Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 10:36

Séminaire sur la création (1979) - Cours 5a

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/seminaire_sur_la_creation/cours_5

Face A

  

…/…

Rappel : Ce qui fait une Kabalah en tant que telle reste toujours oral.

Chaque mise par écrit est de l’ordre du Kéli, l’essentiel de la Torah shebéalpeh reste shébéalpeh.

 

Nous avons vu qu’est apparu un ‘Halal comme résultat de la décision de créér un monde, c’est-à-dire conséquence du processus du Tsimtsoum – la rétractation de l’être antérieur sur le point de son être. Et un Tsinor, un Qav pénètre dans ce ‘Halal. Ce Tsinor rerésente la lumière rejetée à l’extérieur et qui a tendance à revenir avec impétuosité, parce qu’il ne peut pas y avoir compléxité à l’exterieur du ‘Halal. Le Or est Pashout, la substance est simple. Et donc le projet de créer un monde autre que le Créateur fait apparaître la dualité donc la multipicité, et donc la complexité qui est impossible pour la substance simple. Ce Or rejeté à l’extérieur de la sphère du ‘Halal a tendance à revenir avec Tokef impétuosité. S’il revenait ce serait le ‘Hourban du ‘Halal. D’où une force qui est Gvourah qui joue ici à la périphérie des mondes pour empêcher l’absolu d’entrer dans le monde. Si l’absolu entre dans le monde, le monde est détruit.

Une des images que donne la Kabalah est celle de la bougie dans le soleil... kal va’homer si le soleil vient dans la bougie...

 

Donc nous devons être protégés de l’être. C’est pourquoi notre être relatif de créature est tellement protégé de l’être absolu. La dualité ici n’est pas « esprit et matière », ce serait l’équation « l’être et le néant », dans le sens où la matière nous protège du néant. Comme si nous devions être protégés par une matière qui nous empêcherait de nous dissoudre dans le néant. Notre corps protége l’esprit. Tout en le protégeant il l’enferme et le limite, c’est un autre problème, mais comprenez que la dialectique de dualité est ici très différentes des perspectives occidentales dans l’opposition entre l’esprit et la matière. Il y a au contraire alliance entre l’esprit et la matière contre le néant : la dissolution dans le néant...

 

Un Kav va pénétrer dans le ‘Halal.

C’est là que s’exprime la volonté de l’être absolu de créer un monde.

C’est pourquoi on va appeller Tsinor ce Qav qui signifie un rayon qui pénètre dans le ‘Halal.

Tsinor, c’est-à-dire Ratson : c’est là qu’est figurée la volonté du Créateur de créer un monde, par le fait qu’un Qav rentre dans le ‘Halal. Alors on appelle ce Kav « Tsinor ». Cela veut dire Ratson.

Il y a 2 dimensions du fait de cette volonté de créer un monde : qu’il y ait un ‘Halal et que dans ce ‘Halal il y ait de l’être. Alors le Tsinor exprime l’être du ‘Halal. C’est le Ratson haBoré.

 

Nous avions vu que ce Kav va pénétrer dans le ‘Halal avec une très grande force. Il joue Tsimtsoum ici dans le 1er sens : diminution. Si la force du Or qui entre par ce Kav dans le ‘Halal, était celle du Or qui avait été rejeté à l’extérieur, le ‘Halal disparaîtrait. Donc, il faut un Tsimtsoum considérable de cette 2ème Gvourah.

 

La 1ère Gvourah c’est cette force-là que l’on appelle El-Shadaï. 

La 2ème Gvourah est là, venant rappetisser le torrent d’être qui veut repénétrer dans le ‘Halal.  

C’est pourquoi dans l’ordre des Sfirot, Gvourah intervient après ‘Hessed, pour diminuer ‘Hessed. Car ‘Hessed risquerait d’être dévastatrice. Celui qui veut vraiment donner donne tout. Le véritable don donne tout, mais tout c’est trop ! La Gvourah doit de nouveau intervenir pour diminuer ce ‘Hessed Elion qui est à l’origine de la construction des mondes.

 

Or, ce Kav aurait tendance à revenir jusqu’au centre du ‘Halal. S’il revient au centre le ‘Halal est détruit. La tendance du Kav est d’arriver jusqu’au centre du ‘Halal. 

 

Comprenez que ce centre-là fait allusion à la créature achevée réussie, constituée comme être recevant l’être.

 

En réalité, il y a une tendance à arriver au centre, mais il faut qu’il y ait un empêchement sinon si ce Kav parvient jusqu’au centre, le ‘Halal est empli de lumière et est annulé et on recommence tout.

 

C’est pourquoi dès que le Kav va arriver au centre, de nouveau, là se reproduit l’événement de Tsimtsoum, à l’infini, jusqu’à notre monde. Et dans notre monde où nous sommes logés cela continue.

 

Ce OR là va être appelé OR EÏN SOF qui est différent de Eïn-Sof. Du Eïn-Sof on ne dit rien.  Sinon que c’est l’être absolu préxistant à tout. Nous n’en n’avons aucune perception possible nous n’avons perception que de Shmo=Ratson, Son Nom mais pas de Lui.

Cette lumière qui va donner l’être au monde ne s’appelle pas le Eïn-Sof (le croire serait une erreur panthéiste) mais le OR EÏN-SOF.

Pourquoi Or Eïn-sof ? parce que le Sof serait qu’il atteigne le centre, mais il n’y a pas de Sof pour lui. il n’arrive pas au Sof, c’est pourquoi on l’appelle OR EÏN-SOF...

 

Eïn-Sof est exactement le sens de Reshit. C’est-à-dire une manière d’être qui consiste à être constamment commencement. Il n’y a pas de fin c’est-à-dire que c’est constamment comme cela... Vous voyez l’allusion au 1er verset.

 

C’est avec une réalité dont la manière d’être est d’être constamment commencemeent que Dieu a créé le ciel et la terre. Avec un Reshit. Qu’est-ce qu’un Réshit ? C’est une manière d’être qui s’appelle Eïn-Sof. Alors c’est le OR qui vient de Eïn-Sof.

Notez bien la différence absolue entre le EIN-SOF et le OR EÏN-SOF.

 

Lorsque ce Kav revient dans le ‘Halal il va rencontrer des niveaux de vie.

Quels sont–ils ? En termes ontologiques, métaphysiques, ce sont les situations différentes de proximité ou d’éloignement de la source de l’être qui est à l’extérieur du ‘Halal mais qui se manifeste à nous à travers le Kav du OR EIN-SOF.

 

Ces niveaux sont à l’infini, et on les récapitule schématiquement par 10 niveaux. C’est pourquoi on parle de 10 Sefirot.

 

Constitution d’une Séfirah :

il y a le KELI qui est un Tsinor, sorte de conduit ; à l’intérieur duquel il y a du OR que l’on appelle le OR PNIMI (le Or intérieur au Kéli) c’est-à-dire le Or que le Kéli peut déjà contenir. Et il y a le OR MAKIF, le Or qui entoure le Kéli – c’est le Or qui est promis à ce Kéli, mais que le Kéli ne peut pas encore contenir. Paradoxe apparent, mais pensé en hébreu le Or le plus précieux est le Or Makif : il a une plus grande valeur, c’est pourquoi il est à l’extérieur parce que le Kéli n’est pas encore capable de le contenir.

 

C’est pourquoi le mot de Sefirah équivaut à Or et Kéli :

ð   Or Pnimi.

ð   Or Makif.

 

Il y a des noms qui désigneront les Kélim, des noms qui désigneront les Orot et des noms qui désigneront les Sefirot qui forment l’ensemble du Kéli et du Or.

 

Dans les textes que vous aurez en main, il faut bien distinuer les mots qui désignent les Sefirot et qui sont données à trois registres différens selon que je parle du Or de la Sefirah, c’est un vocabulaire, si je parle du Kéli de la Sefirah, c’est un autre vocabulaire, et si je parle de la Sefirah en tant que Or et Kéli c’est encore un aurtre vocabulaire.

 

[Toutes ces traditions lorsqu’elles sont mises par écrit par nécessité à travers les siècles, le sont dans le désordre absolu, intentionnellement, pour tromper l’ennemi, de telle sorte que ne comprenne que celui qui peut comprendre. Tout est en chaos comme dans l’état de commencement.

Ce n‘est que arrivé dans les temps très contemporains que nous commençons à avoir quelques petites synthèses de clarification de gens de grande charité qui ont écrit au 17ème siècle pour le 20ème siècle. Mais il faut des commentaires de ce qui avait été écrit pour nous de telle sorte que les gens du 21ème siècle comprendront ce que devaient comprendre ceux du 20ème … etc.

Tout est en désordre. Un livre de Kabalah ne peut pas se lire tout seul. Pas plus qu’un livre de Torah quelconque d’ailleurs. Par exemple, le Talmud Esser Sfirot du Rav Ashlag sur la Kabalah du Ari fut écrit il y a une trentaine d’années, et déjà il nous faut des commentaires pour nous dire ce qu’il voulait dire... Finalement, malgré les écrits, tout ce qui est Torah shébéalpeh reste Torah shébealpeh]

 

Le nom d’un Kéli d’une Sefirah n’est pas le nom du OR de la Sefirah et le nom de la Sefirah c’est un autre registre. Faites très attention á cela : c’est un chemin tout droit qui est encombré de fausses pistes, et c’est intentionnel.

 

Nous allons apprendre un autre terme pour bien comprendre comment se constitue le Kéli.

Nous abordons enfin l’identité de la créature en tant que telle.

Lorsque la lumière s’était retirée, elle avait traversée en se retirant des niveaux de vides. Ces niveaux de vides que ,lorsqu’elle revient en tant que Kav, elle va recontrer.

La lumière en se retirant, se retire, mais par le force du Tsimtsoum - Gvourah – elle traverse ces niveaux de vides dont elles se retire. Elle dévoile ce qui reste lorsqu’elle se retire. Ce qu’elle dévoile et ce qui reste lorsqu’elle se retire, je pourrais l’appeller en français dans un sens assez analogue auquel l’emploi Lévinas qui le prend du Rav ‘Hayim de Volozine et qui est l’idée de « trace ». En araméen Réshinou. Le Reshinou : en hébreu le mot de Roshem - impression- trace.

 

Qu’est-ce que c’est qu’une trace ?

C’est ce dont nous avons parlé hier : il y avait et il n’y a plus. C’est la trace de cela. Cette manière d’être de la trace est une manière d’être en n’étant pas. Mais c’est quelque chose une trace.

 

C.à.d.que la lumière a quitté le ‘Halal mais elle a laissé en traversant ces niveaux de vide à chaque niveau, la trace d’elle-même correspondant à ce niveau. Lorsque le Kav revient, il rencontre ces traces – cet être en creux qui est la trace, qui est le Reshinou – et il abandonne dans cette trace, une lumière revenue, des étincelles, et cela constitue le Kéli de chaque Sefriah.

 

Lorsque le Qav revient, à chaque niveau il s’irradie dans le Kéli d’une Sefirah. Comment ? Il rencontre ce Reshinou, à un infini de niveau, qui est déjà une structure de tous ces niveaux en manque d’être, en creux d’être.  Et alors il y a quelque chose qui n’est rien mais qui est quelque chose déjà : la trace de ce qu’il y avait et qui n’est plus...

 

Quand de l’être a été quelque part, même s’il quitte totalement la place où il se trouvait il reste quelque chose. Ce n’est pas de l’ordre de la mémoire mais de l’ordre de la trace. C’est cette trace-là que le Kav rencontre et s’irradie en elle en y abandonnant (Messirout Nefesh, d’ailleurs ce Or s’appelle le Or des Nefesh) des étincelles de lumières qui vont constituer l’être du Kéli.

 

Il y a une sorte de collaboration entre le ‘Halal et le Reshimou et les Nitsotsot, les étincelles du Kav, qui font exister le Kéli, ce que nous appellons la matière – c’est-à-dire la manière d’être de l’être recevant l’être dans le stade où elle ne le reçoit pas mais où elle se constitue comme celui qui recevra l’être. Et alors le OR revient dans le Kéli et ensemble forment la Sefirah. 

 

Un exemple dans un tout autre registre du Midrash :

On apprend qu’Abraham est descendu en Egypte, et lorsqu’il revient au pays de Kenaan, il revisite toutes les auberges où il a séjourné. C’est le même phénomène de la lumière qui revient de là où elle était partie. Elle reconnait son chemin.

Vous voyez que le logos du Midrash ne peut se décrypter qu’aun niveau de la Kabalah. Les Baalei HaMidrash étaient les 1ers maîtres de la Kaballah.

 

Q : Cela vaut-il pour l’oeuvre ou est-ce que cela vaut aussi pour le monde physique ?

R : Pour tout être. Tout ce qui existe en tant que créature : c’est le monothéisme radical. L’homme est ce niveau où la créature est devenue le quelqu’un que le Créateur voulait créer. J’ai été frappé en relisant les notes de la conférence de Monsieur Golberg du parrallèle entre ce qu’il a dit et ce que je vous disait la veille. On ne s’était pas concerté. Sauf tout le paragraphe concernant l’évolutionnisme et sur lequel je reviendrais dimanche lors de la table ronde. A part ce paragraphe, la tendance de la tradition juive est d’aller d’emblée à l’élucidation morale des notions métaphysique. C’est ce qui rend les autres cultures si différentes de la nôtre.

 

Revenons à notre problème : réflechissons bien à cela que la lumière en se retirant a dévoilé le Kéli. Et le Kéli se constitue dans la rencontre nouvelle entre la lumière et le Reshimou de lui-même. Ce qui me fait dire déjà à l’avance que la racine d’être du Kéli est plus haute et plus profonde que la racine d’être de la lumière. Il y a une dignité cachée de la matière qui est plus profonde que la dignité de l’esprit. L’objectif du Créateur c’était en fin de compte le Kéli.

 

La notion de Shevirat hakélim :

 

Quel est l’origine de l’état de chaos dont parle le 2ème verset ?

בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ

Bereshit bara Elohim et hashamayim ve'et ha'arets

וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם

Veha'arets hayetah tohou vavohou ve’hoshekh al-peney tehom

Veroua’h Elohim mera’hefet al-peney hamayim.

וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ

Veha'arets hayetah tohou vavohou…

 

Ce Tohou VaVohou est le résultat de Shevirat Hakélim

Et il faut traduire Veha'arets hayetah tohou vavohou - et la terre était devenue tohou va vohou

C’est comme cela qu’elle était parce qu’elle l’est devenue vé hayitah il y a une forme atténuée, indirecte de Vav conversif ici. Ce Tohou VaVohou c’est le résultat de Shevirat Hakelim nous enseigne le Ari. Qu’est-ce que cela signifie ?

 

Si je me pose la question de savoir quelle est l’origine de l’état de chaos qui est celui du commencement non pas du monde mais de l’histoire du monde en tant que monde, il n’y a pas de faute. Il y a un processus nécessaire à priori que nous décrit la Torah. C’est ce que nous allons essayer de comprendre aujourd’hui.

La faute, et en particulier la faute du 1er homme dont on va nous raconter l’histoire est un incident qui complique l’état de chaos mais qui n’est pas responsable de l’état de chaos.

 

Dès cette analyse, nous avons une déculpabilisation colossale de l’être de créature qui nous est donnée par la Kabalah.

Il pourrait y avoir des traditions lisant la bible qui nous dirait que l’état de chaos est l’état de la faute. Mais l’état de chaos est primordial. Il s’attache au résultat du fait de créer, de façon nécessaire à priori et n’est pas le résultat d’une faute. Toute cette espèce de panique tragique de la rencontre de l’état de chaos qui rend si pessimistes les espérances religieuses des traditions extérieures à l’hébreu, est évacuée complétement du récit de la bible hébraïque.

 

La faute est grave et vient compliquer l’état de chaos mais l’état de chaos n’a pas pour cause la faute. L’homme n‘est pas capable de cela. C’est très grave de compliquer le chaos car ensuite le Tiqoun du chaos devient difficile. Mais il m’est donné un problème d’organisation du chaos à priori où il n’y a aucune culpabilité apriori. Lorsque j’y adhére, alors je deviens responsable de cette culpabilité-là, mais à priori non. Ensuite cela intervient et on va nous raconter un petit incident que la Torah raconte avec un humour  colossale et petit incident que personne ne comprend : une histoire de pomme incompréhensible rendant le 1er homme responsable du chaos et de tout ce que les hommes font...

Ce n’est pas ce récit là qui nous explique la rencontre du chaos. Le chaos est le résultat de la rencontre entre le Kav et les Kelim des Sefirot : Shevirat Hakelim.

 

Nous avons vu qu’il y a 10 Sefirot. 

Le Kav va rencontrer et s’irradier à chaque fois dans cet ensemble de niveaux du vide que l’on récapitule symboliquement à dix niveaux.

 

1er postulat : le Kav rencontrant le 1er Kéli va irradier le Kéli de la Sefirah KETER – la première par en haut, ou à l’extérieur. Ensuite, une fois qu’il a irradié (tout ceci va se faire simultanément, le processus n’est que d’exposition logique) (irradier = Hitpashtout – Bitpashet) il continue pour irradier la 2ème Sefirah Hokhmah et continue pour irradier la Sefirah Binah.

Dans ces trois niveaux ne se produit pas le processus de Shevirat Hakelim.

 

Et voilà qu’il arrive à la 1ère des 7 Sefirot extérieures qui est ‘Hessed – la seconde étant Gvourah, la troisième Tiferet, la 4ème Netsa’h, la 5éme Hod, la 6ème Yessod, et la 7ème Malkhout

 

Dès qu’il arrive à ‘Hessed, successivement tous les Kélim éclatent jusqu’à celui de Malkhout. Et la terre qui est l’allusion à l’être recevant l’être, au Kéli de tous les mondes, c’est-à-dire l’être de créature, va être emcombrée de ce qui se passe-là. Chaque fois que la lumière va rencontrer un Kéli qui se brise, car le Kéli est fragile et on verra pourquoi, la lumière remonte. Et le niveau qui lui correspondait reste vide de lumière. Mais le Kéli est brisé et c’est pourquoi la lumière remonte car elle n’a pas de Kéli pour en être le véhicule, et les débris du Kéli tombent

Et successivement, ce Tohou VaVohou, ce chaos, c’est les débris ces 7 Sefirot qui tombent au centre. Plus exactement les 6 qui tombent sur la 7ème et l’écrasent.

 

C’est dire que l’état du niveau Haarets c’est ce Tohou VaVohou dont parle le verset et ce Kéli de Haarets qui est le Kéli de Malkhout est complétement détruit par le bombardement des Shvérim, des débris de ces Kélim qui ont été éclatés. Et les 6 qui sont 7 lumières là ne sont pas dans notre monde. Elles sont remontées parce qu’elle n’avaient pas de Kéli.

 

Deux questions :

 

ð   Pourquoi ces Kélim ont-ils été détruits et pas les 3 précédents ? Que signifie l’état du monde au 2ème verset ? Veha'arets hayetah tohou vavohou ve’hoshekh al-peney tehom ..

 

ð   On ne parle plus de Shamayim qui est évanoui et a disparu du verset ? Le fait que Shamayim a disparu c’est le fait de ces lumières qui sont remontées plus haut parce qu’elle n’avaient pas de Kéli. Le problème est donc de reconstituer les Kélim de Shamayim. Et résultat, la terre reste mais encombrée de ces débris. Et nous allons nous demander ce que signifie tout cela.

 

1ère question :

Quelle est la raison de la destruction des Kélim ?

1ère explication que nous donne le Ari : les Kélim de ces 3 Sefirot, parce qu’elles sont très proches du Ein-Sof, sont capables de retenir la lumière qui leur est offerte. Nous allons de nouveau apprendre un mot d’hébreu qui va éclairer ce problème : Zakh.

Zakh signifie pur et transparent. Mais nous allons l’entendre dans son sens moral : cela renvoie à Zakout. Quelque chose qui est transparent, affiné, et qui est très proche de la notion de Zekhout qui est le mérite. De quel mérite s’agit-il ?

Première réponse donnée : les Kélim de ces trois Sefirot supérieures parce qu’elles sont proches de l’être absolu, ont suffisament de Zakout. C’est suffisament Zakh. Alors cela n’éclate pas.

L’opposé de Zakh dans ce problème c’est Av – épais – opaque, grossier. Au niveau du langage biblique Av (ayin-beit) signifie aussi un nuage.   

 

Cette lumière qui revient avec le Kav veut arriver jusqu’au bout. Donc elle veut traverser les Kélim. A chaque niveau elle laisse la lumière correspondante à telle ou telle Sefirah. Mais son intention est de traverser pour arriver jusqu’à l’être de créature.

Si le Kéli est Zakh, le OR peut traverser. Si le Kéli est Av, étant donné que ce Or vient avec force il fait éclater le Kéli.

 

Donc l’effort qu’il faut faire pour que la lumière d’une valeur considérée soit retenue dans notre monde est d’épurer le Kéli, d’obtenir un Zkhout, c’est-à-dire de réaliser une Zakout.  

 

Cette première idée est simple : tant qu’il n’y a pas suffisament de mérite, de Zekhout. La lumière vient mais elle se heurte à un obstacle d’opacité, de grossièreté, alors simultanément elle casse ce Kéli et elle remonte. Mais en-bas sont entrainées des étincelles de la valeur considérée. Et c’est l’état de chaos qui nous est donnée à l’origine de notre histoire.

 

Ce que j’essaie de vous décrire ici c’est ce processus en tant que processus nécessaire : cela ne peut pas être autrement. Que la créature soit d’abord à l’état de chaos.

 

J’aborde une 2ème forme de l’explication, qui reste la même mais dans un autre registre, celui du problème moral.

 

La lumière qui est offerte a 10 niveaux de valeur, puisqu’elle est l’unité de lumière correspondante à l’unité des 10 Sefirot. Donc ce sont les 10 Orot qui sont offertes au Kéli de Keter. Mais le Kéli de Keter est suffisamment Zakh pour retenir aussi les 9 autres.

Tandis que dès qu’on arrive à ‘Hessed qui est déjà un peu éloigné du Or Ein-Sof, le Kéli de ‘Hessed ne pourrait retenir que le Or de ‘Hessed. Comme il lui est offert aussi simultanément les 6 autres Orot inférieures à lui et qu’il ne les connait pas, alors ce sont les 6 autres qui le brisent.

  

Le Kéli de ‘Hessed ne peut pas retenir les autres valeurs qu’il ne connait pas, alors il est brisé par elles. On comprend ainsi la raison de Shevirat HaKélim et l’ordre du Tiqoun.

 

Comment va s’affiner, se restituer ce Kéli de ‘Hessed ?  En acceptant les autres valeurs. Nous sommes en plein monothéisme ! Le Tiqoun est l’unité des valeurs ! Tant que ce Kéli n’est pas capable de retenir aussi les autres valeurs, il est brisé. 

 

Je reprends l’explication qui est très simple :

Le Or qui est offert au Kéli de ‘Hessed n’est pas seulement le Or de ‘Hessed seul qu’il pourrait retenir mais c’est aussi le Or de Gvourah. de Tiferet... etc. Alors il voudrait bien retenir le Or de ‘Hessed, mais, ne supportant pas les autres, il éclate...

Comment restituer ce Kéli de ‘Hessed ?

 

Seul un homme capable de ‘Hessed et des autres valeurs en potentiel peut le restituer.

Celui-là s’appelait Abraham

Je vous donne la liste des correspondances de qui a restitué les cieux : c’est-à-dire chacun de ces Kélim de Shamayim.

On arrive finalement de nouveau à l’explication d’ordre morale.

Pourquoi y-a-t’il Shvirat Hakélim ?

C’est tant qu’on n’est pas encore capable de l’unité des valeurs.

C’est ce qu’on appelerait dans la culture contemporaine par exemple au niveau anthropologique la synthèse de la personnalité. Un homme qui ne serait que l’homme de ‘Hessed sera perpétuellement en mashbekh – en shevirat hakélim. Tant qu’il n’est pas capable d’être aussi, ne serait-ce qu’en amorce, homme de Gvourah, de Tiferet, de Netsa’h, et de Hod...etc.

 

Le mystère de l’identité hébraïque c’est que sont advenus dans l’histoire du monde les Avot. Chacun d’entre eux a restitué le Kéli d’une Séfirah perdue parce qu’ils étaient capables de l’unité des valeurs.

…/…

lire la suite

******

Partager cet article

Repost 0
Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans KABALAH
commenter cet article

commentaires

brami 21/11/2015 17:36

Chavouah tov,
Je suis un grand fan de Manitou, ses cours sur la création sont formidables.
Il y a plusieurs années, je fréquentais la rue Murger et un livre de Manitou circulait sur le chiffre 3,14 depuis je suis en recherche mais en vain.
Si ce livre existe pouvez vous me donner le moyen de me procurer.
Je vous remercie par avance,
Cordialement
Franck Brami

Phil O'Semith 07/06/2017 14:31

Cher Frank,
merci pour votre témoignage.
désolé, je n'ai pas connaissance de ce livre.
Une simple indication sur le nom Shadaï de guématria 314 qui évoque ce rapport du cercle et de la droite, et
qui est un thème important dans la kabalah hébraïque.
L'épée tournoyante sur le chemin du Gan Eden évoque également ce rayon qui tourne en traçant un cercle...
kol touv,
Phil

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche