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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 20:09

Séminaire sur la création (1979) - Cours 4a

 

Séminaire sur la création (1979) - Cours 4a

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/seminaire_sur_la_creation/cours_4

Face A

 

…/…

dans le sens étymologique du terme en philosophie, c’est qu’il n’y a pas de monde extérieur, il n’y a que la conscience humaine, et tout ce que j’appelle monde extérieur ce sont des images de ma conscience. La limite de cette philosophie idéaliste, c’est ce qu’on appelle le sollipsisme. Je suis seul à exister vous n’êtes que des images de ma pensée... Tant que les images ne me gênent pas votre existence est garantie. Si les images bougent je les supprime. Parce que cela donne des cauchemars ces images qui gênent...

On voit comment cela se dégage en politique, en moral, cette philosophie idéaliste du sollipsisme. Ce sont des choses dangeureuses, parce qu’on arrive pas à expliquer en philosophie ce qui fait la réalité du monde extérieur. Puisque je ne connais le monde extérieur que par mes perceptions, alors peut-être que n’existent que mes perceptions et qu’il n’y a pas derrière un véhicule dans la réalité...

 

Il n’y a pas de réponse en philosophie à ce problème qui se pose de cette maniére : qu’est-ce qui fait la différence entre une sensation et une image ? Une sensation est une image qui porte avec elle le sentiment de réalité. Il y a des images qui se font  prendre pour des sensations et des sensations qui se font prendre pour des images : cf. les hallucinations.

 

Je cite cela pour situer le problème de la perplexité propre à la conscience kabaliste. Il faut expliquer l’existence du monde. L’existence de l’homme, l’existence de Dieu ne fait pas problème. C’est pourquoi on ne trouvera jamais dans la pensée traditionnelle de la Kaballah, un souci philosophique ou théologique. Sauf lorsque le Kabaliste décide d’aider un philosophe dans son problème ou d’aider un théologien dans son problème.

 

La notion de Tzimtzoum qui va être employée pour nous faire comprendre Yesh béAyin : il faut d’abord faire apparaître un Ayin dans le Yesh.

 

A partir d’un point de l’être absolu antérieur pris comme centre de ce qui va se passer, va se produire un phénomène de  Tsimtsoum dans le 2ème sens, c’est-à-dire de rétractation.

 

Utilisant le langage de la Kabalah, lorsque je parlerais de l’être je parlerais de la lumière. C’est le seul éclairage que nous avons quant à l’être. La lumière qui occupait (c’est une image puisque la lumière n’occupe pas de place dans un espace d’être) un point va être retirée du centre à la périphérie, et il va apparaître une sphère.

 

Alors Tsimtsoum dans le 2ème sens c’est rétractation. L’infini absolu va se vider d’un point dans lequel va apparaître ce que j’appellerais plus tard, l’espace du monde. Il fallait trouver un moyen de faire apparaitre ce vide d’être où le monde sera logé que j’appellerais « l’espace » en français mais le terme employé par l’hébreu est celui de ‘Halal - ‘het-lamed-lamed. Et ce n’est pas pour rien que c’est ce mot de ‘Halel est employé pour signifier le « vide » dans lequel les mondes sont logés.

 

Il se passe donc un phénomène de la rétractation de la lumière à partir d’un point pris comme centre et qui fait apparaitre une sphère.

 

Parce qu’à partir du centre la lumière est refoulée à l’extérieur. C’est une sphère qui apparait et non  pas n’importe quelle autre figure géométrique dans les trois dimensions, parce que la lumière antérieure était simple. Il n’y a pas d’arêtes, de côtés. Tout est unidimensionnel. Ce phénomène de rétractation est égal dans toutes les directions à la fois, et par conséquent, c’est une sphère qui apparait. C’est là le Tzimtzoum dans le 2ème sens.

 

A partir d’un point pris comme centre va apparaître un ‘Halal, c’est-à-dire un espace – vide absolu d’être – dans lequel le monde sera en fin de compte logé par un processus qui va donc nous permettre de résoudre notre énigme de départ qui était l’inversion de la donnée philosophique.

 

Nous allons substituer Briah Yesh béAyin (du Yesh va venir dans le Ayin) à la notion incompréhensible de Beriah Yesh méAyin. Et la notion transitoire c’est l’apparition de ce ‘Halal comme résultat d’une néantisaiton d’un point d’être de l’être absolu et qui s’appelle Briah Ayin méYesh. C’est le néant qui est créé à partir de l’être.

 

Le grand principe de la tradition juive c’est de substituer la problématique morale à la problématique métaphysique.

 

Je vais vous donner des exemples au niveau des valeurs morales de cet acte de  Tsimtsoum dans le 2ème sens, que dans le vocabulaire général de la tradition on appelle Gvourah.       

On va alors réfléchir sur ce mot de Gvourah, la vertu du Guibor vaillant-fort.

 

Mais quel sens cela peut-il avoir de dire  en parlant de Dieu qu’il est Guibor ?

Etre plus fort que quelqu’un de plus faible ce n’est pas être fort ! Etre plus fort que quelqu’un de plus fort est impossible ! Quel est donc le sens d’être fort ?

La réponse de la tradition : n’est fort que celui qui est plus fort que soi-même. Sinon être plus fort que quelqu’un de plus faible n’est pas la force mais signifie simplement que l’autre est plus faible. Ce n’est pas la vraie force. Donc, il n’y a de place pour la notion de vaillance qu’en termes moraux : être plus fort que soi-même.

 

La Mishnah des Pirqey Avot 4:1 dit :

איזה הוא גיבור--הכובש את יצרו

Ezehou guibor ? Ha kovesh et Yisro

Qui est celui dont on peut dire qu’il est fort ?

Celui qui est plus fort que son instinct.

Et on cite un verset :

שנאמר "טוב ארך אפיים, מגיבור" (משלי טז,לב

Comme il est dit :

« Tov guibor milo’hem ir – le vaillant est plus grand que celui qui conquiert une ville ».

 

Celui qui conquiert une ville ce n’est pas de lui qu’on dira « vaillant ». Parce que s’il a pu conquérir la ville c’est qu’elle était plus faible que lui. C’est simplement une mise au point dans l’ordre du rapport de force. C’est la grande différence que nous avons avec la mentalité qui est derrière le français. La vertu vient du mot latin virtus – la force de celui qui conquiert la ville, alors que l’hébreu est vertueux lorsqu’il domine ses instincts.

 

Rapportons cette analyse à Dieu en tant que Créateur et nous allons voir apparaître la notion de Gvourah comme Dieu Créateur.

 

Quel serait l’instinct dans l’être de Dieu ? C’est le fait que l’absolu est absolu et qu’il occupe donc tout l’être. Hitpashtout. התפשטות   L’envahissement. Léhitpashet. Le Yetser du Créateur c’est l’affirmation de soi. Alors pour que l’autre ait une place il faut que je me restreigne dans ma Hitpashtout. C’est cela qui s’appelle Gvourah cet effort de Tzimtzoum de moi en moi qui fait apparaître une place pour l’autre. Et c’est d’emblée en termes de valeurs morales que cela nous est expliqué.

 

Cette deuxième définition de Tsimtsoum va donc s’appeler Gvourah. Il faut être sensible au fait que cette force de Gvourah opère constamment, de façon permanente depuis que le monde est créé. Depuis l’instant où Dieu décide que soit créé un monde doit apparaître ce ‘Halal. Et alors, pour que ce ‘Halal ne soit pas détruit en tant que ‘Halal, il faut donc que cette force du Tsimtsoum continue à opérer sans arrêt pour que la périphérie du ‘Halal soit préservée contre l’irruption de la lumière extérieure qui a tendance à revenir d’où elle est partie.

 

Ici, à la périphérie extérieure du ‘Halal, de l’intérieur vers l’extérieur, joue une force considérable qui s’appelle Guevourah. Le monde n’existe que en relation à cette vertu de l’être absolu que nous appelons Dieu, en tant que Créateur, qui préserve l’espace du monde et qui par conséquent lutte contre Lui-même, d’une certaine manière explicative imagée, de façon permanente pour que le monde ait une place pour y être situé.

 

Et si cette Guevourah fléchit, tout l’être qui avait été rejeté à l’extérieur et qui est en souffrance dehors,  a tendance à revenir et à détruire les mondes.

 

Si la Gvourah qui opère à toute cette périphérie de la circonférence du ‘Halal, pour repousser l’être qui était dedans, dehors - et nous verrons que c’est avec une force terrible que cet être qui était dedans mais qui est dehors - veut revenir, donc il faut qu’il y ait une force colossale pour le repousser à la périphérie. Cette force est appelée Gvourah. Si cette force fléchit, l’impétuosité de l’absolu rentre dans le ‘Halal et détruit les mondes, les efface.

 

Chose dangereuse, on apprend que les actes des hommes influent sur cette force. Si l’homme fait le bien, la Gvourah est grande et le monde est protégé. Si l’homme fait le mal, la Gvourah est atténuée, elle est atteinte, et le monde est moins protégé. Et quand il y a un trou quelque part et irruption de l’être antérieur, il y a destruction du monde et chaos.

 

Mais le ‘Hidoush de la tradition juive biblique c’est que cette force-là dépend d’une certaine manière des actes des hommes, et nous verrons à quel niveau, parce qu’il y a alliance avec les mondes d’étape en étape de l’histoire ; et cette alliance garantit qu’il n’y a pas de déluge d’eau par exemple… etc.

 

En d’autres termes, étant donné que l’état antérieur de l’être avant le Tsimtsoum, ce que j’appellerais l’absolu, c’est-à-dire la substance simple, le Tsimtsoum va rejetter une quantité de lumière qui occupait cet endroit où sera le monde à l’extérieur. Donc à l’exterieur il y a une impossibilité qui s’appelle en hébreu  harkavah - complexité – la lumière ici va devenir complexe, parce qu’elle est la lumière simple comme elle l’était, plus cette quantité de lumière d’être qui vient de lui être ajoutée. Ceci, la lumière simple ne le supporte pas.

 

C’est une sorte de tension entre deux volontés en Dieu : créer le monde et cependant c’est impossible.

 

[Q :

R : non relisez votre verset, c’est le résultat de la création

Bereshit Bara Elokim et Hashamyim ve et Haarets.

Résultat de Bara. Vaarets vayitah tohou vabohou ve ‘hoshekh al penei tehom

 

Résumé :

Avant que ce ‘Halal ne soit apparu, tout ceci était absolu. Cette quantité d’être qu’il y avait dans le ‘Halal, et pour que le ‘Halal existe comme ‘Halal, est rejetée à l’extérieur du ‘Halal. Et cette quantité d’être rejetée à l’extérieur du ‘Halal a tendance à revenir et cette tendance c’est ‘Hourban haOlam – ‘Hourban le’halal Léha’hil et ha’Halal – le détruire en tant que tel.

 

J’essaie de faire sentir la force colossale qui joue, de l’extérieur vers l’intérieur, qui risque d’annuler l’endroit du monde et corollairement doit jouer une force opposée qui préserve les limites de ce ‘Hallal.  Cette force s’appelle Gevourah.

 

Revenons au niveau du problème moral : pour que l’autre soit préservé dans mon monde, il faut que je me surveille dans la restriction de moi. Dès que je laisse mon égoïsme se répandre, l’autre est annulé.  Alors cette force s’appelle Gevourah.

 

Dans ce terme de ‘Halal qui signifie « le vide », il y a fondamentalement en hébreu une idée de profanation. C’est pourquoi, à la limite, au bout de la chaine des significations que nous allons voir, le mot de ‘Halal qui signifie le vide de l’espace – l’espace dans lequel les mondes sont logés – et le nôtre, qui est en fin de compte l’objectif du Créateur, puisque c’est là qu’aboutissent tous les processus d’émanations des mondes, à partir de l’être absolu, le nôtre, est au terme de toute une chaine infinie de Tsimtsoum après Tsimtsoum  pour arriver à notre niveau.

 

Il faut s’habituer à tout cela. Notez bien comme c’est dit pour y réfléchir et ensuite identifier vos expériences de la vie. Parce qu’ici le schéma est théorique. C’est un schéma récapitulatif qui explique tout à tous les niveaux. Pour identifier chacun dans son expérience. Donner un exemple qui ira pour l’expérience d’un seul, ne va pas pour un autre... C’est pourquoi il est interdit d’étudier la Kabalah avec plus d’un élève à la fois. Voyez toutes les interdictions qu’il faut violer pour que le Centre Rashi existe ! 

 

Le mot de ‘Halal signifie en fin de compte le cadavre.

Quel rapport entre le cadavre et le vide ? C’est l’idée que là où il y avait de l’être, il n’y a plus, et donc cette opération du Tsimtsoum c’est littéralement une profanation d’être !

 

‘Hol que l’on traduit par « profane » mais il faudrait dire étymologiquement « profané », c’est de la sainteté évacuée, et il reste le profane. La sainteté était antérieure à la profanation, au profane.

 

‘Hol signifie d’abord en hébreu un trou. ‘Hol c’est trouer, vider.

 

‘Hol c’est le sable, c’est ‘Hol Hayam : c’est cet expèce de déchêt du milieu de la vie mais qui n’est plus vivant.

 

Au niveau de l’image, la vie de la mer produit un déchêt qui s’appelle le sable, qui lui est de l’être du monde mais privé de capacité de vie. Le ‘Hol c’est ce d’où ne sort plus aucune vie. Le ‘Hol est l’être du monde privé définitivement de ce qui faisait qu’il était vivant.

 

On voit comment s’organise les notions dans la langue hébraïque à travers une constellation de signification qui n’a rien à voir avec les mots français dont nous nous servons pour les traduire. La connotation de sable va donner un tout autre contexte en français.  La connotation du sable en hébreu c’est cela : ce qui reste, ce vide d’être comme le ‘Halal.

 

Cete comparaison : « aussi nombreux que le sable de la mer » n’est peut-être pas une bénédiction à la lumière de cette analyse. « Aussi nombreux que les étoiles du ciel » c’est différent.

 

Si je vide la Torah de sa sainteté, il reste du sable. C’est ce sable qu’on étudie à l’université. On se perd dans les sables et on cherche les traces de la Bible dans les sables...

 

Q : Cette force Guevourah est comme une ceinture de super-conscience ?

R : oui, mais plus que cela c’est une force qui s’appelle El-Shadaï dans la série des noms saints. C’est une force qui repousse à l’extérieur l’être antérieur de telle sorte que la place du monde soit préservée.

 

Dans l’analyse morale : restreindre ma tendance à l’expansion qui s’appelle l’égoïsme pour laisser place à l’autre. W. Jankelevitch dans « le paradoxe de la morale » retrouve une intuition de ce dont nous parlons : le paradoxe de la morale c’est une tension entre l’angélisme qui est l’atruïsme et l’égoïsme.

 

C’est ce problème-là que nous allons étudier : l’être se définit d’abord par une capacité d’expansion totale qui correspond dans le vocabulaire des valeurs morales à l’égoïsme. Il faut que je restreigne cela pour qu’il y ait place pour l’autre. Dans notre équation fondamentale Dieu et le monde, l’autre que Dieu c’est le monde. Et donc Dieu en tant qu’être absolu doit restreindre son occupation de l’être de telle sorte de laisser une place au monde. Cette force est permanente. Elle n’a pas lieu une fois pour toute, elle est permanente. Parce que s’il y a un instant de fléchissement le monde est détruit parce que l’être antérieur revient là où il est.   

 

Le ‘Hidoush de la tradition juive c’est que le sens fondamentale d’une telle notion s’entend d’abord au niveau moral : l’acte créateur est l’acte moral par excellence.

Parce que l’acte créateur c’est faire exister autrui. Et donc l’acte moral est donc un acte créateur.

Par rapport à moi, autrui ne peut être que dans la mesure où je lui laisse place. Et nous verrons que cette vertu qui s’appelle Gvourah a une dimension d’elle même qui s’appelle ‘Hessed.  

Cette Gvourah c’est ‘Hessed. Le résultat de la Gvourah c’est que l’être va donner l’être à autrui. Ce qui s’appelle ‘Hessed. Mais pour que l’être soit donné à autrui, il faut qu’il y ait Gvourah pour qu’il y ait une place à autrui. Et cette force-là est permanente.

La force de cette Gvourah dépend du mérite moral des créatures. Plus les créatures agissent dans le bien et cette Gvourah est forte et le monde est protégé. C’est la notion d’alliance. Dieu contracte alliance avec qui se dirige vers l’être de Tsadik. Celui pour qui Il a voulu créé un monde, celui qui esr droit à Ses yeux de Créateur.

 

Cette alliance protége la Gvourah et donne la possibilité à ‘Hessed de s’effectuer. ‘Hessed c’est l’être que le Eïn Sof, le Ein absolu, va donner dans le ‘Halal. C’est le Orot de ‘Hassadim, des Orot de ‘Hessed qui vont revenir faire exister les mondes.  

 

Mais pour que la place du monde existe il faut qu’il y ait Gvourah. Dans l’ordre de la création ‘Hessed précède Gvourah. Dans l’ordre de l’intention des mondes Gvourah précède ‘Hessed

 

Je vous cite un verset des Psaumes (Hallel) qui renferme ce paradoxe apparent :

Ki Gavar aleinou ‘Hasdo – Gavar sur nous est Son ‘Hessed = Son ‘Hessed est Gvourah pour nous. 

Son ‘Hessed, Sa charité, le fait qu’il veuille donner l’être, Gavar a grandi pour nous...

Son ‘Hessed pour nous se fait Gvourah sur nous...

 

Nous entrons dans un univers spirituel dont le véhicule exclusif est l’hébreu biblique et qu’on ne peut pas traduire. Le passage de l’hébreu au français reste un mystère.

Il faut faire une mutation d’identité, se réhébraïser dans un hébreu qui exprime la vérité de l’hébreu et qui s’appelle Lashon Haqodesh. Il faut comprendre l’impossibilité de la traduction.

 

Q : La Gvourah c’est vraiment l’alliance parce qu’il y a réciprocité, l’homme est lié à cela, la Gvourah de Dieu dépend du mérite... ?

R : Vous avez raison. Malgré tout, nous verrons qu’il y a du côté de Dieu une infinie patience à l’abri de laquelle nous nous trouvons. Dieu donne plus que nous nous donnons. (Et donc méritons). Parce qu’en dépit des fautes qu’il y a sur terre, cette Gvourah joue. C’est donc que le ‘Hessed de Dieu est donc incommensurable à nos mérites, à nos comportements. Mais il y a saturation, et lorsqu’il y a saturation, cette Gvourah est suspendue => ‘Hourban. Et nous arriverons rapidement à l’idée de chaos. Votre question est bonne : le projet de création implique une alliance, mais sachant qu’un des deux partenaires, Dieu, est incommensurablement plus en alliance que nous. Nous profitons de sa décision qu’un monde soit. Nous sommes à l’abri de cela et c’est ce que nous appelons Erekh Hapaïm - une infinie patience du Créateur- il y a un contrat parce que finalement le monde ne sera confirmé que s’il le mérite.  Mais le sursis qui est donné jusqu’à ce que mérite soit jugé est infini.

Cependant, il est infini mais il y a des moments de saturation. La patience comme telle est infinie à chaque moment mais le temps de la patience est limitée. La patience est infinie. Mais pas le temps qui est donné ; nous avons des rendez-vous de jugement. Et quand le jugement fait apparaître que le monde ne mérite pas d’être suffisamment, il est effacé et on recommence. Voir le récit du déluge par exemple. Et le mot qui est employé par la Torah n’est pas « détruire », mais « effacé ». C’est-à-dire que la matière d’être de l’homme est préservée mais toutes les formes qu’elle avait prise sont effacées. Et on recommence jusqu’à ce que cela réussisse.

”Hemrei et kola yekoum” j’effacerais …puisque c’était de l’eau.

Il y a 2 manières d’effacer : la manière douce par l’eau, qui est la Midat Ha’Hessed, et la manière dure c’est par le feu, Midat HaDin. Il y a une alliance que le déluge d’eau ne reviendra plus. Pas pour le déluge de feu. L’humanité a déjà disposé tout ce qu’il faut sur la planète pour cette éventualité. C’est un rendez-vous éventuel inquiétant de notre temps.

 

Q : Vous avez parlé du néant et du ‘Halal comme vide intersidéral mais ce terme de ‘Halal ne recouvre pas celui de néant ?

R : Ce ‘Halal n’est pas seulement un vide d’espace, c’est un vide d’être. Nous pouvons nous appuyer sur cette notion du vide chez Pascal : « le traité du vide » : cette notion-là du vide d’être.

Q : Est-ce que cela peut traduire ce terme de néant par rapport à l’absolu de Dieu… ?

R : Oui ‘Halal est néant d’être. Dans ce néant l’être va revenir. C’est une néantisation d’un point de l’absolu. 

 

Je n’ai pas fini la série des mots.

‘Hol – le trou - le sable

Holé – le malade. La maladie est de l’ordre du vide d’être et de la profanation. ‘Holé c’est la transition entre ‘Hol et ‘Halal. Lorsque la maladie réussit l’être devient ‘Halal, c’est-à-dire cadavre.

 

Et aussi la racine Léhat’hil  commencer. Au commencement, il y a le vide, au commencmeent de l’être du monde, il y a le vide. Commencer c’est profaner dans ce sens-là.

Bereshit 4:26

וּלְשֵׁת גַּם-הוּא יֻלַּד-בֵּן, וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ אֱנוֹשׁ; אָז הוּחַל, לִקְרֹא בְּשֵׁם יְהוָה.

Oule-Shet gam-hou youlad-ben

vayikra et-shemo Enosh

az hou’hal likro beshem Adonay.

On commença d’invoquer le nom de Hashem

Rashi : zé lo lashon at’halah, ze lashon ‘houlin. Parce qu’il y a un lien entre léa’hel et le’halel.

 

‘Hiloul Shabat par exemple : c’est un comportement qui évacue la sainteté : il reste la profanantion. ‘Halilah.

 

Ma’hol : la ronde ...

 

Voilà comment s’organise tout ces mots autour de cette même racine.

Laissons maintenant tous ces termes de côté et retenons l’idée de base.

 

Je voulais essayer de vous faire comprendre pourquoi pour qu’il y a une place pour le monde, il faut d’abord un vide d’être quelque part, et ce vide même vide d’espace, ce n’est que très tard dans l’émanation de l’être dans ce ‘Halal, que l’espace et le temps apparaîtront à eux-mêmes comme dimensions de notre existence dans les mondes d’en-bas.

 

Il y a une force considérable qui doit jouer pour garantir l’existence de ce non-être qui est le ‘Halal.

La lumière qui a été refoulée à la périphérie, et la périphérie est sphérique parce que sa substance antérieure était simple. C’est la chose la plus difficile à penser pour la pensée humaine. La pensée humaine s’accroche à la compléxité, et commence à réfléchir. Elle ne peut pas comprendre le simple. Ce qu’il faut comrpendre c’est cette équivaleence absolue entre l’absolu et cette substance simple. Ce qui nous fait apparaître l’importance de la notion d’unité que nous retrouverons dans le 3ème sujet.

 

C’est de cet être qui a été refoulé à l’extérieur que va se produire la rentrée de l’être dans le ‘Halal et c’est ce qui nous explique l’expression Beriah Yesh beAyin : le Yesh va revenir dans le Ayin.

 

Il n’y a aucun obstacle intellectuel à penser cete notion. Créer cela veut dire faire entrer de l’être dans le néant.

Qu’est ce qui est difficile dans la notion de création philosophique ? Que l’être apparaisse à partir du néant ! On a appris que c’est tout à fait autre chose : l’être vient dans le néant ! C’est pourquoi il fallait une notion préalable : du néant qui apparait à partir de l’être.

 

Nous allons voir qu’il y a un processus en 4 temps que je vais simplement amorcer aujourd’hui.

Nous allons retrouver ici dans l’intersection entre la droite et le cercle, ici c’est comme une sphère coupée en plans.

 

Du point de l’être absolu pris comme centre, il est important de savoir que c’est n’importe quel point possible. Parce qu’en fin de compte quand la lumière revient pour faire exister la lumière du monde, elle a tendance à revenir jusqu’à ce centre. Et là où elle revient il y a une personne humaine.

 

Donc, il est important de savoir que le point de départ du Tsimtsoum est indifférencié, parce que comme le dit la Guemara (Sanhedrin 37a Kol e’had ve’had ‘hayav lomar bishvili nivra haolam) tout homme doit dire : « pour moi le monde a été créé ! ». Cela instaure la dignité de chaque un dans l’humanité. A l’origine ce point est n’importe où dans l’être parce qu’en fin de compte il est important de savoir que ce ‘Halal c’est le lieu de nos mondes communs, chacun d’entre eux étant génial pour lui-même. Au centre de chaque personne humaine il y a ce ‘Halal, ce centre du ‘Halal qui fait le monde, lequel monde est habité par d’autres. Mais il est important de savoir chacun est centre de ce ‘Halal. 

 

Dans les textes de morale, on trouve que ce ‘Halal est situé dans le côté gauche du coeur de chacun.

On en étudie la raison d’autre part. Les cavités du coeur sont appellées ‘Halal dans ce même sens.

Il y a ‘Halal Yemani et ‘Halal Semoli.  C’est dans le ‘Halal smali que se situe ce centre. Point de départ.

 

Alors tout a été pacifié à part la force de Guévourah pour que la lumière extérieure ne vienne pas détruire le ‘Hallal. Dans un point à l’origine dans la sphère extérieure par lequel va entrer un Qav – une ligne – une rayon de lumière – et cela s’appelle dans le Lashon HaKabalah  un Tsinor – un conduit, un tuyau.

 

Ce Tsinor s’accroche ici à un point du centre où on va donner la  permission à cette lumière qui a été retirée, de revenir pour être l’être du monde. Mais si elle revenait comme elle était partie, la place du monde serait détruite. Parce que la partie de ce point où la lumière rentre il y aurait diffusion de lumière totale, absolue et instanée, et le ‘Halal disparait encore.

 

On comprend maintenant que cette notion de Tsimtsoum est une notion méthodologique et non pas du tout au niveau de la réalité, puisque nous voyons qu’elle est impossible. Dès que le Tsimtsoum se fait il se détruit. Il se fait et se détruit de façon permanente pour que le ‘Halal puisse exister. Qu’est-ce qui garanti cette existence ? La Gvourah !

 

Je vous ai décrit un Tsimtsoum pour que vous compreniez qu’il n’y a pas de Tsimtsoum, puisque qu’il ne peut pas y avoir de Tsimtsoum....

 

Alors là, joue le Tsimtsoum dans le premier sens : c’est-à-dire que si la lumière revenait dans toute son intensité, le ‘Halal disparait. Alors c’est une lumière diminuée, compressée à l’infini dans le sens du Tsimtsoum talmudique. C’est une trace qui nous est rendue. Parce que si c’était la lumière elle-même, elle ferait annuler le monde.

 

Vous retrouvez-là, ceux qui ont étudiés ces choses, un Midrash que cite Rshi et qui nous dit que la lumière du commencement n’est pas celle que nous avons dans notre monde. Cette lumière du commencement est cachée quelque part, et ne sera rendue aux Tsadikim qu’après. Certains textes disent la lumière des 6 jours, d’autres disent la lumière du 1er jour. Mais cela revient au même.

 

Ce Or qui s’appelle le Or haganouz, la lumiere cachée, et nous n’avons qu’une lumière diminuée.

 

Yehi Or Vayhi Or.

Le Or de Vayhi Or est une lumière diminuée par rapport au Or de Yehi Or qui est la lumière du projet. Et Rashi nous dit : cette lumière du  Yehi Or  est cachée pour les Tsadikim. C’est une lumière d’être qui implique toutes les valeurs à la fois, et elle nous est diminuée pour que nous puissions la supporter. Pour que le Kéli que nous sommes puisse la supporter.

 

Ici joue un Tsimtsoum dans un 1er sens : cette lumière qui revient est un Kav, un rayon d’être du soleil d’où elle procède. Ce sont de simages.

 

On comprend donc qu’il faut un éloignement considérable pour que l’être créé – l’être qui n’est qu’en tant qu’il reçoit l’être – l’être de créature – puisse subsister dans son être, il faut un éloignement considérable par rapport au Eïn-Sof pour qu’il subsiste.

 

Image donnée par les Kabalistes: pour que les rayons du soleil ne me brûlent pas, il faut que je sois loin du soleil.

 

C’est dans cet éloignement que ce Qav apparaît et qui s’appelle Tsinor.

 

Tsinor = un conduit, un tuyau, un Qav, un rayon...

C’est par ces Tsinorot qui vont se différencier que nous vient le Or d’En-haut qui nous relient aux mondes d’En-haut, et à travers le Kav le rayon, etc... C’est par ces Tsinorot qui vont se différencier que nous vient cette lumière d’être qui nous fait être.

 

Vous voyez ce qu’on appelle les Tsinorot.

Dans Kafka le récit d’une réflexion qu’il a eu en regardant les conduits d’eau d’une maison en construction. Il a compris le mystère : il y a des conduits, des Tsinorot, qui nous relie aux mondes d’En-haut. Et à travers lesquels nous vient cette lumière être qui nous fait.

 

Et à travers ces Tsinorot, nous vient cette lumière d’être qui nous fait être.

Elle se transfome, dans ce passage des mondes, de l’être donnant l’être à l’être recevant l’être.

Et que la créature n’est pas le Créateur.

 

Ce mot de Tsinor a les mêmes lettres qu’un autre mot hébreu qui va jouer une grand rôle dans l’analyse : le mot de Ratson. Le projet du Créateur : « Yehi Ratson qu’il y ait un Ratson » dit la formule de la prière. Le projet  Yehi Ratson qu’il y ait une Ratson s’accroche-là

 

Ce Tsinor, doint j’ai parlé dans cette image, c’est le Ratson Hashem, c’est le Ratson du Créateur qui veut me faire être.

 

C’est ici que le projet du Créateur s’introduit dans notre monde par un conduit qui s’appelle Tsinor mais qui est Ratson.

 

La réflexion de la Kabalah va nous faire monter du vocabulaire humain que nous ne connaissions que sur le plan le plus grossier matériel, à la signification spirituelle de ce même vocabulaire humain. On a appris une chose, la première dans cet ordre d’idée, que partout où il y a Tsinor, en réalité, il y a un Ratson. Ce sont les mêmes lettres en hébreu. 

 

La valeur numérique de Ratson = Shmo = 346

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans KABALAH
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