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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 13:35

Séminaire sur la création (1979) - Cours 6b

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/seminaire_sur_la_creation/cours_6

Face B

 

.../...

Q :

R : ... c’est la filiation par l’intermédiaire du maître qui est médiate, la véritable filiation c’est de Dieu directement, même pour la Torah. Nous avons énormément de textes à ce sujet : « Ki Tovim bodekha miayin »

 

Nous étudierons la notion de ‘Hidoush : l’équation personnelle de celui qui transmet existe. C’est un ‘Hidoush – ce n’est pas une création. 

 

Q : Questions diverses sur l’art.

R : Je vais vous donner l’exemple de la Torah. La Torah est transmise, mais qui nous a donné la Torah ? C’est Dieu lui-même ! L’art ce n’est pas créer quelque chose dans le sens biblique de Briah, c’est dévoiler ce que Dieu a créé. C’est donc une Mitsvah. Nous nous sommes enfermés dans l’exil à une Torah ramenée qu’à la piété des rites. Nous n’avons que la Torah de la tribu de Lévi. Mais nous sommes 12 tribus. Et la Torah de la tribu de Réouven ? de Yehoudah ? de Yissakhar ? etc...

Nous n’avons plus que les rabbins. C’est le résultat de l’exil, la Galout qui a restreint la Torah à 4 coudées très petites. « Dieu ne possède dans son monde que les 4 coudées de la Halakhah » : alors vite, vite, faisons les aussi large que les étoiles, au lieu de les restreindre.

 

Pour l’exemple de l’art, l’exemple de la Torah : la Torah que Dieu a donné à son monde, c’est le Talmid ‘Hakham qui la dévoile. Il ne la créé pas. Ce qu’il apporte de son équation personnelle, c’est le ‘Hidoush, mais c’est le ’Hidoush de quelque chose qu’il a reçu. Qu’est-ce que je créé moi, au fond ? Il y a que la création d’un agencement de langage, de la pédagogie. Pas plus. Je ne créé rien de contenu, sinon ce serait suspect. 

 

La Braïtah dit : « celui qui dévoile dans la Torah, des visages de la Torah qui ne sont pas selon la vérité la Halakah, n’a pas part au monde à venir  au Olam Haba même s’il a Torah et Mitsvot bonnes actions ». C’est la même chose pour l’artiste qui peut dévoiler le bien de son art, ou le mal de son art... Ce que je disais tout à l’heure qu’on a perdu la règle.

 

Les deux choses sont vraies :

L’art c’est un des dimensions du dévoilement prophétique. L’artiste peut être vrai ou faux prophète parce qu’on a perdu la règle. Et dans cette résurrection de la recherche traditionnelle, une boite de Pandore est en train de s’ouvrir, et dont il sort n’importe quoi, pur et impur, lumière et ombre... Alors nous sommes en pleine pagaille.

 

Il y a une capacité de l’art hébraïque, mais il faut se hisser au niveau de l’être hébreu.

C’est aux artistes de trouver la praxis pour savoir ce qu’est l’art vivant et l’art qui donne la mort (de l’esprit) et il y a des jouissances de mort.

 

En hébreu, le même geste de l’intellection : Sakhol.

Et nous retrouvons en parallèle le geste de la nutrition qui est Akhol.

Et de la volonté qui est Yakhol.

 

Ce qui apparait-là c’est le Ish (Alef Youd Shin ) qui transforme le tout en sujet, ces trois gestes de vie parallèle. Je vous analyse l’acte de nourriture, très rapidement, et on transposera dans la vie de l’esprit.

 

J’ingère des substances complexes que mon tube digestif analyse en éléments, rejettant ce qu’il faut rejetter, et intégrant ce qui est vivant. Dans la vie de l’esprit c’est la même chose. Je reçois le monde dans des perceptions complexes, l’esprit les analyse en élément, intègre à mon esprit ceux qui sont vivants et les déchêts doivent être évacués, sinon l’esprit est constipé, encombré de déchêts de  mort. Alors, il y a deux types d’art : les types d’art d’expression qui sont vivants et des types d’art d’excrétion. C’est cette règle-là qu’il nous faut trouver : qu’est-ce qui a l’odeur de la vie ? qu’est-ce qui a l’odeur de la mort ? C’est un sens prophétique mais dont seul l’artiste peut nous parler. 

 

Q :

R : la règle de la Halakhah c’est que quand un sculpteur arrive à faire un Pessel, une sculpture vivante qui porte un goût de vie et non pas ces sculptures de mort avec les yeux vides commme celle des Grecs à ‘Hanoukah, alors cela devient Kasher s’il la casse en petits morceaux.  

La règle de la tradition qui est valable dans les arts : tout ce qui est parfait est impur parce que mort.

 

Ce terme de parfait dans la sémantique latine, nexiste pas en hébreu : Perfectum - complétement fait -  en hébreu cela veut dire achévé, mort.

 

C’est l’impureté. Il y a un chapitre entier du Maharal là-dessus. Partout où la perfection s’installe le Satan danse.

 

Quand la grande synagogue de la rue de la Victoire imite la cathédrale, plus un juif n’y va... il n’y a plus que des rabbins en soutanes. C’est parfait, c’est mort, c’est fini. L’esprit passe par le petit oratoire de la rue des Rosiers.

 

Il y a une sensibilité juive que la vie est le contraire de cette perfection latino-grecque.

Il y a actuellement en Israël l’expression d’un art israélien qui est hébreu et qui n’a plus rien à voir avec l’art juif qui n’était qu’une kashérisation de l’art goy.

 

Q : On commence à se débarrasser de l’angoisse ?

R : Complétement, c’est évacué. Je vous dirais que même l’angoisse est joyeuse là-bas. Mais ce sont des étapes. Je vais essayer de vous donner une autre comparaison dans la sensibilité, c’est la tonalité de la ferveur au moment de la Neïlah qui est une angoisse joyeuse, du Kol Nidrei c’est l’inverse c’est une joie angoissée. Vous voyez ces moments d’intensité qui nous montrent cela. Il n’y a pas plus grand moment de joie de fête que le moment de la Neïlah.

Regardez l’humour juif : dès qu’on a fini d’être pardonné, Birkat Kohanim le Shofar...etc, et on est pardonné... Comment commence-t’on la prière du soir ? « Et toi le Miséricordieux pardonne les fautes... » Alors, qu’est-ce qu’on a fait ?

Qui peut expliquer ?

 

Q : C’est que ce n’était pas parfait ?

R : En quoi ? La Kaparah est faite, on est pardonné, et un humour colossal, ‘houtspah : on a fini 24 heures de Kaparah, 26 heures pour être sûrs, et on commence à dire « et maintenant pardonne nous... » ? Que se passe-til ? Un Goy serait scandalisé !

Il ya deux réponses classiques la première est moraliste : étant donné que tout Israël est lié l’un à l’autre peut-être que l’épicier du coin a une faute et je suis lié à lui...

Cette réponse n’est pas fausse mais insuffisante. La faute est d’avoir quitté la sainteté de Kipour pour entrer dans la vie profane ! C’est cette faute là : le Avon d’avoir arrêté Kipour. A Kipour nous sommes comme des Malakhim, le Tikoun est fait. S’il est fait sérieusement.

 

Q : C’est pour cela que la Neïlah l’air est joyeux ?

R : C’est ce que j’ai dit tout à l’heure. Alors c’est la plus grande angoisse : est-ce que j’ai passé la porte ou pas  ? Mais c’est avec joie que j’ai cette angoisse. C’est l’émotion religieuse authentique : quand il y a à la fois angoisse et joie. Joie parce que… et angoisse parce que... et pour le même parce que... Joie parce que devant Dieu mais angoisse parce que devant Dieu…

Et l’authenticité du devant Dieu c’est les deux émotions à la fois.

 

Q : Quel est le mode d’emploi du Tikoun, des choses à faire ou ne pas faire... ?

R : Cela s’appelle le Shoulkhan Aroukh !

 

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans KABALAH
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