :

 

Chapitre 10 verset 2

וַתֵּצֵא אֵשׁ מִלִּפְנֵי יְהוָה, וַתֹּאכַל אוֹתָם; וַיָּמֻתוּ, לִפְנֵי יְהוָה

« Un feu est sorti… et consuma Nadav et Avihou »

 

Verset 12

וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶל-אַהֲרֹן, וְאֶל אֶלְעָזָר וְאֶל-אִיתָמָר בָּנָיו הַנּוֹתָרִים, קְחוּ אֶת-הַמִּנְחָה הַנּוֹתֶרֶת מֵאִשֵּׁי יְהוָה, וְאִכְלוּהָ מַצּוֹת אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ:  כִּי קֹדֶשׁ קָדָשִׁים, הִוא

Vayedaber Mosheh el-Aharon ve'el El'azar ve'el-Itamar banav hanotarim ke’hou et-hamin’hah hanoteret me'ishey Adonay ve'ichluha matsot etsel hamizbe'ach ki kodesh kodashim hi.

Et Moïse parla à Aaron et à Eléazar et à Itamar (après la mort de Nadav et Avihou), les fils restants à Aharon, et il dit :prenez l’offrance qui reste du sacrifice de Hashem et mangez-la ».

 

Il fallait consommer le sacrifice pour assurer l’expiation des fautes qui empêchaient que le culte puisse commencer. Voilà la Halakhah que Moïse transmet : ce qui reste de l’offrande, mangez-la.

 

Or, on verra que Aharon n’en mange pas car il était en deuil : c’est ainsi que la catastrophe est arrivée : un grain de sable qui a arrêté l’histoire du monde.

 

« Et mangez-la, accompagnée de matsot, près de l’autel, car c’est une offrande du plus haut niveau de sainteté.

 

וַאֲכַלְתֶּם אֹתָהּ, בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ, כִּי חָקְךָ וְחָק-בָּנֶיךָ הִוא, מֵאִשֵּׁי יְהוָה:  כִּי-כֵן, צֻוֵּיתִי

Va'achaltem otah bemakom kadosh ki chokcha vechok-baneycha hi me'ishey Adonay ki-chen tsuveyti.

Vous la consommerez dans un endroit saint car c’est ta part et la part de tes enfants que te donne la loi ».

 

Cela veut dire : Le rôle du prêtre c’était de pouvoir manger de la nourriture pour laquelle aucune faute n’avait été faite contre le peuple. Toute nourriture pour le peuple étant handicapée par la faute du problème économique. Les offrandes apportées au temple sont des prélévements d’offrandes effectués avant la commercialisation des récoltes : c’était une nourriture Qadosh = nourriture consacrée et qui ne peut l’être que si elle est prélevée avant le circuit économique de la récolte. Donc, c’est une nourriture pour laquelle aucune faute n’a été faite. Donc un tel repas peut expier les fautes que le problème économique entraine : toute faute est provoquée pas l’appétit de jouissance qui fait que si on ne mange pas, on ne vit pas, mais c’est parce que on est obligé de manger qu’on fait des fautes, et cela s’appelle le problème économique. Il faudrait ici une analyse de vocabulaire marxiste pour que cela soit bien clair. La plus-value du pain que l’on achète, c’est la faute de l’exploitation d’un ouvrier : ce pain ne peut pas être saint. Mais nous sommes obligés de manger pour vivre... C’est cela qui déculpabilise les fautes que l’on est obligé de faire parce qu’il faut manger pour vivre.

 

Et la Kavanah du peuple est d’être comme le Kohen qui n’a pas à faire de fautes pour manger et c’est ce qui déculpabilise de cette faute involontaire qui est la faute entrainée par le jeu de la vie.

 

C’et parce qu’il faut manger pour vivre qu’il y a des fautes. Le Kohen a une vie consacrée où il peut manger et vivre sans que sa nourriture n’ait été grévée d’une faute économique.

 

Le culte du sacrifice était un repas parfait, mangé par l’homme parfait, habillé des vêtements parfaits, dans la maison parfaite : c’est le geste de vie parfait qui était le comportement de sainteté.

 

Il fallait donc manger ce sacrifice. Mais il y a un empêchement : le deuil. Comment manger du sacrifice ?  D’ou l’injonction de Moïse « Mangez-le », « car c’est ainsi que j’ai reçu l’ordre ».

 

10:13

וַאֲכַלְתֶּם אֹתָהּ, בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ, כִּי חָקְךָ וְחָק-בָּנֶיךָ הִוא, מֵאִשֵּׁי יְהוָה:  כִּי-כֵן, צֻוֵּיתִי

Va'akhaltem otah bemakom kadosh ki ‘hoqkha ve’hok-baneykha hi me'ishey Adonay ki-khen tsouveyti.

Mangez.le dans un endroit saint car c’est ta part et la part de tes enfants en provenance du feu de Hashem car c’est ainsi que j’ai reçu l’ordre.

 

Verset 10:16

וְאֵת שְׂעִיר הַחַטָּאת, דָּרֹשׁ דָּרַשׁ מֹשֶׁה--וְהִנֵּה שֹׂרָף; וַיִּקְצֹף עַל-אֶלְעָזָר וְעַל-אִיתָמָר, בְּנֵי אַהֲרֹן, הַנּוֹתָרִם, לֵאמֹר

Ve'et se'ir ha’hatat darosh darash Moshe vehineh soraf vayiktsof al-El'azar ve'al-Itamar

beney Aharon hanotarim lemor.

Et concernant le ‘hatat chercher a cherché Moïse. Et voici…

 

Et quand Moïse vient voir comment cela s’est-il passé, voilà que le bouc du sacrifice, Darosh Darash - Moïse l’a recherché...

On nous signale que le mot de Darosh est le mot qui est à la fin de la moitié de la Torah et que le mot de Darash est le mot qui est au début de l’autre moitié de la Torah

 

« Moïse l’a cherché et voici qu’il a été brûlé »

et pas mangé !

« Moïse se mit en colère contre Eléazar et Itamar bnei Aharon qui étaient restés en disant :

 

Je crois avoir donné suffisamment d’indications pour montrer à quel point c’était important : Le principe sur lequel tout le culte de la Torah repose vous l’avez annulé ? On ne peut donc pas commencer ! Parce que c’est cela le culte de la Torah : c’est le fait que le Kohen mange une partie du sacrifice d’expiation. Une partie était brûlée et une partie lui revient parce que c’était le fait du Kohen, cela s’appelle la manducation en théologie : Le Kohen doit manger ce sacrifice qui par sa manducation déculpabilise les fautes du peuple.

 

Or, nous voici dans une impasse : une impossibilité de manger de la viande car le jour même il était en deuil. Pourquoi en deuil ? Parce que ses fils étaient trop pieux ! Je ne sais pas si vous vous rendez compte du drame ? 

 

10:17

מַדּוּעַ, לֹא-אֲכַלְתֶּם אֶת-הַחַטָּאת בִּמְקוֹם הַקֹּדֶשׁ--כִּי קֹדֶשׁ קָדָשִׁים, הִוא; וְאֹתָהּ נָתַן לָכֶם, לָשֵׂאת אֶת-עֲו‍ֹן הָעֵדָה, לְכַפֵּר עֲלֵיהֶם, לִפְנֵי יְהוָה

Madua lo-akhaltem et-hachatat bimkom hakodesh ki kodesh kodashim hi ve'otah natan lakhem laset et-avon ha'edah lekhaper aleyhem lifney Adonay.

pourquoi n’avez vous pas manger le sacrifice d’expiation à l’endroit de sainteté puisque c’est le sacrifice de sainteté et que Dieu vous l’a donné pour expier la faute de l’assemblée pour faire expiation pour eux devant Dieu ?

 

10 :18

הֵן לֹא-הוּבָא אֶת-דָּמָהּ, אֶל-הַקֹּדֶשׁ פְּנִימָה; אָכוֹל תֹּאכְלוּ אֹתָהּ בַּקֹּדֶשׁ, כַּאֲשֶׁר צִוֵּיתִי

 Hen lo-houva et-damah el-hakodesh pnimah achol tochlu otah bakodesh ka'asher tsiveyti

Voici qu’on a pas approché le sang vers la sainteté intérieure (je ne vous explique pas mais devinez !), il fallait le manger comme j’en ai été ordonné.

 

10 :19

וַיְדַבֵּר אַהֲרֹן אֶל-מֹשֶׁה, הֵן הַיּוֹם הִקְרִיבוּ אֶת-חַטָּאתָם וְאֶת-עֹלָתָם לִפְנֵי יְהוָה, וַתִּקְרֶאנָה אֹתִי, כָּאֵלֶּה; וְאָכַלְתִּי חַטָּאת הַיּוֹם, הַיִּיטַב בְּעֵינֵי יְהוָה

Vayedaber Aharon el-Moshe hen hayom hikrivu et-chatatam ve'et-olatam lifney Adonay vatikrenah oti ka'eleh ve'akhalti ‘hatat hayom hayitav be'eyney Adonay.

Et Aharon parla à Moïse : 

c’est vraiment ainsi, aujourd’hui a été approchés devant Hashem les sacrifices d’expiations,..

mais voici (qu’aujourd’hui) il m’est arrivé ce qui m’est arrivé.

Et aurais-je manger l’expiation du jour

est-ce que cela aurait plus à Dieu ?

 

10:20

וַיִּשְׁמַע מֹשֶׁה, וַיִּיטַב בְּעֵינָיו

Vayishma Moshe vayitav be'eynav.

« Et Moïse entendit et la chose lui a plu.» 

 

Moïse : Aaron a bien compris la Halakhah mais ce n’est pas ainsi qu’il fallait faire...

Voilà le drame en question dans « Vayehi Bayom Hashmini » 

 

Lien entre une catastrophe et l’indication des lois de la cacheroute:

 

La Torah nous raconte dans le livre de Bereshit une histoire incompréhensible que Jacob a rencontré un ange, qu’il a lutté avec lui toute la nuit et que Jacob est plus fort mais l’ange a réussi à le blesser à la jointure de la hanche.

La Torah ajoute immédiatement « et c’est pourquoi les enfants d’Israël ne mangeront pas le Guid Hanashé le nerf sciatique (nommé ainsi à tord car il s’agit du nerf innervant les parties sexuelles de la bête.)

 

Quel rapport ?

Parce qu’un ange aurait déboité la hanche de Jacob on ne mangerait pas le nerf en question Guid HaNashé ? Quel rapport ?

 

Le Talmud s’empare du verset en disant: אֶת-גִּיד הַנָּשֶׁה   עַל-כֵּן לֹא-יֹאכְלוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל   Al ken yikhlou Bnei Israël et Gid HaNashé cette interdiction de manger le Guid Hanashé.

 

[C’est pourquoi les Juifs pieux en France ne mange pas de gigot car le rabbinat a reconnu son incapacité à ôter le nerf de cette partie de l’animal.]

 

Guémara : Cette loi n’a été usitée qu’après le Sinaï où les enfants d’Israël s’appellent Bnei Israël les enfants d’Israël.

 

Tant que la Torah n’est pas promulguée au mont Sinaï, tous les commandements donnés avant n’ont pas force de loi, d’obligation. Ce n’est que lorsqu’Israël devient la collectivité d’Israël, soumise à la Torah, que cela prend force de loi.

 

Le Talmud nous décrit cela sans être frappé par ce lien entre un ange qui a frappé Jacob et le fait qu’il faille manger kasher : voilà le principe de la Kashroute qui commence là.

Il y a quelque chose d’analogue ici, suite à une catastrophe, Jacob heurté au Kaf yerekhout,  les règles de la Kashroute sont rappelées. Une catastrophe s’est produite : Jacob est atteint au Kaf yerekhout  à l’emboiture de la hanche et apparait un régle de kashroute ! De la même manière ici : une catastrophe s’est produite et la Torah va devenir prolixe sur les lois de la kashroute ! Shmini toutes les loi de la kashroute font suite à la catastrophe qui a empêché l’entrée dans le huitième jour.

 

Histoire de Jacob :

Je vous cite comment le Shla’h explique un passage du Zohar à ce sujet

Dans la Guémara et le Zohar on nous donne la raison de la couleur bleu Tekhelet pour Jacob.

Cf. le drapeau d’Israël - tekhelet velaban et non « takhol velaban » ce n’est pas le même bleu.

 

La Guémara dit [Sotah 17a]: « ki tekhelet domé layam, yam domé larakiah, ve raqiah domé la kissé hakavod » c’est le bleu de l’épaisseur de la profondeur de la mer qui ressemble au bleu de l’épaisseur de la profondeur du ciel, qui ressemble au trône de la Gloire. » 

Yam - Raqiah - Kissehakavod => rashé tevot = Youd Resh Kaf => Yerekh = la hanche.

Et le Kaf du Yerekh, c’est le Kissé hakavod.

Donc Jacob a été atteint au Kaf du Yerekh c’est à dire le Kissé Hakavod qui correspond dans les jours de l’année à Tishea béAv. C’est à Tisha béAv que le Kissé Hakavod a été atteint. 

Je résume mais c’est beaucoup plus profond, il y a trop de données à expliquer alors je schématise.

 

‘Hazal expliquent que Jacob a été atteint dans sa descendance par le génie d’Esaü qui va ravir à Jacob des descendants qu’il va convertir au Christianisme.

La descendance du Guid Hanashé de Jacob a été ravi par le génie de Essav.

 

Le Shla’h explique que c’est effectivement ce qui est commémoré à Tisha béav où nous avons perdu le Kissé Hakavod, le Temple a été détruit. Le correspondant du Kissé HaKavod sur terre – le Temple - a eté détruit. 

 

Il y avait une prophétie dans le Midrash, qui s’est réalisée, que « le prince de Rome » serait enterré à Tisha béav  => un des papes contemporain a été enterré à Tisha béav, je crois Jean Paul 1er, c’était Shabat et on n’a pas jeûné. C’est une prophétie monumentale.

 

Les engendrements n’étant pas achevé alors il faut manger casher car les engendrements dépendent de la manière dont on mange : l’homme devient ce qu’il mange : c’est la raison pour laquelle chaque fois que les engendrements sont en question, il faut rappeller les loi de la kashroute.

 

Fin

Q : La distinction entre la faute à sanction immédiate et la faute à sanction retardée et aménageable par le repentir. La première a t’elle pour raison l’occurrence defarassiah - en public ?

R : C’est un des éléments, je relie cela à l’enseignement des trois fautes graves pour lequelles il faut se laisser tuer et pas les transgresser lorsque c’est en public. Mais en privé c’est moins grave.

 

Q : La mort de Nadav et Avihou sanctionne également des fautes antérieures ?

R : Il y a 2 autres explications de la faute données par le Midrash:

A la révélation du Sinaï, Nadav et Avihou disaient en parlant de Moïse et Aharon : « quand est-ce que ces vieux-là vont ils disparaitre qu’on les remplace ? » Au niveau psychologique on comprend cette faute d’impatience de l’enthousiasme de la jeunesse en crise d’adolescence devant la génération dirigeante. ’Hazal expliquent ainsi : Moïse et Aharon ont représenté une manière douce de diriger le peuple : la Torah de la Midat ha’hakhamim à laquelle Nadav et Avihou veulent substituer la Midat hadin. C’est effectivement le propre des adolescents d’être les princes du Din [en français « Sar Din » !], et le propre des vieux d’être les princes de la Midat HaRa’hamim.

Il y a un vers de Victor Hugo dans « Boaz endormi »

[ndlr. : « Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière. »]

 

Enoncé des fautes :

ð   Feu étranger,

ð   Le vin,

ð   Le remplacement des générations,

ð   Le célibatat : ils étaient célibataires dans un engagement monacale de la sainteté: recherche de spiritualité monacale.

 

La Torah impose et oblige l’homme à se marier car sinon, dans son service devant Dieu, on ne sait pas de quoi il parle : de Dieu ou de la femme qu’il n’a pas ?

On ne laissait jamais un prêtre célibataire officier. Cela est resté dans le rite juif : certaines prière nécessite que la personne soit mariée pour être assurer de la bonne Kavanah – ferveur religieuse.

 

C’est ce qui s’est passé au Sinaï qui récapitule toute une histoire de l’humanité.

La dernière phrase de la prophétie concerne le conflit des générations qui a commencé au 1er homme entre lui et son père, son créateur. La faute d’ingratitude qui a rompu la communication entre Dieu et l’homme. C’est le début de l’histoire de l’humanité, cette ingratitude des générations entre elles. C’est pourquoi c’est la dernière des prophétie qui dit d’Eliyahou Hanavi qu’il viendra réconcilier les pères et les fils le moment venu.

 

Vous avez ici un exemple en passant du sens du lien entre ces deux types de textes.

ð   le récit de la catastrophe qui a empêché que le 8ème jour soit le 8ème jour,

ð   et la minutie dans la loi de la Kashroute.

 

Le temps des engendrements continue. Si le temps des engendrements continue il faut faire attention à la fabrication des petits d’hommes. La fabrication du Ben Adam dépend de ce que mange les parents. Comment cela fonctionne ? les modernes ne le comprennent pas ! On n’est obligé de faire un bilan de 3000 ans d’histoire : c’est comme cela que ça marche…!  

 

L’assimilation ne prend que 3-4 générations. Le dernier descendant de la 3ème ou 4ème génération qui ne mange plus comme l’ancêtre, n’est plus dans la communauté. On se demande où il est ?

Il y a toujours un espoir. Il y a des retours insoupçonnables.

Mais la règle est que 3 ou 4 générations suffisent. Rav Kouk m’a expliqué que cela correspond au temps où l’on peut encore connaitre son grand-père. C’est cela le temps de l’assimilation. Il y a des retours inattendus. Le retour des Juifs russes malgré le marxisme. Et en fin de compte, ils mangeront cachère. En tout cas, ils mangeront juif. Ou bien ils mangeront tout court parce que là-bas ils ne mangeaient pas…

<fin>

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche